La côte ouest de l'Australie en camping-car

De Darwin à Perth avec nos enfants...
Du 7 juillet au 20 août 2018
45 jours
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Il y a peut être 10 ans j'ai lu un bouquin d'une Anglaise qui a vécu à Broome. Une petite ville de l'Ouest Australien à des milliers de km de toute autre ville. Le temps s'y écoulait lentement. Les gens vivaient sur la plage tranquillement. Les surfeurs n'étaient pas des hommes Sandwich pour marques dites branchées. Les aborigènes vivaient avec les blancs, pas parqués dans des réserves au milieu des cadavres de bière. La ville était au milieu de nulle part mais ressemblait à un petit paradis .... 10 ans après je vais pouvoir vérifier .... Roméo voudrait aussi vérifier deux ou trois trucs sur l'Australie ... Les kangourous savent-ils vraiment boxer ? ça c'est une bonne question. Il va falloir en provoquer un ou deux .... C'est vrai que les australiens, ils mangent du crocodile ? Quel goût ça a le crocodile ? Comment on fait pour manger les écailles ? Autant de questions de fond qu'il va falloir éclaircir. Lise ne se pose pas trop de questions. Assise sur son postérieur, elle affiche la placidité du bouledogue anglais que rien ne peut atteindre. Ses joues parlent pour elle. Là où il y a de la nourriture, il y a de l'espoir .... Marie fonctionne à plein régime. Le cerveau en ébullition. Des listes, des mails, des tableaux, rien n'est laissé au hasard .... Comme d'habitude c'est elle qui a le plus hâte. Un ailleurs de plus à visiter, en camping car, en famille .... what else ?


En plein préparatifs... 
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En tant que spécialiste de la bouteille à moitié vide, j’avais tellement appréhendé ce voyage que j’en ai été agréablement surpris. Pour Roméo ces 24h d’avion ont rimé avec la nuit du dessin animé. Il a bien du se griller quelques neurones (à la fin, il regardait l’écran la bouche ouverte et un champ de carottes lui poussait dans la tête) mais pas de caprices …. Lise a réussi à dormir, plus dans les bras de Marie que dans le bassinet mais elle a dormi. Marie a dormi sur Lise ou le contraire et moi j’ai compté les moutons devant des films d’auteur ( Black Panther, Wonder Woman, Black Panter contre WonderWoman ….)

Nous arrivons à Darwin. Nous étions prévenus pour le climat donc pas de surprises. 30° temps sec. Nous débarquons dans l’hotel bien confortable (Merci Henri) et nous nous effondrons dans nos lits.

Le lendemain visite de Darwin et quelques achats (carte sim, adaptateur …). Dès l’avion nous avions été surpris de la petite taille de la ville. Effectivement Darwin, la capitale de l’état du Nord c’est un centre ville de 5 rues sur 5. C’est aussi la plus grande ville que nous allons traverser avant Perth, l’arrivée de notre périple. Autant dire que nous allons traverser du vide ….

La ville est très tranquille, les gens te disent bonjour pour un oui ou un non, bref c’est agréable. Darwin, c’est la capitale du crocodile. La ville est sur la mer mais les plages ne sont pas utilisées car les touristes pourraient s’y faire mordre les fesses. Alors bien sur nous visitons crocosaurus, un parc autour du grand méchant saurien. Des l’entrée vente de sacs à mains en peau de crocodile. (Je vois bien Marineland vendre des sacs à main en peau d’orque ….). C’est un peu un condensé de l’esprit d’entreprise Australien. Faire des affaires, pas des sentiments. Nous en aurons très vite une autre illustration avec les aborigènes. Partout des boutiques vendent de l’art Aborigène, et les Aborigènes sont où pendant ce temps ? Dans des parcs à se défoncer avec du mauvais alcool … Bref ne mélangeons pas tout, les grands sentiments et le business …

Nous progressons donc dans le Disney Land du croco.

