Carnet de voyage

CANADA

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Dernière étape postée il y a 5 jours
Petit récit de mon voyage au Canada
Avril 2018
365 jours
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1

Déjà de multiples péripéties:


- Je rencontre un certain Talib dans l avion. Il compte venir au Canada pour fonder une société et organiser des spectacles. Il a seulement pris un sac à dos avec lui où se trouvent 3 malheureux pantalons. Il aime fumer du cannabis, le comparant à un produit magique qui te rend beau. Et il veut pêcher du poisson au Canada...

- Après 7h50 de vol, 1h30 d attente à la douane pour qu' ils délivrent l autorisation de voyage

- Ensuite, 30 minutes d attente pour la navette qui doit me conduire à l agence de location de voiture. Et le mec avait un training, une casquette à l envers, une barbe de taliban et écoutait du rap.

- Arrivé pour le contrat de location de voiture, cet hijo de puta me fait payer 400 dollars supplémentaires pour l assurance.

- je débarque dans une voiture automatique et une ville où les feux rouges sont à la fin du carrefour et non au début. Très à l aise...

- La famille airbnb où je suis abrite 12 personnes + 1 écureuil + 3 chats + 1 chien + 1 sorte de salamandre


Bref, j ai déjà mon lot de péripéties pour une année.

2

Le matin, on commence le petit déjeuner au milieu des bestioles.

Ensuite, direction la colline de Mont Royal pour avoir une vue sur les buildings...sur la ville je voulais dire.

Cette colline est truffée d écureuils.


Après, balade dans la ville et direction service Canada pour faire le Nas ( numéro assurance sociale ) et ouverture de compte en banque ( gros coup de coeur pour la demoiselle au guichet). On remarque également que les québécois te tutoient directement, même s ils ne te connaissent pas . "Salut, tu vas bien?". Évidemment fiston.


L après midi, j ai visité d autres choses: parcs, village Gay, etc.Et fin de journée, j ai dégusté une bonne grosse grimbergen double ambrée et ai terminé par un resto en mode solitaire. Un grec qui n était pas très bon.


Après ça, direction la maison. 25 km de marche, ça use.


Conclusion sur Montréal: pas du tout un coup de coeur. Peu familiale, j aime pas trop l architecture, etc. Content de la quitter ce mercredi 2 mai.


Vous trouverez ci-joint quelques photos

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Le matin, je quitte Montréal pour rejoindre Sherbrooke. En arrivant à la voiture, petit PV de parking de 62 dollars. La rage: je pars à 10h et ils sont passés à 9h15.


Sur le chemin vers Sherbrooke, rien de spécial. On remarque qu' il y a pas mal de panneaux " attention aux collisions avec les Caribous".


En arrivant, je fais une petite balade autour d un lac très sympa, au centre de la ville. Endroit idéal pour courir, si je n étais pas blessé. Je remarque aussi que la majorité des Canadiennes (faisant beaucoup de sport ou mangeant beaucoup ) ont des cuisses de mutant. J ai des petites cuisses de poulet en comparaison.


Après cette balade, il faut malheureusement faire quelques courses pour se nourrir. Ce qui est marrant, c est qu un employé vous met les courses dans les sacs (mot au Canada pour désigner sachets plastiques). Besoin de rien faire. La classe.


Fin d aprem, je vais dans le centre et je vais siroter 2 petits cocktails. J y reste à peine 1h et un deuxième Pv en revenant à la voiture. J avais même pas vu qu' il y avait une borne. Ils se foutent de ma gueule


Après, je rentre à la maison d hôte. J en ai déjà assez vu.


Si je devais décrire Sherbrooke, c est une ville très boisée. Des arbres partout. C est comme une forêt dans une ville. Et ça monte et descend tout le temps. Assez spécial en fait. Mais c est préférable à Montréal car plus petit et moins citadin.



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Malheureusement, il pleut en ce jour à Sherbrooke. Et je m'apprête à aller marcher...

Mission n 1 du jour: trouver comment marche l essuie-glace arrière. Et après plus d 1/4 h, tu te rends compte qu' il n y en a pas... Viva la vida (cold play)

Je me dirige vers 11h au parc du bois Beckett. Quelques petits sentiers dans une forêt peu grande. Sympa mais un goût de trop peu.


Direction Coaticoak, une ville à 30 km de Sherbrooke. Il y a un parc pas mal où peut faire de la rando. C est le gros coup de coeur du jour. J ai fait une randonnée-trail d'environ 15 bornes dans des sentiers forestiers, grimpant et descendant inlassablement. Immergé dans la nature et seul au monde comme Tom Hanks. Du pur bonheur. Appelez-moi dorénavant Mathieu Hanks. Thanks!


Un peu boueux et pas aussi propre que Mister Clean, je me rends au restaurant Le Verger, sur le chemin du retour vers Sherbrooke. Des frites, un filet de sole et une grosse bière. Ça passe d'equerre. Petite particularité: les québécois servent toujours un verre d' eau, en plus de ta commande, et te disent: "Bienvenue ". Prochaine fois, je réponds à la serveuse: " Merci chérie ".


De retour à Sherbrooke, je passe vite à à douche, caresse le chat paresseux et je vais faire quelques courses au supermarché. Et la soirée se termine presque...


Demain, grosse journée en perspective. Randonnée au Mont-Mangetic qui est apparemment superbe. Ca se trouve sur le chemin vers Quebec ville. Et la soirée, peut-être le Québec City crawl, à savoir une tournée des bars organisée...

5

Ce matin, dernier déjeuner à Sherbrooke. La proprio me souhaite "bon réveil ", une manière à eux de dire bonjour. Ils ont vraiment de gros problèmes ces Québécois...

Vers 9h, départ pour le Mont-Megantic, situé à 80km à l est de Sherbrooke, et dont le sommet culmine à 1105m. Arrivé sur place, grande surprise pour Bibi: c est toujours enneigé. Je suis en short et avec de petites baskets. Mais bon, quand faut y aller, faut y aller. Je débute l'ascension de 5km, avec un dénivelé de 515m, du 10% quoi. Bibi se dit "Du pipi de chat". Mais je vais très vite déchanter: je glisse à tout va sur la neige gelée, je m' enfonce 20 fois dans les crevasses avec la jambe coincée dans la neige. Bref, je crois qu'il me faudra des affaires plus adaptées la prochaine fois. Mais cette ascension restera épique par les conditions et le sol enneigé. La nature est tellement belle au Canada. C est un vrai trésor. Je commence un peu à être subjugué.


Arrivé au sommet, grosse déception. Du brouillard et pas de point de vue. Ils se foutent de ma gueule. Je redescends par la route, pour éviter de me casser la figure. La randonnée fut d'environ 10km. Elle restera inédite.


Vers 14h, je décide d'aller au lac Megantic, 40km à l'est du Mont. La route pour arriver jusque là était magnifique. De longues routes toutes droites qui montent et descendent assez fortement. Et les maisons sur le bord de la route valaient le détour. Des sortes de ranch, avec une architecture atypique. Arrivé au lac, je constate qu'il est très beau. Encore gelé à certains endroits. Les locaux y pêchent de la truite et y naviguent. Seul hic: pas de chemin qui le contourne. Donc, je mets très vite les voiles. De la voiture et non du bateau.


Vers 15h30, une dernière étape avant de rejoindre la ville de Québec. C est le parc national de Frontenac. On y observe plusieurs lacs. J' y ai fait une balade d environ 1h et il y avait même un étang à castors. Mais on les voyait pas. Tromperie sur la marchandise...


Fin des aventures pour cette fin d'après-midi. Je rejoins Québec, éloigné de 150km. Presqu'arrivé, il a commencé à pleuvoir des cordes. Chouette accueil. Nom d'une chouette!


J ai terminé par un petit resto chez Victor, avec la dégustation d' un burger Montagnard. Cela ne s'invente pas.


Québec me semble une ville assez riche et la population plutôt sympathique.


Conclusion actuelle du périple: le Canada offre une nature splendide. De la pure merveille. Mais les québécois me paraissent pas aussi sympathiques qu' on le prétend. Ça va mais ils ne te calculent pas vraiment.


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Après une nuit très courte, me levant tous les jours aux alentours de 7h, je compte aller me promener vers le vieux-Québec, attrait principal de la ville.


Départ à 10h30. 8km de marche, parcourus le long du fleuve Saint-Laurent. Après 1h30, j'arrive à destination. C'est en effet assez beau mais un peu trop touristique à mon goût. Si tu vois un peu trop d'Asiatiques dans les rues, il faut commencer à s'inquiéter. Plus il y a de Chintoks, moins ça vaut la peine. Après avoir pris quelques photos des plus beaux édifices (parlement, etc.), je rebrousse chemin. Ayant déjà assez marché, prenons le bus pour le retour.


À peine revenu, direction la piscine. Sur place, bonne nouvelle: entrée gratuite. Les vestiaires sont communs et tout le monde se met à poil les uns devant les autres. À la bonne franquette. C est assez gay (ou peu gai) mais ça ne pose pas trop problème. Les Québécois divisent également les couloirs selon la vitesse des nageurs: lent, moyen et rapide. Traduisez: escargot, chenille et mini-papillon. 1h15 de nage et l' affaire est pesée. Je remarque également que les Canadiens sont très disciplinés et aiment définir des règles: bains libres pour adultes dans telle plage horaire,... Pour ma part, je n'aime pas suivre des règles.


Ensuite, on fait les emplettes, on remet du carburant dans le char. Retour au domicile à 18h. Juste le temps de mettre quelques oeufs dans le bidou, se faire propre et on répartis à 20h. RDV à 21h30 au vieux-Québec pour une tournée des bars avec des gens que tu ne connais ni d'Eve ni d'Adam. En arrivant sur place (20h45), je remarque que Québec City, c' est superbe la nuit. Tous les bâtiments sont illuminés, so nice.

21h05: il est temps de rejoindre le Pub Nelligan pour le début du Pub Crawl. Je fis équipe avec 4 Québécois, qui fêtaient un evjh et qui parlaient et agissaient comme les Ch'tis, et 3 Américaines, sympas mais un peu coincées du postérieur. Nous étions "guidés" par Leane, une jeune Française vivant au Québec depuis 8 mois et ayant déjà adopté l'accent visiblement. La scène était un petit peu surréaliste: je ne comprenais pas plus ce que disaient les Québécois (un peu Ole ole) par rapport aux Américaines. Si on tournait un deuxième film des Ch'tis, on devrait les engager à coup sûr.

À chaque bar, on buvait un shot et 1 ou 2 bières. Ce fut une expérience très sympa, et le meilleur dans toute cette histoire: le futur marié, Max, un bon bûcheron, s'est tapé la guide, Leane. Quel petit coquin! Un vrai coureur de jupons dont le mariage se terminera certainement avant qu'il ait commencé. Enfin, ne blamons pas le pauvre: c'est pas de sa faute si les femmes ne résistent pas à son charisme...


Après cette épopée, il fallait quand même rentrer à la maison. Et là, c était nettement moins cool. Marcher 8km à 2h du matin...Merci seigneur. J ai cru qu' ils étaient interminables..


Suite au prochain épisode...


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Publié le 7 mai 2018

Au départ, j'avais prévu d'aller faire de la randonnée dans un parc national près de la ville mais la fatigue et la raison m'ont rattrapé, après la durée soirée de la veille.


Début d'après-midi, je pars visiter les chutes d'eau de Montmorency, situées à une vingtaine de kilomètres de Québec. Paysage vraiment beau aux alentours des chutes et le débit de l'eau est vraiment impressionnant. Vous tombez dedans, vous terminez en 30 morceaux. Pas comme dans les films où le mec s'en sort sans une egratinure.


Après les chutes, il est venu le temps des Cathédrales (Notre Dame de Paris)...je deconne. Je suis allé nager en guise de relaxation. Même endroit qu' hier.


Fin de journée, il faut que j'absorbe des calories. Rien de tel qu' un Mcdo. Que Jésus me pardonne pour cette mal-bouffe. Le Mcdo, c est tabou, on en viendra tous à bout!


La journée va certainement se terminer par la dégustation d' une petite Leffe blonde. Le proprio de l'Airbnb m' a gentiment proposé de siroter une bière. Je crois qu' il a un peu de la peine pour moi car je voyage seul...Haha.


Demain, réveil matinal pour rejoindre Saguenay. Sur le chemin, je compte faire une randonnée au parc national Jacques-cartier. Je sens qu' un paysage idyllique m'attend.


Le récit est fini pour ce soir. Bonne nuit les lardons.

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Lever à 7h30. On emballe tout et je quitte Québec City pour rejoindre le parc national Jacques-Cartier, situé à 50km au nord de la ville, sur la route de Saguenay.


Arrivé sur place, entrée payante: 8,5 dollars pour avoir le droit de marcher (et tuer). Au départ, je comptais faire le sentier des Loups (rando difficile avec dénivelé) mais il était fermé, suite aux inondations. J'avais donc les crocs (blancs). J' ai dû me rabattre sur le sentier "Les Coulées", 10km de niveau intermédiaire. Bref, j'allais me la couler douce.


Il faisait 3 degrés au départ de la randonnée. Et il y avait toujours pas mal de neige. Je m'y attendais cette fois-ci mais ce n'est pas pour autant que j'ai changé de tenue. Gardons le bon vieux short et les bonnes vieilles baskets. Le long du parcours, le paysage comblait une nouvelle fois les attentes, même si j'eus espéré un niveau légèrement supérieur. En ayant commencé un peu avant 10h, j'ai terminé la rando vers 12h50, en ayant fait quelques détours . Au final, je ne sais toujours pas pourquoi le sentier s'appelait "Les Coulées". Ça ne coulait pas de source. Et mes jambes ont à nouveau pris cher, pour ne rien changer. La honte du jour: je me suis fait dépasser par une fille/Un élan. Mais elle avait d'autres chaussures que bibi, lui permettant de voler sur la neige. Une petite gazelle d'Afrique du Nord.


Après un petit repas de midi au bord de l'eau, je prends la route vers la baie de Saguenay. Sur le chemin, une petite sieste s'impose car la fatigue commence à se faire sentir.


J'attreris à 16h à la baie. Et j'y fais à nouveau une promenade, sur le sentier très connu Eucher, qui longe la baie et offre une vue magnifique sur celle-ci. Il se trouve dans un bois. J'ai encore été gâté. Le sentier était également très bien balisé (comme tous les autres) sauf à la fin. Je me suis un peu perdu et j'en avais un peu plein les *******. Je ne voulais qu' une seule chose: sortir du bois de Quat'sous. Et ce fut chose faite à 18h45, soit une petite promenade de 2h45. Malgré tous mes efforts, je n'ai pas eu droit à la (b)haie d'honneur à la fin.


Sur la route vers Chicoutimi, où je séjourne, à 21km de ma baie, je m'arrête à une pizzeria. Ça ne cassait pas un orteil à un canard. J'ai choisi fruits de mer et ils ont simplement mis du surimi dans la pizza. Elle n'était pas meilleur qu' une surgelée et je ferais bien mieux moi-même, alors que je n'ai aucun talent.


J'arrive à l'Airbnb un peu avant 20h. Je dépose les bagages et je vais vite faire des courses pour remplir le ventre le lendemain. Encore une journée bien chargée...


À plus tard les zoulous...


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Le réveil sonne à 7h30. Départ un peu avant 9h, direction le fjord du Saguenay. Au programme, la randonnée des chutes, 13,8 km aller-retour avec un dénivelé important.

Sur place, le centre d'information touristique nous notifie qu' aucun sentier n'est accessible. Ils sont trop enneigés. Shit! Nous avons néanmoins la possibilité de parcourir un chemin d'asphalte de 7km. Ça ne me convient pas. Si certains sont asmathiques, moi je suis asphaltique! J'ai donc fait 60 km pour des prunes, à part pour voir un certain nombre de lacs gelés.


Devant un obstacle, il faut réagir. Je décide de rejoindre le parc national des Monts-valins, 90km à l'opposé du parc de Saguenay. En espérant que certains sentiers soient ouverts. Il est midi quand j'y débarque et pas beaucoup de voitures à l'horizon. Personne à l'accueil. Donc, c'est parti. J'opte pour le Pic du Grand-Corbeau (Et le renard, il est où?). 6km aller et 6 retour, 590 de dénivelé. Le sommet culmine à 820m. Le début de l'ascension se déroule sans trop d'obstacles. Un beau lac sur la route mais un peu de déception au niveau du paysage, en comparaison avec les derniers jours. Mon coeur palpite moins. Plus je monte en altitude, plus la neige au sol montre le bout de son nez. Le chemin devient peu pratiquable et je m'enfonce de plus en plus. Peu de marcheurs sont passés par là et la neige n'est pas tassée. J'arrive à un premier Pic, à savoir le Pic de la tête de chien. On voit le panneau "Pic du Grand-Corbeau: 2,5 km". Je me lance dans l'aventure et ce fut un vrai combat. Je pense que j'étais le premier à y mettre les pieds. À chaque moment, je tombais dans des crevasses. Et tu dois à chaque fois te relever. Tu n'as envie que d'une seule chose à ce moment-là , c est de pleurer. Mais ça ne sert à rien. J'avance à pas d'escargot, tellement le chemin est compliqué. Et plus j'avance, plus j'entrevois la neige et moins elle est solide. Après environ 1km, je décide de faire marche-arrière. Trop compliqué et trop imprudent de continuer dans ces conditions. Et les deux jambes sont bien ensanglantées. La sagesse a également ses vertus. Le combat est terminé. K.O. Mais ce n'est que partie remise. Je gagnerai la prochaine fois.


La descente fut également périlleuse. Nombreuses glissades au rendez-vous, du vrai patin à glace. Le supplice fut terminé à 15h30. J'ai bouclé environ 8km. Même si je n'ai pas apprécié cette randonnée, c'est l'expérience-type qui te forge un moral d'acier. Bats-toi ou sois battu! J'ai également pris très peu de photos, ne voulant pas m'éterniser sur ce type de parcours et sachant que je n'ai pas atteint le sommet.

À 17h, j' étais de retour au bercail. Et je n'avais plus ni la force, ni l'envie de bouger. En mode repos jusqu'à demain. Je m'envole vers Shawinigan, 350 km de route pour une durée de 3h50. Je viens aussi d'apprendre que le parc de la Mauricie, situé près de Shawinigan, est fermé. Une sacrée tuile! Ce parc est magnifique pour les randonnées et je l'attendais avec impatience. Nous allons devoir modifier le programme en conséquence...


C'est tout pour aujourd'hui. À plus!

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Publié le 12 mai 2018

Tôt le matin, le 9 mai, je quitte Saguenay. Je dis au revoir à Gaetane, qui m'a accueilli dans sa petite maison. C'était une personne plus âgée, très sympathique, mais qui n'avait pas beaucoup d'occupation je pense. Elle restait enfermée chez elle avec ses 2 chiens et semblait attendre une seule chose: de la visite. Je ne suis pas la personne la plus loquace mais bon... En partant, je veux lui rendre les clés. Je toque à une porte derrière laquelle elle se trouvait et j'ouvre. Je pensais que c'était la cuisine mais non...C'était sa chambre. Je la réveille et je la dérange légèrement dans son intimité. Situation assez cocasse...


Je prends la route vers Shawinigan. 350 km bien monotones: je vois des lacs gelés encore et toujours, des panneaux "En cas d'intrusion de caribous, composez 511". La route que j'emprunte repasse par Québec et rien d'autre à signaler. RAS comme on dit.


Je mets pieds à terre vers 13H, au parc de l'héritage Carcajou. Il y a quelques sentiers où on peut baguenauder. Je n'y trouve pas un chat, pas une souris. Juste un rat MOOR. La visite fut brève, ayant quelques douleurs malfaisantes à la cuisse. Allons plutôt à la piscine faire quelques longueurs de relaxation.


La piscine est petite (25 sur 10) mais chaleureuse. Elle est principalement fréquentée par des petits vieux...en décomposition ( C'est pour rire). En tous cas, ils nagent tous très lentement ici. J'ai l'impression d'être Michaël Phelps, face à de grosses baleines échouées. Soit, ça flatte juste l'égo... Sortie de la piscine et direction le logement.


La montre affiche 18H lorsque je fais mon entrée chez Josée-Anne. Souriante, joviale, fin de trentaine je dirais. Elle a deux boutchous, Céleste et Ludovic. Au cours de la première discussion, elle me raconte que son compagnon ou mari cultive des serres de cannabis et me demande "Tu sais ce que c'est le cannabis?" Non non... Et elle ajoute par la suite qu' il le fait à des fins thérapeutiques (Santé Canada). Il travaille non-stop, genre 6h-23h. Car les serres doivent être très protégées (code, etc.). Je n'ai ni vu ni entendu l'homme en question durant les 3 jours...Un vrai fantôme. Elle croit sans doute que je suis né de la dernière pluie. Un peu candide mais faut pas exagérer.


Après cette première entrevue, je réchauffe rapidos pépitos un plat préparé (quand on n'est pas doué pour la cuisine) et je me rends, sur conseil de Josée-Anne, au Trou du diable, brasserie très réputée du coin. Le café s'appelle de la sorte car c'est un endroit un peu maudit, si j'ai bien compris. J'y deguste 2 pintes, l'amère de Glace (elle a vite fondu) et la Superpils. Correct mais on ne rivalise nullement avec les bières belges. Légèrement aviné, je reviens au domicile vers 22H et illico presto, je me couche dans les bras de Morphée. Je les adore.


Le lendemain, 10 mai, réveillé par les deux lustucrus qui se rendent à l'école, je me lève. Après un déjeuner céréalisé, je rejoins la vallée de Rocanigan, située à quinze kilomètres du centre de Shawinigan. Cette vallée est très fréquentée durant l'hiver, pour des balades en raquettes. Ça doit être génial.


Arrivé à destination, pas une seule antilope à signaler à l'horizon. Le lion rugit.

J'entame la balade forestière. Plutôt agréable. Petite pierre d'achoppement néanmoins: il commence à pleuvoir dru, alors qu' il faisait vraiment beau le matin. À la base, cette vallée accueille plein d'animaux: loutres, castors, ... mais je n'en vois aucun depuis le début du séjour, à part des écureuils. Je pense que ce sont des animaux diurnes. Pendant la journée, c'est broquette. La balade dura environ 2h30-3h. Et j'ai même eu l'occasion de traverser un petit canyon, réservé en principe aux "experts". C'était un peu casse-pipe tout de même.


Après cette balade, retour aux bonnes vieilles habitudes: la piscine. J'étais comme un poisson dans l'eau.


Le soir, mon hôte a gentiment préparé à manger. Elle recevait également une de ses amies, Christine, politicienne et ayabt repris un BAC en psychologie (Étant un très fin psychologue, on s'est bien entendus...haha). Après avoir un peu fait causette, je vais me coucher (tôt).


11 mai: je vais le matin à Grandes-Piles, un village non loin de Shawinigan. On y trouve une partie du sentier national de la Mauricie, long de 125 km je pense. Il a été créé par des bénévoles. Et ce petit parcours fut un vrai régal: tu longes les lacs à travers la forêt. Et il y a également un site de camping sur place: à tester! Je me suis baladé (sur l'avenue) de 10 à 14h. J'ai pris du plaisir. Merci madame Nature.

Ensuite, direction piscine et le soir, dégustation d'un repas local très acalorique (ou pas): la smoked meat. Des frites accompagnées d'une viande fumée (enroulée dans du pain). Pas mauvais la chose.


Demain, je retourne à Montréal, où je vais ramener la voiture. Et le 13 mai, on prend le bus vers Ottawa. Bye bye le Québec. Nous débarquons dans la partie anglophone. Je serai également content quand j'atterirai à Winnipeg pour un peu me poser et faire des connaissances. Visiter les bois, faire l'ours et voyager non-stop, c'est cool, mais pour un certain temps! Je n'aurais jamais cru que j'aurais besoin d'une vie sociale avant de partir de notre petite contrée belge...


Allez, je vous laisse. Bonne nut

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Publié le 14 mai 2018

Le 12 mai au petit matin, je quitte Shawinigan. Pas mal comme expérience mais trop de vacarme et peu d'intimité dans la maison de Josée-Anne. En partant, j'ai également vu son compagnon, le fantôme. Mon instinct me disait que c'était un vrai laid matou. Il ne dégageait aucune gentillesse. Je suis sûr qu' il cultivait du cannabis à but médical...Et mon cul, c'est du poulet?


En direction de Montréal, je fais une escale dans la ville de Trois-Rivières. Je me promène le long du fleuve Saint-Laurent. Je remarque très vite que cette ville est un peu morte. Aucune vie dans ce trou à rats. Après 2 petites heures, la Hyundai Elantra s'en va plein tubes vers Montréal, le royaume du multi-culturalisme.


J'arrive vers 14h. Le bordel pour circuler dans cette ville. Je me suis dit que j'aurais dû y arriver le soir, pour passer le moins de temps possible dans ce monde citadin, qui m'est complètement étranger. J'espère également ne pas me choper un troisième PV. Sinon, j'aurai les boules remplies comme des ballons de baudruche. Je dépose mes affaires dans la maison de Laurence. C'est son mari qui m'a accueilli, un Congolais me paraissant très sympathique. Dès que les valises sont dépliées, je file à l'extérieur. Je me balade un peu partout et à l'approche de la soirée, le ventre criant famine, je m'arrête chez Pizzaiole. La pizza ne pêtait pas les flammes (du feu de bois). Par contre, les serveuses relevaient le niveau et pimentaient un peu la pizza. Vers 20h, je regagnais le domicile.


Étant reclus dans ma chambre, le mari de Laurence est venu me proposer de siroter une bière avec eux. Ils faisaient un petit BBQ avec un couple d'amis et leurs enfants. Et le compagnon de Laurence, d'origine congolaise, a vraiment égayé ma soirée. Ça fait longtemps que quelqu'un ne m'avait fait autant rire. Il m'a d'abord raconté que c'était un fan du Grand Cactus et de Kody. Il regarde l'émission chaque semaine. Ensuite, notre discussion s'est orientée vers l'importante communauté juive vivant à Montréal, qui ne se mêle pas aux autres: "Ces gens-là, ils pullulent comme des pissenlis, de la mauvaise herbe. Chaque matin, les femmes mettent un croissant dans le four. Sérieusement, la fille à 20 ans, tu la vois déjà promener son landeau, et deux mioches qui marchent à côté. Ils baisent comme des lapins..." Et j'en passe...Bref, j'étais plié. Leur couple d'amis, Simon et Florence (d'origine française), était également très friendly mais un peu trop intellectuel à mon goût. Lui, avocat, et elle, chercheuse en sociologie à l'université, connaissaient tout sur tout. Un peu agaçant...Même leurs enfants paraissaient plus intelligents et cultivés que toi...Tu avais un peu l'impression d'être un navet.

Après un peu plus d'une heure, je les laisse manger tranquillement entre eux et je m'éclipse.


13 mai: c'est le jour du grand départ vers Ottawa. Je dois ramener la voiture, prendre le car à 14h vers Ottawa (trajet de 2h30) et ensuite, prendre un bus pour rejoindre la maison Airbnb. Je vais devenir un vrai expert en planification!

En cette belle journée, je vais rester enfermé à l'intérieur (No luck, just fuck!). Je rencontre de plus quelques embûches pour rendre la voiture. L'agence où je me rendais, c'était une rue piétonniere. Encore bien que j'avais pris l'adresse d'une autre agence sur Internet. Et cette maudite agence, qui n'en était pas vraiment une, se trouvait au -2 d'un parking. Et sur la chaussée, tu avais simplement un petit panneau Globecar qui l'indiquait que tu pouvais déposer la voiture là-bas. Une vraie société de merde Globecar!


Une fois la voiture déposée, il me reste 2km pour rejoindre la gare d'autocars. Avec une valise de 22kg, un sac sur le dos et 2 sachets de course, pas évident! Il est 13h30 lorsque j'arrive à la station et on démarra à 14h. Au revoir Québec! Ce que je retiendrai, c'est que les gens ne te jugent pas vraiment ici, grande différence culturelle par rapport à l'Europe. Que tu sois blanc, métisse, maghrébin, noir, les gens s'en foutent. Et peu importe les habits que tu portes. Tu pourrais même te promener en slip dans la rue, ils en ont rien à caler...Nous sommes ici en Amérique du Nord et c'est fort différent de l'Europe. Disons que ça a ses avantages et ses inconvénients. Mais je vais un peu devoir m'acclimater. Parfois, tu te dis que tu n'existes pas à leurs yeux. "Vis ta vie comme tu l'entends et moi, je vis la mienne de mon côté ".


Il est environ 16h30 lorsque le car atteint la gare d'autocars d'Ottawa. Et je remarque rapidement un changement de mentalité. On a vraiment l'impression d'être dans un autre pays, en partie lié au changement de langue.

Je rejoins rapidement le domicile de Patricia (qui parle français), mon hôte pour 3 jours. J'ai d'ailleurs pris, dans un premier temps, le bus dans le mauvais sens, pour aller chez elle! Je suis un vrai lama. Après avoir défait mes valises, je pars me balader dans le centre d'Ottawa. J'admire les collines du Parlement (Parlement hills), le principal édifice à visiter dans la capitale. Ensuite, je mange un Tacos dans un quartier très fréquenté par les jeunes (Thé furniture warehouse). Et enfin, quelques courses au métro avant de revenir à la maison.


À Ottawa, il y a pas mal de parcs, beaucoup de mendiants et d'Asiatiques...Et cela ne ressemble pas vraiment à une capitale. L'attractivité touristique est moindre. C'est plus une capitale politique qu'économique.


Bon, c'est tout pour aujourd'hui. See you later

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Publié le 17 mai 2018

En ce 14 mai, une magnifique journée ensoleillée s'annonce. Il fait beau, il fait chaud, et ça donne du baume au cœur. Je commence la matinée par une petite détente à la piscine, qui se trouve seulement à 400m du domicile. C'est pratique. Ce bâtiment est le regroupement d'un amas de vieux pépés, venant faire leurs petites longueurs le matin, pour être en forme le reste de la journée. Dans les vestiaires, nous pouvons également admirer leurs corps sculptés en béton armé, qui feraient pâlir toutes les jeunes demoiselles...Je me moque un peu, ce n'est pas bien! Je ferai moins le malin à leur âge...


Après la piscine, je prends la direction des collines du Parlement et je longe à pied le célèbre canal Rideau et la rivière des Outaouais. Très agréable balade, te donnant l'impression d'être à la campagne alors que tu te trouves dans une capitale, 4e ville du Canada et regroupant 1 million d'habitants. Par après, je rejoins le parc du Gatineau, à 7km de la maison (ça en fait une trotte). C'est un très beau parc apparemment mais le début longe une grand-route. Donc je n'avais pas envie de continuer, d'autant plus que le parc s'étend sur 9km. Marcher, je veux bien,.mais il y a des limites Bobby. Pour la petite histoire, Gatineau est un quartier se trouvant de l'autre côté de la rive mais appartenant au Québec. On y parle majoritairement français.


Après cette excursion en terres inconnues avec Virginie Efira (ah non, mince, elle n'était pas avec moi...), je reviens vers le downtown d'Ottawa (centre). J'engloutis une bonne grosse Corona (710ml la petite) et j'avale une beavertail (queue de castor), à savoir une spécialité locale, constituée d'une pâte sucrée sur laquelle on étend soit du chocolat noisette, soit de la banane et du chocolat, etc. Très calorique mais plutôt bon. Je crois que je vais finir obèse...


En fin de journée, je rentre au bercail. Je tape un peu la conversation avec Patricia. 49 ans, elle travaille à son compte, dans l'événementiel et l'immobilier. Enfin, c'est un peu flou quand même...mais ça m'importe peu. Elle a également tenu plusieurs restaurants, une boîte de nuit, etc. Elle a un peu touché à tout, sans grand succès j'ai l'impression. Comme personne, elle est très agréable et n'hésite pas à te proposer un thé ou un café. Je pense aussi qu'elle a quelques problèmes avec l'alcool. Cette petite odeur fétide qui te titille les narines, ça ne trompe pas. Dans sa maison, il fait également très pouilleux. J'avais envie de passer un coup de balais et nettoyer. Ça veut tout dire!

Fin de conversation. Le soleil se couche et moi aussi.


Le mardi 15 mai, re-belote! (Ah mince, je n'avais pas dit la belote). On va se baigner en matinée. Le paysage est similaire à hier: des 4×20 partout. Je décide de nager dans le deuxième couloir au lieu du quatrième (changeons les habitudes), et là intervient le problème. Un papy s'arrête de "nager", se positionne debout en plein milieu de la piscine et fait tout un esclandre en s'adressant à moi: " Here, this is low speed. High speed is there. So go away". Il s'excitait fermement. J'ai pris tranquillement mes affaires et je me suis dirigé vers l'autre couloir. Si je n'étais pas dans un pays étranger, je l'aurais embroché et j'en aurais fait de la pâtée pour chats. Quel vieil enfoiré!


L'après-midi, je suis parti sillonner les parcs de la ville. En premier lieu, visite du cimetière militaire national. Ce cimetière, rural, est superbe. Rempli de fleurs, d'arbustes, d'arbres et le nombre de pierres tombales est impressionnant. Par contre, cela demande un entretien considérable. Je m'étonne aussi que cet endroit à Ottawa ne soit pas plus populaire. Tant mieux! Ça fait du bien d'être au calme.

Ensuite, je parcours d'autres parcs: Stanley, Jacques-Cartier, etc. Nous pouvons vraiment dire qu'Ottawa regorge de parcs. Plutôt cool pour une capitale de pouvoir se détendre dans ces espaces verts.

Quelques heures après, je regagne le centre-ville, étant un peu fatigué. Je mange une petite crasse au passage et puis je file vers la casa. Je dis au revoir à Patricia durant la soirée car je me lève à 4h15 le lendemain. Le taxi vient me chercher à 5h pour prendre l'avion vers Winnipeg. La nuit va être courte...


16 mai: le réveil sonne. Début des hostilités. Le taximan est bien au RDV, pas de mauvaise blague...Il m'a quand même coûté 43 dollars jusqu'à l'aéroport. Not really cheap! En arrivant, 28 dollars de plus pour le bagage de 23kg. Je croyais que c'était inclus dans le prix...L'avion decolle à l'heure (7h20) et nous arrivons à 9h à Winnipeg. Il y avait 3h de vol, compte tenu d'une heure de décalage additionnelle. Soit 7h de différence avec la Belgique.


Quand j'ai pris le bus depuis l'aéroport pour rejoindre l'Airbnb, j'ai fait une drôle de tête: il n'y a pas un seul Canadien dans cette ville. Des réfugiés, des immigrés, etc. Dans le bus, il y avait des Asiatiques, encore des Asiatiques et quelques individus pas très propres sur eux. Et la ville est moche. Nom de dieu! Et dans le quartier où je loge, j'ai l'impression d'être la seule personne un peu normale/standard quand je me balade en ville. Par après, je suis allé nager et j'ai visité le centre-ville. C'était plus correct. Mais au global, c'est pas jojo! Et si Montréal était très multi-culturel, ne parlons pas de Winnipeg...Imbattable! Un point positif: on a curieusement l'impression de se sentir pas trop mal dans cette ville. Enfin, ne jugeons pas le livre par sa couverture et attendons de voir...But one year here, are you kidding me?


Le soir, j'ai apprécié une bonne pizza réchauffée Dr Oetker (miam, quel délice...) et j'ai fait connaissance avec les autres Airbnb de la maison, à savoir deux Indiens et un Kényan. Ils parlent un anglais indéchiffrable.

Bon, dormons sur nos deux oreilles et see you soon pour de nouvelles aventures Winnipegoises.






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Publié le 23 mai 2018

Quasiment une semaine sans donner de nouvelles, désolé mes très chers fans😀. Je rentre un peu dans la vie quotidienne et je voyage un peu moins, donc c'est moins trépidant!


Je séjourne durant une semaine chez Amaro, un Brésilien. Je n'ai pas trop d'affinité avec lui. Et j'ai l impression qu' il ne m'apprécie pas beaucoup, je ne sais pour quelle raison. De toute façon, je m'en fous complètement. Et il impose trop de règles de vie, genre pas de douche après 22h, car la pompe fait trop de bruit. Alors qu' il réveille la planète entière lorsqu'il est au téléphone à 8h du matin le week-end. C est l'hôpital qui se fout de la charité.


Dans la maison, il y a également 2 Indiens, Lichab n1 et Lichab n2, et un Kényan, Adam. Ils sont tous les 3 très sympas mais un peu calmes. Les Lichab twins étudient à l'université, dans le cadre d'un programme d'échange. Et ils dorment tous les 2 dans la même chambre, dans un petit lit. Alors que je dors dans un double-size bed pendant ce temps-là. Adam, quant à lui, passe beaucoup de temps au téléphone. Dans les familles africaines, c'est une religion j'ai l'impression. En parlant de religion, ce cher Adam est catholique pratiquant. Il va à l'église tous les week-ends. Je lui ai un peu fait comprendre que j'en avais pas grand chose à faire de l'église, même si je suis catholique. Je suis également allé avec lui à la piscine. Pour s'y rendre, il s'était habillé en chemise et pantalon de costume alors qu' il faisait 30 degrés dehors. Vu son grand gabarit et sachant qu' il a fait de la compétition plus jeune, je m'attendais à ce qu' il soit une torpille. Mais elle n'a jamais été dégoupillée cette torpille. Il manquait un peu de puissance...Nous y sommes restés longtemps car même s'il n'a pas beaucoup nagé, il aime prendre son temps et s'asseoir au bord de l'eau. Pour le retour, nous avons pris le bus au lieu de marcher (4km) car il était hs. Bref, ce n'est pas un vrai Kényan!


