Carnet de voyage

Au Nord du Chili

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Difficile de trouver un pays avec une plus grande diversité géographique que le Chili ! Du Pacifique au désert d'Atacama, pas un jour, pas une seconde sans aventure sur ce territoire immense.
Décembre 2015
15 jours
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On la dit moins culturelle que Buenos Aires, moins fascinante que Rio, moins exotique que Mexico… Elle n’en reste pas moins séduisante et charmante. Plus ouverte, plus sûre, et moins débridée que ses consœurs d’Amérique Latine, c’est une ville aux multiples facettes.

Vue sur Santiago depuis le Cerro San Cristobal 

Pour démarrer cette visite de la capitale, loin du tumulte touristique, direction La Vega, le plus grand marché du Chili. Ici, fruits et légumes s’alignent dans des caisses en bois, le long des échoppes. Si l’hygiène en ferait pâlir plus d’un, La Vega –et La Vega Chica- restent avant tout des lieux d’échange représentatifs de la culture chilienne. Chiens et chats errants vagabondent dans les allées étriquées et surpeuplées, tandis que les marchands vendent nonchalamment des produits en tout genre. Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs : du maïs noir au noni, cet étrange fruit également appelé pomme-chien.

C’est à l’étage dans une pica, qu’il faut s’installer pour goûter aux spécialités locales : pastel de choclo (hachis parmentier de maïs), pastel de jaiba (tarte au crabe et fromage), paella marina (soupe de poisson et fruits de mer)...

Un détour par le Mercado Central, l’ancien marché couvert de Santiago, vous donnera un aperçu de la richesse de la cuisine chilienne. Sous son magnifique toit de métal et de verre, marchands de poissons et restaurateurs s’agitent dans la bonne humeur, sous l’œil aguiché des passants.

Mercado de la Vega et la Vega Chica 

Plus tard, c’est dans le quartier Bellavista, au pied du Cerro San Cristobal, que l’on tombera sous le charme des artistes de rue de la ville. Dans ce quartier vivant en pleine expansion, maisons colorées – à l’architecture parfois audacieuse - et murs recouverts de graffs cohabitent dans un joyeux esprit bohème. On y trouve de mignonnes petites boutiques artisanales, une multitude de bars et restaurants et une poignée de galeries d’art contemporain.

C’est au cœur du patio Bellavista, un endroit certes touristique mais qui ne manque vraiment pas de charme, que touristes et santiaguinos se retrouvent pour siroter un Pisco, une eau-de-vie de raisin dont l’origine divise le Pérou et Chili, la revendiquant chacun comme boisson nationale.

Dégustation d'un ceviche dans le quartier Bellavista 

Puis passage obligé sur la Plaza de Armas, dans le centre historique de Santiago. C’est ici que Pedro de Valdivia fonda la ville de Santiago. La place, cernée par la cathédrale, l’office de tourisme, la Municipalidad et le Palacio de la Real Audiencia (abritant le Museo Historico Nacional) constitue le cœur névralgique du vieux Santiago. A l’ombre des palmiers, musiciens, chanteurs, comiques, et joueurs de cartes s’y retrouvent sur ses vieux bancs en bois. Dans les rues adjacentes, toujours animées, on flâne au milieu des cireurs de chaussures, camelots, joueurs d’échec et diseuses de bonne aventure.

La ballade se poursuit jusqu’au Cerro Santa Lucia, une petite colline à l’est du centre historique. Cet îlot de verdure, parsemé de cascades, fontaines et élégants bancs en pierre, mène au château d’Hidalgo. En empruntant les escaliers taillés dans la roche et ses marches abruptes, on se hisse au sommet de la Torre Mirador: le contraste entre l’environnement sauvage du parc et les lames réfléchissantes des façades des bâtiments modernes y est saisissant !

Enfin, pour s’offrir une vue à 360° sur la ville avant de quitter cette capitale pleine de surprises, il est indispensable de prendre de la hauteur sur le Cerro San Cristobal.

Située au nord du quartier Bellavista, cette colline abrite le très beau parc Metropolitano qui domine la ville à 880m d’altitude. Munis de bonnes chaussures, on s’y ballade entre les espaces de verdure et chemins fleuris jusqu’au sommet de la colline, au pied de la Virgen Immaculada Concepcion, surplombant fièrement les différents quartiers de la ville. Un immense puzzle de souvenirs à assembler !

