Carnet de voyage

Marmelade

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Par Marmel
 avec 
M
M-A
Mars 2020 : M-A et Armel partent en voyage pour 6 mois en Amérique du Sud ! Récits, aventures, péripéties, reportages photos, vous saurez tout (ou presque) sur leur épopée...
Mars 2020
20 semaines
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Retour sur mes aventures à Cuba, 2e étape : Playa Larga !

11 mars 2020 : Après une dernière ballade dans la ville de Trinidad, nous partons en taxi collectif direction "playa Giron". Comme d'habitude, on profite du trajet pour discuter avec le taxi et en apprendre un peu plus sur la culture cubaine (enfin surtout Aurelie, car mon niveau d'espagnol n'est pas encore suffisant pour avoir ce genre de conversation ^^). Alors qu'on pensait passer seulement 2-3h dans le taxi, le trajet nous prendra au final quasiment 6h, car c'était sans compter la "pause essence" en période de pénurie, puisque face à la situation mondiale, les états-unis ont arrêté de livrer du pétrole sur l'ile, et les stations ont des coups de pompes (ou pas!). On profite de ce gros break pour lire, écrire, sortir des véhicules mais les ballades du coin ne sont pas les plus belles. Contrairement à la France, les cubains restent calmes et trèès patients, et finalement on est presque contentes de vivre "les vraies galères cubaines", plutôt que l'aperçu faussement coloré qu'en ont les autres touristes dans leurs bus ultra modernes, qui sillonnent les spots paradisiaques sans modération et sans rien voir de la réalité cubaine.

Après ce trajet un peu éprouvant quand même, on se décide (après tous les arguments du taxi) à rester à Playa Larga et ne pas aller à Playa Giron. En plus ça tombe bien, il nous amène direct à la casa de sa belle mère (mais c'était pas pour nous arnaquer hein 😛 ) : casa Laura. Ici aussi on arrive chez une casa tenue par une femme seule, Cenia, et sa fille (ça change du fils), ce qui confirme notre hypothèse de schéma systématique (car oui, 3 cas suffisent à rendre une situation systématique) ! On apprendra plus tard qu'il y a beaucoup de divorces à Cuba, car le mariage n'est pas aussi "sacré" qu'en France car souvent non religieux, c'est plus une formalité qu'un véritable engagement "pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort vous sépare" ! Ici, on vit au jour le jour, et "les cubains et les cubaines sont chaud.e.s" (dixit une franco cubaine) :D

Pour en revenir à la casa, nous avons finalement eu l'une des chambres les plus classes et les plus propres (en tous cas les moins kitchs) de notre séjour, et un accueil aux petits soins par Cenia, notre hôte, qui nous a montré les ballades, les bons plans, nous a servi des supers petits déjeuners et même un thermos de tisane le soir ("kit spécial pour les françaises" :D ). Bref, surement l'un des meilleurs accueil dans une casa, on en est reparties ravies :D Comme quoi, les cubains sont vraiment très honnêtes et n'ont pas cette culture de "l'arnaque", ils veulent vraiment bien nous accueillir 😉

Casa Laura à Playa Larga, merci à Cenia pour ce bel accueil !  

Après une bonne nuit de sommeil, nous partons en excursion dans le parc de Zapata, pour suivre le "sendero Enigma de las rocas" avec notre guide et une quinzaine d'autres touristes (ha ils sont là :D ) ! Bien serrés à 4 à l'arrière de notre magnifique voiture (mais non, ya pas de corona à Cuba), on n'est pas mécontentes d'arriver au parc. Durant toute la matinée, on se ballade dans une jungle +/- organisée, on l'on pourra croiser et observer plein d'animaux : oiseaux, crocodiles, tarentules, crabes, iguanes ... et une flore magnifique dont j'ai oublié tous les noms ! Clou du spectacle, on peut se baigner dans les sources naturelles à la fin de la ballade ;) Et lorsqu'on pense que c'est fini, notre guide nous fait une spéciale surprise (qu'il doit faire tout le temps mais comme ça on se sent privilégiés!), il nous amène dans des grottes où on se retrouve accroupis sous un plafond de ... chauves souris ! C'est un peu effrayant mais pas au niveau des oiseaux d'Hichcock, jusqu'à ce que le guide prononce le mot interdit pour me faire rapidement sortir de la grotte #jecherchelatarentule ! Ici pas de 5G, les ultra-sons suffisent aux communications, et on peut même apercevoir quelques chouettes nichées au fond des grottes !

Même si cette balade était très chouette (!), on aurait aimé se balader dans le parc de façon plus "sauvage", mais on comprend qu'ici ça n'est pas possible, car "c'est pas la saison", et c'est aussi qu'à Cuba tout s'achète quand on est touriste !

Parc de Zapata 

L'après-midi et le lendemain, on profite d'être à Playa Larga pour aller ... à la plage ! Je loue un masque/tuba et on prend des vélos, et c'est parti pour la découverte des récifs des plages du débarquement (oui parce qu'on est vers la fameuse Baie des cochons!). On trouvera 2 belles criques quasi désertes où l'on passera nos après-midi à farnienter entre les poissons, les coquillages et crustacés ... qui finiront dans les assiettes des 2 restos de la ville. Ok, je me dit que si je dois faire une exception à mon régime végétarien, c'est bien ici (et de toutes façons il n'y a rien d'autre à manger), alors j'en profite pour gouter les coquillages locaux, qui finalement seront une belle surprise gustative ;)

Le soir, on profite de la petite place du village pour aller danser la salsa avec notre nouvel ami "Jeandry" qui nous propose ensuite d'aller à la discothèque extérieure du vendredi ! Arrivée sur place, gros sound system ... de reggaeton ! Et oui, ici aussi les traditions se perdent, et même si les cubain.e.s aiment toujours la salsa, l'influence des caraïbes et des USA n'est jamais bien loin ! Même après quelques mojitos, nous ne sommes pas séduites par le reggaeton, et on préfère rentrer se coucher car le lendemain, de nouvelles aventures nous attendent ... (oui, en vrai on est super sages 😉 )

Playa Corsario + Playa Maquina 

Entre temps, la Colombie menace d'imposer une quarantaine aux nouveaux arrivants, en demandant les pays traversés durant les 14 derniers jours. On se décide à prolonger notre séjour à Cuba de 4j pour y rester au total 16jours (car le mot "France" sur le formulaire risquerait de nous y renvoyer direct), en espérant passer dans les mailles du filet et ainsi pouvoir rejoindre Armel dans son woofing en Colombie. Alors quitte à rester plus longtemps, on se décide à aller explorer la zone de Vinales, à l'ouest de Cuba, car malgré le charme bucolique de playa larga, à part la farniente, la pêche et le snorkelling, il n'y a pas trop d'activités, et on commence à galérer vraiment pour se connecter à internet, passer des appels pour modifier nos vols et avoir des infos sur les restes du monde. Le plan initial commence à être bousculé, mais on est encore loin d'imaginer la suite ...

