Un remboursement EDF non négligeable et me voilà donc envolée pour le Liban !
Mars 2009
7 jours
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20 Mars 2009. Aéroport Rafik Hariri. 1h du matin.

J'attends mon taxi, au milieu de tous les autres chauffeurs qui répètent inlassablement « taxi, taxi, taxi… ». Trop heureuse d’être ici, je ne cesse de sourire. La chanteuse Fayrouz et sa chanson « Ya Hawa », ma préférée du moment, retentit à fond. Comme un signe de bienvenue. Le taxi arrive, direction le quartier Achrafiyeh, où l'amie che qui je loge m’attend.

Je découvre cette ville à travers la vitre. Mes yeux sont écarquillés.

Beyrouth a été marquée par la guerre civile entre 1975 et 1990, ainsi que par les bombardements israéliens en 2006. Sans compter les nombreux atentats, dont celui qui a oté la vie à Rafiq Hariri, le 14 Février 2005. Depuis, Beyrouth est une ville en pleine expension. Des constructions de villas et jardins somptueux fleurissent de part et autre de la ville. Le hic, il est strictement interdit de prendre en photo ces belles maisons car elles sont destinées à des personalités importantes du Liban. Ducoup, il nous est uniquement possible de prendre les batiments démolis par la guerre … difficile de rendre compte de la beauté des nouveaux quartiers.

Les libanais (catholiques) tendent à occidentaliser leur pays, leurs us et coutumes et même leur langue ! Dans beaucoup de famille, on parle le français à la maison, ainsi les enfants sont tous bilingues. Leur apparence aussi change : le liban est connu pour ses petits prix en matière de chirurgie esthétique, les libanaises en profitent donc pour se faire refaire le nez, les pomettes, la poitrines,… tout pour paraître occidentales. Quel dommage lorsque l’on connaît la beauté « arabe ».

J’avais planifié mon voyage pour pouvoir faire la prière du vendredi à la grande mosquée de Beyrouth, la mosquée Al Amin (ou « Mosquée Hariri »). Si vous êtes pressés : sachez traverser à Beyrouth ! La première fois, j’ai mis 20 minutes. Après ce n’est qu’une question d’habitude : vous dites « Bismillah » (au nom de Dieu) et vous traversez en faisant signe avec votre main aux voitures.Si tout se passe bien , vous en sortez indemnes.



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[Le massacre de Sabra et Chatila a été perpétré du 16 au 18 septembre 1982 envers des Palestiniens du quartier de Sabra et du camp de réfugiés palestiniens de Chatilasitués à Beyrouth-Ouest. Selon les estimations, il fit entre 460 et 3 500 victimes. Les milices chrétiennes des Phalangistes avaient reçu pour mission de l'armée israélienne, qui encerclait la zone, d'extraire de Sabra et de Chatila les combattants palestiniens de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).Elles y pénétrèrent sans résistance et y commirent le massacre de la population civile durant 48 heures. Le massacre est présenté comme étant une vengeance de l'assassinat de leur dirigeant, le président libanais Bachir Gemayel quelques jours plus tôt.]


Je ne passe pas inaperçu ici. On m'alpague de tous les côtés. Un homme me voyant photographier un immeuble (dernière photo) m'explique de quelle façon les habitants y ont été exécutés en 1982.


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Si vous vous rendez un jour à Tripoli, vous ne pouvez pas rater le Khan Al Saboon, un caravansérrail transformé en fabrique de savons artisanaux. Vous trouverez forcément quelqu’un qui parle le français. Une jeune fille qui m’a aidé à choisir mes savons, tout en me ventant leurs bienfaits, avec son bel et fort accent libanais.

Laissez-vous emporter par ces savons colorés aux odeurs enhivrantes et aux formes arrondies.

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Je prend pour la première fois le « service » (taxi) seule : le but du jeu est de négocier le tarif avant pour ne pas se faire arnaquer. J’arrive à la gare et je demande le bus pour Saïda. Les bus n’ont pas d’horaires fixes, ils attendent qu’ils soient suffisemment remplis pour démarer. On peut dire que je ne passe pas inaperçue seule dans ce bus. Un vieux monsieur est à côté et répète (en hurlant) "Saida,Saida,Saida..." . On démare enfin.

Le jeune en charge de remplir le bus fait faire une halte au chauffeur devant une épicerie. Il revient et s’assoit sur le siège à côté de ma rangée, me tend un pain plat, rond, parsemé de graines de sésame. Il me tend également un petit sachet de Zaatar rouge. (Zaatar : épice libanaise ressemblant à l’origan, se retrouve aussi en Palestine).