De grosses bébèttes de 3 ou 4m se prélassent dans des bassins et baillent devant les touristes. De temps en temps elles sortent de leur torpeur pour avaler une ou deux cotelettes que leur lancent les soigneurs. Un tantinet soporifique … Roméo s’éclate néanmoins avec une canne à pèche et des petits alligators qui lui sautent dessus pour prendre la becquée. Nous finirons par quelques photos : le bébé alligator sur la tête de roméo, dans les bras de roméo, qui fait un bisou à Roméo ….

Demain c’est le grand jour. Toute la famille embarque dans le van et débute son périple. Nous donnerons des nouvelles un peu plus fréquentes (en fonction des connections bien sur … ).

Bises à tous et bon match dimanche, j’avoue que je suis assez content d’être en Australie pour échapper un peu à tout ça ….

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- « Tu sais pourquoi les Gypsy Kings ils jouent avec la guitare penchée vers le haut ? »

- « Non …. »

- « T’as déjà essayé de jouer de la guitare à 15 dans une caravane ? »

C’est le genre de blague qui m’est venu à l’esprit quand j’ai vu notre van chez le loueur. On a commencé par le vider presque entièrement pour faire de la place. 2 couettes ? Non, on va en prendre qu’une ….. 2 casseroles ? Non on va en prendre qu’une, on a pas la place … 6 chaises ? et puis quoi encore ? et ainsi de suite …. Le type rigolait à côté du van au fur et à mesure que nous déchargions ce que nous ne jugions pas indispensable. A un moment il m’a demandé si je voulais pas lui laisser les enfants …. Je lui ai dit : « Non c’est gentil …. on va se serrer … »

Bref nous partons dans notre suppositoire roulant à l’assaut du grand Ouest Australien. Enfin pour l’instant nous partons vers le sud. Un premier parc naturel à 100k de Darwin, le Litchfield National Parc. Nous nous y baignons dans une rivière et y pique-niquons. Roméo fait son premier bain. Il est ravi. Les parents aussi, c’est très joli.

Le soir c’est notre premier Camp Ground. Pendant que les enfants s’amusent sur la pelouse, Papa et Maman jouent à tétris dans le van pour savoir comment on va dormir. Après d’intenses réflexions, ce sera Lise en bas dans son lit BB, Marie et Roméo en bas sur la banquette, et Papa en haut sur la mezzanine …. (si l’on peut dire ….) Et là durant la nuit le souvenir de la deuxième couette laissée à Darwin se fait plus cruel … La nuit est frisquette …. Il va falloir trouver une solution pour les autres nuits ….

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Attention wallabi !

Nous entrons dans le Litchfield National Park. La première journée se passe autour d’une piscine naturelle au pied d’une cascade. Paysage s-u-p-e-r-b-e. Roméo étrenne sa frite. (En Australie, ils disent « la nouille »). Lise tente un bain mais nous fait vite comprendre que la température de l’eau ne lui sied pas. Papa et Maman font des brasses à tour de rôle dans la piscine. Le soir nous arrivons dans un nouveau camping dit « unplugged ». Comprenez qu’il n’offre ni recharge électrique, ni eau. J’ai cherché ce qu’il offrait d’ailleurs et je n’ai pas trouvé …. un camping roots quoi … comme les aime tant Marie... (Ah si un truc drôle : Pour payer, personne, par contre il faut laisser une enveloppe avec des billets dans une boîte à lettres … ils savaient pas qu’on était Marseillais ….)


Mais le lendemain … au réveil … quand toute la famille se réchauffe autour d’un café ou d’un biberon … tous calfeutrés à l’intérieur du suppositoire sur roues ... des petits amis rebondissant viennent nous dire bonjour. Deux wallabys (petit kangourou et son bébé) viennent voir à quoi ressemblent des Français. Roméo était ravi et nous aussi... On a imité leur démarche bondissante un moment …

L’après midi se passera d’abord dans le lit d’une rivière qui forme plusieurs vasques, puis ensuite dans une autre piscine naturelle au pied d’une magnifique cascade. (oui je sais, ça commence à être banal ….). Le soir nous ressortons du Litchfield National Park et sommes de retour dans le camping d’il y a 2 jours.

