Par OLJVB
Moorea, Maupiti et Tahiti [26/02 au 18/03]
Du 26 février au 18 mars 2019
3 semaines
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Tahiti - avec un décalage horaire de -23h, nous atterrissons "hier" à 22h à bord d'un 787 dreamliner flambant neuf (dixit le fier pilote). Nous avons franchi la "ligne du temps". Fatigués, nous traversons le parking pour rejoindre notre hôtel pour la nuit. Une trentaine de marches, un petite côte à tracter nos bagages et 30 litres de transpiration plus tard nous nous enregistrons. Il règne un intense touffeur moite à laquelle nous ne sommes plus du tout habitués.

Le lendemain matin, taxi Sylvie (super sympa) nous emmène jusqu'au ferry pour rejoindre Moorea. Sur place nous récupérons la voiture de location, les consignes sont assez simples, il n'y a qu'une route qui fait le tour de l'île. Ce qui prend le plus de temps ce sont les conseils sur les bons restaurants, les lieux à visiter ... Ils sont super sympas ! Déjà à bord de l'avion l'ambiance était très chaleureuse.

L'île à la forme d'un triangle pointe en bas avec deux baies sur le côté supérieur, elle ressemble à un ange aux ailes déployées. L'île est extrêmement escarpée, nous sommes au sommet d'un mont dentelé dont les hauteurs dépassent à peine de l'eau. Sa proximité avec Tahiti en fait un lieu de résidences secondaires prisé et pourtant la majorité du littoral est encore très sauvage.

Comme on est libre comme l'air et que l'on vit au jour le jour (c.a.d que l'on est hyper mauvais pour l'organisation et l'anticipation) nous passons la première nuit au "village Temanoha", ensemble de bungalows chaleureux au bout d'un chemin de terre boueuse grimpant dans les hauteurs et partant du fond de la baie de Cook. On y fait la connaissance d'une autre population beaucoup moins sympa et pourtant très présente, les moustiques. On pose les affaires et on redescend pour faire quelques courses et déguster nos premières spécialités locales en bord de mer. Du thon cru au lait de coco ... Une tuerie.

On remballe tout après cette première nuit et on se dirige vers notre logement pour le reste de la semaine, "JustMoorea". En chemin on s'arrête pour visiter l'usine de jus de fruits Rotui, pour profiter des paysages majestueux et pour ... Manger ! Encore du poisson délicieux !! C'est un régal après deux mois de burger et Fish&Chips.

Dans les jours suivants, nous montons au point de vue surplombant les deux baies, nous nous aventurons à pieds sur la route des ananas, nous assistons à un spectacle (presque) traditionnel au Manava Beach Resort (l'hôtel de bungalows au dessus de l'eau laisse rêveur), nous allons saluer des dauphins et des tortues à l'hôtel Intercontinental (celui là aussi fait rêver), nous visitons le jardin tropical où nous rejoignons une cascade à travers la jungle et bien sûr des couchés de soleil !

Mais surtout nous profitons de la plage de l'hôtel des Tipaniers, de son restaurant et de sa mer. Nous y louons deux kayaks pour aller visiter les motus (îlots) et voir des raies et des requins pointe noire qui y sont quotidiennement nourris. Nous rejoignons une bouée où accrocher les kayaks et là c'est impressionnant (limite pas rassurant), tout autour de nous, dans une eau limpide, des raies et requins "pointe noire" nous tournent autour. Il paraît qu'ils ne sont pas agressifs et il faut sauter à l'eau ... Ouaip mais quand même... Bon, gloups, on met les lunettes et plouf. Nous sommes rejoints par un guide local et là, c'est la folie.Les raies semblent le reconnaître, elles se jettent sur lui, il prend Oscar dans les bras et une raie vient lui faire un gros câlin. Ça tourne dans tous le sens, on se fait frôler de tous les côtés, c'est émouvant au sens littéral. Il est temps de remonter sur nos frêles esquifs pour remonter le courant jusqu'à la plage. Nous repartons profondéments marqués par cette expérience inoubliable et des coups de soleil cuisants sur chaque cm2 de peau qui avait échappé à la crème.

Dernière nuit puis nous prenons le 2nd ferry de la journée pour rejoindre Tahiti où taxi Sylvie nous attend pour nous emmener prendre un avion en direction de Maupiti.. enfin ça c'était le plan. Une fois tout le monde couché, un rapide coup d'œil aux emails, comme ça, sans raison particulière, l'intuition ? Et là, taxi Sylvie nous prévient que le lendemain c'est le jour de "l'arrivée de l'évangile", c'est un jour férié ! Le ferry prévu n'existe pas. Il n'y en a qu'un, plus tôt ...on a faillit rater notre avion... Ouf, MERCI Sylvie !

