Carnet de voyage

L'Égypte

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" L'hiver en Égypte, L'été à Paris, Voici le snobisme des hirondelles.'' Paul Morand
Janvier 2021
18 jours
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Publié le 10 janvier 2021

Par où commencer ? Tellement de choses me viennent à l'esprit en repensant à cette première journée cairotte. Dès la sortie de l'aéroport, mon allure de jeune touriste en quête d'aventure mais surtout d'un lieu où dormir fait sensation. Pour le meilleur comme pour le pire. On me alpague à tout va pour que je prenne un taxi. Première et seule pour l'instant expérience à bord d'une voiture en Égypte : les notions de clignotants, de priorités, de feux tricolores, semblent très flous ici.

Après l'installation à l'auberge de jeunesse très modeste et située dans le quartier central, il est temps d'en découvrir plus. J'engage une traversée de la ville à pied pendant une heure pour rejoindre le bureau situé sur l'île Al Manial, qui s'est occupé de me fournir une carte étudiante internationale, très avantageuse pour toutes les visites que je prévois. Je suis un itinéraire donc je passe seulement par de grands boulevards. C'est hallucinant. C'est grouillant. C'est très bruyant : klaxons à n'en plus finir et commerçants criant les uns par dessus les autres. Les quartiers que je traverse sont de véritables fourmilières. Ce qui me frappe en premier c'est évidemment le contraste entre la folie des voitures, des chauffeurs, des klaxons, et le flegme des Égyptiens à pied qui traversent la route, n'importe où, n'importe quand, avec une nonchalance hallucinante.

Pour revenir dans le centre, j'emprunte le métro. Très peu cher évidemment : 20 cent le ticket. Les gens sont très aimables avec moi, on me guide sur le bon quai. Il y a des wagons réservés aux femmes, une politique dûe évidemment au fait que l'Égypte serait le 2e pays au monde en termes de harcèlement sexuel. Je me rends à la gare Ramsès pour acheter les tickets de train qui me mèneront à Alexandrie puis à Assouan. De même, les gens sont attentionnés. Nous verrons demain si j'arrive à prendre mon train.

Prochaine étape : le musée Égyptien situé au bord du Nil, non loin de la place El Tahrir, le coeur des révolutions de 2011. Le musée est massif rose et trône sur un carrefour tentaculaire. Par chance, il est vide de touriste, ce qui est très agréable. À l'intérieur, le changement d'ambiance est radical. Fraîcheur, des bancs pour se reposer les jambes qui fatiguent vite, du silence et de la place. Il n'y a que deux étages, très hauts vus les pièces maîtresses qu'ils habritent. Au rez-de-chaussée, les sculptures, la pierre. Au 1er, les trésors de Toutânkhamon, les Papyrus, les momies, les sarcophages. Le Livre des Morts est particulièrement impressionnant. C'est un Papyrus de 20 mètres de long qui donnent conseils, rites et explications sur la momification, le processus de la mort et comment accéder au Salut. Il est exposé presque en parfait état. Concernant les trésors de Toutânkhamon, quelques 3800 objets divins ont été trouvés dans sa tombe. Ici, on peut notamment voir le masque funéraire de 11kg d'or qui recouvrait la tête de la momie, son trône et bien d'autres choses.


En sortant du musée, c'est la golden hour. Une promenade le long du Nil s'impose pour admirer le coucher du soleil. Nous faisons la connaissance de Farid, qui nous offre un thé et deux oeuvres sur du Papyrus (reste à savoir si c'est du vrai ou du faux...mais le geste est tout de même courtois). C'est la fin de l'après midi, la fatigue commence à se faire sentir. Quelques rues arpentées et me voilà chez Abu Tarek, le meilleur kochery du centre ville. C'est un mélange de macaronis, riz, lentilles, rondelles d'oignons frits et de sauce tomate. J'ai eu le malheur de mettre un peu trop de sauce piquante... Ça ne m'empêchera pas de passer une bonne nuit de sommeil.

