Carnet de voyage

Tour de France de Nono

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Dernière étape postée il y a 37 jours
Je me présente, Bruno Leprieur, libraire depuis 33 ans. J’ai décidé à 54 ans de réaliser mon rêve : Faire le tour de France à vélo. J’envisage ce voyage comme un défi sportif, une aventure humaine.
Du 14 avril au 17 juin 2019
65 jours
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KM
0

Impossible pour moi de donner le premier coup de pédale sans distribuer quelques remerciements, décerner quelques Prix et Césars.

Le César de la persévérance et de la combativité est attribué à Corinne, de Côté Loisir News pour son aide précieuse et sa patience.

À Rodolphe et Vincent de Peugeot Cycles, revient le prix de l’assistance technique pour le prêt d’un magnifique vélo que je vais devoir apprivoiser, et avec lequel je vais partager une aventure hors du commun. Remerciements spéciaux à Stéphanie de Panasonic, pour le prêt d’un superbe appareil photo Lumix TZ200, les Éditions Amphora pour leurs ouvrages passionnants qui ont su inspirer mon rêve, Loïc de Radio Peloton pour sa passion, son professionnalisme et ses articles.

Marie-Edith, Nathalie et Bertrand de Fnac Darty pour leur confiance et leurs encouragements.

Alex’Sthétik pour ses soins et ses conseils avisés.

A mes amis et ma famille qui ont su croire en mon rêve et l’alimenter par leur bienveillance, leur aide et leurs conseils.

Mes coéquipiers de route dans l’ordre exact de leur apparition :

Philippe De Oliveira, de Mouroux à Strasbourg, François Paris, Philippe Houstin et Benjamin Samson de Strasbourg à Lyon, Alexander Villegas de Agde à Toulouse, Jean-François Delhay, de Toulouse à Bordeaux, Stéphane et Théo Voges, Jean-François Doat de Bordeaux à La Rochelle,Florence de Royan à Marennes, Laurent Pongitore de La Rochelle à Saint Malo, Raphaël Serreau de Saint Malo à Ouistreham, Mathieu Serreau de Vire à Honfleur, Mathieu et Alexandra Leprieur de Honfleur à Abbeville, Camille Bidaux, Aline Serreau d’Abbeville à Beauvais, Raphaël Serreau de Beauvais à Paris.

Un grand merci à tous pour avoir cru en mon rêve, et à bientôt sur la route...!



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80

14 Avril 2019

Alors que ce dimanche les cyclistes pro affrontaient l’enfer des pavés du nord, j’attaquais avec l’ivresse et l’insouciance d’un ado, mon tour de France à vélo dont j’avais rêvé depuis mes 15 ans. La famille et un groupe d’irréductibles amis assistèrent en fanfare à mon départ devant la mairie de Sèvres (92) tandis que ma femme, mon fils, Jean-François et Corinne accompagnèrent les 15 premiers kilomètres de mon long voyage !

Mouroux, première des 65 étapes située à 80 km de mes premiers coups de pédales, hébergea mon premier sommeil là où 36 ans plus tôt dans la maison familiale, s’ébauchèrent mes envies d’évasion à vélo !

Un vent glacial et piquant, de ceux qui vous demandent deux fois plus d’effort pour progresser, s’est invité sur la première partie de l’étape. Moi qui avait imaginé une journée ensoleillée et un ciel bleu pour bercer mon départ, je fus servi !

Belle leçon d’humilité qui nous fait comprendre que la vie et les chemins sont jonchés de nombreux imprévus et qu’il ne vaut mieux pas planifier et trop imaginer les choses, mais s’adapter et se préparer au maximum de possibilités et s’ouvrir comme un enfant aux plaisirs qu'offre une telle aventure.

Moi et mon imposante cargaison 170 kilos à nous deux (je laisse le soin au matheux de faire le calcul pour connaître le poids réel de mes bagages) arrivèrent à 19h chez mes parents. Un repas vite avalé, quelques bonnes paroles échangées, et les retrouvailles avec Philippe, mon beau frère, compagnon sportif de ses sept prochains jours, marquèrent la fin de ce jour mémorable.

La fatigue aidant, je ne fus pas long à trouver le sommeil, et très vite flaner au pays des rêves !

Trois décennies plus tôt, dans cette même ville, je me couchais souvent en rêvant à ce tour à vélo.

Je me réveille ce matin, les jambes marquées par l’effort de la veille, mais avec une étrange et douce impression de bien être... Cette fois le rêve à laissé place à la réalité !

Mon Départ - La Famille et Les Amis - Vélo Peugeot à assistance électrique
A demain pour la suite de l'aventure...
KM
140

Quel délicieux moment que cette première gorgée de bière, comme l'a si délicatement décrite Philippe Delerm.

J'aime sentir le crépitement du houblon au fond de ma gorge, la caresse de la mousse se déposer en nuage autour de mes lèvres et la fraicheur de son nectar, tapisser mes parois buccales, pour couler en une douce cascade dans mes entrailles.

Jamais une bière ne nous avait paru aussi onctueuse et rafraichissante.

La première gorgée de bière, mais pas la dernière !

Il faut dire que la journée fut dure, pentue et venteuse et la blonde récompense à la hauteur de nos efforts consentis.

ET oui Monsieur Brel, que je salue au passage pour la finesse de son œuvre, le plat pays qui est le tien n'est pas le plat pays qui est le mien. Ici tout est en forme, sinueux, et les rafales incessantes de la journée transforment les moindres faux plats en mini Alpe d'Huez, tant la force d’Éole s’emploie avec un certain acharnement, à faire rempart à notre bonne progression.

Chemins escarpés forestiers - Petite montée bien réelle

Et face aux éléments il faut agir avec ruse. J'ai donc passé la journée à sucer la roue de mon beau frère, profitant de l’aspiration et de l'inspiration de son postérieur, tel un cycliste chevronné. Certes, le paysage en fut plus sombre et monotone mais cela m'a permis d'économiser l’énergie que me réclameraient les prochains jours.

Après 60 km bouclés en 5 heures, Château-Thierry nous est apparue auréolée d'un halo de lumière que seul un soleil printanier savait offrir.

Un rapide passage en ville nous permis de nous rendre compte à quel point Jean de la Fontaine avait inspiré cette ville.

Église Saint-Rémy, XVI Siècle, de Méry-Sur-Marne

Arrivés à l’hôtel, la fatigue aidant, nous étions certains de trouver le sommeil assez rapidement et à n'en pas douter rejoindre le pays des contes, inspiré par ce célèbre fabuliste.

Statue de Jean de la Fontaine 
Musée et Maison de Jean de la Fontaine 
KM
226

Le réveil ce mercredi fut assez matinal ! Les yeux encore groggys par un sommeil agité, je cédais à l'exercice quotidien du cycliste qui consiste à épouser le costume deux pièces à bretelle. Pas toujours avantageux comme déguisement pour peu que vos formes soient assez généreuses !

C'est donc ficelé comme un roast-beef que je fis irruption dans la chambre où un autre roast-beef m'attendait.

9h30 précises sonna l'heure de notre départ. Une pluie fine qui ne nous abandonnera pas une seule minute durant cette étape de 86 km, dégoulinait sur nos coupe-vents dès les premiers hectomètres.

La tête dans le guidon, nous filions bon train, nous frayant un chemin au milieu des gouttes. Le vent, hier, la pluie aujourd’hui... le soleil demain ?

C'est dans ces moments là, seuls contre vous mêmes, livrés aux caprices d'une météo furieuse, qu'un simple petit détail, une curiosité laissée sur le chemin vous invite au souvenir, à l’évasion.

À 20 km du départ, ma récréation cérébrale fut cette pancarte plantée sur le bas coté. Elle me rappela aussitôt que trois compagnons de voyage allait me rejoindre à Strasbourg, pour rouler avec moi en Alsace, puis jusqu'à Lyon. Étrange gymnastique que peut faire le cerveau pour créer ce genre d'associations !!

Comment peuvent se nommer les habitants ?

Les 50 derniers kilomètres pour rejoindre Châlons-en-Champagne furent sans saveurs particulières, une pluie régulière et battante nous imposa un rythme soutenu, sans grande visibilité et nous limita dans la prise de photos.

Heureusement que tous les chemins mènent au rhum et à la bière aussi...

Le Graal, bien mérité

C'est devenu un rituel, une religion presque, un geste quotidien pour panser nos plaies, nous faire oublier les journées difficiles et célébrer notre progression. Qu'ils soient blonds, bruns ou roux, ces nectars se trouveront toujours sur notre chemin, et sans modération, mais toujours avec le mème plaisir, achèveront de la meilleure des manières chacune de nos étapes.

KM
294

Départ 9h30, Arrivée 16h20

Les jours se suivent... et se ressemblent !

La météo capricieuse de ces derniers jours, pluie et vent nous offrit ce mercredi matin une autre facette de ces possibilités, le brouillard. Mais heureusement notre journée sportive commençait sous les meilleurs hospices, et de belles éclaircies firent leur apparition en milieu d'après midi pour ne jamais faiblir, jusqu’à ce que la nuit vint imposer son cycle. Serait-ce un signe pour ces prochains jours ?

Le Cygne ou le Signe ?

De ces évasions vélocipèdes j'attendais de belles rencontres. L'esprit léger et la liberté de disposer de son temps rend l'ouverture aux autres plus facile. Il suffit d'observer, de laisser sa curiosité flâner et de saisir l'instant.

C’est donc à mi-chemin, au terme d'une douce descente, que nous tombâmes nez-à-nez avec une femme qui de prime abord et de part son accoutrement aurait pu nous faire imaginer toute sorte de scénario quant à sa présence sur ce chemin peu fréquenté.