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On fait une pause dans nos flashbacks pour vous ramener au présent (et au Mexique), et vous montrer un aperçu de tout ce qu'on vit ici, après 2 mois de volontariat dans la communauté Entreflores !

Armel est très fier de désormais comprendre les paroles de Las Ketchup, on dirait que ça commence à rentrer...! Y'a pas que l'espagnol qui se renforce, ses intestins aussi, du piment 3 fois par jour ça aide... (la rapidité du transit étant considérablement améliorée, ses séjours au toilettes se font naturellement plus nombreux). Quand à MA, elle tente l'éco-féminisme version poils aux gambettes, et pour couvrir les bruits de chasse d'eau, elle s'entraine à la trompette-coquillage (qui ne couvrent malheureusement pas les odeurs dues aux nombreuses légumineuses que nous mangeons - on vous invite un soir dans la tente, vous verrez c'est sympa!).

Dans ces élans ce sexitude ultime, a vrai dire, ce qui nous manque le plus, c'est le beurre salé :D ! Pour palier à cette problématique, on a réussi à acheter du pain, du beurre, et du gros sel ... Moment de grâce divin ! Il ne manque plus que les viennoiseries et le chocolat et on sera ok pour rester au Mexique !

A gauche : petit dej' à la française - miam ! // A droite : petit dej' version mexicaine ! 

Donc, comme on vous l'a présenté dans le 1er article, on vit tous sur le ranch mais il y a 2 lieux d'activités : le ranch (lieu de vie de Beto, où presque tout est à créer en terme d'activités, de plantations et aussi de constructions, qui sera The lieu de production à l'avenir) et El (otro) Huerto (ancien lieu de production de fleurs et de légumes, qui servira à terme surtout aux semences et aux champignons). Depuis l'arrivée de Diego, un franco-mexicain, nous sommes maintenant 9 volontaires à vivre sur le ranch + Topo (un salarié de la communauté) qui vit dans un bus de l'autre côté du ranch. La maison n'est pas grande, mais heureusement les scorpions nous ont vite incité à faire du camping général en piquant 2 volontaires la même semaine (en leur tombant dessus pendant la nuit) ! Quelle idée aussi que la maison des volontaires (avec un toit troué) se trouve sur le chemin de migration des scorpions ! Notre jardin s'est alors rapidement transformé en camp scout. Avec la fraicheur des nuits, 4 volontaires redorment dans la maison et les 5 autres nous sommes en tente. Après quelques semaines de tranquillité, de nouveaux scorpions réapparaissent, dont un lors de notre séance de ciné plein air du dimanche soir - on pense que lui aussi rêvait d'être "seul sur Mars" plutôt qu'avec ses copains scorpions à Nextipac ! On l'aurait bien gardé en mascotte de compagnie, mais on a préféré lui rendre sa liberté un peu plus loin, dans un champs qui, pour lui, devait ressembler à la planète Mars ;)

Nous avons travaillé 4 semaines au ranch, et le reste sur El Huerto. Les rythmes et les tâches sont différents, et chaque lieu a ses atouts et ses contraintes, mais dans chacun on a pu s'épanouir et se sentir utiles, apprendre plein de choses et travailler avec des belles personnes ! On finit presque par se sentir chez soi et on commence à dire "à la maison" quand on parle du ranch, c'est bon signe ! Niveau orga, on se répartit les tâches de la semaine sur un planning, on fait une réunion 1x/semaine et on apprend à fonctionner ensemble ;)

Puisque vous en trépignez d'impatience, on vous dévoile notre journée type de volontariat au Mexique :

- Réveil vers 7h pour PDJ à 7h30 (7h59 pour certains... On ne vise personne)

- 8h-8h30 (10h si autre lieu, avec 20min de vélo) jusque 13, 14 ou 15h selon motivation : temps de "travail volontaire", avec "las frutas" à 11h, la pause fruits régénérante.Durant le volontariat, les taches étant répétitives, l'écoute de podcasts s'y prête bien. On dévore avec plaisir les podcasts de Arte Radio & Co. Nos deux grands sujets d'écoute du moment c'est le féminisme et la délinquance (oui oui rien à voir aha mais on y trouve vraiment des émissions de qualité). On commence à se mettre aux fictions radiophoniques aussi. Si vous en avez des chouettes à partager on est preneurs ;)

- A 15h, c'est la comida, le gros repas collectif de la journée. Les équipes de cuisine tournent chaque jour, ce qui est génial pour la diversité des plats et pour le chatouillement de nos papilles... !- Puis, on a le reste de la journée pour chiller, faire une sieste, se baigner dans la piscine (s'il y a de l'eau), écrire, lire, jouer de la musique (Armel propose des cours de percu bidon (entendre percussions sur bidon d'eau de 20L hein)), faire des jeux, s'entrainer à la slackline, au jonglage ou au bô-bâton (Armel est en manque de sabre lazer), prendre des gouters (oui oui c'est une activité à part entière), remanger (c'est une autre activité également), se balader, faire des calendriers souvenirs de nos marques de bronzage, regarder des films mode cinéma en plein air sur le vidéo-projecteur ... bref, le plein d'activités variées et collectives ! On n'est pas les plus à plaindre 😉En fin de semaine c'est bien souvent le moment des jeux, de la danse, de la Cerveza et de la Tequila artisanale (on espère ne pas devenir aveugle aha). Les 2 derniers vendredis, on a même fait des "dub club", les Mexicains avec qui nous vivons étant fans de dub (quelle coincidence :p ) mais un peu en manque car il n'y a pas assez de sound system ici ! Avec la sono du ranch, c'est un bon début :D

Le week-end est libre, on en profite pour faire du nettoyage, ranger la tente, faire la lessive, nettoyer la piscine, faire des courses ... je crois que ça vous parle :D ? Bon, en vrai, on en profite aussi pour vous appeler et prendre des nouvelles de vous, parce qu'on vous aime et que vous nous manquez un peu quand même ;)Un dimanche on a expérimenté le traditionnel PAJALETE (le rdv hebdomadaire des fermes alentours) : 8H du mat' + Lait de vache de la direct du pis de la vache + Alcool à 96° qu'on fait légèrement flamber (histoire de dire qu'on fait baisser un peu l'alcool) + cacao/sucre/café. Quel joyeuse manière de démarrer un dimanche, c'est un peu la "fête des voisins" mais tout les dimanches et avec (beaucoup) de l'alcool. On s'en souviendra (ou pas) !

