Carnet de voyage

À travers les Andes (Chile-Argentina-Bolivia-Perú)

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Les Alsaco partent en Amérique Latine ! Départ de la pointe australe du Chili à partir du 54e parallèle de l'hémisphère sud, pour une remontée folle le long de la cordillère des andes!
Avril 2019
200 jours
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Une bonne blanquette de veau, une tarte à la rhubarbe meringuée, quelques larmes d’adieu et hop! Nous voici dans un petit coucou qui nous transporte de Strasbourg à Madrid. Si Charles est resté zen, Clara a bien cru ne jamais survivre aux secousses que nous a imposées la descente vers Madrid... puis, un sandwich au poulet industriel et une discussion au sujet de l’incendie de Notre-Dame de Paris avec un serveur espagnol plus tard, nous embarquons pour Santiago de Chile. Une heure avant l’atterrissage à Santiago, nous avons longtemps cru apercevoir le Pacifique... il s’agissait en fait d’une mer de nuages continue et uniforme, à perte de vue! Un atterrissage absolument magnifique et incroyable. Autant vous dire que Santiago était bien couverte à 7h du Matin.

Tip pour l’arrivée à Santiago: ne pas prendre de taxi, privilégier les service de taxis partagés tels que Delfos ou Transvip, 4 fois moins chers et qui vous emmèneront jusqu’à votre destination.


Dans l’immensité des montagnes désertiques, nous pouvions apercevoir quelques villages isolés. Surprenant, dans cet environnement 

Nous avons été magnifiquement accueillis par Cristian et Sarah, un couple chileno-brasilera. La journée a naturellement commencé par un petit déjeuner composé de café brésilien, de fromage local (Mantecoso), de fruits rouges typiquement chiliens .... nous avons ensuite fait un tour dans la ville avec nos amis, avant de nous écrouler pour une sieste réparatrice et ô-combien nécessaire! Le soir, nous sommes allés chez Maxi, un ami de Cristian, qui nous invitait pour un “asado”, un barbeuc quoi. Il y avait une bonne partie de la famille, oncles, tantes, cousins, grands-parents, réunis dans un appartement à la vue imprenable sur la ville. Au Chili, la viande de l’asado, une fois cuite et découpée, se dispose au milieu de la table et chacun se sert avec les doigts. Clairement, les chiliens font concurrence aux alsaciens: à peine les pieds sous la table, on nous a servi bières, vin et pisco. Les oncles et cousins de Maxi étaient intrigués par notre parcours et nous ont très vite proposé un séjour chez un oncle dans une ville de Patagonie.

La vue et la terrasse chez Maxi.

Le lendemain, notre deuxième jour donc, Sarah et Cris nous ont emmené à travers la ville: d’un marché de poissons touristique à un marché de fruits et légumes populaire, le Palacio de la Moneda (palais présidentiel qui fut le théâtre du terrible coup d’état de 1973), la Plaza de las Armas, le musée de la culture pré-colombienne...

La place de la Moneda, un peu de street-art dans Santiago, nos hôtes et nous.

Le jour suivant, seuls tous les deux, nous sommes montés sur les hauteurs de Santiago où nous avons bu un Mote con Huesillo, une boisson surprenante (mais rafraîchissante! Quoique très sucrée) avec une pêche confite et du blé à consommer à la cuillère, et nous avons croisé un colibri (qui nous est apparu l’espace d’une demie seconde)! Malheureusement, la vue sur les andes était bouchée par la pollution....

Pour notre dernier jour à Santiago, nous avons fait la rencontre d’Emilie, une amie de Maïté et ex-monswilleroise qui nous a donné plein de conseils sur la vie au Chili, et nous garde nos voiles pendant notre périple en Patagonie, bien trop venteux pour y espérer voler... L’après-midi nous avons visité le Musée des Droits de l’Homme, qui retrace le coup d’Etat du 11 septembre 1973 qui a renversé le gouvernement d’Allende, la vie sous la dictature de Pinochet, et la fin de celle-ci dans les années 90. Pour un peu d’émotion, voici les dernières paroles prononcées par Allende avant de mourir au sein du palais présidentiel bombardé:

“Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et se laisser humilier. Travailleurs : j'ai confiance au Chili et à son destin. D'autres hommes espèrent plutôt le moment gris et amer où la trahison s'imposerait. Allez de l'avant sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili, vive le peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison.” 11/09/73

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“Le bout du monde” pour nous; notre remontée folle commence ici, depuis le détroit de Magellan. 

Nous voilà partis de Santiago de bon matin: 3 heures plus tard nous survolons certains des plus beaux sommets d’Amérique du Sud: le majestueux Fitz Roy argentin, et les grandes tours et splendides glaciers de Patagonie avec Torres del Paine, une de nos futures étapes. Un magnifique spectacle de bienvenue pour notre aventure en Patagonie. Finalement ça a du bon de prendre l’avion...dommage que notre voisin du hublot n’en ai rien eu à foutre...

Punta Arenas représente le point le plus austral que nous allons visiter. Située au niveau du détroit de Magellan, entre le 53e et 54e parallèle, cette ville n’a pas grand intérêt à cette période de l’année, si ce n’est d’en profiter pour bien se reposer, et de pouvoir observer la Terre de feu au loin à l’horizon. Nous nous sommes promenés dans le vaste cimetière de la ville, l’un des plus impressionnant du Chili, oú nous avons appris que 50% de la population est issue de l’immigration croate qui débuta dès la fin du 19e.

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Nous avons à nouveau voyagé de bonne heure, en bus cette fois, pour rejoindre Puerto Natales. Nous avons été époustouflés par le lever de soleil sur les steppes Patagoniennes, surtout lorsque notre bus s’est retrouvé coincé dans un ras-de-marrée de moutons (plusieurs milliers sans exagérer, guidés par un seul cavalier et quelques chiens): une expérience délicieuse de bon matin. Nous avons évidemment mangé du mouton au déjeuner.

Lever de soleil suivi d’un ras-de-moutons 

Notre journée s’est articulée autour de l’organisation du trek de 5 jours à Torres del Paine. Nous partons bien chargés mais bien préparés (nourriture, matériel de camping, équipement pour tous les temps...).

Vue imprenable sur les fjords depuis la côte de Puerto Natales 
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Nous voilà embarqués dans une aventure que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Un trek de 5 jours, entièrement en camping, dans l’un des parcs les plus grands (plus de 220 000 hectares) et plus sauvages du pays; Torres del Paine. Nous étions impatients d’y être, surtout pour l’immersion dans les grands espaces de Patagonie, mais aussi pour tester nos capacités et nous surpasser. Au final, 80km en 4 jours avec environs 3000m de D+ en cumulé. Nous sommes partis avec environ 18kg (Charles) et 14kg (Clara), donc bien plus que le maximum recommandé pour nos gabarits respectifs. Ceci était inévitable puisqu’il nous fallait transporter le matériel de camping et de quoi manger pendant 5 jours.

Un arc-en-ciel de bienvenue pour nos premiers pas dans le parc, de quoi nous motiver pour porter tout notre équipement...  

Jour 1: entrée du parc à l’Hostal Torres - camping Chileno - Mirador Las Torres (19km)

Départ de Puerto Natales à 7h du matin, arrivée au Parc vers 9h où la journée débute avec un lavage de cerveau sur l’interdiction absolue de faire des feux dans le parc: deux incendies provoqués par des touristes en 2005 et 2011 ont ravagé des milliers d’hectares de forêts, et causé la perte d’une bonne partie de la faune locale qui se faisait déjà rare.

Notre trek commence par une ascension vers notre premier camping: l’immensité des paysages, les couleurs éclatantes de l’automne, les chevaux en liberté et les nombreux torrents à traverser nous ont permis d’oublier le poids que nous avions sur le dos. Après deux heures de dure montée, nous étions enchantés d’apercevoir le camping niché dans un cadre exceptionnel. Nous nous sommes délestés de nos sacs en installant notre campement, pour ensuite poursuivre jusqu’au mirador de Las Torres, l’un des points de vue les plus populaire du parc.

La première ascension est récompensée par un beau panorama sur la vallée torrentielle, et notre installation au camping Chileno. 

Nous commençons par remonter le torrent en le traversant plusieurs fois, dans un agréable cadre forestier. Nous croisons plusieurs personnes qui ne manquent pas de nous rassurer en nous indiquant que nous sommes presque arrivés (tu parles...). Nous quittons la forêt pour crapahuter au sein des écroulements rocheux successifs, une partie bien plus raide et accidentée qui ne nous fera pas regretter de nous être allégés pour monter. On change clairement d’environnement avec des énormes blocs de granites, et une végétation qui se fait de plus en plus rare. On commence à apercevoir pour la première fois des condors, enroulant les derniers thermiques de la journée. Ça y est, nous y sommes !! Malheureusement, une légère nébulosité rend une majeure partie des tours invisible...mais la vue y est tout de même impressionnante. Nous restons quelques minutes dans l’espoir que ça se découvre, mais nous devons vite rebrousser notre chemin vers le camping avant la tombée de la nuit.

Pendant la descente, nous avons été époustouflés par l’intensité des couleurs: le contraste entre le blanc et bleu des glaciers au loin, le gris et noir des granites et gabbros façonnant la vallée et le rouge et jaune incroyablement vifs des feuillages alentours. Nous retrouvons notre tente, prêts à passer notre première nuit en pleine nature.

Les différentes étapes jusqu’a notre arrivée au mirador de Las Torres, en partie cachées par une légère nébulosité. 
Petit Timelaps réalisé arrivé en haut avec l’espoir que ça se lève un peu... 

Jour 2: camping Chileno - camping Francés (18km)

Les français dans le parc se reconnaissent soit à leur tête soit à leur équipement (Quechua ou Décathlon en général). C’est ainsi que le 2e jour au matin nous rencontrons Agathe, une française blessée au genoux qui avait peur de ressortir seule du parc parce qu’elle avait croisé un puma la veille. Petit clin d’oeil à Marine: merci pour la crème anti-inflammatoire qui nous a servi une première fois à lui venir en aide (et une deuxième à soulager le genoux de Clara en fin de journée). Ce jour là nous avons longé l’énorme lago Nordernskjöll sur lequel nous avions des points de vue magnifiques, notamment depuis des plages plutôt romantiques. Nous avions découvert avec horreur que nous ne pouvions pas nous servir de notre réchaud partout dans le parc et avons mangé pour tout repas de midi du saucisson et du chocolat. Nous avons partagé une partie du trajet avec Sébastien, un breton bien sympathique qui parcourt le monde seul pendant 1 an. Il réalise le même trajet que nous dans le parc; ainsi nous avons passé pas mal de temps ensemble. Nous avons chacun interprété chaque crotte rencontrée sur le chemin pour déterminer si éventuellement un puma serait passé par là. Les avis divergèrent en la matière... la fin de la journée fut éprouvante et nous étions morts de faim.

Une journée offrant de beaux points de vues sur le Lago Nordernskjöll, avec parfois d’énormes torrents à traverser.

Le camping francés porte bien son nom: bien qu’installé au milieu de la forêt, on se serait cru sur une terrasse parisienne. Nous avons accroché notre sac de nourriture dans les arbres pour le dérober à la portée des souris. Cette manœuvre n’a apparemment pas suffi à tout le monde car le sac de Sébastien, pourtant installé à côté de nous et qui a fait de même, s’est malgré tout fait attaquer par les rongeurs. La nuit, nous avons fréquemment entendu des bruits forts et résonnants dans toute la vallée, comme plusieurs coups de tonnerre à intervalles presque réguliers. Nous avons vite compris que c’était les différents écroulements de glaces et de roches provenant des glaciers qui avaient lieux plus en amont dans la vallée, que nous allions remonter le lendemain...de quoi nous rendre un peu nerveux, mais également excités à l’idée de contempler ces phénomènes impressionnants.

L’union fait la force !! 

Jour 3: camping francés - mirador británico - camping Paine Grande (18,5km)

Pour le troisième jour, nous nous réveillons à la fraîche de bonne heure avec pas mal d’humidité (et pas mal de courbatures aussi...), et rangeons notre campement avant le lever du soleil (à la frontale) en anticipant une longue et rude journée. Après un court petit-déjeuner, nous partons parmi les premiers pour arpenter la vallée del Francés. La montée s’effectue dans une forte nébulosité le long du torrent très dynamique, avec parfois en fond des détonations nous indiquant que la montagne est bien active par ici.

Notre ascension s’effectue dans le brouillard, sans trop de certitudes quant à la vue qu’on allait avoir depuis les miradors. 

Arrivés au mirador francés (en compagnie de quelques français, australiens et brésiliens..), un panneau nous indique un point de vue apparemment spectaculaire...rien à l’horizon pourtant, toute la vallée est emplie d’épais nuages en basse couche. Un peu comme Saverne en plein mois d’octobre. L’occasion pour nous de nous ravitailler avec quelques fruits secs et du maté. En Patagonie, le temps change à une vitesse incroyable. A peine 5 minutes plus tard, les premières strates des imposantes montagnes se dessinent à l’horizon. Des couleurs apparaissent, et d’importants amas de neige et de glace viennent compléter le tableau. Un beau ciel bleu, pourtant impensable quelques secondes plus tôt, vient parfaire ce moment, de quoi nous précipiter tous à nos appareils photo pour immortaliser la fenêtre qui s’offrait à nous.

Vue dégagée inespérée depuis le mirador francés, où nous avons pu observer d’importantes et très bruyantes chutes de glace.

Nous avons continué notre chemin en direction du mirador británico, mais arrivés au pied de celui-ci, il nous a fallu admettre nos limites et renoncer aux derniers 200m de montée pour rejoindre un point de vue bouché par les nuages. Il faut dire qu’il nous restait encore à redescendre la vallée (2h30) pour retrouver nos sacs que nous avions cachés dans un cabanon, pour ensuite continuer jusqu’à notre prochaine étape au camping Paine Grande (8km), cette fois chargés de nos sacs.

En chemin, plusieurs oiseaux comme le Carpentero gigante ont pu être aperçus. À défaut de croiser des pumas... 

Cette longue traversée jusqu’au prochain camping, en longeant le lago Sköttsberg et en découvrant les ravages des incendies passés, s’est faite sans croiser personne; même pas un petit puma ou un guanaco à se mettre sous la dent...on était pourtant à l’affût ! Nous étions à bout de force sur les derniers kilomètres et avions hâte de planter la tente. Le refuge / camping du Paine Grande ressemblait à un hôtel et était peuplé de randonneurs, prêts à quitter le parc : c’est là que se trouve l’embarcadère pour le catamaran permettant la liaison vers les bus de sortie, qui constituera plus tard notre dernière étape...nous retrouvons au refuge plusieurs personnes que nous avons pu rencontrer en chemin, dont un couple de français avec qui nous partageons le dîner enfin bien au chaud.

Un renard un peu curieux - et pas farouche - nous a accueilli au camping. Après nous avoir bien amadoué lorsque nous montions notre tente, il s’est éclipsé avec un sac qu’il a dérobé à la tente voisine, très fier de son trophée. Le lendemain, après avoir volé la serviette d’autres campeurs, il aura également grignoté une corde de notre tente.

Notre camping en vue, où nous retrouverons notre ami renard peu farouche, que nous avons presque pu caresser... 

Jour 4: camping Paine Grande - Mirador Grey - camping Paine Grande (22 km)

Suite à une nuit extrêmement venteuse, durant laquelle nous avons peu dormi par crainte que la tente ne tienne pas le coup, nous avons décidé de modifier légèrement nos plans pour la dernière étape. Au lieu de marcher jusqu’au camping Grey, d’y installer notre tente, et de redescendre le lendemain matin à la frontale pour prendre le catamaran, nous avons préféré faire l’aller-retour jusqu’au mirador Grey dans la journée et laisser la tente à Paine Grande. Les rafales ce jour-là s’élevaient à plus de 65km/h selon la météo officielle mais il nous a semblé que certaines étaient bien plus violentes. Démonter et remonter la tente par ce temps était décourageant, et la perspective d’effectuer ces 22km de rando sans les sacs était plus qu’alléchante. De plus, il neigeait et le vent n’avait pas baissé lorsque nous nous sommes réveillés; nous n’étions absolument pas certains d’arriver jusqu’au mirador Grey. En chemin, nous marchions face au vent, qui était toujours déchaîné et encore plus puissant arrivés sur les crêtes, qui a forcé ceux moins déterminés que nous à rebrousser chemin.

