Carnet de voyage

1...2...3...Inde Trois !

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Le déni de la Seine-Saint-Denis, c'est parti, un ... deux ... Inde Trois !
Novembre 2022
52 semaines
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Publié le 15 mai 2022

A 19 ans, Gautier entre à l'école du Louvre, frais comme le rosé du matin, sur les bancs d'une fac à rêves. Il étudie l'histoire de l'art, l'histoire de l'Inde, l'histoire de la vie, et l'archéologie. Il commence à mettre ses pièces rouges de côté et se dit "Avant mes 35 ans, je pars en Inde !". Ca y est, Gautier aura 35 ans cette année, est archéologue, et même chef archéologue ! (Il se la pète à fond.) Alors accompagné d'une formidable personne (moi) qui refuse la non-élaboration des rêves, il s'casse enfin.

Indiana Jones du 9-3 
Manif et BBQ pelle, c'est plutôt ça la réalité. 

En colocation à Bagnolet avec Thibaud (cousin, pote, archéologue, coloc et collègue) depuis de nombreuses années, on a eu le temps d'élaborer ce voyage...

C'est d'ailleurs depuis notre p'tite maison dans la téci que je commence ce récit, 6 mois avant le départ, en mai 2022, avec une impatience difficilement contrôlable.

En attendant, pendant ces quatre ans à la con qui me font râler parce que j'ai rien d'autre sous le coude et que râler ca me purge, on a travaillé. Lui a fouillé la terre, moi j'ai battu le pavé, entre éducatrice de rue, animatrice et barmaid. Là je me demande pourquoi je prends un avion qui coûte 7 ans de vie de carbone pour aller voir des bidonvilles, des squatts, des enfants sales et seuls, alors que tout ça, j'ai vécu avec, travaillé avec, dormi avec, bouffé avec. Ils ont de drôles d'idées ces hippies du 9-3.

On a fait deux fois le tour de France en stop, on a chié dans les bois, construit des attrapes-rêves avec le laurier du jardin, fait notre Komboutcha maison, aménagé un camtar crit'Air 4, foutu des drapeaux népalais dans la chambre, fait pousser un potager, bu avec des potes jeunes, (TU L'AS LE JEUX DE MOTS ???) ... franchement il nous restait juste à partir en Inde avec des dreads locks pour atteindre le Climax des troubadours babosses.

Toujours avoir une pelle sous le coude 

Avril 2022, trois recommandés dans la boîte aux lettres. Un chacun. Thibaud, Gautier, Mathilde, vous êtes priés de quitter les lieux. Putain, mais ouuuiii OOOUUUIIII on va partir !! Trop de kiff. Les planètes s'alignent, trop heureuse, on n'a plus le choix, plus d'excuses, j'ai envie de courir et gueuler dans la rue AUUREVOOOIIIIR.

Un stage de 2 mois dans le 9-3 après un master en biologie, un pétage de plomb suivi d'un saut au Népal, au Laos, au Cambodge, en Thaïlande, en Bolivie, au Pérou et en Colombie... Et à nouveau catapultée ici. Picardie, Nantes, Bagnolet 2 mois, balade sur la planête 1 an... A mon retour tout était possible mais je reviens me noyer en île de France aux côtés de Gautier. Et je l'ai choisie. L'obscène Seine-Saint-Denis. L'angoisse totale. Putain de Seine-Saint-Denis. Scène. Seins. Déni. Again. 4 piges de stress, trop de gens, trop de lumières, trop de pubs, trop de scooters, trop de flics, trop de violences, trop de harcèlement, trop de bruits, trop de teufs, trop de potes, trop de voisins cools, trop de collègues sympas... aller merde tant pis, on vous quitte tous, sans regret. Mais pas sans souvenirs.

On est donc en mai 2022, et quand Gautier valide ces lignes, il me rétorque "Heu ... tu sais l'Inde, c'est aussi trop de gens, trop de bruits, trop de violences..." Ouai, mais "I.N.D.E" quand tu mélanges les lettres, ca fait "Déni" donc c'est bon. On y va les yeux fermés.

On part pas en stop hein. J'tape dans les archives là.

On a envisagé plusieurs façons de voyager. Le camion, trop vieux et trop en panne. A pieds, la flemme. On a pensé au transsibérien mais parait que c'est le bordel vers la Russie. On va y aller en avion. Il ne s'agira pas de planter des arbres débiles pour compenser. Je ne sais pas comment faire mieux que ne rien faire. Difficile à assumer. Il est encore temps de changer d'avis.

Et on espère, après l'Inde, continuer vers le Vietnam, le Laos, le Cambodge et puis tout c'qui peut trainer comme pays autour et finir par rentrer avec le train-train, vers un nouveau quotidien. On s'offre un an de voyage, un an de cornes aux pieds, de coups de soleil, de diarrhées, d'engueulades, de poussières, de maux de dos... Can't wait.

Ca fait déjà deux ans qu'au-dessus de notre lit, trône la carte de ce pays triangulaire, dûment stabilotée par Gautier. Et puis quelques Noël et anniversaires à s'offrir des gourdes (c'est toi la gourde), des cartes, des duvets, des lampes frontales, des coussins pour dormir dans le train... l'Inde nous envahit depuis un moment. En plus ils en parlent à la télé. 50 degrés. Oh bordel. Faut penser à prendre la crème. Les lunettes de soleil. La casquette. Le smecta.


Départ en novembre 2022, on va rater Diwali, la fête des couleurs. Et quand on en parle, que répond Gautier ? "Dit Wallah !" Diwali. Môsieur se fiche de râter ce festival. Parce que "y en a plein des festivaux* ! Et puis j'ai pas envie de me prendre une faciale de paillettes d'ocre en plastok !" Voila voila. On va s'arrêter là.

*Oui, il a dit ça.

A l'image de ceux racontant mon "tour du monde", ce blog est là pour vous donner des nouvelles, vous rendre jaloux, vous raconter nos péripéties.

D'ailleurs, par ici c'était l'Asie !

Et là, c'était l'Amérique latine !

Suite à un accident de serveur brûlé sur le site MyAtlas, les photos des précédents blogs ont disparues ... nul.

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Publié le 29 mai 2022

Un mardi en pleine nuit du mois de mai, Gautier et moi sommes chauds comme une baraque à frites ... On se lance un regard complice, les mains moites, on se glisse sous la couette et on ouvre l'ordinateur entre nous... On se met en navigation privée, cagoulés, avec des gants à pianoter anonymement ... La chaleur monte ! On sillonne la toile des internets sans se faire reconnaître... On va enfin ... ENFIIIN... Acheter nos billets d'avion ! Frénétiquement à la recherche d'une place pour l'Inde sans se faire latter la tronche par les cookies qu'on a beau refuser, ils se coincent entre nos bourrelets. Je suis au TAQUET pour dégainer la carte bleue et liquider nos économies durement acquises.

