Regard sur le Japon

Carnet de bord d'un semestre passé à l'université de Niigata.
Dernière étape postée il y a 147 jours
Du 15 septembre 2023 au 15 mars 2024
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Publié le 29 février 2024
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Les villes japonaises me surprennent toujours. Cela ressemble à un empilement, voire un entassement, de constructions disparates, inattendues, improbables.

bâtiments traditionnels en bois écrasés  par les immeubles modernes, improbable "arc de triomphe"...


Que l’on ne se méprenne pas. Je ne me moque pas, mais veux simplement attirer l’attention sur une conception de l’urbanisme sans doute différente de celle que nous connaissons en occident.



A Niigata, l'immeuble Next 21  


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 Niigata


 Fukuoka



Fukuoka 
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Sur la plage de Fukuoka, cet ensemble italianisant, utilisé pour des cérémonies (mariages notamment) 



Fukuoka 


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En Europe, nous avons l’habitude, depuis des siècles, de villes aux rues bien alignées, organisées en quadrillages réguliers. Elles sont le produit d’un urbanisme souvent militaire (villes fortifiées du moyen-âge puis conçues par Vauban). Et ensuite Napoléon 1er et Napoléon III, Viollet-le-Duc et Prosper Mérimée, Haussmann ...


Nous avons aussi une conception des monuments historiques singulière, à savoir que c’est la protection d’un monument historique qui conditionne l’urbanisme à sa proximité et non l’inverse. C’est l’existence d’un monument classé qui limitera la construction d’un immeuble, l’utilisation de tel ou tel matériau, de tel ou tel type d’ouverture, de telle ou telle couleur, etc ...


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Je crois que les japonais n’ont pas la même vision de la protection d’un site historique. En premier, n’oublions pas que le Japon est souvent frappé par des catastrophes, naturelles ou non, qui bouleversent complètement la ville. Par exemple, Tokyo a été détruite 2 fois au cours du XXème siècle ; lors du grand tremblement de terre du Kantō en 1923, puis en 1945 par les bombardements américains. Quand vient le temps de la reconstruction, on fait souvent «table rase» du passé, même si c’est douloureux. C’est l’impermanence des choses ...

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De plus, au fil de nos voyages, je constate un fait surprenant, que l’on ne retrouve pas en France. Les japonais déplacent et reconstruisent. A l’été 2023, Jean et moi avons visité une «ville» présentée comme datant de l’époque Meiji, c’est à dire fin XIXème, début XXème siècle. Et tout y était, effectivement : la gare, l’hôtel, les bâtiments administratifs, l’école, le dispensaire ... Nous trouvions l’endroit vraiment bien conservé, très homogène, jusqu’à ce que nous comprenions que les bâtiments, certes d’époque, avaient en fait été déplacés, quelquefois depuis depuis des préfectures (équivalent des départements) lointaines.


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Et puis, les japonais ont l’habitude de reconstruire ... c’est ainsi qu’à Shibata, dont je vous ai déjà parlé à l’étape 11, l’une des tours d’enceinte (poivrière en français militaire), a été intégralement reconstruite, à partir de rien, et se visite. Et je vous assure que ce n’est pas une toute petite tour de guet... c’est un donjon...

Charpente des poivrières de Shibata, la nouvelle et l'ancienne


A Kitakyūshū, le château, incendié en 1866, a vu son donjon reconstruit à partir de rien en 1959 ; j’ai vu les photos avant-après, il ne restait vraiment plus rien, et le mot reconstruit n’est pas trop fort. Je ne résiste pas au plaisir de vous recopier la page Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Kokura), pour vous faire toucher du doigt la différence de culture en ce qui concerne les monuments historiques :

«Le tenshu (donjon) n'est pas une reconstitution fidèle. Quand il fut reconstruit en 1959, les architectes optèrent pour un parti esthétiquement plus attrayant à la place d'une reconstruction exacte de la structure qui avait autrefois occupé l'emplacement».

Et un donjon tout neuf !!! 



Pour ceux qui connaissent le Sud-Vendée, s'imagine-t-on reconstruire l'abbaye de Maillezais !

Ou bien, imaginez Notre-Dame de Paris, incendiée le 15 avril 2019, reconstruite selon le «bon-plaisir» de tel architecte ou homme/femme politique...

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Il existe aussi au Japon une grande tradition de déconstruction et reconstruction de temples, notamment shintō. Cette tradition permet de conserver intacts les savoir-faire artisanaux. Et ce savoir-faire autorise, comme à Hirosaki, le déplacement d'un donjon (une poivrière), pour en réparer le mur de soutènement.


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Je vous assure ! il l'ont fait ! ils ont déplacé cette structure de 3 niveaux (certes en bois) pour refaire le mur de soutènement qui menaçait de s'effondrer.

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Bref ! tout cela pour vous dire qu’en matière d’urbanisme aussi, il y a de grandes différences culturelles entre le Japon et nous.

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Publié le 13 février 2024


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J’étais tranquillement à ISETAN (voir semaine 1 étape 4) quand j’ai commencé à être surprise de voir autant de monde un vendredi matin, et tant de gens faire la queue. Et puis, c’était un demi-étage du niveau habituellement consacré à la maison, au bien-être et à la puériculture, qui était envahi de stands de chocolat. Et j’ai enfin réalisé : mais oui, c’est la Saint-Valentin.

Le バレンタインデー (balentaindéé, de l’anglais Valentine Day) est en effet un événement très important dans la vie des japonais.

Son origine n’est pas très ancienne (XXème siècle) et s’est surtout développée dans les années 1970, à l’initiative de commerçants habiles.

La vraie fête des amoureux est le 24 décembre au soir.

La Saint Valentin est donc une institution au Japon.

Mais ça ne se passe pas comme en France. Le 14 février, ce sont en principe les femmes qui offrent du chocolat aux hommes.

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Mais au Japon, l’acte de donner est assez codifié, ne serait-ce qu’au niveau de la langue.

Juste un petit aparté pour (tenter de) vous expliquer (que mes professeures de japonais me pardonnent mes approximations, voire mes erreurs).

En France, on utilise le verbe donner : j’ai donné, on m’a donné, il a donné à .... Au Japon, Il existe 3 verbes qui ne sont pas interchangeables. En grammaire savante, ce système de don et de réception s’appelle le bénéfactif.

- Si je, ou il/elle reçoit quelque chose, qui peut être un cadeau, mais aussi un service (ex : il a réparé mon ordinateur, il m’a aidé à déménager), le verbe à utiliser est «morau».

- Mais si je veux parler de la personne qui me donne (à moi ou à mon entourage) quelque chose ou un service, j’utilise «kureru». (ex : il m’a envoyé une carte d’anniversaire).

- Le dernier verbe «ageru» qui veut aussi dire donner, s’utilise d’une façon plus large et «indique qu’une personne réalise une action bénéfique» (Cf "Le japonais pas à pas "- Editions Ellipses).

Mais attention : tous ces verbes ont leur version honorifique (cest à dire un niveau de politesse plus élevé), qui sont morau → itadaku / kureru → kudasaru / et ageru → sashiageru. Par exemple, le verbe «ageru» ne s’utilise que dans le cercle familial ou amical.

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Bien, revenons à la Saint Valentin, même si nous ne l’avons pas vraiment quitté, car là aussi, il y a des codes. Il convient pour les japonaises d’offrir certains chocolats selon la relation qu’elles ont avec la personne à qui elles donnent. Ainsi, on ne donne pas les mêmes chocolats à celui qu’on aime qu’à un collègue de travail, et pas les mêmes chocolats à un collègue de travail qu’à un supérieur. Ces chocolats de bienséance, de savoir-vivre dans un groupe s’appellent les «giri choco».

Et si on veut faire passer un message à un collègue de travail, on lui offre les chocolat qu’on offrirait à son amoureux.

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Il semblerait que la coutume évolue, et qu’aujourd’hui, l’achat de chocolat soit motivé par la gourmandise (les femmes en achètent pour elles-mêmes), la famille, la reconnaissance, et que les «giri choco» soit en dernière position dans la motivation d’achat.

Cf https://www.nippon.com/fr/features/jg00025/

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Enfin, le 14 mars, ce sont les hommes qui offrent des cadeaux. C’est le ホワイトデー(howaito déé, de l’anglais White Day). Ces cadeaux en retour devaient, il y a encore quelques années, valoir au moins 3 fois le prix du cadeau reçu le 14 février. Les crises économiques étant passées par là, cette coutume du 三倍返し(3 fois en retour) tend à disparaître.

Comme le nom l’indique, les cadeaux doivent être de couleur blanche. C’est une pure invention marketing qui fait le bonheur des vendeurs de marshmallow, de guimauve, de chocolats blancs etc..., des magasins de lingerie et des bijoutiers.

https://universdujapon.com/blogs/japon/saint-valentin-japon

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J'espère ne pas vous avoir lassés avec mon cours de japonais express. Je le fais car que je pense que ces singularités linguistiques du japonais par rapport au français (et vice-versa) en disent beaucoup sur la façon de penser des uns et des autres.

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Et surtout, BONNE SAINT-VALENTIN

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Publié le 5 février 2024

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IMAGINEZ !


Il est 1 heure du matin dans une ville inconnue du Japon et vous vous rendez compte que vous avez besoin :

- de dentifrice, de chaussettes, de rouge à lèvre, d’une bière, d’un saké, d’un parapluie, d’un chapeau, d’un cahier et d’un stylo, de timbres, de ciseaux, de vin français, d’une lampe torche, de piles, d’un câble pour votre téléphone...

