Un court week-end à Malte pour bien trop de choses à voir!
Du 6 au 9 mai 2016
4 jours
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après-midi

Bienvenue sur ce nouveau carnet de voyage! J'ai trouvé sympa de raconter sous ce format nos péripéties à Malte, car en si peu de temps, oh! Il s'en est passé, des choses ... C'était la première fois que nous partions toutes les trois, et vraiment, ça valait le détour.

Je m'excuse pour la qualité des photos. Je me suis aperçue que pas mal d'entre elles étaient de travers, je ne sais pas trop pourquoi, mais je suis sûre que je faisais moins attention à la qualité du cadre à l'époque. Il va y avoir pas mal de passages sur l'histoire de Malte, et je pense que même à ce moment là nous n'y avions même pas prêté autant attention, cela va être l'occasion de redécouvrir l'île sous une autre perspective, j'imagine.

Commençons donc, si vous le voulez bien! ... Par un retard de train. Nous nous rejoignions la veille à Sète chez Christel, et devions nous lever à 5h du matin, pour partir à Marseille, à 2h de route de là. Ce train, donc, un petit retard de 50 minutes à cause d'un incendie, ce n'est rien, mais c'est là où tout a commencé. Cependant, pour nous lever, rien de bien compliqué, le trajet pour Marseille, l'embarquement, etc., tout passe comme une lettre à la poste, jusqu'à notre atterrissage à La Valette. La musique d'arrivée claironnante de Ryanair retentit, l'avion s'arrête et ... soudain, du mouvement derrière nous. Bim, un homme qui fait une crise d'épilepsie! Tout le monde s'affaire, mais le personnel réagit bien puisque cela ne nous a pas beaucoup ralenti au final. Peut être un peu plus la dame qui s'est à son tour évanouie sur le tarmac ...

Nous avions réservé une voiture par internet, à un prix low cost. Cependant, arrivés aux comptoirs, nous apprenons que cette compagnie n'a pas de bureau fixe, et que le gérant rencontre ses clients au café d'en face pour monter le dossier. Bon, soit, c'est low cost ... Nous ne sommes pas les premières, mais pour une fois, je vous assure que nous avions de la chance. L'homme devant nous était un Français, qui nous met en garde contre cette compagnie de location: beaucoup d'arnaques, avec le kilométrage, avec le plein, avec de minuscules rayures qu'on fait payer au prix fort ... En bref, un prix de base qui est bas, mais pour lequel nous allions avoir plein d'excédents. "Fuyez tant que vous le pouvez", ou un truc comme ça, nous a-t-il dit, devant le loueur et sa tête d'escroc qui ne comprenait rien à ce qu'il nous disait. Il s'éloigne, et nous aussi par la même occasion. Nous faisons plusieurs comptoirs pour nous enquérir des prix, et choisissons finalement Thrifty, pour une voiture à peine plus chère mais avec moins de frais cachés, donc plus de confiance. Et qui dit voiture à Malte, dit ... conduire à gauche, et oui! Malte a été cédée par Bonaparte aux Anglais en 1814, et l'île n'est indépendante que depuis 1964, ce qui est relativement très récent. Elle fait toujours partie du Commonwealth.

C'est un peu compliqué au départ, non pas le fait de conduire à gauche lui-même et de se tromper de voie comme on pourrait l'imaginer, mais celui de ne pas rouler TROP à gauche. Heureusement, Christel et Cécilia se partagent le rôle de co-pilote, et m'avertissent (d'un "bip!") chaque fois que je vais me prendre la rambarde, ou pire, une voiture - ce qui est arrivé au tout début, et nous en avons tiré cette leçon. Les panneaux routiers ne sont pas très coopératifs, et nous devons faire plusieurs fois demi-tour avant de trouver notre chemin. Mais nous finissons par arriver devant les portes de Valletta, après avoir traversé cette grande zone urbaine tout autour (27 km de long, 14,5km de large, 446 000 habitants, ce qui donne une densité de 1 413 hab./km2!). Nous déposons Cécilia devant le Airbnb et allons nous garer dans un parking, qui est peu cher (les prix sont un peu moins élevés là-bas, environ 3€ de moins en général). Nous découvrons donc la capitale maltaise, et après tous ces efforts, il est grand temps de manger! J'ai pour ma part pris un Ftira (saucisse, fromage de chèvre au poivre, tomates séchées), et il est fort dommage que nous n'ayons pas goûté beaucoup de spécialités maltaises.

