Carnet de voyage

Saison 1 // La Thaïlande

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La Réunion, 28/11/2017: - Je ne me sens pas de revenir à ma vie parisienne là. - Bah viens en Thaïlande. - Faudrait pas me le dire 2x. - Bah viens en Thaïlande. Voilà.
Janvier 2018
43 jours
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Publié le 24 janvier 2018

JOUR 1 - jeudi 11/01/18 // BANGKOK

Arrivée à Bangkok en début de soirée. Je retrouve Guillaume mon travel buddy à l'aéroport. À peine posés près du Financial District, on part à Khao San Road, LA rue de la fête, pour rejoindre Guerric (aussi rencontré à La Réunion), ses frangins Sébastien & Alexis et son père: la famille Antoine. On se retrouve par hasard dans tout ce bazar pour manger dans la rue. 1er pad thaï. 1ère Chang (bière locale).

On déambule un peu pour palper l'ambiance folle de Khao San Road. Il y a des concerts live et de la musique partout, à tous les étages. On nous propose de tout: manger des scorpions, boire des 'buckets' de cocktail, aller voir un ping-pong show. Les ladyboys sont plus sexy que jamais. On boit un dernier verre et nos voisins de table, une bande de suédois bien éméchés nous font tester les magic baloons. Gaz hilarant. Bon. Pas de quoi se taper le cul parterre non plus mais au final, la sensation qui est rigolote. 1er tuk-tuk fou pour rentrer, à fond dans les rues vides de Bangkok à 4h30 du matin. On s'est renversé de la bière plein les pattes, on a bien ri.

Un cimetière musulman au milieu des buildings.

Les jours suivants on a testé les transports en commun (skytrain et métro) pour aller au parc Lumpini. On constate que malgré sa surface, Bangkok est une ville assez mal desservie et que c'est une hérésie de prendre un taxi aux heures de pointe.

On attrape un tuk-tuk pour aller visiter le temple bouddhique Wat Pho. On est tombé sur Ayrton Senna, je prie pour une meilleure fin! Je crois qu'on est arrivé en un temps record (et quelques sueurs froides pour ma part, pas encore tout à fait prête à croire que ces tuk-tuk fous maîtrisent aussi bien leur monture que le trafic Bangkokois).

Le bouddha couché du Wat Pho de 46 mètres de long et le Wat Arun


🎶Tiens! Voilà du [bouddha]! Voilà du [bouddha]🎶

Wat Pho abrite le bouddha couché le plus grand de Bangkok avec 46 m, les tombeaux des rois, des bouddhas, des bouddhas et encore des bouddhas. Assis, debouts, couchés. Et ce n'est que le début du voyage. Bon, rien à voir avec les bouddhas obèses qui défriseraient n'importe quel diététicien, mais certains ont ce petit regard narquois qu'on finirait presque par trouver louche.

En sortant et une brochette de fruits plus tard, on traverse le Chao Phraya en ferry pour aller au Wat Arun. Ce fleuve est un joyeux bordel et le trafic est hyper dense. On aura testé presque tous les moyens de transport de Bangkok.

On est en haute saison, difficile de trouver un train de nuit pour Chiang Mai. Moyennant une coquette somme pour le pays, on trouve deux billets chez un booker qui prend une comm' bien dodue au passage.

Mon sang n'a fait qu'un tour...

> Les échafaudages: Mon sang d'architecte n'a fait qu'un tour quand j'ai vu mon premier échafaudage. Trois bouts de bois et roule ma poule. "Comment ça tu vas tomber?! La mort fait partie de la vie mon pote."

Marche [vite] ou crève.

Piéton: Chose inexistante n'ayant pas sa place en Thaïlande.

Pas un trottoir à Bangkok, pas de feux pour les piétons non plus. C'est la croix et la bannière pour traverser les carrefours.

Je découvre un peu plus tard que c'est partout pareil en Thaïlande. "Comment ça tu vas mourir écrasé?! La mort fait partie de la vie mon pote."

Sathorn Saint View Apartment // très bien et une piscine sur le toit.

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Publié le 24 janvier 2018

JOUR 4 - dimanche 14/01/18 // CHIANG MAI

Arrivée à Chiang Mai au petit matin. On saute dans un taxi rouge qui nous dépose dans la vieille ville. Je trouve ces taxis trop cool.

En direct d'un taxi rouge.

On part en quête d'une moto à louer pour aller à Pai. On trouve notre bonheur. Exploration de Chiang Mai mais surtout du marché, le Sunday Market qui s'étend sur plusieurs rues. De la bouffe, des fringues, des bijoux, des babioles par milliers. La foule s'intensifie jusqu'à ce que ça devienne insupportable. Mais c'est là que les thaïs abattent leur dernière carte: Mon Handicapé a un Incroyable Talent. Une association te plante un pinpin au milieu de la rue tous les 6 mètres. "Tiens regarde, ça c'est Bernard-Koï, il est aveugle mais joue du ukulélé comme personne. Ça c'est Martine-Lin-Shu, pas de bras pas de chocolat, mais une si belle voix". Bref, tout le monde trébuche dessus, c'est épouvantable.

// DÉLICES & VOLUPTÉS

> Constater avec bonheur en me couchant que j'ai dejà la marque des tongs.

> Découverte du banana roll. Un nem frit à tomber parterre. J'ai vécu trois jours avec cette seule obsession. 😍

Gros coup de cœur pour le quartier au nord-est de la vieille ville, vers Moon Muang Road. Ambiance détendue, petites ruelles bien végétalisées, bistrots sympa.

Chinda House // Ratvitee Lane 2

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Publié le 24 janvier 2018

JOUR 5 - Lundi 15/01/18 // PAI

On prépare un backpack pour deux et on enfourche la moto pour se rendre à Pai. On est immatriculé 666. Pourvu que ça fasse des flammes quand on démarrera! La route pour y arriver est superbe et compte pas moins de 762 virages. (Mais après la route des 400 virages de La Réunion, c'est du pipi de chat. #François #ToiMemeTuSais #BigUpMaGueule) C'est vraiment trop bien de pouvoir faire ça en moto. Mon chauffeur conduit prudemment et c'est cool, mais j'en chie des ronds de chapeau ; ce n'est pas évident d'être passager avec un gros backpack. Je suis donc contente d'arriver parce que j'ai le derrière sacrément engourdi, les cuisses en feu et mes bras tout mous, je n'en parle même pas!

On retrouve les quatre Antoine qui sont entrain de cuver dans leur campement de hippies.

Pai est une petite ville très très paisible, où règne une ambiance détendu. Il y a des babos partout! Ici, la dreadlock est reine. Le centre ville regorge de bars cool et de petits restos. Et tous les soirs il y a un petit marché dans la walking street.

On a pu voir des sources chaudes naturelles. Un peu touristiques, donc pas mal de monde, mais une petite baignade à 37°C, c'est bien agréable! On a essayé d'autres sources, dans un Spa Resort. Un bel hôtel avec un très beau jardin mais ils se sont appropriés la source qu'ils servent dans de vilains bassins. L'eau est brûlante. Pas vraiment charmant.

