Carnet de voyage

Asie du Sud-Est

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Dernière étape postée il y a 1589 jours
Par MarSam
Hello, c'est Marion et Samy ! Nous sommes en voyage en Asie du Sud-Est pendant 107 jours et partageons notre expérience à travers ce blog !
Septembre 2016
107 jours
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Publié le 1er août 2016

Les préparatifs sont en cours : visas, vols, vaccins, sous-location de l'appartement, démission, congés, préparation du sac à dos !!

Encore un mois pour préparer ce magnifique voyage !

Ci-dessous, une petite idée de l'itinéraire prévu, mais nous ne sommes pas à l'abri de quelques changements de programme !

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Publié le 6 septembre 2016

Hello !

Nous sommes arrivés sains et saufs le 2 septembre à Hong Kong où nous avons passés trois jours. Le vol a été un peu fatiguant en raison des nombreuses turbulences entre Dubaï et Hong Kong qui ont saccadé notre sommeil ! Du coup, notre première nuit à Hong Kong a duré 14h ... Pendant lesquelles notre adaptateur (acheté pas très cher sur Amazon) a cramé: au final, le mur de l'hôtel était un peu noir, et on a frôlé la fin tragique dès le premier jour !

Depuis, nous avons investi dans un adaptateur Hongkongais dernier cri, pochette en cuir, double usb, qui nous a coûté la modique somme de 30 euros ( nb : il est très bien, pour l'instant).

Nos sacs à dos !

Côté météo, le soleil n'a pas toujours été au rendez-vous, il faisait 30-35 degrés en permanence, mais le ciel était brumeux et il a plu plusieurs fois, abondamment, comme vous pouvez l'imaginer. On a donc créé un palmarès de la saucée la plus mémorable, avec pour l'instant HK en #1, pour l'intégrale avec les sacs à dos.

Côté paysage, c'est très déroutant, la verticalité est impressionnante avec une myriade de tours de plus de 30 étages, qui rivalisent en hauteurs avec les montagnes environnantes. C'est donc une ville où on passe le nez en l'air.

La densité de personnes et la dynamique de Hong Kong sont tout à fait incroyables, peu importe l'heure du jour ou de la nuit, il y a toujours des travailleurs poussant des chariots, des échoppes ouvertes, ainsi que d'improbables files d'attentes aux carrefours.

En termes d'activités, on ne peut que conseiller d'effectuer le trajet Hong Kong - Kowloon en Star Ferry (4HKD en upper deck), rapide, et bénéficiant d'une des plus belles vue sur la baie. On peut continuer la ballade sur la promenade de Kowloon. Pour un autre point de vue, on est monté à Victoria Peak, via l'antique funiculaire. A noter, prévoir d'y aller quand il fait beau, et tôt le matin pour éviter l'attente (à noter pour la prochaine fois : prendre des tickets coupe file sur internet…).

Coucher de soleil depuis Kowloon

Pour comprendre comment s'est construite cette ville singulière, on recommande d'aller au musée de l'histoire de Hong Kong, gratuit, et très bien fait (prévoir un pull, il fait très froid).

On a également visité le temple de Man Mo, dans les mid-levels, supposé être le plus vieux temple taoiste de la ville et où l'on y vénère le dieu de la littérature notamment.

Temple de Man Mo

Côté logement et nourriture : Hong Kong offre un très large panel d'hôtels (plutôt chers dans l'ensemble) et de restaurants. On a testé pour vous :

  • Hotel Butterfly on Hollywood Road : Correct et propre, très bien placé pas très loin de Sheung Wan sur Hong Kong Island. Idéal pour vadrouiller, services réduits à l'essentiel.
  • Sohofama : Restaurant à la mode, pour les couples ou entre amis. On a dîné sur une terrasse ventilée bien agréable. L'esprit de la maison : importer des produits de qualité du monde, et les préparer à la mode chinoise.
  • Temple Street night market : Notre première expérience des marchés de nuit : c'est très animé ! Les restaurants proposent sans chichi de nombreuses spécialités, notamment de fruits de mer. On peut choisir son crabe ou son poisson dans des bassines à l'entrée du restaurant ! Au final, une note moins salée que dans des restaurants traditionnels, la qualité au rendez-vous.
  • Din Tai Fung : Le temple du Dim Sun (bouchées vapeurs) mérite son étoile au guide Michelin. C'est vraiment délicieux et bon marché !
Food

Et voici notre première vidéo (on espère s'améliorer avec le temps!) :

On vous dit à très vite, on vous écrit depuis Canton en Chine, très prometteur en termes de dépaysement !

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Publié le 23 septembre 2016

Ni Hao  ! Nous voilà à la fin de notre périple dans le Sud Est de la Chine, qui a duré 15 jours. Excusez-nous pour le retard de publication, mais nous sommes actuellement en Birmanie et la connexion est très mauvaise partout !

Nous trouvons que la Chine est un pays incroyable, qui ne laisse personne indifférent. Après une introduction douce à Honk Kong, encore marquée par l'occident, le dépaysement est total. Adieu l'alphabet latin et les anglophones à chaque coin de rue, le premier choc est celui de la langue. En dehors des guesthouses et auberges, le niveau d'anglais des locaux est équivalent à notre niveau en chinois, ce qui a donné lieu à des malentendus souvent hilarant. On notera que Google traduction, ainsi que les glossaires sur Internet sont d'une inutilité quasi-totale, rien de vaut au final les images et le langage des signes ! Mais outre la langue, on a rencontré des personnes d'une gentillesse remarquable, le plus souvent prêtes à des efforts conséquents pour nous éviter l'embarras.

On a pu constater que le respect est une valeur fondamentale de la culture chinoise. Il est partout : pour les dieux (la solennité dans les temples), pour les anciens (dans les transports), pour les clients (les articles sont remis à deux mains)… Les chinois sont aussi curieux, avides de nouvelles expériences…et très fans de photos (sans mauvaise blague). On ne compte plus les selfies ou vidéos avec des locaux sur leur demande. Nous avons trouvé ça plutôt amusant !

Toutefois, nous avons trouvé moins amusant, en vrac :

- Les latrines publiques, au sens propre du terme (i.e. pas de porte!) : on peut jouer à pierre-papier-ciseaux pendant la grosse commission,

- Les crachats, mouchages, et autres éructions en tout genre,

- Les exécutions d'animaux en pleine rue.

Pendant ces deux semaines, la Chine nous en a mis plein les yeux : les temples, pagodes et pavillons rivalisent de majesté avec les montagnes, somptueuses et imposantes dans le Yunnan. Les pitons karstiques de Yangshuo sont tout autant exotiques que les rues bordées d'artisans des petits villages reculés. Pour apprécier tout ça, on notera la clémence de la météo, moins pluvieuse qu'à Hong Kong. Les quelques timides ondées ne parviennent pas à détrôner le déluge hongkongais.

Nous avons donc compilé notre passage en Chine dans les deux vidéos suivantes (les fans de la série Marco Polo reconnaitrons la musique pour la première, pour la seconde vidéo, on souhaitait vous faire partager le tube de l'année à Lijiang, entendu au moins 1000 fois et qui reste bien en tête, un pur bonheur) :

Paysages et visites
Vie et Instant Food

Pour ceux qui aiment lire, voici un résumé de nos étapes (idem pour les photos, très lentes à charger, nous en ajouterons dès que nous aurons une meilleure connexion).

Notre première étape en Chine a été Canton, Guangzhou en chinois. Cette ville a plutôt fait office de péage, nous sommes arrivés le soir et sommes reparti le lendemain matin. Notre hôtel était situé sur une rue commerçante de Canton, près de la Shi Fu Plaza (spéciale dédicace aux OW) . Nous avons donc pu expérimenter le marketing à la chinoise, qui consiste à mettre de la musique assourdissante dans les boutiques ainsi que des rabatteurs à l'entrée, muni de mégaphone et n'hésitant pas à vous interpeller. Les soldes sont également omniprésentes, le consommateur chinois a, semble-t-il, besoin que les produits soient une bonne affaire. Côté food, Samy a expérimenté une spécialité locale : la saucisse dans une galette de blé, que nous avons baptisé "hot dog chinois", il ne le recommande pas particulièrement.

Rue de Canton

Nous avons donc pris le TGV chinois pendant 2h pour rejoindre Yangshuo, petite bourgade au Sud de Guilin, dans le Guangxi. Cette ville était réputée pour son charme et son authenticité et était l'eldorado des backpackers… il y a une dizaine d'années. Maintenant, elle s'est métamorphosée selon le plan classique de la cité touristique chinoise : une "vieille ville" constituée de ruelles bordées, soit de marchands de bracelet, tam-tam, et autres bibelots, soit de restaurants identiques. Autour de la vieille ville, deux quartiers : celui des hôtels, et celui des logements. Mais l'intérêt de Yangshuo n'est pas dans l'agitation citadine, mais plutôt la sérénité de sa campagne environnante. Pour quelques euros, le meilleur moyen pour profiter des paysages est de louer des vélos. Quelques coups de pédales, et le paysage est époustouflant : dans la lumière légèrement voilée de brume, se détachent les pitons karstiques, comme une forêt de pierre à une échelle gargantuesque (vous voyez le film Avatar, mêmes paysages). Au milieu de ces escarpements s'écoulent les deux rivières de la région : Li et Yulong. C'est sur cette dernière que nous avons fait une très relaxante petite ballade sur un radeau de bambou. Une fois n'est pas coutume, après le reconfort, nous pédalons jusqu'à la Colline de la Lune, où nous gravissons les centaines de marches qui nous séparent d'un point de vue extraordinaire. Une dizaine de kilomètres et nous rentrons à l'auberge Sudder Street dont le personnel très sympa et la piscine nous ont ravis. Côté Food, nous avons testé la spécialité locale : la carpe à la bière, dont les arêtes ont légèrement refroidi notre enthousiasme.

Pitons karstiques près de Yangshuo, Carpe à la bière, The Moon Hill

Après ces quelques jours, nous nous rendons à Kunming dans le Yunnan. Nous avions initialement prévu d'y aller en bus ou train mais les 20 heures de trajet minimum ont eu raison de notre détermination (le trajet jusqu'à l'aéroport de Yangshuo fut épique, en l'espace de 5 min, nous avons été transférés dans 3 bus différents, le 2e nous ayant laissés -pour ne pas dire "jetés"- sur le bord de la route avec nos sacs. Heureusement un gentil taxi nous a ramené à la gare routière et nous a mis dans le bon bus!) . Nous avons donc finalement opté pour un vol Yangshuo-Kunming. Kunming a également été une ville péage dont nous n'avons pas aperçu grand-chose.

