Carnet de voyage

Une plume dans l'cul

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☀️🌏✈️
Mai 2018
12 semaines
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Publié le 1er avril 2018

Dites-moi pas qu'c'est pô vrai...

Ca m'a pas suffit de me faire écraser contre un mur par un buffle au Népal, faire de la moto en fumant de l'opium au Laos, être barwoman en tongues au Cambodge et me moquer des enfants sales en Thaïlande.

J'ai encore envie de faire plein de bêtises...

De faire un selfi avec un lama en Bolivie avant de le vendre à un cirque, de faire une crotte sur le lac Titicaca au Pérou un lendemain de soirée alcoolisée et épicée (J'aime manger et pisser), d'entrer dans une cave sombre tenue par le plus gros bras d'un cartel de drogues en Colombie et de crier "GIRL POWER" en faisant un doigt d'honneur...

Et puis surtout, de vider mon compte en banque. Parce que tout cet argent, ça m'agace. J'aime pas être très très très riche. J'suis quelqu'un de simple : très riche ça me suffit.

T'étais pas prêt(e) à voir ma face de si près hein ?! 

Bon, on fait un récap' pour ceux qui n'en ont rien eu à faire de ma vie depuis l'Asie : J'suis rentrée en France, 4 mois, pour fabriquer de la thune. Donc j'ai travaillé par hasard et chance à l'aide sociale à l'enfance. Joie, rire, bonheur, un métier drôle, qui met de bonne humeur (non ça c'est pas vrai). Une expérience de ouf malgré tout (et malgré le fait que y a des gens sur cette Terre j'ai envie de le taper mais je le fais pas parce que j'suis pas très musclée et c'est pas légal). Et c'est bon, j'me suis fait du fric sur le dos des enfants battus, des migrants esseulés, des parents endettés... je peux repartir m'amuser.

Sans billet retour, bien-sûr. Toujours vegan, féministe, écolo, énervée, inconsciente, insouciente, imprudente, névrosée, effrontée, pas aimable, mal éduquée et surtout... mal barrée. Toujours avec mon doudou. Et j'ai toujours envie mettre en péril mon existence, de résoudre des problèmes insolubles comme la fonte des glaces, de proposer l'euthanasie systématique à 75 ans, de... merde je m'égare.

Je pars très différemment de la dernière fois. "Ouaaai voyager ça résoud tes problèmes d'existence profond, t'es en cohésion avec ton corps, en harmonie avec toi même, t'es content d'être heureux et tu ne regarde plus l'heure" ...Mon cul c'est du poulet. C'est finalement en France, que j'ai appris à ne pas chercher de "réponses à mes questions" (So has been) mais à me poser LA bonne question : t'as envie de quoi, là, maintenant ? Donc, j'ai décidé d'arrêter d'avorter mes p'tits bonheurs pour être sûre de ne pas être surprise par la déception et de maîtriser jusqu'à l'échec de mes projets. Ah... on me dit à l'oreillette que là stop, je raconte trop ma vie. Bon, ok. Bref, j'me casse.

A priori j'ai du boulot volontariat qui m'attend en Bolivie mais avec plusieurs réponses positives, il me reste un mois pour trouver ce qui me plaira potentiellement le mieux. Gagner un SMIC de plus, faire encore un peu la fiesta, être triste de partir, toussa. Mais pour plusieurs raisons je fais du teasing en ouvrant ce nouveau blog aujourd'hui : la plume de mon stylo commence à me faire les yeux doux, et puis ... on est le 1er avril ... Héhé. QUOOOI TU PARS PAS EN VRAI TU M'AS FAIT LIRE TOUT CA POUR RIEN CONN*SSE !!! Mais si, détend toi le slip : on est le 1er avril ... donc je pars dans exactement 1 mois. Et d'ici là, y a des chances que je repasse par ici. J'ai hâte de ouf. Voila, j'avais juste besoin d'extérioriser.


Pour les mélancoliques anonymes :

Lien vers le blog de l'Asie du sud Est

Lien vers la vidéo du Népal

Lien vers la vidéo Laos + Cambodge

Lien vers une photo de chaton trop mignon (Alors, t'as cliqué ...?)

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Publié le 18 avril 2018

Je me souviens ... de ces vacances avec mes copines de fac.

Ces vacances tant attendues, à la fin des partiels. Une semaine par an de gueuletons, de bouteilles de rosé, de boîte de nuit et de coup de soleil à n'en plus finir. Ma valise était prête 1 mois à l'avance alors que je n'avais pas commencé à réviser les exam. Mais là, pour ce voyage de quelques mois, plus le 1er mai approche, moins je sais ce que j'emporte avec moi. Alors pour me motiver, pour passer le temps de cette journée de congé ensoleillée et pour répondre à vos questions, j'ai ressorti mon bon vieux logiciel PowerPoint et je vous ai fais des montages d'une qualité grandement exceptionnelle pour vous montrer ma coquille sous tous ces angles (*Voix langoureuse* - Tu veux que j'te montre ma coquille ...?). MAIS NON z'avez trop l'esprit mal placé.

Une coquille : comme l'escargot qui a sa maison sur le dos. Et qui en bave pour avancer (beeeurk). Mais bon, m'a t-on dit que "chacun son rythme, à la fin on finit tous au même endroit de toutes façons". Alors je vous dévoile ce qui se cache dans ma coquille. (y a même une photo de culotte alors reste attentif! Oh lala! CALIEEEENTE !)

Dans la pochette supérieure qui se rabat sur le sac :

La très sexy "banane" (décidément j'aurais du préciser que c'était un article classé X !) portée discrètement sous mon t-shirt mais le plus souvent rangée sur la tête du sac, vous trouverez de quoi me mettre dans la mierda si je les perds : Mon passeport, le pognon et mon téléphone qui me sert également de MP3, de GPS, d'appareil-photo, d'interface pour réserver les auberges de jeunesses, de plateformes pour trouver les plans volontariats et de ... support pour rédiger ce blog! Pas rien quoi.

Dans cette partie du sac je mets aussi tous les trucs dont on avait pas besoin il y a 30 ans mais dont on aime s'encombrer maintenant : l'électronique. Un appareil photo water-plouf qui survit aux chocs (minimum acceptable pour survivre entre mes mains), son chargeur, les cartes pour sauvegarder les TONNES de photos et vidéos et une batterie externe pour recharger tous mes appareils avec un seul câble universel (Amen au type qui a inventé ça!)

Dans la pochette gauche :

Les trucs que j'aime bien pouvoir attraper à tout moment : un carnet d'écriture et de dessin qui sert aussi de bloc-notes ou de moyen de communication quand on ne comprend pas l'interlocuteur (genre pour dessiner un plan incompréhensible ou noter le numéro de téléphone du grand-frère du voisin qui est en fait le beau père de l'oncle qui tient un supeeer restau pas cher et pas loin!).

On y trouve aussi un ensemble couverts-décapsuleur-tire-bouchon (malin) et un marqueur pour écrire "Emmène-moi là où c'est beau" sur un vieux morceau de carton en tendant le pouce sur le bord de la route.

Et ma GRANDE fierté de ce nouveau voyage :

Une gourde intelligeeeente ! *la brandissant telle Simba dans le Roi Lion*

Avec elle, je peux boire toutes les eaux les plus croupies de la Terre, je ne serais jamais malade grâce à sa paille filtrante jusqu'aux micro-organismes de 0.04 micron-mètres, dont Escherichia Coli ! ( la bactérie qui fait chier mou) De la marque Life-Straw, comptez en moyenne 40€. A raison de 1 à 2$ le litre d'eau mis dans une bouteille plastique qui n'aura que 14% de chance d'être recyclée à l'échelle du monde entier, c'est vite rentabilisé, et la planète suffoque moins fort. En plus, l'argent de l'achat est en partie reversé à une association qui apporte les moyens de fournir de l'eau potable aux pays en besoin. Mais ça clairement, on s'en fou. Ils n'ont pas d'eau, ils n'ont pas d'eau ... Bah qu'ils boivent de la bière pardis !


Dans la pochette de droite :

Pour rester propre : un shampoing-sec (la boule jaune). Ça dure des mois, c'est léger, 100% végétal et non testé sur les animaux. Le morceaux de savon de Marseille lave le corps et les fringues ! L'huile essentiel d'arbre a thé sert de désinfectant. L'huile essentielle de citronnelle remplace l'anti-moustique plein de COV polluants, collants et puants. Et une huile de coco ou d'argan, qui servira d'hydratant, de démaquillant, de réparateur pour les cheveux, d'apaisant pour les brûlures et les coups de soleil. Trop magique.


Et les petits SOS indispensables : pansements pour les cloques de pieds (qui peuvent vraiment pourrir un trekk), du fil et des aiguilles pour les trous inopportuns (ou pour coudre les drapeaux des pays visités sur le sac pour se la péter grave), du Smecta pour la tourista, le fameux baume du tigre qui soigne tout (notamment les piqûres de moustiques et les courbatures!!) et ... quand-même... à mon grand désespoir d'écolo-naturalo-bobo-anti-tout : des antibio contre les infections urinaires. Pas le choix. Et une crème locoïde pour mes allergies aux piqûres... héhé... sinon je deviens énorme !!


Dans la pochette tout en bas :

Le duvet est stratégiquement ici pour amortir le choc quand je pose avec cette délicatesse légendaire ma coquille par terre (brute mais pas bête!) (j'me fais des compliments si je veux)

Il est rangé avec les écouteurs pour ne pas entendre les gens qui ronflent ou qui rentrent bourrés.

Et puis il y a la lampe frontale, si chère au cliché du backpacker, utile pour aller pisser sans réveiller tout le monde.


Et ... ce truc rouge là, en bas à gauche... C'est ... LE GRAND! LE FAMEUX! Le si doux DOUDOU ! Je l'aime trop putain. C'est la 1ère fois de sa vie qu'il a été plié pour cette photo. Je le laverais avant de partir, promis.


On a fait le tour des pochettes et autres extensions du sac-à-dos qui est capable de recevoir 50L de marchandises. Sauf que je pèse moins de 50kg donc on va apprendre à trier et à choisir hein...

On termine donc avec la partie principale du sac : le foure-tout, le grand vide vite plein, le cœur, que dis-je : la moëlle du sac !

Là, ça peut très vite devenir le grand bazar.

Alors il y a les fringues, à ce jour encore non déterminés parce que je sais pas choisiiiiir, j'suis pas prête là encore. Me stressez pas punaise, ça m'angoisse. Mais en gros, des choses légères, qui tiennent chauds, qui ne sont globalement pas très sexy mais bien pratiques.

Mais il y a aussi des choses inclassables, genre une boîte à crayons. Parce que quand je n'ose pas prendre de photos dans certaines situations (si il y a des enfants, si c'est un lieu sacré ou bien quand je suis invitée chez des gens) alors je dessine les scènes qui me marquent. Et bien souvent, les gens sont curieux de se savoir ce qui se passe sous mon crayon, et viennent donc timidement me voir, une accroche très utile pour faire du lien social ! Ou pour crever les yeux de certains, ça peut servir aussi, j'avoue.

On peut aussi trouver dans les coins du sac, des portes-clefs Tour Eiffel (What the fuck pourquoi la meuf part avec ça?!!) c'est petit, léger et ça fait un petit cadeau mignon, So Frenchie, en échange d'un bon bout de route en stop ou pour laisser un souvenir à une personne avec qui on passe de chouettes moments, pour remercier une invitation, bref : c'est moins lourd qu'une bouteille de vin quoi.


Et tout ça, c'est rangé dans des petites pochettes cousues main, avec des tissus variés pour que je sache différencier d'un coup d’œil où sont rangées les culottes, les chaussettes, les hauts, les bas. Mais aussi les élastiques, les cotons tiges, les cartes SD... Bref, tout est rangé, sous-rangé et sous-sous-rangé dans une vingtaines de pochettes de toutes les tailles et toutes les couleurs.

Keuwoua j'te vois faire les gros yeux...! J'ai l'droit d'être maniaque non?! Ça évite de chercher, c'est facile à ranger, et ça m'a occupé les week-ends pluvieux. En plus c'est mignon. Et plus silencieux que les gens qui séparent leurs affaires avec des sacs plastiques et que j'ai envie de taper quand ils plient bagage à 5h du mat' avec pour fond sonore "psshtt psht crrtsss pshhss". (En vrai c'est chaud, t'aurais décris comment toi, le bruit d'un sac plastique mal mené?)

OH DAMN ! Je ne m'autorise à prendre "que" 8 kilos. Sinon impossible de faire des trekk longue durée, ni de ramener mille souvenirs à la maison. (j'vous ai dis que j'avais envoyé un colis de 5kg du Népal et un autre de 3kg du Laos ? Ouaaai j'avoue j'ai un souci de maîtrise de mon budget, de mon espace et de ma raison...) Donc y a des choses, j'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je dois m'en séparer pour les 4 prochains mois.


Ça me fend le cœur, ça active mes glandes lacrimales, ça détruit mon âme (ok j'exagère un peu), mais ces choses trop indispensables à ma vie vont rester là. Mon 2 ème doudou, mon rouge-à-lèvre, mon truc pour faire des bulles, mon parfum qui sent bon (enfin je crois). Mes potes aussi, je les abandonne un peu mais bon ça va je vais pas financer leurs vacances non-plus hein. Et les bouquins de voyage, parce que de toutes façons je ne les lis pas, je ne respecte jamais mes programmes, et puis je préfère écouter les gens sur la route, qui savent mieux que le guide du Routard ce qu'il y a à faire dans le coin. Et puis lire un guide qui en est encore à conseiller de faire des balades à dos d'éléphant en Asie ... NON!! AAARGH ! Ok désolée d'être revenue là-dessus. #TeamBoycott

Aller, on se retrouve bien vite pour un dernier article pré-départ. Ce sera surement un truc bien mélangé entre joie intense et profonde, tristesse, peur, excitation, flippe, trépignation, bref. Avec 12h d'escale à Madrid avant de rejoindre Santa-Cruz en Bolivie, j'aurais le temps de vous pondre un truc avec plein de gros mots qui ne parlera de rien, comme je sais y faire. D'ici là, me parlez pas, j'suis occupée.


PS : Je ne veux pas recevoir de commentaire concernant le fait que sur le 1er blog je me moquais des gens qui prenaient des photos de la sorte de leurs affaires et qui pour enfoncer le cliché du "voyageur libre et en harmonie avec les sphaignes", se coupent les cheveux pour "grave marquer une étape de ma vie" parce que WESH j'me suis aussi coupé les cheveux et j'aime pas quand je m'auto-contredis ok ??! Merci.

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Publié le 2 mai 2018

Ça cogne!