On a pu faire des petites balades à moto. On a croisé quelques éléphants. Les environs sont canons, les couleurs aussi. La végétation des montagnes vire sur le rouge. Ça donne au paysage une lumière chaude, ça tranche avec le bleu du ciel qui n'a pas un nuage. C'est très beau et particulièrement apaisant.

Puisqu'il faut qu'il y ait une justice et puisqu'avoir à ce point le cul bordé de nouilles frôle l'indécence, je suis tombée malade. Vous voila vengés !

L'excès de clim partout et paf! Une bonne grippe! Un peu affaiblie de fait, j'ai succombé à un petit coup de chaud que les sources brûlantes n'ont pas arrangé, tout ça m'a valu un petit malaise en plein milieu d'un boui-boui. Pour me remettre, je m'accorde un petit massage thaï et pour la 1ère fois en 30 ans, une pédicure et une manucure. Oui madame. Je crois que ce petit voyage en Thaïlande est idéal pour maîtriser l'art de prendre soin de soi. En tous cas, c'est bien ce que je compte faire!

On décide de lâcher notre Pai Yard beaucoup trop calme pour le Pai Zen River Jam, le fameux camp de hippie. Là les bungalows, c'est... proche de la nature! Après un tête à tête avec un gros lézard, je décide d'être fort comme un castor et de faire abstraction. L'endroit est sympa et idéal pour rencontrer du monde autour du feu, c'est le gros avantage de ce campement. Je rencontre notamment Lucie, une nana adorable.

Les bungalows du Pai Yard

Le Pai Zen River Jam, avec des vacanciers venus construire un tipi en bambou pour dormir gratuitement.

JOUR 10 - samedi 20/01/18 // PAI > CHIANG MAI:

On part se balader avec Lucie pour voir le grand White Buddha au-dessus du Wat Phra That Mae Yen, qui domine la ville et offre une vue dégagée sur Pai.

La vue de Pai au pied du White Buddha 

Guillaume veut rester un peu plus à Pai. Moi j'en ai finalement peu profité parce que j'étais à plat, mais même si l'endroit est beau et paisible et que l'ambiance très détendue est sympa, c'est tellement surpeuplé de backpackers que ça manque un peu d'authenticité et de Thaïlandais à mon goût.

Comme j'aimerai profiter de Chiang Mai et Chiang Rai, je prends donc un van pour rentrer à Chiang Mai.

Leur réputation de chauffeurs fous les précède, j'appréhende un tout petit peu. Je me trouve une place au 1er rang, au milieu, avec un vue bien dégagée sur la route pour dompter les virages. Finalement, je suis tombée sur le chauffeur de van le plus prudent et le plus lent du monde. Mes covoyageurs sont sympas mais les 5 Chinoises qui ont pris soin de se dispatcher tout autour de moi, commencent un concert pour vomito en la mineur. C'est un festival! La route est toujours aussi belle mais c'est vrai qu'on sent passer les virages bien plus qu'en moto. Le voyage prend des allures de sketch avec les Spice Girls qui dégobillent à tour de rôle. Je vois la néo-zélandaise augmenter frénétiquement le son de sa musique à chaque vomi pour ne pas entendre. À la pause, le Suisse-Allemand ne manque pas de se foutre gentiment de ma gueule en me disant que j'avais vraiment choisi la meilleure place. Le chauffeur refait le plein de sacs plastique pour les Reines du Shopping et à peine reparti, les affaires reprennent! Impressionnant!

Arrivée à Chiang Mai, je pars rejoindre Mathias, un pote de Lucie avec qui elle m'a mis en contact. Très bonne soirée et on décide de se tenir au courant pour une virée à Chiang Rai.

// DÉLICES & VOLUPTÉS //

Concert-live dans un bar d'un ladyboy qui chante du Dalida. Un bijou!

Pai Yard // bungalows très (trop?) calme sur les hauteurs.

Pai Zen River Jam // "campement" complètement hippie tenu par un Belge.

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Publié le 24 janvier 2018

On part avec Mathias en bus magique à Chiang Rai. Oui, parce que de temps en temps il décolle.

La Clock Tower de Chiang Rai

On se fait deux temples et un musée fort chiant sur les ethnies montagnardes. C'est intéressant néanmoins. Et là, un jardin nous intrigue. C'est un festival des fleurs. Un truc complètement perché et hyper cul-cul! Alors, soi-disant, il n'y aurait plus de culture d'opium... Bon. Quoi qu'il en soit, les mecs prennent des trucs, c'est obligé, parce qu'absolument tout ce qu'on a vu à Chiang Rai était un peu bizarre. TOUT. Alors on n'a pas su à quoi ils tournaient, mais c'est drôlement efficace.

Lucie nous rejoint le soir et le lendemain on part à l'assaut des alentours. Mais il faut s'armer. Mathias est cuisinier et me promet de m'apprendre à couper les oignons. Je lui demande s'il ne pourrait pas plutôt m'apprendre à faire du scooter. Une leçon de 2 min et zou! Let's go to the White Temple!

"C'est bien les cons , ça repose... C'est comme le feuillage au milieu des roses"

Et bien le White Temple (le Wat Rong Khun de son vrai nom), c'est pareil. C'est comme un bon burger au milieu des pad thaï, ça fait du bien de temps en temps. Parce que les temples bouddhiques, c'est sympa, mais c'est toujours la même chose. T'en as vu un, tu les as quasiment tous vu. Donc quand un temple tout blanc et rempli de trucs bizarres se présente, t'es hyper content! Encore un truc complètement barré, fait par un artiste un peu fou fou, Chalermchai Kositpipat. Là-bas, on tombe sur Vincent, que Mathias avait rencontré à son auberge. Du coup il se joint à nous pour la journée.

On va à la Black House, pendant inverse du White Temple. Hyper canon! J'ai adoré! Une bâtisse impressionnante, hyper haute de plafond, tout en noir et bois. Bon bah, encore un truc complètement farfelu. Généreuse collection de phallus en bois servant de louches, de frondes, d'armes et autres joyeuseries. Bref, tout ce qu'il faut pour ricaner bêtement.

On essaye d'aller voir un village de femmes girafes mais arrivés là-bas, on n'est pas très à l'aise avec l'idée que ces femmes soient des bêtes de foire car c'est un vrai circuit touristique. Jugeant l'affaire indécente et n'ayant pas de cacahuètes à leur jeter, on continue la route pour aller voir la Tham Pla Cave.

"Tu préfères avoir deux jambes en mousse ou te faire bouffer par des singes enragés?"

J'ai choisi les jambes en mousse.

C'est reparti pour le festival des fêlés! Là on tombe sur un temple Disney Land. Et vas-y que ça clignote dans tous les sens! Et vas-y que t'inquiète pas mon pote, si le kitsch n'existait pas, on l'aurait inventé et en pire!

Et quand on a voulu monter à la grotte, des singes obèses et agressifs s'en sont pris aux jambes d'une Chinoise, l’agrippant et la mordant. Courageux mais pas téméraires, on s'est fait la malle!

