Par OLJVB
Ile sud "la sauvage" puis ile nord "la fumante"
Du 27 janvier au 23 février 2019
4 semaines
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Dimanche 27 janvier 2019, nous quittons l'un des pays à la faune la plus dangereuse du monde pour rejoindre l'un des plus sûrs. Pas d'araignées, de serpents, de scorpions de... bref de trucs flippants. Enfin presque, il y a une créature qui saura nous faire flipper même si elle n'est pas dangereuse, mais ça, c'est pour plus tard.

Pour commencer notre périple dans ce nouveau pays nous commençons par passer quelques jours dans la ville principale de chacune des deux îles, Auckland et Christchurch. Pour être honnête, cela ne sera pas la partie la plus palpitante de cette étape.


Auckland

Nous passons la porte des arrivées et nous sommes accueillis très chaleureusement (et bruyamment, hein Fred) par les Coqs Of the World, nos amis que l'on vous a déjà présenté lors de nos péripéties au Cambodge et en Thaïlande. Ils sont arrivés quelques heures auparavant et nous ont très gentiment attendu, alors on prend une bière pendant que les enfants se racontent leurs aventures. Le temps file et on doit déjà rejoindre notre Airbnb avec le dernier bus, on se dit au revoir et rendez vous à Colombes pour débriefer autour d'un BBQ mais quelque chose* me dit que l'on se reverra avant.

* La magie du retard dans la rédaction du blog donne des dons divinatoires

On prend le bus, on arrive à trouver le bon arrêt qui est à proximité de notre appartement, facile. Par contre, ce que l'on n'avait pas prévu c'est que la ville est construite sur les flancs d'anciens volcans et est très escarpée. On entame la descente d'une piste noire, en crabe, poussé par nos énormes bagages à roulettes menaçants, grimaçant à l'idée qu'il faudra la remonter. Une fois arrivé, il faut demander l'accès au parking pour accéder aux boîtes aux lettres, trouver la bonne, récupérer une carte magnétique pour pouvoir prendre l'ascenseur et rentrer dans l'appartement à l'aide du code envoyé par WhatsApp. Il ne manque plus que le nain Passepartout. L'appartement est très sympa, deux chambres pour deux, un canapé lit pour deux aussi et une seule casserole, toujours pour deux. Pas grave, on est des aventuriers, on fera cuire le paquet de pâtes en plusieurs fois.

On se promenera à pieds jusqu'au port et autour du logement pour admirer du street art. La ville nous apparaît sans charme particulier mais cela est peut être du aux gigantesques travaux du tram qui l'éventrent.

En passant à proximité de la Sky Tower on voit les premiers symptômes de l'addiction nationale aux sports extrêmes (par goût ou par choix touristique ?) en apercevant des humains dégringoler du ciel. C'est hyper tentant mais le vertige en regardant le prix sera suffisant comme émotion forte.

On remarque que notre quartier est propice au Airbnb en voyant des profusions de coffres à clefs, vissés ou accrochés à toutes les grilles, et des touristes essayants de trouver le bon. Finalement, notre épreuve pour trouver la clef était plus simple.

On élargira notre périmètre de visite en prenant un bus jusqu'au pied du mont Eden que l'on gravira pour admirer la ville depuis les hauteurs. Mais même de loin, le constat sur la ville reste le même, bof. Par manque de cash on fait le retour à pieds et on s'arrête déjeuner dans un restaurant.... Thaï. On est un peu en manque de nourriture plus "légère".

Direction Christchurch !

Pour plus de street art : https://photos.app.goo.gl/s7kMgGucTVAbADVq8



Christchurch

On a trouvé un motel en bordure de la ville qui est suffisamment petite pour être parcouru à pieds avec de bonnes chaussures. Elle est étonnante, presque "post-apocalyptique". En 2011 elle a été ravagée par un tremblement de terre et elle est en train de se reconstruire. Il y a quelques bâtiments neufs tel que la bibliothèque qui vient d'ouvrir, beaucoup de constructions en cours et des bâtiments historiques étayés un peu partout. Mais surtout, il y énormément de parkings de gravier, limite terrains vagues, qui marquent les emplacements de tous les bâtiments qui ont disparu. À vue de nez, on a l'impression qu'il manque un tiers de la ville.