Sur les crêtes, le vent soufflait très fort. Les condors étaient de sortie pour exploiter l’air et nous montrer leur beau plumage 

Des icebergs ont fait leur apparition sur la lagune, et une fois arrivés au mirador nous avons eu sous les yeux un des plus beaux spectacles du parc: un magnifique glacier de vallée, accompagné par d’énormes icebergs, qui vous attrape le regard pour ne plus le lâcher. Le calme de cet endroit où nous étions quasiment seuls (hormis le couple de français dont nous avions fait la connaissance plus tôt) et les condors qui nous survolaient ont contribué au sentiment de plénitude et de grande satisfaction qui suit une marche longue et éprouvante. Sur le retour, nous avons vécu ce dont tous les guides nous parlaient: le vrai temps de Patagonie. Alors que nous apercevions un nuage lourd de neige avancer rapidement dans notre direction, nous avions droit 5 minutes plus tard à un ciel bleu dégagé avec grand soleil. Le temps changeait tous les quarts d’heures, d’un extrême à l’autre, mais par chance nous passions entre les gouttes.

Beaucoup d’icebergs se détachent du glacier Grey, éblouissant par sa beauté bleutée et par sa pureté.

A l'intérieur du refuge le soir, nous rencontrons un couple d'Irelandais qui venaient d'arriver. Dehors, le vent n'avait toujours pas baissé et il pleuvait quelques gouttes, tout ça agrémenté de températures plutôt glaciales. Les irlandais dormaient dans un dortoir au refuge, que eux seuls occupaient. Ils nous ont gentillement proposés de les rejoindre pour passer la nuit au chaud et éviter d'entendre les puissantes rafales sous la tente...que néni !! L'aventure se déroule jusqu'au bout, nous décidons de passer la dernière nuit sous notre chère tente, à la dure !!

Jour 5: Paine grande - sortie du parc - Puerto Natales

Les rafales de vent ont du cesser vers minuit. Le réveil était frais et humide, mais pas de kilomètres à avaler aujourd'hui, on prend notre temps pour plier la tente et organiser nos sacs pour la sortie du parc. Un magique lever de soleil à l'air de se profiler pour notre dernier jour dans le parc (voir la vidéo du timelaps réalisé ce matin là...). Décidemment, nous avons eu une chance incroyable avec la météo tout au long de notre trekking. Le dernier jour va même être le plus ensoleillé de tous, nous offrant un beau spectacle d'adieu depuis le catamaran nous permettant de rejoindre les navettes de bus.

Sur le catamaran nous retrouvons plusieurs personnes avec qui nous avions fait connaissance durant le trek. Pour cette dernière traversée, une majeure partie de l’équipage est également constituée par le staff des différents refuges du parc : leur saison était terminée; c’était le dernier jour d’ouverture ‘officielle’. Ambiance au beau fixe sur le pont du bateau avec des points de vues inédits et l’ensemble du massif de Torres del Paine qui se découvrait de tout nuage, on ne pouvait pas espérer mieux pour notre dernier jour. Notre ami le renard nous a même fait ses adieux en nous regardant partir.

Timelaps réalisé depuis notre campement pour notre dernier lever de soleil dans le parc. 
Temps magnifique sur l’ensemble du parc pour nos adieux, avec un dernier regard de notre cher renard. 

Allez, quelques dernières photos pour la route !!

Les tours, enfin visibles !! Et quelques-uns des innombrables guanacos 
Hasta luego Torres del Paine ! 

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Le passage en Patagonie argentine était inévitable pour nous, et nous a marqué par la similitude des paysages et grands espaces avec la partie chilienne. Seuls certains des plus hauts sommets des Andes matérialisent la frontière, mais la végétation, les énormes montagnes, les interminables steppes et les innombrables guanacos qui les peuplent nous montre qu’on reste bien en Patagonie. En revanche, l’accent n’a absolument rien à voir d’un côté à l’autre de la frontière! L’architecture aussi est différente: à Punta Arenas et Puerto Natales, la majorité des maisons étaient en taule, ce qui n’est pas le cas en Argentine. Par contre, il y a tout autant de chiens errants, qui nous suivent parfois plusieurs kilomètres. On sent que du côté argentin, l’organisation est un peu plus à la cool, pour ne pas dire plutôt à l’arrache: des compagnies de bus qui vendent des billets pour des trajets inexistants, les horaires des commerces très flexibles, ainsi que ceux des excursions...

Petit pique-nique le long du lac Argentin accompagné de chiens errants et de flamants rose. 

El Calafate est une ville où l’on transite pour se rendre au glacier Perito Moreno, situé dans le vaste Parc National de Los Glaciares. La ville en elle-même n’a strictement aucun intérêt, elle s’est tristement développée autour du tourisme associé à ce glacier réputé. Il n’y a cependant pas photo, le glacier vaut le détour! Situé à environ 80km de la ville, le Perito Moreno présente une énorme étendue de glace coincée entre plusieurs sommets de la cordillère. Accessible de prêt, il impressionne par sa hauteur (jusqu’à 70m au front pour la partie submergée mais environs 200m d’épaisseur totale) et par son étendue (50km de long...).

Le glacier Perito Moreno sous plusieurs angles...un sentier bien balisé permet de le longer sur presque toute sa largeur. 

Sa couleur bien bleutée est éblouissante et il a surtout la rare exception d’avancer d’environ 2m par jour (au niveau mondial les glaciers ont plutôt tendance à reculer de 2m par an) ! Il est très actif; plusieurs morceaux plus ou moins imposants se détachent tout au long de la journée, offrant un spectacle surprise à nous, les touristes. Nous avons notamment assisté à une scène inattendue: un immense iceberg s’est retourné devant nos yeux, après qu’un énorme bloc de glace se soit désolidarisé de celui-ci.

Des icebergs se détachent régulièrement du glacier.
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Quel bonheur de quitter El Calafate, ville-Disney, pour rejoindre El Chalten et ses allures de Far West, que nous découvrons coincée au milieu des montagnes. Notre arrivée nous offre un coucher de soleil sur le Fitz Roy, ce qui nous guérit de l’absence de reliefs autour d’El Calafate. En cette saison, pas grand monde dans la ville, et plusieurs commerces et hôtels étaient déjà en vacances. Nous sommes déjà en manque de dénivelé, c’est pourquoi le lendemain, nous partons pour une fameuse rando appelée « Lago de los Tres »; 22km avec 800m de dénivelé cumulé, pour approcher le majestueux et tant convoité Fitz Roy.

Départ à la fraîche pour s’approcher du Fitz Roy. Rapidement la rando nous offre des points de vue sur l’ancienne vallée glaciaire

Nous croisons (encore!) de nombreux français, des perroquets verts et rouges, des empruntes de puma, mais toujours pas de foutu puma! Nous avons encore une chance incroyable avec la météo, avec un soleil radieux et une belle visibilité, de quoi admirer les autres sommets des Andes coiffés par d’impressionnants nuages lenticulaires traduisant un vent fort en altitude.

Un temps magnifique pour cette rando et des panoramas incroyables a mesure qu’on s’approchait du Fitz Roy. 

Les deux derniers kilomètres de l’ascension étaient vraiment raides et le sentier ainsi que les quelques marches naturelles étaient gelées. Sur la fin, un beau plaquage de neige fraîche a également corsé l’ultime ascension, mais l’arrivée en valait la peine, jugez en par vous-même!

Les derniers kilomètres se font en pente raide avec neige et glace au menu ! 
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Nous quittons l’Argentine pour poursuivre notre périple en Patagonie Chilienne: en cumulé, 21h de bus (1600km) avec des correspondances à Rio Gallegos, ville quelque peu sordide et déprimante, et à Los Antiguos, où nous avons passé la frontière (ce qui réactualise notre visa pour 3 mois). Nous nous sommes crus bloqués dans un trou spacio-temporel alors que les heures passaient mais le paysage restait inlassablement le même: de la steppe à perte de vue sans un seul relief. Il était possible de s’endormir pendant une heure et de trouver, au réveil, exactement le même tableau que celui qu’on avait quitté en s’endormant. Heureusement, après des kilomètres de ligne droite, un virage nous a sorti de notre torpeur, et nous avons aperçu le Lac Buenos Aires (ou “Lago General Carrera” selon son appellation chilienne, puisque la frontière traverse le lac) et des sommets enneigés. Nous retrouvons enfin les Andes, avec ici des roches à dominance plutôt volcanique.

De la steppe à perte de vue, jusqu’a Chile Chico, petite ville agréable au bord de l’immense lac General Carrera 

A Chile Chico, une petite bourgade tranquille et colorée, nous avons pris une bière sur la plage pour admirer le coucher de soleil et rencontré un groupe de jeunes touristes chiliens avec qui nous avons bien discuté et qui nous ont donné des conseils de voyage avec beaucoup d’enthousiasme. La basse saison se faisait ressentir: nous étions les seuls clients de l’auberge familiale où nous logions.

Le lendemain nous sommes montés dans un minibus peuplé majoritairement de français pour une folle virée vers notre premier wwoofing, en empruntant la mythique Carretera Austral. Folle virée on peut le dire, car la route était magnifique, mais aussi défoncée et vertigineuse, ce qui ne perturbait en rien notre chauffeur qui lançait à toute blinde son véhicule au part-brise fissuré. Tous les passagers descendirent à Puerto Rio Tranquilo, une ville-étape pour toute sorte d'excursions touristiques. On nous expliqua par la suite qu’en haute saison, cette ville connaît des pénuries et des difficultés liées à la gestion des eaux entre autres, car elle n’a pas la capacité de recevoir autant de touristes. Au sortir de cette ville, il n’y avait plus que nous dans le minibus et cela nous donna l’impression de sortir enfin des sentiers battus. Une heure de plus et nous voilà arrivés à Bahía Murta, notre terrain de jeu pour les 2 prochaines semaines.

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Le minibus nous a déposé « au centre » de Bahia Murta, village de 200 habitants, devant une épicerie. Curieuse de nous voir plantés devant sa vitrine avec nos gros sacs, l’épicière est sortie nous saluer et a proposé d’appeler Werner, notre hôte qui devait venir nous chercher, pour lui signifier notre arrivée. Clairement c’est elle la commère du village, qui connaît tout le monde et aime être tenue au courant des allées et venues de chacun. Son mari s’est joint à la conversation et quand Charles lui a dit que nous étions français, il lui a raconté de but en blanc que 20 ans en arrière, tous les hommes du village se précipitaient au lac dès qu’une française « bien sympathique », de passage dans le coin, se déssappait pour faire tempête. Bahia Murta est située à la confluence entre 3 rivières, qui viennent se jeter dans le lac General Carrera.

Vue sur Bahia Murta depuis les hauteurs lors d’une belle randonnée le premier jour. 

Suizaike, la « petite suisse », un petit coin de paradis.

Werner habite à une trentaine de minutes en camionette de Bahia Murta. Il faisait nuit lorsque nous sommes arrivés et pour entrer sur la propriété, il faut passer un chemin forestier dense et pentu, ce qui ne laissait pas deviner dans quel type d’endroit nous allions atterrir. Werner est un suisse-allemand qui est arrivé en Patagonie et a acheté ses terres il y a 30 ans (220 hectares!). Il s’est marié à une chilienne que nous n’avons pas eu la chance de rencontrer. Parti de rien, il a décidé de s’installer en pleine nature et d’y construire un vrai havre de paix, Suizaike (“petite suisse”), sur un plateau situé sur un énorme promontoire de granite, perché à environs 100m au dessus du grand lac Général Carrera. Le milieu est clairement montagnard; les sommets environnants culminent entre 1500 et 3000m, beaucoup de relief et des falaises impressionnantes plus en amont, la vue sur le lac et la baie de Bahia Murta est sublime.

Le chalet principal de Suizaike, dernière construction en date. Sans vent, le lac nous offrait de magnifiques reflets... 

Après avoir bien étudié les lieux et les ressources disponibles, il commença la construction d’un premier chalet en troncs, la mise en place d’arbres fruitiers et d’un énorme potager, l’aménagement d’espaces pour les animaux, le captage d’une source pour l’approvisionnement en eau et l’installation d’une turbine dans un petit torrent à 500m pour l’électricité….éléments qui suffisent à garantir une pleine autonomie, dans un petit coin de paradis.

A l’intérieur, tout en bois et tous les meubles sont faits maison ! 

Aujourd’hui, Suizaike est composé de plusieurs chalets, granges, enclos... et est peuplé par divers animaux : 3 chiens, 2 chats, 60 chèvres, 16 alpacas, 4 chevaux, 5 vaches, 20 moutons, des poules, cochons d’Inde...chacun y a sa fonction, y trouve sa place et y est totalement libre.

Première expérience Wwoofing

Le premier jour de Wwoofing, nous sommes partis à la recherche des 60 chèvres qui avaient disparu depuis deux semaines. D’après Werner, qui scrutait chaque jour les reliefs aux jumelles, elles avaient pu fuir en direction des sommets de la région, peut être apeurées par la présence d’un prédateur. Partis de nuit pour revenir de nuit, nous avons crapahuté pendant 12 heures à travers forêt et montagnes pour accomplir notre mission. Nous suivions Werner hors des chemins et sentiers balisés, pour nous retrouver sur des sommets apparemment inexplorés par les villageois de Bahia Murta eux-mêmes. La randonnée fut loin d’être facile, mais les paysages étaient merveilleux.

A la recherche des chèvres égarées...y’a pire comme corvée !! 

En fin de journée, de manière inespérée, alors que nous côtoyions les sommets et étions prêts à redescendre, nous aperçûmes enfin les chèvres à notre niveau, à environ 1000m au dessus de Suizaike. Werner, qui connaît la montagne comme sa poche, n’en revenait pas de les retrouver à ce niveau-là. Personne ne semblait manquer à l’appel, aucun puma n’en avait apparemment profité. Il fallut alors s’occuper de rassembler la troupe et de les faire redescendre... Werner n’était jamais redescendu par ce passage si raide, mais nous tentions le coup! Il nous fallu du temps et de l’agilité mais nous y sommes parvenus.

Après 2 semaines de fugue, les voilà retrouvées ! Au complet, nous regroupons la troupe et tentons de la faire descendre... 

Les jours qui suivirent, nous intégrions la vie et le rythme de Werner et de son fils lorsque celui-ci rentrait les week-ends. Nous nous occupions essentiellement des animaux (les nourrir, les traire, les rechercher en pleine cambrousse..), du potager, de chercher du bois en forêt et d’en couper, de cuisiner tous ensemble, de nettoyer le système de la turbine pour l’électricité (parfois avec les fortes pluies et le vent, le torrent se chargeait de feuilles et de terre qui obstruaient les filtres du captage de l’eau avant la chute vers la turbine). Pendant notre temps libre, nous cuisinions, regardions des films et documentaires sur la Patagonie, allions marcher jusqu’aux plages “privées” désertes du lac en contrebas, et surtout, passions des heures et des heures à jouer au “Truco”, un excellent jeu de cartes dont les Patagoniens raffolent et que Werner nous a enseigné.

Ici à Suizaike, on retrouve de la viande dans l’assiette chaque jour. En même temps, il n’y a pas de circuit plus court…; la bête naît ici, est élevée avec amour, grandit en toute liberté, finit par mourir ici (bon, parfois un bon coup de couteau dans la gorge aide bien…) et termine dans l’assiette. C’est ainsi que Werner et sa famille se font leur stock : un mouton, une chèvre ou un veau à la fois dans le congélateur jusqu’à épuisement, puis on recommence…Pour nous, c’était au tour du “cordero” (mouton), cuisiné à toutes les sauces. Lorsque la réserve toucha à sa fin, il fallut sélectionner une “chivito” (petite chèvre) et aider Werner à “carnear” (tuer, dépecer, vider, détailler…). Une drôle d’expérience, pas des plus plaisantes, mais l’asado ‘à la patagonienne’ qui suivit permît de nous remonter le moral.

L’asado de chivito...que rico ! 

Le maté

Werner nous a également appris à prendre le maté à la façon traditionnelle de Patagonie. Nous avons acheté à El Calafate une boule à maté en porongo (matière dans laquelle elles se font traditionnellement). Le porongo étant effiloché et poreux, il faut conditionner (« curar ») la boule: on nous conseille de faire infuser de l’herbe à maté et de laisser reposer tel quel pendant 3 jours, mais Werner nous recommande de simplement utiliser du Pisco, ce qui nous permet de préparer le maté et de le consommer immédiatement. Traditionnellement, le maté est préparé et géré par le “maestro” qui boit en premier, puis le fait passer aux autres. Le maté est ainsi partagé ; cela peut durer indéfiniment, seul un « muchas gracias » adressé au maestro signifie que l’on en a eu assez, autrement, il continuera à tendre la boule remplie d’eau chaude.

