Carnet de voyage

Cambodge

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Et c'est reparti pour un nouveau mois de voyage en Asie mais cette fois-ci, au Cambodge.
Du 20 mars au 20 avril 2019
31 jours
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Publié le 26 mai 2019

20 mars, naviguer sur le Mékong pour rejoindre le Cambodge

Après 1 mois au Vietnam il est temps de rejoindre le Cambodge que j'ai hâte de découvrir ! Nous embarquons sur le bateau qui va nous permettre de rejoindre la ville de Phnom Penh et surtout de passer la frontière. Nous passons à côté des villages du peuple Cham dont je vous avais parlé précédemment. Nous apercevons également des temples le long de la rivière. Une fois à la frontière du Vietnam, on récupère nos passeports pour pouvoir obtenir le tampon attestant notre sortie du territoire. Nous remontons ensuite à bord du bateau pour rejoindre la frontière cambodgienne. Une photo, des empreintes, un coup de tampon et un visa plus tard nous sommes prêts à rejoindre ce nouveau pays !

L'arrivée sur Phnom Penh est canon, on entrevoit les building mais aussi l'impressionnant palais royal. Ma maman ne m'avait pas menti à ce sujet ! On est hyper content d'avoir suivi ce conseil, la traversée était géniale (si on oublie les coups de soleil).

Arrivé en bateau à Phom Penh 

Une fois sur la terre ferme on c'est pris une grande claque de chaleur ! Il faisait chaud au Vietnam mais là on est sur un niveau encore au dessus. Heureusement que l'on est déjà habitué à transpirer toute la journée... On prend ensuite notre premier Tuk Tuk d'Asie (qui ne sera pas le dernier). Nous sommes ensuite allé manger et avons passé l'après-midi à discuter de tout et de rien. Autant vous dire que les dernières semaines au Vietnam nous ont épuisés et la chaleur ici n'arrange rien. Mais je sais que le lendemain je serais reboosté à bloque car j'ai hâte de découvrir le Cambodge.

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21 mars, visites culturelles à Phnom Penh

Sur la route pour rejoindre notre première visite nous avons croisé un temple avec ce que l'on appelle des stupas. C'est hyper beau, je suis déjà émerveillé par l'architecture des monuments ici.

Ce matin nous partons nous instruire sur la culture du pays en visitant le musée national du Cambodge sur l'art Khmer, toujours suite aux conseils de maman ! L'architecture du bâtiment est magnifique et le musée est tout ouvert, c'est hyper agréable. Je m'excuse d'avance mais j'ai pris le musée en photo sous tous les angles mais je le trouvais bien trop beau...

J'en apprends beaucoup plus sur les figures du bouddhisme et de l’hindouisme présente sur tous les temples ici. Cela me permettra d'avoir l'air moins bête en déambulant dans les monuments. La collection d'art est impressionnante, je prends du plaisir à me perdre entre les statuts de Vishnu, Shiva, Bouddha, etc.

Dans une des salles on peut trouver une tonne de sculpture de bouddha et une dame m'a proposé d'attacher un bracelet en tissus rouge à mon poignet. On le voit beaucoup sur les locaux ici. Elle a noué celui-ci tout en récitant une sorte de prière. Cela sert à vous porter chance.

Après cela pause déjeuné et direction le palais royal de Phnom Penh. Je commence par mettre un foulard autour de ma taille car je ne peux pas rentrer jambes découvertes. On longe d'abord les impressionnants murs qui protègent le lieu.

Il y a du monde ici et la chaleur est écrasante mais je suis complètement captivée par tout ce qui m'entoure. Les bâtiments qui composent le palais sont réparti sur 18 hectares !! Bien sûr on ne peut pas tout visiter car une grande partie compose la partie résidentielle privée appelée. Ici les rois du Cambodge se sont succédé et ce depuis 1871.

Nous arrivons d'abord au niveau de la salle du trône qui accueille toujours les cérémonies religieuses et royales, comme les couronnements et les mariages, ainsi que les rencontres officielles. Le bâtiment est en forme de croix. La flèche centrale fait une hauteur de 59 mètres et est surmontée d'une tête de Brahma à quatre visages. L'intérieur est éblouissant de beauté mais on ne peut pas y rentrer ni prendre de photo du coup je garde ce plaisir pour mes yeux et pour ma mémoire.

Salle du trône 

Depuis la salle du trône on peut apercevoir le beau pavillon Pochani utilisé comme salle de bal.

pavillon Phochani 

Ensuite, la magnifique Pagode d'Argent qui fut pavé de plus de 5 000 carreaux d'argent, d'où son nom. Ce dallage est toujours présent mais recouvert par des tapis. A l'intérieur on y trouve un petit bouddha émeraude qui est en fait en cristal. Je n'ai pas pris de photo de cette partie, je ne sais plus pour quelle raison, parfois je suis juste subjugué et ne pense pas à en prendre.