Bon, vous êtes quand même un peu tête en l’air...

- que vous avez faim, et qu’avec tout ça, vous prendriez bien un petit café avec le journal s’il vous plaît...

- et que vous avez vu cette affiche de concert, mais où donc prendre les billets ...

- Que votre carte bancaire ne passe pas dans les distributeurs de billets des établissements bancaires (si, si, j’en ai fait l’expérience, souvent, ça ne passe pas...)

- et si vous êtes résident, mais comment vais-je payer ma facture d’électricité, de gaz, d’eau, de téléphone ... je ne vais quand même pas ouvrir un compte bancaire juste pour ça.


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Ne cherchez plus, ou plutôt, ne cherchez qu’un seul et unique magasin, le KONBINI.


Dans l'image centrale, vous remarquerez les aliments pour chiens et chats juste sous les accessoires pour téléphone
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Le konbini, de l’américain «convenience store» se trouve partout. Depuis mon appartement, j’en ai 3 à moins de 5 minutes de marche.

Comme son nom l'indique, le konbini Lawson du campus, situé juste à côté de la bibliothèque 


Il se trouve partout, et on y trouve tout. En plus de ce que j’ai mentionné ci-dessus, vous pouvez faire des photocopies, réchauffer les nouilles ou les Oden que vous venez d’acheter, vous installer à une table ou à un minuscule comptoir pour y manger, installer votre ordinateur et profiter du wifi, recharger les cartes pré-payées utilisées dans les transports en commun...



3 Marques principales occupent le terrain :


En principe, ils sont tous ouverts 24/24. Cependant, le Lawson que se trouve sur le campus de l’université est ouvert tous les jours, de 7 à 20 heures "seulement".


Que vous vous rendiez dans l’une ou l’autre de ces enseignes, les magasins sont organisés de la même façon. C’est plutôt facile. Ce sont vraiment des petites surfaces, de l’ordre de 50 à 100 m2.

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Une chose également très importante à signaler, que je ne connaissais pas encore quand j’avais fait la page sur les poubelles japonaises : dans tous les konbinis, mais aussi dans les supermarchés, il y a des zones équipées de containers où vous pouvez déposer vos déchets tels que canettes, petites bouteilles de saké (très utile), bouteilles plastiques, emballages alimentaires ...

L’université offre également ce service, mais c’est plus discret de déposer ses bouteilles vides de saké au konbini ...


Encore une chose très importante : les employés sont gentils, ils ne s'impatientent pas, ils sont serviables et bienveillants ... alors, même si vous ne parlez pas un mot de japonais, n'hésitez pas ...

Et même si vous n'avez besoin de rien, les konbini sont aussi importants à visiter qu'un château ou un musée. C'est la vraie vie des japonais d'aujourd'hui.


Et si vous n'allez pas au Japon, découvrez les konbinis en suivant ces 2 liens. L'un est en anglais, mais facile à comprendre...

https://japa-mania.fr/blogs/japon/tout-savoir-sur-les-konbinis

https://itsyourjapan.com/japanese-konbini/

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Petite anecdote... Tous les jeudis soir, je vais manger dans le même tout petit restaurant, tenu par Monsieur et Madame Baba, sans doute 160 ans à eux 2. Ils aiment la France et les français, et passent de la musique classique, souvent du Bach. Il n’y a qu’un seul menu par jour.

https://maps.app.goo.gl/HJbPpX3JJV6hEtYZ6


On me connaît bien maintenant, et on peut parler ensemble, et avec les autres clients.


Monsieur Baba, facétieux, me demande (parce qu’il s’inquiète de Jean) «ご主人はおげんきですか» (Goshujin wa, ogenki desu ka. mari va bien ?). Et je répond : はい、夫はげんきです(Hai, otto wa genki desu. Oui, mari va bien).

Je vous transcris cette conversation pour vous faire comprendre un tout petit peu ce qu’est le japonais :

- Monsieur Baba a dit : Goshujin, mot poli qui ne désigne que le mari de quelqu’un d’autre. Il est formé d’un préfixe honorifique «Go» et du mot «shujin», qui peut se traduire par «chef de famille». Vous remarquez qu’il n’y a pas de pronom personnel ton ou votre. C’est inutile, puisqu’on s’adresse à moi, et qu’il est donc forcément question de mon mari.

Le mot «genki» signifie «en santé, en bonne santé». Dans la phrase de Monsieur Baba, il est précédé du préfixe honorifique «O».


- Et je répond «otto wa genki desu». «Otto», c’est mon mari, jamais celui de quelqu’un d’autre. Là aussi, il ne peut pas y avoir ambiguïté, donc je n’ai pas besoin de préciser "mon" mari. Et, avec «genki», je n’utilise pas le préfixe honorifique «O», car on ne s’applique pas à soi-même ou à un proche un mérite ou une qualité.

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Tout cela pour vous faire toucher du doigt la grande différence du japonais d’avec les langues occidentales. Au Japon, on n’utilise pas les mêmes mots selon à qui l’on parle. On appelle ça le «keigo : langage de politesse».


Je trouve le terme «politesse» réducteur, mais il faut bien une traduction. C’est en effet beaucoup plus que la politesse au sens où nous l’entendons en France. Le Keigo s’apparente plus à «bienséance», «savoir-vivre», «courtoisie», «civilité», «étiquette», «protocole» ... Cet esprit, totalement suranné en France, est très vivace au Japon.

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Quelques exemples :

- En japonais, «client» se dit «kyaku». Mais quand vous allez dans un magasin, un restaurant ou à l’hôtel, on va vous dire «okiakusama». Le mot kiaku est précédé de o et suivi de sama, préfixe et suffixe honorifiques.


- «J’ai compris», «c’est entendu» se dit en japonais ordinaire : wakarimashita. En langage honorifique, le serveur, le chauffeur de taxi, etc ... vous diront : kashikomarimashita.

- Si vous êtes professeur, et qu’on vous demande votre profession, il faut répondre «kyōshi» et non «sensei». En effet, «sensei» est un terme honorifique que l’on ne s’applique pas à soi-même.


Et voilà pourquoi le japonais est difficile, même pour les japonais. Quand je parle du keigo avec les étudiants japonais, je les vois se ratatiner comme une tortue dans sa carapace. Moi, on me pardonnera mes erreurs et on en sourira, mais pas à eux. C’est pourquoi ils accordent beaucoup d’importance à cet apprentissage spécifique.

Et si vous voulez en savoir un tout petit peu plus, vous pouvez suivre ce lien. Ça se lit en une minute ...

https://gogonihon.com/fr/blog/keigo-le-langage-honorifique-japonais/


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Cet après-midi, comme il faisait beau, (ce qui signifie à Niigata qu’il ne pleut pas, qu’il ne neige pas, qu’il n’y a pas trop de vent, et qu’en plus, il y a presque un rayon de soleil... ),

je suis allée me promener au sanctuaire shintō Hakusan, au centre-ville de Niigata. C’est toujours très agréable, et il y avait beaucoup de monde.

A l'entrée du temple Shintô Hakusan


Et voilà ... en espérant ne pas vous avoir ennuyé ...

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Une petite information avant de commencer votre 1er cours de japonais.


Le mardi 9 janvier, 17 h 59, alors que je rentrais tout juste de la fac et que je venais d’accrocher mon manteau à la barre de la douche (c’est le seul portemanteau de l’appartement), une voix angoissante a répété avec insistance «earthquake, earthquake ... Il m’a fallu une seconde pour réaliser que ce n’était pas la cabine de douche qui me parlait, mais mon téléphone, resté dans mon manteau, qui m’indiquait qu’il allait y avoir un tremblement de terre.


J’ai juste eu le temps d’aller me mettre sous mon bureau et ça s’est tout de suite mis à trembler. C’est vraiment plus impressionnant quand on est à l’intérieur d’un bâtiment, alors même que ce n’était pas très fort. Rien n’a bougé sur le bureau, rien n’est tombé. La secousse n’a duré que quelques secondes. L’épicentre était assez proche, au large de l’île de Sado (voir carte), située à une quarantaine de kilomètres juste en face de Niigata, et la magnitude était de 6. Cette fois, aucune alerte tsunami et pas de dégâts. Cependant, ce nouveau tremblement de terre n’a pu qu’affecter un peu plus les sinistrés de la péninsule de Noto.


Voilà pour les informations.

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Cela fait plusieurs semaines que je souhaitais vous parler japonais, et sur le ton de l’humour ou de la poésie, vous faire découvrir quelques kanjis.


Vous apprendrez vite les kanjis jusqu’à 3 :   一  二   三 . A partir de 4, ça se complique, et je vous en fais grâce. Je vous fais grâce aussi des différentes prononciations, et vous pourrez en rester à ICHI, NI, SAN ...

Compter en japonais est redoutable. Je crois que c’est une des choses les plus difficiles à apprendre.


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Quelques kanji simples.


  montagne, se prononce SAN ou YAMA. Le mont Fuji, par exemple, est appelé Fujisan. On trouve aussi la prononciation DAKE.    

  rivière, qui se prononce SEN ou KAWA.

On retrouve YAMA et KAWA dans beaucoup de noms topographiques au Japon.

  vieux, qui se prononce KO et FURU. Je l’ai tout de suite mémorisé, celui-là, parce qu’il m’évoque une pierre tombale ... facile, n’est-ce-pas ?

 arbre, qui se prononce principalement MOKU et KI 

au-dessus, haut, monter, s’élever, et qui se prononce entre beaucoup d’autres, UE, A, JŌ

et son contraire, , au-dessous, bas, faire descendre, inférieur, qui se prononce principalement KA, SHITA, et KUDA

 bouche, se prononce principalement KUCHI

 personne, être-humain, se prononce JIN ou HITO

  

Il existe donc plusieurs prononciations pour un même kanji, et c’est une autre difficulté du japonais.