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Coyhaique

En quittant notre premier Wwoofing, nous avions grand besoin d’un accès fiable à internet: non seulement Charles s’était fait voler de l’argent en ligne, mais le gouvernement chilien lui avait de plus bloqué son téléphone! Au Chili, nous découvrons qu’il existe plusieurs façon de surveiller la population: lors de chaque achat effectué, en pharmacie, supermarché ou autre, on vous demande votre numéro national d’identité (« RUT ») et, lorsque vous utilisez une carte SIM chilienne dans un téléphone acheté à l’étranger, vous devez enregistrer le mobile sur un site du gouvernement (« enregistrer » signifie fournir une copie de votre passeport, des factures et diverses informations liées à l’appareil et à votre statut migratoire...!!). Faute de quoi, ce dernier sera bloqué et inutilisable, même lors de votre retour en France. Cette obligation est, en théorie, imposée à tous les détenteurs de téléphone portable dans le pays afin de garantir la transmission d’informations sur tous les mobiles en cas de catastrophes naturelles... : il est vrai qu’au Chili, séismes, éruptions volcaniques et tsunamis peuvent fréquemment avoir lieu.

À Coyhaique, la plus grande ville de la région mais sans grand intérêt, nous nous sommes principalement reposé et avons pu régler tous ces petits soucis de voyageurs européens.

Puerto Cisnes

Pour nous rendre sur l’île de Chiloé, qui constitue notre prochaine grande étape, nous avons voyagé pendant plus de 30h. Nous sommes arrivés vers 20h à Puerto Cisnes après 4h de bus depuis Coyhaique. Là, on nous annonce que le ferry que nous devions emprunter avait pris du retard à cause des mauvaises conditions climatiques...au lieu de partir à 23h, il était maintenant prévu pour 3h du matin. Au « port » il n’y avait strictement rien d’autre qu’une capitainerie en préfabriqué. Nous décidons donc de faire la seule chose qu’il nous restait à faire, au vu de la pluie battante et du vent froid qui nous piquait la nuque: entrer dans un petit resto du coin et nous saouler la gueule (au vin parce que quand même, on est français merde)!! On se demandait ce que diable nous pourrions bien faire dans ce petit village perdu, jusqu’à 3h du mat’ une fois que le resto fermerait ses portes ! Mais, ce qui est sympa en voyage, c’est que les imprévus donnent lieu à de belles expériences... À la table voisine, il y avait un couple avec leur fille, qui, après avoir payé leur addition, sont venus de leur plein gré nous demander si nous savions où passer la nuit (car d’après eux, on avait de bonnes gueules !) et, une fois au fait de notre situation, nous ont tout simplement invités à patienter chez eux. C’était une très belle rencontre, nous avons bu le maté et fait connaissance au coin du feu jusqu’au départ de notre bateau. Ils ont transformé une nuit d’attente sous la pluie en une joyeuse et chaleureuse rencontre interculturelle.

S’en sont suivies 20 heures de Ferry avec la Naviera Austral où nous dormions sur des sièges ´confortables’. Le réveil était fantastique, avec de très beaux passages dans les fjords et quelques haltes insolites dans des ports très reculés de l’archipel. La météo était encore superbe, nous permettant de passer pas mal de temps sur le pont, en scrutant l’horizon du Pacifique, à la recherche de quelques mammifères marins...

La nuit a été courte. On sent que certains efforts ont été nécessaires pour tirer Clara sur le pont de si bonne heure !
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Castro, au centre de Chiloé

Le ferry ayant pris du retard, nous manquions le dernier bus pour Castro, la capitale située au centre de l’ile, où nous avions prévu de passer la nuit. Nous avons approché les camions chargés sur le ferry et trouvé un conducteur qui a accepté de nous prendre. Il était très silencieux, mais sympathique. Après la carretera Australe, nous voilà embarqués sur la mythique route n°5, la Panaméricaine : elle débute ici au sud de l’île de Chiloé, traverse le Chili, le Pérou etc.., et se termine en Alaska ! Arrivés exténués à 1h du matin après 33h de voyage, nous sommes accueillis par une petite mamie très aimable mais qui n’arrêtait pas de parler et semblait ne jamais vouloir quitter l’appartement. Nous avons eu la chance de visiter Castro pendant les journées du patrimoine: petit tour gratuit en bateau duquel nous avons observé les « palafitos », maisons construites sur pilotis sur le front de mer, ainsi que quelques dauphins, bien proches des côtes. Nous avons mangé un excellent cebiche, dont on se souviendra longtemps !. Nous avons malheureusement appris par la suite que quasiment 100% du saumon chilote, poisson star sur cette île, provient de l’industrie « salmonera » qui, en plus de bourrer les poissons de pesticides et antibiotiques, contribue à la destruction active de l’environnement de multiples façons.

Castro, ville portuaire avec ses palafitos

La grande île de l’archipel de Chiloé, communément appelée “Chiloé” est très pluvieuse et venteuse. Il pleut ici 2 à 3 fois plus en moyenne qu’ailleurs dans le pays, et les 4 saisons peuvent s’exprimer au cours d’une seule journée, ce qui nous donne l’impression de prolonger un peu notre périple en Patagonie. La nature est ici indomptable et déchaînée, et ceci a certainement contribué à la mythologie et aux nombreuses légendes qui ont accompagné plusieurs générations (nous y reviendrons plus tard). Malheureusement, ces légendes sont maintenant déformées pour attirer l’attention du touriste et créer une impression de folklore éloignée de leur symbolique originelle. Autrefois, l’archipel était relié au continent par les énormes glaciers qui recouvraient l’Amérique du Sud. Mais aujourd’hui, on retrouve à Chiloé une faune et surtout une flore unique avec une grande variété d’espèces endémiques. Darwin a notament passé beaucoup de temps ici lors de son aventure à bord du Beagle, et il aurait été émerveillé par ce qu’il a pu découvrir ici...(il a aussi trouvé, en tant que bon British, qu’il pleut encore plus qu’en Angleterre…)


Las Iglesias de Chiloé

Pour visiter le reste de l’île nous avons loué une voiture pour quelques jours, ce qui nous a permis d’accéder à des endroits relativement reculés, et d’être plus libre de notre programme sans dépendre des horaires de bus. Ainsi, il a été plus facile pour nous de partir à la découverte des nombreuses églises présentes sur l’archipel, dont certaines sont classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Elles ont en effet la particularité d’être uniquement construites en bois, ce qui reflète une architecture prodigieuse et donne une atmosphère très chaleureuse. Notre coup de cœur fut pour celle de Tenaún, petit village pittoresque où nous étions tout seuls ( en fait, nous étions tout le temps tout seuls, on a pas croisé un touriste en 3 jours ! Ça a du bon d’être hors saison !)

(De haut en bas, de gauche à droite) Églises de Castro, Dalcahue, Achao, Curazco de Velez, Quinchao, Matao, Tenaún, Chonchi, Cucao

Dalcahue - Curasco de Velez - Achao

A Dalcahue, nous avons mangé d’excellents fruits de mer et pris un mini-ferry avec notre voiture pour accéder à la petite île de Quinchao et visiter les villes Achao et Curasco de Velez, qui abritent justement de belles églises. Lors d’une balade romantique sur la plage d’Achao, nous avons encore pu apercevoir des dauphins chilote ! Non mais quelle chance!

La côte depuis Curasco, Achao et Quinchao... 

Cucao, la côte Pacifique et ses plages immenses

Après avoir rapidement visité les petits villages de Tenaún (qu’on a vraiment trouvé mignon) et de Quemchi (dont on se serait bien passé...), nous nous sommes mis en route vers la côte Pacifique et avons traversé l’île d’est en ouest, pour se rendre à Cucao.

Sur la route vers Tenaún, une belle cascade et des plages à galets. 

Cucao est un petit village dans un environnement très sauvage et bien désert à cette période. Nous logions dans une petite cabane, chez Patricio, un chilote très chaleureux, qui avait allumé un feu de bois pour notre arrivée (rappelons que l’hiver s’installe ici... et toutes les auberges n’ont pas forcément eau chaude ou chauffage!!! Tabernacle). A Cucao nous avons opté pour la petite balade tranquille du “Muelle de las Almas”, le mouillage des âmes, qui doit son nom à la mythologie locale. Les anciens racontaient que, lorsque quelqu’un décède, son âme doit rejoindre l'île Purta Pirulil, à l’aide d’une embarcation d'écume chargée de conduire les âmes vers l’horizon. Le mouillage des âmes est donc très certainement une “mésappropriation” culturelle pour attirer les touristes qui confondront les appels des loups de mer en contrebas avec celui des âmes désespérées qui cherchent à monter à bord du navire fantôme. Quoi qu’il en soit, cette ballade prisée par des centaines de touristes en haute saison était absolument déserte à cette période de l'année. Il nous fallu escalader les barrières pour pénétrer dans cette réserve naturelle, afin d’entamer les deux heures de marche sans croiser âme qui vive....

Nous étions tout seuls pour faire cette randonnée de Muelle de las Almas, avec encore une fois beaucoup de chance avec la météo...
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Après un court passage à Ancud, ville plutôt bien active au Nord de Chiloé où nous nous sommes reposés dans une superbe auberge de jeunesse (mais qui était assez vide...), nous sommes partis en direction de notre 2e wwoofing, à Guabun, un ‘lieu-dit’ à l’extrême nord-ouest de l’île où sont implantées quelques fermes, rien de plus. Pour y accéder, nous avons fait du stop et avons rapidement été pris par un couple de fermiers qui habitaient Guabun et qui connaissaient la famille Ampuero, avec qui nous avions prévu de travailler comme volontaires. Le conducteur était très enthousiaste, il parlait beaucoup et très rapidement, et conduisait plus comme un marseillais que comme un alsacien. Il nous déposa en bord de route à 4km de notre destination, le reste a du se faire a pied, mais nous découvrions un bel environnement avec de belles prairies bien vertes, des plages qui paraissaient incroyablement sauvages et une vue sur l’immense Pacifique...de quoi s’enthousiasmer dans l’optique de voir des cétacés comme des baleines bleues, orques ou dauphins qui paraît-il sont souvent de passage vers la pointe de Guabun.

A l’arrivée, il n’y avait personne mais la porte était ouverte: c’était un beau refuge avec une vue imprenable sur l’océan. Nous avions quelques heures avant que nos hôtes ne reviennent, ce qui nous donna l’occasion de faire le tour de la propriété. Nous avons été accueillis par 8 chats qui nous ont fait le dos rond, quelques moutons, 1 taureau qui était en train de muer et 2 petites chèvres. Il y avait de nombreuses chambres, un énorme espace central qui paraissait plutôt chaleureux et nous étions persuadés que nous vivrions là le temps de notre séjour. Amanda, qui est clairement la cheffe ici, sa fille Gabyta, et son gendre sont arrivés dans l’après midi, nous ont servi des beignets, du pain, du fromage fait maison et de la confiture...mais pas de maté partagé cette fois, nous avions le notre et eux le leur...déjà, nous ressentions une atmosphère différente de Suizaike. Puis vers 18h ils nous ont déposé dans leur ancienne maison en contrebas (à 500m de leur demeure actuelle), où ils logent apparemment leurs volontaires. De nuit, cette maison quasiment abandonnée nous a semblée bien lugubre. Il n’est pas possible d’y cuisiner ou de se doucher (pour cela il faut se rendre dans la maison principale), l’isolation est très minime (il y a plusieurs trous dans les murs et certaines fenêtres ne se ferment pas complètement ou sont carrément brisées...), et pas de bois sec pour faire de feu, notre seul moyen de chauffage. Sur la propriété traînent pas mal de cadavres de bouteilles et une benne où des animaux en voie de décomposition se font manger par les vers. Sans voiture ni connection internet, il était difficile de ressortir pour la soirée où d’avoir contact avec le monde extérieur.

La ferme d’Amanda, déserte lors de notre arrivée...seuls quelques chats nous ont bien accueillis. 

Jusqu’à notre arrivée à ce wwoofing, nous avions vu et vécu des choses vraiment incroyables, avec bien sûr des moments plus calmes et banales que d’autres. Notre arrivée chez Amanda dans la communauté de Guabun a marqué le premier vrai moment de déception de notre voyage. Un certain sentiment de solitude s’installe alors, et vous fait apprécier d’autant plus tout ce que vous avez vécu jusque là! Amanda et sa fille sont gentilles, mais nous ne retrouvons pas ici le même sens de l’hospitalité et du partage que nous avons connu ailleurs, et après un mois et demi de voyage, la nostalgie s’empare de nous. La famille, les amis, vous nous manquez !

On peut dire que chaque jour nous étions mal à l’aise et l’ambiance n’était franchement pas au rendez-vous...c’est pourquoi nous avons décidé d’écourter cette expérience et de ‘tenir’ une seule semaine dans cette ferme, bien que nous avions l’intention de quitter les lieux dès le 2e jour. Les tâches quotidiennes se résumaient à faire le tour pour nourrir les animaux (vaches, taureau, cochons, chats...), planter quelques arbres, nettoyer le potager et préparer la terre dans les différentes serres. Nous avons aussi passé pas mal de temps à cuisiner et à couper du bois.

Heureusement, pendant nos deux jours de libre, nous avons pu explorer les environs de la ferme, qui est implantée quasiment en flanc de falaise. Nous avons ainsi découvert quelques magnifiques plages sauvages que seuls quelques cochons, vaches ou chevaux semblaient fréquenter (on commence à devenir de vrais pro en identification de matières fécales !). Par contre, nos heures passées à scruter l’horizon en espérant apercevoir les cétacés (ne serait-ce qu’une nageoire !) auront été en vain...ce n’était pas la bonne saison. Il est maintenant temps pour nous de passer à autre chose, et de quitter Chiloé.

Les plages depuis la pointe de Guabun, toujours à l’état sauvage. 
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Après cette légère déception dans notre deuxième woofing qui nous a conduit à l’isolement, nous avions grandement besoin de renouer contact avec la société et de recharger les batteries. Nous quittions l’île pour nous mettre en route vers la région des lacs (et des volcans !), avec comme première escale Puerto Varas.

Un peu de « french touch » à l’auberge MaPatagonia

A Puerto Varas, nous sommes tombés sur une auberge de jeunesse qui nous a plus que ressourcé. C’est d’abord les tarifs qui nous ont attirés, mais à peine passé le pas de la porte, nous avons ressenti un accueil extrêmement chaleureux dans un lieu actif, plein de vie : un intérieur tout en bois, une grande cuisine, des canapés autour d’un feu de bois, un salon où des gens regardaient des films et jouaient à Fifa ainsi que de belles chambres et dortoirs. Nous sommes accueillis par Pierre, le gérant français de l’auberge, très sympa et qui nous donna plein de recommandations pour notre séjour. Même si on en est très loin, cela nous fait nous sentir un peu comme à la maison. Dans la cuisine, nous faisons la rencontre de deux jeunes canadiennes, quelques chiliens venus supporter une équipe de foot, un couple néo-zélandais, des panaméens, deux américaines et bien sûr...deux français dont un alsacien ! L’ambiance de l’auberge nous a vraiment plu, c’est pourquoi nous avons prolongé notre séjour à 3 nuits. Le premier soir nous sommes sortis boire des bières entre français et avons bien ri ensemble. Lorsque les quelques litres ont commencé à faire leur effet, nous avons rejoint les autres de l’auberge en boîte de nuit histoire d’évacuer tout ça. Charles a même dansé sur du reggaeton (faut dire, il n’y avait pas grand chose d’autre...). Guabun est déjà oublié, place à la suite désormais!

Puerto Varas, ville atractive bordant l’énorme Lago Llanquihue. L’influence allemande est notable dans la région

L’influence allemande et café-Kuchen à Frutillar

Par un dimanche de grisaille, une petite promenade à Frutillar s’impose. Ce village offre une jolie architecture d’influence allemande du XIXe. Un grand nombre de colon allemands sont venus peupler la région au début des années 1800 et cette influence qui se retrouve partout donne aujourd’hui d’ailleurs à Puerto Varas une ambiance assez européenne. On retrouve des noms assez familiers, des kuchens, de la saucisse à gogo et de la bière allemande. Mais Frutillar, c’est une façade touristique, une bourgade bien calme et fleurie au bord d’un lac, avec un théâtre ultra moderne qu’il est possible de visiter (fermé lors de notre passage). Tous les cafés et restaurants du coin proposent un café-kuchen, mais attention aux gros yeux plein de jugement de la serveuse quand vous en commanderez à 14h (vraiment, à cette heure-ci?). Un bon streusel avec plein de crème dans l’assiette et ça repart ! La gueule de bois est déjà effacée...

Un après-midi humide en Allemagne à Frutillar. 

