2 mois en Indonésie: SULAWESI

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L'île de Sulawesi destination encore méconnue et fascinante entre récifs coralliens parmi les plus beaux du monde, jungle, volcans et une culture riche avec les nomades des mers et le peuple Toraja.
Du 6 au 23 juin 2017
18 jours
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Après Java, il y a quelques semaines, on quitte également à regret Bali. De bon matin, depuis l'aéroport de Denpasar, on jette un dernier coup d'oeil sur le mont Agung alors que l'avion nous amène à Surabaya, le temps de changer de carrosse au lever du soleil. Puis c'est reparti direction Manado, plus grosse ville du nord de l'île de Sulawesi aussi appelée Célèbes.

Débarqués sous une chaleur tropicale, on marche un peu pour laisser derrière nous les taxis qui essayent de nous alpaguer. À la sortie de l'aéroport, on trouve facilement un microlet (mini bus bleu où s'entasse jusqu'à 10-12 personnes) qui rallie le centre ville.

Première chose à faire: manger ! Le premier warung (petit resto pas cher) sera le bon, mais tout le monde nous dévisage... Ça nous rappelle des souvenirs d'autres coins plus perdu !

On sent bien qu'ici le tourisme n'est pas développé (et c'est très bien 😄) les voyageurs ne courent pas les rues. On en croisera d'ailleurs pas un seul pendant deux jours ! Avant de quitter la grande ville, on galère à travers divers magasins pour trouver shampoing et crême solaire, en faisant se marrer les vendeuses.

Prochaine étape Tomohon, ville au centre de la péninsule du Nord de l'île. Il faut donc prendre un microlet de nouveau, on fini serrés comme des sardines pendant 40 minutes pour faire les 4 km qui nous séparent de la gare de bus !! Il faut dire que la circulation est dense et qu'on traverse litéralement les étals d'un marché bondé, tout ça au son de tubes du moment et de techno, à en exploser les fenêtres 😉. Tout les chauffeurs semblent rivaliser en décibels ! Finalement on arrive à un dépôt de bus plus délabrés les uns que les autres, prend des sièges (3 avec nos sacs) et c'est parti. Heureusement Tomohon n'est pas loin et 1h plus tard on se fait déposer en bord de route pour chercher un hôtel.

Bon il n'y a pas grand choix, et un de ceux qu'on avait repéré semble à l'abandon. Coup de chance juste en face, on trouve une chambre à l'Happy Flower. C'est joliment arboré, mais un peu sinistre tout de même car totalement vide, on est les seuls clients...

Le lendemain, puisqu'on est là pour visiter les alentours, il nous faut un scooter. On avait compris que ça allait être difficile ici, mais après une négociation musclée, un aller retour du proprio dudit scooter pour aller faire le plein, on s'accorde sur 125 000 roupies !! Bon on est pas enchanté du prix (plus du double de d'habitude), mais c'est toujours moins cher qu'une voiture avec chauffeur !

En bas à gauche, le volcan actif ! qui se trouve juste au dessus de notre hôtel 😅

Premier arrêt le volcan éteint de Mahawu, on s'acquitte des droits d'entrée du parc national, puis vient une longue série d'escaliers au milieu de la forêt dense. Arrivés au sommet, on est seuls au bord du cratère dont on peut faire le tour. On tente notre chance, mais la végétation reprend ses droits sur ce petit sentier, Maëlle disparaît dans les fourrés et faute de machette, on doit faire demi-tour.

La vue au loin des îles Bunaken, et plus proche du volcan Empung qui domine Tomohon vaut par contre le détour !

En redescendant les pentes du volcan, l'horizon se dégage plus au sud, et, on aperçoit le lac Danau Tondano dont on va faire le tour. Juste à nos pieds, dans la terre volcanique fertile, il semble que quelqu'un fasse pousser de la vigne 😲pas courant par ici !

Après avoir traversé une jolie petite bourgade en pente, de nombreuses maisons en bois nous font de l'oeil le long de la voie.

Puis voilà la ville de Tondano où on trouve rapidement un gonfleur de pneus (en général en Asie ils roulent sans trop se soucier du gonflage, donc on doit souvent regonfler...). Plus loin, à la vue de charrettes-taxis au milieu de la route on décide de s'arrêter un moment pour observer la vie locale qui paraît bien active malgré la chaleur. Et on plaint ces pauvres chevaux au milieu des moteurs...

Finalement, voilà les rives du lac dont on se rapproche par l'ouest. Les champs et pâturages qui nous entouraient plus tôt laisse peu à peu place à une végétation flottante tout aussi verdoyante. La route ne suit pas toujours le bord de l'eau, mais cela ne l'empêche pas d'être inondée par endroits.

En bas: un petit veau avec vue  !

On traverse nombre de petits villages où chacun possède son église, et parfois même plusieurs. La compétition entre paroisses semble rude ! On est vraiment surpris par la quasi absence de mosquées... On apprendra qu'en général sur Sulawesi, les côtes sont majoritairement peuplées de musulmans pêcheurs alors que les fermiers dans les terres sont plus souvent protestants ou catholiques.

Les kilomètres s'enchaînent (compter environ 45km pour le tour du lac) en prenant le temps de profiter du paysage... Comme souvent les locaux sont bien étonnés de nous voir faire des arrêts photos pour immortaliser des maisons sur pilotis... pour eux le paysage doit être bien banal ! Il y a pourtant quelques spécimens penchés et on espère inhabités qui valent le détour 😆.

Après une pause repas, dans un charmant resto flottant, on reprend la route et notre étude de l'architecture locale. Il faut dire qu'avec leurs toits en tôle ondulée souvent rouillée, les batisses ne manquent pas de charme !

Le tour du lac quasi fini, on tente un raccourci à travers champs, pour rejoindre Tomohon plus rapidement. Malheureusement le chemin devient vite impraticable, alors on finira par retrouver Tondano.

Changement de décor de ce coté-ci de la ville, plus de charrettes en vue. La route principale et le carrefour bordélique devant nous fourmillent littéralement de dizaines de microlets bleus. C'est la folie, ils doivent bien représenter les 3/4 des voitures en circulation à cette heure-ci !

Sur le retour, on décide de faire une escale supplémentaire, puisque c'est la seule journée qu'on aura dans le coin ! Direction le petit lac d'eau soufré de Danau Linow.

Bon c'est pas gagné, les routes fermées se succèdent et nous obligent à emprunter des sentiers inexistants sur nos cartes. On débarque alors au beau milieu d'installations géothermiques. On a l'impression d'être de retour en Islande... ok, l'impression disparaît vite au premier bananier croisé !