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Publié le 11 janvier 2021

Réveil paisible. Le chant matinal du muezzin n'est même pas parvenu à mes oreilles tant la journée d'hier m'a éreintée. Après avoir vu une partie du centre ville hier, l'objectif du jour est d'en connaître plus les recoins avant de prendre le train pour Alexandrie. J'arpente les rues et je découvre alors une nouvelle facette de cette ville. Je ne suis pas sur les boulevards et il est encore tôt. J'ai donc l'impression que la vie va au ralenti. Les commerçants servent un thé à la menthe très sucré aux aînés qui lisent les nouvelles du jour au soleil. Les travailleurs se font cirer les pompes sur le trottoir. Comme hier, et comme dans tous les pays sur la Méditerranée, il y a des chats et des chiens errants absolument partout. Certains sont nourris par les déchets alimentaires, d'autres ont vraiment la peau sur les os. A travers ces rues, on passe par un quartier où les commerçants vendent seulement des lampes, en tous genres. J'avais déjà remarqué ça hier : il y avait une rue contenant seulement des vendeurs de pelles. Au moins, la concurrence ne se cache pas. Ensuite, c'est la découverte du Palais d'Abedin, qui est plus joli de dos que de face. Un militaire m'autorise à prendre des photos, mais je dois être "discrète et rapide". Voilà une autorisation éphémère et pour le moins informelle. Le Palais date de 1872, un khédive y habitait. Il a sa propre mosquée privée. De face, une grande place piétonne, arborée de palmiers et équipée de carrés d'herbe et de banc. C'est ici l'endroit idéal pour petit déjeuner : un jus d'oranges pressées délicieusement vitaminé et du pain qui me semblait bon mais qui s'avère super sec. On aurait dû le manger avec de la vache Kiri, paraît il.


Après avoir récupéré l'énorme sac à dos qui me sert de bagage à l'auberge, la prochaine étape est de parvenir au marché de tissus. Il se trouve à 30 minutes à pieds. Ambitieuse, je considère que cela me fera une balade. Mais 5 minutes plus tard, entre des épaules criant à l'aide, de la sueur à n'en plus finir, un itinéraire qui semble mépriser les trottoirs et d'un autre côté, un taxi bien frais à 1€, le choix fut vite fait. Le marché était très agréable, les commerçants longent une dizaine de ruelles étroites. Seulement quelques clientes en quête du meilleur motif pour leur nappe et de vêtements enfants bon marché. Évidemment, les touristes ne laissent personne indifférent.

Après ça, il faut trouver l'avenue nous amenant à la gare Ramsès. C'est le retour à la cacophonie et aux pots d'échappement. Il n'y a jamais de passages piétons. Les voitures sont reines. Traverser la route, c'est un coup à prendre. Ma technique : observer les piétons sur mon trottoir et m'engouffrer auprès du premier égyptien habitué qui va sur le même trottoir que moi. Concernant le masque, je dirais que la moitié des gens le mettent, peut être un peu moins. Je le porte la plupart du temps. Quand il n'y pas trop de monde et que le soleil tape, je l'enlève et immédiatement on se rend compte de la sensation de respirer de la pollution pure et dure.


Une fois à la gare, il est l'heure de déjeuner. Le petit restau dans la gare fait l'affaire : un bon smoothie à l'ananas et une soupe au poulet en attendant le train. C'est le genre de train dont la porte reste ouverte 5 minutes entières après le départ et avant l'arrivée. Mon ticket a un jour d'avance...mais le contrôleur semble comprendre que je suis juste paumée et que je ne veux arnaquer personne.


