Carnet de voyage

BIRMANIE - CAMBODGE

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Après la Chine, la Mongolie, et l'Indonésie, la suite de notre périple de 6 mois en Asie et en famille !
Août 2019
3 semaines
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Publié le 30 août 2019

Des pagodes dorées qui sortent de la végétation, les hommes portant des jupes longues, les femmes et les enfants avec du maquillage doré sur le visage et les bras, des gens calmes, discrets, toujours prêts à vous aider et surtout très souriants… pas de doute, nous voilà bien arrivés en BIRMANIE !

Alors… doit-on dire Birmanie ou Myanmar ? D’après ce qu’on a lu, c’est un sujet plutôt sensible. Depuis 1989, la junte militaire au pouvoir a rejeté le nom Birmanie, utilisé depuis le XIXème siècle, pour celui de Myanmar ou République de l’Union du Myanmar (pour la version longue !), reconnu comme nom officiel par les Nations Unies. Mais de nombreuses communautés et plusieurs pays, dont la France, continuent d’appeler le pays Birmanie !

De Chine, nous avons atterri à Mandalay, petite ville de plus d’1 million d’habitants et la 2ème du pays ! La spiritualité tient une place particulièrement importante chez les birmans ; on croise des moines partout et à tous les coins de rue se trouvent des pagodes, ces temples pleins de bouddhas.

Mandalay est souvent juste une ville étape pour les touristes de passage. Même si certains ne la considèrent pas comme faisant partie de la « must to do list » d’un voyage en Birmanie, on a beaucoup aimé cette ville qui recèle plusieurs pépites !

Plusieurs possibilités s’offrent à nous pour visiter Mandalay :

- Le vélo : mais vu la chaleur et les distances à parcourir = trop sportif !

- Le scooter : avec le célèbre passé « bikeur » de Marion et la circulation anarchique de la ville = trop aventureux !

- La voiture : trop classique, mais surtout… trop cher !

- Le TUK-TUK…Rigolo, cheveux au vent, et pas cher !

Vous imaginez aisément le moyen de transport qu’on a privilégié ! En ville, en plus du tuk-tuk, on a pas mal utilisé un dernier moyen, le plus économique de tous, nos gambettes !

Nous commencerons notre visite de Mandalay par le Palais Royal, qui présente peu d’intérêt en tant que tel, si ce n’est d’être situé à côté de trois autres sites à ne pas rater : les pagodes Sadamuni et Kuthodaw, et la colline de Mandalay.

La particularité de ces 2 pagodes voisines est que leurs stupas abritent 729 stèles de marbre gravées, qui mises bout à bout forment le plus grand livre du monde ! Une énorme bibliothèque en plein air !


Dès le début de nos visites, on découvre qu’en Birmanie il y a quelques règles vestimentaires à respecter, et de nombreux panneaux les rappellent régulièrement ! On délaissera vite nos baskets au profit de nos chères tongs, car c’est rapidement pénible d’enlever et de remettre chaussettes et chaussures avant et après chaque visite !

Après un petit détour par le zoo de la ville pour Zoé, le clou de la journée sera la visite en fin d’après midi de la colline de Mandalay. On devait se faire déposer en tuk-tuk à son pied, mais suite à un malentendu avec notre chauffeur, celui-ci nous dépose directement à son sommet ! Et heureusement, car pour y monter, il aurait fallu gravir 1800 marches pieds nus, et vu l’heure déjà tardive, on ne serait jamais arrivé à temps pour assister au fameux coucher du soleil ! Les descendre sera amplement suffisant pour clôturer la journée !

Au sommet de la colline, nous découvrons un panorama splendide de la ville et ses environs. Cet endroit est également très prisé des moines et des étudiants qui sollicitent les touristes pour discuter et pratiquer leur anglais. Sympathiques échanges tout en admirant les couleurs du jour décliner. On notera quand même une nette préférence des moines à engager une discussion avec des groupes de femmes célibataires, plutôt que de gentilles familles… D’après le sens aigu d'observation de Luc, l’intérêt des moines semble nettement inversement proportionnel à la longueur des vêtements des occidentales !


Le lendemain, direction la pagode Mahamuni. On y découvre son énorme bouddha couvert de plusieurs kilos de feuilles d’or et qui grossit chaque jour un peu plus ! En effet, on peut acheter une feuille d’or pour la modique somme de 2500 kyats (1,50 euros), en faire offrande au bouddha et elle sera ensuite délicatement appliquée dessus par les moines. Vu l’imposant dispositif de sécurité, on n’ose pas imaginer le nombre de kgs d’or qui le recouvrent déjà ! En tous cas, ce bouddha en impose avec son allure sacrément boursoufflée à l’exception de son visage tout lisse, nettoyé et poli tous les matins par les moines !

On pensait que l’attrait de faire des photos avec les occidentaux était un passe-temps typiquement chinois mais ici aussi on est beaucoup sollicité, voir même plus, et par des familles entières ! Contrairement en Chine, ici les gens sont en plus très tactiles, et sans rien voir venir on se retrouve d’un coup avec un bébé dans les bras ; souvent c’est rigolo, mais ça l’est moins pour Zoé qui se fait toucher régulièrement le visage !

Plus tard dans la journée, nous irons faire un tour au grand marché de Zegyo. On aime toujours autant déambuler au milieu des étals, plein de couleurs et d’odeurs ! Moins évident pour Zoé d’apprécier ces lieux de vie et les odeurs de poisson séché avec la chaleur écrasante du jour écourteront quelque peu la visite !

Du coup, direction le marché de jade, tout aussi bruyant mais bien moins odorant ! Ce marché en plein air est immense ; plus de 30 000 personnes s’y affèrent chaque jour à tailler, polir, spéculer et vendre ces pierres précieuses ! Le jade est extrait des mines dans le nord de la Birmanie, partie du pays dont l’accès est interdit aux touristes. Les plus gros acheteurs de ces pierres sont les chinois qui la considèrent comme la plus précieuse de toutes car pour eux, le jade a des vertus médicinales et spirituelles très puissantes. Même si le marché est ouvert aux touristes, très peu font le détour pour visiter ce lieu unique. Pourtant, déambuler dans ces petites allées en regardant les tailleurs observer minutieusement les reflets à la lampe torche, choisir et tailler les blocs de jade puis les vendeurs écouler leur marchandise en direct ou à l’aide de leur portable par vidéo à des grossistes chinois, est une expérience passionnante.

Le soir, nous assisterons à un autre type de spectacle, celui de marionnettes ! Très célèbres et typiques du pays, ces marionnettes s’animent pour raconter des contes traditionnels, mais ce spectacle laissera Luc un peu dubitatif ! Par moments le rideau se lèvera pour qu’on puisse admirer la dextérité des marionnettistes. Zoé a beaucoup aimé et s’entraîne depuis activement avec sa petite marionnette… cheval ! Le seul moment qui mettra tout le monde d’accord sera la danse d’une marionnettiste imitant elle-même une marionnette ! Très impressionnant !

