Carnet de voyage

Marmelade

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Dernière étape postée il y a 824 jours
Par Marmel
 avec 
M
M-A
Mars 2020 : M-A et Armel partent en voyage pour 6 mois en Amérique du Sud ! Récits, aventures, péripéties, reportages photos, vous saurez tout (ou presque) sur leur épopée...
Mars 2020
20 semaines
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Publié le 1er mars 2020

29 février 2020 : On commence à voir le bout de la préparation des sacs et ça fait du bien ! (il serait temps parceque Armel part ce matin...). Petit jeu concours : Saurez vous reconnaître à qui appartient quel sac ?

Aller, on donne la réponse en images :

On s'est dit ce matin que ce serait cool d'avoir une première photo ensemble du départ, car pour la petite histoire on ne part pas en même temps au même endroit : Armel part en Colombie le 1er mars et MA va à Cuba avec Aurelie le 5 mars, puis tous les 3 se rejoignent fin mars en Colombie ! Après quelques jours à 3, Aurelie rentre en France et Armel et MA continuent leur périple tous les 2 en allant explorer la Colombie, l'Equateur et le Perou, et en laissant la vie nous présenter ses opportunités 😉

Donc non, personne n'est en pijama sur cette photo. Non, on a pas mis nos lunettes de soleil parce-qu'on vient de se lever après une (en fait plusieurs) nuit de 5h. Et oui on est dans la jungle. Le but c'est de s'y croire non ? (en tous cas, nous on s'y croyait :D )

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Publié le 5 mars 2020

Jeudi 5 mars 2020 : Armel est maintenant arrivé depuis dimanche à Bogota, il a pu s'émerveiller du nouveau monde qui s'offrait à lui, le tout en douceur car accueilli chez un ami local à Bogota 😉 (plus de détails arriveront dès qu'Armel pourra se connecter à son tour pour vous raconter tout ça ^^ )

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Quand à MA, elle profite d'une escale à Madrid (et du réseau wifi) pour écrire ses quelques lignes (ça fait tout drole de parler de soi à la 3e personne, mais j'imagine que c'est plus simple pour vous, lectrices et lecteurs, de comprendre comme ça :D ). Après les derniers jours mouvementés et chargés pour les derniers préparatifs, le départ a atteint son apogée quand M-A s'est rendue compte dans le train pour Paris qu'elle avait oublié sa carte de tourisme pour Visa... dans le scanner de la coloc !! A force de tout vouloir préparer dans les détails, on en oubli vite l'essentiel ! Heureusement que ses Top'colocs sont arrivés à la rescousse pour trouver une inconnue de confiance qui partait avec le prochain train, et qui a gentiment fait transité mon précieux ticket !! Tout juste le temps de manger avec sa sœur Estelle, elle a le récupérer et dormir sereinement, ouf ! Une 1e aventure qui donne un peu chaud, et surtout recharge en confiance humaine et en solidarité - Muchas Gracias !!

A Cuba, on Ouigo !!! 

Next step : arrivée à Cuba pour MA (peu de réseau internet), et arrivée sur la côte Caraïbe pour Armel, qui commencera son wwoofing dans un perma-lieu !

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Bon, M-A vous a déjà spoilé avec son dernier post mais effectivement je suis bien arrivé en Colombie depuis une semaine ! J'ai passé quelques jours avec Daniel, un bon ami Colombien rencontré en Erasmus en Allemagne il y a 4 ans.


Petit flash back d'il y a une semaine : Aussitôt sorti de l'aéroport Daniel était là. On monte dans sa... Twingo ! (Aha je m'y attendais pas). On était hébergé à Bogota chez sa mère, Esperanza, d'un naturel très accueillant et chaleureux, j'avais l'impression d'être de la famille ! Toujours avoir un kuign-aman à offrir dans son sac, ça créé des liens forts (et gras).




La Twingo de Daniel ! (et Daniel)



Pour le premier jour on s'est rendu au nord de Bogota pour visiter Nemocón et sa fameuse mine de sel. J'ai fait le ouf en choisissant la visite en Espagnol, parce-que pas question de choisir la facilité dès le début ...! On a raccroché le groupe anglophone au bout d'une demie heure. ... :) Parce-que bon, faut pas déconner hein j'ai payé pour une visite pas pour une session de canal + en crypté (j'ai quand-même compris les mots clés si ça peut rassurer la famille). À Nemocón j'ai aussi eu la chance de tester de l'Aguapanela (de l'eau chaude avec du panela, un coproduit de la production de sucre de canne) dans lequel on trempe du fromage (c'est typique paraît-il, un peu étrange comme coutume mais je suis là pour tester des choses!). Par la suite mon ventre m'a dit de pas trop tester non plus, sinon ce serait lui qui me testerait. Je retiens.

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Publié le 11 mars 2020


Quelques images de Guatavita, une petite ville dont la beauté réside dans les détails que l'on peut facilement observer sur les bâtiments. La légende voudrait que le lac de Guatavita, dont son cratère fut créé par une météorite transportant un dieu en or, soit la source de nombreux trésors jadis plongés dans l'eau bénite par un chef tribal Musica il y a de ça 500 ans. Nombreux sont les prétendants en quête d'or qui sont passés par là. Avec Daniel on avait le ventre plein, la digestion ne nous a donc pas permis de nous mettre en quête de richesses matérielles. On a juste admiré la beauté du lac, c'était déjà très bien.

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Aller on lance une petite série de flashback (MA en a déjà fait un sur Cuba) pour conter les péripéties du premier mois de voyage, la temporalité de nos aventures étant sensiblement ralentie depuis quelques temps.

Comme ça je me demande si le coronabirus n'a pas été créé pour qu'on ait plus de temps pour écrire des articles sur la Colombie et Cuba...

Enfin bref, on a quelques retard de cartepostalisation (non c'est pas espagnol et oui je viens de l'inventer) certes mais j'ai envie de dire tant mieux non ? C'est comme le vin, plus on attend plus c'est bon ?

Donc, après une journée à visiter Bogota (je ferai peut-être un article à ce sujet si un jour on se retrouve à sec d'histoire) on grimpe dans la twingo de Daniel pour aller à Villa de Leyva, ville étape avant d'accéder au trek d'Iguaque. On fait une pause à mi chemin au pont de Boyaca pour admirer la statue de Simon Bolivar sur le lieu de la bataille de l'indépendance de la Colombie (Boyaca étant la région autour de Bogota).



Daniel Bolivar sur son pont (reconstitution historique)

150 km et 3h plus tard on arrive à Villa de Leyva, une charmante ville d'architecture coloniale où l'on y aime (beaucoup) la peinture blanche, les pavés ainsi que le festival national du cerf-volant (qui n'avait pas lieu en mars mais en juillet, à mon plus grand désespoir).

À droite la fameuse place centrale de Villa de Leyva

La ville est décorée et pimpante mais dès qu'on s'éloigne du centre c'est plus trop le même décor, très contrasté et moins "riche" avec une multiplication de chiens errants qui n'ont pas toujours l'air en bonne santé, ça me fait penser au film "L'île aux chiens" de Wes Anderson.

Pour vous faire gagner du temps de lecture je précise que ce commentaire vaut pour la majorité des villes / lieux touristiques que j'ai eu l'occasion de voir en Colombie (même si statistiquement parlant l'échantillon n'est pas très représentatif).

L'île aux chiens de Wes Anderson

Rester à la surface touristique et linguistique me frustre un peu. J'aimerais communiquer plus avec les locaux et sortir des sentiers battus mais ce n'est pas chose aisée avec mon espagnol niveau CE1.

Parfois un mélange de flemme et de timidité me suggère qu'un sourire vaut certainement mieux qu'une phrase ratée en espagnol. Ça marche pas toujours quand par exemple dans un hostel la gérante me demande en espagnol un truc du genre "Est-ce que vous pouvez payer la chambre ?" ... Aha.


Le jour avant d'aller au trek on s'est autorisé une petite ballade de santé à Pozos Azules (littéralement les "puits bleus"), certes composés de lacs artificiels mais sympa tout de même !

Le lendemain levé à 6h (mes collègues de travail seraient fières de moi) pour se rendre sur le spot de grimpette , le lac d'Iguaque (j'avais pas regardé avant mais on a quand même monté jusqu'à 3800 m d'altitude avec 800m de dénivelé sur 3h, mes genoux s'en souviendront).

Le trek démarre dans une magnifique forêt nous abritant du soleil tout en laissant passer quelques rayons (info cestpasorcier : le soleil Colombien peut être 8 fois plus fort qu'en France au niveau des UV ! Source : un volontaire de la sierra nevada + mon coup de soleil sur les oreilles. Donc vive les chapeaux et pas trop les casquettes !).

C'est tellement agréable de marcher parmi ce silence qui n'en est pas réellement un. Sur un panneau on peut y lire "Ferme là et apprécie la symphonie écosystémique" (à quelques mots près).

En poursuivant la montée caillouteuse la forêt se fait plus discrète afin de laisser place à un biotope bien particulier : Le Paramo.

Ce milieu fragile et très protégé (faire pipi y est même interdit) permet principalement l'approvisionnement en eau de la vallée en contrebas. Ici le temps n'a pas la même valeur, 1 cm de sol de Paramo met 50 ans à se constituer, sa flore endémique comme l'espeletia atteint le mètre en un siècle. Ca force à la contemplation et à l'humilité quand on y prend conscience.

Au premier plan les espeletias ! N'est-ce p(eleti)as très joli ?

En haut se trouve le lac d'Iquaque, berceau du monde pour les anciens Muiscas ! Bam !

Bon, faudrait qu'ils s'accordent parceque j'ai entendu la même musique une semaine plus tard avec les montagnes des Kogis dans la Sierra Nevada au nord du pays. Peut être que c'est de la publicité mensongère et qu'il y en a plusieurs des berceaux de l'humanité ? Je vais continuer à mener l'enquête en lisant plus de panneaux explicatifs ...

Outre ces réfléxions métaphysique, nous on était les premiers humains (de la journée) à arriver en haut de la montagne, c'était déjà pas mal.

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A la gare routière de Tunja après de rapides aurevoirs avec Daniel je grimpe dans un bus direction Baranquilla (située au nord et célèbre pour son carnaval, une ville que je ne verrai finalement pas). Ce trajet est censé me permettre de me rapprocher d'une autre ville, Santa Marta, et par conséquent de me rapprocher aussi mon lieu de woofing. Je ne sais pas vraiment comment effectuer précisément les trajets d'après, ce sont des questions réservées au lendemain, l'objectif premier étant de faire de la route de me rapprocher du nord du pays. Pour la suite on verra une fois arrivé sur place..!

Je nommerais ce tableau "Vue du bus "

Traverser la moitié du pays sur des routes sinueuses ça prend du temps ! Et 20h c'est long quand tu as envie d'écrire dans ton journal mais que les crevasses de la route te font raturer un mot sur deux. C'est long quand le premier film qui passe dans le bus est un block buster de guerre, que le deuxième est un block buster sur le traffic de drogue, que le troisème c'est fast and furious, que le quatrième c'est rambo 17 (c'est là où j'ai définitivement perdu espoir) et que le cinquième est un block buster sur la prison et les combats de rues.

Durant ces longues heures je m'autorise quelques refléxions profondes. Je me demande notamment qui a influencé l'autre entre fasten furious et le chauffeur de bus colombien...

Quelques heures avant d'arriver à Baranquilla je me rend compte que si j'arrive à descendre avant la fin du trajet je gagnerai un temps considérable pour rejoindre Santa Marta. Un peu au même moment j'ai eu la confirmation que Tomek, une personne de la communauté couchsurfing, acceptait de m'héberger au sud de Santa Marta ! Yes ! Sa maison se situe dans un endroit éloigné de la ville, assez difficile d'accès. Je décide donc de demander à descendre à un stop qui n'en est pas un, au milieu de nul part.

Il est 7h du matin. Un peu avant d'arriver chez Tomek ce dernier me propose par message de faire une rando de 8 dans les montagnes, il a déjà prévu un guide et peut m'attendre pour partir où bien m'héberger uniquement à partir de la fin de journée. Je suis un peu gêné, j'ai peu mangé et dormi pendant plus de 20h, et ma plus grande envie serait un bon lit. Par chance sa femme n'a pas envie de randonner et l'excursion n'annule au dernier moment ! Un petit bus d'une dizaine de places m'attrape pour rejoindre la maison du couchsurfeur où je passerai une journée et une nuit.

Tomek et sa famille sont des expats Polonais qui habitent dans un riche complexe de maisons pavillonnaires gardé et barricadé. Piscine privée face à la plage (privée aussi?). Ça me pose un peu question d'être au milieu de tout ça sachant que presque en face se trouve des habitations d'un niveau de vie sensiblement différent..! Bon, je vous avoue que j'étais pas là pour cracher dans la sopa non plus...et ni dans la piscine...

On joue au jeu des sept (mille) différences ?

Quartier privé 
Quartier en face du quartier privé 

En discutant avec la famille j'apprends rapidement que l'intégration en Colombie n'est pas facile pour eux, ils sont très critiques vis à vis du pays et pensent à rentrer en Europe. J'essaye un peu d'orienter les conversations pour connaitre le positif de leur expérience de vie d'expatriés et non leurs critiques gratuites et répétées de la culture colombienne qui commence à me fatiguer. Lorsque je demande quel est leur plus belle découverte de lieu en Colombie on me rétorque : "Ma maison et ma piscine privée". Et ta meilleure découverte culinaire du pays ? "Quand je cuisine mes plats polonais".

Ok j'abandonne, la communication non verbale ça marche bien aussi :)

Mis à part ça c'était chouette de parler Espagnol avec Jeremi leur fils de 7 ans (on avait à peu près le même niveau donc c'était cool!), j'ai été me promener à Santa Marta avec eux et on a fait des crêpes le soir ! J'ai aussi apprécié la première baignade de ma vie dans la mer des Caraïbes sur leur bout de plage, tellement plaisant et ressourçant..!