Effectivement, nous nous sommes mis en route pour Dali dès le lendemain. 4h30 de bus plus tard (et de films en chinois sous-titrés chinois) nous arrivons à la nouvelle ville. Grands immeubles et foule motorisée nous accueillent, nous les fuyons promptement. Nous posons nos affaires à l'excellente auberge "Jade Emu Hostel" (pour toi HR), et rejoignons la vieille ville. Historiquement, Dali était une ville fortifiée dont il ne reste plus grand-chose d'authentique aujourd'hui (les portes et le donjon ont été reconstruits récemment). Nous décidons le lendemain de louer des vélos et de pédaler aux alentours pour voir les Trois Pagodes et le lac Erhai. Les Trois Pagodes est un ensemble religieux constitué des pagodes éponymes ainsi qu'une vingtaine de temples. Ce complexe touristique mérite ces AAAAA chinois et surprend par sa taille. Le lac Erhai est bordé de cultures et de villages traditionnels particulièrement charmants, dont les ruelles étroites s'arpentent particulièrement bien à deux roues. Ici, c'est l'ethnie Bai qui prédomine à la place des Hans. Le lendemain, avec une mère et un fils français rencontrés à la gare de Kunming, nous partons à la découverte de Weishan, petite ville tenue à l'écart du tourisme de masse, qui nous envoûte par ses rues bordées de commerces traditionnels : antiquaires, fabriquants de nouilles ou bien calligraphes. Ensuite nous avons gravi la montagne de Weibaoshan et ses 24 temples Taoistes : quelle expérience ! Côté Food, nous avons testé le poulet façon Bai, très riche en épices (badiane, cannelle, poivre du Sichuan), particluerement savoureux !

Les Trois Pagodes à Dali, Temple à Weibaoshan

C'est avec l'envie de découvrir les autres minorités ethniques que nous sommes partis pour Lijiang, terre des matriarches Naxi (à prononcer na-shi). Et comment mieux explorer cette culture que de résider chez Mama Naxi Guesthouse ! Dîner préparés par la mama, locations de vélos, et excursions, ce fut le pied à terre idéal, en bonne compagnie avec A-L et C, deux français croisés sur la route à Dali. Lijiang s'organise comme les autres cités touristiques, agrémentée cette fois-ci de canaux. Il faut préciser que la vieille ville est assiégée par des péages, dont le laissez-passer s'obtient en se délestant de 80 RMB. Cette carte donne accès au bassin du Dragon Noir, particulièrement photogénique par temps dégagé, en raison de la vue sur le massif du Dragon de Jade qu'il propose. Toutefois, cette pudique montagne n'a jamais voulu se dévêtir de sa robe de nuage pendantnotre séjour, même en haut de la colline de l'Éléphant. A une heure de vélo, on retrouve le village historique de Baisha, encore typique, où nous avons rencontré le vénérable Dr Ho (courtisé par le monde entier), qui nous a révélé la recette de la bonne santé : pas d'alcool, pas de cigarette, une infusion de plantes chaque jour et de l'optimisme ! Mais l'excursion qui a marqué ce séjour est bien sûr la randonnée dans les gorges du Saut du Tigre. Réalisable sur une ou deux journée (nous n'avions pas beaucoup de temps), cette ballade offre un spectacle époustouflant d'eau et de montagnes.

Le Bassin du Dragon Noir à Lijiang, selfie avec Dr Ho, les mama naxi de Baisha, les gorges du Saut du Tigre

Notre ultime étape dans le Yunnan fut Shangri-la. Cette cité marque le début du monde tibétain et culmine à 3200 m d'altitude, ce qui nécessite un petit temps d'adaptation. Ici, la vieille ville a gardé tout son charme ancien et est dominée par le très beau temple Guishan ainsi que le moulin à prière géant, contenant 100 000 petits moulins à prières. Il faut au moins 6 hommes pour le faire tourner, c'était sans compter sur la force surnaturelle de Samy, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ;). Lors de notre deuxième jour à Shangri-la, nous partons en excursion avec deux nouveaux français et une malaisienne pour voir le lac Napa, entouré d'une vaste prairie où paissent chevaux et yaks. La réflexion des nuages sur l'eau nous a laissé sans voix et permet de faire de magnifiques photos. Notre chauffeur nous a expliqué qu'ici les tibétains ne mangent pas les nombreux poissons du lac car ils sont sacrés. En effet, encore aujourd'hui, les défunts de la région sont coupés en tout petits morceaux (les gestes du chauffeur étaient très explicites avec les mots "cut cut") et sont donnés en offrande au lac et aux poissons. L'après-midi, nous avons visité le célèbre temple Gomba Ganden Sumtseling, vieux de 300 ans et accueillant 600 moines. Le site est magnifique et il était très plaisant de s'y perdre quelques heures. Nous nous sommes procurés une guirlande de drapeaux de prières tibétains que nous avons accrochée à une pagode du temple. Le soir, nous avons retrouvé les français de Dali sur la place où les habitants de tout âge dansent de façon traditionnelle. Nous dînons ainsi avec eux et goûtons le Yak (délicieux, meilleur que le bœuf!).

Un air de Tibet à Shangri-la
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Publié le 12 octobre 2016

Mingalabar !

Notre passage au Myanmar a débuté le 20 septembre, où nous atterrissons à Mandalay! Depuis le hublot de l'avion, nous comprenons que nous allons en prendre plein la vue : des dizaines et des dizaines de pagodes couleur or sur des collines apparaissent comme des petits points lumineux. Nous avons vraiment apprécié nos trois semaines dans ce pays, dont l'authenticité est encore intacte.

Les habitants du Myanmar sont très chaleureux et le nombre de sourires que nous avons reçus de leur part est immense. Ici, les hommes portent le Longyi, qui ressemble en fait à une jupe longue nouée à la taille, et chiquent de la noix de bétel qui rend leurs dents toutes rouges (très cancérigène au passage). Les femmes portent également une jupe longue et se mettent du Thanaka sur le visage, seul produit de beauté birman, qui est en fait une pâte végétale couleur sable protégeant du soleil, de l'acné et de la vieillesse (les enfants en ont également). Les vendeurs de chaussures ne sont pas les plus heureux au Myanmar car la plupart des gens vivent pieds nus ou en tong ! Nous avons bien aimé être pieds nus la plupart du temps, hormis lorsque les pierres des temples chauffés par le soleil nous brûlaient ou lorsque le sol était parsemé de crottes de chiens... Les habitations sont assez sommaires, se résumant généralement à une cabane en bambou avec une grande pièce où trône ... une télévision ! Ici, ils n'ont pas d'eau chaude et un réseau électrique très instable (coupure de courant au moins une fois par jour) mais ils ont tous un smartphone ! La pauvreté est visible mais les gens ont tellement le smile qu'on l'oublie fréquemment. Tous les matins, nous croisons des moines de tout âge (enfant et adulte) en quête de nourriture. Ils ne font que deux repas par jour, un à 5h du matin et un autre à 10h/11h et leur nourriture est entièrement constituée des dons de la part des habitants, qui, d'après ce que l'on a vu, donnent tous un petit peu de riz a minima. Côté nourriture, nous n'avons pas été très séduits par les spécialités locales hormis les nouilles Shan et la soupe Mo-hin-ga. Nos repas étaient souvent constitués de "riz frit" mélangé à quelques légumes et un œuf. Le peuple birman est extrêmement pieux, ainsi les temples sont des lieux très vivants, les locaux y viennent pour prier, méditer, discuter, dormir, manger et de nombreux enfants jouent dans l'enceinte des temples. Nous avons beaucoup apprécié l'atmosphère qui s'y dégageait. Le moyen le plus efficace et le moins cher pour se déplacer de ville en ville est le bus, mais il faut compter 5h pour faire 200 km, souvent mal assis (sauf dans les bus de nuit qui sont plutôt confortables mais dont la température est proche de celle d'un congélateur !). Sinon, nous avons expérimenté le scooter, et sommes devenus adeptes, puisqu'il permet de se balader très librement dans les villes et hors des sentiers battus !

Voici la petite vidéo récapitulative de notre séjour :

Pour les plus curieux, un résumé un peu plus détaillé.

Dès notre arrivée à l'hôtel à Mandalay, deux espagnols nous proposent de partager un taxi le lendemain pour visiter les cités et temples anciens aux alentours de Mandalay. Nous visitons ainsi la pagode Mahamuni, lieu de pèlerinage le plus célèbre de la Haute-Birmanie, pour l'image de bronze de Bouddha qu'elle abrite. Les hommes peuvent y coller des feuilles d'or, toutefois, la plateforme autour de la statue est interdite aux femmes... Nous visitons également les anciennes capitales Ava, Amarapura et Sagaing. Le lendemain, nous changeons d'hôtel pour aller dans une auberge de jeunesse (Yoe Yoe Lay), un peu excentrée mais plus conviviale. Nous louons un scooter les deux jours suivants pour aller explorer la colline de Mandalay et Mingun. Samy a donc fait son baptême de scooter à Mandalay, avec une partie de nuit un peu freestyle car la plupart des véhicules n'avaient pas de phares !

Alentours de Mandalay

Après cette douce introduction birmane, nous avons voyagé vers Bagan, capitale impériale jusqu'au 13ème siècle. Les cinq éprouvantes heures de bus (rappelons-le, les routes sont épouvantables) ont été ponctuées par une merveilleuse fête dansante improvisée : un pick-up bondé, ayant remarqué notre petit groupe d'occidentaux, décharge une foule enflammée autour de nous et monte le volume. C'est trempés de sueur, et le cœur gonflé de cette expérience d'une sincérité remarquable, que nous avons repris la route pour la cité aux milliers de temples. Après avoir obtenu notre laisser passer (20 $ chacun) aux portes du site archéologique à la tombée de la nuit, nous nous retrouvons à l'hôtel, qui fut notre meilleure affaire jusqu'à présent  : 86 % de réduction pour cet hôtel 4* avec piscine (Shwe Yee Pwint)! Un luxe comparé à nos logements habituels. Le site historique est époustouflant : dans un carré de 20km de côté se dressent plusieurs milliers de pagodes, stupas et autres temples. Qu'importe la direction où l'on regarde, des monuments religieux sont visibles, c'est tout à fait déroutant, encore plus lorsqu'on sait que le site était jadis au moins quatre fois plus important. Marco Polo le décrit comme l'un des plus beaux de son temps.

La plaine aux milliers de temples

Deux jours nous ont été nécessaires pour parcourir l'essentiel des monuments, certains encore vivants (les temples Ananda et Dhamma Yangyi par exemple), Bagan étant toujours un lieu de pèlerinage important, d'autres étant presque à l'abandon (les temples 801). A noter également que le séisme qui a frappé le pays en août 2016 a significativement endommagé les structures, qui ont été fermées à la visite ou l'escalade, et faisaient l'objet de travaux de rénovation durant notre passage.