Dans les nouveautés reconstruites, une gigantesque aire de jeu pour les enfants pour le plus grand plaisir des garçons.

Après l'avoir bien parcouru à pieds, puis reparcouru en tram touristique, on prend un bus pour rejoindre les "gondola" ...rien à voir avec Venise, il s'agit des télécabines qui permettent quelques randonnées. Là, on a notre premier "waouh" en contemplant un paysage, enfin ! Et ce n'est que le début, le lendemain on récupère un camping car pour aller vraiment découvrir les îles.



Les photos : https://photos.app.goo.gl/zfYJuHFdVPhDSimN7

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La vraie découverte va commencer !

La société qui loue le camping-car doit venir nous chercher à l'aéroport alors on y retourne en faisant le chemin inverse. On arrive et on passe un rapide coup de tel pour qu'ils viennent nous chercher. Ah mais sauf qu'en fait ils ne peuvent pas, on doit prendre un taxi qu'ils nous rembourseront.. mais à cinq, aucun n'accepte de nous prendre. On essaye de re-téléphoner mais ça sonne occupé, impossible de les joindre. Au bout d'une demi heure, on décide de faire 2 équipes : je vais chercher le camping-car avec Jules pendant que Vanessa nous attendra à l'aéroport avec Léo, Oscar et les bagages. Je reviendrai les chercher avec le camping-car.

Retour à la file des taxis, mais finalement c'est trop proche, ils ne veulent pas utiliser le compteur et proposent un forfait, bien sûr hors de prix... Respiration calme ... super Uber à la rescousse ! pour 1/3 du prix nous (Jules et moi) arrivons à bon port avec une petite pensée pour les taxis français qui ne sont pas les seuls à devoir progresser s'ils veulent survivre.

Bref, on récupère notre nouvelle maison après avoir signé quelques papiers et regardé une vidéo insistant sur le fait que l'on roule à gauche. Mon interlocutrice attire fortement mon attention sur les quelques lignes du contrats précisant les routes interdites.... Sur le moment j'acquiesce sans trop réaliser.

Retour à l'aéroport, on charge, tout le monde monte à bord et, enfin, la vraie découverte commence ! La ventilation ne fonctionne pas mais on fera avec.

Pour la première nuit on a réservé chez un fermier qui met à disposition une place, du courant, de l'eau et des WC. Il est très gentil, sort une sorte de caisse à savon pour que les enfants jouent dans la pente et nous raconte son histoire et la région... Enfin c'est ce que l'on pense, on comprend un mot sur vingt. Il a un accent à couper au couteau et une articulation qui n'a rien à envier à nos vieux assis à l'entrée des villages. Les enfants dévalent une pente sous la pluie et dans la gadoue pendant que l'on s'occupe du dîner... Mais la pompe à eau se met à faire un bruit bizarre, il n'y a plus qu'un filet d'eau qui coule et elle ne s'arrête plus automatiquement... On essaie de regarder mais sous la pluie on ne voit rien. Le lendemain matin le soleil brille, on refait un test : il n'y a toujours qu'un filet d'eau qui sort du robinet... et le reste qui coule sous le camping car et, après analyse, dans certains des rangements. Finalement on trouve l'origine du problème, c'est juste un tuyau qui s'est décroché du ballon d'eau chaude. On se voyait déjà retourner à Christchurch mais deux tours de clef plus tard on reprend la route ! Ah ah, il nous aura fait peur mais on est sûr que bien que vétuste, il est robuste !





Sur la route du Mont Cook on passe à proximité du lac Tekapo que l'on prévoit de revoir en passant dans l'autre sens et on s'arrête plus loin au lac Pukaki et là, en descendant du camping-car, c'est le premier moment vraiment fort ! Les couleurs sont irréelles et l'air est frais, pur, il sent la montagne. Ça revigore, ça calme, c'est beau, ça donne juste envie de se s'assoir et de contempler ... Bip bip, nouveau message :

Copains : "Salut les amis, on est en route vers le Mont Cook, vous êtes où ?"