Au-delà de l’explosion de couleurs et du mélange d’arômes, la capitale chilienne offre une expérience culturelle authentique. Et si la Cordillère des Andes donne une perspective singulière à la ville, c’est avant tout la chaleur de ses habitants et la diversité des sites à découvrir qui lui donnent toute sa saveur !

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Loin de l’agitation –et la pollution- de la sulfureuse capitale, direction la côte Nord Ouest du Chili pour s’offrir un bol d’air frais à la plage. C’est au centre du pays que se trouvent la plupart des plages, parsemées le long de côtes déchirées au bord du Pacifique.

Maitencillo 

Premier arrêt à Zapallar, la station balnéaire la plus huppée de la côte, à 70 km au nord de Viña del Mar. Au milieu des bouquets de palmiers et de pins, se dressent fièrement de splendides villas, demeures très prisées par les riches habitants de Santiago.

Près du muelle Calleta, « El Chiriguito », un restaurant un brin raffiné à base de mariscos (fruits de mer) attire touristes et locaux : de sa terrasse, on observe les nombreux pélicans présomptueusement juchés sur des rochers, tandis que les barques de pêcheurs voguent sereinement au large.

Puis direction Maitencillo, une agréable station balnéaire à 170km au nord de Santiago. Ici pas d’immeubles et places bétonnées ; seulement des plages à pertes de vue, bordées par des collines boisées où se nichent d’adorables petits chalets. Près de 5km de sable fin ponctués de criques rocheuses et de charmants sentiers menant aux demeures noyées dans la verdure. Imaginez le tableau : un chalet surplombant l’Océan Pacifique, un terrasse en bois avec une vue imprenable sur la baie.

Au petit matin, se rendre au port pour attendre le retour des pécheurs avec leurs poissons frais !

Respirer l’air iodé, savourer cette brise légère, regarder les surfeurs au loin… Mais l’air marin réveille nos sens et ouvre l’appétit : raison de plus pour aller flâner parmi les cabanes de pêcheurs le long de la caleta… A bord de son petit rafiot, un pêcheur nous hèle : voilà du poisson frais pour le déjeuner ! Au menu : ceviche d’oursin, reineta à la vapeur, et coquille St-Jacques au parmesan. Le tout accompagné d’un verre de Sol de Sol, un blanc délicieux, les pieds en éventail, sous les doux rayons de soleil… Puis la chaleur se fait plus intense, la houle plus forte : il est temps d’aller faire trempette ! Notre élan sera stoppé par une eau glaciale qui aura le mérite de nous rappeler que nous sommes toujours en automne ici, et ce malgré le cadre paradisiaque du lieu !

Maitencillo est aussi connu aussi pour ses spots de surf et ses activités de parapente

A l’approche du coucher du soleil, nous filons vers Cachagua, une petite ville balnéaire résidentielle à la mode auprès de la bourgeoisie santiaguine : là, sur la pointe séparant la plage de Cachagua et la petite playa de Las Cujas, se détache au large l’île de Cachagua où nichent une colonie de près de 2000 pingouins de Humboldt. C’est le long d’un magnifique sentier, tout de pierre vêtu et cerné de fleurs luxuriantes que l’on pourra observer les villas cossues de la haute société chilienne. Après avoir escaladé les écueils de pierres échouées au bord du rivage, nous prenons place au sommet de l’un d’eux. Les vagues s’éclatent avec fracas contre les parois humides des rochers, le ciel, peu à peu, se pare de couleurs chatoyantes, l’eau s’infiltre dans chaque interstice formant de mignonnes petites lagunes où le ciel se reflète à merveille.

Sunset à Cachagua 

La nuit est tombée avant que l’on ne s’en rende compte ; à pas de loup, nous retournons sur nos pas, dans un silence quasi religieux. Le soir, quand la fraîcheur nous enveloppe gentiment, on se retrouve dans le salon cosy et chaleureux, chauffé au feu de bois, autour d’un excellent verre de Lazuli. Bercés par le bruit du vent et des vagues, les yeux sous les étoiles, on sombre peu à peu dans une douce torpeur.

C’est aussi ça le vrai farniente à la chilienne !

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Fascinante, étonnante, bouillonnante… Valparaiso est une ville dont on tombe inévitablement sous le charme ! Il faut dire que Valparaiso – Valpo pour les intimes- a de nombreux atouts à son arc !

