Carnet de voyage

À notre Tour !

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Six ans qu'on l'attend, et c'est enfin à notre Tour ! Afrique, Amérique et Asie sans planning, sans travail, sans école... la liberté !
Juillet 2022
54 semaines
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Publié le 3 août 2022

Après 6 ans d'attente, des heures à en discuter, des doutes, des interrogations et quelques mois de préparation, c'est enfin le jour du grand départ. Le départ d'une aventure d'un an, autour du monde.

En 2016, au terme de notre voyage d'un mois et demi en Australie, Margot nous avait dis : "C'était mon rêve d'aller en Australie, donc maintenant je n ai plus de rêve !" Alors, nous avons imaginez ce projet.

Partir... loin (certains se reconnaîtront), longtemps.

Ne pas travailler, ne pas étudiez, juste en profiter. Profiter de la vie, profiter d'être ensemble et se construire des souvenirs.

Margot a fait sa part. Elle a eu son BAC à 16 ans. Elle a donc bien mérité son année de vacances, elle qui toute petite déjà se demandait pourquoi on ne commençait pas sa vie par la retraite !

Il a aussi fallu trouver un dog-sitter, merci papa, merci maman, et trouver un rabbit-sitter, merci fréro. Mais ça y est. Armés de sacs à dos beaucoup trop lourds et d'un anglais à faire pâlir Shakespeare, nous voilà parti. Première étape : Road trip Ougandais en self-drive.

Le départ 
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Publié le 9 août 2022

Notre première destination est donc l'Ouganda, la perle de l'Afrique. Si nous avons choisi ce pays méconnu, et ce n'est pas les potes de Margot qui me contrediront, c'est parce qu'un de nos rêves est d'aller à la rencontre des gorilles des montagne. L'Ouganda est l'un des 4 pays où il est possible de le faire.

Mais avant de rencontrer le plus grand primate de la planète, nous devons atteindre Entebbe. Entebbe, c'est l'aéroport international, situé à quelques kilomètre de Kampala, la capitale de l'Ouganda, situé sur les rives du lac Victoia. Oui, on peut nous lire et s'instruire !

Entebbe pour "pas trop cher", c'est pour nous une escale de 11h à Doha. Pas de souci. Candice nous a trouvé une chambre dans l'hotel de l'aéroport. Un hotel avec spa. Et même à 1h du matin nous allons en profitez.

Spa à Doha 

Après une courte nuit de sommeil et 24 heures de trajet, nous voici enfin arrivés à Entebbe. À ce moment là, on n'est pas très fiers. Les e-visas ougandais ne sont valides que 90 jours à partir de la date d'émission. Candice et moi, on les a obtenus en février, autant dire que ça fait plus de 90 jours... On se présente donc à la douane avec deux e-visas périmés et celui de Margot valide, mais valable pour une durée de 90 jours alors que les nôtres ne le sont que pour 11 jours !!??

Finalement, malgré une longue attente le douanier ne bronche pas et nous laisse passer en siflottant.

Maintenant, il faut faire entrer mon drone. Il parait qu'en Ouganda, c'est impossible. Là encore, un sourire et ça passe sans encombre. Dernière étape de l'aéroport, trouvé le Shilling ougandais que nous n'avons pas trouvé en France.

Chose faite, nous pouvons enfin sortir et nous laisser guidé par notre taxi, finement négocier par mes soins avec la responsable du bureau de change. Un gentil taxi, qui va laisser un souvenir de son index sur notre première photo ougandaise. Un gentil taxi qui va bien nous conduire à Kampala, mais au mauvais hotel. Une petite erreur qui va lui coûter 45 minutes de son temps pour faire 2 kilomètres. Kampala le soir est totalement embouteillé.

Et quand enfin nous sommes au bon hotel, personne n'a trace de notre réservation. On a booké avec Hotel.com. On a payé, on a été débité, mais le réceptionniste n'a pas de chambre pour nous... Mon anglais est direct dans le game, sans échauffement. Après plus d'une heure d'échange, de contact téléphonique avec le manager, ils vont finir par nous libérer une chambre, que dis-je, un appartement en échange... de 70 dollars. Cette histoire se règlera quelques jours plus tard avec Hotel.com qui nous remboursera, mais ce fut une belle entrée en matière.

Après un bon repas, bien que tardif, dans Kampala et une bonne nuit de sommeil, il est très vite l'heure de prendre possession de l'un des principaux constituant de notre aventure : la voiture. Nous avons décidé de faire un road-trip en voiture tente, et c'est notre première fois. On ne le sais pas encore, mais notre Toyota n'ira pas au bout du voyage.

Le Golf Course appartement à Kampala 
Notre Toyota Hillux Root top tent 

Petit déjeune avalé, ravitaillement effectué et puce de téléphone achetée (heureusement), nous quittons la capitale direction Fort Portal, de l'autre côté du pays. La route est difficile, la circulation dense, et c'est parfois un grand n'importe quoi. Mais on s'habitue. On se rend également compte que le pays est très valloné. Très, très valloné.

C'est également nos première rencontres avec toutes ces chèvres et ces vaches attachées aux bords des routes, et avec les Boda boda. Ces sortes de taxis moto que nous croiseront partout, tout le temps, quelque soit les conditions météo ou l'état des routes. Les pilotes de ces engins transportent des tout : des personnes, des marchandises et des animaux. On en a croisé un avec deux cochons vivants et hurlants, ligotés à l'arrière de la selle. Nous on a fait le choix de ne pas en prendre. Peut être parce qu'on avait une voiture, ça facilite le choix, peut être aussi parce qu'on a pu constater les risque que prennent ces gars et qu'on en a vu un percuté par une voiture sur notre chemin.

Au bout de plus de 7 heures de route, ponctué de quelques rencontres animalières, nous arrivont au Kalitusi Backpackers Hostel and Campsite, sur les hauteurs de Fort Portal pour notre premier montage de tente qui va se dérouler sans encombre.

Le camp est très bien. Un bel endroit, grand, excentré par rapport au coeur de la ville, les sanitaires sont supers, les repas copieux et bons, et le personnel très gentil. Brian, le gérant, nous assure le divertissement le soir près du feu avec sa guitare. Le lieu semble paisible.

Sauf, qu'en contre bas, c'est le rendez-vous des fêtards... des fê--très tard, même. Sono à fond jusqu'a 3h du mat. Et à 3h du mat, on ne baisse pas le son ici ! Non, on remet un peu plus de décibels. L'accalmie arrive aux alentour de 5h, juste avant l'appel à la prière du muezzin, à 5h30. Ce qui qui réveil le coq. Et maintenant qu'il est réveillé, bah il fait son boulot de coq... Et ça, ça fait aboyer les chiens ! En gros, t'as dormi 30 minutes si t'es rapide à t'endormir. J'exagère à peine. Pendant ces nuits un peu compliquées, je me suis souvent demandé : quand dorment les gens qui habitent là ???

Premier montage de tente 
Kalitusi Backpackers Hostel and Campsite 

Malgré une légère dette de sommeil, nous avons quand même profité de la ville. On s'y est baladé tranquillement, malgré le fait que Margot et Candice, en short le premier jour, aient un peu attiré l'attention sur elles.

On y a mangé de la street food, sans choper la tourista, mangé du chicken stew, un ragoût de poulet, dans un petit resto et gouté nos premiers rolex, une spécialité ougandaise continué d'une omelette aux tomates, choux et oignons, enroulé dans un chapati, un pain sans levain.

Dans les boutique, Margot va faire l'affaire des ces 20 dernières années, et surement des 1O prochaines, en achetant un "véritable" petit haut Dior de toute beauté pour la somme de 9000 shilling ougandais après négociation... 2,27 euros !

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Rencontrer les chimpanzés du Kibale national park est un des moments fort de notre voyage en Ouganda. Certes ce sont les gorilles des montagnes qui nous ont fait venir, mais nous espérons bien profitez de ce moment privilégié avec d'autres de nos cousins primates. Le permis pour pouvoir les approcher à Kibalé, c'est 200 euros. Pour cela vous avez le droit à une heure de contact, avec masque, covid oblige.

