Road Trip coloré de Mendoza à la Laguna brava

15 jours de Mendoza, capitale des vins, aux Andes Argentines. Par les parcs incroyables d'Ischigualasto, Talampaya et de Laguna Brava. Dinosaures, roches plissées et multicolores sont au rdv !
Du 4 au 16 septembre 2017
13 jours
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Nos amis venant de Montréal récupérés avec joie, nous voici 4 partis à l'aventure !! Si il y a bien un trajet à effectuer en bus et de jour, c'est celui de Santiago vers Mendoza. La ligne de chemin de fer étant abandonnée depuis 1980, c'est aussi le moyen le plus économique... Mais surtout, pendant la plupart du trajet on se retrouve à cheminer péniblement au travers des Andes sur la fameuse route 7 !

Côté Chilien, on enchaîne rapidement une série de virages vertigineux en épingles qui n’empêche pas les conducteurs (et même de poids lourds) de se doubler !

Quasiment arrivés au col, voici la douane. Nos visas d'entrée sont rapidement ajoutés sur les passeports pendant que les sacs se font scanner. On a même le temps d'acheter un petit sandwich en attendant... Avant de repartir, le chauffeur récupère les pourboires pour les gardes qui se sont occupés de sortir et re-charger nos sacs ! Malins ces Argentins 😀.

S'en suit une sorte de zone tampon où ne nous sommes ni au Chili, ni en Argentine... Les deux postes frontières ne sont pas voisins et ça tombe bien. Depuis la guerre des Malouines (où les Chiliens ont aidé les Anglais), il reste quelques tensions entre les deux pays ! D'ailleurs partout en Argentine on retrouvera des panneaux énonçant: "les Malouines sont Argentines".

Côté Argentin, nous voilà sur les hauts plateaux Andins longeant rivières asséchées et sommets aux teintes rouge, ocre à kaki. Sans oublier les cimes enneigées en toile de fond. Et oui le col que nous passons est à 3200m ! Donc si vous avez des difficultés à respirer c'est normal...

Vient le Puente del Inca (pont naturel à la forme étrange), qu'on a juste le temps de voir du coin de l’œil, puis nous voilà dans le parc de l’Aconcagua. On l'aperçoit de loin, le fameux toit de l’Amérique qui avoisine les 7000 mètres !! On regrette de ne pouvoir s'arrêter... car non loin de là se situe le Christ rédempteur d'où la vue est parait-il saisissante. Il symbolise la paix entre ces deux nations. En effet, cette route utilisée par les premiers indigènes, fut le lieu de passage au XIXe siècle des armées qui libérèrent le Chili des Espagnols. Les Chiliens et Argentins se sont souvent querellés (et continuent) pour leur frontière commune longue de plus de 5000 km !

Les copains récupèrent du voyage... 

- Bus de Santiago à Mendoza: départ de Los Heroes, 6h30 de trajet pour 27€ par personne.

Pour réserver les bus sur ce continent on a utilisé : Recorrido.cl , Plataforma10 et BusBud

Partis à 9h30, nous voilà à 16h à Mendoza. On dépose rapidement nos sacs à l'auberge pour visiter la ville. Direction la Place de l'indépendance et le parc environnant pour se dérouiller les jambes. La ville est composée de blocs centrés autour de cette place principale, mais aussi de 4 places plus petites, c'est bien géométrique tout ça. En 1861, une grande partie de la ville fut détruite à la suite d'un tremblement de terre puis reconstruite totalement... Étonnés par la quantité d'arbres bordant les rues (dans un endroit si aride), on apprendra que la ville a été bâtie sur le trajet de la rivière Mendoza, prenant sa source dans la Cordillère des Andes. D’ingénieux barrages et canaux (le long des trottoirs) ont été conçus irriguant directement arbres et plantes grâce à la fonte des neiges.

Grâce à ce système d'irrigation et aux températures clémentes toute l'année la réussite viticole est aussi au rendez-vous ! En effet, pour tout amateur de vin, la province de Mendoza est un arrêt indiqué... Direction donc la commune limitrophe de Maipu (par le bus n°171) riche en bodegas (vignobles) . Notre aubergiste nous a recommandé un loueur de vélo juste à coté de l'arrêt de bus, facile. Un rapide tour de nos montures et c'est parti pour le pédalage sous la chaleur matinale. On sent tout de suite les habitués, nos amis Cécile et guillaume ne se déplaçant qu'en vélo à Montréal...

Midi approche on cherche donc un casse-croûte, et l'expérience va être pleine d'enseignements ! Primo: ici pas de snack ou resto, on est pas loin du no man's land de la nourriture sur le pouce. Segundo: lorsqu'on trouve une épicerie, pas de problème ils peuvent nous faire des sandwichs, mais à base de pain bien dur, de fromage en bloc pas ragoûtant et éventuellement de salami ou autres charcuteries bien industrielles. Bref on est pas difficiles, mais on sens que niveau nourriture ça va pas être simple dans les coins perdus 😦

Normalement le but est d'effectuer une sorte de circuit en visitant plusieurs vignobles, on commence par celui de Vina del cerno, une exploitation Bio s'il vous plait.

Après une visite de l'exploitation et des caves, vient la dégustation de Malbec, Syrah, Merlot, Champagne et Blanc sauvignon. Vu qu'on a pas été très matinaux, la visite se termine en milieu d'après midi, et elle fut bien arrosée... On renonce à découvrir d'autres vignobles pour aujourd'hui. On aura tout le loisir d'essayer d'autres crus pendant les 10 jours dans la région. Coupant à travers des champs plutôt secs (normal en cette saison) on attrape le bus n°10 pour retourner en ville.