On s'est fait une super bouffe au Night Market qui est top. Pour une fois, c'est bien foutu, et les noodles ne sont pas fondues au milieu des bibelots et mange debout, tais-toi et marche. Non, non, non, pas pantoute lô! Tous les stands de bouffes sont tout autour d'une grande place couverte de tables et de chaises et des mecs jouent et chantent sur une scène. Et c'est délicieux encore une fois!

Outre les très bons moments passés avec de super compagnons de route, définitivement un gros big-up à Chiang Rai, que j'ai trouvé beaucoup plus authentique, moins touristique et où on est tombé que sur des Thaïs hyper gentils, souriants, accueillants et serviables. On a trop bien mangé!

J'ai retrouvé 98 % de mes capacités et j'ai une corde de plus à mon arc: le scooter. (N'aie pas peur Maman, s'il te plait.)

// DÉLICES & VOLUPTÉS

Je déguste mon meilleur repas depuis mon arrivée, dans une improbable petite cantine en bord de route. Absolument délicieux !

La compagnie Green Bus, pratique, confortable et pas cher. On achète les billets en ligne ou au 7/Eleven.

Ann Hostel // pas ouf mais bien placé tout près de la gare de bus et de la rue sympa pleine de bars cool.

Reportage en direct du bus magique, en route pour Chiang Mai. Et là, en plein montée, Fangio a enfin compris qu'il conduisait un bus et pas un tuk-tuk et ça lui fait les pieds.

Publié le 30 janvier 2018

Si je tiens le gros malpropre qui nous a foutu tous ces câbles électriques partout, il va passer un sale quart d'heure!!!

- Heu Gégé, c'est lequel le bon câble?!

- Mouarf! T'emmerde pas ! C'est trop le bazar là-dedans. Tires-en un autre va! Nan, parce que figure-toi que l'autre jour Simone a cherché et bah elle est morte de vieillesse avant de trouver dis-donc!

Voilà, c'est comme ça que ça doit se passer. Enfin j'imagine. Sinon je ne vois pas. C'est hallucinant! Un vrai sac de nœuds. Et ça gâche tout! Ça fait une épaisse couche noire de fatras qui passe devant tous les bâtiments, tous les beaux monuments.

Mais ça sert d'autoroute aux écureuils et ça c'est quand même sympa pour eux. Spéciale dédicace à mes frérots. Tic & Tac. On a pensé à vous les gars. #PayeTaNoisette

Quel est le con qui a gribouillé mes photos?!! Ah non pardon. Au temps pour moi! C'est des câbles. C'est des câbles. Plein de câbles...

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Publié le 30 janvier 2018

JOUR 14

Je retourne à Chiang Mai, dont je vais enfin pouvoir profiter. Je retrouve mon pote Guillaume dans son auberge avec un roof top pas dégueu.

On profite de la moto pour aller explorer les environs. Toutes les campagnes alentours sont superbes et c'est toujours agréable de s'y balader tant la beauté des paysages ne lasse pas.

Petit coucher de soleil sur les rizières. La scène aurait été infiniment plus charmante si le mec dans ses champs n'était pas entrain d'arroser copieusement ses plantations de pesticide.

Monsanto les tient tous à la gorge: j'apprends le lendemain qu'ils sont tous surendettés auprès de cette p***** de firme. Une belle bande de salauds qui profite de l'ignorance du petit peuple pour s'en mettre plein les poches. En attendant, les sols s'appauvrissent, les gens s'empoisonnent, la planète se meurt, ça me fout les nerfs en pelote! [Fin de la minute écolo]

- Assholes! Assholes!

- Nan mais t'as vu comment il nous parle?!

En fait le mec vend des brochettes d'anus. Des trous de balle. En toute décontraction. Et il est content!

Pas de gâchis et pas de chichis en Thaïlande. Brochettes d'anus, de colons, de chaire, de reins, des tendons frits. Oui, mais c'est caramélise! À tous les coups c'est délicieux, mais je ne me sens vraiment pas l'âme d'un bouffeur de culs. Je passe mon tour.

On passe une très bonne soirée à écouter des super petits concerts dans un bar en extérieur au bord de la rivière avec des amis de ma cousine qui vivent sur place et participent à un projet de ferme permacole. Tout ce que j'aime! Je les trouve bien méritants et je garde ça dans un petit coin de la tête desfois que je voudrai revenir dans le coin mettre les deux pieds dans la permaculture.

The Edge // bar en extérieur. 14/1 Wang Sing Kham Road, Chiang Mai 50300

Le lendemain, on part en vadrouille avec une petite bande internationale que Guillaume a rencontré la veille au soir, deux espagnols Gara et José, Ruben un belge flamand et Sakota une japonaise. On part au bord d'un lac profiter d'un peu de calme et tenter une baignade dominicale. L'endroit est chouette mais les Thaïs ont rentabilisé chaque mètre linéaire avec des petites paillotes adorables sur pilotis pour les clients des restos du coin. On se pose au bord de l'eau pour un pic-nic et une sieste.

Puis on file voir le coucher de soleil à un canyon repéré par les Espingouins. Raté, en réalité, c'est un affreux truc artificiel qui fait parc d'attraction. Un peu comme ces émissions débiles qu'on voit sur certaines chaînes du câble où des Asiats vêtus de pied en cape et l'air futé comme pas deux font des parcours où ils se font envoyer valdinguer dans tous les sens lamentablement, par de gros boudins rembourrés. Bref, ce truc est glauque à souhait. On continue pour finalement tomber sur une perle: une terrasse haut perché. La bière est chaude mais le spot vaut vraiment le détour.

Vue du Phuffin Terrace 

Phufinn Terrace // super spot haut perché en dehors de Chiang Mai.

Tambon Nam Phrae, Amphoe Hang Dong, Chang Wat, Chiang Mai 50230

On rit sur nos expressions par pays, surtout sur celles du Japon. On s’enthousiasme que "caca" semble mettre tout le monde d'accord presque à l'international, jusqu'à ce que Sakota nous dise que chez eux ça veut dire 'maman'. Elle nous récite l'alphabet en japonais, j'ai cru qu'elle faisait un AVC. Quant à notre alphabet, elle ne le connait qu'en chantant comme les enfants. Elle est beaucoup trop mignonne.

Une bonne petite soirée arrosée à l'auberge espagnole, on joue, on rit, c'est vraiment sympa.

Parfois, entre les accents, les nationalités et un niveau approximatif, les conversations n'ont aucun sens. Et c'est drôle.

- Do you like to cook?

- Yes, I took a tuk-tuk!

Et sinon, dans la série La vie est une chienne, j'ai testé le foot massage, mais dans un temple cette fois, au Wat Sum Pao. C'est moins sexy que ça en a l'air: c'est dans l'enceinte du temple mais juste à l'entrée, donc rien à voir avec la choucroute. Par contre c'est bien moins cher qu'ailleurs. Ma petite masseuse est une déesse. Elle fait de moi une reine, avec la gueule fendue en deux par un sourire béat. C'est une affaire rentable, je viens pour un massage des pieds, elle me masse jusqu'aux cuisses et finit par les épaules et la nuque. 1h de kiff à l'état pur. C'est merveilleux!