La conversation s’engage alors avec lui, mais aussi avec deux jeunes derrière moi, puis un militaire qui était le seul à parler un peu français. Nous passons un moment à plaisanter. Celui qui m’a offert du pain fait rire tout le monde car, ne comprenant pas tout ce qu’il me raconte, il mime les gestes. Imaginez le en train de mimer les gestes qui veulent dire qui veut m’accompagner dans Saida pour veiller sur moi car il est fort! Et surtout il parlait en même temps, je ne comprenais pas tout mais les jeunes du bus riaient aux éclats.

Nous arrivons. Je marche un peu sur le littoral, je prend des photos, un enfant m’aborde, on parle un peu ensemble et je reprend ma route. Il me suit et me regarde prendre des photos. Saida a un très joli litoral : il y a des palmiers, du sables, des grosses pierres où viennent s’assoir les couples pour regarder la mer, … le seul problème : le littoral est très sale. Il y avait anciennement une décharge dans les environs donc la mer continue à ramener des dechets. Un plan de remise en état des plages est prévu depuis 2005 car cet endroit est considéré comme patrimoine de l’UNESCO.

Attirée par des cris d’enfants qui jouent, je me dirige lentement dans le soukh. En suivant ces cris je tombe dans une école pour enfant qui était anciennement un couvant français. Je me balade un peu dans l’école,puis je continue dans le soukh. Certains passage sont privés de lumière. Vous passez donc dans un endroit où vous devinez l’ombre d’un étalage ainsi que du vendeur, mais vous ne voyez pas ce qui y est vendu.

Un vendeur de patisseries m’arrête, il me fait goûter une se ses spécialités, une sorte de pate en forme de croissant garnie de noix … un délice. Il me montre fièrement des photos de lui avec la veuve de Rafik Hariri, et un président de pays d’Africain.

J’arrive sur une petit place, je suis attirée par un atelier de bois. Les sculptures que je vois me font penser à celles que faisait mon grand père. Je rentre, l’artisan et son épouse m’accueillent, un peu surpris mais très gentilment, je pose quelques questions et m’en vais. Sur la place, il y a des photos de martyrs palestiniens et libanais. Je ne les connais pas tous. Je demande donc à trois jeunes présents sur la place et qui me regardent. (Je suis d’avis que plutôt que de laisser des gens vous regarder avec curiosité, il est mieux d’aller vers eux et de discutter avec eux.) Ils m’expliquent qui sont les martyrs. Ils sont attirés par mon pendentif qui représente la Palestine, eux même sont palestiniens. Je parle un peu avec eux et continue ma route.

En me perdant dans les ruelles du soukh, des enfants m’abordent. Ils me demandent d’où je viens. Je vais les croiser plusieures fois dans le soukh, ils s’amusent à poser devant mon appareil photo.

Plus tard je rencontre d’autres enfants qui veulent me vendre du popcorn, lorsqu’ils me demandent de quelle ville de France je viens je leur dis que je viens de Lyon et vu que ce sont des garçons, je leur parle de foot et de l’OL.

Je continue ma balade, accompagnée des enfants. J'arrive devant une petite maison où de jeunes hommes se tiennent debout. Ils me demandent si je suis palestinienne, toujours par rapport à mon pendentif. Eux le sont palestiniens. Ce pendentif aura permis d'engager plusieurs fois la conversation avec les gens.

L’un d’eux m’invite à rentrer dans la maison devant laquelle il se tient. L’entrée donne sur un grand jardin. Au fond, j’apperçois des femmes et des enfants. Il doit y avoir 3 couples, jeunes, la 20aine je dirai. Tous ont déjà 2 ou 3 enfants. Ils m'invitent à boire un jus de fruit dans leur petit salon, j’arrive à échanger avec eux. J’ai avec moi le petit futé où certains mots sont écrit en arabe phonétique. Je réussi à me faire comprendre tant bien que mal.

J'entends un bruit de pas, puis la voix d’un vieux monsieur. J'entrevois sa silhouette à travers les barreaux de la fenêtre. Le jeune me dit que c’est son père. Le monsieur rentre dans le petit salon, mais je n’ose pas le regarder par pudeur, mais aussi parce qu’il m’intimide. Il ne reste pas longtemps. A un moment, je demande au jeune si il avait déjà vu la Palestine, il me dit que non, mais que son père lui était en Palestine et qu’il s’est fait chasser à la Nakba (mot arabe qui veut dire « catastrophe », la Nakba marque le début de l’invasion israélienne).