[LES ACTIVITÉS]

Faire du volontariat à Entreflores c'est devenir multifonction ! On apprend à faire plein de choses avec nos mains, nos bras, nos bassins, nos pieds et parfois nos tetes ! En 2 mois, on est devenus :

- Jardiniers : préparation des lits de culture = enlever les anciennes cultures puis les racines et herbes restantes (ce qui est plus ou moins facile selon la dureté de la terre, car en fait on a beaucoup beaucoup cassé des "pierres de terre" (les cousins des vers :D )), lisser le nouveau lit, ajouter du compost puis du mulsh puis ensuite semer, arroser, dire des mots doux aux bébés plantes, transplanter, couvrir les transplants, les arroser et leur dire des mots d'amour à eux aussi ! On a aussi beaucoup désherbé (c'est devenu notre méditation quotidienne), taillé des haies et on est devenus des as de la machette (si Armel ne trouve pas sa voie, M-A lui menace de lui couper la tête).

Sur le ranch, on aide aussi Beto à entretenir son lieu, par exemple en balayant des champs, en nourrissant des animaux, en arrosant ... Mais surtout, on a participé à la création du "jardin mandala" qui va être super beau et productif dans quelques mois, et à l'aménagement des lits de culture dans les serres en maniant avec habileté, force et ampoules les pelles, pioches, bêches et brouettes !

- Semenciers : récolter les graines, trier les impuretés et les insectes (avec ou sans tamis), les mettre en pot puis préparer les sachets de graines pour la vente

- Tisaniers : récolter les fleurs et plantes médicinales, les faire sécher, les peser, puis aider à la confection des sachets de tisane pour les vendre (et aussi gouter les tisanes :D )

- Producteurs d'huiles essentielles : Récolte des plantes (ici romarin), puis on les met dans le magnifique alambic créé pour la communauté, ça chauffe et paf ça fait des huiles essentielles ! Bon en vérité c'est un peu plus compliqué que ça ... et un peu plus long (compter 2h et une grosse cagette de Romarin pour produire quelques mL d'huile essentielle). On était quand même super fiers de notre première production magique (10mL d'huile essentielle + 8L d'hydrolat). On a fait une petite vidéo en mode c'est pas sorcier pour les intéressé.e.s à notre retour !

- Champignoniers : Lancement de la production de champignons à partir de mycélium, chaque étape nécessitant beaucoup de précautions d'hygiène pour ne pas contaminer les bébés myceliums avec les bactéries indésirables ! Le tout sur fond de playlist spéciale "on vous love les champi" ! Puis, on a pu enfin goûter les ̶f̶r̶u̶i̶t̶s̶ champignons de notre travail lors du gros repas collectif du lundi !

- Bricolos : pour optimiser la culture des champi, on leur a fait une belle salle rien que pour eux ! Il a fallu nettoyer puis couper, visser et monter des étagères pas très commodes avec nous (vous l'avez le jeu de mot là :D ?). Armel a aussi participé au chantier de construction des futures toilettes sèches en Adobe (argile, eau, crottin de cheval) séchées au soleil !

- Nettoyeurs de piscine : Etant donné qu'avant d'être une piscine, c'est surtout une réserve d'eau pour l'arrosage, elle se vide tous les 4j, ce qui nous oblige à la nettoyer si on veut la re-remplir et s'y rebaigner ! Alors, en tant qu'activité obligatorio-favorite, autant le faire avec le sourire et le balai dans les fesses ... euh pardon, contrairement à la photo, Armel essaie de nous initier au Water-Quidditch !

- Facilitateurs : Eh ouais, on a même organisé un temps d'intelligence collective pour une réunion du collectif Entreflores, en frespanish svp ! En ces temps de Coronabirous (comme ça se prononce ici) c'est le bon moment pour réfléchir à de nouvelles possibilités d'activités et d'organisation !

[LES ZANIMO]

Le quotidien se vit aussi avec beaucoup d'animaux : chiens, biquettes, poules, canards, lapins, chevaux, chats ... on est bien entourés ! On adore notre nouvelle sonnerie de réveil "Symphonie d'aboiement de chiens de voisins en Ré mineur", elle est malheureusement assez efficace et s'active de manière intempestive autant la journée que la nuit ! On a même eu le droit à une tentative de traité de paix avec la nemesis d'Armel...

[LA COMIDA !]

Ha la nourriture et les français ... une longue histoire d'amour ! On termine par le meilleur, le Mexique est surement l'un des pays où l'on mange le mieux et le plus varié ! On alterne entre plats traditionnels et touches européennes ! Les images étant certainement plus parlantes que de longues explications, on va donc s'arrêter ici ;)

On peut déjà vous dire qu'on a très envie de vous faire découvrir des repas mexicains à notre retour en France, mais il va falloir accrocher vos estomacs pour supporter les chilis ! D'ici là, on poursuit notre aventure ici en attendant de voir comment évolue la situation au Mexique et ailleurs. C'est sur, ça n'est pas le voyage qu'on avait rêvé et prévu, mais je crois qu'on s'en sort plutôt pas mal 😉

Qu'en dites vous ? A vos claviers, on a hâte de lire vos commentaires et d'avoir de vos nouvelles aussi ! Besos !

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A la gare routière de Tunja après de rapides aurevoirs avec Daniel je grimpe dans un bus direction Baranquilla (située au nord et célèbre pour son carnaval, une ville que je ne verrai finalement pas). Ce trajet est censé me permettre de me rapprocher d'une autre ville, Santa Marta, et par conséquent de me rapprocher aussi mon lieu de woofing. Je ne sais pas vraiment comment effectuer précisément les trajets d'après, ce sont des questions réservées au lendemain, l'objectif premier étant de faire de la route de me rapprocher du nord du pays. Pour la suite on verra une fois arrivé sur place..!

Je nommerais ce tableau "Vue du bus "

Traverser la moitié du pays sur des routes sinueuses ça prend du temps ! Et 20h c'est long quand tu as envie d'écrire dans ton journal mais que les crevasses de la route te font raturer un mot sur deux. C'est long quand le premier film qui passe dans le bus est un block buster de guerre, que le deuxième est un block buster sur le traffic de drogue, que le troisème c'est fast and furious, que le quatrième c'est rambo 17 (c'est là où j'ai définitivement perdu espoir) et que le cinquième est un block buster sur la prison et les combats de rues.

Durant ces longues heures je m'autorise quelques refléxions profondes. Je me demande notamment qui a influencé l'autre entre fasten furious et le chauffeur de bus colombien...