Les taxis rouges de Chiang Mai

La température grimpe sérieusement en Thaïlande, pour notre dernier jour à Chiang Mai, on se trouve une petite pistoche dans un hostel, ça fait un bien fou!

Il est temps de partir car il n'y a pas que Chiang Mai qui m'aille. On prend un train de nuit pour Bangkok pour 3 jours avant de filer au Sud dans les îles.

Un voyageur épanoui.

Mon massage des pieds au Wat Sum Pao.

Safe and Sound hostel // au nord-est juste en dehors de la vieille ville. C'est propre et le roof top est sympa mais j'ai préféré vivre dans le quart nord-est de la vieille ville.

Quartier Nord-Est de la vieille ville
Publié le 30 janvier 2018

- Do you go to Bangkok?

- Yes I got a big cock!

Et dans la série J'suis pô sûr d'avoir tout compris là, les conversations avec des Thaïs, ça donne plutôt ça:

Aussi, ils ne savent pas dire "milk" par exemple et poussent un petit petit miaulement de chaton avec la bouche en cul de poule à la place. "Mewoo"...

Et on ne sait plus bien si on est au Maghreb ou ailleurs quand on commande du riz, parce que le rice qu'il soit sticky ou fried, c'est du "raï". Le 'CE' n'est jamais sorti de leur bouche. Mais j'ai remarqué que globalement, la fin de chaque mot ne sort pas.

Non je la garde! Non je ne veux pas te la donner. Hop, trop tard, je l'ai avalée! Et démerde toi avec ça.

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Publié le 26 février 2018

JOUR 19 //

Back to Bangkok. Il fait une chaleur écrasante, humide et étouffante. L'hôtel avec piscine sur le toit n'était pas une option, juste une évidence. Ça fait du bien de barboter haut perché, loin des pots d'échappement.

Déception le 2ème jour quand on trouve la piscine presque vide. La mauvaise blague! Moi qui pensai sauver ma gueule de bois, j'en suis réduite à barboter dans un fond de flotte, telle une morue sur l'étale fondue d'un poissonnier - ce qui me permet de m'appercevoir à quel point cette piscine est dégueulasse... Un bon gros nid à staphylocoques.

On retrouve les 4 fantastiques: les Antoine. Ils finissent leur voyage et on en profite pour faire la bringue à Kaho San Road. Je ne sais trop comment on s'est débrouillé car tout ferme tôt ici, mais on a réussi à faire traîner l'affaire jusqu'au petit matin. Et c'était drôle.

 Quelle belle brochette que ces quatre là.

Cette ville m'étouffe, définitivement. Néanmoins je la connais mal, je vais donc lui laisser le bénéfice du doute. On ne sait jamais. Mais quand même. Je crois que mon amour pour les grandes villes est un peu snob et qu'il se cantonne aux grandes villes occidentales. À moins que je ne sois pas si citadine que ça finalement...

J'ai pris mon courage à deux mains pour aller au MBK, cet immense centre commercial dont tout le monde parle comme d'un musée. Ce n'est clairement pas ma came. Pis le shopping et moi, bon. Je fuis comme un robinet à la première occasion pour me réfugier dans le petit havre de paix qu'offre la Maison de Jim Thompson. Un architecte et collectionneur d'art qui a bâti dans cette jungle urbaine - qui n'en était sans doute pas une à l'époque - un petit bijou d'architecture traditionnelle adapté à sa grande taille et à ses velléités de collectionneur, dans un jardin copieusement arboré, Ie tout au bord d'un petit canal. C'est comme une caresse apaisante dans cet affreux brouhaha. Comme un bon gros calinou! Coup de coeur!

Cette fois on réussit à avoir des places dans le vieux train de nuit. Et c'est vrai que ces trains sont cool! C'est un peu crasseux et ça fait un barouf pas possible mais ils ont un charme incomparable et tu circules en plein air entre les wagons. Tu profites de la vue toutes fenêtres ouvertes en avalant moucherons, moustiques et libellules, mais c'est merveilleux. C'est authentique et vraiment à vivre. En route pour le Sud-Est et ses îles!

L'éclipse de lune sur le toit de l'hôtel.

Jim Thompson House // Métro: National Stadium

Bangkok 68 // Un peu excentré mais la piscine sur le toit et la vue du 9ème étage valent le coup.

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Publié le 27 février 2018

JOUR 23 //

On descend à Surat Thani et à peine le temps de poser le pied sur le quai qu'un mec d'une compagnie de ferry est déjà entrain de nous vendre un ticket. La mécanique du tourisme est rudement bien huilée en Thaïlande. Tu n'as presque rien à faire, si ce n'est cracher quelques biffetons et voilà qu'on t'emmène d'un point A à un point B sans moufter. Les mecs se passent 2-3 coups de bigot et l'affaire est dans le sac. J'avoue que c'est quand même bien pratique.

Même sur un ferry qui pue et qui pollue, la traversée est sympa. J'aime tellement être sur l'eau...

On se pose dans un bungalow sur la plage de Haad Chao Phao à Shritanu pour une nuit. Kiff!

José et Gara - rencontrés à Chiang Mai - nous rejoignent et on partage un bungalow plus au Nord à Haad Yao.

De là, Joost un adorable hollandais et grand viking malicieux se joint à nous, ainsi que Borja, un rayon de soleil espagnol. On forme une chouette famille et on s'amuse bien. On a même eu un chien à un moment!

On profite de l'île et de ses plages.

On fait une sacrée bande de bébés bikers! L'île est idéale pour un stage accéléré de scooter tant ça monte, ça descend et ça tournicote. Je ne suis pas encore un pilote, loin s'en faut, mais j'y travaille. Je dompte ma monture... À moins que ce ne soit l'inverse.

Les plages //

> La plus belle: Malibu Beach

Sable blanc, paradisiaque. Le genre d'endroit qui est si beau que si tu es capable d'y rater une photo, t'es vraiment une quiche et on ne peut plus rien pour toi.

> La plus méritée: Bottle Beach

Il faut marcher un bon moment, c'est pentu et ça glisse sérieusement. Les plus intelligents/fortunés y accèderont en taxi-boat depuis une autre baie. Mais elle ne vaut pas Malibu Beach. Pour remonter, on est bien content avec José et Borja de se dégoter par chance un gros pick up de mafieux russes qui passait par là - l'endroit est très peu fréquenté. On est ravi d'avoir gagné 1h30 de grimpette sous le cagnard à remonter tout ça. Heureux, mais un poil inquiets malgré tout, parce que la côte est si raide qu'on se dit qu'au moindre mauvais coup de frein, on finira aplati comme des crêpes sous trois Russes obèses et rougeauds.

Bien qu'on soit à l'Ouest, on n'aura pas eu de bol pour les couchers de soleil car une couche nuageuse un peu vicieuse s'étale tous les jours sur la mer et le soleil file se cacher derrière avant même de disparaître.

