Carnet de voyage

Chiloé

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A la découverte d'une île riche en traditions...
Avril 2019
2 semaines
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Publié le 7 avril 2019

Après 9 jours chez Katya et Luis pour travailler dans leur huerta, à 10 km de Quemchi, je reste encore quelques jours à Chiloé pour "disfrutar" !

Ma seconde expérience workaway était intéressante mais pas des plus reposantes ! Par rapport à El Bolson, je partageais plus la vie de la famille comme on prenait les repas ensemble dans la maison de Katya en cuisinant les soirs à tour de rôle. La contrepartie était un travail intense et plutôt physique ! Mais bien récompensé par les talents culinaires de Katya et les bons produits de la ferme ! Je n'aurai pas eu le loisir de rencontrer Luis qui travaillait dans un élevage de saumon pour quelques semaines. Quand je suis arrivée lundi soir, il y avait un couple de volontaires allemands Farina et Pete de 27 ans, très sympas. Ils sont partis le vendredi matin.

On avait accès toute la journée à la maison de Katya et le soir à 22h, on allait dormir dans la cabane dans les arbres. Charmante mais un peu fraîche en ce début de période automnale comme elle n'était pas chauffée...

La cabane dans les arbres

Luis a construit lui-même leur maison, tout en bois... un travail impressionnant !

La maison de Luis et Katya... de quoi s'inspirer !

Katya et Luis ont le projet de devenir autonomes et d'introduire une activité de tourisme à la ferme (camping, circuits découverte de l'exploitation, cours de cuisine...).Outre les animaux, légumes et fruits qu'ils produisent, ils ont aussi une autonomie énergétique partielle (électricité solaire et éolienne) et utilisent essentiellement l'eau de pluie pour leur consommation avec un approvisionnement par citerne par la ville en période de sécheresse.

Autonomie électrique et en eau partielle

Et voici Katya avec Flaka, la chèvre domestique de 7 mois. Elle a la manie de vouloir toujours rentrer dans la maison (elle a le droit de temps en temps)... le souci, c'est qu'une fois à l'intérieur, elle a tendance à ne faire qu'une bouchée des fils électriques et galettes à la vanille...

Ce workaway où je suis restée travailler 8 jours m'a permis d'apprendre pas mal de choses sur le travail à la ferme... qui est (je le savais déjà mais on s'en rend mieux compte en mettant les mains dans le cambouis...) plutôt exigeant ! J'ai effectué presque tous les jours des choses différentes ce qui m'a permis de connaître différentes tâches quotidiennes nécessaires à l'entretien de l'exploitation de Katya et Luis qui s'étend sur plus de 40 Ha. On travaillait de 8h à 13h, ensuite on déjeunait ensemble. Après avoir fait la vaisselle à tour de rôle, on avait l'après-midi libre. Un des principaux bémols est que la ferme était à environ 10 km de Quemchi, la ville à proximité, sur une route où ne passait presque aucune voiture... je suis donc essentiellement restée sur place les après-midi. L'occasion de me reposer après le travail de la matinée et de bouquiner pas mal !

Mardi j'ai commencé avec Farina par défricher à la main un terrain sur lequel Katya et Luis souhaitaient planter des pommes de terre... ce n'était clairement pas le travail le plus intéressant comme il consistait à remplir brouettes et sacs avec le petit bois, les souches, racines... du terrain pour aller les jeter un peu plus loin ! On a fini la matinée en récoltant des fèves et des pois locaux (porotos).


Habas (fèves)
Porotos
Habas et porotos

Mercredi on a passé la matinée avec Farina, Pete et Manuel (l'employé de Katya et Luis) à ramasser des pommes de terre... encore assez sportif comme travail entre les coups de bèche et le ramassage des pommes de terre au sol ! Comme il faisait beau l'après-midi, je suis allée me balader à la plage, un des seuls endroits accessibles à pied depuis la ferme. Une belle balade de 3h aller-retour comme je n'ai croisé aucune voiture !

Un magnifique arrayane sur le chemin du retour

Jeudi on est repartis le début de matinée sur la récolte de pommes de terre. Puis on a trié les différentes récoltes pendant environ 2 heures suivant le type (pomme de terre classique ou native de Chiloé), la taille... toutes celles qui étaient un peu abîmées ont été mises de côté et vont servir à nourrir les animaux : rien ne se perd ! Avec Farina, on a fini par trier l'ail de Chiloé, un ail un peu plus gros que le nôtre, pendant que Pete et Manuel avançaient sur des travaux de construction.

Le soir, dernier dîner à quatre, lomo a lo pobre y leche asada !

Lomo a lo pobre
Leche asada

Vendredi Farina et Pete sont partis le matin. J'ai passé une bonne partie de la matinée à travailler sur le miel en grattant la cire des plaquettes pour libérer le miel des alvéoles. Ensuite, on plaçait les plaquettes dans la centrifugeuse pour récolter le miel. De son côté, la cire, qui contient beaucoup de miel, est recyclée l'hiver comme nourriture aux abeilles. J'ai fini la matinée en récoltant des porotos.

