Après avoir fait le plein de wat, de pagodes et de stupas, direction le seul pays chrétien d'Asie : les Philippines. Avec ses 7000 îles, cela pourrait bien être le paradis des amoureux de la nature.
Du 20 mai au 10 juin 2019
22 jours
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Passage obligé pour poursuivre notre aventure aux Philippines : Manille.

Pour la minute géographie, la ville de Manille est située au centre de l'île de Luzon (ou Luçon), la plus grande, la plus peuplée et la plus au nord de l'archipel des Philippines.

Ayant réservé un bus de nuit le lendemain de notre atterrissage à Manille, nous faisons le choix d'aller dormir à une vingtaine de kms de Manille, à Quezon City, qui s'avère être l'ancienne capitale des Philippines de 1948 à 1976 et le point de départ de notre bus.

La fatigue commençant à se faire sentir, nous préférons ne pas nous aventurer dans Manille et nous contenter d'une balade dans Quezon City.

Si nous avions les mêmes passages piétons, on respecterait un peu plus... 

Nous hallucinons du nombre de centres commerciaux situés autour de notre hôtel, et de l'indéniable influence des États-Unis sur le pays : fast food, marques américaines et inscriptions en anglais sont partout.

Si ti veux manger local, ce n'est pas ici...  

Du coup, Céline craque chez H&M pour se racheter quelques affaires après la mésaventure de Kampot. Elle invoque une loi sur le quota minimum d'affaires assorties à détenir pour un voyage. Laurent s'incline ...

En dehors de cette parenthèse acheteuse, la journée est dédiée à l'avancée du périple aux Philippines. Il faut savoir que les temps de trajet dans le pays sont longs et fastidieux. L'idée est donc d'anticiper au max pour pouvoir profiter comme il se doit de nos 3 semaines philippines. Nous faisons connaissance avec les nouveaux moyens de locomotion possibles (en plus des bus, avion et bateau) : jeepney et tricycle. Affaire à suivre.

Avant de prendre le bus de nuit, on parvient quand même à manger local dans un restaurant où la patience est le maître mot. Heureusement que l'on a un peu d'avance sur le timing ...

Je garde le sourire mais j'ai faim !!!!! 
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Comme vous l'avez sûrement remarqué, nous n'avons pas été très assidus à l'écriture du blog ces derniers jours. Rassurez-vous, on a juste eu des problèmes de connexion à Internet, mais on travaille dur pour rattraper notre retard :)

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Notre voyage aux Philippines commence réellement maintenant en accédant au nord de l'île de Luzon, spot renommé pour ses rizières à couper le souffle.

Quoi de mieux pour arriver jusque là qu'un énième bus de nuit entre Quezon City et Banaue ?

7h30 de route, places confortables et 2 pauses, jusqu'ici, tout va bien ... mais face à un nouveau pilote de rallye, le sommeil est de courte durée.

Nous arrivons aux alentours de 5h à Banaue où nous attend une gentille personne de la guesthouse où nous logerons. Mais avant toute chose, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée de 50 pesos par personne (environ 1 euro, ça va, on a vu pire).

Étant vraiment fatigués, nous profitons pour dormir un peu (beaucoup). Légèrement à l'écart du centre, nous pouvons tranquillement récupérer et profiter d'une terrasse avec vue sur les rizières. Oui, on est au bon endroit !

C'est un peu comme sur notre terrasse de Nanterre, non ?

L'après-midi, nous nous imprégnons de l'ambiance locale et découvrons cette petite bourgade montagnarde de moins de 2 000 habitants, étendue le long de nombreux lacets.

Un coucher de soleil sans filtre

Après concertation et vote unanime (2 voix), nous prenons la décision de rester un jour de plus à Banaue afin de recharger complètement les batteries après ces dernières journées bien remplies.

Le lendemain, on en profite pour faire une randonnée de 3h où l'on peut admirer différents points de vue sur les rizières et rencontrer la population locale.

Elle est attendrissante, n'est-ce pas ? Le seul mot en anglais qu'elle connaisse : "donation"

Info en plus : Le point de vue numéro 2 a été sélectionné pour apparaître sur le billet de 20 pesos, le 4 sur l'ancien billet de 100 pesos.

 On n'a pas trouvé la civette palmiste par contre
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En plus de la découverte des paysages, cette étape nous laisse le temps de comprendre comment fonctionnent les Jeepneys, le moyen de transport typique des Philippines.

Elles ont la réputation d'une décoration atypique et engagée mais surtout, d'une optimisation de la place. Tu peux t'asseoir à l'intérieur ou sur le toit.