Les fumerolles disparates autour de nous créent des paysages étonnants, et c'est au détour d'un pipeline de vapeur qu'on trouve finalement le lac. Pas grand chose à y voir si ce n'est d'autres fumerolles (naturelles celles là). Particularité à retenir cependant, l'eau y est très acide. Et bien qu'il y ai la possibilité d'y faire du kayak on voit des panneaux qui indiquent qu'il est interdit de s'y baigner.... mouais 🤔

Finalement on se dirige vers notre hôtel après une journée bien remplie, mais c'est sans compter des vapeurs volcaniques qu'on aperçoit dans un virage...

Nouvel arrêt donc, mais rapide ! On a déjà vu ce type d'activité ailleurs, mais au beau milieu de la jungle c'est une première. Le vert dense de la végétation crée un contraste nouveau pour nous.

Ouf après tout ces kilomètres et paysages variés, c'est de nuit qu'on arrive à l'hôtel. Malgré la fatigue il faut retourner en ville pour manger. Manque de chance le proprio a récupéré son scooter de suite, on part donc explorer les environs à pieds. Et là, chance, juste au bord de la route principale, un stand de Martabak (déjà découvert sur Java) nous attend . On se paye donc un salé chacun, plus un sucré à se partager. Le Martabak sucré n'a rien à voir avec la galette fourrée de légumes et d'oeufs bien grasse. Il s'agit plutôt d'un gâteau-crèpe bien épais cuit dans une poelle et plié en deux. On a choisi la version la plus courue localement: fromage rappé et chocolat, un délice !! 😊.

Une des attractions touristique de Tomohon que l'on aura pas testé est la visite du marché local. Lieu où s'entassent notamment chats et chiens avant d'êtres dépecés aux yeux de tous et dont la viande est vendue. En plus d'être opposés à cela (de même que pour d'autres animaux), cette consommation est en diminution donc il serait dommage qu'un tourisme "morbide" l'alimente...

- Microlet aéroport au centre de Manado: 9000 roupies (0,50€).

- Bus Manado à Tomohon: 8000 roupies/pers (compter un siège pour les sacs).

- Location scooter à l'hôtel happy flower: 125 000 roupies (7,80€), négocié avec le plein

- Nuit à Tomohon à l'Happy flower resort: 200 000 roupies (12,50€) avec pdj, joli cadre mais ambiance un peu bizarre...

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Notre prochaine étape est un petit paradis perdu le long des côtes de Sulawesi du Nord: le Tumbak island cottage ! Le but est de passer 3 jours perdu au milieu de l'océan ! Pour rallier cet endroit préservé, c'est tout simple... En réservant les nuits, le transport peut être inclus soit de Tomohon soit de Manado: le pied, pour une fois c'est facile (ou alors voir avec les taxis partagés en demandant des contacts à Yoan).

Un indonésien relax vient nous chercher, et on se retrouve donc en voiture accompagnés de Jessica et Julie, deux belges ramassées en route qui vont partager le séjour avec nous. On papote et se marre de suite, génial ça commence bien.

Au fur et à mesure du trajet, la route cahotique trace entre jungle et volcans, on a vraiment l'impression d'aller au bout du monde... Environ 2h de trajet plus tard nous voilà arrivés à Tumbak, petit village de pêcheurs, construit sur un banc de sable, et peuplé de 1600 Bajos.

Le peuple Bajos, surnommés les "nomades" ou "gitans des mers", a été forcés de se sédentariser suite à la pression du gouvernement au début du XXe siècle. Ils vivent toujours de la mer sur leurs maisons en pilotis.

Nous voilà donc introduits dans la maison des beaux parents de Yoan, fondateur du "cottage" et absent pour la journée. Rapidement on passe les pieds sous la table en faisant connaissance avec la famille avant de prendre la mer en pirogue à moteur avec le beau père.

Alors on peut pas dire que ça soit banal comme logement... Nos bungalows sont posés en plein milieu d'un lagon adossés à un petit îlot de mangrove, le village 1,5km droit devant nous, et puis c'est tout !

La première vue des coraux à nos pieds nous laissent déjà sans voix ! On visite rapidement les lieux 😂, deux maisons sur pilotis ralliées par un ponton, formant un ensemble de 4 chambres, 1 petite cuisine et une incroyable terrasse avec vue, on va être pas mal... Bon après c'est style rustique Bajo tout à l'eau de mer, mais ça nous va !

Les petits seaux qui pendent c'est pour la douche salée 🤣

En un coup de pirogue, le padré nous lâche dans le lagon faire une première sortie snorkelling (préparez vous on va souvent utiliser ce mot 😆!). Le ciel tourne à l'orage et le courant est très fort mais entre la diversité des récifs, des poissons et les arcs en ciel sur la mer, on ressort 2 bonnes heures plus tard, épuisés mais heureux !!

On savourera d'autant plus notre premier coucher de soleil les pieds dans l'eau et avec vue sur le volcan Seputan. Le repas nous est livré en pirogue (qu'on voit arriver de loin), si c'est pas la classe ! Et la soirée filera vite en compagnie de nos 2 voisines, seul la vue d'un énorme tricot rayé (serpent marin inoffensif si on le chatouille pas) lové dans un tronc à l'arrière du bungalow nous mettra un petit coup de stress !

Le lendemain, on est réveillés par le soleil et le clapotis des vagues. Le petit déjeuner se prend en regardant de nombreux poissons sauter hors de l'eau juste devant nous. On fait finalement connaissance avec Yoan, le fondateur du lieu, qui est aussi un biologiste marin Français, installé depuis 10 ans ici. Lors d'une mission pour une ONG, il est tombé amoureux du lieu et d'une Bajo, avec laquelle il a maintenant 3 enfants !

C'est parti pour la 1ère visite d'un îlot en dehors de la lagune. Ici les coraux sont tellements immenses qu'ils effleurent l'eau. Aymeric a la chance d'apercevoir un bébé requin pointe noir alors que Yoan nous informe qu'en certaines saisons, il est possible de voir des bancs de centaines d'indivividus ! Une courte pluie plus tard, on sort de l'eau pour accéder à un point de vue sur les hauteurs, avant de retourner déjeuner aux bungalows.