Quelques photos de Santa Marta, puis du chouette moment plage/piscine 

Après une bonne nuit de sommeil c'est le départ pour Palomino le lendemain matin. Une fois arrivé à Palomino, un chauffeur de moto taxi, José, vient me chercher pour m’emmener à la finca / ferme. Une casquette en guise de casque, mon sac à dos ficelé à l'arrière de la moto à l'aide d'une sorte de chambre à air et nous voilà partis. Les coups de klaxon intempestifs de motos auparavant désagréables s'étaient transformés en salutations heureuses et conviviales à destination des autres taxi-motards. Le collé serré pendant les 30 min de trajet permettait facilement de discuter et de perfectionner mon espagnol. Je me suis mis à lui raconter des anecdotes totalement fausses sur ma vie, connaissant peu de mots j'ai composé avec ce que je savais... Vrai ou faux on s'en fout nan ? Le but c'est de parler.

Au milieu du chemin il m'a laissé conduire sa moto pour essayer (je lui ai dit que j'aimais beaucoup la moto), c'était très drôle avec des explications que je ne comprenais qu'à moitié. J'ai fais 3 mètres et je suis tombé. Aha.

Je me sentais vraiment bien pendant ce trajet de moto. J'avais le sentiment profond que la suite allait valoir le détour...!

Suite au prochain épisode ;)

José, le super moto-taxi (et sa moto) aux portes de la finca


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Je n'y suis plus, mais j'ai quand même envie de vous raconter mes 2 semaines à Cuba, du 5 au 22 mars, que j'ai passée avec Aurélie. Le plan de départ était d'y rester 10jours, mais avec tous les événements on a prolongé un peu ... disons que l'île nous a retenues plus de temps que prévu !

Je commence par La Havane, où nous avons atterries et où nous avons passé 2,5 jours. Nous n'avions pas le même vol, alors on s'est retrouvées à l’aéroport, puis direction la Casa de Lula, une gentille mamie qui vit dans la Habana Vieja (vielle ville). On est tout de suite dans l'ambiance, avec les fameux taxis colorés, la convivialité des cubains et la musique partout ! Après une bonne nuit de sommeil (et un énorme petit-déjeuner!), nous voici à la découverte de la vielle ville : ses petites rues tracées en quadrillage, toutes très vivantes et colorées, le capitole, les belles places, la cathédrale en corail, les tiendas (magasins), les voitures retapées de toutes les couleurs et de tous les styles, les mojitos à 2€, la cuisine délicieuse ... tout ici parait être une autre réalité (un peu trop édulcorée?).

Habana Vieja - ballades au cœur de la vielle ville 

Sous ses airs de paradis à touristes, le quotidien des cubains est bien différent : vie très chère, pénuries en alimentation, en soins d'hygiene ou de pharmacie, ils sont toujours rationnés et les étals des supermarchés et pharmacie sont vides ou remplis uniquement des mêmes choses (gâteau, lessive, miel) ! Ils font la queue pour tout, tout le temps, sans être surs d'avoir ce qu'ils voulaient au final. La vie est très différente entre les locaux et les touristes : pas la même monnaie (1 CUC = 1€ monnaie des touristes = 25 CUP monnaie des locaux), on ne peut pas prendre leurs bus mais des taxis privés ou collectifs, il n'y a pas de marché ou de quoi s'acheter directement de quoi cuisiner (que des restos)... le tourisme est la 1e source de revenus de l'île, et on sent bien qu'on doit tout payer tout le temps parce que ça fait marcher l'économie, et qu'on ne peut pas "vivre comme eux". On a appris plus tard que ça fait seulement 4 ou 5 ans que les cubains peuvent développer leur propre affaire (taxis, entreprise etc...), et accueillir des touristes chez eux dans les "casa particular". Avant, tous les touristes devaient rester dans des hôtels d'état, et les contacts "directs" avec la population et ce qu'elle vit étaient limités. Je trouve déjà que c'est assez réduit et que tout ici est fait pour satisfaire les touristes sans qu'ils rentrent trop dans la réalité de la vie cubaine, alors je n'imagine même pas ce que ça pouvait être avant ! On se sent un peu mal à l'aise d'être toujours bien "traitées", bien servies, bien nourries etc... et face à cette abondance pour les touristes, que reste t-il aux cubains ? Notre seul réconfort est de savoir que notre argent va directement servir à l'état et être à nouveau réparti entre tous (enfin on espère).


Ici rien ne fonctionne vraiment, et c'est le pays de la bidouille ! Tout est protocole et rien ne peut se faire "facilement". Par exemple, pour accéder à internet, il faut se rendre dans une boutique (ou dans la rue) pour acheter une carte à 1h = 1€, puis aller sur une place ou dans un hôtel avec une borne wifi, puis se dépêcher et être efficace pour faire tout ce qu'on a à faire dans l'heure, car après le temps est passé. En plus, la connexion est aléatoire et certains sites sont censurés (pas d'accès aux banques, à certains site de recherche de vols etc...), et j'ai appris plus tard que beaucoup de paiements ne peuvent pas se faire car les paiements en CB par internet sont bloqués par les USA ! Autant vous dire que je n'ai pas flanné sur facebook, et que poster un article ici était juste impensable ! Autre exemple des protocoles interminables de Cuba : un jour, nous avons voulu nous rendre à l'ENA (non, on a pas voulu changer de carrière, c'est l'école nationale des Arts, un lieu qu'Aurelie avait vu dans le film "Yuli" sur un danseur cubain). Sauf que comme c'est une école et que ça n'est pas dans les sentiers touristiques, on a du passer par 3 ou 4 bureaux différents pour demander des autorisations, pour finalement se faire refuser l'entrée par les gardes car c'était samedi et qu'on n'est pas des écolières... heureusement, notre taxi était super sympa, il nous a attendu et fais une visite des autres quartiers de La Havane "pour compenser". Bref, on sent ici que tout est resté figé dans le passé et dans des procédures, que les cubains sont très "disciplinés" et ont une liberté d'action et de réflexion plutôt limitée.

La consommation version cubaine ... Habana power ! 

Heureusement, ils sont tous très chaleureux et gardent leur joie de vivre... et de danser ! Ici tout tourne autour des Arts (danse, musique, peinture, artisanat, etc...), et on sent que chaque forme d'art est valorisée, soutenue et exploitée, ça fait du bien de voir ça, c'est tellement différent de nos pays où c'est "l'intelligence mentale" qui prime sur le reste ! Alors biensur, on a voulu danser la salsa :D On a essayé d'aller dans les lieux avec les cubains, mais finalement à part les boites de nuit c'était surtout des concerts (de super qualité) mais peu de danse, alors on est finalement allées à l'Inglaterra, un hôtel chic avec une grosse soirée salsa, avec un groupe live, plein de danseurs et danseuses de partout, et aussi une profusion de touristes qui viennent juste faire la fête, consommer des mojitos, de la salsa et du tourisme sexuel. Même si on n'étaient pas très à l'aise dans ce lieu, on a quand même pu danser la salsa, la bachata, le merengue... et s'inspirer des supers danseurs et danseuses qui font onduler leur corps comme nulle part ailleurs ! A côté, mes 3 mois de cours de salsa me semblent bien insuffisants, mais je suis contente d'avoir quand même quelques bases pour danser "pour de vrai à Cuba" :D

Cuba, pays des Arts  / La Havane by night, trop occupée à danser, je n'ai pas trop de photos ^^

Après ces 2,5jours à La Havane, on avait très envie de poursuivre notre découverte de Cuba en étant moins dans l'ébullition de la ville, mais en allant plus proche de la Nature, pour se reposer et se ressourcer ... prochaine étape : Trinidad !

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Après les quelques jours de découverte à la Havane, nous étions heureuse de prendre un beau taxi jaune pour la quitter, direction Trinidad ! Nous arrivons dans une casa super mignonne, notre chambre est au fond de la cour et on peut grimper sur les toits pour prendre un peu de hauteur ! On se sent tout de suite plus apaisées, et la famille qui nous accueille est super sympa (encore une mère célibataire qui tient la casa avec son fils, le schéma se reproduit... serait-ce un schéma type ici ?).

la casa à Trinidad 

Le jour même, nous partons découvrir la ville de Trinidad : ici tout est coloré et les il est très agréable de se perdre dans les rues pavées et se laisser porter par les couleurs et la chaleur qui y règne. Elle est réputée très touristique, mais avec la période (on est au début de la corocrise), il y a beaucoup moins de touristes et nous ne sommes pas gênées par ça (sauf dans la rue du marché) ! On se rend quand même compte que dans le "centre ville" tout est beau et attractif, et dès qu'on s'éloigne, tout est beaucoup plus pauvre et moins coloré. Au cours de la ballade, on s'éloigne et on grimpe jusqu'à un sommet d'où l'on peut voir la ville et les vallées alentour, c'est magnifique ! Retour en ville puis coucher de soleil qui réchauffe nos corps et nos coeurs ;) Puis en cherchant un resto pas trop attrape touriste pour manger, on rencontre une femme dans la rue qui nous invite chez elle, et on a droit à un repas végé sur mesure et on ne peut plus local, au top ! Ici, on commence à comprendre que tout ou presque se fait dans la rue, en demandant, car on peut toujours compter sur la générosité et les bons plans des cubains !

Trinidad 

Le lendemain, on loue des vélos pour aller sur la péninsule de Ancun; sur la route, on croise tout types de véhicules : des vélos, des chevaux, des charrettes, des motos, des voitures ... ici tout circule en même temps, et au fur et à mesure ce mélange des genre deviendra normal pour nous ! On décide de se poser sur une petite crique paradisiaque entre La Boca et Ancun, on sort les masques et tubas et c'est parti pour le snorkelling ! Les coraux sont encore très beaux et on apprend le langage "poisson cubain" (pour ma part plus facilement que l'espagnol :D ). C'est là aussi qu'on déguste notre 1e coco, l'une des meilleure que j'ai mangé, miam !

Après un détour vélo pour tenter d'aller sur les plages d'Ancun, on fait vite 1/2 tour car tous les touristes s'y sont donnés RDV (c'est donc là qu'ils s'étaient cachés!), dans les hôtels grand luxe où même les parkings vélos sont payants, et où toutes les plages (et même les routes) sont privatisées ! Ouf, on se réfugie à la Boca pour admirer le coucher du soleil, profiter des cocktails et des langoustes fraiches (enfin pas pour moi, je préfère tellement le riz et les légumes :D ). Retour de nuit avec les frontales à vélo, tout le monde nous dit que Cuba est très safe mais on n'est quand même pas rassurées ... ok, on ne le refera plus ! On apprendra plus tard que c'est safe depuis quelques années, car la sanction pour agression d'un touriste est passée à 20ans de prison, donc oui, ça dissuade !

La Boca - peninsule d'Ancun 

C'est bien beau tous ces paysages paradisiaques et ces couleurs, mais ça manquait de vert à ma palette ! On décide d'aller voir les cascades dans le parc de Topes de Collantes, sauf que le taxi pour 2 c'est cher, alors on file en ville pour "recruter" 2 autres personnes pour le partager. Après quelques essais non fructueux (tout le monde s'en va, ça aurait du nous mettre sur la piste), on trouve 2 autres français qui acceptent de venir avec nous 1h plus tard ! Le temps d'un brunch et c'est parti pour Topes de Collantes : une route en lacets avec des panoramas superbes, puis arrivée à une finca productrice de café, avec petite dégustation qui m'empêchera de dormir le soir :D Ballade dans "la jungle" de ce parc naturel, ça fait tellement de bien de se retrouver seules avec les oiseaux et les arbres ! On descend jusqu'à la cascade de Vegas Grande, et on en profite pour s'offrir un petit rafraichissement et chanter pour remercier la pachamama :D

Topes de Collantes : cascade Vegas Grande 

Pour notre dernière soirée à Trinidad, Aurelie repart danser et moi je reste au chaud sous la couette, car entre l'eau et le vent, mon corps me dit "dodo sinon KO" (mais ça c'était sans compter les supers pouvoirs du café!). Après quelques hésitations et comptage de jours restants sur le planning, on décide de partir le lendemain pour Playa Larga puis Vinales, sans savoir que finalement toute notre organisation allait prochainement être perturbée par un certain CV ...

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Retour sur mes aventures à Cuba, 2e étape : Playa Larga !

11 mars 2020 : Après une dernière ballade dans la ville de Trinidad, nous partons en taxi collectif direction "playa Giron". Comme d'habitude, on profite du trajet pour discuter avec le taxi et en apprendre un peu plus sur la culture cubaine (enfin surtout Aurelie, car mon niveau d'espagnol n'est pas encore suffisant pour avoir ce genre de conversation ^^). Alors qu'on pensait passer seulement 2-3h dans le taxi, le trajet nous prendra au final quasiment 6h, car c'était sans compter la "pause essence" en période de pénurie, puisque face à la situation mondiale, les états-unis ont arrêté de livrer du pétrole sur l'ile, et les stations ont des coups de pompes (ou pas!). On profite de ce gros break pour lire, écrire, sortir des véhicules mais les ballades du coin ne sont pas les plus belles. Contrairement à la France, les cubains restent calmes et trèès patients, et finalement on est presque contentes de vivre "les vraies galères cubaines", plutôt que l'aperçu faussement coloré qu'en ont les autres touristes dans leurs bus ultra modernes, qui sillonnent les spots paradisiaques sans modération et sans rien voir de la réalité cubaine.

Après ce trajet un peu éprouvant quand même, on se décide (après tous les arguments du taxi) à rester à Playa Larga et ne pas aller à Playa Giron. En plus ça tombe bien, il nous amène direct à la casa de sa belle mère (mais c'était pas pour nous arnaquer hein 😛 ) : casa Laura. Ici aussi on arrive chez une casa tenue par une femme seule, Cenia, et sa fille (ça change du fils), ce qui confirme notre hypothèse de schéma systématique (car oui, 3 cas suffisent à rendre une situation systématique) ! On apprendra plus tard qu'il y a beaucoup de divorces à Cuba, car le mariage n'est pas aussi "sacré" qu'en France car souvent non religieux, c'est plus une formalité qu'un véritable engagement "pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort vous sépare" ! Ici, on vit au jour le jour, et "les cubains et les cubaines sont chaud.e.s" (dixit une franco cubaine) :D

Pour en revenir à la casa, nous avons finalement eu l'une des chambres les plus classes et les plus propres (en tous cas les moins kitchs) de notre séjour, et un accueil aux petits soins par Cenia, notre hôte, qui nous a montré les ballades, les bons plans, nous a servi des supers petits déjeuners et même un thermos de tisane le soir ("kit spécial pour les françaises" :D ). Bref, surement l'un des meilleurs accueil dans une casa, on en est reparties ravies :D Comme quoi, les cubains sont vraiment très honnêtes et n'ont pas cette culture de "l'arnaque", ils veulent vraiment bien nous accueillir 😉

Casa Laura à Playa Larga, merci à Cenia pour ce bel accueil !  