Minute Pierre Bellemare : Ce sont à l'origine des Jeeps abandonnées par l'armée américaine à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

Une sélection de Jeepney, faites votre choix

Autre moyen de transport atypique, le tricycle. Tu peux te mettre à deux à l'intérieur (tu ne mets pas 2 Laurent par contre). Comme pour le tuk-tuk, tu peux négocier ton trajet, ils sont assez flexibles. Et là aussi, il y a un effort créatif indéniable.

Il y en a pour tous les goûts

La dernière attraction locale concerne les élections, qui ont eu lieu la semaine précédent notre venue. Ils votent pour de nombreux postes en même temps (maire, gouverneur, vice-gouverneur, député...). On y retrouve là aussi une tendance très américaine. Et on sent un engagement total des candidats. La preuve en images.

8h sur le chantier avec la tête du même candidat. Ça peut être énervant. 
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Mais Banaue c'est aussi et surtout le point de départ de treks permettant d'admirer les différentes rizières aux alentours, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Petites balades dans les rizières 

Plusieurs options sont proposées aux touristes incluant guide et transport (minimum 4200 pesos pour 2 pour 2 jours/1 nuit, 40 euros environ).

Avant d'arriver sur place, nous avions envisagé cette option classique mais le partage d'expérience avec une française change notre programme.

Du coup, direction Batad, la cerise sur le gâteau de la catégorie rizière, par nos propres moyens !!!

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Direction donc Batad en jeepney. On n'aurait pas pu faire plus local.

De Banaue, qui n'est situé qu'à une bonne dizaine de kms, il faut compter une heure environ (donc en comparaison, Céline court plus vite que le jeepney). Non seulement l'engin n'est pas de toute première jeunesse, mais il faut aussi faire des pauses diverses et variées : remplissage de bonbonnes de gaz, achat de cacahuètes pour tous les passagers, chargement de barres en bois sur le toit ...

On est bien tassés à l'intérieur comme à l'extérieur, car en plus des gens, on transporte des vivres et du matériel pour Batad, qui est peu accessible. On trouve donc à nos pieds sacs de ciment, de riz, ou même de pâtes.

Ah !!! Qu'est ce qu'on est serrés au fond de cette boîte... 

On fait la rencontre de deux autres français, qui ont choisi eux aussi cette option locale : Lionel de Montpellier, parti pour un an de tour du monde après une rupture conventionnelle, et Jean Baptiste, dit JB, de Quimper, professeur de maths à mi-temps annualisé et en tour d'Asie pour 6 mois. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe du mi-temps annualisé, JB travaille 6 mois à temps plein payé à 50% et ne travaille pas pendant 6 mois payé à 50%. Ça peut donner des idées ;).

On sympathise durant cette heure de trajet et on décide naturellement de poursuivre l'aventure ensemble en commençant par une première tournée de bière payée par Laurent (il fallait bien s'occuper en attendant la fin de l'averse).

Oui Céline a changé de mec, elle a toujours eu un faible pour Zizou 

Suite à la recommandation de notre guesthouse de Banaue, nous prenons deux nuits à la Batad Pension. On est seuls puisque c'est la basse saison. La chambre et la salle de bain sont sommaires mais whaouh, quelle vue !!! Que ce soit sur le balcon ou même de notre chambre, ça vaut le détour pour 1200 pesos pour 2 pour 2 nuits (21 euros).

Une vue qui fait relativiser douche froide et absence de papier toilette 

Après le repas du soir partagé à 4, on évoque le planning du lendemain. Les envies de chacun sont similaires. Banco, l'heure du rdv est donnée pour profiter ensemble de ce magnifique endroit.

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Départ vers 9h en direction du point le plus haut de Batad.

Non pas celui où il est marqué "view point" pour les touristes avec la cabane pour faire quelques achats, mais bien celui tout tout en haut des terrasses.

Même si le chemin emprunté n'est pas le plus orthodoxe (on a du faire halluciner certains guides), on passe un super moment à escalader et longer les murets au milieu des rizières. On parvient finalement au sommet. La vue sur la vallée est magique.

Un quatuor de choc pour profiter de cet amphithéâtre 

Après en avoir pris plein les yeux, on se dirige vers la cascade située en contrebas. Que ce soit pour chiller, tremper ses pieds, se baigner ou juste papoter, le lieu est idéal. Puis vient l'heure de prendre son courage à deux mains : la remontée est pour le moins sportive (va vraiment falloir se remettre au running).