Nous : " Trop fort, nous aussi, on s'y retrouve ?"

Copains : " Super, on essaie, mais les places sont rares et on est encore un peu loin..."

Nous : "pas de bile, on est plus proche, on fonce et on vous réserve une place !"

Copains : "cool merci !!'

Go go go ! Pour la contemplation calme c'est raté mais que ne ferions nous pas pour partager une bière. On arrive assez tôt, il y a suffisamment de place, on s'installe et on sort quelques chaises pour déjeuner (et réserver la place). Là aussi la nature provoque cette envie de respirer à fond et de rester silencieux, enfin sur les adultes, les enfants courent en battant des bras et en hurlant, normal.

Les copains finissent par arriver, on s'organise un petit espace convivial entre nos maisons mobiles et on part se balader en fin de journée vers le Mont Cook alors que les Chinois désertent les lieux. Et les paysages sont grandioses, rivière de "lait" enjambée de ponts suspendus, lacs aux couleurs étonnantes et bien sûr les monts enneigés. Malheureusement on n'aura pas le temps de la faire complètement mais les copains la refont le lendemain.

Retour au camp de base pour partager l'apéro tant attendu, interrompu par l'arrivée des Kéa, les seuls perroquets de montagne. Il s'agit d'une espèce endémique qui en plus bouffe les joints des voitures et camping-cars. Il faut les faire fuir à grand renfort de cris, de serviettes tournoyantes et parfois de petites cailloux... Tout le camping est pris de frénésie, c'est entre l'asile de fous et un mariage dansant sur du Patrick Sébastien. Ils finissent par partir... et revenir au lever du soleil. On est réveillé par le bruit du picorage des joints et c'est reparti comme la veille, mais cette fois les "fous" sont en pyjamas.

Petit déjeuner avec les copains et on repart pour la suite de notre périple.


On continue notre route vers Queenstown, la ville des sports extrêmes de montagne. On bifurque un peu avant pour rejoindre le point de vue au sommet de Crown Range où se trouve une zone de camping gratuit avec une super vue. Mais qui dit sommet dit route de montagne très escarpée et là, notre vieux véhicule tire la langue, ahane et finit par s'immobiliser, le tableau de bord illuminé par tous ces nouveaux voyants. En terme plus mécanique, il s'agit d'une vielle boîte automatique qui monte les rapports un peu n'importe quand sans les redescendre, et essayer de grimper un col en 4e et bien ça marche pas. On arrive à le redémarrer et à rejoindre le sommet suivi d'une lonnnnnngue file de voitures impatientes. Il sent un peu le brûlé mais ne fume pas trop alors on s'installe pour la nuit, et c'est vrai que la vue est magnifique.

Pris de doutes on vérifie que cette route pentue ne faisait pas partie de celles interdites... Non, tout "va bien", elle n'y est pas. La plus proche dans la région est la Skippers Road.

Il est temps de repartir, le livret de bord contient la liste des garages agréés et ça tombe bien, il y en a un à Queenstown. La descente se passe sans problème et on rejoint un camping en centre ville d'où on appelle le support qui finalement nous dit qu'il vaudrait mieux aller au garage de Te Anau qui est moins surchargé. C'est sur notre route alors on prend rendez-vous pour le lendemain et en attendant on part faire du rafting !

On a rdv en centre ville et on est emmené en mini-bus. Après un peu de route, le chauffeur s'engage dans un chemin de terre et ralentit à côté d'un panneau de danger. Il s'agit justement de LA Skippers Road. c'est une route officielle qui avait été, à l'origine, construite pour l'exploitation des mines d'or. Le début est un chemin de terre un peu cahotant, mais on a vu pire. Il y a des forêts de sapins Norman, gris, morts. Importés par les Américains ils se sont développés au détriment de l'écosystème original et le gouvernement essaie d'endiguer leur propagation à coup d'épendage de désherbant. Et puis on arrive sur une partie où l'on comprend l'interdiction.. le rétroviseur à quelques millimètres de la paroi il est impossible de voir le chemin sous les roues au bord de précipice, même en se penchant par la fenêtre... C'est une des routes (la 2e ?) les plus dangereuses au monde. Ah le cours d'eau en contrebas est super beau, belle couleur, tout ça tout ça .. mais c'est compliqué de l'admirer sur cette corniche sans aménagement, pas la moindre glissière, juste parfois un cône pour signaler qu'un bout de la route s'est effondrée. Précisons aussi que cette route (oui c'est une route officielle limitée a 90 ou 100kmh, j'ai un doute) est en double sens.