Je serai bien restée mais j'ai encore des choses à voir et malheureusement, ma conversation est limitée. Je les remercie infiniment et leur dit que je dois partir. Ils me disent que si je reviens à Saida, je reviens chez eux. J’espère non seulement y revenir, mais y revenir en parlant arabe courament


Heureuse d’avoir connu cette famille, je pars en ayant qu’une idée en tête : aller à la grande mosquée de Saida dont on m’a venté la beauté. Je marche dans le soukh, je demande à chaque fois (en arabe s'il vous plaît) où se trouve la mosquée. Un coup on me dit à droite, un coup à gauche... finalement, je demande à une femme qui elle demande à un jeune de m’accompagner. Je le suit, on passe par une ruelle en travaux, je passe sous des échafaudages, sous les étincelles des scieuses des ouvriers. Nous arrivons devant la mosquée. Un grand batiment en vieilles pierres jaunes. Magnifique.


(Mon appareil photo décide à ce moment là de m'abandonner, d'où la mauvaise qualité des photos).

Nous arrivons devant la porte. Le jeune a l'air confus, les portes de la mosquée sont fermées. Je le rassure en lui faisant comprendre que ce n’est pas grave, que je prierais à Beyrouth et que je me contenterai de prendre des photos de l’extérieur. C’est un peu le bazar. Il me parle, des jeunes en face, tous installer en ligne devant le mur, fumant leur narguilé, nous parlent de loin, un vieux monsieur arrive, je ne comprend rien mais je vois qu'il veut m'aider, tout le monde s'agite pour la petite blonde.

Je prend donc des photos, sous les regards curieux des jeunes qui fument. Le vieux reviens vers moi, il a une démarche particulière. Il boitte et son corps se balance vers l’avant à chaque pas. Il vient vers moi,brandissant fièrement une clé dans la main. A ma grande surprise, il m’ouvre la porte de la mosquée. Je me sent honorée.

Je le suis,comme une petite fille suivrait son grand père, sur la pointe des pieds. Il est silencieux et arbore un air sérieux.

Nous passons le grand portail d’entrée, nous arrivons sur une cour, puis devant une grande porte en bois. Il l’ouvre, nous nous dirigeons vers la salle de prière mais avant, je dois faire mes ablutions.

Il attend que je fasse mes ablutions, tout en me félicitant quand j'effectue les bons gestes, puis m’accompagne à la salle de prière. A chaque fois qu’il veut me montrer quelque chose, il me le montre du doigt en me faisant un petit signe de la tête, toujours l’air sérieux et très respectueux à la fois. Parfois il me dit un mot ou deux, avec sa grosse voix et son arabe que je ne comprend pas. Au départ, il me montre l’emplacement pour les femmes qui se trouve dans la petite cour à l’extérieur de la salle de prière. Mais il change d’avis et me fais rentrer dans la salle des hommes, un honneur de plus.

Je découvre cette jolie salle de prière, avec ses tapis, ses vitraux, ses pierres. Il me m'indique) toujours avec son doigt) où prier. Mais il change encore d’avis et me fais prier dans le minhbar, c’est à dire l’emplacement où prie l’imam. C’est donc heureuse, honorée et émue que je prie.

En priant je voyais ce petit vieux, grand à la fois, qui marche lentement et en boitant dans la mosquée en attendant que je finisse ma prière.

Je fini et me dirige vers lui. Il me fait un premier geste avec sa main qui veut dire « fini ? », puis me fais un autre geste qui m’incite à prendre des photos de la mosquée. Il me montre à chaque fois ce que je dois prendre en photo. Puis nous sortons, il veille à ce que je remette bien mes chaussettes et mes chaussures , puis me fais prendre des photos de l’éxtérieur.



L’envie est trop forte, il faut que je le prenne en photo. Je lui demande alors en français : « je peux te prendre en photo?parce que tu as un visage Masha ALLAH ! », et la j’apperçois ses pomettes qui sortent de son visage et ses yeux s’étirer. Tout son visage s’illumine avec son sourire. Il prend la pose.

Je lui montre le résultat de la photo et ça a l’air de lui faire très plaisir. Nous prenons le chemin pour sortir de la mosquée, il la referme à clé, il se retourne vers moi, et toujours d’un seul geste et d’un air sérieux me dit au revoir. Je le salue, je salue les jeunes qui fument le narguilé, et je pars.