L'arrivée à Alexandrie est pour le moins déconcertante : le sol de la gare est en fait du sable ! Mais à la sortie du bâtiment, on déchante vite. La circulation déconcertante et la chorale de klaxons ont fait le voyage depuis Le Caire aussi. La lumière est magnifique. Il est 16h et le soleil est bas. Le petit hôtel est sur le front de mer, très kitsch mais très correct. Une balade sur la corniche s'impose. On se croirait à Nice. Le ciel est rose mais le soleil ne se couche pas sur la Méditerranée. Les gens flânent, préparent leur tapis de prière. Il y a des calèches en quête de touristes. Sur la grande place Midan Orabi c'est le quartier des antiquaires. Les vendeurs sont installés tout autour d'un très beau et imposant monument romain. Il y un espace vert. C'est dommage qu'il y ait tant de déchets partout par terre. En s'enfoncant un peu plus, on tombe sur le souk d'Alexandrie à travers un dédale de rues. N'ayant pas encore vu celui du Caire, c'est fantastique. L'ambiance y est si différente : des rues piétonnes qui sentent les épices, le houmous et la négociation. Les Égyptiens sortent du travail donc ça grouille de monde. Cela me mène à la grande mosquée d'Alexandrie Abou el-Abbas el-Morsi, très bien entretenue. Sa forme est étonnante, plutôt octogonale. À ses pieds, c'est la fête foraine des enfants : il y a plein de petits manèges rustiques et de familles.


De retour dans le quartier de l'hôtel, il est temps de dîner. On opte pour le meilleur kebab de la ville ''Gad'' et achète par la même occasion une sorte de tzatziki pour finir ce pain trop sec du petit dej. Demain, le programme est très chargé. À suivre...

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Réveil matinal avec vue sur la Méditerranée. Les rues sont très calmes tôt le matin. La journée commence par la visite de l'ancienne cathédrale orthodoxe Saint Marc. Elle est complètement dissimulée derrière une multitude d'immeubles et l'entrée y est très contrôlée. Il y a de quoi : un attentat islamiste y avait fait 22 morts en 2017 lors de la visite du Pape copte. Le site est très bien entretenu. Beaucoup de verdures et de carrelage contrastent avec le fouillis de la ville. Ensuite, c'est au tour de la synagogue de la ville, plus ostentatoire sur la rue commerçante mais pas moins contrôlée. Pour boucler la boucle, il reste la mosquée Nabi Daniel, haut lieu du culte musulman. La légende raconte que le tombeau d'Alexandre Le Grand, à l'origine de la cité d'Alexandrie, se trouve sous la mosquée...mystère. Les Alexandrins ont l'air plus ouverts et plus détendus que les habitants du Caire, plus conservateurs. Ici, des couples s'autorisent des gestes de tendresse en public, je perçois plus de sourires, il y a plus de femmes et d'enfants dans la rue. La ville commence à se réveiller : la circulation reprend du poil de la bête et les commerçants prennent place dans les rues.


Vient alors la découverte du théâtre romain : un site archéologique datant du IVe siècle. J'ai pu y découvrir un petit théâtre qui servait à des représentations de chant, une villa romaine où il reste des mosaïques, ce qui servait de bains et des vestiges retrouvés sur le site du phare d'Alexandrie (le fameux). Farouq, le gardien s'improvise guide et enchaîne les tirades en arabe. Heureusement qu'il mimait en même temps qu'il parlait, mais mes hochements de tête restent cocasses.


On enchaîne avec le musée national d'Alexandrie, situé un peu plus loin dans un quartier différent du centre. C'est aussi dynamique mais on dirait un quartier d'affaires, il y a moins de commerçants et plus de costumes cravates. Le musée est superbe et très riche. Il est installé dans un joli palais style italien. Il illustre parfaitement les différentes occupations qu'a connu Alexandrie : la section pharaonique avec des sculptures d'Hatchepsout, d'Akhenaton, etc, l'époque Gréco-romaine, la collection copte, l'art islamique et l'art moderne. Toutes ces oeuvres sont des témoins du temps qui passe.


Pour finir en beauté à Alexandrie, la grande Bibliotheca Alexandrina ! Elle est le symbole de la capitale intellectuelle et culturelle du monde antique. L'architecture moderne est un peu étonnante, mais je n'irai pas jusqu'à la qualifier de jolie. Malheureusement la grande salle de lecture est fermée à cause de la pandémie. Mais le musée romain et celui des Manuscrits anciens m'ouvrent leurs portes. L'ambiance y est très tamisée. Les oeuvres complètent celles du musée national. La bibliothèque se trouve sur le front de mer, ce qui donne une vue très rafraîchissante.