Arrivés très en avance, on nous conseille d’aller faire un tour à la pagode d’à côté en attendant le début du spectacle. En entrant de nuit dans ce lieu de prières tout illuminé, on ne peut s’empêcher d’avoir un flashback de nos belles années à l’entrée du « Paladium » ou du « Macumba » ! Ici, pas de conso offerte mais l’entrée reste gratuite pour les filles et les garçons, même après 23h !


Notre dernière journée sera consacrée à la visite des alentours de Mandalay, où se trouvent plusieurs anciennes cités royales. Nous louerons un tuk-tuk à la journée. Bien négocié c’est le moyen de transport familial le plus économique et de loin le plus agréable. Il permet surtout d’éviter des engueulades entre nous car notre chauffeur, même s’il ne parle pas vraiment anglais, est vachement plus efficace qu’un GPS pour trouver la bonne route, et surtout bien plus sympa, même si Luc lui préférerait la voix suave de la dame qui vous dit quand tourner !

On commencera cette journée par l’ancienne cité royale Mingun, la plus éloignée, située au bord d’un fleuve à une petite heure en tuk-tuk. On traversera de jolis paysages de campagne avec des maisons en bambous tressés, rivières, champs et rizières. On y trouve des vestiges de stupas, des pagodes et leur célèbre cloche, qui serait la plus grande non fêlée au monde.

On découvrira encore les cités de Sagaing, et celle d’Awa, bordées de rivières, collines avec pleins de sites de prières, méditations et de pagodes.

On terminera la journée par Amapura, la cité de l’Immortalité située à 11kms au sud de Mandalay, pour aller y admirer le célèbre pont U-Bein, datant de 1849, qui traverse le lac de Taungthaman. Le pont U-Bein est la plus longue passerelle au monde en bois de TECK : 1,2kms de long et 1086 piliers (…on vous cite le guide car on avoue qu’on ne les a pas comptés !) ! En Birmanie, cette essence de bois est vraiment à l’honneur. Depuis notre arrivée à Mandalay, nous avions déjà visité plusieurs monastères entièrement construits en Teck ; et vu ce que nous ont coûté nos meubles de salle de bain, on comprend mieux l’étendue du mot « trésor » en contemplant ces joyaux du patrimoine birman.



On décide de louer une barque pour profiter pleinement du spectacle du soleil qui se couche avec le pont en toile de fond. Les couleurs sont magnifiques et l’ambiance tellement paisible ! Cette fin de journée, bercée par le léger roulis de la barque a été un moment magique qu’on prolongera par une balade sur le pont jusqu’à la nuit tombée.



Notre voyage en Birmanie s’arrête provisoirement après cette micro semaine à Mandalay. Ce pays était notre point de sortie de Chine au moment de faire les formalités pour obtenir nos visas chinois. Même si la météo est plutôt clémente depuis notre arrivée, nous sommes encore en pleine mousson et la période n’est pas propice pour 2 étapes qu’on veut absolument faire ici : un trek dans la région d’Inle pour Luc, et surtout le rêve de Marion de survoler les temples de Bagan en montgolfière. Ce vol ne peut se faire que d’octobre à avril ! On avait pourtant lu plusieurs articles sur Bagan, mais aucun ne mentionnait ce petit détail saisonnier, pas même la « bible » du backpacker… le fameux Lonely planet ! Quand on ne programme rien à l’avance, ça offre beaucoup de libertés, mais le revers peut être ce genre de situation qui nécessite un minimum de planification !

Pas grave… Du coup, on s’envole pour l’Indonésie plus tôt que prévu, pour mieux revenir ici dans quelques mois à la découverte du reste de ce pays qui a l’air magnifique à tous points de vue !

19
oct

Après 7 semaines passées en Indonésie, notre nouvelle étape du voyage est le Cambodge. Nous atterrissons à Siem Reap, ville située au bord du lac Tonlé Sap.

Cette période de l’année correspond à la fin de la mousson et le lac Tonlé Sap, plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est, est à son niveau le plus haut. Durant la saison des pluies, le niveau du fleuve Mékong augmente fortement et se reverse dans le lac, qui passe de 3000 km2 à près de 13 000 km2 ! Vu du ciel, à cette époque, le Cambodge semble totalement inondé !

A la sortie de l’aéroport on retrouve notre moyen de locomotion favori d’Asie, le TUK TUK ! Encore différents de ceux qu’on a pu prendre jusqu’à présent, à Siem Reap ils ressemblent plus à des calèches. Les cambodgiens semblent être les rois du tuning de tuk-tuk ; on en a vu plusieurs bien rigolos, mais notre palme sera décernée au tuk-tuk... KARAOKE ! (pas de photo malheureusement...)

On a adoré la ville de Siem Reap même si elle ne doit sans doute pas être très représentative du reste du pays. Cette ville qui est également la porte d’entrée de la fameuse Cité d’Angkor, attire chaque année des millions de touristes ; et le fait qu’on soit encore en basse saison touristique a du contribuer fortement à la réussite de notre séjour ici.

A cette période de l'année, Siem Reap reste une ville très animée et très agréable où on a beaucoup aimé se balader. Elle propose de nombreux marchés bien sympathiques (même si Zoé a toujours autant de mal avec les odeurs), des spas un peu partout et d'innombrables restos, certains de très bonne qualité à des prix vraiment raisonnables (y en a pour tous les goûts,) et du coup on a pu se faire un peu plus plaisir que d'habitude … même si les roulottes de "street food" sont partout !

Marion et Zoé abandonneront Luc pour une bien chouette soirée filles au cirque du Phare, spectacle d’acrobates plein d’humour !

Depuis Siem Reap, on peut rejoindre les bords du lac Tonlé Sap pour visiter ses villages flottants ; mais lequel choisir ? On fait la connaissance d’un chauffeur de tuk-tuk bien sympathique, "Mister.CHI" (et oui !), qui sera notre pilote pour nos visites de la région des prochains jours. Après avoir discuté avec lui, il nous conseille d’aller voir le village flottant de Kampong Phluk. Il est plus loin et plus difficile d’accès que d'autres, mais parait-t-il très joli à cette période de l’année, et surtout moins touristique !

On part en milieu d’apm pour cette escapade. Il nous faudra plus de 45 mn de tuk-tuk sur une route assez cabossée et pas mal poussiéreuse pour rejoindre l’entrée du village de Kampong Phluk où vivent environ 700 habitants.

Là où la route en terre s’arrête, se trouve l’embarcadère. On paye nos places au guichet et on nous fait monter à bord d’un bateau, où on se retrouve seuls tous les 3.

Notre embarcation est des plus rustiques et lorsque notre énorme capitaine (s’approchant fortement du 2ème quintal !) démarre péniblement le moteur, on se demande si on ne tombera pas en panne… et ça ne ratera pas ! Le début du trajet pour rejoindre le village se passe bien malgré les crachotements et la fumée noire du moteur.