Pendant "la pause", Yoan nous éclaire sur les différents types de poissons, mollusques,... rencontrés. En plus d'essayer de faire connaître la beauté de ce site, il continue encore à l'explorer et participe activement à la protection de la faune et la flore. Tout en essayant de transmettre aux villageois que le tourisme peut leur être profitable et donc qu'il faut préserver la Nature. Malheureusement la pêche à la bombe est encore pratiquée par une famille d'irréductibles dans le coin qui continuent malgré de la prison, de nombreux accidents et le fait que se soit tout simplement interdit !

On est d'autant plus impressionnés par la beauté, diversité et grandeur des coraux et gorgones à chaque sorties. Ces fonds font partie des plus beaux que l'on ait jamais exploré !

Yoan s'est même créé un véritable "jardin aquatique " sous les maisons en pilotis où il s'est rendu compte que la santé et la croissance des coraux n'est pas celle que l'on croît... il nous montre, photos à l'appui, comment de petites boutures sont devenues en quelques années les beaux coraux à nos pieds. Oui, on parle souvent de la lenteur de la croissance des coraux, mais ces informations viennent d'études faites dans des récifs bondés de différentes espèces qui se battent pour gagner de la place. Si on leur laisse de la place justement, et dans de bonnes conditions bien entendu, les coraux peuvent grandir de plusieurs centimètres par années. Yoan nous explique notamment qu'il a vu l'évolution du lagon qui se porte de mieux en mieux. Enfin un peu d'espoir !!

Après une nouvelles aprèm snorkelling tout autour des bungalows avec Yoan en chef de file, on revient à temps pour profiter de la lumière du soir magnifique sur les alentours.

Puis c'est l'heure du bateau rempli de touristes locaux qui passe nous faire un coucou. Oui on est une attraction locale, il semblerai qu'on vienne nous observer nous les petits blancs, ça nous fait bien rire 😊 c'est l'arroseur arrosé.

Vient le coucher de soleil, qui semble définitivement perdu dans les nuages aux pieds du volcan nous faisant face. Mais au dernier moment, il refait son apparition pour baigner d'orange profond le paysage.

Ce soir il y a de nouveaux arrivants, un groupe d'amis Toulousains et le couple bloggeur "les gros sacs" (leur site par ici si vous voulez voir d'autres photos) viendront compléter le tableau.

Après une belle soirée en leur compagnie, voici venue notre dernière journée en ces lieux... Bien évidemment on remet le couvert avec du snorkelling, deux spots vers la sortie du lagon, le premier infesté de petites méduses mais le second incroyable.

Puis vient une grimpette boueuse vers un autre point de vue sur un îlot perdu, et on gagne pour finir la plage paradisiaque faisant face aux bungalows. Pendant que certains font bronzette, d'autres repartent à la découvertes des fonds avec un Yoan en mode: sur votre droite un poisson clown, sur votre gauche un bébé mérou, en face un poisson trompette, et là oh ! un nudibranche ...

Bon pour une fois pas de clichés de tout ça on avait pas pris nos appareils photos...

De retour à la casa, on prend un dernier déjeuner terrasse dans ce petit paradis et on fait nos adieux à tout le monde y compris à mesdames les murènes résidentes du récif sous nos pieds ! (Et qui aime nos restes...).

Partis vers 14h30, on gagnera Manado trois bonnes heures plus tard. On s'écroulera à l'hôtel avant de gagner un autre paradis le lendemain, en une folle épopée de 2 jours...

En bas a droite: une des 4 murènes 

Bon puisqu'on a tant parlé des fonds marins, il fallait bien vous montrer de quoi il retourne. Même si on étaient pas équipé en appareil étanche, Jessica et Julie nos voisines belges ont été plus prévoyantes, voici donc leur petite vidéo de Tumbak !

Vous allez voir on ne vous a pas menti !

- Séjour au Tumbak island cottage: 1 300 000 roupies par personne (80€) pour 3 jours/2nuits comprenant le trajet aller de Tomohon et retour jusqu'à Manado, les nuits, les repas, thé, café, eau à volonté et les sorties snorkelling ainsi que le prêt du matériel si besoin.


Sachez que Yoan s'adapte selon vos envies, vous pouvez aussi randonner sur certaines îles, tenter l'ascension du volcan et faire de la plongée avec lui. Bon le prix n'est pas donné pour le pays mais on a pas regretté...


- Nuit à Manado à l'hôtel Istanaku: 234 000 roupies (14,50€) la dble, correct et belle vue du toit terrasse.

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Goodbye Manado

Le temps nous est compté en Indonésie (foutu visa !), il nous reste à peine plus de 2 semaines pour Sulawesi... Avec regret on abandonne l'idée d'aller à l'île de Bunaken (spot de plongée avec des tombants incroyables et une vie marine riche...), et on part vers le Sud avec en point de mire les îles Togian.

Le plus simple pour les rallier serait de prendre une voiture partagée (ou un bus) vers l'ouest de la péninsule et en une dizaine d'heures on arrive à Gorontalo d'où on prend un ferry de 14h (selon la destination...). Mais bien évidemment ce ferry est en révision, donc il nous faut trouver une autre solution.

Vol vers Luwuk

On se retrouve avec le choix de l'avion pour traverser le golfe de Tomini (où sont situées les fameuses îles...), et après 1h de vol nous voilà en Sulawesi orientale, à l'aéroport de campagne de Luwuk ! Bon pas de touristes par ici, on arrive quand même à se faire comprendre et à négocier un taxi pour la ville...

Il nous lâche à un comptoir de loueur de voiture qui nous propose des places en taxi partagé vers Ampana plus à l'ouest. Une fois les billets achetés, un autre chauffeur nous emmène vers une nouvelle compagnie de transport... Ok... Et là il n'y a plus qu'a attendre que la voiture se remplisse, qu'ils se décident à partir, ou encore qu'ils aient fini de visser des sièges au sol d'une de leur voiture.... on est pas sûr 😥. Il est 12h, à 14h on en a raz la casquette d'attendre on ne sait quoi, on décide de partir sur le champ en payant la totalité de la voiture surtout qu'on a normalement 6h de route devant nous.

En bas à droite l'aéroport de Luwuk avec sa piste au dessus des installations 🤔

Direction Ampana

Notre chauffeur Uni nous régale de musique de chez nous.... Enfin de son point de vue ! Il est tout content de nous passer Adèle, Justin Bieber... après un passage techno agressive, il reviendra vers du Queen, là c'est déja mieux 😊. Les kilomètres s'enchaînent et on longe rapidement la côte sud du Golfe de Tomini, pour rejoindre Ampana. C'est plein ouest à partir d'ici.

