Par Marie
Deuxième séjour en Afrique 10 ans après un voyage en famille au Kenya, cette fois-ci seule et en "Tourisme équitable et solidaire" : découverte de la vie dans un village rural du sud du Burkina Faso
Octobre 2016
13 jours
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20
oct

Rendez-vous des membres du groupe à l'aéroport de Lyon à 5h15 pour un départ à 7 h 25 avec escale à Bruxelles.

Après un voyage sans problème avec Brussels Airlines, l'arrivée à Ouagadougou vers 15 h 30 se fait sous le soleil. La chaleur nous prend dès la sortie de l'avion et tout au long des formalités dans l'aéroport.

Les deux voitures et leurs chauffeurs nous attendent pour nous conduire à l'auberge où nous passons la nuit, avant de partir au village le lendemain. C'est l'occasion de découvrir une partie de la capitale, l'aéroport étant situé en plein centre. Seules quelques rues sont goudronnées, la plupart sont en terre battue avec des nids-de-poule plus ou moins nombreux !

Ouagadougou 
21
oct

Départ vers 8 heures du matin - il fait déjà chaud - pour rallier le village de Gon Boussougou, 130 km plus au sud. Jusque Manga, la route est goudronnée et bien roulante, mais après, 40 km de piste défoncée par la saison des pluies qui vient de se terminer... On s'accroche dans les 4/4 !

Sur la route entre Ouagadougou et Gon Bousougou
21
oct
Vue générale de la concession il y a quelques années 

On arrive enfin à Gon Boussougou vers 13 h. Rapide visite de la concession et choix de nos cases : nous sommes peu nombreux, j'ai donc la chance d'avoir un espace individuel.

L'intérieur de la case 
Le coin douche, la réserve d'eau et l'espace repos

L'association "la Case d'Alidou" est née de la rencontre entre un étudiant français et un étudiant burkinabé, il y a une quinzaine d'années. Elle permet à des voyageurs d’aller à la rencontre des habitants de Gon Boussougou, d’échanger avec eux dans le respect de leurs traditions. Mariatou, Halidou et une quinzaine de villageois.e.s accueillent de petits groupes dans une concession de six cases avec un confort simple, sans eau courante ni électricité.

22
oct

Le Burkina Faso s’est engagé dans la communalisation intégrale du territoire. Gon Boussougou est une commune depuis 1992. C'est à la fois ce qu'on appellerait en France un département et son chef-lieu. La commune est composée de 29 villages administratifs et couvre une superficie d’environ 755 km². En 2015, elle comptait 54 989 habitants (60% a moins de 20 ans, 45% d’hommes et 55% femmes). La principale ressource est l'agriculture.

Dans le centre, se trouvent la mairie, le collège-lycée, la police et autres administrations, et les villages peuvent être assez éloignés, on y accède par des pistes plus ou moins larges. Le site de la Case d'Alidou présente la commune de façon détaillée. Allez le voir !

Mon premier choc lors de notre visite dans le village est provoqué par les détritus et les animaux en liberté. La pauvreté est importante : les enfants sont le plus souvent pieds nus, il y a très peu de voitures mais des charrettes à âne et de nombreux deux-roues (vélos, scooters, motos).

Dispensaire, mosquée, maison des Sœurs, école et rond-point de Manosque

Toute la visite du village se fait accompagnée par une quinzaine d'enfants et on se retrouve très vite avec des petites mains glissées doucement dans les nôtres. 😉

22
oct

En fin de journée, visite au barrage de Zourmakita qui a été refait à neuf cet été.

On a même vu des caïmans !

23
oct

La matinée démarre par un cours de bissa, la langue parlée par les habitants de la région, l'occasion de fou-rires avec Gaston, le "professeur".

L'alphabet bissa comporte 32 lettres avec des sons difficiles à reproduire pour nous.

Ceux qui le souhaitent partent assister ensuite au culte protestant.


La Case d'Alidou a reçu ensuite des invités de marque avec qui les discussions nous permettent de mieux appréhender la vie quotidienne : le maire, Mohamed Koudougou MARE, le préfet, des représentants des services sociaux, le major (responsable du dispensaire). C'est l'occasion pour les carnivores de goûter le fameux "poulet bicyclette" grillé accompagné de riz. Ensuite, partie de pétanque sous les manguiers !