Après une bonne nuit de sommeil, nous partons en excursion dans le parc de Zapata, pour suivre le "sendero Enigma de las rocas" avec notre guide et une quinzaine d'autres touristes (ha ils sont là :D ) ! Bien serrés à 4 à l'arrière de notre magnifique voiture (mais non, ya pas de corona à Cuba), on n'est pas mécontentes d'arriver au parc. Durant toute la matinée, on se ballade dans une jungle +/- organisée, on l'on pourra croiser et observer plein d'animaux : oiseaux, crocodiles, tarentules, crabes, iguanes ... et une flore magnifique dont j'ai oublié tous les noms ! Clou du spectacle, on peut se baigner dans les sources naturelles à la fin de la ballade ;) Et lorsqu'on pense que c'est fini, notre guide nous fait une spéciale surprise (qu'il doit faire tout le temps mais comme ça on se sent privilégiés!), il nous amène dans des grottes où on se retrouve accroupis sous un plafond de ... chauves souris ! C'est un peu effrayant mais pas au niveau des oiseaux d'Hichcock, jusqu'à ce que le guide prononce le mot interdit pour me faire rapidement sortir de la grotte #jecherchelatarentule ! Ici pas de 5G, les ultra-sons suffisent aux communications, et on peut même apercevoir quelques chouettes nichées au fond des grottes !

Même si cette balade était très chouette (!), on aurait aimé se balader dans le parc de façon plus "sauvage", mais on comprend qu'ici ça n'est pas possible, car "c'est pas la saison", et c'est aussi qu'à Cuba tout s'achète quand on est touriste !

Parc de Zapata 

L'après-midi et le lendemain, on profite d'être à Playa Larga pour aller ... à la plage ! Je loue un masque/tuba et on prend des vélos, et c'est parti pour la découverte des récifs des plages du débarquement (oui parce qu'on est vers la fameuse Baie des cochons!). On trouvera 2 belles criques quasi désertes où l'on passera nos après-midi à farnienter entre les poissons, les coquillages et crustacés ... qui finiront dans les assiettes des 2 restos de la ville. Ok, je me dit que si je dois faire une exception à mon régime végétarien, c'est bien ici (et de toutes façons il n'y a rien d'autre à manger), alors j'en profite pour gouter les coquillages locaux, qui finalement seront une belle surprise gustative ;)

Le soir, on profite de la petite place du village pour aller danser la salsa avec notre nouvel ami "Jeandry" qui nous propose ensuite d'aller à la discothèque extérieure du vendredi ! Arrivée sur place, gros sound system ... de reggaeton ! Et oui, ici aussi les traditions se perdent, et même si les cubain.e.s aiment toujours la salsa, l'influence des caraïbes et des USA n'est jamais bien loin ! Même après quelques mojitos, nous ne sommes pas séduites par le reggaeton, et on préfère rentrer se coucher car le lendemain, de nouvelles aventures nous attendent ... (oui, en vrai on est super sages 😉 )

Playa Corsario + Playa Maquina 

Entre temps, la Colombie menace d'imposer une quarantaine aux nouveaux arrivants, en demandant les pays traversés durant les 14 derniers jours. On se décide à prolonger notre séjour à Cuba de 4j pour y rester au total 16jours (car le mot "France" sur le formulaire risquerait de nous y renvoyer direct), en espérant passer dans les mailles du filet et ainsi pouvoir rejoindre Armel dans son woofing en Colombie. Alors quitte à rester plus longtemps, on se décide à aller explorer la zone de Vinales, à l'ouest de Cuba, car malgré le charme bucolique de playa larga, à part la farniente, la pêche et le snorkelling, il n'y a pas trop d'activités, et on commence à galérer vraiment pour se connecter à internet, passer des appels pour modifier nos vols et avoir des infos sur les restes du monde. Le plan initial commence à être bousculé, mais on est encore loin d'imaginer la suite ...

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5 mois plus tard, j'ai quand même envie de vous raconter la fin du séjour à Cuba, alors je fais mon dernier flashback pour vous montrer tout ça en version illustrée 😉

14 mars 2020 : après les quelques jours à playa larga, nous voici parties pour "Vinales", la vallée à l'ouest de Cuba, terre luxuriante de cultures paysannes de tabac, de rhum et de café ... le trio magique pour beaucoup, un peu moins pour nous qui sommes non fumeuses et non buveuses ! Nous y allons en taxi flamboyant, où nous retrouvons les français rencontrés la veille ! Arrivée à Vinales, nous optons pour la "casa léo" où l'accueil est très chaleureux et où nous passerons quelques jours avec Léo et sa mère Carina, qui a vraiment été aux petits soins pour nous ! La ville de Vinales s'est transformée en quelques années, passant de petite bourgade paysanne à un haut lieu de tourisme, où les bars et les restaurants ont poussé aussi vite que les bambous géants, et où les happy hour et autres promos spéciales touristes foisonnent.

Arrivée à Vinales - casa Léo 

Le lendemain, on loue des vélos pour aller découvrir les grottes et les "mogotes", des buttes calcaires couvertes de végétations qui pointent leurs sommets arrondis à quelques 300 mètres d’altitude. Après une halte vitaminée, on part découvrir la "cueva de la vaca". Sur le chemin, on rencontre plein d'animaux et de végétation luxuriante, tout est très tranquille mais bien vivant ! Après une grimpette dans la grotte et un panorama sur la vallée, on reprend les vélos pour faire le tour des mogotes : en selle ! Les paysages sont magnifiques (ya pas de filtre sur les photos, ce sont les vraies couleurs, véridique !), on apprécie tellement d'être plongées dans cet écrin de nature colorée, vaste ... et très chaude ! Car oui, il fait bien chaud et on est contentes de ne pas l'avoir fait à pied, d'autant qu'on est revenues bien ̶s̶a̶l̶e̶s̶ bronzées 😉 Place aux images, elles en disent bien plus ...

Ballade dans les mogotes

Le soir, comme si on n'avait pas eu notre compte, on va se balader avec notre hôte Léo, à la découverte de la campagne alentour, de ses habitants et ses bambous géants. Puis, après 1h de grimpette, on arrive sur un magnifique point de vue sur la vallée, pile pour le coucher du soleil ! En prime, quelques pas de salsa dans ce paysage de rêve, on ne peut qu'être comblées !

promenade au coucher du soleil 

Le lendemain, changement de selle : on teste le cheval ! On prend un "taxi-cheval" jusqu'au ranch où nous rencontrons nos futurs compagnons de route de la journée, à la découverte de la "Vallée del silencio". Comme notre guide nous l'annonce, les chevaux sont "semi-automatiques", ils connaissent le chemin par cœur et nous avons juste à gérer leurs "batailles" pour être celui qui marchera devant :D ! Moi qui appréhendais un peu, me voila suffisamment rassurée pour apprécier les paysages, qui sont encore une fois magnifiques. Après la découverte d'un lac, nous allons dans une ferme productrice de café et de tabac pour découvrir les secrets de fabrication des fameux cigares cubains, et déguster le rhum local ...

balade à cheval dans la vallée del silencio 

Bon, tout ça, c'est le bon côté de Vinales ... car en réalité, on a aussi passé beaucoup de temps à se renseigner sur les situations des pays face au début de la pandémie. C'était des appels à Armel qui était en Colombie avec 10sec de décalage entre nos phrases et des coupures toutes les 5min, pour se mettre d'accord sur ce qu'on faisait de la suite de notre voyage, et trouver une solution pour se rejoindre avant la fermeture des frontières. C'était des heures de recherches sur un réseau internet peu fonctionnel, à devoir consommer des mojitos aux terrasses des cafés qui se vidaient de leurs touristes apeurés (le mojito c'est pour le réconfort, hein). Du coup, les serveurs n'avaient pour seule occupation que de jouer sur leurs téléphones et d'essayer de rameuter les quelques touristes restants. Les cubains étant toujours souriants et aidants, même dans ces situations, je me suis vue offrir un gâteau pour me remonter le moral, alors que je m'effondrais sur la terrasse d'un café !

Progressivement, le corona s’installe partout, même dans nos toilettes (cf photo), et c'est avec un grand désarroi qu'on apprend que les frontières de la Colombie allaient fermer avant même qu'on ait pu y entrer ... Après plusieurs jours d'angoisse, de rebondissements et de yoyo émotionnel (pour plus de détails, se référer aux articles ̶s̶u̶i̶v̶a̶n̶t̶s̶ précédants), on finit enfin par trouver un plan : Aurelie rentrera en France, et Armel et moi on se rejoindra au Mexique, seul pays d'Amerique du sud à avoir gardé ses frontières ouvertes.

Sur les photos je souris, mais c'était pas les jours les plus marrants  du voyage ^^ 

Changement de plan = changement de casa, on avait envie d'être un peu plus au calme pour se ressourcer parmi toutes ces mauvaises nouvelles. On trouve une casa bien sympathique et juste à côté du jardin botanique, lieu propice pour se régénérer et reprendre une bouffée d'oxygène jusqu'aux prochaines aventures...

jardin botanique de Vinales 

Autre pause ressourçante dans ce parcours des combattantes : la visite d'une finca agro-écologique : "La Armonia", tenue par Melissa, une française expatriée à Cuba depuis plusieurs années. Après seulement 4ans, elle et son mari ont construit un véritable paradis permaculturel : diversité d'espèces, associations de plantes, semences paysannes locales ... on y trouve café, ananas, mangue, goyave, avocat, mandarine, amandes, coco, coton, miel, curcuma, légumes du jardin, chevaux et même une poule qui se prend pour un chien ! Ce lieu est une vraie source d'inspiration, et en plus, on y mange super bien 😉

finca agroécologica "La Armonia" 

20 mars : c'est le printemps ! Après 1semaine intense passée à Vinales, nous voici parties pour "Las terrazas", une petite communauté vivant dans une réserve naturelle (la 1e de l'ile à être inscrite à l'Unesco), qui s'est implantée dans les années 70 pour lutter contre la déforestation et y cultiver en terrasses. Fidèles à la mode du moment, ici les barres d'immeubles sont partout, et pour se loger il n'y a que 2 casas et un grand hotel ! On choisit la 1e pour dormir nichées au creux des montagnes, et le 2e pour profiter du wifi et continuer nos préparatifs de départ. Les rebondissements s'enchainent, puisqu' après avoir décidé d'aller au Mexique, il est impossible d'acheter nos billets. Ici, la communauté semble bloquée dans le temps, bien loin de toute cette agitation mondiale, et l'ambiance y est très paisible. Je profite de cette reconnexion à la nature et du coucher de soleil sur le lac pour envoyer des bonnes intentions pour la suite du voyage ...

Las Terrazas 

Le lendemain, on s'accorde une pause détente pour randonner jusqu'aux "Banos San Juan", en passant par un point de vue où l'on peut voir la partie la plus étroite de l'ile, où, parait-il, le Che venait s'assoir et préparer ses plans de résistance. On a grimpé, on a vu, et on a vaincu : on a finalement réussi à acheter nos billets, nous repartirons le lendemain direction la Havane, après avoir fêté ça dans l'un des meilleurs resto végé du monde entier (si, si, vraiment) : El Romero ! Il était temps de partir, car le gouvernement a changé d'avis sur le corona, et impose à tous les touristes de rejoindre la Havane dans des "hôtels d'état" (à 30€ la nuit), et de quitter l'ile sous 1 semaine. La population, bien disciplinée, change aussi son regard sur nous, et on passe de "porte monnaie ambulant" à "corona ambulant" ... On prendra la route 1h avant de se faire expulser de notre casa !

Banos san Juan 

22 mars : Arrivée à l’aéroport de La Havane, on immortalise notre 1e photo avec masque (le début d'une grande aventure!), et on se fait nos aux-revoirs avec Aurelie, car elle restera encore quelques jours à La Havane, avant son vol de retour en France. Après quelques heures d'attente, j'apprends que mon vol pour Mexico est annulé (c'était presque trop facile), et qu'en plus l’aéroport va fermer le surlendemain, donc il me sera ensuite impossible de quitter l'île ! C'est pratique d'obliger les gens à quitter l'ile, et en même temps de fermer l’aéroport. Heureusement, j'arrive à me procurer un nouveau billet pour le lendemain (merci maman!), et Aurelie abrège mes 14h d'attente à l’aéroport en me proposant de la rejoindre dans son hôtel pour y dormir quelques heures, ouf ! La suite, vous la connaissez : je pars le lendemain rejoindre Armel, direction Mexico, pour 5 mois d'aventures imprévues et imprévisibles 😉

direction Mexico ! 

Bilan de Cuba : ces 3 semaines ont été intenses, et la beauté des paysages et la chaleur des cubain.e.s ont été quelque peu effacés derrière les galères dues à la crise du corona, aux changements de plans et aux difficultés pour gérer ça dans une société ultra protocolaire et où rien n'est accessible facilement. Côté tourisme, on peut côtoyer un peu plus le quotidien des cubains (casa particular...), mais on sent que les circuits restent tracés et qu'il ne faut pas trop s'en éloigner. De toutes façons, la plupart des touristes viennent ici pour passer des séjours de luxe où ils ne voient que les beaux paysages, les mojitos et les villas, bien loin du quotidien des cubains. Et c'est bien dommage, car s'il y a une chose que je retiens de Cuba, c'est la vie et la joie de ses habitants, solidaires, curieux des "autres mondes", et toujours prêts à célébrer la simplicité en dansant et en chantant, malgré les difficultés et la pauvreté, et où chacun.e peut trouver un rôle à jouer, de la petite bidouille à la grande débrouille 😉

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Publié le 23 mars 2020

Léger changement de plan : Je vous écris quelques nouvelles...du Mexique ! Ouais j'en avais marre de voir des gens souriants et d'être au cœur de la Sierra Nevada, c'est fatiguant...