Mais on finit par arriver à destination, a proximité d'une gouffre enjambé par un pont suspendu qui n'avait été construit que pour faire du saut à l'élastique, maintenant fermé. Et au fond du gouffre, la rivière que l'on rejoint en minivan après s'être équipé. On s'arrête au bord de l'eau, là où les chevaliers fantômes débarquent dans le Seigneur des anneaux, enfin là où la scène a été tournée.

Elle est encaissée, fraîche et limpide. La balade est "familiale", c.a.d assez tranquille avec quelques rebonds sur les parois pour l'émotion. On fait une pause en cours de route pour s'amuser à sauter d'un rocher dans un bras calme et rafraîchissant. Les rives sont jonchées de débris métalliques historiques datant des mines d'or. On remarque les restes d'un barrage qui n'a pas tenu le coup et ceux d'un navire pour draguer le fond qui, après des mois pour réussir à le mettre à l'eau, n'a pas résisté plus de 24h. A un moment on se range pour laisser passer un jet-boat, sorte de bateau à fond métallique propulsé par des turbines semblables à celle des jet-skis et qui peuvent ainsi passer sur des lits de cailloux.

Au bout de la balade on débarque sur une plage, on remonte en minibus, on se change, on goûte d'un maxi cookie et on rentre en minibus, par le même chemin. Étonnement, peut être à cause de la fatigue, mais il semble moins long et presque moins effrayant.

Après tout cela on se couche de bonne heure, le lendemain on a de la route à faire pour arriver jusqu'au garage... Si on y arrive.




Fin de la première partie.


Le lien vers l'album photos sera à la fin de la seconde partie, patience.

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Après les émotions dues au rafting et au chemin pour y arriver nous reprenons la route pour essayer de rejoindre le garage de Te Anau. Le support nous a garanti au téléphone que la route n'est pas trop vallonnée et qu'il ne devrait pas y avoir de problème .... Et effectivement, il n'y en a aucun, il se comporte même très bien et on arrive dans les temps pour déposer le camping car en fin de matinée, rassuré sur son état, cela ne devait être qu'un coup chaud en montée. On déjeune en centre ville, on se réserve une visite dans les fjords, on se balade un peu et hop, retour au garage pour récupérer notre véhicule que l'on espère remis à neuf.

La garagiste débonnaire et souriant nous annonce qu'il est hors service, cassé, kaput, qu'il est étonnant qu'il soit arrivé jusque là. La boîte de vitesse est cassée, ils en ont commandé une autre mais vu que demain c'est férié (ah bon ??) il ne se passera rien avant le surlendemain. Ah, et le garage ferme, au revoir. 

Euhhhhh mais alors il est 17h, on n'a plus de camping car et pas de logement... Petit coup de stress. Bon en fait le chef dit qu'il roule encore un peu. Les pleins ont été faits avant de partir et on trouve une place au camping au village d'à côté, Manapouri*. Nous avons réservé un emplacement économique, sans rien, juste le droit de stationner sur l'herbe, mais la vue sur le lac est apaisante. Une super excursion est réservée pour le lendemain, on a le moral. On sort les pates, la sauce et la casserole que l'on pose sous le robinet ... BRRRRR ... Bruit de la pompe à eau alors que rien ne coule du robinet mais sous le camping-car. Encore. Cette fois c'est un vrai trou dans la tuyauterie. Trois tours du scotch emporté en prévision de ce genre de problème et c'est reparti pour .. 3 secondes. Soit ça n'a pas tenu soit le réservoir s'est vidé en roulant... bref... plus d'eau. On gratte les fonds de placard pour le dîner et on se couche tôt. 