Nous la saluâmes avec courtoisie, et sa réponse enthousiaste et spontanée nous invita à nous arrêter pour entamer la conversation !

Et alors là, respect... Son courage et sa détermination força notre admiration. Cette femme originaire de Californie était partie de Londres pour rejoindre Jérusalem en marchant. Une moyenne de 20 km par jour, en trainant un chariot à bagages et avec pour objectif d'arriver en Israël fin Décembre.

De Londres à Jérusalem à pied

C'est avec plein d'humilité que nous reprîmes la route après avoir longuement échangé, laissant derrière nous une femme extraordinaire, qui après nous avoir confié les raisons personnelles et émouvantes qui l'ont poussé à entreprendre ce périple, nous salua chaleureusement. Nous garderons longtemps le souvenir de cet instant volé au temps.

Le reste de l’étape se déroula sans trop de difficulté. Un soleil généreux accompagna nos deniers kilomètres, et ultime bonheur, deux rafales de la base aéronautique de Saint-Dizier atterrirent dans un fracas assourdissant parallèlement à la piste que nous empruntions, comme pour nous souhaiter la bienvenue dans cette ville.

KM
362

Une succession de cotes, de faux-plats et de mini-descentes furent le plat de résistance de cette 5ème étape, comme en témoigne la photo ci-jointe.

Schéma technique de l'étape du 18 avril

Un mini Alpe d'Huez, pour nous avec une vraie côte de Quatrième catégorie. C'est dire si la journée fut rude et la sœur jumelle de cette étape devrait pointer le bout de son nez demain.

À trois kilomètres de montée se succédaient trois kilomètres de descente, et ce dans un éternel recommencement.

Une question taraudait mon esprit à chacune de ces ascensions.

Les personnes qui se sont chargées du relief ne devaient certainement pas faire de vélo. Et pourquoi n'avaient elles pas simplement penser à faire 6 kilomètres de ligne droite ? Raisonnement simpliste me direz vous, mais votre cerveau vous joue des tours dans ce genre d'efforts répétés, et on se met à penser à un certain idéal en pestant contre les éléments.

À vélo quand on monte, on ne peut pas tricher...

Heureusement de temps à autres, quelques distractions dispersées sur le chemin vous aident à digérer les douleurs de l'effort.

Quand les vaches saluent votre passage 
Comme aurait pu le chanter Joe Dassin, Sur l'canal à vélo on dépasse les péniches

Nous avons roulé 5 heures sans rencontrer âmes qui vivent. Des petits villages désertés, aucun commerce ni même un bistrot sur des dizaines de kilomètres.

Un soleil persistant accompagna toute cette journée et un vent de face omniprésent se chargea de ralentir notre progression.

Le surfeur cherche le vent, le parapentiste joue avec, mais le cycliste, lui, le maudit lorsqu'il flagelle son visage et le freine sans relâche.

Et malgré tout cet acharnement, le mental ne nous a jamais trahi, l'envie et la complicité restent intactes et après un repos bien mérité, nos corps se remettront des ravages de la veille et l'aventure se poursuivra...

KM
425
Voilà le résumé de l'étape du jour ! Où est Philippe, où est Bruno?

Aujourd’hui une étape de 63 km sous un soleil de plomb, alternance de montées, canaux, chemins escarpés dans les bois et petites routes de campagne, avec pause repas le midi dans la ville de Toul.

Je ne sais pas pourquoi, en imaginant mon tour, j’avais un préjugé sur cette ville. M’étant persuadé qu'elle ne présentait aucun intérêt. Je l'avais écarté de mes villes étapes, sans aucune raison valable, juste une impression.

Si j’écris ces lignes ce soir, c'est pour faire mon méa culpa, Toul est une ville au demeurant très charmante, dotée d'une très belle et imposante cathédrale, et sa petite place aux nombreuses terrasses et cafés distribués en couronne autour d'une fontaine centrale, lui donne un sacré cachet.

En résumé, cette ville vaut vraiment le Détoul !

Fort de l’expérience de ces premiers jours, je me dois de distiller quelques conseils pratiques sur l'organisation d'une journée type de notre voyage à vélo.

Le lever se fait presque tous les jours vers 7 heures 30 du matin ! On s'active chacun à réunir nos affaires.

La promiscuité exige une organisation sans faille, mais la réalité est quelquefois toute autre ! D’autant que nos vélos sont souvent nos compagnons de chambrée (Sécurité oblige).

Un Bordel organisé, mais cela fait partie du voyage

Une rapide toilette, la douche ayant été prise la veille en fin d’étape et nous descendons tout notre barda et installons nos sacoches sur les vélos.

Puis vient le moment du petit déjeuner... Les deux premiers jours nous sommes tombés dans la facilité et avons pris le p‘tit déj’ dans l’hôtel, mais l'addition était plutôt salée pour ce plaisir sucré.

Très vite nous avons pu diviser le prix par deux en adoptant la technique suivante : acheter des viennoiseries dans une boulangerie et convaincre un cafetier ou un barman de nous laisser boire un café sur sa terrasse en mangeant nos douceurs achetées chez le voisin d'en face.

Et croyez le si vous le voulez mais voyant l'importance de notre chargement et nos mines sommes toutes avenantes, cela semble être un honneur et un plaisir pour eux de nous accorder cette faveur.

Nous leur racontons le périple que nous faisons et ils ont l'impression par ce geste de faire partie de notre aventure.

Puis vient l'heure du départ, généralement vers 9h30.

Les premiers coups de pédales sont donnés après s’être assurés de n'avoir rien oublié, et nous voilà partis pour à peu près 7 à 8 heures de vélo.

Les préoccupations premières concernent le ravitaillement en eau, il est impossible de transporter la consommation pour la journée et le soleil se charge de tiédir vos réserves en très peu de temps !

et là... autres astuces

Lorsque vous traversez des villages un peu isolés, vous ne passez pas inaperçus avec votre vélo suréquipé. Les gens vous regardent avec étonnement, s'adonnant à quelques pensées vagabondes, s'interrogeant intérieurement sur la douce folie qui peut amener deux cinquantenaires à se trimballer sous cette chaleur avec leur maison sur leur porte bagage. C'est généralement l'instant que nous choisissons pour nous arrêter, bidon en main, quémander notre ration de liquide ! Et après quelques secondes de méfiance, un soupçon d'hésitation, nous leur confions l'objet de notre périple, et ils reviennent, le cœur léger, nos gourdes pleines à ras bord avec le sentiment du devoir accompli.

Après avoir échangé quelques mots, nous les laissons sur le pas de leur porte, ils ont eu l'impression un instant d'avoir caressé notre rêve.

Puis nous partons reprendre le fil de notre étape, nous ne les reverrons peut être jamais, ils ont fait partie de notre folle épopée...

Et alors là nos regards se croisent avec Philippe et sans aucune concertation, je sais à ce moment précis qu'il pense comme moi...

Que c'est bon de rendre les gens heureux en faisant du vélo.......... hihi

KM
513


Aujourd’hui au programme des festivités, nous avons avalés 88 kilomètres.

Une étape assez difficile à digérer.

Nancy Place Stanislas 

Le plat de résistance en a été le vent, servi en abondance tout au long de la journée. Le hors d’œuvre, un soleil omniprésent dardant ses flèches couleur citron sur nos visages flagellés par les alizés et en dessert des courbes montagneuses rappelant le dénivelé des gourmandes pièces montées que l’on sert pour célébrer l’amour.


Que des bonnes choses à déguster me direz-vous, mais lorsqu’elles se consomment sur un vélo pendant plus de 9 heures, on peut facilement friser l’indigestion.


Afin que vous vous rendiez compte de ce que représente une distance à vélo de 90 km, avec le vent, un relief escarpé et un vélo chargé comme un âne, il vous suffit d’imaginer le trajet en voiture, de Paris à Marseille par exemple. Nous sommes restés ce jour autant de temps sur notre vélo que le temps que vous passeriez dans votre auto pour descendre dans le Sud !


Ça fait mal aux fesses non ?


J’ai abordé hier des conseils techniques pour bien préparer et profiter d’un voyage à vélo. J’y reviens ce soir car chaque journée nous offre ses leçons de vie et aucun détail ne peut être négligé.


Une casquette pour se protéger du soleil est indispensable, ajustée à votre tour de tête avec un système à fermoir ou à velcro. S’il est vrai que dans les ascensions, la sueur se charge de coller votre couvre-chef sur votre crâne, il en est tout autrement dans les descentes où la violence d’Éole peut faire décoller votre morceau de tissu et l’envoyer valdinguer à des centaines de mètres.


Le risque dans ce genre de situation est que nous avons tous le réflexe d’essayer de rattraper la caquette fétiche. Le danger est le déséquilibre et les voitures qui roulent derrière.


Autre point noir, c’est le cas de le dire, ce sont les moucherons, moustiques et autres petits insectes qui profitent d’une ouverture buccale entrainée par la nécessité de retrouver votre souffle pour s’engouffrer dans votre intérieur, ou pire encore vous faire un sourire de cireur de chaussures lorsque ces derniers s’éclatent à vive allure sur vos incisives.


Les lunettes de soleil complèteront votre panoplie du parfait cycliste, vous protégeant de la luminosité quelquefois aveuglante et des projections en tout genre.


Explorons à présent le mental qui contribue à 80% du bon déroulement de votre étape. Il n’est pas rare, quand tous les éléments s’acharnent contre vous, de ressentir une certaine lassitude, un agacement passager. Quoi de plus humain que de sentir son corps vous abandonner sous l’effort, le cerveau qui tout à coup se met à disjoncter et vous envoyer des informations erronées, semant le trouble, le doute sur le pourquoi et l’intérêt d’un tel périple.