La route est plus souvent une piste qu'autre chose, il y a même des gués compliqués à traverser de temps en temps. Ça serpente beaucoup alors qu'on longe des plantations de cocotiers finissant sur la plage : Magnifique avec le soleil couchant sur l'eau !

Il y a peu de villages, mais dès qu'on en traverse, Uni semble connaître tout les taxis et chauffeurs, il faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de circulation dans un sens comme l'autre ! Il y a quand même quelques maisonnettes en bois, joliments peintes et bordées de clôtures (et encore de cocotiers 😉).

On mettra forcément plus de temps que prévu: entre 45 minutes à attendre notre tour sur une portion en travaux, la pause repas (une fois la nuit tombée ramadan oblige) et un petit arrêt à la maison de notre chauffeur, il nous faudra 7h pour atteindre Ampana.

Ouf on arrive à 21h à l'hôtel qu'on avait repéré, on prends des infos pour l'heure du ferry du lendemain auprès du sympatique patron et dodo !


Les îles Togian

Au réveil matinal, on a droit à un superbe buffet petit déjeuner (épicé) face à la mer. Puis en un coup de bentor (sorte de moto-taxi inversé où tu es assis vers l'avant) nous voilà au port. On prends nos places dans le ferry public, plus long mais moins onéreux que le ferry rapide. Tout le monde se retrouve allongé sur des couchettes rudimentaires mais face à la vue, pas mal...

Le plus dur a été de faire notre choix entre les différents lodges et îles où poser nos sacs ! Certains s'arrêtent à Wakai, plus grand port au centre de l'archipel et rayonne de là, en pirogue, vers leur habitation. Nous on se dirige vers une des îles les plus à l'Est. On mettra tout de même 7h30 pour rejoindre l'île de Malenge en comptant 4 arrêts sur le trajet et le temps passé à décharger toutes sortes de marchandises à chaque fois.

On y est acceuilli par deux marins travaillant pour l'hôtel que l'on a réservé en ligne. On reprends rapidement la mer sous un ciel menacant et avec une très forte houle dès qu'on double la pointe Est de l'île. Autant vous dire qu'on est pas rassurés dans cette minuscule pirogue, ballottés dans tout les sens et se prenant des paquets de mer dessus ! Le vent augmente et le ciel devient d'encre, bon on fait notre prière au petit bouddha...

On arrive finalement de nuit et complètement trempés, au Sandy bay resort, légèrement plus abrité de la tempête car niché dans une des baie de l'île de Malenge. Acceuilli par Asban, le jeune manager, on découvre notre magnifique bungalow et le seul autre couple présent sur les lieux... Après un bon dîner ensemble on s'endormira au son furieux des vagues.

Le lendemain on découvre notre environnement avec délice et sous le soleil ! Bon autant vous dire qu'on ne regrette pas notre choix, la plage est tout simplement magnifique et quelle tranquilité...

En bas à Gauche: pirogue qui a bravé la tempête !  En bas à droite: notre bungalow 

Ici pas d'internet, les journées sont rythmées par les excursions, le snorkelling dans la baie, la farniente et les repas (et oui ici obligé d'être en tout inclus) ! Pour le premier jour, on se décide à partir en direction du reef 5, accompagnés d'Asban et du couple d'Allemand. C'est un spot de snorkelling situé quelques kilomètres en face de notre plage. On y voit pas mal de gros poissons le long des tombants mais les coraux n'égalent pas ceux de Tumbak... et oui on va être difficiles maintenant !

Puis, direction l'emblème des Togians: un village Bajo (on vous en a déjà parlé, les gitans des mers sédentarisés par le gouvernement) construit sur et autour d'un petit îlot. On retrouve ici un enchevêtrement de maisons sur pilotis, de jardins suspendus, une belle mosquée et de nombreux sourires !

Asban étant originaire de ce village, il en profite pour nous faire découvrir les lieux et visiter sa famille par la même occasion. Il a grandit ici avec ses 6 frères et soeurs, normalement les hommes sont destinés à la pêche alors que les femmes s'occupent des enfants et de la maison. De nombreux Bajo vivent de l'extrêmement dangeureuse pêche au compresseur. C'est à dire un bateau en bois sur lequel est posé un vieux compresseur et un tuyau qu'il mette en bouche pour plonger jusqu'à 20 voire 40m et attraper les poissons au harpon...

À l'âge de 16 ans, Asban suit cette destinée mais quelques années plus tard, lors d'une plongée, il perd un de ses meilleurs amis sous ses yeux et décide de tout arrêter. Il reprendra l'école à Ampana, apprendra l'anglais en autodidacte pour finalement se faire employer par différents lodges avant de finir gérant du Sera beach à 23 ans ! Très marqué par son passé, il se place maintenant en passionné et défenseur des fonds marins et tout ça avec une bonne humeur et une gentillesse incroyable...

Ce qui fait la renommée de ce village est surtout la présence d'un interminable ponton en bois de plusieurs centaines de mètres, passant entre les récifs coralliens et ralliant l'île proche où est située notamment une école.

Bon on un peu déçus par l'absence de soleil mais la couleur de l'eau est déjà pas mal ! La pluie se met à tomber avant que l'on puisse rejoindre un point de vue en hauteurs donnant sur le village...

De retour à Sandy bay, on profite avec délice de l'excellente cuisine avant de partir à la recherche nocturne d'un crabe de cocotier. Asban cherche dans tout les coins mais ils resteront invisibles... On profitera de la présence de plancton phosphorescent pour courrir comme des idiots heureux en bord de plage en illuminant la mer... magique !

Le lendemain, il fait pluvieux/grisounet donc rien de tel qu'une journée glandouille... On passera notre temps entre nos hamacs à lire, se faire emmener le goûter et la plage pour jouer avec les chiens de garde du lodge ! En fin de journée, on se motive quand même à emprunter la piste boueuse à travers la jungle, conduisant au Sera beach (autre hôtel situé deux baies plus loin). On y retrouve les toulousains rencontrés à Tumbak en compagnie de trèèès nombreux autres Français. On nous avait conseillé ce resort mais on ne regrette définitivement pas notre éden, plus calme et beau ! Le soir, un couple de Hongrois hyper sympa viennent remplacer les Allemands, vive l'Europe, décidément y a pas foule et c'est tant mieux !