Grattage de la cire sur la plaquette pour libérer les alvéoles de miel

Au bout de quelques jours, les impuretés remontent à la surface par un jeu de densité... il suffit alors d'enlever ces impuretés pour mettre le miel en pot.

Petite photo des ruches, je ne m'y suis pas aventurée !

Samedi, j'ai pu découvrir l'invernadero (la serre) en commençant par transplanter des pousses de salades. Ensuite j'ai récolté un fruit merveilleux (2 kg)... qui saura le reconnaître ??

Pour finir, Katya m'a montré comment nourrir les animaux (poules, oies, canards et lapins).

Mes petites laitues remises en pots

Qui saura reconnaître ce fruit merveilleux ??

Quelques photos des hôtes de la ferme...

L'après-midi on est allées à Quemchi comme elle devait ramener la fille d'une de ses amies chez elle. Cela m'aura permis de découvrir la ville sous le soleil et de faire quelques photos !

Feria
Iglesia
Quemchi, sa feria, ses cabanas colorées, son port...

Le dimanche, grasse matinée ! On a commencé vers 11h. Après avoir nourri les animaux, j'ai fait deux bonnes heures d'épluchage de pommes pour que Katya puisse faire de la compote pour les desserts qu'elle vend tout en surveillant la cuisson de ce merveilleux fruit... (pour ceux qui l'ont reconnu!)

En fin d'après-midi on est allées cueillir des mûres (3,5 kg à nous deux) pour faire également de la confiture.

Lundi, Katya est allée vendre ses desserts en ville. J'ai donc commencé par nourrir les animaux avant de récolter d'autres types de pois "arvejas". Et pour finir, je suis revenue au défrichage du champ... point positif j'ai fini à 11h30 pour aller préparer le déjeuner !

Arvejas

Dimanche, retour à l'invernadero pour travailler sur les tomates cette fois en les redressant en les accrochant avec du fil et en taillant les branches qui ne portaient pas de fruits ou fleurs. J'ai fini la matinée en coupant les feuilles malades du champs de zapayo.

Redressement et taille de tomates

Coupe des feuilles malades des zapayos... il y a encore du boulot !

Je ne sais pas si c'était lié à la fatigue du travail ou au fait qu'il faisait un peu froid en ce début d'automne dans la cabane qui n'était pas chauffée... je me suis chopée un bon rhume que j'ai trainé toute la semaine. J'ai pu profiter que c'était la saison du miel pour en mettre de belles cuillerées dans mes tisanes... je ne devais pas être loin du kilo au bout de la semaine !

Un peu dommage que la ferme soit située si loin de Quemchi et qu'il n'y ait pas de moyens de transport pour s'y rendre... ça limitait pas mal les activités sur le temps libre l'après-midi ! A priori Katya et Luis devraient acheter des vélos pour la saison prochaine pour les mettre à disposition des volontaires. Une bonne idée qui leur donnera plus de mobilité !

Mercredi je me suis rendue à Castro, la ville principale de Chiloé qui permet de rayonner plus facilement sur toute l'île. Je vous raconterai bientôt ce séjour fort sympathique !

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Un voyage est fait de rencontres... Comme la vie, il se construit au gré des opportunités. A Castro, j'ai eu la chance de faire de belles rencontres qui m'ont permis de passer cinq jours magnifiques sur cette île extrêmement riche !

Je suis arrivée mercredi fin de matinée dans la maison de Sonia. Une maison pleine de chaleur, dans tous les sens du terme, entre le poêle à bois et la constante bonne humeur de Sonia ! Ca m'a fait du bien après la cabane dans les arbres un peu fraîche ! J'ai appris qu'un français allait arriver en début d'après-midi et avait prévu de louer une voiture. Chiloé est une île très riche entre ses églises, ses parcs et ses traditions mais il est vrai qu'avoir une voiture peut faciliter les visites... je me suis donc dit que j'allais attendre qu'il arrive pour voir s'il serait partant pour faire des choses ensembles. J'ai donc rencontré Didier, retraité de 62 ans, ancien ingénieur Orange, qui profite de sa retraite pour voyager. Une personne extrêmement généreuse qui m'aura fait bénéficier de sa location de voiture mais aussi de ses talents culinaires et son amour pour le vin ! Au lieu de 3, je passerai finalement 5 jours sur l'île en compagnie de Didier puis Christina, italienne, infirmière de 42 ans, arrivée le vendredi après-midi autour de chouettes dîners chez Sonia, en cuisinant à tour de rôle ! Après le merlu cuisiné par Didier, je me serai lancée dans des poivrons farcis !

Les diners chez Sonia

Sonia fêtait ses 65 ans ce lundi 8 avril, jour de notre départ à tous les trois. Nous avons donc fait une petite soirée le dimanche soir autour de pâtes carbonara made in Chiloé (Christina n'a pas pu trouver la joue de porc normalement utilisée) et d'un fondant au chocolat cuisiné par mes soins. Un chouette moment de partage ! Sonia nous avait aussi gâtés à notre retour du parc en nous offrant de la chicha de manzana achetée à la feria, une boisson pétillante entre jus de pomme et cidre et des empanadas de manzana fait par ses soins ! Un régal !