Pagode d'argent 

J'ai adoré admirer les stupas blancs ornés de milliers de détails. Ils font parti de ce que j'ai préféré ici, si impressionnant ! Me perdre dans cet immense cours m'a permis de me transporter au sein de la culture cambodgienne. D'ailleurs vous pouvez m'apercevoir sur la photo en bas à droite en train de marcher vers cet imposant stupa.

Il y a également une maquette du temple d'Angkor Wat qui donne envie d'y être ! Mais chaque chose en son temps 😀

Maquette d'Angkor Wat 

Après cette visite nous avons marché jusqu'au monument de l'indépendance.

Monument de l'indépendance 
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22 mars, visite à travers l'une des histoires les plus sombre du Cambodge

Avant de commencer nos visites sur le génocide perpétué par les Khmer rouge nous sommes allé visiter le temple Bouddhiste Wat Phnom niché sur la seule colline présente dans la capitale. Elle est à 27 mètres de hauteur et pour y accéder il faut emprunter les imposants escaliers.

Wat Phnom 


Il est temps maintenant de vous emmener avec moi dans les lieux sombre de l'époque des Khmers Rouges. Je vais vous raconter comment l'histoire du Cambodge m'a brisé le cœur. Contrairement au musée sur la guerre du Vietnam à Ho Chi Minh je vais vous donner toutes les informations dont je dispose au sujet des horreurs que les Khmer ont subies pendant 4 années. Je vais vous emmener dans deux lieux remplis d'histoire comme si vous y étiez vous aussi. Cela me tien à cœur et je pense qu'il est de mon devoir de partager cela pour ne pas laisser ce génocide dans l'ombre comme on le fait. Vous allez avoir de la lecture mais je serais très contente si vous lisiez toutes ces lignes.

Nous commençons la journée par la visite du musée du génocide perpétué par les Khmers Rouges. Il s'agit d'une ancienne école qui a été utilisé comme prison pendant le régime de Pol Pot. Elle est connue sous le nom de Tuol Sleng ou S-21. Quelques chiffres pour poser le décor. Dans ce lieu, entre 12 000 et 20 000 personnes ont été torturés et emprisonnés et l'on ne connaît que 12 survivants attestés dont 7 adultes et 5 enfants. Le centre de détention tenu dans le plus grand secret pouvait accueillir jusqu'à 200 personnes.

Munie de mon audioguide, l'histoire commence par les bombardements incessants perpétués par les Etats-Unis sur la population Cambodgienne. Ils sont affamés et affaiblis par les pertes engendrées par une guerre qui n'est pas la leur. C'est alors que le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent le pouvoir dans la capitale Phnom Penh et évacuent les habitants vers les campagnes ou dans les camps d'extermination. Pour réussir à déplacer toutes ces personnes ils ont utilisé le prétexte des bombardements américains en prétendant une attaque imminente sur la ville. La capitale est littéralement vidée de ses habitants. Les Khmers emprisonnés sont ceux jugés contraires aux idées du régime. Si vous portiez des lunettes, que vous aviez la peau blanche ou que vos mains étaient considérés trop propres vous pouviez être enfermé dans les centres de torture. Tout signe qui montrait votre savoir ou votre richesse vous valait une mort certaine. Des familles entières ont été emmenés vers les centres de détentions. Le régime considérait qu'il devait éliminer tout membres de celles-ci car ils craignaient des vengeances dans le futur. Les "traîtres" du régime étaient en faite les personnes appelés "bourgeois". Il y avait aussi les personnes qu'ils considéraient comme contaminés par "l'esprit bourgeois" que l'on a envoyé dans les campagnes. Ils ont été soumis à des travaux forcés pour travailler la terre et tout cela avec à peine de quoi manger et aucun repos. De l'esclavagisme dans sa forme la plus extrême. Tout ce qui pouvait les rattacher à leur culture ou leurs possessions sont alors détruites, les livres, les lunettes, les vélos, la religion, etc sont alors bannis. Les jeunes ruraux eux étaient embrigadés et endoctrinés par le régime pour travailler dans les centres de détentions comme tortionnaires obéissants. Le pays compte alors 196 prisons dans lesquels sont perpétués viols, expérimentations, cannibalisme et tortures en tous genre. Même les enfants sont formés à dénoncer leurs propres parents. Leur esprit influençable est complètement embrouillé par le régime de Pol Pot. Plus personnes ne peut faire confiance à qui que ce soit. Imaginer que votre propre peuple puisse vous vouloir du mal. Vous ne savez même pas qui est de votre côté et ce au sein même de votre famille. Plus personne n'a le droit à des relations personnelles car ils devaient seulement être dévoués au régime.