Temple Mingalar Zedi

Pour sillonner ce labyrinthe de savane, de pierres et de briques, nous avons chevauché une bien belle monture électrique, qui nous a causé quelques frayeurs dans le sable notamment. Nous avons tenté tous les soirs d'apercevoir le mythique coucher de soleil sur Bagan depuis la pagode Shwe Sandaw, mais notre astre préféré a joué les timides et s'est souvent réfugié sous la jupe des nuages.

Les merveilles de l'architecture Birmane

Nous avons également profité d'une journée pour gravir le Mont Popa (fleur en sanskrit), le sommet local et volcan à ses heures perdues. La randonnée fut agréable au milieu de la végétation et en compagnie de notre groupe cosmopolite (Y, F et J), bien sûr si on omet la pluie, la boue et la brume qui nous ont empêchés de profiter de la vue.

Coucher de soleil à Bagan et la dream team du Mt Popa

Après 3 jours à Bagan, nous partons avec un groupe de backpackers en direction de Kalaw. La plupart des touristes font le trek de 3 jours reliant Kalaw au Lac Inle. Marion étant un peu malade, nous décidons de repartir dès le lendemain pour le Lac Inle par le train. Quelle expérience ! Les trains datent de la période coloniale, nous étions en première classe (pour à peine 1 €) avec des fauteuils immenses, et une petite souris qui faisait des allées et venues entre les sièges ! Mais le paysage était superbe !

Nous arrivons ensuite au Lac Inle (accès au site payant : 10 $), lieu très célèbre du Myanmar, où la population des Inthas est très accueillante. Ce lac est enserré dans une chaîne de montagnes, il est peu profond et est peuplé de rameurs du pied, pêcheurs, jardins (culture de tomates pendant que nous y étions) et maisons flottantes. Les Inthas sont connus pour leur façon de pagayer, unique, avec la jambe, laissant les deux mains libres pour manier la nacelle et la pique.

Pêcheurs sur le lac Inle

Le premier jour, nous décidons de louer des vélos et de rejoindre la pagode Hu Pin qui domine le lac (les logements touristiques sont dans la ville de Nyaung Shwe à 10 km environ du lac). Les vélos étaient horribles (surtout celui de Samy), et nous sommes rentrés épuisés. Le lendemain, nous faisons la ballade classique en bateau sur le lac. Notre batelier nous propose plusieurs boutiques artisanales à visiter (où bien sûr il touche ses petites com 😉 ), nous décidons de nous limiter à deux et visitons un atelier de métier à tisser et une fabrique de cigares birmans (cheroots) que nous avons pu tester (mention spéciale pour celui à la banane!). Nous visitons également la pagode Phaungdaw OO et le monastère Shweyanpyay. Le plus impressionnant dans cette balade est de naviguer sur le lac, tout simplement, les eaux sont vraiment paisibles et les montagnes alentours majestueuses.


Village flottant
Jardins flottants (tomates)

Le dernier jour, après une petite soirée avec nos amis backpackers rentrés du trek au pub Asiatico, nous reprenons des vélos pour aller faire une dégustation de vin au Red Moutains, le plus fameux vignoble birman. Nos palais ont fortement apprécié de retrouver ce genre de saveur !

Vignoble Red Mountains

Nous partons ensuite pour Yangon, au sud du Myanmar. Le trajet en bus dure 12-13h et se fait de nuit, dans des fauteuils inclinés, avec la clim à 18° et une couverture polaire. Au final, nous avons réussi à dormir quelques heures, mais nous étions contents d'arriver à notre auberge pour continuer notre nuit !

Nous passons ensuite l'après-midi dans l'enceinte de la pagode Shwedagon. Ce lieu saint bouddhiste est le premier centre religieux de Birmanie car selon la légende, il contiendrait des reliques de quatre anciens Bouddhas (notamment des cheveux). La pagode en or est impressionnante et rayonne de mille feux. Nous profitons de l'atmosphère détendue de ce temple pour nous asseoir et un moine vient à nous. Il nous propose de venir nous chercher le lendemain à 6h30 pour donner un cours d'Anglais à des ados birmans, en échange d'un petit déjeuner. Nous sommes tentés par l'expérience et acceptons. Le lendemain, un pick-up vient nous prendre et nous prenons le petit-déjeuner birman, i.e. la soupe de poisson Mo-hin-Ga. Un peu dur à 6h30 mais c'est passé ! Nous arrivons ensuite dans une classe et nous nous retrouvons chacun avec une dizaine d'ados autour de nous et discutons avec eux en anglais. Ils nous mettent du Thanaka sur le visage, c'est amusant. Les sujets de conversation portent sur notre voyage, la religion, la cuisine, les films et séries, la politique, la musique (ils adorent One Direction) et le football (ils sont presque tous fan de Manchester, donc c'était pratique pour parler de Zlatan pour Marion!). Nous restons 3h avec eux et partons visiter la pagode Sule et le marché de Bogyoke. Nous faisons également un petit tour dans le quartier colonial. Un peu fatigués, nous décidons de prendre le train circulaire qui fait le tour de la ville en 3h (c'est un peu comme prendre le RER à Paris et faire un tour en banlieue!), pour 200 Kt (0,12€). En réalité, ce tour nous a permis de voir l'autre face de Yangon, celle des bidonvilles et des habitants qui vivent dans endroits ressemblant à des décharges publiques. Nous apercevons des plantations de haricots qui baignent dans de l'eau remplie de déchets. Un spectacle un peu triste mais bien réel. Nous finissons notre séjour dans un restaurant coréen avec C., rencontrée à Bagan.

Pagode Shwedagon
Cours d'Anglais

Après cette escapade urbaine, nous avons rejoint par bus la campagne birmane de Hpa-An. Nous y avons retrouvé quelques-uns de nos fidèles compagnons de voyage. Cette petite ville n'est pas très intéressante pour les touristes en recherche de monuments, mais offre un aperçu de la vie rurale et de la gastronomie du Sud du pays. On notera la très particulière, mais non moins goûteuse salade de feuilles de thé. Après une nuit confortable dans la récente auberge Soe Brothers II, nous louons un scooter thermique pour explorer les environs ruraux. Les paysages consistent en une variété de cultures, des élevages en tout genre et des pitons karstiques non sans rappeler Yangshuo. Notre ballade a été riche en découvertes ! Notre premier arrêt s'est porté sur la grotte Kaw Ka Thaung, recouverte de carrelage de salle de bain, présente quelques bouddhas, mais surtout un chemin bordé d'une centaine de statues de moines qui mène à une piscine alimentée par une cascade naturelle. Les birmans s'y baignent tout habillés au milieu d'une eau claire et riche en poissons. Une dizaine de kilomètres plus loin, en contournant le majestueux Mont Zwegabin, nous pénétrons les entrailles d'une autre colline à travers la grotte de Sagan. D'abord lieu de recueillement dans la première cavité, la suite de l'exploration prend des airs de spéléologie. Zigzags entre les stalagmites, glissades près des ruisseaux souterrains et observations des six espèces de chauves-souris logeant sous le plafond, la traversée d'une vingtaine de minute a été riche en surprises (surtout pieds nus!). L'émerveillement ne s'arrête pas là, puisque nous émergeons près d'un lac, où des bateliers nous proposent, pour quelques sous, de nous ramener au point de départ. Le choix est vite fait, et nous voici en train de naviguer au travers d'une seconde grotte de seulement un mètre de hauteur, Samy s'allongeant littéralement dans la pirogue pour éviter de se faire une belle bosse sur la tête. La croisière improvisée s'achève sur un paisible étang embelli de fleurs de nénuphars et de canards chantant. La quinzaine de kilomètres qui nous sépare de la destination suivante nous permet d'observer la dextérité des pêcheurs au filet et d'être observés par chèvres, bœufs, cochons et autres animaux de basse-cour errant sur le chemin de terre. Le long de cette route de fortune, les sourires des enfants rentrant de l'école ont illuminé nos cœurs et le soleil a rosi nos épaules. Nous arrivons donc au monastère Kyauk Kalap, qui nous surprend par sa pagode, tenant en équilibre sur un piton tortueux, au beau milieu d'un lac ! Les accueillant moines nous font solennellement présent d'un bracelet à chacun, et que nous portons toujours. L'étape suivante est la grotte de Kawgun, datée du 7ème siècle, qui présente un millier de bouddha et autres scènes sacrées gravées dans la roche. La journée s'achève par la BatCave, d'où nous assistons bouche bée à l'envol de centaines de milliers de chauve-souris (décompte officiel) en quête de nourriture à la tombée de la nuit.

Grottes, monastère et enfants de Hpa-An

Le lendemain, nous décidons de partir en bateau pour Mawlamyine. Le trajet dure 3h sur une barque avec des planches en bois, mais le paysage est très agréable. Nous arrivons à notre guesthouse (Aurora) très spartiate (sans eau chaude) et avec des employés dormant par terre à côté des chambres. Nous restons 1 jour et demi pour nous reposer principalement. Nous montons sur la colline pour visiter les pagodes et profitons de jolis couchers de soleil sur le fleuve La Salouen.

Couchers de soleil sur Mawlamyine

Notre dernière étape avant de rejoindre Yangon pour décoller pour le Vietnam fut la visite du fameux Rocher d'Or, ou Pagode de Kyaiktiyo. Il s'agit d'un énorme rocher d'environ 6 m de diamètre, posé en équilibre à 1 200 m d'altitude. Selon la tradition, le rocher aurait été placé à cet endroit par deux nats (esprits) il y a 2 500 ans ; il ne tiendrait que par un des cheveux du Bouddha. Nous avons été un peu déçus de cette visite, déjà parce que notre hôtel était affreux, avec des oreillers moisis et du personnel à côté de la plaque ! Ensuite, pour visiter le rocher, il faut prendre des camions pick up, qui roulent à toute allure dans la montagne, même sous une pluie torrentielle, et dans lesquels sont entassés une cinquantaine de pèlerins sur des planches en bois à peine fixées. Clairement, nous avons eu peur pour notre vie et nos muscles étaient très crispés après ce voyage de l'enfer de 45 min (x2 car il y avait le retour). Une fois arrivés en haut, il n'y a en fait que le rocher à voir et c'est plutôt décevant, notamment car seuls les hommes peuvent s'en approcher et y coller des feuilles d'or.

Le Rocher d'Or

Nous rejoignons enfin Yangon où nous passons une dernière nuit dans l'auberge Roly's Hostel où un des employés est un fan de Stromae et de Maître Gim's. Il nous emmène dîner dans sa cantine et nous passons une belle dernière soirée avec lui. Prochaine étape : le Vietnam !

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Publié le 3 novembre 2016

Xin chào !