Le volcan Osorno, l’un des plus actif du pays

Nous sommes aussi venus à Puerto Varas pour faire notre entrée en matière de volcans. Le Chili est le pays qui compte le plus de volcans actifs au monde (plusieurs centaines!) et bon nombre d’entre eux sont accessibles. Dans la région de Puerto Varas, ce sont deux gros strato-volcans actifs qui se tapent l’affiche : le Calbuco (dernière éruption en 2015, sans trop prévenir...) et l’Osorno (dernière éruption vers 1870, l’avant dernière fut en 1835 avec ce cher Darwin comme spectateur...). Ce dernier, par sa forme conique quasi-parfaite, est reconnu comme le plus actif du sud du Chili.

Lors de notre dernière journée à Puerto Varas, nous sommes une nouvelle fois gâtés par la météo avec un beau ciel bleu, de quoi pouvoir enfin admirer les deux imposants volcans habillés de blanc, qui changent alors clairement le paysage de la région. Très matinaux, nous voilà embarqués dans un mini-bus en direction de l’Osorno, pour tenter de l’approcher par le “sentier de la désolation”. Encore une fois, nous étions seuls, et n’avons croisé personne lors de notre ascension.

Le sendero de la desolación, entre canyons et sables noirs. 

Après un premier palier jusqu’à un beau mirador, nous decidons de redescendre pour prolonger la randonnée vers le lac et s’offrir d’autres points de vue. En chemin nous croisons enfin des gens, qui en plus sont de l’auberge (un trio de vignerons, dont un français). Nous étions surpris par la diversité des paysages qui se sont succédés lors de cette rando : entre la végétation changeante, les canyons de sables noirs témoins d’anciennes coulées boueuses ou torrents lors de la fonte des neiges, les lapillis (ou bombes volcaniques) qui sont omniprésents, et le calme du lac en contre bas...

Arrivés au mirador, deux Traros (des rapaces chiliens) ont pris la pause...avec une allure d’aigles Allemand 
La diversité des paysages qu’offrait cette belle rando sur le volcan Osorno. 

En fin de balade nous avons recroisé nos amis de l’auberge, qui nous ont gentillement proposé de nous ramener avec leur voiture louée. Sur le chemin de retour vers Puerto Varas, nous nous sommes arrêtés pour admirer le coucher de soleil avec une vue panoramique sur le lac Llanquihue. Nous avons ainsi pu voir l’Osorno sous plusieurs angles, et plusieurs couleurs, ce qui clôtura le séjour dans la région d’une belle et agréable manière.

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Publié le 25 juin 2019

Nous avons entrepris les 4 heures de trajet entre Puerto Varas et Pucon en stop, ce qui nous permis de rencontrer un avocat de la ville d’Osorno et un architecte de Pucon. Ce dernier ne se contenta pas de nous déposer dans la ville, il nous fit découvrir les lieux avec force de recommandations.

La ville de Pucon ne présente pas en elle-même un intérêt flagrant, mais elle se situe entre lacs, volcans et montagnes, ce qui lui donne un fort attrait touristique. On sent d’ailleurs que le tourisme s’y développe de manière brutale et irrémédiable, comme en témoignent de grands blocs d’immeubles sombres et tristes qui servent d’hôtel en été pour le tourisme de masse. Notre deuxième conducteur nous informe d’ailleurs qu’en haute saison, la circulation est telle qu’il faut compter le double de temps pour approcher Pucon. Quelle horreur ! Heureusement, nous arrivons à Pucón en période creuse et il n’y a pas énormément de touristes. Nous nous sommes dirigés vers l’auberge Kiwi Hostel, qui nous avait été recommandée à Puerto Varas par Pierre, le gérant français. A peine arrivés, on a une nouvelle fois ressenti un accueil chaleureux, mais avec beaucoup moins de monde...cette fois-ci, pas de français, mais deux British, un couple allemand et plusieurs brésiliens, dont la plupart travaillaient en fait comme volontaires dans l’auberge depuis quelques temps. On a donc laissé notre espagnol un peu de côté pour trois jours et fait marché notre anglais, du moins lorsque nous échangions nos expériences les matins et soirs dans la cuisine.

Une journée bien humide mais avec des compagnons de marche ! Les toutous nous aurons suivis durant 16km. 

Le premier jour nous avons marché 16 km sous une pluie battante pour nous rendre à une jolie cascade (où nous nous retrouvions seuls, comme d’habitude). Deux toutous nous ont suivi toute la balade durant, et l’un d’entre eux, clairement jeune, fougueux et facilement distrait, se fit renverser par une voiture lors de notre retour en ville en fin de journée. Il avait la pâte blessée et nous l’avons amené chez un vétérinaire qui put lire la puce qu’il avait sous la peau et (on espère) retrouver le propriétaire.

Les termes Los Pozones, 7 bassins rien que pour nous ! 

Avec la forte activité volcanique de la région, en plus des reliefs coniques qui sont sculptés avec le temps, la nature offre également au droit de ces points chauds des sources ‘muy caliente’. Ainsi le deuxième jour nous avons décidé de suivre le conseil de notre conducteur architecte. Au lieu de nous rendre dans les magnifiques et réputées (mais aussi très fréquentées et très chères) termes géométriques de Pucon, nous options pour une alternative plus rustique et plus économique: les termes naturelles de Los Pozones, 7 bassins d’eau bien tempérée à brûlante le long d’un torrent, que nous avions pour nous tous seuls tout l’après-midi. L’endroit est bien aménagé dans une vallée étroite avec la nature très bien préservée, et aucun autre service que les bassins et des vestiaires pour se changer. On peut même faire trempette dans le torrent glacial entre deux marmites, avec une vue sur les sommets enneigés avoisinants. Le rêve ! de quoi se détendre, car comme vous pouvez vous l’imaginer, il est terriblement stressant de voyager ainsi sans jamais penser ni au lendemain ni au travail.

Plusieurs vues sur le Villarrica, toujours fumant. 

Le troisième et dernier jour, nous décidions de profiter du temps parfait qui s’offrait à nous pour découvrir l’incroyable - et très actif - volcan Villarrica, et de nous en approcher. L’une des excursion phare de Pucón est évidemment l’ascension du Villarrica jusqu’à son cratère, en compagnie d’un guide et d’équipements adaptés : la neige et la glace y sont abondantes. L’excursion nous a semblé excessivement chère, et dans ce pays, qui recèle d’innombrables activités aussi incroyables que surprenantes, on ne peut pas tout faire. Nous avons entrepris une magnifique rando tous seuls dans la neige en traversant les canyons creusés par les dernières coulées (dernière éruption en 2015), tout en admirant sans interruption la fumée grandissante qui s’échappait du cratère, traduisant le souffle du volcan. Dommage d’avoir installé des pistes de ski sur le cône, même si celles-ci ne parviennent pas à dénaturer complètement la beauté du volcan le plus actif du pays (le Villarrica est bien en pôle-position au Chili!). Nous avons même pu voir un gros salaud de parapentiste profiter de la météo parfaite de cette journée en décollant de plus haut, mais merde, nos voiles nous attendaient sagement à Santiago...

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C'est fou comme le temps passe vite lorsque les journées sont pleines de découvertes et d'exploration, mais aussi de transport : jusque-là, nous avons parcouru 4500km en bus pour un total de 66 heures, et 400km en stop pour un total de 5 heures. Notre périple austral (notre référence étant Santiago, au centre du pays) touche déjà presque à sa fin. Après 2 mois d'aventures en patagonie et dans le grand sud, nous revenons vers Santiago, avec toujours notre ligne directrice en tête : cap vers le Nord !

Nous ne pouvions pas revenir à Santiago sans passer par la belle et fameuse Vallée de Colchagua, plus au Sud, où se produisent la plupart des meilleurs vins rouges du pays.

C'est à Santa Cruz, ville située au centre de la vallée, que nous décidons de rester pour deux jours, avec comme unique but, des dégustations bien sur !!. A peine arrivés, nous remarquons facilement (toujours sous un ciel magnifiquement bleu) que nous avons clairement changé de latitude. Le climat semble déjà plus aride avec des arbres fruitiers encore bien lourds d'agrumes, de pommes ou d'avocats; de nombreux palmiers et des facades aux couleurs plus estivales que ce que nous avons pu voir jusque-là (rappelons que nous sommes en hiver actuellement...). Il y a plus de 265 jours de soleil ici, ce n'est donc pas pour rien que les vignes prospèrent et que les fameux cépages comme le Cabernet Sauvignon, le Carménère ou le Malbec (pour ne citer qu'eux) arrivent à s'exprimer parfaitement.

Au Chili la tolérance avec l'alcool et la conduite est plus stricte qu'en France : celui qui conduit ne boit pas UNE goutte. Notre choix étant vite fait, nous décidions de louer des vélos. Après 15km sous le soleil en passant par de beaux villages entre vignes et énormes vergers avec l'imposante cordillère aux cîmes enneigées en toile de fond, nous arrivons au domaine Montgras pour une petite visite suivie d'une dégustation. Les vignes sont belles, bien qu’il n’y ai plus de grappes restantes ; on arrive après les vendanges ! Pas grave, le plus important évidemment c’est qu'il y en ait dans le verre !

Belle balade en vélo dans la vallée de Colchagua avec les interminables hectares de vignes...

Montgras - où le Carménère et le Cabernet sont rois

A Montgras, un domaine magnifique où palmiers et vignes se côtoient avec succès, nous nous retrouvons avec un sacré groupe pour réaliser la visite, mais avec un guide plutôt interessant. Le domaine, tout comme la majeure partie de la vallée de Colchagua, bénéficie d'une situation géographique particulière, entre "mer et montagne" (pacifique à l'ouest et cordillère à l'est) avec donc une belle et longue exposition quotidienne des vignes au soleil. Le terroir est argilo-sableux avec une roche mère plutôt granitique. Mais Montgras, comme la plupart des 'gros' de la vallée, possèdent également plusieurs hectares dans d'autres secteurs du pays (comme les vallées de Maule et Casablanca par exemple). A chaque région ses cépages : pour Colchagua, ce sont surtout le Carménère, le Carbernet Sauvignon et le Chardonnay qui sont mis en valeur. Ce sont d'ailleurs les 3 cépages que nous avons dégusté, parfait ! Après avoir un peu venté le bon terroir Alsacien pour les blancs lors de la dégustation, notre guide nous à sorti une petite bouteille de derrière les fagots ; un assemblage Gewurtztraminer / Sauvignon blanc vendanges tardives plutôt fameux qui nous à fait grandement plaisir. Pour le soir, nous nous sommes munis d'un Syrah 2015 franchement bon de leur gamme "Antu" (qui veut dire 'Soleil' en Mapudungun, la langue des Mapuches) qui nous à bien rappelé les Syrah du Rhône et qui n'a pas fait long feu...et d'une bouteille de Gewurtz VT bien-sûr !

Le domaine MontGras, sous un soleil radieux ! 

Viu Manent, l'audacieuce signature Malbec depuis 3 générations.

Le lendemain, nous décidons de profiter encore du beau temps en montant sur nos vélos et en partant explorer cette fois le coté sud de la vallée. Viu Manent, c'est un autre gros (si ce n'est le plus gros) domaine de Colchagua, très classe et magnifiquement entretenu. C'est un vignoble qui existe depuis 3 générations dans la vallée, d'origine Catalane, et qui semble ne cesser de s'enrichir année après année, bienqu'ils soient en train de diminuer leur production pour se concentrer sur la qualité du vin (27 différentes références en vente en 2019 !). Viu Manent se revendique d'être le premier domaine à avoir commercialisé du Malbec au Chili (il faut entendre "à avoir étiqueté le 1er Malbec au Chili"), cépage très répandu chez leur voisins Argentins, ce qui en fait leur marque de fabrique. Le terroir très minéral (granite), limoneux et rocailleux semble se marier parfaitement avec le Malbec. Ils ont aussi le mérite d'être à 100% de leur consommation d'électricité d'origine solaire. La visite fût très belle avec même un petit tour du vignoble en calèche, et la dégustation de 6 vins fût malheureusement trop expéditive (bon, nous, on a pris notre temps pour bien finir tous nos verres !). Mention spéciale pour leur Cabernet Sauvignon, Merlot et assemblage Cabernet / Malbec...mais leur Pinot Noir ne nous a franchement pas convaincu et nous avons été déçu de ne pas goûter le Malbec en monocépage, pourtant star de la maison...après un pique-nique à l'ombre des oliviers, nous sommes quand même repartis avec un Malbec sous le bras, qu'on y goûte Tabernacle !! Ce dernier fût plus qu’apprecié.

Visite et dégustation du domaine Viu Manent.
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Publié le 4 juillet 2019

Notre périple austral touche donc à sa fin, et nous revoilà déjà à Santiago, retrouvant avec grand plaisir nos amis Cris et Sarah, chez qui nous (re)posons nos bagages pour plusieurs jours, dans le quartier de Providencia. Les soirées sont animées à Santiago avec le début de la Copa America, très suivie sur tout le continent, surtout au Chili, qui est double tenant du titre ! A chaque soir son affiche...avec beaucoup de Pisco, évidemment.

Sans perdre de temps, nous récupérons avec beaucoup d'excitation nos voiles dès notre retour à Santiago, en passant chez Émilie et Seb, le couple de français qui ont gentillement gardé un oeil sur elles. Nous avons passé plusieurs heures à étudier la typologie, les accès, et les conditions météo des sites autour de Santiago; mais aussi à contacter quelques écoles et moniteurs pour connaître leurs avis et leur disponibilités. L'idée pour nous était clairement de nous familiariser à l'aérologie qu'on est susceptible de rencontrer dans l'hémisphère sud, et de rencontrer des pilotes : après plusieurs mois sans voler, nous avions besoin de nous rassurer et recommencer de manière sereine à décoller, atterir et exploiter les masses d'air. Nous remarquons qu'à Santiago, en ces temps-ci, il n'y a pas grand monde qui vole, et que les sites sont assez éloignés de Providencia...surtout lorsqu'on depend des transports en commun. Après quelques faux-bons de la part de certaines écoles, nous sommes parvenu à planifier une journée avec 2 pilotes-moniteurs, David et Poncho, qui ont accepté de nous prendre sous leur aile. Ces derniers nous ont proposé de venir nous récupérer à notre domicile de Providencia, nous enmener au site de Colina situé à 30km au Nord de Santiago, de passer la journée ensemble à voler et de nous ramener le soir. On ne pouvait pas rêver mieux, un 'cours' particulier et de quoi nous faire la navette, parfait !

Le site de Colina, parfait pour un retour en l’air. Une bonne brise continue qui dura toute la journée ! 


Le site de Colina correspondait exactement à nos attentes : un 'cerro' de 300m dépourvu d'obstacles (hormis quelques cactus), un immense atterrissage, et un espace aérien partagé avec uniquement quelques condors. Clara a pu retravailler les fondamentaux avec une nouvelle technique de décollage, tandis que Charles à pu profiter des conditions dynamiques pour réaliser un vol de 30min en 'soaring'. Au final, 3 vols chacun, qui à eux seuls ont suffit à ne pas nous faire regretter d'avoir enmener les voiles. Quel plaisir de partager à deux cette aventure, avec désormais cette composante aérienne qui nous enthousiasme encore plus pour la suite du voyage...et nous fait davatange redoubler de prudence.

Quelques belles images sous nos ailes... Charles en vol et Clara en train d’atterrir tout en finesse !!
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Valparaiso, tu ne t’es pas peigné les cheveux,

Tu n’as pas eu le temps de te vêtir,

La vie t’a surprise,

La mort t’a réveillée…


Notre traduction un peu bancale de ces quelques vers de L’Ode à Valparaiso de Pablo Neruda...

Les 42 cerros de la ville offrent des points de vue aux couleurs imprenables 

Valparaiso est surprenante, chaotique, sale, belle, inconfortable, dangereuse, maquillée comme une femme fatale qui vit la nuit dans la luxure et passe ses journées à séduire de riches mécènes en les traînant dans les musées à ciel ouvert, les galeries d’art, et les bars à Pisco parmis les moins chers de la région. Pour se déplacer d’un quartier à un autre la nuit, mieux vaut prendre un uber. La journée, on est séduit par les courbes sinueuses et les tatouages muraux des quartiers touristiques, et pour mieux la connaître, car elle nous fascine, on s’aventure dans la cambrure de ses hauteurs, qui dévoile les tourments de sa personnalité, les rues s’entrelacent en escaliers, rampes, cimetières, cerros, les maisons sont belles même à l’abandon, c’est un chaos d’architecture qui reflète l’âme de cette ville qui, telle la femme fatale mentionnée plus haut, vous séduira sans jamais vous faire sentir bienvenu, vous serez toujours un outsider, un vulnérable, un privilégié d’avoir pu arpenter ses secrets, ou ce qu’elle a bien voulu vous dévoiler en vous laissant croire que vous aviez la clef de ses secrets les plus intimes, mais vous n’appartiendrez jamais, et vous continuerez à prendre un uber pour rentrer chez vous le soir, car au matin vous avez vu un homme sortir une arme à feu de son sac pour impressionner sa copine.

