Escapade dans l'Est Canadien

M
Par
Une chaleur estivale, des villes attachantes et dynamiques, une nature apaisante... Voici ce que nous avons pu découvrir sur les routes de l’Ontario et du Québec.
Du 18 septembre au 5 octobre 2017
18 jours
Ce carnet de voyage est privé, ne le partagez pas sans l'autorisation de l'auteur.
J1àJ17

Avant le départ, on espérait que les arbres aient déjà revêtu leur robe flamboyante en ce début d'automne... c'était le cas par endroits, par petites touches... la "faute" à une météo très agréable mais beaucoup trop clémente pour la saison (soleil au rendez-vous presque tous les jours et températures atteignant voire dépassant les 25°C en journée !).


Distance parcourue : 6736 km à vol d’oiseau (mais nous, on a préféré prendre l’avion)

Faune Canadienne : sans doute quelques oiseaux passés inaperçus

Instant Waouh : quelques vues d’avion

Courte nuit et départ matinal pour l’aéroport histoire de ne pas louper le décollage prévu à 6h30. On assiste à un beau lever de soleil lors de cette liaison entre Bâle et Francfort. Ensuite, tout s'enchaînera très rapidement malgré un embarquement un peu retardé.

Impossible de dormir à bord et le choix de films pour ce vol aller n’est pas très inspirant. Heureusement, un ciel dégagé lors de notre passage au-dessus de l’Écosse nous révèle quelques beaux paysages du nord des Highlands et des îles Hébrides. Un peu plus loin, nous ne verrons rien de l’Islande mais apercevrons un bout de la pointe sud du Groenland et surtout, une eau bleue profonde piquetée de points blancs. Cela pourrait être la mer du Labrador où le courant du même nom charrie des glaces flottantes une bonne partie de l'année. Né dans l'océan Arctique, le courant du Labrador est une «avenue d'icebergs», comme l'appellent les marins. Au printemps et en été, des milliers d'icebergs qui se détachent des glaciers du Groenland dérivent le long des côtes, pour disparaître au large de Terre-Neuve pour la plupart. C’est l’un d’eux qui mis fin à la traversée du Titanic en 1912.

Ensuite, nous survolons tout le nord du Québec. Immense étendue de terre vierge où il est difficile de savoir qui de la terre ou de la mer empiète sur l’autre avec cette multitude de lacs et de cours d’eau. À l’approche de Toronto, nous n’aurons qu’un bref aperçu de la région des grands lacs mais la silhouette de la Tour CN se dessine déjà au loin, noyée dans la brume (ou la pollution peut être...). Dernier trajet du jour en taxi pour rallier l’hôtel et y déposer les bagages.

J1àJ2

Distance parcourue : inconnue mais on a bien arpenté les trottoirs torontois

Faune Canadienne : des écureuils

Instant Waouh : la vue sur la skyline depuis le ferry

A peine débarqués de l’avion, il est environ 14h quand nous partons à la découverte de la plus américaine des villes canadiennes. C'est aussi la ville la plus multiculturelle du monde : près de la moitié de ses habitants sont nés à l'étranger et l'on y parle pas moins de 140 langues et dialectes. Au fil des différents quartiers, on passe d'une ambiance à une autre dans une certaine harmonie.

On remonte d’abord Spadina Avenue, épicentre du quartier chinois avec ses étals de fruits et légumes et d’imposants morceaux de barbaque dans les vitrines, pour rejoindre le quartier de l’Université puis Queen’s Park, où se trouve le Parlement de l’Ontario. Une visite guidée des lieux se tenant dans la 1/2h, nous décidons de patienter un peu pour y prendre part : entre l’architecture originale de l’aile est, celle revisitée de l’aile ouest, la visite de la chambre législative et les détails sur l’organisation politique du pays et de la province, c’était une visite très intéressante.

Chinatown - Spadina Avenue 
• • •
Université de Toronto 
Assemblée Législative de l'Ontario 

On poursuit ensuite jusqu’à Bloor Street, considérée comme la rue la plus chic de la ville où on trouve des enseignes telles que Gucci, Prada, Vuitton, Hermès ou encore Cartier. Dernière étape de la journée au niveau de Nathan Phillips Square, la place principale de la ville avec ses deux hôtels de ville, l’actuel (Toronto City Hall) et le plus ancien (Old City Hall, quelle originalité !). Les lettres qui forment le nom de la ville s’étalent au pied du nouvel hôtel de ville mais le plan d’eau qui sert de patinoire en hiver est à sec... on ne pourra donc pas jouer avec les reflets sur les photos, tant pis... A la fin de cette chaude après-midi, la fatigue se fait sentir : repas dans un resto italien situé sur Spadina Avenue puis retour à l’hôtel.

 Bloor Street & Campbell House
Nathan Phillips Square 
• • •
Entertainment District  

En cette 2e journée sur le sol canadien, le soleil et la chaleur sont déjà au rendez-vous mais le haut de la CN Tower est quelque peu entouré de brume, nous aviserons donc au cours de la journée pour tenter l’ascension. Nous commençons avec les quelques étoiles du Canadian Walk of Fame qui ornent les trottoirs d’Entertainment District. Rien à voir avec son homologue US sur Hollywood Boulevard, mais ça a le mérite de mettre les artistes canadiens à l’honneur dans ce secteur où, quelques jours plus tôt, se tenait le Festival International du Film de Toronto.

Financial District  

Nous plongeons ensuite dans la forêt de buildings du Financial District, où chaque bâtiment est soit plus haut, plus étendu ou plus étincelant que son voisin. Pour éviter le tournis et avoir une vue d’ensemble des buildings et de la skyline de Toronto, nous embarquons sur un ferry qui fait la liaison vers les Toronto Islands. Nous n’aurons pas le temps d’approfondir la découverte de ces oasis de verdure à proximité de la ville (notamment Ward’s ou Algonquin Islands, des zones résidentielles constituées de cottages en bois de toutes les couleurs perdus dans la verdure) mais la vue dont nous avons pu profiter depuis Hanlan’s Point valait bien l’aller-retour.

 La Skyline de Toronto 
 Front Street 

A la descente du ferry, nous jetterons un rapide coup d’œil à Union Station, toute proche mais en travaux, avant de rejoindre un quartier plus animé et plus populaire, celui de Old Town autour de St-Lawrence Market. Dans ce marché couvert en brique rouge du milieu du XIXe siècle, on trouve à la fois des stands de petite restauration, des légumes et des fruits frais, une grande variété de fromages ainsi que des étals de boucherie-charcuterie ou encore de poissonnerie.