On se lève donc à l'aube, car nous ne sommes à 45 minutes du lieux de rendez-vous et nous ne voulons surtout pas être en retard. Arrivé là-bas, un café, un briefing sur les consignes de sécurité et le règles à respecter, et nous reprenons le 4X4 pour allez un peu plus loin dans la forêt avant de commencer le trek. Nous sommes un groupe de 8 personnes, nous, et une famille américaine de 5. Notre guide, Jasper, monte dans notre voiture. Il nous explique que son gros fusil sert à effrayer les éléphants en cas de besoin ! Car oui, il y a des éléphants dans la forêt de Kibale. Quand il voit nos yeux pétiller, il nous précise qu'il y a vraiment très peu de chance que l'on n'en croise. Dommage, on aurait bien tenté l'expérience de cette rencontre.

Jasper notre guide 
C'est parti pour le trek 

Quelques minutes de voiture encore, et enfin nous nous enfonçons dans la forêt à la recherche des chimpanzés de la communauté Kanyantale. Le trek ne va pas durée bien longtemps. Après seulement un quart d'heure de march, ils sont là. On les aperçoit d'abord dans les arbres, loin.

Ils sont trois. Ils vont descendre et nous allons pouvoir en observer au sol. Trop peu. Ils bougent. Ils se déplacent rapidement et ils nous est difficile de les suivre. Très vite, ils remontent dans les arbres. Là, nous resteront de longue minutes à observer des formes sombres bouger à la cime des arbres et à discuter avec Jasper. Moi, je commence à ressentir la frustration d'une rencontre trop furtive.

Mais Jasper a plus d'un tour dans son sac. Il a surtout un talkie walkie dans son son sac ! Avec l'aide d'autres guide et aussi avec des petits cris d'indiens, ou dans notre cas d'Ougandais, il nous remet sur la piste de notre petit groupe chimpanzés. Ils sont dans les arbres, là encore, nous avons la chance qu'ils descendent au sol et cette fois nous les suivons. Ils sont proches et nous pouvons bien les observer.

Au bout de quelques minutes, l'un d'eux nous fait passer un message à la façon chimpanzés. Il nous fait comprendre que la récréation est terminé et qu'il va falloir les laisser tranquilles.

 "Maintenant il faut me laisser"

Message reçu. Nous les laissons disparaitre. Nous n'avons fait que quelques photos et vidéos, mais nous voulions surtout profitez du moment. Le vivre, plus que le photographier. Finalement j'en ai plus que ce que j'espérais.

"Cherry on the cake", Jasper vient nous voir discrètement et nous demande si on veut voir un éléphant. Évidement qu'on veut voir un éléphant ! Nous faisons quelques mètres et là, au fond, un éléphant nous observe. Cela va assez vite car la présence du pachyderme fait monter la tension entre les guides des trois groupes qui se sont rejoins. L'éléphant est l'animal le plus dangereux que l'on peu croisé dans cette forêt. C'est pour cela que Jasper à un fusil ! On ne s'éternise pas... lui non plus.

La famille Rolly, Jasper le guide et nous 

Difficile encore de réaliser ce que nous venons de vivre, mais il est maintenant temps de rentrer à Fort Portal, la tête déjà pleine d'émotions. Demain, nous prenons la route vers le Queen Elisabeth National Park et nous ne savons pas encore où nous allons dormir... mais c'est une autre histoire.

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Comme nous faisons un road trip, il faut bien conduire. Donc nous prenons la route du sud vers le Queen Elisabeth National Park. Le temps n'est pas avec nous, et quand il pleut, il pleut.

Une chose nous frappe, c'est que nous passons d'un paysage tropical à un paysage de savane en quelques kilomètres seulement. Faut dire qu'on a passé l'Équateur. La distance à parcourir n'est pas énorme, un peu plus de 100 km, mais nous allons apprendre qu'ici le moindre kilomètre prend des plombes à parcourir. Les routes ne sont pas toutes goudronnées et les pistes ne sont pas forcément en bon état.

On prend donc un peu de retard sur l'horaire prévu et nous arrivons à l'entrée du parc quelques minutes seulement avant le couché du soleil. L'heure est propice à l'observation d'animaux. Nous rencontrons nos premiers animaux typiques des safaris : buffles, antilopes, phacochères,... sur le chemin qui nous mène à un "camp site" public à l'intérieur du parc. Je ne sais pas du tout ce que nous allons trouver. C'est un endroit que j'ai uniquement repéré sur google map, au bord du lac Eduard. Ça été difficile de préparer en amont les lieux où garer notre voiture-tente car j'ai eu du mal à trouver des infos sur les campings. Plus tard, on nous donnera un tuyau sur une appli qui les répertorie. Nous comprendrons aussi qu'ici TOUT peut être camping, et que RIEN peu également être camping !

Pour le moment, c'est petit safari. Petit safari ?! En fait, non. La rencontre à venir vaut tous les phacochères qu'abrite la Terre !

Alors que nous sommes arrêtés pour observer je ne sais plus trop quoi (j'ai oublié), une forme se tient au bord du chemin quelques mètres plus loin. Un léopard ? Nous n'en sommes pas sûr... Je redémarre, j'avance doucement. Oui c'est un léopard. Nous n'en croyons pas nos yeux. Je continue d'avancer, va-t-il partir ? Non. il ne bouge pas. On s'arrête à sa hauteur. Il est à 2 mètres de nous.. Nous allons rester de longues minutes comme cela à l'observer. Nous mesurons notre chance, tant il est difficile d'en voir dans la nature... alors d'aussi près !

Close leopard 

Finalement, nous ne regrettons pas d'être arrivés aussi tard dans le parc. Pour y rentrer, il faut payer 50$ par personne. L'entrée n'est valable que 24h, mais ce moment avec le léopard les vaut déjà largement.

Après cet instant magique, il faut reprendre la route défoncée, indiquée par les gardes pour atteindre le Mweya camp site n°3, à l'autre extrémité du parc. Arrivés sur place, il y a bien des sanitaires très sommaires, des rangers pour nous protéger des hippopotames, mais l'endroit ne nous plait pas. On décide d'aller voir le site le Mweya camp site n°1, totalement à l'intérieur du parc, lui. Là où on a croisé notre ami le léopard. Évidement, on se perd en y allant.

La nuit tombe, impossible de faire demi-tour. Quoi qu'il arrive, ce sera le camp n°1. Nous finissons par le trouver. C'est un petit espace dégagé avec un arbre cactus au milieu et nous, seuls face au lac. Enfin seul... plutôt avec les hippos que l'on entend en contre-bas. L'endroit est exactement ce que l'on recherchait, sauvage.

Mais il faut se dépêcher : monter la tente, ramasser du bois et faire un feu pour être un minimum en sécurité. Chose faite, nous pouvons profiter d'un petit apéro et d'un plat de spaghetti sauce korma, à l'abri des hordes de moucherons attirées par les sunlight d'une lampe disposée plus loin pour les éloigner.

Mweya camp site n°1 

La nuit a été un peu perturbé par par le vent la pluie et les grognements des hippos. Le jour, lui, nous permet de découvrir les commodités mis à notre disposition 😀

Les "toilettes" du Mweya camp site n°1 
Notre camping pour la nuit 

Petit dej avalé, tente repliée, nous partons pour Kazinga, faire une balade sur le canal. Il parait que c'est bien. Heureusement pour nous, la pluie s'est arrêtée. La balade est principalement ornithologique et nous permet aussi de voir les nombreux hippopotames entendus cette nuit. En réalité, cela ne nous laissera pas un immense souvenir : c'est cher pour ce que c'est.

Balade sur la Kazinga channel 

Une fois notre 'boat cruise' terminée, on se dit qu'on pourrait retourné dans le parc, vu que notre pass est valable encore quelques heures ! Nous voilà repartis. On arrive à la barrière, une garde nous l'ouvre. Je passe la première, on fait 20 mètres et je sens la voiture glisser côté gauche et se caler gentiment contre le talus. Il a plu toute la nuit et aujourd'hui, la terre d'hier s'est muée en boue. Pas de problème, me dis-je. J'ai un 4X4 après tout ! En plus, j'ai vu faire ça plein de fois à la télé 😎. Alors J'enclenche le mode tout terrain et je tente de me dégager de ce bourbier, sous l'oeil amusé de la garde du parc.