Cristian nous a fait découvrir son Valparaiso, celui de ses études: nous avons emprunté les antiques funiculaires, bu des Piscola à n’en plus pouvoir, dansé dans une boîte « freiter » (qui craint) sur du reggaeton de merde, brunché, marché dans les rues colorées…. lorsque Sarah et lui sont repartis à Santiago, nous avons pu rester dans l’appartement familial de Cristian. Nous sommes allés au marché des pêcheurs, d’où nous avons pu observer un loup de mer qui pêchait le long de la plage. Sur le retour, nous avons fait la rencontre d’un vieux chilien qui avait dans sa jeunesse travaillé en France dans le fret et qui était un grand fan du film « Ratacouilles ». Nous avons ensuite mangé sur la terrasse les fruits de mer récemment achetés, et cuisinés à la perfection par Charlito.

Les marchés, lieux populaires et riches en couleurs...celui des pêcheurs nous a offert des ‘mariscos’ bien frais ! 

Finalement, ce qui nous a peut être le plus surpris, c’est le centre ville, celui qui n’est pas touristique, mais où les sans-abris font des feux en pleine rue pour se réchauffer, et où l’on trouve toutes sortes d’objets insolites au marché du mercredi et du samedi, tels que des uniformes Copec (fournisseur d’essence au Chili), des téléphones cassés, des pièces détachées …

Certaines toiles éphémères s’admirent en regardant le ciel. La nuit, Valparaiso se revêt d’une toute autre ambiance... 

La Sebastiana, l’une des maisons de Neruda, vaut le détour. Vous y apprendrez la passion insolite du poète pour les objets de collection, et sa fascination pour cette ville où il a élu domicile (entre autres). Car en matière de femmes comme en matière d’habitat, il semble que le changement lui ait été nécessaire.

La maison de Neruda, à 5 étages, qu’il est possible de visiter avec l’impression que rien n’a bougé...

Plusieurs des innombrables fresques et peintures de Valpo nous ont captivé, ralenti, guidé, illuminé, impressionné...en voici un échantillon de celles qui ont retenu notre attention.

De retour à Santiago, les soirées étaient animées. nous avons regardé un match du Chili en compagnie de Cristian, Sarah et leurs amis, avec une ambiance d’abord très concentrée puis surexcitée suite à la victoire. Les crêpes de Clara ont eu du succès auprès des filles, mais moins auprès des plus footeux, trop concentrés pour avaler quoi que ce soit (sushis, pizzas et crêpes se faisaient concurrence autour de la table).

Nous avons également mangé chez Émilie et Seb, bu 4 bouteilles de vins à 4, avec notamment un reblochon extrêmement mature qui nous a fait un bien fou. Le lendemain, d’ailleurs, nous avons babysitté leurs fils, le petit Lucas, pour les remercier d’avoir gardé nos voiles pendant notre trip en Patagonie. Charles a reçu plein de sourires et a assisté avec talent au changement de couche et au biberon.

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Le trajet Santiago - La Serena

Il était temps pour nous de dire aurevoir à nos amis Cris et Sarah, de les remercier pour leur accueil et leur bonne compagnie...et de se donner rendez-vous prochainement, probablement ailleurs dans le monde ? Fini le sud, fini la region métropolitaine, place désormais au nord ! Un autre voyage commence alors pour nous, avec une mobilité un peu plus réduite sur nos deux pieds puisqu’en plus de nos gros sacs sur le dos, nous avons récupéré nos parapentes, un autre gros sac chacun donc, qu'il va falloir se trimbaler.

Notre prochaine grosse étape se situe autour de la ville de La Serena, à 500km au nord de Santiago, sur la côte Pacifique. Nous avons appris peu de temps avant d'organiser la suite du voyage qu'un événement unique allait avoir lieu le 2 juillet dans la région de La Serena et toute la vallée d'Elqui : une éclipse solaire totale, qui provoque un tel engouement que des milliers de chiliens, touristes et scientifiques du monde entier viennent envahir la vallée, nous y compris. Nous y reviendrons plus tard...

Nous avons loué une voiture depuis Santiago pour nous rendre à La Serena quelques jours avant l'éclipse, afin d'éviter la cohue générale attendue. La chance nous a une nouvelle fois souri car nous nous sommes retrouvés avec un dernier modèle de chez Peugeot gros calibre (3008) au lieu d'une petite Toyota yaris initialement prévue lors de notre réservation, pour le même prix ! Ils n'en avaient plus en stock paraît-il..

Nous avons passé les 500km à contempler les fascinants paysages (et à payer les nombreux péages), entre métropole assez verdoyante, cordillère très aride faisant disparaître quasiment toute végétation et la côte Pacifique ensoleillée avec ses plages sauvages. Les dernières heures de conduite nous ont tout de suite fait comprendre que nous changions de latitude : nous sommes maintenant dans le Nord, très sec, au climat semi-aride, où seuls les cactus et les chaos de roches avaient leur place sur les reliefs qui nous paraissaient infinis. Tout à coup, à la sortie d'un virage, un oasis nous est apparu...un énorme panorama où d'immenses étendues d'immeubles, tours, plages, voitures, centres commerciaux sont venus innonder notre presque solitude à bord de notre voiture traversant des paysages assez identiques mais ayant au moins le mérite d'être naturels. C'était en fait les énormes villes accolées de Coquimbo et La Serena, archi-bétonnées et sans réels grand intérêt. Nous avons logés à La Serena quelques nuits sans toutefois rester dans la ville la journée. On a trouvé mieux à faire...

Caleta Los Hornos

Un des parapentiste de Santiago nous a transmis le contact d'un pilote-moniteur qui tenait une école dans la région de La Serena. Comme nous avions loué la voiture pour une semaine, nous avions l'espoir de profiter pleinement de notre mobilité et de découvrir les sites du coin.

A 40km au nord de La Serena se trouve une immense dune de sable aux allures de Pyla, avec une touche encore plus paradisiaque, et très peu fréquentée.

Marcelo, le gérant de l'école de parapente locale avec son équipe, super sympa et ultra accessibles, nous indiqua l'accès pour s'y retrouver en début d'après-midi pour nous briefer et partager la brise marine qui chaque jour, offre de merveilleuses possibilités de vol face au Pacifique. Nous avions pris un peu les devants, nous rendant ainsi sur le site de bon matin pour bien nous conditionner. Personne sur la dune, personne a l'horizon, nous étions seuls avec nos voiles, les mouettes et quelques chiens 'sauvages' venus aussi nous tenir compagnie.

Le village de Caleta Los Hornos, et vue sur la dune depuis le décollage avec chaque soirs de beau couchers de soleil... 

Caleta Los Hornos est un petit village de pêcheur très mignon, avec une vue imprenable sur ces gigantesques tas de sables, derrière des montagnes culminent à plus de 1000m et au large le Pacifique offrant de belles vagues qu'exploitent quelques surfeurs. Il a l'air de faire tous les jours beau ici; le ciel est bien dégagé et l'activité du soleil permet quotidiennement au continent de se réchauffer. Ce contraste de températures avec l'océan génère une brise laminaire qui vient buter sur les reliefs, en l'occurrence la dune, qui soulève l'air et permet aux amateurs de vol libre tels les goélands, pélicans, condors et autres parapentistes de pratiquer le 'soaring', autrement dit le vol dynamique en restant en l'air sans battre des ailes...un truc de fénéants quoi.

Seuls sur la dune, on a passé du temps à jouer avec le vent en attendant qu’il forcisse avant de s’y jeter !

Nous avons ainsi chacun perfectionné notre gonflage au sol des heures durant, en attendant la force du vent nécessaire pour nous maintenir en l'air. Clara a pu s'exercer aux virages en conditions calmes en tentant de se coler au relief avec de nombreux vols et de beaux atterrissages sur la plage en bas de la dune; tandis que Charles s'est régalé lorsque les vents étaient plus forts, ce qui lui a permi de se faire porter en altitude pendant un moment.

Clara en l’air avant les conditions fortes, moment où Charles et les habitués du coin en ont bien profité !!

Une navette pour rejoindre la montagne à l'arrière de la dune a même été proposée, offrant un vol inoubliable... Au final, nous sommes revenus à la dune 3 jours pour profiter de ce site magique, faisant de belles rencontres avec les pilotes locaux, toujours dans une très bonne ambiance...mais avec du sable plein les voiles ! Ce dernier petit détail nous a valu de longues séances de nettoyage de nos ailes; mais le jeu en valait largement la chandelle !

La vue depuis le décollage de la montagne derrière la dune, et quelques prises depuis là-haut en vol... 
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Vicuña

De la Serena à la Vallée d’Elqui, au cœur de la cordillère des Andes, tout le monde était prêt et archi-prêt pour l’éclipse solaire totale du 2 juillet. Nous avons atterri pour cet événement chez Claudia et sa famille, des chiliens vivant à Vicuña, suite à la recommandation d’amis d’amis. Vicuña constituait la capitale de l’éclipse, présentant la meilleure situation géographique pour suivre au maximum la phase totale. Un festival de musique, des conférences sur l’astronomie, des rues archi-bondées de touristes ont rythmé les journées et nuits avant et après que le soleil ait eu rendez-vous avec la lune.

Loin de la cohue générale de la ville, nous avons vécus ces jours en tant que privilégiés. Claudia a réussi à créer une atmosphère de complicité entre les 11 personnes réunies chez elle, formant un bon groupe plein de bonnes ondes : des membres de sa famille, des touristes chiliens, une française, un canadien, et nous. Un asado autour d’un feu de bois avec du reggae, et les liens se tissent rapidement lors du premier soir. Nous avons passé 3 jours tous ensemble, avec entre autre la visite d’un observatoire pour admirer les étoiles la veille de l’éclipse. La vallée d’Elqui compte en effet parmis les plus grand et plus réputés observatoires du pays, profitant d’un climat extrêmement sec et d’un ciel très pur, dépourvu de pollution lumineuse et de particules fines. La visite fût très intéressante; sous la voûte céleste constellée d’étoiles, nous avons pu apercevoir grâce à leur énorme télescope Jupiter et Saturne comme jamais avec des détails à couper le souffle, mais aussi les nébuleuses de milliards de milliards d’étoiles qui scientillaient, certainent filaient, et nous invitaient à rêver, à contempler, à penser, à profiter, à voyager.

Vicuña, un oasis dans cette vallée semi-aride, et des photos du groupe avec qui on a partagé ces 3 jours ! 

L’éclipse

La jolie troupe, en place dans notre coin à nous pour admirer l’éclipse, en attendant la phase totale !! 

Le jour-j, notre joyeuse troupe est montée sur une cime pour s’éloigner de la foule en ville et avoir le meilleur panorama possible. Nous étions seuls, enfin seuls à 11, avec Henry le canadien et ses 15kg de matos (deux appareils photos haute gamme et trépieds, et deux drones suffisamment éloignés dans le ciel pour ne pas venir nous emmerder pendant le moment magique). Nous sommes quand même satisfait du rendu de nos photographies prises avec notre appareil ‘amateur’ !. Le processus d’éclipse dure 3 heures environs, avec une phase totale qui dura 2 minutes 30 d’obscurité, durant lesquelles il était possible de retirer les lunettes de protection. Un joli colibri a fait son apparition juste avant l’obscurité. Lorsque la lune et le soleil se rencontrent, il est possible d’observer la couronne solaire à l’œil nu, formée par les gazes qui s’échappe du soleil. Des ondes passaient tout autour de nous, projetant leur ombre mystique sur le sol. Les oiseaux semblaient totalement désorientés, et nous, nous étions pris dans une euphorie générale. Le paysage s’était assombri, mais les couleurs et l’ambiance étaient différentes de lors d’un ordinaire coucher de soleil. C’était la deuxième éclipse pour nous deux, après celle qui se déroula en France lors de notre enfance, mais qui dans nos souvenirs lointains était de courte durée et de plus faible ampleur.

Nos photo de l’éclipse, avec un moment très particulier lorsque nos ombres étaient ondulées juste avant la phase totale. 
Une des photos prise par le drone d’Henry, un rendu spectaculaire... 

Pisco Elqui

Plus haut dans la vallée d’Elqui, à environs 1500m d’altitude et à mi-chemin entre Vicuña et notre prochain woofing, se trouve le village de Pisco Elqui. Comme son nom l’indique, c’est aussi la capitale de la boisson nationale du Chili - le Pisco, une liqueur de vin réalisée à base de Muscadet. Tout le monde en boit: pur, avec des sodas ou en cocktails avec le fameux Pisco Sour (une touche de citron, sucre et piment). En réalité, le Chili se dispute avec son voisin le Pérou l’origine et l’invention du Pisco. L’histoire raconte qu’un ancien président du Chili originaire de la région aurait dans les années 1930 changé le nom du village (anciennement La Union) en Pisco Elqui pour amplifier la revendication du Pisco aux Chiliens. Quoi qu’il en soit, nous, on voulait goûter du bon Pisco artisanal, autre que ceux qu’on a pu boire lors de nos soirées arrosés avec nos amis à Santiago. Dans le bus nous montant vers le village nous avons discuté avec un habitant de la vallée qui nous a recommandé la visite de Doña Joséfa, une distillerie artisanale et familiale loin des projecteurs et des attraits touristiques. Une petite production, mais une bonne explication des étapes permettant la confection de leur très bon Pisco, avec évidemment une dégustation à la fin, et une bouteille dans le sac en repartant.

La distillerie artisanale Doña Josefa, où les ruches ont aussi leur place dans les vignes de Muscadet, cépage du Pisco 

La vallée est ici très étroite, avec des villages formant des oasis coincés dans la cordillère des Andes aux montagnes abruptes, et des sommets avoisinants les 4000 à 5000m. L’environnement est très sec et les températures hivernales sont dignes de nos étés en France : clairement, on crame au soleil. Les cultures sont pourtant abondantes tels que les vignes, les figuiers, les avocats, les citronniers ou orangers, qui bénéficient d’un apport en eau constant grace aux réserves des glaciers en amont, permettant à la rivière et aux différentes sources des bassins versants de ne jamais s’assécher (jusqu’à présent…). Les gens du coin nous racontent quand même que cet ‘hiver’ leur paraît plus chaud que d’habitude et surtout avec beaucoup moins de précipitations d’années en années…

De nombreux colibris, ou ‘Picaflor’ sont observables dans toute la vallée dès le lever du jour

Les villages de la vallée rappellent un peu certains coin d’Ardèche par leur culture de l’artisanat, leur adaptation et leur engagements collectifs pour préserver leur l’environnement et leur manière de vivre. En revanche, ce que l’Ardeche n’a pas, ce sont ces montagnes aux palettes de couleurs incroyablement variées qui nous captivent, faisant de certains points de vues des toiles artistiques qu'on ne se lasse pas de contempler...

Quelques vues depuis les hauteurs de Pisco Elqui, avec les montagnes multicolores et les importantes étendues de vignes
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Publié le 24 juillet 2019

Nous faisons du stop jusqu’à notre troisième wwoofing, chargés comme des chameaux. Nous ne nous attendions pas à être pris par une compagnie de distribution de gaz, nous retrouvant à l’arrière au milieu des bombones!

Malgré nos gros sacs, facile de se faire prendre en stop avec une telle vadrouilleuse !  

Notre troisième woofing, au bout de la vallée d’Elqui

Alcohuaz est le dernier hameau de la vallée qui s’engouffre dans la cordillère des Andes, perché à 2000m d’altitude avec les sommets alentours culminants à plus de 5000m. Nous sommes accueillis par Juan Carlos, ses 6 chiens, ses 8 chats, ses 2 chèvres et ses cinquante poules. Juan Carlos vit dans une maison obscure emplie d’objets antiques très surprenants. Avant, il avait des ruches et produisait du miel, mais aujourd’hui il se concentre sur la culture d’herbes médicinales, tout type de fleurs, et de présenter ses collections (ou bordel) aux visiteurs.

Quelques prises de vues de la propriété de Juan Carlos où nous avons bien dégarni son jardin. 

Tout autour, se sont les montagnes qui se resserrent sur nous, elles sont rocailleuses, désertiques, multicolores. Le granite, sous toutes ses formes, y est roi, mais beaucoup d’autres roches magmatiques aux couleurs insolites viennent parfaire ce décor, notamment sous formes d’intrusions en filons venus complexifier ces massifs. Chaque soir, lors du coucher de soleil, les montagnes et le sol prennent une teinte orange à rose, transformant alors toute la vallée avec d’autres couleurs. La nuit, le ciel est d’une incroyable pureté et fait scintiller un nombre infini d’étoiles, tout en mettant en valeur notre satélite, où Neil Armstrong et Buzz Aldrin y ont foulé leur premiers pas il y a 50 ans.