Putaaain trop tôt ! Trop en avance ! Sont pas encore sortis les billets pour fin octobre !

On remballe, je boude, en balançant la CB à travers la chambre, me roule par terre, tape du poing en chialant, hurlant comme le monde est injuste envers les babosses qui veulent claquer de la thune.

Alors pendant ce temps-là, pour évacuer un peu toute cette tension d'impatience qui m'habite, je fabrique mes carnets à dessins en avance. "Un peu" en avance. Sacrebleu comme l'attente va être longue.


Une semaine plus tard, dernier service au bar, je rentre ce mercredi soir à 1h du matin, plein les pattes, cloques au pied et pincement au coeur. Me dire que je ne retourne pas courir dans les escaliers pour servir des pizzas et me prendre une douche de bière par le fût à changer, ça me repose rien qu'à l'idée mais m'empêche de m'endormir. Alors on regarde le Replay de Top chef. Entre le "mille feuilles à base de feuilles" et la "fleur qui donne un p'tit côté florale" c'est la pub.

*Heeeu...Attends la meuf elle nous propose un blog de voyage et parle des publicités de Top Chef ?*

Il est 2h du matin. Le début de 4 jours de congés avant un pont bien mérité, c'est un peu les vacances. Et en vacances, Gautier, il mange des glaces. Petit détour vers le congélo, il revient couinant de plaisir avec sa glace, et là je le calme direct le gars : "Mec, faut qu'on se mette d'accord sur la date de départ en Inde!" Octobre ? Novembre ? Je veux le plus tôt, il veut le plus tard.

Coup de maître de la négociation de ma part : "ok novembre, mais on achète le billet maintenant."

"Heeeu... Comment ça maintenant ? Là en mangeant une glace un mercredi à 2h du mat' en regardant Top Chef ?"

Ouai, maintenant. C'est parti.

Sortez les passeports ! Gautier en a un tout beau tout neuf. Le miens a déjà quelques bornes et Gautier jalouse tous mes visas souvenirs.

Trois clic et je cours vers ma carte bleue. Les zigomatiques aux oreilles je fouille mon sac en le vidant comme une souillonne, bavant d'impatience. Carte bleue. Carte bleue ? Caaaarte bleeeeue ?!

Hop, ascenseur émotionnel je deviens dingue. J'arriverais pas a survivre à cette frustration.

Éclair d'illumination : DANS MON MANTEAU. Vous voyez exactement ce genre de moment, n'est-ce pas ?

Zip, scratch, hop, zoup, clac clac, c'est réservé on part le 11 novembre. C'est un jour férié donc... T'es dispo pour nous amener à l'aéroport ? Faut qu'on y soit a 5h du mat'. Alleeeeer dis oui 😊

Excités comme des acariens au salon de la moquette.

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Publié le 1er juin 2022


Ok, on a les billets, les passeports, on a la motivation, permis internationale, vaccins et bientôt le visa... je m'ennuie. Je m'ennuie. Je m'ennuie. Je m'ennuiiiiie.

Alors je couds. J'ai ressortie une machine à coudre qui s'est fait encore plus insultée qu'un migrant dans le 16ème arrondissement. Avec ses bobines et ses fils qui pètent, mes durites avec. Faut être patiente, avoir la pédale légère et une minutie dont seul de Dalai Lama sait faire preuve. Tout moi quoi.

Avant de sortir la bête, je me chauffe pour réparer les drapeaux cousus à mon sac qui font office de CV du voyage.

Attention, Tuto Couture à la main !

Etape 1) Mettre le fil dans l'aiguille

 Faut tirer la langue sinon ça marche pô

Etape 2) Mettre l'aiguille dans le tissus

 La France mérite bien d'être rafistolée

Et voila, c'est finit !!!

Maintenant, on passe en mode industriel avec la machine à faire les trucs plus vite que nous.

Je suis très fière de vous présenter, au premier plan, le mètre-couture de ma grand-mère maternelle, que je traine depuis des années. (le mètre, pas la grand-mère ...)

Au programme :

- Coudre une taie pour un oreiller U gonflable,

- Fabriquer des pochettes, plein de pochettes, pour compartimenter et ranger (j'aime les pochettes)

- Fabriquer un étui pour mes lunettes de soleil

- Me fabriquer une "besace-de-main", c'est comme un sac-à-main, mais pour être sécure et salit

La taie du coussin U 

Et hop ! A partir d'un tissus fleurit récupéré d'une pauvre marionnette envoyée à la décharge (Big Up à mes anciens collègues de l'association Hors La Rue), mon coussin U gonflable aux coutures qui piquent devient tout doux et surtout ... un étui lavable pour éponger la transpiration accumulée dans les heures de train et de bus que, je n'en peux plus d'attendre, nous prendrons pour traverser l'Inde. Comme j'suis une meuf extrêmement gentille (calme) et généreuse, j'en ai fait un pour Gautier, le bleu. "Les fleurs pour la fille et le bleu pour le garçon" - (à lire avec l'accent beauf)

ASTUCE ! (tous les vrais tutos ont des astuces nan ?)

Un petit bout de lanière qui dépasse, ça permet de nouer l'oreiller U pour qu'il devienne un O, pour faire un gros dodo bien entouré du cou. Du coup.

 Wax de Montreuil, chute de rideaux, paréo de Tahiti et bout de marionnette

Et voila un gros tas d'pochettes. Une pour les slips, une pour les t-shirts, une pour la brosse à dent, le savon et puis aussi bien-sûr le parfum, les paillettes et les escarpins.

Et oui ! (Vous pouvez m'imaginer dire "Et oui!" le doigt en l'air, regard savant et malin) Le sachiez-vous ?Compartimenter ses biens et ses vivres avec différentes pochettes au sein d'un sac-à-dos fait et défait 3x par jour, c'est s'assurer un rangement efficace, et des crises de "ELLE EST OU MA LAMPE FRONTAAAALE" qui durent moins longtemps. Et puis je m'ennuie. Donc ça m'occupe.

Niveau d'ennuie assez dramatique 

Ca c'est ma pref', en tissus acheté sur un marché en Bolivie. Je rangerais mes gaudasses dedans. Ce qui est génial aussi, c'est qu'elle se convertit en bonnet pour un style "chic-casual" un peu régressif très tendance pour l'été.