Saint-Lawrence Market 

Au passage, nous pourrons admirer le Gooderham Building (ou « Flatiron Building » datant de 1892) et l’église St-James, puis visiter le premier bureau de poste de la ville sur Adelaïde Street.

Gooderham Building 
• • •
Eglise Saint-James & Premier Bureau de Poste de la ville  

Casse-croûte et flânerie dans Distillery District. L’ancienne distillerie Gooderham & Worts fondée en 1837 fut l’une des plus importantes au monde et la plus grande de tout l’Empire Britannique au XIXe siècle. Aujourd'hui désaffectée, elle a été transformée en quartier historique et piétonnier accueillant galeries d’art, restaurants, commerces.

• • •

Nous retournons ensuite vers le centre-ville, remontant Yonge Street jusqu’à Dundas Square qui se donne des airs de Times Square avec ses immenses panneaux publicitaires. Ici l’immense centre commercial Eaton Center règne en maître. Nous le traversons pour rejoindre Trinity Square où se trouve Holy Trinity Church, une petite église bien singulière.

Yonge Street & Dundas Square
• • •

C’est avec l’édifice emblématique de la ville, la Tour CN, que nous allons achever notre visite de Toronto. Peu d’attente pour y accéder et comme annoncé, l’ascenseur de verre nous emmène à 346m de haut en 58 secondes. Il fait beau, le ciel est dégagé mais une brume au loin restreint la visibilité à la ville en elle-même et à ses abords immédiats. Pas grave. On profite de la vue plongeante sur les buildings et le lac Ontario depuis les plateformes d’observation intérieures et extérieures et je risque quelques pas sur le plancher de verre. Immanquable à Toronto bien que je m’attendais à quelque chose de plus impressionnant encore, à une sensation de vertige plus marquée à cette altitude.

J3

Distance parcourue : 125 km entre Toronto et Niagara Falls

Faune Canadienne : encore des écureuils

Instant Waouh : la découverte de la vue depuis notre chambre d’hôtel au 29e étage

La journée commence par un petit tour en taxi jusqu’à Brookfield Place et l’agence de location de voiture. Quelques longueurs dans les formalités, mais nous pourrons bientôt partir au volant de la Hundai Santa Fe qui nous accompagnera pendant les 13 prochains jours.

Un peu moins de 2h de route, un petit crochet par l’hôtel pour déposer les bagages puis par le parking du casino tout proche pour garer la voiture et nous partons découvrir les chutes les plus connues du monde. Nous arrivons directement en face des American Falls. Déjà un spectacle magnifique bien qu’elles soient moins larges et qu’elles paraissent moins hautes que leurs homologues canadiennes, en raison d’un amas de roches brisées qui borde le pied des chutes. On s’éloigne un peu par la suite, le temps de remonter Clifton Hill où restos et attractions en tout genre (maison hantée, musée de cire...) se succèdent.

Clifton Hill 

Ensuite, nous nous engageons sur Rainbow Bridge pour une petite balade au-dessus de la rivière Niagara, avec toujours les chutes en arrière plan. Nous passons même aux USA le temps de quelques pas, la rivière constituant une frontière naturelle entre les deux pays. Contrôle des passeports obligatoire à la descente du pont avant de poursuivre notre balade.

Un incontournable à Niagara Falls : la croisière en bateau qui nous amène au pied des chutes. Juste le temps d’enfiler un poncho rouge et nous embarquons sur le prochain bateau. Nous longeons d’abord les Americans Falls où de beaux arcs-en-ciel se dessinent, avant d’approcher puis de plonger au cœur des Horseshoe Falls. C’est lorsque le bateau passe à la lisière des chutes que le souffle des chutes est le plus marqué et que l’effet brumisateur est maximal. Le poncho s’envole au vent et l’eau dégouline sur les vêtements. Il fait de nouveau bien chaud aujourd’hui et l’eau est loin d’être glacée, c’est plutôt un agréable rafraîchissement, d’autant que tout séchera très rapidement. Incontournable, très touristique, mais cette petite croisière vaut vraiment le coup.

On poursuit ensuite la remontée de la rivière vers les Horseshoe Falls tout en enchaînant les points de vue jusqu’à rejoindre Table Rock, un immense balcon situé juste à l’endroit où la rivière bascule dans le vide. Là encore, un magnifique spectacle qui se poursuivra jusque dans notre chambre d’hôtel. Située au 29e étage, elle offre une vue plongeante sur les chutes. De quoi s’en mettre plein les yeux, de jour comme de nuit. Malgré cette vue imprenable, nous retournerons quand même au plus près des chutes à la nuit tombée pour profiter des lumières multicolores qui les éclairent et leur donnent encore une autre dimension.

J4

Distance parcourue : 414 km entre Niagara Falls et Gananoque

Faune Canadienne : des écureuils, mais aussi des cormorans et des goélands lors de la croisière (et sans doute bien d’autres oiseaux de rivière mais je laisse ça aux ornithologues)

Instant Waouh : le lever du soleil sur les chutes du Niagara

La journée commence avec un magnifique lever de soleil sur les chutes et la rivière Niagara et l’épais nuage d’écume qui s’élève contribue à créer une atmosphère assez fantastique.

Premier élément frappant en sortant de l’hôtel (hormis la chaleur toujours présente) : les rues sont trempées comme après une bonne averse... sauf qu’il n’a pas plu ! C’est le résultat des gouttes d’eau provenant des chutes et déposées par le vent. Encore un reflet de leur puissance.

Première grande étape sur la route pour remonter jusqu’à Gananoque et la région des Mille-Iles située là où le lac Ontario va donner naissance au Saint-Laurent. Beaucoup de circulation, notamment autour de Toronto où les vagues de camions déferlent sans cesse et pas mal de zones de travaux, provoquent de nombreux ralentissements. Nous arriverons à destination en début d’après-midi. On vérifie à quelle heure part la croisière qui nous intéresse puis on fait juste un petit crochet par l’hôtel avant d’embarquer pour la découverte des Mille-Iles. La croisière « Épaves perdues des Mille-Iles » dure 2h30 et nous conduit au travers de ce dédale d’îlots de verdure posés sur l’eau, certains à peine plus grand qu’un mouchoir de poche alors que d’autres sont plus étendus et bâtis de nombreuses résidences (secondaires ?) cossues, presque toutes pourvues d’un ponton ou d’un hangar à bateaux. Belle luminosité, soleil et chaleur toujours au rendez-vous, que demander de plus ?