Les soirs la vallée prend sa teinte rougeâtre avant que la Lune et les étoiles fassent leur apparition... 

Il y a un petit commerce à Alcohuaz, mais aucun service de base. Si l’on se fait mordre par une veuve noire ou une araignée des recoins, mortelles, il faut aller d’urgence au centre médical du prochain village. La terre a tremblé plusieurs fois, souvent de nuit alors que nous étions couchés...une sensation étrange, bien que les séismes auront été de faible ampleur. Les chiliens y sont habitués et ne les remarquent même plus. Les sismographes du Chili enregistrent chaque jour des petites secousses, entre 4 et 5 sur l’échelle de Richter.

Le vignoble d’Alcohuaz, l’un des plus haut en altitude du pays

Un vignoble est installé dans le village, non pas pour le Pisco, mais pour du bon rouge d’altitude. Les vignes sont très rocailleuses avec des blocs de granites parfois plus gros qu’une barrique. Le vignoble d’Alcohuaz est l’un des plus haut du pays : les contraintes de la culture en altitude sont ainsi retrouvées dans les tarifs des bouteilles...6 cépages sont plantés pour essentiellement des assemblages : la Syrah, le Malbec, le Carignan, le petit Verdot, la Grenache et la petite Syrah.

Le vignoble d’Alcohuaz, avec ses vignes perchées à plus de 2000m d’altitude. 

Nos tâches journalières se résument majoritairement à faire du paysagisme. Bien que l’on soit en plein hiver, nous travaillons sous un soleil parfois de plomb et des températures entre 25 et 30 degrés la journée. L’immense jardin de Juan Carlos est resté en jachère pendant plus d’un an, et avait besoin d’un bon coup de rafraîchissement. Nous plantons des roses, arrachons des arbres épineux et des herbes séchées, nettoyons, taillons … et jouons avec Fito, l’adorable jeune clebard du voisin, qui s’est épris de nous, et nous de lui. Chaque jour il s’empresse de venir se faire bichonner ou vadrouiller à nos côtés lorsque nous partons en balade. Des rumeurs courent dans le village disant que ce petit filou est maltraité ou laissé à l’abandon. Nous avons mené l’enquête; il n’en est pas ressorti d’indices fiables. Il s’en est fallu de peu pour qu’on l’embarque avec nous.

Notre petit Fito toujours à nos côtés lors de nos balades exploratrices dans la vallée d’Elqui ! 

Juan Carlos nous a invité à un asado chez ses voisins (où il y avait de la viande pour 30 alors que nous n’étions qu’une dizaine), et à un concert de piano (répertoire de Ludovico Enaudi) au musée de Gabriela Mistral à Vicuña. Puisque nous étions a Vicuña, nous en avons profité pour faire un coucou à Claudia et sa famille, et avons acheté un saxo andino à Vicente, son fils.

A part ça, les soirées sont calmes. Notre hôte se couche généralement avant 20h. Le courant n’est absolument pas passé entre nous, malheureusement. Il a été difficile pour nous de comprendre pourquoi cet homme de 70 ans, activiste de gauche, très impliqué dans sa communauté et qui semble toujours prêt à venir en aide aux autres, a eu une dent contre nous dès que nous avons passé sa porte. Il déteste clairement les français et ne perd pas une occasion pour nous le rappeler. Sachez donc, vous tous qui nous lisez et souffrez de la tare d’être français, que vous êtes par nature « entièrement tournés vers vous même et jamais vers les autres ». Oui, nous aussi, nous étions ravis de l’apprendre. “Pourquoi n’ont-ils pas pris leurs jambes à leur cou”, vous demandez-vous. Et bien, nous aussi, on se pose encore la question. Après 2 semaines d'isolement, nous nous remettons en chemin avec beaucoup d'excitation !

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Notre périple se poursuit, toujours plus au nord, toujours plus dans le désert. Après une nuit passée dans le bus, nous arrivons de bon matin à San Pedro de Atacama, une ville-oasis située non loin du tropique du capricorne, ancrée dans le désert le plus aride du monde, ses lagunes, ses salars, ses geysers, ses volcans, ses minerais, ses vallées colorées et son histoire : Atacama.

L’humidité y est quasi-inexistente, il peut ne pas y pleuvoir pendant plusieures dizaines d’années. L’aridité permet aux scientifiques de partir à la découverte du passé de notre planète, non seulement en observant l’univers, mais également en se tournant vers l’archéologie et la géologie où les objets, momies, roches et minéraux extrêmement bien conservés ont une histoire à raconter. Cette même aridité renferme également les secrets d’un lourd passé chilien, car les corps jetés dans le désert pendant la dictature s’y conservent presque sans altération aucune. Des associations de femmes continuent, décennie après décennie, leurs battues dans le désert à la recherche de leurs proches disparus.

L’aridité est cependant atténuée par l’altitude, et San Pedro, ville désormais très touristique abritant des centaines de tour-opérateurs et donc de touristes, est située à 2500m d’altitude. Les écarts de température sont extrêmement forts (entre -10 à 0 la nuit et 30 degrés la journée, en hiver) et le soleil tape quotidiennement depuis des millions d’années - c’est aussi l’un des plus vieux désert. La clarté du ciel et l’altitude attirent les astronomes et passionnés d’étoiles du monde entier, et il est possible de faire une multitude d’excursions pour admirer les merveilles géologiques qui composent le secteur. La plupart des sites sont éloignés de plusieurs heures de la ville, mais la beauté et la morphologie des paysages font vite oublier les longues distances...

Loin des agences touristiques et de leur mini-bus, nous avons choisi d’explorer cette région d’une manière plus économique en louant des vélos et en partageant la location d’un pick-up avec des francophones (merci Facebook !) pour arpenter le désert sur plusieurs jours. Au final, nous avons passé une semaine avec notre petit groupe composé de Max (Américain), Fanny (Suisse) et Jonathan (Français) avec qui le courant est super bien passé. Voici dans l’ordre chronologique un petit résumé pour chaque excursion, bien qu’il soit difficile de retranscrire par écrit ces chefs-d’œuvres de la nature.


Valle de la Luna (vallée de la Lune)

Après quelques kilomètres lancés sur nos vélos, nous entrons dans la vallée de la Lune, qui porte effectivement bien son nom. Le chemin n’est pas toujours facilement praticable, mais l’environnement si saisissant dans lequel nous pédalons nous fait avancer sans même réaliser l’effort demandé. Le décor semble irréel, d’une autre planète...pourtant, les quelques voitures et mini-bus qui nous doublent nous ramènent sur Terre. Les évaporites (sels, gypse) sont très présentes, sous forme de cristaux ancré dans la roche, en filons ou en concrétions au sol; mais aussi le sable, avec les gigantesques dunes formées par le vent pendant plusieurs millions d’années.

Pukara de Quitor

Ce site archéologique précolombien, quasi milénaire et construit en pierre sur un flanc de montagne fût un lieu de passage et de commerce partagés entre les atacaméens, le incas et les nomades. Lorsque les colons arrivèrent, les nombreux remparts constituaient un lieu fort de défense contre les envahisseurs, et de nombreuses batailles eurent lieu en guise de résistance à Pukara de Quitor. Aujourd’hui, la balade vaut vraiment le coup pour prendre de la hauteur et admirer l’environnement dans lequel les ruines de cette forteresse sont bâties. Le mirador offre une superbe vue sur les environs de San Pedro.

En contrebas, il est possible d’admirer les visages pré-incas sculptés dans la roche.

Valle Arcoiris (vallée arc-en-ciel)

Encore une vallée qui porte bien son nom, tant les couleurs sont aussi variées qu'inatendues. Après avoir emprunté l'une des plus belles routes sur lesquelles nous avons roulé jusque là, seuls, éblouis par la beauté du paysage à chaque fin de virages, nous arrivons dans cette vallée sous un soleil flambant.

Les couleurs dans la vallée nous ont paru irréelles. Sur un même relief, la teinte des roches variant du rouge au blanc, en passant par le mauve, bleu, vert, jaune et autres...Grâce à la presque absence d'humidité dans le secteur, cette variation de couleurs ayant pour origine des compositions chimique differentes se conserve a l'air libre depuis des milliers voire millions d'années (le rouge étant associé aux sulfures, le vert au cuivre et fer, le bleu à l'arsenic et cobalt, le blanc au gypse et kaolinite...). Ce melange est probablement dû à la présence de chambres magmatiques distinctes, qui après des épisodes de refroidissement, de mouvements lors de la formation des Andes et d'altérarion, se sont retrouvées en surface pour notre plus grand plaisir.

Sur le chemin du retour, nous avons pu observer quelques petroglyphes, des sortes de gravures dans des roches gréseuses et ryolithiques, témoins de la présence de communautés Atacaméenes depuis plusieurs centaines d'années. Ils représentaient les animaux qui peuplaient le secteur (lézards, guanaco, lamas ?) mais aussi certains renards à deux têtes (l'herbe devait être bonne).


Valle de la muerte (vallée de la mort)

Dans cette vallée, nous avons effectué une superbe balade à pied en commençant par longer une longue corniche aux parois abruptes, nous ouvrant un large panorama sur la vallée, le désert et les volcans de la cordillère des Andes au loin. Nous avons ensuite dévalé plusieurs immenses dunes de sable, avec une impression de flottement, tellement le sable était léger et abondant. Nous sommes alors tombé sur quelque chose d’insolite : des snowboarders pratiquant le ‘sandboard’, en short et t-shirt en plein désert.

Auparavant, cette vallée s’apellait ‘valle de Marte’ (Mars), mais a subi avec le temps une déformation de prononciation par les touristes. La comparaison avec Mars semble pourtant mieux appropriée : les canyons étroits, l’inclinaison (ou pendage) des roches aux teintes rougeâtre dont l’érosion fait ressortir les sels blanchâtres, l’absence de végétation et les dunes de sables nous évoquent la planète rouge.

De retour sur le haut de la corniche, nous avons terminé la journée par un coucher de soleil mémorable, aux couleurs incroyables.


Les geysers d’El Tatio

Situé à 4200m d’altitude, El Tatio est le plus haut et plus vaste parc de geysers au monde. Pour les admirer, il faut s’y rendre au petit matin, lorsque les différences de températures permettent à ces phénomènes naturels de s’exprimer pleinement. Ambitieux, nous voulions arriver avant les agences de tourisme, et sommes partis à 4h du matin, sur une route défoncée. Charles a assuré les deux heures de conduite pour nous mener à bon port, et nous étions la troisième voiture à l’entrée, à 6h du matin. Il faisait -16 degrés, encore nuit, et l’on pouvait deviner les cheminées de fumerolles qui s’élevaient à quelques mètres dans les airs. Nous avancions à pas timides dans l’obscurité car une chute dans un geyser serait fatale. Il y avait du mystère dans l’air, les silhouettes apparaissaient et disparaissaient derrière les vapes de fumées, et avec le levé du jour, des jets d’eau bouillante de deux à trois fois notre taille ont commencé à se former.

Heureusement que nous avions des chaufferettes, car les extrémités des mains et des pieds, malgré les gants et les chaussettes techniques, ne pouvaient résister au froid saisissant. Nous avons fait l’impasse sur la baignade dans les sources chaudes, qui n’étaient “qu’à” 25 degrés. La foule de touristes et le froid nous ayant finalement fait fuir, nous avons découvert de jour la magnifique route de retour, et sommes tombés sur nos lits à l’hôtel pour une sieste bien méritée.

Nous découvrons de jour la route sur le chemin du retour, ayant parcouru l’aller en pleine obscurité. Des paysages à couper le souffle avec quelques vigognes rencontrées en chemin.

Lagunas Baltinache / Escondidas

Cette succession de 7 lagunes permet au photographe de jouer sur les couleurs, les reflets et l’effet miroir des eaux. Il faudra cependant travailler le cadrage pour éviter que les groupes de touristes n’envahissent les images. En plein cœur du Salar d’Atacama, il est possible de se baigner dans certaines des ces lagunes d’eau salée, permettant de flotter comme jamais.

Piedras Rojas / Lagunas altiplanicas (Miscanti y Miniques)

Nous empruntons encore une fois une route défoncée mais « de toute beauté », qui nous mène vers certains des plus beaux paysages qu’il nous ait été donné de voir jusqu’à lors; les lagunes altiplaniques à plus de 4200m. Le site de Piedras Rojas lui-même était fermé, mais la lagune qui le borde offre un spectacle qui vaut le detour. Les couleurs s’entremêlent dans ce paysage surprenant, loin des zones d’affluence touristique.

Pour le pic nique, nous nous dirigeons vers les lagunes Misconti et Miniques. Un renard nous fait du gringue sur le chemin, mais il ne recoltera que les flashs de nos appareils photos.

Nous mangeons du guacamole maison et autres mets anniversairesques au bord des lagunes, d’un bleu intense. L’altitude fait des ravages, et c’est ainsi que les differents toilettes du parc n’auront plus de mystère pour certain(e)s d’entre nous.


Space Obs’

Alain, un astronome d’origine lorraine (personne n’est parfait, mais ça aurait pu être pire, il aurait pu être normand!) est un puit de savoir. Assaisonnant son discours parfois très technique d’une bonne dose d’humour, il nous mène à travers les constellations, les nébuleuses, les planètes, et l’histoire, du micro au macroscopique, et tout ça en français !!. Une dizaine de télescopes nous font voyager dans l’espace. A l’œil nu, nous voyons passer des dizaines d’étoiles filantes. Il n’y a pas de meilleur endroit au monde qu’Atacama pour observer le ciel, car l’aridité offre une visibilité d’une rare netteté. Cette deuxième expérience en observatoire était fascinante, clôturant notre séjour à Atacama de la plus belle des manières.

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En Bolivie se trouve le plus grand désert de sel au monde, le Salar d’Uyuni. Nous avons décidé de nous y rendre après moultes réflections (qu’allions nous faire de nos voiles? le budget allait-il suivre?) parce qu’il fallait de toute façon sortir du Chili pour renouveler nos VISA touristes (déjà 3 mois que nous sommes revenus au Chili depuis notre court passage argentin !!), et parce que Uyuni se situe non loin du désert d’Atacama.

La Bolivie, c’est un autre monde. Dans la ville d’Uyuni, les femmes en tenue traditionnelle marchent tricot à la main. Des bambins très jeunes se promènent sans leurs parents. On évolue dans la ville au milieu de constructions abandonnées. Pour autant, l’endroit dégage un certain charme. Le premier soir, des gens dansent en pleine rue au coin d’un feu entretenu à même le sol.

Nous avons opté pour trois jours de visite avec une agence, car il est (apparemment) impossible d’accéder aux réserves naturelles sans guide. Notre guide bolivien, Walter, mène dans sa jeep un joyeux groupe composé d’un jeune italien, Ivan, qui parle anglais avec un accent chantant et en bon italien use beaucoup de ses mains pour s’exprimer, et cinq français: Maxence, étudiant en médecine, Hervé et son fils de 15 ans, Nathan, ainsi que nous deux.

Le Salar d’Uyuni, le plus vaste désert de sel au monde. Malgré l’affluence de touristes, nous n‘y avons pas croisé grand monde  

Nous avons vu pendant ce séjour certains des plus beaux paysages de notre voyage. Néanmoins, ce n’est pas la partie du voyage qui nous a le plus plu. Nous ne pouvions que nous demander à quel point notre guide était exploité, lui qui mangeait nos restes après nous, et enchaine les séjours les uns derrière les autres. Ceci a créé un certain sentiment d’inconfort, avons nous contribué malgré nous à un système d’exploitation dont nous sommes les clients? Il sera difficile de le savoir vraiment.

Quelques prises de vues dans le Salar, avec l’île aux cactus et le monument du Dakar 

De plus, après avoir profité d’une certaine liberté pendant notre voyage, nous voir trimballés en Jeep toute la journée pour se rendre aux points de rencontre de centaines d’autres Jeep, afin d’avoir 15 à 40 minutes de temps libre pour les photos avant de repartir en voiture, ne nous a pas fait rêver.

Le désert altiplanique, souvent a plus de 4000 voire 5000m d’altitude. L’érosion a laissé des formations rocheuses insolites. 

Nous retenons quand même: l’altitude, plus de 5000m en journée et plus de 4000m la nuit (dans un hôtel construit en sel notamment); les paysages incroyables, le Salar tout d’abord, cette étendue infinie de sel, une île aux cactus, des vallées de pierre, des lagunes colorées où nichent les flamands roses, une baignade dans des sources chaudes par -10 dehors (une des pire expérience du séjour, les maillots de bains ont gelé en sortant), les marchés touristiques … voici un résumé photographique, qui se passe de commentaires, tant la nature parle d’elle même...