Après cette première semaine, on commence à prendre le rythme polynésien qui nous plaît beaucoup et nous repose des mois précédents.

Au revoir Moorea et tes paysages inoubliables de plages bordant des reliefs escarpés et dentelés.



Plus de photos : https://photos.app.goo.gl/9DZgzjxsuQJkDQcH9

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Maupiti

Voir même Mau tout piti piti .. (ouaip c'est assez nul comme blague)

Comme son nom ne l'indique pas car cela n'a rien à voir, l'île est minuscule. Tellement que la piste d'atterrissage a du être construite sur un des motus (îlots) et qu'elle dépasse sur la mer. L'aéroport est un cabanon en bois, n'espérez pas y trouverez un appareil à rayons X, les bagages sont distribués à la main et pour en repartir il n'y a qu'une solution, la barque. Mais la petitesse de l'infrastructure est inversement proportionnelle à l'immense beauté des lieux et la gentillesse des autochtones. Le bleu du lagon, le blanc du sable et le vert des palmiers dans une mer à perte de vue. LA carte postale.

Bref. On atterri, on récupère nos bagages, on navigue quelques minutes et on arrive à quai où notre logeuse Mata nous accueille chaleureusement. On charge les bagages dans son pickup et elle nous fait visiter l'île. Le "centre ville" avec la maison banque/poste/mairie... juste à côté le restaurant trop bon où-il-ne-faut-pas-prendre-une-portion-chacun-tellement-c'est-gros, plus loin la plage, la route qui monte et qui redescend, les plantations de pamplemousses, les ultra mini-commerces et finalement on arrive à la pension/pizzeria... Ok on a visité, mais quand même.. 20 minutes en voiture ça fait loin du centre ville et du restaurant à pieds.... J'aurais mieux fait de garder cette réflexion pour moi, j'aurais évité cette "minute de solitude".. en fait, on a fait le tour de l'île. Le centre ville est à 200m.

On s'installe, on souffle et on prend le rythme local, tranquille. Des balades à pieds, en vélo et en Kayaks. Quelques averses diluviennes qui s'évaporent aussitôt qu'elles touchent le sol. L'atmosphère est saturé d'humidité, mais c'est pas grave, on ne bouge pas trop.

Nous sommes en demi-pension et les repas sont préparés par Gloria, une véritable perle. Du thon frais sous toutes ses formes et toujours délicieux. Du riz, du Uru* des fruits et notamment des pamplemousses énormes dont on ne mange que la pulpe ... Même les enfants trouvent cela bon (ce qui équivaut plus ou moins à deux étoiles au guide Michelin).

* Le Uru (arbre à pain) est un énorme fruit de plusieurs kilos dont la chair est l'équivalent de ..... (Suspense).... La patate. Il se mange en purée, en frite, en chips, en gratin... Le goût est entre la pomme de terre et la patate douce.


En plus de cet art de vivre tranquille, certaines expériences spécifiques resteront gravées dans nos mémoires. Parmi celles-ci la plus marquante est certainement la rencontre avec la majestueuse raie manta. Rien à voir avec les petites raies frétillantes vues à Moorea, celle-ci est immense (2m ?) et elle semble voler au rythme de ses lents battements "d'ailes". Et elle a une bouche proportionnée à sa taille (donc immense aussi) qui fait frémir quand elle l'ouvre en grand en se dirigeant droit sur nous, même s'il n'y a aucun danger. Nous allons ensuite observer les poissons, coquillages et coraux du lagon, notamment les fameux énormes Bénitiers. Mata nous emmène jusqu'au bord du lagon calme et tranquille et nous pouvons constater la différence avec la mer déchaînée juste de l'autre côté de la barrière. C'est étonnant, on se demande comment elle résiste depuis si longtemps aux assauts incessants des vagues déchaînées. Pour rentrer dans le lagon il y a une passe "trompeuse", une société a mis en place un bateau navette jusqu'à l'île de Bora Bora. Enfin elle a mis en place la structure sociale puis le plan de communication et mis le bateau à l'eau... qui s'échoua à la première tentative d'entrée dans le lagon de Maupiti, The End. Pour ceux qui ont vu le dessin animé Vaiana, la difficulté à sortir du lagon et bien ce n'est pas du pipeau.

Lors de nos sorties en fin de journée nous découvrons les responsables de cette multitude de trous bordant la route. Des rats ? Des mulots ? Un autre rongeur ? Que nenni, il s'agit de gros crabes de terre qui malheureusement ne se mangent pas. Ça grouille, il y en a vraiment partout mais ils s' écartent à notre approche.