* Le nom prophétique, "mana pourri" aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. 




Visite de Doubtful Sound (06/02)

Réveil de bonne heure avec, au programme, un premier bateau pour traverser le lac Manapouri, un car pour emprunter la seule route de montagne qui n'est connecté à rien et re-bateau pour déambuler dans le fjord jusqu'à son embouchure. L'embarcadère est juste à côté et la première étape d'une heure donne le temps d'un café et de finir la nuit. On débarque à côté d'une station électrique construite à la sortie de torrents sous-terrains, mais dont la construction a nécessité du matériel apporté par la mer et donc aussi la construction d'une route .. celle justement que nous empruntons en car. Elle monte jusqu'au col d'où la vue est impressionnante puis redescend en serpentant à travers une "rain forest". La zone n'est que cailloux et rochers qui sont colonisés par les mousses sous l'effet des pluies presques incessantes. Sur cet épais lit de mousse poussent des arbres qui sont à leur tour recouverts de mousse sur laquelle poussent alors d'autres plantes et ainsi de suite pour former des sculptures vivantes aux formes torturées.

Nous embarquons ensuite pour trois heures de navigation entre des flancs escarpés. On verra des arbres fossilisés, des phoques, malheureusement pas de dauphins et surtout des paysages mémorables de par leurs couleurs et leurs sonorités particulières, quasi silencieuses. Et nous ne verront pas d'autres touristes, seuls trois bateaux arpentent ces étendues. 

Puis on parcourt le chemin inverse et on retourne au même camping mais cette fois-ci sur un emplacement payant pour pouvoir accéder aux cuisines et WC vu que l'on a plus d'eau. 


07 février 2019

Le jour suivant on passe déposer le camping-car au garage, la boîte de vitesse devrait arriver dans la journée, et on récupère une voiture de location. On se balade autour de Te Anau dans les zones à kiwis, sans en voir. On a un aperçu de l'humour local dans les avertissements de danger au dessus d'un barrage, Un écriteau "Darwin Awards Candidate". Pour ceux qui ne connaissent pas, les Darwin Awards récompensent les morts les plus idiotes (cf. Google). Et bien sûr on repasse au garage en fin de journée. La fuite d'eau et la ventilation sont réparées, la boîte de vitesse a été démontée .... mais pas remontée car la nouvelle n'est pas arrivée. Cette fois on se retrouve bien sans logement. On récupère trois slips, les Kindle, les chargeurs et on part faire le tour des campings. Sans succès. On cherche aussi sur Booking mais c'est le nouvel an chinois, période de grandes sino-migrations, et tout est archi complet. Grâce au centre d'information touristique on finit pas trouver un logement hors de prix, un grand bungalow avec une jolie vue, toujours la même sur le même lac car il s'agit encore du même camping ! On y aura testé toutes les options.






La route jusqu'au Milford Sound (08/02)

Pour occuper cette nouvelle journée forcée dans la région, nous faisons la route jusqu'au fjord le plus visité car accessible par la route et quelle route ! Des plaines infinies d'herbe rase encaissées dans des vallées. Une monté dans la montagne jusqu'à un immense cirque montagneux percé d'un tout petit trou, le tunnel ruisselant à sens unique, digne des toboggans géants de piscine. Un lac mirroir et finalement le fameux fjord. Le temps d'une mini balade au bord de l'eau et il est déjà temps de repartir, il faut arriver avant la fermeture du garage pour prendre des nouvelles du malade. (Nb : un point marquant dans l'île sud est l'absence totale de réseau mobile hors des agglomérations) 

Et, surprise, il est en grande forme ! On ne traine pas, on jette nos quelques affaires à l'arrière et on quitte la région ! On remonte par la côte ouest.



Et enfin les photos : https://photos.app.goo.gl/zaJFwJpWShqR8CoY9

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Du 8 au 14 février nous remontons la côte ouest avant de prendre le ferry pour rejoindre l'île nord.