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Kakadu National Park

Kakadu National Park

Un peu plus à l’est du LitchField National Park, c’est le Kakadu National Park. Beaucoup plus connu, beaucoup plus visité. Végétation semblable quoi qu’un peu plus verte, beaucoup plus de crocos et beaucoup de peintures rupestres aborigènes sur les rochers.

Roméo : « Papa, c’est quoi un aborigène ? »

Papa : « Tu as vu, ici, il y a des blancs et des noirs, eh bien les noirs ce sont les aborigènes, ils vivaient déjà là il y a très longtemps, bien avant les blancs »

Roméo : « Ah alors, Sonia, la nounou de Lise, elle est aborigène !!! »

Sonia, si tu lis ces lignes, ne le prends pas mal, je vais lui expliquer ...

Bref nous passons deux jours fort agréables où nous allons de point de vue en point de vue, de grottes sacrées en pique-niques le long de lagunes.

De temps en temps, nous croisons un ou deux wallabys. Roméo est super content, mais pour l’instant pas de crocos. On nous les aurait pas survendus ces crocos ? Ils sont là pour les touristes ou quoi ? Ce matin, Roméo et Marie partent aux aurores sur une croisière sur la Yellow River réputée infestée de bébettes. Ca y est, ils sont là. Soit ils les ont placés la veille avant que les touristes ne passent, soit ils étaient là avant mais en tous cas, la rivière regorge bien d’affreuses bêtes en écaille, futurs sacs à main voire chaussures. Les 2 lève-tôt de la famille en verront une bonne quinzaine de plus ou moins loin. Les lumières sur la rivière sont magnifiques au lever du soleil. Je vous conseille les photos.

C’est notre dernier jour au Kakadu. Nous sommes déjà un peu descendus au sud mais il nous reste à enquiller beaucoup de kilomètres. A bientôt sur le blog.

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Le kakadu park c’est fini, les touristes il n’y en a plus, à nous les grands espaces cap sur ouest-sud-ouest. Lorsque nous allumons le GPS, il nous accueille en nous disant que le prochain virage est dans 250km. Formidable, je déteste les virages. 300 km plus bas, nous arrivons dans une ville au milieu de nulle part : Katherine. Le taux d’Aborigènes est nettement plus important que dans les villes touristiques que nous avons traversées. Mais les mêmes scènes se reproduisent. Mendicité, alcool, chacun chez soi. Les deux éthnies coexistent sans se parler.

A Katherine, j’ai soudoyé l’organisatrice du voyage pour avoir le droit de loger ma petite famille à l’hôtel, un soir, histoire de se remémorer ce qu’est une chambre de 10m2. Roméo, sans blaguer, m’exprime son mécontentement. Il voulait dormir dans le camping car. (J’ai failli lui laisser les clés et lui dire d’y aller...). Le lendemain matin, nous mangeons tous du bacon, des œufs et des toasts et là, par contre, tout le monde a trouvé que finalement j’ai eu une bonne idée.

Nous repartons vers le Sud Ouest. A midi nous pique-niquons dans un parc seuls et marchons 1h30 au milieu des rochers, des buissons et des peintures rupestres d’aborigènes. Roméo est très déçu. Une pancarte au début de la marche mettait en garde sur la présence de serpents et aucun ne s’est présenté devant nous. Nous, à choisir, on préfère que Roméo soit déçu.

Le soir, nous arrivons dans une ville qui se compose du camping, d’une superette, d’une station essence et de deux ou trois préfabriqués. The place to be …

Au camping, trois caravanes et surtout trois allemands en vélo. L’un deux parlera à Marie et lui dira que ça fait trois ans qu’ils sont sur les routes du monde sur deux roues... Les forçats de la pédale... « Life is short » comme ils ont dit…

Le lendemain, nous repartons et arrivons à la frontière entre l’état du Nord et l’état de L’ouest. Nous passons un vrai poste frontière où un douanier fouille le camping car pour trouver des fruits, légumes voire denrées périssables car interdits d’importation. Rien à déclarer à part un paquet de carottes sous vide. C’est bon, on nous laisse passer… (« C’est un peu comme si en France on n'avait pas le droit de sortir du foie gras du Périgord » ...)