Notre périple se continue au Vietnam, que nous avons foulé pour la première fois le 11 octobre. Adieu la simplicité et la rusticité du Myanmar, nous faisons face à la véritable frénésie d'un Tigre d'Asie.

L'activité de ce pays est déroutante, surprenante et parfois oppressante. En ville, c'est jour et nuit que les camions sont déchargés, au milieu des myriades de scooters, peu scrupuleux du code de la route. Les trottoirs des villes offrent rarement un sauf-conduit aux piétons, mais font souvent office de parkings, ou bien d'espaces publics où l'on déjeune d'un phò (soupe traditionnelle) ou sirote un cà phê dà (café glacé) entre amis.

Le tourisme est bien implanté au Vietnam, et depuis de nombreuses années. La concurrence est féroce mais voyager n'est pas toujours bon marché. En effet, il y a deux crédos  : mieux vaut ne pas vendre que de baisser les prix et il est parfaitement normal de dépouiller les touristes. Contrairement aux précédant pays, tout est rodé et bien calibré pour profiter des touristes. Jamais la double économie locaux/touristes ne s'est autant fait ressentir : il n'est pas rare de payer 15 $ pour un bus et de voir les locaux payer 4 fois moins. Sortir des sentiers battus est indispensable.

Mais rassurez-vous, ce pays est un magnifique coffre qui renferme de nombreux trésors et que nous avons parcouru du Sud au Nord. Le Sud, marqué par la présence française, offre une variété de paysages impressionnante : montagnes, plages, forêts ou campagnes, tous les appétits sont comblés ! Le Centre du Vietnam concentre les sites historiques : les ruines de l'empire Cham côtoient les comptoirs chinois et la citadelle de la dynastie Nguyen. Les amoureux d'asphalte seront également comblés par les plus belles routes du pays. Le Nord propose certainement les plus belles perles que sont Sa Pa, paysages de terrasses, et la baie d'Halong, constellation de magnifiques îlots.

Les Vietnamiens sont très professionnels et attentifs à ne pas mettre les autres dans l'embarras. Sportifs émérites, des foules se lèvent à l'aube pour le tai chi, la course à pied ou bien des danses rythmées. On retrouve également ce qu'on avait observé en Chine : un mélange d'individualisme en groupe et de générosité individuelle. Autre particularité, les Vietnamiens sont moins pieux qu'au Myanmar, mais plus superstitieux. On a pu néanmoins admirer les nombreuses églises, lieux de cultes pour 2 % de la population. Aussi, les enfants nous ont offert de magnifiques moments d'innocence (la barbe de Samy aidant).

Ce pays dévoile des paysages et un peuple pleins de contrastes, qui se retrouvent dans la cuisine ! Les nouilles sont servis dans des bouillons délicieusement parfumés d'épices et d'herbes fraîches. Le riz est bien sûr la denrée de base mais est toujours accompagné de légumes légèrement relevés et de viandes et poissons préparés de multiples façons. Galettes et nems sont toujours agrémentés de salades et d'herbes, et roulés dans une feuille de riz que l'on trempe généreusement dans des sauces aigres ou sucrées. Enfin, les crêpes et le pain présents partout et héritage du passé, ont éveillé en nous une légère nostalgie.

Concernant le climat, on a pu profiter de très généreuses précipitations (et évité un typhon), agrémentées parfois d'un soleil cuisant. Encore un contraste, avec la plus belle saucée à Dalat et le plus gros coup de soleil à Hoi An.

Comme d'habitude, vous retrouverez nos aventures dans la vidéo et le détail de nos pérégrinations ensuite, pour les plus courageux.

Anciennement Saigon (mais toujours appelée ainsi par les locaux), Ho Chi Minh Ville fut notre porte d'entrée et de sortie du Vietnam. Quintessence du développement économique vietnamien, la ville grouille d'activité à toute heure. Protégés par des masques respiratoires, les habitants forment des hordes de scooters qui évoluent de façon continue sans jamais marquer d'arrêt (surtout pas aux feux rouges). Notre emploi du temps nous a donné un aperçu de la ville à tout moment : qu'il soit 1h ou 6h du matin, les rues sont toujours animés par des vendeurs ambulants et autres étals de nourriture. La présence française pendant un siècle a laissé de nombreuses reliques comme la Basilique Notre Dame de Saigon, l'hôtel de ville ou le splendide bureau de poste. L'autre facette de la ville est bien sûr à la gloire de la révolution et la victoire de la guerre. On citera la statue de Ho Chi Minh, bien surveillée, le palais de l'indépendance ou encore le musée des reliques de guerre (créé par la propagande du parti...). Saigon nous a permis de découvrir la soupe de nouilles nationale : le phò ! Le bouillon de bœuf est délicatement parfumé d'épices comme la badiane, les nouilles de riz et les tranches de viande sont fondantes et on y plonge à volonté des poignées d'herbes fraîches (parfois non identifiées) et des pousses de soja. Du piment et du citron vert sont toujours proposés pour affirmer encore plus les goûts !


Hôtel de ville et basilique à Saigon

Nous décidons ensuite de partir s'aventurer dans la jungle, au parc National de Cat Tien. Pour s'y rendre, nous prenons un bus qui nous arrête sur le bord de l'autoroute à environ 15 km du parc où des taxis motos aux tarifs exorbitants nous attendent. Pas le choix, c'est le jeu, nous négocions au max mais n'avons pas beaucoup de pouvoir au milieu de nulle part... Heureusement, la route était très jolie! Le soir, nous dormons dans une cabane en bambou et mangeons de délicieux dîners à base de riz frit à l'ananas ! Le deuxième jour, nous décidons de faire un trek de 30 km dont 18 km de vélo pour aller au lac des crocodiles. Nous avons mis 6h pour réaliser cette distance avec une heure de pause devant le lac des crocodiles où nous avons pu en voir au moins deux! Le trek fut éprouvant (notamment la partie en vélo car il y avait beaucoup de bosses) mais nous avons apprécié l'ambiance de la jungle et avons aperçu un singe et de magnifiques oiseaux.


Lac des crocodiles à Cat Tien
Les aventuriers

Notre étape suivante fut Dalat, que nous rejoignons par le mini bus local en 6h, en compagnie d'une douzaine de durian, 5000 œufs, et beaucoup plus de passagers que de places assises! Dalat a été établie dans les montagnes par les français pour échapper à l'étouffante moiteur de Saigon. On ne peut qu'affirmer que c'est réussi, puisque le thermomètre n'a pas dépassé 22°C pendant notre séjour. La ville présente de nombreuses villas de style colonial, une cathédrale rose et un lac artificiel. D'ailleurs, c'est sur ce dernier que nous sommes allés nous protéger d'une averse à l'aide de la mince toile des pédalos (en forme de canard). On note la présence également de la Crazy House, expérimentation architecturale rappelant Gaudi. Mais Dalat est surtout connue pour ses routes montagneuses que nous avons arpentées en scooter avec un couple d'allemands. Nous avons pu découvrir les plantations de café, où poussent du robusta, de l'arabica et du moka. Les plantations sont aussi le lieu d'élevage des belettes, qui sont nourris de grains de café. Ces grains sont ensuite extraits des excréments et vendus une fortune ! Autre artisanat local : la soie, dont on a pu découvrir la confection, des vers aux étoffes. Deux arrêts complémentaires ont été marqués pour admirer des chutes d'eau. La première, la cascade de l'éléphant, haute et peu large, est entourée d'un labyrinthe de lianes et de racines que l'on peut escalader pour admirer la chute sous tous les angles. La seconde, la cascade de Pongour, en escalier et vaste, offre un panorama paradisiaque, prisé des photographes de mariage. Attention toutefois au serpent qui protège ce lieu et dont Samy a failli connaître la morsure. La chemin du retour (65 km) a été un déluge apocalyptique pendant 2h et qui nous a donné un bon rhume à tous les deux.


Plantation de café et grains issus des excréments de belettes
Cascade de l'éléphant
Cascade de Pongour

Après cette petite escapade en montagne, nous nous rendons à la plage de Mui Né (5h de bus). Au programme, baignade, dégustation de poisson et fruits de mer (notamment crevettes et barracuda), balades dans les dunes de sable. La plage est très agréable, l'eau est chaude et nous étions presque seuls, avec les kite-surfeurs car Mui Né est un très grand spot de kite-surf. L'après-midi, nous décidons de louer un scooter pour aller voir les célèbres dunes de sable. Ce fut la journée "poisse", notre auberge nous a loué un scooter dont l'indicateur de niveau d'essence ne fonctionnait pas. Donc après 5 km, nous tombons en panne sur le bord de la route. Un vietnamien s'arrête, et nous vérifions avec lui le niveau d'essence : réservoir vide alors que le niveau indiquait qu'il était à moitié plein. Il nous dit que la station essence est à 2 km et tracte Samy sur le scooter avec son pied (Marion reste toute seule au bord de la route). Nous repartons une vingtaine de minutes plus tard et visitons les dunes de sable rouges. Sur la route pour nous rendre aux dunes de sable blanches, nous nous faisons arrêter par la police qui nous demande notre permis vietnamien, que bien sûr nous n'avons pas, comme tous les touristes au Vietnam ! Il nous dit que ce n'est pas grave et que si nous payons 50 USD nous pouvons repartir et même conduire le scooter pendant les trois jours suivants (bizarre...). Entourés de 10 policiers, nous ne faisions pas les malins et nous nous sommes résignés à payer (on a quand même gratté 4 USD). Nous savions que c'était une amende crapuleuse car aucun vietnamien (même sans casque) ne se faisait arrêter à ce poste de contrôle. Bref, ce sont les petits points négatifs de ce pays, cela fait partie du voyage. Nous arrivons ensuite aux dunes de sable blanches, dont la quiétude est fortement polluée par les touristes en quad. Nous nous baladons et faisons quelques photos sympas avant de rentrer.


Les dunes rouges
Les dunes blanches
Village des pêcheurs de Mui Né et vendeuse de Noix de Coco

Après un interminable trajet en bus (18h), nous arrivons à Hoi An à l'aube. Notre chambre à l'auberge n'étant pas disponible avant 13h, nous décidons d'aller nous perdre dans la sinueuse vieille ville. Après un petit déjeuner local, composé d'un jus de fruits pressés et d'un banh mì (sandwich à l'œuf) pour Samy (Marion a préféré s'acheter un pain au chocolat, il ne fallait pas trop lui en demander après 18h de bus), nous marchons dans ce site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au moment où les marchands rejoignent leur échoppe, sous une agréable lumière. Remontant parfois au XVIe siècle, les demeures sont de style japonais, chinois ou colonial, témoins du passé de comptoir commercial de la ville. On y croise également des temples, pagodes et autres forums où se réunissaient les différentes communautés. Le soir, la ville est illuminée par des centaines de lanternes en papier de riz, présentant une variété considérable de motifs et de couleurs. Ce fut l'occasion de tester l'incomparable cuisine de rue vietnamienne : riz en tous genres, grillades, soupes, pâté de viande, beignets d'œufs, bouchées vapeur, galettes de riz aux crevettes, jus de canne à sucre et gâteaux de mangue. Nous profitons de ce pied à terre au centre du Vietnam pour aller visiter l'antique site de My Son, accompagné par S., un voyageur allemand. Cet ensemble de bâtiments, capitale du royaume Champa (période hindouiste), rival des Khmers et Dai Viet, a connu son apogée durant le premier millénaire.