Bon aujourd'hui on décide de découvrir les environs immédiats à la nage ! Rien que dans le lagon devant l'hôtel, on découvre une quantité ahurissante de poissons de différentes espèces, des raies, des hippocampes et même quelques bébés requins pointe noire ! On nous avait prévenus qu'ils avaient élus residence ici pour notre plus grand bonheur 😄

L'après midi, Asban nous propose de nous emmener à la recherche de tortues quelques baies plus à l'Ouest. On rechausse, palmes/masques/tubas, on le suit, mais après quelques kilomètres à la nage, elles ne sont pas dans leur spot habituel... même pas grave, qu'est ce qu'on aura vu comme beaux fonds et poissons sur le trajet !!

Pour finir cette journée en beauté, on grimpe le petit chemin conduisant sur la colline au dessus de l'hôtel pour admirer un magnifique coucher de soleil de l'autre côté de la baie.

À la base, on pensait ne rester que quelques jours à Sandy bay puis changer d'île et de resort. Mais finalement on est vraiment trop bien ici et ça ne vaut pas le coup de changer pour si peu de jours...

On part donc pour une nouvelle excursion snorkelling sur le Reef 1 cette fois ci. La pirogue s'amarre à une sorte de bicoque en bois au milieu de l'océan puis on plonge vers une nouvelle découverte...

Puis direction le lac aux méduses 😆 . On est excités à l'idée d'aller nager avec ces dames ! On se rend sur une autre île, et sitôt remonté le ponton et quelques marches, nous voilà au bord d'un petit lac verdâtre et saumâtre entouré de jungle et de mangroves.

Dans ce lieu s'est retrouvé enfermé (par un phénomène géologique il y a bien longtemps...) plusieurs espèces de méduses qui sans prédateurs, ont muté pour devenir totalement inoffensives, hop plus piquantes ! C'est quand même impressionnant de pouvoir frôler et caresser ces magnifiques bestioles soyeuses et gelatineuses. D'autant plus qu'elles apparaissent d'un coup, comme sorties d'un brouillard tellement l'eau est trouble. Faire une apnée entouré de méduses, sans deviner le haut du bas c'est quelque chose d'assez étrange et angoissant (dixit Aymeric).

Quand tout d'un coup, Asban sursaute et retourne à toute vitesse sur le ponton... On le suit en réaction et il nous dit avoir aperçu un énooorme baracuda ! Comment ? On ne saura jamais si il nous a fait une blague ou pas...

Pour déjeuner, on élit domicile à une encablure de là, sur la superbe plage de Karina beach, une des plus belles des Sulawesi. En digestif, on se fera une sortie snorkelling juste en face. Quelle belle journée !

Puis de retour à l'hotel, sachant que demain sera le départ, on fait un dernier plouf dans le lagon face à nous. Et on a bien fait ! Les bébés requins pointes noirs sont en grand nombre... une dizaine chasse et évolue sous nos yeux, et on reste scotchés, un long moment à admirer ces magnifiques squales.

Ici, on aura bientôt passé autant de temps sous l'eau qu'hors de l'eau et ça nous convient très bien !

Le matin du départ, Asban nous montre fièrement un crabe de coco qu'il a finalement trouvé la veille... on lui fait promettre de le relâcher avant de monter dans la pirogue du départ.

C'est triste qu'on quitte les lieux, autant pour les gens rencontrés et Asban, que pour les fabuleux paysages et fonds marins... on reviendra ! On retrouve les Toulousains, avec lesquels on partage une embarcation (moins onéreux pour tout le monde). Eux changent de lodge, nous on descendra à Wakai afin de prendre un bateau rapide direction Ampana.

- Taxi Manado centre à aéroport: 70 000 roupies (4,40€)

- Vol Manado à Luwuk: 104 € pour deux

- Taxi aéroport au centre de Luwuk: 80 000 roupies (5€)

- Voiture Luwuk à Ampana: 700 000 roupies (voiture privatisée 44€)

- Ferry public d'Ampana à Malenge: 75 000 roupies/pers (4,70€)

Tout ça juste pour y arriver ....

- Pirogue partagée de Malenge à Wakai: 100 000 roupies/pers à 6 pers (6,30€)

- Ferry rapide de Wakai à Ampana: 130 000 roupies/pers (8,20€)

- Nuit à Manado à hôtel Istanaku: 234 000 roupies (14,70€)

- Nuit à Ampana à Marina cottage: 160 000 roupies (10€), bel endroit, le patron est une source d'info, possibilité de réserver certains lodge aux Togian par leur biais, dont Sandy Bay.


- Séjour aux Togian à Malenge au Sandy bay resort: 300 000 à 350 000 roupies/jour/pers tout compris selon la saison et le nombre de nuit. (19 à 22€)

Endroit de rêve, superbe bungalow, bonne nourriture (possibilité végétarien) et staff incroyablement gentil...

Excursion reef 5 et village bajo: 50 000 roupies/pers (3,15€)

Excursion reef 1 et lac aux méduses: 100 000 roupies/pers (6,30€)

Location Palmes Masque Tuba: 30 000 roupies/ jour (1,90€)

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Depuis les îles Togians nous voilà donc débarqués à notre point de départ au port d'Ampana. On souhaite rejoindre le fameux pays Toraja, où vit un peuple aux rites funéraires particulier vivant dans des maisons étranges, situé 16h/18h de voyage plus au Sud. Afin de faire une pause, on décide de se rendre à la bourgade de Tentena située à mi-chemin. Par chance, on partage une voiture avec un couple de Franco suisses rencontrés sur le bateau, après avoir bien négocié avec une des figures du port (une mama indonésienne qui gère d'une main de fer excursions et transport pour les touristes.)

On commence par suivre la côte et de nombreuses baies vierges, avant de s'enfoncer dans les terres sur une route de montagne. Le trajet se fera en 5 bonnes heures de routes sinueuses avant de gagner Tentena.

Petite ville paisible située à 700m, elle est située sur une des rives du Lac Poso et entourée de (petites) montagnes. Le lendemain on loue un scooter à notre hôtel, afin de découvrir la campagne environnante. A 14 petits kilomètres du centre, on paye le droit d'entrée pour la cascade de Saluopa.

Nous voilà traversant des champs de cacaoyiers, caféiers et papayers avant de longer la rivière. On avait réussi à décoller pas tard (pour une fois) et on se retrouve donc seuls !Alors d'accord elle ne chute pas de centaines de mètres mais toute cette eau se déversant sur des rochers polis à différents niveaux est vraiment superbe.

Plusieurs étages de bassins sont accessibles. Il est possible d'y faire trempette pour les plus courageux... On reste un moment à crapahuter et se rafraîchir ici à l'ombre de la jungle et au son de l'eau.