Ces derniers jours, j'ai visité 2 maisons pour m'installer à plus longue durée. Les 2 proprios étaient très sympas. La première, Sonia, une masseuse d'environ 30 ans, habitant une maison près du centre-ville. Elle devait encore faire visiter plusieurs autres candidats. Donc je ne suis pas sûr d être repris Mais elle m'a proposé de venir habiter jusqu'à fin mai si mon Airbnb était trop cher. Le deuxième proprio, Ian, proche des 30 ans également, est un barman et il loue 3 maisons . Il héberge 2 autres roommates. Il m'a également proposé, sans me faire payer, de venir séjourner chez lui les derniers jours de mai. Il part souvent en Road trip et dort à l'arrière de sa voiture. Original! Je lui ai évoqué que je comptais aller visiter l'ouest canadien, et plus précisément les Rocheuses, près de Calgary. Et il m'a dit que je pouvais l'accompagner vu qu' il compte y aller en été. Tout simplement, alors que je le connais simplement depuis quelques minutes. Ils sont plutôt ouverts ici. Chez Ian, je suis sûr d'être choisi à priori. Et c'est une location mensuelle, donc pas d'engagement et de contrat. Nice!


Quant au travail, je vais commencer la semaine prochaine un programme destiné aux nouveaux arrivants à Winnipeg, Manitoba Start. Aide à l'emploi et présentation de la ville. Ce sera les matins et après-midi. J'ai également visité une autre association d'aide à l'emploi hier mais c'était davantage destiné aux assistés sociaux. Un/une jeune (un peu androïde) d'environ 25 ans et une femme plus âgée et antipathique à souhait, m'accompagnaient à la session d'information. Le jeune n'a jamais créé un CV de sa vie et affirmait clairement ne pas avoir envie de travailler. La femme,elle, avait 7 enfants (une vraie poule pondeuse) et le CPAS l'a obligée à suivre cette formation d'aide à l'embauche, sans quoi elle ne toucherait plus ses allocations. Et moi, j'étais au milieu. Qu'est ce que je foutais là? Je ne le sais toujours pas. La formatrice, proche de la pension et un peu en manque de motivation, présentait le marché du travail comme une bataille féroce. Certes vrai mais elle exagérait un peu. On aurait cru à un combat de gladiators. Moi, je veux bien me battre dans l'arène, seulement si je suis Maximus.

Je suis également allé déposer CV chez Randstadt. Cette agence était en principe réservé au secteur industriel. J'ai dit que c'était pas vraiment mon secteur. Mais ils ont vu que je parlais français. Donc ils m'ont proposé un job de customer service support. Appelons ça un call centre. Dans mon élan de gentillesse, je n'ai pas osé refuser même si c'est le type de profession qui ne me correspond pas du tout. Traité comme du bétail, appels à gogo et horaires de merde. Enfin, j'ai peut-être une interview vendredi mais je ne me mets pas trop la pression car je m'en tape de ce job. C'est juste pour faire des connaissances.


Au quotidien, je marche et je nage beaucoup. Dommage que je sois tout le temps blessé, sinon j'aurais pu être un triathlète très correct. J'attends d'ailleurs impatiemment que ma cuisse soit rétablie pour pouvoir m'inscrire dans le groupe (convivial/familial) de running de Winnipeg. Et peut-être également le club de tennis de table, malgré qu'on ait soit volé la raquette qui se trouve dans ma housse, soit je l'ai oubliée.

J'apprends également à cuisiner. Grande nouvelle! Des légumes, de la viande,... Tout y passe! L'année prochaine, je m'inscris à Top chef! Enfin, ne grillons pas les étapes trop vite. Commençons par griller la viande. Je cuisine pour 2 jours à chaque fois...Car la cuisine, ça prend trop de temps!


En ce moment, la température est plus que clémente. Ces jours-ci, ça tape à chaque fois la barre des 30 degrés. Il fait chaud chaud et on transpire des gouttes à profusion.


Demain, je migre vers un autre Airbnb pendant une semaine. Ce n'est pas plus mal car c est vraiment la zone dans le nord de Winnipeg. Si tu devais donner some change à tous les mendiants qui quémandent, tu serais ruiné à la fin de ta journée. Je m'en vais vers le Sud. Assez éloigné du centre-ville mais on marchera! Si Dieu nous a donné deux jambes, c'est pour s'en servir.


Assez de nouvelles pour cette semaine. A la prochaine pour de nouvelles aventures...


Ps: pas de photos cette fois-ci

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Cette matinée et ce début d'après-midi à Winnipeg furent plutôt mouvementés.

Il est l'heure de faire ses valises. Je dois changer d'Airbnb; je vais m'installer chez Karin pour une semaine, dans le quartier de Wolseley. Via Google Maps, j'établis un itinéraire, et résultat, je dois prendre 2 bus. Pas si agréable avec une grosse valise, un sac à dos et deux sachets de course (je vais tellement me faire de muscles que je vais devenir Rambo). Je démarre à 11h30 et j'arrive à destination vers 13h. Sans pépins et tout roule...jusque là. J'arrive à la maison et je veux me saisir des clés. Karin m'avait indiqué un porche d'entrée et une commode dans laquelle se trouvaient les clés (premier tiroir), insérées dans une enveloppe . Ça ne correspond pas vraiment. Il y a en réalité une petite boîte aux lettres fixée à la façade et des clés, mais sans enveloppe. Je rentre et je vois un tas de directives: "chers clients Airbnb, veuillez retirer vos chaussures dans le hall d'entrée...Si vous cuisinez, veuillez laver vos affaires...". On se croirait à l'école militaire! Je cherche à poser les bagages dans la chambre. Selon les indications de Karin, elle se trouvait au niveau de la cuisine et il fallait descendre des escaliers (sous-sol). Rien à voir sur place. La chambre se trouve à l'étage, en montant les escaliers. J'y arrive enfin et je lis le message d'accueil posé sur le lit, dont un passage disait:"Si vous avez un problème, appelez Derek à tel numéro". Et là, ça fait tilt:"Oh putain, je ne suis pas dans la bonne maison!". Il est temps de déguerpir à toute vitesse!Go go go! Je mets rapidos les godasses et je parviens à sortir sans que personne ne me voit. HALELUJAH!! Derek, c'était l'Airbnb que j'avais annulé et remplacé par Karin, car il avait voulu augmenter son prix après réservation. Mais Bibi n'avait pas sauvegardé la nouvelle adresse...Après cet événement tragi-comique, je dois faire demi-tour. Je reprends le bus pour faire le trajet en sens inverse et je marche 1km avec ces foutus bagages et cette foutue chaleur pour rejoindre la home, sweet home. De la vraie pénitence! Ça tire dans les bras! À 14h30-15h, le calvaire est terminé. Nous y sommes!


Fin d'après-midi, petite visite d'un grand centre commercial (Polo Park) et ensuite direction le supermarché. C'est tellement chiant de faire les courses...tout le temps. Pourquoi l'être humain a-t-il besoin de boire et manger?


Soirée au calme. J'ai eu mon compte pour aujourd'hui. Bonne nuit!

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Publié le 28 mai 2018

Je me lève paisiblement en ce 25 mai. Départ de la maison à 11h pour visiter le parc et le zoo Assiboine. Il paraît que c'est beau!

Le parc est en effet sympa. Idéal pour un pique-nique. Enfin une belle chose à Winnipeg! Après avoir fait quelques lacets dans ce grand parc et admiré un English garden (jardin anglais), je prends la direction du zoo.

Tout le long de la route, je souffre de la chaleur. J'agonise. Il fait chaud ici, beaucoup trop chaud! Quel contraste avec l'hiver où il fait -30 degrés.


Vers 12h30, la visite du zoo commence! La première escale est le lieu de repos des bisons (futés), race en voie d'extinction. Elles sont vraiment musclées ces bêtes-là (presque autant que moi). Le périple continue avec la visite des élans, des caribous, des chouettes des neiges (snow owls), phoques, ours polaires, tigres, moutons avec cornes spéciales, etc. Un vrai régal...pour les enfants! J'ai bien aimé mais je ne vais pas pour autant être atteint de zoophilie. Encore bien!

Je compte également, lors du périple au Canada, visiter Churchill. C'est une ville peuplée par les aborigènes (natifs), seulement atteignable par avion. Il n'y a pas de routes là-bas. Cette ville est une savane, située à la baie d'Hudson. Elle attire pas mal de monde car on peut y observer des baleines (belugas, etc.), des orcs, des ours polaires et des aurores boréales. Tout ça en pleine nature. Pour la petite anecdote, les aborigènes entourent leurs maisons de barrières électriques pour empêcher les ours d'y pénétrer. Le seul problème de la visite de Churchill, c'est le prix. Ça coûte un pont. Mais bon, comme je joue bridge, je trouverai peut-être une solution...


Fin d'après-midi, après le zoo, je me rends à un complexe sportif, situé à 2km du domicile. Ce complexe regroupe une piscine, un sauna, une salle de musculation, une piste d'athlétisme intérieure et une piste de skateboard. J'achète sans hésiter un abonnement de 3 mois (128 dollars/85 euros). Ce sera vite rentabilisé..Enfin, pour le moment, je n'utilise que la piscine et le sauna, mais plus tard..Ce sera le paradis! Je ne savais pas non plus que le sauna avait tant de vertus: diminution de la pression artérielle, élimination des toxines, amélioration de la circulation sanguine, soulagement des courbatures musculaires, etc. Seul hic: je ne suis pas si résistant dans ce four. Les vieux taillent facilement une bavette pendant un long moment. Par contre, moi, j'ai du mal à respirer et j'y sue des gouttes non-stop. Pas très résistant à la chaleur!


En soirée, je me repose tranquillement à la maison. Je ne converse pas beaucoup avec Karin. Même si elle semble très gentille et met tout à disposition, elle ne s'intéresse pas trop à ta vie, semble-t-il. Comme le reste des Canadiens. Avenants mais on ne tisse pas de liens. Juste des vêtements. Le seul qui s'intéresse à moi, c'est le chat de Karin. Il veut me suivre partout. Qu'il est collant et envahissant. Et quand je mange, il monte sur la table pour voler la nourriture en toute tranquillité. Et il veut pas descendre. Enfin, il est gentil quand même..


Le lendemain, retour au complexe dès le matin . Car si je fais pas de sport, je risque d'être complexé! Ok, je sors...>>>>.

Ensuite, j'étais censé aller à la Fourche (lieu culte à Winnipeg) pour les journées portes ouvertes. Ils offrent une série d'activités dont la visite de la ville. Mais je n'ai pas eu le courage. Trop de fatigue et trop de chaleur! J'ai donc préféré regarder la finale de la Ligue des champions (sauf le gardien de Liverpool...un vrai zéro pointé). Mais quelle galère pour trouver un lien internet qui fonctionne quand on se trouve en outre-Atlantique!


Début de soirée, je suis allé boire 2 bonnes bières belges dans un petit parc aux alentours. Tout en profitant du soleil et des femmes...Ah non, juste du soleil!


Ce dimanche 27 mai, au matin, je marche en direction de la Fourche pour les journées portes ouvertes . 4km à pied, ça use les souliers (et c'est vrai en plus). Sur place, il ne semble pas y avoir beaucoup d'activités. On a néanmoins la possibilité de faire un tour de la ville dans un chariot/tram/ wagon ancien. Un trolley! Ce tour, d'environ 35 minutes, était sans grand intérêt. Le "chef d'orchestre" ne racontait pas beaucoup d'histoires à propos des différents lieux et bâtiments de la ville. Peanuts! Et je ne comprenais pas grand chose de toute façon...Après cette courte virée où mon âme n'a pas vibré, je quitte les lieux illico presto! Me voy a la piscina! Si, señor!


Après le bain, et la préparation de l'omelette en fin d'après-midi, c'est l'opération "repos" ce dimanche soir. Demain, je commence l'atelier d'aide à l'embauche et je vais enfin devoir me lever. Dur dur la vie! En soirée, j'irai au club de bridge. C'est une session réservée aux nouveaux arrivés et aux débutants...J'espère que ce sera quand même intéressant...


Et ce jeudi 31 mai, j'emménagerai finalement chez Ian. Sonia m'a également donné une réponse positive mais un peu tardivement. Dommage, elle était sympa...


L'histoire est terminée pour ce soir. Bonne nuit les enfants!

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Publié le 4 juin 2018

Nous démarrons la semaine avec une nouvelle activité: Manitoba start. Concrètement, il s'agit d'un service proposé aux immigrants et nouveaux arrivés pour trouver plus facilement un emploi. Ce programme se déroule en matinée de 8h30 à midi. On t'aide à créer un résumé aux normes canadiennes, à savoir comment te mettre en valeur auprès des employeurs et quels sont les différents canaux pour la recherche d'emplois. Ici, au Canada, c'est principalement le networking (réseautage) qui fonctionne. Du bouche à oreille grosso modo. Et non du bouche à bouche!


Harpreet Dade, une femme fin de trentaine probablement, est notre career coach. Plutôt agréable à écouter même si mon côté lunatique reprend parfois le dessus. Je parviens difficilement à me concentrer toute une matinée. C'est dur de retourner sur un banc d'école. Le mardi, Harpreet m'a demandé à plusieurs reprises si j'allais bien car j'étais très calme et dans un autre monde. Je l'effrayais. Néanmoins, ces ateliers me sont très utiles. Tu apprends à développer tes soft skills et à te vendre auprès d'un employeur. Tout ce que je déteste à priori, mais j'en ai besoin.


Nous sommes un groupe d'environ 15 personnes. La population est très éclectique: Mexicain, Phillipin, Kényan, Indien, Malaisien,... Tout y passe! Le niveau d'anglais au sein du groupe est plutôt très bon. Je pense qu' ils ont réparti les personnes en fonction de leur niveau d'études et leurs capacités linguistiques. La persona non grata est actuellement une Indienne, de ma tranche d'âge. Elle te prend de haut et s'estime quelques échelons au-dessus de toi. Et il s'avère que je suis assis à côté d'elle depuis le deuxième jour. Mais j'ai bien ri par la suite. Madame est détentrice d'un Master mais est incapable de sauver un fichier Word sur le desktop, ne parvient pas à accéder à sa boîte e-mail et prend des photos avec son mobile phone des offres d'emploi au lieu de copier les liens. No kidding?

En plus du côté antipathique et du sentiment de supériorité, cette très chère Miss Mandeep a réussi à exacerber mon sentiment d'aversion. Le lundi, mon bic ne fonctionnait plus. Je suis donc parti acheter 3 malheureux bics en fin d'après-midi. Le lendemain, quand j'arrive au petit matin à Manitoba Start, je dépose le sac à dos, le bic sur la table et je m'empresse de rejoindre le trône. Au retour, plus de bic! Elle l'avait pris sciemment, mademoiselle. Et voyant que je sors un bic de même nature du sac, elle ne bronche toujours pas. Elle se doutait clairement que c'était le mien.. Et je l'ai laissée faire...cette vraie chieuse. Mais elle ne paye rien pour attendre...

A l'exception de Mandeep, les autres participants sont très friendly et ne se prennent pas le chou. C'est peut-être parce qu'ils ne viennent pas de Bruxelles! J'ai sympathisé avec Eder, un Mexicain de 30 ans, ayant immigré avec sa femme de 22 ans. Il est ici depuis 1 an et a un peu de mal à trouver un emploi conforme à ses compétences. Vendredi, nous sommes allés boire quelques verres à un pub renommé de la ville, le King's Head pub. Et nous allons également continuer à trinquer ce dimanche, pour célébrer notre succès futur (tant espéré) au Canada. Avec Eder, je peux également pratiquer mon espagnol et ça, c'est cool!


Le lundi soir, j'ai également visité les coulisses du club de bridge. Ils étaient un peu surpris de voir un jeune homme fouler leur terrain de jeu. Je m'assieds à une table et je suis censé participer au tournoi mais un "superviseur" m'apostrophe et me demande: "Quel est ton niveau?. Je réponds que je n'en sais trop rien car j'ai uniquement joué en ligne et non en live. Il continue en disant :"Ici, les joueurs ont 18 mois mois de pratique et tu auras très difficile de rivaliser avec eux. Je vais donc jouer et tu vas me regarder. Je pourrai ainsi t'expliquer comment on enchérit, t'apprendre". Bref, encore un gros lourd, me suis-je dit, qui a envie de démontrer tout son savoir. Durant les premières parties, je fais donc l'assistant et je m'ennuie considérablement. Les participants ne sont clairement pas des foudres de guerre et j'ai largement le niveau nécessaire pour jouer. Après un long moment d'attente, il me laisse enfin les manettes. Mario Kart, c'est parti! Une petite banane pour commencer! Monsieur X remarque très vite que je n'ai pas besoin d'aide pour jouer et j'en fus très content. Hors de mes pattes! Espèce de chiant! À part ce monsieur je-sais-tout, le reste des joueurs était très sympathique et j'y retournerai peut-être la semaine prochaine.


Jeudi, je quittais également Karin pour rejoindre un logement permanent (minimum 1 mois). Karin ne fut pas très bavarde mais sa maison était très propre et on avait tout le matériel nécessaire.

En débarquant à la home sweet home, je déchante un peu. C'est une porcherie. La cuvette des WC est degueulasse, il y a plein de traces de dentifrice et autres sur le miroir de la salle de bain, le sol de toutes les pièces est rempli de poussières, etc. En tant qu'homme ,on est moins exigeant au niveau de la propreté mais il y a un minimum. D'ailleurs, la première chose que j'ai faite, c'est de passer un coup de balai. Par contre, les roommates ont l'air sympas. Il y a Sam, un Québécois journaliste à CBC Canada, Caglar, un Turc de 38 ans travaillant pour l'organisation gouvernementale Service Canada. Et Ian, le propriétaire, tenancier d'un bar, 26 ans. Je pensais qu' Il y avait une fille au départ, Kathrin. Mais elle fait juste partie des meubles, sans y habiter. Dommage, ça aurait été idéal pour la propreté.

Le jeudi, j'ai également fait la connaissance d'un Philippin de 60 ans, à la piscine. Dans le sauna très exactement. Homme très sympathique. Il me dit d'abord qu'il me voit souvent nager et me félicite. La natation, c est bon pour le cœur et les muscles. Ensuite, il enchaîne sur: " es-tu occupé le dimanche?" Je lui réponds qu'en principe, non. "Viens donc à l'église. J'ai commencé à lire la bible il y a 23 ans et ce fut une révélation pour moi. J'ai tout changé: j'ai quitté ma femme,...etc. Je ne crois pas qu' il y ait un Big Bang. On est la création de Dieu et ça vaut également pour les choses qui nous entourent. Tu devrais acheter une Bible et rejoindre notre communauté. Tant que tu ne confesses pas à Dieu, tu ne peux pas savoir si tu iras au Paradis ou en Enfer". Je crois qu' il n'a pas trouvé la personne la plus facile à endoctriner. Je suis plus ouvert au changement depuis que je suis au Canada mais faut quand même pas déconner...Devenir un homme d'église...la bonne blague...


Et ce dimanche, par un bel après-midi ensoleillé, je me suis reposé dans un parc. Tout en rédigeant ce texte. Et soudainement, une colombe est apparue, s'est assise sur le banc et a entamé la discussion. And then, after a while, she left. And I did not even ask her: "Can I get your phone number?"

Après cet épisode, j'avais rendez- vous avec Eder, à la Fourche. Même s'il y avait un événement (rassemblement en l'honneur de gays, transsexuels, etc.), nous avons préféré marcher le long de la rivière. A la fin de la promenade , nous avons apprécié un spicy pork belly poutine, sur le marché de la Fourche, où l'on trouve plein de petites échoppes pour s'hydrater et manger une petite crasse. Retour maison dès la fin du repas.

Eder m'a également invité mercredi prochain à l'anniversaire de sa femme, qu'elle compte célébrer au karaoké avec plusieurs de ses amies. I will be there for sure!


Quant à la recherche d'emplois, je compte m'y mettre très activement dès le début de la semaine prochaine, maintenant que mon CV ressemble à quelque chose. J'ai notamment vu une offre intéressante où ils exigent une bonne connaissance de SAP et du français. C'est une position de finance coordinator dans la société Loblaw. Ils proposent également 4 autres postes dans le département comptable (financial analyst, etc.). Je pense qu' ils migrent leur accounts payable office à Winnipeg. J'espère décrocher une interview et je pense que j'ai mes chances. Wait and see! Mais le marché de l'emploi n'a pas l'air si facile au Canada, selon les propos des autres immigrés qui ont déjà postulé.


Sinon, cela fait 1 mois que je suis au Canada. Avec des points positifs (beaux paysages, moins de pression dans la vie quotidienne, etc.) et des points négatifs (difficulté à s'insérer dans la vie des Canadiens, moins de proximité en comparaison aux Européens, etc.). Je pensais vraiment que l'intégration sociale se ferait très facilement mais ce n'est pas vraiment le cas. Néanmoins, toute chose nécessite du temps. Et j'attends de voir comment vont évoluer les événements et après, on avisera. En tout cas, Winnipeg n'est actuellement pas un coup de cœur (cela vaut également pour les autres immigrés) Donc, si je ne trouve pas un job ou autre activité asap, je migre vers une autre ville. Et en avant! Je prendrai le train, pour bifurquer et se remettre sur de bons rails.


Allez, à la semaine prochaine les copains! Have a nice week...

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Publié le 13 juin 2018

Lundi 4 juin, 7h30, la semaine recommence. Chaque matin, je me lève avec difficulté. Sans doute ai-je perdu l'habitude, étant en roue libre depuis plus d'1 mois et demi.

Après le petit déjeuner, rendez-vous à Manitoba Start pour la deuxième et dernière semaine de coaching. Notre groupe est déjà moins nombreux. Certains ont déserté ou ont simplement trouvé un emploi. Who knows?. Nous créons quelques liens avec les autres participants, étant tous des "newcomers", à la recherche d'une vie sociale au Canada. C'est agréable et rassurant de parler avec des personnes se trouvant dans la même situation. Et tu sympathises davantage qu'avec les Canadiens ayant déjà leur propre vie.


Lors des ateliers de cette deuxième semaine, nous apprenons à créer une lettre de motivation (cover letter), nous simulons des entretiens d'embauche (mock interviews) et l'on prend connaissance de la culture canadienne sur le lieu de travail. Je pense que ce sera utile à l'avenir. Durant l'après-midi, de lundi à jeudi, je participais également à l'entry program. Ces sessions sont destinées à fournir des renseignements généraux sur la ville de Winnipeg: transports en commun, déclaration fiscale, activités,... C'était un peu bateau et j'ai fait l'école buissonnière le mercredi et le jeudi. Mais les pauses étaient amusantes. Il y avait une table de ping, avec des raquettes en bois (et les mousses?). Je pouvais donc mettre une petite raclée aux autres membres du groupe, un peu...néophytes à vrai dire.


Le lundi, je suis retourné au bridge. Ils sont vraiment tous très sympathiques et leur anglais est d'une fluidité inégalable, contrairement aux autres anglophones de Winnipeg. Cette fois-ci, j'ai pu faire mes preuves en solo. Encore bien! J'espère néanmoins atterrir bientôt dans un autre groupe, car ce ne sont pas vraiment des joueurs expérimentés. Malgré leur âge et leur maturité, ils manquent un peu de bouteille!

Quand je suis revenu du bridge, vers 22h, j'ai eu droit à une situation plutôt cocasse. Je venais à peine de terminer de cuisiner quelques eggs et je commençais à peine à manger. Mon co-locataire, Samuel, recevait un de ses amis, Mat. Il prend 2 chopes dans le frigo, s'installe dans le fauteuil avec son ami, et commence à boire. A un moment, il m'interpelle: "Mathieu, je suis vraiment désolé de te demander ça mais peux-tu s'il te plaît aller manger dans ta chambre car c'est peut-être la fin d'une relation". Je n'ai pas pu m'empêcher d'esquisser un sourire et je suis monté. Fin de cette belle histoire.

Mercredi, en soirée, nous avions fixé un rendez-vous à l'appartement d'Eder. Sa femme de 22 ans (relativement jeune pour être mariée) fêtait son anniversaire. Après avoir discuté, joué à Fifa et bu quelques verres, nous avons pris le taxi pour rejoindre le bar-karaoké. Madeleine, la femme d'Eder avait invité une petite dizaine de copines. Nous avons donc chanté (sauf moi), bu et dansé. Très bonne soirée. Le retour était un peu moins agréable, à savoir 5 à 6km de marche intensive. Et le lendemain matin, il fallait se lever surtout! Mais quand on fait la fête, il faut assumer...


Samedi 9 juin, nous sommes également allés boire un verre en soirée au King's head pub. Il est quand même très sympa ce bar. Ce soir-là, j'étais accompagné d'Eder, de Ruben (Malaisien rencontré à Manitoba start), Manon (doctorante liégeoise en voyage à Winnipeg depuis février) et son copain, Mickaël. Au menu, quelques bières, une poutine et des nachos. La soirée fut une nouvelle fois très agréable. Winnipeg manque néanmoins de festivité, en comparaison au chaudron Liégeois. Quelques bars sympas mais pas de quoi faire rugir un lion. La population est plutôt calme ici.


Au quotidien, je m'occupe avec la natation, les courses, la cuisine, et je postule à divers emplois en finance. J'ai d'ailleurs eu une phone interview ce mardi 12 juin à 9h30, pour un poste d'Accounts Payable analyst chez Loblaw, une grosse entreprise canadienne. Je pensais vraiment que je n'allais pas m'en sortir vu que je n'aime pas parler au téléphone et communiquer en anglais ne simplifiait pas la chose. Mais j'ai finalement décroché une interview face-à-face ce vendredi 15 juin avec le finance manager. Let's see what happens next! Mais je ne me mets pas trop la pression, n'ayant pas grand chose à perdre... Un job developer a également envoyé mon CV à divers employeurs, pour des postes réservés aux jeunes de moins de 30 ans, désirant une première expérience canadienne. Ces emplois, d'une durée limitée de 2 mois et avec possibilité d'un CDI par la suite, donnent droit à un salaire inférieur mais peu importe...


Donc, j'attends impatiemment d'obtenir un emploi. Et également de récupérer une cuisse valide. Je pense que ce sera les 2 facteurs clés pour une intégration réussie au Canada. Dès que je pourrai courir, j'integrerai le Winnipeg Running Club et je ferai des connaissances. C'est d'ailleurs dommage que je ne puisse pas participer au marathon de Winnipeg qui a lieu ce dimanche 17 juin. Et quand j'aurai un emploi, peut-être aurai-je des accointances canadiennes. Il faut aussi savoir que le networking est la première source d'emplois au Canada. Environ 80% des offres d'embauche ne sont pas publiées. C'est la partie non visible de l'iceberg. En conclusion, si on ne te connaît pas, t'es MOOR!


Quant à l'appartement, c'est toujours un peu bordélique. On ne nettoie pas, on ne vide pas les poubelles et le lave-vaisselle, on laisse traîner ses affaires après avoir mangé...Et chacun mène sa propre vie. La maison est cependant très bien située. Je me tâte à changer de logement le prochain mois. Mais je dois bien avouer que j'ai la flemme de faire de nouvelles recherches, visites et de déplacer toutes mes affaires. Ça coûte trop d'énergie! Attendons d'abord d'avoir un emploi fixe et on avisera ensuite...


Sinon, à part cela, je débourse pas mal: courses, achat d'une veste de costume, remplacement (futur) de l'écran de gsm tombé sur le sol, sorties à gauche et à droite , matériel de bureau à acheter...Un voyage de longue durée à l'étranger, ce n'est pas gratuit!


Et hier, lundi 11 juin, je suis retourné au Bridge pour la troisième semaine consécutive. Ce groupe est tellement sympathique, mais tellement médiocre à la fois! Je jouais avec Jerry hier. Proche des 80 balais. Un vrai binamé, mais il commettait tant de bourdes! Je vais demander ma mutation vers un groupe plus expérimenté car je m'ennuie un peu. C'est comme si tu demandais à Rafael Nadal d'affronter le 300e mondial à Roland Garros. Aucun intérêt...


Allez, le conte est terminé pour ce soir. A la semaine prochaine😀

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Publié le 20 juin 2018

Début de semaine à Winnipeg et ça fera bientôt un mois que j'y ai mis les pieds. Et le reste du corps évidemment. Cette semaine s'annonce un peu morose. Sans activité prévue, il va falloir meubler les vides. Pour le moment, seule la maison est meublée.


Comment je m'occupe? Je vais nager tous les jours. Je ne pense pas que je progresse beaucoup (n'utilisant pas de montre, pas les jambes, etc.) mais, au moins, je me vide l'esprit. Et quand vous marchez 4km aller-retour, prenez le bain et fondez dans le sauna, ça occupe forcément une partie de votre journée. Et on se sent mieux et personne ne vous fait chier! Pas comme au boulot...

Deuxio, je regarde la coupe du monde. Les matches se déroulent à 7h, 10h et 13h au Canada. Ce ne sont pas des heures très conventionnelles pour regarder une partie de foot mais peu importe.


Quant à l'emploi, le marché ne semble pas si ouvert, contrairement aux informations divulguées sur le net. C'est évidemment un ressenti personnel et tout dépend de la nature du job que tu cherches. J'ai néanmoins reçu un appel de la société Loblaw ce lundi 13 juin. Une RH me fixe une interview téléphonique le lendemain à 9h30. Autant vous dire que je n'étais pas du tout rassuré. Une phone interview, c'est toujours très délicat, surtout que l'anglais n'est pas ma langue maternelle. J'estime donc les chances de réussite proches de 10 à 20%. Pas plus! Mais je n'ai rien à perdre. La nuit avant l'interview fut également très courte. Mon cher co-locataire est revenu tardivement d'une soirée et n' a rien trouvé de mieux que prendre sa douche durant 40 minutes, en activant le ventilateur. Ce dernier fait le même bruit qu'un tambourin et je ne parvenais pas à dormir.

Réveil à 8h pour se mettre en jambes. Des kellogs, une pomme, du coca et de l'eau pour avoir un maximum de force. À 9h32, dring.....dring... (sonnerie). Kam Signh de Loblaw speaking. Elle me pose quelques questions sur base de mon CV, du style:" Which process did you improve in your last job?". Les questions restent fort basiques et elle ne va pas trop dans les détails. A la fin, elle me demande si on peut fixer une réunion vendredi à 11h avec 2 finance managers, Felino et Jaco. Évidemment! La première manche est gagnée sur le score de 6-2 (je lui ai demandé 2 fois de répéter la question car je n'avais pas compris dans un premier temps).


Mercredi, je m'empresse d'aller acheter une veste de costume, pour paraître un tantinet élégant le vendredi, jour de l'interview. Dans le magasin, les prix les plus bas avoisinent les 100 dollars. Mais par miracle, je tombe sur une veste soldée à 49 dollars htva, au lieu de 159 dollars. Et la taille me convient, c'est du S. Parfait! Je saute sur l'opportunité et vendredi, le jour J, je serai un homme classieux!


Vendredi matin, je me réveille en petite forme. Nuit très agitée: orage, stress, etc. Pour se mettre au garde à vous, je ne déroge pas aux célèbres traditions: kellogs, pomme, Coca-Cola et eau. Je démarre vers 9h45, pour rejoindre l'entreprise, à la marche. Le chemin, peu escarpé, s'étendait sur 4km. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire pleurer le colosse à plusieurs reprises. Quand on a trop bu et qu' il y a du stress, c'est le résultat inévitable. Arrivé à destination, un quart d'heure avant la deadline, je m'installe dans le hall d'accueil. Pas de réceptionniste au rendez-vous. J'étais uniquement accompagné de Sham, un autre candidat, pour un poste dans leur distribution centre. Celui-ci était vêtu comme un véritable romanichelle, téléphonait à sa bien-aimée avant l'entrevue, avec les écouteurs bien accrochés à ses deux oreilles. Tout le monde ne ressent pas la pression...


Un des 2 managers vient me chercher. Très convivial au premier abord. Il me dit qu' il n'y a aucune raison de stresser et que c'est toujours plaisant les interviews au Canada. Une minute après, le deuxième finance manager se pointe. Ils se présentent brièvement, expliquent l'activité de l'entreprise et décrivent le job. Ils me demandent ensuite de me présenter et posent quelques questions: améliorations de processus au cours de mon dernier emploi, forces et faiblesses, analytical skills, maîtrise d'Excel, capacités de leadership, etc. Et une question était: " What do you do to get motivated?". Je n'ai pu m'empêcher de répondre: "I drink coca-cola". L'ensemble de l'interview s'est centré sur les soft skills et il n'y a pas eu de test purement technique. Je fus également étonné par la gentillesse de mes 2 interlocuteurs. Ils rigolaient, posaient des questions familières telles que: "En Belgique, avez-vous le même accent qu'au Québec?; " Connais-tu par hasard un Jean-Jacques Chevalier car il a fondé le 'Liège café' en Afrique du Sud?". Et à la fin de l'interview, ils me demandent les exigences salariales et énumérent les avantages sociaux dont tu bénéficies chez Loblaw. Je pense que c'est toujours positif et encourageant quand l'employeur évoque les différents 'incentives' que l'entreprise peut t'offrir. Et j'avais un bon feeling après l'interview, qui dura 30 à 35 minutes.

Après cette entrevue, retour au bercail, avec une chemise remplie de transpiration. Je suis positif (c'est rare) après cet entretien et je me dis que toutes les chances sont de mon côté. Et je n'aurai aucun regret si je ne suis pas sélectionné, ayant "presté" convenablement. Je devrais avoir une réponse sous les 2 semaines.


Le vendredi 15 juin, au soir, nous sommes allés avec Manon à un festival de Jazz. Eder et Ruben étaient absents. Le premier avait la diarrhée. Cela ne s'invente pas. Le deuxième allait au temple. Il s'y rend souvent pour plusieurs raisons: on lui offre gratuitement à manger; les personnes qui fréquentent le temple sont issus de la "haute société" et il peut se faire des relations...Et peut-être qu'il aime prier.

La soirée fut sympa. Même si les bières sont vraiment très chères ici. Pas en-dessous de 4 à 5 euros. Voleurs!


Dimanche 17 juin: c'est la fête des Pères au Canada. Mais cela reste un jour comme un autre. Je me suis réveillé à 7h ce jour-là pour aller supporter les joggeurs au marathon de Winnipeg. Le gagnant du semi a terminé en 1:08:30 et le podium etait en 1h16. Quant au marathon, le vainqueur termine en 2:37 et des poussières. Les deuxième et troisième terminent aux alentours des 2h45. Il n'y avait pas tellement de participants. Mais ça m'a vraiment donné envie de courir...Je salivais au bord de la route!

Pour fêter notre future paternité(ou pas), nous avons mangé ensemble avec Eder, en soirée. Et, ensuite, nous nous sommes baladés le long de la rivière. Il n'est pas très résistant car il était déjà fatigué après 2km. Un peu avant 21h, je retournais à la maison. J'ai dû faire le retour (assez long) à pied car les bus ne roulaient pas en ce jour férié.


Lundi 18 juin, au matin, je regarde le match des Diables rouges. Une première mi-temps très soporifique et le mot est faible. Je me demande parfois s'ils ont parfois envie de courir et se battre sur le terrain. Nous retiendrons uniquement le positif, à savoir la victoire 3-0.

Fin de matinée (je pense), je reçois un appel. C'est Kam de Loblaw. Elle me demande comment s'est déroulé l'entretien de vendredi et je lui réponds "Très bien". Elle m'annonce ensuite que je suis sélectionné pour le poste. Ce fut rapide! Je ne m'attendais clairement pas à une réponse le jour ouvrable suivant. Mais je suis content. Je n'ai plus besoin de perdre mon temps à postuler à d'autres emplois, sans avoir de réponses. Jusqu'à maintenant, j'avais envoyé ma candidature à 6 autres employeurs et je n'avais reçu aucun feedback. La deuxième manche est gagnée sur le score de 6-0. Un vrai carton plein!


En attendant de commencer les hostilités, mercredi 11 juillet, je compte peut-être un peu voyager. Ce weekend ou les 3 semaines qui vont suivre. Nous verrons comment les choses se présentent et quels endroits méritent d'être decouverts. J'ai tout de meme fort envie de visiter les Rocheuses de l'Alberta.


Je suis également allé au bridge hier (18 juin). J'ai joué avec Branley. Environ 70 ans et très gentille. Elle est un peu sourde. Je crois aussi que le bridge n'est pas un jeu pour elle. Elle n'a pas trop de logique. Et c'est un euphémisme. Il faut vraiment que je change de groupe car je m'ennuie à mourir. Il me faut plus de compétition!


Next episode in one week!



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Publié le 29 juin 2018

Nous sommes de retour pour un nouvel épisode à Winnipeg, et non le dernier!


