Carnet de voyage

Transafricaine / On the road again

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Dernière étape postée il y a 17 jours
"Selon la tradition des steppes, appelée Tengri , pour vivre dans la plénitude, il fallait être constamment en mouvement, ainsi chaque jour était différent de l'autre." Le Zahir - Paolo Coelho
Novembre 2018
24 semaines
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"Il existe une montagne sur la Lune que l'on appelle le promontoire des Songes. Du sommet, on a une vue splendide sur la mer de la Tranquillité. Depuis la nuit des temps, les pêcheurs de rêves viennent là pour attraper les plus beaux songes. Ils les relâchent ensuite sur Terre, dans les ruisseaux et les forêts pour qu'ils puissent nous chatouiller le soir dans nos lits."

Pêcheur de rêves

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... J'ai fait plusieurs fois ce rêve, parfois endormie, parfois éveillée... ce rêve où je pars loin, celui où je me sens chez moi peu importe l'endroit que foulent mes pieds ; mon vrai chez moi est nul part et partout, il est en moi !

Ce rêve je m'apprête à le réaliser à nouveau ! Cette fois je le partagerais avec Pauline ; et Christiane comme la dernière fois. Pauline et moi même, deux jeunes infirmières sur les routes cahoteuses d'Afrique de l'Ouest ! #noma2nurse

3 novembre 2018, Jour J : LE DEPART !

Jour du départ, réveil à 5h30 après une petite nuit d'un sommeil agité.

Nous voilà en train d'essayer de faire rentrer toutes nos affaires dans la petite voiture rouge de Christiane, de son petit nom "Coquelicot". Il nous reste juste de quoi nous mouvoir un peu ! L'aventure commence, après des au revoir et quelques larmes pour nos mamans inquiètes, nous prenons les petites routes de campagnes.

Après une petite pause café a Valros dans la famille de Christiane nous voilà reparties sur les routes direction l'Espagne.

Les Pyrénées enneigés 

Les paysages défilent, j'ai encore du mal à réaliser notre départ. Nous passons la frontière espagnole et prenons une pause pour pique niquer nos quelques menues victuailles.

Montserrat nous nous retrouvons… Ton relief dentelé se dessine au loin toujours aussi captivant. Tes dentelles se transforment de près en longs pics de roches brunes foncées.

Montserrat

La route est longue, la nuit tombe sur un ciel en feu, rouge, rose, orange, jaune… Cette semi pénombre se poursuit un moment puis la nuit tombe et nous continuons notre chemin.

Arrivées à Valencia vers 20h00, nous trouvons notre chemin grâce à la technologie du GPS ! Que ferions nous sans internet et sa magique orientation dans l'espace ?

Après un accueil très chaleureux de la part de nos hôtes Airbnb nous descendons manger un bout. Un petit resto à tapas fera l'affaire, nous sommes affamées.

En descendant dans la rue, devant la porte de notre immeuble, nous tombons nez à nez sur une procession de jeunes gens vêtus d'habits d'une époque ancienne, une fanfare les précèdent. Un instant très sympathique et totalement imprévu.

Après un épisode malheureux de potatoes très onéreuses et dégoulinantes de ketchup et de mayonnaise, nous retournons à l'appartement pour nous y reposer, une grosse journée nous attend demain.

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Réveil bien matinal à 6h00 : sauter dans ses habits, un thé ou un café et hop dans la voiture. Il ne faut pas traîner nous avons un bon bout de chemin et un horaire à respecter, le ferry est à 15h00 à Motril.