Le soir, nous dormons dans un camping étonnant perché sur les hauteurs du plus grand lac artificiel d’Australie. Ni réseau téléphonique, ni WiFi mais un décor …. Ils ont même construit une piscine à débordement qui donne sur le lac. Je vous laisse avec les photos, elles parleront d’elles mêmes.

Nous passons la soirée en musique. Une espèce de Maxime LeForestier local prend sa guitare et nous régale de quelques unes de ses compositions devant le coucher de soleil. Il termine son récital par une chanson sur le pauvre Dick charmant garçon mais très malheureux parce qu’il ne trouvait pas l’amour. Et pourquoi ne trouvait-il pas l’amour, me direz vous ? parce qu’il avait deux zizis. Toutes les femmes s’enfuyaient au moment fatidique devant cette bizarrerie. Il errait donc comme une âme en peine jusqu’à ce qu’il rencontre Meg. Charmante jeune femme, qui, elle, avait deux « mounettes ». Des poètes ces Australiens ….



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Depuis le lac Arkyle, les étapes se rallongent. 3 ou 400 km en moyenne. Le premier jour, nous pique-niquons seuls au monde dans une espèce de puits naturel creusé dans la roche : the Grotto, magnifique. Au fond du puits, de l’eau donc baignade en essayant de pas penser aux bébettes qui pourraient être sous l’eau.

Le soir, le camping se situe dans un trou paumé. Encore un bled qui se compose d’une station essence qui fait aussi camping et supermarché entourée par deux préfabriqués. D’ailleurs à chaque fois que nous rentrons dans ce genre de bourgade, Marie me demande incrédule :« Tu t’imagines être né ici ? ». Non évidemment, naître dans une ville sans Pan-bagnat, ni socca, ni promenade des Anglais c’est trop dur à envisager...

Mais n’allons pas trop vite en préjugés car même dans ce genre de patelin, on peut faire des rencontres. Notre voisin au camping c’est Dave The Beaver. (www.d-T-b.ch) une espèce d’ermite barbu qui parcourt le monde en vélo solaire. (Il traine derrière lui plusieurs panneaux solaires qui lui font de l’électricité). Je pensais que les trois allemands rencontrés précédemment qui pédalaient depuis 3 ans étaient un peu allumés mais comparés à lui, ils étaient dans la norme …

Le lendemain, après avoir doublé Dave The Beaver, nous filons vers Fitzroy Crossing un bled à 400 bornes de Broome. Grosse étape de 450 bornes. C’est d’ailleurs dans ces étapes que les enfants dorment le plus. Autant il est difficile de les mettre à la sieste dans le camper van, autant 450 bornes suffisent à les faire dormir deux heures. Nous restons deux nuits dans ce camping. Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par plusieurs wallabys qui nous scrutent. (Ils n’ont surement jamais vus de Français …) Roméo est super-content. Après son petit plouf quotidien dans la piscine du camping il peut partir à la chasse au kangourou … La nuit, le camping est d’ailleurs envahi par ces petites bêtes. Du coup, le lendemain matin lorsqu’il s’agit de faire un petit foot avec Roméo il faut slalomer entre les crottes. Nous finissons la journée par une croisière sur une rivière au coucher du soleil. Aujourd’hui, nous repartons pour 400 km pour arriver à Broome.

Bises.

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Aaahh ... Broome ... Voir Broome pour moi c’était un peu comme rencontrer Monica Belluci … Un truc irréel ... Alors une question se pose : Est-on forcément déçu lorsque l’on couche avec un fantasme ? Avec Broome, j’ai la réponse ... Non ... (Avec Monica je mourrai sans doute sans avoir la réponse, mais c’est pas grave, j’aurai vu Broome ...)