On aperçoit les premières maisons sur pilotis hauts de 6 à 7m, et elles nous font oublier les caprices du moteur. On découvre un charmant petit village de pêcheurs très animé ! Assez drôle de voir la gendarmerie, l’église et autres bâtiments publics perchés au-dessus des eaux ! La profondeur du lac dans le village est d’environ 4m. On fait une pause dans le village où on descend de notre embarcation histoire de se désaltérer et de voir de plus près les activités des habitants.


Puis nous poursuivons notre « croisière » jusqu’à déboucher au lac proprement dit. Le lac Tonlé Sap est tellement immense, qu’on n’en voit pas les bords. Avec le clapotis des vagues, il nous donne l’impression d’arriver en pleine mer ! Ce lac a été désigné comme réserve de biosphère par l’Unseco en 1997 ; on y trouve une centaine de variétés d’oiseaux aquatiques, et 300 de poissons. C’est l’une des plus riches réserves de poissons d’eau douce du monde. Moment très sympa à la tombée du jour, malgré les gros nuages menaçants !

Le retour en bateau ressemblera moins à un long fleuve tranquille… Notre super capitaine, adepte des jeux-vidéos au volant, nous fera le coup de la panne… sèche ! C’est sûr qu’on ne peut pas se battre contre la planète entière sur "fortnite" et penser à acheter de l'essence ; y a des priorités quand même ! Le temps qu’il bricole son bidon en drainant un pauvre reste d’essence, et qu’il réamorce la pompe du moteur, on dérivera doucement mais sûrement dans la forêt immergée alentour…

Quand enfin le moteur redémarre en toussotant, notre embarcation est coincée au milieu d’arbres, de racines et de rochers affleurants ! Et là, notre capitaine sort son arme secrète… un immense bambou qu’il utilisera pour nous dégager de cette mauvaise passe ! On reprend notre route retour en traversant à nouveau le village, mais on commence à avoir hâte d’arriver car le moteur devient de plus en plus crachotant et la fumée noire des premiers temps devient blanche et très épaisse…

Notre capitaine finit par nous déposer à l’arrache à un embarcadère de fortune… Pour lui, la mésaventure ne s’arrête pas là. Et oui, grâce à sa manœuvre qui s'apparente plus à une manœuvre d'éperonnage qu'une mise à quai, il réussit à coincer le bout de son bateau sous l’embarcadère !! Bref, no comment ! On le quitte avec grand plaisir, lui et son bateau tout fumant ! On vous rassure, il a réussi à repartir juste après notre départ…

Le lendemain à Siem Reap, on vivra une autre grande aventure… le passage d’un gros cap pour Marion… ses 40 piges ! Elle sera gâtée par ses doudous ! Entre nombreux petits cadeaux et long massage, de quoi garder le moral malgré le changement de dizaine !

Le soir, on ira manger dans un des nombreux restaurants du centre… On a longuement hésité quel insecte choisir pour fêter dignement l’événement…



Finalement, le choix de la néo quadra se portera sur

… une cheniiiillle !!


A défaut de champagne, en se baladant dans la ville, on tombera sur la rue des cocktails… bars roulottes à l'ambiance au top !

22
oct
22
oct
Publié le 24 octobre 2019

Et voilà, c'est parti pour LA visite incontournable des alentours de Siem Reap… la célèbre Cité d'Angkor. Pour Luc, ce stop justifiait à lui-seul notre venue en Asie lors de l'élaboration de notre voyage ! Voir Angkor fait partie de sa "Must to do List" !

La Cité d'Angkor, classée au patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1992, a été la capitale de l'empire Khmer du IXème au XIVème siècle. Elle a été redécouverte par des explorateurs français en 1862 et s'étend sur près de 400 Km2, dont une grande partie est encore couverte par la jungle. C'est le plus grand site archéologique d'Asie du Sud-Est. Seuls les temples subsistent, les bâtiments d'habitation et les palais étaient en bois et ont disparu depuis longtemps. Ca c'est pour les grandes lignes... Nous n'aurons pas la prétention de vous faire un exposé sur l'histoire de ce site fabuleux ; vous trouverez bien mieux en utilisant votre moteur de recherche préféré.

La visite d'Angkor peut prendre plus d'une semaine pour les grands passionnés de vieilles pierres. Les billets d'entrée vous donnent accès au site pour 1 jour, 3 ou 7 jours. Une journée de visite étant trop frustrant pour Luc, une semaine étant trop long pour Zoé, nous optons pour un pass valable 3 jours, un bon compromis.

Et c'est parti ! Accompagné de "Mister CHI" (on aura beau lui demander, il nous donnera que son nom de scène gravé sur son tuk-tuk, et on n'arrivera pas à avoir son vrai nom …. ou peut être que finalement "Mister Chi" c'était son vrai nom !!), on se dirige aux guichets pour acheter nos pass. Vu l'immensité du lieu et le nombre de caisses, on imagine bien la foule de personnes que peut accueillir Angkor en haute saison. Ce matin, le hall est pratiquement vide. Tant mieux pour nous ! MC ( nous on trouve que ça "claque" encore mieux que Mister Chi !) nous explique que le site d'Angkor attire de moins en moins de touristes ; le peu de monde présent aujourd'hui n'est pas uniquement le fait de la basse saison. Marion, alias Jessica Fletcher, a mené sa petite enquête. Il s'avère que la Cité d'Angkor est délaissée par la classe moyenne chinoise (une baisse de plus de 30% quand même !) qui, avec la dévaluation du YUAN, a moins les moyens de voyager ( …pfff, même là c'est encore Trump le fautif, lol !). De plus, le tourisme au Cambodge se heurte à une concurrence très forte du Vietnam qui, avec une politique touristique assez agressive, attire de plus en plus de monde !

Notre pass en poche, on part à la découverte du site !

La visite d'Angkor se fait généralement selon 2 circuits aux noms très originaux de "grande boucle" et "petite boucle". La plus petite regroupe les sites majeurs les plus spectaculaires et il est généralement conseillé de commencer la découverte de la Cité par la grande boucle afin de garder le plus impressionnant pour la fin !

Comme vous pouvez le remarquer, la carte vient de www.virée-malin.fr

Il fait grand ciel bleu et après une rapide consultation de MC, celui-ci nous confirme que ce serait une bonne idée de faire les choses PAS comme les autres pour avoir moins de monde sur les sites ! On décide donc de faire nos rebelles et de profiter de cette journée magnifique pour découvrir le must d'Angkor dès notre 1er jour !

Et BAM !!!!

On commence directement notre tour par Angkor Vat, le must du must, le plus grand des temples du site. Ce temple est devenu le symbole du Cambodge qu'on retrouve sur le drapeau national. Entouré de douves, c'est aussi le mieux préservé et reste encore aujourd'hui un important centre religieux. Les visiteurs viennent ici généralement au petit matin pour profiter du lever de soleil. Du coup, à notre arrivée vers 9 heures, le site est déjà bien moins peuplé ! Le temps de trouver un guide francophone (ce serait dommage de ne pas profiter pleinement de cet endroit...), et c'est parti !