Premier port du pays, et deuxième ville du Chili, cette ville coloniale, à une heure de Santiago, offre un bel exemple de développement urbain et architectural de la fin du XIX°s en Amérique Latine. Grande baie pittoresque bordée d’un amphithéâtre de quarante-quatre collines escarpées, Valpo a su conserver son charme d’antan, ce qui a valu au centre historique d’être inscrit en 2003 au patrimoine culturel matériel de l’humanité par l’UNESCO. Tandis que sa voisine Viña del Mar accueille casinos, plages et hôtels de luxe, Valparaiso, en bouillonnement perpétuel, est devenue le berceau de nombreux mouvements alternatifs, portée par une vie étudiante très animée.

Encore préservée du tourisme de masse, Valpo est une ville où il fait bon de flâner.

Vue sur le port de Valparaiso 

Au delà des immeubles modernes défraichis du port, la ville réserve au promeneur un dédale d’escaliers sinueux, de pittoresques funiculaires à flanc de collines et d’innombrables rues abruptes où l’on se perd avec enchantement. Et soudain, au détour d’une ruelle étroite, la baie s’offre à vos yeux. Mouvementée, pleine de vie. A l’image de cette ville bohème. Face au Pacifique, on se frotte à l’animation du port, en proie à de doux songes d’ailleurs. Cernés par ces maisons arc-en-ciel, avec cette vue imprenable sur la baie, on s’imagine rencontrer un marin sur un des quais du port et ne jamais repartir de cette ville si romantique et mystérieuse.

Ses jolies maisons rouges, bleues, jaunes, vertes, corails. Ses rues pavées, sinueuses, rêveuses.

Amateurs de poésie urbaine et street-art, vous allez succomber au charme de Valpo. Les artistes et leurs œuvres sont à tous les coins de rue : les façades couvertes de graffs se succèdent le long des rues serpentées, le street-art se décline sous toutes ses formes. Toujours avec cette même envie de dire, de parler, de témoigner. Un geste qui vient du fond des tripes, une réflexion populaire qui dépeint une société inégalitaire, où la ségrégation monétaire fait rage.

Valpo et sa population révoltée, impliquée. Valpo et sa vie peinte avec ardeur, avec passion.

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A 106km au sud-est de Calama, ce gros village de 5 000 habitants est construit à plus de 2 400 m d’altitude. Lové au cœur d’une oasis, en plein désert d’Atacama, ce bourg aux maisons d’adobe (briques de terre et de paille cuites au soleil) attire aujourd'hui de nombreux touristes, venant par centaines s’offrir une virée dans la région. San Pedro est en effet le point de départ idéal pour d’épiques excursions dans l’immensité du désert et sur l’altiplano. Mais malgré le développement incessant du tourisme, le village a su conserver un certain charme : on se plait à arpenter ses ruelles piétonnes en terre ou visiter sa petite église pittoresque. Parmi les hot spots qui valent définitivement le détour, difficile de faire un choix, tant les paysages sont éclectiques !

VALLE DE LA LUNA

Voilà un endroit qui porte bien son nom. Situé à seulement 5km au sud-ouest de San Pedro, ce lieu nous transporte pourtant à quelques années lumière de la Terre. Visite d’anciens gisements et de grottes pour observer le sel pétrifié, ballade entre les concrétions naturelles taillées dans la roche par l’érosion des vents, canyons, crêtes et dunes à perte de vue… A voir également, le site de Las Tres Marias : trois petits monticules rocheuses censés symboliser le Christ (le plus haut), entouré de trois représentations de la vierge. Bon ça c’est vite dit, en réalité il va falloir faire preuve d’imagination !

Pour ceux qui souhaitent s’y lancer à vélo, pas de soucis, jeunes et moins jeunes pourront s’y balader sans problème (si ce n’est la chaleur écrasante !). N’oubliez pas crème solaire, chapeau et eau en abondance !

VALLEE DE LA MORT

Pas de danger morbide en perspective, puisque ce nom est en fait dû à une erreur de traduction : à l’origine l’endroit s’appelait la Vallée de Mars (Marte en espagnol). Marte, Muerte…! Un désert immaculé, des sentiers en dent de scie, d'étonnantes formations de pierre et de sable… ce lieu incroyable offre une vue lunaire, totalement irréelle. Si vous souhaitez éviter la foule qui s’y retrouve quotidiennement, c’est avant 16h qu’il faudra vous y rendre. Mais quel dommage de rater le coucher de soleil sur cette envoûtante vallée. Déchirées par l’érosion, les monticules escarpés se parent alors de fascinantes couleurs ocres et rosées. Un coucher de soleil entre ciel et terre à donner le vertige…!