Quelques heures avant d'arriver à Baranquilla je me rend compte que si j'arrive à descendre avant la fin du trajet je gagnerai un temps considérable pour rejoindre Santa Marta. Un peu au même moment j'ai eu la confirmation que Tomek, une personne de la communauté couchsurfing, acceptait de m'héberger au sud de Santa Marta ! Yes ! Sa maison se situe dans un endroit éloigné de la ville, assez difficile d'accès. Je décide donc de demander à descendre à un stop qui n'en est pas un, au milieu de nul part.

Il est 7h du matin. Un peu avant d'arriver chez Tomek ce dernier me propose par message de faire une rando de 8 dans les montagnes, il a déjà prévu un guide et peut m'attendre pour partir où bien m'héberger uniquement à partir de la fin de journée. Je suis un peu gêné, j'ai peu mangé et dormi pendant plus de 20h, et ma plus grande envie serait un bon lit. Par chance sa femme n'a pas envie de randonner et l'excursion n'annule au dernier moment ! Un petit bus d'une dizaine de places m'attrape pour rejoindre la maison du couchsurfeur où je passerai une journée et une nuit.

Tomek et sa famille sont des expats Polonais qui habitent dans un riche complexe de maisons pavillonnaires gardé et barricadé. Piscine privée face à la plage (privée aussi?). Ça me pose un peu question d'être au milieu de tout ça sachant que presque en face se trouve des habitations d'un niveau de vie sensiblement différent..! Bon, je vous avoue que j'étais pas là pour cracher dans la sopa non plus...et ni dans la piscine...

On joue au jeu des sept (mille) différences ?

Quartier privé 
Quartier en face du quartier privé 

En discutant avec la famille j'apprends rapidement que l'intégration en Colombie n'est pas facile pour eux, ils sont très critiques vis à vis du pays et pensent à rentrer en Europe. J'essaye un peu d'orienter les conversations pour connaitre le positif de leur expérience de vie d'expatriés et non leurs critiques gratuites et répétées de la culture colombienne qui commence à me fatiguer. Lorsque je demande quel est leur plus belle découverte de lieu en Colombie on me rétorque : "Ma maison et ma piscine privée". Et ta meilleure découverte culinaire du pays ? "Quand je cuisine mes plats polonais".

Ok j'abandonne, la communication non verbale ça marche bien aussi :)

Mis à part ça c'était chouette de parler Espagnol avec Jeremi leur fils de 7 ans (on avait à peu près le même niveau donc c'était cool!), j'ai été me promener à Santa Marta avec eux et on a fait des crêpes le soir ! J'ai aussi apprécié la première baignade de ma vie dans la mer des Caraïbes sur leur bout de plage, tellement plaisant et ressourçant..!

Quelques photos de Santa Marta, puis du chouette moment plage/piscine 

Après une bonne nuit de sommeil c'est le départ pour Palomino le lendemain matin. Une fois arrivé à Palomino, un chauffeur de moto taxi, José, vient me chercher pour m’emmener à la finca / ferme. Une casquette en guise de casque, mon sac à dos ficelé à l'arrière de la moto à l'aide d'une sorte de chambre à air et nous voilà partis. Les coups de klaxon intempestifs de motos auparavant désagréables s'étaient transformés en salutations heureuses et conviviales à destination des autres taxi-motards. Le collé serré pendant les 30 min de trajet permettait facilement de discuter et de perfectionner mon espagnol. Je me suis mis à lui raconter des anecdotes totalement fausses sur ma vie, connaissant peu de mots j'ai composé avec ce que je savais... Vrai ou faux on s'en fout nan ? Le but c'est de parler.

Au milieu du chemin il m'a laissé conduire sa moto pour essayer (je lui ai dit que j'aimais beaucoup la moto), c'était très drôle avec des explications que je ne comprenais qu'à moitié. J'ai fais 3 mètres et je suis tombé. Aha.

Je me sentais vraiment bien pendant ce trajet de moto. J'avais le sentiment profond que la suite allait valoir le détour...!

Suite au prochain épisode ;)

José, le super moto-taxi (et sa moto) aux portes de la finca


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Publié le 22 avril 2020

Après les quelques jours de découverte à la Havane, nous étions heureuse de prendre un beau taxi jaune pour la quitter, direction Trinidad ! Nous arrivons dans une casa super mignonne, notre chambre est au fond de la cour et on peut grimper sur les toits pour prendre un peu de hauteur ! On se sent tout de suite plus apaisées, et la famille qui nous accueille est super sympa (encore une mère célibataire qui tient la casa avec son fils, le schéma se reproduit... serait-ce un schéma type ici ?).

la casa à Trinidad 

Le jour même, nous partons découvrir la ville de Trinidad : ici tout est coloré et les il est très agréable de se perdre dans les rues pavées et se laisser porter par les couleurs et la chaleur qui y règne. Elle est réputée très touristique, mais avec la période (on est au début de la corocrise), il y a beaucoup moins de touristes et nous ne sommes pas gênées par ça (sauf dans la rue du marché) ! On se rend quand même compte que dans le "centre ville" tout est beau et attractif, et dès qu'on s'éloigne, tout est beaucoup plus pauvre et moins coloré. Au cours de la ballade, on s'éloigne et on grimpe jusqu'à un sommet d'où l'on peut voir la ville et les vallées alentour, c'est magnifique ! Retour en ville puis coucher de soleil qui réchauffe nos corps et nos coeurs ;) Puis en cherchant un resto pas trop attrape touriste pour manger, on rencontre une femme dans la rue qui nous invite chez elle, et on a droit à un repas végé sur mesure et on ne peut plus local, au top ! Ici, on commence à comprendre que tout ou presque se fait dans la rue, en demandant, car on peut toujours compter sur la générosité et les bons plans des cubains !

Trinidad 

Le lendemain, on loue des vélos pour aller sur la péninsule de Ancun; sur la route, on croise tout types de véhicules : des vélos, des chevaux, des charrettes, des motos, des voitures ... ici tout circule en même temps, et au fur et à mesure ce mélange des genre deviendra normal pour nous ! On décide de se poser sur une petite crique paradisiaque entre La Boca et Ancun, on sort les masques et tubas et c'est parti pour le snorkelling ! Les coraux sont encore très beaux et on apprend le langage "poisson cubain" (pour ma part plus facilement que l'espagnol :D ). C'est là aussi qu'on déguste notre 1e coco, l'une des meilleure que j'ai mangé, miam !