En effet, avant l’arrivée du chinois et son introduction comme langue écrite (à partir du VIème siècle), il n’y avait pas de langue écrite au Japon. Le plus ancien livre en langue japonaise connu de nos jours est le Kojiki (712), écrit en caractères chinois. https://fr.wikipedia.org/wiki/Japonais


Il a donc fallu adapter les mots japonais aux idéogrammes chinois, et réciproquement. Ainsi, pour MONTAGNE, la prononciation SAN vient du chinois SHĀN. YAMA, par contre, était le mot japonais utilisé pour parler de la montagne... et comme cela pour tous les kanjis. En réalité, le processus est beaucoup plus complexe qu'une simple transcription, et les linguistes n'ont pas fini de débattre.

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Quelques kanjis que j’aime bien :


 MORI, qui signifie FORÊT. Vous remarquerez que ce sont 3 arbres, et que celui du haut étend ses branches sur les 2 arbres en-dessous, comme pour les protéger, ou, selon votre propre vision, que les 2 du bas soutiennent le troisième pour qu’il s’élève plus haut.


親 J’aime beaucoup ce kanji. Il est formé de 3 kanjis qui sont être debout, se lever, arbre, et voir, regarder. Être debout sur un arbre et regarder ... ça signifie PARENT, parenté. Ce kanji se prononce principalement SHIN et OYA.


島 SHIMA, qui signifie ÎLE. Il est composé de oiseau, posé sur montagne. Je trouve que c’est bien observé. Shima aussi prête son nom à beaucoup de lieux au Japon.


Voila, c’est tout pour aujourd’hui.


En cadeau, quelques photos prises à Sendai, où j'ai passé 3 jours.

E tje vous souhaite une très bonne année.

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Je vous l’avais écrit, le 1er janvier est très important dans la pratique Shintō. Les japonais se rendent en foule dans les sanctuaires pour prier, et cet événement m’intéressait. Lundi 1er janvier 2024, à 13 h 50, J’ai donc pris le train pour Yahiko, à l’intérieur des terres, à 1 heure au sud de Niigata, avec Julien, un autre étudiant de Nantes.

Pour savoir où est Yahiko par rapport à Niigata et à la péninsule de Noto, ouvrez la carte à côté du titre de l'étape.

La foule était vraiment énorme. Tous les parkings étaient pleins, et il y avait également beaucoup de monde dans le train. Nous avons flâné un peu, puis nous sommes dirigés vers le temple, où nous avons pris la très très longue file d’attente, gentiment encadrée par la police.


Il faisait beau, un peu frais mais pas trop, bref tout était parfait.

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Et tout à coup, à 16 h 10, les portables autour de nous se sont mis à sonner, et les nôtres ont vibré... Julien et moi nous regardions, sans comprendre ... jusqu’à ce que le mot «jishin» soit prononcé par un policier muni d’un haut-parleur. Le mot «jishin» s’est répandu autour de nous à mi-voix (nous le connaissions déjà, ça fait partie du vocabulaire de base !).


Personne n’a bougé ni crié... et on a attendu ... rien ne s’est produit pendant une quinzaine de secondes... et puis le sol a commencé à trembler. C’est difficile à décrire... Julien m’a dit qu’il avait eu l’impression d’être sur un skate-board. Moi, franchement, je regardais les arbres, qui eux, n’ont pas tremblé. A aucun moment nous n’avons été en situation de perdre l’équilibre, nous étions tous debout, sans même nous tenir les uns aux autres.

La secousse ressentie a duré une vingtaine de secondes, et tout s’est arrêté...


Et après vérification de nos applications séismes, nous avons tous repris le cours de notre attente. Personne n’est parti, personne n’a crié, pas même les enfants, et après 15 minutes d’attente, la file a recommencé à avancer comme si rien n’était arrivé.

Chacun essayait de joindre ses proches au téléphone pour les rassurer.

Moi, je me suis empressée d’envoyer un message à Jean, qui est équipé de la même application que moi, et qui avait donc reçu l’alerte en même temps que moi.

Franchement, ça n’a pas été traumatisant. Paradoxalement, ce sont les sonneries des téléphones autour de nous, puis l'attente de la secousse, qui ont été les plus éprouvants.

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Par contre, nos camarades restés dans leurs appartement à Niigata ont beaucoup plus fortement ressenti la secousse et toutes les répliques qu’il y a eues que n’avons pas du tout ressenties à Yahiko.

Et donc, pendant que Julien et moi continuions tranquillement notre visite, sans avoir conscience de la puissance du séisme, nos camarades étaient priés d’évacuer leur appartement et de se rassembler dans le gymnase du campus.

Comme je l’ai déjà écrit, à Niigata, en cas de tremblement de terre, c’est le risque de tsunami qui est le plus élevé. Niigata est une ville aux innombrables cours d’eau, rivières, canaux, larges fossés... L’eau est présente partout. Une vague de 1 mètre seulement, en repoussant l’eau vers l’amont, peut créer des inondations considérables.

La première consigne est donc de quitter immédiatement son appartement et de se réfugier dans l'abri le plus proche, indiqué sur les applications pour smartphone dont nous sommes équipés.

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Et nous, nous avons fini tranquillement notre petite visite, avons repris des photos des illuminations, puis nous sommes dit que nous allions manger avant de reprendre le train. Quand nous avons quitté le temple, la foule était toujours importante, et beaucoup de gens arrivaient encore.


A la sortie du sanctuaire Shinto de Yahiko


Et c’est au restaurant que nous avons appris qu’il n’y avait plus de train, car en raison des répliques (que nous n’avions pas du tout ressenties), le risque de tsunami était élevé. Tout déplacement était impossible.

Heureusement, nous avons trouvé une chambre dans un ryokan (auberge traditionnelle japonaise), et ce matin 2 janvier, une amie est venue nous rechercher avec sa voiture pour nous ramener chez nous, les transports en commun n’étant pas rétablis.

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Je vous joins quelques photos de Niigata, aux environs de nos immeubles. C’est vraiment impressionnant, et je comprends que nos camarades aient eu peur, alors que nous, à l’intérieur des terres, n’avons que faiblement ressenti la secousse.


Remarquez l'emplacement du boîtier d'appel piéton !!!


Encore une fois, la gestion des catastrophes naturelles par les japonais est vraiment impressionnante. Aucun affolement, des applications d’alertes (BOUSAI) et de signalement (ANPIC) qui fonctionnent très bien, et beaucoup de calme.

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Publié le 22 décembre 2023

Semaines 11 ET 12, parce que, bon voilà... ça devait arriver... un petit coup de fatigue. Mais qu’on se rassure, tout va bien. De toute façon, ici, tout le monde est fatigué, voire malade. Il y a beaucoup d’absents dans les cours, ça tousse, ça renifle ... les étudiants traînent des pieds et ont les épaules voûtées...

En ce qui me concerne, il y a plusieurs causes à cette fatigue.

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- D’abord, je suis loin de ceux que j’aime. Il va y avoir plein de réunions de famille où je ne serai pas. Mais j’en avais bien conscience avant de partir, et les moyens modernes de communications pallient en partie l’absence.

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- Ensuite, je déteste novembre et décembre, non pas à cause de la météo, mais à cause de la diminution inexorable de la durée du jour. Chaque matin, le soleil se lève plus tard, et se couche chaque soir un peu plus tôt. Ici au Japon, aujourd’hui, le soleil s’est levé à 6 h 56 et va se coucher à 16 heures 28. Pour peu que le ciel soit très couvert, et il fait déjà bien sombre dès 15 heures 30.

Mais aujourd’hui 22 décembre, tout change. C’est le solstice d’hiver, et la durée du jour va commencer à augmenter. Et c’est pour ça que j’aime beaucoup le mois de janvier, parce que le basculement devient perceptible.

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- Troisième raison à cette fatigue, je travaille !!!

J’imagine bien les sourires en coins des amis, mais oui, je travaille. Le séjour est plus qu’à moitié passé, et je ne parle toujours pas japonais aussi bien que je le souhaitais.

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Et j’ai aussi des cours difficiles, comme celui du mercredi matin, «Active Learning - Japan as a Country Producing Something Perfect»... Je ne suis pas douée en activités manuelles. Voila quand même le résultat de plusieurs heures d’efforts dans ma petite chambre d'étudiant...

MIURA ORI  


Cest un pliage du MIURA, du nom d’un astrophysicien japonais que a exploité la technique des origamis pour concevoir des structures pouvant loger dans un très petit espace, puis se déployer et se replier très facilement, moyennant une très faible impulsion. Cette technique est notamment utilisée pour déployer des antennes ou des panneaux solaires dans l'espace.

2 sites pour tout comprendre, et vous entraîner :

https://youtu.be/2-fh1sA09mc

https://www.wikizero.com/fr/Pliage_de_Miura

Je contrôlerai les pliages à mon retour !


Un peu de japonais ! ORIGAMI (折り紙) ou おりがみ est composé de 2 mots : 折る , (ORU) se tordre, plier, courber, et  紙 (KAMI), qui signifie papier, et se prononce ici GAMI.