Au retour, on fait un stop à un village Balinais croisé sur la route où on discute avec quelques habitants. Les gens qui vivent ici se sont expatriés pour travailler dans les champs alentours. Ah nostalgie de Bali quand tu nous tiens...

Puis on longe la rive est du Lac Poso avant d'emprunter une voie vers les hauteurs à la recherche de point de vue. On ne croise quasiment personne à part quelques exploitants de bois qui nous regarde effarés.

Après pas mal de virages, on est satisfait et au lieu de continuer dans la montagne, on redescend au bord du lac pour déjeuner et piquer une tête. Si on avait su on aurait pris un logement ici au Siuri beach ! Une véritable plage de sable doux borde les eaux, quel bonheur !

Le patron s'informant de la suite de notre voyage, nous apprend que 3 touristes venu sur sa plage vont se rendre comme nous à Rantepao en voiture partagée le lendemain. Il nous reste plus qu'à les retrouver !

Sur le retour, on profite de l'ambiance paisible des lieux, entre villages colorés et végétation luxuriante. En s'arrêtant prendre en photo une église originale et quelques rizières, une jeune fille sortie de nulle part, s'approche timidement de nous pour avoir un selfie, même ici 😁

Vient un véritable jeu de piste pour tenter de trouver l'hôtel où réside les 3 jeunes en question. C'est chose faite quelques kilomètres à la sortie de la ville ! Bon ils n'ont pas l'air emballés de partager alors que c'est chose courante... ils semblent craindre de manquer de place. On s'impose un peu proposant de venir le lendemain et de voir avec le chauffeur si on rentre ! Car on est pas motivés à effectuer 13h dangereuses en bus...

Aymeric fera tout de même le tour des hotels à la recherche d'autres touristes mais ils sont tous vides ! Bon ça nous aura permis de faire un tour des berges de la rivière de Tentena !

Le lendemain on se précipite au bord de route pour trouver un micro (mini bus) ou tuk tuk pouvant nous déposer à la sortie de la ville mais rien, on stress on est en retard... Se sera finalement deux locaux en scooter qui acceptent de nous prendre (moyennant quelques roupies) avec nos gros sacs. Rejoignant nos 3 compères, chance ils sont encore plus à la bourre que nous ! Le chauffeur est d'accord pour nous prendre et on se retrouve compressés sur la 3ème banquette arrière, un siège pour deux, entre les sacs et la carrosserie... mais on préfère ça au bus ! (D'autant plus quand on les verra rouler tellement vite dans les virages qu'ils se couchent presque sur le côté de la route, comme en moto 😱 ).

Malgré qu'on empiète pas sur leur espace vital, les 3 font sérieusement la tronche car on paye légèrement moins qu'eux. En plus de ça, un d'eux est un poil malade et passe son temps à se plaindre, autant vous dire que le trajet sera mortifère...

Heureusement qu'on s'arrête à un point de vue sympa sur le versant sud du lac Poso pour changer d'air !

À l'arrivée, difficile de se déplier après 12h en mode polypocket, Maëlle agacée proposera de leur rembourser la faible différence de prix (et oui on comprends l'Anglais quand tu râles 😈). Ils refuseront finalement un peu gênés de leur attitude... (alléluiaaaa !!)

Et magnanime on leur montrera quand même le sympathique hôtel qu'on avait repéré, pays Toraja nous voilà ENFIN !!

- Voiture partagée Ampana à Tentena: 150 000 roupies/pers à 4. (9,30€)


- Location scooter à Victory hôtel: 100 000 roupies. (6,20€)

- Nuit à Tentena à Victory hôtel: 150 000 roupies (9,30€) pour la chambre avec sdb à l'indonésienne et toilette turques (250 000 à la mode occidentale), bon pdj compris et super staff.

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Nous voilà donc arrivés dans un hôtel qui nous met dans l'ambiance ! Et on découvre la ville de Rantepao, nichée au coeur des montagnes de Sulawesi centrale et capitale du pays Toraja. Le soir même, on rencontre Bodi, un guide (Toraja lui aussi) qui réussi à nous convaincre de nous emmener à la découverte de leurs coutumes dès le lendemain. Après une négociation musclée, on se met d'accord pour assister à une cérémonie funéraire puis faire un tour (avec de nombreux arrêts) au Sud de Rantepao.

Notre hôtel Cottage 88 avec cabines de style Toraja

Les Torajas sont un groupe ethnique comptant environ 650 000 personnes dont la plus grande partie est chrétienne, les autres musulmans ou adepte de la religion traditionnelle (qualifiée d'animiste) intitulée "Aluk to dolo" ou la voie des ancêtres. Ils vivent encore selon un modèle de castes avec dominants et "esclaves".

Pour la petite histoire, le nom Toraja a été donné à ce peuple par les colons Hollandais en 1909 ! Et oui ces chers Hollandais, mirent longtemps à se préoccuper de ce peuple vivant en autarcie dans leurs montagnes. Suite à la peur de la montée de l'Islam dans l'extrême sud de la Sulawesi, ils y virent un beau potentiel pour transformer tout ce monde en bons petits chrétiens... Les Torajas résistèrent et même convertis n'abandonnèrent jamais vraiment leurs cultes ancestraux et toc !

Et, depuis les années 1970, ce peuple s'est ouvert au monde et aux touristes, fascinant notamment quantités d'anthropologues. En effet, en plus d'un art architectural incroyable dans la culture Toraja, la mort a autant importance que la vie et leurs rites funéraires sont uniques au monde...

Maisons et greniers a riz (au premier plan) typique Toraja: les Tongkonans.

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Bon on a tâché de faire preuve d'une grande ouverture d'esprit et d'essayer de comprendre le pourquoi du comment, mais comme prévu ce ne fut pas facile à supporter...

Au matin suivant, on part en voiture car la pluie est de la partie, et direction une cérémonie funéraire pour commencer. (Ben oui comme ça le petit déjeuner est encore sur l'oestomac c'est plus chouette 🤐 ).

Bon vous devez vous demander au terme de ce suspense incroyable:

1-pourquoi ont-ils le droit d'assister à une cérémonie funéraire ? Et 2- Qu'ont-elles de si spéciales et atroces ? Alors désolé mais il va falloir repartir sur quelques explications...

Tout d'abord, lorsqu'une personne décède, elle est considérée comme malade jusqu'à son enterrement. Elle est donc momifiée et conservée dans la maison comme si elle était vivante, on lui dépose à manger, change ses vêtements,... et cela peut durer de quelques semaines à plusieurs années !!