Chaque jour, la chaleur est étouffante. Rares sont les jours où le thermomètre n'atteint pas les 30 degrés. Et il ne pleut vraiment pas souvent, contrairement à la petite Belgique. Mais ne nous plaignons pas trop du temps...il y a toujours pire, même si l'idéal serait aux alentours des 23 degrés.


Jeudi 21 juin, au soir, nous avions rendez-vous chez Madeleine et Eder, pour un petit repas. Manon et Ruben étaient également de la partie. Au menu: du riz, des fèves et du poulet. Soit un plat communément appelé Mexican mole au Mexique. En accompagnement, du rosé et quelques coronas. Et comme dessert, des mini-donuts. Nous avons bien ri durant cette soirée, qui s'est achevé vers 1h.


Samedi 23 juin, la journée commence au petit matin avec le match des Diables rouges. Une victoire aisée mais je pense que notre équipe nationale rencontrera à l'avenir quelques difficultés face à de bons attaquants, sachant que notre défense est très lente.

Dès la fin du match, il est l'heure d'aller chercher la voiture de location pour visiter la province du Manitoba durant le weekend. Eder et Manon sont mes compagnons de voyage. Au départ, nous avions loué une voiture basique mais l'agence nous a finalement octroyé une Jeep car elle était disponible. Ce machin-là, c'est vraiment long et large! On ne s'imagine pas en la voyant de l'extérieur. Vers midi, nous rejoignons la région de Pinawa, située à 100 km au nord-est de Winnipeg. C'est un coin très bucolique, où tu ne fais qu'un avec la nature. Dans un premier temps, nous entamons le trail. Celui-ci s'étend sur 28km et le chemin fait partie du sentier transcanadien. Le parcours est très facile (plat) et très beau. Nous sommes néanmoins mangés par les moustiques. Ces bestioles désagréables foisonnent à Pinawa. Et le mot est faible. J'avais les jambes remplies de piqûres. Après un peu plus de 5km, nous faisons demi-tour. Manon et Eder, non encore affûtés pour l'été, préfèrent faire marche arrière en vue d'économiser leurs forces. Au total, nous marchames 10,6 km, soit un petit échauffement. Sur le parcours, nous avons rencontré de nombreux animaux: pie vert, chien de prairie, une tortue et même un ours noir. Il se trouvait à 50 mètres et s'est enfui dès qu'il nous a entendus.

D'autres activités sont également possibles à Pinawa. Certains faisaient du Kayak sur la rivière ou d'autres se laissaient naviguer sur une bouée.


Remis de l'échauffement, nous nous dirigeons vers le barrage de Pinawa. Zone très fréquentée pour les baignades. Nous n'avons d'ailleurs pas hésité à plonger dans l'eau, plutôt fraîche en ce début de période estivale. Il y avait également une petite chute d'eau. Avec plusieurs autres baigneurs, je me suis risqué à dévaler la pente. Il valait mieux ne pas tomber sur un rocher, c'était le risque principal. Mais c'est passé sans souci. Vers 18h30, nous quittons les lieux. On prend une route qui nous amène à la rencontre des lacs, au nord de Pinawa. Nous restons un moment sur une plage, qui donne vue sur le lac du Bonnet. Ce fut un endroit très tranquilisant.


Avant de clôturer cette longue journée, nous nous arrêtons, sur le chemin du retour, à un fast food restaurant, pour remplir le ventre plutôt creux. Après le repas, nous regagnons Winnipeg. Il est environ 22h lorsque nous arrivons à destination.

Dimanche 24 juin: c'est la deuxième journée du road trip. Le matin, nous nous dirigeons avec Manon au pineridge hollow, restaurant où travaille Madeleine. Eder prenait le petit déjeuner en compagnie de Madeleine et son beau-père. Ce restaurant est logé dans un cadre magnifique. Il est entouré d'un parc (Bird hills park) et héberge plusieurs animaux: un cochon, des chèvres, etc. C'est également un lieu de réception pour les mariages. Nous en profitons pour faire une marche matinale dans le Bird hills park. Cette marche fut très relaxante et nous a permis, une fois de plus, d'apprécier la nature canadienne. Deux cerfs ont par ailleurs traversé notre route.


De retour au restaurant vers 1h, Madeleine nous a gentiment préparé et offert le repas de midi. Un burger délicieux avec des frites! Que demander de mieux! Point négatif: j'étais surchargé après ce repas. J'avais préalablement mangé un pistolet, des cookies et avalé plusieurs verres de pepsi. C'est un mélange non désirable...Je vous assure! (Et je crois que mon sandwich ai fromage n'était plus bon...)


Après la digestion, nous décidons d'aller nous étendre sur une plage, près de l'île Elk Island. La plage en question s'appelle Wanasing beach, offrant une très belle vue sur le lac Winnipeg. Elle se situe à 1h30 de la ville de Winnipeg, au nord-est. Ce dimanche, elle était deserte. Nous étions donc au calme, sous un parasol et avec de la musique. Je n'ai pas pu résister à la tentation d'une petite baignade. L'eau était juste à bonne température. Cet endroit est vraiment très chouette et on peut apprécier la compagnie de quelques goélands, bien que ces oiseaux soient très farouches.


À 19h30, nous remballons le matériel. Nous avons réservé une table à 21H au pineridge hollow et nous aurons l'honneur d'être servi par Madeleine.

Nous nous installons sur la terrasse, avec ce beau temps. J'opte pour un porc Schnitzles, avec frites et haricots. Et en dessert, une barre chocolatée accompagnée d'une boule vanille. Ce repas fut très savoureux. Au moment de payer l'addition, Madeleine octroie une belle réduction. Le prix est divisé par deux: plutôt sympa!

Nous rentrerons à la maison vers 23H. Ainsi s'achève le premier road trip dans la région du Manitoba. Ce fut incontestablement le meilleur weekend depuis que je suis arrivé au Canada. Le lendemain matin, j'ai du reconduire la Jeep à l'agence. C'était un peu moins amusant...


A part ce voyage, je dois bien avouer que je m'ennuie parfois au quotidien. Je regarde la coupe du monde et je nage (comme une enclume plutôt qu'un dauphin). C'est un peu insuffisant pour combler une journée. Pour m'occuper, je compte peut-être aller visiter le Riding Mountain Park (3h en voiture à l'ouest de Winnipeg) ou le parc de Banff (Rocheuses), avant de débuter le travail. Ce qui me retient, ce sont les prix. Nous arrivons en pleine saison touristique et ça grimpe haut. Les commerçants en profitent!


En parlant de travail, je dois remplir quelques formalités pour mon futur emploi. Je dois fournir plusieurs informations relatives à mon passé judiciaire et un organisme en charge vérifiera mon casier en Belgique. Je dois également transmettre les informations relatives au permis de travail, passeport, numéro d'assurance sociale, etc. La paperasse, c'est la même galère partout! Et dire que je suis comptable...Seriously?


Quant à la maison située à Langside street n°524, c'est toujours une porcherie. Les plats traînent sur la table; il n'y a pas de savon dans les toilettes, pas de détergent pour la cuvette, pas de carpette à la sortie de la douche,...Bref, je pense bien que je changerai d'endroit fin août. Et je dors très mal car il y a beaucoup trop de lumière dans la chambre. Pour pallier un tantinet à ce problème, j'accroche 2 sacs poubelles à la fenêtre (solution de premier secours). J'ai l'impression de ne jamais récupérer. Et quand je travaillerai, ce sera encore plus problématique. Enfin, je vous rassure, il y a quand même des points positifs. Le proprio est sympa, peace and love, et je m'entends bien avec Calgar, le Turc. La localisation de l'appartement est également idéale. C'est juste que j'ai besoin d'un peu plus de propreté...Ces paroles ne seraient jamais sorties de ma bouche avant le voyage au Canada. C'est sûr!


D'ici deux semaines, j'aurai également l'honneur d'accueillir les Belgian brothers. Fête, il y aura!


Le récit s'achève ici. Je vous donne rendez-vous bientôt. Ne soyez pas trop impatients!


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Publié le 17 juillet 2018

La période de trêve fut longue mais je ne vous ai pas oubliés! Ou peut-être un petit peu...


Depuis le 28 juin, il ne se passe pas grand chose à Winnipeg, à l'exception de la coupe du Monde. Je ne vois plus ni Eder, ni Manon, ni Ruben. Bref, je vois juste moi, dans le miroir...Et c'est pas faute de leur proposer des activités!

En parlant de la Coupe du Monde, nos chers Belges nous offraient de vraies frayeurs face aux Nippons. Attentistes et surpris par la vivacité des bridés, nous n'en menions pas large. Et si Vertonghen ne marque pas le premier goal, il aurait pu être qualifié de crompire! Mais nous finissons par gagner et c'est le principal. Je m'excitais comme une puce devant l'ordinateur. Et s'il n'y avait pas eu une once de révolte chez les Diables, je crois que le PC n'aurait pas survécu.


Le 1er juillet, c'est la fête nationale au Canada. Le Canadian day. Malgré que plusieurs activités soient organisées à plusieurs endroits différents, je ne participe pas à grand chose. Durant l'après-midi, j'admire néanmoins les gymnases faire quelques culbutes sur un tapis, at the Forks of Winnipeg. Elles sont bien plus musclées que je ne le suis. J'ai l'impression d'être une vraie croquette, en comparaison.


Les journées étant peu remplies, je decide de faire une dernière petite escapade, avant de commencer à travailler. Du mardi 3 juillet au vendredi 6, je m'envole vers le Riding National Mountain Park.

Au petit matin, je pars chercher la voiture de location. Et bonne surprise, la voiture que l'on me prête est une Chryssler 300. D'habitude, je n'apprécie pas spécialement les différents modèles de voiture, mais celle-ci était particulièrement agréable à conduire. 3h30 plus tard, j'arrive à destination. Nous sommes début d'apres-midi. Je commence par un trail de 19km, réputé difficile. Au final, il n'était pas très escarpé et fort monotone. Peu de changements de décors et beaucoup de moustiques. J'en avais quotidiennement 3 à 4 sur la jambe. Et ils piquaient ces enfoirés! Ils appréciaient mon sang, sans aucun doute. Ce trail, complètement insipide, fut terminé en 3h. Je n'ai pas traîné. Le seul spectacle du parcours était un ours noir, que j'ai croisé sur le chemin. Il se trouvait à 40 mètres et c'était assez flippant quand il s est retourné vers moi, m'a fixé pendant 1 à 2 secondes avant de s'enfuir. Tu espères juste qu' une mouche ne va pas le piquer.

Après ce premier trail, je décide d'en faire un deuxième. Long de 5km, le Kinosao trail est assez sympa et j'ai eu l'occasion de me baigner dans un lac se trouvant sur le chemin du parcours. En toute solitude. C'était un moment de pur bonheur.


Vers 18h, je rejoins le petit village vacancier de Wasagaming. Il se trouve à l'entrée du parc et donne une très belle vue sur le lac principal, à savoir le Clear Lake. Plusieurs activités sont disponibles: volley, tennis, mini-golf, baignades, etc. Pour ceux qui comptent visiter la province du Manitoba, je recommande vraiment cet endroit. Très beau et paisible.

Je commence par une baignade dans le Clear Lake, qui fut très agréable. Après avoir profité de la douche publique pour me laver, je pars chercher une petite pizza fruits de mer à un restaurant du coin, bien côté selon Tripadvisor. Et je compte évidemment la savourer au bord du lac. Cette pizza ne cassait pas trois pattes à un crustacé...

Je suis resté au bord du lac toute la soirée, pour profiter du coucher de soleil. Celui-ci était un vrai régal pour les yeux. Fin de soirée, je retourne à la voiture, pour y passer la nuit.

La nuit fut correcte, même si les nombreuses piqûres de moustiques étaient très gênantes.. A 8h, j'entame un trail le long du marais Ominik. De beaux paysages et oiseaux s'offrent à toi lors du parcours. Néanmoins, à mi-chemin, je fais marche-arrière. Je me fais à nouveau manger par les moustiques et les 2 jambes sont déjà dans un piteux état. Pas de chance, je n'ai pas pris de pantalon. Mais je profite de cette opportunité pour une balade de substitution, sur les rives du Clear Lake. Et je n'ai pas été déçu. Le chemin le long du lac est magnifique et c' est également un sentier idéal pour les parcours à vélo et la course à pied.


Fin d'après-midi, je quitte le parc pour rejoindre Brandon, la deuxième ville la plus grande du Manitoba. Elle se situe à 150km au sud-est du riding park. J'y ai loué un Airbnb pour une nuit. Donna, la propriétaire, était absente lorsque j'arrive sur place. J'avais un super grand lit et une chambre bien décorée.

En soirée, je mange dans le centre de Brandon. Cette ville est vraiment déserte et il n'y a pas spécialement de beaux monuments. Bref, ce n'est vraiment pas un coup de coeur. Sur le chemin du retour, Donna m'envoie plusieurs sms en s'enervant. En réalité, j'avais réservé le canapé-lit et non la chambre... N'ayant pas fait attention lors de la réservation, je me suis rué dans la chambre...Et cela ne lui a vraiment pas plus... Elle s'excitait par message, me réclamait 10 dollars additionnels...Je lui ai gentiment expliqué que je n'avais pas fait exprès. Un peu trop gentiment à mon goût. Quelle greluche celle-là...


Le lendemain matin, je démarre vers 9h en direction de Winnipeg Beach. C'est une plage, au sein d'un parc, bordant le lac de Winnipeg. Un endroit assez fréquenté dans la région. Le parc de trouve à 1h de route de Winnipeg-ville, au nord. Cette plage est vraiment sympa pour profiter d'une journée ensoleillée et plonger dans l'eau rafraîchissante. Une balade est également possible dans le parc et il y a quelques restaurants et bars non loin du sable. Je me suis bien reposé durant cette dernière journée de road trip. Affalé sur la plage à admirer les alentours, la vie a déjà été plus dure.Aux alentours de 18h, je plie bagages et je retourne à la maison, en vue d'une bonne nuit de repos.


Le vendredi matin (6 juillet), je ramène la belle Chrysler au garage. Et je stresse déjà un peu, rien qu' en pensant au match des Belges contre le Brésil, qui aura lieu à 13h.

Le moment tant attendu arrive. Envahi par un stress continu durant 90 minutes, je n'arrêtais pas de pousser des cris devant l'écran. Et lors des 1-0 et 2-0, j'exhultais. Un réalisme hors normes et des Braziliens dans leurs petits souliers. La deuxième mi-temps fut interminable. Sous la pression de la Selecao, l'équipe belge était prête à craquer à tous moments. Et je pense que l'on a eu énormément de chance avec l'arbitrage et les occasions galvaudées. C'est la revanche de 2002. Quel soulagement lorsque l'arbitre donne le coup de sifflet final! Et boum, dans la face des Brésiliens! Même si je regardais le match seul, on m'a entendu!


Le samedi 7 juillet, je suis allé boire un verre avec Eder au café Toad in the hole pub. Les Winnipegois sortent plutôt dans les bars que les discothèques. La soirée s'est tranquillement terminée vers minuit.


Et nous arrivons au Jour J. Mardi 10 juillet, le match contre la France va bientôt avoir lieu. Vers 12h, je pars avec Denis (un autre Belge de la Calamine) voir le match au café "Le club belge". On y trouve des bières spéciales belges et des supporters de la Belgique, même s'ils ne sont pas originaires de notre pays natal.

Un match fort fermé à cause de ces sales Français et quelle déception au final. Nous n'avons pas eu énormément d'occasions mais cette équipe de France ne veut pas jouer football....

Après cette désillusion et 5 Leffes dans le gosier, je retourne tristement à la maison. Et demain, c'est le premier jour de travail. Super!


9h du matin, j'arrive à l'entreprise, après 40 minutes de marche. Et là, surprise. Je remarque que c'est un open space d'environ 200 personnes, divisé en carrés. Cette conception est très peu familière. La matinée commence avec une présentation des RH de l'entreprise et une visite des lieux. Ensuite, nous sommes dirigés vers nos managers respectifs. Je découvre les collègues directs et ils te saluent à peine. Comme si tu n'existais pas. Le manager me donne un ordinateur portable, sans plus d'informations. Je n'ai pas tous les accès dont j'ai nécessaire, etc. Je devais également avoir une réunion à 11h en vue de me présenter au département, mais il l'a oubliée. Et moi qui le cherchais car il n'était pas à son bureau.

Après m'être connecté à la boîte e-mail, j'envoie un message d'accueil aux autres collègues du département. Pratiquement personne ne répond. Je dois bien vous avouer que je me pose un peu des questions... Et le superviseur m'envoie un lien vers une formation e-learning, sans spécifier les tâches que je dois effectuer. Nous sommes également conviés à des réunions de formation mais je n'ai pas de réunion prévue dans l'agenda Outlook. On vient me trouver subitement à mon bureau pour m'informer de la réunion.

Et pour ajouter un grain de sel, mon collègue direct ne m'a pas adressé la parole en 3 jours. J'ai pourtant essayé d'entamer les débats...

Et nous arrivons maintenant à la cerise sur le gâteau. A la fin de la deuxième journée, le manager me convoque en tête à tête à une reunion. Après m'avoir demandé brièvement comment cela allait, il me communique ce qu' il attend de moi:" Les personnes qui développent des processus d'amélioration au travail iront loin et progressent. Ceux qui ne développent rien ne vont nulle part. Je veux que tu te renseignes sur le programme power BI et que tu fasses des suggestions quant à savoir comment on peut l'appliquer à SAP " . Je suis resté scotché. Il me demande d'appliquer un outil inconnu pour un business qui m'est complètement étranger actuellement. C'est comme si tu demandais à une poule agonisante de te pondre un oeuf en or...Je lui ai bien fait comprendre que ça serait difficile de trouver des idées d'amélioration au début... On ne m'a pas engagé pour être un génie...


Bref, si je ne suis pas prolongé après ma période d'essai, ça ne me dérangerait absolument pas...La culture nord-américaine est à des années lumière de la culture européenne. Que ce soit dans la vie quotidienne ou au travail...


Enfin, les potos arrivent ce vendredi 13 juillet pour un peu de détente et de sorties...

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Publié le 29 juillet 2018

De retour pour un septième épisode à Winnipeg town. La série se terminera peut-être au dixième ou se prolongera. C'est encore incertain...!


Après une journée peu mouvementée au travail, c'est le grand soir. En ce vendredi 13 juillet, les potes arrivent en fin de soirée. Pour préparer cela, je pars chercher un casier de bières et cuisine une casserole de pâtes-bolo. Eder me rejoint vers 20h et les gusses pointeront seulement le bout de leur nez vers 23h30. Ils ont rencontré quelques problèmes pour s'installer dans l'Airbnb qu'ils avaient réservé.


Dès leur apparition, ils mentionnent l'aspect un peu glauque du quartier. Je ne peux pas vraiment leur donner tort. Nous sommes dans un vrai ghetto, rempli de natifs et de zombies.

Nous sirotons quelques bières, mangeons et la soirée s'acheva tranquillement aux alentours de 2h. Ils devaient un peu récupérer après avoir fait la navette entre 3 avions. Le voyage forme la jeunesse...mais il fatigue également!


Le lendemain matin, nous nous levons à l'aurore (8h30) pour regarder, dans l'Airbnb, la petite finale entre la Belgique et l'Angleterre. Certes, ce match n'était pas d'un grand enjeu mais ça fait toujours plaisir de décrocher la troisième place au lieu de la quatrième. Cette dernière est la place du grand looser.

Les hostilités terminées, et après un merveilleux petit déjeuner préparé par notre ami Eder, nous décidons de nous envoler vers Grandbeach, une plage à un peu plus d'1h de route au nord de Winnipeg. Eder ne sera malheureusement pas de la partie. Il va passer le début d'après-midi avec Madeleine.

Nous atteignons Granbeach vers 14h. La plage est très peuplée. Les Canadiens sont de sortie en ce début d'été. Nous déroulons assez rapidement les tapis et nous allons illico presto nous baigner. Nous en profitons également pour jouer à la fusée. Et quand nous étions sur la plage, nous sortions les raquette. Dans notre groupe d'amis, on aime jouer. C'est sûr!


Cet après-midi sablé prendra fin vers 17h30, au terme de la dégustation d'une granita orangée ou cocalisée. De retour à Winnipeg-ville, nous rejoignons nos domiciles respectifs pour prendre une douche. Je les retrouve ensuite à leur Airbnb, où nous restons quelque temps sur le rooftop, donnant lieu à une superbe vue du dessus de Winnipeg. Des étoiles plein les yeux, nous partîmes vers le lieu mythique de la Fourche. Au menu, un burger et une bière, cette dernière étant au prix très "démocratique" de 8 dollars. Le ventre rempli et gonflé, nous revenons sur nos pas pour poser bagage au King's head pub, lieu culte de cette ville très calme. Nous arrosons gentiment la soirée avec quelques Stellas. En très bonne compagnie, notre périple du soir se termine dans une brasserie détenue par un Français, le Cordova. Il sonne 3h du matin lorsque nous nous disons au revoir et partons rejoindre les agréables bras de Morphée.

Dimanche 15 juillet au matin, nous regardons la finale de la coupe du Monde à l'Airbnb. Une résultat assez décevant. Ces Français vont devenir encore un peu plus chauvins. Et le jeu qu'ils ont proposé est vraiment pathétique. Mais bref, cela reste du football...Vers 12h, les Blegnytois plient bagage et s'en vont vers Minneapolis. Une longue route monotone les attend. Pour ma part, je vais nager l'après-midi et je me repose après, pour recommencer en fanfare le travail. Génial!


Vers 8h, j'arrive sur le lieu de travail. Au Canada, il n'est pas nécessaire de dire bonjour le matin, car personne ne te répond. Cela vaut également pour les collègues directs. Ton Bonjour s'envole dans les airs, sans que personne ne le remarque. Je suis un peu autiste, mais il y a des limites...Au niveau du contenu du travail, le manager me donne un tas de documents à lire, sans grandes directives. Il n'y a vraiment pas de cheminement dans cette formation. On te dit: "Débrouille-toi par toi-même et on verra bien ensuite ". Ils emploient la méthode do-it-yourself. A part la lecture, nous avons quelques réunions d'apprentissage improvisées. On explique grosso modo en quoi consistera notre travail mais cela reste vague et théorique. Ma semaine se résume à lire encore et toujours. Jusqu' alors, je peux dire que j'ai l'impression d'être dans une entreprise peuplée de robots et non d'humains. Et lorsque le manager m'informe, suite à une question que je lui ai posée, qu'il travaille actuellement sur un projet d'amélioration, dans le but de gagner des millions, je reste un peu pantois. Ont-ils un coeur?

Et lors des séances de formation, je suis bien content de connaître un peu SAP et Excel. Sinon, je pense que j'aurais déjà abandonné. C'est comme s'ils considéraient que tout coulait de source et qu'on connaissait déjà tout sur SAP. Et les Canadiens adorent la technologie. Ils utilisent des macros sur Excel, générant automatiquement plusieurs transactions dans SAP, en tenant compte des données entrées. Mais bon, la technologie, ça ne fait pas tout...si les cerveaux derrière ne suivent pas.

Même si le travail n'est actuellement pas très reluisant, je peux affirmer que mes journées sont occupées. Je marche 40 minutes le matin pour aller au boulot et je fais pareil sur le retour, avec un arrêt à la piscine. Et tous les jours, je reviens vers 19h. Je marche, je nage, je marche puis je vais de temps en temps faire les courses. Et à 22h, je pionce tellement je suis fatigué.

Pendant ce temps-là, mes chers amis se la coulent douce, aux États-Unis et au Canada. Ils visitent Minneapolis, Green Bay, Kenora, Thunder Bay, etc. La belle vie! Je me réjouis de les revoir et de mettre un terme à cette semaine passée à la bibliothèque.


Vendredi 20 juillet, on y est. C'est la fin de la deuxième semaine. On ne peut pas dire que ce fut un franc succès. Les potes ne reviendront que le lendemain à midi. Je passe donc une soirée plutôt tranquille.

Nous sommes samedi midi. Ils reviennent tout bronzés...ou presque. Cette fois-ci, nous choisissons de fouler la plage de Winnipeg Beach. Sur place, mêmes occupations qu'à Grandbeach: baignade, raquettes, fusée et repos. L'après-midi écoulée et le teint bronzé , nous buvons un dernier verre avant de rebrousser chemin. Nous nous arrêtons sur le retour au Burger King. Un fast food est toujours synonyme d'excitation, suivi de déception. Tu te réjouis d'y aller et puis tu es toujours déçu par ce que tu as mangé. Vers 20h, nous rejoignons la petite maison louée par les vacanciers, située au sud, à 20 minutes du centre de Winnipeg. Nous décapsulons quelques bières, afin de se mettre en jambes en ce début de soirée. Ensuite, notre cher conducteur Vincente nous amène sagement au bar The Toad in the hole pub, un autre café célèbre du coin, en plein coeur du quartier Osborne. Au terme de quelques bières, nous repassons en fin de soirée au Cordova. Mais pour peu de temps. J'avais besoin de récupérer pour ma part!


Le dimanche 22 juillet, nous avions prévu une matinée de repos, et l'après-midi, une séance de kayak à Pinawa. Eder nous accompagnera cette fois-ci. Nous le rejoignons au Pinneridge hollow, restaurant de sa bien-aimée, avant de prendre le large vers Pinawa. Arrivés au centre de location de canoés-kayaks, on nous informe qu' il allait réserver au moins une semaine à l'avance. Pas de chance! Nullement déboussolés mais tout de même un peu déçus, nous décidons de visiter le barrage de Pinawa. Une seconde fois pour ma part car j'y étais déjà allé avec Manon et Eder. Et, pour ne pas changer, nous nous baignons exactement au même endroit, près de la chute d'eau. D'ailleurs, tout le monde (excepté Vincent le trouillard) osera dévaler cette petite cascade, sans échapper à l'occasion à un petit rocher sous les fesses.

18h à l'horloge, c'est la fin de cette baignade très plaisante. Nous avions réservé le restaurant à 20h au Pinneridge. Eder nous a faussé compagnie car il avait déjà une activité de prévue avec Madeleine. En entrée, nous commençons gentiment par un petit tacos, accompagné d'un petit cocktail. Et en plat principal, la majorité du groupe opte pour un traditionnel burger. Sauf Benja, l'homme intelligent, qui a vu juste en choisissant le saumon. Il n'a pas été déçu. Vincente est une nouvelle fois le looser du jour. Son pork Schnitzles n'était pas très raffiné. Dommage pour lui...

La soirée s'achève vers 23h. Je rentre au bercail tranquillement pour maximiser la forme et la joie au travail le lendemain. Quant à mes compagnons de voyage, les guerriers de la Galaxie, ils se dirigeront ce lundi vers le Hunt lake hiking trail. C'est un trail de 12km au milieu de plusieurs lacs, à 1h45 de route à l'est de Winnipeg! Selon les dires, il est très beau. Je les envie quelque peu...


Cette journée du lundi est similaire aux autres. Sans grand intérêt. Après avoir nagé, j'attends les sportifs (sauf 1, voire deux) pour manger une dernière fois ensemble. Vers 19h30, nous prenons la route de la pizzeria Santa Lucia, au coeur de la ville de Winnipeg. Plutôt fréquenté ce restaurant. La pizza n'était pas mauvaise mais plutôt lourde sur l'estomac. Je regrette toujours de l'avoir finie. Rassasiés, on se dit adieu autour d'un dernier verre à un petit festival ayant lieu dans le centre. Les 7 mousquetaires trinquent ensemble, dans cette merveilleuse ville de Winnipeg. Je rejoins la maison avec une certaine tristesse. Bye bye les amis et bye bye les week-ends bien occupés. Quant à eux, ils ont terminé leur soirée au Palomino club, régalés par un body shake qu' ils n'oublieront pas de si tôt. Ils prendront l'avion de retour le jour suivant vers 15h, après quelques emplettes au centre commercial Polo Park.


Mardi 26 juillet, la routine recommence. Je m'en vais au boulot avec des pieds de plomb. Il ne faut pas cacher la vérité! Mais cette journée sera un peu différente des autres. Je suis formé par Ruffa, Philippine qui travaille depuis 2 ans et demi chez Loblaw. Cette formation est un peu plus concrète et je commence à voir comment il faut procéder. Ça fait également du bien d'avoir des interactions avec ses collègues. Et les jours suivants furent également meilleurs que précédemment. Je commence à traiter des requêtes, sous la supervision de Ruffa, qui sera probablement mon binôme à l'avenir, si je reste dans la société. Le manager est également plus sympa et demande à plusieurs reprises comment je vais. Il a l'air de m'apprécier je pense. Je crois aussi qu' ils cherchent à garder quelqu'un qui sache parler français. Je les aide à plusieurs reprises pour des traductions.

Il y a donc du meilleur au niveau du boulot et je m'y fais un peu à la différence de culture. Attendons de voir ce qu' il se passe dans les prochaines semaines...Et il faut vraiment que j'apprenne le philippin. 11 collègues directs sur 15 sont Philippins. Un vrai vivier!


Excepté le travail, je pense changer d'appartement début septembre. Trop peu de propreté, un quartier de zombies et un Québécois qui n'a aucun respect pour les autres. La localisation est idéale mais il y a moyen de trouver mieux. Il faudra tout déménager et s'habituer à un nouvel endroit, c'est l'inconvénient principal!


Je suis maintenant depuis 3 mois au Canada. Je m'attendais clairement à ce que les Canadiens soient un peu plus chaleureux. Ils sont très polis, sympathiques, respectueux et évitent le conflit. Mais, par contre, ça paraît tellement difficile de se lier d'amitié avec eux...Nous sommes également dans une culture plus individualiste, où tu dois défendre ton propre beefsteak. Mange ou fais-toi manger.


Winnipeg n'est certainement pas la ville la plus folichonne du Canada. Et je pense qu' en revenant dans le passé, je choisis une autre ville. Mais elle est idéale pour pratiquer son anglais et à la force des choses, on s'y habitue. J'aimerais bien aussi découvrir dans le futur l'ouest du Canada. Des merveilles m'y attendent...


Et j'attends encore et toujours de pouvoir courir. 8 mois que je n'ai pas pu utiliser les gambettes. J'avais un niveau correct avant d'être arrêté et je vais à nouveau être un escargot en recommençant. Le seul avantage, c'est que j'ai pu progresser en natation pendant cette période d'arrêt. Je nage seulement depuis 1 an et demi (avec 3-4 mois d'arrêt), c'est insuffisant pour être bon, même à un rythme très régulier. Mais quand je pense que je détestais la natation en étant petit et que je nageais plus lentement qu' une crevette, il y a eu quelques progrès par la suite...


Je pense avoir assez écrit pour ces 2 dernières semaines. See you soon for new adventures...


Ps: les photos sont principalement sur Facebook

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La vie continue à Winnipeg. Mes amis l'appelaient parfois Minipeg. Ne nous entousiasmons pas trop vite...


En ce dernier vendredi de juillet, nous nous étions donné rendez-vous avec Eder, en soirée, pour boire une ou deux chopes au King's head pub. Ce bar est devenu en quelque sorte notre QG. Pas de grandes nouvelles du côté d'Eder. Il désespère à trouver un job et n'a aucun succès. Je crois qu' il doit y avoir une erreur de casting dans ses candidatures. J'ai plus de succès avec les filles que lui avec le travail...

La soirée se termina un peu après 23h. Toujours dans un état de sobriété, contrairement à notre ami Eder. L'alcool lui monte vite à la tête. Il ne fait vraiment pas qu' il visite notre petite Belgique...


Le lendemain, samedi, ce fut une journée très monotone. Rien de spécial à signaler. Je suis allé, en mode solo, à un festival le soir. J'ai décapsulé 4 cannettes et puis je suis rentré. Et le dimanche 29 juillet, une promenade quotidienne le long de la rivière Assiboine, près de la Fourche. Celle-ci fut conclue par un milk-shake banane/fraise, peu calorique...vraiment peu.


Et nous sommes lundi. C'est reparti pour un tour, avec la joie et la bonne humeur. Et sans les pieds de plombs... Après 3km et demi de marche, usant très fortement mes souliers, je franchis la porte de Loblaw. Comme d'habitude, il n'est nullement nécessaire de dire bonjour le matin. Assieds-toi et commence à bosser! C'est bon pour la santé...mon cul!

Les interactions sont très fortement limitées. A l'exception de Ruffa, qui répond de temps à autre à mes questions, je suis un vrai autiste, à l'image de Ray Man. Et le job, je l'apprends plus ou moins all by myself. Je n'ai jamais autant développé le côté autodidacte. Et le manager ne me donne aucun feedback sur le travail accompli. C'est le flou total. Qu'attend-il de moi? Aucune idée! Je crois qu' il y a deux éléments qui me retiennent de dire 'Adios amigos'. Le premier, la conscience professionnelle. Deuxio, la sécurité de l'emploi.

D'autre part, j'ai quand même une petite envie de visiter l'ouest du Canada, réputé pour sa beauté. Et récemment, une folle envie m'est apparue: partir en Amérique du Sud et arpenter ses magnifiques paysages. Nous verrons comment se déroulent les prochaines semaines au travail, si j'ai de nouvelles accointances et après, on prendra une décision. C'est l'ultime dilemme d'un PVT: voyager et dépenser, ou travailler et dépenser. Le cumul est très difficile et demande un esprit très aventureux.


Il y a quelques jours, je viens également de donner mon préavis à Ian. Je quitte la maison et la saleté. Où je vais? Je ne sais pas encore. Le préavis était de 30 jours contractuel, il fallait donc s'y prendre à l'avance. Mais je pense avoir pris une décision rationnelle. L'ambiance est parfois un peu délétère au domicile et personne ne fait d'efforts de rangement et de nettoyage. Je pensais être un Pumba mais je vis avec trois autres Pumbas, version exponentielle. J'ai d'ailleurs fait un petit nettoyage ce samedi 4 août. La seule et unique fois où un peu d'eau a été déversée sur le sol ces 2 derniers mois. Je vous laisse imaginer l'état des lieux. Nous aurions bien besoin d'une Joséphine Ange gardien et d'un claquement de doigts (pour nettoyer ou donner des fessées). Le Québécois me tape également sur le système et le mot est faible. Quand quelqu'un est sur la terrasse en train de boire un verre ou fumer, il ferme la porte à clefs et monte dans sa chambre. Et quand la personne toque à la porte pour rentrer, il ne descend pas lui ouvrir, faisant semblant de ne pas l'entendre. C'est une des spécialités et j'ai envie de l'assassiner chaque fois qu'il le fait. Autre exemple. Il organisait ce vendredi 3 août une pré-soirée avec ses collègues journalistes, avant de faire la guindaille au Palomino club. Il m'avait invité mais j'ai gentiment décliné. A son retour de soirée, 3h30 du matin, il commence un karaoké avec ses amis et c'était un charivari nocturne de toute beauté. Aucun respect pour ceux qui dorment. J'ai failli descendre et foutre tout le monde dehors. Je crois qu' il ne connaît pas mon degré de nervosité...


Aujourd'hui, dimanche 5 août, il s'agit de la treizième journée d'affilée de natation. Après le travail, il est indispensable de se changer les esprits et la nage est un bon remède. Et ce sport est tellement technique. Tu as un tas d'ingrédients à ta disposition et tu dois composer la meilleure recette, avec la bonne dose de chaque élément. Et chaque jour, tu varies le choix et le poids des ingrédients pour optimiser le goût. Oh my god, je deviens un peu trop poétique...Changeons de sujet!


Lundi 6 août, demain, jour férié ma biche! Le Terry fox day au Canada. On te paye pour glander, c'est la beauté des jours fériés. Qui est Terry Fox? Un humain au courage exceptionnel. Atteint d'un cancer des os, et sportif dans l'âme, il décide d'effectuer un marathon trans-canadien, pour lever des fonds dans le cadre de la recherche contre le cancer. Déjà à un stade avancé de la maladie et doté d'une jambe artificielle, il débute sa grande chevauchée le 12 avril 1980, à Terre-Neuve. Au total, il parcourut 5373km, au bout de 143 jours d'efforts. La fin de son aventure est précipitée par la propagation du cancer. Il s'arrêta à Thunder bay. En phase terminale, il avait une masse cancéreuse de la taille d'une balle de golf et une autre de la taille de citron dans le poumon gauche. Ce qui est sûr, c'est qu'il avait de la détermination à revendre notre cher ami. Tout le monde ne peut pas en dire autant.


Passons maintenant à un récapitulatif des différénces majeures qui existent entre l' Europe et le nord de l'Amérique. Et citons les particularités du Canada:

1) le Canada est un immense royaume multi-culturel. Le pays ouvre tellement ses frontières que l'immigration est très présente et toutes les nationalités sont représentées. Je crois que notre cher ministre Théo Francken n'a pas une âme canadienne.

2) Contrairement aux idées reçues sur le net, les Canadiens ne sont pas super sympas, amicaux, chaleureux. Par contre, ils sont très polis, respectueux et évitent par-dessus tour le conflit. Même s'ils ne t'aiment pas, ils essayent de le cacher. En Europe, on oublie le respect. Mais il sera plus facile de construire une amitié durable et on est plus francs, honnêtes. Depuis que je suis au Canada, j'ai l'impression de devenir un glaçon.