Et voilà la besace-de-main, qui attend encore sa hanse 

Pour ce petit sac dans lequel je compte ranger les choses utiles plusieurs fois par jour (concept du sac-à-main quoi...) j'ai utilisé un tissus que j'aime beaucoup beaucoup. Le même que pour le coussin U de Gautier. Ramené il y a 25 ans de Tahiti par mes parents, je l'utilise avec parcimonie depuis des années mais là, pour ce kiff, j'en ai taillé une bonne tranche. Pour l'intérieur, c'est du tissus utilisé dans l'automobile, récupéré par mon père à son boulot. Un genre de skaï de récup' que j'utilise souvent quand j'ai besoin de faire des choses qui vont être très sollicitées, abimées. Ce tissus (qui coûte une couille au mètre carré) est génial à coudre car ne s'effiloche pas et ne s'étire pas. La fermeture éclaire vient d'une veille fringue balancée. A l'intérieur, un petit compartiment secret.

Bon, après, faut ranger le salon avant l'arrivée des colocs. Heureusement pour eux, et pour vous qui en avez marre de lire des articles de voyage de gens même pas partis en voyage, je me barre quelques semaines. Je vais faire une formation dans une âneraie, puis un stage de woofing. Une âneraie, c'est là où on élève des ânes. Alors, à bientôt !

Je tiens à préciser qu'à un moment donné, j'ai lu la notice d'utilisation de la machine à coudre. Et vous vous rendez pas compte mais pour moi, lire une notice d'utilisation, c'est comme une recette ou un itinéraire, je trouve que ça sert à rien. Mais voilà, je l'ai fait, et je voudrais qu'on me félicite (Gautier l'a fait).

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Publié le 5 août 2022

Mes pieds sont jaloux de mes mains qui pianotent encore pour élucubrer un tas de conneries organisationnelles. Mes pieds qui voudraient suer des cloques dans les chaussures de rando plutôt que d'errer encore sur ce sol à compter les mois, les semaines, les jours et les heures. Le temps me fait l'effet d'un élastique. Il s'étire longuement, avec une lenteur insupportable puis me claque à la face lorsqu'on m'envoie "tu verras là-bas, c'est chaud, il fait chaud, les hommes sont chauds, la bouffe c'est chaud". "Heureusement que t'y vas pas seule". "Là-bas c'est la misère, tu vas te faire violer, vous allez être malades". Ouai bah je vois pas la différence avec une sortie de boîte de nuit beauf dans la capitale de l'amour mes fesses hein.

Merci à tous de prendre le soin de nous balancer vos angoisses, ça fonctionne. Mais ce qu'il va se passer c'est que, en tant que personnes confiantes, nous allons quand-même être bien à jour avant le départ. Prêts.

Photo d'identité - beau gosse et concentré 
C'est toujours super les photos d'identité hein ? 

Souris pas, regarde droit, lève ta frange et surtout refait la même tronche à l'aéroport.

Enfin bon... vaut mieux avoir l'air con qu'avoir l'herpès.

D'abord, il y a l'étape des visas. Un rendez-vous foiré comme on en fait peu. Un vendredi trop tôt pour deux saltimbanques couchés à 6h du matin, à l'autre bout de l'île-de-France, au 6ème étage d'un immeuble en travaux. Nous voilà coincés dans l'ascenseur, avec un type aussi calme que je suis nonne, pensant bon d'appuyer sur tous les boutons. Après une course poursuite dans l'immeuble aux portes à sens unique, on arrive suants au point d'arrivée où l'on comprend qu'il nous manque un document. Paf, on redescend, cybercafé, document complété, imprimé, on retraverse la rue, jusqu'au consulat alors fermé. Demi-tour la gueule enfarinée.

Ca m'a saoulé 

Et je salue la persévérance, la tenacité et la positivititudation de Gautier, qui jusqu'au dernier moment n'a pas lâché alors que seule, je me serais déjà barrée, gueulant les bras en l'air comme un poulet sans tête. Le coup de grâce fût "Mais arrête de râler, c'est déjà le début du voyage ! Les galère, la sueur, tout ça, c'est un peu comme si on était déjà en Inde!" Ah ouai ? Laisse tomber j'me casse en Suède. Dans ces moments-là, je me dis qu'un bon stage de méditation ayur-chépakoi ça me ferait pas de mal.

Donc les visas, on y reviendra.

En attendant, on se rhabille d'un masque et on apprend par cœur le tableau des vaccins sur les bancs de la salle d'attente de l'institut Pasteur. Rien n'est obligatoire, tout est recommandé. Rien n'est clair, tout est cher. Chacun choisit les siens.

Ensuite il y a la souscription à une assurance voyage. Et là, c'est le bordel. Il y a beaucoup de choix et c'est tant mieux !! On a quand-même la chance de pouvoir se couvrir en cas de trucs chiants, nuls, dangereux et chers. Alors on va le faire. (oui papa, promiiiiiis)

Et vu comment tous les gens qui ont "déjà vu un reportage sur l'Inde" nous donnent tous leurs meilleurs conseils du monde, on est parés et armés face aux emmerdes. Et il y a quand-même des choses incroyables dans ces assurances voyage, je vous laisse constater :

Bon, trêve de plaisanteries.

On s'arrête là-dessus pour une pause vacances.

Les babosses en vacances 

Et pendant cette pause vacances, Gautier, toujours au taquet quant aux préparatifs pour l'Inde, déplie la grande carte au sol et s'instruit dûment sur un LonelyPlanet offert il y a au moins 2 ans.

On nous l'a plusieurs fois demandé : non, on n'ira pas en Inde en camion. Ce gros tas de bordel à 4 roues qui tombe en panne à chaque saison, merci les frais.

"Avec le camion, c'est en Inde-et-Loire qu'on peut aller!! HINHINHIN" Blague de Gautier. Il a beaucoup rit. (et toi aussi je t'entends là)

 Toujours une qualité photo remarquable

On commence à dessiner un itinéraire, ou plutôt, Gautier commence à dessiner un itinéraire. Parce que moi je m'en fous pas mal de où on se balade, ce qu'on regarde et les choses à ne pas louper. Marcher et parler avec des gens ça me suffit. Mais pourquoi aller si loin ?! me direz-vous ... pour accompagner mon namoureux dans son rêeeeve ! C'que c'est beau l'amour. (j'te préviens, prochain coup mon gars, on va au Mexique)

Je me charge de l'intendance, des réservations, des trucs chiants mais qui moi, m'excitent vachement. (oui oui) Si j'ai bien compris, on atterrit à Chennai, au sud, un peu au-dessus de Pondichéry, puis on descend encore un peu avant le remonter par l'Ouest jusqu'au Nord et là je sais plus bien mais on va zigzaguer et bien se marrer.


Voici une superbe image claire et précise, faite avec beaucoup de soin et de dextérité grâce à mes talents de montage, permettant de visualiser l'idée d'un parcours qui, de toutes façons, changera chaque jour. Alors d'accord je suis naze en montage, et en photo, mais j'ai repris cette article ce jour pour me féliciter d'avoir ... fait les visas ! YOUHOU !