Dans la cour de la prison, 14 tombes anonymes à la mémoire des personnes tuées pendant le régime des Khmers Rouges d'avril 1975 à janvier 1979. Au départ les personnes exécutées à S-21 étaient enterrées dans la cour de l'ancienne école puis vu le nombre grandissant d'éliminations ils ont dû les envoyer dans des camps pour les assassiner. Je vous parlerais des killing fields après car c'était notre deuxième visite de la journée. Pourquoi anonymes ? Par ce que les archives ont été détruites pour la plupart pendant la fuite des tortionnaires. Il a donc été impossible d'identifier toutes les personnes qui avaient été envoyé dans cette prison puis dans les camps de la mort.

Le premier bâtiment est le lieu où sont organisés les interrogatoires où les prisonniers sont torturés sans relâche pendant des semaines. Dans chaque pièce on y trouve des lits en métal où l'on a retrouvé des détenus exécutés à la vas-vite au moment de la libération de Phnom Penh. Les gardes les ont tués précipitamment pour ne pas laisser de preuves et surtout pour éliminer un maximum de personnes. Sur les murs des anciennes salles de classe on retrouve les photos des prisonniers telles qu'on les a retrouvées... Avancer dans ce bâtiment est particulièrement difficile, on ne peut s'empêcher de penser au calvaire que toutes ces personnes ont vécu. J'essaye de rester concentrée sur la voix de mon audioguide. Je ne vais pas vous parler des différentes techniques de tortures utilisés. Je n'ai pas envie de me les remémorer mais je pense que vous pouvez facilement imaginer. Evidemment je me souviens parfaitement de tout mais je préfère le garder pour moi.

Les interrogatoires permettaient aux Khmers Rouges de récolter des informations mais aussi de briser l'humanité des détenus. Le but était de raconter et d'avouer les fautes que vous auriez commises dans le passé. Des fautes contraires aux idéaux du régime évidemment. Les équipements scolaires étaient recyclés en objet de tortures les plus inhumains.

Dans le second bâtiment on trouve les cellules où étaient gardés les détenus. Certaines étaient individuelles et d'autres étaient de grandes salles où ils entassaient tout le monde. Dans ces minuscules cellules individuelles les prisonniers ont seulement un espèce de pot où ils doivent faire leurs besoins. S'ils en mettaient ou renversaient par terre on leur demandait de nettoyer le sol avec leur propre bouche. Désolé pour ce détail sordide mais je ne fais que raconter. Dans les cellules communes ils étaient tous attachés à la même barre de fer. Tous entassés les uns à côté des autres dans une position allongée ou assise à la limite mais vous ne pouviez pas vraiment bouger à risque de vous faire battre par les geôliers. Pour prendre leur douche ils avaient une sorte de jet d'eau qu'ils passaient à travers la fenêtre donc difficile pour tout le monde d'être en dessous. Evidemment aucun système d'évacuation donc elle pouvait rester croupir sur le sol où étaient allongés les prisonniers. Je vous laisse imaginer les problèmes de peau que cela a pu engendrer. Les gardes affamaient les détenus, ceux-ci essayaient d'attraper des insectes qui passaient par là pour essayer de se nourrir. Si on les voyait faire, on leur retirait automatiquement les insectes et bien sûr on les battait. Désolé les photos sont flous mais j'avoue que j'ai eu du mal à en prendre.

A leur arrivée à S-21 les futurs prisonniers étaient tous pris en photo avec leur numéro de matricule pour les archives tenue par les Khmers Rouges. Privé de leur possession, réduit à de simples numéros, emprisonné avec leur famille entière, on leur retirait toute leur humanité progressivement. La salle des photos des victimes m'a particulièrement marqué. Regarder tous ces visages qui ne savaient pas encore ce qui les attendaient m'a brisé le cœur. On peut voir beaucoup d'enfants sur ces photos... La voix de mon audioguide me demande maintenant de prendre le temps d'observer chaque visage attentivement comme si je devais chercher un membre de ma famille. Cet exercice est très difficile quand on imagine toutes les personnes qui ont dû le faire en réalité. Et ils n'étaient même pas sûrs de retrouver un seul visage à cause de la destruction des archives. Le soir après les deux visites émouvantes j'ai appelé un ami, Steven, il est d'origine Cambodgienne. Son grand-père a été emprisonné et torturé, sa grand-mère a dû rechercher des visages familiers sur ces murs de photographies. Pendant ce temps sa mère était entre l'enfance et l'adolescence. Je le remercie d'ailleurs 10000 fois d'avoir pris le temps d'en parler avec moi, j'avais un grand besoin de pouvoir discuter de toutes ces horreurs. Steven si tu passes par là encore merci !

