Carnet de voyage

Japan - Lost in Translation

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Dernière étape postée il y a 2251 jours
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T
Tristan
Se perdre sous les néons de Tokyo, gravir le Fujisan et contempler la nature. Oublier ses repères pour en découvrir d'autres, plus solides, spirituels ou sensoriels... Lose myself in translation
Mai 2018
15 jours
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Certains voyages sont fous, celui ci en fait partie. Il aura débuté comme un coup de stresse. Quitter la France et ses grèves aura été plutôt difficile finalement... Et long...

TER tôt tôt le matin (merci à Harry pour le convoit à 1000 à l'heure), premier TGV de la journée, pas un controle avant l'arrivée à Charles de Gaulle. Et puis voilà les renforts de sécurité, les FAMAS, presque les gardes champêtres...

Patience au Parc des Expositions où un gentil agent de la RATP, zieutant sur les guides touristiques, nous apprend quelques mots qu'il a apprit en Japonais:

- Watashi ma Marion desse onegaishimas

Qui doit (normalement) vouloir dire "Je me nomme Marion" ... À tester pour vérifier ! On voit dans ses yeux combien la destination le fait rêver. Le défi consiste à ne pas se faire mousser tout en estimant notre chance.

Après mille café et quelques bières c'est vrai (il faut bien tuer le temps) enfin les passages de sécurité et... Et puis on se rends compte que le secteur du chargeur du PC est resté aux deux alpes... Heureusement au Japon l'électronique est roi... Ou empereur... Voilà déjà une première course à faire en arrivant à Tokyo.

Le vol de nuit jusqu'à Shanghaï est... Long Plateau repas où le poulet a le goût du poisson et le poisson le goût du poulet. La nuit de Chine est un peu perturbée, et c'est une chape de plomb et de chaleur qui accueille le voyageur à l'aéroport de Shanghaï... Cela dit c'est un bel aéroport, lumineux et calme.

Au moment où j'écris ces lignes, le vol MU0575 de la China Eastern Airlines s'élance vers la destination finale, Tokyo... Pour une nouvelle étape...

Les trains, les gares, les aéroports c'est déjà le voyage qui commence
Publié le 19 mai 2018

Atterrissage réussi sur la piste 23 de l'aéroport Tokyo Haneda ! Le premier contact est un peu perturbant... Dans le métro difficile de reconnaître quelque chose mais finalement, peu à peu on s'habitue et puis le voyage c'est un peu se perdre aussi.

L'hôtel à Roppongi est classieux. Dans un petit bar du quartier, on déguste deux ou trois Yuzu shu et Ume shu (sorte d'alcool de citron et de prune très léger) et un test d'un autre truc assez bizarre. Les Tokioites tentent les discussions en anglais, ils sont prévenants et tellement gentils.

Et puis c'est l'heure de s'endormir... La lumière des néons et le murmure de la ville du futur. Restera l'image de leurs voitures cubiques qui m'ont bien fait rigoler.

Première vraie étape de deux jours à Nikko, à 2h en train au Nord de Tokyo. Encore faut-il en pas rater le Shinkensen (TGV Japonais)... Et voilà que ça n'a pas loupé... Le temps de prendre un café et hop voilà le Shinkensen qui part! À grande vitesse et à l'heure. Ça ne rigole pas avec la ponctualité ici et voilà un apprentissage du voyage...

Ce "loupé" me fait un peu rager... Il sera trop tard pour la matsuri du Shunki Reitaisai et cela décale une bonne partie du programme de la journée... Voilà encore un apprentissage, organiser oui mais pas trop... Laisser la place à l'imprévu et aux trains partis sans nous...

Le Skinkensen (le suivant dc) vaut l'expérience même si la vitesse n'est pas maximale. On change de voiture et de places plusieures fois durant le trajet, places réservées/non réservées sont désormais repérées ! Mais le petit train qui va jusqu'à Nikko est également un agréable voyage. Glissant entre les petites bourgades et les rizières on s'éloigne doucement de la mégalopole Tokiotes pour s'enfoncer dans les vallées au creux de montagnes magnifiquement boisées.

À l'arrivée je commence ma récolte de Tampons touristiques dans la jolie petite gare de Nikko. Ici, L' air sent l'eau claire, la mousse , le cèdre et l'encens...

Voilà le ton de cette étape verte à Nikko - Japon

Les trains partent parfois sans les hommes... Alors les hommes sont à la traîne

Le Site du TOSHOGU est tout simplement époustouflant... Des cèdres immenses, un joyau dans un écrin de nature, royaume de la mousse et de la lumière sereine. Les pierres des lanternes, les sculptures subtiles de monstres et de dragons, les parquets cirés par les petits pas des moines ... À couper le souffle pour grimper ces marches centenaires... Pagodes, temples, fontaines dans un subtil équilibre nous portent. J'essaie mon premier rituel de purification à la maison de l'eau. Ici l'eau coule partout...

On ne comprend pas toutes ces croyances bien sûr et cela donne lieu à des interprétations vagues et des fous rires forcément...

Mais le lieu est intense et les détails magiques... Trois petits singes, Mizaru, cachant ses yeux, ne voit pas le mal. Kikazaru, couvrant ses oreilles, n’entend pas le mal. Iwararu, recouvrant sa bouche, ne dit pas le mal. Un petit chat endormi d'un réalisme pur. Un dragon qui pleure peint au plafond et qui semble rugir au claquement des bouts de bois du moine... Magique je vous dit !


KAN MANGAFUCHI est à la simplicité ce que le TOSHOGU est au Rococo... Ce petit sentier bouddhiste qui longe le torrent est jalonné de 70 bouddhas. La mousse, la pierre, l'eau... L'ambiance est zen... Irrémédiablement.

On fait des vœux pour la santé de la famille, la nature, la lumière.

Chutes Kegon et Lac  Chuzenji

Beaucoup de vent pour ce deuxième jour à Nikko. Nous tentons toutefois la petite virée au lac Chuzenji en bus et même si le fond de l'air est très frais ( maintenant je sais que je ne pars pas en virée journée sans petite veste) c'est un plaisir de se balader le long de ce lac aux reflets d'argent, cerné par des montagnes d'un vert intense, très sauvages et peuplées de singes. Les chutes Kegon, qui se jetent dans le gouffre, sont entonnement silencieuses. Dans une sorte de recueillement, cela nous inspire pour décider... ce qu'il faut goûter comme nouveau mets local... Ce sera du Yuba, sorte de peau de lait de soja! (voir etape glouglou miammiam)

Sanja Matsuri, une des trois plus grandes matsuri (festival) de Tokyo 

L'arrivée a Tokyo, enfin plutôt le retour puisque la mini étape du premier jour avait donné le ton, nous met tout de suite dans le bain. Aujourd'hui dimanche 20 Mai c'est le troisième jour de la Sanja Matsuri, grand festival du printemps qui rassemble a Tokyo plus de 2 millions de visiteurs! En effet, nous ne sommes pas seuls ! Mais l'ambiance est bonne et l’atmosphère festive sans être oppressante. Les Mikoshi (sorte de sanctuaire portable) de tout le quartier d'Asakusa et leurs porteurs circulent dans les rues, chantent, frappent dans leurs mains et sur leurs tambours, secouent leur Mikoshi pour attirer la prospérité et chance et convergent tous vers le temple Sensoji qui, a la nuit tombée parait encore plus étincelant. Magnifique expérience de contact avec les Tokyoites et les japonais. Ils adorent partager leurs traditions, entre deux verres de bières et moultes miammiam trop bons! On en prends pleins les yeux, les oreilles et les ventres.