Mais, mais, mais, tels de petits effrontés, un jour on se dégote un petit ponton, absolument privé mais qui semblait n'attendre que nous. Et là, LÀ mon pote, on s'est fait un petit coucher de soleil qu'était pô piqué des hannetons j'vais t'dire!

On a grimpé dans la jungle jusqu'à Khao Ra, le point le plus haut de l'île (635 m). C'est beau et insupportable à la fois. Des insectes - une sorte de grillon local - font un bruit incessant et linéaire d'alarme cassée. Ça te transperce les tympans et te file un migraine épouvantable tant c'est assourdissant. Certains ont fini par ne plus l'entendre, moi mes oreilles saignaient.

Cette île est surtout connue pour les fêtes de la Full Moon et Half Moon qui ont lieu dans le Sud de l'île à Haad Rin, mais nous y étions juste entre les deux et c'était parfait. En revanche et à cause de ça, les prix fluctuent et sont multipliés jusqu'à 6 que ce soit pour le logement ou la bouffe.

Le coucher de soleil sur le ponton privé sur Gecko Beach. Pour moi le meilleur moment sur séjour à Koh Pha-Ngan.

Depuis le temps que ça m'intriguait, j'ai enfin goûté au Mango Sticky Rice. C'est une tuerie!!! Le riz est chaud et mélangé à du lait de coco et c'est accompagnée d'une demie mangue fraîche. C'est tout doux! Et cerise sur moi-même, un je ne sais quoi de "crispy" par dessus. Triple miam! C'est supposé être un dessert, mais soyons sérieux 2 minutes, qui a envie de se taper un plat de riz après un plat de riz?! Faut pas déconner. "As a main dish" c'est très bien.

Seetanu Bungalows // sur la plage de Haad Chao Phao à Shritanu.

Tenu par un couple de belges. Endroit calme et sympa.

Shiralea // Haad Yao

Pas mal pour rencontrer du monde. Hébergement pas cher, mais le resto et le bar carrément plus. Le staff n'est pas hyper aimable.

Malibu Beach // Cette plage est un bijou!

Jamai's Quiet Place // Un des meilleurs restos depuis mon arrivée. Idéal après cette marche exténuante pour le point de vue de Khao Ra. Petite sieste dans les hamacs face à une étendue de palmiers. C'est parfait...!

- Do you have a Samsung phone ?

- Yes, I've got an after-sun.

Encore raté.

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fév
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Publié le 27 février 2018

JOUR 29 //

La vie en a décidé autrement, je n'irai finalement pas à Koh Tao. C'est donc à contre-coeur que je quitte la famille internationale pour partir sur l'île Samui faire ralonger mon visa. J'ai été heureuse d'en faire partie pendant quelques jours. C'est dur de les quitter, mais il y a fort à penser que ma route recroisera celle de certains et ça sera avec grand plaisir. On reste en contact.

Le visa est une modalité qui se règle en moins de deux.

J'enfourche ma 1ère moto-taxi. Le mec s'est donné pour mission de me montrer du doigt ABSOLUMENT TOUT ce qu'on voyait sur la route. Moi je ne voulais qu'une chose, c'est qu'il le laisse sur le guidon son doigt!

" - Vous voulez un Whisky? - Juste un doigt. - Vous ne voulez pas un Whisky d'abord? "

Je me suis dégotée une auberge sur la plage de Lamai. Une sorte d'immense dortoir où on est dans des sortes de cellules avec une grande baie sur la mer. J'ai l'impression d'être sur un bateau.

Et puisqu'il n'y a rien de tel pour tâter la vraie vie local, je décide d'aller chez le coupe-tifs. Un quart d'heure de discussion plus tard et beaucoup de signes, de gestes et de mimes, on arrive à se mettre d'accord. Enfin je croyais. Pendant un moment j'ai même cru qu'on jouait au Time's Up. Bon bah clairement, j'ai perdu la partie. Le Mozart du ciseau en a fait des manières pour un mec qui ne sait pas couper les cheveux! Du coup je ressors de là avec une sacrée tête de fion.

Je partage une soirée avec Michèle. On ne résiste pas à la tentation d'un massage thaï. Les masseuses passent leur temps à bavarder et à se marrer. Il me semble entendre un "sexy butt" mais je me dis qu'avec leur accent à couper au couteau j'ai dû mal comprendre. Tout est devenu limpide quand cette parfaite mama thaï, généreuse et rieuse, s'empare de mon séant comme on tâte un fruit bien mûr sur le marché, en me répétant avec un grand sourire "Sexy butt! Sexy butt!" J'aurai dû être flattée mais la surprise a pris le dessus!

Le lendemain je pars faire le fête avec un américain mythomane, une irlandaise délurée, une norvégienne sous l'emprise de la précédente et un argentin. On perd tout le monde assez rapidement, c'est donc l'Argentine qui l'emporte!

Les soirées sur la plage en pleine saison en Thaïlande, c'est des fire shows à gogo faits par des gamins de 16 ans qui domptent les flammes mieux que ne le ferait Adès lui-même ; un défilé incessant de vendeurs de merdouilles en pagaille et pas peu fiers de te montrer des petites pendentifs mobiles chics et de bon goût de singes qui se masturbent ; une gamine qui te plante son regard bien au fond du tien et te demande de jouer (morpion, Puissance 4, etc). Si tu gagnes, elle paye, si elle gagne, tu payes, le tout avec un aplomb déconcertant. C'est clairement pas le genre de gosses à qui tu lis une histoire avant d'aller au lit, mais plutôt à jouer au poker toute la nuit en fumant clope sur clope. À 8 ans. Normal.

Bref, malgré quelques rencontres sympathiques, je ne compte pas m'attarder ici. Je suis venue pour le visa, mais j'ai mieux à faire. Je n'ai pas plus de feeling que ça avec Koh Samui - à tord sans doute - qui ressemble davantage à une ville côtière qu'à une île.

Cap sur Khao Sok! J'ai trop hâte!

La lumière du petit matin avant de prendre le bateau.

Rich Resort // Un nom bien pompeux. Lamai Beach

Publié le 27 février 2018

Bon. Soyons honnête, les Thaïlandais ne savent pas conduire. Et passer les vitesses, encore moins.

Pourtant, ils ont presque tous des gros pick-up. Avec ce genre d'autos tu as envie d'appuyer un peu sur le champi nom de nom! Mais en Thaïlande, non. Et vas-y que je me traîne sur le bord de la route à 20 km/h... Seuls les vans conduisent comme des fous. Mais ils ne passent pas toujours de vitesses pour autant. C'est agaçant.

J'ai eu le fin mot de l'histoire grâce à un expatrié français qui m'expliquait que beaucoup de Thaïs apprennent à conduire tout seul et n'ont tout simplement pas le permis. Et à l'évidence, ce n'était pas inscrit dans leur code génétique.

C'est à la fois inquiétant de savoir qu'ils ne connaissent pas le code de la route mais ils sont si lents que ça va.

Du coup, je ne trouve pas ça inquiétant de conduire en Thaïlande. (Mais pour rien au monde je ne le ferai à Bangkok!)