Après un détour vélo pour tenter d'aller sur les plages d'Ancun, on fait vite 1/2 tour car tous les touristes s'y sont donnés RDV (c'est donc là qu'ils s'étaient cachés!), dans les hôtels grand luxe où même les parkings vélos sont payants, et où toutes les plages (et même les routes) sont privatisées ! Ouf, on se réfugie à la Boca pour admirer le coucher du soleil, profiter des cocktails et des langoustes fraiches (enfin pas pour moi, je préfère tellement le riz et les légumes :D ). Retour de nuit avec les frontales à vélo, tout le monde nous dit que Cuba est très safe mais on n'est quand même pas rassurées ... ok, on ne le refera plus ! On apprendra plus tard que c'est safe depuis quelques années, car la sanction pour agression d'un touriste est passée à 20ans de prison, donc oui, ça dissuade !

La Boca - peninsule d'Ancun 

C'est bien beau tous ces paysages paradisiaques et ces couleurs, mais ça manquait de vert à ma palette ! On décide d'aller voir les cascades dans le parc de Topes de Collantes, sauf que le taxi pour 2 c'est cher, alors on file en ville pour "recruter" 2 autres personnes pour le partager. Après quelques essais non fructueux (tout le monde s'en va, ça aurait du nous mettre sur la piste), on trouve 2 autres français qui acceptent de venir avec nous 1h plus tard ! Le temps d'un brunch et c'est parti pour Topes de Collantes : une route en lacets avec des panoramas superbes, puis arrivée à une finca productrice de café, avec petite dégustation qui m'empêchera de dormir le soir :D Ballade dans "la jungle" de ce parc naturel, ça fait tellement de bien de se retrouver seules avec les oiseaux et les arbres ! On descend jusqu'à la cascade de Vegas Grande, et on en profite pour s'offrir un petit rafraichissement et chanter pour remercier la pachamama :D

Topes de Collantes : cascade Vegas Grande 

Pour notre dernière soirée à Trinidad, Aurelie repart danser et moi je reste au chaud sous la couette, car entre l'eau et le vent, mon corps me dit "dodo sinon KO" (mais ça c'était sans compter les supers pouvoirs du café!). Après quelques hésitations et comptage de jours restants sur le planning, on décide de partir le lendemain pour Playa Larga puis Vinales, sans savoir que finalement toute notre organisation allait prochainement être perturbée par un certain CV ...

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Aller on lance une petite série de flashback (MA en a déjà fait un sur Cuba) pour conter les péripéties du premier mois de voyage, la temporalité de nos aventures étant sensiblement ralentie depuis quelques temps.

Comme ça je me demande si le coronabirus n'a pas été créé pour qu'on ait plus de temps pour écrire des articles sur la Colombie et Cuba...

Enfin bref, on a quelques retard de cartepostalisation (non c'est pas espagnol et oui je viens de l'inventer) certes mais j'ai envie de dire tant mieux non ? C'est comme le vin, plus on attend plus c'est bon ?

Donc, après une journée à visiter Bogota (je ferai peut-être un article à ce sujet si un jour on se retrouve à sec d'histoire) on grimpe dans la twingo de Daniel pour aller à Villa de Leyva, ville étape avant d'accéder au trek d'Iguaque. On fait une pause à mi chemin au pont de Boyaca pour admirer la statue de Simon Bolivar sur le lieu de la bataille de l'indépendance de la Colombie (Boyaca étant la région autour de Bogota).



Daniel Bolivar sur son pont (reconstitution historique)

150 km et 3h plus tard on arrive à Villa de Leyva, une charmante ville d'architecture coloniale où l'on y aime (beaucoup) la peinture blanche, les pavés ainsi que le festival national du cerf-volant (qui n'avait pas lieu en mars mais en juillet, à mon plus grand désespoir).

À droite la fameuse place centrale de Villa de Leyva

La ville est décorée et pimpante mais dès qu'on s'éloigne du centre c'est plus trop le même décor, très contrasté et moins "riche" avec une multiplication de chiens errants qui n'ont pas toujours l'air en bonne santé, ça me fait penser au film "L'île aux chiens" de Wes Anderson.

Pour vous faire gagner du temps de lecture je précise que ce commentaire vaut pour la majorité des villes / lieux touristiques que j'ai eu l'occasion de voir en Colombie (même si statistiquement parlant l'échantillon n'est pas très représentatif).

L'île aux chiens de Wes Anderson

Rester à la surface touristique et linguistique me frustre un peu. J'aimerais communiquer plus avec les locaux et sortir des sentiers battus mais ce n'est pas chose aisée avec mon espagnol niveau CE1.

Parfois un mélange de flemme et de timidité me suggère qu'un sourire vaut certainement mieux qu'une phrase ratée en espagnol. Ça marche pas toujours quand par exemple dans un hostel la gérante me demande en espagnol un truc du genre "Est-ce que vous pouvez payer la chambre ?" ... Aha.


Le jour avant d'aller au trek on s'est autorisé une petite ballade de santé à Pozos Azules (littéralement les "puits bleus"), certes composés de lacs artificiels mais sympa tout de même !

Le lendemain levé à 6h (mes collègues de travail seraient fières de moi) pour se rendre sur le spot de grimpette , le lac d'Iguaque (j'avais pas regardé avant mais on a quand même monté jusqu'à 3800 m d'altitude avec 800m de dénivelé sur 3h, mes genoux s'en souviendront).

Le trek démarre dans une magnifique forêt nous abritant du soleil tout en laissant passer quelques rayons (info cestpasorcier : le soleil Colombien peut être 8 fois plus fort qu'en France au niveau des UV ! Source : un volontaire de la sierra nevada + mon coup de soleil sur les oreilles. Donc vive les chapeaux et pas trop les casquettes !).

C'est tellement agréable de marcher parmi ce silence qui n'en est pas réellement un. Sur un panneau on peut y lire "Ferme là et apprécie la symphonie écosystémique" (à quelques mots près).

En poursuivant la montée caillouteuse la forêt se fait plus discrète afin de laisser place à un biotope bien particulier : Le Paramo.

Ce milieu fragile et très protégé (faire pipi y est même interdit) permet principalement l'approvisionnement en eau de la vallée en contrebas. Ici le temps n'a pas la même valeur, 1 cm de sol de Paramo met 50 ans à se constituer, sa flore endémique comme l'espeletia atteint le mètre en un siècle. Ca force à la contemplation et à l'humilité quand on y prend conscience.

Au premier plan les espeletias ! N'est-ce p(eleti)as très joli ?

En haut se trouve le lac d'Iquaque, berceau du monde pour les anciens Muiscas ! Bam !

Bon, faudrait qu'ils s'accordent parceque j'ai entendu la même musique une semaine plus tard avec les montagnes des Kogis dans la Sierra Nevada au nord du pays. Peut être que c'est de la publicité mensongère et qu'il y en a plusieurs des berceaux de l'humanité ? Je vais continuer à mener l'enquête en lisant plus de panneaux explicatifs ...

Outre ces réfléxions métaphysique, nous on était les premiers humains (de la journée) à arriver en haut de la montagne, c'était déjà pas mal.