"THIS IS AFRICA", la garde du Queen Elisabeth National Parc

Mais rien n'y fait. Je ne fais que creuser un peu plus l'ornière dans laquelle je me trouve. Candice a alors l'idée de mettre des pierres derrières les roues, comme ils font dans les reportages. Nous voilà donc à la recherche de cailloux. À cet endroit il n'y en a pas beaucoup. J'essaie encore, mais non, je n'arrive quand même pas à me dégager. Il faudra finalement l'aide experte d'un sympathique ranger qui passait par là pour sortir notre voiture de la boue. Il faut bien reconnaitre qu'il a été bien meilleur que moi sur ce coup.

Le ranger sauveur 

Après cette légère mésaventure, nous décidons de renoncer à notre balade dans le Queen Elisabeth National Parc. Hier, on a vu l'état des routes quand elles sont sèches et je n'ai donc pas envie de les tester boueuses. On ne veut pas se retrouver bloqué au milieu de rien, et entouré de bêtes sauvages !!!! Nous ressortons alors du parc sous le commentaire de la garde : "This is Africa !".

Une fois de retour sur le bitume, nous reprenonons notre progression vers le sud. Waze, nous a lâché et on s'en remet à Google map. L'erreur. Quelques kilomètres seulement après notre sortie du Queen Elisabeth National Park, un "tourner à droite" sur une route de terre va nous donner une petite sueur froide.

On arrive en haut d'une côte qui semble relativement impraticable. Même les Bodas galèrent ! Là on se fait stopper par des gamins qui nous expliquent que si on veut passer il faut leur donner un billet car ils ont aplati les ornières creusées par les camions. C'est comme dans la série documentaire "Les routes de l'impossible".

Ne sachant pas trop quoi faire, nous cédons au racket. Pour 4000 UGX, on s'engage dans cette pente qui ne semble pas très difficile sur les images, mais elles sont trompeuses. Je peux vous assurer qu'au volant je ne suis pas vraiment rassuré.

La descente se passe finalement bien. Le problème c'est qu'en avançant, la route devient très, très compliquée. On vérifie l'itinéraire, et là on se rend compte que le GPS nous envoie n'importe où. Il faut faire demi tour, et donc remonter la pente que l'on vient de de descendre. Vais-je y arriver ? Où allons nous rester bloqué jusqu'à ce que la terre sèche ? Le coeur battant, le coeur vaillant, je vais, cette fois, réussir l'épreuve du"4X4 on the wet Africa road". Ouf !

Nous reprenons la route, cette fois la bonne, la N2. Enfin la route... La National 2, c'est en réalité une piste de terre parsemée de trous et de cailloux. Le paysage est superbe, Margot reprend sa place sur la fenêtre de la voiture et le safari continu.

Paysage de savane brulée 

Comme d'habitude, c'est long et difficile. L'"african massage", ils appellent ça ! Nous mettons beaucoup de temps à rejoindre le Bullbush river camp, dans la zone d'Ishasha. Sur le chemin, une surprise nous attend. Derrière un arbre, surgit un éléphant mâle. Et oui, je ne l'avais pas vu ! Il me semble énorme, je me fais surprendre. Je fais un bon sur mon siège et je stoppe la voiture quelques mètres plus loin pour l'observer. Tout semble aller bien, mais l'éléphant montre des signes d'agacement. Il bat des oreilles, lève sa trompe... et fini par nous charger. Vite, on trace. Il nous pourchasse. Une voiture arrive en sens inverse. On les prévient mais les filles à l'intérieur décident d'avancer quand même. Elles finiront par faire demi-tour. C'est alors camion qui arrive. Sûr de lui, notre éléphant choisi alors de se mesurer au plus fort.

L'éléphant pas content 

Nous laissons cet éléphant mécontent derrière nous car nous devons rejoindre notre camps. Nous n'y arriverons finalement qu'à la nuit tombée et nous ne verrons à quoi il ressemble que le lendemain. La douche éclairée à la lampe torche est froide, mais salutaire, et les noodles du soir sont également bienvenues.

Le bullbush river camp 

Avant de me coucher, je m'aperçois que j'ai une tique sur le genou... C'est dégueulasse, mais je réussi à l'enlever.

Le lendemain, nous discutons avec deux Français, Harmony et Simba , qui traversent l'Ouganda, la Tanzanie et le Kenya à vélo. Des fous ! Leur Instagram c'est @follesescapades si vous voulez vous rendre compte.

Du coup, j'en profite pour leur demander comment ils trouvent les sites de camping dans lesquels ils s'arrêtent puisqu'ils ne savent jamais combien de kilomètres ils vont réussir à parcourir. Ils nous conseillent l'appli Ioverlander, dont nous allons nous servir dans la foulée pour trouver notre futur point de chute, le Agandi Uganda, près de la forêt de Bwindi, où nous devons voir les gorilles des montages... ça approche.

Les routes vers l'Agandi Uganda 
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Ça y est, cette fois nous y sommes. La raison principale pour laquelle nous sommes venus en Ouganda : la rencontre avec les gorilles des montagnes. Pour nous, ce sera dans la bien nommée "Bwindi impenetrable forest", dans un secteur du sud de la forêt, Rushaga.

Mais vous allez devoir patienter quelques lignes encore. Je dois d'abord vous raconter une autre histoire, celle du jour d'avant. Car pour le moment, nous sommes encore à l'Agandi Uganda, de l'autre côté de Bwindi et il nous reste une centaine de kilomètres à faire dans la journée pour atteindre notre camp de base, le Mutanda Lake resort, l'unique lodge de notre séjour.

Alors, malgré notre fraiche nuit sur le parking du lodge à 2325 m d'altitude... Bon, j'ai déjà plusieurs précisions à apporter : d'une, on dors dans une tente. Donc à 2325 m d'altitude la nuit, même en Ouganda, on se les gèle. De deux, j'avais dit précédemment que les Ougandais faisaient de "rien" des campsite. Et bien, c'est là ! Trois places de parking devant un lodge, égale 3 places pour y caler des voitures-tente. Mais passée la surprise du "oui nous avons des places, c'est là ! Garez-vous mieux et c'est là", l'accueil à été chaleureux. Nous avons eu le droit à une douche chaude, dans la chambre appartenant à des membres du staff, préalablement foutu dehors par la gérante. Une chambre, et une douche, ouvertes sur l'extérieur. Alors par 15°seulement, même brulantes, les douches n'ont pas été très longues.

L'Agandi Uganda - 2325 m d'altitude
Notre camp site 

Pour nous c'est l'aventure, on est heureux ! 

Donc malgré notre fraiche nuit sur le parking du lodge, dis ai-je, nous sommes très enthousiastes à l'idée de rejoindre nos gorilles.

Alors, on entame la descente de la montage. Le sol est boueux mais il ne pleut plus. Google Map, encore lui, nous engage sur des pistes de plus en plus étroites. Nous traversons de tout petits villages perdus dans la montagne, passons des ponts en bois qui nous paraissent fragiles mais qui tiennent. À Burambira, on s'arrête sur une petite place pour acheter des brochettes de porc. Plus loin, nous prenons deux morceaux de canne à sucre à une veille dame aux bord de la route et enfin un ananas.

Au passage de petits gués, il a parfois à peine la place pour les roues de notre fidèle 4X4. On se rend bien compte qu'on est pas sur l'itinéraire le plus évident, parfois on se fait des frayeurs, mais on a confiance. Pour nous c'est l'aventure, on est heureux.

Passage à Barambira 

Heureux, jusqu'à une petite descente... Là, on entend un énorme bruit sous la voiture. Elle cale. Le "fidèle" 4X4 n'ira pas plus loin que le bas de la côte ! La pédale d'embrayage s'enfonce à fond et ne revient pas, ce qui, malgré de médiocres connaissances en mécanique, m'amène à en déduire un problème... d'embrayage. Oui, j'suis pas mal fort en déduction.

Il est 13h15, la voiture est en rade au milieu de nulle part, et nous avec. Là, un petit vent de panique traverse la voiture. Elle ne bouge pas pour autant. Moi, je tente de rester calme, comme me l'avait suggéré Julius, le gars de l'agence de location de la voiture, Roadtrip Africa, lorsqu'il m'avait remis la carte avec son contact... en cas d'urgence. Cette carte justement, je sais que je l'ai rangée... mais où ? Impossible de remettre la main sur cette 🤬🔥🐷☠️⚡️💩 de carte ! Heureusement, un stickers est collé sur le tableau de bord, avec un numéro. J'envoie un message WhatsApp.