Me suis accordée le droit d'être stressée, pendant ces 30h de voyage. Le GPS nous a mito déjà, fallait 2h pour aller à Orly, pas 1h. Et à la douane française on m'a dit "t'as pas de billet retour ? Appelle tes parents tu rentres à la maison". La méthode douce c'était d'acheter en 3,5mn un ticket de sortie du territoire. Je vous épargne la galère, avec un battement de cils et une vue plongeante sur mon décolleté (ca vaut pas le detour mais on fait comme on peut) ils m'ont laissé passer en me disant que je serais recalée à la douane bolivienne. Après un saut dans les airs et une escale de 11h à Madrid, j'ai pris l'avion pour 13h de vol interminable à côté d'un italien qui a cru que sa vie m'intéressait. Et à la douane bolivienne, mon achat de ticket étant frauduleux, j'ai serré le derch très fort et j'ai mis un sourire ravageur sous mes cernes pour pas qu'ils m'embêtent. A part me demander si j'avais sur moi de la marijuana (bien sûr mec, on s'en fait un ?) ils m'ont même pas asticoté donc soulagée je suis sortiiiiie pour courir à travers la Bolivie et embrasser les lamaaaas ! (En vrai j'ai connecté la wifi et j'ai dis à papa et maman que c'est bon, en fait je rentrais pas)

Avec un décolleté comme ca ca pouvait pas se passer autrement hein ? 

Je sors tout timidement de l'aéroport à 6h du mat heure locale et j'allais remper pour entrer discrètement dans un bus et me fondre dans la masse mais en fait, à un moment j'ai regardé autour de moi du coin de l'oeil et y avait plein de gens, mais personne pour me proposer TAXIIIIII alors j'ai redressé le torse (pas trop, mon sac est lourd) et je suis allée fièrement à l'arrêt de bus en tendant 50 ct pour aller au centre ville de Santa Cruz, oú j'ai retrouvé Alexonia, une coughsurfeuse brésilienne qui m'accueille gracieusement et me donne mille infos sur la Bolivie.

Après une douche, c'est pleine d'énergie positive que je suis ressortie pour crapahuter au centre ville. A part une mamie habillée avec pour haut un sac poubelle rose et pour bas un sac poubelle noir, j'ai pas vu de choses étranges. Mais il fait chaud. Maxi maxi chaud même. Alors qu'on s'entende bien : j'étais dans ma tête encore en heure française donc c'était 19h, l'heure de l'apéro.

J'me suis bien encroûtée 2h sur un banc face à une fontaine à boire LAAAA PREMIEEEEERE BIEEEEEEREUH de ce voyage. Le gong du "GO" à donc sonné.

J'avais prévu de rester 2 nuits chez Alexonia mais en fait dès demain je bouge parceque d'abord la ville est chouette mais ca casse pas 3 pattes à un canard (désolée si y a des férus d'anatidés aquatiques ansériformes dans l'auditoire) et parceque je vais retrouver une vieille pote de fac hippie écolo (la meuf elle a acheté une camionnette de boucher pour l'amenager et faire un tour de France vous voyez le genre) dans une ville "pleine de vegan" elle m'a dit. On peut pas me prendre plus par les sentiments que ca. Alors bonne nuit la compagnie, et À+ dans l'bus !

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Et en plus, Zora a extrait le jus d'un papillon qui n'était pas encore bien mort.

Accueillie à coup de jus de fruit au soleil et de guacamole maison sur fond de huttes en terre cuite ambiance partage ton frigo et n'oublie pas ton PQ, Zora et Lucie ont mis le paquet pour me faire changer d'itinéraire...

Samaipata c'est là où il ne faut pas aller si tu n'a pas le temps. Je devais rester une nuit puis filer à la ville de Sucre, mais c'est la 3ème nuit ici ce soir. Pour ma défense, y a grosses manif' politiques la bas, impossible d'y aller mais surtout d'en ressortir, et ça pour quelques jours encore.

Donc après un p'tit mot d'excuse à mon patron pour me faire pardonner de la semaine de retard que j'aurais, j'ai vite arrêté de culpabiliser, enfilé les gaudasses et nos trois pouces prenaient l'air sur la route del fuerte pour aller visiter des restes de villages Inca de l'ère pré-hispanique.

Coca cola nous souhaite bon voyage... 

Fernando, Garry et Marcelo nous ont fait économiser de la semelle et c'est ravies que nous nous émerveillons devant les montagnes et les murets en cailloux.

Fernando, Marcelo et Garry 

Y a pas à dire, on est pas pire.

Le lendemain, même pas le temps de galérer à faire du stop, on monte rapidos dans une camionette puis dans la jeep de Pedro (qui nous a proposé de venir nous rechercher à 17h pour nous ramener, le tout en nous apportant des mandarines qu'il cultive...) et nous voilà trempant nos pieds sales dans une eau de cascade rougie par la terre ocre.

Pour remercier Pedro on lui a fait un dessin.

Dans la jeep de Pedro 
PEDROOOO EL HOMBRE DEL DIA 

En vrai c'est l'horreur, après des soirées feu de camp - musicos et chatons mignons, obligées de se lever à cause du son des oiseaux.

Zora sur le marché ou on fait nos courses diner pour 3e 

Demain on part pour 2 jours de trekk dans un parc national dans l'espoir de voir des singes pour les filles, un perroquet pour ma part. Si j'en vois pas j'me casse, ca suffit cette vie de hippie ! D'ici la, on se prépare pour aller danser sur la place du village ce soir, on nous a promit du gros son sa mère, du p'tit cul qui se trémousse et des cracheurs de feu. Un tour à la pizzeria avant et puis enfin, on pourra dire qu'on est bien.

Fourmis costaude 
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Rien ne se passe comme prévu, obligées de revoir tous nos plans...

Bon, on était parties pour 2 jours de trekk dans le parc d'Amboro qui se sont en fait transformés suite à la rencontre de Chino, en 1 jour de trekk avec Vicente notre guide du départ puis 1 jour de festival shaman-trans dans la montagne de Chino en repassant par Samaipata... alors qu'en fait on s'est fait kidnapper par les étoiles dans la montagne de Vicente et on a même pas pu prévenir Chino de ne pas nous attendre... héhé. Comment ca t'as rien compris à notre programme ?!? Et bah on est restées 4 jours et 3 nuits avec notre amour de guide et notre unique culotte de rechange, ses 3 vaches, son cheval Toma, ses ânes hyper drôles, ses chats choux. Un truc à devenir schizo. Lucie à dormi dans un hamac, Zora par terre au coin du feu et moi dans la tente comme une grosse fragile. (J'surveille les affaires au cas où une licorne vienne car-jacker l'anti-moustique)

La ville de Sucre est toujours bloquée, on est donc encore bien coincées autour de Samaipata, et ca ne s'arrange pas car il y a même eu un meeeurtre, (j'aurais pu dire "criiiime" mais je sais pas pourquoi j'ai dis "meeeeurtre" #Rrr #EnManqueDeFilm) (pardon pour cette parenthèse) autant dire qu'on va rester la. Les gens qui arrivent à sortir de la ville nous disent de surtout pas y aller, c'est la cata. Ca part en guerilla leur truc, et ca nous force à tout revoir. Bon.

Nous la guerilla c'est dans la jungle en machant de la coca 

Mais comme on a un karma de folie, tout ce qui ne peut pas se faire se transforme en situations extra. On a vécu dans un rêve pendant 4 jours.

La balade de 6-7h dans la jungle pour aller trouver une cascade était improbable. On a vu des traces de Puma, on a cueillis 1000 fruits, on a traversé foret humide, plateau en plein cagnard et rivière bordée de vaches. Après 3h de marche j'ai glissé pieds nus sur un rocher mouillé et me suis tordu un orteil tout hématosé ainsi que ma dignité, ce qui fait bien plaisir au milieu d'une randonnée! Je vous épargne la photo d'un doigt rougi bleuit gonflé mais globalement ca guérit bien. N'empêche qu'on s'est trop marrés, on était avec 2 jeunes allemands sans humour, un suisse qui grimpe aux lianes et un roumain qui chante la Barachao.

Le soir ils devaient repartir mais nous avions toutes les 3 pris la decision de rester 1 nuit de plus, donc on les a enlisé dans nos plans et fallait nous voir, tous les 7 au milieu de nulle part autour du feu à regarder la voie lactée qui se dévoile en écoutant les histoires de notre guide, en buvant un mauvais vin et en partageant des cacahuètes.

Alors forcement on est restées encore 1 nuit supplémentaire et en attendant que le ciel nous offre à nouveau ses comètes, on a profité du soleil dans une rivière au sable rose, aux fourmis dorées, à l'eau verte dans un décor de Jurassic Parc. On s'y lave à oil-P pour le plaisir des vaches et des rapaces, avec du marc à café pour exfolier les boutons de moustiques, et pour les chaussettes la flemme, elle tiendront bien 3 jours de plus.

Plage de sable rose 

Impossible de croire mes yeux, je me suis sentie toute bizarre dans cet étrange lieu ou il n'y avait rien d'autre que des rapaces et quelques vaches cornues. Me suis dis : Elle est là, la métaphore de la vie.

On veut avancer le long de la rivière, sans savoir ce qu'il y a au bout, juste pour contempler la beauté du lieu. Et on le fait comme on veut : mille chemins se dessinent entre les rochers, on peut même nager, si on veut, si on peut. Se laisser aller aussi, au risque de se manger un rocher par contre. Parfois on doit prendre un peu de recul pour juger quel rocher escalader, quelle partie de la rivière traverser sera la mieux. On prend des décisions simples qui engagent sur une voie qui finalement amènera au même endroit. Bon, c'était ma minute philo.

La roche est rose bonbon, pourpre et blanche, et chaque fois que pour avancer en remontant la rivière on dépasse un rocher, s'offre à nous un nouveau spectacle innatendu : une falaise rose, des géantes fourmis dorées comme peintes par une fée et des traces d'animaux dans le sable vierge. Le cris des oiseaux dans la jungle rend la chose incroyable. On s'est pincé les joues pour être sures.

Pour nous rapeller à l'ordre, Vincente nous a demandé d'aller chercher du manioc et des oranges dans son autre maison, plus haut dans la montagne. Il a aussi des plantations de café, des pamplemousses, des patates...

Lucie qui arrache bravoureusement le manioc 

Sans eau, sans électricité et sans pollution visuelle ni auditive on a que nos corps remplis de piqures pour croire ce qu'on voit.

Aujourd'hui retour au village puis nuit dans un vrai lit avant d'aller tout au sud au Salar de Uyuni. Impossible d'aller en bus à cause des manif, on va passer par l'Est du pays et les 800km qui nous séparent de la prochaine destination, on va les faire en stop. On se laisse 2 jours pour y arriver, et bonnes parties de rigolade assurées.

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Il est 5h30, le réveil sonne doucement, mais suffisamment pour me tirer d'un profond sommeil. Les filles ont bougé dans leur duvet, elles se préparent elles aussi mentalement a affronter ce qu'on nous a décrit comme "impossible" la veille au soir. C'est vaseuse que je prends ma serviette et une culotte propre avant de refermer derrière moi la porte de notre dortoir pour laisser Zora et Lucie savourer leur dernier instant de confort moelleux. Sur la pointe des pieds je rejoins la douche de l'auberge de l'autre côté du jardin, en faisant attention à ne pas réveiller ceux qui dorment en tente, avant que le soleil ne vienne évaporer l'humidité des corps endormis contre les parois en plastique semi-imperméable.

L'eau glacée qui me tombe sur le visage me fait grimacer puis la tiédeur arrive dans la tuyauterie désuète d'une douche en terre cuite à la decoration Inca. Mes muscles se réveillent à leur rythme. A chaque litre d'eau supplémentaire dégringolant le long de mes vertèbres, je realise l'immensité du défi qu'on s'est lancé, et je commence à trépigner.

Je le sens bien, on va s'marrer.

Mercredi

Samaipata -> Maïrana

Il est 7h00, après un bouclage de sac express et un porridge banane, c'est pleines d'énergies et d'espoir que nous sortons de la ville pour nous planter sur la droite d'une route où le traffic démarre doucement, annonçant une journée énergique sous un soleil déjà bien clément.

Daniel, la vingtaine, avec sa jeep vieillotte et son appareil dentaire tout neuf nous offre timidement de se joindre à lui pour quelques kilomètres. Avec un enthousiasme démesuré, Lucie et moi montons à l'arrière pour profiter d'un paysage montagneux que la brume finit de fuir pour clôre l'aube et engager un matin qui s'annonce bien, pendant que Zora tient compagnie a ce "trop chouchou" p'tit mec qui part vaillament travailler.

Maïrana -> Mataral

On saute de la jeep à la station essence de Maïrana et je laisse les filles discuter avec un chauffeur de poid lourd pendant que je traverse le marché à la recherche de WC publiques. A mon retour, elles m'annoncent qu'on part avec lui dans 30mn !

Mario parle trop fort, n'articule pas assez mais semble bien sympa. Il insiste pour nous déposer à Sucre, où il sera demain, mais nous refusons catégoriquement car on ne veut pas passer par cette ville bloquée. Il nous pose plein de questions sur nos vies en France, à quoi ca ressemble, comment est la monnaie. 2h de blabla légers dans des positions assez inconfortables au milieu de nos sacs chargés. Après lui avoir offert une piece française et échanger nos numéros, on descend du 38 tonnes et on part à l'ombre faire une pause casse-dal et un pipi sauvage.

Il est 11h, on marche jusqu'à l'intersection suivante et on lève le pouce pendant un quart d'heure, à l'ombre d'un arbre.

Mataral -> Trigal

Une petite voiture s'arrête et les enfants à l'arrière sortent pour s'agglutiner ensemble sur le siège avant afin de nous offrir leur espace personnel : on est 8 dans 5m², on serre les fesses on rentre le ventre et ca va passer. L'heure de trajet fut très calme, à peine quelques mots échangés mais nous ne crachons pas sur ce moment de détente pour reposer nos cerveaux après les décibels de Mario encaissés dans le camion. Déposées sur une mignonne petite place ambiance latino, nous pique-niquons tranquillement en se répétant que quand même, on a de la chance et que les boliviens sont carrément trop cool.

Trigal -> Guadalupe

On remballe ce qui nous reste de pain et de victuailles et nous partons vers la sortie de la ville. Le long de ces 2km, on a réalisé par les dessins aux murs que nous étions sur la route du Che Guevarra... ca nous a bien fait marrer, parce qu'à ce moment là on ne savait pas encore que ce détail allait nous désservir...

On se poste à nouveau sur le bord de la route et on voit les chauffeurs nous faire un signe étrange avec la main qui tourne à travers la fenêtre. Zora pense que le message est clair : on est folles. Je crois plutôt que c'est un "coucou" ou un "désolé j'ai pas de place".