Et dire que l'on va attaquer la saison des pluies

La météo commençant à être menaçante, on rejoint l'auberge de JB pour manger. Finalement, le déjeuner se transforme en une après-midi à discuter des vies de chacun et à jouer aux dés. On apprend les règles d'un nouveau jeu, parfois un peu différentes selon qu'elles sont expliquées par JB ou par Lionel ;) quoiqu'il en soit on va pouvoir changer un peu de notre traditionnel yams (d'ailleurs, on ne peut pas cacher plus longtemps la vérité sur le score : 41-31 pour Céline).

Le lendemain, il est déjà temps de retourner à Banaue. Un moment mémorable puisque nous faisons le trajet retour sur le toit du jeepney. Contrairement aux apparences, ce n'est pas si inconfortable que cela, il suffit juste de faire attention aux branches qui pourraient nous assommer.

Les plus perspicaces d'entre vous auront déjà vu cette photo quelque part
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Après ces 5 jours parfaits dans la région d'Ifugao, nous enchaînons sur 2 jours un peu moins idylliques à cause de longs trajets en bus sous la pluie et sur des routes en zigzag. 6h jusqu'à Baguio puis 7h le lendemain pour rejoindre l'aéroport de Clark. Un peu fastidieux et flippant (y'a un code de la route aux Philippines ?) mais nécessaire pour pouvoir voler vers de nouveaux horizons.

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En conclusion de cette étape :

- gros coup de cœur pour la région d'Ifugao et ses rizières de Banaue et Batad ;

- léger regret de ne pas avoir eu le temps de découvrir d'autres sites tels que Vigan ou Sagada ; une petite optimisation du trajet retour vers le sud de Luzon aurait pu nous permettre de profiter encore davantage.

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Changement d'île, changement d'ambiance, de paysage et de température : on retrouve nos 35 degrés habituels, qui nous avaient presque manqué (on ne l'avait pas dit mais à Batad et à Baguio, les températures sont plus basses, tout particulièrement la nuit).

Nous voici donc sur l'île de Bohol, 10e plus grande île des Philippines, située grosso modo au centre de l'archipel.

Sculpture sur sable by Céline & Lolo 
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Nous passons 4 jours intenses sur Bohol, où nous faisons le plein de découvertes. Au programme :

- Du snorkeling sur l'île de Balicasag, qui est considérée comme un sanctuaire marin. Autant vous dire qu'on a surkiffé ce moment et qu'on en a pris plein la vue. On a même eu la chance d'apercevoir deux tortues et de se balader à côté d'elles.

#sansfiltre 

Bon il faut aussi avouer qu'on a du succomber aux sirènes des rabatteurs pour pouvoir profiter de Balicasag, car nous n'avons pas trouvé d'autre moyen qu'une excursion de groupe pour y aller. Encore et toujours ce fameux jeu de la négociation de tapis : proposition, contre-proposition, on s'en va, il revient, contre-contre-proposition ... et le deal est validé. Finalement, c'est Roland qui remporte la mise (jusque parce que ça rime avec Laurent).

Oui, il existe vraiment Roland

- L'observation de dauphins, inclus dans l'excursion de Roland. Expérience moyenne car cela ressemble à une "chasse aux dauphins" avec tous les bateaux tels que le nôtre qui se précipitent dessus dès qu'ils pointent le bout de leur nez.

Compét de bateaux de touristes 

- Un baptême de plongée, qui était l'un des prérequis de Laurent pour ce voyage. Le snorkeling nous ayant tous les 2 convaincus d'aller plus loin dans la découverte des fonds marins, Céline se lance aussi dans l'aventure. Nous commençons par une vidéo explicative. Au vu des coupes de cheveux, elle date au moins du début des années 90. Nous poursuivons par des exercices en piscine pour s'approprier le matériel (14 kgs quand même) et les différents gestes et postures.

Tout contents dans nos combi

Nous partons ensuite en mer et le spectacle est grandiose. Un moment de pur kif, qui comme chaque bonne chose, est bien trop court.

#sansfiltre v.2 

- Les "Chocolate Hills", le site le plus connu de Bohol et la raison principale de notre arrêt sur cet île (rappelez-vous qu'il y a plus de 7000 îles aux Philippines, il faut donc bien faire des choix). Les "Chocolate Hills" forment un paysage unique de 1268 collines ressemblant à des tas de chocolat au moment de la saison sèche, d'où l'appellation très recherchée. Pour y aller de notre camp de base, nous avons 70 kms à parcourir en scooter. Nous nous levons donc aux aurores, prenons un petit déjeuner à Loboc, petit village réputé pour ses croisières sur la rivière, et arrivons aux Chocolate Hills vers 9h. Déception car à cette heure-ci, des dizaines de cars de touristes sont déjà arrivés. Il n'en demeure pas moins que le lieu est indéniablement très joli et surprenant, avec ces petites montagnes à 360 degrés, qui s'avèrent finalement être plus pistache que chocolat en ce début de saison humide.