Ce qui va suivre est un peu long et pourtant n'est que le résumé d'une longue attente... une très longue attente... 9h d'attente !

13h30, Julius me rappelle. On trouve un gars pour lui expliquer où on est. Allez savoir si il a bien fait le job ??? Mystère. Julius nous dit qu'il va nous envoyer des "mechanics", des mécaniciens, pour s'occuper de la voiture.

Ça devient vraiment glauque 

quand les ados se mettent à lécher les vitres de la voiture

À 15h15, il me dit que je devrais bientôt voir quelqu'un. Mais personne. Juste un énorme orage qui s'abat sur nous. On a encore quand même l'impression d'être pris en main, alors on mange l'ananas des la canne à sucre achetés plus haut dans le village.

À 16h, je lui demande des nouvelles de nos "mechanics". Un certain Nichols doit m'appeler . J'attends...Rien.

L'orage s'est calmé, et je prends alors une décision qui va légèrement faire basculer l'ambiance. Je décide d'utiliser ce temps d'attente pour me raser. Oui me raser... dans le rétro de la voiture, avec mon rasoir électrique. Très mauvaise idée. Car le bruit attire des gamins intrigués. Des gamins de tous âges. Des petits, mais aussi des plus grands, très intéressés par Margot. Trop ! Au fur et à mesure que le temps passe, ils sont plus nombreux, et plus grands. Ils deviennent oppressants. Ils tentent d'ouvrir les portières, le coffre, ils bougent les rétros. Un vieux monsieur arrive, totalement défoncé. Il nous parle en Swahili. Il est apparement bien connu ici, les gamins lui jettent des cailloux, et lui les poursuit. Quand il réussi a en choper un, il le frappe avec le baton qu'il a dans la main. Ça devient vraiment glauque quand les ados qui entourent la voiture se mettent à lécher les vitres. Margot et Candice ne rigolent plus du tout.

Heureusement, nous allons faire la connaissance de Barshil, un jeune étudiant de 17 ans qui est de passage dans le village pour voir sa grand-mère. Le courant passe bien, il parle un peu anglais. On lui demande d'éloigner les petits, de calmer les plus grands. Nous parlons aussi football. Pour lui, Mbappé n'est pas le meilleur joueur du monde. Il préfère Messi, Ronaldo ou même Sala.

À 17h30, Julius nous dit que comme les premiers mécaniciens n'étaient finalement pas disponibles, il en a appelé d'autres...Ah

À 18h15, il me demande de lui envoyé un point GPS Google map car la nouvelle équipe de mécaniciens ne nous trouve pas sur la route principale !!!??? Normal mon Julius... ça fait maintenant 6h qu'on t'explique qu'on y est pas sur la route principale. Je lui envoie donc ce point GPS.

À 19h30, la nuit tombe et nous nous n'avons pas bougé d'un centimètre. Au loin, une lueur... l'espoir ? Non. Un boda. Un boda chevauché par deux "mechanics" trempés. Les sauveurs ? Non plus. Il sont armés d'un tournevis, de trois clefs plates et de deux téléphones. Alors certes, c'est un très gros tournevis, une clef de 18, une de 20 et une autre de 24, mais évidement, et ce malgré la légendaire ingéniosité africaine, cela s'avère un peu léger pour réparer l'embrayage de notre 4X4.

L'attente 

20h, il fait nuit, le verdict tombe... Il ne peuvent pas réparer. Retour à la case départ. Julius nous dit alors qu'il nous envoie un véhicule pour nous transporter jusqu'à notre lodge, que demain nous devrions avoir un nouveau 4X4 pour aller jusqu'au depart du trek des gorilles, mais que si la voiture n'arrive pas à temps, il nous organisera un transport. Là, le moral n'est au mieux. Ça fait beaucoup d'incertitudes.

Au moins, l'ambiance s'est détendue. Des gamins sont toujours là, Barshil aussi. Merci Barshil. Nous décidons alors de partager le reste de notre ananas, un avocat, des chips et des boissons que nous avions avec nous. Un mini bar s'organise à l'arrière du 4X4. On rigole, on met de la musique, tout ce passe bien jusqu'a ce qu'un des gars resté avec nous finisse par me demander de l'argent sur un ton, d'un coup, beaucoup moins sympa. Heureusement, l'orage et l'arrivé de nos deux chauffeurs vont doucher ses espoirs de nous impressionner.

Il est 21h30, sous un nouveau déluge, nous balançons toutes nos affaires dans leur petite voiture, et nous voilà parti pour les 70 km qui nous séparent du Mutanda Lake Resort.

Mais ces 70 km, ne vont pas être de tout repos. La voiture surchargée n'est pas vraiment tout terrain et pas faite pour ce genre de condition. Il pleut vraiment beaucoup, on ne voit rien à travers le pare-brise. Les routes de montage se changent en torrent (là, j'exagère un peu), la terre en boue.

Notre chauffeur-pêcheur 

Le conducteur s'arrête régulièrement, chausse ses bottes et met son chapeau de pêcheur pour jeter des pierres dans les trous d'eau. Ça passe. Il conduit comme un barge, dans les montées, la voiture chasse dans tout les sens et s'approche dangereusement des ravins... à ce moment là, j'ai vraiment flipper de mourir en Ouganda.

23h30, finalement, nous arrivons sain et sauf. L'hotel nous a attendu. Ils ont gardé les cuisines ouvertes, et nous avons même le choix de ce que nous allons manger.

L'approche est discrète puis la proximité de plus en plus grande. 

Le reste se passe de commentaire.

La nuit est très courte mais nous avons tellement eu peur de ne pas pouvoir faire ce trek à la rencontre des gorilles que notre motivation est à son max. Il va en falloir. Évidement, notre nouveau 4X4 n'est pas là, mais le lodge s'est occupé de nous trouver un chauffeur qui va nous conduire sur des "routes" encores détrempées jusqu'à notre point de rendez-vous. Cette fois nous pouvons évacué la pression... Nous y sommes. Briefing sécurité, spectacle des femmes de la communauté, répartition des groupes, attribution des porteurs terminés et sélection de notre baton de marche, nous allons enfin pouvoir y aller.

Bwindi forest 

Lamech, notre guide, nous emmène sur les traces du groupe Kutu constitué d'une vingtaine d'individus : Un dos argenté qui a donné son nom à cette famille, un dos noir, 9 femelles, des juveniles et des bébés. Selon lui, le trek pour les rejoindre 'une difficulté moyenne : entre 2 et 4 heures. Je suis ravi car je ne voulais que ce soit trop facile.

Je vais être servi : nos premier pas se font dans l'eau, histoire d'évacuer direct le problème des pieds mouillé. Nous allons marcher 3h, sous la pluie, à flanc de montagne, dans des pentes parfois ardue. On joue à Indiana Jones ! Soudain les premiers cris. là on ne joue plus. C'est bien réelle. L'approche est discrète puis la proximité de plus en plus grande. Le reste se passe de commentaire.

Notre rencontre avec les Kutu de Rushaga 

Par chance, la pluie s'est arrêtée quand nous sommes arrivés près des gorilles. Malheureusement, comme nous, ils ont froid, et ne sont pas très actifs. Le dos noir ne semble vraiment pas très content.

Après une heure passé avec cette famille, il faut partir. C'est à la fois long et tellement court. Nous faisons tout pour retarder l'inévitable échéance. La descente est aussi dure, voire plus risquée, que la montée, mais elle se fait avec dans la tête les images encore fraîches de cette intense rencontre.

Notre équipe de trekeurs
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Les Virunga en toile de fond 

Après notre visite des gorilles des montages, la redescente vers le lodge de fait sous le regard des Virunga. Il s’agit maintenant de prendre notre temps, pour bien réaliser ce que nous venons de vivre. Nous venons d’exhausser un rêve de gosse.

Mais il nous faut aussi laver nos affaires et nos chaussures car elles sont pleines de boue.