Une voiture finit par s'arrêter et nous propose de nous déposer à un croisement. Vendu, on monte. Tres vite le type nous agace. Il a sa soeur a côté, il veut savoir le prix de nos téléphones, combien coûte une vache chez nous et si nos parents sont riches. J'aime pas son esprit, ca tourne à la curiosité malsaine. Il veut prendre des photos de nous, veut voir ce qu'il y a dans nos téléphone, comme photo, comme musique et pour finir nous demande de l'argent ! Pour me venger lorsqu'il demande comment on dit "bonjour" en français je réponds "bite" et c'est explosées de rire qu'on l'entend dire "Bite ! Waaooouh" et pour "rivière" ce sera "aisselle" ! Les filles n'en peuvent plus de se retenir de rire et je suis bien contente qu'il nous lache enfin en haut d'une montagne sur laquelle le soleil tape fort. Nous descendons le long d'un sentier et commençons à marcher en s'émerveilant devant le paysage sauvage que nous offre une vallée presque vierge de présence humaine. Nature sauvage. Une voiture nous propose de nous descendre en échange de 3 euros et nous refusons, préférant marcher encore, il est 14h30, on a le temps.

Guadalupe -> Piraïmiri

Après 1h à fouler le sol rocailleux, une seconde voiture passe et nous sommes ravies de monter pour nous soulager. Bien vite on déchante, les 2 types a l'avant sont ivres morts, buvant du whisky coca et le passager se retourne pour nous regarder avec son regard vicieux et ses lèvres qui nous envoient salement des bisous alcoolisés. La route de montagne est dangereuse, les types sont crades, ils crachent sur eux-mêmes et puent la mort. Ils nous dégoûtent au plus haut point. Alors on descend et on continue de notre côté, se dépéchant de les fuir pour nous planter au milieu de nulle part, pouce en l'air. Il est 16h on commence à être crevées, alors on s'assoit et on attend des véhicules qui ne passeront en fait jamais...

A 18h on commence a ramasser du bois, a 19h on se decide à faire du feu. On campe à côté d'un bâtiment qui sert d'église et de centre de soin à une infirmière qui vient nous parler mais ne nous proposera jamais de nous accueillir. On dîne ce qu'il nous reste du midi : 2 tomates, du pain, des gâteaux secs et un sachet de Ketchup. Autour de nous : rien. 3 habitants tout au plus, perdus dans la montagne.

Des chiens errants qui viennent voir si on aurait pas un crackers en trop, des vaches qui ont aussi peur que nous et des porcs qui tentent vainement une approche. On va remplir nos gourdes à la rivière et on monte la tente 2 places.

Camping sauvage sur le bord de la route de l'enfer 

Nos bustes et nos sacs à l'interieur de la tente, nos jambes dehors, nous voila contemplant les étoiles avec à nos pieds un chien qui s'est pris d'amitié et qui toute la nuit grognera pour faire fuir les animaux trop curieux.

Jeudi

Réveillées à 5h par la pluie, on remballe tant bien que mal nos affaires, les duvets trempés, les chaussettes humides, on enfile nos capes de pluie et on attend.

Il est 7h on en a marre, aucune voiture... on s'occupe comme on peut en dansant, en faisant des échauffements pour briser nos muscles congelés, pour passer le temps et garder le moral qui commence à flancher. On s'autorise nos dernières barres de céréales qui feront office de petit déjeuner et on se brosse les dents a la sauvage pour un minimum de dignité.

8h, il pleut toujours, on craque. Lucie part demander à l'infirmière d'appeler toute personne susceptible de nous aider. Un ami va partir de chez lui, d'ici 1h et pour quelques euros va nous avancer.

Piraimiri -> Masicuri

C'est soulagées que nous quittons l'infirmière qui aura refusé de nous offrir café chaud ou WC, car elle pensait que nous suivions les pas du Che Guevarra qui a priori ici, n'était pas un homme très apprécié...

On monte à l'arrière et Fernando nous annonce que nous n'iront pas bien loin, la rivière déborde un peu plus loin, on ne peut pas passer...

La route de montagne n'est en fait qu'un sentier rocheux et glissant parsemé de vaches capricieuses et partager entre le sommeil qui nous casse et la gerbe qui nous tient, nous serrons très fort les fesses à chaque virage. "Je maîtrise" qu'il dit l'chauffeur en roulant comme un taré. Faut pas avoir peur ! Jusqu'au moment où les secondes se transforment en siècle, que l'arrière de la voiture se retrouve devant, que le sol n'est plu en contacte avec les roues... assise au milieu je sens dans mon bras gauche les ongles de Lucie qui s'enfoncent et dans mon bras droit les bracelets de Zora qui compriment mes os. Nos regards terrifiés, nos corps pétrifiés, on encaisse un deuxième dérapage à 30cm du ravin, on se voit partir loin, tout à coup la boue devient danger, le chauffeur tente de raccrocher la voiture sur le chemin, en vain... troisième dérapage et la voiture s'approche d'un arbre... 1m... 80cm... son enfant assis à l'avant a sa tête balancée et c'est à 30cm de l'arbre que la voiture folle se décide enfin a s'arrêter... Silence... On se regarde. On désserre les dents, on sourit, on pleure, on rigole, on se regarde encore et on dit Merci la vie.

C'est pas finit, il reste encore un paquet de bornes à serpenter dans la montagne folle qui nous rejète, le chauffeur est toujours aussi confiant et on atterrit enfin dans le village de Masicuri où les habitants sont formels : la rivière déborde, le pont est submergé, il faut attendre la fin de la pluie dans 2 jours minimum. Déprimées, on continue jusqu'au village le plus proche du fameux pont où une mama souriante nous ouvre grand sa porte et son coeur. Elle nous prépare un plat chaud inespéré : du riz, des légumes, on en redemande et nous voila sustentées. On s'écroule sur des matelas énormes, il est 14h, on est sans énergie. Réveillées en sursaut 1h plus tard, une jeep est la, elle a appelé une amie qui vend du fromage et nous passerons avec elle de l'autre côté de la rivière ! On remballe nos sacs en 5mn, on les balance à l'arrière de la jeep et on saute dedans, déboussolées mais heureuses de cette bonne nouvelle.

On roule jusqu'à la rivière et là on réalise le délire : on va foutre la camionnette sur une embarcation de fortune en bois et on va la tracter jusqu'à l'autre côté. Qu'a cela ne tienne, on a retrouvé toute notre énergie, on vide l'eau qu'il y a au fond et c'est parti. Des braves gaillards jouent de leurs muscles pour réaliser cette pyramide improbable et se moquent de nos regards ébahis. La vraiment on se dit "Quel heureux bordel cette aventure !" et on rit lâchant nerfs et soucis.

Masicuri -> Ipita

On l'a fait, on est de l'autre côté, à 8 dans la camionnette chargées comme une jument boulonnaise, on avance doucement en s'arrêtant dans chaque maisonnette enclavée dans la forêt pour que la dame vende son fromage. Ca pue la chèvre, le cadavre décomposé, y a une poule vivante au pied du passager, on est 4 sur les sièges l'arrière et 2 types tiennent courageusement les sacs dans le coffre ouvert bravant le froid piquant. La nuit tombe sur nos corps endoloris par la proximité des chaires. On fait écouter aux passagers du BB Brunes et du Indochine en chantant a tue-tėte ce qui les fait bien marrer. Ils vont jusqu'à Camiri, là où on aurait voulu passer la nuit mais ils ne veulent pas prendre le risque de laisser les gars en plein vent plus de 2h, on va donc descendre et ils prendront nos places...normal, pas de souci. Après 3h de route on s'arrête à Ipita et au moment de prendre un petit bus localement appelé "Trouffie" les 2 gars nous regardent et disent : "ok les filles restez, on est pas si mal, continuez la route avec nous!" Des amours. Alors je sors un plaid polaire de mon sac et n'ayant que ca a leur offrir on remonte honteusement mais heureuses à l'arriere, pour 2h supplémentaires pendant lesquelles on leur apprend des mots en français.

On se trouve un hotel crado qui fera bien l'affaire et après une nuit écrasante et un déjeuner mérité, nous revoilà à 8h sur le bord de la route entourées de gens qui rient à nous voir danser et chanter pour faire les yeux doux aux camions.

Vendredi

Camiri -> Boyubie

Rapidement on monte dans la jeep de Luis et Jorge, 2 papas trop gentils qui dévalent les bornes sur une route enfin goudronnée. On a réalisé l'ampleur de notre défis quand ils nous on dit "Vous nous expliquez ce que font 3 jolies demoiselles chargées sur le bord d'une route perdue?" - bah... On teste nos limites.

Boyubie -> Puesto Uno

1h30 plus tard pas le temps d'être descendues qu'on remonte dans la voiture de 2 cousins qui eux aussi viennent de loin. Tout s'enchaine vite, enfin ca avance ! La route est belle, le compteur de vitesse dépasse les 50 km/h, pour notre plus grand bonheur.

Il est midi, on est déposées à un rond point non loins d'un marché.

On y entre pour acheter de quoi pique-niquer et à notre grande surprise on passe vraiment pour des extra-terrestres, ca doit bien être la 1ère fois que des blancs passent dans ce village.

Une petite fille tire sur la manche de sa maman et nous pointe du doigt, les adultes nous regardent ébahis et les ados rient. Mal à l'aise on part rapidement et on se poste sur la nouvelle route.

Puesto-Uno -> Villamontes

Premiere tentative de pouce en l'air, premier arrêt, on n'hésite pas et on monte avec 3 énormes carcasses de bonhomme : ambiance rappeur de free-style aux bagues dollards on se marre trop, ils sont géniaux, ce sera nos chouchous du voyage.

Villamontes -> Tarija

Déposées dans le trou du cul du monde, on ne fait pas les fines bouches quand un trouffie, mini van collectif nous amène jusqu'à Tarija pour quelques pièces. Le chauffeur balance sa canette de redbull par la fenêtre et Zora fait la même avec ses crottes de nez pendant que Lucie écoute de la musique et que j'écris tous ces mots...

Tarija -> Tupiza

Fières de nous, on s'accorde une bouteille de vin devant un coucher de soleil en attendant notre ultime transport : un bus de nuit jusqu'à Uyuni...

Samedi

Il est 3h40 du mat' on l'a fait on y est. Arrivées à la gare routière, les yeux lourds, la peau durcie par le froid piquant d'une nuit agitéd, on récupère nos sacs dans la soute et on part dans le centre. On s'écrase dans le seul hotel ouvert, et cette nuit on l'a rêvé pour la dernière fois avant de le voir en vrai : le désert de sel de Uyuni, c'est parti.

Bilan : 4 jours, 14 transports, 20 euros dépensés... La trouille, la joie, la faim, la fatigue, l'espoir... Mais surtout la fierté de 980 km mangés grâce à des rencontres inespérées.

Merci la Bolivie, merci la vie et surtout... Merci Zora et Lucie pour votre énergie.

Et maintenant... Au lit.

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Publié le 20 mai 2018

"Y avait des couleurs mon frère t'as jamais vu ça !"

La veille de partir pour 4 jours de balade en jeep dans le désert d'Uyuni tant convoité, avec Zora et Lucie on était excitées comme des puces.

Après quelques achats pour s'équiper chaudement sur le marché de Tupiza, nous sommes allées prendre un repas typique sur un coin de table cracra fondues dans la masse locale...

ERREEEEEUR !!!!!!! J'ai passé ma nuit à vomir, vomir et re-vomir... sous le regard piteux des filles démunies et l'épée de Damoclès au dessus de moi : Vais-je pouvoir partir demain matin ?!

Formation minérale représentant également l'état de mon estomac 

Engourdie et nauséeuse au réveil, je décide que ce n'est pas une portion de riz mal cuit qui va semer les embûches sur notre itinéraire...

Vigogne qui nous a crié "ARRETEZ DE VOMIR PARTOUT BORDEL" (animal très fermé d'esprit)

Tête dans le fion et oesophage irrité, c'est parti pour une route de montagne sinueuse et parsemée d'ornières... gloups.

La région "Sur Lipez", le sud de la Bolivie froid et désertique, nous aura laissées pantoises par sa diversité des paysages traversés, les différences de températures subies... Très très très très très très très très froid la nuit, très très très très très très froid le matin puis la journée seulement très très très froid... Lucie en a fait un malaise, Zora en a craqué son ciboulot mentale elle a gardé son bonnet jours et nuits, et moi j'ai perdu mes doigts de pieds et le bout de mon nez. On avait les lèvres gerçées et pourtant on portait une culotte...

Je sais pas si le plus dur c'est d'assumer ce dab ou la blague que je viens de vous écrire... 

Et puis l'altitude aussi, nous aura joué bien des tours pour le plus grand malheur de la plaquette d'Ibuprofene et des WC.

4855 mètres au dessus de la mer 

Oscillant entre 3500 et 5000 mètres, on a pas fait les malines, on était high. C'était trop bien. Les paysages hein, pas les crampes d'estomac.

Réunion de crise entre lamas intitulée "l'haleine"

Parce que les mots ne seront pas efficaces pour décrire l'immensité de l'émerveillement face à cette nature de folie, je vous sème quelques photos entre ces lignes, encore bien loin de la vérité.

Entre 2 crises d'asthme 

On a partagé la jeep avec Mika et Tanguy, deux frenchies suffisamment atteins mentalement pour accepter notre présence et possédant assez d'énergie pour nous faire rire quand nos corps nous suppliaient de rentrer chez maman.

/!\ C'EST PAS DE LA NEIGE C'EST DU SEL !  

Chaque soir on a fait dodo dans des villages incongrus, comme construits la veille, avec des dortoirs aux lits bien chargés en couvertures (tu visualises le plaid en poil de cul de mamie qui pèse 3,5kg et qui pue la poussière? T'en superpose 3 et t'as encore froid alors que tu portes une polaire et une doudoune par dessus les vêtements thermiques et le tout dans ton duvet...) Impossible d'assumer les températures négatives qui gèlent les pieds et une envie de pisser à 3h du mat se transforme en dilemne : ma vessie douloureuse vaut-elle la perte de mon micro-climat sous-couettale ?

On a passé 20mn dans une source thermale avant d'attraper une pneumonie 
Applaudissez les bras cassés 

Chaque matin, souples comme des cotons tiges, on n'ajoute que nos chaussures à notre tenue de la nuit et on saute dans la jeep, recroquevillés comme des bigorneaux à marée basse. Nos corps se détendent au gré des rayons de soleil qui passent à travers la vitre et après le retrait d'une ou deux couches de fringues, les yeux se décollent, la musique bolivienne nous fait bouger le derrière et c'est reparti pour une journée de surprises.

Geyser de soufre : même odeur que nos estomacs... 
Serge à gauche, Tinée en blanc et le derrière de Traque à droite 
La vallée des Condors 
Lucie en perte d'équilibre 

La vallée des Condors aura été l'endroit qui m'a plus choquée : encastrée entre de la roche rouge, une petite plaine à la vegetation rase est parcourue par une rivière qui serpente entre les touffes de végétaux qui ont à la particularité de pousser de 1mm par an (doucement le matin, pas trop vite l'après-midi) et cette rivière, gelée en surface, nous offre une patinoire géante... J'ai rien compris à ce paysage.