3) Au Canada, la population est humble. On ne trouve pas beaucoup de snobinards dans les rues. "Je ne vaux pas mieux que toi".

4) Le jugement est beaucoup moins présent. Peu importe ton apparence, on ne te regardera pas de haut en bas et de droite à gauche. Si tu craches par terre ou tu fais un acte qualifié d'impropre, on ne te fera pas la morale. C'est peut-être pour cette absence de jugement que beaucoup de personnes s'habillent comme des romanichelles. Et les gens que tu croises en rue sont parfois très peu raffinées. Près de chez moi, c'est Zombieland.

5) Moins de discrimination. Tatoué ou percé de partout, t'as toutes tes chances pour trouver un emploi. Et l'employeur n'a pas le droit légalement de te demander ton âge, tes origines, ton orientation sexuelle, etc. Himitsu

6) L'individualisme prime sur le collectivisme. Tu n'auras dans ton assiette uniquement ce que tu auras récolté de tes propres mains. Ne t'attends pas à ce que quelqu'un te mette une cuillère dans la bouche. Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours. Les Canadiens ne t'ennuieront pas mais ils ne t'aideront pas. L'avantage, c'est plus de satisfaction lorsque tu as obtenu quelque chose. Par toi-même. Le mental en prend parfois un coup mais il se durcit.

7) En Amérique, on aime la technologie. Au travail ou dans le quotidien. Et dans tous les domaines. Parfois, je dirais certainement qu' ils développent plus les machines que le QI de l'humanité.

8) Le nord de l'Amérique a la folie des grandeurs. Les bâtiments sont grands, les routes sont grandes, les maisons ont l'air petites de l'extérieur mais sont très étendues à l'intérieur. Et moi, je suis petit!

9) Je pense que l'hiver est redoutable. Je ne l'ai pas encore vécu mais au vu des échos, il faut s'attendre au pire. La vie s'arrête et on déprime. Si je pars en Amérique du Sud pendant l'hiver, ce serait jackpot!

10) Le monde du travail est totalement différent. L'esprit d'équipe est moins développé. A contrario, l'équilibre entre la vie privée et professionnelle est davantage respecté. Les horaires sont moins lourds et à 3h le vendredi, il n'y a plus personne dans le bâtiment. Il y a également moins de pression sur le personnel et moins de deadlines. Et si tu prends un jour de congé pour maladie, personne ne te fera la morale.

11) Le client est roi au Canada. Quand tu te rends au restaurant, les serveurs sont très aimables, courtois. Et ils te servent avec plaisir, un sourire aux lèvres. Pour autant que tu donnes le pourboire traditionnel évidemment. En Belgique, t'as souvent l'impression de déranger.

12) La communauté francophone est très peu présente dans la partie anglophone du Canada. Et quand tu sais parler les deux langues nationales, c'est assurément une denrée rare et une garantie de trouver un emploi plutôt facilement.

Vous l'aurez compris, l'autre côté de l'Atlantique est un monde bien distinct, avec des valeurs et un mode de vie diamétralement opposés. C'est ça apprendre une nouvelle culture! Mais ces Canadiens sont quand même un peu fermés. Moi qui étais déjà une huître avant de partir...J'ai maintenant les pinces d'un crabe bien repliées...


On sonne ici la fin du récit pour ces dix derniers jours. Et dans 5 petits jours, la famille arrive !

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Publié le 27 août 2018

Bonne nouvelle! Nous avons récolté suffisamment de fonds pour tourner un neuvième épisode de la saga winnipegoise. La série devrait également pouvoir arriver à son terme un jour! Merci au crowd funding.

Le tournage commença le lundi 6 août, jour férié au Canada. Les piscines intérieures ferment leurs portes. Mais les piscines en plein air ont leurs bras grand ouverts. Eau non chauffée mais nous n'allons pas faire le difficile. Après ce bain de début d'après-midi, je dévale vers la Fourche, en vue de remplir l'estomac criant famine. Un burger et des frites, comme je suis à la diète. Il faut bien s'acclimater au régime alimentaire canadien.

Après une journée très reposante, le mardi 7 août est synonyme de boulot et d'ennui. En théorie, c'était une journée très ordinaire. Mais non! Le coloc' québécois part en vacances au Pérou. Et jusqu' au 25 août. Hallelujah, mets les voiles mon p'tit fi! Et s'il ne revient pas, je dirai: "Au Pérou, il a péri!". M'enfin, tâchons d'être un peu moins médisant.


Jeudi 9 août, c'est le grand jour. L'après-midi, nous avons un summer event au boulot. Dès que la cloche sonne 11h30, fini le travail!

Les activités sont prévues dans le parc Selkirk, à 40 minutes au nord de Winnipeg. Pour le transport, j'accompagne Farrukh et Rocel, deux collègues directs. Le premier est un Pakistanais proche des 40 ans, ayant 3 enfants et qui s'est expatrié au Canada depuis 2 ans et demi, avec sa famille. Le deuxième est un Philippin de 49 ans, 4 enfants et tous élevés au Canada. En réalité, ils ne connaissaient pas l'âge de l'un et l'autre avant de rentrer dans la voiture. C'est un peu tabou de demander l'âge au Canada...un signe de discrimination.

Le trajet en voiture fut bien sympathique et c'était l'occasion d'un peu converser avec les collègues, avec qui nous n'avons aucune interaction au quotidien. Arrivés à bon port, nous débutons les hostilités, en remplissant le ventre vide. Et j'ai eu l'opportunité de discuter avec ceux que j'avais rencontrés à l'issue de la formation. Un Indien, une Chinoise et une Philippine. Comme vous l'aurez remarqué, toutes les nationalités se mélangent à Winnipeg et sur le lieu de travail: Chinois, Japonais, Philippin, Japonais, Nigérian, Algérien, Sud-Africain,...C'est la beauté de la laide ville de Winnipeg. Et tu ouvres ton esprit aux autres nationalités, cultures. Et surtout, tu abandonnes tes préjugés d'Européen. Tu dénigres un peu moins les voilés, les Africains, etc.

Le ventre un peu élastique, nous nous réunissons ensuite par équipe pour participer à quelques petits jeux. Notre équipe s'appelait les 'Untouchables'. Les diverses activités ludiques auxquelles nous avons participé sortaient un peu de l'ordinaire: faire le meilleur cri d'équipe, retrouver des fèves dans un plat de farine, attraper des céréales à l'aide d'un spaghetti mis en bouche et les transposer dans un gobelet, etc. L'après-midi se termina vers 16h, heure à laquelle nous retournons à nos domiciles respectifs.


Et nous arrivons au vendredi 10 août. C'est le jour J. La famille arrive! Avant leur arrivée, une journée bien soporifique m'attend au boulot. Je fêtais d'ailleurs le premier mois de dure labeur et la fin de la période d'essai. Je n'ai pas eu droit à une évaluation et mon responsable faisait du home-working. J'étais tout seul pour souffler la première bougie.

Je rejoins l'aéroport winnioegois vers 16h, en vue d'assister au débarquement des trois blondinettes. Après quelques minutes d'attente, elles pointent le bout de leur nez. Bagages surchargés et un peu fatiguées du vol. Surtout Miss Julia, qui mettra un certain temps à récupérer du jet lag.

Dès son débarquement ( le 10 août 2018 et non le 6 juin 1944), Julia commence à constituer son groupe de fans. Boucles d'or, grands yeux bleus et quelques risettes à l'occasion, les Canadiens succombent tous. Un autre passager de l'avion a d'ailleurs souligné l'attitude très sympathique de Julia pendant le vol. Toujours le sourire aux lèvres. Elle fut qualifiée de mignonne.

Trêve de bavardages. Nous devons aller chercher la voiture de location et partir à la découverte de Winnipeg, cette merveilleuse ville. Les clefs au bout des doigts, des bagages dans chacune des mains et munis d'un siège pour enfants, nous sommes prêts à démarrer. La voiture est plutôt étroite, une petite Golf, bleue et automatique. Pourquoi avons-nous inventé les boîtes manuelles finalement? Nous rencontrons quelques problèmes à fixer le baby seat, et Marie, tout sauf dotée d'un calme olympien, supporte difficilement cette petite embuche. Il lui faudra un peu de temps pour se mettre à la mode canadienne: "No stress bro! Peace and love".

Fraîchement arrivés à l'hôtel Humphry Inn, au centre de Winnipeg, nous déplions les bagages. J'aide les demoiselles à faire le check in. Entre Julia qui barbotte, Marie et ses quelques notions d'anglais, et Maman qui dit 'Merci' à la place de 'Thank you', je me conduis en super héros pour leur prêter main forte. Mais elles se chargent elles-mêmes de payer la chambre, bien évidemment.

Arrivées dans leur chambre, et exténuées par le jet lag, la premiere journée des voyageuses fut relativement courte. Nous avons mangé des pizzas dans l'hôtel, et elles se sont rapidement endormies dans les bras de Morphée. Et le village s'endormit...

Jour suivant. Pas de place au repos. Nous visitons le zoo Fortwhy Alive en cette fin de matinée. Des ours, des Wapitis, des Élans, des otaries, des chouettes des neiges,... Toute la meute y passe! Et Julia, dès qu' il s'agit d'animaux, elle a une faim de loup. Même si elle montrait quelques signes de fatigue en cette deuxième journée.

Accablés par la chaleur, il est temps de mettre un terme à la visite. Direction le supermarché, faire quelques emplettes pour grignoter et s'hydrater. Cet après-midi là, nous pic-nicerons dans le parc Assiboine, situé à quelques encablures du monde des animaux. Du brie, des baguettes et de la salade.

En fin d'après-midi, les dames retournent à l'hôtel. Quant à moi, je m'en vais à la maison des Cochons.


Miss Julia a pu faire sa sieste. Ce soir, nous irons au festival Mexicain, dans le centre de Winnipeg. Depuis le 5 août, jusqu'au 18, c'est le festival Folklorama à Winnipeg. Chaque soir, différents spectacles sont organisés, par nationalité, à différents endroits de la ville. Même s'il s'agit du pavillon mexicain, Eder nous fera faux bond cette soirée-là. Il avait déjà une activité de prévue. Le spectacle était plutôt agréable et nous avons pu savourer quelques spécialités mexicaines. Après le show, il y avait une soirée dansante. Mais nous sommes partis avant la party...la fatigue se faisant ressentir.

Dimanche 12 août, en matinée, nous partons à la découverte du oak hammock trail. Il s'agit d'un endroit recommandé pour les balades en famille, à 30 minutes de route. Tu peux marcher autour de lacs et de marécages, tout en observant une multitude d'oiseaux. Nous avons apprécié le moment. Très reposant. Julia, poussée tout le long, ne prétendra pas le contraire.


Cet après-midi ensoleillé continua autour d'un pic-nic. Et, par après, nous nous sommes baignés dans une piscine extérieure, dans le quartier 'francophone' de Saint-Boniface. Julia se réjouissait de plonger son petit corps dans l'eau. Mais il n'était pas question de la promener d'un coin à l'autre de la piscine. Elle voulait rester près des marches et s'esssayait à quelques plongeons. Elle affirme déjà son caractère indépendant, à l'image de sa maman. La soirée s'est ponctuée par un souper à la Fourche. Une sorte de burger et des frites. La simplicité, ça marche toujours.


Lundi 13 août, c'est reparti pour un tour! Faites rouler les boules dans les trous pour faire avancer votre chameau. Les rouges trois points, les bleus deux points, les jaunes un point! Roulezzzzz. La journée fut une nouvelle fois calme et monotone. Mais il y a quelques avantages à travailler au Canada. Pas de deadlines. Personne ne te met la pression. Tranquille Émile! Tu auras très rarement le manager sur ton dos, qui te dit:" Fais ci, fais ça ". Moment où tu as juste envie de lui répondre: " Tu vas me laisser tranquille, oui?Je m'en tape de ton problème. Patati et patata. Va te faire voir chez les Grecs". Nous sommes dans le self-management et on te fout la paix. Et les Canadiens font énormément attention à l'équilibre entre la vie privée et professionnelle. A 17h, tu ne vois plus personne dans les bureaux. C'est affolant. Mais, au niveau relationnel, c'est pas le top! Moins d'interactions et de fous-rire avec les collègues. Chacun reste dans son coin et il n'y a pas de travail en équipe. Et les Philippins que je côtoie sont fort fermés. Je pensais que le problème venait de mon côté mais non. Je pense qu' il faudra un certain temps avant d'ouvrir leur serrure. Ils ne sont pas méchants pourtant...

C'est un peu comme Clint Eastwood dans Gran Torino. Il vit juste à côté d'une panoplie de Vietnamiens. Il les compare à des insectes qui infectent son quartier. Mais, par après, il efface ses à priori et développe quelques accointances avec ces individus aux racines différentes. J'espère qu'il en sera de même pour ma part.

La journée, je travaillais. Pendant ce temps-là, les 3 drôles de dame découvraient les alentours: Fourche, Polo Park, parcs, etc. Et le soir, nous nous réunissions à l'hôtel pour manger un boquet. Des plats à emporter pour le lundi et mardi. Julia avait également la cote auprès des réceptionnistes et des autres clients à l'hôtel. Dès qu'elle souriait, elle se mettait tout le monde dans la poche. Et elle le savait! Une vraie success story.


Le mercredi 15 août, ce n 'est pas jour férié au Canada. On bosse ici, bande de fainéants! Le travail devient de plus en plus simpliste. Tu analyses les demandes de paiement des fournisseurs (inquiries for unpaid invoices). Si c'est justifié, tu acceptes. Sinon, tu refuses. Et je remarque également que l'entreprise dans laquelle j'officie, ce sont de purs voleurs. Exemple: Si tu payes une facture de 200 dollars à concurrence de 180 dollars car la commande s'élève à 180 dollars. Selon notre processus automatique de paiement, le fournisseur est sous-payé de 20 dollars. Si ce dernier weekend réclame ensuite le remboursement du solde, nous refusons. Nous ne faisons pas d'investigations pour les demandes inférieures à 25 dollars, par facture, peu importe si elle est justifiée ou non.


En soirée, Eder va rencontrer pour la première fois notre petite famille. On lui a d'ailleurs offert un petit cadeau: du chocolat belge. Nous avons bu un petit cocktail en terrasse, suivi d'un restaurant à la pizzeria Santa Lucia. Déjà testée et approuvée avec les amis auparavant. Eder est également tombé sous le charme de Julia. Il s'esssayait également au français mais on observe encore quelques lacunes...très très légères...


Jeudi 16 août, c'est le jour du summer event pour l'ensemble de l'entreprise. A 11h30, ça débute. En tant que lunch, nous avons droit à des pizzas, un coca, des chips et des cooks. Un ensemble très harmonieux et diététique. S'en suit des activités en plein air. Encore une fois, elles sont très différentes des habitudes européennes: tenir un sac ouvert dans le dos avec des balles de ping-pong et les faire tomber le plus vite possible en concurrence avec une autre équipe; une course par équipes en sautant dans un sac de pommes de terre jusqu'à un cerceau, etc. Mais certains, un peu lassés de ces activités, ont commencé à jouer avec le ballon rond et ont décidé de créer 2 équipes pour un petit match de foot. Malgré les pépins physiques, je ne pus résister à la tentation. Je retrouvais rapidement les sensations d'antan, avec moins de rapidité, d'endurance et de vivacité. Mais le plaisir était bien présent. Si je n'avais pas un corps en papier mâché, je m'inscrirais à nouveau dans une équipe de foot. Mes collègues canadiens n'étaient pas des stars du ballon rond. Ce fut néanmoins un moment fort plaisant. Et où tu développes un peu plus de lien avec les autres.


Le soir, nous nous dirigions vers le Bird hills park. Nous avions réservé une table au Pinneridge hollow et juste avant le repas, nous avions prévu une balade à travers le parc. Julia n'était pas d'une humeur très positive durant la marche à l'air libre. Certainement parce que tonton (et non maman) la portait sur son dos. Ce parc est pourtant très beau et c'était la première fois que nous explorions la petite baie qui se trouve en plein milieu. Il y a même une petite plage réservée aux enfants. Que demander de plus?

A 20h15, c'est l'heure monseigneur! Affamés après l'effort, nous attendions impatiemment d'être servis et nous ne fumes pas déçus. On s'est régalés. Eder et Madeleine, même s'ils avaient une fête d'une de leurs connaissances, en ont profité pour passer faire un petit coucou. Et surtout remettre un petit cadeau à Julia: un petit chien. La chanceuse! Elle a maintenant un nouveau doudou.


Dernier jour de la semaine. Hop hop hop, c'est bientôt le weekend. Hourrah! Mon manager en profite pour planifier une petite réunion matinale, en vue de recueillir mes impressions sur la vie à Winnipeg. Il m'a précisément demandé: "How are you settling in Winnipeg?". Je lui ai répondu, avec une certaine franchise: "Well, Winnipeg is not a dreamtown but I try to get used to it.". Il m'a immédiatement proposé de pendre 2-3 jours de congé pour découvrir plus amplement cette très belle région. Ce n'est pas en Belgique que ça arriverait...Et lorsque je l'ai informé que ma famille était actuellement en visite au Canada, il a insisté pour que je prenne des congés et que je parte à midi ce vendredi. Cela montre bien qu' ils font fort attention à l'équilibre vie privée/ vie professionnelle. En même temps, avec 15 jours de congés l'année (10 légalement), c'est la moor assurée. Quant au travail, il n' a aucunement évalué mes performances. Il est vraiment bizarre. Si tu t'en tapes, moi aussi fieux!

Deuxième et dernier weekend de visite pour la famille. Afin de se ressourcer au maximum, nous avions réservé un hôtel près du Lac du Bonnet, région non explorée jusqu'alors, même par Christophe Colombe. 115km de route furent nécessaires pour arriver à destination. Sains et saufs, nous mettons pieds à terre à l'hôtel. Il ne faut pas nier l'incontestable: il est miteux, très miteux. Une odeur fétide, de renfermé, émane de la chambre. Ce n'est pas propre. Et à des années lumières d'être luxueux. Ceci étant dit, la chambre offrait une superbe vue sur le lac, depuis le balcon. Et cette golden view soignait tous les maux du monde. Quand tu te lèves entre chien et loup et on t'offre le loisir d'observer le lever de soleil, illuminant le lac de part en part...Tu ne peux qu'apprécier.

Pour plus de facilité, nous prenions des plats à emporter au bar/restaurant de l'hôtel. Nourriture pas très élaborée mais peu coûteuse et qui se laisse manger. Le bar proposait également des cocktails à seulement 4 dollars. Nous les avons évidemment testés. Au final, ce fut un weekend très réussi et l'endroit, peu touristique, valait le détour. La petite plage du lac avait son charme. J'y retournerai!

Au retour vers Winnipeg, dimanche midi, nous faisons une dernière étape à Pinawa. Mais pas d'animaux en vue! Nous nous promenons également sur le sentier transcanadien et prenons quelques clichés sur le pont suspendu. En soirée, nous choisissons de souper, à nouveau, au Santa Lucia. Il nous avait bien plu la première fois!

Nous sommes lundi 21 août. C'est avec une pointe de nostalgie que je me rends au travail. La famille n'est plus là et les visites sont terminées pour cette année. Je suis également débordé au travail. Ruffa, quittant l'équipe, me refile toutes ses tâches. Mais je ne me tracasse pas trop...

Cette semaine, je cherchais également, en désespoir, une nouvelle maison. J'en visitais quatre ce lundi. Les 2 premières étaient horribles. A la limite de l'insalubrité. Dans le porche d'une de celles-ci, il y avait une odeur piquante de cannabis. Et les co-habitants étaient tous des repris de justice et aussi peu propres sur eux que des sans-abri. J'ai finalement jeté mon dévolu sur la quatrième , même si la propriétaire, de mon âge environ, semble avoir quelques problèmes. Elle n'avait pas accepté ma visite dans un premier temps car je cherchais une location à court terme/mensuelle. Mais elle m'a ensuite re-contacté, le lundi soir, pour demander si j'étais toujours en quête d'une chambre. Et elle voulait absolument que je vienne visiter les lieux le jour-même. Le lendemain, c'était trop tard. Donc, je m'y suis rendu à 21h et la maison était de loin la mieux des quatre. Je lui ai donc manifesté mon intérêt et je pensais être d'office choisi vu son empressement. Mais non! Le jour d'après, elle m'annonce qu' elle a d'autres visites et qu' elle me donnera un feedback mercredi. Elle a vraiment joué avec mes pieds...Mais je suis finalement le candidat "sélectionné" et j'emménagerai ce samedi 1er septembre. Espérons que les relations seront positives entre les différents colocataires!


Ce weekend du 25-26 août fut un peu morose, à l'image de la semaine. Peu d'activités étaient au programme. Eder est quant à lui parti en vacances à Calgary jusqu'au prochain week-end. Le chançard! Cette ville sera peut-être ma prochaine destination au Canada...qui sait?

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Publié le 16 septembre 2018

Oyez Oyez, chers lecteurs! C'est un moment spécial: nous fêtons la dixième étape du séjour à Winnipeg. Soufflons les bougies!


J'entame la dernière semaine dans la rue Langside. Bientôt, je quitterai ce voisinage peu attrayant, aux allures de macchabée. Mais attendons de voir le prochain lieu de séjour avant de crier victoire trop tôt. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Surtout au Canada!


La semaine au travail est assez habituelle. Je me lasse un peu des Philippins qui barragouinent non-stop dans leur langue peu avenante. Et, par moment, tu as l'impression qu'ils se moquent de toi. Je pense que ce n'était pas l'idéal de tomber dans une équipe où la majorité est originaire du même pays, parle leur propre langue et ne t'adresse pas souvent la parole. Certains sont quand même sympathiques...On vient également de m'attribuer un nouveau binôme, vu le départ imminent de Ruffa. Ma nouvelle collègue se nomme Manasvi. Malgré une faible ancienneté, à savoir moins de 2 mois, j'étais partiellement en charge de la former. Vraiment bizarre comme entreprise! Et la pauvre n'a même pas eu droit à une formation officielle. On l'a directement mise dans le bain. Au galop! Tu n'as pas le choix. Tu vas directement traiter les requêtes, même si tu n'as actuellement aucune connaissance.

Le manager, bien que très avenant, semble être un peu à côté de la plaque. Son aptitude managériale est équivalente aux températures négatives de l'hiver canadien. Sans toutefois remettre en cause son QI. Il est seulement incapable de gérer les nouveaux collègues, gestion du planning and so on.


Le vendredi 31 août pointe à l'horizon. Dernière soirée au domicile. Je ne reverrai finalement aucun de mes co-locataires. Pas un au-revoir, ni une proposition d'aller boire un godet. Bienvenue en terre nord-américaine! Je ne regrette vraiment pas de les quitter.

1er septembre: les valises sont prêtes. Je quitte le domicile vers 10h30. Chargé comme un mulet, je prends le bus du coin de la rue pour arriver à bon port. Une petite surprise en arrivant au nouveau logement. La chambre n'est pas meublée. La propriétaire arrive néanmoins à dégoter un lit rapidement. C'est toujours plus agréable que de dormir sur un simple matelas.

Le jour même du déménagement, je rends visite à Eder, dans sa nouvelle demeure. Madeleine et lui faisaient également leurs bagages. Ils vont à présent vivre dans le nord de Winnipeg. Pas certain que l'endroit soit idéal. En soirée, pour fêter les déménagements, nous dégustions une petite Leffe autour d'une pizza, digne d être classée dans les.moins goûtues de la planète.


Dimanche 2 septembre, j'aide à nouveau Eder dans son changement de domicile. Nous nous sommes rendus chez IKEA. La plupart des gens pensaient que nous étions en couple et n'arrêtaient pas de nous dévisager. Surtout quand nous avons acheté le matelas. Situation assez cocasse....Et ils n'arrêtaient pas de regarder la bague de marié d'Eder. En même temps, le Canada est un des royaumes de l'homosexualité.


Le lundi 3 septembre, c'était jour férié au Canada. Pour quelle raison? La fête du travail. La seule journée où les travailleurs ont une aussi belle vie que les chômeurs. Pour fêter dignement notre dure labeur, je me suis promené dans le Seine River Greenway trail. C'est une forêt au sud de Winnipeg, où il y a pas mal de sentiers, plutôt fréquentés. La famille s'était également baladé dans cette région boisée et était parvenu à se perdre. Je me demande bien comment?

Passons dorénavant à la partie sensible de cet épisode: la nouvelle proprio. Elle a intégré le top 5 des personnes les plus chiantes que je connaisse sur cette terre. Je me demande si elle n'a pas ses ragnagnas non-stop. Insupportable! Un vrai petit monstre. Elle est capable de t'énerver à chaque instant. Et sa froideur est digne de l'iceberg qui a fait couler le Titanic. Quand elle te parle, tu dirais qu'elle s'adresse à un chien. Citons quelques exemples. Elle t'enlève à chaque fois ton shampoing qui se trouve sur le bord de la baignoire pour le mettre sur une étagère à l'extérieur de la salle de bain. Elle vient prendre le dressing qui se trouve dans ta chambre car elle n'a pas assez de place pour mettre ses habits. Elle ne veut pas que tu écoutes de la musique le soir sans tes écouteurs. Ça la dérange, même à 21h45 un jeudi. En plus de ne pas pouvoir prendre sa douche et cuisiner apres 22h. Le matin, avant de partir au travail, je dépose un bol dans l'évier pour le rincer. Et elle me demande: "Tu veux que je le mette dans le lave-vaisselle?". Traduisez: "T'as intérêt à le mettre dans le lave-vaisselle la prochaine fois ". Mets-le dedans et ferme-la bordel. Elle envoie un SMS passé 23h car son Wifi à détecté un téléchargement illégal. Et madame mentionne qu'elle risque une amende de 5000 dollars. Et le comble reste le nettoyage. J'étais en charge de nettoyer et aspirer ce weekend. Et ce dimanche 9 septembre, après m'être gentiment acquitté de la tâche en question, elle me dit: "C'est sale. Et tu n'as pas bien pris les crasses sur le comptoir". C'est le moment où tu dois garder toute ta zénitude. Je n'ai jamais été aussi nerveux depuis que j'ai foulé les terres canadiennes. Le lendemain, je lui ai donc annoncé que nous deux, ça ne marcherait pas. 10 jours auront amplement suffi. Elle a pris la.nouvelle avec distance et froideur. C'est une sans-cœur. Mais je vais tout de même devoir supporter madame jusque fin octobre. C'est le challenge du moment et j'aime les challenges. De son côté, il n'y avait apparemment pas de gros problèmes et elle n'est pas pressée de me voir partir. Une vraie folle, une cinglée,... Je l'avais pressenti mais j'ai eu droit à la confirmation. Elle est digne de l'infirmière de Misery. Nous avons pourtant des points en commun: même âge, elle aime le sport et la course à pieds...Mais la mentalité est un peu différente.

Enfin, ne la diabolisons pas trop. Sa maison est propre. J'y dors bien. J'ai l'impression de beaucoup plus récupérer et d'avoir davantage d'énergie chaque matin. Et le quartier est plutôt sympa et calme. Si seulement je ne vivais pas avec un robot sans sentiments...Le challenge que je me suis fixé: la rendre humaine. Pas évident...Elle piquait encore une crise ce jeudi 13 septembre au matin, car notre autre co-locataire prenait une longue douche. Et elle voulait utiliser la salle de bains. J'avais le sourire aux lèvres, une espèce de rictus..


Cette deuxième semaine de septembre, au travail, je me suis un peu familiarisé avec mes collègues. On se parle davantage et ça fait passer le temps plus vite. Et disons que je commence à un peu à fanfaronner. Avec 2 collègues en particulier, Rizza et Manasvi, la nouvelle arrivée. Même en anglais, j'apprends à blaguer...Et ça les fait rire. De plus, il y a vraiment une chose que je commence à apprécier sur le lieu de travail au Canada: on te laisse gérer ton travail non-stop. Tu ne reçois pas de directives, pas d'échéance,... Et toute ta journée, tu es tranquille. Personne sur ton dos et tu ne te dis pas en rentrant à la maison: " Il m'a encore cassé les pieds celui-là/celle-là". Quel contraste avec la Belgique. C'est vraiment un plaisir. Cependant, je ne ferai pas ce job toute ma vie. Premièrement, il n'a pas une grande plus-value même si c'est un travail plus qu'honorable pour un nouvel arrivé dans la contrée canadienne. Et deuxièmement, je ne passerai pas un second été à Winnipeg, sauf circonstances inattendues. Cette ville est plutôt morte, peu d'activités et je ne pense pas qu'elle soit très représentative de l'eldorado canadien. Eder a d'ailleurs pris sa décision. Il s'exilera vers Calgary à la fin de son bail, en avril prochain. Il en a marre de Winnipeg. Je le rejoindrai peut-être dans la même ville un jour. Who knows?


Mercredi 3 octobre, je partirai enfin explorer les Rocheuses. À moi l'ouest canadien. Je partirai en mode solo pendant 5 jours, à Banff, un des plus beaux parcs nationaux du pays. Et j'ai vraiment hâte. Je vais y faire du hiking et j'aurai droit à des vues extraordinaires. J'en meurs d'impatience. Et il fallait également que je fasse une petite pause au boulot. Car cela fera 3 mois sans un seul jour de congé. Je pense également planifier un deuxième voyage fin décembre, pendant les fêtes. Je ne sais pas encore quelle destination choisir. L'île du Prince Édouard, située tout à l'est du Canada, me tente vraiment. Je vais me renseigner durant les prochains jours. Eh non, je ne reviendrai finalement pas en Belgique pour une visite à cette période. Ce n'est que partie remise.


Au quotidien, je m'occupe également avec la natation. Je ne pense pas que ce sport soit ma spécialité, vu la faible progression. C'est plus dur de s'améliorer sans moniteur. Mais je persévère et peut-être qu'un jour, cela ressemblera à quelque chose. Ne jamais abandonner, telle est la devise à adopter. Never give up and go forward. Je compte donc augmenter la durée de nage pour pallier aux faiblesses. Aujourd'hui, c'était 2h. Et puis ce sera 4, et puis ce sera 8h par jour. Euh...calmons-nous.


Lorsque la cuisse sera rétablie, j'irai faire un tour du côté du tennis de table à Winnipeg. Histoire de faire quelques nouvelles connaissances. Et de taper la petite balle, lorsque j'ai besoin de me changer les idées.

Quant à la course à pied, je ne pense pas que je pourrai à nouveau avant un bon moment. Actuellement pour blessure. Et prochainement, à cause de l'hiver à Winnipeg. Très très froid. Il ne sera pas possible de courir à l'extérieur, sauf si tu préfères y laisser un orteil gelé. Nous assistons d'ailleurs à un refroidissement depuis quelques jours. Terminé les t-shirts. Et quand j'entends les avis sur le froid pendant l'hiver, je le redoute déjà...Par ici la déprime.


Autre nouvelle du moment: la naissance de la petite Odile. Malheureusement, Tonton Mathieu ne lui rendra pas visite. Le Canada, ce n'est pas la porte juste à côté de la Belgique. Sauf si ma géographie me joue des tours! Vu que ma culture est digne d'une marmelade.


C'est tout pour les nouvelles des dernières semaines. Ah oui, j'ai dégusté quelques Leffes blondes à l'appart d'Eder hier, vendredi 14 septembre. Toujours un plaisir de boire ces bières belges. Et aujourd'hui, samedi 15 septembre, j'ai acheté des chaussures de trail pour aborder prochainement les ascensions de Banff. Can't wait..


See you soon!

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Publié le 28 octobre 2018

Long time no see!

Le temps avance mais la destination n'a pas changé. Nous sommes toujours à Winnipeg, en vie. Cette ville tant adorée...

La météo est de moins en moins clémente. Bison futé a annoncé un refroidissement et il ne s'est pas trompé. Le beau temps et les tenues courtes, c'est terminé, et pour une longue période. Fini de dormir avec un petit short et un petit T-shirt. Habille-toi ou crève de froid. Je n'ose même pas imaginer la saison hivernale. Je serai en mode survie.


Depuis quelques jours, l'automne a également débarqué. Et ce fut synonyme de pluie continuelle. Elle m'accompagne quasiment chaque matin. Tel un bon ami, fidèle à chaque rendez-vous. J'aurais pu trouver mieux comme amitié...


Chaque soirée, je m'occupe avec la piscine. C'est devenu un rituel. Que deviendrais-je sans sport? Malgré mon anti-don pour la natation, je persévère. Je pensais ne pas avoir beaucoup progressé. Mais je suis passé de 47s à 40s sur la double longueur, qui fait plus de 50m je pense. Et je me suis encore amélioré récemment. Avec un meilleur legs kick, dolphin kicking et somersault, il y a encore des secondes à aller grapiller! Persévérance et patience, et on atteindra l'objectif! Qui n'est autre que d'avoir le même niveau d'un nageur de club correct. A moyen ou long-terme, nous y parviendrons! Je suis actuellement à 7-8h par semaine et je compte augmenter à 8-9h. 10h sera la prochain cap! Je ne sens plus trop la fatigue, même au-delà d'1h de nage. Je pense donc qu' une augmentation de l'effort est possible, si l'esprit suit.


Abordons le plus gros point noir de ces dernières semaines. La propriétaire. Il n'y a pas de mots pour qualifier une personne pareille. Démon, monstre, abominable, inhumaine, détestable. Mon autre colocataire a mis les voiles depuis fin septembre, abandonnant même sa caution. Même s'il ne restait que quelques jours par mois dans la maison, il se sentait mal. J'aurais dû l'imiter! Et le jour de son départ, après avoir nettoyé la maison durant la journée, elle me parle à travers la porte de la chambre:" Mathieu, can I speak with you?". "Sure!". "Did you clean the house today? Because it was your turn this weekend.". "Yes, I did. Why? It is not clean?". "No but you did not put any checkmark on the fridge saying that you have cleaned. So I'm not sure you did.". Je me suis excité et elle avait plutôt intérêt à faire profil bas. Sinon, je la mettais en charpie. Il s'agit incontestablement de la personne la plus horrible que j'ai rencontrée sur cette terre. Et je fais de la survie depuis un moment. Fin octobre, tout s'achève avec ce monstre. Disons que j'aurais néanmoins renforcé mon mental. Supporter l'insupportable. Elle qui jette mon salami à la poubelle car ça pue dans le frigo, elle qui m'envoie des sms car je n'essuie pas correctement le carrelage entourant la douche et la baignoire,...Tout doit être parfaitement sec. Elle qui m'envoie un Sms car j'ai utilisé 1 fois le ventilateur après 10h pour assouvir un besoin: "No fan/showers after 10". Si elle veut vraiment que je la décapite...qu' elle continue! Tant de haine de ma part...


Venons-en à un autre sujet délicat. Le boulot. Oubliez tout ce que j'ai dit précédemment:"Au Canada, il n'y a pas de pression". Actuellement, c'est tout le contraire. Nous avons des réunions chaque lundi où nous devons justifier le nombre d'e-mails que nous avons dans notre inbox et notre avancement de la dernière semaine. Et on en prend plein la gueule, alors que la faute n'est pas nôtre. Ce sont nos prédécesseurs qui n'ont pas résolu les anciennes demandes de paiement des fournisseurs. Et le gourroux, dans l'histoire, c'est la senior manager. Un vrai petit monstre. Et notre manager ne nous défend pas. Il n'a rien à dire. Malgré qu'il soit très sympa, il n'est pas très utile et n'a pas un grand apport. C'est cru mais tellement vrai. Nous avons également droit à une charge de travail plus qu' excessive. Chaque jour, tu es débordé et tu n'as aucune satisfaction en rentrant à la maison. Car tu n'as jamais fait assez. L'entreprise te transmet le message:"Push yourself to the limit and I don't care about you".

En dépit de cette pression constante, je me suis tout de même familiarisé avec 2 collègues, Manasvi et Rizza. On rigole bien. Enfin, je crois que je les fais beaucoup rigoler...en lâchant des blagues à intervalle très régulier. Elles sont vraiment chouettes et on s'entend chaque jour un peu mieux. Je crois que ce sont elles qui me font rester dans l'entreprise. Sinon, je n'aurais aucun scrupule à démissionner. Il faut également avouer que les collègues au Canada, ce ne sont pas des gai-lurons. Ils ne sont pas aussi "funny" que dans notre petite contrée. Certains me font davantage penser à des pierres tombales.

Dans la vie de tous les jours, je n'ai pas vraiment fait de nouvelles rencontres. Ce n'est pas si évident au Canada. Je continue à fréquenter Eder chaque weekend. Et nous buvons régulièrement quelques bières lors de nos soirées et l'on commande à manger. Plus je le côtoie, plus je l'apprécie.

Sa maman lui a également rendu visite et j'ai eu l'occasion de la rencontrer. On s'est bien amusés en sa compagnie. Une dame au grand coeur et...très croyante. Je ne m'y attendais pas. Lorsqu' elle m'a demandé de faire la prière avant le repas, j'ai rigolé au début...et puis j'ai vite compris que ce n'était pas une blague. Prier Dieu, ça ne m'était plus arrivé depuis longtemps. A croire qu'il existe...