Non c'est une blague (aha), la vérité vraie c'est que Ema et Aurélie devaient me rejoindre en Colombie mais malheureusement ses frontières sont dorénavant complètement fermées donc impossible d'y rentrer (CQFD).

On a du réfléchir à un plan B pour pouvoir se retrouver, le Mexique est l'un des derniers pays ouvert de la zone.

J'ai donc profité des derniers vols sortant de Colombie pour rejoindre Mexico. Si c'était un épisode de Fort Boyard ce serait le moment où on entend "Sort ! Sort ! Sort !" à travers la porte (là c'était dans ma tête mais ça faisait tout comme).

Mexico, Mexiiiiiiiiicoooo , sous ton soleil qui chante...!

Pour pimenter l'affaire (on a "choisi" le pays des sombreros tout de même) l'achat de nos tickets d'avion a été un vrai challenge mobilisant plusieurs générations (ils/elles se reconnaîtront), nos deux vols ont également tout les deux été annulés une fois arrivés à l'aéroport de Bogota et de la Havane. Ce serait pas drôle sinon hein.

Avec tout ces changements et annulations c'était assez spectaculaire, l'aéroport de Bogota s'était transformé en dortoir géant. Je me suis trouvé un spot deux étoiles entre un bloc de poubelles et une barre d'extincteur, j'y serais pas resté 10 jours mais j'y étais pas si mal loti.

Bon, vu qu'on est acharnés on trouve quand même des solutions! Si tout se passe bien Ema devrait me rejoindre à Guadalajara demain midi. De là on sera accueilli dans un woofing de potes de potes au calme à la campagne :) Au programme (de ce qu'on sait) : Culture de fleurs et champignons comestibles, potager, poulailler! Donc normalement vous pourrez bientôt voir nos deux têtes (non truquées) sur les photos.


Je vous partage également une petite photo de mes pieds à l'aéroport de Mexico, ça fait plus de 24h qu'ils étaient enfermés dans des chaussures les pauvres! Ça pue un peu (beaucoup) et je vois certaines personnes avec des masques. J'espère que c'est pas à cause de moi...

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Allez, on vous donne quelques news officielles + des photos non truquées de nos retrouvailles !

On a bien réussi à se retrouver à Guadalajara il y a de ça deux semaines, même si ça n'a pas été simple : Armel a dormi 2 nuits dans des aéroports (il a rendu sa carte de membre de NDDL par la même occasion) en attendant que MA puisse le rejoindre, car jusqu'au dernier moment elle n'était pas sûre de pouvoir arriver à bon (aero)port. Après une semaine à jouer au yoyo émotionnel, il fallait bien une dernière étape mémorable ! Car comme Armel vous l'a raconté dans son dernier article, notre dernière semaine a été pleine de rebondissements, de "oui on va y arriver" à "non c'est plus possible", et ça n'a pas été facile de gérer ça émotionnellement (on a joué aux montagnes russes), et techniquement (Armel perdu dans la jungle colombienne et MA à Cuba - quasiment sans internet, ou avec des censures, sans possibilité d'achat par CB, et avec des protocoles incroyables pour tout ... si si, pire qu'en France, ça existe!). Donc au dernier moment, M-A s'est retrouvée coincée à l'aeroport de Cuba avec son vol annulé, un message très rassurant de la compagnie (vous pouvez essayer de revenir sur le vol de demain ou attendre sur la liste d'attente avec les 50 autres personnes pour aujourd'hui, sachant que l'aeroport fermera après-demain), sans internet (heureusement une autre voyageuse lui en a offert une), et sans argent (puisqu'elle devait partir, et qu'ici tout doit se payer en cash donc les distributeurs sont vides puisque tous les touristes réunis essaient de partir par tous les moyens et à tous les frais!). Alors que les espoirs de se retrouver sont au plus bas, la famille de MA réussit à lui acheter un autre billet pour le lendemain matin (merci!), et alors qu'elle devait elle aussi passer la nuit dans l'aeroport, Aurelie revient la chercher avec Elvis, un guide cubain francophone, pour qu'elle puisse se doucher, manger quelques parts de pizzas et dormir quelques heures dans un vrai lit ... lorsque les besoins primaires sont comblés et que la solidarité bat sont plein, tout va beaucoup mieux !!! Le lendemain étant un autre jour, tout s'est parfaitement déroulé et nous avons (enfin) pu nous retrouver ... au Mexique !!!

Trop heureux de se retrouver, on a dégusté notre 1er repas"typiquement" mexicain façon aeroport !

Avec tout ça, on a appris à garder espoir et détermination, se concentrer sur l'essentiel et garder le cap tout en ajustant le chemin, à trouver la force en nous, se concentrer sur les énergies et les émotions positives (et aussi lâcher les autres), à demander de l'aide et à remercier pour la solidarité qui s'installe naturellement dans ces cas là, et pour la magie de la vie et ses curiosités 😉

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Après seulement une courte journée à Guadalajara, on s'est rendus à "Entreflores" notre lieu de woofing, pour les prochaines semaines/mois (un genre de WDI : Woofing à Durée Indeterminée). On ne pouvait pas mieux tomber : une communauté de 9 (en l'écrivant ça fait vachement seigneur des anneaux haha), passionnés de plantes, qui cultivent des fleurs comestibles, les vendent dans les restos fancy et dispensent des ateliers de sensibilisation (écologie, bio, etc.) dans les écoles. Et c'est pas tout, sur le lieu il y a plus de 140 types de plantes médicinales, ils font aussi pousser des légumes et ils se lancent dans la culture de champignons ! C'est pas comme si ça nous intéressait ... Et en plus, les lieux sont magnifiques et ils sont tous supers sympas !

"El Huerto - lieu où on part travailler tous les jours pendant les 3 premières semaines" 

Donc, petit résumé de la situation :

-> On évite de sortir :

Ballade en camion, atelier mycelium, découverte du cremier local

-> On limite les interactions sociales :

-> Et on mange vraiment n'importe comment :

En réalité, ce temps de woofing indéterminé nous fait office de confinement de luxe. On est à l'écart des villes, on apprend des choses, on est dehors, on pioche dans le jardin pour se faire des tisanes médicinales, on mange bien, et on est avec des personnes super chouettes. Avec les 6 autres volontaires (Alex la Française, Shaun l'anglais, Ele l'italienne, René l'allemand, Jamie l'americaine et Memo le mexicain) on est hébergés sur un autre terrain bien plus grand, qui est préparation pour devenir le nouveau lieu de production de la coopérative. Pour l'instant, on y est seulement les soirs et les week-ends, car on part travailler sur l'autre lieu la journée, puis on rejoindra les autres volontaires ici qui entretiennent le ranch de Beto, le propriétaire des lieux, qui nous accueille et avec qui nous partageons des bons repas. On a installé un super campement à 20m de la maison des ̶s̶c̶o̶r̶p̶i̶o̶n̶s̶ volontaires, proche de la réserve d'eau qui nous sert de piscine. La cuisine extérieure est en contrebas, a côté des toilettes et de la maison familiale. Puis, encore plus bas, le terrain de jeu des volontaires : les 2 mandalas-jardin et les serres à réhabiliter !

"El Rancho" - C'est issikondor et issikonvit 

Pour aller travailler on prend les vélos le matin de bonne heure et on traverse le village de Nextipac pour rejoindre la team de Entreflores et faire différentes sortes de taches. Petite boutade de l'univers : leur terrain se trouve en face d'un entrepôt d'une compagnie du nom de Monsanto. Know your enemy comme on dit (oui c'est pas de l'espagnol je sais mais sinon ça donne quelque chose du genre "conoce a tu enemigo" et c'est moins classe..).

Finalement, on retrouve un quotidien vélo-boulo-dodo / coloc de 8, en version salsa pimentée mexicaine 😉A quelques moments, on s'imagine tout ce qu'on aurait pu faire si on avait été enfermés plusieurs semaines à la maison (et ça nous aurait bien arrangé pour notre "to do list" infinie), mais ce nouveau quotidien à l'autre bout du monde nous plait bien, on s'y épanouit et on l'apprécie ^^

Bientôt on vous racontera le détail de ce qu'on fait + des focus sur Cuba et la Colombie (parce que oui on est en retard sur ces étapes, mais on a très envie de vous les raconter et de partager les photos :D )

Plein de bisous pimentés !

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On fait une pause dans nos flashbacks pour vous ramener au présent (et au Mexique), et vous montrer un aperçu de tout ce qu'on vit ici, après 2 mois de volontariat dans la communauté Entreflores !

Armel est très fier de désormais comprendre les paroles de Las Ketchup, on dirait que ça commence à rentrer...! Y'a pas que l'espagnol qui se renforce, ses intestins aussi, du piment 3 fois par jour ça aide... (la rapidité du transit étant considérablement améliorée, ses séjours au toilettes se font naturellement plus nombreux). Quand à MA, elle tente l'éco-féminisme version poils aux gambettes, et pour couvrir les bruits de chasse d'eau, elle s'entraine à la trompette-coquillage (qui ne couvrent malheureusement pas les odeurs dues aux nombreuses légumineuses que nous mangeons - on vous invite un soir dans la tente, vous verrez c'est sympa!).

Dans ces élans ce sexitude ultime, a vrai dire, ce qui nous manque le plus, c'est le beurre salé :D ! Pour palier à cette problématique, on a réussi à acheter du pain, du beurre, et du gros sel ... Moment de grâce divin ! Il ne manque plus que les viennoiseries et le chocolat et on sera ok pour rester au Mexique !

A gauche : petit dej' à la française - miam ! // A droite : petit dej' version mexicaine ! 

Donc, comme on vous l'a présenté dans le 1er article, on vit tous sur le ranch mais il y a 2 lieux d'activités : le ranch (lieu de vie de Beto, où presque tout est à créer en terme d'activités, de plantations et aussi de constructions, qui sera The lieu de production à l'avenir) et El (otro) Huerto (ancien lieu de production de fleurs et de légumes, qui servira à terme surtout aux semences et aux champignons). Depuis l'arrivée de Diego, un franco-mexicain, nous sommes maintenant 9 volontaires à vivre sur le ranch + Topo (un salarié de la communauté) qui vit dans un bus de l'autre côté du ranch. La maison n'est pas grande, mais heureusement les scorpions nous ont vite incité à faire du camping général en piquant 2 volontaires la même semaine (en leur tombant dessus pendant la nuit) ! Quelle idée aussi que la maison des volontaires (avec un toit troué) se trouve sur le chemin de migration des scorpions ! Notre jardin s'est alors rapidement transformé en camp scout. Avec la fraicheur des nuits, 4 volontaires redorment dans la maison et les 5 autres nous sommes en tente. Après quelques semaines de tranquillité, de nouveaux scorpions réapparaissent, dont un lors de notre séance de ciné plein air du dimanche soir - on pense que lui aussi rêvait d'être "seul sur Mars" plutôt qu'avec ses copains scorpions à Nextipac ! On l'aurait bien gardé en mascotte de compagnie, mais on a préféré lui rendre sa liberté un peu plus loin, dans un champs qui, pour lui, devait ressembler à la planète Mars ;)

Nous avons travaillé 4 semaines au ranch, et le reste sur El Huerto. Les rythmes et les tâches sont différents, et chaque lieu a ses atouts et ses contraintes, mais dans chacun on a pu s'épanouir et se sentir utiles, apprendre plein de choses et travailler avec des belles personnes ! On finit presque par se sentir chez soi et on commence à dire "à la maison" quand on parle du ranch, c'est bon signe ! Niveau orga, on se répartit les tâches de la semaine sur un planning, on fait une réunion 1x/semaine et on apprend à fonctionner ensemble ;)

Puisque vous en trépignez d'impatience, on vous dévoile notre journée type de volontariat au Mexique :

- Réveil vers 7h pour PDJ à 7h30 (7h59 pour certains... On ne vise personne)

- 8h-8h30 (10h si autre lieu, avec 20min de vélo) jusque 13, 14 ou 15h selon motivation : temps de "travail volontaire", avec "las frutas" à 11h, la pause fruits régénérante.Durant le volontariat, les taches étant répétitives, l'écoute de podcasts s'y prête bien. On dévore avec plaisir les podcasts de Arte Radio & Co. Nos deux grands sujets d'écoute du moment c'est le féminisme et la délinquance (oui oui rien à voir aha mais on y trouve vraiment des émissions de qualité). On commence à se mettre aux fictions radiophoniques aussi. Si vous en avez des chouettes à partager on est preneurs ;)

- A 15h, c'est la comida, le gros repas collectif de la journée. Les équipes de cuisine tournent chaque jour, ce qui est génial pour la diversité des plats et pour le chatouillement de nos papilles... !- Puis, on a le reste de la journée pour chiller, faire une sieste, se baigner dans la piscine (s'il y a de l'eau), écrire, lire, jouer de la musique (Armel propose des cours de percu bidon (entendre percussions sur bidon d'eau de 20L hein)), faire des jeux, s'entrainer à la slackline, au jonglage ou au bô-bâton (Armel est en manque de sabre lazer), prendre des gouters (oui oui c'est une activité à part entière), remanger (c'est une autre activité également), se balader, faire des calendriers souvenirs de nos marques de bronzage, regarder des films mode cinéma en plein air sur le vidéo-projecteur ... bref, le plein d'activités variées et collectives ! On n'est pas les plus à plaindre 😉En fin de semaine c'est bien souvent le moment des jeux, de la danse, de la Cerveza et de la Tequila artisanale (on espère ne pas devenir aveugle aha). Les 2 derniers vendredis, on a même fait des "dub club", les Mexicains avec qui nous vivons étant fans de dub (quelle coincidence :p ) mais un peu en manque car il n'y a pas assez de sound system ici ! Avec la sono du ranch, c'est un bon début :D

Le week-end est libre, on en profite pour faire du nettoyage, ranger la tente, faire la lessive, nettoyer la piscine, faire des courses ... je crois que ça vous parle :D ? Bon, en vrai, on en profite aussi pour vous appeler et prendre des nouvelles de vous, parce qu'on vous aime et que vous nous manquez un peu quand même ;)Un dimanche on a expérimenté le traditionnel PAJALETE (le rdv hebdomadaire des fermes alentours) : 8H du mat' + Lait de vache de la direct du pis de la vache + Alcool à 96° qu'on fait légèrement flamber (histoire de dire qu'on fait baisser un peu l'alcool) + cacao/sucre/café. Quel joyeuse manière de démarrer un dimanche, c'est un peu la "fête des voisins" mais tout les dimanches et avec (beaucoup) de l'alcool. On s'en souviendra (ou pas) !

