Douce mobilité ...

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Les moyens de transports doux : bus, train, vélo à travers notre voyage...
Du 9 juin 2019 au 31 décembre 2020
572 jours
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Publié le 9 août 2019

Quand Jérôme m'a proposé de commencer notre voyage à vélo, j'étais très sceptique. Ses arguments m'ont convaincu : dépaysement progressif, sport quotidien mais facile avec un faible dénivelé et voyage écolo avec 0 émission de CO2 !Voyager à vélo c'est voyager lentement mais pas trop ... à environ 20km/h soit à peu près 5 fois plus vite qu'à pied. Cela permet de s'octroyer plus de pauses et de détours qu'en randonnée. On a le temps d'admirer le paysage et même les hérissons écrasés ou autres bestioles méconnaissables mais aussi les lièvres, chevreuils, martin-pêcheur et loutre par exemple.On peut s'arrêter facilement pour discuter avec les gens, prendre des photos... faire la ptite ou grosse commission.On peut faire des grosses journées comme celle où nous avons roulé 6h et 112km ou des petits itineraires de 30-35km pour avancer sans trop se fatiguer. On est plus libre, autonome, pas besoin d'essence, d'horaires à respecter...Et enfin c'est un transport gratuit donc économique !Beaucoup d'avantages mais quelques inconvénients tout de même... quelques douleurs aux articulations et aux muscles mais ça c'est pas grave... un peu irritations aux adducteurs... des vélos un peu encombrants et lourds pour se balader en ville... et une petite crainte de laisser les affaires ... vaincre les éléments comme le vent... ah oui et ca fait des supers traces de bronzage.

Les aléas du voyage à vélo 
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Dans ces trois pays, les pistes cyclables sont hyperdéveloppées et c’est génial. Le vélo a vraiment une place importante où que l’on soit : en ville, entre les villages, le long des routes départementales, des cours d’eau, sur les chemins agricoles et forestiers, … il y en a partout. Elles sont souvent goudronnées ou gravillonnées et toujours bien signalées. Il y a une signalisation spéciale dans chaque pays, avec de nombreux panneaux fléchés, parfois des feux rouges spécifiques et même des panneaux de rond-point tellement il y a de croisements de voies cyclables. Nous avons même emprunté une voie cyclable sous l'autoroute !

Signalisation et voies 

On y croise des touristes avec les fameuses sacoches de vélos « Ortlieb » mais aussi les locaux, seul ou en famille, ces itinéraires sont bien empruntés et c’est tant mieux. En plus, on peut rouler en toute sécurité car elles sont aménagées sur des espaces spécifiques et non directement sur les routes. On retrouve souvent le long de ces voies, des toilettes , des tables de pique-nique et parfois des fontaines à eau.

A Vienne, il y a même une police à vélo et l'amende peut etre salée pour un feu non respecté...En parallèle des pistes cyclables, le long des euro vélos que nous empruntons en tout cas, il y a le réseau de voies ferrées. Comme le vélo, les lignes et les gares sont très nombreuses et les trains très fréquents même dans des endroits très ruraux. Tellement nombreux, environ un train toutes les 20 minutes dans un sens de circulation et jusqu’à 2h du matin, que cela nous a même empêché de dormir une nuit. Les lignes parallèles aux voies cyclables permettent aussi un déplacement combinant plusieurs moyens de transports par exemple les cyclistes fatigués peuvent avancer un peu en train.

En termes de mobilité douce, la France a du chemin à faire et peut prendre exemple sur l’Allemagne, la Suisse et l'Autriche qui proposent vraiment des alternatives aux déplacements en voiture.

Au 1er janvier 2019, la France compte moins de 16000 km de voies vertes et routes cyclables et est considéré comme pays en retard au regard des pays du Nord comme le montre la carte des voies aménagées non partagées avec les piétons.

 Source : Nicolas Fréry
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La Slovaquie, sur la petite partie que nous avons parcourue, est plutôt bien dotée en pistes cyclables. Par contre, elles sont assez monotones et très très longues puisqu'elles se situent le long des digues du Danube. On peut bien tracer sur ces parties asphaltées... nous avons fait une pointe à 35km/h.

Slovénie : quand est ce qu'on arrive?