Après toutes ces visites, une pagote installée au dessus de l'eau me fait de l'oeil. J'y déguste des calamars et des crevettes. Ça sent la mer. En fond sonore, il y a les vagues qui s'écrasent sur les rochers, des tubes revisités à la trompette sur une petite enceinte et un groupe d'étudiantes qui rient aux éclats autour de la table d'à côté.


Maintenant il est temps d'attraper un taxi. Il ne parle pas un mot d'anglais. Mais on se débrouille toujours. Il interpelle des gens dans la rue qu'il semble connaître pour servir de traducteurs. La gare d'Alexandrie est splendide. Je ne l'avais même pas remarqué hier. Je repars en train pour Le Caire. Les Égyptiens fument dans le train, malgré une affiche l'interdisant. Le train klaxonne littéralement chaque minute pour signaler sa présence et que personne ne traverse la voie. Je vais avoir le temps de m'y habituer : j'ai devant moi 2h30 de train jusqu'au Caire puis 13h jusqu'à Assouan. Arrivée demain matin pour le petit déjeuner.


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Publié le 13 janvier 2021

Quelle journée époustouflante ! J'ai l'impression d'apprécier ce pays un peu plus chaque jour. Les 13h de train ont quand même été rocambolesques. À part que cela se passe la nuit, aucune condition n'est remplie pour pouvoir dormir. Les lumières restent écarlates tout le temps. Des vendeurs de friandises, portes monnaie, mouchoirs, jouets pour chiens et j'en passe, déambulent toute la nuit à travers les wagons. Parfois, ils lancent carrément des articles sur les genoux des passagers, font tout le wagon comme ça puis les récupèrent. Étonnant.


Une fois arrivée à Assouan à 8h du matin, c'est la traversée du grand souk qui occupe une seule rue mais traverse toute la ville. Une entrée en matière très conviviale. On sent que c'est le sud. Les gens sont tout sourires dès le matin et ravis de voir des routards. Notre auberge se trouve sur l'île Elephantine, qui tient son nom du fait que ça a été une plaque tournante du commerce d'ivoire. Pour l'atteindre, il faut prendre le petit ferry qui fait l'aller retour toute la journée.


Et là, métamorphose. Assouan est comme les autres villes, bruyante, très passante et polluée. Alors que l'Île Éléphantine ne fait même pas partie de la ville. On dirait la campagne, à seulement 200 mètres de Nil. L'île est composée de trois villages nubiens, qui me font penser à des villages d'Afrique subsaharienne. Les habitants pêchent, cultivent, élèvent dès le matin. On nous guide avec un grand sourire jusqu'à Hamo House. Hamo, un sexagénaire célibataire court vers nous pour porter tous les sacs à la fois. Il nous fait entrer et ouvre grand les portes des chambres qui donnent...sur le Nil ! Le paysage est absolument splendide. Je me rends compte à ce moment là que les 13 heures de train en valaient largement la peine. Devant nous, le soleil éclairant l'Île aux Fleurs, un Mausolée au loin, puis le désert. Tout ça avec un Fanta bien frais et des pâtisseries égyptiennes, nous sommes les rois du pétrole.


Les vadrouilles de la journée peuvent commencer. Un taxi va nous servir de chauffeur pour toutes nos excursions. Les négociations sont ardues. Tout d'abord, le musée du Nil. Bon, ça n'est pas extraordinairement passionant. C'est rigolo, il y a des crocodiles empaillés, d'accord. On en apprend plus sur les enjeux de développement du Nil, sur les barrages, sur l'économie. Mais rien sur l'écologie de ce fleuve ou sur ses origines. Bref, assez egyptiano-egyptien comme vision.