Soudain, ça me revient à l'esprit. Ce vieux monsieur qui boîte, avec sa grosse voix, qui a ouvert la mosquée spécialement pour moi et qui m’a fait prier dans le minhbar, je comprend qu'il s'agit du père du palestinien chez qui j’ai bu un jus de fruits plus tôt dans la journée. Ce père de famille, dont la voix m’avait intimidée. Celui qui m’a ouvert la mosquée et le même qui s’est fait chasser de son pays, la Palestine.

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Encore à Beyrouth, j’ai rdv à 9h chez le coiffeur. Son heure de retard, ainsi que son air pas frais, genre j'ai fait la fête toute la nuit, ne me rassure pas mais bon, je suis faible et je ne dis rien. Mes ongles restent plantés dans ma chaise pendant toute la séance de peur qu’il me loupe. Finalement, il me fait une jolie coupe que je n’ai pas payé très cher. Après avoir passé 20 minutes à me faire un super brushing, je sors du salon et une rafale de grêle me tombe dessus ! C’est ça le Liban : il pleut, vente, grêle et fait très beau dans la même journée.

Je prend un « service » (taxi) et me dirige à la garre routière pour aller à Tyr. Je dois faire escale à Saida pour prendre un autre bus. Des chauffeurs de taxi privés essaient de m’arnaquer pour que je monte avec eux et veulent me faire payer 8000 livres libanaises, un trajet qui en coute que 4000 en bus. De plus, je préfère voyager dans les bus pour rencontrer des gens.

Lors de mon escale à Saida je retourne à la mosquée où j’avais déjà prié. Ensuite je prend un bus pour Tyr. Si j’avais parlé courament arabe je serai retournée voir la famille qui m’avait accueilli la veille.

Je prend donc mon bus pour Tyr.Je fais la rencontre d’un Palestinien naturalisé américain avec qui on discutte un peu et me donne son point de vue sur la solution du conflit : il pense que dans un premier temps il serait préférable de faire 2 etats distincts, et que dans le futur ils se fusionnent pour former qu’un état.

Nous arrivons à destination, je me trompe et descend avant la vieille ville. Le palestinien du bus me dit que je suis descendue au niveau d’un camps de réfugié et qu’il me suffit de longer le littoral pour arriver dans la vieille ville. Encore une fois, je me prend au jeu de prendre en photo les portraits de Yasser Arafat et des photos à l’éphigie de religieux chiites.

J’arrive dans le soukh, je me perd dans les ruelles comme j’ai fait à Saida. Je trouve que Tyr a beaucoup moins de charme que Saida,je ne trouve rien bien d’interessant dans le soukh, ni à voir ni à regarder.

Je demande à une passante où se trouve la mosquée, elle arrête un homme et lui demande de m’y amener. Il avait l’air pressé mais m’accompagne, il me demande même si je veux une mosquée sunnite ou chiite.

On arrive devant la mosquée et il me dit (du moins je crois) que je ne peux pas prier dans cette mosquée car il n’y a pas d’endroit prévu pour les femmes. Mais il me dit une autre phrase où je comprend certains mots, dont « Salli,beit,mama » : « prière maison maman ». J’hésite deux seconde et je me lance, je le suit pour aller prier chez sa mère. Nous arrivons devant une maison et en ouvrant la porte je vois plusieures femmes avec des enfants tout autour. J’ai un peu l’air d’une extraterreste blonde qui pénètre dans la maison mais je suis très bien accueillie. Pendant que je fais mes ablutions, une des femmes me pose plein de questions dont « es-tu mariée? ». Je ne comprend pas tout ce qu’elle me dit mais une chose est sure, je suis morte de rire! Les enfants s’ammusent de ma présence, ils regardent mes sacs, mon écharpe, comme si mes objets venaient d’une autre planète.

Je prie dans une chambre où dort un petit bébé de à peine 2 jours ! Les enfants me suivent dans la chambre mais se font vite chasser par une des femmes. Seule une petite fille arrive à rester dans la chambre et me regarde prier. Lorsque je fini, je retourne dans le salon et une des femmes, Wafa, me fait assoir sur un fauteuil.

Je suis incontestablement l’attraction de la journée. Les enfants se mettent autour de moi et me posent des questions, j’en comprend certaines mais plusieures m’échapent. Ils sont tous excités et sotillent de partout, me touchent, me serrent la main, … les femmes aussi me posent des questions, celles que tous les libanais vous posent : comment tu t’appelles ? t’es mariée ? t’as quel âge ? tu viens d’où ? t’es mariée ? t’es pas mariée ? tu te marie quand ?(!!!).