Le lagon coloré

Tout naturellement on trouve au milieu d'un désert : une auberge construite en pavés de sel, des murs aux pieds de lit (on a léché pour vérifier) en passant par les tables. Elle aura été notre dernière étape avant d'aller jouer dans le sel à faire des photos en illusion d'optique, une belle partie de marade au milieu de rien, les chaussures encroûtées et la peau brûlée par le soleil qui nous aura fait grâce d'enfin se lever.


Le Sur Lipez nous en a mis plein les mirettes, avec une faune de folie, une végétation étranges et une géologie perturbante.

Il aura phallus du courage pour grimper cette montagne de cactus à 5h30 du mat' 

On est rentrés en ville flagadas de la vie, on s'est retrouvés tous les 5 pour fêter l'anniversaire de Tanguy (Encoooore) autour d'une bouteille de vin devant "Astérix et Obélix mission Cléopâtre" ... Mais...Une fois de plus, Lucie a perdu sa lentille...(c'est un Alexandrin).

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Si t'as fait le lien entre le titre de l'article et notre situation géographique, je t'offre un sandwich.

Les sacs à dos éventrés au pied du lit, la brosse à dent sur le lavabo, le luxe du savon qui peut rester sous la douche et une étagère de cuisine rien qu'a nous... C'est sûr, on s'est enlisées.

Tartines de guacamoles sur quenottes affamées 

On se paye (pour 5 euros) le plaisir d'une chambre pour 3 avec salle-de-bain inclue... enfin on peut laisser trainer nos chaussettes et pisser la porte ouverte, ce genre de liberté infinie tellement exquise qu'on ne sort de l'hôtel que pour déculpabiliser et vous donner des choses à raconter.

Zora le consentement photographique de mamie tresse elle s'en balance 

On se fait des brunch jusqu'a 14h du matin avec les fruits & légumes qu'on prend la peine d'aller chercher à au moins 150m d'ici et l'effort du jour est de prendre une douche.

Les fruits juteux nous mangueront 

On a coloré nos cheveux au henné, ca n'a pas marché mais on s'est bien marré. (J'entends de là mon frère dire : "tu veux une tartine ?! Pour étaler ta vie !!!" Patience après je raconte vraiment des trucs qu'on a fait)

"C' est pas moi qui suis la mode, c'est la mode qui me suit" 

Bon ca va, j'exagère, on n'est pas si grabaterre (je doute un peu en écrivant ca alors je lève les yeux de cet écran pour consulter les filles : Zora regarde un film enmitouflée sous la couette et Lucie déglingue le rouleau de PQ, en lui infligeant l'écosystème bactérien qui a envahit ses sinus) Ouai bon on est des sportives du lit depuis 4 jours et le banc du jardin de l'auberge est marqué par nos derch'.

Qui a dit que le voyage c'était pas des vacances ?

La ville de Sucre, enfin libérée après 2 semaines d'oppression politique qui régnait pour une histoire de partage des terres autour d'un puit de pétrole (Shell'bordel Total) (double jeu de mot, on applaudit) est une ville biscornue peuplée d'amour. Faut imaginer une fourmilière vue d'en haut, et quand on s'approche, chaque personne unique donnerait son coeur contre un sourire. Une atmosphere paisible dans une ambiance bordélique. Ca me rappelle Kathmandou en un peu moins fou.

C'est la fiesta en ce moment, car cette semaine de mai c'est la commémoration de la révolution et de l'indépendance des états d'Amérique latine colonisés par les espagnols. Bon on dira pas que l'ultra-corrompu président actuel (appelé "dictateur" pour les intimes...) est ce genre de type qui change les lois avant sa réelection, pour légaliser l'accumulation des mandats et ce depuis 12 ans mais globalement, en ce moment, dans la rue, ils sont contents.

On assiste à des parades musicales entraînantes, des feux d'artifices "qui ne valent pas Couturier" #BigUpLaVendée (et perturbent les sonars des chauves-souris mais ca tout le monde s'en fou), des défilés de costumes sublimes et des manifestations anti-racisme (dans lesquelles les femmes sont séparées des hommes... *Mathiiiilde arrête d'être mauvaise langue!* Pardon)

On a nos habitudes sur le marché : Madame Ananas Mangue, Mamie Fromage Bigleuse, Papi PQ Sourd... Nos p'tits commerçants qui ne nous arnaquent plus !

Mamie fromage 

On a visité le musée d'art indigène, belle source d'infos sur les techniques de broderies des tenues traditionnelles pour les danseurs et chanteurs, qui changent de style selon les saisons... car ce sont les musiques qui rythment le temps qui passe.

PLS 
Mur de morts 

On s'est baladé au cimetière, c'était mortel. Lucie, même le nez bouché, a pu trouver que ca sentait le sapin...hum.

Lucie dans le cimetière "Ca sent le sapin"... 

Le meilleur moment de cette visite c'est quand on a mangé des cacahuètes devant l'entrée parce que c'était pas encore ouvert. Ouai en vrai, voir des murs avec des photos de gens morts et des fleurs fanées, ca ne nous a pas mis dans un super mood.

1er plan : yuca + queso, 2eme plan : beurre + ksos

D'ailleurs ce soir là pour se remonter le moral (et parce qu'il fallait bien une bonne raison) on a mangé du manioque en purée avec du from'ton pas vegan mais trop bon. Une tuerie gustative. (Gros champs lexical dans le thème "maccabé" on dirait)

On a visité l'université aussi, et hyper motivées à s' incruster dans un cours "pour rire un peu" on s'est résigné quand on a su que c'était 1h30 de médecine. On est quand-même pas v'nues là pour souffrir.

Pour résumer en 5 jours on a buccoliquement profité d'une chouette ville en dormant et mangeant plus que de raisonnable. Aujourd'hui on devait aller visiter un château, prendre un cours de salsa... Au final on a prit le soleil, mangé des cacahuètes et fait un tour à "la fête du sucre" ou on a prit une bonne vieille crepe bretonne chocolat fraise. La honte. Ce genre de crampe à la motivation... Promis demain on bouge. Mais par contre là je le dis en serrant les dents et en levant le poing : on a une de ces PA-TATE d'enfer qui défonce samerlipopette ! On va arriver à La Paz retrouver Tanguy et Mika, rencontrés au Salar, ils vont rien comprendre après leur 3 jours de trekk : nous on va foutre le FEEEU ! Aller j'me calme, il est 20h faut que j'aille dormir.

(Tu viens de perdre 10mn à lire un article qui raconte qu'on fait rien, tu te sens comment là?)

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Publié le 1er juin 2018

Mieux que mieux, quand le pas d'bol devient coup de chance.

Sucre aura définitivement été notre douce ville de repos. Un peu tristes, nous la quittons les poumons et les sinus nasaux toujours aussi englués par la bronchite qui n'en finit plus... L'altitude nous fait encore des misères.

Nous partons vers La Paz en bus, que nous attendons sagement assises le fion dans la poussière, cachées dans un coin de la gare routière, les 3 paires d'écouteurs sur un téléphone, regardant "Amélie Poulain" pour passer le temps. Un tout vieux papi le dos courbé vient nous trouver et nous sortir de notre bulle avec des rouleaux de PQ rangés autour du moignon de son bras, et de l'autre valide nous fait un gros check du 21 ème siècle et il rit quand nos phalanges claquent ensemble.

Complètement lamade 

On saute dans le bus, heureuses de voir que le confort est moins pire que sommaire et après 12h balottées contre les sièges, on arrive au petit matin à La Paz où nous devions rester 3 jours. Tant qu'on est à la gare on en profite pour demander des renseignements pour les bus vers le Pérou ... Et là ça chamboule tout. Blocus prévu à Cusco (Pérou) dans 2 jours : "Si vous ne partez pas ce soir vous n'êtes pas sûres d'entrer dans la ville." Ambiance plus lourde que nos sac-à-dos.

Je vous explique : Je dois retrouver ma p'tite pote Justine à Lima dans quelques jours, capitale du Pérou où j'arriverais en avion depuis Cusco. Sauf que : Cusco bloqué = ville fermée = avion raté ! Mais en plus... Zora et Justine sont copines de la fac et Zora fait la surprise à Justine d'être là pour l'accueillir aussi, alors qu'on lui fait croire depuis un moment que Zora et Lucie seront malheureusement en Argentine pour son arrivée en Amérique latine... Vous suivez ?!?! Bref, on réfléchit peu, ni une ni deux, on décide qu'on repart dans la foulée pour Cusco. Entre deux brossage de dent et un changement de culotte sur les bancs de la gare, on retrouve Mika et Tanguy, déçus, qui nous attendaient pour faire la fête à La Paz. Nous n'avons plus le temps que pour une bref rencontre et de rapides aurevoirs... on se retrouvera à Lima, inch'allah.

A nouveau 12h de voyage en bus de nuit dans les dents, on est catapultées au Pérou, laissant brutalement derrière nous la Bolivie.

Grosse mise à jour du sommeil 

On est à Cusco avant le blocus et en attendant 3 jours notre avion pour aller accueillir Justine, on profite de cette ville animée et du soleil bien clément.

Ça fait quoi de son temps libre trois pétasses à Cusco ?

D'abord, ça cherche un tatoueur de bonne valeur. Puis ça passe sous l'aiguille. Même pas mal, on ressort 3h plus tard, toutes les 3 la peau endolorie mais ravies de nos conneries respectives.

1 euro le repas et on en redemande pas ! 

Ensuite, ça passe la majeur partie de son temps sur le marché pour tout tester : une infusion à l'ail concentré pour soi-disant déboucher le nez... l'effet n'est pas escompté mais notre haleine de chacal crevé a au moins le mérite de repousser les mouches sur un périmètre de 4,8 km. On teste aussi un jus d'ananas dans lequel cuit du quinoa. Des bananes fries sur du riz chaud bien moutardé. Des cake au chocolat qui n'ont de chocolat que la couleur... (Frustration ultime, déception géante, larmes d'incompréhension puis roulage sur le sol pour taper du poing et montrer clairement son mécontentement)

Aussi, 3 pétasses à Cusco ça s'émeut de la chance d'être arrivées plus tôt grâce au blocus pour profiter de la journée nationale de la pomme de terre !!! Mouai, bon, y avait pas besoin d'être à Cusco pour avoir les bidons plein d'amidon.

Des nanas livrées à elles-mêmes comme ça, ça peut aussi se retrouver à arracher les belles affiches dans la rue pour en faire des collections...

Prendre en photo les gens contre leur gré aussi, occupation hyper distrayante.

Et puis surtout... 3 pétasses ça Cusco, ca décide "d'aller faire un tour" au Ukuku Bar...

Et y avait un conceeeert de Trans-éthnique : fracassage de cerveaux et transpiration des aisselles avec des musiciens plus beaux les uns que les autres qui s'acharnaient à chanter et danser au nom de Pachamama (la terre mère nourricière), on tapait du pied sur le parquet comme s'il s'appelait Le Pen, on s'est saigné les cordes vocales et c'était l'horreur on était toutes les 3 amoureuses du même... Le batteur... On allait se créper le chignon pour savoir laquelle danserait avec lui mais on a choisit la méthode douce : partager des mojitos... Et puis d'un coup il était 4h du mat' alors fallait rentrer, histoire de réveiller tout le dortoir en escaladant les lits superposés grinçants.

Comment ça t'en as marre de voir nos têtes ? Aller, j'te présente Cusco...

Plaza armas 
Pouet pouet les décibels dans la feuille de choux 
Point de vue depuis le quartier San Blas 
 Paye ton altitude dans les poumons
Ca va Monsieur, tu cherches pas à te faire remarquer ? 
Qui veut manger du cochon d'Inde ?! 

Le temps de rédiger ces quelques mots, on s'est envoyé en l'air (rien à voir avec le batteur) pour Lima, capitale sale et bruyante (comme nous) et sagement, en faisant de la couture et en buvant du thé, on attend Justine qui est à l'heure actuelle dans l'avion... Motus et bouches cousues... On trépiiiigne ! (Seulement parce que je lui ai demandé de me ramener du chocolat ... Par contre l'angoisse elle croyait me voir que moi sauf que on va devoir le partager à 4... Fait chier)

Attention on a monté un commerce de vente de pochettes de hippie ! 
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Publié le 8 juin 2018

Lima, son "Pisco sour", ses rues polluées et les klaxons déchaînés nous ont réunis puis séparés.

Un tour sur "le marché le plus dangereux" d'après le décadant guide du routard mon fion et les blog fragilo-racistes (On peut lire "touristes, fuyez!"... Mais j'peux pas courir avec mes souliers vernis, pardis !) où nous avons arpenté les ruelles cachées (Grosse mise en danger) pour trouver des tissus traditionnels (Oh les foooous) puis nous avons trépigné à l'arrivée de Justine et la surprise a fonctionné à mer-veilles !

Le coeur à mille à l'heure à sautiller derrière la barrière de sécurité, grand soulagement quand je la vois enfin passer la sortie de la salle d'embarquement. Pas le temps de niaiser on saute dans un bus en direction de l'hôtel où se préparent Zora, Lucie, Mika & Tanguy. Mordant mes lèvres pour ne pas faire de gaffes, on traverse la ville agitée et on s'engouffre dans l'auberge, courant presque jusqu'à la terrasse car je n'y tiens plus... je la fais passer devant moi pour le dernier escalier et lâchant enfin la brebis aux fauves : SURPRIIIISE ! Déboussolée, décalée et fatiguée, Justine réalise à peine que potes de facs et inconnus lui ont réservé un accueil à l'autre bout du monde quand, partageant des carrés de chocolat ramené de Leclerc (Big up) sur les lits superposés, enfin, on va se coucher.

Une brève journée plus tard à profiter tous ensemble du soleil dans le quartier historique de Lima où un écran géant retransmet un match de foot du Pérou - Arabie Saoudite, on a fuit ce moment mais il le faut maintenant : on se prend tristement dans les bras, se souhaitant bonheur et se promettant de se revoir. Mika et Tanguy, Zora et Lucie, c'est fini.

Les yeux qui transpirent encore la larme, Justine et moi retrouvons la banane lorsqu'on apprend que notre bus de nuit pour 18h de route vers Arequipa est annulé. Bah, elles sont cons ou quoi ? Mais nooon ! On sourit, parce que pour une fois, notre entêtement a être en avance pour tout nous fait sauter dans le bus précédent, avec bonus surclassement, couverture et repas (dégueu) compris ! Je me suis vue en pleine nuit m'acharner en sautant sur mon siège pour le briser de colère, car allongée à 130° pour tenter d'aligner 1h de sommeil, cet @$*¿ de *?#% de fauteuil surclassé mon c*l s'amusait à se redresser doucement, m'imposant douloureusement cette fameuse position assise qui fait tomber la tête en avant. Hésitant entre lui péter les dents ou lui déchirer le cuire sans ménagement, j'ai décidé d'être patiente, jusqu'a ce qu'au bord de la névrose mentale, les yeux rouges sang, je prenne mon doudou et parte bouder sur le siège de devant.