[LES ACTIVITÉS]

Faire du volontariat à Entreflores c'est devenir multifonction ! On apprend à faire plein de choses avec nos mains, nos bras, nos bassins, nos pieds et parfois nos tetes ! En 2 mois, on est devenus :

- Jardiniers : préparation des lits de culture = enlever les anciennes cultures puis les racines et herbes restantes (ce qui est plus ou moins facile selon la dureté de la terre, car en fait on a beaucoup beaucoup cassé des "pierres de terre" (les cousins des vers :D )), lisser le nouveau lit, ajouter du compost puis du mulsh puis ensuite semer, arroser, dire des mots doux aux bébés plantes, transplanter, couvrir les transplants, les arroser et leur dire des mots d'amour à eux aussi ! On a aussi beaucoup désherbé (c'est devenu notre méditation quotidienne), taillé des haies et on est devenus des as de la machette (si Armel ne trouve pas sa voie, M-A lui menace de lui couper la tête).

Sur le ranch, on aide aussi Beto à entretenir son lieu, par exemple en balayant des champs, en nourrissant des animaux, en arrosant ... Mais surtout, on a participé à la création du "jardin mandala" qui va être super beau et productif dans quelques mois, et à l'aménagement des lits de culture dans les serres en maniant avec habileté, force et ampoules les pelles, pioches, bêches et brouettes !

- Semenciers : récolter les graines, trier les impuretés et les insectes (avec ou sans tamis), les mettre en pot puis préparer les sachets de graines pour la vente

- Tisaniers : récolter les fleurs et plantes médicinales, les faire sécher, les peser, puis aider à la confection des sachets de tisane pour les vendre (et aussi gouter les tisanes :D )

- Producteurs d'huiles essentielles : Récolte des plantes (ici romarin), puis on les met dans le magnifique alambic créé pour la communauté, ça chauffe et paf ça fait des huiles essentielles ! Bon en vérité c'est un peu plus compliqué que ça ... et un peu plus long (compter 2h et une grosse cagette de Romarin pour produire quelques mL d'huile essentielle). On était quand même super fiers de notre première production magique (10mL d'huile essentielle + 8L d'hydrolat). On a fait une petite vidéo en mode c'est pas sorcier pour les intéressé.e.s à notre retour !

- Champignoniers : Lancement de la production de champignons à partir de mycélium, chaque étape nécessitant beaucoup de précautions d'hygiène pour ne pas contaminer les bébés myceliums avec les bactéries indésirables ! Le tout sur fond de playlist spéciale "on vous love les champi" ! Puis, on a pu enfin goûter les ̶f̶r̶u̶i̶t̶s̶ champignons de notre travail lors du gros repas collectif du lundi !

- Bricolos : pour optimiser la culture des champi, on leur a fait une belle salle rien que pour eux ! Il a fallu nettoyer puis couper, visser et monter des étagères pas très commodes avec nous (vous l'avez le jeu de mot là :D ?). Armel a aussi participé au chantier de construction des futures toilettes sèches en Adobe (argile, eau, crottin de cheval) séchées au soleil !

- Nettoyeurs de piscine : Etant donné qu'avant d'être une piscine, c'est surtout une réserve d'eau pour l'arrosage, elle se vide tous les 4j, ce qui nous oblige à la nettoyer si on veut la re-remplir et s'y rebaigner ! Alors, en tant qu'activité obligatorio-favorite, autant le faire avec le sourire et le balai dans les fesses ... euh pardon, contrairement à la photo, Armel essaie de nous initier au Water-Quidditch !

- Facilitateurs : Eh ouais, on a même organisé un temps d'intelligence collective pour une réunion du collectif Entreflores, en frespanish svp ! En ces temps de Coronabirous (comme ça se prononce ici) c'est le bon moment pour réfléchir à de nouvelles possibilités d'activités et d'organisation !

[LES ZANIMO]

Le quotidien se vit aussi avec beaucoup d'animaux : chiens, biquettes, poules, canards, lapins, chevaux, chats ... on est bien entourés ! On adore notre nouvelle sonnerie de réveil "Symphonie d'aboiement de chiens de voisins en Ré mineur", elle est malheureusement assez efficace et s'active de manière intempestive autant la journée que la nuit ! On a même eu le droit à une tentative de traité de paix avec la nemesis d'Armel...

[LA COMIDA !]

Ha la nourriture et les français ... une longue histoire d'amour ! On termine par le meilleur, le Mexique est surement l'un des pays où l'on mange le mieux et le plus varié ! On alterne entre plats traditionnels et touches européennes ! Les images étant certainement plus parlantes que de longues explications, on va donc s'arrêter ici ;)

On peut déjà vous dire qu'on a très envie de vous faire découvrir des repas mexicains à notre retour en France, mais il va falloir accrocher vos estomacs pour supporter les chilis ! D'ici là, on poursuit notre aventure ici en attendant de voir comment évolue la situation au Mexique et ailleurs. C'est sur, ça n'est pas le voyage qu'on avait rêvé et prévu, mais je crois qu'on s'en sort plutôt pas mal 😉

Qu'en dites vous ? A vos claviers, on a hâte de lire vos commentaires et d'avoir de vos nouvelles aussi ! Besos !

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Hola ! On vous écrit cet article non loin de Veracruz (cote Atlantique du Mexique) dans un nouveau (éco)lieu de woofing du nom de "Tierra de Niebla" et qui est absolument génial. Entre temps on a des aventures à raconter ;)

La fin des fleurs

Début Juin, on est partis de Entreflores, bilan du calendrier : on y est restés 2 mois et demi ! Une routine commençait à s'installer, et on avait l'impression d'en avoir bien fait le tour donc c'était le moment de bouger. C'était assez difficile d'avoir des informations précises et fiables sur ce qu'il était possible de faire ou pas niveau "voyage" au Mexique, on avait toujours un doute planant en planifiant la suite des aventures (pour info le pays est actuellement au pic de l'épidémie, mais également en période de "déconfinement"). On avait entendu parlé d'interdiction de sortie des états, mais l'expérience nous a prouvé le contraire. Finalement, les limites, elles étaient plutôt dans nos têtes...

Quitte à rester au même endroit longtemps, autant en profiter pour avancer sur les grands questionnements métaphysiques. On a donc participé à un stage en ligne de "design de vie" durant une semaine, entrecoupée de désherbage et de coups de pelle. Une réflexion qui nous pousse à creuser nos ressources, nos rêves, nos limites et à shaker tout ça pour avancer dans nos vies. C'était riche !

Nos Designs de vie  (en partie) : Rêves et Ressources

Sinon, pour revenir à nos piments, il s'est quand même passé des choses qui pourraient vous intéresser (peut-être, et si c'est bien raconté) à la fin de notre woofing ! On a visité, pas loin de Guadalajara, un autre éco-lieu : Los Guayabos, qui est centré autour de la bio-construction. On a eu le droit à une petite visite d'une demie journée. Super constructions bambous, jardin potager bordé de forêts, mandala carré, fenêtres curvilignes, le top level géométrique quoi... Bon en fait c'était une cohabitation entre une école de bioconstruction et des résidences pour bourgeois à consonance bohème sans aucune once de collectif. On peut vite se faire un film en voyant deux bouts de murs terre-paille, quelques plants de tomates et un joli nom de lieu. La réalité est souvent plus complexe.. :)

Los Guayabos 

Sur le lieu de woofing on a continué à créer et entretenir les animaux et les lits de culture dans les serres et les mandalas. Silence, ça pousse (et super vite) ! Avec la quantité d'arrosage et l'intensité du soleil, il n'est pas rare que les plantes prennent 10cm en 1 semaine... ! Ça fait du bien de voir du "vert" dans tout ce terrain de jeux.

"El Huerto"  à Entreflores

Nos activités sont aussi devenues plus créatives et sociales : sauvetage de chauve-souris tombée dans la piscine, tentative de sculptage de cuillère en bois d'avocatier, vidéos d'abeilles pour la coloc (oui, vous nous manquez!), entretien de "Machete" la petite chatte du rancho, survivante dans ce monde de chiens désirants croquer à peu près tout ce qui bouge et qui s'apparente de près ou de loin à un organisme vivant...

Que dire de plus... On a continué à bien manger, à faire des tours à vélo pour aller dans le village acheter des gâteaux sucrés industriels et des cacahuètes, et aussi pour aller à notre "panaderia" préférée (on leur a même laissé un pti mot d'adieux en partant). On a souvent fait un peu la fiesta au rancho (les volontaires sont désormais persuadés que la chance (ou malchance) d'attraper le covid19 est inversement proportionnelle à la quantité de Tequila artisanale ingurgitée chaque vendredi soir et parfois le dimanche aussi). On a aussi assisté à des vraies fêtes de famille mexicaines, avec abondance de nourriture (surtout de la viande, et si t'es vege t'as dla salade), de boissons (non alcoolisées), d'hommes en costumes de cow-boys et de femmes ultra maquillées, et d'enfants qui crient dans la piscine. La famille (et la fête des mères), là bas, c'est sacré ! Et à force de fêter plein d'anniversaires, on a découvert (et ça nous a bien fait rire) que le rituel d'anniversaire Mexicain c'est de plonger la tête du principal concerné dans le gâteau à la crème, slurp !

comida y fiesta ! 

On a aussi pu profiter des traditions locales en faisant notre 1er temazcal, une sorte de hutte de sudation/sauna puissance max sauce mexicaine (aussi fuerte que le chili). Très répandu chez les Mayas, il était utilisé lors de cérémonies de soins pour purifier le corps ou pour soigner certaines maladies, améliorer la santé, ou chez la femme pour accoucher. Aujourd'hui, il est encore utilisé au Mexique ou en Amérique centrale pour des raisons spirituelles ou des soins de santé. On entre toutes et tous dans la hutte, autour des pierres chaudes, et s'en suivent des présentations, des chants, du tambour, des cercles de paroles... et surtout beaucoup de transpiration ! A la fin, on se sentait nettoyés du dedans et du dehors, et on a pu profiter du feu et d'une belle nuit étoilée en sortant, c'était une très belle expérience :)

Et la musique dans tout ça ? Le "con-woof-finement" devenait un peu difficile pour Armel, on l'aurait même vu taper sur... des vases. Heureusement M-A s'est mise aux marimbas (sans pour autant que ça prenne du temps sur sa pratique de coquillage-trompette, rassurez vous). Pour notre dernière soirée, on a même réussi à aller à une vraie "dub club" à 30min en voiture, faire vibrer nos corps au rythme des basses et du "King Yanga Super Powa sound system" !

Musicaaaa ! 

Guadalajara / Tlaquepaque

Bon passons à LA question que tout le monde se pose : "Mais est-ce qu'ils ont attrapé le putain de coronabirous en sortant de leur woofing?! (Cabron!)".

Pour l'instant la réponse est non. En même temps, on a réussi à éviter le marché "corona", et quand on rentre dans un restaurant on nous pchite les semelles avec de la javel, les mains avec du gel, même les statues sont masquées, et puis même que un jour on est passé sous une porte de l'espace-temps-désinfectante donc tout va bien...

aïe corona ! 

Pour notre première sortie de fin de wooofing on est allé à Tlaquepaque (si si, essayez, c'est drôle à prononcer) puis à Guadalajara, notre ville étape de prédilection pour s'aventurer vers d'autres horizons. A Tlaquepaque (aha c'est vraiment drôle à chaque fois qu'on le prononce) il y a beaucoup d'artisanat mais on n'a pas vu grand chose parce qu'il y avait plein de trucs fermés, et aussi parce qu'on y a été que quelques heures en fin de journée. C'était un peu notre moment "déconfinement" à nous aussi en quelques sortes (et déwoofingment aussi certainement). A Guadalajara (celui-là normalement vous arrivez à le prononcer maintenant?), on a visité un peu le centre historique et le plus grand marché de contre-marque du Mexique (mais ça on l'a appris après), et on a flâné jusqu'à tomber sur The place to be : le centre culturel Breton ! On s'est empressés d'y entrer, et on y est finalement restés toute la soirée, dégustant crêpes et bières locales !

Tlaquepaque / Guadalajara 

Sayulita

Proxima etapa : La paradisiaque ville balnéaire de Sayulita dans l'état de Nayarit (côte pacifique, ouest donc). C'était un peu les vacances dans les vacances, on s'est prit un petit hôtel tranquille et très charmant (on était les premiers clients depuis 2 mois) pendant 10 jours dans ce village de pécheurs, avec ses plages quasi désertes (la première du coin qui a réouvert), ses restaurants fins, ses boulangeries françaises (imaginez Armel avec un sourire gros comme un croissant dégoulinant de beurre) et ses vagues puissantes qui attirent en grand nombre les surfeurs majoritairement gringos (américains). D'ailleurs on a apprit que "gringos" était une satire qui venait de l'époque de la guerre entre Etats-Unis et Mexique où les généraux de l'armée américaine (en vert) criaient "GREEN GO!". On se couche souvent moins bêtes quand on est en voyage quand même (sauf peut-être les vendredi soirs et parfois les dimanches). Avant d'arriver, on a eu par un ami du woofing le contact de Nube, la serveuse du bar de hippie de la rue principale. Quel accueil ! En 7 min on était présentés à tous les personnages de la rue ! On a aussi pu participer à un repas communautaire/participatif (on s'occupait de distribuer les croquettes gratuites pour les animaux!) moitié dans la rue moitié dans le bar, on avait l'agréable impression d'habiter la petite ville.