Mutanda lake resort 


Notre prochaine et dernière étape avant de quitter l’Ouganda est le Mburo National park. Nous avons décidé de poser nos roues au Leopard rest camp… Un campsite sans grand intérêt. Nous n’y passerons d’ailleurs qu’une nuit. le plus étonnant est que pour y arriver, nous devons traverser de grands élévages de zébus.

À Mburo, nous, on voulait faire un safari à vélo. Mais quand on nous a annoncé le tarif, on a renoncé : il fallait payer la location des vélos, le guide du lodge, le ranger du parc, l’entrée dans le parc, plus payer l’activité vélo… En gros près de 500 euros pour nous trois, juste pour une heure de vélo... C'est non !.

À la place, nous allons payer l’entrée dans le parc pour 24 heures, faire un petit safari comme on en a l'habitude, et dormir dans la nature.

Après avoir vu les zèbres et les girafes que nous n’avions pas observés jusqu’à maintenant, et que Candice et Margot vont approcher en descendant de la voiture malgré ma désapprobation, nous passons au premier campsite pour voir où nous allons dormir. Il est bien, il y a des douches et des toilettes, pas grand monde, mais c’est encore trop de monde. Donc, on reprend la voiture vers le second. Il est vraiment isolé, mais c’est top. On se dépêche car la nuit tombe et il nous faut un feu... les hippos sont vraiment proches.

Quel kiff, d’être ici, seul.

D’ailleurs, dans l'obscurité, mais bien à l’abri dans notre tente nous observerons ces grosses masses sombres venir sur notre site de camping. Je comprends d’ailleurs mieux la présence partout de petits abris dont je trouvais les entrées un peu étroites. Et bien ils sont faits pour pouvoir courir s’y réfugier si jamais un hippos venait à vous poursuivre. Lui, ne pourrait pas y rentrer dedans, il est trop gros !

 Le Mburo campsite 2

Notre maigre sommeil sera donc rythmé par les grognements hippopotamesques, les hurlements du chef babouin et les gémissements d’un phacochère dont le sort semble avoir été scellé cette nuit-là… mais quel kiff, d’être ici, seul.

Le Mburo camp site 1 

Au petit matin nous nous rendons sur le campsite numéro 1 pour un petit dej et une dernière douche froide. La sortie du parc est aussi notre dernier petit safari ougandais. On en profite encore un peu avant de rejoindre, non sans mal, l’aéroport d’Entebbe.

Le chemin est l’occasion de voir une dernière fois les camions surchargés, les fabriques de briques pour les maisons, les bodas, les minibus 4X4 Toyota, les sacs de charbons de bois, les fruits empilés en pyramide, les emblématiques bidons jaunes qui servent à stocker l’eau, et les non-moins emblématique dos d'âne qui ont, un peu trop, rythmés notre progression

L'Ouganda a été pour nous un condensé d’Afrique

Nous allons une fois encore nous perdre, et je vais même me faire arrêter par la police pour excès de vitesse. J’ai beau tenté d’être très gentil avec le monsieur en uniforme, j’écope d’une amende de 200 000 UGX, à payer...dans une banque ??!! What ? Moi, j’ai un avion à prendre, pas rendez-vous dans une banque ! Finalement, il a vu avec son chef, l’amende est tombée à 100 000 UGX, mais en cash… LOL

On paye, on s’en va, et on arrivera à l’aéroport vers 21h. Quelques episodes de Better call Soul plus tard, il est temps d’embarquer. Décollage prévu à 4h du matin, direction la Turquie pour un nouveau chapitre de cette histoire.

Ce road trip en Ouganda aura pour nous été beaucoup trop court. De l’aventure, des galères, des rencontres, nous avons été bluffés par la diversité et la beauté des paysages de ce pays très vallonné. Les gens ont toujours été gentils, nous ne nous sommes jamais sentis en danger. Nous avons conduit, mangé dans la rue, dormis dans la nature… Il a répondu à toutes nos attentes. Ce voyage en Ouganda a été pour nous un condensé d’Afrique.

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Publié le 2 octobre 2022

Après l’Ouganda, nous voilà donc à Istanbul, Constantinople ou Byzance, appelez-là comme vous voulez. C’est le point de départ de notre voyage en Turquie. Un mois et demi d’exploration de ce magnifique pays qui nous mènera en Cappadoce, à Antalia qui nous fera remonter la cote lycéeenne en passant par Pammukale, Éphèse, Izmir avant de revenir à Istanbul. Nous allons y tester tous les types d’hébergement, de l’hôtel au camping sauvage sur la plage.

Pour le moment, place à la découverte d’Istanbul. Nous logeons dans le Sultanahmet, le quartier central historique d’Istanbul, etomme nous n’avons jamais fait d’auberge de jeunesse étant jeune, on s’est dit pourquoi pas le faire étant vieux. Donc, on s’est trouvé une « pensyion », la Old town hostel, à deux pas du palais Topkapi pour ceux qui connaissent déjà, les autres devront attendre un peu pour le découvrir, dans un dortoir de 10 lits superposés, avec des gens un peu chelou parfois, des petits dej avec des olives noires... et ça c’est déjà une expérience !

La Old Town pensyion 

Premières impressions : il y faut chaud, très chaud ; mieux vaut ne pas y venir en voiture, même les taxis galèrent pour nous y amener ; il y a plein de chats partout ; et c’est beau ! Le Sultan Ahmet parki bordé par la mosquée Sainte-Sophie, la mosquée Bleue, l'hippodrome de Constantin et le palais Topkapi est un endroit tout simplement magnifique.

Le Sultan Ahmet parki 

Mais le plus gros choc pour nous à Istanbul est la découverte, sûrement dû à notre manque de culture, que cette ville, que dis-je, ce pays, est un haut-lieu de la contrefaçon. Des marques de sport aux marques de luxe, des sneakers aux sacs à main, tout se contrefait et se vend dans des magasins qui ont pignon sur rue. Ça, nous ne le savions pas.

Cette ville, que dis-je, ce pays, est un haut-lieu de la contrefaçon

C’est d’ailleurs un peu trop. L’exemple parfait c’est le Kapali Carsi, le grand bazar. C’est beau, c'est grand, mais ce n'est pas le bazar que nous imaginions. On y trouve la même chose que partout dans le Sultanameth : des boutiques de contrefaçons, des bijouteries, des magasins d’épices et de thés, des boutiques de souvenirs… des boutiques de contrefaçons, des bijouteries, des magasins d’épices et de thé, des boutiques de souvenirs… Pour tout dire, l’endroit nous a un peu déçu.

Les bazars 

Nous, nous avons préféré le Misir Çarsisi, le bazar égyptien (ou bazar aux épices) qui est beaucoup plus petit, mais surtout les rues et ruelles autour de ces bazars. Elles sont organisées par secteurs d’activité, on y trouve à peu près tout, même des sangsues, les prix sont moins chers et l’on peut négocier. C’est dans l’une de ces ruelles que nous allons faire une rencontre très touchante.

Pour comprendre, il faut faire un bon dans le futur de notre voyage : après notre passage à Antalia, nous allons faire beaucoup de camping. Et en camping, on a bien aimé se faire des œufs au plat avec du pastrami grillé où des saucisses. Quel est le rapport me direz-vous ? J’y viens. Pour décoller, les œufs de notre poêle nous n’avions que des fourchettes en plastiques. Bien sûr, elles ont fondu. On s’est alors dit qu’une petite spatule en bois nous serait bien utile. On va en chercher sans succès jusqu’à notre retour à Istanbul. Au hasard de nos déambulations, nous tombons sur une toute petite entrée de ce que l’on croit être un magasin d’objets en bois. Un monsieur nous interpelle « Come, come ! ». On s’infiltre jusqu’à ce qu’on comprend être un atelier. Un autre monsieur est là, Hassan. Il fabrique des flûtes traditionnelles. Ils nous demandent de nous assoir pour une démonstration. On s’exécute. Pendant qu’il sculpte la flûte me vient une idée. À l’entrée, j'ai vu des cuillère en bois. Ce n'est pas vraiment ce que l'on veut, alors je lui demande s'il peut nous en faire une petite spatule plate et y graver ses initiales en souvenir. Nous allons mettre un peu de temps à nous faire comprendre car ce modeste artisan ne parle pas anglais. Mais finalement, il coupe, il ponce et fait notre bonheur. Au moment de le payer, il refuse et veut nous offrir cette petite spatule en bois. Ce cadeau nous a été droit au coeur et nul doute que nous repenserons à Hassan et à ce moment à chaque fois que nous ferons des oeufs.