A l'est, le lagon est si peu profond qu'il peut se traverser à pied. Ni une ni deux, on prend les vélos et on rejoint ce passage. L'eau est limpide et le motu est "juste là", de l'autre côté d'un petit bras de mer. On rentre dans l'eau histoire de faire l'aller retour avant le déjeuner. Et on marche, on marche, on marche. L'eau monte au nombril, il faut porter les sacs au dessus de la tête et tracter Oscar. Pourtant cela semblait si proche,le soleil tape et les crampes s'installent dans les bras levés, mais on y arrive. Une gorgée de coca, un peu d'eau et on repart rapidement dans l'autre sens. Cette petite balade/trempette aura été finalement beaucoup plus physique que prévue.

Cette semaine a été idyllique, pour son rythme, pour son environnement et aussi par les belles rencontres que nous y avons fait. Mata notre chaleureuse hôte, Gloria la discrète cordon bleu et Célia et Baptiste, un jeune couple de Dordogne logeant aussi chez Mata. L'organisation des apéros s'est naturellement mis en place et ils ont été d'une patience infinie avec les garçons.

Célia et Baptiste 

Le samedi, Célia et Baptiste nous racontent qu'ils vont au BBQ traditionnel sur le motu. On avait raté cette possibilité, alors on demande à Mata si on peut s'incruster. En fait c'était affiché dans la chambre mais comme il s'agit d'une option payante elle ne voulait pas "nous mettre" la pression. Malheureusement il fallait réserver... Tant pis. Un quart d'heure plus tard un homme vient me tendre son téléphone portable... "Allô, allô, c'est Mata, c'est bon, c'est tout arrangé avec ma tante, soyez prêts dans 5 minutes, on passe vous prendre au ponton" .. et voilà comment on participera au BBQ traditionnel grâce à la merveilleuse Mata et la gentillesse de Célia et Baptiste qui ont accepté de faire un aller retour pour venir nous chercher.

Et finalement, ce BBQ traditionnel, de quoi s'agit-il ? C'est un trou rectangulaire dans la terre dans lequel on prépare beaucoup de braises, on recouvre de pierres, on pose des paniers remplis de victuailles, on referme le trou avec des feuilles et on laisse cuire loooonnngtemps. Du poisson, du poulet, du uru .. c'est délicieux. Et en plus de la nourriture, c'est une ambiance chaleureuse, un cours d'ouverture de noix de coco à main nue et un concours de lancer de coco. Les garçons jouent pendant des heures dans l'eau avec les enfants du coin. Encore une superbe journée.

Nous sommes aussi allés voir les pétroglyphes au son des mangues trop mûres qui tombaient des arbres, nous avons assisté à un concours de chants et de danses traditionnelles, nous avons vu la pesée de la copra ... Tellement de souvenirs pour un si petit territoire, un concentré de bonheur.

Et voilà le moment de te dire au-revoir Maupiti, il y a de forte chances pour que tu sois notre coup de cœur de ce grand voyage.

Tahiti, nous voilà !


Les photos : https://photos.app.goo.gl/274okz84CzgLAhxo7

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Retour à la (presque) frénétique civilisation, nous logeons dans un appartement à Puna'auia, un peu au sud ouest de Papeete. Comme nous sommes hors de la "capitale" nous nous renseignons sur la potabilité de l'eau.... un coup d'internet, téléchargement du rapport d'analyse des eaux de la Polynésie, tout va bien, elle est potable, le luxe ! pour la petite histoire, à Maupiti, il n'y avait que quelques points de traitement de l'eau autour de l’île et tout le monde allait y remplir ses bouteilles, y compris nous. Tiens d'ailleurs que dit le rapport sur l'eau du robinet à Maupiti ? Quelques pages plus loin dans le même document il n'est même pas question des robinets alimentés par des réservoirs d'eau de pluie individuels mais que des points de traitement avec pour conclusion : "Eau globalement non potable". Oups ... heureusement qu'on ne le savait pas, sinon on aurait été malade. Bref, nous revoilà dans la civilisation avec ses bons et mauvais cotés.

Nous louons une voiture en face de l'aéroport et partons pour l'appartement. En route, nous faisons une halte au supermarché, un Carrefour avec des produits français pour le plus grand bonheur des enfants qui retrouvent leurs repaires. Pâtes + sauce + emmental et un petit yaourt et on repart. L'appartement est top avec une super vue sur le lagon et l'extrémité de Moorea.

Vue de l'appartement 

Au programme de la semaine : visite, manger aux roulottes, faire du surf et sortir en mer avec des amis. Mais après avoir participé à la soirée musicale à Maupiti, il est "indispensable" que nous trouvions un ukulélé 8 cordes, spécificité tahitienne !