Dernière photo: ces étoiles représentent les victoires de La Valette à la Coupe de foot de Malte.  
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Nous partons nous installer dans notre Airbnb qui, comme nous l'avions choisi, donne sur la mer, et en face la ville de Sliema. C'est très enchanteur pour nous lever le matin! L'appartement en lui-même est sur deux étages, de style typiquement maltais, en globigérine qui est une pierre tendre calcaire qui donne cette couleur sable aux bâtiments. L'intérieur est tout en long, un peu étroit, un peu humide, mais nous sommes quand même très contentes.

Il est, pour ma part, très agréable de se promener dans les rues maltaises qui montent et descendent, notamment pour observer ces balcons fermés particuliers, de type victorien, entre bois et pierre. C'est un symbole de richesse et de statut social, à mi-chemin entre le bow-window anglais et le moucharabieh arabe. C'est un balcon d'où on peut observer et être observée, dans tout l'art de la séduction de l'époque où l'on imagine ces femmes confinées chez elles ... La Valette est une des plus grandes villes fortifiées du monde, depuis 1565. Elle était assiégée par les Turcs, et ces constructions, ordonnées par le grand Maître français Jean de la Valette, lui ont permis de se défendre. A l'origine, les rues devaient être nivelées!

Nous arrivons au Palais du Grand Maître, et nous en profitons pour visiter. Il abrite encore la présidence de la République Maltaise et peut être fermé si le président est là, mais heureusement pour nous, ce n'est pas le cas. Il a été construit en 1571. Mais au fait, c'est quoi un "Grand Maître", ça sonne vachement franc-maçon? Et bien tout a commencé à Jérusalem avec la fondation de l'Ordre des Hospitaliers, autour de l'an 1000. Il apporte aide et protection aux pèlerins, et voit son rôle militaire se renforcer lors des croisades. Les Chevaliers de cet Ordre sont donc soumis au Grand Maître, mais gardent des liens avec leurs patries d'origine de par leur langue, et sont regroupés dans des auberges. Ils sont moines, soignants et soldats, puis navigateurs. Charles Quint leur propose en 1530 de s'installer à Malte, terre aride, en échange de quoi leur redevance annuelle était d'un faucon. Ils repoussèrent ainsi les attaques des Turcs et autres pendants quelques siècles, mais n'étaient pas spécialement aimés de la population locale, de qui ils n'hésitaient pas à profiter. Ils furent chassés en 1798 au profit de Bonaparte, avec la complicité du peuple. Aujourd'hui, l'Ordre existe toujours, son siège est à Rome et il fonctionne comme une ONG. Il est même observateur à l'ONU, et est surtout centré sur l'hospitalier.

Nous continuons notre visite en nous arrêtant à l'église de Saint Paul Shipwrecked, de type baroque, et continuons par Merchants Street en direction des Upper Barrakka Gardens. Il y a une magnifique vue sur les Trois Cités qui se collent les unes aux autres si bien qu'on ne peut les différencier, si ce n'est que deux d'entre elles sont sur des péninsules, comme des doigts. Il y a Vittoriosa, Senglea et Cospicua, plus à l'arrière. Mais on n'en voit ni le début, ni la fin, tant l'urbanisation est dense. Il ne s'agit pourtant pas de buildings, mais l'on peut voir qu'il y a du monde.

Il est temps de retourner à l'appartement, et nous devons faire quelques courses auparavant. Et là, mauvaise surprise: il est très difficile de trouver une supérette à La Valette. Les seules que nous voyons sont chères, pas de chaînes comme Carrefour, mais donc nous n'avons pas trop le choix. Nous achetons le strict nécessaire, dont le petit déjeuner pour les matins, avec ce qui nous semble être du miel, nous avions lu quelque part que Malte était productrice de miel. Et puis, au lit, parce que nous sommes fatiguées depuis le temps que nous sommes levées, et demain nous avons une longue journée pour découvrir l'île de Gozo.

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matin
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Et bien ce n'était pas du miel, en fait. C'était une sorte de sirop de miel, qui est en fait dégueulasse! Haha quelle mauvaise surprise!

En route pour notre grande journée, nous faisons notre premier stop à la Co Cathédrale St John (une "co" cathédrale, c'est quand il y a déjà une cathédrale sur le même évéché), toute dorée de l'intérieur. Il y a beaucoup de chapelles, qui sont dédiées à une langue, au sens de la Langue des Chevaliers. Le sol est fait de pierres tombales, et nous piétinons donc gaiement les évêques et Chevaliers enterrés là pendant notre visite. Nous avons pu voir un tableau de Le Caravage, que nous ne pouvions bien entendu pas prendre en photo. Nous avions pris un audioguide sur le moment, mais nous ne sommes jamais allées jusqu'au bout, c'était un peu long au final.