Ensuite, le temple de Philae ! Quelle merveille. Exactement le genre d'oeuvres archéologiques auxquelles on rêve en pensant à l'Égypte. Il faut prendre un petit bateau pour aller sur l'île. Les paysages sont à couper le souffle. Il y a littéralement trois pèlerins sur le site et c'est tout. Il fait 27°. J'ai l'impression d'être dans un rêve. Tout le temple est recouvert de hiéroglyphes. C'est extraordinairement bien conservé. Le site est grand, il y en a pour une heure et demie de déambulation.


Puis, l'obélisque inachevée. Évidement, ça n'est pas facile de passer après Philae. Il s'agit en effet d'une obélisque taillée dans du granit, mais elle est toujours à l'horizontale. Elle n'a jamais été mise debout. La carrière de granit est quand même jolie à voir.


Après tout ça, et une dernière nuit incomplète je le rappelle, la fatigue fait son apparition. Il est temps de rentrer au bercail reposer les patounes. Cette vue est toujours superbe. Hamo fait du thé pour tout le monde. Après ce break, je décide de partir en exploration dans l'île. Encore une fois, elle contraste tellement avec le reste du pays qu'on a vu. Elle fait vraiment village. Les enfants jouent à la sortie de l'école. Les mamans étendent du linge. On flâne. Je parcours l'île en long, en large et en travers, en quête du meilleur spot pour le coucher du soleil. Il s'en va tout doucement derrière le désert. C'est apaisant. Je retourne progressivement chez Hamo dont le toit est très propice à ce genre de moment. Les couleurs orangées du ciel se reflètent sur le Nil. Les falouques qui passent y mettent des ondulations. La fin de journée est calme : jeux de cartes avec les autres personnes de l'auberge, dîné préparé par Hamo. Du poisson péché dans le Nil, du riz et du pain tout chaud.

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La rencontre avec Fatima, palestinienne et James, irlandais, hier soir est une vraie chance. Ils logent chez Hamo aussi. Ils décident de venir à Abou Simbel avec nous pour la journée. Ce site archéologique classé UNESCO se trouve à seulement quelques dizaines de kilomètres de la frontière avec le Soudan. Depuis Assouan, c'est une excursion à la journée de 4h de bus le matin et 4h de bus en fin d'après-midi. De quoi rattraper le sommeil manquant. Comme Fatima parle arabe et détient un passeport jordanien, elle nous obtient des prix de taxi, de bus, de visite complètement dérisoires (2,5€ les 4h de bus au lieu de 7€!). Hamo nous a concocté des petits déjeuners à emporter. Ce monsieur est très généreux, à l'image des nubiens. Ce peuple très digne est vraiment bienveillant avec les touristes. Contrairement aux Égyptiens du Caire par exemple, ils n'essaient jamais d'arnaquer, de vendre plein de services trop cher. Quand ils réclament de l'argent pour quelque chose, ils le font avec politesse et timidité. Ça n'était pas vraiment le cas jusque là.


Arrivés à Abou Simbel, un petit tuktuk nous fait grimper dans sa remorque pour nous amener sur le site. Fatima nous fait tous passer pour des Jordaniens (vive les masques et les lunettes de soleil...) et je paye l'entrée 50 centimes au lieu de 25 euros ! Nous avons droit à une tempête de ciel bleu. Les deux temples sont superbes, trônant au dessus du lac Nasser. L'UNESCO a fait un beau travail : le Président égyptien Nasser a fait construire le grand barrage d'Assouan dans le but d'obtenir le fameux lac Nasser, tout ça sans se soucier des sites archéologiques présents à cet endroit, dont Abou Simbel. Donc l'UNESCO, avec l'aide financière d'une trentaine de pays, a fait déplacé le site une centaine de mètres plus loin.


Les deux temples ont été hérigé par le roi Ramsès II. Il y en a un en son honneur, et un pour sa femme Nefertari. Ils sont immenses. Très imposants. Les grandes statues de Ramsès à l'entrée sont complètement démesurées. Sur les photos on a l'air de fourmies à côté. À l'intérieur, tous les hiéroglyphes et les couleurs sont superbement bien conservés. Il y a des scènes de guerres, d'offrandes, de couronnement. Beaucoup de Ramsès partout. Il était assez mégalo. C'était curieux à l'époque de dédier un temple à un Pharaon et non à une divinité. Mais bon, des Ramsès, on en fait pas deux. Le temple défié à sa femme lui dédie de magnifiques gravures : une vraie reine.