Rebelotte on traverse le centre avec ses nombreuses boutiques et des magnifiques veilles demeures barricadées. Puis gagnant l’extrémité ouest de la ville, nous voilà au Parc San Martin, immense étendue où de nombreux Argentins viennent se balader à l'ombre des arbres. Une petite ascension en haut de la colline Cerro de Gloria permet une vue panoramique sur l’ensemble de Mendoza.

En bas: entrée du Parc San martin 

Arpentant la rue Aristedes Villanueva, principal repère des bars et restaurants, c'est difficile de faire un choix... Finalement on atterrit dans un resto typique Argentin, repas pas mal, on paye l'addition et continue a discuter... Au moment de partir, le patron visiblement gêné vient nous voir pour savoir comment s'est passé le repas: il y a un problème, le service ne vous a pas plu ? Non non on lui répond, c'était très bien. Mais on voit bien sur son visage qu'il y a un souci. Il nous explique qu'ici le pourboire n'est pas compris dans la note, 10% c'est la norme sauf si on a vraiment pas apprécié le serveur, bref on se marre en lui expliquant qu'on n'en avait aucune idée. Tout le monde se relaxe, on rajoute le pourboire en rigolant, et le patron nous offre des bon de réduc pour la prochaine fois. A la revoyure !

- Nuit à Mendoza à l'Auberge Windmill: 55€ pour 2 nuits pour 4 avec petit déjeuner, auberge très sympa et cosy avec terrasse sur le toit.

J3àJ4

C'est le jour du départ, notre voiture de location réservée via internet chez Cactus, il ne reste plus qu'à aller la chercher. Bon il ne sont pas cher mais on ne vous les conseille pas forcément... dès le départ les pneus sont quasiment à plat ! On fait rapidement demi-tour et l'employé de l'agence qui venait de vérifier le véhicule nous propose sans s'excuser d'aller les gonfler à la station la plus proche, merci on s'en sortira tout seul.

- Location de voiture chez Cactus Mendoza: 347€ pour 11 jours à 4 (soit 15,70€/jour/personne).

Après un arrêt station service donc, et quelques courses on file vers le Nord en direction d'Uspallata avec le magnifique sommet de l'Aconcagua en toile de fond. Sur le chemin, on s’octroie une belle pause photo dans le vent à la retenue de Potrerillos, qu'on avait aperçue en passant en bus. C'est un splendide lac turquoise niché dans des roches ocres au milieu des montagnes.

Plus loin, on déjeune tardivement à El rancho où les garçons testent leur premier assado. L'assado c'est la religion d'Argentine ! Ils t’amènent un espèce de barbecue portable (avec différentes sortes de morceaux de viande) en bout de table et sans accompagnements.... vive l'odeur (pour les végé) ! Oui, Ici si tu demandes de la viande, tu as de la viande, rien de plus 😀 Les gérants trop mignons sont amoureux de la France et viennent tout fiers nous montrer une reproduction miniature de la tour Eiffel qu'ils ont dans leur restaurant !

Les paysages se font de plus en plus sauvages et grandioses, au fur et à mesure qu'on s'éloigne de Mendoza. Bifurquant à l'Est d'Uspallata, sur la 13 une piste sableuse, on arrive en vue du Cerro siete colores.

Là on a vraiment plus l'impression d'être sur notre planète tant les formes des montagnes et leurs couleurs sont particulières... On grimpe au plus haut possible des collines pour un panorama incroyable sur la région.

Coucou les Andes et l'Aconcagua ! 

Non loin de là, on tente le Cerro Tunduqueral, parc géologique avec de nombreux Pétroglyphes, mais qui est déjà fermé... Cependant la vue dans ce coin là vaut le petit détour.

Toujours plein Nord, l'état de la route ne va pas en s'arrangeant ! Majoritairement un amas de graviers rectiligne qui court à perte de vue, en slalomant entre les nids de poule quand ce n'est pas des cratères !.... c'est bruyant et pas très confortable, mais s'il y a trop de confort, où est l'aventure ?

Puis la RN 149 en direction de Barréal, redevient de velours et on a la joie de croiser un troupeau de Guanacos. Ce sont des Camélidés sauvages endémiques d'Amérique du Sud.

Au bout de la route on découvre le lac asséché de la pampa d'El leoncito National park. La journée, il servirait pour des courses de chars à voile... On se croit seuls sur Terre en s'y garant pour le coucher du soleil. On ne peut que vous recommander d'y être à cette heure là !

Finalement arrivés à Barréal, il faut passer un contrôle sanitaire, selon les provinces on a le droit ou pas d'importer des fruits et légumes (ils ne sont pas très virulents, sur nos 4 passages: 1 seul contrôle !). Passage habituel par l'office du tourisme pour trouver un logement pour la nuit, oui pas d'affiches ni d’hôtels voyants, ici c'est plutôt chambre d'hôte et il n'y a pas beaucoup de choix... Les 2 premiers sont complets et le troisième ne nous inspire pas... On échoue donc à la sortie de la ville au superbe Complejo rios, bâtisse avec baie vitrée et plateforme supérieure (bon paye ta localisation !).

Entre temps, on a la joie de s'apercevoir qu'un pneu est complètement à plat, ce sera donc notre première visite à la gomeria (spécialiste de la gomme vous aurez deviné) locale, la première d'une longue lignée...