Hassan nous fabrique une spatule en bois 

A Istanbul, nous allons également faire la rencontre de Jamal. Jamal, c'est un designer syrien expatrié depuis 12 ans en Turquie. Nous allons passer plusieurs fois dans sa boutique pour y parler longuement de lui, de nous et de politique autour d'un ou plusieurs thés. Il nous confiera que la vie est dure, qu'il a peu d'amis car il travaille tous les jours pour subvenir aux besoins de sa famille. Margot essaiera plusieurs robes de sa collection et nous lui en achèterons une.

Jamal, le designer syrien 

Cette longue robe noire va lui servir pour la visite de deux mosquées (très nombreuses à Istanbul) qui se font face. : La mosquée Bleue et la mosquée Sainte-Sophie, une ancienne église byzantine reconvertie. Pas grand chose à signaler, si ce n'est que la visite de la mosquée bleue a été une immense déception. Elle est en cours de restauration et nous n'avons rien vu. Autant l'extérieur est magnifique, autant l'intérieur est décevant. Heureusement nous l'avions couplé à la visite des tombes des Sultans qui sont juste à coté.

En tout cas, ces deux mosquées, ou plutôt leurs muezzins, vont nous accompagnés tout au long de notre séjour stambouliote. Voilà quelque chose que nous n'avions pas anticipé : l'appel à la prière de 5h du matin ! Et comme notre pension était située entre les deux... nous en avons profiter pleinement 😀.

Les deux mosquée de la place Sultanahmet 

Notre parcours culturel dans Istanbul a continué avec la visite de la Yerebatan Sarnıcı, la citerne Basilique. En nous rendant régulièrement au petit café où nous avons nos habitudes. Nous avons été intrigué par une longue file d'attente. Naïvement, on s'est dit que cette visite devait valoir le coup. On a donc pris des billets "coupe-file" en ligne, censés nous permettre de ne pas faire cette immense queue pour en acheter. En fait, non. Pour rentrer avec ces billets, il nous faut attendre un guide... 30 minutes ! Ce guide nous sert juste à entrer, mais en faisant quand même une autre queue !!?? Après, le guide a disparu. Pas grave, on en a pas eu besoin pour visiter cette citerne qui servait à stocker de l'eau pour Constantinople. Car passée l'impression de gigantisme du début, il n'y a pas grand chose à y voir hormis quelques oeuvres d'art contemporain. La visite ne dure pas longtemps, les jeux de lumière sont sympas mais tout ça ne sert finalement qu'a faire de jolies photos Instagram. Pour le reste, l'intérêt est très limité. Et vu le prix de l'entrée, je classe la citerne assez haut dans notre Top 10 des trucs les plus éclatés au sol (comme dit Margot) qu'on a fait en ce début de tour du monde, juste derrière la visite de la mosquée bleue et le "non-safari à vélo" d'Ouganda. Candice, elle, a trouvé ça pas si mal. Comme quoi les goût et les couleurs...

La citerne Basilique 

Notre visite la plus cool, c'est le palais Topkapi, et son harem. Un palais construit par le sultan Mehmed II, qui comporte 4 cours successives, avec de nombreux pavillons... c'est grand, très grand. L'ancienne chambre privée du sultan abrite également des reliques sacrées du prophète Mahomet. C'est l'endroit où il y a le plus de monde. Un mufti y lit le Coran en continu. Seul hic, c'est la cohue, on ne peut pas faire de photos et on vous empêche de rester devant ces morceaux d'histoire. Morceaux au sens propre car il y a une dent et des poils.

Visite du palais Topkapi 

Mais notre visite d'Istanbul n'aura pas été que de la nourriture intellectuelle. On y a aussi bien mangé. Kebab, döner, poteries, soupes, pide, messe, balik ekmer (sandwich au poisson), café turc, thé à la pomme, ayran, une boisson à base de lait fermenté (pas terrible d'ailleurs),... Nous avons gouté pas mal de trucs. Il faut dire qu'il a le choix. Dans le Sultanahmet, des restos, c'est ce qu'il y a le plus... ! Et ils se livrent une compétition sévère. Rabatteurs à l'appui ils vous interpellent dans toutes les langues, pour vous faire venir. Forcément, ils finissent pas trouver la bonne. Nous, on nous a souvent pris pour des espagnols !!??

Même à 17h, alors qu'on avait des glaces et de l'eau dans les mains, on nous a demandé de venir manger une glace et boire un coup dans un restaurant.

Au début c'était marrant, on discutait avec eux. Mais à notre retour à Istanbul, après avoir vécu ça pendant plus d'un mois, nous étions moins patients. Même à 17h, alors qu'on avait des glaces et de l'eau dans les mains, on nous a demandé de venir manger...une glace et boire un coup dans un restaurant. Heureusement, on avait appris quelques mots en Turque qui nous ont permis de mettre gentiment et rapidement un terme à ces parfois trop nombreuses sollicitations.

La nourriture à Istanbul 

Ce qui a été sympa également, c'est que sur 8 jours passés dans la ville, nous avons pu établir quelques rituels, comme celui d'aller boire un café, un chocolat chaud et un jus d'orange pressé chez Maya, devenu rapidement notre petit rendez-vous du matin.

Le Maya's corner café 

Le Cagaloglu hamami, on aurait bien aimé qu'il devienne une habitude. C'est "le" hammam traditionnel d'Istanbul. Pour nous ça n'aura été qu'1h45, mais 1h45 de bonheur, même si les massages sont parfois vigoureux, et de détente avec hammam évidement, bubble massage de tout le corps et aromathérapie... le tout ponctué par un thé et quelques savoureuses gourmandises à déguster. Vous ne verrez pas de photos de ce moment. Ma pudeur m'empêche d'exhiber ici mon corps sculpté, pareil à une statue grec... Non, en fait on ne peut évidement pas prendre de photo à l'intérieur et c'est dommage car l'endroit est magnifique.

Le hammam Cagaloglu 

Nous avons également apprécié nos "chill sessions": la balade au parc Gulhame, situé en contre bas du palais Topkapi, ou nos petites chicha/morito party.

Cette ville est immense, et il faudrait beaucoup plus de 8 jours et plusieurs paires de chaussures pour la découvrir toute sa beauté et son histoire. Mais nous avons quand même explorer d'autres quartiers : nous avons traversé le pont Galata, jalonné de pêcheurs, qui nous a mené jusqu'à la tour du même nom ; nous nous sommes baladés dans le Karakoy ; nous avons poussé jusqu'à Besiktas et nous avons enfin flâné dans le très sympa quartier de Balat. Nous avons été impressionné par cette ville qui grouille de vie.

Les pêcheurs et plongeurs du pont Galata 

À notre retour à Istanbul après un mois de visite de la Turquie, et pour boucler notre aventure, nous avons décidé de retourner dans le restaurant où nous avions mangé la première fois, le Queb lounge. Une terrasse nous permettant d'admirer la mosquée bleue et le Bosphore une dernière fois. Un choix qui nous aura permis également de constater qu'en un mois... les prix avaient doublés 😅

La terrasse du Queb Lounge 
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Après la gigantesque Istanbul, place à la Cappadoce sans passer par la case "capitale" (comprendre : on ne va pas aller à Ankara). Notre point de chute est Göreme, qu'il faut prononcer "Goreumeu" si vous voulez faire ça à la turque.

À la sortie de l'aéroport, deux choix s'offrent à nous : prendre un taxi, du classique, ou prendre la navette gratuite qui nous dépose devant notre lieu de résidence pour la semaine !!?? Étrangement, notre choix a été rapide et l'on s'interroge toujours sur le rôle de ces pauvres taxis ??

La ville tient ses promesses : c'est très touristique, il y a beaucoup de sable dans les rues et, partout, il y a des habitations troglodytes !