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Publié le 11 avril 2020

Je n'y suis plus, mais j'ai quand même envie de vous raconter mes 2 semaines à Cuba, du 5 au 22 mars, que j'ai passée avec Aurélie. Le plan de départ était d'y rester 10jours, mais avec tous les événements on a prolongé un peu ... disons que l'île nous a retenues plus de temps que prévu !

Je commence par La Havane, où nous avons atterries et où nous avons passé 2,5 jours. Nous n'avions pas le même vol, alors on s'est retrouvées à l’aéroport, puis direction la Casa de Lula, une gentille mamie qui vit dans la Habana Vieja (vielle ville). On est tout de suite dans l'ambiance, avec les fameux taxis colorés, la convivialité des cubains et la musique partout ! Après une bonne nuit de sommeil (et un énorme petit-déjeuner!), nous voici à la découverte de la vielle ville : ses petites rues tracées en quadrillage, toutes très vivantes et colorées, le capitole, les belles places, la cathédrale en corail, les tiendas (magasins), les voitures retapées de toutes les couleurs et de tous les styles, les mojitos à 2€, la cuisine délicieuse ... tout ici parait être une autre réalité (un peu trop édulcorée?).

Habana Vieja - ballades au cœur de la vielle ville 

Sous ses airs de paradis à touristes, le quotidien des cubains est bien différent : vie très chère, pénuries en alimentation, en soins d'hygiene ou de pharmacie, ils sont toujours rationnés et les étals des supermarchés et pharmacie sont vides ou remplis uniquement des mêmes choses (gâteau, lessive, miel) ! Ils font la queue pour tout, tout le temps, sans être surs d'avoir ce qu'ils voulaient au final. La vie est très différente entre les locaux et les touristes : pas la même monnaie (1 CUC = 1€ monnaie des touristes = 25 CUP monnaie des locaux), on ne peut pas prendre leurs bus mais des taxis privés ou collectifs, il n'y a pas de marché ou de quoi s'acheter directement de quoi cuisiner (que des restos)... le tourisme est la 1e source de revenus de l'île, et on sent bien qu'on doit tout payer tout le temps parce que ça fait marcher l'économie, et qu'on ne peut pas "vivre comme eux". On a appris plus tard que ça fait seulement 4 ou 5 ans que les cubains peuvent développer leur propre affaire (taxis, entreprise etc...), et accueillir des touristes chez eux dans les "casa particular". Avant, tous les touristes devaient rester dans des hôtels d'état, et les contacts "directs" avec la population et ce qu'elle vit étaient limités. Je trouve déjà que c'est assez réduit et que tout ici est fait pour satisfaire les touristes sans qu'ils rentrent trop dans la réalité de la vie cubaine, alors je n'imagine même pas ce que ça pouvait être avant ! On se sent un peu mal à l'aise d'être toujours bien "traitées", bien servies, bien nourries etc... et face à cette abondance pour les touristes, que reste t-il aux cubains ? Notre seul réconfort est de savoir que notre argent va directement servir à l'état et être à nouveau réparti entre tous (enfin on espère).


Ici rien ne fonctionne vraiment, et c'est le pays de la bidouille ! Tout est protocole et rien ne peut se faire "facilement". Par exemple, pour accéder à internet, il faut se rendre dans une boutique (ou dans la rue) pour acheter une carte à 1h = 1€, puis aller sur une place ou dans un hôtel avec une borne wifi, puis se dépêcher et être efficace pour faire tout ce qu'on a à faire dans l'heure, car après le temps est passé. En plus, la connexion est aléatoire et certains sites sont censurés (pas d'accès aux banques, à certains site de recherche de vols etc...), et j'ai appris plus tard que beaucoup de paiements ne peuvent pas se faire car les paiements en CB par internet sont bloqués par les USA ! Autant vous dire que je n'ai pas flanné sur facebook, et que poster un article ici était juste impensable ! Autre exemple des protocoles interminables de Cuba : un jour, nous avons voulu nous rendre à l'ENA (non, on a pas voulu changer de carrière, c'est l'école nationale des Arts, un lieu qu'Aurelie avait vu dans le film "Yuli" sur un danseur cubain). Sauf que comme c'est une école et que ça n'est pas dans les sentiers touristiques, on a du passer par 3 ou 4 bureaux différents pour demander des autorisations, pour finalement se faire refuser l'entrée par les gardes car c'était samedi et qu'on n'est pas des écolières... heureusement, notre taxi était super sympa, il nous a attendu et fais une visite des autres quartiers de La Havane "pour compenser". Bref, on sent ici que tout est resté figé dans le passé et dans des procédures, que les cubains sont très "disciplinés" et ont une liberté d'action et de réflexion plutôt limitée.

La consommation version cubaine ... Habana power ! 

Heureusement, ils sont tous très chaleureux et gardent leur joie de vivre... et de danser ! Ici tout tourne autour des Arts (danse, musique, peinture, artisanat, etc...), et on sent que chaque forme d'art est valorisée, soutenue et exploitée, ça fait du bien de voir ça, c'est tellement différent de nos pays où c'est "l'intelligence mentale" qui prime sur le reste ! Alors biensur, on a voulu danser la salsa :D On a essayé d'aller dans les lieux avec les cubains, mais finalement à part les boites de nuit c'était surtout des concerts (de super qualité) mais peu de danse, alors on est finalement allées à l'Inglaterra, un hôtel chic avec une grosse soirée salsa, avec un groupe live, plein de danseurs et danseuses de partout, et aussi une profusion de touristes qui viennent juste faire la fête, consommer des mojitos, de la salsa et du tourisme sexuel. Même si on n'étaient pas très à l'aise dans ce lieu, on a quand même pu danser la salsa, la bachata, le merengue... et s'inspirer des supers danseurs et danseuses qui font onduler leur corps comme nulle part ailleurs ! A côté, mes 3 mois de cours de salsa me semblent bien insuffisants, mais je suis contente d'avoir quand même quelques bases pour danser "pour de vrai à Cuba" :D

Cuba, pays des Arts  / La Havane by night, trop occupée à danser, je n'ai pas trop de photos ^^

Après ces 2,5jours à La Havane, on avait très envie de poursuivre notre découverte de Cuba en étant moins dans l'ébullition de la ville, mais en allant plus proche de la Nature, pour se reposer et se ressourcer ... prochaine étape : Trinidad !

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Allez, on vous donne quelques news officielles + des photos non truquées de nos retrouvailles !