J’ai connu ce moment de faiblesse hier, en proie à un vent de face incessant et à un relief sinueux. Je l’avais envisagé en préparant mon voyage, je n’ai pas été surpris. Amateur de tennis, je sais comment laisser filer un set lorsque l’adversaire enchaîne les coups gagnants, pour mieux rebondir le set suivant.


J’ai sorti mes écouteurs, glissé l’embout sonore dans mon oreille droite, laissant l’autre alerte au moindre danger (sécurité oblige) et j’ai balancé du Arctic Monkeys si souvent écouté par mon fils, un air latino me rappelant Alexandra et Gare au gorille de Brassens, si brillamment interprété par mon pote Raphaël lors de délicieuses soirées entre amis.


En un instant, ce coup de mou, ce coup de blues a laissé place à une énergie nouvelle, mes coups de pédales sont redevenus plus légers, plus réguliers et j’ai fendu l’asphalte...


C’est fou ce que des gestes anodins de la vie quotidienne peuvent se transformer, dans des situations où l’émotion s’intensifie en de merveilleux remèdes capables de panser le corps et l’esprit.


Même si leurs interprétations sont quelques fois nasillardes et trahissent un peu l’œuvre originale, partager leur univers un instant, penser à eux en ce petit moment de flottement, à su me redonner la pèche et l’énergie pour repartir de l’avant.

KM
601

89 km séparent Sarrebourg de Strasbourg par l’itinéraire que nous avons pris. Les 30 premiers s’effectuèrent sur un profil légèrement grimpant et les 50 derniers ont été roulés à vive allure sur une « autoroute » en longeant le Canal de la Marne et de la Meuse. Même si le vent était quasiment présent toute la deuxième partie, cette étape peut être une belle occasion de sortie en famille. Nous sommes partis à 9h de Sarrebourg et arrivés à Strasbourg à 16h avec une pause déjeuner à Saverne.

Hasard de la vie ou pure coïncidence, cette étape semblait cependant respecter un certain ordre des choses. Notre nuitée s’est déroulée dans le couvent Saint Ulrich, superbe endroit calme et paisible situé dans les hauteurs de Sarrebourg, que régit de main de maitre, une dénommée Joe. Ce petit bout de femme autoritaire, doté d’un sacré sens de l’humour nous a laissé en un éclair, un souvenir pour la vie.

Je l’ai saluée à mon départ d’un respectueux et de circonstance « Au revoir ma Sœur » et elle m’a répondu du tac au tac… Je ne suis pas ta sœur ! sur un ton direct et spontané, mais accompagné d’un rictus jovial qui en disait long sur son sens de la dérision.

Je conseille vivement cet endroit pour sa tranquillité, sa proximité avec le parc animalier de Sainte-Croix et Joe.

34 ans auparavant, dans cette même ville, j’avais effectué mon service militaire au 1er régiment du matériel. J’avais donc choisi cette étape un peu pour respirer le parfum de ma jeunesse en kaki et croiser mes souvenirs de bidasse. L’abolition du service militaire dans la fin des années 90 a changé le sort de Sarrebourg qui était une ville de garnisons, vivant avantageusement de l’activité militaire. À présent il ne reste plus que quelques vestiges de cette époque, mais peu importe, dormir dans cette ville me procurait une douce et étrange sensation que j’étais le seul à pouvoir percevoir.

Je me rappelle encore le Capitaine Paulette, qui au rapport du matin prenait un ton jubilatoire en faisant l’appel d’une façon autoritaire !

Simpert ! Présent mon capitaine………… Cardinal ! Présent mon Capitaine …… Leprieur (moi-même) ! Présent mon C…………….

Et oui, trois noms à évocation religieuse dans le même bataillon, ce n’était pas banal. Il prenait soin de nous placer l’un à côté de l’autre pour égayer le sacerdoce matinal.

Vous comprendrez facilement pourquoi cette ville est particulière pour moi !

En 1985, j’y ai passé une année sous les ordres, la nuit dernière dans les ordres…

De quoi créer un sacré désordre dans ma tête

Robocop est parti. C’est ainsi que je surnomme Philippe (mon Beau-frère), mon fieffé accompagnateur de la première heure.

Infatigable, jamais mal, jamais assez de kilomètres, jamais assez de vent ni de cotes ! Lorsque je peinais dans les montées, pliant sous les bourrasques, il jetait un coup d’œil dans son rétro, rebroussait chemin en dessinant des arcs de cercles pour revenir à ma hauteur ! Je pense qu’il a fait 900 km au lieu de 600 !

Et pourtant Robocop a cassé son vaisseau.

Pédalier endommagé, ça s'est bien terminé !

Aujourd’hui lundi 22 Avril, c’est ma première étape de repos, j’en profite pour flâner dans les rues de Strasbourg. Cette ville a un charme d’ailleurs, ses maisons à colombages aux lignes parfaites vous invitent au dépaysement, l’accent et le dialecte aussi ! Le cour d’eau qui la serpente rend bucolique toute forme de balade. Et l’apothéose visuelle s’opère lorsque au détour d’une rue vous apercevez son imposante et somptueuse Cathédrale. Vous arpentez les ruelles pour arriver au cœur de cette ville, et d’un seul coup apparait une flèche, un clocher fendant le ciel. L’émotion et la surprise vous flagellent les jambes, et les quelques mètres qui vous mènent à sa place sont d’incroyables sensations visuelles.

Je me suis frayé un chemin dans cette foule, assis à une terrasse d’un café et je suis resté là à contempler l’édifice ! On se sent si petit ! Combien de personnes sont mortes à œuvrer leur vie entière sur ce colosse religieux, sans jamais n’avoir pu contempler le fruit de leurs sueurs.

Le Houblon d’une fraicheur impeccable s’écoule doucement dans ma gorge serrée par tant de magie.

J’essaie tant bien que mal d’immortaliser en photo la magnificence de ce « temple », l’objet est si imposant, le recul si fragile, qu’il est très difficile de la faire rentrer entièrement dans l’objectif !

Mais ce n’est pas grave, elle est entrée dans mon cœur et dort à jamais au fond de ma rétine.

17h, il est temps de laisser la belle, pour que d’autres inconnus puissent à leur tour en caresser ses contours, en deviner ses formes, et en flatter ses courbes.

Des collègues et amis, François, François, (et non je ne me répète pas, ils sont deux à partager ce prénom, c’est pas de ma faute), Benjamin et Philippe me rejoignent pour les 11 prochains jours jusqu’à Lyon.

Strasbourg au fil de l'eau 



Terrasse de café, les pieds dans l'eau
Bretzel... Pain d'épice Alsacien... Fromage de la Région
KM
696

Une de ses étapes qui vous laissent un souvenir impérissable, tant sur le plan du relief, de la météo, et de la difficulté ! 95 km entre Strasbourg et Rombach-le-Franc avec une ascension de 5 km dans le final, digne d'une étape de montagne du tour de France. J'avoue ne pas avoir épargné mes nouveaux camarades de jeu et je m'en excuse.

Benjamin S., François P., Philippe H. et Bruno L.
Les Cinq Amis

De gauche à droite, Mouchy (Francois V.M.), Bouly (Philippe H.), Simon (Bruno), Daniel (François P.) Etienne (Benjamin S.)


J’en avais rêvé d’ajouter une troisième partie à ces deux films mythiques, « Un éléphant ça trompe énormément » et « On ira tous au paradis ». Cette amitié profonde, ces coups de gueule parfois, ces fous rires.

Tous les ingrédients y étaient, tous les personnages aussi. Bouly, plein d’énergie, hargneux, vif, Étienne, le flegme anglais, élégant, aérien, Daniel, le bon copain toujours là pour arranger les choses (sa devise on est jamais trop aider), Simon, naïf, distrait, le grand enfant, et Mouchy excessive mais tellement protectrice.

Je les avais amené sur les routes viticoles d’Alsace, pour leur faire revivre cette complicité qui a rendu si culte cette partie de tennis. Cheveux au vent nous arpentions les chemins de vigne, les cols qui mènent au Château de Haut Koeningsbourg, les folles descentes pour rejoindre les villages.

Etienne toujours devant, droit sur son vélo, la classe, Bouly en chasse patate, le corps endolori par les efforts, mais heureux, Daniel et ses pointes de vitesses, en réglage toujours avec son matériel, Simon cherchant son souffle, mais fier d’en etre arrivé là et puis il y avait maman, Mouchy qui nous suivait de loin, protectrice, prête à tout pour notre confort.

Un petit clin d’œil à ma manière pour rendre hommage à ce cinéma d’antan, ces personnages si marqués et ces acteurs si mémorables.

Cette parenthèse me tenait à cœur et je me suis octroyé le droit de compléter la trilogie avec notre aventure.

Pour une première étape, ils ont été servis ! Difficile à vélo d’évaluer le temps qu’on peut mettre sur une distance de 80 km. Sur le papier, dans la préparation théorique, on peut dire qu’avec une moyenne de 13 Km/heure on peut arriver en 6 heures.

Mais c’est sans compter sur la météo, le dénivelé, la forme des coureurs et les temps de pause.

Après une pause à Obernai « Chez la soupe à Mémé » pour nous restaurer, nous prenions la direction de Rombac-le-Franc où nous attendais notre logement toujours mérité et très attendu après ces journées sportives. Bouly, Daniel, Etienne, Simon, la sueur coulant sur leurs joues rougies par l’effort, battaient les campagnes, fendaient les collines en s’arque-boutant sur leurs engins pour dévorer les kilomètres.

Etienne toujours impeccable, d’une élégance rare sur son deux roues, semblait ne rien ressentir sur ses chemins pentus, seul son crâne luisant témoignaient de quelques efforts.