Sayulita : muy colorada 

Ce moment plus tranquille a coïncidé avec une série de conférences en ligne sur la thématique de la création d'éco-lieux, le "sommet des oasis" avec plein de thématiques diverses (gouvernance, montage juridique et financier, leadership, plantes sauvages,jardinage sur sol vivant, système monétaire...). On était bien contents d'avoir de la wifi dans l’hôtel pour faire nos geeks (sauf pour sortir le matin prendre des supers pti dej' sur la plage au bout de la rue) ... :D

Après quelques jours de trempette salée, on a été rejoints par Alex(andra), une pote du woofing, avec qui on a partagé plusieurs heures de jeux, des ballades sur la plage ou dans la jungle, des baignades, un concert reggae sur la plage, et aussi les meilleurs restos de la ville !

La buena vida en Sayulita 

On s'est aussi promenés à San Pancho, la ville d'à coté (déserte, pour le coup, ça donnait pas envie). Une petite marche dans la jungle (on a vu un singe de loin), un plouf, une glace, un poil de shopping et il était déjà temps de repartir. L'occasion rêvée pour notre 1e stop à Mexico ! Sur les conseils avisés d'Armel, on l'a laissé derrière avec les sacs pendant que Alex et M-A arrêtaient la 1e voiture passante (bingo!). M-A avait demandé un français, on se retrouve donc avec un franco-caledonien surfeur professionnel, qui nous ramène tranquillement dans notre ville préférée !

Excursion à San Pancho 

On a aussi découvert la "playa de los muertos" (déception en arrivant, aucun squelette ne flottait dans l'eau si ce n'était les très classiques "coquillages"). Heureusement il y avait un joli cimetière à côté, et un arbre à iguanes sur la route 😉

playa de los muertos 

Santa Maria del Oro

Histoire de bien marquer l'entre-soi, on a été rejoints par notre pote franco-mexicain Diego, qui nous a conduit tous les 4 (la french team!) en voiture à Santa Maria del Oro, où se trouve un lac creusé par une météorite (encore un!). On a trouvé un camping quasi sauvage avec des arbres tellement immenses qu'on peut y mettre une scène à l'interieur ! Puis, après avoir trouvé un coin tranquille loin de la police, on a pu se baigner dans le lac à l'eau turquoise et jouer à tarzan avec une corde, bien rafraichissant ! On s'est aussi baigné dans un spot de cascade suivie par une marche entre les champs d'agave et d'un magnifique coucher de soleil ...

Santa Maria del oro 

En parlant d'agave, c'est un peu au Mexique ce qu'est la vigne en France. Aller, on vous présente le procédé de production de la Tequila à partir de l'agave, parce que ça vaut le coup.

Guanajuato

Après un ultime (promis, c'est la der') passage d'une nuit par Guadalajara, direction Guanajuato avec la french team, une superbe ville colorée à niveaux multiples. Un joli funiculaire (non emprunté bien sur, on a encore des jambes, ce serait dommage de pas les utiliser) mène à une vue panoramique de la ville. En vrai on avait une vue similaire, sinon mieux, sans les rares touristes, depuis le toit de notre habitation, bien appréciable pour prendre un petit déjeuner au calme. On a pris plaisir à se perdre dans les rues pavées et étroites de la ville, jusqu'à ce qu'un commerçant nous dise que c'était dangereux (la nuit). On a gouté des nouveaux plats, la sopa azteca (bouts de tortillas frits noyés dans une soupe de tomate, huile, piment, fromage, avocat) et les enchilladas mineran (avec des chilis guajillo!).

Guanajuato 

On s'est aussi rendu à un bar à Mezcal où a passé plusieurs heures endiablées à jouer à la belote, au yams et à la dégustation des différentes déclinaisons du breuvage. Pour vous éviter une recherche google (et par la même occasion l'émission d'environ 0,2 grammes de CO2, source : planetoscope) le Mezcal est similaire à la tequila mais :

- Il peut être produit avec différents types d'agaves alors que la tequila est produite seulement avec un type, l'agave azul (bleue)

- Il doit être produit avec au moins 80 % de sucre d'agave (seulement 50 % pour la tequila, vive les mélanges de sucre!)

- La racine d'agave est cuite dans un four traditionnel en pierre, ce qui donne un gout fumé au Mezcal.

Ah oui, au Mexique il y a une autre boisson traditionnelle : Le pulque ! Ce liquide blanc laiteux visqueux et sucré (!) provient de la fermentation de la sève de l'agave, et contient entre 6 et 8 degrés d'alcool. Vieux de l'époque pré-hispanique, il était utilisé dans des cérémonies pour s'élever l'esprit. A nous pour l'instant, il nous a juste élevé les maux de ventre. ... Pulque, Mezcal y Tequila, ayé on peut comprendre Thiéfaine ;)

Mezca-mescalisacion !

San Miguel de Allende

Pour terminer notre tournée de villes, on a fait un stop de 2 jours à San Miguel de Allende, encore une autre "suuuperbe ville coloniale" comme on peut le lire dans les guides touristiques. On a un peu de mal à lire "super" et "colonial" dans la même ligne. Certes l'architecture est jolie, mais on ne sait pas forcément trop comment se situer, ça veut dire quoi finalement ? Que c'est "super" de mettre des étrangers (notamment Français) à la tête du pays et que c'est "super" de détruire des savoirs, des connaissances, des plantes, des rituels, des langues...? Ça doit être quand même vachement chiant de voir toute sa culture totalement détruite par des étrangers. Dans le centre ville, on y trouve même une magnifique statue d'un colon apportant le savoir et le progrès à un indigène à quatre pattes (!). On ne peut pas s'empêcher de se sentir mal à l'aise lorsqu'on voit un pays déchiré entre revendiquer ses traditions et ses racines, ou suivre un modèle occidento-americain ! Et alors même qu'on se sent loin de nos racines françaises et européennes, on se rend aussi compte de "la chance" de ne pas avoir été colonisés, qu'en aurait-il été si un autre pays avait décidé de rayer notre culture de la liste ? (bon ok, si ça avait été par les espagnols ça aurait facilité notre voyage actuel :D ). Finalement, à part cette architecture coloniale, il n'y avait pas grand chose à voir à cause du birous. On s'est trouvé un hostel qui de l'extérieur avait l'air fermé (on y a séjourné de manière clandestine, le proprio n'avait pas encore le droit d'y accueillir des voyageurs) et le soir on y est resté pour jouer à... "les colons de Catan", aha (ou jaja comme ils disent ici). En dehors de la ville on a aussi été se baigner dans des sources d'eaux chaudes (on a bien cherché les sources, mais sans succès...)

San Miguel de Allende 

La suite...

Après des "au revoir" émouvants avec nos 2 compères Alex et Diego, chacun reprend sa route : Alex rentre en France, Diego retourne à Entreflores, et nous voila partis pour d'autres aventures mexicaines (Alex et Diego si vous nous lisez, rdv en France cet automne !). Après la prise de trois bus (dont un de luxe!) et une nuit express à Puebla, nous voilà rendus dans l'état de Veracruz pour aller vers un nouveau woofing. Voici quelques photos de ce nouveau lieu pour vous faire patienter jusqu'au prochain article... On ne vous en dit pas plus ;)

une nouvelle aventure ... 
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Après le petit aperçu photo du dernier article, voici en détail le récit de notre volontariat à Tierra de Niebla, dans l'état de Veracruz.

Tierra de Niebla est une communauté de 7 familles + 1 ashram, qui se sont réunies autour de valeurs écologiques, communautaires, solidaires et de bien-être. Chaque famille a sa maison / son ranch et son propre projet, et la communauté se réunit autour de temps partagés, de projets communs, et de décisions communes. Elle est située à côté du centre "Las Canadas", réputé pour ses formations en permaculture et agro-écologie. On a connu le lieu par un membre de Entreflores qui a fait une formation là-bas et nous l'a vivement recommandé ! Comme on avait envie de rejoindre une communauté plutôt qu'un centre de production et de formation (et qu'en plus ils ne prenaient pas de volontaires), on a découvert l'éco-village de Tierra de Niebla, on les a contacté et paf, ça fait ̶d̶e̶s̶ ̶c̶h̶o̶c̶a̶p̶i̶c̶s̶ des heureux volontaires !

Tierra de Niebla + l'ashram 

Nous avons surtout partagé le quotidien de deux familles :

- Rancho Esperanza y Casa Aurea : du lundi au jeudi

Avec : Isa, Marco, leur fille Ela, Bobby le chien et Lucy la chatte (petite anecdote : elle a décidé de mettre bas au moment du déménagement ! On a donc assisté à la naissance et aux 3 premières semaines des adorables chatons !). Marco travaillant dans la ville de Xalapa, on ne le voyait que le week-end. On a vécu avec eux leurs premiers pas à Tierra de Niebla, puisqu'on est arrivés avec eux le jour de leur emménagement. Ils commencent une nouvelle vie dans la maison construite par Blanca, la maman d'Isa, et toute l'équipe de super-constructeurs de Tierra de Niebla. Leur projet tourne autour de l'alimentation, de la production à la consommation, avec 2 Ha de production en biodynamie (maïs, frijoles, macadamias, avocats, épices...) et une volonté de sensibilisation à l'alimentation et la cuisine.

La maison de Isa y Marco 

- Rancho La Yerbabuena : du vendredi au dimanche

Avec : Concha, Alejandro et leur fils Gabo (+ leur fille Julia qu'on a vu 2 weekends). C'est chez eux qu'on dormait, dans la salle de thérapie de Concha. Pionniers de Tierra de Niebla, ils y habitent depuis 12 ans, ont auto-construit leurs maisons et même d'autres, puisqu' Alejandro est l'architecte de plusieurs d'entre elles. Leur projet est avant-tout familial et communautaire, et ils ont construit ce lieu pour créer un espace de rencontres, de partages, de bien-être et de santé globale. Ils organisent des Temaskals et des brunchs communautaires tous les dimanches, et reçoivent des personnes en soin ou en stage. Ils ont aussi une petite production de maïs, frijoles et quelques légumes pour leur propre consommation.

La maison de Concha y Ale 

En voyant les photos des maisons sur leur site internet, on avait très envie de voir ça en vrai ... et on a eu raison ! M-A a presque découvert en vrai la maison ronde de ses rêves qu'elle avait plusieurs fois dessiné, imaginé ou tenté de construire dans les sims. Les 2 maisons sont auto-construites, avec les ressources du coin utilisées au maximum (terre du terrain, herbe séchée pour remplacer la paille car il n'y en a pas dans cette région, enduits chaux, structures metaliques, toit en ferrociment avec des parties végétalisées). Ils y ont passé plusieurs années, en y allant à leur rythme et en faisant tout eux-même. Pour les plus curieux.ses, tout est bien expliqué sur leur site (en plus vous pourrez perfectionner votre espagnol).

Niveau énergie, tout est super bien pensé aussi : étant au Mexique, la question de l'isolation ne se pose même pas (+1 Mexique / 0 France); tout fonctionne en solaire (+2Mex) mais avec des consommations pensées et réduites (panneaux solaires de 250 w au total); l'eau est captée par un puits et par une réserve d'eau de pluie qui suffit pour 6mois dans l'année; le reste du temps, il faut pomper l'eau du puits avec un système de pédalier :D C'est pas le tour de France, mais ça pédale !

On a adoré les couleurs, la lumière, l’atmosphère d'une maison ronde, la chaleur de la terre, les plantes partout dans la maison, qui nous donnent une impression de vivre en harmonie avec la Nature. On a pu continuer à discuter de notre propre projet, et s'inspirer largement de ces maisons de hobbits version babos-écolo ;)

Les espaces extérieurs et les autres bâtiments : dortoir/salle de soin, salle d'activités, cuisine commune, sanitaires extérieurs

Niveau activités, on travaillait environ 4h/J pendant 6j, à un rythme tranquille et familial. On a apprécié le coté "humains avant tout", avec la considération de nos besoins, nos compétences et des envies de partage, et on a senti un réel échange entre nous et les familles. Le fait de partager leur quotidien aidait certainement, et il régnait une atmosphère tellement bienveillante, authentique et humaine qu'on se sentait comme à la maison et qu'on souhaitait participer du mieux qu'on pouvait ;) On a appris beaucoup de choses, les activités étaient variées et tellement prenantes qu'on a freiné notre rythme d'écoute de podcasts, et qu'on en oubliait presque la chaleur (mais pas les moustiques qui ont continué de nous dévorer, M-A ayant jusqu'à 30 piqures sur la même jambe - France+1).

En tant que jardiniers en herbe, on a continué à faire des lits de culture (cette fois avec la technique de la "double excavation" - très physique mais apparemment hyper productive), on a semé, transplanté, amendé le maïs et les frijoles avec de la chaux et du compost (LA nourriture de base du mexique, vous l'aurez compris - les frijoles et le maïs hein, pas le compost), planté des macadamias (miam), créé des énormes tas de compost, récolté et écossé au moins 10kg de frijoles (les plus beaux qu'on ait jamais vu, jugez par vous même), et encore et toujours ... désherbé (on aime presque ça maintenant !).

Huerto ! 

Niveau déco d'intérieur, on a poncé du parquet, on fait des enduits avec un mélange terre-eau-herbes sechées (ici, le "pasto de lemon" remplace bien souvent la paille) qu'on avait préalablement coupées, et de la peinture naturelle avec un mélange de chaux-nopal. Le quoi ?

Le Nopal : c'est un cactus comestible (le figuier de barbarie est de la même famille), il pousse partout au Mexique, et il est souvent consommé au petit-déjeuner avec des œufs et des tomates, ou en poêlée de légumes; il a un goût proche du haricot vert ou de l'asperge. Apparemment, il aurait des vertues antidiabétiques et aiderait à soulager les douleurs gastriques, et même diminuer l'effet gueule de bois (M-A dirait Mex+3 mais Armel Fr+2 car il n'aime pas le nopal, donc disons 1 partout). Le nopal fait tellement partie de la culture mexicaine qu'il figure même sur le drapeau du pays !