Batelier à l'aube
Hoi An le matin, pont japonais et ruines de My Son
Les lanternes

Après cette étape très agréable, nous décidons de parcourir à moto (bridée à 60km/h) la route qui nous sépare de Hué, la capitale de la dynastie Nguyen. Les 200km ont été marqués de nombreux arrêts qui expliquent les 9h nécessaires au trajet. Nous remontons la côte jusqu'à la montagne sacrée Thuy Son, perforée de grottes et surmontée de pagodes. Cette colline offre une vue spectaculaire sur l'interminable plage qui s'étend de Hoi An à Danang, tandis que les grottes sont des lieux de recueillement. Ensuite, nous longeons Danang, qui bénéficie d'une plage très tentante où nous avons rafraichi nos pieds avant d'aller admirer l'immense statue de Lady Buddha au pied de la montagne Son Tra. Nous laissons cette montagne derrière nous pour nous diriger vers un autre massif plus majestueux : le Ham Van. Ici deux choix s'offrent à nous, le tunnel ou la route sinueuse. Un encouragement à notre moto et nous grimpons en direction du col à 1500m. La route est somptueuse, non sans rappeler les reliefs corses, entre maquis et plages en contrebas. Nous profitons du panorama et descendons en direction Lang Co, une longue péninsule bordée d'une plage sauvage. L'envie est trop forte, nous piquons une tête sans personne à 5km à la ronde. Nous reprenons notre chemin et contournons le lagon Cau Hai par les collines et profitons de la vue sur les élevages marins et les pirogues de pêcheurs. Les 50km restant sont constitués de paysages champêtres et de villages ruraux, où nous étions accueillis à chaque fois par des groupes d'enfants rieurs ou chamailleurs.


La route entre Hoi An et Hué
Notre plage privée et le scooter !

Hué, la capitale Nguyen est relativement récente puisque la citadelle a été érigée au 19e siècle. Peu entretenue jusqu'à récemment, cet ensemble de structures présente tout de même un bel échantillon d'architecture vietnamienne tout en instruisant sur un pan de l'histoire du pays. Nous profitons de cette ancienne capitale pour un dîner gargantuesque de spécialités locales, dont le fameux Bun Bo Hué, nouilles locales au bœuf. Samy a pu fêter comme il se doit son anniversaire!


Architecture vietnamienne

Après un autre interminable trajet en bus de 12h (avec des vietnamiens qui fument et d'autres qui dorment dans les allées centrales du bus), nous arrivons à Hanoï à 5h30 du matin avec nos sacs sur le dos. Nous arrivons devant notre hôtel dont le personnel vient à peine de se réveiller et posons nos sacs. Nous partons arpenter la capitale et nous allons en direction du fameux lac Hoan Kiem. Nous ne nous attendions pas à voir autant de monde à l'aube, et notamment autant de sportifs : aérobics, running, muscu... les vietnamiens de Hanoï sont très actifs! Après notre petite nuit dans le bus, ce spectacle animé nous a un peu réveillé ! Nous visitons ensuite la cathédrale St Joseph de Hanoï, très belle et apaisante par rapport au rythme effréné de la ville. Nous finissons notre journée dans notre chambre d'hôtel pour terminer notre courte nuit. Le lendemain, nous nous baladons à pied et visitons le mausolée de Ho Chi Minh Ville, le jardin botanique, et l'église des Martyrs. Les scènes de vie sont amusantes, notamment le transport de marchandises en scooter (il n'est pas rare de voir des vietnamiens transporter un réfrigérateur sur leur scooter), les coiffeurs de rue, les vendeurs ambulants.


Cathédrale St Joseph, église des Martyrs, Lac Hoan Kiem et vélo chargé de fleurs à Hanoï

Nous quittons ensuite la capitale à l'aube pour rejoindre Sa Pa et ses rizières en terrasse, à l'extrême Nord du Vietnam. Nous avons choisi d'y passer 2 jours pour faire 2 treks (le premier de 9km et le second de 7km). Le premier jour, nous rejoignons le village de Lao Chai en passant par les montagnes et les magnifiques rizières en terrasse. Le terrain était un peu glissant mais nous étions bien équipés et trois femmes H'Mong très agiles en tongs nous accompagnaient pour nous tendre la main lors des passages difficiles. Nous avons donc fait la connaissance de cette ethnie, et notamment des enfants vivants dans les montagnes et n'ayant pas toujours la chance d'aller à l'école car leurs parents ont besoin d'eux pour les aider dans les travaux agricoles. Le soleil était au rendez-vous et nous avons beaucoup apprécié ce trek aux paysages impressionnants. Nous avions décidé de dormir chez l'habitant, et pour rejoindre la maison, un guide est venu nous chercher avec un seul scooter, tout naturellement. Nous avons donc expérimenté le scooter à 3, c'était très amusant et le guide était très prudent. Arrivés chez l'habitant à Ta Van, nous étions un peu déçus car la famille mangeait dans son coin (les enfants ont dîné sur des chaises en plastique devant l'immense télé qui trônait au milieu du salon, complètement vide de tout meuble par ailleurs). Nous avons dîné avec d'autres marcheurs (allemands, néerlandais et australiens) qui ont partagé le grand dortoir en mezzanine chez notre hôte. Le confort était assez rudimentaire : un matelas par terre avec une moustiquaire dans une cabane en bois. Même s'il y avait de la place, nous avons tous dormi très proches car certaines filles (pas Marion, qui avait plus peur du chat et des chiens) avaient très peur des araignées (il faut dire qu'elles étaient impressionnantes). Finalement, même si nous étions déçus de ne pas avoir partagé de vrais moments avec la famille, nous avons passé un bon moment avec le groupe ! Le lendemain, nous repartons marcher jusqu'à une cascade où il est possible de se baigner.


Montagnes et rizières en terrasse de Sa Pa
Terrasses de Sa Pa
Petites filles H'Mong dans les montagnes
Chez l'habitant à Ta Van

Dernière étape de notre périple vietnamien, la baie d'Halong est un des lieux les plus emblématique de ce pays. Nous rejoignons ce lieu depuis Hanoï, après 4h30 de route en minibus, et embarquons sur notre bateau pour une croisière de 3 jours et 2 nuits. Cette baie est constituée d'un archipel de près de 2000 îles et îlots calcaires, tels des pions de karst sur un échiquier émeraude. La légende raconte qu'un dragon (Ha) vint en aide au peuple envahi par une armada d'ennemis en créant par son souffle des îlots sur lesquels la flotte s'échoua. Le dragon se posa (Long) ensuite pour rendre hommage au Vietnam. Au programme de la croisière : navigation, kayak, visite de grottes et de ferme de perles de culture, baignade, Beach volley-ball et plongée pour le téléphone de Samy... Nous avons passé un agréable séjour sur notre bateau, en bonne compagnie et avec une nourriture excellente !

Baie d'Halong
Coucher de soleil depuis le bateau

Nous rejoignons ensuite Ho Chi Minh Ville par avion pour prendre un bus direction : Phnom Penh ! Prochaine étape : le Cambodge !

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Publié le 17 novembre 2016

Choum Reap Sour !

Nos aventures se poursuivent au Cambodge, que nous avons rejoint le 1er Novembre. La frénésie vietnamienne est derrière nous, et nous rencontrons une nation au passé parfois impressionnant, et parfois tragique, qui se reconstruit doucement, mais sûrement.

Le pays est pacifié depuis une vingtaine d'années et cela se reflète par une population extrêmement jeune (40 % de la population a moins de 16 ans), mais remarquablement entreprenante, désireuse de libertés et pleine d'espoir ! Il n'est pas rare de voir des jeunes de 17 ans tenir une échoppe de smartphones et réussir à s'en sortir. Aussi, les jeunes cambodgiens font la fête, et le pays possède la vie nocturne (locale, non touristique) la plus animée d'Asie du Sud Est.

Nos trois étapes, Phnom Penh, SihanoukVille et Siem Reap, possèdent toutes les infrastructures touristiques modernes, mais les campagnes sont d'une magnifique rusticité. Les ruines Khmères de grès sculpté, se gravent dans les mémoires tout comme les jungles et plages de sable blanc qui viennent parfaire le tableau cambodgien.

Nos aventures sont résumées dans cette petite vidéo, et le périple détaillé et illustré ensuite.

Phnom Penh fut notre point d'entrée dans le pays. Nous y sommes arrivés par bus depuis le Vietnam. Notre bus comptait 6 touristes et... des milliers de cartons bien fermés dont certains bien planqués dans le bus (sous les tapis notamment), on a cru qu'ils allaient nous en mettre sur les genoux. Nous préférons ne pas savoir ce qu'ils contenaient. Le passage à la frontière était très bien organisé par la compagnie, qui s'occupe de tout pour un petit surcoût de 5$ sur le prix du Visa (qui coûte 30 $). Nous étions contents que tout soit bien planifié, car en plus il y avait une coupure de courant donc les tampons se faisaient à la lampe torche! Une fois arrivés, nous passons notre première nuit dans une auberge, un peu douteuse... (beaucoup d'occidentaux seuls... et parfois accompagnés, et le quartier regorgeait de bars à hôtesses). Nous découvrons ensuite la ville en tuk-tuk, et nous nous rendons aux champs de la mort (Killing fields ou Choeung Ek) qui sont des charniers où les "ennemis" des Khmers Rouges étaient exécutés à la chaîne en pleine nuit entre 1975 et 1979. Le mémorial se visite en extérieur à l'aide d'un audio-guide très bien réalisé. Cette visite est très bouleversante, et témoigne de l'atrocité de cette période sombre pour les cambodgiens. Suite à cette visite poignante, nous décidons de ne pas nous rendre au musée de Tuol Sleng, qui était l'ancienne prison de torture des "ennemis" du système. Nous nous rendons alors sur la colline de Wat Phnom, une des plus anciennes pagodes bouddhistes de la ville qui a donné son nom à la ville selon une légende. Phnom signifie colline et Penh est le nom d'une vieille dame qui aurait découvert 4 statues de Bouddha dans un tronc d'arbre échoué sur les rives du Mékong et les aurait placées dans un temple sur la colline. Nous avons également fait la visite du palais royal, résidence du roi du Cambodge. L'ensemble de bâtiments est très "propre" et contraste par rapport au reste de la ville. Le site est très beau et paisible, où architecture cambodgienne, pagodes et espaces verts se succèdent. Enfin, nous flânons dans cette ville, allons au marché et observons le réseau électrique, assez amusant à regarder!