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Et maintenant, en route pour Gozo.

L'île, comme je l'ai mentionné avant, est toute petite. Les distances ne sont donc pas de looongues distances, et tant mieux. Pour tout dire, il devait y avoir une demi-heure jusqu'au ferry, puis ensuite à Gozo, les spots que nous avons visités étaient à 15 minutes l'un de l'autre grand maximum (elle fait 15 sur 7km). Gozo est la seconde île de l'archipel de Malte, la plus préservée du tourisme de masse, et c'est pour cela que nous nous y rendons. Il paraît également qu'il s'agit de l'île de Calypso, c'est donc une île chargée de mystères et de mythologie.

Après 8 km de ferry, environ 45 min, nous débarquons au port de Mġarr, et de loin nous pouvons déjà voir un immense dôme, que l'on peut retrouver sur certaines de nos photos. L'île étant petite et plate, on le voit de presque partout. Il s'agit d'un cathédrale dans la ville de Ix-Xewkija. Comme elle nous intrigue, nous y allons ... Mais elle est fermée entre midi et deux. Comme nous avons faim, nous avons décidé de nous rendre dans la station balnéaire de Xlendi pour déguster un bon poisson.

Mais nous n'avions pas compté sur le temps "exceptionnel" que nous avons eu ce jour là ... Il a plu alors qu'il ne pleut que 15 jours par an. Et oui. Bon, ce n'était pas une tempête non plus, mais il faisait bien gris. Au final, pas si grave que nous ne puissions pas nous baigner, la plage de Xlendi tenant dans un mouchoir de poche ... Il y a quelques plages de sable à Malte, cependant. Nous croisons des pêcheurs, des poissons peu ragoûtants d'apparence, mais nous régalons dans un restaurant, faisons une petite balade en bord de mer en grimpant sur des rochers, et reprenons la route pour la suite.

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après-midi

Après la pluie ... Le beau temps? Et non, perdu, pas ici, pas aujourd'hui. Après la pluie ... le vent. A décorner des boeufs, du niveau de Narbonne et Perpignan, sauf que l'architecture fait que c'est beaucoup plus compliqué.

En effet, en arrivant à Victoria/Rabat, la plus grande ville de Gozo au nom en hommage à la reine et au nom arabe simultanément, tout s'envole. Les rues de la Citadelle sont étroites et des tonneaux, carrément, roulent dans les pentes. Nous pouvons heureusement nous abriter selon l'exposition de la rue. Au moins, il n'y a pas grand monde, la ville est un peu désertée et nous nous croirions bien loin de la Méditerranée. Ce qui frappe ici, c'est ce mélange entre modernité et tradition, et entre Orient et Occident. Les maisons n'ont pas de toits avec des tuiles, elles me rappellent parfois les maisons que j'ai pu voir en Turquie. Les cathédrales quant à elles rappellent l'Italie, et les infrastructures, l'Angleterre. La langue maltaise dériverait de l'hébreu et n'a rien à voir avec nos racines. Malte est un melting-pot unique en son genre. Mais un melting-pot plutôt sec. Il y a peu de végétation, et pas non plus de rivière à Malte. C'est un caillou. Et vu d'en haut de la Citadelle, nous le constatons mieux, les champs ne sont pas très verts et les murs de pierre sont partout.

Et maintenant, nous nous dirigeons vers l'Azure Window! Le lieu du tournage du mariage de Daenerys et Khal Drogo, dans Game of Thrones. Sauf que l'équipe s'est faite virer de l'île parce qu'ils ont dégradé l'environnement suite à ça, et ils n'ont donc ensuite pas tourné d'autres scènes. Nous avons de belles vues sur la mer. Et nous avons eu de la chance d'y aller, puisque depuis, l'arche s'est effondrée. Est-ce à cause de Game of Thrones? Je ne sais pas.

Sur la route du retour, nous visitons Ta'Pinu, une grande église claire que Cécilia a adoré. C'est un grand lieu de pélerinage car des voix célestes s'y sont faites entendre, suivies de guérisons miraculeuses. Lors d'une épidémie de peste, Gozo a eu le privilège d'être épargnée.