Il règne un truc particulier ici, genre Paradis Perdu ...

Tout le monde est en short, tongs, lunettes de soleil (je me demande comment sont habillés les notaires …), les gens vous disent bonjour, sont souriants, nous complimentent sur Lise et Roméo …. Les enfants jouent sur la plage immense, les parents sont un peu plus haut, le 4x4 garé dans les dunes et regardent le coucher de soleil une bière à la main … L’insécurité a l’air de se résumer aux méduses rencontrées dans l’eau ... Le centre ville a des airs de village, tout le monde est un peu choubab mais pas trop (bouddha, tofu, save the planet … ).

Bref, On a l’impression que tomber malade ici, serait déplacé, à la limite du mauvais goût … C’est peut être en cherchant bien le petit reproche que l’on pourrait adresser à cette ville : Vivre ici, est-ce que ça ne revient pas à la longue à vivre dans le Truman Show, une espèce de village de playmobils où tout est presque trop parfait pour être humain …. (Heureusement ce matin, j’ai vu un aborigène hirsute cracher un gros glaviot sur le trottoir, on a jamais vu un playmobil se comporter comme ça …). Je précise que ces réserves émises sur Broome ne sont pas partagées par Marie, qui en les entendant, a haussé les épaules, et m’a prédit que si un jour je devais choisir entre enfer et paradis, je choisirais enfer de peur de m’emmerder au paradis …

Ceci étant dit, vous l’aurez compris, nous passons deux jours particulièrement pénibles. Les photos en témoignent.

Demain nous repartons pour le Big Empty . Tout un programme …

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Port Hedland

The Big Empty

Le grand vide (Pour les moins anglophones).

C’est ainsi qu’ils appellent la zone de 700 kms qui va de Broome à Port Hedland. Comme dirait Coluche pas un bar, pas une mobylette, la zone quoi …

Les seules traces de civilisation se résument à deux stations essence et un camping …. Mais quel camping !

Sobrement appelé eighty mile beach campground, ce camping jouxte une plage (oui vous avez bien compris pour les plus anglophones …) de 140 km. Voilà 140km de sable au bord d’une eau turquoise sans un parasol, sans un vendeur de chichis, sans une paillote …. un autre monde quoi …

Alors évidemment chasse aux bernard l’hermite, foot, saut dans les flaques façon peppa pig (on est arrivé à marée basse), bref la plage est rentabilisée ….

Nous arrivons à Port Hedland le terminus de ce grand vide. Ville créée ex-nihilo pour l’industrie minière. On a déjà vu plus glamour …. Mais le soir sur la plage lever de lune spectaculaire qui donne lieu à un phénomène qu’ils appellent staircase to the moon …. (Escalier vers la lune pour les anglophones en devenir …). Le reflet de la lune crée sur la mer des raies qu’on peut apparenter à des marches qui mènent à la lune elle-même. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’un escalier mais c’est très joli. Je vous laisse juge des photos (pas celles de Marie car avec son modeste téléphone, ça ne rendait vraiment rien…).

Voilà sinon durant cette traversée j’ai eu une déception de père et de mari. J’ai encore essayé de soudoyer la mère de mes enfants pour passer une nuit à l’hôtel. Elle a décidé de mettre cette décision au vote de la famille. Elle vote contre, évidemment, Lise ne se fait pas clairement comprendre (Nous pensons qu’elle s’abstient... ), Roméo réfléchit pendant 5s et me dit que le camping-car c’est trop bien …. Adieu chambre douillette, wifi et autres attributs bourgeois, nous repartons tels des manouches sur les routes …. jobi … joba …

Prochain billet dans un parc national encore plus au Sud Ouest.

Bises.