Choeung Ek (Killing fields) : le Killing tree et le stupa où reposent les milliers de crânes retrouvés
Le réseau électrique cambodgien
Etal de bananes au marché
Bâtiment du palais royal
Peinture murale du palais royal

Nous nous rendons ensuite à Sihanoukville, au sud du Cambodge, donnant sur le Golfe de Thaïlande. Nous nous y sommes reposés durant 2 jours, car le beau temps n'était pas au rendez-vous. Nous avons tout de même pu profiter de la plage durant quelques éclaircies, et avons construit le temple d'Angkor Wat en sable (on ne pouvait pas trop se baigner car il y avait beaucoup de méduses), que nous avons ensuite légué à un petit garçon cambodgien, armé d'un tronc de palmier. Nous ne savons pas ce qu'il est devenu mais nous pensons qu'il a été détruit dès que nous n'étions plus dans son champ de vision.

Plage sous les nuages et notre œuvre d'art

Nous rejoignons ensuite Siem Reap par le "bus hôtel", qui, théoriquement permet de voyager avec le confort d'un hôtel pendant les 12h que durent le trajet. La réalité est un peu différente, puisque la banquette fait 1m60 de long, est bordée d'imposantes planches en bois, et est traversée par une barre de fer au tier, dans le sens de la largeur (si vous essayez d'imaginer, vous voyez vos omoplates ? c'est là). Nous débarquons dans cette ville à 5h30 du matin, un peu dans le brouillard. Après un petit déjeuner bien mérité, nous décidons tout de même de louer les services d'un tuk-tuk pour nous emmener découvrir le site le plus important de Siem Reap, et même du Cambodge, nous parlons bien sûr des temples Khmers d'Angkor !

Nous commençons notre visite (qui s'étalera sur trois jours) par le plus connu des temples : Angkor Wat, ou plutôt devrions-nous dire Angkor Wet, puisque c'est sous la pluie que nous avons passé les deux heures que nécessite la visite du site. Nous bravons l'averse sur le pont de grès, enjambant de larges douves, qui nous mène à la muraille, percée d'une porte monumentale aux piliers magnifiquement ornés de sculptures qui répondent au bas-reliefs décorant les murs. Mais l'entrée n'est qu'un préambule qui nous ouvre sur une esplanade de 1km x 1km, au centre de laquelle se dresse le temple et ses tours en quinquonce. Leur forme particulière est une représentation du Mont Meru, montagne mythologique en Orient. Ce qui impressionne le plus, c'est que l'intégralité du temple est sculpté d'histoires de la mythologie khmère et hindouiste, murs, colonnes, plafonds, rien est oublié. Nous sommes retournés une deuxième fois pour visiter Angkor Wat sous le soleil, le 3e jour, à vélo ! Le site ensoleillé est quand même propice à de meilleures photos !

Entrée du site d'Angkor Wat, en fin de journée
Temple Angkor Wat


Eléments et sculptures murales du temple Angkor Wat

Mais Angkor ne se réduit pas au temple (wat=temple) éponyme, d'autres sites, parfois plus étendus ou plus impressionnants sont comme des icebergs émergeant de l'océan de jungle. Notre favori, le temple Bayon, est ceint d'une muraille et de douves formant un carré de 3km de côté. Ce monument a pour particularité d'être orné par des dizaines de tours sculptées de 4 visages souriant (le Smile de Bayon). Il est également envahi de singes !

Temple Bayon

Autres sites qui nous ont marqués, les temples de Ta Som et Ta Prohm, pour lesquels la nature a repris place au sein des ruines, et où s'entremêlent briques et racines.

Temples Ta Som et Ta Prohm

Le deuxième soir, après la visite du temple East Mebon, nous avons contemplé le coucher de soleil perchés sur le temple de Pre Rup.

Coucher de soleil sur le temple Pre Rup - Eléphant et lions sur le temple East Mebon
Derniers instants à Angkor sur le temple Baphuon, moins connu

Sinon, Siem Reap est une ville de taille moyenne et représente surtout le camp de base du site archéologique. On y trouve des souvenirs en tout genre, souvent de médiocre qualité, mais on a quand même profité de la présence de quelques adeptes de commerce équitable ou alors des artisans de talent. Culinairement parlant, on a connu le plus mauvais : restaurant de rue au Loklak (viande sautée avec une sauce aigre) épouvantable et aux crevettes cramées à la coriandre ; mais aussi le meilleur: restaurant familial Lilypop faisant un Amok (curry épais) et un curry khmer formidables (1/4 sur l'échelle de piment de la carte est largement suffisant, croyez-nous ! ). Pour compenser l'absence de tarentules frites sur le marché, Samy a pu tester de se faire grignoter les pieds par de voraces poissons et se souviendra de l'expérience. L'expérience de Marion s'est arrêtée à un talon plongé et ressorti aussi vite accompagné de grands cris !

Prochaine étape : la Thaïlande !

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Publié le 7 décembre 2016

Sawadee Kha !

Nous avons passé la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande en bus, sans aucun problème (mis à part la perte de quelques touristes au passage des postes de douanes, mais ce n’était pas nous !).

A l'exclusion du cas particulier chinois, la Thaïlande fait figure de pays particulièrement développé en Asie du Sud Est. On dénombre environ deux fois moins de câbles sur les lignes téléphoniques, et nous sommes restés idiots lorsqu'un automobiliste nous a laissé traverser la route. D'ailleurs, les voitures supplantent les deux roues, et malheureusement, les tuktuks voient leur avenir s'assombrir de jour en jour. Les villes possèdent des réseaux de transport (le glacial métro de Bangkok par exemple), des trottoirs entretenus et parfois des gratte-ciels. Preuve formelle du développement, on nous fait désormais un contrat de location pour les scooters.

Les thaïlandais sont très accueillants, généreux et serviables, et nous comprenons l'engouement mondial pour ce magnifique pays qui sait recevoir ! On retiendra l'iconique Wai, jointure des deux mains sur la poitrine en signe de remerciement ou de salutations, qui est une partie intégrante de la culture thaï.

La religion est également très suivie et les habitants sont d'une piété remarquable. Leur foi est encore un mélange de bouddhisme et d'animisme, que l'on remarque par les petites maisons à l'entrée des demeures qui abriteraient l'esprit protecteur de l'habitation. Notre séjour nous a permis d'en apprendre plus sur leurs croyances et de comprendre certains comportements et mœurs en Asie.

La cuisine thaï est fantastique ! Riz et nouilles sont toujours à la base de la majorité des plats, mais la diversité des préparations est aussi étendue que la palette des saveurs. L'éternel riz frit est ici relevé de pâte de curry ; les nouilles sautées, agrémentées de crevettes séchées, de citron vert et d'œuf constituent le Pad Thaï, plat national. Les currys sont onctueux, riches et délicieusement relevés. Les salades apportent de la fraîcheur dans la torpeur locale, à condition de ne pas craindre le piment !

Vous trouverez un aperçu de nos aventures dans cette petite vidéo :

Nous arrivons donc le 10 novembre dans la grande ville de Bangkok ! Nous y restons une petite nuit avant de partir dès le lendemain pour Sukhothai, vers le Nord du pays, en 6h de bus, animées par des émissions musicales Thaï. Capitale de l'empire de Siam il y a 800 ans, la vieille cité présente toujours de magnifiques temples qui lui ont value d'être classée au Patrimoine Mondial. Ce complexe se situe à une dizaine de kilomètres de la ville nouvelle, pied à terre idéal et bon marché pour les voyageurs. Sortis du bus à la nuit tombante et délestés de nos fardeaux à la guesthouse, nous sympathisons immédiatement avec une famille française (avec deux enfants) qui nous propose de rejoindre l'antique cité sur leur scooters. Les garçons d'un côté, et les filles de l'autre, nos deux trios accèdent au site gratuitement en raison des funérailles royales. L'émerveillement est immédiat : toutes les ruines sont illuminées par des centaines de flambeaux et les douves les cerclant sont constellées de lanternes flottantes. Le festival Loi Krathong (littéralement flottant radeau) bat son plein. Cette fête populaire rendait initialement hommage à la déesse hindouiste de la rivière (Divali), mais a été convertie au bouddhisme en même temps que le pays et permet désormais de respecter l'Éveillé par de la lumière. Les festivités, normalement joyeuses, ont cette année été empreintes d'une solennité inhabituelle en raison de la disparition du vénéré roi Rama IX. Point de répis cependant pour les étals de mets plus alléchants les uns que les autres : Pad Thaï, curry, brochettes, fritures et sucreries. Également présents en nombre, les artisans - voire artistes - de radeaux en feuille de bananier voient leur talent exhibé sur la moindre étendue d'eau. Nous sommes revenus le lendemain pour admirer les ruines en journée. Les temples d'inspiration Khmère et Thaï se côtoient et rivalisent de majesté. On citera notamment Wat Mahathat, véritable labyrinthe aux nombreuses statues et colonnes, Wat Sa Si et ses imposantes douves ou bien, plus éloigné, Wat Saphan Hin et ses marches escarpées que les rois d'antan gravissaient à dos d'éléphant blanc. Le site regorge de temples, stupas et chedis plus ou moins bien conservés et requiert une journée pour tout explorer. Le soir venu, nous avons encore profité du festival et mis à l'eau un magnifique radeau en hommage à nos lecteurs assidus.