Pourquoi ? Le temps de réunir l'argent nécessaire à la cérémonie qui coûte au minimum 10 000€, en gros tu vis et travaille pour la mort (bizarre cette phrase 🤔 ).

Pour les Torajas, après la mort vient le paradis (jusque là vous suivez...), pour y accéder peu importe ce que tu as fait sur Terre, bien ou mal, le principal est d'être bien accompagné. Et par qui ? Par des buffles et des cochons pardi ! Plus il y a de buffles sacrifiés, qui grâce à leurs cornes vont repousser les démons et ouvrir la porte d'eden, plus tu as de chances de gagner le paradis. Et bien évidemment témoigner de ta richesse, conserver ta place et caste dans l'au-delà.

En bas a droite deux buffles déja découpés ! 

Sachant qu'un cochon vaut 200€ et un buffle de 2000€ à 20 000€ 😮 (voir 50 000 € pour les noirs et blanc aux yeux bleus), imaginez le prix lorqu'on en sacrifie jusqu'à plusieurs centaines... 😮

Nous voilà donc sur place, le premier jour d'une cérémonie funéraire, elles peuvent durer de 3 jours à plusieurs semaines !

Elles se déroulent en grand comité (environ 200 personnes) et la présence d'étrangers est appréciée...

On nous offre tout de suite boissons et gâteaux alors qu'on se présente à la famille du défunt et on leur donne notre offrande en retour. (Une cartouche de cigarette, un comble alors qu'on vient d'arrêter de fumer... 😈).

Arrivés sur l'esplanade principale deux buffles sont déjà égorgés et en train d'être dépecés sur la terre battue... ça met dans l'ambiance.

C'est sans compter les cris d'effroi des cochons ligotés à des bambous à nos pieds. Par moment les hommes viennent en chercher un, l'emmène dans une paillote toute proche et on entend leur cris d'agonie avant de sentir l'horrible odeur de cochon grillé... Maelle qui prenait déjà sur elle est limite de se sentir mal. On pensait échapper aux sacrifices en venant tôt le premier jour... 😵

En même temps Bodi nous explique le déroulement des cérémonies, tout est ritualisé. Après une procession dans le village, la famille du défunt accueille les invités qu'on verra arriver en defilés successifs. Ils amènent leurs présents avec eux notamment les buffles, cochons, cigarettes,... et seulement quelques sacrifices ont lieu le premier jour. La sono hurle le nom de chaque participant ainsi que son offrande qui est notée pour rendre la pareille...

Après être venu jusqu'au cerceuil, situé au balcon de la maison principale, les invités prennent place sur des plateformes et paillotes construites pour l'occasion. Elles sont gardées par des jeunes gens en tenue traditionnelle.

Les jours suivants seront une succession de processions, de danse, de banquets et de sacrifice en masse pour finir. Puis le cercueil est finalement mené au caveau familial.

Bon si vous êtes une personne sensible aux animaux, ce n'est ni facile à supporter ni possible à cautionner à notre époque. Et on est encore une fois étonné par ce dont l'humain est capable par croyance...

Après leur condition n'est pas pire que dans nos abattoirs, les buffles sont bichonnés pendant leur (courte) vie, si ce n'est d'être régulièrement accrochés naseaux en l'air pour avoir un dos plus musclé...

Au centre notre guide Bodi 

Et ouf, on prend un peu l'air à la campagne ! On commence la visite par une grotte funéraire, veille de 500 ans elle contient des ossements, des cercueils en bois finement sculptés et des statuettes à l'effigie des défunts.

On poursuit par des falaises funéraires, le corps (des nobles majoritairement) est déposé dans un caveau familial qui est creusé à même la roche ! On retrouve ici aussi des poupées sculptées à l’effigie du défunt qui permettent un lien entre les vivants et les morts.

Puis on termine dans la rubrique mortuaire par l'arbre à bébé. On plaçait les nourrissons décédés dans une tombe creusée dans le tronc d'un arbre et "recousue", bon décidément bien glauque, on se croirait dans le film Sleepy hollow ! L'arbre en grandissant amène l'âme des défunts vers l'au delà...

Dorénavant les bébés sont enterrés avec leur famille.

Petit problème, l'arbre continue a grandir en largeur, et éjecte donc de temps en temps des petites momies ! 😨

Après une pause déjeuner (qui a faim après tout ça ? 😣), on s'arrête de nombreuses fois pour contempler les incroyables maisons Toraja ou Tongkonans.

Massive construction en bois avec un toit en forme de bateau. Cela symboliserai l’arrivée de leurs ancêtres par la mer et qui utilisèrent la coque du bateau pour se protéger des intempéries. D'autres pensent que le toit vient de la forme des cornes de buffle, leur animal sacré...

Tous les murs sont magnifiquement sculptés et peints. Et, comme vous pouvez voir on retrouve en façade les cornes des buffles qui ont été sacrifiés lors d'enterrements successifs dans la famille... plus il y en a plus tu affiches ta richesse.

Chaque maison s’accompagne d'au moins un grenier à riz, nettement plus petit mais tout aussi décoré.

En haut a droite une maison, les autres à 6 pilotis sont des greniers. 

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Le lendemain, une petite pluie fine tombe sur la ville. On se motive quand même à partir au Nord de Rantepao en scooter, n'ayant pas le temps de le découvrir en quelques jours en trek.

Connue pour être la région la plus authentique et sauvage, on en profite malgré la grisaille. On découvre des bosquets de bambous, des tombes dans des rochers, des forêts et une diversité de rizières incroyables parsemées de villages colorés.

On fait un premier arrêt pour déjeuner près d'un incroyable belvédère. Des rizières en plateau s'étendent sur des centaines de mètres, et on profitera longuement de la vue en dégustant une soupe de nouilles instantanées.

Après être passés par le hameau de Batutumenga on prend le chemin du retour sur Rantepao. Sur la route on double de nombreux camions transportant hommes et buffles. On apprendra qu'avait lieu des combats de buffles aujourd'hui... Avant les cérémonies funéraires les plus fastueuses, des combats sont parfois organisés. 😟

Les points de vue ahurissants sur les montagnes et la campagne environnante s'enchaînent accompagnés des sourires et grands bonjours des habitants, interloqués de nous voir par ici ! On passe par de multiples petites vallons, et on reste souvent scotchés par la beauté et le contraste de ces rizières colorées et des nombreux rochers volcaniques noir et blanc.