Sur le mur des photos on peut apercevoir des visages typés européens. Effectivement quelques personnes d'origine étrangère ont été emprisonnés ici. Je vais vous raconter l'histoire malchanceuse de trois d'entre eux. Trois Américains faisaient un tour du monde en bateau, lorsqu'ils ont amarré sur le port de Phnom Penh le régime de Pol Pot avait pris le contrôle de la capitale. Ils ont de suite été emprisonnés, l'un d'eux a été tué dès leur arrivée. Les deux autres ont été emprisonnés et torturés pendant plusieurs semaines. Ils ont retrouvé les interrogatoires d'un des américain et celui-ci faisait des références à de grandes chaînes alimentaires américaines et au FBI pour inventer tout et n'importe quoi. Il dissimulait des sortes de blague partout en se disant que c'était gros qu'ils puissent avaler tout ça. Son frère l'a en tout cas traduit comme cela pendant le procès sur le génocide. Ils ont finalement été exécutés.

Une histoire m'a particulièrement touchée il s'agit de celle de Bophana qui a été exécutée pour son amour à 25 ans. Elle est l'une des figures les plus connues du génocide car on a retrouvé plus de mille pages de confessions dans lesquelles elle raconte son histoire. Elle a été emprisonnée et torturée pendant cinq mois avant d'être tuée dans le camp de Choeung Ek. Son père enseignant et chef de district est exécuté lors d'une embuscade des Khmers Rouges. Elle se réfugie alors avec ses deux sœurs dans la capitale de sa province. Les soldats du régime sur place posent chez elle une grenade et l'accusent d'être infiltrée et la violent. Elle tombe alors enceinte et tente de mettre fin à sa vie. En 1971 elle part pour Phnom Penh où elle accouche d'un garçon. Elle est rejetée par la société car mère sans mari. En 1974 elle croise le chemin de son cousin Sitha, ils ont grandi ensemble et elle l'aime profondément. Les Khmers Rouges prennent alors possession de la capitale et elle rejoint son village natal. Sitha est alors devenu cadre du parti communiste du Kampuchea. Il la retrouve et l'épouse en 1975 avant de rejoindre seul Phnom Penh. Le régime bannit la famille, l'amour, la vie personnelle et les lettres d'amour qu'ils s'envoient alors sont complètement interdites. Un jour Bophana tombe très malade, elle est mal soignée, elle tente de se suicider et perd l'enfant qu'elle attendait de son mari. Il lui demande alors de le rejoindre dans la capitale et obtient une fausse carte de laissez-passer. A ce moment-là les soldats du régime trouvent les lettres de Bophana chez Sitha. Ils sont alors tous les deux arrêtés et enfermés dans la prison de S-21. Ils n'ont jamais su qu'ils étaient emprisonnés au même endroit. Ils ont été exécutés le même jour à Choeung Ek. Voici le visage de cette femme qui n'a jamais connu de répit dans sa vie et même jusqu'à sa mort.

Bophana  

Je ne vais pas vous partager toutes les techniques de tortures et autres détails comme dit plus haut. J'ai essayé de vous en dire le plus possible avec les souvenirs qu'il m'en reste. A la fin de la visite l'homme qui parlait dans l'audioguide m'a dit que toutes les personnes ayant fait cette visite sont les gardiens de la mémoire des victimes du génocide. Il m'a aussi dit que j'avais le devoir de le raconter pour que l'on puisse éviter cela à l'avenir. Cela m'a particulièrement touchée et c'est entre autres pour cela que je vous écris ces lignes aujourd'hui.


La journée n'étant pas finie nous partons ensuite en direction des "killing fields". Les prisonniers de S-21 étaient initialement tués et enterrés dans la cour de l'ancienne école. Le nombre grandissant de victimes les a obligés à les déplacer et les tuer dans un endroit en dehors de la ville. Nous avons donc pris un tuk tuk en direction de ces camps de la mort. Je vais essayer de vous résumer cette partie car je pense en avoir déjà dit beaucoup sur la prison S-21.

Les prisonniers étaient tous entassés dans une sorte de hangar où il n'y avait pas une seule fenêtre. Dans le camp des chants des Khmers Rouges étaient diffusés pour ne pas entendre les cris des victimes et éviter d'alerter les paysans qui travaillaient dans le coin. Les bourreaux exécutaient les détenus avec les moyens du bord comme du bambou pour leur trancher la gorge. Ils étaient ensuite jetés dans des fosses creusées au sol. On retrouve encore des ossements sur le site et également des morceaux de tissu des vêtements des victimes.