Après avoir flâné, admiré les temples et le lac, pris beaucoup trop de photos, nous rentrons dans le centre avec le tuktuk. Nous prenons un mini bus pour le retour jusqu'à Assouan. Au bout de 20 minutes de route, un contrôle de police nous arrête. Il est interdit aux minis bus de transporter des touristes. Quelle drôle d'idée. Le bus nous ramène donc dans le centre et repart avec les passagers. On trouve un autre poste de police qui nous dit que c'est n'importe quoi, et qu'ils auraient dû nous laisser passer. Original comme législation. Maintenant Fatima négocie pour qu'on nous laisse monter dans un nouveau bus. Les locaux baratinent, font tout une scène et se mettent à crier pour qu'on préfère prendre le taxi. Mais Fatima leur tient tête. Quelle femme. Elle a beaucoup de charisme et d'autorité et parvient à nous faire monter dans ce bus. Sans elle, on aurait passer la nuit à Abou Simbel... James a l'air complètement fan d'elle. Et il a bien raison.


Le retour est finalement paisible. Musique orientale dans les enceintes, coucher de soleil sur le désert égyptien. En arrivant à Assouan, petit tour au souk. Dîner dans une rôtisserie : du poulet rôti, du riz, une soupe et au lit !

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Publié le 15 janvier 2021

Encore un réveil paisible grâce à Hamo, ses délicieux petits-déjeuners et sa maison au bord du Nil. Pour ma dernière matinée ici, Hamo appelle son cousin Hegazy qui vient avec son petit bateau. Il faut finir la découverte de la Nubie en beauté : presque 3 heures d'excursion en bateau autour des îles d'Assouan.


Premier stop : les tombes des Nobles. C'est un site archéologique avec de multiples tombeaux en haut d'une colline près du désert. C'étaient les hauts dignitaires d'Assouan qui avaient le privilège d'être enterrés ici. Les dromadaires et leurs propriétaires sont nombreux à proposer des balades. La vue sur le Nil et les îles est superbe. Il fait très beau, presque trop chaud compte tenu de la montée à pied.


Ensuite, on reprend le bateau pour découvrir le monastère Saint Siméon, un site copte qui a été à l'époque le plus grand monastère du pays ! Il date du VIe siècle. Là il faut marcher 25 minutes dans le désert depuis la rive. Un vrai effet de solitude une fois le monastère atteind. Les ruines sont très agréable à arpenter. Le site est immense ! Ce monastère pouvait abriter 300 moines ! Hegazi notre capitaine nous atteind perché sur une dune, l'air pensif. Il parle bien anglais et est très blagueur.


Enfin, il nous mène à l'île aux Fleurs. C'est un jardin botanique sur toute l'île. Nous avons donc une vue imprenable sur à la fois le désert à l'Ouest, et l'île Elephantine où loge Hamo à l'Est. L'île aux Fleurs avait été offerte à Lord Kitchener pour avoir mater une révolte au Soudan. Fou de botanique, il l'a transformée en un jardin merveilleux. Beaucoup de fleurs, d'arbres fruitiers et surtout beaucoup de variétés différentes de palmiers. Décidément, cette Nubie a un charme fou.


Mais il est temps de la quitter. Après de chaleureux adieux à Hamo, Fatima et James, je prends une dernière fois le petit ferry jusqu'au souk d'Assouan. Je déguste les pizzas égyptiennes sur le toit d'un petit restau au dessus de la place de la gare. C'est copieux et pas mauvais du tout. Puis, cap sur Louxor ! J'essaie d'organiser nos visites dans le train, car il y a beaucoup de choses à voir. On rencontre alors un guide francophone, qui m'indique ce qui vaut le plus le coup, et dans quel ordre faire les visites. Une chance !