Les activités de la semaine

Nous tentons de visiter la partie nord de Tahiti Iti (la petite partie, la grande étant Tahiti Nui), mais plus on descend, plus la pluie s'accentue, l'eau ruisselle sur les routes qui sont noyées et nous décidons donc de faire demi-tour... hostiles les éléments. (les vidéos sont dans l'album Google lié en bas de page)

Nous retentons la visite de Tahiti Iti, mais cette fois-ci par le Sud pour aller admirer La Vague, "Teahupoo". une fois sur place on négocie avec un tahitien habitué qui nous emmène la voir de plus près. La mer est calme et pourtant les vagues sont impressionnantes à cet endroit. Notre capitaine surfe avec adresse sur les rouleaux translucides.

Teahupoo 

Nous visitons Tahiti Nui et notamment :

  • les cascades de Faarumai dont certaines n'étaient pas accessibles pour cause de glissement de terrain ;
  • une cascade sans nom en bord de route avec des pétroglyphes ( on y aura le droit à une démonstration de "boum boum" semi musical avec des enceintes occupant 75% de l'espace intérieur d'une 205 hors d'âge, laissant à peine une place coincée à l'arrière de la voiture) ;
  • le trou du souffleur de Arahoho (cf. vidéo) où l'on découvre aussi une espèce de poisson/limace qui se fait projeter sur les rocher par les vagues ;
  • la plage de sable noir et coraux blancs.
(photos dans l'ordre de la liste 

Un des points de rencontre du soir est "les roulottes". Il s'agit d'une dizaine de food trucks qui se rassemblent sur la place Vaiete au bord du port où tout le monde se retrouve. Nous y dînerons deux fois dont la seconde avec les copains suisses rencontrés aux Blue Montains en Australie et avec la pluie tropicale. Et ce n'est pas la dernière fois que nous les rencontrerons ! (sans compter le lendemain à l'aéroport pour récupérer les lunettes de Vanessa, ramassées par erreur dans le ramdam provoqué par la pluie)

Les roulottes 

Parmi les activités "obligatoires", il y a bien sûr la mer et coup de bol, une amie de collège de Vanessa nous invite à un tour en mer ! nous nous retrouvons à neuf à naviguer vers le "coin à tortue" (où l'on en verra une) avant de revenir dans le lagon, à proximité d'un banc de sable avec très peu de fond, juste à la sortie du port. Il est tellement facile d'accès que les locaux viennent s'y installer pour l’après midi, voir y faire des BBQ ... si si, un BBQ posé directement dans la mer, à quelques centaines de mètres de la rive.

Encore un grand merci à Sandrine et sa tribu pour ce merveilleux après midi !!

La dernière journée s'annonce loooongue et chargée. Le matin tôt, cours de surf. En fin de journée, apéro et dîner chez Sandrine. 23h rendre la voiture de location et à 3h du matin .. décollage pour l’Île de Pâques.

Le surf fut une expérience inoubliable. Une plage pour nous, une mer chaude, du soleil, des vagues régulières et un prof super pédagogique qui nous permet d'avoir des sensations dès la première fois. le rêve ! Nous avons surfé à Tahiti !! (toutes les vidéos dans l'album Google)

Ces trois semaines seront certainement les plus agréables de notre aventure. Avant, on aurait trouvé ça "un peu loin", maintenant on est prêt à affronter les heures d'avion pour y revenir. Dés que possible.

Et voilà, on décolle pour l’île de Pâques après avoir honteusement squatté l'espace enfant de l'aéroport et son sol en mousse pour se reposer un peu.

"Mais, mais .... et le Ukulélé ?" diront les lecteurs les plus assidus. Et bien on l'a trouvé, dans une boutique d'instruments et on s'est bien renseigné pour savoir si cela ne posait pas de problème pour l'expédier dans l’hexagone. "No Soucy" selon le vendeur très confiant, seulement quand on a voulu l'expédier la guichetière nous demande le certificat sanitaire ... le quoi ? bein oui c'est du bois, cela ne s’envoie pas comme cela.. ah flûte. Mais il est possible de le faire traiter pour une modique somme et avoir le certificat. Ah tout s'arrange ! Main on est vendredi et il est 15h et c'est fermé pour le WE. Re "ah flûte". Mais on peut le faire lundi avant de partir. Ouf .. ah mais ce n'est que le matin et on a surf .. définitivement raté, alors on part avec à la main en croisant les doigts pour ne pas se le faire confisquer.

Ukulélé à huit cordes (4x2) 

Toutes les photos et vidéos : https://photos.app.goo.gl/6aS8cMUjWz2WJeo1A