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La Team MyAtlas

Akaroa : le charme à la française

Un petit morceau d'hexagone à l'autre bout du monde.
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Après avoir traversé Lewis Pass, un passage montagneux qui coupe horizontalement l'île du Sud, nous décidons de descendre le long de la côte Est en direction de Christchurch, la troisième plus grande ville du pays. Destination finale : la péninsule de Banks. A sa pointe se trouve Akaroa, un petit village construit par des colons français. Pour y accéder, il n'y a qu'une seule route serpentant au milieu de collines vertes et nombreux pâturages.

Dessinant un cercle quasi parfait au milieu de la côte Est, la péninsule de Banks est d'origine volcanique. En effet, son paysage vallonné résulte des restes érodés de deux super volcans qui ont immergé de l'océan il y a plusieurs millions d'années.

La péninsule de Banks accueillit d'abord plusieurs tribus maori avant d'être découverte par James Cook en 1770. L'explorateur britannique la nomma ainsi en l'honneur de son botaniste, Joseph Banks. A cette époque, il pensait que la péninsule était une île en raison de l'eau qui entoure la majeure partie de celle-ci.

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Akaroa. Le nom ne sonne pas trop français et pourtant ce petit village portuaire a été fondé par des colons français. Ces derniers ont tenté tant bien que mal de se faire une place en Nouvelle-Zélande à l'époque de sa colonisation mais n'ont malheureusement jamais eu un franc succès.

En réalité, mon voyage au pays des kiwis me conduira deux fois à Akaroa : la première fois avec Mathilde, en février, et la seconde avec Thomas, au mois de mai. Ce qui suit est donc un mix de ces deux passages dans le village des grenouilles à béret, bicyclette et baguette sous le bras.

Un peu d'histoire...

Dans les années 1830, la pêche à la baleine fonctionne à merveille pour les quelques baleiniers français menant leurs activités près de la Nouvelle-Zélande. Afin d'éviter de parcourir la moitié de la planète pour avoir de l'huile de baleine, le capitaine Langlois souhaite alors créer une colonie française sur l'île du Sud. Il achète la péninsule, mais doit retourner en France pour faire toutes les démarches nécessaires et préparer une expédition de colonisation.

Source : kiwipal.com

Ce n'est qu'en 1840 qu'un groupe de Français, dirigé par l'officier Lavaud, finit par remettre les pieds sur le sol néo-zélandais... mais tombe nez-à-nez avec le drapeau britannique flottant au vent. Pas de chance ! En effet, quelques jours avant, les Anglais, qui possèdent déjà toute l'île du Nord, prennent possession de la totalité du pays grâce à la signature du traité de Waitangi. Les Français vont devoir se contenter de seulement deux villages, dont Akaroa. Malgré cet échec de colonisation, un certain nombre de Kiwis sont tout de même descendants de colons français et ne cachent pas leurs origines bordelaises ou nantaises.

Aujourd'hui, Akaroa revendique complètement son influence française. Cette particularité attire évidemment énormément de touristes durant la période estivale. Étant grenouille moi-même, ce village m'intrigue donc beaucoup et j'ai vraiment hâte de découvrir chaque recoin.

Rue Jolie, Ratatouille, L'Hotel, Place de la Poste, Gendarmerie, La Boucherie du Village... Bienvenue à Akaroa !

En déambulant dans les ravissantes petites rues, je ne m'attendais pas à tomber sur autant de clins d’œil à la France : des drapeaux, une boulangerie dont les gens s'arrachent les baguettes, une boucherie, les noms des rues et hôtels/restaurants et même des pots de fleurs bleues blanches et rouges !

La baie peuplée d'une multitude de petits bateaux est vraiment magnifique. Encore du bleu, encore du vert. Les mouettes se prélassent sur les pontons et l'endroit s'avère être toujours aussi réputé pour partir à la rencontre des baleines et des dauphins. D'ailleurs, Mathilde a pu en voir une ! Près du port, vraiment toute proche de la rive ! Certains sont même partis en paddle board et en canoé pour s'approcher.

Parasols colorés, odeur de fish & chips, tourniquets de cartes postales et autres souvenirs, structures de coquillages... Le bord de l'eau est bien aménagé. Touristes et backpackers peuvent pleinement profiter du soleil et traîner dans les petites rues pavées, boutiques et restaurants attrayants. Et bien sûr, encore et toujours, une armée de mouettes, postées sur les piquets, épiant la moindre miette qui viendrait à tomber.

Il y aussi un tout petit phare au bout de la ville, offrant une jolie vue sur la baie.

Dans les quartiers plus résidentiels, les maisons, bien fleuries, sont vraiment mignonnes et contribuent largement au charme de la ville. Ça donne envie d'y avoir un cottage ou une villa de vacances, mais je pense que ça doit coûter bonbon !

Akaroa est un village très intéressant, vraiment chaleureux et bourré de détails. Il y a une ambiance de vacances. C'est animé mais sans être trop excessif. Nous savons que les villes ne sont pas le point fort de la Nouvelle-Zélande. Ce n'est pas pour cela qu'on y vient généralement, mais plutôt pour la nature exceptionnelle. Ainsi, il y a un peu une recherche des paysages urbains qui se démarquent. Akaroa en fait partie et c'est pour cela qu'il vaut vraiment le détour. C'est un village charmant.