J'ai ensuite marché le long du lac en écoutant la musique A Memory Of Darkness par Him Sophy que je vous recommande d'écouter en lisant cela. Cela m'a beaucoup ému. Je me suis ensuite assise sur un banc au bord de ce fameux lac pour écouter les témoignages des survivants du génocide des Khmers Rouges. Une femme raconte comment elle a perdu son bébé en raison de la famine qu'a subie tout le peuple cambodgien. Une autre parle la voix tremblante d'un viol collectif qu'elle a subi et qui a eu pour effet de l'exclure de la société. A cette époque cela était synonyme de honte. Un homme nous raconte ensuite son histoire quand il était alors âgé seulement d'une dizaine d'années. Il est chassé de sa maison par les soldats du régime et obligé de rejoindre son village natal avec sa famille. Son cousin les rejoint et se fait assassiner devant les yeux du jeune garçon. Celui-ci faisait partie de l'ancien régime et cela lui a valu la mort. Il raconte sa colère et sa solitude dans un monde ou l'on ne peut faire confiance à personne. Imaginez que votre propre peuple puisse vous vouloir du mal et causer votre mort au moindre faux pas. Un jour sa sœur tombe très malade, il est très difficile de la soigner car elle ne peut pas se nourrir correctement en raison des restrictions alimentaires. Il vole alors de la nourriture pour elle et se fait arrêter et battre. On l'enferme dans une prison où chaque jour il doit raconter une histoire sur lui où il aurait commis une "faute". Son jeune âge rend compliqué cette tâche et un jour à court d'histoire il doit être exécuté. Un vieux monsieur emprisonné avec lui se plaignait tout le temps auprès des gardes que le garçon était trop jeune pour être enfermé dans cet endroit où l'on ne trouve que des adultes. Le jeune garçon est alors relâché mais la vie du vieux monsieur est prise à la place de l'enfant. Cette personne lui a sauvé la vie. A son retour dans sa famille sa mère l’envoie aux Etats-Unis pour qu'il puisse fuir ces horreurs. En grandissant il a nourri un désir de vengeance sur les tortionnaires qui ont ravagé son pays. Mais à son retour il apprend à pardonner et surtout à remercier sa mère qui lui a sauvé la vie en l'éloignant.

Je continue ma visite et m'arrête devant une fausse où l'on tuait des nouveau-nés et des enfants en bas âges. Juste à côté se trouve un arbre sur lequel on frappait la tête des bébés devant leur mère avant de les jeter dans la fosse... J'avoue avoir eu du mal à rester impassible devant cela... Sur cet arbre on trouve maintenant pleins de rubans ou de bracelets tressés en mémoire des victimes. Tout en continuant à marcher je tombe sur une urne dans laquelle sont entreposés les restes de vêtements que l'on a retrouvés dans les fosses. Il y en a une aussi avec des ossements et des fragments de dents. Il faut avoir le cœur accroché pour cette visite.

Je finis devant le stupa du souvenir dans laquelle sont entreposés les crânes et autres ossements retrouvés sur le camp de la mort de Choeung Ek. Celle-ci trône au milieu de cet endroit où l'on peut imaginer l'horreur qu'on subit les anciens prisonniers de S-21. J'y ai déposé une fleure le cœur serré en hommage à toutes ces victimes.

Stupa du souvenir  

A la fin de la visite il y a un petit musée où l'on peut avoir encore des détails sur le génocide, j'ai commencé à lire quelques informations et j'ai eu le besoin de m'arrêter et de sortir au plus vite de cet endroit. Je pense que cela faisait beaucoup pour une seule journée. J'avais besoin de prendre l'air et faire le point sur tout ce que j'avais vu et entendu. Le soir j'ai appelé maman et mon ami Steven pour en parler et cela m'a fait du bien. Si vous êtes arrivé jusque-là j'en serais ravi et vous en remercie 😀


Je suis assez en retard pour ne pas dire énormément... Je suis actuellement en Birmanie ! J'ai passé 1 mois au Laos juste avant et je peux déjà vous dire que c'est mon pays coup de cœur. Je profite à fond de mes dernières semaines en Asie. A bientôt !!