Par contre c'est vraiment pénible et flippant d'être piéton.

Et la sécurité, on en parle ou pas?!

On ne va pas se mentir, les casques, c'est une vaste blague. On te filerait une coquille d’œuf que ça serait presque mieux!

Ils nous sont plus utiles pour les apéros sur la plage sous les cocotiers en cas de chutes de noix cocos, qu'en cas de chutes sur la route. Définitivement.

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Publié le 27 février 2018

JOUR 31 //

Le Radeau de la [Marrade]

S'il est un endroit où il faut vraiment se rendre, c'est peut-être bien celui-là. Ce lac artificiel de 1982 vaut clairement la peine d'être vu. (Merci les 4 Fantastiques pour le tuyau). Un tour de deux jours et une nuit est idéal. La nuit sur des bungalows flottants est top pour profiter du coucher de soleil, de son levé et de l'ambiance colonie de vacances. "Sit down bitch, be humble" et profite de la vue.

C'est comme un gros Radeau de la Méduse, sauf que c'est la grosse marrade et que tu ne manques de rien.

On s'est fait une bonne team. Je suis partie avec Lucas, l'argentin rencontré à Koh Samui et Carlolin, jeune allemande de notre auberge. Et on a rencontré Lindsay et Jojo, deux américaines pétillantes à souhait et belles comme des cœurs; Adrien, un français en vadrouille comme moi ; Connie et Paula, un petit couple d'allemandes trop mignonnes. On fait du kayak, on se baigne, on papote, on rigole, on joue aux cartes en buvant de la bière, on se met tous à l'accent américain et on jure comme des charretiers, on reboit de la bière, on rigole encore. Bref, j'ai été heureuse de partager cette expérience avec eux.

Pour ce qui est du lac, c'est magnifique, sa couleur est dingue et il est hyper chaud! On se balade dessus dans des long tail boats. Ces bateaux ont vraiment de la gueule. Seul hic, on est un peu trop de touristes à faire ce tour. On se ramasse pas mal de flotte dans le museau, mais comme dit Kuis, "more wet, more fun". C'est un de nos deux guides complètement fêlés et très pince-sans-rire.

L'autre parle le gibbon couramment. Le cri de celui qui cherche sa femme, de celle qui gueule sur son mari, de celui qui est content d'avoir trouvé un fruit bien sucré, n'ont plus de secret pour nous. Ils sont vraiment drôles et nous racontent un max de conneries. Nous on ricane engoncés dans nos gilets de sauvetage.

On va dans la jungle. Des bambous s'élèvent à l'infini. Parfois il est même difficile de voir la cime des arbres tant ils sont hauts. On traverse plusieurs fois la rivière et parfois on tombe sur un tourbillon de papillons. Après le bus magique, la forêt magique! Le but est de visiter la grotte Nam Talu, dont le plafond est couvert de chauve-souris qui roupillent tranquillement - jusqu'à ce qu'une bande de touristes armés de lampes frontales viennent les emmerder -, certains rochers sont recouverts d'araignées, le guide chante une berceuse à un énorme crapaud. On avance dans la pénombre avec de l'eau jusqu'au cou, sac à dos sur la tête parce que c'est "more fun". Paraît-il même que le monstre du Loch Ness a déménagé pour poser ses valises à Nam Talu.

On part admirer le soleil pointer son nez derrière le rocher à 7h04. On observe les singes sauter de branche en branche, leurs cris raisonnent dans la jungle et ça te transporte ailleurs. On aperçoit des toucans voler.

Bref, tout ça combiné aux reliefs de falaises karstiques... bienvenue à Jurassic Park!

Sunny, le réceptionniste du Jungle Hostel. Un accent épouvantable mais un mec vraiment sympa.

S: - Bungalow ribabiou. Ribabiou!

M: - River view...?

S: - Yes yes! Ribabiou!

M: - Haaaa!

Jungle Hostel Hut/Bungalows //

Smiley Lake House // sur le lac Ratchaprapha, à Khao Sok. Bungalows flottants inclus dans la formule "2 days /1 night". Ce n'est pas les plus jolis, ni en bois, ni en bambou, mais l'ambiance est bonne on n'y manque de rien.

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Publié le 27 février 2018

JOUR 34 //

Je continue la route avec Lucas. J'ai hesité entre Ao Nang et Krabi Town mais il est difficile de s'enquérir de la bonne information et de se faire un avis à partir de dires subjectifs des uns et des autres. Qui plus est, il y a comme une petite confusion entre la province de Krabi - qui comprend Ao Nang et Railay - et Krabi town. Ça sera donc Krabi Town.

Ou plutôt Crappy Town...! La ville en elle-même n'est vraiment pas terrible, bien que les thaïs aient l'air d'apprécier. Une fois de plus, il faut louer un scooter et s'éloigner un peu. Ça fait fuir mon petit Lucas à Koh Jum.

J'enfourche mon destrier à roulettes - avec lequel je suis maintenant parfaitement à l'aise - et un énorme sentiment de liberté me fait pousser des ailes.

À peine arrivée au Tiger Temple, je retrouve Piotr, un polonais avec qui j'ai passé deux soirées à Khao Sok. On gravit les 1272 marches ensemble et on profite d'une vue incroyable à 360 degrés sur la province de Krabi au pied d'un Big Buddha. Ça vaut vraiment le coup, mais p***** ça se mérite! Faut vraiment être un moine bouddhiste pour avoir des idées pareilles! L'ascension est raide comme pas deux et une marche en vaut deux. [Avis aux architectes: Blondel* a été crucifié sur chacune de ces marches. Si, si, si. R.I.P. ma gueule.]

*Blondel: architecte français à l'origine de la formule de calcul pour réaliser un escalier dans les justes proportions.

En redescendant, on a dû tomber sur la sortie d'école des singes du quartier, parce que c'était un festival! Mais pas obèses ni agressifs cette fois. Plutôt mignons, un poil désinvoltes et pas farouches.

Mais voilà pourquoi ça a été si dur: j'étais fiévreuse et après ça j'ai commencé à vomir partout dans Crappy Town. Oh damn! Du sang! Pourvu que ce ne soit pas la dengue. Après un jour et une nuit d'enfer, ça va mieux. Je crois que c'était les crevettes de chez Poo Dam. On s'était bien dit avec Lucas qu'avec un nom pareil, ce n'était peut-être pas l'idée du siècle. "Poo Damn in Crappy Town...?! Mais tous les restos s'appellent Poo Quelque chose dans un rayon de 2 km...! Je suis repassée devant le surlendemain et leurs étales de fruits de mer puaient la mort. Merci les gars. Vous mériteriez qu'on vous fasse poo poo sur la tête.

// DÉLICES & VOLUPTÉS //

Parce qu'on ne se lasse pas de se faire masser pour (presque) pas un rond, on s'enthousiasme qu'un salon de massage soit pile en face de l'hostel. Raté, c'est un bouge sordide avec happy endings. On est passé à ça de la soirée glauque.