Boldt Castle  

Petit tour dans Gananoque à la descente du bateau, on remonte quelques rues résidentielles et on jette un coup d’œil à l’hôtel de ville.

Dîner au Maple Leaf Restaurant qui sert des spécialités des pays de l’est (République Tchèque), mais aussi une cuisine canadienne classique. Schnitzels et burgers au menu. C’est bon, c’est bien servi et les prix sont abordables.

J5

Distance parcourue : 166 km entre Gananoque et Ottawa

Faune Canadienne : des écureuils (bien évidemment !)

Instant Waouh : la vue sur la colline du Parlement et le Château Laurier depuis le pont sur la rivière des Outaouais et depuis le Musée Canadien de l’Histoire situé sur l’autre rive

Nous quittons Gananoque en empruntant la Thousand Islands Parkway sur une trentaine de kilomètres. La route qui suit le trajet du fleuve n’a finalement offert que peu de points de vue sur les îles de l’archipel des Mille-Iles.

Pas toujours évident l’approche d’une ville importante. Y a du monde sur le périph’ ! On trouve la bonne sortie et après quelques virages gauche-droite, nous suivons la longue ligne droite qui nous conduira jusqu’à Albert Street où se trouve notre hôtel. On trouve rapidement l’entrée du parking toute proche, un peu moins vite une place où poser la voiture, de même qu’une sortie piétons mais un peu de persévérance et l’aide d’un gentil canadien pour gravir les escaliers avec les valises nous permettront d’y arriver !

Il est midi lorsque nous arrivons au niveau du Parlement et le carillon nous accueille. Par contre, tous les billets gratuits qui permettent de visiter l’édifice ou d’accéder au sommet de la Tour de la Paix ont d’ores et déjà été distribués (principe du premier arrivé - premier servi). Petite déception car je me faisais une joie de découvrir la Bibliothèque. Nous contournons l’édifice du centre pour un point de vue sur la rivière des Outaouais et le pont Alexandra ainsi que sur les bâtiments qui abritent le Musée Canadien de l’Histoire. Les clochers argentés de la Basilique-Cathédrale Notre-Dame se dessinent également à l’horizon.

Colline du Parlement 
Vue sur la rivière des Outaouais depuis la Colline du Parlement  
Château Laurier et Canal Rideau  

On passe ensuite au niveau des écluses du Canal Rideau, puis devant le Château Laurier (hôtel 5*) avant de traverser les 566m du pont Alexandra. De l’autre côté de la rivière, c’est la province du Québec et la ville de Gatineau qui nous accueillent pour la visite du Musée Canadien de l’Histoire. Entre la Grande Galerie et sa collection de mâts totémiques, la salle des Premiers Peuples qui revient sur les origines et la diversité des peuples autochtones et la salle du Canada qui passe en revue toute l’histoire du pays, il y a déjà de quoi s’occuper ! Nous passerons environ 2h dans le musée et prendrons également le temps de jeter un œil aux expositions temporaires (la collection des timbres du Canada, le Hockey, une collection de voitures tirées par les chevaux) ainsi qu’au musée des enfants.

• • •

Belle luminosité sur la colline du Parlement et le Château Laurier depuis le pont Alexandra pour notre trajet retour vers la capitale. Quelques pas le long du Canal Rideau avant de plonger dans l’ambiance du Marché By, le quartier populaire et animé de la ville avec ses nombreux commerces et restaurants. Un petit air de St-Lawrence Market, l’ambiance du vendredi soir en plus. Rafraîchissements et repas sur la terrasse du pub Aulde Dubliner avant de repasser par le Parlement pour des photos au crépuscule.

Byward Market 
J6àJ7

Distance parcourue : 450 km entre Ottawa et Québec

Faune Canadienne : eh bien... des écureuils !

Instant Waouh : les vues du Château Frontenac surplombant la ville depuis l’esplanade des Canotiers

En route pour notre plus longue étape, celle qui relie la capitale fédérale à la capitale provinciale du Québec. Si sortir d’Ottawa était un jeu d’enfant, l’arrivée à Québec nous a donné un peu plus de fil à retordre. La circulation est dense et les badauds nombreux à l’approche du centre ville, pas si facile de se frayer un chemin. Sans doute l’un des seuls inconvénients d’avoir choisi un hôtel intra-muros... ça et le côté biscornu et étroits des bâtiments et des escaliers. Mais le Château Frontenac, incontournable de toute visite à Québec, se trouve juste au bout de la rue. Cela compense largement ces petits désagréments.

Depuis le parc des Plaines d’Abraham, la Promenade des Gouverneurs, constituée d’escaliers et de passerelles, longe la falaise du Cap Diamant en contrebas des fortifications et offre un panorama sur le Saint-Laurent, avant de déboucher sur la terrasse Dufferin et le Château Frontenac. Du célèbre hôtel, nous ne pourrons voir que le hall et un couloir principal, certains de ses salons les plus connus (Verchère, Champlain) n’étant pas accessibles car ils accueillent des congrès.

Depuis la Place d’Armes, nous nous promènerons au fil des rues pour rejoindre la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec. Ainsi, la rue Sainte-Anne qui mène à l’Hôtel de Ville, a la particularité de compter à la fois le plus vieil hôtel de la ville, l’hôtel Clarendon datant de 1870 et son premier gratte-ciel, la Tour Price, tandis que la rue du Trésor fait la part belle aux artistes peintres. De là, en empruntant la Côte de la Fabrique, on rejoint la rue Saint-Jean (dans sa portion intra-muros), pavée et animée, c’est ici que s’alignent bon nombre de restaurants.

Dîner au « D’Orsay » à l’angle de la place de l’hôtel de ville (fish & chips) avant d’apprécier Québec illuminée, la Tour Price et le Château Frontenac plus particulièrement.

• • •

Après quelques photos du Château Frontenac sous la belle luminosité du matin, nous empruntons l’escalier Casse-Cou, réaménagé au fil du temps pour offrir plus de sécurité aux piétons, pour rejoindre la Basse-Ville et ses deux incontournables, la rue Petit-Champlain et la Place Royale avec l’église Notre-Dame des Victoires. L’occasion aussi d’admirer deux fresques murales : la fresque des Canadiens et celle du Petit-Champlain.