Les terrils philippins 

Malheureusement, nous devons nous contenter d'un point de vue unique car il n'est pas possible de se balader à scooter ou à pieds sur le site.

- Une rencontre avec les tarsiers, les plus petits primates du monde, qui possèdent d'immenses yeux globuleux plus grands que leur cerveau !

Malheureusement il n'est pas à adopter 

Ils ne peuvent être observés qu'à 4 endroits dans le monde (Philippines, Indonésie, Malaisie, Bruneï). Leur principal ennemi est le touriste car fait notable, le tarsier peut se suicider en arrêtant de respirer s'il est stressé (par exemple si le touriste parle trop fort, l'approche de trop près ou lui met un flash en pleine tête). Nous choisissons le sanctuaire de Corella, qui semble être le plus soucieux du bien-être animal. Effectivement, le lieu est paisible et seuls 4 tarsiers sont visibles. Le dernier est cependant réveillé, ce qui nous paraît étrange étant donné qu'il s'agit d'une espèce vivant la nuit et dormant le jour. Des branches mouillés et une gourde dans les mains d'un employé nous font penser qu'il a été réveillé juste avant notre passage ... on espère se tromper ...

Pour ceux qui voudraient passer leur master option tarsier

- La descente dans la "Hinagdanan Cave", une magnifique grotte découverte par un fermier du coin qui présente la particularité de pouvoir s'y baigner. Il ne faut juste pas être claustrophobe.

- Le test des "eatery". Typiques des Philippines, ces restaurants proposent aux clients de soulever les couvercles des marmites contenant des plats ou des soupes mijotés. Chacun choisit ce qui lui plaît et paye à l'assiette. L'avantage réside dans les petites portions qui permettent de tester plusieurs saveurs et qui, en plus, ne sont pas chères.

- Des photos Instagram à gogo (même si nous n'avons pas Instagram ...).

Concours de photos carte postale et de saut en hauteur
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Sans oublier le bonus :

- Le comptage de couples mixtes composés d'un homme blanc d'un certain âge et d'une philippino pas encore ménopausée (à ce jour on est à 16).

Haaaa l'amour <3

Vous mélangez le tout, ajoutez un super hôtel pour se relaxer et un scooter pour se sentir en liberté, et cela donne un séjour inoubliable sur l'île de Bohol.

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Après 5 jours sur Bohol, nous mettons les voiles sur Siquijor pour 2 nuits, une île accessible depuis Bohol en 1h30 de bateau.

Nous aussi on t'aime Siquijor 

Pourquoi cette île ?

D'une part, parce qu'elle fait seulement 75 kms de circonférence, ce qui donne la possibilité de pouvoir profiter de tous les spots sans faire des heures de trajet.

D'autre part, sa réputation d'"île mystique" est naturellement source de curiosité. Siquijor est en effet délaissée par les philippins car ils pensent qu'elle est hantée par des sorcières (gentilles et méchantes).

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Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas eu l'occasion de vous parler des traditions et passions des philippins. L'avantage d'être sur une petite île est de pouvoir apercevoir cela de plus près :

- Le karaoké : A toute heure de la journée (dès 7h pour les plus matinaux), les philippins ont des systèmes à l'extérieur de leur maison permettant de partager au reste du monde leur passion pour la chanson. Même si 90% des amateurs chantent faux (certains doivent avoir les oreilles qui saignent), il ne faut pas montrer le moindre signe de moquerie, au risque de passer pour une personne irrespectueuse.

- Les combats de coq : Tenez-vous bien, cela est considéré comme un sport aux Philippines (Brigitte si tu es abonnée au blog, stp, ne lis pas ces prochaines lignes). Tous les dimanches, ces combats ont lieu dans plus de 2 500 arènes. S'y affrontent pendant environ une minute des coqs de 2 ans (âge auquel ils sont les plus aguerris), dans le but de défendre l'honneur de leurs propriétaires. Le perdant finit chez le boucher. C'est ainsi que 3 millions de coqs meurent chaque année aux Philippines lors des sabong (terme philippin désignant les combats de coqs).

Lors d'une balade dans les coins reculés de l'île, nous avons "la chance" d'assister à un entraînement de coqs. Assez impressionnant ! On ressent immédiatement l'enthousiasme des philippins pour ce sport.