Au centre un des valon qu'on aurait pu admirer des heures 😊

On retourne à Rantepao juste avant que l'orage ne transforme certaines rues en piscine, et on dinera au café Arras, établissement pour touristes (prix plus élevés que d'habitude), mais où on mange vraiment très bien. On y testera un jus de fruit excellentissime au nom perdu en cours de voyage, mais qui ressemblait au fruit de la passion...

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Direction le Sud de Rantepao, on commence par le village musée de Ke'tekesu qu'on avait croisé en voiture avec notre guide. Bon on a vu des villages plus beaux et authentiques en se promenant, mais l'avantage ici c'est qu'on peut enfin rentrer dans une de ces habitations étranges. Et comme prévu, leur architecture de toît alambiquée ne laisse pas autant de place à l'intérieur que ce qu'on imagine malgré leur taille imposante.

On prend ensuite la direction du village de Lemo, les rizières se succèdent encore mais sans se ressembler. Il fait un temps magnifique alors rouler au milieu de ces paysages est un vrai bonheur. Décidément le scooter est le meilleur moyen de découvrir la région.

Ici et là des montagnes karstiques font leur apparition avec à nouveau des falaises parsemées de tombeaux. Il y en a d'ailleurs à visiter sur notre chemin, mais en ayant déja vu le premier jour, on préfère avaler les kilomètres et voir le plus de paysages possible.

On passe le petit village de Londa et on fait une boucle sur de petites routes de campagne avant de revenir sur l'axe principal.

Revenus à la civilisation bruyante et fourmillante, on s'occtroie une pause déjeuner udon et pâtisserie en bord de route.

Puis, à la vue d'un joli pont enjambant la rivière (environ 5km au Sud du centre ville) on décide de traverser pour rejoindre (à nouveau) le nord de Rantepao par l'autre côté de la vallée. Maps.me nous prévoit 15 km avant de retrouver des routes empruntées la veille. Ça grimpe dur et notre vitesse d'escargot nous laisse le temps d'admirer de nombreux petits hameaux...

Ici le scooter ça commence jeune, et viiite 😲

On ne croisera pas l'ombre de ce qui ressemble à un touriste de l'après midi. La route devient bien accidentée mais sur les cailloux on va toujours plus vite que les camions ouverts qui font office de transports local 😊.

On aperçoit par moments, l'autre côté de la vallée et certains villages traversés la veille. La petite quinzaine de kilomètres prévus nous paraissent bien long au fur à mesure que le chemin rétréci, devient boueux et cahote sévère. Plus de voitures depuis longtemps, seul les scooters peuvent passer par ici...

On finit par retrouver une route digne de ce nom avant de tomber en panne d'essence ou de finir embourbé 😅. Maintenant il y a même du traffic, et rebelotte on double de nombreux buffles dans des camionnettes.

Bien fatigués par tout ces kilomètres, on fait simple et on dîne à nouveau au café Arras (au second du nom, il y en a deux sur la route principale séparés par moins de 500m) où on revoit le groupe de Toulousains qu'on croise régulièrement depuis l'île de Tumbak.

Ce soir sera notre dernier à Sulawesi, un bus de nuit nous attend pour Makassar la capitale tout au sud de l'île...

On traversera le centre de l'île à toute vitesse pour être débarqués à l'aéroport au petit matin !!! Plus que quelques heures à patienter et c'est parti pour un vol vers Kuala Lumpur !

- Trajet Tentena à Rantepao en voiture partagée: 300 000 roupies (18,50€).


- Guide funérailles et pays Toraja avec voiture à la journée: on a oublié de noter le prix payé (un peu moins de 400 000 roupies pour 2), mais négociez ferme ! On vous conseille Bodi (contact en bilan).


- Location scooter à l'hôtel Cottage 38: 80 000 roupies la journée (5€).


- Bus de nuit Rantepao à Makassar: 180 000 roupies (11€).

- Nuit à Rantepao à l'hôtel Cottage 38: 250 000 roupies avec pdj (15,40€). Magnifique endroit avec cabines de style Toraja.

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Java


On a aimé:

  • L'ambiance de Yogyakarta.
  • Les Indonesiens, leur gentillesse et leur humour.
  • Les déplacements en train.
  • L'ascension des volcans et le panorama au petit matin.
  • La découverte culinaire des Martabak salés et sucrés 😃

On a moins aimé:

  • Le premier aperçu chaotique et bruyant à jakarta et à bandung.

Bali


On a aimé:

  • Ne jamais se sentir blasés par la beauté et la diversité des rizières sur cette île (Jatiluwith, Sidemen, autour d'Ubud et Munduk).
  • L'architecture et la culture Balinaise dans son ensemble (sauf leur relation avec les animaux).
  • Faire du snorkelling au dessus de l'épave de Tulamben.
  • L'omnipresence de la nature dès qu'on s'éloigne de Denpasar. Eviter les hordes touristes en saison basse (et en partant à l'aventure...).
  • Se perdre en scooter à travers la jungle et à flanc de montagne (merci maps.me 😉 ).

On a moins aimé:

  • L'ambiance et la faune à Kuta, bien pour faire la fête mais trop bondé à notre goût.
  • Le centre ville d'Ubud (contrairement à ses alentours), hyper touristique à visé hippie chic.
  • Le nombre de chiens et chats abandonnés et leur état déplorable.

Sulawesi


On a aimé:

  • La faible exploitation touristique de l'île, se sentir vraiment en dehors des sentiers battus.
  • Vivre sur pilotis au milieu de l'océan et passer ses journées à découvrir les fonds exceptionnels de Tumbak.
  • Se déconnecter du monde aux îles Togians.
  • Se sentir à une autre époque au milieu des Toraja, grâce aux magnifiques paysages et à l'architecture étonnante.

On a moins aimé:

  • Le pendant du moins touristique: plus de difficulté pour se déplacer à bas prix
  • Les sacrifices d'animaux...

On ouvre la bourse:

En comptant nourriture, logement, transports, activités, extras, divers pharmacie,...

Et en rajoutant les vols internes (de Bali à Sulawesi et de Manado à Luwuk) qui respectivement nous on coûté: 158€ et 105€ pour 2 personnes.


Nos 51 jours au Indonésie nous seront revenus à 24€ / pers et par jour. (Contre 25€ prévus grâce à l'excellent site planificateur à contresens).



Le visa pour deux mois nous est revenu à 104€ pour deux et le vol de Singapour à Denpasar pour 90 € pour deux, on arrive donc à un GRAND TOTAL de 2653€ à deux (soit 1326€ par personne pour 51 jours).

Pour lire la suite de nos aventures voici le lien vers le carnet tour du monde.