Le pneu réparé, on se dépêche de gagner rapidement les hauteurs et l'observatoire astronomique CESCO. Bien qu'en retard, il nous accepte et quelle beauté ! Malgré la présence de la lune on arrive à voir Jupiter, Saturne, la croix du Sud,... au télescope (pas l'énorme de l'observatoire mais un "petit" télescope situé dehors). Plus grand observatoire d'Argentine, il profite ici d'un ciel sans pollution lumineuse, pollution tout court et sans nuages (environ 300 jours par an !).

En retournant à la voiture un beau renard s'approche de nous et reste là un moment à nous observer...

Le lendemain, surprise, on s'aperçoit qu'il y a un troupeau de Lamas à côté de la maison !!! Ce sont les premiers que l'on voit.

Minute culture: Les Lamas (domestiqués) sont les descendants des Guanacos (sauvages), qu'on a croisé la veille... On verra plus tard les autres Camélidés que sont les Vicunyas et Alpagas (voir petit schéma en dessous).

En bas à droite: notre logement 

Après le petit déjeuner (attention avis aux végétariens: les Argentins mettent même de la viande séchée dans le pain du petit déjeuner, Maëlle fut ravie...) on retourne au parc national de El leoncito. Le garde est très sympa et nous conseille d’effectuer une courte rando vers la cascada El rincòn. Dès qu'il y a un peu d'eau, on croise des arbres d'un vert intense et des drôles algues rouges le long des berges.

La cascade n'a rien d'exceptionnel en soi mais le panorama est pas mal. On doit juste faire attention à ne pas trop se disperser car nous sommes sur la terre des Pumas... Seul un rapace s'approchera de nous, se met à nous survoler, se pose, puis finit par lancer sa proie vers nous, on en reste scotchés !

En quittant le parc, quel magnifique vue sur le lac asséché brillant sous le soleil ! Un peu plus loin on croisera un Nandou (sorte d'autruche) sur le bord de la route.

A droite: un Nandou caché dans les brousailles 

On quitte cette vallée, le road trip se poursuit vers l'Est par Calingasta en direction de la région de San juan. Bon, petite colucherie qui aurait pu nous coûter cher... En suivant la carte de maps.me, on se retrouve sur une piste de graviers où l'on manque de s'enliser à chaque instant.... Guillaume bataille, transpire et est forcé de faire demi tour... mais pour cela il nous faut aplanir les côtés de la piste en aire de retournement à la force de nos pieds... On a eu chaud ! Youpee on s'en sort et on se récompense d'une glace au bord du lac Dique de Ullum qu'on atteint finalement par la route principale et non par ce satané raccourci...

Les environs de San juan sont assez mortifères et délabrés, on se demande comment les gens arrivent à vivre au milieu de ces terres arides, sableuses et pleines de déchets... On apprendra plus tard que cette région d'Argentine est la plus pauvre du pays. Bref c'est un peu déprimés qu'on tombe sur notre logement du soir qui est aussi très vétuste, on a l'impression de débarquer chez un vieux célibataire qui n'a jamais fait le ménage...

Bon 2 bouteilles de vin argentins plus tard et quelques jeux de cartes, on se sent beaucoup mieux ! Décidément il est bon le vin dans ce pays 😀

- Nuit à Barréal au Complejo rio los patos: 700 pesos pour 2 avec petit déjeuner, endroit magnifique et lamas au réveil !

- Nuit à San juan à l'Hostal Zonda: 700 pesos pour 4, on ne vous le conseille pas forcément...

J5

Après quelques courses, on s'enfonce dans le "désert" pour rendre un hommage à la Difunta Correa. Sanctuaire complètement démentiel (pour nous Européen) dédié à une sainte.

Il va falloir passer par une petite page d'histoire...

En 1816, l’Argentine proclame son indépendance face à l’Espagne. Mais pendant les 40 ans qui suivent, partisans de l’autonomie et défenseurs de la concentration des pouvoirs à Buenos Aires s'affrontent. Vers 1840, Baudilio Bustos est enrôlé de force dans l’armée fédéraliste. Craignant pour son mari, Deolinda Correa décide de suivre les troupes au milieu de ces territoires arides. Dans ses bras elle tient une bouteille d'eau, quelques vivres et leur nouveau né...

Deolinda fut retrouvé morte mais miraculeusement son enfant est encore vivant accroché à son sein. Elle est enterrée là, sa tombe surmontée d'une énorme croix. Puis, des bergers ayant perdu leurs moutons, les retrouvent sains et saufs après avoir prié sur sa tombe. La nouvelle de ces miracles se propage...

Cinquante ans plus tard, un célèbre gaucho Argentin est pris dans une tempête alors qu'il conduit 500 têtes de bétail vers le Chili. Se rendant à la tombe de la Difunta Correa, il l'implore de sauver son troupeau et promet en échange de lui ériger une chapelle à la place de cette simple croix. Au matin pas une seule bête ne manque... Il reviendra donc et tiendra parole.

De nos jours, la légende de la Difunta Correa s’est propagée dans toute l'Argentine même jusqu'au Chili. Et son tombeau est devenu un véritable sanctuaire et une petite ville a poussé autour. Des chapelles s'amoncellent dédiées à différents corps de métiers comme les routiers, sportifs, policiers,... mais aussi pour des événements comme les mariages. Des milliers de personnes viennent lui demander aide et protection, puis retournent la remercier lorsque les faveurs sont accordées.

Certaines personnes y viennent en pèlerinage à pied ou gravissent les marches sur les genoux ! On est complètement estomaqués par l'amas d'offrandes, de pièces de voiture, d'huile de vidange et des milliers de bouteilles d'eau censées étancher la soif de la Difunta en lui permettant de continuer son voyage...

On déjeune sur place, choisissant au hasard au milieu de la dizaines de restaurants intercalés entre les boutiques de souvenirs...