Et puis alors finit les galères de consulat... Bam Bam sur internet c'est plus simple, moins cher, efficace. Gros bigUp au réseau 8G de Bagnolet !

Gautier voulait un visa papier sur son passeport tout neuf mais il se contentera du cachet à l'aéroport et hop on n'en parle plus.

Maintenant ... Les vêtements. On appelle Thierry et Marie, de très bons amis de mes parents qui ont vécu quelques années en Inde. "C'est vrai que j'aurais pas le droit de m'habiller comme une pétasse là-bas ? Les nichons à l'air ça passe pas ? Comment ça faut tout couvrir ? Mais ils sont fous il fait trop chaud !!!"

Et bien justement chères mesdames frivoles et beaucoup trop libres. Le soleil, ça tape, donc si on pouvait utiliser l'argument de protection dermique pour justifier de cacher cette épaule que je ne saurais voir, bien bel équilibre que de porter du coton sur TOUT LE CORPS. Fait chier tiens.

Thierry finit par me dire : "Là-bas, leurs films porno viennent d'Europe ... donc femme blanche = saloooooooooope" Yes, trop cool. ALERTE EPAULE DÉNUDÉE ELLE VEUT SE FAIRE Baiiiiiiip

Ok les vêtements on l'a bien compris, on se couvre, et on se tait. (j'adore)

Mais qu'en est-il des gaudasses ? (crève-coeur de partir sans mes DocMartens - ciao le style, c'est parti pour 1 an de grôles "pratiques"...)

Faut randonner, faut se balader, et surtout, je ne me ferais plus jamais avoir : faut poser ses pieds dans des douches d'auberge parfois aussi écœurantes qu'une bonne tartine de ce que tu trouves quand tu fais l'effort de vider ton siphon plein de savon croupie et de cheveux emmêlés. Yeeeeurk... Because no mycoses, vive la tongue plastique.

Malgré un "m'en fous sans mes lunettes sous la douche je vois pas la crasse", (relan de vomi) j'ai réussis à convaincre Gautier que des claquettes qui vont dans l'eau c'est quand-même pas du luxe.

Au détour d'une visite de chantier archéologique dans la foret de Fontainebleau (jalousez pas mes vacances svp), un p'tit pote de Gautier se la pète avec ses Xeroshoes : des claquettes de rando qui peuvent prendre l'eau : vendu, il a trouvé son bonheur.

Très très fier de ses nouvelles claquettes, Gautier taille le bout de gras avec notre voisin de bar. Et vas-y que ça se compare les sangles et les semelles ! "Han moi y a des scratchs !" "Han moi là y a un p'tit bout d'elastouk hypeeeer confoooort!" (Oui Gautier, je sais, j'exagère, mais t'es tellement mignon les doigts de pied à l'air !)


Technique "Mathou la prévisibilité" ... interrogatoire de Gautier :

Situation 1 : t'es en balade en ville, la rue est mouillée et pleine de déchets, il fait chaud, tu mets quoi ?

Situation 2 : Il fait 5°C on est dans la montagne caillouteuse, on marche depuis 5 jours, tu portes quoi ?

Situation 3 : Tu fais de la moto dans la poussière, tu mets quoi ?

Situation 4 : On est invités à une cérémonie familiale locale, t'as quoi aux pieds ?

Situation 5 : Tu subis un interrogatoire par ta meuf pour challenger ta prise de décision tu lui envoie quel type de semelle à la tronche ?

Et bah n'empêche, avec cette technique (je vous ai bien raccourcis le process) on a élaborer LA LIIIISTE des chaussures nécessaires. Claquettes, baskets, chaussettes.

Bon, j'ai commencé cet article en expliquant ce que j'ai dans la tête et je viens de finir avec l'habillement de nos pieds, la boucle est bouclée pour aujourd'hui. Je ne tease pas la suite parce que... je ne sais pas ce qu'il va se passer. Alors j'arrête là, comme ça. Aurevoir.


*bref silence*

AH SI TIENS !! On va faire un tour de France en Camtar au mois d'octobre, pour dire bonjour et aurevoir aux gens. Si t'as pas ta croix sur la photo suivante, (et que t'es chaud d'accueillir pour un café ou un dîné 2 pré-voyageurs) fais-le nous savoir ! Et pour ceux qui ont déjà leur croix, dites-nous quand vous n'êtes PAS dispo en octobre, qu'on ajuste un parcours. Merci. Aurevoir, vraiment.

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Publié le 2 septembre 2022

La Sodade, me raconte Théo lorsqu'on était assis entre deux rayons Décathlon, c'est un sentiment exprimé par ce mot portugais qui n'existe pas en français. Ca serait un mélange entre la mélancolie, l'excitation et la complaisance. C'est l'idée d'accepter une tristesse bienveillante. Dans ce sentiment il y a quelque chose de rédempteur, de salvateur. Ce soir, alors que je devrais être en train de manger des welsh à la Braderie de Lille avec Camille, je suis dans mon canapé, à côté de mon mec covidé. Et je ressens de la Sodade.

Je ressens de la Sodade lorsque je trie des tonnes de "matos de bricolage et de trucs au cas où", accumulés depuis 28 ans (c'était mon anniversaire la semaine dernière !!).

Avec tout ce bordel, je pourrais ouvrir un atelier. Mais je pars au moins un an et il faut ranger tout ça pour mettre en carton, et dans une trousse. En carton dans une cave... et en trousse dans le sac-à-dos pour l'Inde. Autant vous dire qu'après une semaine de formation en reliure, il s'est passé que je me suis fabriqué un ENORME carnet de voyage pour l'Inde. Alors des trucs, des machins et des bidules stockés qui tout à coup m'apparaissent utiles à la vie, j'en ai trié.

 C'est un mors-ouvert, plats toilés, rubans et onglets apparents avec couture nid d'abeille (me la pète)

Mais pour le remplir, ce carnet de voyage de 1,261 Kg, (ouai putain la tuile) je n'emporte qu'une trousse. Et pas n'importe laquelle ! LA trousse de ma mère, utilisée pendant ses années étudiantes.

Elle a encore la patate pour aller en Inde, cette trousse ! 

Avec la note que Mam's a eu lors de son examen final dont le challenge était de dessiner une boîte d'allumettes en 3D, je peux vous dire qu'en terme de dessin je suis pas la fille de n'importe qui. (Dessin noté 02/20, mais je pense que les profs à l'époque n'étaient pas assez ouverts d'esprit sur la liberté d'expression). Cette trousse donc, c'est pas n'importe nawak sur la forme, et dans le fond, je dois choisir 5 stylos pour 1 an. Excitation de faire l'inventaire de tout ce que j'ai. Tristesse de devoir me séparer de ce truc, ce machin, et ce bidule. Et un petit côté salvateur dans le dégraissage du superflus. La Sodade.