J'savais pas encore que mon derrière fricotait avec l'ennemi 

Parce que le bus c'est trop trop bien, après 1h de pause en gare routière pendant laquelle j'ai eu la chance de réaliser une fois la tronche pleine de dentifrice qu'il n'y avait pas d'eau courante, on enchaîne à nouveau 6h de tape-cul à roulette sur chemins à ornières et c'est donc 24h après avoir quitté Lima qu'on pose bagage à Cabanaconde, village pommé entouré de montagnes enneigées.

Une bonne nuit réparatrice plus tard, levées 5h30 les yeux englués, Justine les cache derrière ses lunettes violettes et range en sécurité ses pieds tout frais dans ses chaussures qui puent. Mes chaussettes crient quand elles comprennent qu'elles vont se taper à nouveau 3 jours de trekk : nous voila parties dans le canyon de Colca !

Le 1er jour, avec du recul, c'était les doigts dans le nez. 11 km de descente pour un dénivelé de 1200m le tout en 6h, on a perdu nos genoux mais l'arrivée dans le premier lodge au bord de la rivière avec les sources thermales, c'était un peu chouette.

La soirée fut bien calme, terminée affalées sur des chaises cassées à regarder les étoiles, attrapant les filantes pour remplir nos boîtes à voeux avant d'écraser les matelas.

Réveillées avec le lever du soleil, on dérouille nos guibolles et on ne traine pas à remballer nos sacs pour tracer la route avant que la chaleur ne vienne ajouter du poids à nos fardeaux. Là on a moins rit que la veille. Des montagnes russes pendant 10km, avec un dénivelé de 700m qui nous en a paru 7000, un GPS capricieux, et des doutes sur la destination.

Heureusement que chaque fois que nous levions le menton s'offraient à nous tantôt des deserts de cactus, tantôt des rivières, le tout ponctué de montagnes fourbes. En contre-bas : l'Oasis de Sangalle nous fait les yeux doux. De notre hauteur perchées dans la montagne, les maisons sont ridiculement petites et les palmiers sont des arbustes. Ce qu'on descend, faudra le remonter. Et en face de nous, de l'autre côté du canyon, on le voit le chemin de remontée. Il nous semble insurmontable, on decide presque d'abandonner quand notre fierté respective nous rappelle à l'ordre.

La bonne idée de prendre un raccourcis pour descendre : perdues dans un champs de cactus inclinaison 50°, on glisse, on se pique, on râle, on a chaud on en a marre et cet oasis qui ne se rapproche pas assez vite à notre goût !

Finalement arrivées à court d'énergie, Justine une belle épine dans le doigt et moi une épaule luxée par une chute, on balance nos sacs dans notre cahute pour la nuit et on saute dans l'eau tiède alimentée par une cascade qui n'a rien a envier à celles d'Avatar.

La sueur enfin décollée, ultime effort pour nos mollets et cuisses raidis pour aller commander des mojitos, faut pas déconner mémé.

On a vu une avalanche, on s'est tout de suite senties bien rassurées dans cet oasis coincé dans un canyon. 20h il est largement temps d'aller dormir, on ferme les yeux avec le bruit des cascade, de la pluie et des oiseaux.

Cette nuit la j'ai cauchemardé comme rarement, du voyage, de nos parents qui venaient porter nos sacs, de mes poches remplies de barres de céréales ... gros trauma ou quoi ?! 11h de sommeil plus tard (Ouai ouai, ONZE heures ! Et on veut vous faire croire que c'était dur...) nos corps inertes sont si douloureux qu'aller pisser relève du challenge, les quelques marches à la sorties de la cahute se font insulter de ... je cherche un truc qui rime avec "cahute" mais vraiment j'vois pas. Elles se font salement insulter en tout cas. Un dernier regard pour cet oasis ambiance palmier-colibri paradisiaque sorti de nul part et notre cauchemars devient réalité : faut remonter.

Les 1ers mètres sont un suplice, on arrive pas à plier les jambes, nos sacs a dos pèsent lourd sur nos hanches endolories, la montée se fait par des escaliers pas conformes du tout pour deux nanas de 1m55. Avec les efforts les muscles se réveillent et se réchauffent, nous laissant le luxe de commencer à profiter des paysages.

Au début c'est agréable. Si l'esprit sort du corps c'est presque même un bon moment. Mais des virages en zig-zag sans répis, sous le cagnard, avec un sol rocailleux glissant et les gourdes vidées a la vitesse de l'éclair, ca a duré 5h30, sur "seulement" 5,5km mais avec 1100m de dénivelé exclusivement en montée. Bref, on en a chié.

Ces longues heures ont été récompensées par une arrivée à Cabanaconde, village en fête pour ce 7 juin "día del bandera" animé par un défilé en costumes traditionnels.

Un jus frais, un plat de riz et pas le temps de se féliciter qu'on saute dans un bus pour 6h de route vers Arequipa. On devait enchainer direct avec 9h de bus pour Copacabana mais nos corps ont réclamé un peu de répis, alors c'est à Arequipa que nous voila.

On a sué des mollets et eu des crampes aux aisselles... Demain route vers le lac Titicaca, je croise les doigts pour que le siège de bus ne me victimise pas... Parce que là je le jure, j'enroule mes chaussettes sur son accoudoir il va beaucoup moins faire le malin.

Et si il se rebelle je fais appel à mon avocat. LOOOOOOOL

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Publié le 14 juin 2018

J'vais faire un meurtre

Agréablement surprises par Arequipa, on s'est accordée 24h de repos dans cette douce ville à l'architecture hispanique. Entre deux nuits en bus, on en a donc profité pour aller voir Juanita, p'tite nana hyper fraîche rencontrée derrière une boîte en plexiglas.

Ca fait moins la maline là 

C'est la beauté de son visage et de son corps de 15 ans qui, il y a 500 ans, lui a permis d'être jugée déesse par les Incas. Pour devenir déesse et calmer le volcan Ampato, un pèlerinage de plusieurs jours à 6300m d'altitude à été nécessaire, atteignant son point de départ vers l'au-delà.

Une tisane à la coca et une coup de matraque dans le crâne plus tard, Juanita est enterrée avec les offrandes qui ont été retrouvées dans les années 90. Le volcan s'est calmé, tout est rentré dans l'ordre. Ouf! Merci les Incas.

Une p'tite balade de 9h en bus en direction de Copacabana, on passe la frontière bolivienne et on se retrouve face au légendaire, le mystérieux, le fameux... lac Titicaca ! Enlève moi ce rictus que je vois sur ton visage, je ne ferais aucune blague lourde et graveleuse à tendance scatophile. J'suis pas une gamine.

Avec Eva et Pierre, deux français tout juste rencontrés, on part sur Isla del Sol avec un bateau qui a transformé les estomacs fragiles en machine à laver.

Huuuu cannabis 

C'est chez Daniel qu'on pose bagage dans une chambre qui offre une vue sur 3 plans : Au premier, Alphonse le lama. Au deuxième, le lac Titicaca. Et au troisième, montagnes dorées par le lever de soleil. Pas pire.

Bon la, on va arrêter de se mentir, le bus on en a ras le cul. Alors après une dernière ligne droite de 12h vers Cusco, on y arrive la tronche enfarinée mais mon coeur bat déjà. On va se reposer. Enfin c'était prévu comme ça. Et puis bien sur rien ne se passe jamais comme prévu : Mika est là, alors pourquoi pas faire la fiesta ? Un petit dej chez la trop choupi méga vieille mais gentille mamie au marché San Pedro et on est repartis ! Quartier San Blas, Plaza de Armas on s'égare mais on s'y plait.

La fatigue... Ça fait faire des conneries... mon linge, propre, plié, repassé, sagement posé sur le canapé, a tout simplement disparu pendant que nous étions partis dépenser ce qu'il nous restait d'énergie dans les boites de nuit.

Si tu vois la photo floue c'est que t'es ivre 

Le lendemain, à nouveau on fait honneur au bon vin sud américain. Mika reparti à Lima et Justine raisonnable exténuée, c'est seule avec mes p'tits potes péruviens que je suis partie revoir ce groupe de trans éthnique avec LE fameux batteur hyper beau de la mort qui tue ! J'ai retrouvé dans un bar ma chemise perdue la veille dans un moment d'égarement, mais elle n'a pas fait long feu. A peine le temps d'exclamer cette petite victoire, deux mecs se battent jusqu'au sang avec une fureur écoeurante. Je les sépare et pour me remercier ces p'tits cons s'épongent l'hémoglobine avec ma chemise. Bad karma. Ok les gars, y a une conspiration? A ce rythme, entre le vol de mes 4 culottes, 3 paires de chaussettes, ma polaire, deux chemises, mon sous pull de ski et la perte de ma lampe frontale, deux chargeurs et ma gourde filtrante ... j'vais rentrer à oil-P, j'vais avoir l'air de quoi ?!

L'autre elle s'la pète avec toutes ses fringues ca m'énerve

En tout cas on tient à le dire : les péruviens sont fatiguants. Des bons fêtards comme on les aime, la bouffe est excellente et en quantité déraisonnable.

Flageolets pour s'faire des potes dans le dortoir  

Toujours prêts à nous aider le grand sourire aux lèvres, une bonne humeur inégalable, des papis adorables, coup de coeur pour l'humain et big up à la bienveillance.

Si tu veux mes conseils en cadrage photo hésite pas hein 

Cusco, mon Amour. J'aime quand tu soulèves timidement ta brume matinale pour nous dévoiler tes monts. Ton marché bruyant, tes enfants qui courent dans nos jambes.. Offre moi encore d'apercevoir la peau tannée de mamie qui s'est endormie dans son étale de légumes. Le sourire de celle à qui on demande un jus de fruit. J'aime les enfants que tu fais danser en choeur chaque soir, entre chiens et loups sur la plaza de armas. J'aime les petits vendeurs grincheux que tu caches dans tes ruelles pavées. Ton drapeau, Cusco. Tu m'essoufles, j'halète haïssant ton altitude jusqu'à San Blas. Je te laisse une part de mon coeur, Cusco mon Amour.

Aujourd'hui, découverte sous la pluie de Ollantaytambo, pépite archéologique entourée de sites Incas.

Avant-goût pour ce qui nous attend dans 48h ... du bout des doigts, il est la, ce gros tas de cailloux... bientôt le Macchu Picchu !

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Ca sent l'fénèque !

6h45, décollage du lit superposé pour un p'tit dèj express, on est en retard pour le bus et lorsqu'on arrive dans la rue une femme pressée crit sans cesse "Mathiiilde !". Elle nous fait courir à travers la place, on marche à mille à l'heure et on se jette dans le bus qui va nous amener à Hydroelectrica. 7h de transport inconfortable. Les paysages sont encore dingues.

Un peu dans le gaz on descend et on grimpe une montagne pour retrouver les rails du train qui amène à Agua Caliente, village le plus proche du Machu Picchu.

On ne prend pas le train, on suit pendant 10km les rails à pied, pour 3h de marche à un rythme nécessitant d'arriver avant la tombée de la nuit.

Bien crevées, on pose nos affaires dans une auberge vide, pourrie, humide, sans eau chaude ni ambiance mais pas chère. On ne traine pas à s'écrouler sous les couettes poisseuses.

Il est 3h36, je n'ai pas entendu les 3 réveils précédents. Montée d'adrénaline, on saute du lit. Une couche de fringues supplémentaire. Un croc dans une mangue, un autre dans le pain. Il est 4h07 dans la nuit, encore endormies, on traverse la ville d'Agua Caliente. On n'est pas les seules à être matinales, on suit quelques personnes. Puis une dizaine. Après 30mn de marche dans la lourdeur de la nuit, on arrive à l'entrée du pont, on est maintenant une centaine à attendre patiemment, en silence. Baillant, grignottant, gestuculant. 5h, on peut passer le pont, après un contrôle des passeports. La rivière bruyante vient réveiller nos sens. On entre dans la jungle, à la file indienne, lampe frontale allumée et on commence l'ascension. Des centaines d'humains se suivant dans une atmosphère de pèlerinage silencieux. Ne pas ralentir, le rythme est soutenu, on doit suivre. Solidarité et respect, mais aussi motivation à ne pas lâcher. On ne voit pas où on marche, ca grimpe sévère dans la forêt humide, le souffle est court, on a chaud, on glisse. Certain craquent et s'asseoient essouflés, on passe par dessus leur jambes engourdies pour continuer sur le chemin étroit. Ne pas s'arrêter. Ne pas se perdre. Le t-shirt trempé, la gourde qui se vide et nos visages brillants de sueur sont éblouis par les lampes frontales qu'on croise.

Le soleil levant vient teinter le ciel d'une couleur violette qui laisse transparaître en ombre chinoise l'immensité des montagnes face à nous. Une heure de montée raide, épuisante. Et nous y sommes : l'entrée du site du Machu Picchu ! Le brouhaha commence, les corps bien réveillés sont collés et collants au coude-à-coude dans la file d'attente. Il est 6h, le guichet ouvre et telle la semoule dans un entonnoir, on passe de l'autre côté sans patience.

Encore quelques dizaines de mètres de grimpette et le souffle court enfin on le voit : le Machu Picchu.

Ça prend au coeur, ça nous donne des frissons et là on se regarde : on l'a fait, on y est !

Le site est encore vide, on est arrivées dans les premiers et on savoure encore cette tranquillité.

On monte le long des terrasses de montagnes, on croise des lamas alors on ne crache pas sur le mythique selfi.

On avance vers les ruines, seules posées sur un rocher plat sous le soleil gratifiant, on ne lâche pas des yeux cette merveille. Les mots ne nous viennent pas, on est bien là. Je m'allonge sur cette pierre chaude et me fait réveiller par mes propres ronflements.

Face à cette vue il nous est difficile de se décider à bouger mais il est 8h30 et la montagne derrière le Machu Picchu nous attend pour une autre ascension.

On part toutes les deux prendre de la hauteur par une rando encore bien raide, faire d'escaliers en rochers trop hauts à grimper. On a chaud, j'ai mal au ventre, Justine aux jambes mais on se dit qu'on ne peut pas lâcher maintenant. On s'encourage et on continue, 1h30 de grimpe intense dans une montagne qui finit par nous offrir un panorama sur toute la vallée.

Enfin on est en haut.

Après une petite heure de repos, on repart déglinguer nos genoux et nos pieds dans la descente, en 40mn on est à nouveau au niveau du Machu. Balade dans les ruines, impressionnées par l'immensité de la situation et fière d'y être arrivées, on salue notre chance.

On ramasse nos corps à la petite cuillère et on repart, encore 1h de marche pour redescendre à l'auberge.

Il est 14h30 et on a faim. De retour au village, trempées mais heureuses, on part vers les sources thermales pour tremper nos jus dans cette soupe de pipi. Ressorties encore plus sales qu'a l'entrée, on comprend que ce nid à microbes nous aura laissé une pellicule de crasse quand après 2h dans la ville, nos cheveux ne sont toujours pas secs, définitivement plus mouillés mais lourds et poisseux. On va donc glisser nos corps dégueu dans les draps poisseux de l'hôtel miteux.