Elles me posent le thé et une cigarette. Les femmes au Liban (comme dans d’autres pays arabes), voilée ou non, fument. Les plus jeunes ne fument pas dehors contrairement aux plus vielles. Je leur dit qu’en France, on ne verrait jamais une femme voilée fumer, contrairement au Liban. Il y a en tout 5 femmes : 3 soeurs dont une mariée à l’homme qui m’a accompagné dans la maison (je crois qu’il se nome Ahmad), la maman et une autre, peut etre une voisine ou cousine. La mère me fait rire, elle n’est pas très vieille, a une grosse voix qu’elle utilise contre les enfants.

J’aimai beaucoup la regarder. car on décèle dans son regard du vécu, des épreuves, qu’elle arrivait masque habilement sous un sourire espiègle.


Ahmad et son épouse m’invitent à aller chez eux. Je fais connaissance d’un autre jeune couple. On discutte, les enfants s’ammusent avec moi et me font manger des tiges de pis en lis. Ne connaissant pas ce met, je pense d'abord qu'ils me font une blague en voulant me faire manger des fleurs . Je dis à la petite qui m’en donne « tu te moques de moi avoue !mange toi! », ducoup elle croque dedans. Je me lance et mange cette tige. Il s’avvere que la tige de pis en lis a un goût délicieux, à la foi sucré, acide et amer.

Ahmad me fait comprendre qu’il faut partir car sinon je n’aurais plus de bus pour Beyrouth.

Je prend quelques photos, dit au revoir à tout le monde, et pars avec la tête plein d’images et de souvenirs.

Je suis Ahmad qui doit me raccompagner à la garre routière.On sort du soukh et il m’emmene dans un cimetière! Quelle drôle d’idée me diriez vous, mais il tient à ce que je le visite. Ici reposent des martyrs, il me raconte l’histoire de certaines tombes. Dommage, je ne comprend pas grand chose, mais j'apprécie le partage. Le cimetière est très beau : dans les cimetières musulmans, les tombes sont blanches et les inscripitons simples en noir. Loin de nos tombes exagérées occidentales, énormes, en granite, … Le cimetière donne sur des ruines qui elles même donnent sur la mer.

Un homme récite du Coran dans le cimetière, un autre visite les tombes. Je me rend compte que finalement, tous ceux qui son partis sont connus par tous. Peu finalement sont morts de vieillesse …

En sortant du cimetière, il me montre un scooter et je comprend par ses gestes que lui va conduire et que moi je me mettrai derrière afin qu’il me ramène à la station de bus !

J'ai un petit moment de doute, mais j'ai confiance en Dieu.

Nous arrivons devant un restaurant, il veut emprunter le scooter de son ami. Depuis le resto je vois la station de bus et de taxi. Toujours mal à l'aise et pas confiante de partir avec lui en scooter, je lui dis que les bus pour aller à Saida puis Beyrouth sont la bas. Il laisse le scooter et marche avec moi en direction des chauffeurs mais je voyais sur son visage que quelque chose le dérangeait. Je l’arrête et lui demande ce qui ne va pas. Il me dit que ces chauffeurs sont « not good ». Mon appréhension s'envole alors. Je le regarde et je lui dis « si eux not good et toi good, je viens avec toi mon frère ! ». Je sentais que je devais le suivre. Je monte avec lui et pendant le trajet, il me dit que les chauffeurs de cette station passent la journée à boire de l’alcool et à fumer du hachiche, c’est donc pour ça qu’il ne voulait pas que je prenne le bus la bas et qu’il a tant insisté pour m’accompagner à une station qui se trouve être un peu en dehors de la ville.

Mon trajet en scooter était peu banale, j’ai dabord profité de rouler sur la corniche avec l’air frai sur le visage, ensuite nous avons fait je ne sais pourquoi plusieurs tours du même quartier, peut être pour me montrer ? Nous allons à fond dans les ruelles du soukh, une vraie expérience.

Après avoir prit un peu d’essence nous arrivons à la station, il me dépose devant le bus, je le remercie infiment et il part.

Je retourne donc à Saida puis Beyrouth, dans ce bus où les gens fument et me regardent en se demendant si je me suis perdue …

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Au Liban, se nourrir ne coute vraiment pas cher. Et c'est très bon.

Coup de cœur pour cette chaîne de fast-food libanais ZaatarwZeit