Et puis la Sodade aussi, je la ressens dans ce fameux rayon de Décathlon, lorsque Théo me raconte ce sentiment. On est là, comme trois connards à claquer de la thune pour acheter des trucs en plastique fabriqués par des enfants, et on se dit que quand-même, préparer un voyage, c'est quelque chose. Théo lui, il part en Inde aussi, presque en même temps que nous, mais il y va à pieds. On t'attend pas pour l'apéro mon pote, désolée.

 On voit trop bien les claquettes de Gautier sur cette photo

Bon, et alors que Théo et moi "Sodadions dans les grands rayons de Décathlon " (c'est un alexandrin), Gautier lui, fait sérieusement ses achats utiles pour le voyage.

/// AS-TU VERIFIÉ QUE C'EST BIEN UN ALEXANDRIN ???////

Got profite donc de son covid qui bloque toute la coloc' à Bagnolet-City pour tester son nouveau sac-à-dos qui dépote de ouf. Dans son regard, vous pouvez lire "Désolée pour ton week-end à Lille avec Camille. Merci de remplacer tes welsh par le tri de mes manteaux, mes livres, et la préparation de mon sac pour l'Inde !" Yallaaaah quitte à être enfermés, autant en profiter hein. Week-end qui cartonne !

La Sodade aussi, c'est de quitter la famille et les amis dans... vraiment pas longtemps en fait maintenant. L'excitation de tout plaquer, la tristesse de ne plus partager. Cette putain de Sodade, nous aura permis de vivre l'excitation de ... balancer Mam's à la flotte !

MAIS MATHILDE TAGGLE C'EST UN BLOG DE VOYAGE PAS UN JOURNAL INTIME !

Alors quoi ? On s'arrête là sur une photo d'essayage de k-way ?! Ok.

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Publié le 29 septembre 2022

Mais quel bordel émotionnel ça brasse, de tout larguer. Nos boulots, notre maison, nos cartons, c'est rien ça encore. Mais les copains, les collègues, les voisins et la famille, ça nous a remplit quelques mouchoirs de crottes de nez hein.

A la coloc ça a swingué entre un camion qui nous lâche 48h avant de déménager, la voiture qui tombe en panne en même temps, les caisses gerbables qui ne sont jamais arrivées, du boulot à rendre à la dernière minute et une grosse mélancolie qui freine la fermeture des cartons, ces dernières semaines n'ont pas été de tout repos.

Aller bisous le camion et merci pour tes non-loyaux services 

Moi je trouvais qu'on avançait pas assez vite, les gars trouvaient que je foutais trop la pression, et dans ces cas là ça vrille, ça pète, ça saoule, ça gueule et ça pleure. Et en parallèle de ces stress, on remplit nos sacs respectifs pour ce voyage fou.

On s'en est sortis. Et putain, la coloc c'est finit... Bah rien que d'écrire ça, depuis le canapé en ce dernier dimanche de vie commune dans notre p'tite maison dans la téci, après notre dernière séance de yoga commune, devant un reportage sur les microbiotes intestinaux, mes yeux deviennent flous de transpiration...

Complètement flous 

Dans ces derniers instants, on a quand-même vécu une soirée incroyablement banale : regarder un reportage sur les cochons, aller chercher en bagnole des pizzas en arrivant à fond les fenêtres ouvertes avec du Daft Punk, sortir de la caisse comme des stars en bottes en caoutchouc, remonter et faire des détours dans Montreuil, se perdre dans un entrepôt dans la téci de Bagnolet pour trouver une épicerie planquée de nuit où acheter des Bountys glacés... Et rentrer en manquant de se faire rentrer dedans, pour finir sur le canapé à cuver de la grosse teuf de la veille.

Et quand je dis "grosse teuf" , je parle de 70-80 humains et autant de corps de viande saoule qui font flancher le parquet du salon pendant 12h de teuf... Douze heures de teuf. Et autant de ménage ensuite . On a dansé comme jamais, picolé comme pas permis, bouffé à outrance et rigolé comme si c'était la dernière fois. Des aurevoirs bizarres, tristes, excitants, nous partons la tronche pleine de souvenirs incroyaux. Grâce à vous. Merde voilà je re-chiale.

7 ans de souvenirs ici pour Gautier et Thibaud, 4 ans pour moi.

Dernière répartition des trucs, des machins et des bidules.

Dernier essayage de sac à dos.

Derniers dodos en matelas gonflable.

Et dernière photo de coloc 

La porte s' est fermée et alors c'est bon, ça y est, plus aucun meuble ni bien matériel ne nous retient.

Libres comme des volatils 

Concernant notre tour de France, on va dire qu'avec un camion dont la tringlerie de boîte de vitesse tient avec un serflex plastique, le projet va être revu.

Impressionnant hein ?

Déjà, on va tranquillement atterrir de la coloc chez les parents de Gautier et de là, organiser octobre pour faire des sauts de puces à travers l'hexagone en stop, en train, en covoit ou p'tetre bien à croche-pattes.

Pendant ce dernier mois, je vous concocte un DERNIER article pré-voyage, un article bien attendu par certains : LE SAC-A-DOS !

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Publié le 22 octobre 2022

"Mais putain vous mettez QUOI dans un sac-à-dos pour UN AN ?!?!"

Tranquille les frérots, tranquille. On est des hippies je vous rappelle. Notre vie sur le dos, marchant gluants et suants lentement vers notre nouvelle maison : le monde. La terre à nos pieds, l'avenir devant et l'expérience qui, comme une lanterne, éclaire dans notre dos le chemin parcouru. Yeah Man. (oulah doucement la fumette !!)

J'avoue, faire le sac-à-dos, c'est crucial. C'est un peu comme le cartable la veille de la rentrée. Y en a que ça angoisse, d'autres que ça excite, on est au moins d'accord sur une chose : ça s'anticipe.

Prenez chaque pièce de votre lieux de vie. Regarder chaque objet, et demandez-vous ce que vous avez réellement utilisé les 12 derniers mois. (Bon OK, l'appareil a raclette, je vous l'accorde, c'est lourd mais pas superflu.) Mais quand-même, c'est finit l'abondance les cocos ! On l'a bien constaté lors de notre déménagement. On a beau ne pas être de gros consommateurs, on stock, on accumule, on range et on s'en rend bien compte quand on fait les cartons. On a carrément halluciné de la quantité de merdes que l'on possède.

 Une maison vide

Faire notre sac-à-dos est donc un exercice de tri, un challenge très intéressant à réaliser.