32 000 habitants sur cette loooongue route et très très très peu de réseau téléphonique, on s'y sent coupé du monde, et ce n'est pas désagréable. Bon, à part le camping car qui refuse parfois de démarrer, comme ça, sans raison. On tourne la clé et rien... Et quand on est coupé du monde, Bein c'est pas rassurant. Finalement, en retirant la clé, secouant le levier de vitesse, appuyant sur les pédales, plusieurs fois, on arrivera toujours à redémarrer. Ouf, même si je suis sûr que cela aurait fait une super histoire à raconter.

On commence par Wanaka où l'on déguste du Pinot Noir dans un vignoble local avant de se promener le long du lac pour voir "L'arbre" célèbre local ... Un arbre tordu, dans l'eau, avec beaucoup de chinois rigolos devant. Après on passe la soirée avec une autre famille française de tourdumondistes, Amandine et Thomas, copain du lycée que je n'avais jamais revu avant.... Comme quoi... Et bien sûr leurs enfants, Lisa et Raphaël (j'ai un doute) pour le plus grand plaisir des nôtres ! Avant de repartir, nous gravissons le mont Iron histoire de bouger un peu et d'avoir (encore) une délicieuse vue.

On fait une pause aux blue pools, bassins naturels creusées par des eaux vives aux couleurs hallucinantes, plus proches du canard WC que de tout ce que l'on avait pu voir jusque là.

On continue jusqu'à la plage de Haast pour essayer de voir des dauphins... Raté. Mais la plage est en soit une attraction. Gigantesque étendue de sable quasi vierge, recouverte de bois flotté, battue par des vents forts.

Le lendemain on roule jusqu'à la ville de Franz Josef... Et je dors, malade. On va tout de même visiter LE centre international des kiwis où l'on en verra deux en captivité ....et on verra par la suite que chaque ville à son "LE centre international des kiwis". On s'endort sous une pluie battante.... Réveil de bonne heure pour aller faire la marche jusqu'au pied du Glacier Franz Josef mais je ne retrouve pas mes chaussures ... Ah si je les avais laissées dehors hier soir ... heu .... Hier soir.. pluie battante ... NOOOON .. mes chaussures sont des éponges ! Qu'à cela ne tienne j'ai des très bonnes claquettes de piscine Decathlon, ça va le faire.

Bref, les orteils rafraîchis et pas encore totalement rétabli, je suis le mouvement jusqu'au pied du fameux glacier. Malheureusement il a beaucoup changé de pointure en quelques années, des panneaux indiquant le recul des glaces jalonnent le chemin et ne sont pas très rassurants sur l'évolution du climat.

On continue notre périple journalier jusqu'à la ville de Hokitika, célèbre pour sa plage regorgeant de jade ! Il se ramasse à la pelle et la réglementation est stricte, on n'a pas le droit de prendre plus que ce que l'on porter, c'est dire s'il y en a ! Et il faut limiter les garçons pour éviter que les bagages ne triplent de poids. Juste en face du camping il y a aussi un chemin s'enfonçant dans la foret le long d'une paroi rocheuse qui s'illumine à la tombée de la nuit de milliers de vers luisants formant des constellations inconnues.

Entre deux étapes, on roule et on s'arrête au gré des paysages et des nausées enfantines.

On visite encore les Pancake rocks, structure géologique faisant penser à des piles de pancakes. On se pose pour la nuit au bord d'une rivière limpide où l'on patauge et on repart voir des phoques à la baie de Tauranga.

On embarque finalement pour l'île nord, espérant sur le moment que le camping car redémarrera à l'arrivée.

Cette partie très "nature" et isolante est une respiration même si les paysages sont moins scotchants que ceux précédents.


Les photos : https://photos.app.goo.gl/TqLAvnxz1V5pnAgK

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Le ferry accoste à Wellington que nous traversons rapidement pour rejoindre un camping dans la proche banlieue. Il semblerait que les nuits du weekend soient consacrées aux rodéos automobiles bruyants. Nous ne nous attardons pas et rejoignons le parc du Tongariro pour nous attaquer à la fameuse randonnée "Tongariro Alpine Crossing". Une vingtaine de kilomètres avec des gros dénivelés compliqués casses-gu... Au centre d'information ils sont très peu encourageants, à base de "mais vous êtes vraiment sûr ? Avec des enfants ? ". Les affiches insistent sur l'importance d'être équipé au minimum comme pour l'ascension du Mont Blanc ... Mais nous restons motivés et presque confiants. On remplit les sacs et on se couche de bonne heure pour être en forme.