Göreme 

Notre premier resto à d'ailleurs été dans l'une d'elles, au "Nazar Borek et Café", un superbe endroit très intime, avec seulement 5 tables, un peu à l'écart et avec une vue imprenable sur la ville. C'est ici que nous entendrons pour la première fois parler de gözleme, un mot que notre ami Google nous a traduit par "observation" et qui est en fait une crêpe turque. Ce gözleme va devenir le symbole de notre apprentissage de la langue durant ce voyage... et un running-gag. Dès qu'on ne comprend pas, on répond... "gözleme" !

Le Nazar Borek et café 
Göreme 

C'est une agréable petite ville, sauf aux heures de pointe car les nombreux véhicules qui la sillonnent génèrent beaucoup de poussière. Les commerçants passent d'ailleurs de longs moments à arroser les routes, mais ça n'empêche pas que ici soit recouvert d'une épaisse pellicule grisâtre. Hormis les deux voies principales, c'est un entremêlât de ruelles parfois escarpées où l'on trouve du typique, du moins typique (en vrai, un euphémisme pour désigner du souvenir chinois) et évidement beaucoup de restaurants. Mais leurs rabatteurs sont beaucoup moins oppressants qu'à Istanbul et ça... ça nous fait du bien ! On y croise aussi pas mal de voitures anciennes utilisées par les agences locales pour balader le touriste dans de vielles américaines...

Les veilles voitures américaines de Göreme 

Au milieu de l'effervescence des agences de vols en montgolfières et de la quiétude des joueurs de backgammon assis à l'ombre en terrasse à boire du thé, nous allons rapidement prendre nos marques. Nous allons au supermarché local et avons nos petits commerçants préférés. Nous allons même réussir à acheter du cacik (un mezze au yaourt et concombre qu'on adore) dans un resto alors qui n'en vend pas. Bon, il a d'abord fallu que je montre une photo au gentil monsieur qui ne comprenait rien à ce que je lui demandais. Oui, ça se prononce "chachik" et pas "cassik".

Au détour d'une de ces petites ruelles, nous allons découvrir une boutique au projet est indéfinissable, avec des vieux trucs agencés dans de multiples cavités. Le tout donne un endroit étrange et intrigant, une sorte de caverne aux trésors. On peut également y boire un coup en compagnie de "Lola la mordilleuse", le chiot de la famille.

Lola 

Les chiens, c'est un vrai sujet à Göreme. Il y en a partout ! Ils peuplent les rues. La journée, on les croise, à l'ombre, allongés sur le flanc. Ils ne sont à personne, mais tout le monde les nourrit. Certains d'entre eux peuvent décider unilatéralement de vous choisir comme maître et de nous accompagner dans vos ballades de la journée.

Les chiens de Göreme 

L'endroit où nous avons élue domicile pour ces 9 jours en Capadoce est la Kose pensyon. Une pension tenue par une australienne, où nous allons découvrir les mouches charbonneuses, une saloperie d'insecte qui ressemble en tout point aux mouches que l'ont connait mais qui mordent, et le connard de dortoir, une saloperie d'être humain qui ressemble en tous points à ceux que l'on connait mais qui possède une insoupçonnable capacité à faire chier le monde et qui pullule dans la pension. Parce qu'au début, on a fait le choix du dortoir commun... Mauvais choix ! Du moins, un choix qui nous aura servi à adopter définitivement les boules Quies pour la suite de notre voyage ! Car nous avions sous-estimé le bordel que 20 personnes pouvaient mettre à tour de rôle... et ce dès 4h du matin.

"Do you have a problem with the door ? Can you stop the noise !" 

Margot, 8h du matin

Du coup on ne va faire que deux nuits dans le dortoir commun, avant d'upgrader notre hébergement pour une chambre... puis une autre... où nous étions seul. Ça ne nous a pas empêché d'être dérangés dans notre sommeil... La conséquence : réveiller le dragon qui sommeillait en Margot ! Un matin, elle a déboulé dans le couloir et a envoyé un "Do you have a problem with the door ? Can you stop the noise ! " à des gens qui venaient de claquer leur porte de chambre pour la 73e fois depuis 6h30 du mat.

La Kose pensyon 

Au moins, les réveils très matinaux du dortoir de la Kose pensyon ont eu le bénéfice de nous permettre admirer l'envol des ballons au dessus de la ville.

L'envol des montgolfières, vu du toit de la Kose pensyon  

Tous ces gens qui faisaient du bruit très tôt, trop tôt, se levaient soit pour faire un tour en montgolfières, soit pour les observer d'un des points de vu situés autour de la ville. Alors un matin, c'est nous qui avons fait du bruit pour aller voir ce spectacle... et bim ! Un spectacle magnifique, qui mérite de se lever si tôt, mais qui ne justifie pas d'emmerder les autres 😉

Nous, nous sommes montés au point de vue "officiel". Pour y aller, il faut emprunter une rue, jusque là rien d'anormal... une rue payante... jamais vu ça ! Même à 5h du matin, il y avait un gars chargé de collecter la taxe. Ce n'est pas bien cher, mais quand même. Bon, en vrai on peut passer par ailleurs, mais c'est beaucoup plus long, et à cette heure là...

Ce ballet de montgolfières au levé du soleil est extraordinaire. Et bientôt, c'est notre tour d'être tout là haut. Enfin c'est ce qu'on croyait. Nous avions réservé depuis 6 mois notre vol avec Urgup Balloon, pour le 15 août. Mais avec nous rien est simple. Pourtant, le 15 à 4h30 du matin, nous étions debout et prêt. Lorsque le van chargé de nous amener sur le lieu de décollage est arrivé, un peu en retard, nous sommes montés et nous nous sommes assis... [musique de suspens] ... Le van a remonté la rue... [re-musique de suspens] Puis il s'est arrêté... [re-re-musique de suspens] Le chauffeur s'est retourné et nous a dit que tous les vols étaient annulés à cause du vent. On a d'abord cru à une blague, jusqu'a ce qu'il nous ramène à la pension et nous demande de descendre... [musique dramatique]. On s'est retrouvé là, comme des cons, une fois encore réveillé à 4h du mat, et il n'y avait même pas le spectacle des montgolfières à regarder pour nous consoler. Lorsque j'ai contacté l'agence, ils m'ont dit qu'on était sur liste d'attente pour les prochains jours. Ok. Sans nouvelle de leur part le lendemain, je les recontacte et ils m'annoncent qu'une demande remboursement a été faite et que mon vol est donc définitivement annulé car tout, évidement, était déjà plein à craquer 😱 !!! Après avoir enquêté, on s'est aperçu que ceux qui pouvaient espérer revoler les jours qui suivent une interdiction de vol sont ceux qui rajoutaient un peu d'argent. Comme on était un peu (beaucoup) frustré par l'expérience, on a réussi à trouver trois places avec une autre agence, mais bien plus chères ! Là encore, problème : le chauffeur du van va nous faire attendre 20 minutes devant un hôtel, pour trois personnes qui étaient déjà dans le van. Un grand n'importe quoi. Du coup, nous allons décoller dans les derniers, avec beaucoup de montgolfières déjà dans le ciel (ça c'était beau), mais nous allons rater le levé du soleil !!! De notre point de vue, ça ne vaut pas le prix que ça coûte. Nous avons passé un bon moment, mais nous avons passé un tout aussi bon moment à observer ce tableau depuis la terre ferme. Bon, c'était cool quand même.

Notre "balloon flight"

Cool également, notre rencontre avec Faruk le troglodyte. C'est en nous baladant dans Göreme que nous avons croisé sa route.

Moi, j'aime bien les pierres et les bracelets. La boutique de Faruk ce n'est ça. Intrigués, nous sommes rentrés et avons farfouillé, encouragé par notre hôte. Ils parlent quelques mots de français, nous quelques mots d'anglais et la-dessus on a commencé à discuter. Margot a trouvé un petit truc à acheter et moi aussi. Dans l'entre-fait, ils nous propose un thé pour nous aider dans notre décision. Pourquoi pas... Je le vois alors aller dans ce que je crois être une arrière boutique, mais qui est sa maison. On s'installe sur des chaises qui n'en sont pas vraiment autour d'une petite table basse. L'endroit est irréelle. Il n'y a pas de toit, des fruits en décomposition dans des paniers, des objets récupérés, cassés, entassés partout. Mais l'homme est vrai, simple, il vient d'ici. Un pure troglodyte de Cappadoce. Pas un gars de la ville venu faire de l'argent, comme il aime nous le rappeller.