Si vous deviez prendre 1 objet indispensable, vous prendriez quoi ?

BAH UN DOUDOU PAS LE CHOIX !!

C'est pas la première fois que je me confronte à ce sac-à-dos et j'adore faire ça. Parce que ça veut dire : vérifier tout ce que l'on possède (le plaisir de la propriété), balancer le superflu puis plier, ranger et concaténer.

Ça m'excite trop ça : RAAAANGEEEER ! Tout bien droit, tout serré, dans des petites pochettes rangées dans des moyennes pochettes rangées dans des grandes pochettes. Ça fait déjà 1 demi kilo de pochettes ça. Le poids sera notre pire ennemi. (dit la meuf qui a un carnet de voyage de 1,261kg)

Bienvenue chez moi, je vous invite à parcourir les pièces de mon antre et à découvrir chaque fond de tiroir :

1) la tête = Atelier, médiathèque & bibliothèque

Merci Elisa et Ben pour les stylos  

A quoi ça sert d'avoir un super carnet de voyage de maboule si je peux pas prendre plein de feutres ?! Et des poscas ?! Et puis mon aquarelle tient ? Une gomme, si jamais je rate. Et aller, un rouleau de scoth et un tube de colle. Au ças où.

 P'tin nan mais ce carnet c'est n'importe nawak

Ensuite !

Dans cette poche de tête, on trouve aussi la lampe frontale, le chargeur, la batterie solaire, un jack-double-jack pour regarder un film en même temps tous les 2. Mais aussi un cadenas à code pour fermer le sac sans risque de perdre la clef, et une petite lampe de vélo à mettre sur le sac la nuit. On n'est jamais trop prudents.

Il va arriver que nos sacs restent des heeeures dans la soute d'un bus qui fera plein de pauses pendant que notre joue bavante sera écrasée contre la vitre grasse. Nos sacs tristement esseulés entre les roues (ou sur les toits des bus Tata d'ailleurs) auront tout le loisir d'être volés, fouillés, ouverts. Le cadenas ne va pas être hyper efficace en terme de sécurité, on est d'accord, mais entre 2 sacs l'un à côté de l'autre, le malfrat ira au plus rapide et ouvrira celui sans cadenas. Maigre espoir.

Pas d'appareil photo, mais un téléphone qui en fait des belles. Vous avez d'ailleurs remarqué que les photos sont plus belles depuis cet article non ? La joie de mon anniversaire qui est passé par là...!!

2) la pochette secrète = coffre-fort

Dans cette pochette absolument inaccessible depuis l'exterieur, il y aura le passeport, le permis international, les photocopies diverses (CNI, permis, carnet de vaccinations, visa), des photos d'identité et le porte-feuille. Mais aussi un gri-gri, un mousqueton, une couverture de survie et un kit de couture. Bon, en vérité, le passeport et la thune seront dans une banane ventrale et n'iront jamais en soute !

3) poche latérale droite = salle-de-bain

Coucou 

Dans ma trousse de toilette, vous trouverez :

Une petite serviette en matière horrible qui pue, d'une marque bien connue pour sécher vite.

Deux tissus nettoyants / démaquillants en coton. Un savon. Un shampoing sec. Un savon pour le linge (merci Théo !). Une brosse à dents. Un dentifrice. Un coton-tige lavable. Trop marrant, je vous conseille d'essayer ! Il est moulé en spirale, on le tourne dans l'oreille et on l'enfonce en même temps gniiigniii puis on le tire vers l'exterieur POC plein de crottes d'oreille. Aaaaah... Rincé, réutilisable. Très joussif. (Big Up Lisa)

On reste concentré c'est pas finit !!

Un élastique à cheveux, 2 pinces, un rasoir, une boucle-d'oreille (bah ouai), une brosse-peigne, un stick à lèvres... même si, on ne le rappelle jamais assez : le mieux pour ne pas avoir les lèvres gercées c'est de porter une culotte ! (rires)

Bon, vous aurez aussi repéré 1 mascara et 2 échantillons de parfum. Les gars vous pouvez rigoler "ouai la meuf qui fait la baroudeuse les pompes crottées et qui met du pshit pshit" mais vous faites comment vous, après des mois à sentir l'auberge, la vache, la poussière et le curry pour retrouver votre mojo, au moins de temps en temps ? Bah moi je mets du parfum. Voilà.

ASTUCE DE CREVARD ! (idée de Gautier) Allez dans une parfumerie, dites que vous hésitez entre 2 parfums pour votre moitié, que vous pensez que c'est celui-ci mais avez un doute, prenez des échantillons et hop ! Un peu de votre parfum gratoss pour le voyage.

Nous sommes donc toujours dans la salle de bain pochette de droite, et nous allons nous pencher sur la grande question des médicaments.

Ma réponse : Anti-cystites, anti-chiasse, anti-paludisme, anti-fievre, anti-bébé, anti-coups de soleil, anti-jesuffoqueavectoutecettepoussiere, anti-cloques, anti-moustiques et anti-trous dans le duvet ou dans le sac. Et un tire-tique. Et une culotte de règles. Et du baume du tigre, mais qu'on achètera la bas, on est pas cons hein.

4) poche latérale gauche

Une gourde filtrante ! Pour boire les eaux croupies miaaaaam !!

On peut l'utiliser sans filtre, comme une gourde quoi. Ou bien on clipse un filtre composé de chépukoi, des fibres de carbon il me semble, qui mécaniquement empêchent la plupart des bactéries et virus de passer. Notamment Echerichia Coli, celle qui donne la tourista et les infections urinaires. Elle filtre 4000L donc à raison de 4L par jour, on peut partir presque 3 ans. Aller ciao !

Un petit sac à main d'appoint, une banane, 2 tôt-bag eeeeet pour satisfaire ta curiosité Hortense : 2 dés, et 2 petits cochons pour jouer. Pour se faire des copains quoi.

5) gros compartiment = dressing

Le choix des vêtements, toute une aventure. Je pars avec 3 pantalons fluides dont 1 casiment foutu et un short. Je dois encore me trouver un legging et le compte sera bon.

Je choisis la technique du roulé-rangé pour une économie de place dans la pochette et pour les voir d'en haut sans avoir à tous les sortir.

Pour les hauts, 2 t-shirts vieillots, 2 débardeurs et une chemise. Au vu de ce que j'ai utilisé dans les précédents voyages, et sachant que je vais m'acheter des merdouilles de babosses sur place, ça ira. Il y aura aussi 2 pulls qui ne sont pas sur cette photo. Un léger pour les soirées et un chaud pour la montagne. Contrairement à Gautier, je choisis que bonnet, écharpe, vêtements thermiques, chaussettes en laine, je les achèterais sur place, pour 4 excellentes raisons indiscutables :

- j'ai pu de place dans mon sac,

- le froid, on va pas le subir les premiers mois, pas avant le Népal donc flemme de porter tout ça d'ici là,

- trop heureuse de trouver sur place des vêtements en poil de cul de zébu avec des motifs de hippie,

- mon matos de froid actuel est déjà en cartons au fin fond de la cave (oups j'ai oublié de les mettre de côté...)