Nous voilà finalement à San agustin de valle fertil en passant par le Parque naturel provincial du même nom. C'est un village aux pieds des montagnes de 4 000 habitants, où la plupart des habitants vivent de l'artisanat, l’élevage et l’agriculture. Comme de bien entendu on passa tout d'abord par l'office du tourisme (qui sont très bien fait en Argentine) pour avoir des idées d'hôtel et se renseigner sur les balades dans le coin.

C'est décidé pour une promenade au milieu des cactus, en traversant le rio, à la recherche des peintures rupestres et anciennes ruines typiques des peuples indigènes de la région (piedra pintada et vestiges pueblo morelos).

On termine ce petit tour par les bords du lac artificiel dans la douceur du soir, avant de retourner à notre auberge.

- Nuit à San agustin de vallee fertil à l'Eco hostel: 690 pesos pour 4.

J7àJ8
maté

Ce matin il fait grisounet et pluvieux, on traîne en testant LA boisson d'Argentine: le maté (Yerba mate). Infusion nationale (contenant de la caféine), consommée au départ par les Indiens Guaranis, puis par les Espagnols qui en firent du commerce. Maintenant répandue à tous les pays d'Amérique du Sud (et au delà), elle est la boisson la plus consommée en Argentine. On verra partout des locaux se balader avec leur thermos, tasse (ou calebasse) et aspirer le maté à l'aide d'une bombilla (paille filtrante en métal).

Minute santé (y a t-il des médecins ou infirmiers dans la salle 😀 ? ): Le maté est un stimulant du système nerveux central, cardiotonique, diurétique et augmente la glycolyse et la lipolyse. (merci Wikipédia).

Notre linge étant enfin prêt à la laverie: en avant pour Chilecito dans la province de la Rioja ! (270km plus tard, en passant par la 150 et 74).

A droite: un des multiples autels à la gloire de la Difunta correa qu'on trouve au bord de route ! 

Notre pause déjeuner se fait dans un bled paumé du nom de Patquia, où on se restaure d'un sandwich mou et insipide au bord de route, avec comme spectacle chiens errants et voitures de la gendarmerie aux occupants en pause repas comme nous... ça fait rêver 😀😀

Arrivés à Chilecito, on visite le monument national qui en fait sa renommée, une gare d'un genre particulier... C'est le terminus d'un des téléphériques les plus grand au monde: 35km de long, 9 stations et 262 pylônes ! Remplaçant les mules, au début du XXe s, il permettait d'acheminer cuivre, or et argent des mines situées à plus de 4600m d'altitude jusqu'à Chilecito à seulement 1000m au dessus de la mer ! Puis les minerais étaient chargés sur des wagons en direction de Buenos Aires.

En fin d'après midi, on arrive à notre charmant hôtel bungalow avec piscine ! Bon malheureusement on se caille trop en cette saison pour en profiter.... C'est aussi notre première rencontre avec un argentin à l'accent tellement fort qu'on se comprend difficilement. On avait déjà expérimenté les différences de prononciation typique aux Argentins, mais là c'est costaud... bon une fois que tu as compris que certaines sonorités sont remplacées par le son "chhhh" ça roule ! 😉

Le lendemain, sur les conseils de notre hôte, on explore le bout de la piste passant devant notre logement, en surplombant le Rio Amarillo (en Argentin ça devient donc "Chio amachillo" !?#%* ).

Une courte marche plus tard, nous voilà à la jonction entre le Rio Amarillo (jaune en espagnol) et le Rio Blanco (blanc), ce qui donne une teinte très particulière à ce mélange... Bon suite à de fortes pluies en aval, la différence de couleur n'est pas évidente... on vous met une photo qui le montre dans son état "normal" 😀

Gagnant les hauteurs de la ville, on visite l'Estaciòn II de la Mina la Mejicana, située à 1500m d'altitude et à 9km de la ville. Le panorama d'ici est absolument incroyable sur toute la vallée, de l'autre côté on aperçoit le rio amarillo.

Un petit musée retrace l'histoire de la Mine et on navigue entre wagons et câbles rouillés. On apprend que 2500 personnes travaillaient dans cette mine, majoritairement Chiliens, car bien plus pauvres que les Argentins à cette époque.... d'où le nom de Chilecito, "le petit Chili". Evidemment les conditions de construction et d'exploitation furent épouvantables avec en bonus le mal des montagnes (soroche) en travaillant à 4600m ! La mine fut fermée en 1953, déjà plus rentable avec les changements de lois sociales...

 A droite un bel exemple de voiture bricolée à l'Argentine 😉

Les yeux vers l'horizon, on a du mal à discerner le départ du téléphérique perdu tout là haut dans les nuages occultant une partie de la chaîne de montagne de La Fatamina.

De retour en ville, (après encore quelques photos sur la route...) Aymeric et Cécile teste une "Napolitana" en pensant qu'il s'agit d'une pizza... Loupé, il y a tous les ingrédients, ou presque. De Haut en bas: Fromage, jambon, sauce tomate. Jusque là vous me direz on est bon. Sauf qu'au lieu de mettre tout ça sur une pâte à pizza, la base c'est une escalope Milanaise !!! La blague, double dose de viande et un bon fou rire au menu. Tandis que pour Maëlle et guillaume c'est salade et pizza marguerite molle à la béchamel, décidément la gastronomie n'est pas le fort de la région (surtout si tu n'es pas un viandard !).

Pour digérer c'est l’ascension du Cristo del portezuelo, sur les hauteurs de la ville, où Aymeric est davantage passionné par les cactus que par ce qu'il y a derrière lui... bref 😀

Puis on s'octroie un petit tour de la ville à la recherche d'images pittoresques...