Holiday Station // 251/1 uttarakit Rd, Paknam, Muang, Krabi 81000 Thailand

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Publié le 28 février 2018

JOUR 37 //

Départ tôt d'Ao Nang

Je pars tôt le matin pour Railay, depuis Ao Nang pour éviter la foule. Je vois tout le monde se précipiter à Railay West, je choisis donc un autre point d'arrivée. Éclair de génie. Je me retrouve avec un bateau pour moi toute seule qui me dépose à Ton Sai. La plage est presque déserte. Je m'enfonce un peu dans les terres pour tomber face à un mur. J'escalade une échelle en bambou. De l'autre côté c'est Hippie Land! Que des bars, bouis-bouis et resorts en bois et en bambou. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je recommence tout juste à pouvoir m'alimenter, ça se fête avec un bon gros pad thaï en guise de brunch. Ça m'avait presque manqué!

Je pars explorer de plage en plage. C'est superbe! Une vraie carte postale et je me régale à faire des photos.

La roche karstique donne vraiement lieu à un relief atypique et sublime. Partout des gens escaladent.

"On n'a rien sans rien ma bonne dame!"

Une fois de plus et comme partout ici, les points de vue, ça se méritent. Ça doit être le côté bouddhique ça.

Va au bout du chemin, petite fleur de nénuphars... Trouve la voie jusqu'au sommet, petit bambou... Never give up!

Passée une certaine heure de l’après-midi, il est urgent de fuir car la foule arrive en masse. Un mango sticky rice pour le gouter et tayau!

Mama's Chicken // depuis la plage de Ton Sai, de l'autre côté du mur...!

Publié le 28 février 2018

"Il n’y a pas d’étrangers, seulement des amis que vous n’avez pas encore rencontrés"

William Yeats

Américains, Espagnols, Argentins, Pakistanais, Polonais, Allemands, Thaïlandais, Hollandais, Flamands, Italiens, Canadiens, Français, Chilien, Irlandais, Norvégiens, Néo-Zélandais, Suisse, Japonnais, Anglais, Tchèques, Autrichiens, Australiens, Russes, Indien, Palestinien, Colombien...

Changements de vie, retraite, vacances, expatriation, ras-le-bol, challenge... On voyage. Tous. On n'a pas le même bagage, pas les mêmes vies, mais on est toujours content de partager des moments, d'apprendre de l'autre. Et tout est plus facile mais aussi plus intense dans ce genre de contexte.

Tu te retrouves à refaire le monde et avoir des discussions hyper profondes et intimes avec quelqu'un que tu connais depuis 5 min. Tu partages un bungalow hyper mignon ambiance lune de miel avec quelqu'un que tu connais depuis la veille et qui pourrait être ton petit frère, juste parce que c'est pratique. Les expériences des uns aident les autres. La simplicité des rapports et la bienveillance viennent naturellement. Peu importe l'âge, la nationalité, de 19 à 70 ans, le lien c'est le voyage. C'est l'ailleurs dans lequel on se retrouve tous.

Tout ça est largement facilité par les réseaux sociaux qui dans ces cas-là n'ont que du bon. On reste en contact facilement. On se retrouve au milieu de nulle part. On se croise. On se recroise. On se suit. On se fait une bouffe entre deux destinations opposées. On s'échange des nouvelles, des bons plans, des photos. On fait durer le voyage de ceux qui sont rentrés, on fait visiter des pays que d'autres ne verront pas. On se soutient. On veille les uns sur les autres. On partage. On partage tellement. On donne. On reçoit au centuple. On se dit que ce qu'on vit est dingue et qu'on a tellement de chance. Puis on réalise qu'on l'a provoquée cette chance et qu'on ne doit tout ça qu'à nous-même. Et ça nous rend encore plus heureux.

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Publié le 28 février 2018

JOUR 38 //

Diantre! Quels affreux culs de basse-fosse que ces îles!! Oooh pouah! C'est épouvantable! Encore de tristes jours en perspective. Chaque réveil s'annonce comme un fardeau.

Shanti Shanti 

J'arrive dans un coin de l'île un peu roots, surtout mon "auberge" tout en bois, de bric et de broc. Des bars posés et de la musique partout, c'est super chill, mais pas vraiment calme.

Ma "private room" à la Chill Out House...

Je rencontre tout de suite des gens sympa et on part faire la fête à l'autre bout de la plage. De nuit c'est marrant entre le plancton phosphorescent, les crabes et tous les bernards l'hermite qui de sont appropriés des coquillages de toute les formes, de toutes les tailles. La soirée plage se solde par une bonne blague de la nature, quand je pose mon fessier sur un truc urticant et que je finis avec la fesse gauche couverte de piqures. Il est bien loin le "sexy butt"!

J'explore l'île tantôt avec Hannes, un allemand, tantôt avec Paula et Valery, deux soeurs autrichiennes.

Joost, Valery and Paula
Vieille ville de Lanta

Je suis trop contente de retrouver pour une journée de mon pote hollandais Joost de Koh Pha-Ngan. On visite la vielle ville de Lanta qui est trop mignonne et toute sur pilotis au bord de l'eau.

"Alors, c'est qui le patron?!"

On file à Epic Beach tout au Sud de l'île. En direction du parc national, il y a plein de singes partout entrain de se chercher les puces en plein milieu de la route. On a beau être en scooters, Joost se fait courser par l'un d'eux dont il avait trop soutenu le regard. Hallucinant! On a clairement compris qui était le patron. Arrivés au parking, un autre essaye de nous tirer notre sac plastique contenant l'apéro. On se pose sur la plage pour boire une bière, jusqu'à ce qu'un dernier surgisse pour nous chourrer nos chips! Les quelques clampins du coin nous ont remercié pour l'animation. On s'est marré mais en vrai on ne faisait pas trop les malins après ça. En plus la plage nous déçoit, le fond de l'eau est jonché de concombres de mer et Dieu sait combien je hais ces épouvantables étrons. Filons vite à Bambou beach pour profiter dans l'eau d'un de mes meilleurs couchers de soleil de Thaïlande!

Je fais une excursion avec Hannes pour explorer 4 îles au large de Koh Lanta et faire du snorkeling. Alors, si le reste valait le coup, le snokeling lui n'a aucun intérêt. On ne voit rien, les fonds ne sont pas intéressants et il y a deux poissons qui se battent en duel. Mais on est allé à Koh Muk et on a nagé dans le noir de la Emerald Cave pour atteindre le lagon d'Emeraude, une crique cachée incroyable. On a déjeuné sur la Paradise Beach de Koh Kardan, une des plus belles plages que j'ai vu jusqu'alors avec l'eau la plus pure et la plus claire. Son nom lui sied à merveille.