Escalier Casse-Cou 
• • •
La fresque des Canadiens & la fresque du Petit-Champlain 

Les rues Saint-Pierre et Saint-Paul, les grands boulevards de l’époque bordés de façades parfois massives, contrastent avec l’étroite rue Sous-le-Cap, où les passerelles et les escaliers de bois, même réhabilités, témoignent encore des origines modestes de ses anciens occupants (majoritairement des immigrés irlandais). Nos pas nous emmènent un peu plus loin vers le marché du Vieux-Port et les quais pour des photos où l’on voit bien le Château Frontenac surplombant la ville, avant d’emprunter la rue des Remparts pour remonter dans la Haute-Ville et son lacis de ruelles.

Rues Saint-Paul & Saint-Pierre 
Rue Sous-Le-Cap
Rue des Remparts 

Retour vers la rue Saint-Jean et passage par la porte du même nom pour continuer de cheminer sur cette rue qui nous emmènera de la Place d’Youville à l’église Saint Jean-Baptiste, en passant devant la boutique les Délices de l’Érable (et son musée consacré aux produits de l’érable), l’église Saint-Matthew (reconvertie en bibliothèque de quartier), l’épicerie Moisan (en activité depuis 1871), le Choco-Musée Erico (et son musée du chocolat). Pause déjeuner au « Billig », qui propose un large choix de crêpes, bières, cidres dans une ambiance québéco-bretonne très sympathique. Retour vers la ville fortifiée par la Grande-Allée qui longe le Parc des Plaines d’Abraham. Coup d’œil à la Statue du Général De Gaulle, à la Fontaine de Tourny ainsi qu’à la façade de l’Hôtel du Parlement, avant une ultime balade dans la Basse-Ville à la nuit tombée.

 La Rue Saint-Jean 
La Grande Allée - L'Hôtel du Parlement - La Rue d'Auteuil 

Crêperie-Bistrot Le Billig, une adresse sympathique pour déguster des crêpes de sarrasin sucrées ou salées, gourmandes et originales devant un verre de bière ou de cidre.

J8

Distance parcourue : 156 km entre Québec et Les Éboulements

Faune Canadienne : ... des écureuils (mais aussi des loups et un ours en bois sculpté...)

Instant Waouh : le sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré et plus particulièrement Scala Santa

Pour cette 2e semaine, on s’écarte des villes pour plonger dans les espaces naturels du Québec.

Chute Montmorency

Avec ses 83m, elle est plus haute que les chutes du Niagara. Un sentier en sous bois, un pont, puis une passerelle permettent de passer sur un autre coteau, face à la chute, et d’accéder à un escalier de 487 marches où plusieurs belvédères ont été aménagés. Belle luminosité en ce début de matinée d’autant que les bus de touristes se font encore rares. Un arc-en-ciel se forme au pied des chutes, très joli mais c’est sans doute à la fonte des neiges quand le débit d’eau est plus important, ou encore en hiver, quand les vapeurs d'eau se solidifient en périphérie créant une importante masse de glace (le pain de sucre) devant la chute, que le site doit prendre toute son ampleur.

• • •

Sainte-Anne de Beaupré

Quelques 30km plus loin, se dresse la Basilique Sainte-Anne de Beaupré, lieu de pèlerinage depuis près de 350 ans. Les dimensions et la décoration de la Basilique n’ont rien à envier aux plus grandes cathédrales européennes et le niveau inférieur mérite également le détour (deux chapelles et une copie de la Pietà de Michel-Ange). De l’autre côté de la route, trois autres éléments à ne pas louper complètent cet ensemble grandiose. Depuis une chapelle commémorative qui retrace les origines et les évolutions du sanctuaire, part un chemin de croix ponctué de statues de bronze qui permet d’accéder à la Scala Santa, sans doute le lieu le plus chargé de sens du site. Dans cette chapelle, on découvre une réplique du Saint Escalier que les pèlerins gravissent à genoux, des reliques et des pierres provenant des lieux saints et des peintures représentant des lieux comme Bethléem ou Nazareth au temps de Jésus.

A proximité du sanctuaire, si l’enseigne « Cyclorama de Jérusalem » a attiré notre attention, nous n’avons pas poussé la curiosité jusqu’à y entrer... Bien que qualifié de « vieillot » par le Guide du Routard, le site aurait peut être mérité qu’on y consacre les 15min que dure la visite. Installé en 1895, ce panorama circulaire de 14m de haut sur 110m de circonférence est consacré à Jérusalem et sa campagne environnante au moment de la crucifixion. Le commentaire audio renforce le réalisme de l’ensemble et la thématique biblique pour le spectateur placé sur une estrade centrale. Autrefois populaire, ce type d'attraction est tombé dans l’oubli suite à l’essor du cinématographe...

• • •

Canyon Sainte-Anne

Moins d’1/4h après avoir quitté Sainte-Anne de Beaupré, nous arrivons au Canyon Sainte-Anne où un chemin aménagé qui passe par des belvédères et trois ponts (dont un situé à 60m de hauteur) permet d’apprécier le canyon et la chute haute de 74m depuis différents points de vue. Je guette les arcs-en-ciel qui se dessinent par-ci, par-là, mais c’est sans doute au printemps que la visite doit être la plus impressionnante.

Après environ 1h de route, on pénètre dans la région de Charlevoix avec ses longues routes vallonnées que nous retrouverons presque tous les jours jusqu’à Montréal. On traverse Baie Saint-Paul et il faut encore rouler environ 20min pour arriver à l’Authentique Auberge, notre étape pour les 2 prochaines nuits.

A l’heure du dîner, retour à Baie Saint-Paul pour une pizza poulet cajun et une part de gâteau aux carottes au Café des Artistes.

Le Café des Artistes : une carte simple (pâtes, pizzas, salades, paninis, moules-frites) dans une salle où des photos et des citations nous occupent en attendant d’être servis. Une chouette adresse.

J9

Distance parcourue : 93 km aller-retour entre Les Éboulements et le Parc des Grands-Jardins

Faune Canadienne : une couleuvre jaune et noire et... des écureuils (mais ni ours, ni caribous)

Instant Waouh : les panoramas depuis la crête du Mont de l’Ours

Quoi de mieux qu’une petite rando pour découvrir les paysages typiques d’une région ? Soumis à un climat de type subarctique en raison de son altitude moyenne et de son exposition, le parc des Grands-Jardins est considéré comme un îlot de Grand Nord à proximité de Québec : paysage de taïga et de toundra (forêt boréale et tapis de lichen) exceptionnel à cette latitude. C’est aussi l’un des sites les plus méridionaux du Canada fréquentés par les caribous. Il n’en fallait pas plus pour susciter notre intérêt.