Comme vous le voyez, c'est pas très animé en début d'après-midi...

On the road again, via la route secondaire (RP 15) jusqu'à Sanogasta avant de récupérer la route 40 en direction de Villa Union.

La fameuse Ruta 40 traverse l'Argentine du Nord au Sud sur 5000 km le long de la cordillère des Andes !

Instant Pierre Richard: Arrêtée à un des belvédères sur la vallée, Maëlle entraînée par la pente et grisée par le paysage fonce sur Guillaume (qui reste fixe comme un roc au lieu de s'écarter) et fini donc sa course les 4 fers en l'air après lui avoir rebondi dessus ! 😀 Bilan: quelques belles égratignures et un fou rire !

Gagnant plus de 2000m sur une des portions les plus belles de cette route, devenant sinueuse, nous voilà à la Cuesta de miranda, youpee des virages, ça nous change des kilomètres de ligne droite ! Logé entre la Sierra (chaîne de montagne) de Sañogasta et la Sierra de Famatina ce lieu est absolument incroyable. On grimpe jusqu'à dominer la rivière Miranda et le petit canyon pour une meilleure vue d'ensemble sur ces terres arides.

Plus loin sur la route, après avoir passé le hameau de Los Tambillos, on se retrouve cernés de cimes enneigées et au plus près de rochers aux formes bizarres. On fait une pause pour aller explorer les environs, foulant une terre aux teintes rouges et ocres, parsemée de cactus et buissons épineux.

Les yeux pleins d'étoiles, il est temps de se poser à la ville toute proche de Villa Union, parfaite pour rayonner dans les parcs alentours....

- Nuit à Chilecito à l’hôtel Cabañas de montaña rio amarillo: 1160 pesos pour 4. Superbe bungalow en brique et bois, propriétaires charmants.

- Nuit à Villa Union à Hotel Los alamos: 800 pesos le bungalow, très basique, on changera avantageusement pour les nuits suivantes.

J9

Après avoir trouvé une autre auberge en centre ville et bien plus sympathique, nous sommes de retour sur la RN 40 en direction d'une des destinations phares de ce road trip... A gauche et à droite des pistes s'enfoncent dans la pampa, on est de nouveau dans des paysages qui paraissent taillés pour des géants !

Un petit détour sur la 49 nous conduit au mirador de Huaco. Ici, c'est une vue sur des formations rocheuses ocres, rouges et grises, traversées par un rio bleu intense qui apporte une touche de verdure dans ce paysage aride.

Revenant sur nos pas, après seulement quelques kilomètres passés sur la RN 150, un magnifique renard gris (zorro en espagnol) nous coupe la route avant de bondir de rochers en rochers.

Nous voilà finalement arrivés au but au parc provincial d'Ischigualasto ou vallée de la Luna (classé au patrimoine de l'humanité par l'Unesco), il couvre 63000 hectares en plein désert. En effet ce parc tire son nom de la traduction Quechua d'Ischigualasto qui signifie "endroit où se pose la Lune".

Bon, il est interdit d'effectuer la visite par soi-même, suite à des dégradations dans le parc, il faut donc attendre le départ de la prochaine visite guidée... On décide de transformer cette attente en pause casse-croûte et qu'elle n'est pas notre surprise lorsque un autre renard décide de se poser face à nous pendant tout ce temps !

Nous voilà finalement derrière la voiture balais du garde du parc: un gros buggy pour une boucle d'environ 40km avec de nombreux arrêts. Les paysages à dominance grises, à la végétation rare et relief accidentés nous font véritablement voyager sur la Lune !

Au premier stop le garde nous explique l'histoire du parc... Site paléontologique et géologique exceptionnel, c’est le seul endroit au monde où l’on peut voir toute l’évolution de la période triasique (245 à 208 millions d’années). C'est à dire qu'il ont mis à jour des fossiles retraçant toute cette période dont de nombreux dinosaures. Ici fut retrouvé le plus ancien dinosaure âgé de 250 millions d'années !

Plus loin on s'arrête sur une piste dominant le panorama intitulé valle pintado. En effet nous sommes face à une peinture où quelques touches de rouge viennent égayer les strates de gris.

Passant devant le Sphinx (c'est vrai que c'est bien ressemblant), nous arrivons à la Cancha de las bochas (le terrain de boules)... L'érosion a façonné des centaines de pierres en sphères dans une grande plaine.

Enfin nous voilà face aux formations rocheuses star du parc: El Submarino (le sous marin) et El Hongo (le champignon). Dressés devant des décors spectaculaires de montagnes rouges où on peut observer tout le travail de l'érosion.

Passant au plus près de la montagne rouge, nous prenons finalement le chemin du centre d'interprétation pour faire une petite pause tout en observant la manière d'extraire un fossile de dinosaure.

Au retour, on a la chance de se faire couper la route par des troupeaux de Guanacos (cf précédents post pour comprendre les différentes espèces), grand herbivore si particulier.

Oh joie ! à peine sortis du parc une de nos roues est à nouveau à plat, youpeee c'est la 3ème fois !! Les garçons battent des records de vitesse tellement ils commencent à avoir le coup de main...

Sur le retour vers Villa union la nature nous gâte encore, avec des couleurs flamboyantes aux dernières lueurs du jour... Arrivés à l'hôtel, nos nouveaux propriétaires sont médusés en nous voyant réaliser une ratatouille maison avec les moyens du bord... comme d'habitude on passera une soirée bien agréable entre musique, danse et jeu de cartes, qu'il est bon par moment d'être accompagnés d'amis !