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Publié le 5 juin 2019

23 mars, arrivé sur l'île de Koh Rong 

Nous avons pris un bus depuis Phnom Penh pour rejoindre Sihanoukville où nous avons ensuite pris un bateau direction l'île de Koh Rong. Après ce long périple et une marche sur une plage d'eau turquoise nous avons déposé nos affaires et profité des chaises longues en bord de mer. Le cadre est absolument paradisiaque et l'auberge diffuse de la musique pour nous mettre dans l'ambiance. Inutile de vous préciser que nous avons dégusté une bonne bière fraîche offerte par nos hôtes.

Première soirée à Koh Rong 
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24 au 26 mars, tourista au paradis

Ce qui devait arriver arriva, ce matin je me suis réveillé avec des crampes d'estomac des enfers (oui rien que ça). Complètement pliée de douleur dans mon lit avec la fameuse tourista ! Je ne vais pas vous faire part des détails mais je vous laisse imaginer. J'ai marché un peu en bord de mer l'après-midi mais suis rentrée assez vite à cause des douleurs.

Le deuxième jour j'étais toujours aussi malade et nous avons dû changer d'auberge. On s'est fait plaisir et on a réservé un bungalow avec vue sur la mer ! On avait même une petite terrasse sur laquelle j'en ai profité pour lire un des livres que j'ai emportés.

Bungalow avec vue sur la mer 

Ces quelques jours ont été farniente au possible ! J'alternais entre plage, terrasse, hamac, sable, et baignade (et toilettes). Cela m'a fait beaucoup de bien après avoir couru pendant les deux dernières semaines au Vietnam. Et puis on peut dire que le cadre était franchement paradisiaque ! J'en ai aussi profité pour me soigner.

Farniente à Koh Rong 

Un matin nous nous sommes motivé pour observer le soleil se lever sur un décor de rêve. Evidemment notre poisse nous poursuit toujours et le ciel est couvert. J'ai quand même pris quelques photos des premières lumières matinales.

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27 mars, petite randonnée sur l'île 

Aujourd'hui je vais beaucoup mieux, on en a profité pour faire une randonnée qui nous emmène sur les hauteurs de l'île pour arriver sur une plage de l'autre côté. J'avoue avoir ressenti l'énergie perdue pendant ces quelques jours où j'ai à peine mangé. Mais cela valait 1000 fois le coup !

Le chemin pour accéder à la plage est très raide et je dois redoubler de concentration (oui je suis toujours maladroite). On doit quasiment escalader les rochers, c'est plutôt sympa mais je redoute le retour... On arrive sur la plage avec une eau turquoise mais pas mal de déchets sur le sable... J'en ai profité pour me baigner car il fait très chaud et je peux vous dire que cela fait du bien !!

Nous n'avions pas prévu assez d'eau pour le retour du coup nous avons décidé de prendre un bateau pour rejoindre l'autre côté de l'île. J'ai vite regretté ce choix, la mer était très agité et notre embarcation de fortune ne faisait que tanguer et s'écraser contre les vagues. Moi qui ne suis pas très rassuré en mer et surtout malade j'ai trouvé le trajet très long... Mais nous sommes arrivé sain et sauf !!

Nous avons marché en bord de mer pour rejoindre la ville où nous avons dégusté une bonne pizza ! Vous pouvez imaginer que j'en avais marre de manger du riz blanc depuis plusieurs jours...

28 mars, départ de l'île direction Kampot

Nous avons repris un premier bateau pour nous emmener au port pour prendre un ferry. Ils ont blindé au maximum notre embarcation et la mer était presque autant agitée que la veille... Le cauchemar ! Le ferry n'était pas mieux on avait l'impression qu'il allait s'écraser en mille morceaux à chaque vague. Mais le plus important est qu'on est arrivé.

Pendant mon séjour sur l'île je me suis fait dévorer par des mouches de sables. Les piqûres de moustiques à côté c'est de la rigolade ! Cela m'a démangé pendant plus de 3 semaines et j'ai gardé des marques rougeâtres pendant plus d'un mois. Si vous devez aller en Asie attention à ces bestioles qui grouille dans le sable !

Piqûres de mouches de sable 
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Publié le 30 juillet 2019

28 mars, suite et fin du trajet jusqu'à Kampot

De retour à Sihanoukville, la ville glauque par excellence nous avons dû attendre deux bonnes heures avant de prendre le minibus pour Kampot. On en a profité pour se balader et passer le temps, malheureusement sans vraiment apprécier. Des déchets absolument partout et des grands buildings tout neuf composent cette ville. Il y règne une atmosphère presque gênante. On est vite surpris de voir que tout est racheté par les chinois. On voit de grands bâtiments tout neuf et des panneaux écrits en langue chinoise. Vivement notre prochaine destination !