Les ruines de Sukhothai sous le soleil
Coucher de soleil sur les collines de Sukhohai
Bouddha au crépuscule
Le festival Loi Kratong

Suite à cette escapade bien sympathique dans l’ancienne capitale, nous nous mettons en route pour Chiang Mai, la plus grande ville du Nord du pays. A notre arrivée dans la guesthouse, la personne de l’accueil nous annonce qu’il n’y a plus qu’un lit de libre dans le dortoir que l’on avait réservé suite à un bug sur internet (on le soupçonne plutôt d’avoir invité tous ses amis chinois dans son auberge pour le festival Loi Kratong, et de toute façon, après avoir vu l’état des dortoirs, on ne voulait même plus y aller). Il nous propose de dormir par terre dans le hall gratuitement… on a hésité (un tout petit peu) mais on a quand même préféré faire le tour des autres guesthouses pour finalement trouver deux lits mais juste pour une nuit. Après avoir enfin posé nos affaires, nous nous baladons dans le centre ville, où le Sunday Market, accompagné des lumières féériques de Loi Kratong battait son plein ! Le lendemain, nous quittons le centre ville pour aller dans une auberge (2230 Hostel) à l’ouest de la ville, dans le quartier des universités. C’est un des seuls endroits où nous avons réussi à trouver de la place pendant le festival, à un prix correct. Le concept de cette auberge est un peu bizarre, en fait, il s’agit de lits superposés dans des placards qui peuvent se fermer à clé avec un petit trou dans le mur pour faire entrer la climatisation provenant du couloir. Claustrophobes, s’abstenir ! Néanmoins, le quartier est très sympa et très vivant ! L’après-midi, nous décidons d’aller visiter le temple Doi Suthep, sur la colline. Nous partageons un pick-up avec deux chinoises qui nous ont bien fait rire. Elles ne parlaient pas anglais mais avaient une application qui était censée traduire en anglais tout ce qu’elles disaient en chinois, sauf que ça ne fonctionnait pas vraiment ! Le temple Doi Suthep est très beau et permet d’avoir une vue en hauteur de la ville. Le soir, nous nous rendons sur le pont Nawarat, pour profiter du dernier jour du festival Loi Kratong. Ici, les thaïlandais (et les touristes) lâchent des lanternes de feu dans le ciel, un spectacle époustouflant au-dessus de nos têtes. Nous en avons profité pour (enfin) goûté le fameux fruit puant dont B. raffole tant, j’ai nommé, le Durian ! Verdict, c’est pas bon du tout ! Les deux jours suivants, nous avons participé à une retraite de méditation bouddhiste avec le Monkchat Program. C’était très intéressant mais un peu difficile de rester en silence pendant deux jours ! Nous avons beaucoup appris sur la religion bouddhiste et ses valeurs. Pour les intéressés, le programme de cette retraite est détaillée sur le site internet monkchat.net . Nous revenons ensuite dans notre hôtel-placard pour deux autres nuits et passons une journée dans un sanctuaire d’éléphants ! Nous avons choisi le sanctuaire Yogi Mahout, qui prend soin des éléphants et ne permet pas de faire une balade sur leur dos dans un howdah (palanquin), pratique qui blesse physiquement l’animal. Nous avons donc nourri les éléphants avec des bananes et des bâtons de canne à sucre et nous les avons lavés dans la rivière. Pendant le bain, le personnel du sanctuaire s’amusait à nous arroser avec les trompes des éléphants (lucky water), et nous avons eu droit à des bisous de trompe ! De très bons moments avec ces énormes bêtes affectueuses ! Nous nous sommes également promenés vers la cascade de Mae Wang, où Samy le vaillant s’est baigné dans l’eau très fraîche.


Temple Doi Suthep
Chiang Mai
Lucky Elephant
Cascade de Mae Wang et éléphant qui prend un bain

L'aventure se poursuit en direction de Pai, que l'on rejoint par une sinueuse route de montagne, dans un minivan partiellement occupé par des Thaïs mal en point, ces derniers souffrant terriblement du mal des transports. Ce village siège dans une vallée florissante et très fertile. Nous avons parcouru les alentours en scooter et avons pu profiter de la diversité des paysages. On y trouve des sources chaudes, pures et relaxantes, des cascades en escalier ou au fond d'un gouffre, de nombreuses terres agricoles ou bien encore un canyon de terre rouge et arboré de pins odorants. Enfin, l'esplanade du Bouddha blanc, flanquée de Nagas d'une longueur remarquable, offre un point de vue époustouflant sur la vallée, notamment lorsque la lumière est rasante. Le village est célèbre pour sa communauté hippie, toujours présente, mais tend à succomber au tourisme de plus grande envergure. Toujours est-il qu'il y fait bon vivre, et les locaux sont très accueillants et paisibles. Samy a par ailleurs pu retrouver deux amis canadiens de longue date le temps d'une soirée ! Le marché de nuit offre une cuisine simple, goûteuse et d'une grande diversité. On félicitera également toute l'équipe de Na's kitchen, pour le délicieux repas concocté pour nous et partagé avec deux britanniques assis à notre table.

D'ailleurs, parlons cuisine thaï, et notamment des currys. Ils faut savoir que le curry (en Thaïlande) désigne une pâte condimentaire qui sert à l'élaboration de différents plats : riz sauté, soupes ou ragoût. On a pu tester pour vous les trois couleurs de curry :

- curry vert  : le plus souvent en soupe, accompagné de riz, c'est le plus piquant de tous, nous n'avons jamais dépassé la cuillerée.

- curry jaune : plutôt servi en ragoût ou dans du riz, il est très proche de ce que l'on obtient avec la poudre de curry en France, grâce à la dominance du curcuma et du cumin. Il est doux !

- curry rouge : il en existe deux sortes, le phaneang et le massaman. Originaire de Malaisie, le premier est servi épais, est plutôt pimenté et sucré à la fois, le second est proche d'un tajine allongé de lait de coco, en raison de la cannelle et du cumin (massaman vient de musulman, et le plat viendrait d'Iran), les deux sont un vrai délice !

Source d'eau chaude et cascade à Pai
Pont en bambou et canyon de Pai
Coucher de soleil sur les hauteurs de Pai

Nous redescendons ensuite sur Bangkok par le bus de nuit pour y rester 2 jours. Notre auberge (Bewel, près de Khaosan road) est tenue par un français et ce fut la première fois en Asie que le matelas du lit était mou! Le propriétaire nous confie que les thaïlandais sont très investis dans le deuil national suite à la mort du roi et que ses employés à l'auberge s'habillent en noir depuis plus d'un mois (alors qu'un décret les autorise à s'habiller normalement depuis le 14 novembre). Certains thaïlandais s'habilleront de noir pendant un an! Le premier jour, nous prenons la navette fluviale (14 bahts) pour nous rendre au temple Wat Pho, célèbre pour son Bouddha couché de 43 mètres. Ensuite nous nous rendons au palais royal, qui abrite la résidence royale, la salle du trône, un grand nombre de bureaux gouvernementaux et le temple du Bouddha d'émeraude. En raison de la mort du roi, des milliers de thaïlandais vêtus de noir ou de blanc se rassemblent chaque jour pour des processions, et de ce fait, les deux tiers du palais royal sont fermés actuellement (mais le prix reste le même). Au final, seule la partie religieuse est accessible et nous retiendrons notamment la visite du temple du Bouddha d'émeraude. Après cette visite un peu décevante, nous prenons un taxi-meter (moins cher que les tuk-tuk) pour aller dans un centre commercial climatisé (quand on a trop chaud, c'est une bonne alternative). Ce centre commercial, le MBK center, ne ressemble pas tout à fait à un centre commercial européen. En effet, ici il y a certaines enseignes connues mais les couloirs sont envahis de petites échoppes de souvenirs et contrefaçons! C'est un concept à la thaïlandaise! Nous découvrons avec bonheur le foodcourt, où il est possible de manger quasiment tous types de nourriture pour 50 bahts! Nous testons du poulet frit et des dumplings, sans oublier le succulent riz collant accompagné de mangue et de lait de coco (mango sticky rice). Nous faisons ensuite un peu de shopping et nous nous rendons sans le savoir au marché de nuit de Patpong, à la réputation un peu tendancieuse. Nous passons assez rapidement notre chemin ! Le lendemain, nous nous promenons dans le quartier Chinatown. Ici, il est possible de trouver tous les souvenirs et contrefaçons vendues dans toute la Thaïlande, souvent achetés en gros. Les stands de nourriture sont également surprenants, avec beaucoup d'épices, de durian et des têtes de porcs ! Une fois n'est pas coutume, la chaleur se faisant vraiment ressentir, nous nous retrouvons encore dans un centre commercial : Central World. Il s'agit d'un centre commercial à l'occidentale, avec un cinéma, où nous avons pu voir le film Fantastic Beasts en anglais sous-titré thai ! Le soir, nous traînons dans les multiples marchés de nuit de la ville.

Temple Wat Pho
Palais royal
Quartier Chinatown
Rue de Bangkok dans le quartier des centres commerciaux

Nous trichons et volons ensuite pour le Sud, et rejoignons Krabi, qui, avec Phuket, sont les deux plaques tournantes du tourisme dans la mer d'Andaman. À 25 euros, nous économisons presque de l'argent par rapport au bus de nuit qui dure 14h. Une courte nuit dans une guesthouse du centre nous permet de nous organiser et c'est ainsi que nous partons dès le lendemain matin pour Khao Lak, longue plage au Nord de Phuket, connue pour son ambiance familiale et reposante.

Nous séjournons trois jours dans un hôtel simple (Jerung) mais proche des commerces citadins et de la plage. Cette dernière est propre, et peu fréquentée, nous avons pu bénéficier d'un cocotier personnel, fournisseur d'un ombrage bienvenu. Un récif surmonté d'un petit phare, en plus de donner du cachet au paysage, nous divertissait par sa population de crabes et autres coquillages.

Nous profitons également de la région pour aller explorer les éblouissantes îles Similan : les eaux cristallines et riches en poissons tropicaux forment un paradis du snorkeling, sorties au cours desquelles nous avons vu poissons perroquets, papillons et caisses et même un poulpe dans sa maison ! Les plages de ces îles sont paradisiaques, le sable poudreux d'une blancheur immaculée est ombragé par les cocotiers émergeant des immenses blocs de granite.

Iles Similan
Snorkeling aux îles Similan
Coucher de soleil à Khao Lak

Ensuite, nous avons refait une petite escale dans la province de Krabi et plus précisément à Ao Nang pour saluer C&B de visite dans la région. Nous passons l'après-midi sur les deux plages de Tonsai et Railay, qui bénéficient d'un cirque karstique impressionnant (c'est également un célèbre spot d'escalade). Un bel après midi qui s'est conclu par un déluge soudain, mais pas dérangeant en maillot de bain !

Tonsai beach avec Bastien et Chloé

L'île de Phi Phi a été l'étape suivante. Située à 2h de ferry de Krabi, c'est un endroit aux multiples réputations : le centre de l'île est un repaire pour la jeunesse fêtarde tandis que les plages aux extrémités sont protégées de l'agitation par une épaisse jungle et abritent des resorts de luxe et d'un calme olympien. Enfin, l'île offre un camp de base idéal pour les amateurs de plongées. C'est cette dernière facette qui nous a attiré et nous avons pris contact avec François, un moniteur français, pour initier Marion et dérouiller Samy. Il nous propose de plonger tous les trois, dans un compromis idéal. Il faut savoir que les fonds locaux sont très peu profonds (presque toujours au dessus de 20m), il y a donc très peu de risques. Notre trio, Marion tenue par la bouteille et Samy en électron libre, s'immerge donc près de Koh Bida Nok après avoir réalisé les exercices de base. Quatre requins à pointe noire nous observent et s'en vont, quel début ! La suite de la première plongée a été plus classique et nous avons pu voir des barracudas, deux murennes, un immense banc de sardines jaunes (espèce inconnue pour nous), et une belle panoplie de coraux, poissons et étoiles de mer. La seconde plongée nous a régalé par la vue de quatre tortues peu farouches, que nous avons pu suivre un bon moment. Un canyon et un bon nombre de clowns ont complété notre expérience sous-marine thaïlandaise.