Peinture, enduits terre, ponçage des sols...  

Autrement, Armel s'est découvert une passion pour les bambous et les machettes, il aurait continué à découper la forêt si on ne l'avait pas arrêté ! Tous ces bambous coupés nous ont servis à construire une magnifique cabane pour sécher le linge, avec Balta, le travailleur multi-tâches de Tierra de Niebla. Si vous êtes sages et curieux, on vous expliquera même comment on a appris à faire des niveaux avec un tuyau d'arrosage...

La cabane au fond du jardin .... 

Une fois nos heures de volontariat réalisées, c'est parti pour le meilleur moment de la journée : la comida ! D'abord, on a découvert plein de nouveaux plats traditionnels :

-le MOLE : c'est une sauce qui contient entre 20 et 50 ingrédients, à base de piment, cacao ou chocolat, sésame, cacahuète, tomate, tortilla frite et émiettée. Spécialité de Puebla (mole poblano) ou de Oaxaca (mole oaxaqueno), il existe autant de recettes de Mole que de cuisinier.e, mais il y a 7 recettes traditionnelles. On a goûté notre 1er mole en version vegan en sachet, c'était pas mal mais assez lourd, on continuera notre chemin de dégustation de mole à Oaxaca !

Mole, Mole, Mole ! 

-le POZOLE : c'est une sorte de ragoût familial à base de maïs blanc, et de viande (pour les carnivores) ou des champignons (pour les végés). Son nom d’origine, en langue aztèque nahuatl, est "tlapozonalli" qui signifie "mousseux". Le pozole peut être de différentes couleurs selon sa région d’origine et les ingrédients utilisés : vert (avec des piments et des tomates vertes), rouge (piments rouges), ou blanc (sans piment mais avec fromage). Historiquement chez les peuples Aztèques, après les sacrifices rituels où le cœur de la victime était offert aux divinités, le reste du corps était cuit avec du maïs et distribué à tous les participants, ou seulement entre certains prêtres, en une sorte d'acte de communion ! Une fois la pratique interdite, c'est de la viande de chien qui remplaça la viande humaine ! Rassurez-vous, on n'est devenus ni cannibales ni caninbales, on a opté pour la version champignons ;)

Pozole ! 

-les TAMALES : c'est une sorte de papillote à base de maïs. Une pâte de farine de maïs avec une farce constituée de viande ou de légumes est entourée dans une feuille de maïs et cuite à la vapeur. Le tamal (du náhuatl "tamalli", qui signifie "entouré") est d'origine préhispanique et serait cuisiné depuis plus de 5000 ans ! A l'origine, il servait de nourriture aux guerriers car faciles à transporter, c'est un peu l'ancêtre du sandwich en fait ! Armel a découvert la version sucrée (à la coco) en Colombie, qui apparemment serait bien meilleure que la version salée qu'on a gouté ici.

Tamales ! 

Et comme toujours, des explosions de saveurs dans nos bouches (et dans nos intestins), des découvertes de nouveaux piments ultra picante (essayez un peu le chile habanero), du fromage presque bon (queso oaxaca), des nouvelles sauces à la Koh Lanta (sauce chicatanas aux fourmis), et toujours une multitude de façons de cuisiner ou de plier les tortillas, base de la cuisine locale (c'est bon, mais on préfère quand même le pain - Fr+3 pour les boulangeries inimitables). On a aussi (re)découvert notre addiction au sucre, et on s'est empressés de cuisiner des desserts : crumble, beignets de fleurs de sureaux, tarte au citron... un régal (Fr+4 pour les pâtisseries inimitables) ! D'ailleurs, on a pu (re)confirmer la tradition des anniversaires = tête dans le gâteau ! Tiens, celui d'Armel arrive le 10 août ... va-t-il suivre la tradition mexicaine ? Réponse en image dans le prochain article ... 😉

A table ! 

Malgré la chaleur de la journée, les après-midis étaient souvent pluvieuses (et pas du crachin breton), donc on avait des occupations d'hiver et diverses : lire, se baigner dans la piscine naturelle (ok, ça c'est pas trop pour l'hiver), faire la sieste, se balader, discuter avec les habitants, jouer au ping-pong, poursuivre notre design de vie, et surtout Armel a pu reprendre la guitare, jouer tous les jours, et même apprendre des chansons mexicaines ! Et comme la musique ça se partage, on a même fait des super jam avec d'autres volontaires de l'ashram !

nos passe-temps favoris ! 

Le soir, c'était souvent soirée film sur l'ordi ou avec la famille : on a eu droit à toute leur vidéothèque française, entre bons et moins bons films français, sous-titrés en espagnol pour qu'on continue à progresser quand même :) D'ailleurs, ces 3 semaines en immersion nous ont vraiment aidé à perfectionner notre espagnol, on a refusé la facilité de communiquer en anglais et c'était super...! C'était aussi l'occasion de se rendre compte de tout le vocabulaire "inconscient" qu'on avait intégré pendant 2 mois et demi de woofing entre les fleurs.

Puis, l'effondrement technologique est arrivé lorsque M-A a fait tomber l'ordi et a cassé l'embout du chargeur ... plus de films à regarder, ni d'ordi pour rédiger les articles du blog (c'est notre excuse officielle). Entre temps, l'appareil photo a aussi décidé de ne plus s'allumer ... Il faut croire que dans cet univers de vie simple et de réduction de consommation d'énergie nos appareils se sont adaptés ! Il nous aura fallu 2 semaines et une virée à Xalapa à la fin du woofing pour réparer tout ça et retrouver un peu de geekitude :D

Le dimanche, c'était journée collective : desayuno avec les membres de la communauté en mode bonne franquete - euh mexiquete, puis après quelques fous-rire et musiques endiablées, nous voici plongés dans l'aventure de tous les dimanche = le Temaskal ! Et oui, on a remis ça, et on est carrément devenus accros, tellement qu'on prévoit d'en faire un dans le jardin ; d'ailleurs si vous connaissez des endroits pour trouver des pierres volcaniques ou type sauna, on est preneurs :D Ces Temaskals étaient d'un autre type, de forme ovale, plus familial et plus "libre", dans le sens où on peut entrer et sortir quand on en a besoin. C'est un vrai espace de centrage, de gratitudes, d'intentions positives, un lieu pour déposer nos remerciements et nos affections pour les autres, pour les éléments, pour des événements, pour la vie, et aussi pour déposer ce dont on a besoin de se libérer, des paroles ou des émotions ! Et c'est surtout une expérience collective, qui unit, crée et resserre des liens d'amour et d'authenticité entre les membres. Un espace bien utile à la vie en communauté, et à la résolution des conflits et l'apaisement des relations (Temaskal+3!) !

Desayunos y Temaskals = des expériences communautaires ! 

En résumé, ces 3 semaines ont été une magnifique expérience, avant tout humaine, mais pas que ! On a pu vivre en immersion un mode de vie écologique, simple, sobre, et tellement joyeux et bienveillant ! Le mode de vie, les valeurs, les maisons, les habitants en communauté ... tout ces éléments nous ont largement inspirés, et nous confirment notre chemin vers une création d'écolieu ;) Et si vous avez suivi le comptage des points, vous pourrez deviner s'il sera plutôt version française ou version mexicaine :D

muchas gracias Tierra de Niebla ! 

La suite : Pour notre dernier mois avant le retour en France prévu fin août, on entame le voyage direction Oaxaca (El corrazon del mundo dixitles mexicains) et les Chiapas ... Oui oui, après 5 mois on a toujours la drôle d'impression constante que "c'est que le début, d'accord d'accord"...

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... "et ça continue encore et encore" ...

Après notre séjour auprès de la communauté de Tierra de Niebla, nous voilà partis pour l'état de Oaxaca (prononcé "ouaraka"), ou "el corazon del mundo" ! Mais avant ça, on a fait une dernière étape dans l'état de Veracruz à Xalapa, où on a pu faire une course d'orientation de quelques heures avec thématique "réparation de chargeur d'ordinateur Asus avec embout micro usb quadra punta" (on vous met au défi de réussir à trouver un réparateur de chargeur à embout européen Asus à Xalapa en moins de 4h, on vous paye une quesadilla si vous y arrivez!).

Xalapa 

Arrivés à Oxaca city après une brève nuit de bus, on arrive dans notre hostel aux allures babos, avec une chambre hyper spacieuse et un roof-top bien agréable ! On restera quelques jours à découvrir avec plaisir une ville coloniale bordée de montagnes, des rues chaleureuses et authentiques, où se mêlent street-art et art colonial, et beaucoup de "resto galerie" exposant les œuvres des nombreux artistes. Mais Oaxaca, c'est surtout le paradis que des marchés d'artisanat en veux-tu en voilà, et tout ça malgré le fait que la ville soit déserte et désanimée en comparaison d'un temps hors-pandémie !

Oaxaca ciudad 

D'ailleurs le Mexique est loin d’être sortit d'affaire en ce qui concerne le coronabirous. Avec des frontières constamment ouvertes et un mode de vie mexicain "au jour le jour", les mesures sanitaires risquent de ne pas baisser rapidement. Le voyage dans le Mexique n'est donc pas impossible, mais il nécessite d'user plus souvent de nos capacités de planification et d'anticipation (on se dit aussi, au grand regret d'Armel, qu'il est préférable d'éviter les modes de voyage du style "j'irai dormir chez vous". C'est cool d'avoir la chance de voyager, mais ça l'est moins si ce privilège fait courir de possibles risques à des locaux).

On a passé une demie journée à chercher ce qui était faisable niveau visite de site archéo / villages / parcs nationaux autour de la ville de Oaxaca et dans l'état, à coup d'appels, de messages whatsap et de mails. Grand moment de solitude et petit coup de blues après quasi 4h de réponses négatives et de refus. On avait l'impression d'être des recruteurs de donateurs Greenpeace.

En allant se promener dans les rues on a croisé beaucoup vendeurs ambulant de "bidules sans réelle utilité" , et de plus en plus on trouve les mexicains très courageux (la pauvreté doit pas mal aider aussi) : beaucoup passent leur journée à tenter de vendre tout et n'importe quoi aux touristes, mais aussi aux locaux, dans la rue, dans les restos ... ils n'hésitent pas à entrer dans un resto nous proposer de la bouffe alors qu'on s'apprête à manger le plat du resto, et même parfois à passer leur tête à la porte du jardin pour nous proposer leurs babioles ! On les voit aussi très souvent travailler toute la journée sous une grosse chaleur et toujours avec le sourire, normal ! On se dit que nous, à leur place, on aurait tenu 4h avant de se poser des questions sur le sens de nos vies et de nos actions, et on se sent encore une fois privilégiés en tant d'européens pas galériens.


A oaxaca, il y avait quand même de chouettes ballades à faire autour de la ville, dont une avec un panorama particulièrement remarquable sur la ville et les villages alentours, qui passait au dessus du grand auditorium surplombant la ville. Cette semaine là, il aurait du être rempli par des visiteurs du monde entier venus assister à la fête des danses folkloriques (c'était loin d'être le cas, comme vous pouvez le voir sur les photos). Et pour vous prouver qu'on est toujours au Mexique et qu'on ne vous ment pas : on trouve encore des cactus aux premiers plans des panoramas !

Ballade sur les hauteurs de Oaxaca 

Bon, en vrai, dans notre grande quête ̶d̶e̶ ̶s̶p̶i̶r̶i̶t̶u̶a̶l̶i̶t̶é̶ d'endroits attirants et ouverts à Oaxaca on a finalement trouvé des lieux à peu près ouverts dans les montagnes et sur la côte : 1e étape, ce sera San José del Pacifico ! On ne savait pas trop comment y aller, mais en demandant dans la rue on nous oriente vers une compagnie de mini bus : Huatulco 2000 ! L'achat du ticket de bus fut l'occasion de confirmer que les masques ou "cubrebocas" potentiellement, ça peut vachement limiter en terme de communication étrangère. Arriverez-vous à deviner à qui était le nom inscrit sur le billet ?

Ah oui, on a eu une 2e surprise avec Huatulco 2000, on s'est rendu compte que notre billet couvrait non seulement le voyage, mais également le manège à sensation le moins cher du Mexique (190 pesos (7 euros) pour 3H de shaker ! En France, pays de radins, on peut facilement payer 10 euros pour seulement 10 minutes). On apprendra plus tard que sur cette route slalom particulièrement cabossée, beaucoup de passagers se gavent de médicaments anti-nausée avant de monter ... on saura pour la prochaine fois ! Même si on râle un peu, on est contents d'avoir expérimenté les différents types de bus Mexicains. Parce que question déplacements, il faut savoir qu'au Mexique le réseau ferroviaire est quasi inexistant, laissant la place à tout une panoplie de 4 roues motorisés :

- Les camionettas : des camionnettes avec une remorque ouverte pour transporter les passagers sur de petites distances. Ça serait pour transporter des sacs de ciment ça marcherait aussi

- Les colectivos : des minibus d'environ 12 places pour des trajets inter-villes.

- Les autobus de seconde classe : des bus avec +/- d'amortisseurs, pour des trajets régionaux

- Les autobus de première classe : tout confort, WC, TV, amortisseurs (vous les sentez vraiment uniquement après avoir testé des colectivos), sièges propices pour une sieste (ou une nuit).

Bon, on n'est pas devenus zinzins des bus non plus, faut pas croire hein juste parcequ'on en parle 3 minutes ^^

Mexican tranportes 

Après notre périple, on est bien arrivés, un peu pâles, à San José del Pacifico. C'était la première fois qu'on voyait des Mexicains avec des bonnets aha : 2350 m d'altitude, ça peut se comprendre plus facilement ! On a pu se faire plaisir avec plusieurs randos dans ces montagnes nuageuses réputées pour ses champignons ! Et même les partager avec Mélanie et Romain, un couple de Français également au Mexique depuis plusieurs mois. C'est chouette de rencontrer des gens vivant une situation globalement similaire : eux aussi arrivés au Mexique en mars, ils ont du ré-aménager leur planning de tour de monde de 1an, en quête de pays aux frontières ouvertes. On se rend compte que nous sommes beaucoup de voyageurs a avoir dû renoncer à nos rêves, et les revoir pour en vivre d'autres ... Finalement, nous resterons quasiment 1 semaine dans ces belles montagnes, à randonner quotidiennement et profiter de l'air pur, de la tranquillité, des petits chalets avec vue panoramique, et aussi du froid et de la brume... avant de filer vers la côte la plus chaude du Mexique !