- Nuits suivantes à Villa Union au Paraiso del Bermejo: 900 pesos pour 4, petit déjeuner compris, nombreuses excursions organisées, patio agréable pour manger dehors, bon rapport qualité/prix !

J10
J10
Sierra de Talampaya

Parc de Talampaya

Voisin du parc d'Ischigualasto mais dans une province différente, nous nous rendons aujourd'hui au parc national de Talampaya.

Géré par une agence de tourisme, il est ici aussi interdit de s'y rendre seuls... Il faut donc débourser quelques deniers supplémentaires (en plus de l'entrée au parc) pour effectuer une visite soit à pied, vélo ou bus. Afin d'apprécier la nature, on choisi une formule avec un guide qui nous récupère à l'hôtel (une pause de conduite appréciée) puis une randonnée de 5h à travers le parc.

Départ donc vers 8h45 de Villa union en compagnie de notre guide Fabian, et arrivés à l'entrée, on s'acquitte des droits avant d'être rejoint par un couple de Québécois. Rebelote toute la troupe grimpe dans un minibus avant d'être déposés au milieu des 215 000 hectares du parc.

Nous commençons l'exploration au milieu d'un désert minéral en entrant par une des extrémités du canyon. Un immense canyon de 4km de long et 145m de haut sépare cette région en deux. On a le sentiment d'être dans une scène de western à la John Wayne !

Vu son isolement, ce lieu ne fut "officiellement" découvert que dans les années 70, en 2000 il est lui aussi classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Malgré cet environnement désertique, quelques arbres et arbustes se sont adaptés à ce milieu.

Notamment une espèce d'arbuste entièrement vert qui réalise la photosynthèse à partir de ses branches et tronc !

On passe tout d'abord le long de la rivière Talampaya avant d'explorer la Quebrada don Eduardo.

Nous enfonçant dans des goulets rocheux, tel un labyrinthe, on se fraye un passage en se contorsionnant au milieu de roches rouges intenses sous un soleil de plomb. A chaque détour de ce chemin étroit et biscornu, on découvre des formes nouvelles. Et nous voilà en hauteur.

La structure de ce paysage hors norme est dû à des mouvements tectoniques qui ont provoqué le soulèvement d'énormes masses rocheuses. Puis soumises à l'érosion du vent, de l'eau et à de fortes amplitudes thermiques, celles ci on pris un aspect incroyable...

On a déjà vu ailleurs des formation érodées par l'eau, mais ici c'est principalement le vent qui a façonné les falaises. Ces dernières prennent des formes arrondies et à la fois acérées par endroit, telles des ailes d'avion.

Puis, nous débouchons sur une plateforme surplombant une grande partie de la vallée et la gigantesque falaise de grès rouge, on s'essaye à l’écho, hurlant de tout nos poumons !

Lors d'une pause déjeuner bien méritée, au bord de l'abîme, quelques condors majestueux effectuent des cercles au dessus de nous. Fabian, notre guide, absolument génial et plein d'humour, en profite pour nous parler de ces animaux majestueux... il distillera tout au long de la journée ses connaissances sur le lieu en rendant la balade passionnante.

Redescendant, on enchaîne les formations géologiques les plus spectaculaires comme la Cathédrale, sorte de flèches hautes de 200m mais aussi les rois mages, le moine, la tortue,.... quelle imagination !

Remontant le lit du rio asséché au milieu du canyon, on a l'air de minuscule fourmis écrasées par un décor hors norme...

Près du jardin botanique on a la chance de croiser de nombreuses espèces animales qui se sont adaptées à ces conditions. Tout d'abord les drôlissimes Marras (gros rongeur qui ressemblent à des espèces de lièvres-chiens), puis quelques Guanacos paissant tranquillement et enfin un couple de Nandous (sorte d'autruche) en parade. Ce parc accueille une faune très diversifiée, environ 190 espèces d'oiseaux, mammifères, reptiles,...

Talampaya en plus d'être (comme Ischigualasto) un véritable gisement fossilifère comprend une richesse peu commune de peintures rupestres. Plus de 100 pétroglyphes furent retrouvés sur certaines roches du parc, attestant d'une présence humaine depuis 640 Av JC.

Un espèce de bus surélevé panoramique vient finalement nous récupérer juste le temps d'esquiver des hordes de touristes effectuant le tour en minibus, ouf ! On ne s'y habitue toujours pas (et c'est tant mieux) mais quelle lumière magnifique en cette fin de journée...

De retour dans nos pénates, on trouve (enfin) un restaurant délicieux et avec des légumes à la carte 😀, pour la peine on vous met le nom: le Valle colorada à Villa union.

Excursion à Talampaya réalisée avec l'agence Runacay, on vous conseille Fabian: pro, drôle et intéressant.

Pour le prix l'inflation est telle en Argentine qu'il ne sera certainement plus d'actualité, n'oubliez pas de négocier surtout si vous êtes plusieurs !

J11àJ12

A l'assaut de l'Amphithéâtre naturel

Aujourd'hui, journée détente, on a pas envie de faire trop de voiture, direction donc un amphithéâtre naturel (Anfiteatro natural) situé tout juste à la sortie Nord Ouest de Villa Union.

De là on peut commencer l'ascension de la colline qui domine le canyon. La montée n'est pas difficile mais on ne fait pas les malins le long du vide sur des pierres branlantes ! Quelques uns d'entre nous sujets au vertige se prennent une bonne suée... La vue sur la vallée à nos pieds est la récompense de ces efforts.