On profitera de toutes les explications intarissables de notre charmante guide. On se baladera deux bonnes heures dans cet énorme site. De nombreuses fresques aux mille légendes, certaines encore bien conservées, ornent les murs. On terminera par la belle vue d'Angkor Vat se reflétant dans les eaux de son lac juste devant.

Après Angkor Vat, on se dirige en tuk-tuk vers celui d'Angkor Thom. A l'intérieur de cette enceinte, on trouve différents temples, et des ruines de palais envahies par la forêt. Le pont et la porte d'accès au site avec ses statues et visages sont déjà splendides… on a hâte d'en voir plus !

Le principal temple du site d'Angkor Thom est celui du Bayon. Il est assez incroyable car chacune de ses tours (54 !) est ornée de 4 visages, 1 sur chaque côté… on vous laisse faire le calcul !


Nous poursuivons à pieds la découverte de ce site et arrivons au temple Baphuon, connu à son époque de gloire sous le nom de "montagne d'or". Pour la petite histoire, l'Ecole Française d'Extrême Orient entreprit sa restauration dans les années 70 suite à un effondrement important. Ils démantelèrent pierre par pierre l'édifice en notant sur des cahiers les références d'emplacement de chacune. Malheureusement, la guerre civile extrêmement violente menée par les Khmers rouges à partir de 1975 mis à mal le projet… et les Khmers rouges compliquèrent la tâche en brûlant tous les registres ! A la fin du conflit, les archéologues se remirent au travail, mais il a fallu des années pour réussir à reconstruire en partie seulement le Baphuon, et réassembler chaque pierre comme un énorme puzzle dont on aurait perdu l'image du modèle ! Dans la cour centrale, se trouve une gigantesque statue de Bouddha couché, avec ses pierres cubiques façon Lego, haute de 9m et longue de 70m !

En quittant le Baphuon, on se dirige vers les ruines du Palais Royal, et sa célèbre terrasse aux éléphants qui domine la place royale.

Notre première journée se termine par l'exploration du fameux temple de Ta Prohm, rendu célèbre par une bombasse aventurière, fan des poum-poum shorts, passionnée d'archéologie et à la gâchette sensible… mais ouiiii vous l'aurez deviné… Lara Croft dans Tom Raider ! Ce temple, en partie en ruines, a été volontairement laissé dans cet état où la nature reprend petit à petit ses droits ! La jungle qui envahit le site avec ses énormes racines d'arbres donne une atmosphère étrange au site et on se prend rapidement pour des explorateurs découvrant une toute nouvelle cité perdue ! Un des arbres est même surnommé "arbre-crocodile", tant l'impression que la jungle engloutit le site est forte !

Après une petite nuit de sommeil, lever… matinal ! Car impossible d'y couper, visiter Angkor signifie aller admirer le lever de soleil sur le site, au fameux temple d'Angkor Vat. Et on comprend pourquoi c'est incontournable… on vous laisse découvrir en images… nombreuses car choix difficile ! Moment magique pour toute la famille !





C'est pas tout ça, mais il nous reste encore la grande boucle aujourd'hui à découvrir, toujours drivés par Mister CHI !

On passera la journée à visiter différents temples, certes moins impressionnants que ceux d'hier mais très charmants car moins restaurés, certains en partie effondrés, envahis par la mousse, les lichens et les arbres. Ils donnent une idée de ce que devait être le site à sa découverte par les explorateurs au siècle dernier. L'ambiance y est mystérieuse et calme ; les lumières y sont splendides !



La Cité d'Angkor est à la hauteur de sa célébrité ! Ce site est époustouflant ! On arrêtera nos explorations après ces 2 journées bien remplies ! Comme aime dire Zoé, "Trop de temple tue le temple"!

On se repose à Siem Reap pour reprendre des forces avant le long trajet qui nous attend ; on quitte déjà le Cambodge, pour retrouver la Birmanie, prochaine étape de notre périple.

25
oct

Ce matin, nous entamons notre périple qui doit nous ramener en Birmanie depuis le Cambodge. On quitte la ville de Siem Reap en bus vers 8h. Il nous faudra environ 3h30 pour atteindre la frontière thaïlandaise. On passe rapidement les formalités de sortie côté Cambodge avant de marcher 200m, jusqu'au poste frontière côté Thaïlande pour passer les formalités d'entrée du pays. Pas plus compliqué, mais un peu plus long : il nous faudra patienter plus d'une heure avant d'obtenir le précieux tampon dans notre passeport !

On fait nos premiers pas en Thaïlande à la recherche de notre bus, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'on ne le reverra pas (… petite pensée à la vendeuse de billets qui nous avait bien précisé qu'on devrait reprendre le même véhicule de l'autre côté de la frontière… heureusement on n'a rien laissé dans le bus, lol !) ! Après quelques recherches, on embarque finalement dans un micro bus, du coup bondé car bien moins de places, et c'est reparti pour 4h30 de route jusqu'à Bangkok ! Arrivés dans la capitale thaïlandaise, on se fait larguer au bord d'une avenue sans plus d'explications de la part de notre chauffeur grincheux, malgré nos demandes insistantes de "Where are we ?". Car c'est bien sûr à ce moment là que la super application "Maps.me" décide de ne plus nous localiser, grrrr ! On se retrouve à pieds, à la tombée de la nuit, nos gros sacs sur le dos, dans une capitale inconnue, sans thune locale... bon bon bon... Pas de panique ! Notre esprit routard à l'ancienne sans smartphone (zuuut !!! on est si vieux que ça ?!!) reprend vite le dessus… On comprend que les gros axes en béton au-dessus de nos têtes sont ceux du métro aérien de Bangkok. On y monte et on se renseigne sur comment se rapprocher de l'aéroport en métro, car notre hôtel se trouve pas loin de là ! Renseignements pris sur l'enchaînement des transports, il nous faut acheter nos tickets…

Problème suivant : le distributeur de banque le plus proche est DANS le métro… Luc négocie avec une garde de le laisser passer juste pour retirer de l'argent avant de revenir acheter les tickets !

Quelques stations de métro plus tard, il nous faut à présent trouver le bon bus qui va nous amener jusqu'à l'aéroport… La chance nous sourira car on le verra passer du haut de la passerelle en sortant du métro ; quelques pas de course nous permettront de l'atteindre, ouf !


Une fois à l'aéroport, il est 20h, il nous restera un dernier km à pieds à parcourir pour atteindre notre hôtel, puis les 5 étages sans ascenseur à gravir pour trouver notre chambre, où on peut enfin poser nos sacs et se reposer de cette longue journée !

Le lendemain, on décolle au petit matin pour une heure de vol en direction de la ville de YANGON (anciennement Rangoun), au sud de la Birmanie. Nous voici de retour au pays des pagodes, des sourires et des longyi (...au sujet de ces longues jupes portées aussi par les hommes, une interrogation demeure encore… portées à l'écossaise ou non ? Luc mène l'enquête…) !