Sunset sur la Vallée de la Mort  

LAGUNAS MISCANTI ET MINIQUES (altitude max :4350m)

A travers les steppes sauvages, on emprunte une piste cabossée jusqu’au pied des volcans enneigés. Soudain, se détache le bleu lagon des lacs Miniques et Miscanti, à quelques mètres d’intervalle l’un de l’autre. Ici, flamants roses et corozos à cornes cohabitent avec canards et oies, sous l’œil serein des vigognes.

LAGUNAS CEJAR, PIEDRA ET TEBENQUICHE (altitude 2300m)

Sur la route de Toconao (et ses maisons en pierre blanche volcanique), apparaissent au loin les eaux turquoises laiteuses de la Laguna Ceijar et ses concrétions salines. Plus loin la Laguna Piedra et son eau salée accueille les baigneurs pour un bain insolite… On y flotte aussi bien que dans la Mer Morte ! On ne lésine pas sur le rinçage en suivant, sinon c’est traces de sel et pelage blanc assurés ! Un instant de bonheur au milieu de cette chaleur étouffante !

LAGUNA CHAXA (altitude : 2300m)

A chaque jour ses découvertes, aujourd’hui étant celle tant attendue de la vie des flamands roses ! Située en plein cœur du Salar d'Atacama, la Laguna Chaxa est l’un des sept secteurs de la Reserva Nacional de Los Flamencos. À un peu plus de 50 kilomètres de San Pedro d'Atacama, près du village de Toconao, c’est la plus grande de la région et la plus convoitée par la faune locale. Planctons et flamants roses ont élu domicile dans cette lagune cernée d’une éblouissante couche de sel, de presque 70cm de profondeur. Dans un silence assourdissant, on peut ainsi y admirer le ballet des flamants : flamant de James, le plus clair d’entre tous, aux pattes rouges, flamant du Chili, aux « genoux » roses et bec essentiellement noir, et le spectaculaire flamant andin, au plumage strié de rouge carmin et pattes jaunes. Saisissant de les voir s’envoler avec l’effet miroir de la lagune…!

GEYSERS TATIO (altitude : 4320m)

La veille préparation militaire pour ne pas subir les conséquences de l’altitude : « Pas d’alcool, pas de cigarettes, pas de produit laitiers ni d’agrumes ». Départ à 4h du mat’, triple pull et chaussettes en guise de gants (dans le désert on fait avec les moyens du bord !), c’est parti pour 2h30 de route pour assister au lever du soleil. Pourquoi partir si tôt ? Car c’est à l’aube que les geysers sont les plus visibles, en raison de la différence de chaleur entre la température de l’eau (l'eau sort à 85° C des cratères !) et la température extérieure (entre 0° et -12°)... Mais quel spectacle ! En arrière plan, les volcans et montagnes aux cimes enneigées baignés d’une lumière rosée, sous vos yeux les fumerolles blanches des geysers allant jusqu’à près de 2m de haut, sous le bruit sourd de l’eau bouillante, une sorte de râle qui semble provenir directement du cœur de notre planète ! Soudain les premiers rayons de soleil font leur apparition et une douce chaleur vous enveloppe, dans une sorte d’agréable torpeur. Il est alors temps de tomber le blouson et de vous pavaner en maillot (à -10° on ne pavane pas, on court !) direction la piscine naturelle à proximité, un bain chauffé par le cœur de la Terre !

Prudence aux abords des geysers, on déplore régulièrement des accidents, parfois mortels.

OBSERVATION DES ETOILES

Dernière nuit dans le désert d’Atacama. Une nuit que l’on veut inoubliable et il suffit de lever les yeux au ciel pour se rendre compte qu’une soirée à observer les étoiles sera forcément une expérience unique ! Un ciel d’une pureté incroyable, la voie lactée, les étoiles semées à l’infini, les nébuleuses… Le lieu est si propice à l’astronomie que le plus grand observatoire radio-astronomique de la planète - l’ALMA- a vu le jour en 2013 aux portes de San Pedro. Et pour observer un des plus beaux ciel du monde, laissez vous porter par le français Alain Maury, un personnage haut en couleur et excellent pédagogue. Découvreur d’astéroïdes et de deux comètes, mordu de technologie, photographe astronomique devenu astronome, ce passionné et connaisseur vous accueille avec sa femme chilienne Alejandra chez lui pour une initiation aux merveilles de l’univers ! Entre apprentissage et humour, le ciel n’aura plus de secret pour vous !

Conseil : télécharger l’application Cartes du Ciel… Incroyable !