Non loin de là, se trouve une petite quebrada (un canyon qui n'a pas de sortie) très resserrée. On s'amuse à remonter le lit d'un ancien rio asséché entre des parois sculptées par l'érosion. Tout le coin est un vrai terrain de jeu pour explorateurs, mais attention à ne pas se perdre dans ce labyrinthe minéral.

De retour au centre ville, il est 14h passé donc quasiment tout est fermé... Oui on a oublié de vous dire, de manière générale en Argentine entre 14h et 18h c'est la siesta: tout d'un coup les commerces ferment, il n'y a quasiment plus personne dans les rues sauf des ballots d'herbes folles poussées par le vent, comme dans un western 😀 Bon c'est encore plus prononcé dans ce coin du pays, du coup il vaut mieux prévoir...

Une petite épicerie ouverte (ouf) nous permet de faire quelques achats pour le déjeuner qu'on prendra tranquille dans le jardin de notre hôtel. Pour digérer, pourquoi pas un petit tour autour du lac de Villa union ? Bon il est pas génial et un peu pollué, on ne tente même pas une trempette des pieds...

Cherchant un lieu pour boire un café, on se rend compte qu'il y a une coupure d'électricité générale, donc pas de café ! On se console donc avec quelques cookies et des parties de jeu de cartes endiablées pour finir la journée.

Vue depuis le mirador de La Lomita dans Villa Union 

La Laguna brava: une réserve à plus de 4000m 

Le lendemain, une bonne journée nous attend... le départ est à 8h30, on grimpe dans un énorme 4X4 conduit par le patron de notre hôtel, Horacio. Laissant Villa Union derrière nous par la RN 76: il nous faudra près de 4h de route pour gagner la réserve de la Laguna brava a plus de 4000m d'altitude !

C'est un territoire accessible uniquement avec un guide et très isolé...

En chemin on traverse le village de Villa castelli, c'est l'occasion de déguster des empanadas maison délicieuses cuites au feu de bois. Passant le dernier lieu de civilisation à Vinchina, la laguna sera perdue au milieu de nulle part, 120km plus haut après un dénivelé de plus de 2800m (ouf) !

Gagnant de l'altitude, nous voilà longeant la rivière Troya en traversant la pré-cordillère par la Quebrada de la Troya. Peu de temps après, on peut admirer la fameuse Pyramide de la Troya. Les roches de cette Quebrada sont formées par des strates de sédiments datant de 250 millions d’années !

L’ascension se poursuit au travers des paysages de plus en plus incroyables, les couleurs deviennent vives et variées, on a le sentiment d'être dans un tableau ! Les minéraux que contient la roche lui ont donné ces couleurs: rouge pour le fer, vert et bleu pour le cuivre, jaune et marron pour le souffre, blanc pour le sel,...

Passé les 3000m, on découvre "les Vegas", sortes de vallées humides caractéristiques des hautes Andes. La végétation rase est d'un jaune flamboyant, ça nous parait incroyable de voir des touches de végétations à une telle altitude quand on compare à nos sommets Européens...

Chercher les Vicunyas.... 

De-ci de-là on croise nos premiers Vicunyas (au ventre blanc et élancés) et des Guanacos (ceux à la tête noire et plus grands), presque confondus dans le paysage. Le Vicunya (ou vigogne en français) est un mammifère endémique d'Amérique du Sud, qui vit sur les hauts plateaux Andins (la plupart du temps entre 3500 et 5800m), et appartient à la famille des Camélidés. L'alpaga, animal domestique, descend du Vicunya lui sauvage. La laine de sa toison particulièrement fine est utilisée pour fabriquer des vêtements de luxe.

On craignait le mal de l'altitude mais grâce aux nombreuses pauses photos (et une bonne hydratation) on s'y fait en douceur. Mis à part un souffle légèrement plus court nous sommes en pleine forme !

La réserve de la Laguna brava, englobant 405 000 hectares, a été créée pour protéger le magnifique écosystème et la biodiversité de la région. Grâce à l'humidité des lagunes, quantité d'oiseaux comme des flamands roses (de James et des Andes, espèces menacées) ou des Camélidés sauvages (Guanacos et Vicunyas) mais aussi des mammifères comme le chat andin et le puma y trouvent refuge, surtout l'été.

Finalement, une piste courte et vertigineuse se déroule devant nous... Horacio fait chauffer le 4X4 et nous voilà à 4400m !! On sort à toute vitesse dans le vent violent, pour immortaliser notre première vue de la Laguna brava en contrebas, c'est magnifique mais on se caille !

Cette lagune saline se trouve au centre d'une immense grande vallée. Ses eaux bleus laiteuses à turquoise s’étendent sur 20km de long, dominées tout autour par des volcans enneigés de plus de 6000m d'altitude ! Cette chaîne de volcans est la plus haute du monde avec notamment le Pissis (à 6882m), le Veladero (à 6524m), le Bonete Chico (à 6769m)... C'est presque trop incroyable pour être vrai 😀

En s'approchant au pied de la lagune, quelques flamands roses apportent des touches de couleur dans ce décor oscillant entre le blanc éclatant des plages de sel et le bleu/gris du lac et de la terre volcanique. On a de la chance d'en avoir aperçu en cette saison, ils sont normalement présents en grand nombre pendant l'été. Ça devait être les trois derniers retardataires.

Non loin, la terre change totalement de couleur... Avec la neige, on dirait de la crème de marron saupoudrée par des touches de crème fraîche 😀

On amorce la resdescente, complètement bluffés et comme "soûls" par tant de beauté ! La vision des paysages à chaque virage nous semble encore différente dans ce sens là... La lumière a changé aussi donc certaines couleurs sortent davantage.