Dans la famille des sous-vêtements, je voudrais : 4 paires de chaussettes et une brassière qui fera office de maillot de bain (plus que de porte-nichons, question de futilité...).

Les culottes ! La dentelle pour mon seul et unique atout sexy de l'année (ouai OK vous allez me dire "le parfum" bah ouai, bah ouai, bah voilà hein) et parce que la dentelle, ça sèche en 2 secondes et ça prend pas de place du tout. Je lave ma culotte du jour à chaque douche pour repousser le temps de la lessive !

Ne le dites pas à Gautier mais, dans le fond de ce compartiment, il y aura aussi ses cadeaux d'anniversaire !!

-même pas peur, il ne lit pas ce blog tsss-

6) filet extérieur = poubelle

Bah pour les mouchoirs usés par exemple. Vous voulez vraiment une photo de ça ?

7) la poche ventrale = Sas d'entrée

C'est ici que traînent la clef de la chambre d' auberge, le paquet de mouchoirs, un masque usagé enfin bref, le concept du "petit bol" qui traîne dans votre entrée où vous jetez cette vis qui doit bien servir à quelque chose et les piles qui ne marchent plus.

8) le sous-compartiment = la chambre

JAPPY PART EN VOYAGE !

C'est une peluche qui s'ouvre et dans laquelle je range "mes draps-rouges", ces vieux bouts de tissus que je traîne depuis 28 ans, qui puent le prout mais qui sont indispensables à mon équilibre psychique. (objet transitionnel gnagnagna couper le cordon gnagnagna j'assume) Une fois rempli, Jappy me sert d'oreiller. Et puis dans la chambre il y a aussi le duvet, le drap de soie, et le coussin-U pour les dodos-bus ! Et c'est stratégiquement dans la partie basse du sac que je range ces choses puisque, ma dextérité et ma délicatesse me font poser le sac au sol d'une manière très... Fine. Au moins, duvet, sac à viande et oreillers amortissent.

C'est bon vous êtes restés concentrés ??

Alors maintenant, le sac de Gautier ! Nan je plaisante, je vais pas vous refaire le chmilblik parce que j'ai la flemme.

Et pendant que Gautier prépare ses affaires, je pianote déjà pour vous rédiger tout ça. C'est du boulot vous vous rendez pas cooompte !

Ouai prend ça tu vas être trop sexy 

Au final, voici ce que j'aurais sur le dos pendant 1 an :

Voici ce que Gautier aura sur le dos pendant 1 an :

Suis-je plus grande ou prend-il moins d'affaires ? Aucun des deux. Je fais plus de mini-rangements et bon, j'avoue aussi que je prends beaucoup de trucs et de bidules pour dessiner.

Et le moment cruciaaaal, le moment que l'on attend tous ! On y est, on l'a, on le porte, on le PÈSE !

Le sac de Gautier pèse 12 kilos
Le miens pèse 10 kilos

Cyrille, le papa de Gautier, en tombe à la renverse et Brigitte, la maman de Gautier, a souhaité que quand-même, son doudou Zoreille parte avec lui.


BOUAAAAH TROP LA HOOOONTE HINHINHIN

Dans la catégorie mignonnerie, le petit Malo dont Gautier est fièrement parrain et tonton, offre un doudou qui devra être photographié partout en Inde ! Le voyage d'Olga, une oie vadrouilleuse démarre.

Pour suivre Olga via un reportage photo, un lien vous sera communiqué par Gautier !

Pratique un papa qui voyage  

Mais oui père, riche idée. Quelqu'un d'autre ?

Je vous écris depuis le Lubéron, sommes en plein Tour de France de 1 mois en stop, train, covoit, on est rincés, vivement les vacances. Je ne vous raconterais pas ce périple sinon on est pas sortis de l'auberge (de jeunesse).

La prochaine fois que je vous écris, on sera partis. Genre en vrai de vrai, loin, longtemps.

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Publié le 13 novembre 2022

On avait tout bien fais dans l'ordre. Tout bien préparé.

La cave était bien remplie de toutes nos affaires, de toute notre vie, de tous nos placards. On avait bien prévu de partir en Inde, on avait bien regardé la carte.

On avait bien fait un beau tour de France en stop, pour bien dire aurevoir et bien prendre mille apéros et autant de restaus. On était même montés dans une décapotable jaune !!

On avait bien dis aurevoir aux parents de Gautier.

On avait bien quitté la région parisienne pour un dernier saut en Picardie. On avait même bien préparé tous les cadeaux de Noël pour ne laisser personne en reste !

On était bien arrivés à l'aéroport, à 4h du mat', sans même avoir loupé le réveil et avec les sandwichs prêts !

Mais là, sur cet écran, on le voit pas notre avion.

Je vais complètement vous épargner les détails des trois putain de foutues horribles heures qui ont suivies. On est revenus en Picardie. Avec Olga, Zoreille et le whisky.

Olga et Zoreille ont repris un p'tit dèj, se sont remotivés à partir et ... Putain mais Mathilde tu deviens complètement cinglée ma parole. Complètement pétée du ciboulot, complètement azimutée des neurones, complètement zinzin de la coquille. Déjà tu parles de toi à la deuxième personne et puis tu commences à faire vivre des peluches. Les fils qui s'touchent là-haut moi j'vous dis.

Bon, c'est bon, on est arrivés.

Après 12h de vol sans encombre, sortis de l'aéroport avec une chaleur de p... Plomb !! On a esquivé les taxis, pris le métro (climatisé sérieux !!) puis on marché, marché, marchés... Jusqu'à notre auberge !

 Transpiration maximale

Sauf que, c'était une auberge pour hommes. Le Seul truc qu'on avait prévu et réservé, et beh c'est foutu. Rebelotte la marche, on erre, on a chaud, nos sacs sont trop lourds ! On a craqué pour un tuktuk "amène nous où tu veux ! Dans une auberge !" Évidemment on s'est fait arnaquer mais bon, on reste sur un trajet à 3 euros.

Directement dans le bain on sort dans Chennai au milieu des klaxonnes, sous la pluie indienne, manger dans un boui-boui des nouilles sautées aux légumes hyper super bonnes. Gautier dit : "on a 45mn pour retourner à l'auberge avant l'éventuelle diarrhée". Tu parles, je dois être là seule touriste constipée en Inde.