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Karijini National Park

Karijini National Park

Situé à 400 km au Sud Ouest de Port Hedland: le parc national Karijini. A l’entrée le même système subtil de billetterie : une pancarte avec un message « Veuillez laisser dans cette urne 13$ ». Je vérifie s’il n’y a pas une caméra de surveillance mais non, ces gens ont encore foi dans l’espèce humaine … en 2018 …

A l’intérieur du parc, tout n’est que beauté. Un paysage de savane africaine lézardé par des canyons spectaculaires. Au fond de ces canyons des rivières, des cascades et des piscines naturelles. Piscines naturelles qui dès la première après-midi feront la connaissance de la frite de Roméo.

Le soir nous dormons dans le parc. Un campground plutôt rustique (ni eau, ni électricité, ni rien …. on paie pourquoi d’ailleurs ? ) nous accueille au milieu de la savane. Les couleurs au coucher de soleil sont très belles … Coucher de soleil qui intervient vers 17h30. Dès 18h toute la famille se retrouve donc dans le camion autour d’un plat de pâtes. Quand toute la famille est à l’intérieur du camion s’y déplacer devient ardu. C’est un peu comme jouer au mikado …. il faut beaucoup de doigté ….. Nous nous couchons vers 19h fatigués de nous cogner la tête dans les placards et là assez vite, conformément aux prévisions météo, la température chute d’une vingtaine de degrés pour finir à 5-6 deg. Nous enfilons tout ce qu’il est possible d’enfiler (Les enfants dorment en polaire, moi en jean, bref on s’emmitoufle …) mais on a quand même froid … (A ce jeu là quand tu sens qu’à 4h du matin tu commences à avoir envie de faire pipi, tu sais qu’il va falloir serrer les dents ….). Nous nous réveillons givrés mais contents parce que l’aube dans la savane c’est quand même sympa …

Le lendemain, re-canyon encore plus spectaculaire. Nous marchons une petite heure pour y accéder et sommes récompensés à la fin par une baignade dans une vasque. Des trois parcs que nous aurons visités (Litchfield, Kakadu et Karijini) Marie et moi sommes d’accord pour placer celui-ci en tête. Je vous laisse juge des photos.

Demain nous repartons vers l’ouest et la mer. Celle-ci est à 7h de route. Nous risquons donc de faire une étape. Bises à tout le monde …. Merci pour vos commentaires … contents que le blog vous plaise …. A bientôt.

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Entre le parc Karijini et la côte ouest, il y a environ 700 km. Nous décidons de couper le gâteau en deux étapes pour le rendre plus digeste (Plus de 400 kms dans une journée et nos enfants commencent à avoir le comportement de la petite fille dans l’exorciste …)

Ces deux journées vont se succéder sur un rythme routinier.

On roule. On pique nique dans une road house (sorte de snack station service au milieu de nulle part), On roule, On arrive au camping. Les kms se font au milieu de vastes plaines complétement vides. Pour répondre à Rémi et Marion qui se demandaient si nous croisions de temps en temps des êtres vivants. Je dirais oui mais ce sont souvent des kangourous … Sans exagérer que font deux automobilistes qui se croisent sur ces routes ? Et bien ils se saluent, et oui, un peu comme des marcheurs en montagnes …

Parmi les campings où nous arrivons, un nous restera en mémoire ... La Bullara Station. Une ferme au milieu de nulle part (encore …) qui hébèrge des caravanes en transit. Vaches, moutons et bébé kangourous sont là pour accueillir Roméo, heureux comme tout. Du coup Lise a voulu aussi se mettre en évidence et telle Neil Amstrong a marché pour la première fois ... sur terre ...