Quant à Eder, je pense qu' il déprime un peu...beaucoup. Il n'a plus travaillé depuis plus d'1 an et demi. Certes, il a fait 1 semaine de travail récemment, en allant sonner aux portes pour vendre des abonnements téléphonie/Internet. Mais il a raccroché après une semaine. C'était un vrai job de merde et à vrai dire, je le savais à l'avance. Il n'a même pas été payé pour sa semaine. Il devait vendre 4 abonnements pour toucher un salaire fixe, et il en a vendu 3...Bref, je lui ai dit qu' il devait agir, en changeant de ville ou autre. Rester inactif trop longtemps est synonyme de dépression.

Pendant cette période plutôt stressante, j'ai eu droit à un moment de répit, en visitant le parc national de Banff. Idyllique, pittoresque, hors du commun,...on ne peut trouver d'autres qualificatifs pour ce superbe milieu naturel. J'avais de temps en temps l'impression d'être dans un décor surnaturel. Irréel. Certes, j'ai eu droit à quelques mésaventures: vol aller annulé dans un premier temps, pare-brise de la voiture fissuré. Mais marcher dans ce cadre paradisiaque vous fait oublier tous les maux de la terre. Si vous devez vous rendre un jour au Canada, pour un voyage touristique, ce sont dans les Rocheuses que vous devez mettre les pieds. Un point de passage inévitable. Que vous aimiez la nature, les randonnées, le ski ou simplement les beaux paysages, Banff vous régalera. Et son voisin, Jasper, est également considéré comme une beauté naturelle.

Le séjour, je l'ai passé dans une auberge de jeunesse. Je dormais dans un dortoir de 6 personnes. Si vous voulez avoir une chambre seul, à Banff, vous pouvez vous apprêter à faire un trou dans votre portefeuille. Surtout pendant l'été. Et sachant que je voyageais seul, autant avoir un peu de compagnie!

Les 5 jours du voyage se résumaient principalement à des randonnées. Et c'est la raison pour laquelle j'étais venu. Ascensions, paysages, liberté, seul avec la nature. Au départ, j'avais un peu peur d'être limité avec les chutes de neige récentes. Je me disais que les chemins seraient peu pratiquables, avec les chaussures que j'avais achetées. Et que du contraire! Ce fut une des agréables surprises du séjour! Tout le monde glissait sur la neige alors que je marchais avec aisance, ayant comme des chenilles. Je n'aurais jamais pensé qu'il serait si important d'avoir un matériel adéquat. Bref, si vois faites des randonnées, achetez des chaussures et un matériel adéquat. Ça change tout!

Revenons maintenant aux trails. Je peux vous dire que j'en ai bien profité. Si vous voulez une cure de désintoxication ou simplement une bouffée d'oxygène, rien de tel. Je suis quand même conscient d'avoir légèrement pris des risques. Lorsque vous voyagez seul dans des contrées sauvages où pas un seul chat miaule à l'horizon, ou lorsque le chemin que vous empruntez est de la neige glissante et vous êtes simplement entouré du vide (falaises), l'accident peut vite arriver. Mais ces paysages uniques en valaient la peine. Les trails étaient parfois éprouvants, avec une pente moyenne de +15%. Au moins, on se sent vivre et ça pousse à nous dépasser. De l'exercice physique tant et plus. On peut presque appeler ça de la bigorexie...Mais quelle belle maladie!

Quant le voyage s'était terminé, il y a environ 3 semaines, je retrouvais la réalité. Mon ennemi public n°1 à la maison. On ressent un tel mal-être en vivant dans ce lieu hanté. Je dois tellement mordre sur ma chique pour rester jusque fin octobre dans cet enfer. J'aurais dû imiter mon ancien compagnon, et quitter fin septembre, sans récupérer la caution. Et si ce monstre inhumain (pléonasme) ne grée pas me la rembourser, elle va souffrir. J'emploierai dans un premier temps la politesse, ensuite les moyens légaux et enfin, la force. Question de principe.


Je ne pense pas que je m'éterniserai à Winnipeg. On peut qualifier cette ville de "nulle". Et je pense que c'est l'avis de la plupart des immigrants. Les natifs de Winnipeg, eux, l'aiment vraiment leur ville. Simplement car ils n'ont jamais rien connu d'autre. Je dois néanmoins accomplir l'un ou l'autre objectif avant de quitter ce cimetière winnipegois. Et l'un d'entre eux n'est autre que de montrer qui c'est le patron au travail.

J'ai plusieurs projets en tête mais qui nécessitent de la planification: partir dans une autre ville canadienne (moins froide), faire un voyage - à partir de fin janvier- en Amérique du Sud tel un backpacker, revenir en Belgique quelque temps et faire ensuite un PVT en Amérique du Sud,... Tout est ouvert et je suis ouvert à tout. Le voyage accentue ton envie de voyager davantage...Tu n'as juste pas envie de t'arrêter en si bon chemin

Il faudra également que je cherche une activité pour le Nouvel an. Rester seul à Winnipeg risque d'être un peu tristounet. J'envisage peut-être un voyage au Mexique, y faire un peu de rando. Rizza m'a également proposé d'aller en Ontario. Elle part visiter sa soeur et une amie. C'est une option si je parviens à négocier des vacances au travail. Tout le monde prend déjà des congés à cette periode.

Les prochaines échéances seront la fête de fin d'année au boulot (30 novembre) et la christmas party de notre petite équipe de 15 personnes (7 décembre). Un bon amusement en perspective! Espérons qu'il y aura quelques bières...


C'est terminé pour les nouvelles! A partir de maintenant, je vous écrirai probablement moins régulièrement. Je vais essayer de m'en tenir à 1 résumé par mois.

Pour les photos de Banff, je ne vais pas les ajouter à nouveau, ici, sur MyAtlas. Vous pouviez déjà les consulter sur FB.

Et j'emménagerai dans un Airbnb pour le mois de novembre. A moi la tranquillité!


Bye bye everyone and take care!

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Publié le 12 janvier 2019

Chers lecteurs, nous voici de retour pour de nouvelles péripéties. Vous avez attendu longtemps mais j 'ai été victime d'une certaine indolence récemment, en vue d'écrire un nouveau résumé des aventures canadiennes.

Le mois de novembre a principalement été marqué par une chute des températures. Il fait régulièrement -10°C. Malgré le froid, je continuais à faire de la marche le matin. L'Airbnb était à 5km du lieu de travail. Quand il faisait -15°C à l'aube, j'avais droit à un bol d'air frais au réveil, pendant 50 minutes. Certains disent que je ne suis pas normal de marcher par ce froid. Je pense simplement qu'il ne faut pas s'arrêter de vivre avec ce début d'hiver qui s'annonce très rude. Si tu restes cloîtré chez toi, c'est la dépression assurée. Alors, il faut bouger! Ce n'est que ma vision des choses...Mais moins tu penses, mieux tu te sens!


Le froid n'est pas tellement la source du problème de l'hiver canadien. C'est la neige! Elle ne fond jamais, pendant 5 à 6 mois. Et les routes sont dégueulasses pour la même période. Vous sortez de chez vous, il fait tous les jours tout blanc, tout froid. Pas de changement. Vos chaussures accumulent la boue provoquée par la neige fondue. Elles sont tout le temps sales. Rien ne sert non plus de laver sa voiture pendant l'hiver au Canada. Chaque jour, vous pourriez recommencer le lavage. Je me demande comment les car washs ne font pas faillite..

Le froid intempestif ne concerne pas uniquement la température extérieure. Mais les personnes elles-mêmes. Plus je les côtoie, plus les Canadiens me font penser à des glaçons, que tu as laissés périr au freezer. Avant d 'établir résidence au nord de l'Amérique, je lisais sur Internet que c'était des gens chaleureux. Nous n'avons pas la même notion de chaleur. Provenant d'une petite bourgade de la région liégeoise dotée d'une certaine âme, mes attentes étaient légèrement supérieures. J'ai définitivement fait une croix sur le fait de devenir ami avec un vrai Canadien. Autant se diriger vers les immigrés, ayant un coeur bien plus grand. Enfin, la population canadienne a tout de même plus de politesse et de simplicité que les Européens. Avantage non négligeable.


Au boulot, Manasvi nous a quittés. Elle est partie rejoindre ses parents en Inde, victimes d'une certaine dépression. Du coup, je parle principalement avec Rizza, que je côtoie de temps à autre en dehors du travail.

Je ne peux pas dire que la plupart des collègues mangent un clown tous les matins. Ils n'ont pas la même mentalité et même folie que par chez nous. Quant au travail à proprement parler, ce n'est pas la folie non plus. J'avais failli annoncé ma démission il y a quelques semaines. Nous avions jusqu' il y a peu des réunions chaque semaine où on démonte littéralement notre travail. Ils nous rabaissent non-stop. Les deux tyrans s'appellent Celeste. Un hasard? Je ne pense pas. Une est team leader et l'autre est senior manager (poste au-dessus du manager). Les 2 ont passé la quarantaine et sont célibataires. Un hasard? Je ne pense pas. Bref, elles nous ont envoyé des paroles vertes et pas très mûres. Certainement car on se déteste mutuellement. C'est plus une question d'affinités que de travail. La team leader a insinué que j'avais des problèmes de time management. En quatre lettres, une vraie ****. 2 femmes frustrées, ça ne fait pas bon ménage.

Mais récemment, tous ces petits problèmes sont derrière nous. Les fournisseurs sont contents de notre travail et elles n'ont plus rien à dire ces 2 petits anges. Plus de réunions, plus rien. J'ai même eu droit à une boîte de bonbons envoyé en courrier express par un fournisseur, à l'occasion des fêtes. La team leader était surprise...


En dehors des heures laborales, je n'ai pas eu beaucoup de nouvelles accointances, excepté le frère de Manasvi (Indien). Et l'hiver n'arrange rien. La ville est morte et les activités sont nettement limitées. Je continue donc à côtoyer régulièrement Eder. Il est un peu moins déprimé depuis qu'il a trouvé un job dans un service de traduction (espagnol- anglais). Rester un hiver supplémentaire à Winnipeg sans travailler aurait été mortel dans son cas. Tout le monde est un peu moins joyeux pendant l'hiver, mais un hiver à Winnipeg fait encore un peu plus baisser la barre...


Le sport est un peu la joie de l'hiver. Même si je n'ai toujours pas repris ni la course à pied, ni le tennis de table. Ce sera certainement pour bientôt. Il est temps...avant que je devienne complètement fou! En ce qui concerne la natation, j'ai un peu diminué le rythme, en essayant d'améliorer la qualité de l'entraînement. Quand le corps sera totalement réparé, il sera temps de passer à la compétition. L'entraînement sans objectifs, ce n'est pas toujours motivant. Je pense notamment au marathon de Winnipeg en juin prochain (qualificatif pour le Boston marathon) et un triathlon. En attendant, outre la nage, je fais de la marche. Plus de 3000km parcourus depuis l'arrivée au Canada et en moyenne 14km par jour. Un peu en diminution dès l'arrivée de la période hivernale...

Niveau logement, je pensais avoir trouvé chaussure à mon pied. Très tranquille, aucun bruit. Mais après plusieurs jours, tu remarques que c'est la maison de la déprime. Il n'y a aucune vie dans cette maison. Il y fait sombre. Tu n'as pas accès au living room et tu fais des aller-retour entre ta chambre et la cuisine. Les colocataires sont d'une froideur incomparable. Celui qui habite la chambre en face de la mienne, un certain Chris . Lorsque je franchis la porte d'entrée et qu' il est en train de cuisiner, il ne tourne même pas la tête pour dire bonjour. Il fait fi de ne rien entendre. Et l'autre, une certaine Grace, ne vaut pas mieux. Je lui avais souhaité un joyeux Noël en direct. Elle avait à peine daigné lever la tête pour me répondre. Et elle a attendu quelques secondes avant de souhaiter, à voix très basse et déprimé, un joyeux Noël en retour.

Bref, après 1 mois et demi, je ne connais pas leur âge, leur job, leurs hobbys,...Je connais uniquement leur nom. Et vu leur froideur intempestive, cela est bien suffisant. Je quitterai les lieux fin février.


Les fêtes de fin d'année furent assez calmes. Noël fut fêté dans un restaurant indien. Nous étions 5 pour savourer un repas plutôt épicé: Eder, Madeleine, Ruben (qui avait disparu pendant plusieurs mois) et Devesh (frère de Manasvi). Et le réveillon de Nouvel an, je l 'ai passé en compagnie d'Eder. Un peu d'alcool, quelques toasts, et l'affaire fut bouclée. Nous n'avons même pas tenu jusqu'à minuit.


Vous l'aurez compris, la vie s'est un peu arrêtée à Winnipeg. C'est comme si vous mettiez un film sur pause pendant 6 mois, le temps que le froid s'estompe et que la neige disparaisse. Et Dieu sait que vous éprouvez une telle jouissance lorsque les températures sont légèrement positives. C'est la fête dans la bétaillère. Mais ce n'est pas sur l'agenda la semaine prochaine (14 au 20 janvier). Nous allons quotidiennement être en-dessous des-20°C, dans la joie et la bonne humeur. Enjoy and have fun!


On se revoit dans notre beau petit plat pays de Herve, en avril, pour un peu plus de pluie et un peu moins de froid. Allez, grosse bise à tout le monde ! Et bonne année...J'allais presque oublier...

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Publié le 17 mars 2019

Mes chers lecteurs,

Il s'agira de l'ultime résumé de la saga canadienne. Hé oui, nous arrivons petit à petit au terme des 12 mois du programme Vacances-travail. Au départ, je pensais faire le tour du Canada, trouver des compagnons pour faire des road trips d'ouest en est et d'est en ouest. En fin de compte, j'étais complètement à l'ouest. Je suis principalement resté dans une seule ville et j'ai travaillé, comme tout le monde. On n'échappe pas à une certaine routine, peu importe la route que tu empruntes. C'est notre destinée.

Le long voyage s'est-il passé selon tes prévisions? Oh, absolument pas Georgette! Tu peux tout calculer à l'avance, tu n'arriveras jamais au bon résultat. Tu auras beau tout planifier, il faut faire face aux différents imprévus sur place. Et Dieu sait s'il y en a eu. Je peux dire que je me suis trompé sur pas mal de choix: ville (et pays probablement), travail, logements, ...Mais s'il n'y avait pas tant d'embûches sur le parcours, ce ne serait pas amusant. J'aime les challenges! Même si parfois, on aime aussi le confort... Tout le monde a besoin d'une certaine stabilité.

Cee derniers mois, j'ai subi l'hiver. Oh oui, j'ai souffert. Quelques coups de bambous durant le mois de janvier. J'ai failli tout quitter. Ce n'est pas pour rien que Winnipeg est d'une des 5 villes les plus froides au monde. Le froid t'attrape à la gorge et ne te lâche pas pendant 6 mois. Aucun répit! Et pour quelqu' un comme moi qui aime bien bouger, c'est compliqué! Tu restes cloîtré à l'intérieur et tu attends. Car la ville est morte...Aucune animation, pas de vie...

Les trottoirs sont également couverts d'une neige glacée, qui devient petit à petit gadoueuse. Je me réjouis tellement de revoir de l'herbe bien verte...

Et j'ai changé de maison une énième fois début mars. Fini les personnes et la maison glaciales. Mon nouveau co-locataire est Nigérian. Plutôt sympa. Enfin, sur les 4 premiers soirs, il s'est adonné à des relations sexuelles virulentes avec sa compagne, dont les gémissements retentissaient à travers toute la maison. J'ai vraiment cru au départ que c'était le tournage d'un film pornographique, avec la musique tambours-battant ...Neanmoins, c'est probablement une des meilleures habitations que j'ai côtoyées au cours du périple. Entre la porcherie, la cinglée, les co-locataires glaciaux,... le choix n'est pas trop difficile.

Durant cet hiver, je peux également affirmer que la natation m'a sauvé. En gros manque de luminosité extérieure et victime de l'enfermement dû aux températures glaciales, un peu de défoulement ne m'a pas fait de tort. Même si, au final, je n'aurai pas atteint la performance et les progrès attendus. Nous voulons toujours plus dans la vie mais il faut parfois se contenter de ce que l'on possède.

Cet hiver m'aura quand même bien fait la peau. Je narguais Eder avant la période hivernale mais j'ai déchanté par la suite. Je ne passerai plus jamais un hiver aussi rude dans de telles conditions.


Pour conclure cette série, je vous fais part d'une petite interview que j'ai eue avec un journaliste canadien. Il souhaiter recenser mon avis sur cette expérience au Canada, en tant que petit Belge.


Le journaliste: "Monsieur Moor, bonjour. Richard Newton, reporter pour le Canadian Times. Êtes-vous disposé à répondre à quelques-unes de nos questions après cette expérience au Canada? ".

Moi: "Je vous en prie. C'est avec grand plaisir".

Le journaliste: "Démarrons alors!'

Moi: " En voiture Simone!"

- Plutôt stressé avant le voyage?

Juste un peu...beaucoup. Un petit coquelet qui ne fait jamais la lessive et à manger...comment je vais me débrouiller?!

- Quelles sont vos premières impressions lorsque vous faites votre premier road trip au Québec?

Wow, quels beaux paysages dans les parcs nationaux. Par contre, les Canadiens ne sont pas vraiment des gens chaleureux tel que décrit sur Internet. Oh que non mon seigneur!

- Et vos impressions sur Winnipeg, votre destination finale?

Mamma mia, quel mauvais choix. Une laide ville, peu animée, avec des gens relous dans la rue. Cette ville n'est pas le Canada. Moi qui croyais que mon instinct était fiable... je suis un bon crétin.

- Quel fut le plus gros défi au cours de cette année?

Assurément, l'adaptation au travail. Un milieu totalement anglophone, ça change. Je me demandais parfois ce que j faisais assis là-bas, perdu au milieu de nulle part. Et la pression fut également difficile à gérer. Pourtant, quand on voit le salaire et la charge de travail que l'on nous donne, ce n'est pas totalement justifié...

- Votre plus belle expérience?

Banff, sans hésitation. C'est un incontournable au Canada, avec de tels paysages enchanteurs. J'ai tellement apprécié les différentes balades à travers les Rocheuses. J'en ai bien profité et c'était idéal pour reposer l'esprit.


- Quel est votre moins bon souvenir?

La cohabitation avec la détraquée en septembre et en octobre. Un vrai démon. Et c'est une période où j'ai eu pas mal de pression au boulot. La combinaison n'était pas évidente. Un autre aspect que j'ai détesté, ce sont les siestes. Moment où je ressassais toujours mon passé.


- Que préférez-vous chez les Canadiens?

Un Canadien, je ne suis pas sûr que c'est une nationalité qui existe vraiment. Disons leur humilité et leur respect.

- Que n'aimez-vous pas chez ces mêmes Canadiens?

Leur froideur et leur fausseté.

- Vous êtes globalement satisfait de votre expérience?

Vraiment. Certes, je m'attendais à mieux. Surtout au niveau de la ville et des Canadiens. Mais je m'en suis pas mal sorti au final. J'ai fait mon petit bout de chemin, même si des racines se dessinaient un peu partout. J'en garde une certaine fierté. J'ai surmonté les obstacles, petit à petit.

Il ne faut pas se mentir, une expérience dans une contrée lointaine est difficile. It's like a first step on the moon. Il y a également plus de hauts que de bas. Mais tu apprends tellement de nouvelles choses sur place, 3x plus vite et 3x plus que si tu campes dans ta terre d'origine. Et j'ai certainement ouvert mon esprit. Dieu sait qu'il était fermé. Il l'est toujours mais un peu moins. Je juge également un peu moins. Certes, quand je vois des collègues féminines qui ont beaucoup trop abusé sur la nourriture, je continue à penser " Hé non didju, elle stocke un peu trop dans son arrière-train la demoiselle. Faut se calmer!".


- Avez-vous des regrets après cette année à l'étranger?

Je ne me dis pas souvent que je regrette quelque chose. Je m'attendais néanmoins à faire plus de connaissances et à voyager davantage. J'ai vite compris que ça n'allait pas être le cas. Tout le contraire d'un Erasmus. Enfin, disons qu'il faut trouver un juste équilibre entre voyages et revenus.

J'aurais également voulu avoir plus de sport. La blessure à la cuisse, toujours d'actualité, n'a pas aidé. Cela reporte les objectifs sportifs...

- Avec du recul, faites-vous les mêmes choix de parcours?

Tout le contraire. Je me dirige certainement vers le Québec et je bouge un peu plus. C'est néanmoins difficile d'être un gros baroudeur. S'aventurer dans de nouvelles contrées procure du plaisir mais tu fais une croix sur les attachements aux personnes.

- Des personnes vous manqueront-elles si vous quittez le Canada?

Je dirais 3-4 personnes. Et principalement 2. Une Philippine et un Mexicain. J'ai partagé de très bons moments avec eux et encore bien qu'ils étaient présents. J'aime également leur vision de la vie. Je ne regrette absolument pas de les avoir rencontrés...

- Peut-on dire que vous êtes un homme changé après ce long voyage? A 29 ans, je ne pense pas que l'on change encore beaucoup. Le naturel est ancré. Je suis certainement un peu plus diplomatique qu'avant et plus dans le contrôle. Pas difficile vous allez me dire. Par contre, j'ai l'impression d'être davantage je-m'en-foutiste. Pas très glorieux!

Niveau physique, je n'ai pas de tatouages, piercings, coloration,...Gardons la simplicité. Je perds juste mes cheveux. Aïe!

- Que conseillerez-vous aux personnes qui désirent vivre le même type d'aventure?

Foncez! Et une fois que vous y êtes, n'abandonnez pas. On ne vous déroulera pas le tapis rouge. C'est à vous de faire votre propre chemin. Le mien était rempli de neige.

- Peut-on conclure que le Canada est l'Eldorado pour les Belges et Français?

Absolument pas. De l'emploi, vous en trouverez assurément ici. Mais faites attention aux différences culturelles. Nous avons une situation très satisfaisante en Belgique et plus globalement, en Europe.

- Et quid de l'avenir?

Oh, vous m'en posez une question. Mes jours à Winnipeg sont certainement comptés. Si j'en ai la force mentale, je partirai dans une autre province pendant un petit temps. Je favoriserai probablement le côté francophone. Ou je ferai un voyage à l'intérieur du Canada, en Amérique du Sud et je reviendrai ensuite en Belgique. Pour probablement mieux repartir ailleurs plus tard. Le futur est tellement incertain...Nous y réfléchirons en temps voulu.

Et d'aventure en aventure...

Le journaliste:"Merci Monsieur Moor d'avoir partagé cette expérience enrichissante avec nous. Ce fut un grand plaisir".

Moi:" Le plaisir était pour moi".


Et voilà mes chers amis, nous nous disons au revoir. Peut-être que je partagerai l'une ou l'autre expérience future mais ce sera très rare. J'espère que vous avez apprécié ces petits récits et que vous êtes un peu plus renseignés sur la vie canadienne. Pour la plupart, on se voit bientôt sur notre petite terre belge...Dans 2 semaines seulement!

Ci-dessous, je partage avec vous 30 des plus belles photos prises au cours du voyage.


Byyyyeeeee! Take care!!!!

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Publié le 1er juin 2021

Le temps s'écoule à toute vitesse. Depuis le premier voyage en contrée nord-américaine (30 avril 2018), trois années nous séparent, jour pour jour.

Je ressors le vieux livre du placard, devenu poussiéreux à outrance, suite aux nombreuses pages restées vierges. Il est temps d'écrire un nouveau chapitre, et de mettre un terme au silence.

Le présent voyage est fondamentalement différent du précédent. J'arrivais en terre inconnue à l'époque , je cherchais à découvrir le monde, de nouvelles cultures et de nouvelles personnes. Je naviguais d'une ville à l'autre et je partais à la recherche des merveilles de la nature canadienne. Elle est belle cette nature et le pays regorge d'endroits magnifiques.

Aujourd'hui, le voyage prend une tournure différente. J'arrive en tant que touriste, avec la même destination, mais pas avec les mêmes intentions. Je rejoins une demoiselle philippine, vivant proche du centre-ville de la superbe ville winnipegoise. Et sa progéniture, Mariz. Qui grandit et devient plus sage.

Winnipeg, chère à mon coeur. La ville aux temperatures glacières en hiver et à l'allure de taudis en été. Quelle est l'origine de cette laideur? Je songe principalement à la population qui y réside. Des zombies, de vrais légumes ambulants. C'est difficile d'être aussi catégorique mais voir ce type de personnes déambuler à longueur de journée dans les rues fait peur. Et ce qui donne encore plus la chair de poule, c'est la vision de leurs progénitures, diverties par une balade en poussette en plein soleil estival . La reproduction à toujours été chose aisée, l'éducation en est une autre.

Mais Winnipeg offre aussi ses avantages. Elle est entourée de très beaux lacs et de parcs naturels. Le coût de la vie est également inférieur à la moyenne canadienne. Et j'y retrouve mon ami Eder.

Je le plains. Il est payé 9EUR brut de l'heure.Un call centre certes mais cela peut être qualifié d'esclavage. Et il lui arrive de travailler les weekends. Pendant que d'autres se plaignent avec des salaires astronomiques, en peignant la girafe à longueur de journée.

Mais il continue sa vie à Winnipeg de la même façon. Toujours accompagné de Madeleine et il retourne vivre dans la maison de son beau-père. Je me demande quand il prendra la décision de changer d'environnement. Selon ses dires, il n'est pas prêt d'aller voir si l'herbe est légèrement plus verte ailleurs.

Tout est confiné au Canada . Ils ont fermé bars, restaurants, lieux publics, centres sportifs et autres. Et ils prolongent déjà les mesures jusqu'à mi-juin. Quand je pense à toutes toutes les démarches que j'ai dû effectuer pour mettre les pieds sur le territoire canadien, j'ai l'impression qu'on me rit au nez. Tests Covid à gogo, reservation d'un hôtel à prix mirobolant pour la quarantaine, preuve d'une relation avec autrui, etc. Et pas de liberté pendant les 14 premiers jours.

Le Covid est une mascarade à grande échelle. La présence du virus est indéniable mais l'ampleur qu'on lui a donnée est indécente. Cela reflète la folie de ce monde et la faible emprise que nous avons sur notre liberté. Nous vivons dans une grande prison, où les barreaux sont légèrement plus espacés qu'à Jamioul.

Heureusement, le sport alimente les journées. Les blessures de jadis sont enterrées. On accumule les kilométres à pied et à vélo, sans toutefois pouvoir nager, les piscines étant fermées. Et le niveau s'améliore, les records tombent (10km en 33'50'', semi-marathon en 1h14). En mode virtuel, à défaut de compétition. Je m'amuse également à battre les records de course sur les segments Strava des Canadiens, qui ne sont pas des plus fair-play.

Il n'y aura pas de compétitions organisées à travers le Canada durant mon séjour. Je planifierai donc un agenda de course à la rentrée en septembre en Belgique. Avec certainement au programme: Maasmarathon (19 sept), jogging de Liège (3 octobre), le marathon Eindhoven (10 octobre) et le marathon de Bruges (17 octobre). Choix à définir.

J'ai également l'intention de participer à un 10km nage et à un semi Iron Man. Cette année ou l'année prochaine.

Les objectifs à plus long terme (en course à pied) seront certainement de descendre sous les 1h10 au semi-marathon, approcher les 15' sur 5km et descendre en-dessous de 32' sur 10km. Je compte pour cela encore augmenter l'activité sportive et notamment approcher les 150km en course à pied par semaine, de temps à autre. Et ce sera certainement plus facile de battre les records avec la reprise des compétitions.

J'ai également acquis un vélo pour circuler dans les rues de Winnipeg. Il n'équivaut en rien à la machine de guerre que j'ai achetée en Belgique. Mais il permet d'alterner avec la course à pied. Rouler ici, ce n'est pas un grand luxe. Je suis parfois obligé de circuler sur les trottoirs vu la dangerosité, les voies cyclistes ne sont pas légion et la ville regorge de feux rouges. On ne prend pas autant de plaisir que dans les campagnes de notre belle région.

Outre le sport, la cuisine octroie un peu de divertissement et permet de combler les journées. Et stimuler la créativité. Le niveau est meilleur que l'année passée mais il reste du chemin. Et je compte également explorer la pâtisserie, qui fait un peu défaut actuellement. Ce qui manque cruellement ici, ce sont de produits de qualité pour la cuisine. Vous n'imaginez pas la différence avec les aliments européens.

La.cuisine est également un univers infini. Tu peux faire de multiples associations et aboutir à de multiples résultats différents. Contrairement à la finance, où la routine est de mise. Je compte bien devenir le chef Moor !

Après la cuisine et le sport, je profite des escapades dans les parcs naturels. Nous nous sommes rendus dans le parc du Riding Mountain le weekend passé. Celui que je préfère au Mabitoba. Un vrai lieu paradisiaque en termes de nature. C'est la 4iéme fois que je m'y rends mais je ne m'y embête jamais. Et on y a vu plus d'une dizaine d'ours. Ils s'en tapent aussi du Covid ces teddy bears.

Nous avons campé dans une mini-cabane et nous étions accompagnés de deux amies de Rizza, et de leur toutou, Jax. Les quatre dames ont souffert durant les trails dans le parc. Elles manquent un peu d'exercice.

Le weekend prochain (5-6 juin), nous irons à Steep Rock. Un parc à 3h de route de Winnipeg. Certainement un des rares parcs manitobains que je n'ai pas encore côtoyé. Et je me réjouis d'y être. On y logera dans une cabine avec Mariz et Rizza pour une nuitée.

Je me réjouis de déménager vers Hamilton (Ontario) dans un mois, le 2 juillet. Ce sera un périple intéressant, avec plus de 2000km à parcourir en voiture. Et j'ai hâte de quitter Winnipeg. Je ne suis que trop resté dans cette ville. Je veux découvrir une nouvelle région, avec une population un peu plus décente, je l'espère. Quand tu as été élevé dans une belle région, tu ne peux t'accoutumer et apprécier Winnipeg. Elle est pauvre et sale.

Par contre, je redoute un peu de devoir séjourner pendant deux mois dans la maison de la sœur de Rizza, à Hamilton. Cela ne me vend pas du rêve. Attendons de voir...

Quand je serai acclimaté à l'Ontario, je postulerai peut-être à l'un ou l'autre emploi. Mais sans permis de travail, les chances de réussite sont faibles. Je crois d'ailleurs que je n'aurai jamais les papiers pour le Canada. Je suis destiné à rester un touriste ad vitam eternam. Mais il y a toujours des solutions à chacun des problèmes.

Je raconterai de nouvelles aventures après l'arrivée en terre ontarienne. À bientôt!

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Publié le 1er août 2021

Un nouveau volet de la saga canadienne s’ouvre. Nous mettons le cap sur une autre province et une autre ville, Hamilton en Ontario. Winnipeg a fait son temps et était devenue caduque. Elle a été explorée de part en part. Ses habitants ne resteront pas gravés dans mon cœur, mais une partie de mon âme y demeurera. Je quitte également mon ami Eder, avec qui j’ai partagé un dernier dîner avant de m’envoler. J’espère qu’il trouvera un emploi à la hauteur de ses compétences et qu’il expérimentera un environnement plus adapté à sa culture de vie.

Le voyage vers Hamilton a été long mais permettait de découvrir de nouveaux horizons. Scindé en 3 étapes, au travers de nuitées dans les villes de Thunder Bay et Sault-Sainte-Marie, le parcours couvrait une distance d’environ 2200km. Nous arrivâmes début juillet au cœur d’Hamilton, ou plutôt sur ses hauteurs. La maison de la sœur de Rizza est située sur une colline et un long faux plat descendant nous amène vers le centre-ville.

L’accueil n’a pas été chaleureux. Sa belle-famille voulait observer une quarantaine avec nous. Ayant été testés négatif deux jours avant le départ, il n’y avait aucun motif valable pour garder nos distances. Mariz devait même porter le masque pour jouer avec sa petite cousine (prénommée Gail), dans un premier temps. Une situation complètement ubuesque et qui montre le caractère absurde de cette crise. Crise qui est davantage humaine qu’épidémique selon mes pensées.

Après quelques jours, la situation s’est décantée. Ils ont accepté de nous fréquenter, à petite dose. Ils nous ont néanmoins fait subir un deuxième test Covid. Autant continuer dans la stupidité. A l’exception de cette réception digne d’un hôtel 0 étoiles, la famille est sympathique. Et Gail, leur fille unique, âgée de 2 ans et demi, est très drôle.

Hamilton, une ville sans aucun doute. Elle ne revêt que très peu un caractère rural, qui ne s’exprime qu’à distance du centre-ville, avec quelques parcs. La principale différence avec Winnipeg est le retour à une population normale. On retrouve des personnes aux allures décentes et la vie est plus européanisée que dans l’ouest canadien. L’air de la campagne est toutefois presque néant. Et ne parlons pas des loyers ou du prix des habitations, exorbitant à souhait. Le prix de la maison de la belle-famille de Rizza est au-delà de mon imagination et elle ne comporte pas quatre façades.

Le sport, la principale activité de ce séjour à l’étranger. Il comble les journées et me procure tant de bonheur. L’entraînement intense continue, avec des baisses de motivation de temps à autre. Je pense atteindre une forme que je n’ai jamais eue auparavant. La clé de la progression est inévitablement l’absence de blessure(s). Je ressens moins de douleurs lors et après les runs, même s’ils sont intensifs. Même en accumulant 100kms ou plus par semaine Sois patient, vise l’amélioration sur le long terme et récupère bien (massage, repos), tels sont les maîtres mots pour devenir plus fort. Il restera à confirmer lors de courses de cette fin d’année. Toutes les compétitions sont en virtuel ici. Un événement aura peut-être lieu fin août mais aucune confirmation à l’heure actuelle. Je participerai sans doute à l’une ou l’autre course en septembre/octobre en Belgique. Soit un 10km, soit un semi-marathon, soit un marathon.

Par contre, Je m’interroge de plus en plus sur les performances réalisées par certains professionnels. Sans remettre en question leur formidable talent et leur entraînement hyper intensif, certaines performances ressemblent à celles réalisées par des machines, programmées par la science. D’ailleurs, si tu veux confirmer en tant que sportif professionnel, je ne pense pas que tu peux te permettre d’exclure l’intégration de la science à ton sport. Il faut passer de l’autre côté de la porte, celle de la pharmacie.

Les piscines ont également réouvert fin juillet à Hamilton. Une bonne nouvelle. Je ne me sens plus vraiment comme un poisson dans l’eau, le niveau ayant chuté quelque peu. Il faudra s’y remettre prochainement si je veux participer à un semi Iron-Man. Quant au vélo, j’ai racheté le même qu’à Winnipeg. Il ne casse pas trois pattes à un canard mais il fait le job. Bon marché et bon à jeter. Je serai impatient de chevaucher à nouveau le vélo belge, d’une toute autre qualité.

Au niveau du logement, nous séjournons au sous-sol de la maison de Katrina, la sœur de Rizza. Une situation loin d’être idéale, surtout en termes de luminosité. Je ne suis pas très exigeant quant à la luxure de l’habitation mais j’ai été habitué à un certain confort. Le comportement de Mariz a également changé depuis notre arrivée en cette nouvelle demeure. Elle est devenue très attachée à sa « vraie famille » et j’ai l’impression d’être un étranger. Pas facile d’être un beau-papa : je dirais même que c’est 2 fois plus difficile que d’avoir son propre enfant. Tu ne peux même pas donner une bonne fessée…

Durant les weekends, nous continuons de voyager dans les différents parcs naturels canadiens. De vrais joyaux, où tu profites d’une eau bleu azur. Ces aventures te revitalisent et permettent d’évacuer l’anxiété. En parlant de stress, il suffit d’emprunter les routes vers Toronto, la ville la plus peuplée du Canada. Ce sont les fous du volant. Sur l’autoroute, ils te dépassent à toute vitesse par la gauche ou par la droite, au souhait. Regarde-bien dans tes rétroviseurs avant de changer de bande. Je me demande comment les individus peuvent apprécier ce type de vie.

Prochaimement, nous ferons un road trip de 5 jours en direction d'Ottawa, où nous retrouverons un couple d'amis indiens. Hâte!

Au niveau de l’emploi, je n’ai pas fait beaucoup de démarches ici. Sans permis de travail, mes chances de décrocher le « Graal » sont approximativement de 0,5%. Mon profil pour être un résident canadien a même été retiré, car la validité de mon test du français a expiré (après 2 ans). Une vraie plaie ce gouvernement canadien. Leur déclaration qu’ils veulent accueillir plus de francophones est la publicité la plus mensongère que j’ai jamais connue. Et c’est bientôt parti pour un nouvel intérim en finance en Belgique, même si j’aimerais bien réorienter ma carrière.

En vivant très loin de la zone européenne, les 3 facteurs manquants par rapport à la vie en Belgique sont les 3 F : « Family, Friends and Food ». Nous ne mesurons pas la chance que nous avons de profiter d’autant de produits de haute qualité en Europe. La seule cuisine que j’apprécie ici, ce sont les mets que je cuisine, sans aucune arrogance. L’Europe peut être qualifiée d’eldorado, en comparaison avec l’Amérique du Nord. La qualité de vie y est meilleure. Et il est difficile de se faire de vrais amis au nord de l’Amérique. Je suis asocial mais quand même !