Aujourd'hui le copilote c'est Pauline et moi je passe à l'arrière dans la boîte à sardines ! Il serait tellement pratique et agréable de pouvoir enlever ses jambes et les remettre à la fin du voyage …

Nous traversons le sud de l'Espagne, des terres agricoles aux couleurs chaudes de la rouille. Les champs délimités dessinent le paysage et donnent l'impression d'un puzzle de parcelles de terre rouge, rouille, or et parfois boisées. Quelques champs d'oliviers aux allées rectilignes zèbrent ce paysage rapiécé tel un patchwork de tissus aux couleurs chaudes. Puis un paysage de petites collines et de valons recouverts de conifères et de chênes liège aux troncs dénudés, s'offre à nos yeux. Le long des routes, à perte de vue, des champs d'oliviers, un paysage sans fin, ces champs n'ont de limite que l'horizon…

Après une centaine kilomètres de champs d'oliviers la route sillonne entre des reliefs montagneux aux rochers semblables à des personnages de dessins animés aux formes improbables. L'arrivée sur Granada est impressionnante avec la Sierra Nevada enneigée en toile de fond.

Nous arrivons enfin au Port de Motril et nous sommes finalement bien à l'avance. Après quelques formalités administratives nous attendons le ferry sous un hangar avec d'autres voyageurs.

Il est 15h10, nous quittons le port de Motril, la bateau se dirige doucement en direction des côtes marocaines. Le soleil se reflète sur l'eau comme des milliers de petits diamants éphémères.

Ce départ sonne comme le réel commencement du voyage ! Des lieux inconnus attendent qu'on les découvre ! Les côtes s'éloignent et s'embrument peu à peu. La mer et l'horizon s'ouvrent à mes yeux. Comment ne pas être émerveillée par les éléments, l'eau bouillonnante se dentelle, se transforme en sillon, ... Au plus loin que porte mon regard il a seulement l'horizon… Cette ligne dessinée distinctement et pourtant il est impossible d'évaluer une quelconque distance dans cet espace infini.


Cet espace infini invite à la pensée, à l'imagination... Quelles aventures, quelle vie nous attend là bas de l'autre côté de cet horizon. Mais pour l'instant rien n'est fixé, tout est à créer, rien ne compte que le présent. La pensée du Mektoub me vient à l'esprit, tout n'est il pas déjà écrit ? Peut on changer le futur par nos choix guidés selon le moment présent ? Ecrivons nous vraiment l'histoire de nos vies ? Ou bien mettons nous les nuances de couleurs comme un peintre sur une toile vierge ? Le soleil descendant se rapproche de l'horizon et forme un halo de lumière sur les vagues. Un triangle lumineux m'éblouit, il me fait à ressentir un sentiment de liberté et de renouveau. Le futur n'existe pas, je suis juste là transportée par le temps et les vagues.


La mer est calme, comme si elle savait que j'avais besoin de cette douceur ; mon cœur s'apaise lentement au rythme des vagues.

Nous nous rendons compte que ce n'est pas à 19h00 que nous arriverons mais plutôt 21h30, un problème de changement d'heure qui n'est en fait plus d'actualité au Maroc.

Les passeports ne sont tamponnés qu'au moment de la sortie du bateau, les douaniers montent à bord et le salon sert de poste de douane. Nous nous mettons donc dans le "tas" de gens entassés autour des "bureaux de la douane" qui n'est en fait qu'une des tables de la cafétéria. Un jeune garçon nous fait gentiment remarquer que les hommes sont d'un côté et les femmes de l'autre. N'ayant pas le choix nous respectons cette séparation.

Les deux douaniers arrivent et s'installent ; mais ils ne tamponnent que les passeports des hommes. Après un certain temps, une femme s'indigne ouvertement de l'ignorance manifeste des douaniers et des hommes à notre égard, mais rien n'y fait. Cela dure un long moment et l'ambiance dans le "camp" des femmes s'en ressent mais à force de persévérance, nous y arrivons enfin et les douaniers tamponnent nos trois passeports.

Nous montons dans la voiture et sortons du bateau, on nous vérifie les papiers et fouille le coffre.

Nous partons ensuite en direction de Nador qui est à quelques kilomètres afin de trouver un hôtel et de quoi manger. Au bout de trois ou quatre hôtels nous en trouvons un peu onéreux, Hôtel Afrika, avec la wifi … mais pas dans toutes les chambres. Les toilettes sont au fond du deuxième couloir de chaque étage, pas de chasse d'eau et pas de douche ! Les chambres ne sont pas très propres mais des lits nous attendent gentiment et c'est tout ce qui compte à nos yeux ! Après la visite des chambres nous partons à la recherche d'un petit casse-croûte et le monsieur de l'hôtel nous conseille un petit restaurant.