Yangon, actuelle capitale économique, est la plus grande ville du pays. Ancienne capitale de la Birmanie à l'époque coloniale britannique, cette ville aurait le plus grand nombre d'édifices coloniaux de toute l'Asie du Sud-Est. Assez étonnant ce mélange entre bâtiments coloniaux décrépis, buildings, et pagodes traditionnelles. Sacrée fusion de la vie asiatique moderne avec celle de la tradition birmane, comme la pagode Paya Sule située au milieu d'un carrefour important de la ville, et vieille de 2000 ans !



On passera quelques jours dans cette ville un brin chaotique, bruyante, avec différents quartiers aux multiples ethnies, grouillante de monde, au trafic ultra saturé avec des bouchons à toute heure, le tout sous une chaleur de plomb frisant les 40° !! On est loin de la plus calme Mandalay, mais Yangon vaut le détour et cache quelques pépites à ne pas manquer !

Visiter Yangon, c'est avant tout découvrir ses nombreux marchés ! Partout dans les rues, des marchands ambulants, stands de bouffe, légumes, viande, poissons… On se régalera à observer ces scènes de vies birmanes, même si on l'avoue on n'a pas trop osé goûter à certains stands de "Street Food" ! En général on aime bien ça, mais là les conditions d'hygiène nous paraissaient super limites avec de nombreux stands dressés carrément dans les caniveaux.


L'incontournable visite de Yangon, c'est son énorme pagode Paya Shwedagon ! Elle fait partie des sites les plus sacrés du bouddhisme et contiendrait plusieurs reliques de bouddhas, dont, tenez-vous bien : 9 cheveux ! Son stupa, haut de 100m, est recouvert de 27 tonnes de feuilles d'or et orné de milliers de pierres précieuses ! A admirer de près comme de loin, elle est impressionnante ! Sa visite se fait en général le matin où elle brille sous les rayons du soleil, et/ou le soir pour la voir illuminée dans la nuit ; les deux moments valent le coup ; on aurait du mal à choisir l'un ou l'autre après avoir fait les deux ! Une seule certitude, ça briiiiille !!!


Notre prochain stop nous amène jusqu'à la gare centrale, pour y prendre le fameux train circulaire ; encore un vestige du passé colonial de la ville. Ce train interurbain, construit par les anglais dans les années 50 est un peu le RER de Yangon. Cette boucle de 50 Kms répartis en 39 stations connecte la banlieue et les villes périphériques à Yangon en quelques 3 heures … oui vous l'avez compris, il ne faut pas être trop pressé ! Une virée en train circulaire est une immersion dans la vie locale. C'est le moyen de transport de loin le moins cher et le plus utilisé de la ville ; chaque jour entre 100 000 et 150 000 tickets sont vendus au prix dérisoire de 200 Kyats (10 cts d'euros). Pas difficile d'y monter … il y a une 20 aine de départs quotidiens de 3h45 à 22h15. Experience bien sympa à vivre.


Dans l'après-midi, on ira se balader dans le parc au bord du lac de l'autre côté de la pagode Shwedagon. On y restera jusqu'au coucher du soleil, savourant la belle vue sur le stupa géant et une ambiance paisible, juste troublée par le vol de milliers de corbeaux retrouvant leurs arbres alentours pour la nuit !


Le lendemain soir, nous retournons à la pagode Shwedagon (... quand on vous disait que c'était un incontournable !) où nous trouvons une ambiance complètement différente de notre dernière visite. Autant la journée, on y était quasiment seul (… en même temps quelle idée de se balader en plein soleil sous 40°!) ; autant le soir, ça grouille de monde. Beaucoup de gens entrain de prier, discuter entre eux, lieu de rdv, des familles et un peu des amoureux aussi. Entre la pagode éclairée, les bougies allumées tout autour de l'énorme stupa, les odeurs d'encens, les bouddhas tous coiffés d'une auréole disco-lumineuse, les gens paisibles et souriants, le tout donne une ambiance très agréable et plutôt festive !



On découvrira également un personnage particulier dans une pagode un peu à l'écart. Un monsieur nous explique que cette statue est "Lucky Man" ! Ce personnage porterait chance et bonheur à toute la famille en échange d'une donation. Passage obligé donc ! En échange d'un petit billet, on le voit allumer 3 cigarettes qu'il nous demande d'aller déposer au pied de l'autel, dans un support à la manière d'une bougie ! Puis on prend place et on observe tous les birmans procéder de même et s'agenouiller devant Lucky Man pour une petite prière ! Moment complètement décalé et bien drôle !


Après quelques jours assez épuisants à cause de la chaleur, nous partons en bus de nuit pour Bagan, ville plus au nord de Yangon.

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Publié le 3 novembre 2019

De Yangon à Bagan quelques 600kms plus au nord, il faut compter environ 9h de route. On prendra un bus de NUIT, grande première du voyage ! Et comme on économise une nuit d’hôtel et qu’on a besoin de se reposer, on prend nos places dans un bus option « VIP », où les sièges s’inclinent un peu plus ! Mais quelle surprise en montant à bord ! On découvre des sièges super conforts, une petite couverture, un écran télé… et même une hôtesse !! Après avoir joué comme des gamins avec l’inclinaison du siège et le repose pieds, on s’installe et la longue route peut commencer !

La nuit sera confortable mais pas si reposante que ça, car plusieurs arrêts toutes lumières allumées entrecouperont notre sommeil, sauf celui de Zoé qui aura bien du mal à émerger, tellement son sommeil sera profond, à notre arrivée au petit matin à Bagan ! Avant d’aller se poser à l’hôtel, on s’acquitte des droits d’entrée du site, valables 5 jours, 15 euros par adulte (les enfants ne payent pas) ; prix étrangement bas comparé à Angkor par exemple (60 euros par personne, les 3 jours) !

Bagan, site archéologique très célèbre d’Asie du Sud Est, et datant de la même période que la cité d’Angkor à son apogée, s’étend sur 67 km2. Pendant 230 ans, les rois birmans qui se succédèrent construisirent des temples, des temples et… encore des temples ! Ils en érigèrent plus de 4000, ainsi que des pagodes, palais... en tout, plus de 10 000 monuments ! Seuls 2200 monuments sont encore présents aujourd’hui. Entre pillages et tremblements de terre, le site n’a pas été épargné et de nombreux bâtiments sont menacés.

Certains temples ont été restaurés et donnent une idée de ce que devait être cette cité à son âge d’or, mais la plupart des temples sont détériorés, ne restent que leurs briques rouges visibles ; les enduits, fresques et autres peintures ayant disparu depuis longtemps. Cela donne malgré tout un charme fou à l’ensemble.

Pour visiter ce site, on choisit le moyen de transport le plus utilisé à Bagan… le e-bike ; rien à voir avec la traduction qu’ils en font de « vélo » électrique, puisqu’en fait c’est un scooter !!! Et on trouve cette initiative géniale ! Pas de bruit, ni de pollution sur le site archéologique (à l’inverse de Angkor) ! On a croisé quelques téméraires en vélo classique mais vu la chaleur et les chemins ensablés, c’est vraiment pas une bonne option ici… sauf si on est en pleine préparation du Paris-Dakar à vélo !