Le lendemain matin on rejoint l'arrivée où l'on gare le camping-car, on prend une navette jusqu'au départ et c'est parti ! Et on marche, après quelques km un panneau nous demande si vraiment on est sûr, si on ne voudrait pas faire demi-tour .. Mais on continue, on grimpe, on grimpe et on s'apprête à redescendre... Ah non en fait il faut encore grimper et c'est de plus en plus raide. Enfin, on arrive au sommet et on va pouvoir redescendre .. ah .. c'est un méga pierrier qui fera mal aux fesses de certains et encadré d'à-pics. Une fois ces épreuves franchies, la plus compliquée nous attend.. nous sommes un peu fatigué, nous ne sommes qu'à la moitié et à partir de là, c'est juste lonnnnggg, tellement long. Ça monte, ça descend, mais plus rien de compliqué, juste notre endurance qui est mise à rude épreuve....et finalement nous arrivons après 9h tout juste !

Au-delà des épreuves physique ce sont surtout des paysages à couper le souffle rendus célèbres par les scènes de la traversée du Mordor du film "Le seigneur des anneaux". C'est rocailleux, coloré, fumant.

Jules et Léonard nous racontent leur traversé.


La marche du seigneur des anneaux (par Jules)

Alors comment dire, c’est une très longue marche (20 Km) qui monte et qui descend. Bon voilà ce qu’est le Tongariro.

L’histoire : Papa et maman nous on dit que nous allions faire le Tongariro. Nous n’y avons pas cru, mais si nous allons la faire ! Un jour avant la marche, branle-bas de combat, on est au taquet. À 9h au supermarché 10h préparation des sacs et après on roule jusqu’au camping qui n’est pas très loin du Tongariro.

C’est le grand jour. On part du camping avec le camping-car pour aller à l’arrivé du trek puis une navette nous emmène pour aller au départ de la marche. La première partie est facile car c’est une vallée avec des passerelles, et avec une vue sur le volcan du seigneur des anneaux. La deuxième partie est moins facile, escaliers à n’en jamais finir puis du plat au milieu d’un cratère et encore des escaliers. Le clou de la randonnée, enfin c’est plutôt de l’escalade. Un pierrier à 90° en montée et en descente (la galère). La partie la plus difficile : la dernière car on continue de descendre et que l’on est fatigué, que l’on a mal aux jambes, aux pieds et au dos. À l’arrivée ont a mis 9h00 pour 20 Km, la plus longue marche du voyage (j’espère).

Jules


LA MARCHE du voyage (par Léonard)

C’est une marche de 20km avec 5 étapes. Le début est facile, on va à la bonne vitesse, nous avons aussi un beau paysage, ce paysage on peut le voir dans le film Le seigneur des anneaux. Une heure plus tard nous commençons à monter sur les flancs d’un volcan. Nous montons longtemps et c‘est compliqué, quand nous arrivons en haut nous ne savons pas où redescendre tellement la descente est raide. D’en haut nous voyons un petit peu dans le volcan et nous avons une belle vue, puis nous redescendons. La descente est très raide, c’est compliqué de descendre, nous tombons beaucoup, une fois en bas nous pouvons voir trois lacs : un bleu foncé et transparent, un vert et jaune et un bleu clair. Ils s’appellent les lacs émeraude, ça sent beaucoup le souffre. Puis nous repartons, trente minutes à peine que nous remontons un petit peu. Arrivés en haut de la petite colline, nous pouvons voir un lac bleu. Il s’appelle le Blue lake. Puis nous montons encore environ une heure, nous arrivons sur le flanc d’une montagne, ça monte et ça descend beaucoup. Nous marchons longtemps sur le flanc de la montagne puis ça descend. A la fin de la descente nous arrivons dans une forêt. Nous marchons longtemps dans la forêt, nous avons l’impression que ça ne va jamais finir. Environs deux heures plus tard nous arrivons à la fin. Nous avons marché 9h pile ! Nous arrivons très fatigués mais nous devons aller au camping-car… quand il n’y en a plus, il y en a encore ! 