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Et puis je suis fatiguée parce que jongler en 3 langues différentes, c’est difficile. Et là aussi, je ne suis pas la seule à «souffrir». Même les étudiants plus aguerris que moi en anglais trouvent certains cours très durs.

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A part ça, tout va très bien. Et à partir de mercredi 27, c’est VACANCES... jusqu’au 8 janvier inclus.

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Et l’hiver s’est installé. A Niigata, il pleut toujours, et quand il fait froid, il neige autant qu’il pleut, c’est à dire beaucoup.


 L'UNIVERSITÉ  SOUS LA NEIGE
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LA RUE QUI LONGE L'UNIVERSITÉ 


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MA RUE ET L'ENTRÉE DE MON IMMEUBLE 


Voila, j’ai raconté un peu de ma vie d’étudiante au quotidien en cette fin d'année 2023.

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Je vous souhaite de très joyeuses fêtes de Noël et de fin d'année.

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JOYEUX NOËL 
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Comme la 1ère partie consacrée au Shintoïsme a soulevé quelques questions, je l’ai complétée. Vous pouvez donc y retourner à l'étape 14 pour une meilleure compréhension, sachant que le sujet est très vaste. Et vous pouvez aussi aller visiter ces 2 sites :

https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11624/shinto/

https://www.jepense.org/shintoisme-definition-simple/


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Les Japonais vont au sanctuaire Shinto pour vénérer et/ou obtenir la protection d'un Kami, en amour, dans les études, la santé, la fertilité, de bonnes récoltes, de bonnes affaires ...


Il y a quelques étapes à respecter quand on vient prier un Kami.

Tout d’abord, comme je l’indiquais dans la 1ère partie, on s’incline en passant sous le Torii, par respect pour le Kami.


Ensuite, près du Torii, il y a un bassin d’ablution, de purification.



Les ablutions de purification se font selon un rite précis.

 A "lire" de droite à gauche


- Prenez l’hishaku (louche traditionnelle) dans votre main droite et remplissez-la d’eau.

- Nettoyez votre main gauche.

- Nettoyez ensuite votre main droite en tenant la louche de la main gauche.

- Reprenez l’hishaku dans votre main droite. Versez de l’eau dans la paume de votre main gauche pour vous rincer la bouche. Ne portez pas la louche à votre bouche et n'avalez pas l’eau.

- Recrachez le plus discrètement possible l’eau dans la goulotte au pied de la fontaine.

- Nettoyez à nouveau votre main gauche.

- Placez la louche à la verticale avec vos deux mains et faites ruisseler l’eau le long de l’hishaku pour la rincer.

- La louche est ainsi pure et prête pour la personne suivante. Il ne vous reste plus qu'à la remettre à son emplacement d’origine.


Ces lieux d’ablutions peuvent se retrouver en d’autres endroits, comme ici, sur le chemin menant au sommet du mont Yahiko (voir 1ère partie), avant d'arriver à l'autel situé à son point culminant.

Vers le sommet du Mont Yahiko 


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Ainsi purifié, vous pouvez aller prier et vénérer le Kami ou les kamis.

Tout d’abord, vous devez attirer son attention, en faisant sonner une cloche s’il y en a une, puis en frappant des mains.



 Notez la bouteille de sake sur la 2ème photo


Ensuite, vous vous inclinez et pouvez exprimer votre prière.

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Vous pouvez aussi lui (leur) faire des demandes (ou un remerciement, ou autres...), par l’intermédiaire d’un «Ema», plaque de bois sur laquelle vous écrivez votre souhait et que vous accrochez à l’endroit dédié. Les sanctuaires accueillant des kamis plus particulièrement dédiés aux études sont très fréquentés au moment des examens.




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Un élément très important dans le Shintō est la Shimenawa, corde sacrée en paille de riz tressée. Elle délimite un lieu, un objet, un arbre ou une pierre, etc ...sacré(e)s.

Souvent y sont fixés des Gohei, bandes de papier blanc pliées en forme de zigzag. Le torii, la shimenawa et les gohei sont tous des objets de purification, de séparation entre le profane et le sacré.



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Enfin, comme sur une des photos ci-dessus, si vous allez dans un sanctuaire Shintō ,vous remarquerez la présence d'offrandes, simple bouteille de sake ou canette de jus de fruit, mochi, ou comme souvent dans les temples importants, les dons des brasseurs de sake.

 Au sanctuaire Shintō de Yahiko
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Je ne vous fais découvrir que la surface du Shintō, qui, au risque de me répéter, imprègne vraiment la pensée japonaise. N'hésitez pas à approfondir le sujet par vous-même, car ce point est très important pour approcher un peu la culture et l'âme du Japon.

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Je reviendrai sur le Shintō au début de l'année prochaine, car la période du nouvel an y est particulièrement importante.

Et je consacrerai bientôt une autre étape photos à 2 sanctuaires Shintō de Morioka vraiment étonnants...


Et je ne vous ai pas non plus parlé de la paix, de la sérénité que l'on ressent dans ces lieux ... vous voyez, le sujet n'est pas épuisé et je suis intarissable ...

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Publié le 27 novembre 2023

Avant de continuer la découverte du Shintō, un petit intermède ...


Samedi dernier, j'ai visité la VILLA SAITO située dans le centre ville de Niigata. C'est une demeure construite en 1918 par un riche marchand de Niigata. Le jardin et la maison ont été conçus ensemble, pour former un tout parfait.

Le jardin a été réalisé avant la maison. Son élaboration a duré 3 ans. La maison a été construite ensuite, construction qui a duré 1 an "seulement".

J'ai eu beaucoup de chance de la visiter en plein rougeoiement des érables. Le spectacle était vraiment magnifique.

La villa a été rachetée par la ville de Niigata en 2009, et ouverte au public en 2012.


Je vous laisse découvrir les photos, prises avec mon téléphone portable, sans retouche. Les couleurs sont vraiment celles que vous voyez.

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Samedi 11 novembre, je suis montée au sommet du Mont Yahiko.

634 mètres, et si vous visitez quelques sites Internet qui le mentionnent, ne les croyez pas quand ils disent que c’est facile ... manifestement, les rédacteurs de ces articles ne l’ont pas grimpé, ou alors ce sont de grands sportifs. J’ai vu beaucoup de gens (même des jeunes...) peiner pour arriver au sommet...

côté Mer du Japon, avec l'Ile de Sado en fond  et côté village de Yahiko                       

Mais bon, je ne vais pas vous parler de mon tout petit exploit.

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Ce que je voudrais vous faire découvrir aujourd’hui, c’est une pensée, le Shintō 神道.

Le premier kanji signifie dieux, divinité, esprit, âme.


Et ceux qui pratiquent un art martial japonais connaissent bien le 2nd kanji , qui signifie route, chemin ... et qui se retrouve dans Judō, Kendō, Aikidō, Kyudō (voie de l'arc) et Shodō (la voie de l'écriture, c'est à dire la calligraphie)...


Le Shintō signifie donc littéralement la voie des dieux, la voie des esprits. On les appelle les KAMIS.


Je parle de pensée shintō, plutôt que de religion shintō, car le mot religion a beaucoup trop de connotations et de perceptions différentes pour exprimer et faire ressentir ce qu’est le Shintō. Et je ne sais pas ce que les japonais mettent dans le mot "religion" ; en effet, selon l'Agence pour les Affaires culturelles du Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et des Technologies japonais, en 2015, on comptabilisait 85 millions de shintoïstes (67 % de la population) et 88 millions de bouddhistes (69 % de la population).


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C’est un ensemble de croyances très anciennes, datant de l’ère Jōmon (de - 13 000 à environ - 400 av. J.-C..) et dont les premières traces archéologiques remonteraient à l’époque Yayoi (environ 800-400 av. J.-C. - 250 apr. J.-C.). Il n’y a pas de dogme dans le shintoïsme. Chacun pratique comme il veut.

C'est une pensée animiste dont le concept principal est le caractère sacré de la nature.

Dans le Shintō, tout peut être sacré : une pierre, un arbre, l'eau, une rivière, une cascade ...


 ... et aussi une montagne, comme le Mont Yahiko, important lieu du shintoïsme dans la préfecture de Niigata.



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Un kami est un esprit, ni bon ni mauvais, ou les 2 à la fois comme les hommes, et peut s’incarner de multiples façons.

Ainsi, un objet aussi peut avoir un esprit, une âme. Pour que vous compreniez la place que prend le Shintoïsme dans la pensée collective japonaise, je vais vous parler de la sonde spatiale Hayabusa.

Hayabusa est la première sonde spatiale à avoir ramené sur terre quelques grammes du sol d’un astéroïde, après un voyage de 6 milliards de kilomètres aller-retour.

Je reprends les mots d’Emiko Kieffer, dans son livre «Le Shintō, la source de l’esprit japonais».

«Le programme d'origine de la mission prévoyait que la sonde Hayabusa reste éternellement dans l'espace après le lancement de sa capsule. Mais à cause de nombreux problèmes techniques, JAXA (l’agence spatiale japonaise) n'eut plus aucune autre option que sa destruction. Comme il n'avait pas été prévu de protection contre la chaleur pour son entrée dans l'atmosphère terrestre, JAXA était obligée de laisser la sonde se désintégrer. De nombreux fans japonais ont pourtant demandé à l'agence spatiale de ne pas laisser mourir Hayabusa... Mais JAXA, en s'excusant, leur à expliqué qu'il n'y avait pas d'autre solution.