Vers 18 heures nous arrivâmes à Rombac-le-Franc, mais le gite était encore perché à 6 kilomètres de là. Un col dessinant des courbes à l’infini nous invita à l’emprunter.

Et là ce ne fut que douleur, peine, noms d’oiseaux, nous pestions contre les éléments. Cette nature belle, verte dont nous ne captions que la noirceur de son relief et l'insolence de ses courbes, se dressait devant nous, exigeant le meilleur de nous mèmes.

Heureusement Maman qui nous suivait en voiture, veillait sur nous et nous donnait des chocolats en distribuant des encouragements.

Nous arrivâmes, rincés, décomposés, jamais effort si intense ne nous avait été demandé au terme d’une étape déjà si exigeante.

Après avoir récupéré, pris possession de notre superbe gite, nous nous rendîmes compte que nous n’avions rien à manger ! Nous demandâmes à Bernard et Gabrielle si un restaurant avait pu s’aventurer dans cette profonde nature et pouvait être encore ouvert à cette heure si tardive.

Que nenni ! Mais la magie opère souvent au moment où tous les éléments s’abattent sur vous.

Gabrielle et Bernard nous firent un repas gargantuesque, arrosé de bière et d’un digestif de leur fabrication. Un vrai régal, un échange bienveillant et revigorant après une étape difficile !

KM
756


Quatrième jour avec la fine équipe qui nous conduit de Rombach-le-Franc à Colmar !

Un chaleureux au revoir à nos hôtes, leur hospitalité ayant été exemplaire et les massages prodigués sur les cuisses de Bouly par Gabrielle la naturopathe, furent salvateurs.


Gabrielle,Naturopathe 

Cerise sur le gâteau, la montée interminable du chemin de la Hingrie qui nous avait mené la veille au soir au gite se transforma en une délicieuse et roulante descente sur le chemin du retour. Un joli pied de nez, une revanche à ce coup du sort jeté la veille.


Le pourcentage favorable en cyclisme est rarement définitif et la route qui nous menait au château du Haut- Koeningsbourg, nous en dévoila rapidement toutes ses facettes. Une terrible ascension de 5 km, suivie d’une descente, puis d’une autre montée abrupte vers le Château du haut « haut » Koeningsbourg.

Château du Haut Koeningsbourg 

Cet ancien château fort du XIIème siècle, fut sous Guillaume II, un symbole impérial allemand. Seul château de montagne entièrement restauré en Alsace et un des plus visité.

Le charme de ce château nous laissa sans voix et nous reprîmes notre en route en direction de Colmar par les chemins viticoles.

Vignes Alsaciennes

Après avoir roulé quelques kilomètres bien soutenus, Colmar nous tendait les bras. Mais c’était sans compter sur un dernier caprice météorologique. À 8 km de cette ville surnommée "la petite Venise" un déluge de grêle et de vent glaçant, s’abattit sur nous nous déportant à chaque coup de pédales ! C’est vers 18 heures, éreintés et épuisés, après avoir chercher notre hôtel pendant de longues minutes, que nous trouvâmes enfin le salut.

François nous rejoignit pour la soirée et nous décidâmes de fêter l'anniversaire de Benjamin dans un endroit connu pour ses spécialités. Un bon couscous, délicieusement parfumé, une adresse très prisée que François fin gourmet nous avait choisi.

Un Couscous au plein cœur de Colmar.

Voilà qui conclu à merveille notre riche journée.

KM
834
KM
834

La fatigue et les petits bobos de la veille furent entièrement oubliés après une nuit réparatrice. Les intempéries ne nous ayant pas permis de profiter des charmes de Colmar, nous nous empressâmes au petit matin de découvrir ce joyaux alsacien dont on dit qu'il rappelle délicatement les charmes italiens.

Colmar et ses points de vue enchanteurs
Le charme de la Venise Verte

L' heure matinale bien avancée, nous décidâmes de poursuivre notre périple en direction de Maseveaux, il fallait filer bon train car l’étape était longue, et les lignes droites interminables. Une halte à Rouffac pour une pause déjeuner rapide, nous plaça nez à nez avec cette curiosité.

Statuettes faisant référence à la vigne

Puis un soleil réconfortant veilla sur notre voyage, jusqu'à ce que survienne le premier incident mécanique sur ma bicyclette.

OH!! Marie.................si tu savais,

Ta clé de 15 .............. elle m'a sauvé

Peu après la pause, un bruit récurant semblant venir de l’arrière perturbait mon rythme de pédalage et je sentais mon engin ralentir et freiner considérablement. L’arrêt s'imposait et la panne fut vite décelée, mais il nous fallait une clé de 15 pour enlever la roue. Et négligence de ma part, je n'en n’avais pas ! J’opérais un rapide coup d’œil à l’horizon pour scruter le voisinage en quête de l'outil indispensable. Et là perchée au deuxième étage d'une maisonnette située juste en face de la scène, se tenait une petite femme aux cheveux gris, nous observant.

Je crus d'abord quand mon regard croisa le sien, qu'elle allait fermer sa fenêtre et se terrer chez elle. Il n'en fut rien. Elle m'invita dans son garage où une collection de clés à mollette et d'outils en tout genre trônaient. Je saisis l'objet adéquat et en quelques minutes, l'incident fut réparé.

Marie nous invita à boire un verre et satisfaire nos besoins naturels. Marie était de ses femmes qui aimait les gens. Du haut de sa tour de contrôle, elle guettait non pas pour espionner, mais pour apporter son aide au marcheur égaré, au cycliste en détresse et aux âmes vagabondes.

oh! Marie si tu savais .......................

Cet épisode nous ayant quelque peu ralenti, il nous fallait redoubler d'efforts mais le souvenir de Marie flottera longtemps dans nos mémoires. Le bonheur n'est pas quelque chose de permanent.

Ce sont des instants volés au temps, des moments de joie, d'émotion souvent furtifs, pareils à des étoiles filantes.

Il faut savoir les saisir, les laisser s'éloigner, pour revenir plus intenses la fois d'après.

La vie est ainsi faite, une succession de petits bonheurs que l'on glane au fil du temps. Parfois imprévisibles, souvent délicatement organisés, ils remplissent nos cœurs et nous font avancer.

La fatigue aidant, le froid et le vent contre nous, Masevaux devenait de plus en plus inaccessible.

Les 25 km qui nous séparaient de notre ville étape nous paraissaient interminables. La sagesse et la prudence nous imposèrent de nous arrêter et de chercher un logement à Thann.

Et bien sûr, il faudra rattraper les 25 km le lendemain...

KM
921

La fine équipe est repartie ce matin vers 10h. Quelques stigmates de la veille mais le cœur et le mental restent intactes. L’hôtel étant situé juste en face de la gare de Thann, nous aurions pu choisir la facilité et monter dans le premier wagon pour gagner quelques kilomètres. Mais on ne triche pas avec ses rêves, et n'en déplaise aux mauvaises langues, c'est à la force des mollets que je décrocherai les étoiles.

Nos premiers coups de pédale furent lents et mesurés. Nous glissions doucement le long du Canal du Doubs dans un cadre bucolique qui inspirerait des pensées romantiques même aux plus irréductibles machos.

Sur les bords du Canal de Doubs 

Le chant de quelques oiseaux communiaient avec cette nature et nous servait de tempo. Les kilomètres nous séparant de Montbéliard furent avalés avec entrain, ainsi que le frugale repas, sandwich pâté (merci François) et un Flan, savourés sur la Place principale.

La mini digestion opérée, nous reprîmes la route sans grande difficulté. Cette étape venait à point après quelques jours de vents et de faux plats cumulés. Nous nous revigorions, profitions de ce décor de rêve, aux teintes vertes et orangées que les flèches d'un soleil généreux faisaient briller de mille feux.

L’atmosphère était légère et nos coups de reins d'une souplesse céleste. Sans même nous en rendre compte, nous arrivâmes à hauteur de notre bungalow du soir. Une cabane au fond du jardin comme l'aurait si bien chanté Cabrel, nous attendait nichée entre les deux bras du Doubs.

Un havre de paix à la hauteur de la belle journée que nous avions passé. Une parenthèse idéale à ces journées qui s'enchainent.


Notre logement à L'Isle-sur-le-Doubs 

Une étape de 87 km, une moyenne de 17,5 km/h, 5 heures sur le vélo

KM
992

Que dire de cette étape si ce n'est qu'elle fut pour chacun d'entre nous certainement l'épisode sportif le plus usant et démoralisant de notre vie. 71 km sous une pluie battante sans aucune éclaircie pour sécher nos corps et réchauffer nos cœurs.

Un choix cornélien pour le cycliste, la pluie sans discontinuité ou un vent de face ? Nous avons gouté aux deux ces jours ci et aucun d'entre eux n’a eu ma préférence. Sentir les gouttes d'eau couler dans votre cou, glacer votre dos et poursuivre leur course dans le bas de votre corps est une épreuve cruelle.

Votre silhouette se recroqueville, votre regard se perd dans l'horizon, les paysages défilent sans aucune saveur car les gouttes d'eau éclaboussent vos paupières et ferment à demie vos yeux.

Et pourtant cette étape nous faisait la promesse d'une nature au charme exubérant. Les arbres arcs boutés sous les vents chargés de pluie saluaient notre passage, les eaux du Doubs frémissaient sous l'ardeur des trombes d'eau, toutes les palettes de vert qu'offrait cette nature s'abreuvaient de ce liquide céleste pour mieux se dresser face à nous.

Mais malgré cet acharnement il nous fallait avancer, rejoindre l'habitation qui nous servirait de couche pour la nuit. Les doigts crispés sur le guidon, les jambes gelées, bien calées sur les pédales, nous n'avions d'autres choix que de nous frayer un chemin salvateur au milieu des eaux.