Léonard.


Après l'effort, le réconfort ! Le temps des "jacuzzis" naturels est arrivé.

Mais avant cela petite pause à Taupo pour ... devinez c'est facile ... faire encore réparer une fuite d'eau et contrôler le reste !! La ventilation est définitivement HS, il faut commander des pièces et attendre 48h. Et le fait qu'il ne démarre pas tout le temps ? Le garagiste très sympa confirme qu'il s'agit certainement d'un défaut de capteur dans la boîte .. il faudrait tout démonter et c'est encore plus long... On n'a pas le temps, une fois la fuite circonscrite on prend la fuite.

Nous nous aventurons alors dans la zone de géothermie et après avoir emprunté un petit chemin cahotant nous arrivons à kerosene creek . Une rivière serpente dans la forêt et forme des bassins où l'on peut se baigner. L'image n'a rien de surprenant et pourrait être tirée de nos forêts françaises. Sauf qu'elle est très chaude et quand on pose ses fesses dans son lit sablonneux c'est à la fois très agréable par son côté "jaccuzi" et déroutant pour notre cerveau qui a du mal à intégrer qu'une rivière n'est pas forcément rafraîchissante.

Direction le camping de Waikite Thermal Pool qui a plusieurs piscines et bassins à des températures différentes, de chaudes à bouillantes, toutes alimentées par une source chaude. Un chemin permet d'aller voir son jaillissement dans un bassin bouillonnant, grondant et fumant. Impressionnant.

Au petit matin nous partons pour le parc de Wai o tapu. La campagne est étonnante, des fumerolles particulièrement visibles dans la fraîcheur matinale s'élèvent de partout, les collines on l'air habitées.

Une fois à Wai o tapu on commence par assister à l'éruption d'un geyser (lady Knox), déclanché par le versement de savon en poudre .. bof. Ce n'est ni très naturel ni très impressionnant. Nous déambulons dans le parc entre des affaissements, résultats de l'hyper activité souterraine et des bassins fumants qui proposent des palettes de couleurs vives.... On a quand même un peu l'impression de marcher sur une "poudrière".

Les sources sont si chaudes que les campings sont souvent équipés d'étuves naturelles pour faire cuire des plats en cocotte. De simples cubes en parpaings où l'on dépose les cocottes, alimentés par la puissance de la nature.

Toute la région est vraiment impressionnante, même dans les villes les égouts fument et des volutes s'échappent des fissures des trottoirs.... Et accessoirement, elle sent très fort le souffre, mais vraiment très fort. L'odeur est entêtante et pour citer les enfants ... CA PUE ! Mais qu'est ce que c'est beau et la puissance de la nature très présente.



Nous continuons notre remontée et sur le chemin nous faisons quelques haltes. Nous déambulons sur le "Redwoods Treewalk", chemin dans une forêt de cèdres rouges immenses. Nous nous arrêtons à la mine d'or à ciel ouvert de Waihi, gros trou qui défigure le paysage. Et nous creusons à notre tour des trous dans dans la plage de Hotwater Beach , parmis des centaines d'autres et sous la bruine, pour créer notre bain chaud, très chaud. Là aussi le cerveau a du mal, ciel gris, mer noire, pluie fine et pourtant on a chaud.

A l'extrême nord de notre périple on randonne jusqu'à une arche en bord de mer, Cathedral Cove. Et flûte, on a oublié les maillots ! Pour compenser on s'arrête à une plage à proximité, la dernière du séjour.... Mais bon, c'est pas très grave, la prochaine étape est la Polynésie !!

La Nouvelle-Zélande était une de nos étapes les plus phantasmées et si nous n'avons absolument pas été déçu, la nature est vraiment splendide, ce n'est finalement pas un pays où l'on se verrait vivre.



Plus de photos : https://photos.app.goo.gl/owukqjxJkV18xnGR9