Le patron de la mission d'Hayabusa, Junichiro Kawaguchi, a écrit plus tard : "La préparation de la rentrée dans I'atmosphère est cruelle pour Hayabusa. Nous avons étudié plusieurs fois toutes les options pour lui éviter le destin d'une mort brûlante. Mais on ne pouvait sauver sa vie. Malgré tout, toi, Hayabusa, tu as effectué ta mission jusqu'à la fin. La capsule lancée par Hayabusa est son oeuf pour les recherches futures. Nous devons recevoir son message et le faire éclore. [..] Nous sommes arrivés enfin à comprendre ce qui était meilleur pour elle. C'est de servir au maximum pour l'avenir. C'est sa demande".

En traduisant littéralement les mots de M. Kawaguchi, nous découvrons qu'il considère la sonde comme une personne. ll personnifie pleinement un objet qui n'est pourtant qu'une machine. Il ne considère pas que ce soit étrange et les Japonais non plus. Les scientifiques de JAXA ont voulu montrer à Hayabusa sa planète natale une dernière fois avant qu'elle meure, après avoir lancé sa capsule vers la Terre. lls lui ont donné un dernier ordre, celui de se retourner et de regarder la Terre à l'aide de sa caméra. Un peu plus tard, la sonde leur a envoyé une image de la Terre, prouvant qu'elle avait revu sa planète natale. Elle est rentrée dans l'atmosphère trente minutes plus tard et s'est désintégrée. La capsule contenant les précieux prélèvements et bien équipée pour pénétrer dans l'atmosphère, fut récupérée par JAXA."


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Le Shintō imprègne donc toute la vie des japonais. Les valeurs qu’il véhicule sont la pureté, tant physique que spirituelle, l'harmonie, la solidarité familiale et ancestrale, la subordination de l'individu au groupe, le respect de la nature.


Il est présent partout sous forme de sanctuaires, minuscules ou imposants, en ville dans des endroits inattendus, au détour d’une rue, dans les forêts ... Vous verrez aussi des autels shintō dans des commerces, dans d'anciennes demeures etc ...

Minuscule autel accroché au mur dans une brasserie de Sake.  Petit autel dans le bâtiment Next 21 de Niigata (voir Semaine 2)
Kita Makoto Jinja à Furano (Hokkaïdo)  



Il est présent dans les très nombreuses fêtes qui ont lieu dans tout le Japon.


 https://ohmatsuri.com/en/articles/kyoto-aoi-matsuri-festival


Il participe de la vie de famille, avec la fête 七五三 , Shichi Go San, la fête des enfants de 7, 5 et 3 ans, qui a eu lieu dans tout le japon ce mois de novembre.


On le retrouve aussi dans le «itadakimasu», qui signifie «je reçois humblement», mot que les japonais prononcent avant de commercer leurs repas, et le "gochisōsamadeshita" prononcé à la fin du repas, qui signifie "merci pour le repas".

C’est une façon de remercier la nature pour ce qu’elle offre, mais aussi remercier ceux qui ont contribué à l’élaboration du repas.


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Un sanctuaire Shintō se reconnaît au Torii (鳥居) qui en marque notamment l’entrée.


L’origine du mot 鳥居 est incertaine. Bien que le 1er kanji signifie oiseau, certains japonais estiment que, phonétiquement, cela voudrait dire 通り入る tori-iru qui signifie « traverser et entrer » (cf https://furansujapon.com/culture/torii/).


Et effectivement, le torii est symboliquement le passage entre le monde profane et un monde sacré. On s’incline en passant sous le torii, par respect pour le, (ou les) kami qui résident dans le sanctuaire.



A SUIVRE .... 




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Publié le 14 novembre 2023


Vous le savez, le Japon est un pays soumis à de nombreuses catastrophes naturelles. Volcanisme, séismes et tsunamis, typhons, pluies violentes et inondations.


Ce à quoi il faut ajouter le risque moins naturel d’un missile balistique lancé par un voisin irascible. Si vous regardez une carte de l’Asie, vous verrez que Niigata, situé côté Mer du Japon, n’est qu’à une petite portée d’un missile provenant de la Corée du Nord.

Ce risque potentiel est pris en compte par les autorités japonaises. C’est ainsi que dans le «Guide à l’intention des étudiants internationaux» qui nous a été distribué à notre arrivée à l’université, à la rubrique «Health and Safety», le missile balistique est envisagé au même titre qu’un séisme ou un tsunami.

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Niigata, en plus d’être au bord de la mer du Japon, a cette particularité d’être traversée par la Shinano-gawa (plus long fleuve du Japon), l’Agano, et plus au sud, près de l’université, la shin-River. En outre, c’est une ville plate.

Nous avons donc sur le même territoire de possibles fortes vagues (je laisse de côté les tsunamis, plus rares), des pluies torrentielles et un réseau hydrographique extrêmement dense, comme vous pouvez le constater sur les 2 images ci-dessous. Pour résumer, il y a de l'eau partout.


Wikpedia photo par Gombe                                                                        https://mapcarta.com/fr/Niigata 


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Quant aux tremblements de terre, ils ne sont pas rares dans la préfecture de Niigata. Au cours des 60 dernières années, il y en a eu 3 sérieux. Le plus important a eu lieu en juin 1964 (magnitude 7.5), suivi d’un tsunami de 4 mètres pour la plus haute vague, puis en 2004 (magnitude 6,8) et enfin en 2007 (magnitude 6,3).


Nous avons eu, avant notre départ, une formation sur les risques naturels à Niigata. Nous avons également installé sur nos téléphones 2 applications : NIIGATA BOUSAI, qui nous envoie des notifications en cas de danger et indique quel est le point de repli le plus proche,

et ANPIC, qui est une application en lien plus spécifique avec l’université. Elle permet à l’université de «recenser» ses étudiants, de connaître leur localisation et leur état de santé.


NIIGATA BOUSAI-le point bleu au centre est là ou j'habite                                                                  ANPIC 
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Je dois avouer que les risques séisme et tsunami, et inondation dans le cas particulier de Niigata, sont très souvent présents à mon esprit.

En effet, tout, partout, rappelle cette éventualité.

On peut voir sur le campus (qui est centre d’évacuation) et en de nombreux endroits en ville, de tels immeubles renforcés.

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Un peu partout en ville, et beaucoup sur le campus, divers panneaux indiquent l’altitude et rappellent la conduite à tenir.

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Je vous rassure : je n’ai pas peur (je ne serais pas partie dans le cas contraire). Mais c’est un peu comme traverser une rue ... on est vigilant...

Ceci dit, je suis beaucoup plus sur mes gardes quand je traverse la Rue de Strasbourg à Nantes que je ne le suis ici pour un éventuel séisme !!!

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Il faut juste prendre la bonne mesure des dangers. Et c'est ce que font l'université et la police.

Jeudi dernier, nous avons été convoqués à une très importante réunion concernant la sécurité sur le campus. Il était absolument impératif d'y participer, sous peine que notre absence soit signalée à notre université. Franchement, je m'attendais à ce que nous ayons une formation sur les risques naturels. En fait, c'était une formation sur la sécurité routière. L'an passé, un étudiant étranger avait été blessé lors d'une collision avec un cycliste, et il est inenvisageable que cela se reproduise.

4 policiers et un responsable de l'université étaient présents pour nous expliquer les règles du code de la route, et les obligations extrêmement strictes en matière de détention d'un vélo ou d'une trottinette.

Il est en effet certain que le risque d'un accident de la circulation est statistiquement bien plus élevé qu'un risque de séisme, même si ce dernier marque plus les esprits, au même titre qu'un accident d'avion...

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Publié le 5 novembre 2023

Je vais vous faire visiter Niigata petits pas par petits pas. Niigata n'est pas une ville considérée comme touristique dans les guides de voyages, mais il y a partout des pépites à découvrir.


Aujourd’hui, je vais vous parler de ses galeries commerciales. Rien à voir avec ce qui existe en France, Ce sont de véritables rues, larges, pouvant être ouvertes à la circulation (au moins pour les commerçants), et souvent couvertes. Il en existe dans beaucoup de villes du Japon. La plus grande se situe à Osaka, et fait 2.6 kilomètres.


Je voudrais particulièrement vous parler du quartier de Furumachi, où se trouvent de nombreuses et remuantes arcades commerciales de Niigata. Furumachi signifie vieille ville : (furu : vieux)et (machi : ville).

https://machiminato.jp/en/machiguide-2/    L'ancienne ville, colorée en rose, était un port actif dès le XVIème siècle
 A la gloire du Baseball, sport très populaire au Japon
Pétales de chrysanthèmes, que l'on consomme  en ce moment, légèrement marinés dans du vinaigre doux 

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Il se passe toujours quelque chose à Furumachi ... C’est là que se sont tenus le festival de la danse (fin septembre) et le festival de la musique (octobre). (vous pouvez revoir la semaine 1)



En ce 3 novembre, fête de la culture (文化の日: bunka no hi), c’était aussi la fête du saké.

Attention, au Japon, saké désigne l’alcool en général. Ce que l’on désigne sous le nom de saké en France se dit ici «Nihon Shu», c’est à dire alcool japonais.


Il y avait donc du Nihon Shu, mais aussi du whisky, des boissons fermentés diverses, et du vin ... japonais, notamment un Merlot que j’ai bien apprécié. Ce vin provient du sud de la préfecture de Niigata. Je vous renvoie au lien du site du vignoble, c’est intéressant à parcourir. Ne vous laissez pas rebuter par le japonais, les photos parlent d’elles-mêmes. Cliquez notamment sur les 2ème et 4ème onglets.

https://www.echigowinery.com/

On fait souvent la fête à Furumachi. J’y suis allée plusieurs fois durant les week-end, et c’est toujours bon enfant ; il y a de la musique, des chanteurs, des vendeurs de quelque chose, des gens détendus qui sont là entre amis ou en famille.