On a bien réussi à se retrouver à Guadalajara il y a de ça deux semaines, même si ça n'a pas été simple : Armel a dormi 2 nuits dans des aéroports (il a rendu sa carte de membre de NDDL par la même occasion) en attendant que MA puisse le rejoindre, car jusqu'au dernier moment elle n'était pas sûre de pouvoir arriver à bon (aero)port. Après une semaine à jouer au yoyo émotionnel, il fallait bien une dernière étape mémorable ! Car comme Armel vous l'a raconté dans son dernier article, notre dernière semaine a été pleine de rebondissements, de "oui on va y arriver" à "non c'est plus possible", et ça n'a pas été facile de gérer ça émotionnellement (on a joué aux montagnes russes), et techniquement (Armel perdu dans la jungle colombienne et MA à Cuba - quasiment sans internet, ou avec des censures, sans possibilité d'achat par CB, et avec des protocoles incroyables pour tout ... si si, pire qu'en France, ça existe!). Donc au dernier moment, M-A s'est retrouvée coincée à l'aeroport de Cuba avec son vol annulé, un message très rassurant de la compagnie (vous pouvez essayer de revenir sur le vol de demain ou attendre sur la liste d'attente avec les 50 autres personnes pour aujourd'hui, sachant que l'aeroport fermera après-demain), sans internet (heureusement une autre voyageuse lui en a offert une), et sans argent (puisqu'elle devait partir, et qu'ici tout doit se payer en cash donc les distributeurs sont vides puisque tous les touristes réunis essaient de partir par tous les moyens et à tous les frais!). Alors que les espoirs de se retrouver sont au plus bas, la famille de MA réussit à lui acheter un autre billet pour le lendemain matin (merci!), et alors qu'elle devait elle aussi passer la nuit dans l'aeroport, Aurelie revient la chercher avec Elvis, un guide cubain francophone, pour qu'elle puisse se doucher, manger quelques parts de pizzas et dormir quelques heures dans un vrai lit ... lorsque les besoins primaires sont comblés et que la solidarité bat sont plein, tout va beaucoup mieux !!! Le lendemain étant un autre jour, tout s'est parfaitement déroulé et nous avons (enfin) pu nous retrouver ... au Mexique !!!

Trop heureux de se retrouver, on a dégusté notre 1er repas"typiquement" mexicain façon aeroport !

Avec tout ça, on a appris à garder espoir et détermination, se concentrer sur l'essentiel et garder le cap tout en ajustant le chemin, à trouver la force en nous, se concentrer sur les énergies et les émotions positives (et aussi lâcher les autres), à demander de l'aide et à remercier pour la solidarité qui s'installe naturellement dans ces cas là, et pour la magie de la vie et ses curiosités 😉

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Après seulement une courte journée à Guadalajara, on s'est rendus à "Entreflores" notre lieu de woofing, pour les prochaines semaines/mois (un genre de WDI : Woofing à Durée Indeterminée). On ne pouvait pas mieux tomber : une communauté de 9 (en l'écrivant ça fait vachement seigneur des anneaux haha), passionnés de plantes, qui cultivent des fleurs comestibles, les vendent dans les restos fancy et dispensent des ateliers de sensibilisation (écologie, bio, etc.) dans les écoles. Et c'est pas tout, sur le lieu il y a plus de 140 types de plantes médicinales, ils font aussi pousser des légumes et ils se lancent dans la culture de champignons ! C'est pas comme si ça nous intéressait ... Et en plus, les lieux sont magnifiques et ils sont tous supers sympas !

"El Huerto - lieu où on part travailler tous les jours pendant les 3 premières semaines" 

Donc, petit résumé de la situation :

-> On évite de sortir :

Ballade en camion, atelier mycelium, découverte du cremier local

-> On limite les interactions sociales :

-> Et on mange vraiment n'importe comment :

En réalité, ce temps de woofing indéterminé nous fait office de confinement de luxe. On est à l'écart des villes, on apprend des choses, on est dehors, on pioche dans le jardin pour se faire des tisanes médicinales, on mange bien, et on est avec des personnes super chouettes. Avec les 6 autres volontaires (Alex la Française, Shaun l'anglais, Ele l'italienne, René l'allemand, Jamie l'americaine et Memo le mexicain) on est hébergés sur un autre terrain bien plus grand, qui est préparation pour devenir le nouveau lieu de production de la coopérative. Pour l'instant, on y est seulement les soirs et les week-ends, car on part travailler sur l'autre lieu la journée, puis on rejoindra les autres volontaires ici qui entretiennent le ranch de Beto, le propriétaire des lieux, qui nous accueille et avec qui nous partageons des bons repas. On a installé un super campement à 20m de la maison des ̶s̶c̶o̶r̶p̶i̶o̶n̶s̶ volontaires, proche de la réserve d'eau qui nous sert de piscine. La cuisine extérieure est en contrebas, a côté des toilettes et de la maison familiale. Puis, encore plus bas, le terrain de jeu des volontaires : les 2 mandalas-jardin et les serres à réhabiliter !

"El Rancho" - C'est issikondor et issikonvit 

Pour aller travailler on prend les vélos le matin de bonne heure et on traverse le village de Nextipac pour rejoindre la team de Entreflores et faire différentes sortes de taches. Petite boutade de l'univers : leur terrain se trouve en face d'un entrepôt d'une compagnie du nom de Monsanto. Know your enemy comme on dit (oui c'est pas de l'espagnol je sais mais sinon ça donne quelque chose du genre "conoce a tu enemigo" et c'est moins classe..).

Finalement, on retrouve un quotidien vélo-boulo-dodo / coloc de 8, en version salsa pimentée mexicaine 😉A quelques moments, on s'imagine tout ce qu'on aurait pu faire si on avait été enfermés plusieurs semaines à la maison (et ça nous aurait bien arrangé pour notre "to do list" infinie), mais ce nouveau quotidien à l'autre bout du monde nous plait bien, on s'y épanouit et on l'apprécie ^^

Bientôt on vous racontera le détail de ce qu'on fait + des focus sur Cuba et la Colombie (parce que oui on est en retard sur ces étapes, mais on a très envie de vous les raconter et de partager les photos :D )

Plein de bisous pimentés !

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Publié le 23 mars 2020

Léger changement de plan : Je vous écris quelques nouvelles...du Mexique ! Ouais j'en avais marre de voir des gens souriants et d'être au cœur de la Sierra Nevada, c'est fatiguant...

Non c'est une blague (aha), la vérité vraie c'est que Ema et Aurélie devaient me rejoindre en Colombie mais malheureusement ses frontières sont dorénavant complètement fermées donc impossible d'y rentrer (CQFD).

On a du réfléchir à un plan B pour pouvoir se retrouver, le Mexique est l'un des derniers pays ouvert de la zone.