Un autre sujet, plutôt inquiétant, est la chaleur ressentie au Canada. A Winnipeg, mon corps n’a jamais autant été affecté par la chaleur. Elle me consommait à petit feu. Je ne suis pourtant pas obèse ou en méforme physique. Nos enfants et nous-même, nous allons souffrir dans les prochaines années. Est-il même raisonnable d’en faire des enfants ? Quand je vois les familles indiennes dont la reproduction est plus rapide que les petits pistolets préparés chaque matin à la boulangerie du village… Trop d’humains, trop de consommation, trop de pollution et trop de pognon. Je pense que les Canadiens n’ont même pas conscience du réchauffement climatique. Et les immigrés qui viennent ici, ils veulent avoir les poches remplies comme des ballons de basket. La fin s’approche à grands pas, malheureusement.

Sur cette pensée peu optimiste, je vous dis à bientôt ! Rendez-vous le 14 septembre. Et le 19 septembre, le semi du Maasmarathon au programme ? Certainement !


 

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Publié le 12 avril 2022

En ce mois de mars 2022, le rideau s’ouvre à nouveau et l’aventure canadienne pointe le bout de son nez. Changement de décor en vue car je me dirige vers un nouvel appartement à Hamilton, avec deux chambres cette fois-ci. Toujours plus agréable et lumineux qu’un sous-sol.

Les acteurs n’ont pas beaucoup changé. Rizza et Mariz occupent le devant de la scène. Eder manque à l’appel, toujours bien ancré à Winnipeg. Je lui rendrai probablement visite au cours du séjour. Les petits repas et autres, en sa compagnie, me manquent. Et c’est aussi un de mes seuls amis canadiens et mexicains, en l’occurrence.

Le Canada, à l’instar de la zone européenne, a levé progressivement toutes les restrictions covidiennes. Avec un impact non négligeable sur la circulation aérienne. Le troupeau était massif à l’arrivée à l’aéroport de Toronto. Il y a bien longtemps que je n’avais vu autant de populace au sein d’un aéroport. Le monde reprend ses habitudes et le covid n’aura absolument rien modifié au comportement des individus.

Les journées sont nettement plus agréables au nouvel appartement. Nous avons plus d’espace et plus d’intimité par rapport au logement au sous-sol de la belle-famille. Un changement avec un certain coût mais nécessaire. Rizza travaille à domicile, avec des collègues américains, avec lesquels elle n’a aucun contact réel. Son nouveau poste lui plaît, dans la même société qui l’avait licenciée quelques mois plus tôt. Elle s’occupe de la fiscalité douanière et ne semble pas subir beaucoup de pression. Contrairement à son précédent emploi.

Mariz devient, elle, petit à petit, une adolescente. L’évolution se marque : l’attention aux habits, l’attitude, l’attrait pour les garçons, etc. Ce n’est pas pour me déplaire, elle devient plus facile à gérer. Mais je me fais un malin plaisir à commenter lorsque ses habits sont trop provoquants. Certainement un des nombreux héritages du paternel.

Je mène une vie active à Hamilton. Passive au niveau professionnel mais intense en loisirs. La finance et le boulot ne me manquent pas. A l’exception des économies générées et de la contribution au fonctionnement cérébral, je n’y vois pas beaucoup d’avantage. Et il n’apporte pas un enrichissement social très important, les entreprises étant peuplées d’individus assoiffés de pouvoir et compétitifs.

Le train-train quotidien commence à 6H, heure à laquelle l’alarme de Rizza fait bip-bip. Je flâne un peu sur le PC, en recherchant les futures destinations de voyages (parcs naturels). Vers 8H20, je conduis Mariz à l’école et je me dirige ensuite vers un centre de fitness. Je commence par 15-20 minutes de musculation ; j’enchaine par 40-45 minutes de tapis roulant et je fais un gros plouf dans l’eau pour enlever toute la sueur. Après les 50 minutes de nage hebdomadaire, je me relaxe dans le jacuzzi et/ou le sauna. Et j’agrémente le tout d’une petite sortie à vélo l’après-midi à l’occasion.

Ce type d’installations sportives est vraiment agréable. En Belgique, aucun centre ne regroupe un « gym » et une piscine en un même lieu. Et encore moins incluant un jacuzzi et un sauna. Et les horaires sont très larges, commençant à 6h le matin et fermant à 22H.

Repus après cette dose minimale de sport, je rejoins le domicile. Je mange le lunch et je réalise généralement, l’après-midi, un gâteau, si lorsque le frigo ne contient plus de petites sucreries. J’enchaine avec quelques parties de cartes (bridge) ; je vais ensuite rechercher Mariz à l’école à 15H. Le soir, je cuisine le souper et je fais parfois la vaisselle. S’il ne reste aucune miette sur les assiettes. Et à 22H, on se dirige vers le plumard pour récupérer de la journée plutôt chargée.

Depuis peu, j’opte pour un réveil matinal à 5H30. Je peux ainsi aller faire 2H de sport au centre de fitness avant de conduire Mariz au centre scolaire.

Le sport rythme le quotidien canadien, mais non sans douleurs. Sept mois que le corps est rempli d’inflammations et 5 mois que je n’ai plus couru à l’air libre. Se lever simplement de sa chaise est synonyme de douleur. N’étant pas assez guéri et n’ayant pas pu faire d’entrainements à haute intensité, je vais devoir abdiquer pour tous les événements sportifs en Ontario. C’est dommage car il y avait quelques courses à pieds intéressantes dont les marathons à Toronto, Ottawa et Missisauga.

J’espère pouvoir m’aligner sur des courses belges en septembre. J’ai conservé un peu d’endurance et de musculature mais il manque des intervalles, où tu pousses ton cœur dans les retranchements, lorsque tu dépasses la barre des 20 km/h.

Je n’ai absolument pas digéré le fait de ne pas avoir participé à des compétitions après les nombreuses heures d’entraînement l’année passée. D’abord, il y avait le covid qui entraînait une cascade d’annulations. Ensuite, la blessure interminable au fessier a marqué le début de jours très noirs.

La ville d’Hamilton n’est pas belle et n’a pas de cachet. Elle dispose même de moins de parcs que Winnipeg. Les espaces verts font cruellement défaut et elle a un caractère plus industriel. Néanmoins, l’hiver y est moins froid et on retrouve une population à l’allure normale. Le centre-ville n’est pas peuplé de natifs décérébrés, qui te font peur dès que tu croises leur chemin. Ce facteur est non-négligeable pour une meilleure santé mentale au quotidien. En résumé, ce n’est pas une ville campagnarde mais on a passé un cap par rapport à Winnipeg. Je crois également que toutes les grandes villes canadiennes sont à un peu près similaires. Elles ne sont que très peu historiques et remplies de gros buildings. Pour vivre le vrai paradis, il faut s’exiler dans les parcs nationaux.

Je ne suis pas encore passé à la recherche active d’un job. Privé d’un permis de travail, les chances de réussite sont très faibles. Des journées Québec, où on a l’opportunité de rencontrer en ligne dans employeurs québécois, ont lieu mi-juin 2022. J’aurai possibilité d’y décrocher l’une ou l’autre interview mais la dernière fois où j’ai participé à ce type d’interview, je me suis fait débouter dès la première entrevue ! J’ai l’impression que les employeurs doutent de mon intention de m’installer à long terme au Québec, vu que j’ai principalement vécu dans la partie anglophone.

Plutôt que perdre mon énergie avec la recherche d’emploi, je consacre le temps libre à la pâtisserie. Tout comme le sport, je ferais bien de la pâtisserie 4H par jour. Encore au stade de débutant, je m’inspire tous les jours de différentes recettes sur internet pour pouvoir progresser. Doté d’un palais sucré, il semblerait aussi que j’ai plus d’affinités avec le pain et les gâteaux qu’avec la cuisine traditionnelle. Une passion à développer dans les années futures, lorsque mon corps sera trop vieux et trop rouillé pour le sport.

J’ai récemment acheté un nouveau vélo, de première gamme chez Décathlon, un Triban RC100. Malgré un prix très abordable, il offre des qualités de conduite plutôt agréables. Il était temps de remplacer l’ancien vélo – une vraie charrette – pour apprécier un peu plus les sorties. Car Hamilton ne propose pas beaucoup de routes adéquates à la pratique du deux-roues. Les voitures sont nombreuses et l’insécurité est omniprésente.

Vous l’aurez compris, les dépenses vont bon train : vélo, centre de fitness, supermarché, essence, etc. Je dépense, je dépense et je dépense. Voilà tout ce que le Canada m’autorise : « Viens dans notre pays et dépense ton argent, petit européen ». Je ne comprendrai jamais leur annonce publicitaire, incitant à venir au pays des caribous si ta langue maternelle est le français. C’est certainement le plus gros canular en soit. Leurs démarches d’immigration sont imbuvables et pourtant, en côtoyant leur population au jour le jour, on se demanderait si les critères d’entrée sont vraiment exigeants.

Nous n’avons pas encore commencé les voyages dans les contrées éloignées. Les températures sont encore un peu froides et l’activité dans les parcs naturels reprend plutôt en mai. Notre première destination sera le parc Algonquin, un des plus majestueux de l’Ontario, que nous découvrirons fin avril. Un must see dans cette province. Il y a déjà quelques autres plans pour mai et juin, toujours en discussion.

Au niveau des autres nouvelles, Rizza (et Mariz par conséquent) sont maintenant canadiennes. Elles n’ont plus d’obstacles pour visiter la zone européenne. J’ai proposé qu’elles viennent quelques semaines mi-août, date de mon retour en Belgique, en mode vacances. Mais l’idée n’a pas suscité un vif engouement. Nous verrons les projets qui se décident à ce moment-là. En attendant, profitons d’une vie paisible et sans dure labeur.

That’s it for now. See you soon.

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Déjà bientôt deux mois que j'ai posé les pieds au Canada. Le temps file, même en mode "touriste".

Nous avons commencé à voyager dans la nature. Quand je suis arrivé, les températures étaient encore un peu froides et la vie de nomade devait patienter. Le premier voyage devait être avec la belle-famille de Rizza dans un petit coin reclus à 2h-3H au nord d'Hamilton, mi-avril. Ils se sont finalement désistés à la dernière minute, ayant testé leur fille au Covid et elle était positive. Le beau-frère de Rizza étant très attaché aux règles entourant l'épidémie (plus qu'aux règles conjugales), il était hors de question qu'ils se déplacent. Nous ne nous sommes pas fait prier et nous nous déplacions seuls vers le chalet au bord de l'eau. C'est ce type d'endroit, sauvage et perdu, qui me fait apprécier le Canada. Tu te relaxes, tu te revitalises et tu apprécies. Pas d'emmerdeurs au kilomètre à la ronde. Le rêve.

Nous avons enchaîné fin avril par un deuxième périple, conté sur notre cher réseau social. Un must-see de la province ontarienne. Nous y retournerions bien pendant l'été.

Les démarches en vue d'un décrocher un contrat de travail canadien (le soi-disant graal) sont presqu'au point mort. J'ai postulé à l'un ou l'autre job en vue des journées Québec mais rien de concret à l'heure actuelle. J'ai plutôt été envahi par une flemme importante: devoir batailler pour un travail sans permis de séjour, ça prend beaucoup d'énergie pour très peu de résultats. Equivalent à de la recherche fondamentale. Je crois que cela fait longtemps que j'ai abandonné toute ambition professionnelle. Loin des débuts, rêvant d'une double casquette d'expert comptable et de réviseur. On se sera finalement limité à une réussite à l'examen d'entrée d'expertise comptable.

Je suis ce que l'on pourrait qualifier d'un "raté professionnel", cumulant les intérims à gauche et à droite, sans fil conducteur. Et être intérimaire, c'est un peu comme l'homme de Néandertal, tu as un statut très primitif. Le petit rebus à qui on file toutes les tâches de misère. Mais un soldat ne peut pas combattre sur tous les fronts. J'ai choisi les loisirs et l'aventure, qui apportent selon moi bien plus de satisfaction que porter un costume-cravate et "pavaner". Ce que font beaucoup de personnes, en utilisant davantage leur langue que leurs compétences techniques. Mais j'aurai au moins satisfait l'ensemble des employeurs où j'ai presté des intérims. Tel un véritable caméléon comptable. Ou un appareil multi-fonction capable de faire toutes les tâches, sans toutefois exceller dans aucune.

Le sport continue à cimenter les journées. Et se réveiller entre chien et loup pour la pratique sportive est devenu une coutume. Soit le corps se lève naturellement vers 5H, soit une sonnerie stridente vers 5H30 exhorte à se mettre debout. Il est exactement 6H lorsque je mets les pieds dans l'eau. A 6H50, c'est la relaxation durant 5 minutes dans le jacuzzi. A 7H et après avoir séché le corps, je monte les escaliers qui mènent à la salle de fitness. Quelques exercices de musculation et on termine la session par du tapis roulant. 8H et il est temps de retourner au domicile pour conduire Mariz à l'école. Durant la journée, j'ajoute parfois un peu de home trainer (vélo), dernier achat en date. Ou je fais un peu de spinning à la salle. Un véritable brûle-graisse et qui te fait suer comme jamais.

La blessure habite toujours le corps mais tend à diminuer en moyenne. La pratique sportive devient moins douloureuse mais le processus est tout de même hyper lent. Je m'entraîne sans objectif, en attendant de voir les beaux jours arriver. J'opeterai éventuellement pour une course à Hamilton le 26 juin, un 16km ou un 10 miles comme ils le qualifient ici. En espérant que les douleurs cessent d'ici là et que je puisse faire quelques séances de vitesse. Je n'ai couru en plein air que 4 à 5 fois depuis 6 mois. Un bilan insatisfaisant. Et au Canada, je réserve les sorties extérieures lorsque nous nous évadons dans les parcs, pour profiter au mieux de la nature, quitte à accentuer les inflammations. Dû au manque de course en plein air, le niveau risque d'être risible pour la compétition. La musculatureest meilleure que jamais mais il y a un manque de vitesse évident et de kilomètres. Cumulé à de la surcharge pondérale en termes sportifs, devant perdre 2kg pour atteindre le poids de forme de 59kg.

Nous confirmerons les sensations lorsque les compétitions pointeront le bout de leur nez. Mais pas de stress. Je suis aussi souvent victime du syndrome de l'imposteur, minimisant les succès et la forme. Même si au cours des années, il y a eu beaucoup de temps investi en entraînement et très peu de résultats. Le niveau est bon, et puis je me blesse ou il y a le Covid. Résultat: pas de record et je dois me remettre à niveau et puis je me re-blesse. Un cercle vicieux, qui m'a empêché de courir ce premier marathon tant convoité.

Rizza a la belle vie. Cuisine, pâtisserie, courses, trajets scolaires: tout lui est servi sur un plateau. N'ayant pas de labeur hebdomadaire, je lui donne un sacré coup de main. Et elle semble apprécier. Je dois bien avouer que ça doit être compliqué de tout gérer en mon absence. Conduire et rechercher Mariz à l'école, cuisiner chaque jour, l'amener à ses différentes activités extra-scolaires, le nettoyage à domicile,...Elle est courageuse. Car j'ai remarqué qu'un enfant, ce n'est pas très autonome. Il attend qu'on lui mettre la cuillère dans la bouche, à tout niveau. Néanmoins, Mariz fait preuve d'une belle autonomie pour son âge.

Quant à son travail, il ne semble pas très pénible. Peu de pression et un salaire correct à la clé. Je ne sais pas si elle peut envisager de continuer de travailler non-stop à domicile sur le long terme. Difficile en terme de motivation et l'aspect social est néant. Tout comme sa moitié (même si je ne pense pas atteindre les 50% requis), elle a un peu diminué ses ambitions professionnelles au cours des dernières années. Pas autant que moi (ce serait compliqué) mais elle tend à favoriser la vie de sa fille. Elle a bien raison de mener une vie où elle délègue.

Mariz est une fille qui se développe. 11 ans, c'est un moment charnière. Proche de l'adolescence. On tend à s'affirmer. Elle fait aussi preuve d'une certaine perspicacité et de finesse d'esprit. Cela fait plaisir, lorsque tu constates à contrario les générations qui nous succèdent, toujours plus débiles les unes que les autres. La population adore se reproduire mais néglige l'éducation ou le développement des neurones. C'est toujours facile de se procurer des poneys. Mais après, il faut faire tourner le manège. J'ai toujours prôné un plan de castrage à l'échelle mondiale. C'est malheureusement une solution très peu humaine.Lorsque je conduis Mariz à l'école, une question me vient souvent à l'esprit. Où toutes ces années se sont-elles écoulées? Je me revois à l'école primaire. Un petit blondinet à lunettes, myope comme une taupe, lesté par un cartable de 2 fois sa taille et son poids. Et qui privilégie l'amusement dans la cour de récréation aux devoirs scolaires. Finalement, je n'ai pas beaucoup changé. Dorénavant, je dois me mettre dans la peau d'un beau-papa, conduisant sa belle-fille à l'école. Même à 32 ans, je ne me fais pas encore à l'idée.

J'essaye d'influencer, à ma façon, la vie quotidienne de mes deux cohabitantes. Elles avaient l'habitude de prendre l'ascenseur pour rejoindre l'appartement au quatrième étage, je les oblige maintenant à utiliser les escaliers. Rizza commence aussi à emmener Mariz à l'école en courant . Au lieu de la voiture. 2,6km en utilisant la force musculaire. La maman en vélo et la fille à pieds. Et en prime, une cure de vitamine D, lorsque le soleil ne fait pas mine de se cacher.

Rizza fait également, quotidiennement, 30 minutes de tapis roulant. Et Mariz envisage de commencer l'athlétisme à l'école, si elle est sélectionnée. J'essaye également d'influencer le comportement de cette dernière. Inculquer le respect et adopter une attitude correcte. Même si je ne suis pas un modèle du genre.

Bien que je les pousse vers une pratique sportive plus intense, les deux demoiselles conservent un caractère d'artisite. Mariz fait du piano, du violon et du ballet. Et l'une comme l'autre adorent la peinture et les créations artistiques. Je ne peux pas dire que je partage leurs passions, étant très peu enclin aux détails et plutôt brut de décoffrage. Chacun ses hobbys, chacun son caractère.

Le Canada ne sera jamais ma seconde patrie. Le pays manque d'identité, dû à une diversité ethnique hors du commun. Et j'y ai difficile de trouver un bel anneau pour mon doigt. Leurs règles sont trop rigides pour mon caractère d'européen. Et leur culture ne favorise pas l'écolosion d'un cercle d'amis. Dans une autre patrie, j'aurai déjà largement développé le réseau relationnel. Ici, je suis un peu le Tom Hanks dans "Seul au monde", qui s'est construit un "Mr Wilson" pour pour pouvoir converser. Si j'omets Rizza et Mariz évidemment.

Les Canadiens sont très attachés aux règles. A titre d'exemple, même lorsqu'on a supprimé l'obligation du port de masque, beaucoup ont continué à le porter. Dans les supermarchés, dans les salles de fitness ou même en extérieur. Je vois certains parents ou enfants quitter l'école avec un masque alors qu'ils sont en plein air. La débilité ne tue pas mais quand même...

Et un Canadien a certaines coutumes. Déguster un café au Tim Hortons à 8h du matin ou se rendre au Mc Donald. Ou encore conduire son char d'assaut pour parcourir les rues. A savoir les gros 4x4 sui font un gros broum broum à chaque démarrage.

Il y a tout de même quelques traits de caractère que j'apprécie nettement mieux chez nos amis nord-américains par rapport à mes confrères belges. Il s'entraident. Par exemple, j'avais crevé lors d'une sortie à vélo. Sur le trajet du retour, deux individus m'ont proposé leur pompe pour réparer le problème. Un est même sorti de sa maison, me voyant, tout triste, marcher à côté de mon vélo. En Belgique, tu as le temps de mourir deux fois au bord de la route avant que quelqu'un ne vienne à ton secours. Et un deuxième facteur est leur humilité. On pavoise moins ici. Reste humble mon cher ami et range tes beaux habits au placard. On ne cherche pas à montrer son statut.

Au cours de ce séjour, je compte probablement visiter mon cher ami Eder, durant quelques jours et quelques nuits. Je suis un peu en manque de rigolade, de fun. Quelqu'un avec qui tu te sens comme dans ton jardin. Le jardin d'Eden. Et Eder est ce genre de personne. Convivial, doté d'un certain sens de l'humour, critique et accueillant comme si tu faisais partie de sa propre famille. L e seul hic, c'est que je dois remettre les savates à Winnipeg et voir à nouveau sa population de décérébrés.

Au lieu de vous avoir fatigué à la lecture de ce long texte, j'aurais pu synthétiser l'expérience actuelle en trois petits mots: sport, cuisine et aventures. Sans oublier évidemment mon éternelle dévotion envers ma chère partenaire asiatique. Qui, en contrepartie, doit supporter un grincheux au quotidien.

Mes chers lecteurs, je prends maintenant congé de vous. Portez-vous bien. Je ne sais pas encore s'il y aura un troisième paragraphe. Cela dépendra du succès de cette "story" et du nombre de "likes". Je compte bien devenir un influenceur.

J'espère que vous avez apprécié ce petit voyage en terres inconnues et veuillez excuser mon discours parfois très critique.

Ciao a tutti,

The Grinchy.

NB: Les projets futurs? Je n'en ai aucune idée.

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Publié le 14 juillet 2022

Le voyage se rapproche déjà de la fin. 5 mois, c'est beaucoup et peu à la fois. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, il reste 1 mois à profiter des vacances, à compter de ce jour.

Début juin, j'ai rendu visite à mon ami Eder. Lui et Madeleine travaillent au même endroit, dans un petit café/restaurant du centre. Madeleine est la manager de salle du restaurant et Eder travaille comme cuisinier de ligne. Ils ont également emménagé dans un nouvel appartement, avec vue sur la rivière. Très bon choix. Ils peuvent profiter d'une belle vue sur la rivière via un balcon et l'appartement est bien situé. Proche du centre et les voisins sont cérébralement normaux.

Durant le voyage, j'ai pu rencontrer leurs nouveaux amis. Quatre couples canadiens d'une trentaine d'années. Des gens civilisés et plutôt sympas. Ils se font des soirées de manière hebdomadaire. Je suis content pour Eder: le fait de côtoyer de nouvelles personnes lui rend assurément la vie plus facile et améliore son moral. Quand tu es seul au monde dans une ville telle que Winnipeg, c'est un peu le même challenge que Tom Hanks dans le film du même nom.

Je n'ai visité Winnipeg que durant quatre jours mais le voyage valait le détour. Dire bonjour à mon seul ami canadien et voir de nouveaux horizons. Winnipeg n'est d'ailleurs pas si laide que cela. C'est son hiver interminable et sa population morbide qui lui donnent un aspect repoussant. Si je devais comparer la structure et l'infrastructure de la ville par rapport à Hamilton, j'opterais pour Winnipeg. J'apprécie simplement plus Hamilton car la mentalité et le mode de vie sont très européanisés, collant davantage à ma personnalité. C'est selon moi la différence majeure entre l'est et l'ouest canadien.

Au niveau sportif, j'ai pu réaliser une performance acceptable aux 10K de Toronto le 18 juin. En principe, je ne devais pas participer à cette compétition. Une annulation d'un événement le 26 juin m'a forcé à m'inscrire à ce 10 kilomètres. Au niveau de la préparation, j'étais un peu dans le flou. Je n'avais quasi fait que du tapis roulant au niveau "running". Complété par un gros volume en natation (7 séances durant les dernières semaines) et du vélo. Et je n'avais couru que très peu en comparaison à l'année passée. Je suis donc plutôt content d'avoir pu courir sous les 32 minutes. 19 km/h sur 10 bornes avec un kilométrage assez faible, tu ne peux pas espérer beaucoup mieux. Et en analysant les profils sportifs des athlètes devant moi, ils font tous plus de 100 bornes par semaine. Tout en étant certainement coaché. Et notons également qu'avec ce chrono, je suis plus rapide que toutes les femmes athlètes canadiennes et également belges. C'est important 😀.

L'alimentation (réduite), le tapis roulant et la musculation ont été les éléments clés de cette performance. Malgré tout, le chrono n'était pas la chose la plus importante. Le principal était d'avoir des douleurs limitées le lendemain. 10 mois que je dois supporter la même blessure à l'arrière de la jambe. Matin, midi et soir. Je pensais qu'elles allaient totalement s'éteindre avec les vacances et l'arrivée de l'été mais ce n'est pas le cas. Donc je fais le sport au caractère, à l'abnégation. Avec le risque qu'il y ait une aggravation (une petite amélioration se profile quand même depuis plusieurs jours).

Cette blessure me conforte dans une seule idée: je peux encore abaisser le chrono. Je me suis constamment freiné et les séances de courses à pied étaient chaque fois courtes. Donne-moi un nouveau corps et je deviens un fauve qui court après les proies. Si le corps tient, les objectifs d'automne seront un semi-marathon au port d'Anvers en septembre (chrono < 1h10), un marathon en octobre et les 4 cimes en novembre. En cas de préparation correcte et exempte de blessure, j'aimerais aller chercher un podium aux 4 cimes et taquiner les meilleurs coureurs régionaux belges.

La principale satisfaction en matière sportive reste tout de même la natation. Un nageur confirmé me confiait récemment qu'il avait été étonné de ma progression en quelques mois (côtoyant le même centre sportif). Et il avait peine à croire que j'avais seulement commencé à nager à 27 ans, soit depuis 5 ans, en regardant des vidéos Youtube.

Rizza et Mariz se portent bien. La jeune demoiselle vient de terminer sa 6ième année d'école primaire. Je m'amuse à lui rappeler qu'il s'agit juste d'études de bacs à sable à ce stade. Ce qui n'est pas forcément faux. Surtout que le niveau scolaire canadien n'a pas l'air très élevé.

Rizza continue le travail à domicile. Sans pression outre mesure mais elle devient plus occupée. Et la compréhension de son nouveau job s'améliore au fil des jours. Cela reste dur, selon moi, de ne jamais voir ses collègues. Les liens sont limités, même s'ils s'avèrent parfois nocifs dans certaines entreprises. La majorité de ses collègues se trouve aux Etats-Unis. Elle pourrait d'ailleurs devoir se rendre à Miami dans le cadre d'un team building.

Le weekend du 1er juillet, jour de fête nationale canadienne, nous sommes à nouveau partis dans une région où l'activité humaine est très restreinte et où tu peux évacuer le stress à plein tubes. Au moment de la réservation des petites cabanes en bois (perdues au milieu des lacs), j'avais convié la belle-famille de la soeur de Rizza. Même si plus les jours passent, moins j'apprécie passer des moments avec sa belle-famille. Leur caractère asocial, mêlé à une ours-attitude, devient lassant. Ils sont tellement ennuyeux. Encore bien que la soeur de Rizza et sa fille relèvent le niveau et apportent bien plus de gaité.

Les cabanes étaient à 4H de route au nord d'Hamilton, bien loin de toute circulation. Très rustiques, on aurait cru revivre en temps de guerre. Rizza n'appréciait d'ailleurs que très peu le caractère peu luxueux de l'habitat. L'environnement extérieur valait néanmoins son pesant d'or. Situées pile en face d'un lac où tu pouvais nager, faire du kayak ou simplement admirer la belle vue bleue et le coucher de soleil donnant sur le lac. Le soir, nous mangions le repas que Rizza et sa soeur avaient préparé. Un vrai festin. Il faut savoir que les Philippins emmènent des provisions au-delà de l'imaginable lorsqu'ils partent en séjour. C'est à peine croyable.

Lors du séjour, après la première nuit et séjournant dans des cabines différentes, la soeur de Rizza lui envoyait un message "On ne va probablement pas rester la deuxième nuit car il y a trop de moustiques et on ne sait pas dormir". Message reçu à 6H du matin, juste au moment où je partais courir pour me lever de bonne humeur. Je me suis demandé pendant la course à pied "Combien de temps vais-je encore me les coltiner?". Ils sont finalement restés et encore bien...Tu ne peux quand même pas partir en pleine nature et espérer qu'il n'y ait aucun insecte. Ce n'est pas un hôtel...

Mes deux cohabitantes sont proches d'obtenir le fameux sésame (passeport canadien) en vue d'un voyage de l'autre côté de l'Atlantique. Vol à destination de la Belgique réservé du 16 août au 6 septembre prochain, elles sont à la fois excitées et nerveuses de découvrir l'Europe. Mais je suis sûre qu'elles apprécieront l'univers gastronomique de notre région. Leurs papilles vont être aux anges. Et je compte bien leur faire découvrir notre bel espace naturel et les villes belges principales. Trois semaines, cela reste assez court pour visiter tous les recoins mais Rizza n' a que 15 jours de congé annuels. Je pense qu'elles apprécieront quand même de connaître une nouvelle culture.

Chaque année, je peux fouler les terres outre-Atlantique mais mon éternel statut de touriste me donne de plus en plus un goût amer dans la bouche. Je constate avec désarroi l'échec total de l'ensemble des démarches effectuées. Point mort. Ce gouvernement canadien est d'une nullité inacceptable au niveau de l'immigration et leur campagne "Venez chers Francophones" est un mensonge que même un enfant ne saurait gober. Je devrais porter plainte pour diffamation. En attendant un avancement peu probable, je dépense mon argent. A vitesse folle. L'extinction du fameux Covid en est le facteur principal. Toutes les activités sont à nouveau disponibles. Et l'inflation ici est énorme, comme partout. Au regard de l'augmentation des prix des logements, des loisirs et autres, j'en ai les yeux ébobis. Je pense que ce monde était déjà fou depuis longtemps mais actuellement, c'est le vase qui déborde.

Avant de clôturer ce voyage et de ramener temporairement deux femmes à la maison, il restera 2 étapes importantes. La première est un voyage dans un parc ce weekend (16-17 juillet) pour l'anniversaire de Rizza. Avec un superbe panorama qui nous attend, comme d'habitude. La deuxième est un premier triathlon à Bracebridge le 23 juillet, une ville à 2H au nord d'Hamilton. Je me maudis d'ailleurs de na pas avoir apporté le vélo de Belgique. Aucune comparaison avec le vélo d'entrée de gamme de Décathlon à 350 EUR que je chevauche actuellement. Mais je tenterai quand même de faire le maximum. Je relaterai ce beau défi sportif sur notre cher réseau social.

Les nouvelles canadiennes se clôturent ici pour cet été. Rendez-vous le 16 août de l'autre côté de l'océan.

Ciao a tutti,

Minimath

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Vous êtes au bon endroit pour visionner le spectacle qui se déroule depuis 2 mois, au nord de l'Amérique.

Le décor a des allures très citadines, même si ce n'est pas la grande métropole de Toronto. Hamilton n'est pas très éblouissante: un centre-ville peu dynamique, une architecture grossière et peu de coins verts. Il suffit d'acheter une plante pour décorer son intérieur et tu auras plus de verdure qu'en cheminant les différents recoins de la ville. En excluant son hiver glacial et sa population décérébrée, Winnipeg avait presque fière allure comparé à Hamilton. Il était plus agréable de déambuler sur ses grands boulevards ou dans ses petits parcs.

Le paysage n'est pas très blanc en ce début de mois de février. Des températures très, voire anormalement clémentes pour la période, Vivons-nous bien au Canada? Hamilton n'est pas connue pour son froid polaire mais ce mois de février est habituellement marqué par de fréquentes chutes de neige. Une météo tellement douce qu'elle étonne sa population.

En arrivant de Winnipeg par la voie aérienne pour célébrer le mariage, Eder est le premier surpris et satisfait des conditions climatiques. J'ai un peu de compassion pour lui, il vient d'une des villes les plus froides au monde.

Les premiers jours furent relativement calmes avant la tempête, annoncée le 14 février de l'année 2023. En cette date de célébration des Valentin, nous prenons part à un mariage, le nôtre. Les protagonistes sont en minorité mais de qualité. Eder constitue mon témoin, étant mon seul ami de ce côté de l'Atlantique. Rizza a choisi de son côté sa meilleure amie, Michelle, qui provient du même village aux Philippines. J'apprends, avec stupéfaction, qu'elle est enceinte malgré qu'elle n'ait rencontré son compagnon il y a quelques mois seulement. Le reste des invités inclut Mariz, sa soeur et sa belle-famille ainsi que quelques autres amis. Le grand absent est le mari de la soeur de Rizza. En pleine procédure de séparation, il n'a pas pointé le bout de son nez. Néanmoins, cette affaire a connu plusieurs rebondissements à posteriori et est digne d'une pièce de théâtre.

Le jour du mariage fut quand même particulier. Ta partenaire devient ton épouse et ça change. Tant dans les faits que dans les sensations. En 2018, année du grand envol vers le Canada, j'aurais ri au nez de toute personne affirmant que j'allais marier une Philippine 5 ans plus tard. Tanguy à 28 ans, "late bloomer", je cherchais l'aventure et j'en ai eu pour mon argent (qui s'est bien dilapidé depuis lors). Un long chemin a été parcouru durant ces dernières années, avec comme aboutissement la communion d'une culture philippine et européenne. Qui sont relativement diamétralement opposées et c'est une combat au quotidien. Entre la famille omniprésente, les traditions catholiques bien encastrées et les souches asiatiques dures comme de l'acier, l'Européen peine de temps à temps à s'imposer.

Le mariage a été célébré dans une petite chapelle. Non très ostentatoire mais plutôt discrète à l'image de ses invités du jour. L'hôte est accueillant et la personne célébrant la petite messe parlait même français. La seule personne à l'heure actuelle avec qui j'ai pu échanger quelques mots dans la langue de Shakespeare. La cérémonie fut plutôt concise: des échanges de voeux, quelques citations, le célèbre "Voulez-vous épouser...? Oui, je le veux" et il était déjà temps de renfiler la veste et se diriger vers le restaurant pour remercier les conviés du jour. Ce n'était pas de la fine gastronomie: des pâtes, des sandwiches,...juste l'occasion de passer un agréable moment tous réunis.

Deux jours plus tard, Eder repartait déjà vers le grand froid. Nous eûmes à peine le temps de visiter les chutes du Niagara.

Ai-je commencé à chercher de l'emploi? Négatif, Sir. Sur une échelle de 1 à 10, je suis au stade 0. Après la célébration du mariage ce 14 février, je devais attendre minimum 6 semaines avant de pouvoir postuler pour un certificat de mariage (coûtant la modique somme de $172). Quand je disposerai de ce petit bout de papier, il faudra commencer une lourde procédure avant de pouvoir légaliser le statut au Canada et être éligible sur le marché du travail. En d'autres termes, je peux m'estimer heureux si je suis "employable" avant la fin de l'année. Et normalement, en tant que touriste, mon droit de conduire en terres ontariennes expire déjà le 7 avril 2023. Nul besoin de vous affirmer que mon statut actuel est encore très primitif. Je suis néanmoins "enjoué" par les perspectives d'emploi qui s'offrent à moi à l'avenir. Des opportunités dans d'autres secteurs grâce à la maîtrise du français. Je dirigerai certainement mes recherches vers un emploi bilingue, le français m'aidant un peu à me sentir à la maison. Je vous avoue volontiers que la longue période de 4 années de jobs intérimaires en Belgique va me manquer. La sensation de se sentir libre comme l'air, d'être détaché. Après quelques mois, ta mission est déjà finie et tu peux switcher vers de nouveaux défis.

La relation avec le Canadien "type", ce n'est pas un véritable coût de coeur. Ils sont grands, distants et souvent peu intelligents. Ils ne dégagent pas de chaleur, à l'image du climat. Leurs conversations sont souvent banales, sans profondeur. Et tu n'es pas un vrai Canadien si tu ne conduis pas un pick-up volumineux qui fait "broum broum". Les Canadiens n'ont pas non plus beaucoup de progénitures. Ils préfèrent les animaux de compagnie tels que les chiens. Ce serait tellement plus sympa s'ils étaient plus conviviaux, moins "English". Et le français me manque. Devoir décrypter leur accent anglophone au quotidien, c'est fatiguant. Aux alentours, il n'y a pas un seul tondu qui vocifère quelques mots dans notre belle langue. J'ai toujours droit à un "Hey buddy, how is it going?". Même après autant de temps, je n'y suis pas encore habitué. Et ceux qui prétendent être bilingue après quelques mois passés à l'étranger, je me demande toujours quels sont leurs critères pour arriver à une telle conclusion.

Le sport, c'est un peu le talon d'Achille de ces dernières semaines. Tout avait pourtant bien commencé. Dès les premiers jours, je m'étais réabonné au centre de fitness. Je faisais de la natation à raison de 15km+ par semaine, des séances de tapis de course 6x/semaine, de la musculation (5X/semaine),du spinning et du vélo. Mais une douleur au genou droit a bien vite arrêté cette charge sportive additionnelle . Certainement dû à une surutilisation de l'articulation et j'ai également compensé sur ce genou, la fracture de la cheville gauche étant toujours douloureuse. Cela me force à reporter tous les objectifs sportifs, notamment les semi-marathons de Montréal le 22 avril et de Toronto le 7 mai.