Ah bah oui, hein ?

Faruk le troglodyte

Il nous raconte qu'avant il était photographe mais qu'il en avait marre de ce milieu, de ces filles qui passent leur temps à se regarder (et je peux vous dire que là-bas, on en a vu beaucoup). Qu'il préfère fabriquer lui même ses cigarettes pour être sûr de ce qu'il y a dedans. Nous buvons un thé, puis un autre. Du vrai, pas du thé en sachet. Il nous donne des conseils pour la suite de notre voyage, regrette que sa voiture soit en réparation car il aurait pu nous emmener faire des visites. Il nous propose du raisin qu'il a cueilli dans les vignes alentours. Nous comprenons que c'est son repas. Il taquine affectueusement Margot qu'il appelle "la parisienne", et ponctue chacune de ses phrases par un "Ah bah oui, hein" qui va nous marquer.

Avec Faruk 

Nous allons passer un long moment avec lui à discuter. Lui négligeant le peu de clients qui entrent dans sa boutique, nous oubliant qu'on a une région à découvrir. On veut lui acheter un bracelet, mais il ne veut pas nous donner de prix. Je dois lui faire une proposition. Si ce prix me satisfait, alors il est content

Il ne travaille pas pour l'argent, me dit-il.

Ce bracelet, Margot le trouve trop grand. Mais il ne veut rien entendre. Il veut qu'elle le porte comme ça une journée et que si ça ne va pas, on revienne. Évidement, nous allons revenir, et encore discuter longuement autour d'un thé. Le jour de notre départ, nous voulons passer luis dire au revoir et lui laisser en souvenir une photo de nous 4, imprimée avec l'imprimante de poche que nous avons avec nous. Mais il n'est pas là. Alors on laisse la photo sur sa porte et je lui envoie un message sur Whatsapps pour lui dire que l'on part. Quelques minutes plus tard, qui voit-on débarquer à l'arrêt de bus, Faruk. Il a laissé en plan ce qu'il faisait et va attendre plus d'une heure le bus avec nous (oui, il avait un peu de retard). Voilà, c'est aussi pour ce genre de rencontres que nous faisons ce voyage.

Outre la montgolfière, en Cappadoce il y aussi pas mal de truc à voir, comme par exemple Derinkuyu, qui signifie "puit profond", la plus grande cité souterraine de Turquie, datant du VIIIe siècle av. JC, mais qui a souvent servi de refuge au chrétiens persécutés. Pour y aller, on a pris le bus direction Nevsehir. Pas besoin de chercher beaucoup pour trouver l'entrée car à part la ville souterraine, pas grand chose à voir à Derinkuyu. Et même la cité souterraine... pas grand chose à voir ! Des escaliers étroits qui mènent à des cavités, qui débouchent sur d'autres cavités, le tout sous-terre, c'est sûr, mais il n'y a pas un panneau, pas une explication... et on a vite fait le tour. Candice a passé un bon moment à fureter au frais dans ces cavernes, mais moi j'ai trouvé ça très mal exploité. On apprend rien de cet endroit qui a pourtant une histoire intéressante, mais si vous voulez en savoir une plus, débrouillez-vous. Moi, j'ai largement préféré le goûter qui a suivi 😀

Derinkuyu 

Nous avons également visité le château d'Uçhisar, point culminant de la Cappadoce. Un édifice du 4e siècle av. JC, creusé dans la plus haute cheminée de fée de la région (179m). Le lieu est impressionnant, mais il a plus d'intérêt vu de l'extérieur car, une fois encore, l'intérieur est assez mal exploité. Nous, on est tombé sur sur une expo de croûtes sans aucun rapport avec le sujet et dont les auteurs avaient un talent tout relatif. Mais une fois gravi les marches qui mènent au sommet, on a une magnifique vue sur toute la Cappadoce.

Ushisar 

Le Göreme open air museum est un ensemble de 15 églises troglodytes du 11e siècle, richement décorées... ça c'est sûr. Sauf qu'une fois passé l'entrée, on a découvert qu'il était interdit de prendre des photos ??!! Dans chacune de ces églises, un garde veille. Je peux vous dire que le principe m'a un peu dérangé, et cela m'a carrément énervé quand nous avons découvert la magnifique Dark church. Là, ce n'est plus un garde qu'il y avait à l'entrée mais le cerbère. Un type rompu aux techniques d'espionnage les plus pointues. Il vérifiait que nos écrans de téléphones étaient bien éteints, suivait les gens qui s'attardaient trop... Moi ça m'a un peu saoulé. Donc je me suis mis en mode 007, et j'ai trouvé une application qui permet de prendre des photos sans que l'écran de téléphone soit allumé. Donc, on est retourné voir notre ami le cerbère. On s'est fait de grands sourires et voici donc en exclusivité mondiale (j'exagère à peine) des photos pas toujours très bien cadrées de l'intérieur de la Dark church [Satisfaction] !!!

Dark church 

Pour rester en mode agent secret, j’avais entendu parler d’une Hidden church, une église cachée. Avec le peu d’infos trouvées sur le net, on l’a cherchée une première fois sans succès. Alors, on y est retourné et cette fois nous l’avons trouvée, enfin Candice l’a trouvée. Pour y arriver, il faut traverser un ranch, grimper au sommet d’une colline, explorer un peu pour tomber sur les escaliers qui redescendent jusqu’à une petite grille. Derrière ces barreaux on peut voir les peintures qui décorent cette ancienne petite église troglodyte. Là encore, c'est cadeau, voici le fruit de nos investigations.

Hidden church 

Mais bien sûr autour de Göreme, il y a surtout les vallées à découvrir. L’occasion pour nous de quelques bons treks dont nos cuisses et nos mollets se souviennent encore. Nous avons commencé par la Pigeon valley, au sud-ouest de la ville, qui mène à Uçhisar…

Pigeon valley  

Il y a aussi la plus connue, la Love Valley avec ses cheminées de fées aux profils phalliques si caractéristiques. Pour tout dire, il n’y en a pas tant que ça de ces cheminées de fées et la vallée n’est pas très grande. Je m'attendais à plus spectaculaire même si c'est déjà très très beau. Là-bas, on y aussi dégusté le pire jus d’oranges de l’histoire de nos jus d’oranges en Turquie dans le seul petit café du fond de la vallée. Il avait pourtant un look qui donnait envie de s’y arrêter. Comme quoi l’habit ne fait pas le moine.

Love valley 


De retour de notre balade, on a pu constater l'efficacité de la DDE locale, capable de faire surgir de nulle part une route goudronnée en une après-midi !!!

Création de route à Göreme 

Nous, ce que l’on a préféré en Cappadoce, c’est notre expédition de 6 heures dans la Rose et la Red valley. Un endroit magnifique qui regorge d'habitations et des églises troglodytes. Parfois au détour d’un chemin, on trouve une cavité, on s'y introduit et on découvre un endroit spectaculaire. Seul bémol, que nous constaterons sur l’ensemble de la Turquie : il y a souvent beaucoup, mais beaucoup, de déchets dans ces lieux qui constituent pourtant un fantastique patrimoine historique (quand on sait que certains sont capables de chier dans les cavités du château d'Uçhisar, plus grand chose n'étonne !!! )

Pour découvrir les Rose et Red valley, nous, nous avions un guide. Pas n'importe quel guide, un guide avec un sacré flair. Un chien de Gorëme qui avait décidé de nous faire la visite. Souvent, il nous a amené dans des endroits où nous ne serions pas allés spontanément mais où nous avons découvert des peintures ou des ornementations sculptées dans la roche. On sentait son expérience rien qu’à sa façon de se déplacer. D’ombre en ombre. Jamais d’arrêt au soleil. Notre balade dans ces deux vallées c’est même terminée avec deux chiens ! Car lors d'une pose, nous avons croisé un couple de français qui avait eux aussi un accompagnateur canin. Mais il a préféré finir le trek avec nous.

La rose and red Valley 
Nos chiens guides

En résumé, nous avons passé un très bon moment en Cappadoce. Même si l’endroit est un peu surcôté, c’est un lieu où règne une ambiance particulière qui nous aura bien plu.

Maintenant, il est temps de prendre la route en car, vers la mer, avec tout d’abord une étape au pays des derviches tourneurs.