Le ventre bien tendu nous rentrons nous coucher !

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Premier petit déjeuner au Maroc : pain plat, huile d'olive, œuf au plat, jus d'orange pressé, thé à la menthe, olives et croissants !!

Le ventre bien rempli nous partons direction Guercif. Après quelques petites villes nous commençons la traversée du Rif. De grandes plaines avec en fond de petites collines et de plus grandes montagnes, le sol paraît pelé avec quelques touffes d'herbes parsemées sur cette toile immense. Quelques maisons solitaires s'éparpillent sur les collines, entourées d'une barrière naturelle de cactus. Des bergers gardent leurs moutons sur ces collines escarpées où là, juste au bord de la route. Le paysage est un dégradé de jaune ocre, de plusieurs nuances de marron et de rouille et le vert foncé des touffes d'herbes.

Une plaine sèche où le vent donne un effet de brouillard de sable domine jusqu'à l'horizon, la route est mangée par le sable de cette plaine désertique.

Après la ville de Guercif, les plaines arides s'étendent, quelques champs d'oliviers bousculent cette monotonie, et au loin l'Atlas enneigé se profile.

Le paysage change, le oued a creusé la terre pour former comme des petits canyons de terre rouge et ocre. Un vieux pont en pierre à moitié démoli devait dans le passé faire communiquer deux berges du canyon. On aperçoit les sillons qu'ont formé l'eau au cours de ses nombreux passages.

Après un pique nique au bord de la route avec une vue panoramique sur les monts enneigés de l'Atlas ; nous continuons notre chemin, le paysage est plane avec pour horizon des montagnes de tous côtés. Le soleil a sorti le bout de son nez et le ciel est d'un beau bleu turquoise où quelques gros nuages duveteux embrassent le sommet des montagnes.

Puis nous passons dans une région de terre marron rouille aux nombreuses dunes de terre qui recouvrent cet espace et donne l'effet d'être sur une autre planète ; Mars peut être au vu de la couleur rouge foncée de la terre environnante.

Quelques dromadaires broutent l'herbe drue. Nous avons changé de planète nous voilà passer lentement de Mars à la Lune.

Après ce petit désert, le paysage se pare de verdure, de champs d'oliviers et les maisons des villages sont construites en pisé de la couleur de la terre qui les entourent. Ces grands rectangles habités se confondent avec le paysage.

Les plaines et les collines se recouvrent de mottes d'herbes touffues et de loin cela ressemble a une couverture de mousse.

De grands massifs montagneux se dessinent, la neige les recouvre presque jusqu'à la moitié, la température extérieure a baissé de quelques degrés et le vent s'est rafraîchi. Après une pause pour acheter quelques pommes, la route se dirige vers la montagne en direction d'Ar-Rachidia. La route serpente doucement entre les montagnes caillouteuses.

A Rich nous traversons le Oued Ziz et suivons son cours jusqu'à un hôtel au milieu des Gorges du Ziz. La nuit tombe sur les montagnes alentours et sur la Kasbah Jurassic. Après quelques palabres pour discuter le prix de la chambre et du repas, nous tombons d'accord et partons nous installer dans une chambre propre et confortable. La terrasse donne sur le Oued Ziz et ses Gorges couleur rouille. Le lever du jour promet d'être magnifique…

Après une bonne douche chaude nous partons prendre le repas dans la Kasbah. Des plats immenses nous sont servis : plat de légumes, tajine au poulet, assiette de fruits, gateaux et dates du jardin ! Un repas digne de la Reine de Saba !

Après un petit interlude pour regarder les photos de la journée nous partons nous coucher au chaud sous quelques couches de couvertures aux imprimés floraux et animaliers : Christiane porte son choix sur un imprimé "discret" panthère et Pauline et moi penchons pour une chaude couverture tigrée. Les Reines du Désert se couchent emmitouflées sous leurs peaux de bêtes…

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