Un entraînement pour se mettre en pattes

- Le basket : Influence américaine oblige, il s'agit du sport le plus joué et regardé aux Philippines. Il se trouve justement que nous sommes en pleine finale de NBA (#GoRaptors). En attendant le bateau, nous assistons au direct du match numéro 1. Tous les philippins présents sont collés à la télé (et Laurent).

Sur l'île de Siquijor, on a pu compter (nouveau jeu après les couples dont la différence d'âge excède 35 ans) 13 terrains de basket en l'espace de 30 kms (et encore on n'a pas pris en compte les simples paniers accolés aux maisons).

Peut-être le nouveau Stephen Curry... 
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Cet aparté fait, nous pouvons entrer dans le vif du sujet.

Notre étape commence par de la négociation de location de scooter pour les deux jours où nous allons rester sur l'île. Cela est notre quotidien.

Une fois passée cette formalité, on part pour une trentaine de kilomètres à longer la côte, à s'approprier les lieux et à ressentir le côté paisible de l'ile. Nous nous arrêtons à notre homestay situé non loin de la ville de San Juan, un petit chalet légèrement reculé de la route. Excellent choix de Céline. Juste le temps de s'alléger de quelques affaires et il est temps de profiter des richesses de l'île.

Nous entamons par la visite du Balete Tree, l'arbre le plus vieux de l'île (400 ans), qui présente la particularité de disposer d'un bassin rempli de petits (et gros) poissons qui te mangent les peaux mortes des pieds. Une séance de fish pédicure (presque) gratuite en sorte. On se laisse tenter par cette nouvelle expérience surprenante.

Je n'ai même pas fini la photo que Céline commence sa pédicure 

Siquijor regorge de nombreuses cascades et nous faisons un arrêt à celle de Cambugahay, composée de 3 bassins.

Petites cascades animées 

Nous traversons ensuite le cœur de l'île à la rencontre des locaux, dont la gentillesse se fait sentir par le biais d'un sourire ou d'un "hello".

Instants magiques 

Nous finissons cette première journée par un coucher de soleil sur la plage de Salagdoong où nous sommes seuls à profiter de cet instant.

Seuls au monde 
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2 jours à Siquijor, c'est court, on décide donc de se lever tôt le lendemain pour une matinée de snorkeling au sanctuaire marin de Tulapos. Un grand moment de découverte de la richesse marine de ce pays : étoiles de mer multicolores, oursins, coquillages géants, etc.

La beauté marine des Philippines 

Après le super moment passé à Salagdoong la veille, on décide de retourner sur cette plage. Mais à midi, un samedi, ce n'est pas du tout la même ambiance. La plage est blindée de monde. On laisse juste Laurent s'amuser sur les différents sautoirs pour un petit moment d'adrénaline.

Lolo en plein kif

Puis vient le moment d'explorer l'un des aspects mystiques de l'ile, en partant à la rencontre des guérisseurs. Ils se trouvent principalement entre Cantabon et San Antonio, au centre de l'île.

3 types de guérisseurs existent : ceux qui utilisent des prières et des massages, les bolo bolo qui soufflent avec une paille dans un verre rempli d'eau avec une pierre à l'intérieur et tournent autour de toi, et ceux qui se servent des plantes.

On trouve un guide qui s'appelle Bon Navarro (sans doute un bon présage car c'est aussi le nom de jeune fille de la mère de Laurent), qui nous emmène chez les 2 premiers types de guérisseurs.

Pas du tout anxieux les gars  

L'expérience avec le bolo bolo est particulièrement surprenante. À chaque tour, des "impuretés" (?) de couleur noire apparaissent dans le verre. Un peu flippant, non ? Heureusement pour nous, au bout de plusieurs tours, l'eau devient limpide.

Pas rigolo le bolo bolo 

Puis, le guide Navarro nous emmène chez un ami pour admirer le coucher de soleil. Ce dernier est en train de construire une future auberge dans la montagne avec une vue imprenable sur toute l'île. Moment d'échange très intéressant et agréable au vu du super niveau d'anglais du mec (à côté on peut aller se rhabiller).

Nouveaux copaingg 

Après un nouveau bon repas et une bonne nuit, il est temps de quitter cette magnifique île où on serait bien restés un peu plus longtemps. Un sentiment d'inachevé (comme pour plusieurs spots bien évidemment) mais pour le coup, on y reviendra surement.

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Retour à Bohol pour finir ce week-end chargé. On est dimanche et coup de chance, c'est le jour des combats de coqs à Tagbilaran. On demande donc à notre tuk-tuk tricycle venu nous chercher au port de nous emmener dans une arène. Demande exaucée. Lorsque l'on rentre dans ce stade plein de plus de 1 000 philippins surchauffés, certains sont ébahis par notre présence.