Laguna Colorada / lagunes colorées aux milliers de flamands roses

Les geysers et sources chaudes du Sol de Mañana

Quelques animaux croisés en chemin, avec les renards, vizcachas, flamands et vigognes

La laguna verde, décor surréaliste

Et pour finir, une séance photos de notre équipe, jouant avec la perspective et l’immensité du Salar...

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Publié le 24 août 2019

Les latitudes s'enchaînent toujours, notre cap vers le Nord se poursuit encore et encore. Notre prochaine étape fait partie des plus grandes attentes du voyage, celle qui suffit à elle seule pour justifier le fait de se trimballer nos voiles depuis des mois en traversant les Andes, en plus de nos gros sacs sur le dos...

Iquique a toujours constitué un objectif de taille, un rêve lointin pour tout parapentiste du monde entier. Les légendes racontent qu'il est possible de s'envoyer en l'air tous les jours, sans se préoccuper pendant des heures des prévisions météo, sans se soucier de la force du vent.

Eh ben c'est vrai. On a volé tous les jours sur ces joyaux de la nature, profitant de la brise de mer quotidienne et des doux thermiques annonciateurs du printemps.

Comme à l'accoutumée, nous prenons contact avec les pilotes locaux, notamment avec Hernan, un sexagénaire tenant une école vieille de 25ans, c'est le manitou des parapentistes à Iquique. Malgré son caractère un peu spécial et ses conflits avec certains autres moniteurs locaux, nous avons passé 3 jours avec lui en guise d'introduction aux sites et à l'aérologie du coin. Clara a ainsi pu prendre des vrais cours particuliers, sur mesure. Une attention particulière qui l'aura énormément fait progresser et gagner en autonomie la première semaine. Dommage qu'une douleur au dos l'ait empêché de continuer la deuxième semaine, sûrement dû à l'accumulation du voyage, du poids sur le dos et des journées de vols bien actifs...ça use d'avoir 28ans !


La ville d'Iquique

Iquique est une grande ville balnéaire où il fait bon vivre. Plusieurs dizaines de mines, parmis les plus importantes du pays, étaient autrefois situées dans la région (essentiellement pour la Salitre / Salpêtre) développant ainsi l'économie locale sur l'exploitation des minerais durant plus de cent ans. Certaines mines sont d'ailleurs aujourd'hui toujours exploitées. Il y a donc de grosses fortunes qui peuplent la ville, qui se modernise notamment dans l'aménagement des plages qui est franchement une réussite, et la construction des nombreux gratte-ciels qui s'élancent dans toute la ville.

Quelques vues d’ensemble d’Iquique, photos prises en vol. Un des atterrissages s’effectue playa Brava, après avoir survolé l’océan

Le Flightpark

Nous logons au Flightpark d'Iquique, aux allures de Motel, qui comme son nom l'indique est réservé aux pratiquants du vol libre. Cet endroit, très paisible, fût l'idée d'un suisse il y a une paire d'années : assembler et retaper des contenairs, puis les aménagers pour accueillir les parapentistes du monde entier. Aujourd'hui, c'est Léo, un chilien, qui gère le complexe, ainsi qu'une école de parapente, essentiellement centrés sur les vols en tandem en cette période de l'année. Le Flightpark est un peu excentré de la ville d’Iquique, mais il est possible d’atterrir sur la dune juste derrière le complexe. Nous avons eu notre petit studio pour nous pendant 2 semaines, profitant d'une belle vue sur le Pacifique et faisant toujours, dans une superbe ambiance, la rencontre de plusieurs groupes de parapentistes chiliens et un suisse venant fréquenter 3 mois par an le Flightpark ! Quel veinard !

Des images du Flightpark : ici on discute parapente, on vit parapente, on rêve parapente... 

Alto Hospicio

Le décollage d'Alto Hospicio est situé à 500m au dessus du niveau de la mer, surplombant la ville d'Iquique et la gigantesque et imposante dune du 'Cerro Dragon' qui fait passer la dune du Pyla pour un modeste chateau de sable.

Vues du décollage et de la ville d’Alto Hospicio surplombant Iquique 

Une routine s’installa alors pendant ces deux semaines : tous les matins, nous prenions deux microbus pour traverser la ville et monter à Alto Hospicio. Les conditions commençaient à être optimales à partir de 11h, avec les premiers thermiques indiqués par les oiseaux qui nous démontraient comment les enrouler. Avec les conditions thermo-dynamiques, il est possible de se balader le long de la crête sur plusieurs kilomètres, aller s’amuser sur la dune du ‘cerro dragon’ en contrebas, puis reprendre suffisamment de hauteur pour s’assurer de traverser la ville pour rejoindre la playa Brava, en glissant à travers les gratte-ciels et finir par survoler le Pacifique. Voilà le magnifique plan de vol quotidien, dont on ne se sera jamais lassé.

Des balades quotidiennes dans les airs avec des paysages incroyables ! 


Palo Buque

Palo Buque est un des sites les plus connus dans le monde du parapente. Après les vols à Alto Hospicio matinaux, on s'y rend dans l'après-midi jusqu'au coucher de soleil. La brise marine bien constante souffle chaque jour sur les gigantesques dunes de Palo Buque au pied de la cordillère des Andes, ce qui donne une idée de la merveille du site qui s'offre à nos yeux avides de grands espaces de vol, pendant des heures et des heures, en toute sécurité... (dédicace Maman !!)

Le site de Palo Buque, un immense espace où il est possible de voler des heures sans poser pied... 

La configuration du site permet de pratiquer le soaring, à quelques (centi)mètres du relief, ce qui prête à contrôler sa voile, améliorant considérablement la gestuelle, l'aisance, la maîtrise de son aile. Clara a réalisé ses plus longs vols jusque-là en exploitant le vent laminaire, goûtant ainsi aux vrais plaisirs du parapente. Charles a pour sa part également volé comme jamais, en partant explorer les reliefs plus haut, après avoir transité de la dune aux pentes de la cordillère jusqu'au nuages. Des paysages interminables mais époustouflants, que nous avons survolé des heures et des heures durant.

Séance photo avec Clara =) 
Séance photo avec Charles =) 


Playa Lobito

Lorsque nous étions avec Hernan, un jour où la brise dépassait les 25 km/h, il nous proposa de nous rendre sur un petit site méconnu, non loin de Palo Buque. Sur la Playa Lobito se situe une petite corniche d'une vingtaine de mètres de haut, pas plus, mais qui permet quand même de voler par vent fort, avec la brise de mer bien laminaire. Clara s'est abstenue, jugeant le vent trop fort pour elle. Charles a pu faire joujou en faisant des aller-retours en longeant la corniche en prenant soin de ne pas trop s'éloigner car l'atterrissage en bas, dans l'eau, n'était pas envisageable. Un bon exercice de précision donc avec plusieurs reposes au décollage.

Le site de playa Lobito, petite corniche mais offrant de belles possibilités dans du vent fort laminaire 


En terme de statistiques : lors de ces 2 semaines à Iquique, Clara aura fait 6 vols pour plus de 2h30 en l'air (sans compter les heures de gonflage et petits sauts sur la dune) ; et Charles aura volé 15h en 24 vols, ce qui est bien plus que toute l'année passée...une chose est maintenant sûre : on reviendra !!

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Publié le 28 août 2019

Arica est la dernière ville chilienne avant la frontière avec le Pérou, notre dernière étape Chilienne (sniff...). C’est une ville balnéaire, d’environ 250 000 habitants. Moins connue qu’Iquique dans le milieu du parapente, elle offre elle aussi la possibilité de voler quasiment tous les jours de l’année. Néanmoins, le seul site que nous ayons pratiqué semble plus technique que ceux d’Iquique.

De belles plages aménagées sont aussi présentes à Arica. Sur la place centrale se trouve une église de Gustave Eiffel.

Après une journée de repos (séance de sport à la plage en profitant des supers infrastructures publiques, et vadrouille dans la ville), nous dédions notre dernière journée au Chili ... au parapente !!

Cette dernière journée a été au delà de nos espérances, marquée par de belles rencontres et découvertes. Un groupe de parapentistes nous a pris sous leur aile, nous cherchant à notre auberge pour nous conduire au déco. Très prévenants, ils ont donné à Charles toutes les informations nécessaires relatives à l’aérologie du site, et lui ont prêté de bon cœur une radio. Clara n’a pas volé, les conditions étant bien trop fortes pour son niveau.

Belle vue sur la côte, les plages et le Morro depuis les airs. 

Nous avons ensuite déjeuné avec les parapentistes dans un petit resto qui ne payait pas de mine mais dont la qualité (et la quantité !) dépassait largement le prix (le menu étant à moins de 5 euros!).

Plus tard dans l’après-midi, Claudio, guide touristique de profession et petite-main des parapentistes, est venu nous chercher à notre hôtel pour nous faire découvrir le Morro d’Arica, un sommet qui surplombe la ville, et qui fût le champ d’une bataille importante pendant la guerre du Pacifique (celle qui opposa le Chili au Pérou et à la Bolivie vers 1880, pas celle de la 2e GM!). Il nous a servi de guide dans le musée dédié à cette période. Ce fut pour nous une rencontre extraordinaire, car cette personne que nous avions rencontré le jour même nous a fait connaître sa ville de manière désintéressée, refusant même qu’on ne lui paye quoi que ce soit après nous avoir redéposés à l’auberge!

Dernière soirée au Chili, depuis le Morro d’Arica, avant de passer au Pérou ! 

Passer cette dernière journée en compagnie de personnes aussi accueillantes, chalheureuses et prévenantes nous a permis de clôturer le chapitre « Chili » avec du baume au coeur, malgré un petit pincement de quitter ce pays magnifique... Et, pour finir en beauté cette étape du voyage, qui nous a fait vivre des expériences incroyables en amoureux, et dont nous nous souviendrons toute notre vie, nous avons bien sûr partagé une bouteille d’un fameux Carménère au diner! Place au Pérou maintenant !

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La suite de nos aventures se déroule au Pérou. Nous n’étions pas entièrement sûrs de pouvoir rejoindre Arequipa, l’une des premières villes à attrait touristique au sud du pays. En effet, des manifestations environnementalistes contre l’hégémonie de l’industrie minière avaient mené à des violences et un blocage des routes menant à la ville quelques jours plus tôt.

Par chance, nous sommes arrivés pendant le calme qui suivait la tempête et avons pu decouvrir cette charmante ville coloniale en toute tranquillité. Avec notre pote américain de voyage Max, rencontré à Atacama et que nous retrouvions pour la troisième fois (après Iquique), nous avons gouté aux tequeños, de delicieux rouleaux de pâte entremêlés de fromage, et fait une dégustation originale de coktails au Pisco péruvien, de 8 régions différentes.

La plaza de Armas, centrale à la ville d’Arequipa et toujours active de jour comme de nuit. 
La vue depuis notre chambre d’hôtel 

L’un des centres d’intérêts majeurs d’Arequipa est son magnifique et gigantesque couvent Sainte-Catherine, une vraie ville dans la ville. Fondé en 1579, son architecture mêle les styles espagnol et pré-colombien. Les murs sont fondés en tuffs de lave, et peints de couleurs vives aux pigments naturels. On peut s’y perdre des heures et admirer la beauté et la richesse des cellules, cuisines, sales de recueil et de rencontres.

Un vrai labyrinthe aux couleurs vives dans le couvent.

On peut imaginer que pour les femmes de l’époque, le couvent representait une meilleure alternative au mariage, qu’on leur aurait imposé très jeunes. Le couvent leur assurait paradoxalement une place retirée de la société et une fonction au sein de celle ci. Il leur garantissait également un certain confort de vie, mises à part les périodes de jeûne et d’auto-flagellation.

Arequipa est également attrayante car il est possible de s’échapper facilement pour une journée afin de rejoindre certains magnifiques points de vue. Nous avons fait l’impasse sur le Canyon de Colca, trop touristique à notre goût, et qui nous aurait imposé une journée complète le cul dans une jeep.

A la place, nous avons opté pour les Cascades de Yura, faisable sans agence. Nous avons passé plus d’une heure dans un bus public qui nous permît de nous frotter à la civilisation hors de la vieille ville. Les rues se sont peu à peu vidées de leurs touristes gringos pour laisser place aux péruviens, aux marchés officiels ou improvisés, et à un joyeux bordel assez agréable à voir car il reflète la vie locale et réelle qu’il n’est pas possible d’observer depuis le centre.

Nous avons marché quelques kilomètres sous un soleil de plomb dans un paysage semi-désertique et montagneux, pour rejoindre une vallée surprenante de par sa verdure.

Il nous a ensuite fallu marcher pieds nus dans une rivière coincée dans un canyon rocheux, parfois seuls, parfois avec de sympathiques groupes de péruviens ou d’horribles australiens et leur hauts-parleurs jouant de la musique de merde. Un blasphème dans un endroit naturel aussi calme et emprunt de sérénité.

Nous avons dû poursuivre pieds nus dans Le canyon de la Catarata Capua, menant à la plus grande cascade.

Arrivés à la dernière cascade pour pic-niquer, nous étions entourés pour notre bonheur de nombreux péruviens et relativement peu d’étrangers. Ce petit moment de répi hors de gringoland nous fit le plus grand bien.

La catarata Capua 
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Publié le 8 septembre 2019

Nous voilà au cœur des Andes, à 3400m d’altitude, dans l’ancienne capitale de l’empire Inca qui recouvrait autrefois une majeure partie du continent sud-américain.

La plaza de Arma, lieu de vie de jour comme de nuit

A Cuzco, nous tombons sur une auberge qui ne payait pas de mine de l'extérieur, mais d'une toute autre impression une fois passé le pas de la porte. Nous sommes arrivés vers 6h du matin, et quelle fut alors notre surprise lorsque Kevin, le bénévole français de 33 ans qui tenait l’hôtel à ce moment là, nous fit passer le pas de la porte et nous offrit un bon café. L’auberge est charmante, cosy, l’ambiance est très conviviale et des gens de toutes nationalités sont présentes (bon, y'a quand même surtout des français !). Nous avons notamment fait des rencontres pour le moins surprenantes... : parmi les centaines d'hôtel de Cuzco, nous rencontrons ici Anna, autre française volontaire dans l'hôtel, qui était durant 3ans au lycée des Pontoniers à Strasbourg avec Clara. Il y a aussi Fénicie, étudiante à l'école d'infirmière de...Saverne ! Nous comprenons alors pourquoi les Incas avaient nommé Cuzco "le nombril du monde" ! Nous y fîmes également la rencontre d’Ophelie et Anthony avec qui nous décidions de visiter le Machu Picchu.

Le marché central De San Pedro, lieu de négociations; et la fameuse pierre à 12 angles, pièce murale prodigieuse datant des Incas.

Nous occupions les premiers jours à Cuzco en arpentant la ville et les differents marchés à gri-gris, de vrais labyrinthes colorés où le textile et l’alpaca sont rois. Nous avons mangé à plusieurs reprises dans un restaurant vegan, le GreenPoint, exceptionnel tant au niveau du rapport qualité prix que de la sophistication des plats (nous y sommes quand même retournés 3 fois...). Nous déambulions souvent dans le quartier de San-Blas, le ‘balcon’ de Cuzco avec ses rues pavées étroites qui offre de beaux points de vue sur la ville, et qui abrite un marché gourmand où nous avons mangé le meilleur et le plus copieux ceviche de notre vie (pour 3€), tout ça dans un lieu populaire où se trame le quotidien des locaux, loin des gringos.

Le quartier de San Blas et son marché gourmand, parfait pour manger le meilleur ceviche !! 

Les premiers jours, l’altitude se ressent tant sur le plan digestif que lors des efforts physiques. A bout de souffle après avoir gravi de longs escaliers à 3500m d’altitude, nous visitions également des ruines de temples Incas comme celui de la Lune et du Singe.

Sur les hauteurs de la ville, les temples de la lune et du singe offrent une échappatoire loin de la cohue générale du centre. 
On peut imaginer l’évolution de la ville depuis la colonisation, qui ne cesse de s’agrandir sur des kilomètres...
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Beaucoup nous l’auront entendu dire, le Machu Pacchu n’était pas dans nos plans de voyage. Trop prisé, trop touristique. Nous préférons, dans la mesure du possible, nous éloigner des sentiers battus, construire « notre » voyage, loin des agences touristiques et des parcours tout tracés.

Mais voilà, nous avons croisé nombre de personnes qui nous ont parlé de la splendeur du lieu, et conseillé de ne surtout pas passer à côté de cette merveille.

