Carnet de voyage

Escapade à Vilnius

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Par Mike84
Ma première fois dans un pays Balte. Découverte de la capitale de la Lituanie et des environs.
Juin 2018
4 jours
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J1
soirée


Aéroport de Vilnius
Aéroport de Vilnius

Après une longue attente à l'aéroport de Charleroi et un vol sans encombre, me voici enfin arrivé à Vilnius à 21h heure locale. Il y a une heure de plus ici par rapport à la Belgique. Julius, mon hôte airbnb m'avait conseillé de prendre un uber pour arriver chez lui car le trajet en transport en commun est très long et il y a pas mal d'arnaques par les taxis à la sortie de l'aéroport. Il s'agissait donc de ma première utilisation d'uber et je dois dire que ça s'est très bien passé. Après seulement 2 minutes d'attente, mon chauffeur est arrivé à l'entrée du hall des arrivées. Le trajet d'environ 20 minutes (7km) ne m'aura coûté que 4,56 euros.


Vers 21h25, me voici donc arrivé chez mon hôte dans le quartier de Žvėrynas où je suis accueilli par Julius et Upe, son teckel de 9 ans. Il s'agit d'un des quartiers les plus anciens et plus petits de la ville. Je décide donc d'aller me promener pour découvrir les environs, je suis surpris par les vieilles maisons très colorées mais j'adore l'ambiance. J'apprécie également les vieux trolleys qui circulent dans ce quartier calme et pourtant animé où il y a plusieurs restaurants et bars branchés. La Neris, le fleuve qui traverse la ville, s'écoule non loin et entoure le quartier de 3 côtés, ce qui l'isole un peu. Direction le supermarché Maxima histoire de me ravitailler avant de rentrer au logement.

Quartier de  Žvėrynas
J2
matin

Après une bonne nuit, je décide de me rendre dans le centre à pieds, le trajet depuis mon logement ne dure qu'environ 15 minutes pour atteindre la ville moderne. Mon premier choix de visite s'oriente vers le musée des victimes du génocide qui dépeint 50 années de dictature communiste.

Le bâtiment au lourd passé a abrité au fil de l'histoire le palais de justice du régime tsariste, le lieu de recrutement pour l'armée, une cour de justice polonaise, une école, le siège de la gestapo et enfin la prison et le centre d'interrogatoire du KGB jusqu'en 1991.

Le premier niveau du musée au rez-de-chaussée raconte l'histoire de l'occupation soviétique et de la résistance des partisans. Il y a beaucoup de documents sonores et visuels qui plongent le visiteur dans une ambiance de calme et recueillement. On peut notamment voir des objets personnels de prisonniers, des uniformes, des brassards ainsi que des photos de résistants.

Au 1er étage, la suite de la visite raconte la déportation, la vie dans les camps ainsi que la résistance anti soviétique et le KGB. On y trouve de nombreux témoignages et des photos qui montrent l'enfer qu'ont vécu les déportés et les conditions de vie dans les camps de travail. Au début des années 50, on comptait 12 camps où on entassait entre 5000 et 35 000 personnes. Une des parties les plus émouvantes retrace la vie des enfants déportés: la salle expose des dessins, photos et divers objets.

Cet étage montre aussi comment le KGB s'organisait avec son administration, ses écoutes, ses arrestations ainsi que les interrogatoires, les tortures et exécutions. Beaucoup de documents sur les réunions du parti et objets tels que menottes, machines à écrire ou téléphone sont exposés dans les vitrines. Un petit centre d'écoute est même reconstitué avec son matériel.

Enfin, la partie la plus importante et la plus poignante se trouve au sous-sol. Il s'agit des prisons du KGB. Ici, l'ambiance est oppressante, tout est quasiment resté en état. Les longs couloirs présentent plusieurs cellules où l'on pouvait pour certaines à peine tenir debout. On peut notamment voir une cellule capitonnée qui servait à couvrir les cris des torturés. La fin de la visite vous fera froid dans le dos car elle vous mènera aux salles d'exécution. Âmes sensibles, s'abstenir.