Besançon 5 km, le ciel repentant du calvaire qu'il nous avait fait subir toute la journée, nous fit une faveur de dernière minute, une éclaircie agrémentée de quelques rayons de soleil qui eut le mérite de sécher nos vêtements avant d'arriver à l’hôtel.

Petites pauses en attendant la pluie qui n''arrêtera jamais ! 
KM
1060

L’hôtel Kyriad nous servit de demeure pour la nuit. Aucun local pour accepter nos vélos, ils ont du dormir avec nous dans la chambre. La défaite du PSG en finale de coupe de France la veille avait secoué la planète foot et moi je jubilais intérieurement. Étant breton de naissance et de cœur, l'exploit Rennais symbolisait la victoire de l'humilité et de la combativité sur l'égo surdimensionné de joueurs nantis et trop gracieusement rétribués.

Besançon pour moi avait une saveur particulière. Je la connaissais peu, mais je lui devais tellement..!

Si je réalise aujourd'hui mon rêve de gamin, ce Tour de France à vélo, c'est grâce à une personne de cette ville et à un ami de longue date. Il y a une quinzaine d"années, alors que mes genoux étaient chancelant dus à des ménisques abimés, j'ai eu l'opportunité d’être opéré dans cette ville par un chirurgien reconnu, Jean Christophe Poulhes, sur les recommandations de mon très bon ami Raphaël Serreau. Un heureux hasard, qui m'offrit une situation assez cocasse et inattendue. En effet nous avons mangé la veille de l'opération le midi chez le chirurgien que je n' avais jamais rencontré auparavant. Au milieu d'une délicieuse blanquette de veau que sa femme nous avait concocté, il m'informa que mon opération aurait lieue le lendemain matin à 10 heures après le changement de hanche d'une octogenère.

Au dessert, j’eu la description détaillée de l'intervention que j'allais subir et j'avoue que cette situation peu banale restera à tout jamais un souvenir indélébile.

Au petit matin, tout s'est très bien passé. Si j'ai tenu à faire cette petite parenthèse médicale, c'est pour rendre hommage à ces deux personnes croisées un jour dans ma vie et sans l'aide de qui je ne pourrais réaliser ce défi sportif aujourd'hui.

10 heures ! La météo n'est pas forcément bonne ce Dimanche pour l'étape 14 de mon périple, mais la motivation de François, Philippe et Benjamin reste inébranlable. Ils sont venus pour manger du bitume, avaler de la poussière, essuyer des tempêtes et affronter les vents. Rien ne leur sera épargné.

C'est dans la difficulté et dans les situations extrêmes qu'on reconnait les vrais hommes. Lorsque les limites du corps sont repoussées au maximum, que la grêle martèle vos corps recroquevillés, que des pluies diluviennes viennent vous lécher le cou et vous glacer les os, là on se sent vulnérable...

Et moi depuis le début, je vois trois guerriers, trois amis qui sont venus rouler dans mes rêves...

Mes Guerriers

Des faux plats et une pluie diluvienne mais passagère dans l’après midi, constituèrent le menu de cette journée.

Arrivés à Auxonne, nous attendait un super appartement très bien agencé de 120 m2. Nous étions persuadés qu'il serait le théâtre de sommeils réparateurs, que même les ronflements appuyés de certains ne sauraient perturbés.

Mais avant cela, nous allions gouter sans le savoir au charme de l'imprévu, à l'une de ces rencontres inattendues que seul le hasard sait dresser sur votre chemin.

Alors que nous cherchions de quoi nous sustenter depuis un moment, nous nous surprimes à hésiter entre un fast-food banal et une petite pizzeria au milieu de la rue principale. La sagesse nous fit franchir le seuil de la porte de la cuisine italienne où un homme accueillant et disponible nous attendait.

Un grand écran remplissait le mur principal de la pièce, sur la droite au fond trônait une quantité importante de vinyls et au milieu sur une table survivait un vieux tourne disque en réparation.

Atypique comme lieu, surprenant, mais passés les premiers étonnements, le lieu nous parut rapidement familier et accueillant. Le genre d'endroit où plane une atmosphère bienveillante et protectrice.

Et cette impression n’était pas galvaudée. Sur le plan culinaire, les pizzas commandées furent un délice et de taille peu communes, mais l'essentiel était ailleurs. Christophe, le patron, installa rapidement une joyeuse atmosphère et nous gratifia de sa passion pour les motos et la bonne musique des années 70.

Soirée Pizza Chez Christophe 


Sur son écran géant, il nous fit revivre ou découvrir pendant trois heures tous les standards du Rock n' Roll. Grand moment d'émotions dans une salle qui nous était entièrement réservée. Led Zeppelin, Deep Purple, Janis Joplin, The Doors, Heart étaient parmi nous, et nous vivions chacune de leurs notes, chacun de leurs accords dans un tourbillon de bonheur.

Une ferveur enivrante empreinte de nostalgie, un délicieux moment volé au temps savamment orchestré par un maestro du genre !

Chapeau Monsieur Christophe, pour nous avoir transmis votre passion !

Les gens passionnés sont passionnants !

Nous partîmes nous coucher la tête dans les étoiles et nos souffles raccourcis, annonciateurs d'un sommeil imminent, furent bercés par d'incroyables notes, jouées par les plus grands guitaristes de l'histoire de la musique.

KM
1107

Le rythme de ces premiers kilomètres fut dicté par les quelques notes de guitare qui avaient achevé cette soirée mémorable.

La sagesse a voulu que nous apportions une petite modification à notre plan de route. Les étapes précédentes ayant laissé des traces dans nos organismes, il était préférable de longer l’euro vélo 6 et de rééquilibrer les deux étapes suivantes.

Il nous fallait donc annuler la location du soir, et nous enquérir d’une autre pour la nuit. En deux doigts sur le clavier, benjamin nous dégota une nuitée dans un château pour un prix raisonnable et qui nous promettait une douche Star Wars qui attisait notre curiosité.

Les 47 km qui nous séparaient de la ville de Seurre en côte d’or furent avalés comme une gourmandise, tant le relief, le climat et la qualité de la piste se posèrent en alliés jusqu’aux derniers coups de pédale.

Un tronçon de l’euro vélo 6 qui réconcilierait n’importe quel irréductible, aux joies de la randonnée à vélo.


Sir, y’a-t-il un masseur à Seurre ?

Des nouvelles de ma sœur par SMS ! Il est bon de se sentir soutenu et suivi lors de ce type de périple.

Les messages d’encouragement apaisent les douleurs de nos corps abimés et se substituent aux massages qu’il est malheureusement difficile de se voir prescrire.

Les portes de notre château franchies nous nous trouvons nez à nez avec un hôte charismatique prénommé WILLIAM qui nous accueilli d’une façon extrêmement courtoise et chaleureuse.

Arrivée au Château 

William nous propose de faire une petite toilette à nos vélos à grands coups de jets d’eau, avant de nous présenter le domaine.

Castle Geek 

La demeure est imposante et en pénétrant dans les lieux, nous découvrons avec stupéfaction que ce château recèle bien des surprises. C’est en fait un formidable terrain de jeux électroniques, flippers, juxe box, jeux de fléchettes billards en tout genre.

Toutes les pièces regorgent de trésors qui ont fait le bonheur de nos jeunes années. Les gens ne viennent pas ici par hasard, à part nous !

L’endroit est loué par des groupes qui veulent s’éclater avec ces machines d’hier, des dizaines de machines à rêves, disposées dans chaque pièce du domaine.

Jeux 

Pour le diner, François nous réveilla les papilles avec un plat de Pâtes à la Carbonara dont lui seul a le secret. Après ce régal gustatif nous profitâmes des nombreuses distractions du château pour passer une soirée originale et ludique.

L’ apothéose de cette journée fut de passer la nuit dans des lits en forme de vaisseau spatial, ce qui concluait à merveille cette parenthèse ludique.

Vaisseaux Spatiaux pour sommeil intergalactique. 

William est un passionné, il est à la fois un guide et un joueur, disponible 24H /24. Les étoiles qui brillent dans ses yeux lorsqu’ils partagent sa passion inspirent le respect et font de ce Castle Geek, un endroit hautement recommandable.

KM
1175

Ce matin toute la petite troupe s'est levée de bonne humeur.

Il y a des endroits comme ça qui suspendent le temps et vous font replonger en enfance avec une facilité déconcertante. Après tout on ne peut pas mettre au placard d'un revers de la main l'enfant que nous avons été !

Le monde d’adulte nous impose d’être responsable, d’être des modèles, mais l'enfant qui galopait avec ses rêves plein la tête, n'est jamais très loin.

Il est bon de savoir qu'il se cache quelque part dans un coin de notre conscience, prêt à bondir, à l'affut de la moindre occasion pour nous rappeler que la vie peut être légère, ludique et insouciante.

Une petite parenthèse à une réalité qui manque parfois cruellement de tolérance et de fun.

Après un petit déjeuner délicieusement préparé par William notre hôte, on a troqué nos culottes courtes et nos cartables pour nos cuissards et nos sacoches, et nous sommes repartis en direction de Beaumont-sur-Grosne.

Après quelques coups de pédale, je me suis retourné discrètement vers le château. J'ai aperçu l'ombre de mes dix ans adossée à un Flipper, j'ai su à ce moment là que je reviendrai ici un jour retrouver l'enfant que j'ai laissé.

Mon allure sur le vélo m'a vite rassuré sur ma capacité à changer de costume selon les situations.

L’enfant qui jadis titubait sur son tricycle, hésitant, bredouillant ses coups de pédale, a laissé place à l’adulte, fier du chemin parcouru et du rêve qu'il est en train de réaliser.