J'ai donc profité des derniers vols sortant de Colombie pour rejoindre Mexico. Si c'était un épisode de Fort Boyard ce serait le moment où on entend "Sort ! Sort ! Sort !" à travers la porte (là c'était dans ma tête mais ça faisait tout comme).

Mexico, Mexiiiiiiiiicoooo , sous ton soleil qui chante...!

Pour pimenter l'affaire (on a "choisi" le pays des sombreros tout de même) l'achat de nos tickets d'avion a été un vrai challenge mobilisant plusieurs générations (ils/elles se reconnaîtront), nos deux vols ont également tout les deux été annulés une fois arrivés à l'aéroport de Bogota et de la Havane. Ce serait pas drôle sinon hein.

Avec tout ces changements et annulations c'était assez spectaculaire, l'aéroport de Bogota s'était transformé en dortoir géant. Je me suis trouvé un spot deux étoiles entre un bloc de poubelles et une barre d'extincteur, j'y serais pas resté 10 jours mais j'y étais pas si mal loti.

Bon, vu qu'on est acharnés on trouve quand même des solutions! Si tout se passe bien Ema devrait me rejoindre à Guadalajara demain midi. De là on sera accueilli dans un woofing de potes de potes au calme à la campagne :) Au programme (de ce qu'on sait) : Culture de fleurs et champignons comestibles, potager, poulailler! Donc normalement vous pourrez bientôt voir nos deux têtes (non truquées) sur les photos.


Je vous partage également une petite photo de mes pieds à l'aéroport de Mexico, ça fait plus de 24h qu'ils étaient enfermés dans des chaussures les pauvres! Ça pue un peu (beaucoup) et je vois certaines personnes avec des masques. J'espère que c'est pas à cause de moi...

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Publié le 11 mars 2020


Quelques images de Guatavita, une petite ville dont la beauté réside dans les détails que l'on peut facilement observer sur les bâtiments. La légende voudrait que le lac de Guatavita, dont son cratère fut créé par une météorite transportant un dieu en or, soit la source de nombreux trésors jadis plongés dans l'eau bénite par un chef tribal Musica il y a de ça 500 ans. Nombreux sont les prétendants en quête d'or qui sont passés par là. Avec Daniel on avait le ventre plein, la digestion ne nous a donc pas permis de nous mettre en quête de richesses matérielles. On a juste admiré la beauté du lac, c'était déjà très bien.

Un abri bus low tech : innovation frugale pour JC Decaux?
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Bon, M-A vous a déjà spoilé avec son dernier post mais effectivement je suis bien arrivé en Colombie depuis une semaine ! J'ai passé quelques jours avec Daniel, un bon ami Colombien rencontré en Erasmus en Allemagne il y a 4 ans.


Petit flash back d'il y a une semaine : Aussitôt sorti de l'aéroport Daniel était là. On monte dans sa... Twingo ! (Aha je m'y attendais pas). On était hébergé à Bogota chez sa mère, Esperanza, d'un naturel très accueillant et chaleureux, j'avais l'impression d'être de la famille ! Toujours avoir un kuign-aman à offrir dans son sac, ça créé des liens forts (et gras).




La Twingo de Daniel ! (et Daniel)



Pour le premier jour on s'est rendu au nord de Bogota pour visiter Nemocón et sa fameuse mine de sel. J'ai fait le ouf en choisissant la visite en Espagnol, parce-que pas question de choisir la facilité dès le début ...! On a raccroché le groupe anglophone au bout d'une demie heure. ... :) Parce-que bon, faut pas déconner hein j'ai payé pour une visite pas pour une session de canal + en crypté (j'ai quand-même compris les mots clés si ça peut rassurer la famille). À Nemocón j'ai aussi eu la chance de tester de l'Aguapanela (de l'eau chaude avec du panela, un coproduit de la production de sucre de canne) dans lequel on trempe du fromage (c'est typique paraît-il, un peu étrange comme coutume mais je suis là pour tester des choses!). Par la suite mon ventre m'a dit de pas trop tester non plus, sinon ce serait lui qui me testerait. Je retiens.

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Publié le 5 mars 2020

Jeudi 5 mars 2020 : Armel est maintenant arrivé depuis dimanche à Bogota, il a pu s'émerveiller du nouveau monde qui s'offrait à lui, le tout en douceur car accueilli chez un ami local à Bogota 😉 (plus de détails arriveront dès qu'Armel pourra se connecter à son tour pour vous raconter tout ça ^^ )

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Quand à MA, elle profite d'une escale à Madrid (et du réseau wifi) pour écrire ses quelques lignes (ça fait tout drole de parler de soi à la 3e personne, mais j'imagine que c'est plus simple pour vous, lectrices et lecteurs, de comprendre comme ça :D ). Après les derniers jours mouvementés et chargés pour les derniers préparatifs, le départ a atteint son apogée quand M-A s'est rendue compte dans le train pour Paris qu'elle avait oublié sa carte de tourisme pour Visa... dans le scanner de la coloc !! A force de tout vouloir préparer dans les détails, on en oubli vite l'essentiel ! Heureusement que ses Top'colocs sont arrivés à la rescousse pour trouver une inconnue de confiance qui partait avec le prochain train, et qui a gentiment fait transité mon précieux ticket !! Tout juste le temps de manger avec sa sœur Estelle, elle a le récupérer et dormir sereinement, ouf ! Une 1e aventure qui donne un peu chaud, et surtout recharge en confiance humaine et en solidarité - Muchas Gracias !!

A Cuba, on Ouigo !!! 

Next step : arrivée à Cuba pour MA (peu de réseau internet), et arrivée sur la côte Caraïbe pour Armel, qui commencera son wwoofing dans un perma-lieu !

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Publié le 1er mars 2020

29 février 2020 : On commence à voir le bout de la préparation des sacs et ça fait du bien ! (il serait temps parceque Armel part ce matin...). Petit jeu concours : Saurez vous reconnaître à qui appartient quel sac ?

Aller, on donne la réponse en images :

On s'est dit ce matin que ce serait cool d'avoir une première photo ensemble du départ, car pour la petite histoire on ne part pas en même temps au même endroit : Armel part en Colombie le 1er mars et MA va à Cuba avec Aurelie le 5 mars, puis tous les 3 se rejoignent fin mars en Colombie ! Après quelques jours à 3, Aurelie rentre en France et Armel et MA continuent leur périple tous les 2 en allant explorer la Colombie, l'Equateur et le Perou, et en laissant la vie nous présenter ses opportunités 😉

Donc non, personne n'est en pijama sur cette photo. Non, on a pas mis nos lunettes de soleil parce-qu'on vient de se lever après une (en fait plusieurs) nuit de 5h. Et oui on est dans la jungle. Le but c'est de s'y croire non ? (en tous cas, nous on s'y croyait :D )