Pour vous raconter, Chiloé, je commencerai par ses églises. En effet, Chiloé en compte environ 300 dont 16 inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous avons donc passé deux jours avec Didier puis Christina à aller, à travers l'île à la rencontre de ces monuments... Malheureusement toutes n'étaient pas ouvertes, certainement dans un souci de protection. La plupart datent du XIXe siècle et ont été construites par les Jésuites. L'église d'Achao, la plus vielle, date de 1730. La caractéristique principale de ces églises est l'utilisation du bois local et des bardeaux de bois. Private joke pour la famille, un instant, je me serai crue en Bavière...


Nercon, Iglesia Nuestra Señora de Gracia
Vilupulli, Iglesia San Antonio
Chonchi, Iglesia San Carlos Borrome
Chonchi, Iglesia San Carlos Borromeo
Ichuac, Isla Lemuy, Iglesia Natividad de Maria
Aldachildo, Isla Lemuy, Iglesia Jesus Nazareno
Aldachildo, Isla Lemuy, Iglesia Jesus Nazareno
Detif, Isla Lemuy, Iglesia Santiago Apostol
Dalcahue
Curaco de Velez, Isla Quinchao, Iglesia San Judas Tadeo, non inscrite à l'Unesco
Achao, Isla Quinchao, Iglesia Santa Maria de Loreto, église la plus vielle
Achao, Iglesia Santa Maria de Loreto, Isla Quinchao
Achao, Iglesia Santa Maria de Loreto, Isla Quinchao
Quinchao, Isla Quinchao, Iglesia Nuestra Señora de Gracia, église la plus grande

Chiloé est une île, composée de nombreuses îles... vendredi nous nous sommes donc rendus sur l'île Lemuy et samedi sur l'île Qinchao. Au-delà des églises, nous avons pu prendre plaisir, pendant ces deux jours, à admirer les paysages de ces îles vallonnées, entre mer et campagne.

Isla Lemuy
Isla Quinchao
Port de Dalcahué

Nous finirons le samedi par un petit tour sur l'île d'Aucar. Une toute petite île près de Quemchi, seulement accessible à pied... un petit paradis !

La traversée des différents villages nous permet d'admirer les maisons colorées caractéristiques de l'île en bois local.

Mais Chiloé ne se limite pas à ses églises, elle renferme également deux parcs. Le parc Tantauco (3000 pesos) au sud et le parc national à Cucao (4000 pesos). Avec Didier, nous sommes allés le jeudi à Tantauco. Un temps oscillant entre soleil et bruine... et avec Christina, au parc national le dimanche, sous une météo magnifique !

Le parc Tantauco était très humide, avec une végétation luxuriante qui nous transportait dans un autre monde...



Des paysages étonnants aussi avec les arbres secs, rongés par les carpinteros, les pics verts locaux qui sont noirs avec une tête rouge...

Le lac Chaiguata au bord duquel nous ferons notre pause pic-nique.

Un peu de flore...

Nalka, plante native de Chiloé dont la tige se mange en salade

Au camping de Chaiguata , chaque emplacement a sa petite table de bois protégée de la pluie... de quoi s'inspirer !

Le parc national se décompose en deux parties, une partie essentiellement composée de forêt primaire à l'ouest et une partie de dune à l'est. Avec le soleil qui perçait à travers les arbres, se balader dans ce parc était tout simplement magique ! Difficile de rendre en photo les jeux de lumière que nous avons pu voir...

Christina

Un peu de flore, je n'ai malheureusement pas tous les noms...

Coigüe
Avellano
Arrayan
Ñocha, plante servant pour l'artisanat local
Murta, comestible, on peut en faire de la confiture

Faute de temps, comme on devait rendre la voiture à 17h, nous n'aurons pas eu le temps de voir la muelle de las almas mais sur le chemin, nous aurons pu admirer les pêcheurs, dans la brume, au bord du Pacifique...

Didier et Christina

Enfin, peut-on parler de Chiloé sans parler de ses traditions, notamment culinaires ??

Feria de Castro, un plaisir pour les yeux... et pas que !
Pommes de terre natives de Chiloé
Une tradition culinaire en produits de la campagne et de la mer

La feria de Castro où nous avons pu déguster le fameux avec un estufo de chancho ahumado. Un lieu très chaleureux où les touristes croisent les locaux au cours de leur pause déjeuner. J'ai particulièrement aimé pouvoir voir cuisiner les gens devant nous...

Estufado de chancho ahumado
Curanto, entre terre et mer, plat typique de Chiloé

Outre la nourriture, on retouve aussi beaucoup d'artisanat local dans les ferias.

Pour finir, quelques photos de Castro, où je me suis baladée le mercredi après-midi.

Les palafitos
Eglise San Francisco
Eglise San Francisco et coucher de soleil depuis le mirador Ten Ten
Les cormorans au pied des palafitos