En une soirée à Louxor, je n'ai jamais croisé autant de touristes durant le reste du voyage. Malheureusement cela signifie aussi beaucoup trop d'interpellations dans la rue...par beaucoup trop de conducteurs de calèches, de tuktuk et de taxis beaucoup trop insistants. Commençons par la visite du temple de Louxor, de nuit. Une splendeur. Les éclairages sont parfaits. Ce temple est entièrement dédié au Dieu Hamon. La clarté de la lune fait ressortir toute la magie des lieux. Et dire que cette architecture a 3400 ans... À l'entrée du temple, je reconnais la jumelle de notre obélisque parisienne. Puis, je découvre qu'ils ont foutu une mosquée au-dessus d'un pan du temple !!!! C'est fou. N'empêche, étant dans le temple lors de l'appel à la prière de 19h, l'atmosphère est féerique. Même si la ville semble être elle aussi trop bruyante et grouillante, les vieilles pierres nous rappellent pourquoi on a fait le déplacement.


Pour finir cette merveilleuse journée, le musée de Louxor, dont on fait la fermeture. Je découvre de très belles pièces, toutes issues des fouilles sur les sites de Louxor. J'ai été particulièrement frappée par la beauté d'une sculpture du visage d'Akhenaton. Ses trais sont très caricaturaux. Pour rentrer, balade sur la corniche le long du Nil. Dîner dans un superbe restaurant plein de mosaïques dans la rue de l'auberge.

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Publié le 16 janvier 2021

Quelle journée chargée et splendide à la fois ! Se réveiller tôt à Louxor, c'est jouir d'un calme dans les rues qu'on penserait impossible. Au petit matin, les calèches et les taxis nous laissent tranquilles. Au programme : la grande aventure sur la rive Ouest. Les sites sont assez grands et très espacés les uns des autres. Néanmoins, notre objectif est de payer le moins possible les déplacements, donc pas de taxi par exemple. Donc après le ferry pour aller sur l'autre rive, on prend un mini-bus à 5 centimes. L'excursion commence avec La Vallée des Rois. C'est un endroit complètement perdu dans une vallée désertique où reposent les corps de plusieurs dizaines de pharaons. Je viste les tombes de Ramsès IX, Mérenptah et Tausert et Seth Nakht. La première est très colorée, la seconde très longue et profonde, la dernière complètement vide de touriste. Donc l'ambiance est assez étrange. C'est un privilège de pouvoir être seuls dans des endroits pareils. Et l'Egypte est le seul pays au monde où on se prend en photo avec des tombes sans se poser de question ! Je crois que j'avais entendu trop de bien de la Vallée des Rois, je ne m'attendais pas à ça. Les canyons sont tout de même très beaux. Je suis beaucoup plus impressionnée par ce qui suit : le temple d'Hatchepsout ! Quelle majestuosité ! Je crois que je préfère quand ça trône, quand c'est très grand, très impressionnant. Ce temple trône au pied d'une montagne, c'est superbe.


Puis, la Vallée des Nobles. On rejoint chaque site à pied. Ce sont de longues distances mais la balade est superbe. Nous visitons cette fois ci deux tombes : Rekhmiré, qui n'est pas extraordinaire, et Sennefer. Une splendeur : des dessins partout sur les parois, aux couleurs parfaitement conservées. C'est féerique.


Juste en face de l'autre côté de la route : le temple de Ramesseum. J'ai adoré ces ruines. C'est le temple funéraire de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons qui régna 67 ans et eu le temps de côtoyer 200 concubines, 12 épouses et d'en faire 120 bambins ! Le site est au milieu de nul part, la vue sur la montagne était superbe. Sur les côtés du temple, il y a les restes de ce qui était une école de l'époque !


Pour finir, mon temple préféré : celui de Ramsès III à Médinet Habou. Après avoir marché un bon bout de temps pour rejoindre la billeterie à l'entrée, il faut traverser un village absolument charmant. Les paysans sont au travail. Il y a des chèvres et des ânes partout. Les enfants nous courrent après. Au détour d'une rue, comme s'il n'avais pas dû être là, le temple. Il est 16h donc la lumière commence à s'oranger. Quelle chance. On commence à avoir l'habitude, mais nous sommes seuls sur le site. Ce temple était le premier à être construit avec un style asiatique. C'est très apaisant de déambuler au milieu de ces colonnes, ces fresques, ces vestiges.