Le village de Beaumont-sur-Grosne ne fut jamais difficile a atteindre. Un climat propice aux deux roues, de longues lignes droites sans grand dénivelé et la traversée d'une belle ville, Verdun-sur-le-Doubs, nous le livrèrent sur un plateau doré.

Dans la soirée nous partîmes à vélo, diner dans un restaurant près d'un lac à deux kilomètres de la maison. Et là, moment d'inattention ou accumulation de fatigue, nous ne le saurons jamais, deux vélos se sont télescopés et j'ai chuté sur la tête et le coude.

Heureusement, plus de peur que de mal, nous avons pu profiter du repas après quelques soins d'urgence et nous rentrâmes fatigués dans notre location.

Après toutes ses émotions et encore groggy par le choc, je me suis couché sans plus tarder rejoindre le pays des rêves.

J'avais une partie de flipper à terminer...

KM
1252

Partir de la sorte pour moi était une équation à plusieurs inconnues. On a beau préparer au maximum, ressasser les gestes à effectuer, planifier et organiser, la vie se charge souvent de placer quelques aléas sur votre chemin.

Le hasard, les caprices du ciel et votre forme au quotidien disposent d’une bonne partie de la réussite de votre projet. À vélo on ne ressent pas les informations de la même manière. La caresse d’une brise matinale ressentie par le marcheur est perçue à 20 km/h par le cycliste comme une gifle qui lui flagelle les joues et lui glace les oreilles ! L’équipement pour le froid, la pluie, les crèmes contre les soleils ardents doivent être accessibles au moindre changement de coloration du ciel.

Le cycliste est un équilibriste fragilisé par sa monture d’acier ou de carbone pour les plus chanceux. Il ne pèse pas lourd face au vent et au passage de camions et voitures lancées à vives allures. Éviter les écarts, suivre une trajectoire la plus rectiligne possible sur le côté de la chaussée, emprunter les voies qui lui sont réservées, se signaler au loin par des couleurs vives et fluo lui assurent sa sécurité.

L’appareil photo doit être disponible à tout moment, prêt à être dégainé. Lorsque vous roulez à un certain rythme, qu’une voiture vous presse, que la pluie s’en mêle et que votre caméra est nichée au fond d’une sacoche, la photo de votre vie peut être perdue à tout jamais.

Il doit en permanence vérifier son équipement, un tendeur, une sangle mal attachée ou qui s’accroche dans les rayons à 25 km/h peut stopper nette votre course et décider de mettre un terme à votre périple en bloquant les roues de façon brutale et peut être irréversible.

Le théâtre de notre prochaine nuitée était un bungalow dans un camping niché dans les vignes d’un village qui s’appelle Fleurie !

Avouez que pour un premier Mai, l’endroit se révélait être très approprié.

Un départ tout en douceur vers 10h du matin nous assura un parcours tranquille et l’entrée dans la ville de Mâcon quelques temps plus tard, nous envahit d’un sentiment de quiétude et de bien être.

On peut traverser des dizaines de village ou de villes sans pour autant s’extasier ou se retourner à chaque coup de pédale ! Chaque endroit a son charme certes, mais il est certains lieux qui vous hypnotisent dès que vous les franchissez. Vous vous sentez captivé, vos sens sont en alerte, vos pupilles dilatées prêtes à capter l’insolite au détour d’une ruelle ou d’une place.

Mâcon est de cette trempe. Les bords du fleuve sont aménagés avec beaucoup d’espaces verts et il nous parut, en la découvrant, qu’il y faisait bon vivre !

Cathédrale de Mâcon 

Après cette petite halte nous rejoignîmes notre camping dans un ultime effort qui s’est avéré dantesque et fatigant ! Le vin se mérite, les vignes sont souvent perchées en haut des collines et Fleurie n’échappait pas à la règle.

Fleurie 

Une piscine chauffée al dente nous permît de délasser nos corps épuisés, une douceur aromatisée de celle que l'on doit boire avec modération et une bonne nuit de sommeil se chargèrent d'apporter l'énergie avant l'ultime étape de notre Strasbourg-Lyon.

KM
1319
KM
1319

Le plus dur aurait pu être pour la fin !

Les muscles aguerris, le postérieur épousant à présent parfaitement nos selles, il eut été normal de terminer par une de ces étapes corsées qui vous laissent, malgré la souffrance, un souvenir pour l'éternité.

Il n’en fut rien. Nous roulions à vive allure au petit matin sur l’autoroute de notre réussite, à deux courbes du bonheur.

L’itinéraire choisi n’était pas le plus sécurisé mais il nous amena sans encombre aux portes de Lyon.

Ces quatre heures de vélo pour nos corps habitués à l'effort depuis 10 jours nous apparurent comme une simple formalité. À l’entrée de Lyon, nous eûmes le privilège de passer à côté de l’auberge et du restaurant Paul Bocuse.

Peu d’entre-nous marqueront l’histoire de leur passage sur terre, mais certains, par leur talent, leur passion, leur persévérance serviront de modèle à des générations et engendreront des vocations !

Vous faites partie de ces gens là, Monsieur Bocuse...


Le Restaurant Paul Bocuse à Lyon 

"Dans la vie on ne sait pas au moment où l’on vit les choses, qu’on est peut être en train de fabriquer des souvenirs pour la vie"

Celui là en sera un j’en suis sûr pour chacun d’entre nous. 729 km de vélo, ce n’est pas rien et nous pouvions savourer cet exploit.

Pleins de projets, de défis se construisent sur des paroles, des "moi je ferai ça ... tu vas voir" et restent à l’état de doux rêves dans un coin de la tête.

Le notre s’est bâti sur la moquette de notre lieu de travail et s’est réalisé sur l’asphalte, le bitume et les graviers des routes de notre beau pays.

Après une petite pause dans notre appartement nous décidâmes de fêter dignement notre belle aventure. Un petit tour dans la ville, la place Bellecour et les vieux quartiers pour s’imprégner de ses charmes et de sa grandeur, et nous voilà placés dans le Laurencin, un de ces restaurants "bouchons lyonnais" qui n’a pas volé son appellation.

Et là, florilège de textures, de parfums, accompagnés de douces liqueurs qui mit un terme de façon délicate à notre périple.

Le Laurencin 
Bruno, Philippe                         Qui peut imaginer qu'on a fait 729 km ?          Benjamin, François                       


Spécialités lyonnaises

Merci les gars, on l’a rêvé et on l’a fait, et vous m’avez accompagné avec confiance et motivation dans mon tour de France.

Remise des médailles en plein cœur de Lyon 

Une petite digestion s'imposait après ce délicieux diner. Un Lyon by Night à pied nous mena avec légèreté jusqu’à notre appartement.

Lyon, Ville des Lumières !
Lyon By Night 
Le Départ 
KM
1866

Et oui, beaucoup d’entre vous pourraient penser que la fatigue et la répétition de l'effort m'ont fait perdre les quelques notions de mathématique que j'avais. Il n'en est rien, enfin presque.

Un petit décalage s'est créé sur mon journal de bord et il me parait important de le reconnecter à la réalité temporelle du moment.

J'ai donc décidé de laisser le récit de ce tronçon, Lyon - Narbonne (8 étapes), pour plus tard afin de respecter le fil de mon aventure. Ces derniers jours je me suis battu contre des éléments climatiques d'une rare violence, des vents soufflant jusqu'à 80 km/h qui m'ont giflé le visage, des pluies glaciales qui m'ont gelé le corps, fait face à des crevaisons à répétition, des petits problèmes physiques... Mais le moral est intact !

Simplement ma progression est un peu ralentie et mes arrivées dans les villes de destination souvent tardives.

Imaginez une distance de 80 km avec une tramontane plein face, sur les bords du Canal du Midi, sans remparts naturels pour vous protéger ! L’énergie demandée pour avancer est telle que vous n’évoluez pas à plus de 8 km/h, donc en moyenne 10 heures de vélo. Vous arrivez vers 18 heures, prenez quelques photos si l'occasion se présente, rejoignez votre hébergement, vous vous sustentez légèrement et après quelques premiers bâillements légitimes vous ne luttez pas une seconde pour rejoindre le pays des songes.

Très difficile dans ces conditions de se concentrer pour écrire, mes paupières se mettant à cligner dès les premières syllabes.

Mais ne vous inquiétez pas, aucune des étapes manquantes ne vous sera épargnée. La rencontre avec Jackie, la chute sur un pont entre Sablon et Valence, les crevaisons, etc...

Au moment précis où j’écris, il est 8h15 mardi 14 Avril, et je suis actuellement en compagnie d’Alex, un collègue et ami, à Carcassonne. J'ai déjà fait 1936 kilomètres, et j'ai la pêche !!!

Les galères d’une crevaison..! 
KM
1936

Alex est arrivé au train de 10 heures en provenance de Montpellier. Motivé mais diminué par un méchant virus qui l’a affaibli depuis quelques jours !

Alex, un collègue et ami


Qu’à cela ne tienne, l’envie est plus forte que la douleur. Après avoir fait le plein de chambres à air au Carrefour du coin, nous empruntons le Canal de la Robine qui doit nous amener sur le Canal du Midi, en direction de Carcassonne. Un invité surprise s’est joint rapidement à nous sans que nous l’en ayons convié : « la fameuse tramontane » qui me joue des tours depuis quelques jours.

La progression est difficile, le chemin étant assez capricieux, passant de portions de terre, de cailloux à des zones de racines et autres obstacles.