Un stade surchauffé 

Nous de même en voyant tous les rituels entourant chaque combat : les bruits assourdissants pour parier sur la victoire de l'un des 2 coqs, les coqs qui se chauffent à coups de bec dans les mains de leurs propriétaires, les échanges de billets.

Les coqs ne passent pas par 4 chemins 

Sur leurs pattes, les coqs possèdent des lames de rasoirs, raison pour laquelle les affrontements durent moins d'une minute. Après une bonne dizaine de combats, on en a assez vu et on s'en va.

Futur combattant qui vient analyser le terrain 

Cette expérience reste particulière, on ne peut pas dire que l'on cautionne, mais elle a le mérite de nous faire découvrir une culture différente de la nôtre. N'est-ce pas après tout le but de tout voyage.

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Il était impossible de quitter les Philippines sans avoir vu à quoi ressemblait la fameuse île de Palawan.

Située au sud-ouest de l’archipel des Philippines, c’est l’une des îles les plus prisées des touristes et des expatriés du fait de son climat très agréable (l’île est à l’abri des typhons). Elle a aussi été élue meilleure île du monde pour 2017 par les lecteurs du magazine Travel + Leisure, c'est dire.

Pour la petite histoire, c'est une photo de l'île envoyée par Laurent à Céline un après-midi de février (sur les conseils avisés d'un certain Ludo, qui se reconnaîtra) qui fit définitivement changer les plans et sauter la Malaisie au profit des Philippines. Et franchement, on ne le regrette pas une seule seconde.

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Pour rejoindre l'île de Palawan, nous faisons comme à notre habitude, pas au plus simple ni au plus rapide (mais au moins cher, on n'est pas fous quand même) : un premier vol d'1h jusque Manille, 3h d'escale, puis un autre vol d'1h jusque Puerto Princesa.

L'escale nous permet de confirmer ce que nous vous disions dans l'article précédent au sujet des combats de coqs. Des magazines dédiés à ce sport existent aux Philippines.

On sent Céline un peu sceptique, non ? 

De Puerto Princesa, il nous faut encore 3h de minivan pour rejoindre Port Barton. Une bonne journée de transport comme on les aime.

Heureusement, notre arrivée à la guesthouse, la West Point Inn, est synonyme de méga bonne nouvelle : Céline retrouve ses affaires "perdues" à Kampot. Un grand merci à Mélissa et Nicolas pour ce trafic réussi de vêtements.

Garde-robe au complet

On se balade dans ce petit village encore peu touché par le tourisme de masse. Les routes y sont terreuses, les guesthouses peu nombreuses et on recense un seul restaurant dédié aux européens. La plage est agréable malgré les nombreux bateaux amarrés.

Coucher de soleil sur la plage de Port Barton  

On passe devant une école, qui nous rappelle que l'éducation des enfants est une des priorités du gouvernement philippin.

Des idées pour le gouvernement français ? 

L'écologie un peu aussi. Pour le moment, c'est le seul pays où on a senti une certaine prise de conscience par rapport aux déchets et à la protection de l'environnement.

Nicolas Hulot a peut-être des origines philippines lointaines 

On termine la journée par un dîner en compagnie de deux autres français, Romane et Yoann, trahis par leur accent français lorsqu'ils nous demandent si le "chicken curry" est bon. C'est fou comme cela rapproche d'être français à l'étranger.

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Le lendemain, place à un petit tour des îles aux alentours, réservé avec notre guesthouse en arrivant la veille. On a d'abord un peu peur que cela soit méga touristique mais on a finalement beaucoup de chance :

Déjà, on parvient à négocier 200 pesos de réduction car on a désormais notre propre matériel de snorkeling. Les prix ont pourtant la réputation d'être non négociables ici.

Faites votre choix ! 

Ensuite, on se retrouve seulement à 4 touristes sur le bateau. En haute saison, cela peut monter jusque 20 !

Et le gros point fort, notre capitaine ne fait pas l'un des tours classiques mais choisit des spots en fonction du nombre de bateaux qui s'y trouvent déjà.

On se retrouve donc à profiter seuls au monde d'un site de snorkeling.

Pub pour le matériel de snorkeling 

Puis d'un déjeuner gargantuesque sur une île quasi déserte (une seule famille y vit et notre capitaine est un de leurs amis). Un régal pour les papilles.

Une sieste s'impose après un tel festin

Les paysages sont juste magiques.