On jette notre dévolu sur la rando phare du site, l’ascension vers le sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes à 978m d’altitude d’où on peut profiter d’un panorama à 360° sur la région. Deux possibilités pour s’y rendre (toutes 2 classées difficiles) : un chemin direct de 8km aller-retour entièrement (trop ?) aménagé ou une boucle de 12km pour des paysages plus variés. Le descriptif annonce 12km et 500m de dénivelé avec une montée soutenue au début : sur le papier c’est dans nos cordes, d’autant que nous avons la journée devant nous.

C’est donc encore par une chaude journée que nous partons sur le sentier Pioui. Ce que le descriptif ne dit pas, c’est que le sentier ne laisse pas beaucoup de répit. Entre racines, roches et rochers, il n’existe qu’en 2 configurations : montée ou descente. Ardu et parfois un peu casse-gueule par endroits. Seule la portion vallonnée de la crête du Mont de l’Ours, demande moins d’efforts et permet de profiter pleinement de la vue. C’est justement au pied du Mont de l’Ours et bien installés sur un rocher, que nous profiterons de la vue et de notre pique-nique.

Usés par tous ces efforts, Papa et Maman déclarent forfait au pied de l’ascension finale vers le sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes. Il reste 300m à parcourir, pas question d’avoir fait tout ça pour renoncer maintenant ! C’est donc en solitaire que je pars dans cette dernière ligne droite ponctuée d’escaliers et de rochers. Y a pas foule au sommet et le panorama vaut le coup d’œil. Il est conseillé d’avoir toujours une petite laine sur soi pour se protéger du vent bien frais qui souffle au sommet et cela même en plein été... mais aujourd’hui, elle restera dans le sac ! Il y a du vent, certes, mais cela permet de se rafraîchir un peu vu que le soleil est encore bien présent. Retour par le sentier direct. Ici, pas d’enchevêtrement de racines et de rochers mais un chemin aménagé recouvert de gravillons plutôt glissant et de nombreux escaliers. Monotone et interminable ! À croire qu’ici les km sont des miles et qu’au lieu d’en parcourir 12, on en a fait 20 !

Une bonne douche plus tard, c’est avec un bon repas qu’on retrouve un peu de réconfort.

L’Authentique Auberge : accueil chaleureux, chambre charmante, petit-déjeuner sympathique et très bonne table. Menu table d’hôte pour 25$ : soupe carottes-gingembre, brochette de poulet - riz (ou omble chevalier - riz) et tarte au sucre maison. Très bon, très bien présenté. Lunch box pour le pique-nique : sandwich jambon-fromage-salade-tomates, légumes crus (carottes, concombre), barre de céréales, bouteille d’eau.

J10

Distance parcourue : 100 km entre les Éboulements et Tadoussac

Faune Canadienne : apparitions furtives de mammifères marins difficilement identifiables...

Instant Waouh : le petit lac nappé de brume au bord de la route

Après un début de journée incertain (sortira ? sortira pas ?), le soleil a décidé de laisser la place au brouillard et la température a chuté d’une bonne dizaine de degrés. Cela devait être la journée où le Saint-Laurent nous accompagnerait de bout en bout et l’occasion d’en apprécier toute son étendue. Petit sentiment d’inachevé. La vue est restée bouchée toute la journée.

Nous suivons la route 362 qui longe le fleuve, vallonnée et dont les pentes sont parsemées de bosquets colorés. Premier arrêt photo au bord d’un lac embrumé où de la fumée semble s’élever de la surface de l’eau, puis à Baie Sainte-Catherine, juste avant d’embarquer sur le traversier.

Petite balade pour commencer notre découverte de Tadoussac avec le sentier de la Coupe et celui de l’Anse à l’Eau qui conduit à un belvédère perché sur un rocher. Des rochers et des escaliers constituent à nouveau l’essentiel du chemin. Pause déjeuner au Café Bohème (où nous reviendrons le soir), mais la carte du midi était plus à notre goût : croque monsieur au jambon fumé, bol de frites allumettes bien croustillantes accompagnées de mayonnaise à l’érable et un petit verre de cidre de glace.

Sentier de la Coupe & Sentier de l’Anse à l’Eau 

Après le déjeuner, on se lance sur le sentier de la pointe de l’Islet, mais on ne verra ni l’embouchure du Fjord du Saguenay, ni baleines.

Le brouillard est toujours bien installé quand nous rejoignons les locaux de la compagnie AML pour enfiler les tenues de protection avant d’embarquer sur le zodiac pour notre croisière d’observation des baleines. On nous annonce pas mal de turbulences sur l’eau. Le ciel, déjà chargé, s’assombrit de plus en plus et on voit déjà des éclairs au loin. L’orage approche. Il nous rattrapera bien vite et quelques gouttes suffiront à transpercer les combis, pas étanches du tout, qu’on nous a fait enfiler avant le départ. Pantalons, chaussures, chaussettes, gants, tout ce qui n’était pas absolument imperméable a pris l’eau, jusqu’au slip. Suffisamment protégés contre le froid, c’est à cause de la pluie qu’il finira par s’installer. Par moment, l’eau nous fouettait littéralement le visage.

Peu après le départ, nous avons pu voir quelques dos de bélugas au loin, ainsi que deux phoques gris, mais il aura fallu attendre un moment avant d’apercevoir l’objet de notre visite. Au final, nous verrons quelques ailerons au moment où les baleines plongent, ainsi que des rorquals (petits rorquals ? rorquals communs ?) en train de s’alimenter. Elles semblaient faire des tonneaux et leur ventre blanc était alors bien visible. Entre la pluie et ces apparitions imprévisibles, il est difficile de prendre des photos. A un moment, deux baleines nagent à droite du zodiac quand l’une d’elle change de direction, vient vers nous et plonge juste devant notre embarcation en la faisant tanguer sérieusement.

Légère déception de ne pas avoir pu observer les baleines et le paysages dans de meilleures conditions. Impossible de prendre toute l’ampleur des lieux et de ces géants des mers.