La plongée à Phi Phi

Enfin, pour conclure notre aventure dans ce magnifique pays, nous avons opté pour l'île sauvage de Koh Tarutao. Gardée par de paisibles rangers qui gèrent quelques bungalows et une cantine (pas de wifi et 4h d'électricité par jour), cette île nous a permis de nous reposer tant tout est calme et serein. Un peu de pluie ne nous a pas découragé à la découvrir à pied. Une belle randonnée nous a emmené jusqu'à une plage de ponte des tortues, sans que nous puissions en observer. Néanmoins, notre marche nous a permis d'observer la faune locale et notamment : des macaques, langurs, écureuils noirs, crabes terrestres, loutres, sangliers, aigles et calaos. Notre observation peu discrète a même permis de sauver la vie à un poisson-caisse gonflé et terrifié, pris à partie par une loutre amusée ou affamée. Le pauvre a pu survivre et s'en est allé en se degonflant comme un ballon de baudruche.

La faune de Koh Tarutao
Seuls au monde sur l'île Tarutao

Prochaine et dernière étape : la Malaisie et Singapour !

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Publié le 29 décembre 2016

Helo !

Après la Thaïlande, nous nous dirigeons vers le Sud et passons la frontière Malaise en mini-van. La possibilité de rouler à 110 km/h sur l'autoroute nous indique que nous entrons dans un pays très développé. Ici, point de scooter ou de deux-roues mais place aux automobiles sur-climatisées. De même, c'est dans une course effrénée aux nuages que se dressent les nombreux buildings. Les trottoirs ont retrouvé leur rôle initial et la nature perd son caractère sauvage pour être rationalisée (parcs, cultures, plantations immenses de palmiers à huile...).

La population est composée à 50% de malais, l'autre moitié étant formée surtout de chinois et d'indiens. Ce mélange ethnique se ressent à la fois dans la cuisine, la religion et les tenues vestimentaires, dans une harmonieuse cacophonie des cinq sens.

L'islam est la religion d'état de ce pays et le contraste avec la Thaïlande, qui possède toutefois une belle minorité musulmane dans le Sud, est immédiat. La communauté chinoise pratique majoritairement le bouddhisme et les indiens sont pour la plupart hindous. Dans une rue malaise, il est très fréquent de voir successivement une mosquée, un temple bouddhiste ou taoïste puis un temple hindou.

Culinairement, on distingue la cuisine malaise, très proche des mets indonésiens, de la cuisine Nyonya, à la croisée des influences chinoises et indiennes. Les plats sont toujours délicieusement épicés, souvent infernalement pimentés, et parfois étonnamment servis. Les chapatis et naans se trempent dans les currys indiens, tandis que le poulet frit accompagné de riz sauté (nasi goreng ayam) se déguste avec les doigts sur une feuille de bananier. Les soupes peuvent être d'inspiration chinoise, avec des nouilles comme le Laksa, ou bien indienne sous le forme d'un gruau au riz. Le durian est roi en Malaisie, mais nous lui avons préféré les subtils et sucrés Khui.

Après une dizaine de jours en Malaisie, nous débarquons sur l'île ultra-developpée de Singapour. Rivale de Hong Kong et fière membre des Dragons Asiatiques, cette ville-île marque par sa discipline urbaine et sa culture occidentale sous 35°C toute l'année. L'anglais est la langue nationale pour la population à large majorité chinoise (Hans). Dernière destination avant notre retour, Singapour a fait office de sas de sortie, à mi-chemin entre la culture asiatique et occidentale.

Vous trouverez un résumé de nos aventures malaises et singapouriennes dans cette vidéo :

Notre première étape en Malaisie fut l'île de Penang. Nous avons logé au centre de Georges Town, dans une petite guesthouse tenue par un chinois très sympathique, dans une ancienne maison coloniale. Le centre-ville est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et est constitué d'anciennes maisons avec des arcades, où il est très agréable de se promener lorsque les températures sont insoutenables sur le bitume. Le centre ville de Georges Town est également parsemé d'œuvres de Street Art dont le parcours constitue une insolite balade. La visite de la maison Peranakan est également impressionnante et permet d'observer de magnifiques collections d'objets anciens et d'œuvres d'art de style malais et chinois datant de la fin du 19e siècle. La cuisine de Penang est également reconnue dans toute l'Asie. Les restaurants proposent le plus souvent une unique spécialité qui fait sa renommée. Nous avons testé le Laksa au déjeuner, soupe de crevettes et de poissons, agrémentée de nouilles et délicieusement relevée. La cuisine indienne est également à l'honneur et terriblement pimentée, mais incontournable pour dîner. Le lendemain, nous nous rendons sur la colline de Penang par le funiculaire. La vue est magnifique au sommet, et nous décidons de descendre à pied! Grosse erreur, nous n'avions pas pris nos chaussures de marche, et les quelques 2000 marches à descendre en sandales nous ont données des courbatures pendant une semaine, durant laquelle monter et descendre des marches étaient une torture pour nos mollets !

Street art à Penang
Vue depuis la colline de Penang

Nous nous rendons ensuite dans les montagnes de Cameron Highlands, lieu réputé pour ces nombreuses plantations, qui, comme les touristes, profitent de l'air frais et plus sec lié à l'altitude. Etant donné l'état de nos mollets, nous renonçons à faire le trek prévu et choisissons un tour guidé pour visiter les plantations de Thé et l'usine de production locale Boh, les cultures de fraises que nous avons eu la chance de goûter, la forêt de mousse et une ferme de papillons, réservoir immense de papillons géants et autres curiosités. Nous nous rendons également au sommet du Gunung Brinchang, à 2000 m d'altitude (en minivan). Nos deux jours à la montagne ont également été l'occasion de manger dans deux restaurants indiens excellents (Singh Chapati et Sri Brinchang).

Plantations de thé à Cameron Highlands
Papillons et autres créatures
Panorama en haut de Gurung Brinchang et forêt de mousse

Nous quittons les montagnes et rejoignons Kuala Lumpur après 4h de bus. Si Penang était une introduction au monde urbain, la capitale malaise en est la quintessence. Hébergement des tours jumelles les plus hautes du monde jusqu'en 2004, nous arrivons dans un labyrinthe de routes, voies rapides, métro et skytrain, dont l'enchevêtrement de béton est déroutant, mais diablement efficace. Finies les interminables négociations avec les tuk-tuks et moto taxi, les transports sont ici bon marché et vraiment pratique. Notre première matinée est consacrée aux plateformes d'observations des tours Petronas, qui offrent un panorama à couper le souffle sur la ville et permettent d'en appréhender l'étendue. Nous poursuivons notre visite par une ballade dans le centre de la ville qui est étonnamment accessible à pied. Mosquées et temples ponctuent notre marche qui nous mène tantôt dans des centres d'affaires et parfois dans des parcs verdoyant. L'aquarium de Kuala Lumpur mérite une visite et propose notamment un bassin central, observable par un tunnel de verre. Enfin nous prenons le RER malais pour rejoindre les grottes de Batu, et leur sanctuaire Hindou. Nous profitons du week-end pour parcourir le marché de nuit, où nous pouvons déguster de nombreuses spécialités salées, sucrées ou les deux (notamment les fameux gâteaux de taro Kuih) !

Les tours Petronas
Vues sur Kuala Lumpur
Sanctuaires Hindous
Mosquées de Kuala Lumpur

Notre dernière étape malaise fut Malacca, au sud de la péninsule. La fin du voyage commençait à se faire ressentir et nous avons privilégié les balades ensoleillées et les dégustations de spécialités plutôt que les visites de monuments. Malacca est un ancien port de Malaisie depuis le 15e siècle et a longtemps été sous la domination du Portugal, puis des Pays-Bas et enfin de la Grande-Bretagne. Son passé colonial est encore bien visible, notamment dans l'architecture du vieux centre-ville et également avec la présence de plusieurs églises. En effet, nous avons pu visiter l'église du Christ et les ruines de l'église Saint-Paul sur la colline. Les soirs de weekend, un grand marché nocturne anime les rues du quartier chinois, et nous avons pu en profiter le temps d'une soirée, où nous avons goûté les délicieuses "popiah", crêpes fourrées de tofu et de légumes. Autre attraction à Malacca, les tuk-tuk à pédales décorés à l'effigie d'un personnage de dessin animé : pikachu, la reine des neiges etc... et qui roulent en mettant une musique enfantine assourdissante ! Les touristes chinois en raffolent !

Héritage Chrétien et Chinois à Malacca

Un court voyage en bus, conduit par un chauffeur un peu rude, nous mène à Singapour. Tout comme Hong Kong et Kuala Lumpur, Singapour est une ville verticale, les logements et bureaux forment une plantation d'immeubles sur cette île où chaque m² est dompté et soigneusement arrangé. Cet ville-état marque par sa discipline urbaine qui reflète un gouvernement particulièrement autoritaire, aux multiples interdictions et règles originales. Les ambiances sont aussi nombreuses que les quartiers : Chinatown et ses restaurants étoilés, Little India où l'on trouve des supermarchés ouverts 24h/24h ou encore le quartier musulman, qui abrite étrangement les boutiques hipsters de Singapour. La marina offre un environnement épuré et artificiel, mais qui envoute la nuit tombée par son ballet de lumière et d'eaux. Pour dîner, nous avons testé un boui-boui, récemment étoilé par votre guide préféré, qui propose une soupe de nouilles au porc en plat unique : nous avouons ne pas avoir été convaincus par le plat, goûteux, mais pas exceptionnel. Pour laisser une chance à Singapour de nous convaincre sur le plan culinaire, nous sommes retournés chez Din Tai Fung, accompagnés de Clémence et Nathan, pour apprécier leur dim sum, qui sont toujours aussi délicieux ! Au niveau de l'hébergement, nous avons fait le grand écart entre l'hôtel-capsule sans confort, et le somptueux Marina Bay Sands, formé de trois tours en haut desquelles trône une somptueuse piscine à débordement qui offre une vue sans équivalent sur Singapour.

Rues de Singapour
Nos repas à Singapour
Singapour le jour et la nuit
Piscine du Marina Bay Sands
Derniers instants du voyage

C'est ainsi que c'est achevé notre périple de 107 jours, et que nous avons rejoint la France, perdant au passage 7h, 35°C et 4h de lumière par jour; mais très heureux de tous vous retrouver.

Merci de nous avoir suivis et à très vite !

Merci à tous !