De tout temps, cette piste a été un passage de négoce entre l'Argentine et le Chili, par le col Azul à plus de 5000m ! Du coup de nombreux refuges ont été construits le long de la route et jusqu'au bord de la lagune pour les haltes nocturnes. Pour déjeuner, on fera une pause à celui d'El penon, protégé du vent. A peine, sortis quelques oiseaux viennent près de nous espérant partager quelques miettes de nos sandwichs de compétition !

Non loin de nous, un troupeau de Guanacos est en train de paître tranquillement sans se soucier de notre présence.

Quelques menaces pèsent sur ce territoire fragile, d'une part l'augmentation du trafic entre l'Argentine et le Chili et d'autre part la prospection possible de gisements miniers...

Avant de retrouver Villa Union, le guide nous montre les "Etoiles Diaguites " à Vinchina. C'est un site préhispanique qui serait soit calendrier saisonnier (pour les récoltes, pluies, sécheresse) soit un lieu de cérémonies chamaniques...

Pour se remettre de cette belle journée et se dérouiller les pattes, direction la station service YPFE pour réussir à déguster un café (et oui y a de l'animation par ici 😀) !

Après un apéro, et pour fêter notre dernier soir par ici, on retourne au fameux restaurant d'il y a deux soirs et on est pas déçus !

J13àJ15

Ce matin le réveil se fait sous la pluie, pas grave notre programme est uniquement route jusqu'à Mendoza soit 489km plus au Sud....

On a changé de banlieue, au lieu du centre ville ou de la région de Maipu on choisit l'autre région viticole de Lujan de Cuyo. Cet endroit est bien chic, domaines viticoles et hôtels fortunés s'enchaînent, pas la même ambiance ! A l'arrivée devant notre logement personne n'est là, on file faire quelques courses dans un supermarché proche et le vigile trop sympa nous prête son portable pour appeler nos hôtes.

Par contre notre appartement studio est vraiment très mignon, donc si vous passez par là n'hésitez pas !

Le lendemain, on avait dans l'idée de faire trempette aux thermes de Cacheuta, après un passage dans l’hôtel du même nom qui nous refoule (on espérait la possibilité d'utiliser les thermes de l'hôtel), on se trouve donc à ces fameux thermes publics. Or ils sont très fréquentés (nous sommes le week end) et seulement une petite partie des piscines sont ouvertes... Déçus et vu le prix on a pas trop envie d'être collés à une ribambelle d'enfants 😀 on décide la mort dans l'âme, de retourner en ville... (c'est dommage vu la beauté de l'endroit).

thermes de cacheuta

Après un bon moment passé à se décider d'où déjeuner, on échoue finalement dans un petit spa en centre ville pour se remettre de nos courbatures de la route. Bon décidément la partie piscine est fermée donc on fait des allers retours chronométrés entre sauna et douche !

Vient le moment de rendre la voiture, mais, personne n'est là et le gars arrive finalement après une bonne demi heure de retard sans en avoir rien à faire ! Aymeric s'énerve passablement vu déjà l'état dans lequel ils nous avait laissé la voiture ! Se sera notre journée grogne 😀 .

Pour se remettre on va grignoter et boire quelques bières avant de prendre le bus de nuit pour Santiago.

Stress out

A l'arrivée de la frontière côté Chilien, on rempli un formulaire détaillé (de ce qu'on apporte comme biens et nourritures...) puis tout les gros sacs et bagages à main sont sortis et scannés puis reniflés par les chiens anti drogues et fruits ! Pendant que Guillaume et Cécile font buguer le système informatique avec leur passeports, nous sommes sages en ligne avec tout les autres passagers, notre petit sac dans les mains... Moment d'angoisse, on se fait alors bondir dessus par le chien (tout le monde te mate... non j'ai pas de drogue, je le jure...😀) et finalement engueuler car on a quelques pommes (qu'on avait déclaré). Ils vérifient le formulaire, on est ok, et jettent les pommes avec cérémonie dans la poubelle... Tout ça alors qu'au dessus de nos têtes sont projetés sur des écrans, les vidéos de tout ceux qui ses ont fait arrêter pour trafic de drogue, ça met dans l'ambiance !

On arrive finalement à Santiago bien plus tôt que prévu, vers 4h du matin...

Voir le carnet sur Santiago du Chili par ici.

- Nuit à Lujan de cuyo au Nueva casona el alamo: 67$ pour 4 (57€). Très bel appartement bien situé et chaleureux, propriétaire aux petits soins.

On a aimé:

  • Peu touristique, il y a vraiment un goût d'aventure, surtout quant on risque de crever un pneu à des heures du premier village... oui c'est du vécu.
  • On ne se bouscule pas pour arpenter les paysages sauvages et grandioses. Ces grands espaces qui paraissent pourtant rudes ne manquent pas de vie animale. Et quelle diversité de formes et de couleurs !
  • Et surtout partager ce road trip avec des amis aussi fous que nous 😀
Spéciale dédicace à vous les ptits loups 😀

Un poil de négatif:

  • La nourriture
  • La région est très belle, mais c'est une des plus pauvre d'Argentine ( à part Mendoza ) et ça se ressent, ordures, villages un peu mortifères et manque d'info touristique.

On ouvre la bourse:

En comptant nourriture, logement, transports, activités, extras, vin Argentin 😄...

Nos 13 jours en Argentine nous sont revenus à 45€ / pers et par jour. (Contre 41€ prévus grâce à l'excellent site planificateur à contresens).

On arrive à un GRAND TOTAL de 1181€ à deux (soit 590.50€ par personne pour 13 jours).

Pour lire la suite de nos aventures voici le lien vers le carnet tour du monde.