J'ai pourtant bien reposé l'articulation dès l'apparition de la douleur. Mais les soins n'ont pas été suffisants et je fais à nouveau du sport en traînant une blessure (malgré tout mineure par rapport à ce que j'ai connu par le passé). Une nième qui s'ajoute à une liste déjà bien saturée. Depuis mes 18ans, je pense que les blessures ont constitué 75% de mon temps de vie. J'espère, sans certitude, que je pourrai pleinement exprimer le petit potentiel dont je dispose et arriver à un entraînement abouti avant une compétition, un jour.

Pour compenser la diminution de la course à pied, je continue à nager 7 jours/semaine (actuellement à 50 jours d'affilée de natation entre le 15 février et le 5 avril) et j'accumule beaucoup de séances de vélo. Concernant la course, je me limite à du tapis et je fais du tempo pendant plusieurs minutes entre les 19 et 20 km/h. Si j'estime que les douleurs sont suffisamment gérables, je participerai au semi-marathon d'Ottawa le 28 mai et je suis déjà inscrit au semi Iron Man de Muskoka le 10 juillet (1.9km natation/90km vélo/21km course), dont le prix de participation s'élève modestement à 320 EUR. "Let's fight until I die": tant que les objectifs ne seront pas atteints, je continuerai à me battre et à surmonter les nombreux obstacles. Rien ne sert de se larmoyer sur son sort, il faut vivre avec les pépins et se relever. Mais je suis convaincu qu'une fois que mon corps pourra surmonter tous les maux physiques et être à 100%, je ferai des dégâts et j'attendrai une forme jamais connue auparavant, même si je prends un peu de l'âge. J'ai plutôt tendance à m'améliorer avec les années qui défilent. A 25 ans, j'étais peu en condition avec du gras sur tout le corps. A 33 ans, j'ai 6 belles boules sur le bas du ventre et tout est meilleur. Ce n'est qu'une question de mental, de rigueur et de régularité.

Mariz se développe petit à petit en tant qu'adolescente et ses centres d'intérêt s'affirment: la lecture et les garçons. Elle serait capable d'avaler un livre en une journée. Une vraie "bookworm". Et son attrait pour les petits garçons de l'école s'attise. Son "crush" actuel est un joueur de l'équipe de basketball. Un petit blondinet aux longs cheveux, au teint très pâle et avec la peau sur les os. Visiblement une attraction qui s'avèrera temporaire. Elle gagne aussi pas mal de poids dernièrement. Je m'amuse à la titiller sur le sujet car ça enfle de partout. Le temps arrivera bientôt où elle portera un oeil plus attentif sur sa nutrition quotidienne.

Quant à son a caractère quotidien, il est plutôt digeste. Un comportement amélioré en comparaison à l'année précédente et elle fait preuve d'une certaine perspicacité pour son âge. Ce n'est pas le cas de tous les mômes de la nouvelle génération, généralement plus doués avec un écran qu'avec une plume. Et elle montre un certain respect pour sa maman et moi-même. Je crois qu'elle comprend qu'elle n'a pas trop le choix, sans quoi je lui botterais les fesses. De manière littérale et imagée.

La vie s'articule quand même beaucoup autour des activités de Mariz. Violon le lundi, basketball et ballet le mardi, ballet et basketball le jeudi, et bientôt le voleyball le vendredi et durant le weekend. C'est évidemment favorable quand un enfant a plusieurs activités mais on frôle l'excès. J'imagine que c'est la norme quand une maman chérit son enfant. Il passe en première position et toi en deuxième. Tu fais un peu plus partie du décor.

Rizza, ou plutôt ma femme, continue son travail à domicile. Elle a seulement l'obligation de se rendre au bureau une fois par semaine. Mais ce n'est pas la porte à côté: 1 heure et demi de route par trajet. Je ne sais pas si elle continuera sa carrière dans cette nouvelle orientation "Goods and trade compliance analyst". Moins stressant que la finance pure mais pas spécialement plus amusant. Mais elle s'y plaît pour le moment. A côté du travail, elle essaye d'affiner sa silhouette. Je ne sais pas si c'est l'effet de mon joug mais elle se lève généralement à 5H30 (si je la réveille) pour enchaîner 20 minutes de yoga et 20 minutes de tapis. A raison de 6 jours sur 7. Et il ne faut surtout pas la déranger pendant son "workout", en envahissant son espace personnel. Malgré le sourire et l'aisance sociale qu'elle affiche au jour le jour, ne sous-estimez surtout pas le démon qui se cache derrière ce petit bout de femme. Parfois, elle rivalise aisément avec mon gros caractère.

La femme à domicile a aussi son chef à domicile. Je contacte les repas presque toute la semaine. Une belle fréquence et une belle aide au quotidien. Les recettes me viennent de plus en plus facilement à l'esprit, j'imagine que que l'on peut définir cela comme l'expérience. Outre la cuisine, j'affine mes qualités de pâtissier: gâteaux, pain et autres. Mademoiselle étant une pure "turophile", les gâteaux sont principalement des "cheesecakes" , Si j'avais suivi une formation hôtelière et perfectionné la technicité, j'aurais certainement pu ouvrir un restaurant ou une boulangerie à Hamilton. Leur cuisine n'est pas très raffinée. Souvent grossière. C'est un véritable manque par rapport à l'Europe où on se délecte avec des produits de qualité.

Vous l'aurez compris, le quotidien s'articule autour du sport, de la cuisine, de Netflix et un peu de lassitude à certains moments, par défaut d'occupation. Les journées commencent tôt, entre chien et loup, soit 5H30-6H. Je ne me suis levé qu'une seule fois après 7H depuis l'arrivée en Amérique. Les grasses matinées, ce n'est pas autorisé, même en vacances continues. Je nage habituellement vers 6-7h et j'enchaîne avec le vélo et/ou le tapis de course, selon la tolérance corporelle. Et j'intègre au cas par cas du renforcement musculaire, avec ou sans machine. Et je répète jour après jour car la clé, c'est la régularité. Rien ne sert d'aller courir 30km si c'est pour ne pas aller courir pendant 3 jours après. Il vaut mieux étaler en faisant 3x10km. Prochainement , je mettrai un peu plus d'accent sur le vélo pour ne pas trop souffrir pendant l'Ironman 70.3. Même si les cuisses se sont bien développées depuis 2 mois. J'observe rapidement une différence quand je fais de la musculation ciblée sur les jambes. D'ailleurs, je ne sais pas si cette musculation a joué un rôle dans la prise de poids. Dès les deux premières semaines, j'avais pris deux kilos avec plus de deux heures de sport par jour. Et la flèche de la balance n'a cessé d'augmenter depuis lors. Je ne saurai bientôt plus faire un pas devant l'autre si ça continue.

Les visites de parcs se profilent à l'horizon. Un est programmé à la mi-avril (Killarney) et c'est une pépite. Une longue route pour y arriver, 4H30, mais il en vaudra la peine. Un deuxième pointera le bout de son nez à la mi-mai. Et en juillet, l'agenda est complet. L'half Iron Man le 10 juillet, un séjour dans une tente sur une île à la mi-juillet et enfin, la visite du parc "Point Pelée" à la fin du mois. Où nous avions déjà posé nos valises il y a deux ans. Lors de l'une ou l'autre aventure, nous seront certainement accompagnés d'un couple chinois rencontré récemment. Shirley et Alex. Shirley est en réalité la collègue de Rizza chez Cargill. Nous avons passé deux repas ensemble et ils sont plutôt plaisants. Humbles, sympathiques et qui aiment la vie sans chichi.

La vie au Canada, il ne faut pas croire que ce sont de simples vacances de l'autre côté de l'Atlantique. C'est un combat de tous les jours et ton mental est généralement soumis à rude épreuve. Une langue courante différente, 6000km de distance avec ton pays d'origine, du décalage horaire et peu de support. Très éloigné des racines de l'arbre où tu t'es développé, il faut faire preuve d'un certain fighting spirit et accepter certains événements que tu manqueras dans ton pays natal. Mais la beauté du périple, c'est la sortie de la zone de confort, Celle où tu t'enlises et tu te demandes jour après jour pourquoi tu te réveilles et pourquoi tu t'endors. La routine mortelle qui te consume à petit feu. Tu acceptes de vivre une grande aventure et il n'y a pas d'aventure sans obstacle.

La fin du mois de février et le mois de mars furent assez polaires. Nous avons connu plusieurs tempêtes de neige et des températures majoritairement négatives. Elles n'ont commencé à grimper qu'à l'arrivée du printemps. Je m'impatiente de voir la vraie chaleur arriver et d'entendre les petits oiseaux chantonner. Le paysage hivernal est beau, recouvrant la ville de son petit manteau de neige, mais le corps préfère le chaud. Et l'humeur aussi.

Les préparatifs pour le mariage ecclésiastique aux Philippines continuent leur petit bout de chemin. Billets d'avions réservés pour la fin octobre, lieu du mariage déjà définitif, destinations de road trips en cours de processus,... Tout est sous contrôle, sauf les sommes dépensées à cet effet. Se marier de l'autre côté de la planète, c'est dispendieux. Quand on aime, on ne compte pas...mais moi, je peux vous assurer que je compte! Picsou un jour, Picsou toujours. Et ce n'est pas le gouvernement canadien qui aide à assainir mes finances.

C'est déjà la fin de l'épisode 1 de cette saison. Ne ratez pas le deuxième volet, il risque d'être pétillant. Autant que la canette de coca que j'avale au quotidien.

Le chômeur endurci vous salue et prenez soin de vous! Take care, comme on dit ici.

A bientôt pour d'autres péripéties.

Minimath

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Deux mois se sont écoulés depuis le dernier article et il est temps de donner quelques nouvelles transfrontalières. Le temps file, j'ai atterri chez les caribous depuis plus de 4 mois déjà. L'horloge de chacun d'entre nous tourne à grande vitesse, qu'on le veuille ou non. On ne sera jeune qu'une fois et on n'en profite pas toujours, malheureusement.

Je pourrais vous dire que je me suis lié d'amitié avec des dizaines de personnes, que j'ai trouvé le job de mes rêves, que le Canada est mon deuxième pays de coeur,...La réalité est aussi loin d'être rose et fleurie. Je n'ai pas encore intégré de groupe social mais je compte peut-être intégrer un groupe de running convivial, sans pression. Mais il faut avouer que ce n'est pas évident de développer ses accointances ici. Ils n'ont pas le coeur aussi chaleureux que l'été qui nous attend.

La recherche d'emploi(s) n'a pas non plus débuté, à défaut de permis de travail. La bonne nouvelle, c'est que de la demande de résidence permanente canadienne a enfin été soumise, en payant une coquette somme de 800 EUR. Il a fallu compléter une myriade de documents et fournir bon nombre de justificatifs. Si la demande est complète et approuvée par un agent du gouvernement- je ne sais quand - je pourrai demander un permis de travail (coûtant lui-même plus de 100 EUR). Le délai pour l'avoir est généralement de 4 mois. Autant vous dire que je travaillerai pas avant le décollage vers les Philippines en octobre ou le début de l'année prochaine. En attendant d'être un visiteur légitime dans le grand Nord, je puise dans les réserves financières, sans contrebalancer par une quelconque source de revenus. Le Canada ne m'aura jamais aidé dans les démarches et continuera à nourrir en moi un sentiment vindicatif, qui ne s'atténuera pas au fil des années. Nos frontières européennes sont bien plus ouvertes malgré ce que les autorités canadiennes affichent sur la toile. Il faut bien montrer une bonne image au public, c'est comme ça que le monde actuel tourne.

Vous pourriez vous dire que je m'ennuie à longueur de journée. Rien de tel. Je m'impose un certain rythme, pour ne pas déconnecter. Le lever se fait à 5H30, la nage à 6H et la course à pied/vélo souvent dans l'après-midi. Je prépare aussi du pain-maison tous les jours. A chaque fois la même recette, du pain au lait, que je connais sur le bout des doigts. Un vrai régal pour les papilles - des miennes, de celles de Mariz et Rizza. Un pain meilleur que dans les boulangeries du coin. 480g de farine, 240g de lait à température ambiante, 1 oeuf, une càc de sel, 8g de levure et une noix de beurre incorporée à plusieurs étapes. Du pétrissage, du repos pour lever. On coupe la pâte en deux, on la plie, on la roule et deux belles baguettes au lait sortent du four après une cuisson de 20-25 minutes à 180°C. On répète ça jour après jour. Et plus vous donnez de l'amour au pain, plus il sera bon. Les deux demoiselles de la maison en redemandent et ne laissent guère de répit au boulanger. Même si celui-ci ne travaille pas la nuit, l'appel du plumard se faisant généralement vers 21H-22H. Le sommeil, c'est précieux et pas question de déroger à l'horaire fixé. Outre la pâte à pain quotidienne, mes deux convives profitent d'un plat artisanal au soir. Minimum 5 fois par semaine. Je em suis converti en une vraie fée du logis, même si j'apprécie nettement plus la pâtisserie que la cuisine. J'adore faire la pâte, la cuire. J'ai l'impression de créer et de stimuler ma créativité dès que je façonne une pâte. Chose qui me manque tellement en comptabilité. J'aime les chiffres mais pas toujours les personnes qui les produisent. Un environnement souvent un chouïa trop compétitif à mon goût, où les individus cherchent davantage à se mettre en valeur plutôt qu'à coopérer.

Abordons la partie sportive, qui fera toujours partie intégrante de mes récits. Un semi-marathon début mai à Toronto qui a laissé quelques regrets. Tout d'abord car je n'ai pas toujours pu m'entraîner à 100% durant la préparation, avec une douleur handicapante au genou. Et ensuite, un chrono final un peu trop élevé à mon goût. Même si certains diront que je revenais d'une belle fracture de cheville jeune de 6-7 mois, et que certaines personnes, avec une telle blessure, ne commencent à re-courir qu'à ce moment précis (la cheville étant un des piliers pour cavaler). Je reste déçu et je devais me consoler moi-même les jours qui suivaient. Malgré la déception, je me répète que s'améliorer, peu importe la discipline, ça prend du temps et de la patience. On ne se transforme pas en Super Sayan du jour au lendemain. Bien qu'en voyant l'évolution des performances sulfureuses actuelles dans le monde sportif, on se le demanderait bien. Et quand tu t'entraînes sans coach, sans conseils, tu progresses moins vite inéluctablement. Tu n'as pas accès à une structure sportive, à la science et personne ne te stimule, sauf toi-même. A contrario, cela donne nettement plus de satisfaction quand tu réalises une belle performance par tes propres efforts et tes propres moyens. Et parfois, tu domines nettement certains athlètes qui sont affiliés à un club dans la discipline en question.

Il faut juste du dévouement, de la détermination et ne pas abandonner. L'âge n'est pas toujours un facteur rédhibitoire. On peut être bien meilleur à 40 ans qu'à 20 ans, simplement par un entraînement plus régulier et une meilleure hygiène de vie. A 25 ans, j'étais pâteux. A l'âge du Christ, je me sens revigoré. A 27 ans, je ne savais pas nager. Et maintenant, on m'a déjà demandé si j'avais participé à des compétitons de natation. Ce n'est pas toujours amusant de plonger dans l'eau au lever du soleil mais, quand tu commences à glisser à force de répéter les mêmes mouvements chaque jour, tu apprécies tellement. Répétition, répétition et répétition. Régularité, régularité et régularité. Les maîtres mots pour aller plus haut.

Vous me demanderiez pourquoi faire tant d'efforts pour être, au final, si faible par rapport aux athlètes élites. La réponse est simple: du plaisir, du dépassement de soi, un maximum d'oxygène pour décompresser de notre vie stressante et apprécier les maigres progrès quotidiens. Je me sens tellement mieux après avoir nagé et couru sur la même journée. Tu es dans ta petite bulle et souvent, personne n'est là pour la percer. Peu importe les performances/ le chrono, chaque sportif a son mérite. Il s'est entraîné, son coeur a palpité pendant la course et il est parfois récompensé. Même si tu es un petit lapin qui court le semi-marathon en moins d'1H, tu termineras ton séjour au même endroit que chacun d'entre nous: au fond d'un trou.

Je suis actuellement libre de tout blessure. Tellement rare et tellement agréable dans la vie quotidienne. Il me faudra bien éviter tous ces pépins physiques pour enfin passer un pallier sportif et titiller les athlètes qui se trouvent au-dessus dans le classement. Vu la récurrence des blessures, certains pourraient penser que je gère très mal mon corps. Au contraire, je fais très attention à la charge et l'intensité mais on ne peut pas tout contrôler. Un corps fragile, quelques déficiences musculaires que j'essaye de résoudre avec la musculation,... Le sport engendre des risques et plus vous augmentez la charge d'entraînement, plus vous êtes sujet à risque. Au niveau des prochaines compétitions et des objectifs de la saison, il y aura le semi Iron Man début juillet, qui approche à grands pas. Je n 'ai pas réalisé de préparation spécifique, le but étant de prendre de l'expérience sur ce type d'événement longue distance. Et ensuite, je compte bien améliorer le PB sur semi-marathon, à Montréal fin septembre. Inch'allah, j'éviterai tous maux corporels d'ici là.

Passons à la communauté locale: les Canadiens. Ce sont les rois des grosses voitures. La norme est un pickup, pour se faire remarquer du grand public et montrer son pédigrée. Ces mêmes voitures qui te frôlent non-stop lors de ta sortie à vélo. Un jour, ma tête roulera sur la route et je n'aurai rien remarqué. La sécurité et la qualité des routes pour les deux roues, ce n'est pas propre à Hamilton. La paisibilité de nos campagnes liégeoises suscite un manque énorme. Et les côtes sont inexistantes ici, celles qui vont chavirer mon coeur, Je dois me contenter de ma femme pour cela.

Les Canadiens, ce sont également les rois de la consommation. Plus je consomme, mieux je me sens. Chaînes de fast food, supermarché,...Ils y vont de bon coeur. Ils ne se fixent pas de limites et adorent les déchets à grande ampleur. Vivons, achetons et jetons. Pourquoi se fixer des limites quand l'argent coule à flot. Et ces Canadiens éduquent leurs enfants à leur image: de petits rois écervelés qui feront couler notre belle planète. D'ailleurs, la situation climatique se dégénère ici aussi. Les feux sauvages se propagent à grande vitesse, dans toutes les provinces, créant des amas de fumée dans les mégalopoles . Mais les individus nord-américians n'en prennent pas vraiment conscience. Ils continuent le même mode de vie. Et la population ne cesse de croître. Toujours plus de personnes, toujours plu de débiles. Les routes canadiennes sont de plus en plus congestionnées. La solution miracle, face à cette population en constante hausse, c'est un coupage de queues à grande échelle. Mais je risque de m'opposer aux droits de l'homme... Pauvres seront nos enfants!

Le Covid, sans compter toutes les limitations qu'il a engendrées, manque à certains égards. Il nous a un peu rappelés nos fondamentaux: profiter de la vie en toute simplicité. Se balader à pied ou à vélo dans la nature, apprécier la base. Je me souviendrai toujours d'une petite balade en courant que j'avais faite le 15 mars 2020, avant de décoller pour le Canada. Aucun bruit dans les rues, les oiseaux qui chantent, le calme complet. Que du bonheur. Mais ce mode de vie-là, c'était avant. Les gens reprennent leurs habitudes précédentes à vitesse grand V, ne s'imposent plus de limites et consomment.

Ma femme jongle entre le travail et les préparatifs du voyage aux Philippines. Elle y intercale aussi ses séance de yoga et de tapis roulant quotidiennes, espérant attraper quelques abdos dans un futur proche ou lointain. Elle s'occupe de la planification du mariage tous les jours, elle y attache tellement d'importance. Les premiers objectifs de vie d'une Philippine selon moi, c'est se marier, acheter une maison et faire des enfants. Cela s'applique peut-être à un majorité de femmes mais c'est encore plus marqué en Asie j'ai l'impression. Les traditions, c'est sacré. Pour les préparatifs, il faut penser à tout: photographe, styliste, coordinateur, maquilleur, salle de réception,.. Tout cela à distance. Et tous ces professionnels se gavent comme des oies: ils sont chers et aiment l'argent. Nonobstant, je pense que ce sera un beau mariage car tous les éléments sont réunis: un décor de rêve au bord de la plage avec des invités de luxe. Ils mettent les petits plats dans les grands au niveau des mariages philippins, on ne veut pas que ce soit un fiasco!

Rizza travaille à distance quatre jours sur cinq. On se marche un peu sur les pieds à l'appartement et on doit supporter nos sautes d'humeur mutuels. Moi et ma personnalité bipolaire, toujours un peu grognon et bougon le matin voire la journée, et Madame qui pique ses crises de temps à autre. Elle sait être une petite princesse avec un coeur d'artichaut, mais elle sait aussi se transformer en petit démon aux heures perdues. Mais quelle femme n'aime pas casser les pieds à son conjoint quand cela lui botte? C'est une particularité bien féminine et aucun homme n'y déroge. Mais j'aurais pu tomber sur un caractère beaucoup plus indigeste. Elle reste un petit ange avec une auréole quand elle le veut. Et dire que nous avons déjà fêté les noces de pétale...quatre mois que je la supporte en tant que Madame Moor!

Mariz a fait le grand tremplin vers l'adolescence. Cette période de l'existence où l'attraction vers le sexe opposé se fait de plus en plus ressentir. Je veux plaire à tout prix: "Look at me!". Elle a aussi un peu tendance à perdre ses souches et devenir une pure anglophone. L'anglais bien pur, l'attitude,...mais elle conserve heureusement un côté plus chaleureux que l'ADN canadien. La vie s'oriente aussi autour de ses nombreuses activités: ballet, volleyball, violon, basket, football,...Sa maman en est tellement fière qu'elle a tendance à la déifier. Mais j'imagine que c'est le comportement de beaucoup de mamans. Mon enfant, mon âme, mon ADN. Il faut s'y faire quand ta partenaire a mis au monde sa progéniture. Son coeur ne t'appartient plus qu'à 50% maximum, et le pourcentage se situe souvent bien en-dessous. Mariz reste néanmoins une adolescente gérable (même si je l'enverrais bien paître les paître les praires à certaines occasions) et son cerveau fonctionne relativement bien à l'école. Studieuse, tout comme moi à l'époque (😉). Elle grandit rapidement, dépassant maintenant largement sa maman en nombre de centimètres. Quelle différence entre le moment où je l'ai connue à 7 ans et maintenant,... La taille, les centres d'intérêt, le caractère.

Ce qui me manque le plus en Belgique, en omettant la famille et les amis, ce sont nos beaux chemins et routes campagnards. L'air et le calme de la nature, la paisibilité. Pour profiter de ces joyaux au Canada, nous devons nous exiler dans les parcs provinciaux, mais ceux-ci se trouvent à quelques heures de route. Nous avons d'ailleurs deux/trois sorties estivales programmées en juillet, où on dormira dans un chalet. Et dans les villes, on ne retrouve pas l'ambiance conviviale des fêtes de village, la chaleur humaine (existe-t-elle encore?). Et je dois bien avouer que je ne me sens pas aussi à l'aise en anglais que dans notre belle langue française. Lorsque j'entends les gens parler constamment la langue de Shakespeare, cela me donne parfois la nausée. Bien sûr que je les comprends de plus en plus facilement, mais c'est une langue qui m'éloigne de mes propres origines.

Evoquons maintenant le sujet familial: la soeur de Rizza et sa belle-famille. Nous allons faire très court et synthétiser en quelques mots: j'apprécie sa soeur mais je tolère à peine ses cohabitants. Une famille d'autistes qui ne grée rien à autrui. Je n'ai pas besoin d'aller plus loin dans la description: moins je les vois, mieux je me porte!

On tire déjà le voile sur ce deuxième volet de l'aventure canadienne. Je compte bien visiter notre petite Belgique en 2024. Après un an d'absence, revenir sur ses terres natales est un besoin primitif pour la santé mentale. Et je donne rendez-vous à certains convives aux Philippines en octobre. "We are gonna have fun and enjoy!".

La prochaine fois que vous aurez droit à des nouvelles de l'autre côté de l'Océan, ce sera quand j'aurai concrétisé une nouvelle amitié canadienne! Ne soyez pas trop pressé(s)...

Take care everyone,Minimath

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Publié le 31 août 2023

Les heures matinales, je les appelle les "golden hours". Entre chien et loup, au moment où la population fait toujours de beaux rêves, tu profites pleinement de ces minutes si précieuses. Le calme règne et l'évacuation du stress est maximale. Rizza fait son yoga habituel à 6h du matin et après la relaxation du corps, elle part s'oxygéner vers 6H30, en déroulant ses petites gambettes. Elle court de plus en plus régulièrement et je suis impressionné par sa progression. Elle y a pris goût, sans être forcée. Je l'ai certainement influencée mais c'est devenu sa petite drogue matinale: du yoga et de la course à pied. Elle voit tous les bénéfices que le sport et le défoulement apportent à sa vie. Pendant sa routine à l'aurore, je ne reste pas inactif. Je pétris la pâte de pain ou j'alimente ma soif journalière de sport. De la natation, du tapis ou une bonne cuvée d'oxygène à l'extérieure.

Hamilton ne sera pas notre destination finale. Tout du moins, c'est mon instinct qui me le dicte. La ville offre une vie décente et la proximité à toutes commodités, mais elle manque de chaleur humaine. D'une âme. Et de dynamisme. Non que je crois qu'une ville peut être l'eldorado et surpasser n'importe quel autre endroit, mais on pourrait apprécier une meilleure qualité de vie et un endroit plus paisible. L'immobilier est aussi particulièrement cher en Ontario. Il faut se serrer la ceinture pendant plusieurs années pour prétendre à une maison, aussi petite et peu cozy soit-elle. Cela nous condamne à être enfermés dans un appartement. Habitat au luxe modeste mais qui n'offre pas les mêmes avantages des 4 façades. Un petit bain de soleil dans un beau jardin quand l'été pointe le bout de son nez, rien de tel pour se ressourcer.

La vie est un processus d'apprentissage constant. Je m'en rends compte au fur et à mesure des jours qui s'égrainent. Et la vie de chacun d'entre nous prendra fin avant qu'on ait une connaissance infime de ce monde qui nous entoure. Et cela conduit à tellement de frustration. A contrario, on essaye de s'améliorer dans différents domaines et chaque pas en avant procure de la joie. C'est notamment ce qui si se passe dans le sport. Je comprends seulement à 33 ans qu'il faut ménager le corps car il représente notre meilleur outil au quotidien. Si tu lui fais mal, il te rend la pareille. C'est pourquoi j'essaye d'améliorer constamment le processus de récupération après chaque séance, notamment en le massant aux huiles essentielles (arnica ou autre) et en récupérant l'énergie perdu via les boissons et la nourriture. Si j'avais l'opportunité, comme chacun d'entre nous, je gommerais le passé et je ferais la majorité des choses différemment. Trop beau pour être vrai, on doit juste subir nos erreurs et apprendre de celles-ci. C'est comme cela qu'on devient meilleur, même s'il y a eu certaines conséquences.

Je me concentre actuellement sur le sport, étant toujours dans les belles années mais je partirai certainement sur d'autres projets à l'avenir. Quand mes cellules deviendront trop vieilles pour performer et se regénérer, il sera temps de s'orienter vers d'autres objectifs: l'apprentissage d'une cinquième langue, la progression en cuisine et pâtisserie via une formation, un certificat d'entraîneur en athlétisme, des ascensions en altitude, devenir joueur de bridge,... Je regorge d'idées mais le temps manque parfois, comme à tout le monde. "Time is gold". Je remarque néanmoins que je suis doté d'une certaine polyvalence. Capable de m'adapter tel un caméléon aux différentes disciplines de la vie. A l'exception des tâches manuelles, où j'ai manifestement développé un anti-don pour lequel il ne se semble pas y avoir d'antidote. Dieu aurait coupé mes mains à la naissance, rien n'y aurait changé. Dernièrement, j'ai tout de même mis la main à la pâte avec quelques problèmes mécaniques sur le vélo et le tapis roulant.

Je suis l'homme de maison (presque) parfait. Le cuistot de service, l'homme qui fait les courses, le pâtissier, le lessiveur et le nettoyeur de vaisselle de temps à autre, et j'en passe. Il ne manque plus qu'un enfant en bas âge et je deviendrais une véritable nounou. Je bénéficie évidemment de tout ce temps libre par mon inactivité professionnelle. A mes yeux de chômeur, le travail permet d'apprécier certains bons côtés de la vie, en tenant également compte qu'il donne du rythme à tes journées et qu'il génère une source de revenus. Dans une entreprise, tu as tellement de gens vicieux et requins qu'une fois la journée écoulée, tu apprécies les heures qui suivent et le repos à la maison. L'homme a besoin de connaitre des bas ("downs") pour apprécier les hauts ("ups"). Si tu ne travailles pas, toutes les journées sont similaires, banales. On aime les vacances car on nous a ennuyé et fatigué au travail. Evidemment, à côté de toutes ces personnes pernicieuses, il y a ceux qui apportent un plus à ton existence. Les individus compétents, gentils, serviables et honnêtes. Qui te donnent un bon nombre de leurs connaissances et qui t'aident à grandir au sein de ta vie professionnelle et personnelle. Malheureusement, comme certaines espèces animales, ils sont actuellement en nette diminution.

Mariz grandit...et grossit. A l'adolescence, les muscles se développent, ou les bourrelets pour certains. Et n'ayons pas peur des mots, elle peut de temps en temps me taper sur le système et être ingrate. Cet âge où tu te regardes sans cesse dans le miroir, où tu crois tout connaitre, où tu recherches incessamment le regard des autres. Elle ne saisit pas des fois qu'on est passé par la même phase et qu'on connait l'intention de ses faits et gestes. Mais soyons objectifs, elle reste une "teen" bien éduquée, avec la tête sur les épaules. Pendant que les écoles regorgent de cervelles vides, avec un manque d'éducation, et dont l'avenir est déjà tracé. A la latte. Les nouvelles générations sont inquiétantes et les professeurs ne doivent certainement pas être épargnés. Ils sont guidés par les reels sur Tiktok et cela a pris la place des sorties entre adolescents, c'est-à-dire la vraie vie. Le QIM (quotient intellectuel moyen) et la bonne éducation semblent être en chute libre. On atteint de plus en plus le fonds du puits et il s'avère presque impossible de remonter le seau d'eau à la surface.

Les performances sportives exceptionnelles deviennent légion. Et ça me donne parfois envie de pleurer. Tu comprends aisément que les athlètes de haut niveau, en plus d'être hyper doués et d'avoir un profil génétique favorable, abusent de cocktails explosifs de médicaments. C'est indéniable dans les sports d'endurance. Et comme excuse, on retrouve bien souvent les autorisations à usage thérapeutique (AUT). De la bonne blague. De mon côté, je vois bien que j'ai tendance à plafonner actuellement, en observant le résultat de mes dernières courses. Une progression notamment freinée par les blessures et un âge "plus avancé" mais j'ai du mal à franchir le nouveau palier. Je préfère néanmoins me contenter de ces performances actuelles respectables et ne jamais franchir aucune frontière. Surtout à ce niveau. J'ai quand même l'impression que le dopage (faible ou intensif) s'est largement popularisé parmi les amateurs et les professionnels. Mais le dopage, c'est l'omerta: si tu accuses, c'est toi le mauvais. Moi, je prends juste énormément de plaisir à faire du sport, c'est une motivation quotidienne. Je veux évidemment battre mes records personnels mais en utilisant la bonne porte. Mais la population, ce qu'elle veut, c'est du spectacle. Comme les combats de gladiator jadis. La fin justifie les moyens. Toute supercherie est autorisée pour achever ton adversaire.

La socialisation est un élément important pour chaque individu, même les marginaux et solitaires dont je fais parfois partie. Dans ce contexte, je participe depuis la mi-juillet à des séances de running collectives, dans un club appelé "Bayfront Endurance". C'est même un groupement de coureurs plutôt qu'un club, à esprit bon enfant et où l'ambiance prime sur la performance. Aucune élite mais quelques sportifs qui désirent un brin discuter et améliorer leurs performances personnelles. Les entraînements sont dirigés par un ancien athlète olympique, Reid Coolsaet. Très simple, affable et abordable. Il connaît bien notre petite Belgique où il a participé à de nombreuses compétitions. Ses bières (dont la Jupiler) et ses villes, surtout flamandes. On se réunit une fois par semaine, avec un droit d'entrée nul, et on se fait mal durant quelques intervalles. Tout niveau est accepté mais nous sommes exclusivement des coureurs modestes. Il n'y a d'ailleurs qu'un autre participant qui court aux mêmes allures que les miennes. Mais les deux seules séances auxquelles j'ai pris part, j'ai quand même terminé rôti comme un cochon. On se dépense avec un esprit familial, c'st ce que je recherche. J'ai d'ailleurs sympathisé avec l'un ou l'autre membre mais je ne me mêle pas encore à la grande masse. Je préfère l'autisme.

Update: depuis quelques semaines, je souffre de douleurs inflammatoires à l'intérieur du tibia, type périostite. J'ai dû stopper le "club de running" et diminuer le volume de course à pied. En contrepartie, j'ai maximisé les kilomètres à vélo et de natation, tel un vrai enragé. Je n'ai jamais fait autant de volume au niveau sportif. J'espère vivement pouvoir participer aux prochaines échéances sportives en automne car j'ai l'impression d'avoir la forme de ma vie en ce moment! Une forme XXL.

Depuis ses prémices, l'été est beau, et l'été n'est pas trop chaud. Nous sommes loin des températures suffocantes du sud de l'Europe. Juste agréables. La préoccupation majeure vient des feux de forêt. De plus en plus fréquents et répandus partout au Canada, le réchauffement climatique n'épargne personne. Ni les animaux, ni les humains. Et l'avenir ne sera pas fait que de jours heureux: des feux de forêt à profusion, un manque d'eau, etc. On va souffrir et encore plus les jeunes bambis et bambins. En attendant le déclin, on profite des beaux jours pour se resourcer dans les espaces naturels. Des petites cabanes cachées dans les bois, dont je tombe amoureux à chaque escapade, et qui me font apprécier le Canada un minimum.

Le mariage occupe les pensées de Rizza jour et nuit. Je ne saurais décompter les innombrables heures qu'elle passe à peaufiner les détails: invitation, décor le jour de l'événement, planification, etc. On a également précisé au décorateur de salle qu'on veut un style minimaliste car les Philippins ont tendance à faire les choses en grand, voire très grand. Le désir d'impressionner certainement. Toutes ces démarches me dépassent un peu. Je n'ai pas de contact avec nos fournisseurs du mariage et c'est mieux comme ça. Les préparatifs restent la priorité de Madame et elle y met tellement de coeur à l'ouvrage que je me contente de suivre. C'est parfois satisfaisant de se reposer sur ses lauriers. Un voyage aux Philippines en novembre tombe à pique. C'est le moment où les températures se refroidissent en terres canadiennes. Mais la chaleur risque d'être extrême. Préparons les shorts et les débardeurs. Il faut aussi que j'affine mon bronzage et ma silhouette avant le départ.

Les papiers avancent. La demande de résidence permanente est en cours de traitement, de même que le permis de travail. Quant à ce dernier, j'espère pouvoir recevoir ce précieux sésame dans les deux mois qui viennent. Ce sera mon cadeau d'anniversaire, qui marquera la fin d'années de galère au niveau du parcours canadien. Quand je deviendrai un potentiel travailler légal en ces terres, je compte rester dans le domaine de la finance. Par facilité plus que par passion. J'ai assez de challenges à l'étranger, un nouveau domaine professionnel serait la petite goutte d'eau qui ferait déborder un vase bien rempli. Avoir un emploi facile et conformable pour maximiser le confort de la vie privée, telle est ma devise. J'espère néanmoins être un peu moins "la bonne poire" dans l'entreprise où j'officierai, étiquette qui m'est souvent attribuée. Et je pense avoir tout doucement la maturité nécessaire pour obtenir un statut de manager, sans prétention aucune.

Ce sera probablement le dernier article de cette année 2023. Je vous remets le bonjour et j'ai hâte de voir certains d'entre vous au mariage aux Philippines fin octobre. This is gonna be fun! Mais il va faire chaud, très chaud. Apprêtons-nous à dégouliner avec les costumes. Nous ferons également un live streaming pour ceux qui sont intéressés.

Et en 2024, je reviendrai côtoyer le fief, notre petite Belgique. Plus les jours passent, plus le manque s'accroît. Quand tu vis 30 ans dans un même pays, tes racines y restent définitivement. Et les souches ne changeront jamais.

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L'union sacrée et spirituelle a eu lieu. Les festivités philippines ont pris fin. Dans un climat ô combien chaud et humide mais dans un endroit unique et à l'opposé de notre paysage liégeois. Cela aura été l'aboutissement de nombreuses semaines de stress. Dans un premier temps, la pression omniprésente de Madame et la communication quotidienne de son anxiété. Et ensuite...la compagnie aérienne qui refuse mon passeport, en trop mauvais état. En me réveillant ce matin-là, en date du 18 octobre 2023, je ne m'attendais pas à un tel scénario. Voir Rizza embarquer et pleurer à grandes larmes, son mari étant bloqué au sol et contraint de retourner à Hamilton.