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La première fois que Mathilde et moi mettons les pieds à Akaroa, c'est la fin de l'après-midi. Le soleil commence à se coucher et nous n'avons pas encore de coin où planter la tente. Nous avons repéré un endroit sur internet qui semble faire aussi bien auberge que camping et qui ferme à 21h. Ça va, on est large ! Sauf que, à l'affut du moindre détail nous rappelant notre pays, nous passons un temps fou dans le village. Nous savons que l'auberge-camping est un peu excentrée mais nous ignorons qu'il faut emprunter une petite route sinueuse qui monte dans les collines... Nous n'y serons donc pas en 5 minutes.

Bienvenue à Onuku

Il fait nuit maintenant. Nous débarquons à la barrière. Il est pile 21h. Nous décidons de tenter quand même notre chance. Nous poussons la grande porte en fer et grimpons la méchante côte qui nous attend derrière, avec la voiture. En courant vers la réception, nous passons devant une grange et apercevons les cornes d'un animal dans l'obscurité. Un bouc ! Il nous fixe avec ses yeux brillants.

Il y a de la paille partout, j'ai l'impression qu'on est dans une ferme... Indice : l'endroit s'appelle Onuku FARM Hostel.

Nous débarquons à l'accueil, pleines d'espoir. Malheureusement, il est trop tard pour chercher un emplacement de tente dans le noir car le domaine est apparemment immense ! Des centaines d'hectares sur les collines... Ok. D'accord. Mais tout n'est pas perdu. La fille de la réception nous propose de dormir dans un stargazer : un petit tipi en bois avec des vitres pour pouvoir admirer les étoiles avant de s'endormir. Il est tard, nous n'avons nul part où aller, ce n'est pas si cher... et l'expérience en elle-même nous fait un peu rêver.

Nous héritons d'un tipi portant un nom un peu bizarre : Morepork (= Ruru = petite chouette marron de NZ et Tasmanie).

Sous les étoiles

Pas de lumière dehors, donc pas pratique pour se repérer ! Carte en main, nous finissons par le dénicher, après avoir traversé un pont et grimpé une colline pleine de trous. Un chemin semé d'embuches mais cela valait l'effort. Même dans la nuit, notre tipi a l'air trop bien !

On ne nous a pas menti. Lorsque nous sommes allongées, il y a une vitre de chaque côté du toit afin de voir le ciel, qui est complètement dégagé ce soir. Nous sommes chanceuses ! Et comme il n'y aucune lumière, que nous sommes paumées au milieu d'on-ne-sait-où, les étoiles brillent de mille feux. C'est vraiment magique !

Normalement le but est de s'endormir en regardant les étoiles. Nous portons toutes les deux des lunettes, donc nous tentons de profiter de cet univers féérique avec un œil net le plus longtemps possible avant de les enlever. Il faudrait qu'on puisse régler la netteté de la fenêtre en fonction de sa vue 😀

Et tout le village se réveille...

Surprise du jour ! Nous ouvrons les volets et découvrons l'endroit où nous avons dormi... Pas mal, non ?

Good morning! 

"Lorsque le jour se lève c'est un autre rêve qui commence, et à chaque jour succède un jour plus clair, à chaque éblouissement un nouvel éblouissement..."

Louis Gauthier, écrivain.

Notre tipi c'est une tuerie !

Ici, tout est parfaitement en communion avec la nature. Il y a des canards qui se baladent, et en particulier un duo canard-oie qui patrouille sur tout le terrain, tel le shérif et son adjoint. Les deux compères nous font un peu flipper car ils nous suivent et se postent devant les toilettes lorsque nous sommes dedans. Ces dernières ainsi que les douches sont dans des cabanes séparées, et les lavabos sont carrément dehors, offrant alors un brossage de dents avec vue !

En descendant de notre colline, il y a d'autres maisons faites de matériaux de récupération, faisant office de chambres, salon et aussi cuisine. C'est vraiment très original.

La découverte du jour : un toaster à l'ancienne ! Ça fonctionne bien !

Il est temps de reprendre la route, déjà. Au revoir petit coin de paradis !

La maison principale, avec la réception. 
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Avec Thomas, nous décidons de faire le Skyline Circuit, une randonnée circulaire dans les collines surplombant Akaroa. Le chemin est censé nous conduire au sommet de Stony Bay Peak (806 m), nous offrant une vue panoramique sur la baie.

En route pour le sommet ! 

Ça monte, ça monte, ça n'arrête pas. Mais la nature est vraiment belle. Tout est vert.

Stony Bay Peak

Nous arrivons sur les crêtes, et pouvons admirer les paysages de l'autre côté. Nous devons bifurquer à droite pour aller sur Stony Bay Peak. Le soleil commence à descendre. Les lumières changent.

La portion pour atteindre le sommet n'est pas simple. La pente est raide, ça glisse un peu. Il faut parfois se retenir avec les herbes hautes. Mais la vue, une fois en haut, est sublime. Ça valait le coup !

"Il n'y a jamais un sommet d'où la vue ne soit pas belle."

Sylvain Tesson, écrivain & aventurier

Allez, on redescend. Nous voulions faire une boucle et finalement, nous manquons le panneau et nous retrouvons sur le même chemin qu'à l'aller. Tant pis. Nous avons marché plusieurs heures quand même, et n'avons pas du tout été déçus de la balade !

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