Musée des victimes du génocide 
J2
midi

On pourrait comparer cette avenue aux Champs-Elysées: il s'agit en effet d'une longue ligne droite de 2km avec de grands trottoirs, de nombreuses boutiques chic et plusieurs bâtiments luxueux. En quittant le musée des victimes du génocide, je décide de parcourir cette avenue qui mène jusqu'à la cathédrale. Je trouve que l'avenue, et plus généralement la ville entière, est très verte: il y a de nombreux parcs pour se poser et pas mal d'arbres le long des rues. J'ai notamment beaucoup aimé un parc où il y avait une bibliothèque extérieure ainsi que des poufs et coussins qui permettent de lire un bon bouquin à l'ombre des arbres. Ambiance relax garantie. Lors de la promenade, je suis interpellé par 3 grandes statues noires : il s'agit des Trois Muses qui représentent le Drame, la Tragédie et la Comédie, qui ornent l'entrée du théâtre dramatique national. On trouve également beaucoup de kiosques dans le genre de ceux de Paris et dans lesquels on peut se ravitailler en boissons et snacks.

Promenade sur Gedimino Prospektas
J2
après-midi

Me voici arrivé sur la grand place principale de Vilnius, sorte de charnière entre la ville moderne et le centre historique. La première chose qui surprend quand on arrive sur la place, c'est l'immense cathédrale toute blanche et son clocher quelques mètres plus loin. La cathédrale impressionne par sa taille mais l'intérieur n'est pas des plus intéressants. J'ai cependant bien apprécié l'orgue blanc ainsi que la chapelle dédiée à Saint-Casimir. il s'agit d'un des mausolées les plus imposants d'Europe qui expose le sarcophage de 600 kg du roi Casimir. Pour 4,5 euros, on peut visiter le clocher sur la place qui culmine à 57 m de haut. Un des autres points d'intérêt de la place est la statue du grand-duc Gediminas, fondateur de Vilnius. En me promenant dans les alentours, j'ai pu aussi voir le musée national ainsi que le château supérieur et la colline aux 3 croix.

promenade autour de la cathédrale 

Après cette promenade autour de la place, mon choix pour la prochaine visite s'oriente vers le palais des grands-ducs, situé juste derrière la cathédrale. Il a été construit par des architectes italiens et a été le coeur vivant de la noblesse pendant plusieurs siècles. Démoli par le Tsar au 18ème siècle, il a été reconstruit à partir de rien en 1998. L'exposition remonte toute la période médiévale du palais, on peut d'ailleurs voir au sous-sol les fondations de l'ancien édifice. De nombreux panneaux pédagogiques racontent l'histoire du pays et plusieurs vitrines exposent des objets anciens. Le premier étage retrace la période de la renaissance et montre un grand panneau généalogique des rois et leurs liens avec les monarchies européennes. On peut ensuite visiter la salle d'armes et d'armures européennes mais aussi plusieurs salles avec des tapisseries, tableaux de personnages, du mobilier etc. Le musée est très intéressant mais il n'y a aucune explication en français pour les anglophobes, même l'audioguide ne comprend des textes qu'en anglais.

le musée est très bien adapté aux personnes à mobilité réduite avec de nombreuses rampes d'accès et des ascenseurs.

Palais des grands-ducs de Lituanie 
J3
matin

Je débute mon périple à la porte de l'Aurore, seule survivante des 5 portes de l'enceinte de la ville en 1503. Elle abrite la Vierge la plus vénérée de Lituanie et est un vrai lieu de dévotion. Avant de rentrer dans les vieilles rues, je me dirige dans un ruelle à gauche de la porte pour aller admirer les remparts de la ville.

 porte de l'Aurore et remparts

Le vieux Vilnius me réserve plein de surprises, je passe tour à tour devant des maisons anciennes pleines d'histoire ainsi que devant des beaux édifices plus modernes. J'apprécie tout particulièrement les enseignes de magasins et restaurants qui donnent vraiment un cachet à la ville. En me dirigeant vers l'ancien hôtel de ville, je peux découvrir de nombreuses églises sur le chemin mais aussi la Société philharmonique de Lituanie. C'est dans ce lieu que l'assemblée municipale de Vilnius se réunit en 1905 pour réclamer l'autonomie du pays. Au numéro 24 en face de l'ancien hôtel de ville, on peut découvrir une maison qui abritait autrefois la guilde des marchands. En continuant ma remontée de la rue, j'arrive au numéro 1 où se trouve la maison Franck, qui abrite le centre culturel français. Au début des années 1800, c'est ici que l'Université logeait ses professeurs les plus prestigieux. C'est ici aussi que Napoléon mit à l'abri le trésor de la Grande Armée lors de la campagne de Russie en 1812.