J'en ai pris plein les mirettes aujourd'hui, c'est sûr. Donc après maintes contemplations de la montagne, des champs de canne à sucre, des temples et des paysans, il est temps de reprendre le ferry vers la rive Est de Louxor. Avant de rentrer se reposer, une petite balade sur la corniche nous permet de regarder le soleil descendre sur les montagnes et le Nil.


Une grosse nuit de sommeil est nécessaire !

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Publié le 17 janvier 2021

Encore une très belle journée dans ce pays chargé d'histoire et d'histoires. Elle commence par le plus grand complexe religieux au monde jamais bâti : le temple de Karnak datant de 4700 ans !!! Le matin, la lumière est superbe. Le site est en effet très très grand. On s'y perd. C'est la demeure du Dieu Amon. Et chaque pharaon a contribué à l'agrandissement du temple. Il est en perpétuel travaux. Encore aujourd'hui ! Il y avait des fouilles dans la grande cour. Après avoir cherché minutieusement autour de nous ce dont le guide du routard nous parlait, il était juste très agréable de déambuler entre les colonnes, les blocs de pierre, les pylônes. Les gardiens en djellaba et en turban font partie du décor on dirait. Ils ont l'air las et cherchent l'ombre. Les moineaux gazouillent nichés en haut des colonnes en forme de Papyrus. Les chats et chiens se prélassent au soleil. Seulement une poignée de touristes, pour changer.


Après les temples de Louxor, de Karnak et de la rive Ouest, et le musée de Louxor, on aimerait bien connaître un petit peu la ville en elle même. En sortant de Karnak, on parvient à rejoindre le souk qui est une longue rue traversant la ville jusqu'au temple de Louxor. On assiste en pleine rue à l'epluchage de la peau d'une tête de vache...ça coupe l'appétit. Tout comme ces nombreuses poules entassées dans des cages. Après une centaine de mètres, survient une curieuse scène. Une voiture de police débarque dans le souk. Immédiatement, c'est la panique. Absolument tous les vendeurs se mettent à ranger en fouillis leurs articles étalés sur le trottoir ou dépassant d'une devanture. Il doit y avoir une réglementation. Néanmoins un souk a nettement moins de charme si ça n'est pas un peu le souk ! Plus on s'approche du temple de Louxor, plus ça devient tristoune. Ce ne sont que des stands attrape-touristes...mais sans touriste. Aucune animation.


On décide de prendre notre temps pour la suite de la journée. On est pas à l'armée que diable ! Et puis on en a déjà beaucoup vu de Louxor. Donc déjeuner juste au dessus du Nil sur une terrasse très belle, face aux montagnes de la rive Ouest. On y flâne un bon moment, organisant la suite du voyage et contemplant la vue.


Pour finir, une balade en felouque de deux heures sur le Nil en fin d'après-midi. C'est un petit bateau à voile. À bord, le ''Captain Ahmed the First'' comme il s'auto-surnomme, ''parce qu'il y a beaucoup trop d'Ahmed dans ce foutu pays''. C'est un jeune homme d'une vingtaine d'années très blagueur. Il nous parle beaucoup de la Révolution de 2011 et de ses déceptions politiques. On rejoint l'île aux bananes. C'est la campagne. Les paysans travaillent la terre, rassemblent leurs troupeaux, et nous offrent des bananes. Sur le retour, Ahmed nous fait du thé à l'hibiscus, moi qui ne boit jamais de thé je trouve ça très bon ! Et surtout, le coucher de soleil sur le Nil et la campagne égyptienne est superbe, une fois de plus. Ahmed nous propose de venir à une fête qui se donne dans son village sur l'autre rive, mais nous sommes raisonnables et déclinons l'invitation. Ils sont charmeurs ces Égyptiens.