On ne sait pas trop par quel bout commencer tellement le site est grand ! Quand on débute nos premiers kms sur la route depuis notre hôtel, toutes les 2mn on voit des temples et dès qu’on s’éloigne de la route principale pour s’engager sur les petits chemins ensablés, on tombe rapidement sur d’autres vestiges perdus dans la végétation. Tous les temples et ruines ne sont pas répertoriés sur la carte du site, et vu leur nombre c’est bien sûr impossible de tous les voir ! La meilleure façon de visiter Bagan est finalement de se perdre dans les petits chemins, quitte à s’ensabler ou à se demander plusieurs fois « euh ça passe là tu crois » ?, car c’est comme ça qu’on a fait nos plus belles découvertes ! Ensuite il y a bien sûr quelques incontournables ; les plus gros temples et pagodes du site, ainsi que ceux restaurés.

Ces petits chemins donneront aussi l’occasion à Marion de s’essayer au scooter… une grande première pour elle !

Les deux moments les plus charmants pour visiter Bagan sont au lever et au coucher du soleil ! Malheureusement pour nous, depuis février 2018, le gouvernement a pris la décision d’interdire aux touristes de monter sur la quasi-totalité des temples pour protéger le site, et les monuments qui se détériorent sérieusement. Cette décision, on la comprend tout à fait quand on voit certains temples s’effriter et d’autres qui menacent carrément de s’effondrer, mais ça ôte un peu du charme à la visite et empêche une vue en hauteur d’où l’on pouvait admirer les temples sortir de la végétation ! Ils ont bien aménagé quelques collines d’où on peut prendre un peu de hauteur, mais sans téléobjectif (…mais pourquoi les ont-ils mises aussi loin ?), impossible de rendre en photo la réalité et la beauté du site à ces heures de la journée. Ça restera nos souvenirs…

On a suivi, comme d’autres touristes, un guide qui proposait de voir un lever de soleil depuis le haut d’un temple mais ce matin-là, le soleil ne sera pas au rdv. Quand on s’est rendu compte que c’était interdit (il planquait une échelle dans la végétation et regardait sans cesse autour de lui en nous y amenant), et vu l’état du temple sur sa terrasse (...briques qui se cassent), on n’a plus renouvelé l’expérience malgré multiples propositions durant notre séjour à Bagan.

Au cours de nos balades, au bord des routes, on s’arrêtera admirer les différents stands d’artisanat et de marionnettes (dont Zoé est si fan !) …leur présentation donne une étrange impression de suicide collectif quand même 😅!

On trouve également de nombreux stands de Thanaka, cette pâte cosmétique végétale, appliquée sur le visage et les bras et qui donne cet aspect de maquillage doré. Utilisée depuis des millénaires, elle est produite à partir de l'arbre du même nom (qui n’est pas coupé avant ses 35 ans). Le Thanaka est vendu en petits rondins sur les marchés. La pâte s’obtient en rapant l’écorce sur une plaque de pierre et en la mélangeant à de l'eau. Plus qu'un simple cosmétique hydratant pour la peau (…Marion, pour l’avoir testé, valide bien son effet rafraichissant !), le Thanaka a également de nombreuses vertus médicinales et protège la peau du soleil.

Que faire à Bagan quand vous avez passé trop d’heures à chasser des temples ?... Aller se promener le long de l’immense rivière Irrawaddy qui borde la ville. Moment très paisible à la tombée du jour, à observer les pêcheurs ou les gens traversant en barque pour rentrer chez eux.

On passera plusieurs jours à Bagan, à sillonner le site archéologique. Depuis qu’on n’a plus le droit de monter sur les temples pour y admirer les vues sur les stupas en prenant de la hauteur, il n’existe plus qu’une solution… s’envoyer en l’air… à bord d’une montgolfière ! Suite au prochain épisode…


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Voler en montgolfière au-dessus des temples de Bagan au lever du jour était le rêve de Marion !

Comme l’accès au toit des temples est désormais interdit, les vols sont très prisés malgré leur coût élevé, et il vaut mieux réserver plusieurs semaines à l’avance ! Le gouvernement birman a limité à 20 par jour le nombre de montgolfières (allant de 8 à 12 passagers par nacelle) ayant le droit de survoler le site !

Bien-sûr au moment de réserver, on n’a aucune idée de la météo et si la montgolfière pourra bien décoller ce jour-là… Les 2 jours précédents la date du vol de Marion, les montgolfières de toutes les compagnies sont restées au sol… autant vous dire que le stress montait jusqu’à recevoir la confirmation la veille au soir que le vol pourrait bien avoir lieu le jour choisi !! Youpiii !

Au petit matin, à 4h30, c’est toute la famille qui se lève même s’il n’y a que Marion qui montera dans la nacelle, vu le prix des billets (minimum 300 dollars), le vertige de Luc et la taille de toute façon trop limite de Zoé (minimum 1,37cm). La compagnie de montgolfière qu’on a choisie a accepté sans souci que Luc et Zoé se joignent au groupe de passagers puis restent avec l’équipe au sol qui suivra le ballon dans lequel monte Marion. Un mini bus nous récupère à l’hôtel pour nous emmener sur le terrain de golf qui sert plus d’aire de décollage que de terrain de jeu à Bagan ! A notre arrivée, dans la pénombre, on aperçoit quelques nacelles, et des tests de brûleur. Très impressionnants ces feux dans la nuit. Plusieurs tables sont alignées où tous les futurs passagers prennent place pour déguster un café et des croissants en attendant le briefing du vol.

Le pilote de notre montgolfière se présente à notre table, Urs Meyer, un suisse allemand qui vole à Bagan depuis 6 ans. Il nous emmène devant la nacelle pour nous donner les consignes de sécurité, de décollage et d’atterrissage.

Puis, il est temps de préparer la montgolfière à son envol…

La lueur du jour nous permet de découvrir peu à peu l’aire de décollage, avec toutes ces nacelles en rond sur l’énorme terrain, et leurs ballons étalés à terre… A l’aide de ventilateurs, les ballons commencent à prendre forme… Puis les brûleurs prennent le relais… L’excitation monte, le départ approche !!

Et c’est parti, on nous fait signe d’embarquer dans la nacelle ! Derniers tests d’avant décollage, on laisse les montgolfières situées devant nous partir en premier et ça y est, notre vol peut démarrer… La nacelle commence à s’élever du sol, tout en douceur, dernier coucou à Luc et Zoé, on passe la cime des premiers arbres, et là… waouhhh ! Très émouvant de prendre de la hauteur, tout en admirant l’envol des autres montgolfières du terrain d’à côté, et les premières lueurs du jour nous font découvrir petit à petit l’immensité des alentours…

Le paysage est incroyable ! On arrive haut dans le ciel au moment où le soleil sort à l'horizon, les autres ballons en toile de fond, c’est juste magique ! Pas un bruit à bord, tout est calme et paisible, juste entrecoupé de temps en temps par le bruit du brûleur.