Le lagon d'Emeraude

Une belle journée. Sur le trajet du retour je bavarde avec notre guide mi-thaï mi-paki, musulman et amoureux de la Thaïlande. On parle politique, religions et tolérance et à quel point il aime la Thaïlande pour ça, car toutes s'y côtoient sans heurt et que les gens ont le cœur pur. (Pas sûre sûre qu'il soit au courant de tout...) Il me parle du tsunami et de tous ses morts. Il me lit les lignes de la main. J'aurai deux enfants... du même papa! Et je gagnerai moins d'argent que mon mari. Bon, bah au moins je sais qu'il ne sera pas architecte! Il m'invite à séjourner chez lui. Je vais devoir décliner. J'aurai adoré, mais j'ai à faire. Mon téléphone ce sale gosse, n'a pas résisté à une sieste au soleil sur une plage de rêve. C'est assez handicapant car c'est mon seul outils pour tout faire. Ce n'est pas sur la microscopique et paradisiaque île de Koh Lipe, où je prévoyais d'aller après, que je vais pouvoir régler mon problème. Je décide donc de faire l'impasse pour ne pas compliquer la suite de l'aventure.

Koh Lanta > Surat Thani > Bangkok.

Richard Restaurant// petites tables individuelles surplombant la plage. Idéal pour le coucher de soleil.

Paradise Beach, Koh Kardan. Eau pure et claire. Un rêve!

Chill Out House // 237 Moo 3, Long Beach, Koh Lanta

22
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Publié le 28 février 2018

JOUR 43 //

Surat Thani // Juste le temps d'avaler un dernier mango sticky rice et de prendre un public bus local, dernier moyen de transport pas encore testé jusqu'alors.


Pô l'temps d'niaiser, je prends un train de nuit depuis Surat Thani pour Bangkok. Il est annoncé avec 4h de retard. Joie! Heureusement je tombe sur une perle à la gare. Orlando. Un colombien expatrié au Canada. Il est saxophoniste et un peu trafficant de "puppies" à Koh Pha-Ngan à ses heures. C'est parti pour 4h de franche rigolade et mes oreilles nagent dans le bonheur. Son accent québécois est tinté de raisonnances colombiennes. Il est hyper drôle et un peu fou. On est si contents d'être tombé l'un sur l'autre pour passer le temps! Mon bonheur atteint son apogée quand il déboule dans mon wagon le lendemain matin en me disant: "Tu as-tu d'la pâte à dent ?!". (Gros big up ma Titoune!)

 "Monique, jète le tube!"

On s'est fait la réflexion qu'on avait l'impression d'avoir vécu des milliards de trucs alors qu'on n'a passé que quelques heures ensemble. La magie du voyage...

Arrivée à Bangkok, cette fois je n'échapperai pas au MBK. Je peux y faire réparer mon téléphone en 1h. Génial! Tue le temps intelligement ma fille, ça fait un mois et demi que tu perds ton froc, achète-toi donc une ceinture nom de nom!

Ce n'est toujours pas le grand amour et je n'ai pas que ça qu'à foutre*. Je quitte Bangkok à 6h du mat sous des trombes d'eau. Je saute dans un car pour Siem Reap. Cambodia, me voilà !

*ça marche mieux à l'oral, pas vrai?

The Oasis Hostel //

Fin de la saison 1 de ce voyage. La Thaïlande...

Super découverte pour moi qui n'avais jamais mis un orteil en Asie. C'est la destination idéale pour commencer à voyager seule. Tout est si simple ici pour les touristes.

On se sent parfaitement en sécurité. Jamais d'emmerde. Pour une fois, c'est surtout les hommes qui se font draguer ici... par les lady boys. La roue tourne, c'est reposant.

C'est très facile de circuler. Tout se goupille bien. On te "pick up" à ton hôtel et on te "drop" à un ferry. On te fait passer de van en van, de taxi en ferry, de tuk-tuk en bus...

Si j'avais su que je trouverai à ce point TOUT et aussi aisément, je serai parti avec un bagage plus léger. J'ai même regretté d'avoir acheté mes médocs en France!

C'est moins évident pour les fringues. C'est vraiment pas des fashionistas, mais si t'es ok pour être sappé avec le même fûte barriolé que tous les touristes et si tu n'as pas peur de porter des tatanes en forme de poisson (quel drame que je n'ai pas de photo à l'appui, parce que c'est un régal !), ça peut le faire.

Les thaïlandais sont bien sympas et certains très drôles.

Leur anglais est pourri mais on finit toujours par se comprendre. Sauf quand ça les arrange...! Je pense aux chauffeurs de taxis locaux, les plus roublards. Les seuls que j'ai trouvé un peu pénibles. Ils font ce qui les arrange eux, pas toi. Sans parler des prix. C'est ceux qui exagèrent le plus. Faut rien lâcher pour la négo!

"Tais-toi et mange!"

La nourriture est bonne, mais n'osant pas tout tenter, je finis par tourner un peu en rond à force. En revanche, le pad thaï a quelque chose d'addictif, un petit goût de reviens-y contre lequel tu ne peux pas lutter. Pareil pour le mango sticky rice.

Par contre, le sens de la convivialité autour d'un repas est clairement une notion abstraite. Ils ont une façon très étrange et décousue de prendre les commandes et n'ont absolument rien à carrer de savoir si tout le monde sera servi en même temps. C'est un peu chacun pour sa gueule.

"Celle-là, tu l'as pas volée!"

Et au risque de mettre un terme à une légende urbaine, pardonnez-moi mais... 'pays du sourire', mon cul! Franchement, ce n'est pas du tout ce qui m'a le plus marqué ici, loin s'en faut! Ça serait même plutôt l'inverse, parce quand ils décident d'être tronchus et pas aimables, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. Ils excellent! Certains mettent la barre très haut et si ma maman ne m'avait pas si bien élevée dans les pas du Seigneur et l'amour de mon prochain, Jésus Marie Joseph, il y a bien 2-3 baffes qui auraient décollé à la vitesse de l'éclair!

 "Merde! Putain! Chiotte!"

Le seul hic pour moi à été l'adaptation physique. J'ai finalement choppé pas mal de petits trucs ici donc trop nombreux ont été les moments où je me suis sentie faible, fatiguée ou fébrile. Ça a été le point pénible. Rarement à 100 % comme je peux l'être en habituellement.

J'ai adoré le pays mais je n'ai fais que du tourisme. Je me sens frustrée. J'ai besoin de me sentir plus proche des locaux, de savoir à quoi ressemble leur vie, de les connaître vraiment, de partager leur quotidien.

Je vais donc y remédier de ce pas au Cambodge.

La prochaine étape de cette aventure va être en immersion totale chez les Khmers. Je vais vivre avec eux, chez eux.

Je vais donner des cours d'anglais à des enfants et les initier à l'écologie à la Green School Cambodia, près de Sihanoukville, dans le village de Keo Phos.

Stéphane un français, est le premier occidental installé là-bas. Il m'a prévenu qu'il fallait que je sois prête à sortir de ma zone de confort - ça trombe bien, c'est aussi pour ça que je suis là - et que j'allais voir le meilleur comme le pire.

Je vais y retrouver Lucie que j'ai rencontré à Pai. C'est elle qui a trouvé ce plan super.

Stéphane a quelques idées de constructions pour améliorer la vie des locaux. Espérons que mes compétences d'architecte pourront l'y aider. J'ai vraiment hâte!