Au réveil sans surprise notre linge est trempé et sent le pépé, on renfile nos chaussettes humides dans nos chaussures puantes pour fuire cette auberge. Mon orteil soit-disant "hématosé" il y a plus d'un mois en bolivie est gonflé et rouge comme un ballon de baudruche, impossible de le plier, à mon avis le pronostic vital est engagé : il est cassé ! On repart quand-même pour 3h de marche, le linge suspendu à nos sac tels des étendoirs pour sécher ces puanteurs. Tancarvilles ambulants, on traverse la justice clé, la rivière, les ponts, les rails.

Sur le retour, j'ai compris la dicton "le plus important ce n'est pas la destination mais le voyage". Un rêve de réalisé et pour cela je remercie l'étoile filante du canyon de Colca : j'ai vu un perroquet. On a même vu plein de perroquets ! Suivant les rails dans la jungle, Justine s'arrête car elle a entendu un son, un mélange de porte qui grince et des baguettes de bois qui frapperaient un gobelet en plastique (ouai je sais j'ai de l'imagination mais c'est pour que vous faisiez ça à la maison et que vous vous rendiez compte ! ) Et la, à quelques mètres de nous vole un perroquet rouge qui nous coupe la route, puis autour de nous deux autres, des verts, des jaunes. Bouche-bée.

On s'arrête quelques instants puis on continue, on voit des fleurs du paradis, les papillons jaunes, bleus, rouges volent frénétiquement mais silencieusement autour de nos chevilles. Instant magique.

Moins glamour, je finis par m'arrêter pour faire un pansement d'urgence autour de mon orteil, je n'y tiens plus il m'empêche d'avancer correctement. Une couche de baume du tigre, enroulé de PQ et scotché a son voisin, mon orteil fait moins le malin.

P'tite connerie qui m'aura coûté un euros et trente et un centimes : je pose 5 soles sur les rails juste avant que le train passe et il la déforme avec sa vitesse ! Elle est brulante, je suis contente.

Tancarville à fringues moisies 

Fin des rails, on attend notre bus pour 7h de route vers Cusco et on se le dit : le Machu, c'était fou.

Ca puait le fénèque, on était serrés mais on a vu des étoiles et des feux d'artifices. C'est sûr, on est bien de retour à Cusco !

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Publié le 28 juin 2018

On s'est fait kidnapper par Cusco.

A Pisac, après une heure et demi de bus, on s'est retrouvées dans un jardin avec tippies et hippies, autour d'un feu a écouter des "musiques de la vie" qui font voyager l'esprit.

Un doux moment de communion avec les arbres et le quinoa. Ca sentait l'encens et le thé au gingembre, on mangeait des graines et regardait les étoiles. Putain de babos' qui vont pointer a l'ANPE quand ils auront fini de se foutre des plumes dans l'cul !

On a fait semblant d'aimer le foot juste une journée pour avoir la bonne excuses de s'incruster dans les bars et regarder pleurer les péruviens. Ouai c'est pas fair-play mais on s'en fou, l'important c'était de participer, pas de leur foutre la raclée. En revanche ! Dans ce bar, devinez-t'y pas qui il y avait ?! Du Lellouche et ses potes, caméraman et gardes du corps. A faire semblant de s'enthousiasmer devant un écran qui bug.

On a rencontré Cylia, une chouette sudiste à l'accent du sud et la chevelure de feu. On est parties se promener dans une randonnée qui mène au lagon Humantay et on en a prit plein les mirettes (en plus des gambettes lors de la grimpette !!)

Les salineras autour de Cusco bien sûr, comment rater cette montagne quadrillée par les bacs qui changent de couleur selon l'inclinaison du soleil ?! Une douceur visuelle dans une ambiance calme pour une fin de journée tranquille, à rire de nos histoires respectives, nos anecdotes de voyage honteuse, le tout en redescendant au village en jonglant des genoux sur un sol bissextile.

L'avantage de s'être fait des potes péruviens, c'est qu'on a pu visiter des ruines pas touristiques en passant par des grottes sombres et des forêts cachées.

Un bel aperçu de ce qui sera prochainement exploité pour les touristes du futur, comme un dernier coup d'oeil sur une pépite préservée.

Et alors que le temps file, on prévoit de remonter tranquillement vers Lima quand on apprend qu'il y a le 24 juin, la fiesta del sol et qu'il ne faut suuuuurtooooout pas rater ça ! L'avion de Justine part le 25 à 1083 km d'ici... Hésitation, questions, prise de décision : d'après nos calculs ca va être un peu chaud... alors on reste ! Parceque sans défis la vie c'est pourri.

Quatre litres de chicha à la main, boisson alcoolisée issue de la fermentation de maïs (dégueulasse), nos p'tits péruviens nous amènent dans une montagne pour jouer de la musique inca, cuire des patates dans une motte de terre brûlée et braiser des poulets morts pour en sucer le gras et s'en foutre pleins les doigts. (PAS MOI HEIN !!)

A la fin de cette journée du changement de saison, il ne nous reste que quelques heures avant de retrouver l'aeroport alors on décide de les mettre à profit : on part pour une dernière soirée avec les p'tits potes dans une boite merdique qui aura eu le mérite de nous tenir éveillées jusqu'à l'arrivée du taxi. Prendre l'avion sans dormir, c'est aussi douloureux qu'une goutte de citron vert dans un oeil enflé. C'est con et ca fait mal, le décollage aura encore été un mystère et on a jamais autant détesté les nanas qui nous réveillent pour un café soluble.

La gueule enfarinée, on attend 6h dans Lima avant que l'avion de Justine parte pour le pays du fromage. Je vous la rend, et non sans contentement, enfin je vais dormir. Elle est petite mais fatiguante !

On aura beaucoup vu de cailloux, on aura pelé du nez et pris des douches froides, mais on s'en fout on a un selfi lama.

Il est temps pour moi de retrouver ma solitude et je vais profiter de la douceur de Cusco pour remettre les batteries niveau haut. Demi-tour pour moi, encore 1083 km dans le sens inverse après une nuit à Lima. Cusco, me revoilà.

"Le parfait voyageur ne sait pas où il va" Lie Tseu

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Publié le 3 juillet 2018

Ne me laissez pas seule je vais cramer les drapeaux blancs

Un petit sentiment d'excitation quand je suis revenue à Cusco après une rapide nuit à Lima. Le siège de l'avion n'aura même pas eu le temps de refroidir. Me suis sentie à la fois chez moi, et à la fois perdue... L'altitude des montagnes a remplit à nouveau mes poumons et j'ai presque couru jusqu'au marché de San Blas pour un sandwich à l'avocat et un jus ananas - orange - carotte.

Une parenthèse de facilités et de bonheur. Pouvoir se déplacer sans GPS, discuter avec les visages maintenant familiers, prendre des nouvelles de Mamita, faire la bise aux vendeurs de pacotilles, un p'tit crochet par chez Malqui & José pour voir si ils vont bien, ne plus avoir à préciser que le thé c'est sans sucre et connaitre par coeur la chanson crillarde du sans-abris et sans-bras.

Ce retour à Cusco, c'était une cure de vitamines et de soleil.

Après quelques jours de hippie-hour dans la vallée sacrée de Pisac avec des amérindiens à boire du chocolat amère (indien) en écoutant des musiques enivrantes ambiance flûte de paon, DJ rideau (j'sais pas comment ça s'écrit et je trouve cette orthographe hyper marrante ok ??), tam-tam et plume dans l'derch (une fois n'est pas coutume), me suis sentie d'attaque pour repartir.

Alors bon, y a ceux qui "ressentent l'énergie de Pachamama" et ouvrent leurs chakras grâce à des colliers en plastiques et qui feraient mieux d'aller se curer le dessous des ongles parceque c'est pas vegan d'avoir un écosystème sous-cutané j'trouve... et puis y a les vrais. Ceux qui peuvent une soirée entière t'expliquer leur problème identitaire. Qu'il y a dans leur Etre deux axes qui les tiraillent.

L'axe vertical : leurs racines, leurs traditions, leurs souvenirs. Ce qui vient de leurs ancêtres, les incas.

Et l'axe horizontal : qui influe leur quotidien et dessine leur avenir. Inspiré par la TV et managé par un gouvernement un peu trop gourmand. Ce qui les uniformise avec le reste de la planète. Cet axe horizontal qui couche les opinions. Et quand on me dit "On nous a uniformisé" j'entends "on nous a stérilisé l'esprit" alors que je voudrais entendre "universalisation" pour la dignité sans distinction de coutumes ni de religions. Envie de frapper le passé.

On me parle de droits de l'Homme dans une terre envahie il y a des siècles par les conquistadors, on me parle d'amour dans une vallée sacagée par les armes et surtout on me parle d'identité dans un monde où elle se résume à 5x8cm sur papier glacé. A ce stade le vocabulaire en espagnol commence à me manquer. Et frustrée, je ne me suis jamais sentie aussi seule qu'en ressemblant à tout le monde.

Je crois que c'est à ce moment là que j'ai eu envie de fuir. Une honte, un doute.

Et j'ai repensé à ce que j'ai lu récemment, une question à la con sur le destin : " C'est comme le vent pour un voilier. Celui qui est à la barre ne peut décider d'où souffle le vent, ni avec quelle force, mais il peut y orienter sa voile. Le même vent qui fera périr un marin inexpérimenté, ou imprudent, ou mal inspiré, ramènera un autre à bon port"

Je t'entends penser toi là, qui lit cet article pendant ta pause café trop sucré !! "HEEEEU c'est un carnet de voyage ou un journal intime ton bordel ?!"

Donc finalement, j'ai rangé ces quelques jours d'apprentissage dans un coin de mon crâne qui fonctionne pas, j'irais rechercher tout ça à la prochaine crise identitaire c'est-à-dire bientôt car c'est environ tous les 6 mois... *NÉVROSÉE* Et le coeur gros comme une grosse pomme de terre et les yeux rouges comme une patate, j'ai finis par trancher : Non Mathilde, tu ne peux pas passer ta vie ici sous prétexte que les gens marchent pieds-nus et chantent nus sous la douche à l'air libre en mangeant des fruits ! Alors à contre-coeur et après une grosse séance PQ-sous-pif (COMMENT CA LES FRANCAISES ELLES PLEURENT JAMAIS ?!) j'ai pris un bus pour 24h de trajet afin de partir loooin très loooin de l'enlisement qui commençait à se pifrer.

Dans le cerveau de ma mère : "Ca y est ma fille est devenue une hippie, sacrebleu! On va encore bouffer du quinoa à son retour et je vais devoir jeter les poubelles non recyclables en cachette" Mais noooon t'inquiète maman, ce midi j'ai mangé avec des couverts en plastiques ! L'axe horizontal se porte bien.

Et on applaudit pépé, mon voisin de siège de bus, qui aura réussit à me faire rire parceque c'était pas gagné. Il a bien essayé de me consoler mais avec sa moustache de pêcheur à la retraite qui n'articule pas, impossible de comprendre et j'me voyais pas lui traduire "Heeeu merci Monsieur mais s'il vous plait laissez-moi morver dans mon doudou sans avoir à t'expliquer que c'est juste la dépréssurisation altitudinale dans mes poumons qui humidifie mes yeux ce qui entraine par capillarité méridioniale une ambiguïté de type fracture assez conséquente sur l'échelle de Richter. C'est comme ça c'est naturel. Non non, je pleure pas, promis Monsieur. Tu comprendra quand tu sera plus grand".

Et donc bref à un moment il a jeté sa gélatine jaune fluo emballée dans une boite pétrolée à la tronche de l'abruti de serveur avec sa cravate pourrie, qui voulait à tout prix nous faire bouffer son poulet cellophanné, et là vraiment j'ai pensé : Merci pépé !

Dans le cerveau de ma mère, partie II : "En fait je crois que je préférais quand ma fille se destinait à devenir une hippie"

*TEASING*

Bientôt de nouvelles aventures depuis la Colombie, accrochez-vous bien à vot' slip Mesdames et Messieurs, ça va chlinguer la souillonerie !

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Publié le 10 juillet 2018

Lorsque l'avion a décollé de la terre péruvienne, c'est entre larmes et soulagement que je me suis endormie.

A peine sortie de l'aéroport, le Pérou m'a envoyé un dernier bisous : un bel arc-en-ciel aux couleurs du drapeau de Cusco.

Mes premiers moments colombiens sont marquants... un chanteur dans les sous-sol des lignes de bus chante avec son accent chaud et son coeur latino à quel point il aime sa meuf ou un truc niai du genre. La ville est architecturalement désordonnée, entourée de montagnes et de palmiers.

Mon voisin de bus, me voyant vérifier la carte de Bogota, referme son livre et avec son sourire le plus naturel se retourne vers moi : "Dis-moi oú tu veux aller et je t'aide, chiquita !"

Heeeeu... ça coûte combien ?

Après évaluation de la situation : la nuit commence à tomber, je suis chargée comme une mûle et fatiguée, proie idéale dans la capitale colombienne. Alors je me laisse tenter par l'offre de Juan, 25 ans, étudiant en psycho : il m'amène jusqu'à mon auberge de jeunesse en faisant beaucoup trop de détours parce que "Faut que tu vois ça aussi viens voir ! Et là ! Regarde cette statue !" Arrivée à destination je le salue poliment et il me souhaite bonne chance.

Le lendemain n'ayant rien retenu de la leçon de Juan, je m'incruste dans un "free city tour" pour en savoir plus sur Simon Bolivar, libérateur de plusieurs pays colonisés par les espagnols. Après un repas avec les 4 autres touristes du tour, visite du musée Botero qui renferme des tableaux tout en rondeur, pour un peu de douceur.

Un aller-retour décousu et inutile vers le parc Simon Bolivar qui, en plus d'être loin, était fermé, je finis avec Mathieu sur la place du quartier Candeleria à boire des bières jusqu'à ce que la police vienne nous virer comme des malpropres.

On se dit que demain on fera un "graffiti tour" et une balade jusqu'au Mont Cerrate.

Que nenni ! Mon acolyte subjugué par le match de foot, je vais seule au "Graffiti tour" sous la pluie pour 2h30 de balade à découvrir ce street art. Les tags ont été récemment légalisés suite au meurtre d'un jeune de 15 ans, tué par la police pour l'unique raison que son expression artistique dérangeait les moeurs. C'est après de grandes manifestations que le gouvernement donne carte blanche sur les murs... le résultat est fou.

Me concernant, la balade de 2h30 aura duré 10mn car ma patience légendaire a flanchée à la vitesse de l'éclair : je retourne chercher mon sac à l'auberge et je me casse pour 3h de bus direction Villa de Leyva.

Villa de Leyva, c'était pas dingue. En revanche, à l'auberge, j'ai rencontré Laura et Julie les belges, Théo et Ségo les français et Adrian le méxicain...