Dans le bus j'ai rencontré Pauline, une française et Camila une québécoise. On a discuté pendant tout le trajet et cela nous a fait oublier les routes amochées. Des trous partout et des kilos de tonnes de poussières. A certains moments je me demandais même comment le chauffeur pouvait y voir quelque chose. Et je ne vous parle pas des habitations en bord de route où les locaux n'ont pas le choix que de vivre avec cet amas de poussière permanent...

Enfin arrivé à Kampot et après une bonne douche, j'ai passé la soirée avec Pauline, Camila et Jamie à discuté et apprendre à se connaître.

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29 mars, journée entre filles

Pauline a pris contact avec Elisabeth, une française qui vit à Kampot depuis quelques mois où elle enseigne l'anglais dans les écoles. Elle l'a rencontré sur un groupe Facebook de voyageuse et nous nous sommes donné rendez-vous à Sabay Beach pour se baigner dans la rivière et profiter du soleil. Un vrai petit coin de paradis ! Les montagnes au loin, la rivière, les palmiers, un superbe restaurant et de nouvelles amies. Que demander de plus ? En plus de cela on a commandé une assiette à partager avec du pâté et du poivre de Kampot ! Un pur délice 😀

Sabay beach avec Pauline et Elisabeth 

Nous devions rejoindre Camilia et Jamie un peu plus tard pour visiter la plantation de poivres mais nous avons évidemment trop traîné dans cet endroit paradisiaque. Ce n'est pas grave nous avons encore plusieurs jours ici. A la place j'en ai profité pour aller en ville avec Pauline et faire un peu de shopping. J'aime beaucoup Kampot, les rues sont propres, les locaux souriants, les petites ruelles sont jolies, il y règne une atmosphère des plus agréable.

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30 mars, la tourista le retour !

La veille au soir Pauline et Camilia ont commencé à être malade. Le matin je me suis réveillé avec ces bonnes vieilles crampes familières... La tourista ne m'avait pas manqué... J'ai traîné à l'auberge toute la journée avec Pauline et Elisabeth qui est venue pour nous tenir compagnie.

Un peu dépité, je devais partir en scooter pour rejoindre la montagne Botkor mais au vu de mon état et la durée du trajet j'ai préféré éviter... Tant pis je le note dans un coin de ma tête si je dois revenir au Cambodge.

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31 mars, plantation de poivre et marché aux crabes

Aujourd'hui nous allons un peu mieux et c'est notre dernier jour à Kampot donc nous en profitons pour aller visiter la fameuse plantation de poivre et le marché aux crabes dans la ville de Kep.

Nous commençons par rejoindre la plantation de poivre sen tuk-tuk et nous passons devant les jolis paysages de ma région de Kampot. Un vrai régal pour les yeux !

A peine arrivé je suis déjà sous le charme du lieu. D'ailleurs pour la petite anecdote, nous étions en train de prendre des petites maisons en bois en photo quand nous nous sommes rendu compte que nous étions en train de photographier les toilettes !

Nous devons patienter pour qu'un guide français nous fasse une visite gratuite de la plantation. La vue depuis le restaurant où nous patientons est absolument sublime. Je vous laisse juger par vous-même.

Vue panoramique sur la plantation de poivre 

Notre guide est prête pour nous faire une visite du lieu, on a hâte ! Pour la petite histoire, cette plantation a été rachetée par un couple Belge il y a quelques années. En 2010 le poivre de Kampot a bénéficié d'une IGP (Indication Géographique Protégée) délivré par Ministère du Commerce et l’Agence Française du Développement. Cette norme impose aux producteurs de respecter un cahier des charges très strictes en matière de production. C'est à dire que les agriculteurs doivent utiliser par exemple des engrais ou des pesticides naturels. D'ailleurs si vous voulez en savoir plus à ce sujet c'est par ici.

150 cambodgiens travaillent à temps plein pour la production du poivre. Ils peuvent loger dans la plantation avec leur famille s'ils habitent trop loin. Une partie des bénéfices permet de financer une école mais aussi donner des fournitures aux élèves. Les salariés sont payés au-dessus du salaire minimum du Cambodge.

Nous nous sommes donc baladés avec nos chapeaux vissés sur la tête dans ce havre de paix.

Visite de la plantation  

Pour clôturer cette visite nous avons goûter le poivre et les épices cultivées sur place. Un vrai régal, moi qui pourtant ne suis pas la fan numéro 1 du poivre j'ai adoré ! Et bien sûr on a eu envie de tout acheter avant de partir !

Suite du programme direction la ville de Kep où se trouve le fameux marché aux crabes ! Arrivés sur place nous nous sommes perdus dans les innombrables allées remplies d'étalages de poissons, crustacés et autres produits de la mer. Il faut essayer de faire abstraction de la chaleur car à l'intérieur c'est étouffant mais on garde l'objectif en vue de manger du crabe frais.