Désolés pour ceux qui travaillent 

L'après-midi, on continue sur notre lancée, on croise des tortues, dont une géante, des étoiles de mer et même un poisson-perroquet (dénommé ainsi à cause de sa peau multicolore).

Coucou toi  

Il est déjà 16h et l'heure de rentrer à quai. On se dit qu'on est vraiment chanceux d'avoir vécu cette expérience de cette façon car elle aurait été bien différente avec un bateau surchargé et des spots bondés.

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Le lendemain matin, on se réveille avec une pluie diluvienne. Pas d'accalmie entre 6h et 11h.

On voulait initialement louer un kayak ou des vélos pour cette demi-journée restante, mais au vu de la météo, on opte plutôt pour une grasse mat et un départ anticipé pour notre prochaine destination.

En tous les cas, on quitte Port Barton avec des images plein la tête.

En mode "je kiffe trop la life" 
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El Nido est sans aucun doute le site le plus connu de l'île de Palawan, et donc le plus touristique. Après le calme de Port Barton, c'est un peu la tempête.

Il faut savoir que sa renommée n'est pas due à la ville en elle-même (elle n'a vraiment rien d'extraordinaire, hormis peut-être ses couchers de soleil), mais à l'archipel de Bacuit, petite merveille située au large d'El Nido. Une des saisons de Koh Lanta y a même été tournée.

Des photos cartes postales 

Pour cette étape, notre binôme se sépare. Rassurez-vous, rien de bien méchant : seulement pour 2 jours et uniquement pour une histoire de plongée sous-marine. Laurent se lance dans la certification Open Water PADI, qui nécessite 2 jours de théorie et de pratique. Comme les finances sont serrées et le coût du PADI non négligeable, il a fallu jouer ça à pierre-feuille-ciseaux, dommage Céline ...

On vous voit déjà dire "ah non mais la pauvre, quel goujat ce Laurent", hé ben vous avez bien raison ... car devinez en plus qui a payé ?

Trêve de plaisanterie, la vérité est que Céline préfère s'en tenir au snorkeling, et dans un élan de générosité, a souhaité l'offrir à Laurent pour son anniversaire.

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Nous occupons notre jour en commun à découvrir le nord d'El Nido et deux de ses plages.

D'abord Nacpan beach : Le paysage est sympa et il n'y a pas trop de monde.

Tranquilles sur les transats 

Tout va pour mieux jusqu'à ce qu'on se prenne une belle averse de pluie ... et d'insectes, des sortes de petites puces qui te piquent et te laissent en souvenir un petit point rouge sur la peau.

Temps de rêve pour puces de plage 

La pluie, ça passe encore mais les piqûres partout sur le corps, merci bien ! On plie donc bagage en espérant fuir ces petites bêtes.

On se retrouve donc à Duli beach et là, c'est carrément le pied, la plage est quasiment à nous. Ça valait la peine de rouler sous la flotte sur des routes pas toujours très pratiquables. On trouve en plus une petite cabane qui propose des crêpes et des pancakes, un régal. On finit par une partie endiablée de beach volley où la force de Laurent a raison de la fougue de Céline (31-29). Seule ombre au tableau, les insectes sont toujours là et continuent de piquer, avec pour cible principale Céline.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces petites bêtes, il s'agit de "nik-nik", qui apparaissent lorsque les températures baissent (merci la pluie) et dont les piqûres grattent intensément, parfois pendant plusieurs jours. Céline confirme. Heureusement que l'huile essentielle de lavande aspic est dans la trousse de secours, c'est un peu miraculeux à vrai dire (merci Aromazone, et merci Catherine pour les judicieux conseils).

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Pendant que mister Laurent découvre les fonds marins aux frais de la princesse Céline, cette dernière continue la découverte de la côte. Cap au sud cette fois, en scooter, toute seule comme une grande.

Coup de cœur pour la plage Las Cabanas, qui offre un joli panorama sur les falaises karstiques de l'archipel de Bacuit.

Seule sur le sableeee, les yeux dans l'eauuuu 

Deuxième coup de cœur pour le petit déjeuner pris sur la plage : œuf, bacon, fruits, pancakes, la totale.

Petit déj de championne de scooter

Malheureusement, cette plage ne sera bientôt plus un petit paradis perdu. Une galerie marchande par laquelle on sera obligés de passer pour atteindre la plage est en train d'être construite, ainsi que d'autres bâtiments le long de la plage.

Un MacDo avant de montrer ses abdos ?

Bien sûr, toutes ces constructions sont réalisées dans le plus grand respect de l'environnement.