Il n’est pas rare, étant très souvent la seule occidentale, que je me fasse aborder pour savoir d’où je viens, pourquoi, combien de temps je reste, est-ce que je suis là comme touriste...

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Mais ce quartier de Niigata recèle un vrai trésor, invisible à qui a le sens de l'orientation et ne se perd jamais (comme quoi, il y a souvent du bon à trouver dans les difficultés). Je l'ai vraiment découvert par hasard, en cherchant un moyen de traverser la rue sans avoir à faire un grand détour jusqu'aux passages piétons. J'ai donc pris un escalier, pensant qu'il me permettrait de traverser plus rapidement... et ...

Une superbe galerie marchande souterraine, comme il y en a dans les villes qui ont froid l'hiver.

Quelques commerces sont ouverts. J'ai rencontré un ébéniste, qui avait des meubles magnifiques, dont il était fier de me donner le nom du bois, de m'en faire apprécier la légèreté et l'odeur...

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Et puis, il y avait cet immense magasin d'articles de seconde main. En fait, contrairement à ce que je pensais en arrivant à Niigata, il y en a ... il faut juste bien regarder. Mais je doute qu'il s'agisse de 2nde main japonaise, à voir toutes ces chemises bariolées ...

Et si vous voulez du Burberry, c'est ici qu'il faut venir ... 

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Publié le 31 octobre 2023

Aujourd'hui, je suis allée à Shibata, une ville à 1 heure de train au nord de Niigata.

Et j'ai découvert une ville en grande difficulté. Je suis passée dans des rues (jadis) commerçantes, à proximité de la gare, et c'est un spectacle désolant. La majorité des boutiques sont fermées, et l'ensemble fait penser à une ville fantôme.

Une des choses qui m'a frappée, mais que vous trouverez anecdotique si vous n'êtes jamais allés au Japon, c'est l'absence de superettes, et encore davantage, l'absence de lieux où manger. Google maps en signale pourtant beaucoup, mais en arrivant devant, on voit bien que le rideau a été baissé définitivement. Ce sont peut-être des dizaines qui ont ainsi disparu, même à proximité immédiate du City Hall.

Les raisons de cette situation ? sans doute plusieurs... La démographie tout d'abord : Shibata a perdu 11 % de sa population en 25 ans, et décroît en moyenne de 0,76 % par an.

La démographie est un très grand problème au Japon. Mais peut-être y-a-t-il à Shibata d'autres facteurs : l'attractivité de Niigata, dynamique, jeune, disposant de grandes universités et à une petite heure en train.

Et puis, sans doute, le COVID, qui certainement, n'a fait qu'amplifier une situation déjà difficile. Les japonais ont beaucoup souffert du Covid, et n'ont pas bénéficié d'autant de générosité que nous et en Europe en général.

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Cependant, Shibata est riche de bien des façons. Elle est notamment dotée d'un grand et récent hôpital, d'une salle de concert flambant neuve, d'un "château" et d'un beau sanctuaire shinto.


J'ai écrit château entre guillemets, car en fait, il s'agit de donjon de défense, bâti sur un empierrement rocheux à l'angle des murs extérieurs. Il en reste un d'époque, et un rebâti à partir de rien, sur l'emplacement de son prédécesseur dont il ne restait que quelques vestiges enfouis dans le sol.


C'est une caractéristique du Japon de ne pas hésiter à reconstruire, même un édifice disparu depuis des centaines d'années. Et même si des moyens modernes ont été utilisés (grues, échafaudages ...), les techniques artisanales sont les mêmes qu'à l'époque de la première construction, au début du XVIIème siècle.

Ces reconstructions et déplacements de bâtiments historiques (je vous en reparlerai, c'est vraiment étonnant) permettent la sauvegarde et la transmission des savoir-faire anciens.

La photo ci-dessous vous montre le donjon ancien. Vous pouvez apprécier la patine du bois.

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Et puis enfin, le sanctuaire Shinto. Je vous reparlerai aussi prochainement de ces édifices que l'on trouve en très grand nombre partout au Japon, et de la pratique Shinto.

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Publié le 22 octobre 2023




Maintenant que les choses sont un peu plus calmes sur le plan universitaire, je voudrais vous faire partager quelques émotions ressenties au Japon.

Ces photos ont été prises en juillet 2023, sur le site d’un monastère bouddhiste (Kanmangafuchi), près de Nikko.


Ce lieu m’a particulièrement touchée. Mais ce que je garde dans ma mémoire, ce qui vraiment me bouleverse, même aujourd’hui, en les regardant, ce sont ces 2 statues, et surtout celle qui n’est plus là...mais qui est encore là malgré tout.



Je crois que ce que je ressens correspond à ce que les japonais appellent le 侘寂 (Wabi Sabi).


En occident, le concept est récupéré dans un but commercial, comme l’est la pensée Zen, puisqu’on produit désormais «à la chaîne» des objets wabi sabi, on décore son appartement wabi sabi... (tapez «déco wabi sabi» sur internet pour en voir l'exploitation mercantile).


Le 1er kanji, , qui se prononce notamment wabi, évoque la solitude, la modestie. Il se retrouve dans le mot wabishii, qui signifie terne, sans éclat.


Le 2nd kanji, , qui se prononce notamment sabi, évoque, selon les sources de documentation citées plus loin, l’idée de l’altération, de la patine donnée par le temps. Il y a aussi une idée de tristesse, de mélancolie, de solitude et de silence. Ce kanji apparaît notamment dans le mot sabishii, qui signifie solitaire, triste....


Ce serait un moine zen, Sen no Rikyu, qui, au XVIème, aurait fait émerger ce sentiment dans la pratique de la cérémonie du thé. Abandonnant la porcelaine chinoise d’un extrême raffinement, il aurait privilégié l’utilisation d’objets d’objets simples, quelquefois ébréchés et réparés, et pratiqué la cérémonie du thé dans un lieu épuré, dépourvu de tout superflu.


Vous pouvez avoir une idée de ce qu’est la pensée wabi sabi si vous aimez la poterie Raku.

 Chawan Raku, “Rika”, ©Raku_Museum_Kyoto


La traduction est un art que je ne maîtrise pas, et il est vraiment difficile d’exprimer d’une langue à l’autre le sens d’un sentiment spirituel et philosophique, tellement les mots n’ont pas la même couleur ou la même saveur, si je peux dire, d’une culture à une autre.


J’attend avec impatience de pouvoir un peu mieux comprendre le japonais pour pouvoir interroger les japonais eux-mêmes sur ce sentiment... et ils me répondront en anglais ... d’où la récurrente difficulté de la traduction.


En tout cas, j’espère que vous aussi aurez un peu éprouvé ce sentiment en regardant ces photos.


Je vous renvoie à des liens si vous souhaitez en savoir plus.

https://www.journaldujapon.com/2019/03/19/wabi-sabi-insaisissable-beaute/

Et surtout ce lien que je vous engage vraiment à consulter : https://www.jepense.org/wabi-sabi-philosophie-japonaise-definition/

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Publié le 14 octobre 2023


A tous les français que se plaignent de devoir trier leurs déchets ...

Le 25 septembre, dans la présentation de la vie à Niigata, il a été question des déchets ménagers. Et on nous a remis ces documents.



J’entends d’ici un ou deux de mes amis dire : «Ahhh!!! c’est tout écrit en japonais!!! ».

Inutile de dire que, si on veut bien faire les choses, il faut prendre un certain temps pour l’étudier. Je vous facilite un peu la tâche ... voici la version anglaise.



Nous avons donc les déchets «brûlables», qui doivent être mis dans des sacs jaunes, et qui représentent beaucoup de choses : les restes alimentaires, mais aussi les épluchures de légumes (ce que nous mettons au compost en France), mais encore les vêtements, les articles en caoutchouc ou en cuir, et les produits plastiques non labellisés ... ça fait beaucoup...


Ça fait d’autant plus beaucoup qu’il y a encore une vraie culture de l’emballage plastique au Japon. Il y a très peu de vente «à la coupe» ou «en vrac» comme on l’a en France. Au Japon, tout est emballé. Dans les magasins, on peut voir les employés préparer les barquettes de produits divers. Même les fruits et les légumes sont emballés. On peut bien sûr se dire que, même en France, tôt ou tard, il faudra bien un contenant pour ce qu’on achète, et qu’on ne va pas avoir le poisson, les radis et le gâteau en vrac dans un panier. C’est certain, un emballage est nécessaire. Mais les japonais vont plus loin ... ils sur-emballent.



Voici des courses alimentaires effectuées dans un supermarché. Les produits sont emballés, et très bien scellés ... cependant, à la caisse, on m’a ré-emballé 3 produits (il s’agit de produits non secs), et on m’a mis le tout dans un grand sac plastique. Je ne suis dans l’appartement que depuis 3 semaines, mais j’ai déjà plein de sacs plastiques dans un fond de placard.

Je vous invite, si le sujet vous intéresse, à cliquer sur le lien suivant : https://voyapon.com/fr/suremballage-plastique-recyclage-japon/


Il faut également, comme en France, trier les «PET bottles» qui sont recyclables, en veillant à mettre les bouchons avec l’autre plastique.

Ce second plastique, qui ressemble au polystyrène et se trouve essentiellement dans les barquettes pour usage alimentaire, porte un petit logo, et doit être mis dans des sacs transparents ou translucides.

