Carnet de voyage

Atacama !

16 étapes
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Deux semaines dans le désert d'Atacama, au nord du Chili, une promesse faite à l'un de nos petits-fils.
Juillet 2019
16 jours
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Ce n'est pas la porte à côté, et il n'y a pas de train direct du Coëdo à San Pedro de Atacama.Donc, dans le détail :- train pour Roissy- avion pour Francfort- avion pour Buenos-Aires- avion pour Santiago du Chili- avion pour Calama- voiture pour San Pedro.Ouf.

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Tous sur la ligne de départ :

Côté équipement, gros dilemme. Il faut se protéger du soleil et des UV pendant la journée, du froid polaire durant la nuit. 
On a hésité un moment mais on va prendre pépé pour lui faucher sa bouteille d'oxygène si besoin est, et mémé, pour lui emprunter ...
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Les astronomes se sont trompés de date, l'éclipse c'était aujourd'hui, la preuve :

La preuve
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Petit matin frisquet à Buenos Aires, pas la foule pour le moment
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Deux trains et quatre avions, il fallait bien que ça coince à un moment ou à un autre ! Tous nos vols ont été retardés, et, conséquence, on a raté le dernier et perdu la valise de Marie-Annick.Bon, on est quand-même arrivés à destination, bien fourbus après 40 heures de voyage. La valise en mettra sans doute quelques unes de plus !

Paparazzi a trouvé un siège pour Papy . La cordillère  qui rosit
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Nous avons fait la route Calama San Pedro sous un ciel bouché, et à l'arrivée, surprise, les volcans sont complètement enneigés.Après négociation, car la route vers le Paso Jama et la frontière argentine est fermée à cause de la neige, nous sommes montés le long du Licancabur jusqu'à plus de 4400 mètres. Plutôt frisquet ! Hier matin, grande ballade dans la Vallée de la Lune : superbe, tout le décor est recouvert de sel, qui se confond avec la neige des alentours. Hier après-midi, l'évènement tant attendu : l'éclipse. Tout le désert semble être passé au HDR. Mais comme dit notre logeur, la Terre ne va pas s'arrêter de tourner à chaque éclipse.

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L'immense salar d'Atacama, comme d'ailleurs la plupart des salars du désert d'Atacama (on a dû manquer de noms à un moment), est parsemé de lacs - lagunas - peu profonds. La faune qui accepte de vivre dans ce milieu hostile se résume à quelques lézards, à quelques mouettes et avocettes, à de minuscules crevettes qui sont l'aliment exclusif des flamants. Le ballet de ces gracieux échassiers dans ce décor grandiose - l'immensité blanche, les lacs et la ceinture de gigantesques volcans - est un spectacle dont on ne se lasse pas.

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Une journée dans le froid, le vent, à près de 5000 mètres d'altitude. Le corollaire de ce temps glacial n'est pas négatif : dès que l'on s'élève on trouve la neige qui sublime encore ces paysages d'altiplano, bofedales (zones humides) frangés de glace, roches ocres saupoudrées de neige, volcans chapeautés de blanc, salars complètement gelés. Les vigognes semblent apprécier ce froid intense, elles broutent le long des lacs ou bien se détachent tout à coup au sommet d'une crête, un volcan enneigé en arrière plan. Nous trouvons un recoin à l'abri du vent derrière une monumentale formation de grès rouge pour le pique-nique du midi dans un décor digne de Salvador Dali.

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Les petits villages de Toconao et de Socaire ont abandonné l'élevage des lamas et donc l'agriculture pour se reconvertir en hâte dans l'exploitation des touristes qui vont visiter et admirer les lagunas Miscanti et Miñiques. Pistes et routes dans un décor grandiose. En approchant des lagunas la neige nous accueille. L'accès n'est ouvert que depuis quelques jours, car il y a deux semaines la zone était recouverte de deux mètres de neige. Un renard nous souhaite la bienvenue. Les mouettes survolent notre pique-nique pris à 4200 mètres d'altitude, devant la sublime laguna Miñiques, en compagnie de Chiliens bien équipés. Un petit détour (120 km quand-même) vers le Paso Sico pour admirer le salar d'Aguas Calientes.