San Jose del Pacifico 

Seulement 3 heures plus tard et 50 km à vol d'oiseau (mais pour nous ça fait bien plus car on ne vole pas), on s'était pris au moins 20 degrés dans le radiateur ! Mega gros choc thermique, on s'est empressé de tasser énergiquement nos pulls au fond de nos sacs et de ressortir l'anti-moustique ! La bonne nouvelle, c'est qu'à Mazunte, il y avait de très belles plages avec une eau chaude, mais eau quand même ! Au programme : farniente, baignades, ballades sur la côte à Punta Cometa, on profite des restos et de l'ambiance babos-hippie, et on s'est même autorisé une ballade en bateau pour aller admirer des dauphins et des tortues, et faire la 1e sortie snorkeling pour Armel !

Mazunte 

Après quelques jours, on a remonté la côte pour aller voir "La Punta" et sa plage Zicatela longue de 3,5 km. Une sorte de tourista nous a malheureusement rendus peu actifs pendant plusieurs jours... La zone de La Punta étant l'un des 10 spots de surf les plus prisés au monde, Armel s'est tout de même motivé pour un cours de glisse, juste assez pour comprendre qu'il ne serait certainement pas surfeur professionnel, dans cette vie là du moins. En vrai il a bien aimé et il a réussi à surfer, c'était juste un peu laborieux. Pas étonnant vu son niveau de natation, égal celui de son espagnol c'est à dire... en progrès ! C'est bien en progrès :D

Bon ok ok, sur la photo c'est pas Armel ... 

Un jour et quelques vagues plus tard, on a poursuivi notre ascension vers le nord jusqu'à Puerto Escondido dans une très charmante maison d’hôtes, la Casa Azul, pleine de hamacs ! On a découvert les belles criques locales, on a refait un peu de farniente sur différentes plages (M-A pense à postuler pour un concours de bronzage), et on a continué nos découvertes gustatives "menu spécial tourista". Comme c'était notre dernière semaine à Oaxaca, on en a aussi profité pour gouter une dernière fois les spécialités locales, comme le Mole (sur lequel vous devez être incollables puisqu'on vous en parlé dans notre dernier article 😛 ). Sur les 7 mole les plus connus, on en a dégusté 4 : mole verde, mole negro, mole amarillo et mole colorado, miam ! Et puis avec cette chaleur, on est totalement devenus accros à la "limonada" ... mais on essaie quand même de se limiter à 1L par jour pour ne pas devenir aussi obèses que les Mexicains, qui consomment des "refrescos" (=sodas) à longueur de journée ! On a appris qu'ils en consomment 160L/pers/an, soit 3x plus qu'en France, et que c'est un des pays où les taux d’obésité et de diabètes sont les plus forts du monde, même chez les enfants ! Il faut dire que coca-cola est partout et l'une des 1e économies du pays, et que les "tiendas" (épiceries) ne vendent que des sodas, des chips et des gâteaux ! Même les pharmacies sont des mini-supermarchés où se mêlent friandises, sucreries, chips et sodas aux médicaments, vendues par des employés à blouse blanche, comme si tout ça était médicinal !

les belles plages de Puerto Escondido 

On a aussi passé une journée découverte des mangroves dans les lagunes de Chacahua lors d'une excursion avec Alonzo, un guide très avenant. C'était comme une pause dans l'espace-temps de se ballader en barque dans ces paysages de mangroves, avec les nombreux oiseaux volant avec nous ... après la ballade en lancha, on a pu déguster l'un des poissons du lac et profiter de la baignade, remontant le courant tels des saumons ...

Lagunas de Chuacahua 

Allez, revenons plutôt au 10 août, et à la question que vous vous posez tous : la réponse est OUI ! Pour son anniversaire, Armel a bien eu droit à sa tête dans une part de gâteau, et même 4fois ! Bah oui, M-A n'ayant pas trouvé de gâteau à la crème, enfoncer une tête dans un gâteau au chocolat durçi au frigo, ça marche beaucoup moins bien ! Armel a aussi eu des supers cadeaux dont un instrument Mexicain mystérieux nommé Jarana... on ne vous en dit pas plus, le reste s'écrira en musique ...

Feliz cumple Armel ! 

Notre prochaine étape, c'est l'état des Chiapas ! Mais petit problème, du fait de la pandémie, les bus qui relient Oaxaca à Chiapas ne fonctionnent pas. Seule solution écologiquement potable : faire le trajet avec innombrables bus de seconde classe dont il n'est possible de connaitre ni les horaires, ni les stations d’arrêts. Pour adoucir le trajet, on a donc décidé de le couper en deux et de faire une halte aux "baies de Huatulco" dont on nous a vanté les excursions de snorkelling. On ne nous a pas mentis, les quelques heures dans l'eau à la playa Violin et la playa La Entrada nous on permis d'observer de nombreux coraux magnifiques et de nager avec des bancs de poissons de toutes les couleurs. On n'a pas de photos malheureusement, il y avait un poisson qui tenait à son anonymat, et puis c'était difficile le faire changer d'avis, en espagnol, et puis avec le masque, tout ça tout ça ...

remarquez qu'il y a toujours des cactus au 1er plan des photos :D 

Après cette halte colorée, nous voici repartis pour un trajet 2nde classe, direction Les Chiapas ! La suite au prochain épisode ...

17

C'est la 1e fois qu'on écrit un article sans être au Mexique ... Celui-ci est rédigé depuis la France puisqu'on est bien rentrés, il y a de ça une semaine ! Le retour s'est bien passé, on est heureux de retrouver notre coloc, nos ami.e.s, nos repères ... et biensur le fromage, le beurre salé et la baguette :D

Mais avant ce retour, il y a encore eu 2 semaines passées dans les Chiapas, l'état le plus au sud du Mexique, frontière avec le Guatemala. Ces 2 semaines ont été très riches en découvertes naturelles et culturelles, puisque c'est l'état le plus indigène du Mexique (et aussi le plus pauvre), avec plus de 20% de la population issue des Mayas.

Nous arrivons d'abord à San Cristobal de Las Casas : perchée à 2000m d'altitude, cette ville coloniale avec les montagnes à chaque bout de rue est la capitale des Chiapas. On y trouve des rues en carrés, très colorées et animées, beaucoup de vendeurs ambulants, de marchés et de restaurants. C'est la 1e fois qu'on voit autant de monde dans les rues, ça grouille entre les locaux en tenue traditionnelle, les passants, les artistes, les quelques touristes et aussi beaucoup de mendiants. On y passera quelques jours à l'arrivée, et on y reviendra quelques jours avant le départ, dans l'auberge "Posada del abuelito", très animée et chaleureuse - une vraie vie en collectif ! On aura même l'occasion d'y faire des tortillas maisons !

San Cristobal 

A San Crisobal, on en a profité pour aller visiter le jardin botanique "Moxviquil" : orchidées, plantes grasses, arbres majestueux, forêt ... un vrai paradis de la biodiversité ! On y a fait une "randonnée" de 2km, accompagnés par un guide et une famille mexicaine, et on s'est rendus compte qu'ici, l'activité physique est bien moins pratiquée que les repas gras :D

Jardin botanique de Moxviquil 

En parlant de nourriture, c'est aussi à San Cristobal qu'on a enfin réussi à goûter quelques spécialités locales : "el Elote", un épi de maïs bouilli sur lequel on ajoute de la mayo, du fromage en poudre et du chili, et "el Pozol", une boisson fraiche de maïs-cacao qu'on a cherché pendant plusieurs heures, fameuse boisson traditionnelle Maya qui a petit à petit été remplacée par le coca-cola dans les rituels indigènes ! Les chiapas, c'est aussi le paradis du cacao (à boire, à manger, à cuisiner...) et du "pox" (pronconcer poch), un alcool de maïs-sucre de canne-blé assez fort, utilisé pour les rites mayas de purification et de célébration. Biensur, on a dégusté tout ça, on ne pouvait quand même pas passer à côté des spécialités locales :p

miam miam ! 

Après ces quelques jours animés à San Cristobal, nous partons nous mettre au ̶v̶e̶r̶t bleu, direction les "lagos de Montebello", un parc naturel comprenant une cinquantaine de lacs, chacun ayant sa propre nuance de bleu ! On arrive dans le petit village de Tziscao, où on dormira dans un petit chalet en bois au bord du lac, le top niveau vue et tranquillité ! Ici, tout est ralenti, paisible et propice à la reconnexion. On alternera ballade à pied, en canoé, et en moto-taxi, en visitant les lacs de Montebello, Cinco Lagos, Pojoj, Tzicao et Internacional. Découvrez-vous même la palette de couleurs, c'était vraiment magnifique !

Lagos de Montebello 

On a aussi fait une ballade à cheval, c'était un peu bizarre car notre guide (de 70ans!) et son petit fils (de 3ans) nous accompagnaient à pieds, alors que nous on étaient "sur nos grands chevaux" ... Ceci mis à part, la ballade était bien sympa et nous a permis de voir la magnifique forêt du parc national, avec ses grottes et ses cenotes !

Ballade à cheval 

Là-bas, il faut croire que l'espace temps était différent, puisqu'en 1jour on a réussi à voir Los Angeles, Le Mexique et Le Guatemala ! Qui a dit que les frontières étaient fermées ?! ...

don de téléportation ? 

De retour à San Cristobal, on découvre une autre facette de la ville et de la région : le Zapatisme. Vous connaissez surement le célèbre "sous commandant Marcos" et ces révolutionnaires en passe-montagne ? Et bien oui, le zapatisme c'est ça, mais en un peu plus complexe ;) Allez, un petit focus comme vous les aimez : en 1994, un soulèvement de l'EZLN (armée zapatiste de libération nationale) prend la ville de San Cristobal de las Casas, défendant des valeurs anticapitalistes et altermondialistes. Après seulement 5 jours de discussions, ils lâchent les armes et signent les accords de San Andres, et obtiennent l'autonomie de plusieurs municipalités, aujourd'hui regroupées en "caracoles". Ce mouvement révolutionnaire lutte pour les droits et la dignité des indigènes, des minorités et des femmes, et prône une vie en communautés autogérées, plus en harmonie avec la Nature.

Zapatisme, éco-feminisme, écologie, vie en communauté ... le fil rouge de notre voyage se révèle jusqu'aux derniers moments, et la vie nous fais un beau clin d’œil ;) On a très envie d'en découvrir plus sur ce mouvement zapatiste, découvrir leur organisation horizontale, leurs modes de gouvernance et de prises de décision, leurs façons de vivre et d'interagir, mais il ne nous reste que 2 jours au Mexique ! Alors, une graine est semée et elle pourra peut-être éclore lors d'un prochain voyage ... ?

Mouvement zapatiste 

Durant nos 2 derniers jours, on fait une halte pour découvrir le "Cañon del Sumidero", une grande faille géologique formée il y a plus de 40 millions d'années, dans laquelle coule le fleuve Grijalva depuis le Guatemala. Avec ses falaises de près de 1000 mètres de hauteur, autant vous dire qu'on se sent minuscules et que le silence laisse place à l'admiration des paysages ! On raconte que lors de la conquête espagnole, le peuple des Chiapanèques a résisté longtemps, avant de se jeter du haut de la falaise, préférant la mort à la domination. Devant la scène, le capitaine espagnol, ému et atterré, aurait ordonné le cessez-le-feu et fait sauver les derniers survivants. Nous, on préfère le bateau plutôt que le grand saut, alors on prend prend une lancha avec d'autres touristes, et c'est parti pour 2h de navigation dans ces eaux pleines de cascades, de crocodiles, d'oiseaux et ... de déchets ! Et oui, car du fait de l'étroitesse du fleuve, du barrage et de la convergence des eaux (et de la surproduction en masse hein quand même), c'est 5000 tonnes de déchets qui s'accumulent chaque année dans ce fleuve pollué ! On n'est pas sur le 6e continent, mais on ne doit pas en être loin ! La traversée de cette île aux déchets est assez déstabilisante, mais les paysages restent grandioses et valent le détour !

Canyon Del Sumidero 

Cette halte majestueuse signera notre dernière visite, puisque l'heure de notre retour à Mexico arrive. Nous prenons un vol interne vers la capitale, où nous passerons une journée de transition à flâner au marché, faire les derniers achats et les derniers préparatifs avant le grand départ. Il faut dire que dans nos sacs se cachent quelques surprises sucrées, piquantes, vibrantes et tranchantes ... Armel a 3 nouveaux compagnons de voyage : une jarana, un comal (pour cuisiner les tortillas), et une machete !

Mardi 26 aout 2020 : nous y voilà, après 6 mois au Mexique, il est temps de le remercier et lui dire au revoir ! On est un peu émus et tristes de quitter ce pays qui nous a si bien accueillis (surtout dans cette période un peu compliquée), et ses habitants si chaleureux et joyeux ! On est aussi contents de revenir en France, de retrouver la coloc, nos repères et aussi de vous retrouver toutes et tous ! Car même si on en a pas mal raconté sur ce blog, on a encore plein de choses à vous dire et encore plus à partager :D

Mercredi 27 aout 2020 : "le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend"

M-A a souvent chanté cette comptine étant enfant, et là, elle devient vraie ! Entre le départ du Mexique et l'arrivée en France, mais où est donc passée la nuit ? Alors après 12h de vol, 1 escale à Madrid, 1 test covid chacun (negatif, rassurez-vous), 1 métro, 1 train, 2 trams plus tard, nous voila de retour à la maison ! Les colocs nous ouvrent les portes et c'est presque comme si on n'était pas partis ;) Depuis, on essaie d’atterrir et de se recaler (le jour / la nuit), on a repris le pain, doublé notre consommation de beurre et triplé celle de fromage ! Et oui, il faut bien se remettre dans le bain français, même si depuis, il y a souvent une petite salsa au chili qui colore nos assiettes et éveille nos papilles...