Bises à tous. Prochain billet depuis la plage …




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Nous arrivons à Exmouth, petite ville sur l’océan à environ 1500 km au nord de notre but final. Exmouth est sur la mer, certes mais quelle mer ! Une barrière de corail « le ningaloo reef » suit le rivage à environ 200m. A l’intérieur du lagon Nemo et tous ses copains multicolores se sont donnés rendez-vous et à l’extérieur le trafic est dense, très dense …. Des baleines, des orques, des requins baleines, des raies manta, des dauphins, des dugongs bref c’est un peu la place de l’étoile des grosses bébettes. Pour aller voir ces grosses bébettes, il faut prendre une excursion en bateau. Etant interdites aux enfants de moins de 12 ans, un de nous deux va devoir se sacrifier et Marie dans un acte chevaleresque me donne la priorité. (Je pensais que j’allais être de corvée de vaisselle pendant un mois mais même pas …). J’embarque donc sur un bateau qui nous promet de voir des baleines et de nager avec des requins baleines. Pour les baleines, nous les apercevons vite. Elles sont partout. Pas très actives (pas de sauts ou de galipettes comme en Argentine…) mais elles croisent à 100m de nous, majestueuses. Restait à nager avec les requins baleines. Comme je suis soucieux de toujours bien m’intégrer dans un groupe, j’apporte ma modeste contribution pour m’assurer que le requin baleine vienne. Je vomis tout mon petit déjeuner par dessus bord. (Il y avait un peu de mer …). Une demi heure plus tard comme je suis perfectionniste, je revomis, bref je fais mon maximum. Et voilà un requin baleine est annoncé ! Nous nous jetons à l’eau et assistons au passage du plus gros poisson en activité. Majesté …. Un deuxième requin nous fera l’honneur d’un autre passage une heure plus tard. Nous finissons la journée par une virée dans le lagon et nageons au milieu des patates de corail et des poissons multicolores … J’ai eu des journées plus pénibles …

Pendant ce temps, Marie n’a pas chomé, elle a emmené les enfants sur une plage nommée « turquoise baie ». Ils ont joué et pique niqué sur une plage de carte postale. Eau turquoise, sable blanc.

Le soir nous garons le camping car dans un camping brut (pas d’eau, ni d’électricité) mais sur la plage. Nous assistons au coucher de soleil et le lendemain matin, au réveil, nous avons d’un coté du camion le lever du soleil et de l’autre la mer et ses rouleaux. (c’est dur …).

Nous passons la journée à aller de plage en plage. Sur la route, nous jouons à celui qui verra le plus de kangourous et c’est Marie qui gagne. Elle et Roméo s’aventurent dans le lagon pour un peu de snorkling. Ils verront une raie, des étoiles de mer, des poissons de coraux et, au loin, de l’autre côté de la barrière des baleines…. bref ils en prendront plein les yeux.

A bientôt.

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Un peu plus au Sud d’Exmouth, nous nous arrêtons à Coral Bay. Coral Bay c’est un peu la Baule les Pins des habitants de Perth. (En période scolaire il faut réserver 18 mois à l’avance pour avoir un emplacement au camping). Mais nous ne sommes pas en période scolaire et l’ambiance est beaucoup plus tranquille. Le village se compose d’une rue avec une supérette et deux campings. Pourquoi les habitants de Perth s’y arrachent-ils des emplacements ? Parce que sous l’eau, ici, c’est chatoyant. Un corail multicolore et multiforme, des poissons nombreux et tous différents et tout ça à deux mètres du bord. Oublier son masque, ici, c’est une faute lourde…

Nous y resterons six nuits. Le matin, piscine et rugby avec Roméo (qui essaie de redorer l’image de l’équipe de France à l’étranger…), l’après midi masque tuba dans les patates de corail et châteaux de sable. (Lise apprend à marcher sur la plage et essaie de démolir les constructions sableuses de son frère dès qu’il a le dos tourné … )

A Exmouth, j’avais pu passer une journée à la recherche des requins baleines. Ici, la spécialité c’est plutôt les raies manta. N’étant pas amnésique, Marie me confie donc les deux enfants et part en mer une journée à la recherche de l’oiseau rare. Elle n’aura pas besoin de vomir son repas de la veille pour être satisfaite. Elle nagera au dessus d’un beau spécimen pendant quelques minutes. Marie prendra encore Roméo dans un bateau à fond de verre pour lui faire apprécier le corail (Il a un peu de mal avec le masque…) et le séjour à la Baule se terminera tranquillement …

Nous continuons notre descente vers Perth. A bientôt ...