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Levés à 4 heures du matin, arrivés dans la caldéra à 6 heures, il a fait -12° en route, mais seulement -9° au Tatio. 40 geysers et 70 fumerolles nous attendent. L'expérience est assez magique, il fait nuit noire, les volcans se détachent tout juste tout autour, les geysers et les fumerolles s'échappent dans un concert de chuintements, de crachotements, de glougloutements. Deux djihadistes d'Al Qaida sont prêts, l'aîné se congèle déjà sur pied. Le jour se lève et les fumerolles apparaissent dans toute leur splendeur. Les premiers rayons de soleil illuminent les colonnes d'eau et de vapeur, les silhouettes des visiteurs apparaissent et disparaissent comme des fantômes. Petit déj sur la plage arrière de la voiture, et deux Chiliens qui nous offrent un cafecito dans leur van aménagé : bénis soient Ilse et Yvan, routards comme on les aime. A 8 heures tous les visiteurs sont partis, nous sommes pratiquement seuls dans ce décor incroyable. Trois vigognes descendent de la montagne et les viscaches sortent de leurs trous.

Retour par les pistes en tôle ondulée, vigognes, lamas, renards, viscaches. Le volcan Putana crache tant qu'il peut, les "bofedales" regorgent de magnifiques canards à bec bleu, de "tagas cornudas" qui nichent. Les vigognes sur la crête nous souhaitent un bon retour.

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Nous partons à la recherche des "lagunas escondidas" de Baltinache. Ces 7 lacs salés ne volent pas leur nom (escondidas = cachées), il faut les mériter, 50 km de piste de "tôle ondulée" (calamina) féroce et des nuages de sable soulevés par les voitures, mais la récompense est au bout du chemin : 7 lacs salés bleu foncé, ourlés de sel blanc étincelant ; à l'horizon les volcans de la cordillère. On se baigne dans une des lagunes, portés par le sel, on ne risque pas de se noyer. Obligation de se rincer à fond, la teneur en sel est phénoménale, et au soleil on se recouvre immédiatement de cristaux blancs. Le retour se fait dans le rose et le mauve, la Vallée de la Lune sur notre droite, la chaîne des Domeytos sur notre gauche. Le Licancabur rosit de plaisir.

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Sur la route retour du Tatio à 4000 mètrres d'altitude, une surprise : la petite lagune de Machuca, son bofedal, ses innombrables oiseaux, ses lamas, ses vigognes se mirant dans l'eau, ses viscaches perchées sur les rochers, et son petit village somnolant dominé par son église blanche aux portes bleues.

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Le rio Puritama s'unit au Puripica pour former le Vilama à Guatin... Il se faufile alors dans un canyon qui surprend dans ce paysage aride. Queues de renard ("herbe de la pampa" chez nous), cactus candélabres millénaires, torrent aux eaux sulfureuses, cascades, flore variée... Un beau moment de détente pour se rincer un peu de la poussière accumulée sur les pistes.

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Quelle déception pour nous, Pépé et Mémé ! Aucune pathologie due à l'altitude, pas de "soroche", ils sont "apunados", comme ils disent. Du coup ils n'ont pas eu besoin de ma bouteille d'oxygène. Côté mémé, pas question d'utiliser le déambulateur, les "rues" de San Pedro sont complètement défoncées, on y perdrait les roues. On nous donc mis dans un bonnet bien au chaud et nous n'avons rien vu du pays. Paparazzi, quant à lui, a eu droit à une sortie "en ville" en fin d'après-midi. Il fallait que les geeks se connectent. Il en a profité pour flâner un peu dans le "casco viejo", le centre-ville. Il a aimé l'église et son beau plafond en bois de cactus, les grands arbres de la place, et il a fait un petit coucou aux amoureux des bancs publics ; quel veinard, celui-là.

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Le soleil se couche et la lune se lève sur la vallée de la mort. Fin du voyage.