Il faut allé tout au fond du marché pour pouvoir trouver les pêcheurs de crabes.

Marché aux crabes de Kep 

Nous nous sommes arrêtés et avons demandé à une dame 1 kg de crabes. Une des pêcheuses a sorti de l'eau un gros panier de crabes et notre vendeuse nous a sélectionné notre repas. Elle les a ensuite coupé en deux aux ciseaux devant nous. J'ai personnellement préféré ne pas trop regarder pour ne pas me couper l'appétit... Ensuite elle les a donné à une autre cambodgienne qui les a cuisiné dans un wok toujours devant nous avec du poivre, des épices et une sorte de sauce rougeâtre. Cela nous a donné l'eau à la bouche de suite ! Elle a ensuite tout entreposé dans une petite barquette, prêts à déguster ! Nous avons trouvé une petite table au milieu du marché où nous avons mangé à l'arrache avec les doigts pour décortiquer nos délicieux petits crabes. Un pur régal !! Des amis de Pauline, Maud et Etienne nous ont rejoint pendant notre festin. Pour la petite anecdote je les ai revu plusieurs fois au Laos et espère les revoir en France.

Le soir j'ai mangé avec Pauline, Elisabeth et deux autres françaises qui font également partie du groupe Facebook des voyageuses. Je suis toujours en contact avec les filles avec qui je discute fréquemment, je suis ravi d'avoir fait leur connaissance et espère pouvoir les recroiser ici ou ailleurs.

J'ai eu un vrai coup de coeur pour la ville de Kampot, je pense que ce détour vers le sud du Cambodge en vaut vraiment la peine ! J'ai apprécié chaque minute passer ici et surtout en si bonne compagnie.

Le lendemain nous partons pour Phnom Penh avec Pauline et Jamie. J'ai décidé d'y faire un stop pour éviter les dizainez d'heures de bus pour rejoindre Siem Reap.

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Publié le 30 juillet 2019

1 avril, de retour à Phnom Penh

Nous avons donc décidé de faire un stop d'une nuit dans la capitale avant de rejoindre Siem Reap. Pauline repart le lendemain pour la France ! D'ailleurs c'est assez marrant car avant l'Asie elle a passé comme moi 1 an en Nouvelle-Zélande mais on ne s'est jamais croisée.

Après quelques heures de bus nous arrivons dans notre auberge avec piscine dont nous n’avons même pas profité. Je suis parti en ville avec Pauline pour changer son écran de téléphone cassé et ensuite nous somme allé nous faire chouchouter dans un salon de manucure. Autant en profiter puisqu'en Asie cela ne coûte rien.

Le soir nous avions prévu d'aller voir le spectacle de danse traditionnel Khmer dans le Musée National d'art Khmer que j'avais visité lors de ma première visite de la capitale. Je n'y étais pas allé car les dates ne correspondaient pas et le prix était un peu élevé. Mais étant donné que cela serait mon dernier arrêt à Phnom Penh et que Pauline et moi voulions vraiment assister au spectacle j'ai pris une place avec grand plaisir ! Eh bien je n'ai pas regretté mon choix. Les danses et les costumes sont magnifiques ! Une des danseuses nous a éblouis de sa beauté et de ses gestes précis et enchanteurs. C'est impressionnant de voir la gestuelle des mains et des pieds qui se tordent dans tous les sens. Le spectacle était en plus très constructif car il faisait référence à la religion bouddhiste ainsi que la culture Khmère. Ils avaient même pensé à des introductions avant les danses pour nous placer dans le contexte. J'ai adoré ! J'y retournerais encore si je devais revenir au Cambodge. Je vous le conseille 10000 fois. J'ai pris quelques photos, la qualité n'est vraiment pas top mais cela pourra vous donner une petite idée.

Danses traditionnelles Kmères 

Après ce fabuleux spectacle nous avons mangé chez David's Restaurant où nous avons dégustée des noodles fait maison devant nos yeux ébahi !! On a aussi pris des dumplings, c'était les meilleures noodles que j'ai pu manger en Asie.

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2 avril, départ pour Siem Reap

Le matin j'ai accompagné Pauline dans un énorme marché couvert de la capitale. On aurait pu s'y perdre 10 fois vu la longueur des allées.

Ensuite il était temps de se dire au revoir et de souhaiter un bon retour en France à Pauline qui m'a laissé plein de superbes conseils sur le Cambodge pour la suite de mon voyage. J'espère la revoir en France ou ailleurs 😀

Maintenant je dois prendre le bus avec Jamie direction la ville de Siem Reap à la découverte des temples d'Ankgor.