5 KM, 10 KM, 15 KM, nous avons laissé Narbonne à 60 km de Carcassonne et le compteur affiche inlassablement la même distance. Aurait-il un phénomène surnaturel, un dérèglement temporel, ou bien ce Canal de la Robine, comme nous l’avait conseillé plusieurs personnes, n’était-il peut-être pas le plus court accès au Canal du Midi ?

Étrange sensation que celle d’avoir l’impression de tourner en rond. Après avoir passé un superbe pont digne des films de Western, là où jadis un train avait fait les beaux jours, nous primes la sage décision d’emprunter une bonne vielle route afin de retrouver un peu le sens de l’orientation.

Les choses s’arrangèrent un peu, et Le Somail et son magnifique pont nous offrirent une halte méritée et reposante.

Pont de Le Sommail 


Les kilomètres s’enchainaient péniblement. Le compteur n’affichait guère plus de 8 km/h de moyenne. Le baptême pour Alex fut terrible, le Quitana du Monserate qui avait pourtant amené son doudou par superstition peinait sous les forces d’Éole.

Toujours dans sa sacoche, le Grigri, cadeau de sa fille  


Nous étions deux brindilles ballotées par des vents à 50 kilomètres/heure. Pareils aux épis de blé dans les champs aux couleurs dorées, nous courbions l’échine, esquivions les rafales qui gonflaient nos blousons, nous nous courbions mais sans jamais plier. Le roseau aurait été fier de nous, lui qui jadis avait dû livrer un combat similaire.

Dans pareilles circonstances, seul le mental peut vous permettre d’atteindre votre but. La colère et la rage ne vous sont d’aucune aide. Il faut avancer, se concentrer sur de belles choses, trouver une allure régulière et soutenable, penser à ce breuvage à la robe dorée qui célébrera votre victoire.

Nous roulâmes roue dans roue, une forme de solidarité que connaissent bien les cyclistes. Un partage de l’effort, dans un silence consenti, chacun d’entre nous connaissant parfaitement la douleur et la détresse que ressentait l’autre.

Pas d’autre issue que de braver le vent, cette caresse diabolique n’était pas disposée à lâcher du lest, et nous n’étions pas prêts à lui offrir le plaisir d’une capitulation.

Il nous fallu 9 heures pour relier Narbonne à Carcassonne. 60 km d’un combat intense dont nous sortîmes vainqueurs.

Nous sommes arrivés éreintés à la location. Une crêpe et une bière prolongèrent délicatement notre soirée, puis la nuit reprit ses droits sur le jour pour nous emmener vers un repos mérité que nos muscles et nos fesses réclamaient depuis des heures.

KM
1976

Au petit matin, Carcassonne nous offrit une de ses plus belles partitions. Une douce lumière enveloppait ses murailles et au loin on devinait l'imposante silhouette qui faisait la fierté de ces lieux.

Surplombant la ville, cette forteresse abritait en son sein une multitude de restaurants, d’échoppes et de places, qui rivalisaient de beauté et se fondaient dans un décor enchanteur. Le temps paraissait suspendu, les ruelles semblaient livrer les bribes d'un riche passé.

Flâner, déambuler dans cette enceinte de pierre procurait une sensation de bien être qui invitait à l’évasion.

Château et remparts de la cité 

Alex et moi étions comme deux enfants à qui l'on avait offert un Château fort. Nous l’envahissions, prenions ses tours et arpentions ses ponts. En un instant, la douceur du moment effaçait les douleurs du réveil, ces courbatures infligées par l'effort et par les morsures du vent.

C'est avec enthousiasme que nous entamâmes notre étape vers Castelnaudary. Le vent, malheureusement, était de la partie et encore plein face. Un jour j'aimerais vraiment en faire mon allié, sentir sa puissance et sa force me pousser dans la bonne direction et m'offrir un peu de répit. Mais nous sommes bien petits face aux caprices de la météo, et seule Dame Nature semble avoir le pouvoir de décision sur ce que sera mon "Demain à Vélo"..!

La patience et la faculté à s'adapter aux différents éléments font le succès d'une telle aventure. Comme une descente succède souvent à une montée, le jour à la nuit, le soleil et le ciel bleu finiront bien par chasser les vents et les pluies.

Donc l’étape du jour n’était pas la plus longue, mais le vent souffla sans répit. On en a bavé, mais l'heure peu tardive de notre arrivée nous assura un temps de repos un peu plus long que la normale.

Une charmante maisonnette nous accueillit pour la nuit, ce qui nous permit d'appréhender la dernière étape avec un peu plus de sérénité.

Je salue au passage la ténacité et le courage d'Alex, à qui j'avais promis une promenade bucolique bercée par le chant des oiseaux sur le Canal du Midi, mais qui a dû en deux jours affronter les quarantièmes rugissants version vélo.

KM
2040

Les prévisions météorologiques n’annonçaient rien de bon, et pourtant la surprise au petit matin fut bonne.

Dès les premiers coups de pédale, un léger vent latéral venait heurter nos corps, sans pour autant faire entrave à notre progression. Le soleil nous enveloppait de sa douceur dorée et l'horizon nous promettait mille merveilles.

Les Pyrénées 

Nous roulions nos premiers kilomètres sur une départementale qui longeait la chaine pyrénéenne, des sommets d'une beauté incroyable où la neige déposée en fine couche offrait un spectacle d'hiver.

Aujourd'hui nos yeux étaient grands ouverts, les assauts du vent étaient minimes et nos pupilles captaient toute la beauté de cette nature luxuriante.

Au détour d'un petit chemin nous reprîmes le Canal du Midi qui sur certaine portion n'est pas aussi idyllique que ce qu'en promettent les guides touristiques. Chemins de halage étroits, racines et graviers sur des kilomètres rendant difficile l’accès aux vélos avec remorque ou au chargement important.

La Maison de la Haute-Garonne nous attendait sur l'aire de Port Laugarais, dans un décor bucolique.

La Maison de la Haute-Garonne 

Cette petite pause avait été organisée spécialement à notre attention. L’accueil fut chaleureux et la découverte de produits régionaux, tels que la limonade à la violette et autres douceurs sucrées a su réveiller nos papilles.

Limonade à la violette et Douceurs Sucrées

Isabelle, Laurine et Olivia, merci à toutes les trois pour ce délicieux moment. L'endroit est superbe et votre enthousiasme, votre disponibilité et vos sourires sont communicatifs et invitent à la découverte.

Olivia                                     Laurine                                                Isabelle

Je recommande vivement cette halte à toutes les personnes qui veulent découvrir la région, les charmes du Canal du Midi et les spécialités régionales. Des renseignements précieux sur le département de la Haute-Garonne vous seront fournis pour passer le meilleur des séjours.

Les produits des artisans de la région sont mis à l'honneur, la violette de Toulouse, l'ail AOC de Cadour, cassoulets et autres miels de Pays, ainsi que les créations de nombreux artistes, faïence de Martres-Tolosane, bijoux, textiles teints au pastel, etc...

Pour compléter de façon culturelle cette petite pause à Port-Lauragais, Sylvaine, guide spécialiste du Canal du Midi, nous fit découvrir son histoire et sa construction. Elle nous raconta avec passion l'histoire de Pierre-Paul Riquet, son fondateur qui a consacré sa vie à ce projet. Il est mort 6 mois avant la fin des travaux et n'avait aucune qualité d'ingénieur pour mener à bien cette ouvrage.

Sylvaine, dans les locaux de l'exposition sur le Canal du Midi

J'en profite au passage pour remercier Nathalie Lacomme, qui s'occupe de la promotion du Tourisme de Haute-Garonne, pour avoir organisé cette petite halte.

Différents guides sur le Canal du Midi 

https://www.hautegaronnetourisme.com/

Ces petites réjouissances terminées, nous continuâmes à longer le Canal qui se transforma en une véritable piste cyclable. La partie reliant Port-Lauragais à Toulouse fut un délice dont nous savourions chaque instant. Aucun obstacle, aucune difficulté vinrent tourmenter notre entrée dans le centre ville de Toulouse.

Alex vivait les derniers kilomètres de son aventure et un soleil radieux semblait lui rendre hommage. Nous nous quittâmes autour d'une bière à la fin de l'étape, mais ce n’était pas un adieu. Le lendemain après-midi nous avions une visite privée et guidée de Toulouse en compagnie de Jean-François, le successeur d'Alex sur mon Tour de France.

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2115

Jean-François m’a raconté au petit matin qu’il avait rêvé toute la nuit d’une pluie froide et persistante, mais m’a très vite rassuré en me confiant que ses rêves étaient rarement prémonitoires. C’est donc d’un pas léger et rassuré que j’ouvris les rideaux. Bingo, le Nostradamus des bacs à sables avait fait la seule bonne prédiction de sa vie et ça tombait aujourd’hui.

C’est donc avec les larmes de nuages déchainés et un vent de face, alors que nous espérions un vent de fesse, que notre portion Toulouse – Bordeaux démarra.

À peine 2 kilomètres effectués, un arrêt sous le premier abribus trouvé nous imposa quelques petits changements sur notre tenue. Jean-François, l’homme aux mille brevets, nous concocta des « sur chaussures » avec les moyens du bord (sacs plastiques achetés chez Lidle) d’une efficacité à toute épreuve. Je lui fis la promesse de les proposer chez « Et Rame » et nous avons baptisé notre invention opportuniste « lidle des jeunes »

Système D pour temps de M****... 

Les kilomètres s’enchainaient sous une pluie battante, et en relevant nos têtes du guidon de temps à autres, on croisait les bribes d’un paysage dévasté. Une halte au 32ème kilomètre à Grisolles s’imposa tant les éléments se déchainaient sur nous avec une vigueur redoublée.