Match nul entre les Nansara (les Blancs) et les Mikakounda (les Noirs) 
24
oct


La fabrication du beurre de karité qui nécessite force des bras et du dos,


le filage du coton qui demande une grande dextérité,


 et les danses qui exigent une grande souplesse du bassin pour faire tinter les cauris !
25
oct

Départ à la lueur des frontales pour aller voir le lever du soleil sur une colline proche de la mairie. A peine une demi-heure pour qu'il fasse grand jour, vers 6 heures. Magnifique !

Visite à la mairie puis au collège-lycée : le maire est conscient des difficultés de sa commune, plus pauvre que la moyenne des autres communes du pays. Tout est prioritaire et les moyens sont insuffisants...

Mêmes problèmes au lycée où le proviseur nous accueille avec les professeurs : pas d'électricité, bâtiments en mauvais état, professeurs non remplacés, entre 60 et 80 élèves par classe... Mais ils gardent l'énergie et la volonté de faire réussir les élèves.

La journée se continue avec une balade au périmètre maraicher, 17 hectares irrigués et divisés en parcelles cultivées par les villageois : riz, tomates, oignons, choux...

En bas à droite : une termitière d'un mètre cinquante ! 

Fin de la journée sur un coucher de soleil magique au petit barrage.

Ombres chinoises en Afrique (la 3e en partant de la gauche, c'est moi !)
 Une vidéo de 2 minutes pour voir le soleil se coucher sur l'étang
26
oct

La journée commence par une rencontre avec les habitants d'un village de Peuls. Nous sommes reçus par les notables pour un temps d'échanges très intéressants, traduits par Marcel, l'un de nos guides et un jeune Peul. Avant le départ, le délégué nous demande un conseil pour améliorer leur vie. Mais notre réponse le surprend quand nous parlons de l'importance de la réduction des déchets pour une meilleur santé d'eux-mêmes et de leurs animaux et de l'importance de la protection de la nature.

Contraste...

Après le village des Peuls, halte au village de Foungou où le chef coutumier, nouvellement nommé, nous attend. L'accueil est un peu plus formel et les échanges plus cérémonieux, mais toujours aussi chaleureux et bienveillants, avec de nombreux enfants qui écoutent en silence.

L'histoire du village et la liste des chefs du canton de Foungou, jusqu'à l'actuel : Naaba Kiba


Des poulets, cadeaux des Peuls et du Naaba, que porte Clémence, la jeune fille qui nous accompagne toute la semaine
26
oct
Une impression de calme et de sérénité au bord du lac de Bagré...

Le reste de la journée se déroule sous le signe de la détente, avec balade au bord du grand lac de Bagré, pique-nique sous les arbres, sieste, pétanque, petit tour en pirogue les pieds dans l'eau... et surtout, les hippopotames !

Les hippopotames du lac de Bagré faisaient partie de la légende de la Case d'Alidou, nul ne les avait vus... mais nous, si !! Ils sont là, un peu loin certes, mais ce n'est pas un mythe !

27
oct

Après le petit-déjeuner, départ pour un autre village, Nombira. Une heure de piste qui nous occasionne quelques frayeurs tant elle est abimée !

Mais notre chauffeur, Satif, négocie parfaitement les ravins et les passages à gué.




Dans le village de Nombira, rencontre avec une association de femmes fabrique du beurre de karité et du savon. Grâce à nos guides-interprètes, nous avons pu dialoguer - et rire ! - avec leurs représentantes, le délégué du village et le chef coutumier. Le moteur de la machine qui les aidait dans leur travail est tombé en panne et la réparation semble difficile (manque d'argent et de connaissances). Malgré leur pauvreté, ils nous offrent un grand plat d'arachides.

La photographe photographiée 

Après le repas et la sieste, visite chez le tradipraticien à Gon Boussougou. Il a une carte officielle qu'il nous fait passer avec la liste de ce qu'il peut guérir : tout, sauf le sida ! Il nous présente ses "médicaments" : poudres, cendres et peau de caïmans.