Sur le chemin du retour, nous passons sur une plage de sable ocre, dans la baie de Ramla. Nous ne nous y attardons pas trop, nous sommes fatiguées et le temps ne s'y prête pas. Nous partons reprendre le ferry.

Et ce soir, nous sortons faire la fête! Nous mangeons à l'appartement, une bonne salade de tomates et mozzarella italienne, avec du vinaigre balsamique qui ressemble un peu à du sirop également, mais qui cette fois-ci est délicieux. Christel essaye de faire griller du pain, et là, c'est le drame: les plombs sautent! Heureusement, après quelques minutes à chercher dans le noir car il y a peu de fenêtres, nous parvenons à le remettre. Nous nous préparons pour aller boire un verre à Paceville, là où il y a plein de bars, du côté de San Julian. Nous prenons le bus, nous trouvons la rue assez facilement. Il y a de l'ambiance! De la musique partout et de bons cocktails. Un homme vient aborder Christel, qui nous dit un peu plus tard "il m'a proposé de la coke". Mais non, "a coke", c'est un coca! Nous avons bien rigolé, et nous rentrons, fatiguées mais contentes.

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matin

Nous prenons un peu plus le temps de nous reposer ce matin, et ça fait du bien.

Nous aurions aimé visiter l'hypogée de Ħal Saflieni ... Malheureusement, il est fermé pour rénovations. Quel dommage, ça avait l'air intéressant. Mais au moins nous avons pu dormir.

Nous prévoyons d'aller à Marsaxlokk, nom très dur à écrire. C'est un charmant petit port de pêche avec de beaux bateaux colorés, pour manger du bon poisson. Faire une promenade au soleil sur les quais est agréable! Nous mangeons en bord de mer, dans un petit boui boui, avec de bons poissons comme du rouget, et deux autres dont je ne me souviens plus du nom.

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après-midi
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Sur le chemin des temples, nous nous arrêtons devant un magnifique paysage, l'une des choses que j'ai préférées: la Blue Grotto. C'est une autre arche magnifique, où l'eau turquoise rencontre la pierre, et les vagues viennent éclabousser les rochers. Il fait beau, et il y a juste un peu de vent, ce qu'il faut pour profiter du spectacle agréablement.

En ce qui concerne les temples néolithiques intrigants, nous avons choisi le site de Ħaġar Qim, l'un des plus impressionnants. Il y a le temple de Ħaġar Qim en lui-même, et le temple de Mnajdra en contrebas. Ils sont au bord de la mer, et datent de 3600 av. JC. Ce sont LES plus anciens temples mégalithiques du monde. Comment ont-ils fait à cette date pour les transporter? Même en Egypte, le mégalithisme n'est apparu que 1000 ans plus tard. Au final beaucoup de questions perdurent, ce qui ajoute au mystère. Le temple est en forme de trèfle, ce qui n'est pas forcément évident à construire. Souvent à cette époque, on choisissait des temples plus carrés, avec des ouvertures bâties de telle sorte que lors des solstices ou des équinoxes, le soleil venait frapper à un endroit particulier. A quoi servent les ouvertures carrées, qui ne donnent pas sur le soleil? Comment ont-ils pu aussi bien poinçonner les petits trous? A quoi servent les spirales?

Et surtout ... Comment cette civilisation a-t-elle disparu?

Cela a bien évidemment donné lieu à des théories plus ou moins farfelues les unes que les autres, le genre de trucs que j'adore.

Nous continuons vers un autre spot où nous ne ferons que passer: une autre Rabat. Nous n'avons fait qu'un petit tour dans cette ville, et avons failli nous faire arnaquer par le gérant du parking qui pensait que je ne parlais pas anglais. Il voulait nous charger bien plus cher que ce qui était indiqué, aussi ... Ai-je dit non, et ai tracé. Ce n'était pas la première fois que ce genre d'arnaque nous arrivait!

Pour finir, nous cherchions des glaces, et nous avons terminé à Sliema, pour une belle vue sur La Valette. Je sais pas comment nous nous sommes encore débrouillées, mais nous en sommes venues à nous garer dans un parking glauque, nous ne savions pas où payer ni même comment en sortir ...

Notre dernière galère concernera le plein d'essence. Comment faire, pourquoi la pompe est bloquée? Est-ce qu'il faut aller voir le type en premier? Combien on en met?

Et c'est ainsi que s'est achevé notre périple à Malte, avec beaucoup de rebondissements, de magnifiques édifices, de spectaculaires paysages. La seule chose qu'on regrette ... C'est de ne pas y être restées plus longtemps!