Peu à peu avec la lumière du soleil, on devine le site archéologique, entouré de cette énorme rivière et on prend vraiment conscience de l’immensité de la plaine de Bagan !

On découvre les premiers temples ! Certains sont très reconnaissables vu du ciel ! Notre super pilote nous fera une visite parfaite du site en s’approchant au plus près de certains temples et pagodes ! Fantastique !

Puis tranquillement nous filons vers la campagne de Bagan. On volera suffisamment bas pour que les gens nous envoient de gros saluts du sol, et on aura encore de magnifiques vues.

L’atterrissage approche… le champ en friche choisi par le pilote ce jour-là est en vue ! Les pilotes ne savent pas où ils vont atterrir avant le décollage ; ils contrôlent leur altitude mais moins leur direction qui dépend des vents du jour. Ils choisissent donc leur lieu d’atterrissage en cours de vol. Chaque pilote tient informé son équipe au sol de l’avancée du vol. Luc et Zoé qui ont suivi le vol depuis la terre ont bien rigolé à voir l’équipe au sol courir, scruter le ciel, monter, descendre de la camionnette et attendre l’avancée de la montgolfière. Cela leur a permis d’admirer les ballons d’en bas ; spectacle également magique !



L’atterrissage se fera lui aussi tout en douceur ! Dès qu’on sera posé, le pilote appelle Zoé pour qu’elle monte avec nous dans la nacelle ! Une fois à bord, il lui fait toucher la manette des gaz et elle a l’honneur de rallumer le brûleur ! Elle sera très impressionnée par l’énorme flamme qui jaillit !

Les yeux tout brillants après cette heure de vol magique, Marion retrouve sa petite famille et le plancher des vaches. Petite coupette de champagne (…euhhh les gars, il est même pas 9h du mat’ !) pour conclure cette merveilleuse aventure !

Deux jours plus tard nous reprenons la route, en direction du lac Inle, plus à l’est de Bagan.

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Publié le 8 novembre 2019

On quitte Bagan et ses temples au petit matin en mini bus pour rejoindre le petit village de Nyaung Shwe au bord du lac Inle, à quelques 300 kms plus à l’est. C’est super pratique le système de bus en Birmanie car la plupart du temps on vient vous chercher directement à votre hôtel… Cela pourrait laisser penser que nous ne voyageons pas avec les mêmes bus que nos amis birmans… mais pas du tout ! Même dans des trajets où nous étions les seuls touristes, un système de pick-up était en place ! Notre chauffeur du jour, qui devait avoir des origines un brin savoyardes vu sa conduite en montagne, ne traine pas et après s’être cramponné à nos sièges dans les lacets montant vers le lac, on arrive finalement à Inle en milieu d’après-midi !

Le lac Inle, avec ses quelques 12 000 hectares est le deuxième plus grand lac d’eau douce du pays. Il est niché à 884 m d’altitude au milieu des montagnes de l’état de Shan. On est content d’y retrouver un peu de fraîcheur (surtout la nuit). Ça nous change de la chaleur assommante de Bagan ou Yangon.

Les 70 000 personnes qui vivent sur les berges du lac se consacrent majoritairement à l’agriculture et la pêche ou plus récemment au tourisme qui est en plein développement.

Le lac est en passe de devenir une destination touristique majeure du pays ; et cela se comprend. Ses villages et jardins flottants, ses centres d’artisanats et ses pêcheurs traditionnels rendent l’ensemble particulièrement attrayant.

Et le meilleur moyen de visiter un lac c'est bien sûr... le bateau ! Pas très compliqué d’en trouver un : on sera abordé dès notre descente du bus. Comme le tarif proposé est plus que raisonnable et que la personne qui nous accoste est très souriante (bon ok en Birmanie ce n’est pas un critère vu que tout le monde est souriant !) mais parle un parfait anglais (ça c’est déjà plus compliqué à trouver !) , on n’hésite pas très longtemps ; le rdv est pris pour le lendemain matin.

A notre réveil, c’est très couvert, au point que le charmant réceptionniste de l’hôtel, soucieux de notre bien-être, fait confirmer au batelier venu nous chercher qu’il a bien des couvertures et des parapluies à bord de son embarcation… humm nous voilà supers motivés et on hésite un peu à prendre la route !! Comme on n’a pas grand-chose d’autre de prévu pour la journée, on décide de tenter l’aventure malgré la météo capricieuse. Arrivés au bord du lac on découvre notre pirogue parmi les nombreuses alignées ; vu leur nombre on se dit qu’on est clairement encore en basse saison … ou c'est peut-être à cause de la météo !

Aux commandes de notre charmante pirogue aménagée avec 3 fauteuils, on fait la connaissance de Bonzo, grand sourire, qui a l’air bien sympathique !

On embarque pour notre croisière du jour sans s’empêcher d’avoir une pensée pour celle du lac Tonlé Sap au Cambodge, en espérant ne pas avoir de panne moteur sur celle-ci. Mais ça a l’air bien mieux parti, notre pirogue dépassant toutes les autres allègrement ! La chance nous sourirait-elle ? … d’autant plus qu’au fur et à mesure qu’on avance, les nuages se dissipent pour laisser place à un grand ciel bleu.

Après une dizaine de minutes de navigation, on arrive sur le lac à proprement parlé. Classé réserve de la biosphère en 1995, le lac, qui voit sa surface constamment diminuée, souffre ! La pression démographique et le déboisement des collines alentours ainsi que l’intensification de l’agriculture chargent ses eaux en vase et nutriments. Ces derniers participent au développement des algues et des plantes et plus particulièrement des jacinthes d’eau importées du Brésil (mais comment ??!!… mystère… ) qui malgré leur jolie fleur violette constituent une réelle pollution biologique. Pour lutter contre cet envahissement de la surface du lac, des campagnes de lutte mécanique à grande échelle ont eu lieu depuis vingt ans, avec un certain succès. Les efforts d'éducation de la population et d'autres mesures de contrôle ont aussi porté leurs fruits. À un moment, tout bateau arrivant à Nyaung Shwe depuis le lac était ainsi tenu de récupérer une certaine quantité de jacinthes d'eau et de nombreux barrages sont installés pour empêcher leur prolifération.

Dès notre arrivée sur le lac on y voit pleins de pêcheurs qui s’affairent à la préparation de leurs nasses ou leurs filets, qui vu les eaux peu profondes du lac, (entre 2 et 4 mètres suivant la saison) constituent les deux méthodes de pêche traditionnelle. Les nasses en forme de cône sont jetées à l’eau puis refermée à l’aide d’un trident ; les pêcheurs, qui utilisent des filets, rabattent les poissons à grands coups de pagaie. La particularité de ces méthodes de pêche, c’est qu'elles nécessitent l’utilisation des 2 mains ; du coup les pêcheurs du lac ont inventé une manière très particulière de pagayer, en utilisant une rame verticale à l’aide de leur pied.