En hongrie, ca change radicalement ! C'est la qu'on se dit que le voyage à vélo est loin d'être terminé ... rares sont les portions uniquement dédiées aux cyclistes. On partage beaucoup la route avec les voitures. Certaines roulent vite et proche de nous. La plupart des pistes sont un peu cabossées voir même en sable.. pour rouler c'est un peu plus compliqué.

Mais parfois un village a investi avec l'aide de l'europe pour nous faire de belles allées...et des points "services vélos avec pompes à nanomètre et outils de réparations" chose que nous n'avions pas croisée auparavant. Les pistes dédiées sont cependant interdites aux tracteurs et calèches .

Le balisage est moins fréquents. Apparement, les pistes sont encore bonnes jusqu'à Budapest... on a hâte de voir après...Côté transport en commun, on croise quelques lignes de trains mais aussi beaucoup de bus même le dimanche, les voitures se font un peu plus rares... heureusement.

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Beaucoup de blogs et sites internet, même le site officiel de l'EV6, mettent en garde sur l'état des pistes cyclables après Budapest. C'est vrai que nous avons eu quelques petites portions compliquées notamment en sables ou longeant des routes avec les camions qui te frôlent ... mais globalement le réseau est plutôt bon et bien balisé. En hongrie, il y a des panneaux vert indiquant une voie goudronnée EV6 certifiée et les jaunes considérées voies temporaires. Par contre quasiment jamais le nom des directions et les km. En serbie, il y a des panneaux, financés avec l'aide de l'Allemagne et l'Autriche, à l'entrée du pays et à certains croisements stratégiques qui expliquent le parcours global. Le balisage est décliné en trois catégories : rouge = routes principales de l'EV6 en général le long du danube, vert = routes alternatives le long des routes motorisées et rose = les détours pour vour des attraits touristiques. Parfois, on peut s'y perdre...

A Belgrade, nous avons eu la bonne surprise un matin, de découvrir sur nos vélos deux gilets jaunes offerts par l'agence de securité serbe. Merci les serbes !

Balisage serbe  et cadeaux

Après Belgrade, nous subissons plusieurs dizaines de km de pistes sur digues avec de nombreux nids de poules ou carrément de l'herbe, c'est assez difficile, fatiguant. Après deux jours à serrer les dents et les fesses, le goudron revient ouf ! Mais le dénivelé aussi et l'apparition d'une vingtaine de tunnels assez courts entre 50 et 350m sans éclairage. Encore une journée difficile pour finir la serbie.

Pistes et tunnels 
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Encore du changement et non des moindres, en passant entre la Bulgarie et la Roumanie. En effet, dans ces deux pays, pas de pistes cyclables et pas de signalisation EV6...

Mais on s'en sort très bien ! Après s'être adapté au post confort germanique, on s'y fait assez vite surtout que la circulation est nettement moins dense. On croise d ailleurs parfois plus de charettes côté roumain que de voitures. Nous avons choisi le côté roumain car faible en dénivelé, l'itinéraire est plutôt facile. On se sert des bornes le long de la route qui indique les villages et km, il y a généralement une route, peu de croisement, c'est difficile de se perdre. Les routes sont plutôt de bonnes qualités.


Routes roumaines

Côté train, il y a quelques gares dans les villes importantes avec un train par jour par destination environ. Les bus sont un peu plus rependus, plutôt des mini-bus en roumanie d'ailleurs..

Voilà pour notre expérience de voyage à vélo... première est peut être pas la dernière ....

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Publié le 1er mai 2020

Comme vous le savez, en 2019, nous avons offert nos vélos à l'Association Roumaine en faveur du Développement Durable pour le Bas Danube. Afin de continuer à voyager de manière éco-responsable en 2020, nous avons donc décidé de tester le Stop ! Expérience quasi-inédite pour nous, puisque nous avions fait quelques rares tentatives, en Corse et en Roumanie, qui se sont soldées par des échecs et qui ont accentué la légendaire patience de Jérôme ... énervé au bout de 5 minutes ... Pari risqué donc et qui peut mettre les nerfs à rude épreuve ainsi que notre couple.

Mais alors pourquoi un tour du monde en Stop ?