Vous remarquez donc que tout cela se met dans des sacs différents, qui devront ensuite être déposés dans le container spécialement affecté à l’immeuble, à des jours précis.



Je vous laisse découvrir par vous-même comment se trient les papiers et cartons, les contenants en verre (cf. sur les photos les casiers en plastique jaunes destinés à les y déposer), ... et tout le reste.


En réalité, c’est moins compliqué qu’il n’y paraît. En ce qui me concerne, ce sont surtout des déchets brûlables, le plastique recyclable, et des bouteilles plastiques et des canettes.


Un point très positif dans tout cela ... les konbini (supérettes) ont des containers qui vous permettent de rapporter notamment vos bouteilles plastiques et vos canettes.


Je ne sais pas pour vous, mais franchement, je préfère le tri français qui me paraît un peu plus simple.


Autre fait marquant, il n’y a apparemment pas de recyclerie, ou d’institution type Emmaus, mais je vais enquêter.

Il semble cependant à y avoir quelques magasins de vente de vêtements de 2nde main, surtout dans les très grandes villes comme Tokyo ou Kyoto ... mais je ne sais pas si le circuit est le même qu’en France, ou s’il s’agit plutôt de «vintage» importé. Affaire à suivre...

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Publié le 9 octobre 2023


Voilà, j’ai fini ma première semaine de cours.

Eh bien, tout s'est bien passé. Cependant, quelques difficultés d'orientation et de repérage des classes...

Me connaissant, j’avais pourtant anticipé et visité préalablement le campus, mais pas suffisamment et sans prendre des notes.

Pour me consoler un peu, j’ai souvent vu des personnes dubitatives devant les plans. Il faut dire aussi que le campus fait 60 hectares, et que chaque bâtiment est à l’échelle.



Je vous encourage à cliquer sur, ou copier, le lien ci-dessous, pour avoir une vision panoramique du campus. A votre tour de vous y perdre et d’avoir la tête qui tourne ...

https://www.niigata-u.ac.jp/university/map/ikarashi/v_tour/

Je donne donc le conseil aux futurs étudiants à Ikarashi campus de surtout prendre le temps de repérer les bâtiments et les classes, de visiter plusieurs fois et de prendre des notes. Cela leur évitera d’arriver en retard aux cours !!!

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A part ce problème d'orientation, tout s’est bien passé. Les cours sont intéressants et les professeurs patients.

Dans le "groupe des 5" (par référence aux 5 étudiants de Nantes que nous sommes), il n'y n'a pas de réelle difficulté de compréhension de l’anglais. Ils s’agit d’un anglais parlé pour l’essentiel par des non-natifs anglais, et que nous sommes aptes à comprendre, malgré la diversité d'accents. Il n'y a que 2 cours dont je ne comprends que 75 % du contenu, et encore avec beaucoup de concentration. Il s'agit d'un cours sur la culture de l'ouest (Western Cultures, par opposition à Eastern Cultures), et un cours d'Area Studies, ou études régionales, dans lequel nous étudierons le Japon sous différents aspects, historique, géographique, humain ... Les 2 cours sont dispensés par le Professeur Gregory Hadley, qui est britannique.

Les étudiants sont de toutes les nationalités. Dans un cours, nous avons eu des allemands, des chinois (ils représentent la majorité des étudiants étrangers), des russes, une turque, une taïwanaise, une australienne, un polonais, et des japonais.

Jongler toute la journée entre 3 langues différentes est un peu fatiguant. Mais cela va se régler en quelques semaines.

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Comme il y a sur le campus des étudiants qui apprennent le français, nous avons tous les 5 été sollicités pour intervenir en classe, pour donner aux étudiants japonais l’occasion de parler français, et à nous de parler japonais. Je pense que ça va être très enrichissant.

J’ai constaté, et mes camarades avec moi, que les étudiants japonais (et la plupart des jeunes en général) ont beaucoup de difficultés avec l’anglais, qu’ils ont pourtant étudié pendant 6 ou 7 ans.

Après en avoir discuté avec une jeune japonaise qui a étudié le français à Nantes, il lui semble que la difficulté vient de la méthode d’enseignement des langues étrangères. En effet, l’erreur n’est pas admise, et les jeunes sont pétrifiés à l’idée d’en faire une, et donc, préfèrent se taire.

Nous sommes sortis avec un petit groupe d’étudiants japonais qui apprennent le français. Nous avons eu beaucoup de difficultés à communiquer avec eux, en français, en anglais, et même, paradoxalement, en japonais. Nous avons, à plusieurs reprises, tenté de les convaincre que commettre des erreurs fait partie de l’apprentissage d’une langue, et que le plus important, c’est d’essayer, encore et encore...

Nous y sommes à peu près parvenu après beaucoup d’efforts et avec l’aide de personnes plus âgées, qui elles, n’ont plus ce blocage et sont tellement heureuses de pouvoir simplement prononcer quelques mots en français.

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Publié le 29 septembre 2023

Le lendemain matin 26 septembre à 8 h 40, départ pour le Chūō (Central) Ward Office. (Si j’ai bien compris, c’est le plus important, un peu comme la mairie de Paris par rapport aux mairies d’arrondissement).

L’Université a en tout organisé 8 déplacements dans les différents Ward Offices sur 3 jours.

Nous étions accompagnés par quelques membres du staff et toujours par des étudiants bénévoles, qui vraiment nous ont beaucoup aidés tout au long de ces journées. C'est vraiment beaucoup d'investissement de leur part.

Le Chūō Ward Office est majestueux, extérieurement, comme intérieurement. C’est la première fois que je voyais, et prenais, un escalator courbe ...



Le Chūō Ward est le bâtiment pointu dans le fond 


Là encore, comme d’habitude, tout est organisé. Nous avons été installés dans une salle où nous attendaient 2 personnes de l’administration. Nous avions encore un numéro attribué. Nous avons remis le document demandé ainsi que la carte de résident qui nous avait été délivrée à l’aéroport. Les 2 personnes ont très scrupuleusement examiné ces formulaires que nous avions si durement et si mal remplis, ont demandé des précisions à quelques uns d'entre nous, puis, au bout de 2 heures de ce travail minutieux, ont quitté la salle avec nos précieux documents. Ils sont revenus 1 heure plus tard, avec notre carte de résident dûment revêtue au verso de la mention de notre adresse ... ça y est, nous sommes officiellement résidents au Japon.

Cependant, même au pays de l’excellence, il peut y avoir un grain de sable ...

Malheureusement, malgré toutes les précautions prises par les équipes, certains d’entre nous, dont moi, se sont vu priés de prendre le chemin (toujours avec les navettes affrétées par l’Université) du Nishi (ouest) Ward Office, pour effectuer une formalité qui aurait dû être faite la veille au Chūō Ward Office.... しまった...

しまった est l'équivalent japonais de notre oups, zut, flûte, oh non ! bon sang ! et plus selon vos pratiques usuelles.

Ça se prononce shimat...ta. On laisse en suspens la syllabe finale. Rappelez vous les dictées, quand le maître ou le professeur des écoles accentuait la consonne doublée, comme dans at..tendre... et bien, c’est la même chose...

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Publié le 29 septembre 2023

Le 25 septembre, nous avions une grosse journée.

A partir de 8 heures 30, nous avons été répartis (un cinquantaine de personnes) dans une salle, à un emplacement préalablement désigné, où nous attendaient des documents à notre nom.

Une quinzaine d’étudiants bénévoles étaient là pour nous aider dans toutes les formalités.


Le matin, ça été plutôt facile. Un powerpoint à regarder, des explications orales en anglais et japonais (souvent la répétition des «slides»)*, des documents à examiner. On nous a présenté le campus et tout ce qu’on pouvait y trouver. Puis nous avons rempli un document, donné notre carte de résident et un peu attendu... et on nous a remis notre carte d’étudiant. Et voilà ...

* Désolée pour l’anglicisme, mais à jongler entre le français, l’anglais et le japonais, j’y perd mon latin ...


Puis nous avons visité le campus par petits groupes menés par 2 ou 3 étudiants bénévoles, les assistants. Chouettes échange en anglais, français et un peu de japonais...

Puis la cafétaria n° 1 ... oui, elles sont numérotées, il y en a 3 sur le campus....

Pendant le repas, j’ai longuement échangé avec un des assistants, heureusement un peu en français, puisqu’il est en train de préparer une thèse sur Sartre. Nous avons parlé des chansons françaises qu’il connaissait... France Gall, Françoise Hardy, Sylvie Vartan...

Nous avons évoqué la ville dont il est originaire, Hirosaki, dans le Tohoku. Nous avons échangé au sujet du château de cette ville, tout simplement déplacé d’une centaine de mètres, le temps de refaire son mur de soutènement... si, si, si, ils l’ont fait... je vous en reparlerai plus tard...


Et puis les choses sérieuses ont débuté...

Tout d’abord, création d’un compte étudiant en ligne pour accéder au site Web, et connexion via la WIFI du campus ... bon, ça va....

Puis création d’un compte Gmail, avec notre numéro d’étudiant comme identitifiant ... bon, c’est pas tout facile en japonais et en anglais, mais on connaît déjà la démarche, donc, bon, ça va .... puis changement du mot de passe impossible à mémoriser ... bon, ça va encore ...


Ça se complique vraiment quand il s’agit de remplir les documents pour la procédure au Ward (Ku) Office.