Deuxième arrêt, les fameux jardins flottants ! On en croisera finalement tout au long de la journée et ils occupent une surface de plus en plus importante sur le lac ! Luc sera impressionné par leur aménagement et leur fonctionnement ; et on pense que notre pilote n’a pas du avoir souvent de passager aussi intéressé par la chose !!

Ces jardins sont formés à partir de racines extraites des parties les plus profondes du lac et de végétaux comme les jacinthes, qui sont ensuite rassemblés en véritables « radeaux » pouvant être déplacés avant d’être ancrés par des piquets de bambous ; ces jardins peuvent ainsi monter et descendre avec le niveau de l'eau et résister aux inondations.

Ces jardins flottants sont extrêmement fertiles, grâce à l'eau chargée de nutriments mais aussi grâce aux nombreux apports de matière organique sous forme d’algues que les agriculteurs récoltent dans les eaux du lac… (Aaahh on vous avait bien dit que cette visite a fait vibrer l'âme agricole de Luc !!)

Ils sont principalement destinés à la culture de tomates, la plus rentable (et délicieuses … aux dires de Marion et Zoé qui ont pu les goûter), et aussi à la culture de concombres ou de fleurs en saison.

Le reste de la journée sera consacrée à la découverte des différentes formes d’artisanats qui tendent à se développer avec l’intensification du tourisme sur le lac. C’est qu’il faut bien occuper tous ces visiteurs !! De notre côté, les paysages de ces villages de pêcheurs sur pilotis nous auraient amplement suffit tant ils sont beaux et particulièrement photogéniques ; mais 'faut avouer que même si d’habitude on n’est pas grand fan de ce genre de visites, ces différents arrêts, au-delà de leur dimension mercantile, étaient bien intéressants.

Premier arrêt chez l’un des nombreux joailliers travaillant l’argent venu des mines du nord du pays. On nous expliquera le mode d’extraction de l’argent depuis le minerai, la composition des alliages avec du nickel pour rendre l’argent plus solide à la fabrication de bijoux particulièrement fins qui sont produits ici et... disponibles à la boutique clôturant la visite bien sûr !

La région du lac est réputée pour ses tissages et plus particulièrement ceux issus des lotus cultivés sur le lac. Eh oui !!! on fait des textiles à partir des lotus : crazy-dingo non ?! Du coup, l’arrêt suivant, sans doute le plus intéressant et de loin le plus surprenant, était dédié au tissage des fibres issues des tiges de cette plante aquatique. Les tissages issus du lotus sont extrêmement couteux (jusqu’à 70 fois plus cher que la soie) et sont généralement destinés à habiller des statues de Bouddha.

Après un détour par une fabrique de cigares, sans grand intérêt si ce n’est de voir le rythme hallucinant des ouvrières qui roulent de 600 à 700 cigares quotidiennement, on se rendra encore à une fabrique d’ombrelles et un atelier de tissage tenue par des femmes « girafe ». Ces femmes "au long cou" font parties des Padaung, une des 135 ethnies qui composent la Birmanie. Elle comprend 7000 personnes et s’étend sur des territoires allant jusqu’au nord de la Thaïlande. Même si on est en droit de s’interroger sur l’authenticité de cette rencontre, elle n’en reste pas moins spectaculaire et vraiment intrigante.

Il ne faut pas oublier qu’on est en Birmanie, donc... pas de visite sans pagode ou monastère ! Alors, même si ceux-ci sont sur pilotis et sur un lac, ils ne présentent pas plus d’intérêt que ça. Mais on était pourtant super impatient (surtout Zoé) de se rendre au monastère car il est réputé pour ses chats dressés à sauter à travers des cerceaux ! Malheureusement le moine "dompteur de chats" est décédé depuis plusieurs années. Aucun pensionnaire du monastère n’a repris le flambeau et les matous qu’on a croisé étaient plutôt du genre à lézarder de tout leur long, contents sans doute de ne plus devoir faire d’acrobaties toute la journée devant des touristes !!

On croisera au fil de l’eau de nombreuses pirogues de vendeurs ambulants de fleurs, fruits, légumes, artisanats… embarcations toutes très photogéniques. On finira cette super journée par une dernière visite aux pêcheurs du lac avant de rentrer tranquillement sur Nyaung Shwe.


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Publié le 9 novembre 2019

Après s’être fait balader tranquillement dans un fauteuil moelleux à bord de notre super pirogue la veille, on décide de se bouger un peu en allant pédaler dans la campagne environnante ! On loue trois beaux vélos, avec option panier s’il vous plait, et c’est partiii !

On s’arrête d’abord au marché itinérant qui, aujourd’hui, se trouve juste à la sortie du village. Magnifiques étalages pleins de couleurs ! Comme toujours en Birmanie, on se fait accueillir avec un grand sourire ! On en profitera pour acheter quelques fruits pour notre journée sportive, et Zoé se verra même offrir de délicieuses quenettes !





On pédalera 12 kms sur une route de campagne jusqu’aux rives du lac et son joli pont en bois, long de 500m environ. Au bout du pont, c’est l’entrée d’un très charmant petit village flottant. En échange de quelques kyats, une dame nous propose la visite de son village en pirogue. Avec sa technique de « rame à pied », elle sillonne les ruelles tranquilles et nous goûterons encore de délicieuses tomates en passant au bord de jardins flottants.



De retour à nos vélos, nous partons vers un vignoble un peu dans les hauteurs ; eh oui du raisin ! On vous avait bien dit qu’il faisait plus frais dans cette région ! Du haut des vignes, une très jolie vue nous attend ! Ce vignoble comprend toutes sortes de cépages (sauvignon, chardonnay, syrah…) et s’étend sur 25 hectares. Avec ses 15 employés, il produit 150 000 bouteilles par an. On profitera bien sûr de ce stop pour faire une petite dégustation de vin en famille ! Le site est vraiment magnifique, mais leur vin n’est franchement pas top… et pourtant ça fait plusieurs mois qu’on n’en a pas bu, on est donc bon public !




Après quelques gorgées de pif, on remonte sur nos bécanes pour le retour à Nyaung Shwe… la route qui nous reste est quasi droite sans trop de zig-zag, parfait ! Notre journée sportive s’achève et on aura pédalé quand même 25kms en tout !

Le temps d’une douche et on se fait une dernière virée en pirogue avec Bonzo pour aller admirer le soleil se coucher sur les eaux paisibles du lac Inle ; bon, on aura plus de gros nuages que de jolies couleurs mais cette petite virée sera sympa quand même !



On pensait continuer notre voyage en rejoignant le nord de la Thaïlande, par la frontière située à 640 kms à l’est du lac Inle. Mais suite à de récentes frictions dans cette région, la frontière terrestre est fermée depuis peu. Il reste la possibilité de prendre un vol dans un petit avion puis de poursuivre en bus mais le tarif de ce vol est hors de prix et cette solution ne nous plait pas.

Du coup, il nous faut redescendre plus au sud du pays, pour passer une autre frontière terrestre. Nous partons donc en direction de Hpa An, qui a l’air d’être en plus une étape bien sympa à découvrir encore en Birmanie !