Et tous ensemble nous avons eu la mauvaise idée de partir en randonnée vélo dans les alentours.

Échec ! Ce que nous voulions visiter était moche, alors demi-tour et on est partis finir la journée à danser la salsa avec un peu (trop) d'aguardiente : de l'eau de vie à l'anis. Fourberie.

On trace nos routes vers San Gil et on visite Barichara et Guané, de mignons villages fleuries entourés de chemins de balades pendant lesquelles on a croisé des papillons, des lézards, un crapaud, des vaches et ... DES MOUSTIQUES !

Parce qu'on s'amuse bien et que dans quelques heures les belges affrontent les français autour du ballon rond, on va rester encore un peu ensemble.

Je vous laisse en vous donnant l'eau à la bouche (je suis en train de boire une infusion au gingembre) concernant la suite... Sport extrême et retrouvailles...je sens qu'on va bien se marrer dans les jours à venir... vous ne devinerez JAMAIS qui je m'apprête à retrouver en plein milieu de la Colombie !

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Publié le 13 juillet 2018

Bleu, blanc, rouge... certains heureux, d'autres déçus... on bouge!

Ah bah on l'a bien vu ce match hein ! Chacun aux couleurs de notre pays et le mexicain entre nous, on se livre à une guerre bon enfant autour de bières fraîches et de "french fries" belges pour couper la poire en deux.

Après deux heures à regarder des fragilos se battre pour un ballon rond alors que VU LEUR PAYE PUTAIN ils pourraient s'en offrir un chacun, Laura et Lara déçues, Théo et Ségo heureux, Adrian et moi qui n'en ont rien à foot, (ALERTE JEU DE MOTS) on repart à l'hôtel en passant par une agence pour "voir c'qu'il y a à faire dans l'coin biloute" et BIIIIIM sans ménagement ni tendresse, sans préparatifs psychologiques ni physique... on asseoit nos derch dans un p'tit bus pour aller faire du saut à l'élastique !

Le plus haut d'Amérique Latine ! On se jette au dessus du canyon de Chicamocha pour un saut de 140m (la moitié de la Tour Eiffel).

5 secondes pendant lesquelles le corps croit qu'il va crever dans le ravin et 3mn la tête en bas pour irriguer le cerveau le temps de remonter... Traumatisme : Je me souviens bien m'être jetée dans le vide mais aucun souvenir de la chute, mon cerveau s'est éteint (bon il était déjà en veille depuis quelques mois, ça n'aide pas!).

Donc pas de souvenirs du saut pour ma part mais le coeur à mille à l'heure et le torticoli amélioré, on rentre manger.

Je mettrais ça sur le dos du cerveau éclaté contre la boîte crânienne : la fameuse crise existentielle a pointé le bout de son nez, et pour la calmer j'ai passé une journée à envoyer des CV pour la rentrée.

*REQUÊTE* J'ai le droit de faire ça ? Bon, on verra. Si toi, lecteur attentionné, tu connais quelqu'un qui connait le fils du voisin du grand père de l'arrière-chien de ta belle mère qui à un poste de libre pour la rentrée ... Dis lui qu'il y a une nana pas polie mais gentille qui cherche un emploi dans divers domaines tels que l'écologie, le sociale, l'élevage de lamas mais pas que : je peux aussi être goûteuse de chocolat ou testeuse de pantoufles. J'sais faire plein de trucs. Jeune femme motivée et souriante cherche à faire plaisir à son banquier. (Bon, vous avez compris le message subliminal) Heeeu si je fais ça c'est pour toi hein, cher lecteur. Parce que comment tu vas faire quand tu t'ennuie dans le bus parce que y a plus rien à lire sur ce blog parce que je peux pas voyager parce que j'ai pas de sous hein ?! J'suis vraiment trop altruiste, putain. (MAIS DIS PAS DES GROS MOTS ALORS QUE TU VIENS DE DIRE QUE TU CHERCHES DU BOULOT GOGOLE)

C'est bon j'ai finis ma minute ANPE. Reprenons.

Avec Laura et Adrian, c'est derrière un camion qui tire un vélo qui porte un gosse fou que nous engageons 15h de bus jusqu'à Palomino pour une cure de sable blanc sur eau turquoise le long de la côte Caraïbes.

On glande pas grand chose pour dire la vérité. Soleil et moustiques, fruits sucrés et boissons fraîches... Rien de mieux pour patiente jusqu'a demain avant l'arrivée de ... Tadaaaaam... J'dirais rien. Gros suspense. En attendant, je vous laisse quelques photos de nos journées pleines de vide.

Et de ce pas je lève mon cul du sable, je remets mes tongues et je pars à Santa Marta chercher le colis vivant... Bientôt vous saurez qui c'est !

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Publié le 16 juillet 2018

Encore de belles idées, tiens !

Un aller retour dans la ville folle de Santa Marta puis je reviens à Palomino mon colis sous le bras.

1m87,7 (quand c'est précis, on apprécie) de chaire fraîche mais fatiguée! On ne l'a pas oublié, il est fou, il est bête, il ne regarde pas oú il met ses gambettes... on applaudit bien haut... l'arrivée de Théo !

Si t'as pas suivi mes aventures asiatiques, après t'être puni par flageollation avec des flageolets, laisse moi te présenter ce cas particulier. Théo, je l'ai rencontré en novembre au Laos, en compagnie de son pote, Théo aussi. Avec les 2 Théos, (Ça s'accorde un prénom ?), le petit et le grand, on a traversé pendant un mois le Laos du nord au sud à pied, en bus, en bateau et à moto. On avait finallement bien riz. Retrouvés au Cambodge puis à Paris, on a eu la mauvaise idée de rester amis ! Et voilà que les palmiers on fait frémir le passeport du grand Théo qui n'a pas mis plus de 5 jours à se décider avant de venir partager ici avec moi, à Palomino, le soleil et l'eau salée.

En plein décalage horaire et son minuscule bagage à peine posé, on profite du ciel étoilé devant la mer agitée et sous la musique latino des bars de plage pour se dire que quand même, faut qu'on soit à 10 000km de la Tour Eiffel pour prendre le temps de se retrouver autour d'une bière.

Et nous v'la pas dès le réveil à se morfondre dans les hamacs sous la hutte en palmier à siroter une citronnade trop citronnée, à s'éponger les goutelettes du nez sous une chaleur écrasante.

On s'est quand-même dérangés pour les 10 dernières minutes de la finale de la coupe du monde car c'était gênant d'en être bien moins intéressés que les colombiens qui gueulaient à chaque but tiré. On a fait semblant d'être contents alors pour fêter ça, à l'auberge, ils ont égorgé puis déplumé un galliné... me disais bien en me levant que c'était étonnant que poulette soit attachée aujourd'hui, elle qui gambadait si gaiement dans le jardin d'habitude. Heeeu... Un coq pas vraiment sportif... Et mon cul c'est du poulet ?

Un tour entre rivière et mer des Caraïbes pour manger des galettes à la coco et éclater une mûre trop mangue (ou une mangue trop mûre ? Me rappelle plus) et on retourne à l'auberge pour finir notre guacamole maison, la salade de fruits et les tortillas.

Demain départ tôt pour monter vers le désert de Guarija en stop, on vise Punta Guallina, zone la plus aride de la Colombie pour faire un coucou aux FARC. (Force armée révolutionnaire Colombienne)

Si vous n'avez plus de nouvelles c'est qu'on se cache au même endroit d'Ingrid Betancourt. Et si vous avez envie de me taper pour oser rire de sujets aussi sérieux alors je vous tends mon dos. Bien amicalement.

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Publié le 19 juillet 2018

J'ai l'encre qui saigne (et la gourde qui fuit).

Théo à rejoins mon voyage et mon quotidien, me laissant un peu de répis en partageant les instants conversions-négociations-questions. A l'ombre de ses grands pas, mon sac-à-dos s'allège, c'est donc naturellement que je lui tends ma plume. Vous aurez donc pour cet article, son point de vue authentique... un peu cynique.

"On part en stop pour rejoindre Rioacha, une ville un peu plus au nord. J'arrive alors dans cette ville un peu banale qui semble être le lieu de vacances privilégié des Colombiens.

On se dirige encore plus au nord, vers les terres les plus arides de la Colombie à la frontière avec le Vénézuela.

Vincent, le type qui était volontaire à l'hostel de Palomino nous soulignait l'intérêt de l'endroit et des villages de Cabo de la Vela et Punta Gallina.

On partage alors un taxi puis une camionnette avec les habitants de la région pour traverser cette zone aride où même les vents, brûlants eux aussi, ne parviennent pas à nous rafraîchir.

Le long de la traversée du désert en jeep partagée avec quelques touristes, un sentiment de malaise s'empare de nous à la vue de "niños" courant vers la jeep en tendant la main...

Le coin de paradis que l'on pense rejoindre ne l'est visiblement pas pour tout le monde et les conditions de vie sont rudes, pour ne pas dire hostiles.

Arrivés à Cabo de la Vela, on est loin du coup de coeur de la Colombie, promis par quelques conseillers mal avisés.

Quelques baraques se battent en duel pour proposer un hébergement aux touristes fraichement débarqués et la tempête de sable vient rendre la baignade étonnement douloureuse.

Lorsque l'heure vient de lézarder sur la plage, l'amertume naît quand des "niños locos" tentent de nous échanger quelques pesos contre des bracelets, une belle manière de rendre la pareille à l'exploitation des enfants dans le monde.

Des "chicos" à moto nous amènent voir "el ojo del agua", un gouffre aussi imposant qu'une mouche qui vole.

Je passe la fin de journée à voir le coucher de soleil rappelant qu'un cycle existe dans un désert intemporel de misère et de survie.

Paradoxalement, le moment passé dans cette région est agréable puisqu'il répond au désir d'aller où le vent me porte dans l'unique but de vivre et d'apprécier le moment présent.

Au départ de Cabo de la Vela, où nous n'auront finalement passé qu'une nuit, nous entamons une journée bien remplie de transports vers Minca (plus à l'Ouest) pour tenter de s'en rapprocher le plus possible.

La jeep nous ramène à Uribia où on parvient à trouver une camionnette dans laquelle je me plie en quatre entre "la gente", trois gourdes et deux sacs de riz. Devant l'inconfort de mon assise, les habitants ne tardent pas à nous trouver bien comique.

On change de camionnette à Cuatro Vias. Une arnaque et deux jus de pastèque plus tard, on est partis pour Palomino.

Les passagers nous dévisagent, "gringos" à peau rouge que nous sommes.

Je me plonge dans mes pensées, berçé par les belles créations mélodiques, musicales ou naturelles de notre humanité.

On change de bus à Palomino et roulons vers Santa Marta, capitale économique du nord de la Colombie, en longeant la côte, la mer des Caraïbes et les plantations de bananes.

Peu importe le chargement ou la taille des bagages, tout le monde monte dans le bus, passé quelques "pueblos". Devant mon siege, une niña s'est endormie sous l'aura bleutée de l'éclairage fantaisiste du bus. Le manque de tact du contrôleur ne parvient même pas à troubler le sommeil de cette petite fille, qui ne se réveillera qu'à son arrivée à Santa Marta. Je me rendors sur la vitre pour ne pas tomber sur le type qui s'est installé à côté de moi, un cultivateur de bananes, à en juger son équipement.

Et renaît, comme toujours, ma capacité à errer dans mes pensées hasardeuses"

- Récit de Théo Guidez un mètre quatre-vingts sept et sept millimètres. (Même pas les bras levés)

La fine équipe de poètes (pouet)
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Publié le 28 juillet 2018

Entre des astres et désastre.


Après l'épisode "il fait trop chaud dans le désert" on est arrivés à Minca pour un épisode "il fait trop chaud dans cette forêt humide".

On a retrouvé Laura et Adrian, pour 2 jours à sautiller du hamac à la piscine et de la piscine au hamac. Taux de productivité proche de zéro.

Minca ... le paradis des oiseaux, des cascades, des balades ... et des araignées ! ELLE ETAIT GRANDE COMME CAAAA ! *Bras écartés très fort* Théo, assis à ma gauche se lève et voit "un cailloux" tomber de son sac... un cailloux qui bouge et qui se dirige à 10cm de moi quand j'entends Théo m'ordonner "Mathilde, tu te lève tout de suite !"

D'abord on a reculé, ensuite on a fait pipi dans nos culottes et pour finir on lançait des petits graviers à côté d'elle pour qu'elle aille foutre ses crochets ailleurs que sur le gras de nos fesses, et qu'on puisse passer le portail. Frissons.

C'est certainement ce que j'aime le plus au monde en voyage : dormir en hamac. M'endormir avec le cri des geckos et me réveiller avec le chant des oiseaux. Mélodie jouée par les perroquets et colibris. A part si un moustique est entré dans la moustiquaire, une nuit comme ça donne envie de ne jamais se réveiller. L'instinct revient, les sons interpellent, les ombres questionnent. Le réveil ne peut être gâché que par une seule chose : réaliser qu'il manque quelque chose dans nos affaires ... punaise les gars ! On ne vole pas le pain des français !

Après un petit dèj boudé, on remballe et ciao la nature, direction les pirates !

Cartagène, ville animée d'une forte culture par son passé, nous a émerveillé tant par ses couleurs que par son ambiance. Son port à l'eau claire en a fait une zone de transit pour les esclaves que les Colombs amenaient d'Afrique, afin d'avoir encore plus de main-d'oeuvre pas chère pour encore mieux coloniser une terre occupée depuis 5000 ans par les autochtones. *Droit de l'Homme booonjooour*

Cette ville multi-identitaire a conservé dans les quartiers de Getsemani et San Diego, son architecture de l'époque coloniale : balcons imposants en bois d'arbre mort sur bâtisse lisse aux couleurs excentriques.

Pour comprendre un peu mieux l'histoire de cette ville, on est allés froncer les sourcils au musée.

Message caché ou esprit mal placé, quelques oeuvres auront eu le mérite de nous faire rire jaune.

Animée de bars à salsa et de places dansantes, Cartagène, son rythme latino et son coeur chaud ne nous aura pas laissé partir sans avoir bu du rhum dans un bar de pirates !

Le passe temps le plus distrayant dans Cartagène, à part boire des jus de fruits tous les 300m, c'est de se perdre dans les rues.

Entrer dans une friperie... et immortaliser des scènes comme : un WC fonctionnel entre une rangée de jeans années 40' et des chemises délavées.

Une moto contre le lit du gérant qui regarde la TV dans sa boutique.

Et pour essayer une fringue, je vous prierais mademoiselle de vous diriger vers la cuisine-salle-de-bain-garage-bureau. Oups... enchantée jeune homme... oui ca va bien merci, mais veux-tu bien me laisser être tranquille en culotte ici ?

On continue notre route vers le sud, cette fois on s'arrête à Rincon Del Mar, dans une auberge dont la terrasse c'est la plage qui borde une eau calme à 37 degré qui ne rafraîchit même pas !