• • •
Avec et sans brouillard  
J11

Distance parcourue : 143 km entre Tadoussac et Chicoutimi

Faune Canadienne : ni bélugas, ni baleines

Instant Waouh : Tadoussac sous le soleil

Nouvelle journée et même si les températures restent fraîches et que le vent souffle fort, le soleil est de retour. On retarde alors notre départ vers le Fjord du Saguenay pour découvrir Tadoussac sous le soleil... et cela n’a rien à voir !!! Le ciel est encore nuageux et cela donne une très belle luminosité et change complètement la physionomie des lieux. On refait le sentier de la Pointe de l’Islet : belle vue sur l’embouchure du Fjord du Saguenay, mais ni baleines, ni bélugas à l’horizon.

On se rend ensuite à Baie Sainte-Marguerite, lieu fréquenté par les bélugas, pour une balade jusqu’à un belvédère justement nommé « la Halte du Béluga ». Promenade plaisante sur un sentier aménagé et bien entretenu, agrémenté de panneaux explicatifs. Peu de points de vue le long du chemin et arrivés au belvédère, les bélugas brillent encore par leur absence. Impossible de prolonger la rando jusqu’au point de vue suivant (Île Saint-Louis) en raison de notre départ plus tardif et parce que cette portion du sentier, plus accidentée, nécessite des chaussures de rando et je suis la seule qui dispose encore d’une paire utilisable, les autres ayant pris l’eau sur le zodiac.

Baie Sainte-Marguerite 

Nous suivons la route 172, dite « route du Fjord », pour rejoindre Chicoutimi. Par moments, on longe l’un ou l’autre lac aux rives boisées, bordé d’une ou plusieurs maisons, très bucolique. La route est plaisante, mais je ne la qualifierais pas de route panoramique. Elle est vallonnée et entourée de pentes abruptes aux nombreuses touches de couleur, allant du vert foncé au jaune, avec quelques pointes orangées.

Sainte-Rose-Du-Nord & Le Fjord du Saguenay 

Dernier arrêt à Sainte-Rose du Nord pour des points de vue sur le fjord qui nous ont manqué jusque là. Petit coup d’œil à l’église avant de descendre jusqu’au quai et l’un de ses sentiers panoramiques qui rejoint un belvédère situé au niveau l’eau. On emprunte ensuite la route de la Montagne qui grimpe jusqu’à un parking d’où partent les sentiers de la Plateforme. Après environ 10min de marche, on atteint un belvédère qui offre une vue plongeante sur le fjord et le village. Il ne manque qu’un rayon de soleil pour sublimer l’ensemble.

J12

Distance parcourue : 140 km entre Chicoutimi et Saint-Félicien

Faune Canadienne : des oies sauvages (Bernaches du Canada et oies blanches du Canada ou oies des neiges), les divers animaux du zoo mais toujours aucun caribou

Instant Waouh : la partie vitrée du bassin des ours blancs qui permet de les voir barboter

Ce matin encore, le départ est un peu retardé le temps de régler un problème bancaire. La route se déroule à distance du Saguenay, mais offrira quelques vues sur le lac Saint-Jean, étendu et parsemé de quelques îles. Arrivée au Zoo Sauvage de Saint-Félicien vers 11h.

Avec la visite du Zoo Sauvage de Saint-Félicien, nous atteignons le point le plus au nord de notre itinéraire. Sa particularité est d’accueillir uniquement des animaux de la Boréalie et des régions froides, ce qui englobe les territoires où la température moyenne du mois le plus froid est inférieure à -3°C. Cela correspond aux parties nord et sud du globe et aux régions montagneuses telles que le Canada, l’Alaska, le nord de la Russie et à certaines zones d’Asie (Japon) et d’Europe. Il fait assez frais et le soleil jouera à cache-cache toute la journée.

Les animaux sont répartis selon 5 zones géographiques ou écosystèmes : la forêt mixte (renard roux, castor du Canada, phoque communs, porc-épic, raton laveur...), la zone arctique (ours blancs), la Mongolie (chameau de Bactriane, yack...), l’Asie (tigres de l’Amour, macaques du Japon), la montagne (lynx, grizzli, puma, coyote...). A intervalles réguliers, des animations sont proposées au décours des collations des animaux et un film multisensoriel met en avant la Boréalie et sa faune sauvage au cours des quatre saisons.

Nous avons pu assister à la collation des phoques, dont la ruée vers le poisson et la technique de retour dans le bassin sont assez comiques, à celle des grizzlies et à celle des pumas. Dans l’enclos des ours blancs, le mâle fait des ronds dans l’eau en attendant sa pitance tout en gardant la femelle à distance. Il récolte le gros du butin et gratifie le public de nombreux plongeons. Nous reviendrons pour la collation de 16h et nous nous installerons devant la partie vitrée du bassin, pour profiter d’un autre point de vue sur ses galipettes aquatiques.

C’est avec le Parc des Sentiers de la Nature que ce zoo se distingue de ses homologues. A bord d’un petit train grillagé, un parcours commenté nous permet d’observer des animaux en semi-liberté ainsi que des reconstitutions de six « villages historiques » qui mettent en avant les conditions de vie des pionniers dans la région : le camp du bûcheron, la ferme du colon, le poste de traite, le camp du coureur des bois, le village amérindien et le ranch de l’Ouest. Vraiment très intéressant. Côté animaux, nous avons pu observer quelques ours noirs sur le bord du chemin, des cerfs de Virginie, un troupeau de bisons d’Amérique qui cohabitait avec des chiens de prairie, des orignaux, des bœufs musqués à la sieste ou encore des oies Bernache mais les caribous étaient aux abonnés absents. Afin d’éviter de fréquentes parties de chasse au bison ou au wapiti, la meute de loups gris évolue dans un espace clos.

Embarquement pour les Sentiers de la Nature 

Les oies sauvages qui ont élu domicile sur la rivière à proximité de notre hôtel sont très bavardes. Leurs cris, de même que leur vol en formation en V dans le ciel canadien, sont très reconnaissables.

J13

Distance parcourue : 278 km entre Saint-Félicien et Grandes-Piles

Faune Canadienne : oies sauvages, ours noir

Instant Waouh : envolée d’oies sauvages au lever du soleil

Quoi de mieux que quelques envolées d’oies sauvages sur la rivière au lever du soleil ? C’est le spectacle auquel j’ai pu assister depuis la chambre d’hôtel (ça, et un vol plané au-dessus de la valise signé Maman).

La route 169, qui permet de faire le tour du lac Saint-Jean, nous offre quelques vues sur le lac, étincelant comme un miroir en ce début de matinée.