L'idée n'est pas révolutionnaire, quelques "tourdumondiste" l'ont déjà testé et approuvé bien avant que cela nous vienne à l'esprit d'entreprendre cette aventure. En effet, avant de partir pour notre première tentative à vélo, nous avions rencontré "Les deux Crapahuteurs", débarqués à Saint-Louis (68) pour quelques temps, qui ont traversé pas moins de 21 pays en faisant 66 000 Km avec leurs pouces ! Leur aventure ici : https://les-deux-crapahuteurs.com/

Il y a aussi "Les serial hikers" dont nous nous sommes inspirés pour préparer la 2ème tentative, qui voyagent depuis 3 ans et en sont à 26 pays et plus de 65 000 Km de stop ! Leur blog fourmi de bons conseils : https://www.serialhikers.com/

merci à eux pour l'inspiration ! 😉

L'idée lors de cette deuxième tentative n'était pas de faire comme eux ou encore de se lancer dans une compét' (heureusement d'ailleurs car nous sommes loin de leurs dizaines de milliers de km parcourus 😀) mais de poursuivre l'un de nos objectif : voyager éco-responsable !

Question que l'on nous a posée avant de partir : Mais alors si un gros 4x4 polluant ou un camion vous propose le stop, vous montez quand même ?

Et oui car le stop = 0 émission de CO2 ou quasiment

comme l'explique très bien le site tourdumondiste.com dans son article : limiter son empreinte carbone en voyage (ici : https://www.tourdumondiste.com/limiter-son-empreinte-ecologique-en-voyage), ou encore notre ami Terence, en montant dans une voiture allant d'un point A à un point B, qui certes pollue, il s'agit d'un "opportunisme du mouvement". En bref, nous n'augmentons pas l'émission de CO2 en montant dedans puisque le trajet est déjà prévu et que les détours spécialement réalisés pour les auto-stoppeurs sont rares. De plus, nous n'augmentons pas la demande de transport puisque cela se fait gratuitement sur la base du volontariat des automobilistes.

autres avantages : en plus de ne pas polluer, cela permet de rencontrer des locaux, de partager quelques minutes voir quelques heures avec eux, d'écouter leurs musiques préférées, de nous parler de leurs paysages et leurs sites culturels favoris, de nous donner les bons plans du secteur, partager les habitudes culturelles du pays et même partager parfois le thé ! Grosse différence pour nous avec le vélo, où l'on partage finalement moins de choses lorsqu'on est sur sa monture. De même, qu'au contraire de suivre son itinéraire balisé ou du moins programmé, le stop laisse plus de place à l'imprévu, la surprise.

Le stop étant gratuit, il y a aussi un avantage économique certain à se déplacer de cette manière tout comme le vélo avec le sport en moins, même si parfois nous avons marché quelques km pour rejoindre des "spots" adéquats de stop.

Le fait de faire du stop, même si c'est plus rapide qu'à vélo, c'est tout de même un moyen de réaliser le voyage de manière plus lente qu'en avion, le dépaysement reste progressif avec les paysages qui défilent au fur et à mesure des km.

Le stop c'est finalement : "easy peasy lemon squeezy" (expression phare de notre ami Mirko en Serbie) c'est à dire très facile quand on s'y prend bien. Et oui il y a quelques astuces, à adopter pour ne pas attendre des heures au bord de la route, que nous ont transmis nos amis auto-stoppeurs "Les deux crapahuteurs" et "les serial hickers" dans leurs différents articles et notamment sur la page communautaire https://hitchwiki.org/

En bref, les astuces du stop  : soyez aussi propres que possible, toujours souriants, placez vous à des endroits stratégiques (hors centre-ville mais plutôt à la sortie), nous avons optez pour la super technique de Terence et Sehriban c'est-à-dire "faire coucou" plutôt que de tendre simplement le pouce ! et ça marche plutôt pas mal. Nous avons aussi opter pour le panneau précisant la direction en prenant le soin de l'écrire à la façon du pays (en cyrillique par exemple ou Hrvatska pour la Croatie ...).

L'autostop !  

Conclusion, nous avons pu traverser une dizaine de pays et environ 2000 km grâce à 30 conducteurs que nous remercions infiniment. Malheureusement, comme vous le savez, l'aventure a du s'achever prématurément et nous n'avons pas pu tester davantage ce moyen de transport mais nous savons déjà que nous ferons du stop lors de la 3ème tentative de tour du monde en 2021 ...

d'ici là prenez soin de vous ! 😉