Seul le coucher de soleil annonce un bref instant de fraîcheur. Et sur qui je tombe à peine arrivée à l'auberge ?!?!? TANGUY ! Il voyageait avec Mika dans le sud de la Bolivie quand avec Zora et Lucie, on est devenues leurs groupies.

Théo et Tanguy ensemble, le baromètre de la connerie à atteint des niveaux encore jamais gravis.

On a donc posé bagages ici quelques jours.

Et parceque lézarder ça nous agace rapidement (le dos cramé et les vers au cul), on a décidé de traverser jungle et mangrove pour rejoindre un tout petit aéroport, dans l'espoir de faire de l'avion-stop jusqu'a Medellin pour nous épargner 590km de bus... Gros échec mais belle balade, on arrive dans une clairière au milieu de laquelle une piste de sable n'a pas vu atterrir d'avion depuis un moment...

Qu'à cela ne tienne, c'est pas mon dos bloqué ni les longues jambes de Théo qui vont se plaindre de passer 12h dans le bus, hein ?!

Direction Medellin à la recherche d'un ostéopathe et d'un bar à Salsa.

Bisous.

(Ne sachant pas comment conclure cet article car le soleil ramolli mon cerveau, ce "bisous" est une proposition de Théo)

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Publié le 3 août 2018

Voguons de jus en jus pour une promenade vitaminée.

Douze heures de bus, c'est long. Douze heures de bus sur-climatisé c'est très long. Douze heures de bus sur-climatisé avec un dos bloqué c'est extrêmement long. Heureusement, on avait des Trululu, des sucreries à la gélatine de porc méga sucrées au goût de laboratoire pharmaceutique aux couleurs introuvables dans la nature. Une machine à caries, ce sachet de bonbons. Les dents grinçantes, la gueule pâteuse et les yeux collants, on arrive très tôt du matin à Medellin qui est encore endormie.

Traversée de la ville en métro puis à pieds, ca sent la weed partout et un type fume du crack à l'arrêt de bus. Mamie installée sur sa chaise plastique depuis 17 ans sur la place publique se fume le plus gros cirage jamais rencontré. Puis le soleil se lève et les âmes perdues remontent derrière leur mur de briques.

On s'arrête à l'auberge de jeunesse "Toc Toc hostel" rien que pour son nom et on ne le regrettera pas... !

On revoit Adrian et Laura et on rit de se retrouver pour la 5ème fois après autant d'adieux qui définitivement *Clap Clap* ne fonctionnent pas.

Après un tour chez l'osthéopathe pour réaligner les vertèbres et les planètes, on découvre la ville qui nous aura accueillie avec un coeur chargé du sang qui a enfin arrêter de couler. Medellin, ça sonne comment dans ta tête ? Cartel de drogue, Pablo Escobar, favelas, cocaïne... "Mais ca, c'était avant!" Ils en ont chié.

Aujourd'hui la Colombie sourit, et malgré tout ce qui reste à améliorer, c'est un pays d'amour. Dans le métro les gens qui accrochent notre regard perdu s'approchent pour nous aiguiller. Dans la rue on nous serre la main et nous demande d'où on vient. Dans le bus on nous rappelle où descendre. Au bord de la route ca freine sec et on nous propose de traverser. Et puis, perdus dans les favelas, on nous prend la main pour nous montrer le chemin.

Le message est passé ? LA COLOMBIE C'EST PAS DANGEREUX !

Enfin pas dangereux ... Théo a rencontré sur son chemin une violente table en bois bien massive qui s'est jeté sur son orteil allant jusqu'a lui briser ce si petit morceau de corps qui finallement est très utile, on s'en rend compte après. Allons dans les détails. Comme Théo est vaillant on marche tout de même, mais il compense en s'appuyant sur l'intérieur du pied. Et du coup il a le pouce un peu plus musclé. Il a prit du pouce quoi. Il a poussé. Ok j'arrête les blagues nulles et puis je le sens bien derrière ton écran que t'es sur le point de fermer cette page parceque franchement l'orteil de Théo tu t'en badigeonne le coquillage avec le pinceau de l'indifférence.

Tu veux qu'on parle bouffe plutôt ? Aller, on le fait jamais en plus.

Tous les midis, ça vaut pour la Colombie mais aussi d'autres pays d'Amérique latine, dans les rues il y a des restau qui proposent l'Almuerzo. Dans ce menus, une soupe (de lentilles en générale) puis un plat de résistance dit "segundo" qui pour une vegan se résumera inlassablement à du riz, des flageolets, une banane frie, une ou deux pomme de terre, un peu de salade verte et 2 tranches de tomates. Avec une Arepa parfois, une galette de maïs bien compacte. Si on est ce que l'on mange, alors depuis 4 mois, je suis un féculent. (J'me sentirais sexy portant un t-shirt avec écrit "JE SUIS UN FECULENT" suivi de l'image d'une nouille. C'est bientôt mon anniversaire, pour mes potes en mal d'idées...)

Pour prendre de la hauteur et voir la ville dans son entièreté, on a pris le métro câble. La vue intrusive sur les toits terrasses des maisons est originale.

La salsa. Ça fait un moment qu'on cherche à apprendre à danser la salsa. Sapés comme jamais, on part dans un bar qui propose des leçons.

Arrivés avec 1h30 de retard (on a hésité super longtemps, à l'intérieur ou à l'extérieur la chemise ?) on choppe quelques pas de danse pendant les dernières minutes et on retourne à notre Toc Toc auberge pour se faire notre propre leçon à base de tuto YouTube et de playlist spotify. Le personnel nous trouvant tellement ridicules au milieu du salon après avoir poussé la table, à nous mélanger les pieds et s'emmêler les bras qu'ils se joignent à nous pour une leçon privée. On a un peu progressé et surtout, on s'est bien marré.

Et alors on la connait la fin de voyage au budget serré hein ?! Bah du coup, pour enfoncer la goutte qui fait déborder la plaie, on est partis en repérage shopping afin de remplir les derniers espaces du sac.

Des heures entières à fouiner pour ressortir avec un t-shirt à motif squelette de dino pour moi et un t-shirt à motif fourmis pour Théo. "Mais Mathiiilde on s'en carre de uk' ! C'est un blog de voyage ! Pas une chronique Christina Cordula vs Philippe Etschebest"

Sans rire (parce qu'on est pas venus là pour éplucher des macarons) Medellin nous en a appris beaucoup sur l'histoire de la Colombie et ce que l'on souhaite retenir par dessus tout, c'est que nous sommes aujourd'hui à mille lieux de l'image que s'en font généralement les Européens. Pensez salsa, pensez sourire, sentez jus de fruits, sentez fleurs, voyez soleil, voyez couleurs. La Colombie c'est beau, c'est bon, c'est bien.

Et on continue sur 8h de bus en route de montagne (t'as déjà été faire pipi dans les petites toilettes d'un bus qui roule vite dans la montagne ? Si non, fais-le c'est rigolo. On s'en met partout sur les chaussettes et on attrape des bleus. Mais quelle fierté d'en ressortir grand sourire et de voir les autres qui, la vessie pleine, n'ont pas le courage de faire une séance de gainage dans une boite de conserve lancée dans une machine à laver). Vivement l'arrivée à Salento !

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Publié le 9 août 2018

Cet article devait s'appeler "Au revoir" mais c'est trop triste, non ?

Je sais pas par où commencer pour finir. Déjà une heure que je suis dans ce hamac à Cali, destination finale de ce voyage, à me demander ce que j'ai envie de vous partager. Cette dernière semaine incroyablement magique. Est-ce que je dis tout ? Est-ce que je peux parler avec mon coeur à une centaine d'inconnus, cachée derrière cet écran qui me brûle les yeux ?

Avec Théo, on est arrivés à Salento après une longue nuit de bus depuis Medellin. Dans une auberge tenue par un français et une colombienne, ambiance cabanes, piafs de oufs et insectes sous la couette.

Pour une balade énergétique, on part vers les fincas de café et on se déguste un des joyaux de la Colombie.

Surpris par la pluie, on revient en stop et on profite de la musique salsa avec 5 inconnus dans un bar de la petite place du village.

Départ le lendemain accrochés à l'arrière d'une jeep pour la vallée de Cocora et ses emblématiques palmiers perchés. Randonnée gadoue glissante en tongues pour Théo et son orteil cassé, je veux bien vendre la vidéo sur laquelle on le voit se viander dans la vallée... A vos enchères !

Paysages vertigineux et brume mystique, on s'y croirait presque.

On ne s'éternise pas car les jours sont comptés, bientôt la fin et mon rêve va devenir réalité : regarder les étoiles dans le désert de Tatacoa.

Incroyable. Une étendue désertique qui défile vite devant mes yeux quand j'accélère sur la moto vieillotte, la poussière agace mes yeux et le soleil brûle ma peau... Théo usera de sa force de pied éclopé pour redémarrer cette moto après un pause jus d'ananas (QU'ON A OUBLIÉ DE PAYER !! La honte). Le karma en retour boomerang dans nos gueules de couillons, la moto nous aura lâché avant l'arrivée.

Le kick pété, c'est sous un soleil de plomb que nous retraversons une partie du désert, le kick dans ma main, la moto dans celles de Théo. Ca n'a fait qu'ajouter de la marrade à la situation.

On est restés 2 nuits et 3 jours sous ce ciel qui le soir nous offre plus d'étoiles filantes que nos boites à voeux ne possèdent de souhaits. Impossible de prendre de photo avec nos appareils... Alors fermez les yeux et faites briller des points dans le noir. Allongés dans la terre, seuls avec nos cerveaux, on regarde les étoiles en se posant des questions existencielles comme : tu veux être utile à quoi dans la société ?

Capture d'écran de la superbe application "Skymap" 

Depuis les télescopes de l'observatorium, on voit saturne et ses anneaux, la grosse masse rouge de Mars et les cratères de Vénus. Gravitent autour : Pluton, des étoiles filantes et des comètes qui viennent exploser comme une allumette quand elles traversent l'atmosphère. Indescriptible.

Dans ce désert on a vu des perroquets, un énorme Iguane, des grands rapaces qui au sol étendaient leurs immenses ailes pour prendre le soleil, les grosses fourmis, des biquettes, des colibris... Et des chevaux qui attendent dans leur minuscule box que des touristes viennent jouer au cowboy. (Ca y est ca lui reprend comme en Asie "monter les éléphants c'est méchant" !) Bah ouai mais dans le doute on est allés voir ou ils stockaient ces bêtes. Des enclos de 10m par 10m avec 10 chevaux dedans, nourris exclusivement à la canne à sucre séchée, les côtes saillantes, de moches plaies le tout gouverné par un type qui se prend pour lucky luck à tirer hyper fort sur leur queue pour les faire reculer et qui se marre à les cravacher. Le toit trop bas, un cheval qui tentait de le fuir s'est violemment frappé la tête contre une poutre... Bon j'ai le droit de le dire, que le rodéo c'est pas rigolo ?

Fin du rêve, retour au village pour une visite du micro musée de la paléontologie avant d'aller à Neiva, ville de l'angoisse en ce jour de prise du pouvoir du nouveau président. Un policier nous dit de faire demi-tour "par la vous allez avoir des problèmes, bande de petits blancos inconscients errants". Les rues sont vides, les gigantesques boutiques sont fermées et on ne trouve rien à se mettre sous la dent. On béni le paquet de riz qui traine au fond de nos sacs depuis 10 jours.

Et le lendemain, les dents serrées pour pas pleurer ... AU REVOOOOIR THÉO !!

Après 16h du bus de l'enfer sur une route de montagne glissante avec odeur de vomi et chauffeur qui s'endort, je suis arrivée à Cali. Retour en France dans 2 jours, c'est le moment d'un débriefing.

Vient à terme cette année "OFF" qui aurait plutôt été une année "ON". Un sentiment d'accomplissement personnel, beaucoup de rêves réalisés et encore plus à assouvir. Une certaine fierté aussi, un gain de confiance et une envie de partager.

J'ai envie de vous soufflez à l'oreille : partez, on est jamais aussi bien entourés que seul avec un sac.

"La vie est courte, le monde est grand. L'argent se récupère mais pas le temps!"

Facile à dire quand on a pas d'argent ? Pas d'accord. Je suis partie avec un budget limité. Au total 5000 euros pour 8 mois. C'est une somme, certe. Mais ca comprend les billets d'avion, toutes les nuits d'hôtel, la bouffe, les souvenirs, les transports, les activités et ... Les bières !

Et on peut faire avec un budget encore plus mince. Pour cela : Dormir gratuitement chez l'habitant grâce à Coughsurfing. Faire du volontariat nourri/logés pour apprendre, rencontrer et partager, grâce à HelpX ou Workaway (ou le bouche à oreilles). Privilégier les transports locaux comme les camionnettes ou le stop plutôt que les bus touristiques. Énorme moyen de rencontrer du monde aussi et de comprendre plus profondemment qui sont les gens. Négocier les prix mais pas trop ! Faire la différence entre ne pas se faire avoir et abuser du besoin de vivre pour des gens qui en plus vivent dans des pays compliqués...on est pas la pour grignoter 20 centimes sur un panier de fruits. Fuir les restau, faire ses courses sur le marché et cuisiner.

Avoir du courage, ne pas avoir peur, ne pas trop écouter les guides type routard... (je n'y reviendrais pas j'ai déjà tapé une crise dans cet article, une deuxième me ferait passer pour une névrosée héhé) et surtout, ce qui fonctionne le mieux... Écouter son instinct. Faire confiance en la bête qui sommeille en nous ! Heeeu Mathilde tu vas te calmer la non ?

Et puis je tiens à ajouter que ... Voyager c'est la mode. On nous gave de photos stylééées sur Instagram, facebook, snapchat... Ca fait rêver, on se sent nul de pas essayer. Mais on peut aussi avoir envie de NE PAS voyager. C'est pas une finalité. Chacun ses envies, ses idées et ses talents. Moi je sais pas courir de marathons, je sais pas réparer une voiture, je joue pas de musique, je ne connais rien à l'art, au cinéma, je suis politiquement désintéressée, j'ai pas vraiment d'ambition professionnelle. Et puis j'ai pas de voiture, pas de maison, pas de gosse, pas de charge. Alors niaisement, j'ai envie de vous dire : on s'en fou de comment les autres sont heureux! Écoutons notre coeur, cet organe qui nous fait vivre.

Allons faire du vélo dans la campagne, prendre le soleil dans un parc, faire du cerf-volant, tricoter un gilet, s'asseoir sur un banc (5 mn avec toi) pour critiquer les gens qui passent, faire des bisous à des chatons, mettre du basilic en pot, repeindre cette vieille table basse, sourire à la boulangère... Être heureux c'est gratuit.

(MAIS ELLE NOUS SAOULE AVEC SES NIAISERIES PUTAIN)

Ok, fin de l'histoire, fin du blog. Ciao !

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