Le Ku au Japon peut être comparé aux arrondissements des grandes villes françaises. Tokyo a 13 Ku, Niigata 8. Ces Ward Office ont à peu près les mêmes attributions que les mairies en France, notamment, ils gèrent l’état civil, avec en plus une fonction de recensement de la population, pratique très ancienne au Japon. C’est au titre de recensement qu’il faut se faire enregistrer au Ward office... et c’est là que ça se complique, car les formulaires sont en japonais ... et qu’il faut écrire en kanjis et en katakana, la forme d’écriture que tous les étudiants non-japonais détestent ...

 voirlejapon.centerblog.net9-katakana


et il y a en plus un formulaire pour s’inscrire à la «sécurité sociale», et pour éventuellement demander l’ouverture d’un compte bancaire ...

Les Modèles 

Comme la séance se terminait à 15 h 30, inutile de dire que nous, les 5 français, avons ramené des devoirs à la maison ...

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Publié le 28 septembre 2023

Voilà, les choses sérieuses commencent !

L’accueil des étudiants étrangers se fait sur 3 jours. L’université organise tout dans les moindres détails. Nous sommes pris en charge de bout en bout.

Tout d’abord, on vient nous chercher à la gare, au point de rendez-vous fixé que nous ne pouvons pas rater, tellement tout est parfaitement expliqué. On nous indique même les trains recommandés depuis Tokyo pour arriver juste à l’heure.


Quant au bus, nous n’en croyions pas nos yeux. Personnellement, je n’avais jamais vu de bus avec un lustre, des appliques assorties et des petits rideaux à frange. La navette nous a donc amenés directement sur le campus où nous attendait le staff.



Dans la salle où nous avons été reçus, nous avions chacun un numéro et notre place attitrée, avec un paquet de document devant nous. On nous a souhaité la bienvenue, puis demandé de lire soigneusement les instructions, et de poser des questions si nécessaire. Des étudiants bénévoles, parlant anglais, chinois et un peu français, assistaient le staff pour nous aider.

Nous avons signé notre bail (nous avions choisi et réservé en ligne notre logement), l’engagement de bien se comporter dans ledit logement, et des formulaires d’assurances. Nous avons réglé le premier mois conformément à la facture que nous avions préalablement reçue par mail, et on nous a remis la clé. Nous étions une cinquantaine d'étudiants et le tout a pris 1 h 30 sans aucune anicroche.

Contrat de bail 

Dans le même temps, des taxis et minibus étaient arrivés et nous ont déposés chacun devant notre immeuble. Tout cela était gratuit, payé par l’université.

Nous sommes pris en main de façon extraordinaire, et tout se fait si aisément, sans stress... il suffit de se laisser porter.




Je suis super contente de mon appartement. 20,5 mètres carrés, bien situé, 2 grandes ouvertures, lumineux, très silencieux, tout équipé ... cuisine, réfrigérateur et congélateur, four micro-onde, machine à laver, et bien sûr, la WIFI ... L’eau, le gaz et l’électricité sont déjà en fonction à notre arrivée.

Certes, le mobilier est sommaire ... une chaise, une table, un futon. Mais les étudiants des années 80 se souviennent sans doute avec émotion de leurs chambres d’étudiant, souvent chez l’habitant, pourvues en tout et pour tout d’un lit, d’une table et d’une chaise, parfois 2, un lavabo pour faire sa toilette, et les WC sur le palier ...

J’ai une mezzanine pour dormir. Pour le moment, comme il fait encore chaud, je dors en bas, mais je changerai sans doute quand il fera froid. Comme j’ai un futon, il suffit de le replier et le déplacer.

Nous n’avons pas eu à payer de dépôt de garantie. Dans le groupe des 5 français de l’Université de Nantes, nous payons tous environ 300 € par mois.

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Publié le 22 septembre 2023

Je suis allée faire du tourisme à ISETAN. Ce sont des Grands Magasins raffinés dans les moindres détails. ISETAN est une chaîne de grands magasins type Galeries Lafayette en version XXL et luxe XXL. Il y a 7 niveaux + 1 ... dont je vous parlerai un peu plus loin. Il y a même une galerie d’art, qui était fermée, malheureusement.

Toutes les grandes marques internationales sont présentes. Les marques françaises de luxe sont majoritairement représentées. Il y a aussi des marques milieu de gamme, surtout en cosmétiques, comme L’Occitane ou Clarins.

Bien sûr, le rayon vin est particulièrement fourni, notamment en vins français. Les bouteilles de Bordeaux ou de Bourgogne très haut de gamme sont très bien représentées et présentées avec beaucoup de précautions (pénombre et température tempérée, voire fraîche), avec un ou deux vendeurs particulièrement affectés au conseil et à la vente.

Quand j’ai dit que j’étais française et que j’aimais beaucoup le vin ( avec modération, comme il se doit), on m’a proposé de goûter. Bien sûr, pas les vins de luxe ! J’ai décliné l’offre ... il était 10 heures du matin ...

La bouteille de Muscadet n’est vraiment pas chère (8.36 €), s’agissant d’un produit importé. C’est sans doute à cause du taux de change particulièrement favorable à l’Euro depuis quelques mois. A fin 2019, quand nous étions, Jean et moi, allés au Japon pour la première fois, l’Euro valait environ 125 Yens. Aujourd’hui, 1 Euro équivaut à 158 Yens.

Je n’ai pas voulu prendre trop de photos car il commençait à y avoir du monde.  

J'ai essayé de vous allécher avec le niveau - 1. En effet, dans cette chaîne de grand magasin, le niveau le plus extraordinaire à visiter est le niveau - 1. Alors qu’en France on y met les rayons purement utilitaires, ici, c’est le royaume de l’alimentation. Et le mot royaume n’est pas trop fort tellement tout est si bien présenté, très esthétiquement.

Si vous venez au Japon, n’hésitez pas à aller visiter ce niveau. En 2019, Jean et moi avions rencontrée une guide du réseau international de bénévoles Greeters (@), Akiko San, et elle nous avait amenés au niveau - 1 de l’ISETAN de Shinjuku, un des quartiers les plus renommés de Tokyo. C’était somptueux.

Bien sûr, on n’achète pas là la nourriture de tous les jours. Ce serait plutôt la gamme des épiceries fines françaises. Je crois qu’on y va beaucoup pour acheter des cadeaux. Un fruit, bien emballé, bien mis en valeur, devient un cadeau que les japonais s’offrent quand ils vont chez des amis. Pour en savoir plus sur cette pratique, vous pouvez copier ce lien dans votre navigateur : https://www.japan-experience.com/fr/preparer-voyage/savoir/gastronomie-japonaise/culture-fruits-japon

(@) Je vous conseille d’aller voir le site https://greeters.fr/ qui vous permettra de découvrir ce que sont les Greeters. Qui sait, vous aurez peut-être envie, vous aussi, de faire visiter la ville, le quartier, le village que vous aimez...

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Publié le 19 septembre 2023

Je suis allée voir le campus où je vais étudier. C'est une ville à lui seul, avec son bureau de poste, ses supérettes (Konbini en japonais- je ferai une page spéciale un jour sur cette autre merveille japonaise), ses cafétarias, ses gymnases, son Dojo ...

C'est vraiment un très beau campus. Il va juste falloir s'y repérer.

Plan du campus 
A proximité de la caféteria n° 1 

Et puis, je suis allée jusqu'à l'immeuble où j'habiterai. C'est à 10 minutes à pied du campus.

 2-chōme-28-4 Daigakuminami, Nishi Ward, Niigata, 950-2111, Japon
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Publié le 19 septembre 2023

J'ai la chance extraordinaire d'être arrivée à Niigata pendant le festival annuel de la danse, qui se tient tout ce week-end. C'est très festif, et les gens sont vraiment accueillants et bienveillants.


Publié le 19 septembre 2023

Bonjour,

16 septembre 2023. Je viens d'arriver au Japon, pour un séjour de 6 mois à l'Université de Niigata. C'est une aventure extraordinaire, incroyable.

Je veux tout d'abord remercier ceux qui ont permis cette opportunité.

D'abord Jean, mon mari. Quand je lui ai annoncé que la 3ème année de formation en japonais pouvait se dérouler à l'université de Niigata, il m'a immédiatement dit , sans hésiter "oui, vas-y".

Et puis merci à l'université de Nantes, à mes professeures de japonais qui n'ont pas douté de ma volonté de tout connaître du Japon, du peuple japonais et de la langue japonaise.

Merci à ceux qui m'ont donné coups de main et conseils pour ce blog.

Enfin à à l'université de Niigata, qui réalise un travail extraordinaire pour accueillir des étudiants de toutes nationalités.


Qui suis-je, brièvement ? J'ai d'abord appris le japonais en autodidacte grâce à l'application JA SENSEI (avec laquelle je travaille tous les jours), puis avec un professeur, et en octobre 2022, j'ai été admise dans le D.U. Langue et Culture Japonaise de l'université de Nantes. C'est le 1er semestre de la 3ème année du D.U. qui se déroule à Niigata.

Je conçois ce blog comme le livre de bord d'un marin. Chaque semaine environ, j'y noterai ce que j'ai vécu les jours passés, les rencontres, les soucis, les émotions ...

J'aimerais aussi y ajouter quelques notions sur l'histoire, la langue, la culture, et la société japonaise ...

Je demande par avance pardon aux personnes de nationalité japonaise que je connais qui pourraient être choquées par mes photos ou mes commentaires. Je ne serai jamais japonaise, et malgré mes efforts, j'aurai toujours le filtre de ma culture occidentale dans l'interprétation de ce que je vis.