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Nous arrivons à Monkey Mia une petite ville touristique un peu plus au Sud. Ici, comme ailleurs, toutes les villes ont leur spécialité. A Exmouth c’est le requin baleine, à Coral Bay la raie manta, à Strasbourg la cigogne, à Marseille le paresseux …. et à Monkey Mia c’est le dauphin !

En 1960 un type a eu l’idée de balancer depuis la plage des poissons. Des dauphins sont venus les manger. Depuis le même geste est répété tous les matins et, invariablement, aussi rapidement que la misère sur les pauvres gens ou encore que la vérole sur le bas clergé breton, les dauphins accourent.

Nous nous retrouvons donc à l’aube, plusieurs parents, l’eau jusqu’à mi-mollet à lever la main pour que notre progéniture soit sélectionnée pour nourrir Flipper. Roméo est choisi (ils ont bon goût …). Il s’avance … (enfin nous le poussons ….) et soudainement se retourne pour nous dire qu’il ne voulait pas mouiller son short et qu’il préférait sortir de l’eau … C’est donc Marie qui a eu l’honneur de nourrir la bête.

Nous passons le reste de la journée à « Chiller » sur la plage (Expression rendue célèbre par tonton Pierre …). Comprenez ne rien faire, regarder la mer, écouter les vagues et de temps en temps se prendre une pelletée de sable dans la figure par Roméo …

Un autre jeu consiste sur la plage à être le premier à voir un aileron … de dauphin. En effet si l’heure du repas officielle est 7h45, ils ne partent jamais loin et préfèrent rester dans le coin des fois que le cuisinier ait du rab …

Nous continuons notre descente vers le Sud (Nous sommes maintenant à moins de 1000 km de notre destination finale …). Le prochain billet sera donc surement le dernier et sera écrit à Perth. Bises.

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Le but final est en vue : Perth. Ce sont les derniers kilomètres avant l’arrivée, les derniers paysages traversés : Un désert de pinnacles (sorte de dolmens), une dernière plage, une réserve de koalas et la grande ville nous accueille nous et notre petit camion. Pénétrer dans une grande ville après ce que nous avons vécu c’est très, très dépaysant. Les routes ont plusieurs voies, il n’y a presque plus de 4x4, des immeubles partout et surtout que d’habitants, que d’êtres vivants … nous qui ne croisions plus que des kangourous … nous voilà retournés à la civilisation.

Pour redevenir complétement citadins, il nous faut d’abord redevenir piétons. Nous rendons donc le camping car. A moi lit douillet, wifi, douche privative et autres luxes indécents …. C’était sans compter sur Marie ….

Pour que le retour à la civilisation ne soit pas trop violent, elle nous a trouvé une petite auberge de jeunesse dont elle a le secret dans une … prison. Oui une prison réaménagée en auberge de jeunesse. C’est donc au milieu de miradors et de coursives éclairées au néon que se fera notre ré-acclimatation … Sacrée Marie …

Les derniers jours seront consacrés à se balader dans le centre ville et à faire un peu de shopping. Nous arriverons même à voir avec Roméo une mi-temps de foot australien dans un stade.

Nous prenons l’avion aujourd’hui. Marie me parle déjà du prochain voyage et Roméo est pressé de retrouver ses pyjamasques et ses ninjago à Marseille …

Le loueur nous a dit que nous avions roulé 6800 km … Nous avons été impressionnés par ce nombre … 6800 km et beaucoup d’images dans la tête … Tout le monde s’est régalé. Marie bien sur, les enfants évidemment mais moi aussi qui depuis longtemps voulais visiter cette partie du pays …

Bien sur nous vous remercions bien bas. Tous vos messages nous ont fait super plaisir et ce fut vraiment agréable d’avoir pu partager ces paysages avec vous. Quelque chose me dit que ce n’est pas fini et qu’il y aura d’autres occasions de répéter cette expérience … ( j’entends déjà parler d’un autre voyage en camping car … je pensais m’être pourtant exprimé longuement sur le sujet …)

Grosses bises.