Pour résumer, nos premières impressions sont : Il fait chaud, la bouffe est bonne, les gens sont gentils. Mais putain quand même il fait chaud !!

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Publié le 17 novembre 2022

Nous nous enduisons de savon et nous moussons sous la pluie. Pluie qui colle à la peau et qui fait glisser la claquette entre une bouche d'égout et une vache qui broûte du plastique ! Croûtes. Trempés dans les temples, on sèche sur le sable.

Un brouhaha s'installe dans mon crâne remplis de pouet pouet et de tuktuk pendant que mon bidon se remplis de momos et de rouleaux de printemps qui finissent par sortir par mon nez la nuit, dans une vague de vomi. C'est con, c'était bon.

Je vous épargne le "avant/après". 

Pendant que mon crâne brûle et que mon ventre hurle, Gautier éclate les moustiques tic tac tic tac demain c'est son anniversaire. Pour le plaisir, on va se payer une nuit avec moustiquaire dans une chambre de luxe pour 10 balles.

Mon corps oscille entre fatigue et émerveillement et je ne peux me résoudre à me reposer alors qu'autour de moi, tout vit à fond.

Alors on sort, on visite, on marche. Un calme intérieur s'impose comme pour compenser la frénésie des rues. Je me surprends à devenir silencieuse pour calmer ce cerveau qui commence à vivre à nouveau l'expérience de l'opulence des sens à la limite de la démence.

Gautier sautille, frétille, fou de voir enfin en vrai ce qu'il y a 10 ans, il s'était promis de voir un jour. Un archéologue formé à l'histoire des arts indiens, se retrouve ici, heureux comme un poisson dans son bain.

Demain, Gautier aura 35 ans. Et aura réaliser son rêve enfoui depuis 10 ans : être ici. Et après ça, il nous reste quoi ? Un paquet de défis à réaliser. La vache.

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35 ans à Mahabalipuram, ça claque !

Et quel plaisir pour moi d'enfin me débarrasser de 600g de cadeaux ! Une liseuse, un t-shirt, un porte-téléphone home-made par beau-papa et... Un super carnet de voyage pré-remplie par les copains avec autant de défis à réaliser ! Alors je ne sais pas s'il fera la bise au Dalaï Lama et s'il se baignera dans le Gange mais on va bien se marrer. Merci à tout ceux qui ont pu participer !

Il a eu un massage !! (16€ l'heure aller hop) "tonic" dit-il ! Il sentait l'huile rance à la sortie mais il avait l'air conquis.

Pour cette très spéciale journée d'anniversaire, c'est une visite incommensurablement (très long mot, pour une très longue journée) incroyable pour un archéologue que d'errer entre les vieux temples de Mahabalipuram.

Vus et étudiés il y a 10 ans a l'école, ce sont ceux-ci même qui ont généré ce rêve d'Inde. Il était fou dinguo le Gautier entre ces tas de cailloux taillés. Il a fallu que je fasse bonne figure pendant cette longue journée de balade, moi j'avais juste la gerbe et des crampes au bide à en suer sous cette chaleur de plomb. On a finit tranquillement dans le petit restau du coin quand tout a coup, 24 indiens ont débarqué pour un anniversaire.

On s'est fait offrir du gâteau et j'ai tenté de lui faire croire que j'avais programmé ce spectacle. Ouf, le hasard fait bien les choses !!

On est ensuite partis pour Pondicherry ! Une arrivée mitigée, cette fois c'est Gautier qui a passé la nuit à vomir dans l'auberge d'un Ashram où tout est interdit et rien n'est fun. En plus il a perdu sa gourde filtrante à 40 balles alors obligé de faire une commande Amazone et de butter des années de points karma durement accumulés.

On change d'auberge et on atterit chez Kévin, un français indien qui a grandit à côté de chez Gautier. Ici c'est beau, relax et calme.

Aaaah Pondicherry. Une ancienne colonie française où on trouve des pains au chocolat et des dauphins au levé de soleil.

On adore cette ville. Bon, pas que pour ses pains au chocolat, ni pour ses rues nommées en français. Mais parce qu'on se marre bien. On s'est fait plein de copains à l'auberge, on est comme en colonie. (décidément, les colonies...)

On passe du temps avec des voyageurs indiens à se balader en scooter, se coucher à pas d'heure et c'est le bonheur. En plus ils nous invitent à les retrouver chez eux, au centre de l'inde, dans quelques semaines.

Un matin, comme je l'écrivais à demi-mot un peu plus haut, plutôt que de se coucher parce qu'il était trop tôt après une nuit à danser et jouer aux cartes, on part voir la mer. Nuit blanche matin coloré.

Un Chaï sur la route avec les premiers travailleurs et on se pose face aux vagues et aux nuages qui divaguent nous laissant apercevoir ce soleil si tôt et pourtant déjà chaud.

Et là, des ailerons. Des ailerons de dauphins ! Environ trois belles bêtes devant un ciel si rose qu'on ose y croire.

On a nos petites habitudes ici, on mange tous les soirs dans la même geritte le longue de "la rue du canal qui pue" en changeant chaque soir de menus jusqu'à ce qu'on épuise la carte.

(la rue du canal qui pue, c'est son p'tit nom secret qu'on lui donne. Ici les odeurs sont folles. On peut nous entendre dire "p'tin ça sent sa mère trop booooon" et la phrase à peine fini "waaah ça shlingue!!")

Ça fait 1 semaine qu'on est là et l'excuse d'attendre le colis de la gourde de Gautier se tarit, on commence à être obligés d'assumer qu'on adore être ici. Pondicherry ma chérie.

Avant de finir cet article, pour les avertis qui auraient ouïe dire d'Auroville, cette communauté qui déïfie 2 gens morts après avoir créé la société parfaite basée sur la tolérance et l'amour, je vais vous partager mon avis : c'est une secte composée de paumés fachos réac' qui nous ont forcés à porter des chaussettes blanches pour marcher en file indienne et on s'est fait engueuler parce qu'on avait la tête trop penchée en arrière le temps d'une méditation imposée. Je les déteste. C'est con, la ville est belle. Et vous n'en verrez rien puisque les photos sont interdites.

Image Google du Matrimandir, en hommage à "la mère", gros block de béton recouvert de 15kg d'or. On est rentrés dedans dubitatifs, on en est ressortis énervés et outrés.

Je sais que ces mots peuvent sembler violents et sont ici très controversés, mais je ne peux pas supporter cet enfermement dans une fausse liberté. Vomi.

Sur ce, on reste à Pondicherry, pour continuer à manger tout ce qu'il y a à la carte de notre restau favoris. Et peut-être envoyer un colis en France avec une bonne partie de nos affaires qui, comme prévu, ne nous sert à rien.