Mais essayer de trouver un endroit pour manger ou grignoter dans un petit village à 14 heures n’est pas choses facile. Et dans ce cas là, on bénit n’importe quelle structure capable de vous donner le couvert et réchauffer vos vieux corps mouillés.

Le Piz burger fut notre refuge salutaire. Quatre paires d’yeux d’enfants s’écarquillèrent à l’entrée des deux serpillères avec des chaussures blanches. Mais les ricanements laissèrent place à la curiosité et au respect lorsque nous leur contâmes le chemin parcouru, et les kilomètres restant à faire sous ces caprices climatiques.

Le tournoi de Rome de tennis, Schwartzman contre Nishikori sur l’écran du restaurant, nous fit oublier un instant l’incongruité de la situation et un bon repas bien gras mais nutritif se chargea de redonner l’énergie nécessaire pour le reste de l’étape.

Plus de temps à perdre, nous devions enfourcher nos vélos pour arriver à Moissac. S’en suivi une alternance d’ondées, de pluies déchainées et de rares éclaircies. Mais au final c’est cette eau glacée tombant des cieux qui remporta la palme.

19 heures, notre nid douillet nous attendait à Moissac et n’importe quelle couche aurait pu faire l’affaire tant nous étions rincés et fatigués. Mais nous ne fumes pas déçus, l’endroit était très bien agencé et, sans être très grand, présentait tous les atouts d’une nuit réussie.

Nous fîmes un rapide passage à la grande surface du coin pour acheter les victuailles nécessaires à notre frugale repas et surtout pour l’acquisition d’une paire de chaussures de rechange. Et oui, les « Sur-Chaussures » ayant été le prototype d’un jour, ce premier modèle méritait quelques améliorations et ajustements, les pluies assaillantes ayant eu raison de notre invention de fortune.

Un croquis délicatement esquissé, par Jean-François, quelques lignes couchées sur une feuille de papier, tout ça dans l’entrebâillement de deux yeux qui se ferment, nous conduisirent sans aucune résistance dans l’étreinte de Morphée.

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Publié le 1er juin 2019


Le vent, la pluie, un mal de dent et les journées bien remplies ont eu raison de ma concentration et de mon assiduité. Je m’étais fixé pour objectif de remplir mon journal de mes anecdotes quotidiennes et j’avoue avoir failli quelque peu ces derniers jours... Mais qu'à cela ne tienne, je consigne par écrit sur un cahier tous les bons moments de mon voyage et je ne manquerai pas l'occasion à mon retour de prendre le temps nécessaire pour le terminer.

Mais l'essentiel pour moi est atteint. Je ne regrette pas un seul moment de mon périple aucun des kilomètres roulés mème ceux faits par inadvertance dans le mauvais sens.

Je peste sans cesse contre la pluie, le vent et les voitures qui me frôlent mais j'essuie sans faiblir les gouttes qui frappent mes lunettes, esquive tramontane et mistral qui giflent mon visage et réponds d'un majeur fièrement dressé aux carrosseries qui me collent sans aucun états d’âmes.

Je profite au maximum des équipiers qui m’accompagnent et tiens à leur rendre hommage avec ces quelques lignes. Je ne regrette aucun de mes choix et les expériences partagées, toutes si différentes, agrémentent et enrichissent mon voyage. Je confesse n'avoir eu aucun moment de doute, d'ennuis ou de renoncement durant ces cinquante jours. Mes journées sont bien remplies et lorsque je place mes doigts sur mon ordinateur à une heure déjà très avancée de la nuit pour tenter de coucher quelques mots, mes yeux vacillent et mes paupières se ferment. La réalisation de mon rêve est à la hauteur des espoirs que j'avais fondé et la ténacité, le mental et mon objectif final sans cesse en ligne de mire sont les garants de ma réussite.

À ce jour, le pari n’était pas gagné d'avance mais la force d'un rêve de gamin peut balayer tous les obstacles qui se dressent sur son chemin.

Donc je tenais par ces quelques mots rassurer ou pas tout ceux qui me suivent, me lisent, donner de mes nouvelles, m'excuser de ce silence incontrôlé et vous assurer que je rattraperai toutes les étapes dans les prochains jours.

Aujourd’hui, j’atteins mes 3000 kilomètres, il m’en reste 1000 !

Merci à vous.

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Publié le 10 juin 2019


Parce qu’il est bon de se sentir utile quelques fois et de rendre hommage aux gens qui consacrent du temps à des causes sans en attendre rien en retour que la satisfaction et le bonheur d’aider son prochain.

On a roulé pour l'AFA entre Moissac et Agen 

J’ai aimé rouler entre Moissac et Agen pour l’AFA, la maladie de Crohn pour souligner le travail et le dévouement de Michèle Passeman dans son combat pour soutenir cette cause.

J’ai longé avec mon ami et collègue Laurent Pongitore le littoral breton entre Questembert et Saint-Malo portant avec fierté le maillot de l’association Don du Sang La Poste Orange pour valoriser le travail du côté d’Avignon de Jacqueline Le Bègue, formidable femme dont l’implication dans cette association mérite le respect.

La Mascotte  "Super Donneur"


Avec Laurent on a roulé pour les Donneurs de Sang la Poste - Orange 

Que représente ma sueur et mes efforts durant ce Tour de France au regard du temps et l’énergie consacrée tout au long de l’année par ces bienfaiteurs de l’ombre…

Pas grand-chose, alors la possibilité de les mettre en lumière et leur apporter une modeste visibilité quelques kilomètres au cours de mon voyage, m’a paru essentielle et gratifiante.

Lorsque j’ai programmé ce périple il y a deux ans déjà, je ne pensais pas que la réalisation de mon projet répondrait parfaitement aux attentes de mes rêves de gamin. J’ai choisi les amis, collègues et famille qui m’ont accompagné, une vingtaine de personnes réparties par tronçon sur la totalité de mon voyage, et n’ai jamais été déçu de l’expérience qu’ils m’ont apporté. La promiscuité et les différences qui nous caractérisent tant, auraient pu être des obstacles ou des freins à mon épanouissement dans ce genre d’aventure. Au contraire, ils ont été le moteur, la motivation m’apportant les ressources nécessaires pour ne jamais renoncer.

Parmi ces proches ayant toujours cru en mon projet, je voulais mettre en avant mon ami Raphaël Serreau, le Charles Trenet de la petite reine, celui qui sous une pluie glaçante et harassante, au milieu de nulle part, est capable de vous chantonner des airs de musique avec une bonhomie solaire. Celui qui d’une note faussement fredonnée installe le désordre dans cette nature enjouée, perturbe le chant des oiseaux et fait trembler les arbres sur son passage.

Et oui Raphael, The Voice et la Nouvelle Star ne seront jamais tes terrains de jeu, mais tes talents sont ailleurs.

Rapha sous la pluie 

Ta bonne humeur, ta franche camaraderie et ta sincère amitié me font oublier ces moments pourtant délicieux ou tu essaies des kilomètres durant avec une énergie jamais ébranlée de me faire deviner le titre d’une chanson en la fredonnant.

Louable passe-temps au demeurant, mais tu sais que je ne suis pas medium et que pour moi deviner une chanson lorsque tu fredonnes et massacres l’air d’une autre tout en pensant à une troisième, n’est pas un exercice facile.

Tu es le dyslexique de la chanson française.

Bon il fallait bien que je te trouve un défaut, et crois-moi ce n’était pas facile et il parait si minime au regard des qualités qui te caractérisent et de la faculté que tu as à bonifier et valoriser ces petits instants de la vie.

Pour toi un plat de pâtes réchauffé à la poêle le matin et le chant d’un oiseau aux aurores sont des vrais bonheurs. Tu transformes des petits riens en moments magiques et c’est toi qui a raison.

Donc c’est avec beaucoup d’admiration et d’amitié que je tiens à saluer l’initiative et l’action que tu as mené avec ton équipe d’Orléans Métropole.

Jean-Marie Léopold et son équipe ont accompagné nos efforts durant les étapes entre Saint-Malo et Ouistreham, soit 370 Km.

Chaque coup de pédale que nous donnions, chaque kilomètre que nous effectuions ont été salués et récompensés par les mêmes kilomètres sur un vélo d’appartement installé dans les locaux de leur service.

Merci à toute l’équipe d'Orléans Métropole 

Toute ton équipe s’est relayée pour parcourir le même nombre de kilomètres de ce tronçon, tu peux être fier d’eux au même titre qu’eux peuvent l’être de toi. Leur implication impose le respect et j’ose espérer qu’ils ont poussé le mimétisme jusqu’à respecter à la lettre les conditions climatiques que nous avons rencontré.

Je me plais à les imaginer se tartiner de crème solaire lorsque le lundi entre Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel le soleil nous faisait ses révérences et nous piquait le visage de ses flèches ardentes. Je me réjouis de les surprendre à enfiler leur imperméable en s’aspergeant les uns et les autres d’eau, lorsque le ciel a déversé ses larmes de haine sur nos corps recroquevillés par le froid entre Mont-Saint-Michel et Mortain.

Merci à vous, ce sont ces petits détails de la vie qui font nos plus beaux souvenirs, et pour les 10 jours qu'il me reste de mon periple je ne manquerai pas de reprendre le flambeau et de pédaler en hommage à votre belle initiative.

Merci à toi Mathieu digne fils de ton père qui nous a rejoint à Saint-Lô pour quatre jours. Une belle aventure bien arrosée... A la fois par les pluies qui nous ont accablé et par les nectars qui nous ont réconforté.

Un réel plaisir que ce mélange inter-génération réuni pour la même aventure.


Mathieu et son vélo qui roule tout seul !

Merci à vous tous et ne vous inquiétez pas, je n'oublierai personne, je saurai rendre hommage à tous ceux qui m'ont accompagné.