autour de l'ancien hôtel de ville 

La suite de la promenade me conduit à la rue Pilies, la rue principale de la ville médiévale. Je commence par découvrir une ruelle sur la droite qui s'appelle Literatu. Elle doit son nom aux nombreux libraires qui y tenaient leur commerce. On peut notamment y voir un mur gris-bleu comprenant des dizaines de petites plaques qui rendent hommage aux écrivains lituaniens. De retour dans la rue Pilies, je découvre au numéro 30, la maison de la guilde des barbiers. Au 26, se trouve la maison des Signataires, lieu où fut signé en 1918 l'acte de l'indépendance de la Lituanie. Le numéro 12 quant à lui permet de découvrir la plus vieille maison de Vilnius faite de briques. En empruntant la rue Bernardinu à droite, on peut se rendre à l'Eglise Sainte-Anne qui a aussi la particularité d'être tout en briques. Pour l'anecdote : Napoléon a tellement aimé cette église qu'il pensa la démonter pour la ramener à Paris.

centre historique 
J3
après-midi
J3
après-midi

En quittant la rue principale, je décide d'aller visiter l'université. Fondée en 1579, il s'agit d'une des plus anciennes de l'Europe de l'est et a été dirigée par les jésuites. La visite commence par le clocher dans lequel se trouve une petite expo sur l'histoire de l'université. On peut ensuite monter tout au dessus pour admirer la ville. Il y a un ascenseur mais je vous conseille de grimper par l'escalier en bois (d'origine?) pour profiter pleinement de l'expérience.

Une fois dans la grande cour de l'université, on peut également visiter l'église Saint-Jean. On y célèbre toujours la messe le dimanche, on y organise des concerts d'orgue (la forme de l'église rappelle d'ailleurs celle d'un orgue) mais c'est aussi ici que sont célébrées les remises de diplôme. De nombreux portraits de professeurs célèbres de l'université sont suspendus ainsi que des statues.

La visite en elle-même ne permet pas de rentrer complètement dans le complexe universitaire mais donne surtout accès à des nombreuses cours comme celle de la bibliothèque ou celle de l'observatoire. Je vous conseille de rentrer dans la librairie qui se situe dans un cadre exceptionnel. Les voûtes sont ornées de fresques qui incarnent la prospérité des arts et des sciences de l'université de Vilnius. On peut également entrer dans le vestibule du Centre des études lituaniennes pour y découvrir de superbes fresques. Réalisées entre 1976 et 1985, elles représentent les symboles de la mythologie lituanienne.

Université de Vilnius 
J4

Pour cette dernière journée, je décide de partir à Trakai, un village situé à 25 km de Vilnius et célèbre pour son château. Il faut d'abord se rendre à la gare routière de Vilnius afin de prendre un mini bus (1,70 euros le trajet) pour parcourir les 50 minutes de trajet. Une fois arrivé à la gare routière de Trakai, il faut encore marcher 2 km pour arriver au domaine du château. L'endroit est magnifique, un grand lac contourne le château où beaucoup d'activités sont possibles (pédalos, tour en barques, voiles, promenades en bateaux). Le château a presque complètement été reconstruit mais il dégage tout de même un certain charme. On peut y voir une section sur la préhistoire et le moyen-âge avec des armes, des outils, des cottes de mailles ou de la monnaie de l'époque. La visite nous entraîne dans les étages où sont visibles plusieurs belles salles dont une grande salle d'apparat avec un plafond gothique. La météo étant superbe, je m'offre une promenade de 40 minutes en bateau sur le lac Galve après la visite du château.

Le village est aussi très intéressant à parcourir. Il abrite de nombreuses maisons anciennes et colorées où vit une grande partie de la communauté des Karaïs. Ce sont des descendants de familles turques qui au fil du temps ont réussi à conserver leur langue, leur religion et leurs traditions.

Trakai