Une visite chez les potières à quelques centaines de mètres plus loin nous permet de voir la fabrication de bols en argile.

28
oct

Comme tous les matins, le programme de la journée est affiché dans l'espace commun.

La visite au collège-lycée nous permet de partager quelques heures avec les élèves. Les cours se déroulent en français. Je suis le cours d'histoire d'une classe de 5e : "les sociétés et les chefferies du sud-ouest du Burkina Faso". Le sol de la classe est en terre battue, le toit en tôle percé par endroits et les tables datent des années 1930. Mais les 60 élèves (en uniforme) sont attentifs et écrivent scrupuleusement sur leur cahier la leçon dictée par le professeur.

Deux membres du groupe suivent un cours de mathématiques avec une professeur très attentive à la compréhension des élèves.

Trois autres personnes rencontrent les élèves de 1e A4 où, le professeur étant absent, ils échangent avec les jeunes pendant plus de deux heures. Fou rire, questions diverses et variées et enthousiasme de part et d'autre.

Avant de retourner à la case, petit tour au marché pour récupérer nos commandes chez la couturière : jupes, robes et tuniques.

La Case d'Alidou parraine des enfants pour qu'ils puissent continuer à être scolarisés.

Dans ce cadre, nous assistons à une petite cérémonie organisée par le service social de la mairie, avec remise de cadeaux et discours de Sylvie, notre accompagnatrice et responsable du parrainage.




Le soir venu, après le repas, la surprise est arrivée : tous les enfants accompagnés par des tam-tam sur bidon chantent et dansent pour nous.

29
oct

Moi, je croyais que les arachides, ça poussait dans les arbres...

En réalité, les arachides sont sur les racines d'une petite plante. Pour les récolter, les pieds sont arrachés et les coques sont détachées des racines une par une, puis mises à sécher au soleil.

On travaille pendant une bonne heure dans le champ de l'un des guides : après avoir arraché quelques plantes avec une "daba", sorte de sarcloir, on détache les arachides des racines. C'est trèèès long... le tas de plantes à décortiquer ne semble pas diminuer !



Ensuite, pratique de notre activité favorite : BUVETTE ! Il fait chaud, et comme on n'a pas de frigo à la concession, on apprécie une boisson fraiche à la buvette, même si c'est un soda...

Buvette Les Routiers

En fin de journée, balade au petit barrage, en vélo pour les plus courageux, en voiture pour les autres.

30
oct

La fin du séjour approche, une dernière activité est improvisée : aller chercher de l'eau au puits en portant la bassine sur la tête...

Pas évident d'être aussi à l'aise qu'elle ! 

Les valises sont prêtes, les enfants sont tristes de quitter leurs nouveaux amis (et les adultes aussi...).

Lors d'une petite cérémonie d'adieux, Mariatou et Halidou nous offrent une case en argile en souvenir de notre séjour à la Case d'Alidou.

Retour à Ouaga, avec halte buvette et sans problème particulier, si ce n'est les ornières de la piste entre Gon Boussougou et Manga et le respect plutôt aléatoire du code de la route par les dizaines de deux-roues dans les rue de Ouaga...

31
oct

Pour cette dernière journée au Burkina, le programme est chargé : visite chez un bronzier, shopping et buvette au village artisanal, repas chez Fido et spectacle de djembé et de danse.

Une figurine en cire est façonnée pour servir de forme à un moule en argile, dans lequel le bronze est ensuite coulé.
Fido et sa compagnie AKZ 

Après ça, retour à l'auberge, préparatifs pour le départ (mais pas de douche pour cause de coupure d'eau...) et en route pour l'aéroport où l'avion pour Bruxelles décolle à 22 heures.

1
nov

... la chaleur, les bestioles (je peux vous dire à quoi ressemble de près la tête d'une mante religieuse !), le manque d'eau courante et d'électricité,

... mais aussi la découverte d'une autre culture, les petites mains des enfants, la gentillesse de Marceline, les attentions de Mariatou, l'ouverture d'esprit d'Halidou et d'Anatole, les rires de Gaston et de Latiou, la disponibilité de Sylvie, les buvettes, les manguiers, les baobabs et les hibiscus,

et surtout... le sourire d'Obaïdou !

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