A Val-Jalbert, le temps semble s’être arrêté à la fin des années 1920. C’est à la suite de la création d’une pulperie aux abords de la chute Ouiatchouan en 1901, que le village de Val-Jalbert a vu le jour à partir de 1904 et s’est rapidement développé afin de loger les ouvriers et leurs familles. La petite communauté disposait d’infrastructures avant-gardistes pour l’époque : égouts, électricité, téléphone, eau courante, cabinets d’aisance, poêles à bois alimentés avec des résidus de bois de l’usine que les employés pouvaient acheter à prix modique. Le village vivait pratiquement en autarcie. A son apogée, en 1926, il comprenait 80 maisons et environ 950 habitants, mais un an plus tard, la crise économique a eu raison de la pulperie et le village fut peu à peu laissé à l’abandon.

Les nombreux panneaux explicatifs qui jalonnent le village, les films où les enfants de Val-Jalbert (tous âgés d’au moins 85 ans au moment de l’enregistrement) racontent leur village, ainsi que les commentaires du conducteur du trolley-bus qui emmène ses passagers pour une visite panoramique avant de les déposer devant le moulin, tout concourt à restituer l’atmosphère des lieux. Dans les quartiers résidentiels, quelques maisons ont été restaurées et aménagées « comme dans le temps », tandis que d’autres témoignent des ravages du temps et des conditions climatiques rigoureuses.

Tandis que le moulin constituait le cœur économique du village, la chute Ouiatchouan alimente maintenant une mini centrale hydroélectrique. Un téléphérique situé à proximité permet d’accéder au sommet de la chute pour une vue panoramique sur le lac Saint-Jean et une petite balade en direction de la chute Maligne (haute de 35m) toute proche. A mi-chute, un belvédère à plancher de verre est accessible par un escalier.

La Chute Ouiatchouan  -  Vue sur le Lac Saint-Jean  -  La Chute Maligne  

Sur la voie principale, l’ancien magasin général a été converti en boutique et on peut encore visiter le couvent-école avec ses salles de classe et les loges des sœurs. On se dirige vers la sortie en empruntant le sentier du canyon. Bien que le mot « canyon » soit un peu exagéré pour désigner ce méandre encaissé de la rivière Ouiatchouan, c’est un endroit de choix pour un pique-nique au soleil.

• • •

La route 155 nous conduira jusqu’en Mauricie. Elle serpente entre monts et lacs ne traversant que peu de localités. Petits arrêts photos au niveau des deux ponts couverts situés à proximité de La Tuque et balade dans le Parc des Chutes de la Petite Rivière Bostonnais. On suivra l’un des sentiers d’interprétation qui conduit le long de la chute de 35m, puis à la tour d’observation de 21m de haut dont l’accès sera malheureusement fermé. La surprise viendra au détour d’un virage, où j’aurai juste le temps d’apercevoir au bord de la route, une masse noire bondissante qui tente de se mettre à couvert. Un ours noir, sans aucun doute, et plutôt une femelle ou un jeune, car il semblait de petite taille.

Gîte la Vieille École : quelques chambres charmantes aménagées dans une ancienne école, rustique à souhait. Accueil chaleureux de la part de John, toujours disponible pour ses hôtes.

J14
J14
Parc de la Mauricie

Parc National de la Mauricie

Distance parcourue : 154 km aller-retour entre Grandes-Piles et nos différents arrêts dans le parc national

Faune Canadienne : des écureuils et un héron cendré

Instant Waouh : la brume matinale sur la rivière Saint-Maurice

Le parc national de la Mauricie est un condensé des paysages emblématiques du Canada : des lacs, des rivières et des pentes couvertes de forêts à perte de vue. Une route panoramique (dont une portion est en travaux) permet d’accéder aux différents points de vue et départs de randonnées.

La Rivière Saint-Maurice 

Les conseils de l’employée du centre des visiteurs me confortent dans le choix du parcours : le sentier « Ruisseau-Bouchard », une boucle de 8,3km qui permet d’accéder à des points de vue sur la rivière Saint-Maurice, ainsi que sur le lac Solitaire, le lac aux Chevaux et le lac Bouchard. Mais comme au parc des Grands-Jardins, l’effort imposé par ce sentier très vallonné avec des portions plus accidentées est trop important pour mes parents. Nous décidons donc de nous limiter à la boucle du « Lac Solitaire » avec ses 5,5km, avant de pique-niquer au niveau de l’aire de service « Rivière-à-la-Pêche ». Mention spéciale au balisage, omniprésent tout au long du parcours.

Le Lac Solitaire & Le Lac Aux Chevaux

Les travaux sur la route panoramique imposent de ressortir du parc et de reprendre l’autoroute afin de rejoindre l’autre entrée située au niveau de Saint-Mathieu du Parc. De là, nous ferons un arrêt au niveau du belvédère de « l’Ile-aux-Pins » où la vue sur le lac Wapizagonke est l’une des plus célèbre du parc. Nous terminerons la journée sur le sentier des Cascades, une promenade familiale entièrement aménagée, avec une petite incursion sur le sentier des Falaises pour un autre point de vue sur le lac Wapizagonke.

Le Lac Wapizagonke depuis le belvédère de l'Ile-Aux-Pins 
J15
matin

Distance parcourue : 187 km entre Grandes-Piles et Montréal

Faune Canadienne : des écureuils (pour changer...)

Instant Waouh : les paysages de Mauricie vus du ciel

L’hydrobase (Hydravion Aventure) se trouve au bord de la rivière Saint-Maurice, à environ 30min de Grandes-Piles. Il faut saluer l’accueil chaleureux, ainsi que l’organisation et la gestion ultra-efficace du flux des passagers de la part du personnel. Une petite attente pendant laquelle on a pu assister à plusieurs décollages / amerrissage et un briefing de sécurité plus tard, on embarque avec notre pilote Yoann à bord d’un Cessna 206 pour ce survol d’une petite partie de la région de la Mauricie.

Décollant depuis la rivière Saint-Maurice, nous volerons à la lisière du parc national pour un autre point de vue sur le lac Wapizagonke et l’Île-aux-Pins. C’est un paysage de forêts et de lacs qui défilent sous nos pieds, avant de frôler la ville de Shawinigan et d’avoir un aperçu des barrages et des deux centrales hydroélectriques situées à proximité. La petite 1/2h de vol suffit à ce que le mal de l’air me rattrape... mais cela ne m’a pas empêché de profiter du paysage. Installées sur des sièges à même le plancher tout au fond de l’appareil, Maman aura bien du mal à s’en extraire.