Ouf on est rassurés 

Le deuxième jour solo de Céline s'avère finalement être un jour trio. Nous avons en effet retrouvé sur la plage par le plus grand des hasards les frenchies Romane et Yoann, et Céline s'est incrustée avec eux pour une excursion en mer.

Autant à Port Barton, il nous a été possible de sortir quelque peu des sentiers battus, autant à El Nido, il est difficile de faire dans l'originalité, on sent l'offre touristique bien rodée.

Alors ? Laquelle choisir pour payer bien cher et être serrés comme des sardines ? 

Direction donc le tour C, qu'on nous a conseillé (avec le tour A) pour avoir une vue d'ensemble de l'archipel de Bacuit.

A 9h le matin, des dizaines de bateaux sont alignés et des milliers de touristes attendent patiemment de monter dans celui qui leur a été assigné. Nous sommes 25 dans le nôtre, et les seuls occidentaux de la bande. A 1400 pesos le ticket d'entrée, c'est rentable.

Les paysages sont sans aucun doute magnifiques : une eau turquoise qui donne du relief aux pics karstiques.

Un petit côté Baie d'Halong 

Mais difficile d'oublier le côté méga touristique de l'excursion. Dès le premier spot, il faut payer 400 pesos (à 3) pour prendre un kayak et soit-disant accéder au paysage le plus beau (en réalité, il est possible d'y aller en nageant).

Un kayak (à 400 pesos) parmi les kayaks

Puis, le midi c'est 100 pesos par personne pour accéder à l'île sur laquelle est servi le déjeuner-buffet (malin quand même, tu payes pas tu manges pas ?) ...

Et le plus embêtant, certains sites sont bondés de gens et de gilets de sauvetage orange (a priori, la natation n'est pas le sport de prédilection des chinois).

Très bonne surprise par contre sur la bouffe, qui est excellente. Les gars maîtrisent dans leur petit coin cuisine à l'arrière du bateau.

Prenez-en de la graine les gars ! 
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Pendant que Céline se convertit en aventurière solo pendant 2 jours, Laurent profite de cette expérience plongée.

Le spot donne envie de rejoindre les compatriotes 

Avec un moniteur français, l'apprentissage est bien plus facile et le décor permet de savourer les plongées.

Au total, 6 sorties en 2 jours avec des exercices sous l'eau dont la plus marquante est celle où on simule le manque d'oxygène sous l'eau. Ton moniteur te coupe la bouteille, tu inspires et là, plus rien. Flippant mais formateur.

Par contre, faut bosser si tu ne veux pas finir étouffé sous l'eau 

Le meilleur souvenir sous l'eau, ce sont ces coraux d'une beauté majestueuse tout en nageant proche d'un banc de barracudas.

Y'a pire comme sorties 

Au-delà de la pratique, énormément de théorie pour apprendre les rudiments de cette discipline. Avec cette certification en poche (qui permet de plonger en binôme à 18m maximum) et surtout les destinations à venir (Indonésie, Fidji, Nouvelle Calédonie), il y aura à coup sûr de nouvelles découvertes de fonds marins.

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Le soir, on se retrouve à 4 pour le dernier dîner de Romane et Yoann à El Nido. La bonne action de ces djeuns de 22 et 23 ans qui ont l'impression de sortir leurs parents.

Alors, c'est qui les trentenaires ?
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Pour notre dernier jour à El Nido, nous avons hésité à faire le tour A pour fêter les retrouvailles du binôme Missenowak. Finalement, on fait l'impasse car le côté trop touristique nous rebute. Le temps pluvieux et orageux tout au long de la journée nous donnera en plus raison de ce choix.

Ce dimanche est donc axé sur le repos (surtout avec la journée de transport qui nous attend le lendemain) et la préparation de la suite du voyage.

Laurent souhaite par ailleurs partager un dernier moment fort avec les locaux : la messe du dimanche.

Il est impératif d'être bien habillé, à tel point qu'en arrivant, il se demande si ce n'est pas un mariage. Il trouve dans ses affaires de quoi paraître présentable (t-shirt blanc et pantalon noir ... de randonnée) et arrive dans cette église très moderne par son architecture mais très traditionnelle dans ses pratiques puisque les hommes sont assis à gauche et les femmes à droite...

L'église affiche complet, il faut même rajouter des chaises supplémentaires. Les prêtres français en seraient jaloux, tout comme ils le seraient de la moyenne d'âge des personnes qui composent l'audience.

Un auditoire et une chorale jeune qui montrent l'attachement à la religion catholique pour les générations à venir.

Aurevoir El Nido ! Et à jamais ;)

A jamais El Nido mais sûrement pas à jamais les Philippines. On y retournera très certainement.

Tout est dit