Le 29 août, nous partions en bus pour Hydroelectrica, petit bled (ou grosse centrale hydroélectrique) étape avant le Machu Picchu. Les 7 heures de route étaient splendides mais vertigineuses, certains des passagers étaient tendus ou malades. Disons qu’au Pérou, doubler dans un virage sans visibilité au bord d’un ravin ne semble poser de problème à aucun conducteur. Et en option, avec le portable à la main. Mais la route sinueuse en plein coeur des Andes nous offrit des points de vues à couper le souffle, nous faisant d'abord traverser des canyons dans une forêt riche verdoyante. Après des heures de montée en franchissant certains cols, nous changions alors totalement de décor avec des prairies jaunâtres dépourvues d'arbres et des glaciers qui se distinguaient sur les cîmes alentours. À plus de 4500m d'altitude, nous nous sentions très petits en surplombant les gorges des vallées que nous venions de gravir.

La route vertigineuse mais magnifique pour accéder à Hidroeléctrica : 7h avec à chaque sortie de virages de nouveaux paysages... 

Arrivés à Hydroelectrica, 2 options s’offrent aux voyageurs en quête de l’ancienne cité Inca : le train (avec des billets avoisinant les 90$ pour 1h de trajet), ou la marche. Évidemment, nous avons choisi la marche de deux heures en longeant la rivière en méandre Vilcanota jonchée d’enormes rochers lisses qui témoignent de la forte activité de la vallée encaissée, aux parois abruptes. L’environnement est magique, peuplé de colibris et de perroquets (et de fichus moustiques), de forêt tropicale avec des centaines de plants de bananes sauvages et d’avocats aussi gros qu’une balle de hand tombants à quelques centimètres de nos têtes.

La marche reliant Hydroelectrica à Aguas Caliente (‘village du Machu Picchu’) s’effectue le long de rail en longeant le Vilcanota

Malgré la beauté du paysage, la fatigue du voyage se faisait sentir et nos sacs nous semblaient plus lourds que jamais. Arrivés à Aguas Calientes, d’où nous partirions le lendemain pour pénétrer dans la cité Inca, nous retrouvons Ophélie et Anthony qui ont fait le voyage en train.

Le 30 août, réveil fort agréable à 3h55. Entre la chaleur des draps et le Machu Picchu, chacun hésite. Mais à 5h, après avoir passé les premiers contrôles de billet, notre vaillante équipe est parée pour gravir les 2000 marches qui nous séparent de la cité, en commençant à la frontale. Le soleil se lève au fur et à mesure de notre ascension, dévoilant les incroyables sommets à 360 degrés alentour.

Nous arrivons 1 heure plus tard à l’entrée tout bonnement BLINDÉE de monde, non mais, ils ont pas idée de se lever à une heure pareille! Environ 5000 personnes effectuent la visite du Machu Picchu chaque jour, et il faut réserver son entrée dans un créneau horaire bien précis. Nous avons choisi d’entrer sur le site à 6h pour profiter pleinement de la journée qui s’annonçait. Nous faisons tamponner nos passeports, et hop, Jetz gets los !!

Comme des schnocks, nous faisons une heure de queue au 1er point de vue pour prendre des photos, pour découvrir par la suite qu’en prenant un peu de hauteur, nous étions « quasiment seuls » (ca reste le Machu Picchu) devant de magnifiques perspectives.

Le fameux, sous le Huayna Picchu, aux premières lumières du jour avant la cohue générale à l’intérieur de la cité.

Nous quittons nos amis pour nous diriger vers la porte du soleil, point d’arrivée du mythique InkaTrail : 40 minutes supplémentaires de montée, pour surplomber le Machu Picchu et l’observer dans son environnement naturel. Presque personne en route, à peine une dizaine de personnes à l’arrivée: c’est ca qu’on aime!!

Ça fait toujours du bien de prendre un peu de hauteur ! 

Ce fut l’un des moments les plus beaux et les plus incroyables de la journée. Contrairement aux constructions modernes, le Machu Picchu se font dans son paysage et l’embelli. Il créé une harmonie avec la nature environnante.

Avant de pénétrer dans la cité, nous nous sommes dirigés vers le pont Inka, en empruntant un chemin très vertigineux. Inutile de le décrire, nous vous laissons le découvrir en photos.

20 minutes de marche supplémentaires jusqu’au Pont Inka 

Une fois entrés dans la cité, nous nous attendrissons devant un bébé Alpaca né deux heures plus tôt, qui n’a pas l’air tout à fait à l’aise sur ses pattes. La cité est magnifique, mais vraiment pleine de monde. On se ballade émerveillés sur les terrasses et entre les ruines. C’est l’une des constructions les plus incroyables qu’il nous ait été donné de voir, c’est vraiment grandiose !!

A l’intérieur de la cité, il est impossible de revenir sur nos pas. Nous découvrons alors l’incroyable complexité des structures. 

La journée a été éprouvante avec plus de 20km de marche pour plus de 1000m de dénivelé positif, mais dès le lendemain, nous avions eu l'envie d'y retourner.

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Après cette belle journée à arpenter la cité Inca, notre joyeuse troupe prend la direction de la vallée sacrée. Nous faisons halte dans le village de Santa Teresa afin d’éviter d’enchaîner les longues heures de route jusqu’à Ollantaytambo.

Un repos bien mérité à Santa Teresa

A l’auberge nous faisons la rencontre de François le Français, communément appelé “Franco-is” par les locaux qui ne connaissent pas la douce mélodie du ç. Nous partons entassés et morts de rire à 6 dans un tuc-tuc en direction des (horribles) termes tellement recommandées par les voyageurs. Cela aurait pu être un bon moment si des bambins ne passaient pas leur temps à faire des bombes près de nous. L’ambiance était bien différente des termes de Patagonie où nous étions entièrement seuls.

Dans un tuc-tuc : 2 devants, 4 derrière, et en avant les français !!

Des pizzas et quelques Pisco Sour et Maracuya Sour plus tard, nous nous installons au billard où nous entamons une compétition de médiocrité. Un petit lapin en liberté dans le resto bondissait autour de nous. Une fois rentrés, Ophélie nous a enseigné les dominos colombiens, de quoi nous achever à la fin de cette longue et intense journée.

Halte dans le paisible village d’Ollantaytambo

Situé à 2800m d’altitude au cœur de la vallée sacrée, Ollantaytambo (dont la prononciation fait concurrence avec Batzenschlager) est un village traditionnel où des ruines d’une ancienne cité Inca sont présentes. Cette dernière avait pour objectif d’assurer la protection du chemin allant au Machu Picchu. Les ruines sont aujourd’hui encore très imposantes; elles surplombent le village et sont en totale harmonie avec la montagne. Il est impressionnant d’observer certaines structures construites en blocs rocheux énormes faisant facilement plusieurs tonnes, provenant d’un autre secteur de la vallée car d’une lithologie totalement différente, et qu’il a fallu ensuite hisser en altitude pour bâtir la cité.

Les ruines surplombant le village, une position stratégique dans la vallée sacrée ! 

Autrement, il est bon de flâner dans les ruelles du village et traverser l’énorme marché artisanal situé sur la place centrale. Lors d’une pause café, nous faisons la rencontre de 4 Lillois fort sympathiques avec qui nous avons passé la soirée en faisant notre activité favorite : siroter des Pisco Sour !

Ollantaytambo, village traditionnel aux couleurs éclatantes et aux ruelles charmantes. 


Le site archéologique de Moray, le laboratoire agricole des Incas

A bord d’un taxi privé que nous avons déniché à Ollantaytambo, nous nous sommes mis en route vers Cuzco avec des arrêts prévus sur certains sites remarquables de la vallée sacrée. Ce moyen plutôt économique est parfait pour éviter de passer par les tours opérateurs, et notre chauffeur local et très amoureux de son terroir était d’une agréable compagnie. La route nous menant au site archéologique de Moray était vraiment magnifique, nous faisant traverser une campagne très colorée avec des panoramas où il était possible d’admirer de grands espaces aux profondeurs infinies.

En route dans la campagne de la vallée sacrée, à plus de 3000m. 

Arrivés sur le site de Moray, nous observons ces surprenantes terrasses disposées en cercles concentriques. Cet agencement particulier réalisé par les Incas constituait une sorte de laboratoire agricole où étaient pratiquées des expériences de culture : chaque terrasse disposait d’un microclimat différent (température, humidité, exposition au soleil...), il était dont possible de tester certaines cultures et d’en améliorer les récoltes...encore une invention prodigieuse de cette incroyable civilisation !

Le site de Moray et ses terrasses en cercles concentriques, ancienne zone d’expériences agricoles 


Les terrasses blanches des salines de Maras

A quelques kilomètres de Moray se trouve un autre site, aussi inattendu que spectaculaire : les salines de Maras. Ces milliers de bassins salins sont exploités depuis des centaines d’années, paraît-il avant les Incas, et continuent de l’être aujourd’hui par des familles de paysans locaux, qui travaillent en coopérative. Le sel extrait à Maras approvisionne tout le pays et s’exporte même à l’international, sous plusieurs formes : gros sel, fleur de sel, sels de bains...

Ce phénomène est certainement dû à la présence de roches naturellement chargées en sels dans la région, et avec l’eau souterraine s’écoulant au travers de ces roches, se chargeant en sel, finit par précipiter lors de la résurgence notamment grâce à ces formations en bassins et au climat de la région. Un gisement exploité donc depuis fort longtemps, et qui va probablement perdurer dans le temps.

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Publié le 14 septembre 2019

L’Oasis d’Ica

Nous passons 16 heures dans un bus en traversant les Andes pour rejoindre notre prochaine étape, Ica. Le lever de soleil était hallucinant depuis la route sinueuse que nous empruntions. Les Andes étaient majestueuses et colorées de rose, des immenses dunes apparaissaient au loin.

Au réveil, lever de soleil sur les Andes (photos prises à travers les vitres du bus...) 

A Ica nous tombons sur l’hotel parfait pour se reposer: petit patio tranquille et fleuri. La ville ronronne sans cesse avec les klaxons des centaines de tucs-tucs. A part une nouvelle découverte culinaire, le Aji de Gallina, la ville en elle-même n’est pas retenu notre attention. Comme tout le monde nous sommes allés jusqu’à l’oasis de Huacachina, mais nous étions apparemment les seuls à nous y rendre à pied.

Les centaines (ou milliers) de tuc-tuc qui klaxonnent sans cesse dans Ica. L’oasis est un bon moyen pour s’échapper de la ville...

Le caractère unique de l’oasis est tout simplement gâché par les constructions touristiques bétonnées qui l’entourent. Par contre, lorsque l’on gravi les énormes dunes de sables, le désert qui se découvre à nos yeux est absolument spectaculaire. C’est ce paysage là qui, selon nous, vaut vraiment le détour.

Gravir les dunes fût au final la meilleure option pour admirer l’oasis mais surtout l’étendue infinie de sable aux alentours 


Parapente dans la réserve nationale de Paracas

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas sorti nos voiles ! La côte du Pérou possède quelques sites magnifiques, et nous comptions bien en profiter. Sur les recommandations d’amis d’amis parapentistes, nous récupérons les coordonnées de Samuel, un pilote local que nous contactons. Nous embarquons dans un bus pour rejoindre Paracas avec nos gros sacs sur le dos, et 1h plus tard, Samuel nous récupère à la sortie du bus, direction la péninsule de Paracas qui abrite une réserve nationale.

Paracas est un village de pêcheur qui attire beaucoup de touristes, venus essentiellement observer la riche faune marine à bord de dizaines de bateaux à moteur, perturbant certainement l’écosystème au vue de la fréquence d’approche des animaux. Loin des touristes et de leurs bateaux, nous décidons de découvrir la réserve nationale par les airs.

A bord de sa Jeep, Samuel nous fait traverser à pleine vitesse le parc pour rejoindre le site qui se trouve 10km au sud de Paracas en longeant la côte. Nous sommes épatés par la pureté des paysages colorés, on se croirait en plein désert avec des immenses dunes côtoyant les falaises de la côte passant du jaune, ocre, orange et rouge.

La péninsule de Paracas, qui se dote d’une toute autre couleur lorsque le ciel se découvre ! 

Arrivés au décollage, la brise souffle déjà de manière soutenue. Pas le temps de discuter, il faut vite qu’on se mette en l’air avant que ça se renforce. Samuel et un autre pilote se préparent pour leur biplaces, pendant que nous bataillons au sol avec le vent qui nous paraissait trop fort. Samuel nous confirme qu’en l’air, c'est tranquille. Le vent fort que nous ressentons au décollage est dû à la forme du relief qui accélère le vent par l’effet venturi. Une assistance au sol est nécessaire pour décoller, c’est ainsi que les pilotes locaux sécurisent Charles pour qu’il prenne son envol. Ils font de même pour Clara 20 minutes plus tard.

Le site de Paracas, une autre merveille face au Pacifique 

En l’air, nous glissions sans problème dans une aérologique laminaire super stable, de quoi lâcher les commandes sereinement pour immortaliser en photos ce moment magique que nous étions entrain de partager. Pour nous ce fût une très belle expérience, parce que nous étions libres et tous les deux en l’air en même temps, à longer la côte. Nous pouvions aussi survoler une autre falaise plus au nord, appelée « la cathédrale », ce qui nous permit de découvrir un paysage somptueux entre le dégradé de bleu marin et le jaune vif de la falaise. Au bout d’environ une heure, Charles atterrit au décollage et Clara (au bout de 40 minutes de vol) sur la petite plage en contrebas, mais les phoques présents à notre arrivée avaient déjà déguerpi.

Il faut bien un photographe dans l’histoire : séance photo pour Clara ! Quelle star !
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Après avoir entendu plusieurs fois que Lima ne valait pas vraiment le détour (sûrement parce que la grisaille domine le ciel chaque jour...) nous avons été agréablement surpris par cette capitale.

Tout d’abord, parce que dans le quartier riche et moderne de Miraflores, qui surplombe l’océan, on se retrouve au dessus des surfers et en dessous des parapentistes (sans aucune allusion sexuelle, non mais!).

Miraflores : un après-midi dansant pour seniors au parc Kennedy, un décollage de parapente et des surfeurs cherchant la vague..

Ce quartier est très tranquille et de plus, on y mange BIEN. Ou plutôt, on y mange TRES bien, et pour par cher: humitas, tamales, ceviches, aji de gallinas, arroz con mariscos... quel plaisir pour nos babines! Notre coup de cœur va pour le marché de Surquillo, chez ‘Don Cevichero’, un endroit populaire qui ne paye pas de mine mais très authentique et pas cher, avec d’excellents plats avec poissons et fruits de mer qu’on ne peut pas faire plus frais.

Don Cevichero au marché n°1 de Surquillo, un régal pour les papilles dans cet endroit populaire très peu fréquenté par les gringos

Lors de notre première étape à Lima (avant de rejoindre Huaraz, pour notre dernier étape, et revenir ensuite à Lima), nous nous sommes reposés, avons dédié la majeure partie de notre temps à la gastronomie locale et avons arpenté les quartiers de Miraflores et de Barranco. Sans être fondamentalement beaux, ils dégagent un certain charme et rappellent à notre mémoire le quartier de Providencia et Las Condes de Santiago du Chili, peut être par leur aspect résidentiel chic avec parcs bien aménagés, surplombés de gratte-ciels. La ville est immense et très étendue, et ces quartiers chics où il fait bon vivre et où nous logions sont très excentrés du centre historique. Nous nous sommes quand même rendus à la Plaza de Armas au centre où le palais présidentiel et d’innombrables églises ou cathédrales sont présentes. Nous avons également visité le musée minéralogique qui possède une collection impressionnante de minéraux qui proviennent exclusivement du Pérou.

La côte de Miraflores de nuit et la Plaza de Arma, à 10km du quartier au centre de la ville.

Nous avons traversé plusieurs fois par le parc Kennedy avec ses 300 chats, et avons passé du temps au déco de parapente de Miraflores, un des sites les plus réputé du Pays, sans toutefois y voler pour cause de vent fort et de mauvais timing. Ce site est le plus réglementé et le plus encadré que nous ayons jamais vu : ouverture du site uniquement lorsque la force du vent est assez forte, contrôle des licences, évaluation rapide de gonflage au sol pour s’assurer du niveau du pilote. Il est en effet quasi impossible d’atterrir en contre-bas de la corniche, un atterrissage sur l’air de décollage est fortement recommandé. Ce n’est donc pas pour les plus novices ! Peut-être que lors de notre prochain passage, nous pourrons y goûter...

Quelques voiles à Miraflores, pas le droit à l’erreur pour l’atterrissage, avec très peu de possibilités...