De retour à l'appartement, c'était le vide. Le néant total. Pas un chat qui bouge à l'horizon et je n'ai actuellement pas de solution. Comment obtenir un nouveau passeport dans l'immédiat? En Belgique, j'aurais simplement marché 300m vers la commune du village et j'aurais réquisitionné un passeport d'urgence. Mais je vis dans le Nord, pays qui ne m'a jamais proposé quelconque aide, avec comme seul recours l'ambassade belge. Cette ambassade qui ne se montre pas très coopératrice dans un premier temps. Ils me proposent de transiter par la Belgique pour obtenir un passeport d'urgence. Chose qui s'avère impossible car je ne suis plus un résident belge. Le comble du comble. Le dernier recours est un passeport provisoire ("emergency passport") mais ils se montrent peu enclins à me l'octroyer car c'est un passeport qui n'est pas accepté dans tous les pays. Après beaucoup d'insistance et de pression de mon côté, le consulat accepte le passeport provisoire et l'espoir renaît. Deux jours se sont écoulé depuis le refus d'embarquement et les nuits ont été très courtes. Un stress omniprésent. L'image du mariage sans ma présence qui défile sans arrêt. Avec des invités belges qui ont fait le long déplacement juste pour l'occasion. Des heures horribles qu'on préfère ne pas vivre. Le baume au coeur est revenu après avoir décroché le graal à Montréal, en date du 20 octobre. 12H de voiture en une journée, un lever à 3H du matin et un retour à 20H du soir. Je n'ai pas lésiné sur les efforts pour aller chercher ce fameux document de voyage. Soulagé mais également fatigué. Un épuisement mental avancé.

Deux jours après le malheureux événement, et un nouveau document en poche, je reprenais déjà l'avion. Avec la même compagnie ayant refusé le vol. Et avec quelques dollars en moins en poche, ayant dû payer totalement le nouveau billet aller. L'écureuil a dû sortir quelques noisettes de ses réserves. Mais l'objectif principal était d'être en chair et en os à son propre mariage, peu importe les dommages et intérêts. C'était un peu le casting du film "Il faut sauver le soldat Ryan".

Le 20 octobre, vers 9H, je présentais le passeport provisoire au check in. Loin d'être rassuré. Voyant qu'il s'agit d'un passeport de substitution, ils prennent un peu plus de temps qu'habituellement mais l'agente finit par m'octroyer les billets d'avion. Première victoire mais la guère n'est pas finie. Il restera l'immigration philippine. Après plus de 17h de vols et les pieds à terre en Asie, je me faufilerai dans le pays. Soulagement total: j'ai vécu l'horreur mais j'ai surmonté les obstacles, avec l'aide de l'entourage. Il fait chaud à Manille mais j'accepte les bras ouverts cette chaleur. Il est venu le temps du repos, mental et physique. Les 8h de van depuis Manille vers Ilocos défileront à vitesse grand V. Le plat principal est derrière moi. Je suis sorti vainqueur de la bataille et il est temps de profiter.

L'acclimatation aux Philippines n'est pas si facile pour un Européen. Un pays digne d'un grand bol de chaleur et d'humidité. Irrespirable par moment et il vaut mieux activer l'air conditionné dans les habitats. Tous Belges s'accorderont à dire qu'il n'est pas possible de vivre sur le long terme sur ces terres asiatiques. Sans tenir compte des températures, la pauvreté extrême qui surplombe le pays est manifeste. Les Philippins se lèvent tôt, à l'aurore, ont le sourire aux lèvres mais n'ont pas beaucoup d'avenir dans leur pays. Les opportunités sont limitées et je comprends maintenant d'autant plus leur désir de migration. Ils aiment l'argent mais ce n'est pas ce qui coule à flot dans leurs contrées. A l'exception de certaines minorités (beaucoup) plus aisées. Le contraste est flagrant.

Je ne sais pas si j'ai finalement pu apprécier les premiers jours aux Philippines. Entre fatigue physique et mentale, je pense que l'histoire du passeport m'aura coûté beaucoup. Mais ce fut contrebalancé par la joie de retrouver les amis et la famille. Revoir autant de têtes connues au milieu de nulle part, cela a un côté un peu magique et inédit. Les périples aux rizières de Banaue et les eaux crystallines de Coron resteront également à jamais gravés dans notre mémoire. Et la journée principale, celle du 27 octobre, aura dans l'ensemble comblé les attentes, sans prétention je pense. Les photographes ne m'auront pas épargné durant la première partie de la journée, avec leurs innombrables photos. J'aurais largement préféré rester tranquille et palabrer avec mon entourage. Et la présence détestable de la coordinatrice fut le point le plus négatif. Elle était agressive, encombrante et incompétente. Un fléau. On était censé suivre chacune de ses instructions à la lettre mais elle n'a pas laissé assez de place et de liberté. Je ne suis pas un animal qu'on dompte facilement et par une personne aussi inefficace, c'était impossible. Mais le reste des événements fut globalement une réussite. Le stress se sera principalement dissipé après la messe, au moment de commencer la réception. La nourriture était bonne. J'aurai vraiment apprécié les discours et la diffusion des photos d'enfance et du parcours de vie sur le grand écran. Suscitant pas mal d'émotions et de nostalgie. Et les Belges ont bien animé l'après-repas. Sans eux, la fête était globalement terminée à 20H. La majorité du peuple philippin avaient déjà mis les voiles, étant spécialistes du "eat and run". La journée aura défilé, les dollars se sont envolés rapidement et on déploiera le rideau final sur la longue préparation matrimoniale à minuit...après un court séjour dans la piscine de l'établissement.

Après deux courtes semaines en terres inconnues, les expatriés belges prenaient déjà la route du retour, non sans difficultés. Vols annulés à gogo et destinations modifiées à tout-va, ils se souviendront longtemps de ces mauvaises péripéties. Malgré les découvertes fascinantes en Asie, je ne pense qu'ils reviendront fouler de si tôt les terres philippines et ils apprécient à sa juste valeur le confort de la Belgique. De mon côté, je me dirigeais vers la célèbre île de Boracay, avec un pincement au coeur suite au départ des amis et de la famille. Boracay ne représente pas la destination rêvée pour ma part: trop fréquentée, trop touristique, trop chaude et une panoplie de vendeurs plus harcelants les uns que les autres. Je ne souhaite pas y revenir dans un avenir proche.

Nous retournerons à Ilocos Sur pour la fin du séjour. L'occasion de faire plus ample connaissance avec la famille de Rizza et de nouer davantage de liens. Mais ces dernières journées furent un peu moins festives et plus peureuses que la première partie de l'aventure.

Un long périple s'annonçait déjà lors du retour au nord de l'Amérique: 8h de van, un premier vol de 4h, 6h d'escale suivi par un vol de 13H. Et je redoutais déjà le passage vers l'immigration canadienne. Je me demandais à quelle sauce j'allais être mangé. Un stress permanent lorsque je dois passer cette frontière. J'ai récemment obtenu un permis de travail (hoorah!) mais l'autorisation d'entrée sur le territoire est à la seule discrétion des agents frontaliers. Et Dieu sait si les policiers canadiens ne sont pas les plus affables de ce monde. Après quelques contrôles dans leur système et plusieurs questions, ils me laisseront finalement rejoindre Rizza et la famille.

Parlons-en des démarches canadiennes. Ma haine envers ce pays grandit jour après jour. Même s'ils m'ont "gentiment" accordé un permis de travail, je suis actuellement sous investigation dans le cadre de la résidence permanente à cause de mon casier judiciaire. Une seule infraction commise il y a 5 ans, avec comme unique sanction un retrait de permis de 15 jours et moins de 1000 EUR d'amende, et ils tirent la sonnette d'alarme. Ils ont déjà demandé des documents justificatifs et des explications à deux reprises. Et s'ils refusent mon dossier à cause de ce délit, je suis condamné à quitter le pays. Marié ou non. L'hypocrise de ce monde poussée à son paroxysme: tu peux tromper 10 fois ta femme et la battre et tu n'auras aucune trace dans ton casier. Mais attention si tu accidentes un véhicule sans aucun blessé... Ce sont de vrais paranoïaques les nord-américains.

La résidence permanente n'est pas le seul noeud du problème. Je conduis actuellement depuis 8 mois sans autorisation, le permis de belge n'étant valide que deux mois après l'entrée sur le territoire. Croisant les doigts que je n'aie pas de contrôle routier. Ayant voulu échanger le permis belge contre un de la province ontarienne, ils ont refusé vu l'état actuel du permis de conduire. J'attends désespérément le jour où j'obtiendrai une mesure de faveur ou clémence de la part de ce pays.

La recherche d'emploi ne s'avère pas aisée, contrairement aux espérances. Deux semaines que des candidatures ont été lancées et aucune réponse reçue à ce jour. Même aux postes bilingues. Les francophones ne sont pourtant pas légion à Hamilton. Novembre n'est pas certainement la saison la plus prolifique au niveau des engagements et notamment dans le secteur financier. A l'instar des animaux qui ne copulent pas à cette époque de l'année. Ils hibernent. Mais je m'attendais à un peu plus de retours positifs; j'imagine qu'il va falloir se montrer patient. Subir l'hiver en restant à la maison: voir la chute des feuilles petit à petit et les décompter, s'adonner aux tâches ménagères, pleurer sur son sort,...Le Canada, c'est l'eldorado apparemment. Pas de travail, pas de papiers et un gouffre financier. On croque mes petites noisettes jour après jour et l'écureuil va bientôt tomber à court. Sa patience s'épuise et il décidera bientôt de prendre des mesures radicales pour endiguer la situation.

Mariz n'a pas observé un comportement exemplaire aux Philippines et ne se montre pas d'une affection particulière me concernant actuellement. Peut-être un passage de la vie d'adolescente. Elle fait également preuve d'une confiance en soi exacerbée ces derniers temps, penser être le meilleur et savoir beaucoup de choses. La vie doit se concentrer sur elle. Elle ne sait sans doute pas que l'apprentissage de la vie est encore long et qu'il lui reste un interminable chemin à parcourir. Je rappelle sans cesse à Rizza qu'il faut agir, durcir,...Car si j'agis, même en tant que beau-père, je ne vais pas faire les choses à moitié. Et il commence à être l'heure qu'elle mette un peu plus la main à la pâte pour les tâches ménagères et autres. Elle fait preuve d'une grande paresse...Mais nous n'étions pas non plus des modèles comportementaux durant notre vie d'adolescence. Lors du passage à la vie adulte et avec un peu plus de recul et de maturité, nous comprenons pourquoi nos parents se fâchaient avec notre attitude à l'époque.

La page sportive a été peu glorieuse ces derniers temps. La déception fut assez grande lors du semi-marathon de Montréal en septembre, avec un chrono de 1:11:15 (3'20"/km), en-dessous des attentes malgré un PB. Mais c'était un parcours très compliqué, avec beaucoup de relances et je le savais. Beaucoup moins favorable aux performances que les parcours tous plats en Espagne ou aux Pays-Bas. Et j'ai dû me farcir les 21 kilomètres en solitaire du début à la fin. Néanmoins, ça laisse de belles perspectives quant à une amélioration chronométrique à l'avenir. Je sais que je ferai mieux avec des conditions de course idéales. J'aurai tout de même énormément pris de plaisir lors du citytrip à Montréal: parler un peu français et rencontrer des amis belges. L'ambiance durant la course était également géniale.

En décembre 2023, j'aurai également pour la troisième fois fait une course de 10k en 31'50 (juin 2022/juin 2023/décembre 2023). Les beaux chronos s'enchaînement mais ne descendent pas. Ce n'est pas faute d'essayer. Sans doute à cause d'une foulée pas assez efficace ou des blessures régulières. Je remarque qu'il est quand même difficile de rivaliser avec ceux qui ont baigné dans l'athlétisme depuis leur tendre enfance. Ils vivent "course à pied" et la compétition pour eux, c'est quelque chose de banal. Pour ma part, une compétition me consomme énormément d'influx nerveux et j'ai besoin d'une période de repos (entraînements sans course) avant la prochaine. Et il faudrait un coaching personnalisé pour atteindre le prochain échelon mais le plaisir avant tout, c'est de progresser par soi-même et ses propres moyens. Et d'éviter les pépins physiques, objectif plutôt atteint en 2023.

Rizza est retournée à ses occupations habituelles: le travail depuis l'appartement (même si elle désire migrer vers une maison à l'avenir). Ses parents ont également volé en même temps que nous depuis les Philippines vers Hamilton, tous frais payés par la princesse. En Belgique, ce sont les parents qui alimentent les enfants. Dans la culture philippine, les enfants bercent les parents...et Rizza y perd (malheureusement) beaucoup de plumes. Elle peut tout de même apprécier leur présence jusque fin février 2024, n'ayant pas pu beaucoup profiter de ses parents au cours des cinq dernières années. Depuis le voyage aux Philippines et le retour ici, Atong (mari de la soeur de Rizza) s'est également montré beaucoup plus sympathique et courtois qu'à l'habituel. Un vrai changement de personnalité et que l'on apprécie. Rizza m'a affirmé que c'était sa personnalité d'avant et que le stress de la vie quotidienne l'avait certainement changé.

Cette fin d'année rythme avec le blues post-mariage, des finances aux abois, une recherche d'emploi compliquée, un statut précaire au Canada,...Mais la vie est une succession infinie de problèmes qu'on doit surmonter. Il suffit de se réjouir d'avoir solutionner un problème pour qu'un autre apparaisse imminemment. Le principal, c'est de se rappeler que la santé est l'élément primordial. Et si la santé suit, tout autre problème est mineur. Alors je vous souhaite une bonne santé en 2024 et de joyeuses fêtes de fin d'année. Je vous le souhaiterai normalement en personne lors du mois d'avril de l'année prochaine.

Bises,

Minimath

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En octobre 2023, j'étais loin de me douter que l'histoire du passeport et des Philippines n'était qu'un avant-goût des problèmes qui s'annonçaient à l'horizon. De multiples péripéties ont suivi, très peu réjouissantes, pour la santé mentale et la confiance.

Dans un premier temps, c'était le néant sur le marché de l'emploi. Deux mois se sont écoulés depuis l'obtention du permis de travail (fin octobre 2023) et aucun coup de téléphone, à l'exception de 2 emails de rejet. Parlant les 2 langues nationales avec l'espagnol et le néerlandais en plus, accumulant 10 ans d'expérience en finance st sachant utiliser SAP et Excel, je me disais que ça allait rapidement porter ses fruits. Détrompez-vous! Le marché de l'emploi canadien semble davantage reposer sur le système de réseautage (je connais Pierre, Paul, Jacques) et ils font plus confiance à ceux qui possèdent une expérience canadienne significative. Sans compter que pour chaque offre d'emploi, on retrouve souvent un minimum de 200 candidats qui y ont postulé. Une autre concurrence que dans notre région liégeoise. Mais quand même! Ce fameux pays qui affirme vouloir recruter de la main d'oeuvre étrangère francophone. Laissez croire les béguines, mes amis. Les informations qu'on diffuse sur le net, il faut toujours les traiter avec vigilance.

La situation s'est un peu décantée début d'année 2024, avec quelques demandes d'interview. Encore bien que je parle le français et l'anglais, atout sans lequel je ne pense pas que j'aurais eu droit à un seul feedback. Nous ferions bien de développer davantage la connaissance des langues à Wallonie. C'est une qualité majeure de pouvoir communiquer "internationalement" et c'est fort négligé dans notre région. Les opportunités d'emploi auxquelles je postule ne sont certainement pas équivalentes à celles où j'aurais envoyé mes candidatures en Belgique. Je vais devoir accepter des positions moins "seniors" jusqu'au jour où j'acquiers davantage d'expérience et de reconnaissance au Canada. Qu'on ne m'évoque plus l'eldorado canadien. C'est juste l'eldorado pour les personnes qui ont connu la guerre et se réfugient ici. En résumé, la recherche d'emplois a mené à énormément de frustration. Et je pèse mes mots, au gramme près.

La quête du "Graal", un emploi dans le Nord, n'a pas été le couperet principal. Le 4 janvier 2024, en guise de cadeau de nouvelle année, l'immigration canadienne rendait son verdict sur la demande d'immigration à titre d'époux d'une Canadienne: REFUSE. Ces petites putes - excusez-moi la vulgarité de ces mots bien qu'ils soient appropriés - ont considéré que j'étais inadmissible sur des bases criminelles. Une seule ligne dans un casier judiciaire, une seule infraction (commise il y a 6 ans) ayant donné lieu à 15 jours de retrait de permis de conduire et 700 EUR d'amende, et on utilise le mot criminel. Passionné d'enquêtes judiciaires et d'affaires "sordides", je visualise les gens qui sont vraiment des criminels et qui commettent des actes d'une toute autre nature. Je suis un véritable agneau en comparaison. Bien plus que les conséquences négatives de cette décision, c'est leur emploi du terme "criminellement inadmissible" qui me choque énormément. L'égo touché, vous prenez un coup de marteau sur la tête. Il faut également savoir qu'une demande d'immigration, il faut minimum 2 à 3 journées complètes (24h/24) pour la préparer et beaucoup de personnes requièrent l'assistance d'un avocat ou consultant spécialisé en immigration. Nous l'avions préparée seuls avec Rizza et tout était complet. Informations précises, un mariage légitime, des documents véridiques et non falsifiés comme beaucoup d'autres candidatures, et le résultat final est négatif. Les deniers s'envolent également...

Après une demande de reconsidération de la décision de notre part, sur des bases humanitaires, ils ont bien voulu rouvrir notre dossier. Les officiers d'immigration, ce sont des personnes au grand coeur.

Après quelques semaines, la frustration et le désemparement se sont presque intégralement dissipés. Tout le monde connaît des problèmes dans la vie, à tout âge. Et souvent bien plus graves, liés à la santé. En comparaison, ce refus d'immigration est un obstacle "très mineur". Si vous me demandiez de revivre les blessures physiques/sportives du passé ou d'essuyer un refus du gouvernement canadien, la décision est vite prise. Refusez-moi autant que vous le voulez! On pourrait même avoir un accident grave à tout moment et disparaitre de la circulation demain. A comparaison, qu'est-ce une simple lettre d'un gouvernement parasité qui ne vous accorde pas l'accès permanent à son territoire? Il faut continuer à se battre coût que coûte. Mais si j'avais la possibilité de les détruire, je le ferais sans sourciller.

L'impact majeur est néanmoins l'annulation probable de mes vacances en Belgique, prévues début avril. Car je pourrais éventuellement ne pas pouvoir réentrer dans le pays si jamais je quitte la frontière, du fait que j'ai été considéré comme inadmissible. Imaginez-vous la chose: non seulement vous êtes considéré comme illégitime sur le territoire et en plus, ce n'est pas recommandé de quitter le territoire, par peur de ne pas pouvoir y retourner. Et le tout, en étant marié à une Canadienne et en ayant un parcours de vie tout à fait normal. Ce sont des monstres au Canada. Et pour devoir être autorisé à rester dans ce pays dictatorial, je vais éventuellement devoir demander un permis de séjour temporaire réservé aux personnes inadmissibles. Document qui nécessite évidemment l'intervention coûteuse d'un avocat et il représente l'ultime solution. Un refus et c'est la porte de sortie. C'est juste une feuille de papier qui m'autorise à rester ici car j'ai des raisons impératives de demeurer sur le territoire canadien (eh oui, ma femme vit ici, est-ce une raison impérative cher officier?). Un conseil à toute personne qui désire tenter l'aventure au pays des Caribous sur le long terme?

Parlons de choses plus réjouissantes: le sport. Les blessures sportives m'ont bien épargné dernièrement. Une si longue période sans de tracas majeurs, c'est inouï. A l'exception d'une torsion de la cheville qui aurait pu mal tourner. Cette année, c'est l'entrée officielle sur marathon. En conséquence, il faut borner. Et j'ai déjà accumulé quelques sorties longues à mon actif pour se mettre en jambes. J'ai pu éviter tous ces pépins physiques grâce à un bon renforcement musculaire. C'est la condition number one si tu veux durer et progresser. Et un peu de chance, indéniablement. Parfois, le corps dit non et vous êtes out pendant de nombreux mois. Mais en respectant une certaine progressivité dans le kilométrage et en viellant à renforcer tous les muscles, on évite pas mal de soucis. Chose que je n'avais jamais comprise quand j'étais plus jeune malheureusement.

La saison 2024 a commencé avec un résultat satisfaisant de 1:09:09 (18,5 km/h) sur semi-marathon. Je pensais honnêtement être en mesure d'aller chercher les 1H08 et des poussières mais je fus trop court de 10 secondes. Aucune excuse à invoquer. J'ai juste pris conscience que je pouvais encore aller nettement plus bas en continuant un entraînement régulier, en évitant les longues périodes avec blessures et il faut que j'apprenne à générer plus de vitesse sur ce type de distance. Mais la course fut un bon entraînement et une bonne jauge pour le marathon à venir, en date du 5 mai à Toronto. Malheureusement, ce n'est pas le plus relevé. Il manquera de bons coureurs pour avoir un tempo mais la victoire est envisageable. Je partirai sur des bases légèrement inférieures à 3:30/km, avec une stratégie de 4 gels (SIS) à ingurgiter tous les 10km environ. Et advienne que pourra, tout en espérant en pas prendre le mur de face, redouté par tous les marathoniens. Avant cette "ultime" étape du marathon, il y aura une course 34km dans la ville d'Hamilton. Around the bay, qui constitue la compétition la plus veille du Canada et qui accueille chaque année des milliers de coureurs. J'y participe pour la symbolique et pour voir le rythme que je peux maintenir sur longue distance. En tout cas, je suis "relativement confiant" pour les progrès futurs: patience, persévérance, régularité, repos. Même si, en toute honnêteté, je n'aime pas tellement les compétitions de running. La course à pied est avant tout, selon moi, c'est avant tout synonyme de liberté. Juste le plaisir de gambader et oublier tous les soucis de la vie.

Rizza continue son bonhomme de chemin. Plutôt occupée au travail, avec un nombre de réunions inégalables. Ces derniers mois, elle a également pu profiter de la présence de ses parents, de novembre 2023 à février 2024. La différence culturelle avec l'Europe est notable. Elle et sa soeur ont dû assurer la moindre petite dépense de leurs géniteurs. Et vu le nombre d'activités organisées, le petit cochon n'a pas été épargné et il ne reste plus de pièces à mon avis. Pendant qu'en Belgique, ce sont plutôt nos parents qui nous octroient un soutien financier. Ici, ils n'ont rien payé pendant leur séjour. Mais ils sont facilement "accomodables". Ce ne sont pas les beaux-parents trop intrusifs et avec qui il est difficile de s'entendre. Ils te considèrent comme leur "propre enfant".

Maintenant que Rizza partage sa vie avec une deuxième personne, elle mange beaucoup plus. Comme un ogre. Mais surtout, elle est devenue deux fois plus chiante. Les hormones, me direz-vous. Je suis content quand j'ai du répit certains jours. A un moment, je suis le meilleur mari du monde et quelques minutes plus tard, je suis un monstre. Sans savoir ce qu'il s'est vraiment passé entre-temps. J'espère que ce n'est pas l'influence de la petite crevette qui se trouve en son for intérieur. Auquel cas, je n'ose imaginer le très fort caractère qui le caractérisera.

Mariz est plongée dans sa période d'adolescente. Elle a fait un plongeon de 10 mètres. Trop de temps à passer dans la salle de bain les matins et les soirs. Trop de discussions centrées sur les garçons, qui n'ont absolument aucun intérêt. Et elle a tendance à oublier qu'elle doit aussi aider pour les tâches ménagères et qu'elle devrait se remuer un peu plus pour les activités physiques. Heureusement, l'apprentissage scolaire est bon. Même si c'est l'équivalent de construire un château de sable sur la plage au Canada. Elle reste aussi une adolescente simple, humble et qui n'hausse pas trop le ton. Elle a compris qu'elle ne dictera pas la loi si on vit sous le même toit. C'est finalement le même problème avec toutes les filles, les petits mecs sont souvent plus faciles à gérer! Avant d'être une princesse, une fille, c'est surtout une petite chieuse.

Outre le sport, la cuisine et la pâtisserie occupent mon quotidien. C'est toujours un plaisir de satisfaire ses propres papilles et celles des autres. Au niveau du sucré, j'ai plutôt tendance à me focaliser sur les gâteaux au fromages ou cheesecake. Le formage vient contrebalancer le sucre et apporte un bon goût au gâteau. Je n'ai plus besoin de recette parfois. Je fais une base à de biscuits émiettés et de beurre fondu. Pour le coeur, je fouette de la crème 35% (300g) avec du sucre. J'y rajoute ce que je veux: coulis de fraise ou chocolat. Et j'incorpore 250g de cream cheese. Pour le topping, libre court à l'imagination: glaçage au chocolat ou autre. Et la préparation va dans le freezer directement. Pas besoin de cuisson, simplement rapide et efficace.

La lecture de ce chapitre prend déjà bientôt fin. Le comptable indésirable va retourner au boulot: le sport. Ce n'est pas vraiment celui escompté, malgré l'envie et les nombreuses applications. Toutes rejetées par les employeurs. Je vais aussi tenter de supporter Madame jusqu'à la mi-août, tournant majeur dans notre vie. Qui se scindera en 4 au lieu des 3 parts de gâteau initiales. Et à l'heure où j'écris ces mots, en date du 7 mars 2024, je ne sais toujours pas si je ferai ma réapparition en Belgique. Alors qu'il reste à peine plus de 3 semaines. Mais notre petit pays me manque indubitablement.

Je vous souhaite le meilleur et à bientôt pour de bonnes nouvelles, j'espère.

Minimath

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Publié le 7 juillet 2024

Revenons un peu dans le passé...

Les températures se réchauffent à Hamilton en ce mois de mai, et c'est accueilli avec grand plaisir. Je vivrais bien avec deux saisons: le printemps et l'été. L'automne et l'hiver n'ont finalement pas beaucoup d'intérêt, si ce n'est la dépression engendrée par le froid et le manque de luminosité. Il est encore un peu tôt pour profiter d'une baignade rafraîchissante dans un lac, certains étant toujours gelés, mais le décompte est lancé.

Après m'être ressourcé en Belgique durant quelques semaines au mois d'avril, je repartais vers mes vieux démons au Canada. Je ne sais pas finalement ce qui me stresse le plus entre le passage de la frontière et la recherche d'emploi. Récemment, nous avons mis les bouchées doubles avez Rizza, en envoyant un nombre d'applications massif. Cela a généré plus de retours, plus d'entretiens. Avec un résultat final identique: pas d'offre. J'arrive parfois au stade final du processus d'embauche mais ils donnent leur préférence à un autre candidat. Outre la frustration et le manque de rentrées financières, je pense qu'il s'agit simplement de gâchis. J'ai les compétences requises, j'étudie l'entreprise sur le bout des doigts en analysant leurs rapports financiers annuels. Mais ici, comme partout dans le monde actuellement, les recruteurs veulent des candidats qui leur jouent une pièce de théâtre ou tiennent un discours de politicien. Vends-moi du rêve et tu seras sélectionné. Jusqu'au jour où ils se rendent compte qu'ils tirent un boulet dans leur équipe car ils n'ont pas mis l'accent sur ses compétences techniques. Nous sommes à une époque où les entreprises veulent des influenceurs et non des travailleurs. Cela développe en moi un sentiment d'amertume. Faut-il que j'apprenne une cinquième langue pour leur dire en italien "Va fenculo!"? Et dans toute cette histoire interminable, je ne compte pas toute l'énergie mentale perdue et le temps de préparation nécessaire pour chaque entretien. Dans tous les cas de figure, une chose est claire et nette: trouver un emploi en Belgique en comptabilité ou analyse financière, c'est HYPER facile. Tu as le luxe du choix. En région ontarienne au Canada, accroche-toi mon ami...

Une grande lueur d'espoir est finalement apparue début juin. Un employeur est enfin tombé sous mon charme, après des dizaines de refus. La coquine histoire a voulu qu'il sélectionne ma candidature sur base des performances en course à pied que j'ai mentionnées sur le CV. Cela me distinguait des autres candidats et un coureur a forcément de la détermination et de la volonté. J'officie donc à partir de ce 17 juin en tant qu'"Accounts payables manager"/responsable des comptes fournisseurs, au sein d'une entreprise familiale d'environ 100 personnes. Je ne vous cache pas que tous les refus de candidatures m'auront impacté et laissé perplexe mais cela montre qu'il ne faut jamais abandonner. La roue tourne très souvent et la vie n'est pas toujours tendre.

Le ventre de Rizza grossit à vue d’œil. Mais elle conserve pas mal d’énergie. Elle commente régulièrement que le bébé s’agite régulièrement à l’intérieur de son ventre, tel un lapin. Je crois que les gênes sont déjà en train de faire leur effet, elle n’a pas l’ombre d’un doute de ce qui l’attend très prochainement ! Sauve qui peut, un hyperactif va bientôt voir ses premiers rayons de soleil. Notre vie va changer en cette deuxième moitié du mois d'août et je pense que nous constaterons bien vite le manque de support dont on fait preuve au Canada. Le fait que Rizza ait un congé de maternité de 18 mois facilitera les choses dans un premier temps. En plus du problème de garde, je risque de dégringoler dans l'ordre de préférence de ma chère et tendre épouse. Je vais siéger en troisième position après Mariz et T... qui va bientôt éclore. Il n'est pas temps d'avoir un autre enfant dans le futur, sinon je n'aurai même plus ma place sur le podium. L'organisation du ménage va également changer. Avant, elle travaillait et j'intervenais comme support. Dans quelques temps, je serai le travailleur et elle enfilera la coque de chef à domicile. Ce n'est pas pour lui déplaire, ces dernières semaines étant très compliquées au niveau professionnel. Des collègues très fourbes et peu sympathiques, très focalisés sur eux-mêmes. Une reconnaissance du travail achevé pas toujours présente et un travail à domicile qui commence à peser sur l'humeur à force des jours qui passent.

Le sport, toujours le sport, c'est pourquoi je mentionne régulièrement à Rizza qu'elle sera toujours ma deuxième femme. Ce premier marathon, en date du 5 mai 2024, s’est soldé avec un chrono de 2:31:22. Une performance honorable me direz-vous pour une première expérience où j’affrontais Goliath. Mais ce n’est pas totalement abouti et l’amélioration future sur cette distance m’est apparu comme une évidence. Je n’ai pas beaucoup de regrets sur la préparation ou la gestion de course. J’ai franchi le semi-marathon en 1:14 :50 d’une manière assez confortable et les choses se sont compliquées au 33ième kilomètre, où je n’ai pas été capable d’enclencher la vitesse supérieure. Je suis convaincu que le chrono se décantera avec les prochaines expériences, où j’aurai davantage apprivoisé la distance reine. Le résultat m’a amené à un certain questionnement, la vie étant finalement un questionnement constant. Mon entraînement est-il adéquat ? Que me manque-t-il ? J’ai évidemment réalisé des performances correctes mais pas encore la course « référence » où je me dis : « il y a eu un vrai progrès ». En conséquence, j’essaye d’adopter une autre stratégie actuelle durant les entraînements : plus d’intensité avec plus de séances à intervalles et j’incorpore les poids (dumbbells) durant l’entraînement. Varier, varier et encore varier. L’objectif à moyen terme est d’aller chercher un chrono sous les 31’ au 10k. Ce n'est pas gagné, sachant que la dernière course s'est soldé par un échec cuisant et un abandon MAJUSCULE. Quant au marathon, je retenterai probablement ma chance durant le mois d’octobre. Toujours aller plus loin, toujours aller plus haut, je n’ABANDONNERAI jamais. En regardant le passé, je me souviens encore défiler devant tous les médecins qui me disaient que la course à pied n'était pas une option très viable et recommandant souvent des soins de santé ineffectifs. Je me demande toujours comment autant de personnes ayant étudié des bouquins pendant 7 années peuvent dire autant d'inepties.

Les cas de dopage se multiplient dans l'athlétisme ou les sports d'endurance. Ne soyons pas nés de la dernière pluie, je me rends compte que même à mon niveau, je fais des progrès à pas de souris. Si tu veux exploser, il faut un bon staff médical pour optimiser les performances et franchir l'interdit s'avère souvent inéluctable. Quand tu vois certains Européens qui approchent les 27min au 10k ou descendent en dessous des 13min au 5k, c'est difficile à concevoir même compte tenu d'un certain talent et d'un entraînement soutenu dès le plus jeune âge. La mode est également devenue de prendre sa retraite juste avant d'écoper d'une suspension pour dopage pour no-shows ou absence de localisation. Prenons l'exemple de Soufiane Bouchiki (BEL) ou le champion du monde Pierre-Ambroise Bosse (FRA). D'autres résultats sont interpelant: au marathon de Valence en décembre 2023, tous les prétendantes féminines de l'athlétisme français descendent en dessous des minimas olympiques de 2H26'50. Certaines avec des chronos supérieurs à 33' au 10k et à 1h11 sur semi-marathon (même inférieurs aux miens). Mais elles sont toutes révoltées le jour J et le marathon se révèle être une petite balade de santé. Moi, je ne triche pas, mais j'ai quand même l'étiquette de GRAND CRIMINEL au Canada.

Nos sorties estivales, dans les cabanes et parcs naturels, seront limitées cette année. La date d'accouchement approchant à grands pas et Rizza ayant besoin d'un peu plus de confort, nous privilégierons des endroits avec un peu plus cozys. Malheureux que je suis, les parcs et forêts étant certainement le seul endroit au Canada où je me sens moi-même et je n'ai pas affaire aux Canadiens "fakely friendly".

Le Canadien, un être chaleureux, intelligent, affable et généreux. Attendez! Tous les adjectifs que je viens d'employer, oubliez-les! Je pense qu'il est difficile de trouver un pays où il est difficile de tisser des liens comme ici. La chaleur humaine, ce n'est pas leur fort. Leur comportement/tenue n'est pas toujours pas très raffiné non plus. L'intelligence n'afflue pas. En Belgique, nous sommes également bien servis, dans les villes telles que Liège/Verviers/Bruxelles. Au Canada, il y a trop de nationalités différentes, ça manque de cohésion. Les Indiens ont aussi envahi massivement le pays, tels des insectes qui ravagent tout. Ils seront bientôt au pouvoir.

Mariz n'est plus un bébé, mais plutôt un gros bébé en train de grandir. Il faudra d'ailleurs qu'elle fasse attention à son alimentation prochainement car elle se développe à vue d'oeil et elle prend de la masse. Quant à son attitude, elle est nettement plus positive et respectueuse depuis mon retour du royaume belge. A croire que je lui manquais finalement et que j'incarne une figure paternelle indispensable au ménage. Cette année, elle a également été diplômée de l'école primaire, qui s'étend jusqu'à la deuxième secondaire au Canada. Une grande étape pour sa maman, qui était déjà très émue avant le jour J. Mais aussi une grande étape pour Mariz, très triste de quitter ses accointances et faire le grand saut vers l'high school. Elle va découvrir un nouveau monde. Tout cela me rend parfois nostalgique. Je me revois petit, avec mon gros cartable, fouler les allées du CPH ou du CRMT à Herve, et m'asseoir sur les vieux bancs de l'école, où on écrivait toujours à la craie sur les tableaux. Avec des professeurs pas toujours très tendres quand ils se prononçaient sur mon avenir scolaire. 17 ans plus tard, difficile de croire que je sois établi au Canada, à plus de 1200 lieues du cocon familial, avec des collègues purement anglophones, une femme et une belle-fille philippines, et en ayant côtoyé 10 entreprises différentes depuis le début du parcours professionnel. Le destin est entre nos mains et inutile d'écouter les avis extérieurs qui nous rabaissent. Je n'ai certainement pas choisi la route la plus facile, mais il y a inéluctablement une certaine satisfaction au bout du chemin, parsemé de cailloux.

L'enfance est aussi malheureuse selon moi ici. Quand je me rappelle des jeunes années, je nous vois jouer dans les rues du village jusqu'à la tombée de la nuit pendant les longues soirées d'été. Jouer aux cartes dans les maisons de Pierre, Paul ou Jacques. Faire beaucoup d'activités entre amis. Rien de tel dans les grandes villes au Canada. Les enfants se réunissent rarement et vivent une vie très indépendante. Chacun chez soi. Personnes très riches en extérieur mais très pauvres en intérieur. Voudrais-je cela pour Monsieur T. à l'avenir? Je n'en suis pas si sûr.

J'ai un peu mis en parenthèse la cuisine et la pâtisserie dernièrement, avec le début d'une activité professionnelle. Mais je suis plutôt satisfait des progrès enregistrés. Capable de construire des recettes de A à Z, d'utiliser les restes et de faire de la pâte à pain/pizza. Et de bons gâteaux. On mange bien et mon mange propre. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Vous l'aurez compris, une partie stressante de la vie commence: devenir papa, un job récent, etc. Mais nous avons tous besoins d'épreuves et de challenges pour avoir de l'adrénaline et nous sentir vivant. Dans le prochain récit, un paragraphe se focalisera sur le bambin et ses nombreuses péripéties. Mais également sur les prémices de la vie professionnelle au Canada, en abordant les collègues et les responsabilités de l'emploi. A bientôt pour des nouvelles très croustillantes. Peut-être même plus que les croustillons de la fête à Blegny.

Je n'évoquerai pas la prestation des Diables rouges durant cet Euro 2024. Aucun patriotisme, aucune combativité et une nullité footballistique XXL. Pourquoi regardons-nous encore le football? Je me pose la question...