J15àJ17

Distance parcourue : quelques km entre bus, métro et marche à pied dans les rues de Montréal

Faune Canadienne : encore et toujours des écureuils (et c’est pas en ville qu’on risque de croiser des caribous)

Instant Waouh : la vue depuis le belvédère Kondiaronk et les rues résidentielles autour du Square Saint-Louis

Après « Toronto, l’américaine », « la paisible Ottawa » et « Québec, la pittoresque », l’adjectif qui me vient à l’esprit pour Montréal, c’est « la parisienne », bien qu’elle n’égale pas sa cousine française en termes de passé historique, de richesse architecturale ou d’authenticité des quartiers. Alors pourquoi cette impression ? Est-ce parce que nous avons circulé en métro ou parce qu’il s’agit de la seconde ville francophone au monde après Paris ? Difficile à dire...

Montréal, dernière étape de notre voyage et après 2400km de bons et loyaux services sur les routes de l’Ontario et du Québec, Titine ne nous accompagnera pas plus loin. Nous la laissons donc confortablement installée sur une place de parking à proximité du Boulevard Saint-Laurent afin qu’elle récupère un peu avant de partir pour de nouvelles aventures...

Autour du Square Saint-Louis 

De là, on remonte la rue Sherbrooke en direction du Square Saint-Louis et des quartiers résidentiels du Plateau Mont-Royal. Les rues sont bordées de petits immeubles avec leurs escaliers extérieurs ou de façades victoriennes. Passage par le parc de La Fontaine et l’obélisque offert par la ville de Paris pour le 350e anniversaire de la ville de Montréal avant de rejoindre l’avenue Mont-Royal d’où nous prendrons le bus qui nous amènera jusqu’au Parc du Mont-Royal. Le belvédère Kondiaronk et son panorama sur la ville et les gratte-ciels nous attend. Encore quelques pas sur les rues Saint-Denis et Berri, entrecoupés d’un dîner chez « Eduardo » rue Duluth, avant qu’une rame de métro nous ramène à la station Berri-UQAM à proximité de notre hôtel.

Parc du Mont-Royal & Belvédère Kondiaronk

Restaurant Eduardo, avenue Duluth, restaurant italien « apportez votre vin » : plats classiques à prix abordables. Mention spéciale au pain qui nous a été servi, encore tiède et croustillant, idéal pour saucer le plat choisi (une escalope à la crème et aux champignons accompagnée de linguine).

• • •
Vieux-Port

Nous commençons la journée avec la visite du Vieux-Montréal. On profite de la vue dégagée sur les gratte-ciels de la ville depuis l’esplanade à l’arrière de l’Hôtel de Ville. Les rues Notre-Dame et Bonsecours nous amènent jusqu’au Vieux-Port. Nous remonterons le quai de l’horloge puis le quai Jacques Cartier profitant de la vue sur la ville et sur le Saint-Laurent.

Retour au cœur de la vieille ville avec la rue Saint-Paul, plus ancienne rue de la ville, et la Place d’Armes bordée de beaux édifices tels que celui qui abrite la Banque de Montréal, les élégants premiers gratte-ciels de la ville et la basilique Notre-Dame dont l’intérieur est magnifique avec sa voûte bleutée constellée d’étoiles dorées.

Vieux-Montréal 

Changement d’ambiance avec le quartier international et le centre-ville. De charmantes églises et des espaces verts semblent s’être incrustés au milieu des gratte-ciels qui prennent de plus en plus de hauteur. Inspirée de la Basilique Saint-Pierre de Rome, l’imposante Cathédrale Marie-Reine-du-Monde mérite le détour. Petite incursion dans la ville souterraine avec ses espaces commerciaux et son dédale de galeries pour le déjeuner, avant de rejoindre la surface au niveau de la rue Sainte-Catherine où s’alignent les centres commerciaux.

Centre Ville & Quartier International 
Ville Souterraine 
• • •

Pour notre dernière demi-journée de visites, le métro nous emmène jusqu’à l’Oratoire Saint-Joseph, plus important lieu de pèlerinage dédié à Saint-Joseph au monde. Les dimensions de la basilique et de son dôme sont impressionnantes et la terrasse offre un panorama sur la ville. Cependant les escalators et la lessiveuse qu’un employé passe dans la basilique détonnent un peu dans le décor.

Nouveau changement d’ambiance avec un petit crochet par l’université McGill : des travaux (encore !), un flot ininterrompu d’étudiants et des bâtiments en bétons qui côtoient des bâtiments plus anciens.

Université  McGill 

C’est en retournant dans le Vieux-Montréal que nous choisissons de terminer notre séjour. Petit tour sur la promenade du Vieux-Port avant d’aller déjeuner à la crêperie « Chez Suzette » pour une crêpe montréalaise (jambon, fromage et béchamel) et de finir sur une note (très) sucrée avec une queue de castor (sorte de beignet ou de crêpe de blé entier, étirée de façon à ressembler à une queue de castor et frite), « québécoise » pour moi (tartinade à l’érable et sauce au chocolat) et « avalanche » pour papa (garniture façon cheesecake). Un dernier crochet par le Marché Bonsecours (ancien marché public, il abrite aujourd’hui des salles d’exposition, des restaurants et des commerces) ainsi que par la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours toute proche, avant de récupérer les bagages à l’hôtel.

Distance parcourue : 6599 km entre Montréal et Colmar via Munich et l’Euroairport Bâle/Mulhouse (ou 5871 km entre Montréal et Colmar)

Instant Waouh : quelques vues d’avion

Embarquement à bord du bus 747 qui fait la navette entre le centre-ville et l’aéroport. Y a foule au contrôle de sécurité, mais ça avance vite et nous devrons encore patienter 2h avant le décollage.

Des turbulences au départ me mettent un peu l’estomac à l’envers, je laisse donc tomber le film pour le moment (« Moi, moche et méchant 3 ») et pique un petit roupillon. Pas emballée par le repas, je finis le film et enchaîne les micros-dodos, jetant de temps en temps des coups d’œil par le hublot : ciel bleu profond constellé d’étoiles et nuages qui renvoient la douce lumière de la lune, beau dégradé de couleurs au moment du lever de soleil, chaîne des Alpes que l’on suit lors du vol Munich - Bâle/Mulhouse.