Découvrez notre Grande Traversée des Vosges en randonnée itinérante soit 434 km en 25 étapes du 19 mai au 16 juin 2020.
1

Vous venez de nous rejoindre dans nos aventures ? Ou vous êtes là depuis le début mais n'arrivez plus à suivre ? Voici un p'tit récap' pour être à jour.

Tout d'abord, l'objectif central du projet "Le voyage vert de MICI" reste et restera le même, à savoir : DÉCOUVRIR LE MONDE (du moins une grande partie) SANS AVION et plus largement avec un minimum d'impact social et environnemental, en communiquant sur les MICI : Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins.

Ce projet a démarré en juin 2019, nous sommes donc actuellement (juin 2020) à la saison 2, épisode 2.

Lors de la saison 1, épisode 1, nous sommes partis de Strasbourg à vélo jusqu'en Roumanie, en suivant le Danube sur 3395 km en 7 semaines, de début juin à fin août 2019, à travers 8 pays. Cet épisode s'est soldé par un rapatriement en France pour raisons médicales : l'apparition d'une hernie ventrale doublée d'un abcès péri-anal ! (Pour ceux qui viennent d'arriver, vous noterez la touche ultra glamour du blog 😉).

En résumé, l'épisode 2 était placé sous le signe de la convalescence en cure thermale après opération et était dédié à la préparation d'une nouvelle tentative de tour du monde appelée saison 2.

Cette dernière a bien démarré avec un départ en février 2020 en stop depuis le Haut-Rhin jusqu'en Grèce. Nous avons parcouru environ 2000 km, en 5 semaines, en Europe méridionale, à travers 8 pays également. Cet épisode s'est terminé par un retour inévitable en France du à la propagation du Coronavirus.

Et nous voilà maintenant au cœur de l'épisode 2 de cette saison 2020 composé d'une période de confinement, comme vous tous, et de cette période de déconfinement ou plus justement de reconnexion avec la nature grâce à ce dernier projet : La Grande Traversée du Massif des Vosges en randonnée itinérante par le GR5 soit 434 km sur 25 étapes en autonomie partielle (3 à 4 jours d'autonomie alimentaire) avec des sacs à dos d'environ 15 à 17 kg.

Nous sommes partis le 19 mai, journée internationale des MICI, dont le thème cette année est plus qu'approprié à notre projet puisqu'il est intitulé "Bougeons plus vite que les maladies". Petite précision, concernant le volet "Crohn" sur ce défi, contrairement aux voyages vélo et stop, nous n'avons recensé, ni localisé les toilettes, puisque les besoins se sont quasi-exclusivement fait en Nature ou chez des privés. Par contre, Jérôme se fera un plaisir de faire un retour d'expérience complet sur la rando itinérante avec une maladie de Crohn dans la rubrique "Crohnique MICI" et détaillera notamment les 5 façons de faire la grosse com' en pleine Nature 😉 !

2

Partis de Wissembourg (67), nous avons traversé cette 1ère partie en 8 jours jusqu'au Col de la Schleif, près de Dabo (57). Cette portion, au cœur du Parc naturel régional des Vosges du Nord, nous a permis de nous mettre doucement en jambe grâce à des altitudes faibles et un dénivelé très progressif. Nous avons parcouru 120 km dans cette région souvent associée à une roche mythique : le Grès Rose des Vosges qui donne ses couleurs rouges-orangers aux sentiers mais aussi aux villages, lovés dans un écrin de verdure, comme le Petit Wingen ou encore Obersteinbach, ainsi qu'à ses nombreux châteaux. Parmi les plus beaux, on peut citer l'Hohenbourg, le célèbre Fleckenstein, le Lichtenberg mais aussi le Haut-Barr. Ces premiers jours de rando se sont fait sous un soleil radieux et des températures estivales. Heureusement, ce territoire est largement couvert par la forêt, principalement des chênes et des hêtres, qui nous ont apportés de la fraîcheur et des pins qui nous ont embaumés de leur parfum sucré faisant penser à la barbe à papa. Hummm ! Sur le chemin, nous avons croisé des écureuils et des lucanes cerf-volant, sorte de scarabée à cornes ressemblant à des bois de cerf, d'où son nom. Pour nous accompagner dans nos efforts, Sabine, Flo, Simon, Cyriaque et Hugo ont partagé de quelques km à plusieurs jours et nous ont insufflés des bonnes ondes pour continuer notre périple dans les Vosges Centrales !

Lors de ces premières nuits, nous avons dormi 50% du temps en bivouac, proche d'abris non gardés pour bénéficier d'une zone au sec, en cas de pluie, et parfois d'une table et de bancs pour manger confortablement. Mention spéciale pour l'abri-barbecue du Col de la Schleif ! L'autre moitié, soit 4 nuits, nous avons été chaleureusement hébergé par les parents des copains, originaires des pays de Hanau et de Saverne, Jean-Luc, Alfred et Marguerite. Merci à nos hôtes et nos accompagnateurs des Basses Vosges Gréseuses !

"Nos coups de cœur sur les Vosges du Nord : Les charmants villages du Petit Wingen et de La Petite Pierre, Le château du Haut-Barr et non loin le rocher du Brotsch ou encore les maisons troglodytes du Graufthal".

3

Pour traverser cette seconde partie de 164 km, appelée Vosges Centrales, allant du massif du Schneeberg (village Wagenbourg-Engenthal) à Ribeauvillé, il nous a fallu 8 jours. Cette portion, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne fut pas la plus facile. En effet, les étapes, descendant dans les villages de vallée (Urmatt, Schirmeck, Barr, Ribeauvillé), ont induit des dénivelés, autant positifs que négatifs, non négligeables. Heureusement, nos corps étaient plus aguerris, nos jambes plus affûtées et nos dos habitués au poids du sac. Côté ambiance, nous étions tantôt dans de belles hêtraies dont le sol étaient tapissées de luzules et de myrtilles, tantôt dans le vignoble alsacien, notamment du côté du Grand Cru du Kirchberg et son excellent vin de chez Hering.

Nous sommes passés par des terrains connus comme la Route des Vins du côté de Scherwiller, Barr, les fameux châteaux du Haut-Koenigsbourg, de Ribeauvillé et de l'Ortenbourg ou encore le mont Ste-Odile, le champ du feu, les cascades du Nideck et du Hohwald. Ce secteur n'en a pas été moins riche en surprises. En effet, Fanny, pourtant originaire du Ried, tout proche, et tout deux étudiants à Strasbourg, non loin également, nous avons tout de même fait d'agréables découvertes, coups de cœur.

Le massif du Schneeberg et son refuge avec dortoir, cheminée et vue sur les Vosges du Nord ! Le village de Thannenkirch et Deux très belles étapes passant par le Rocher de Mutzig et le Donon avec des panoramas incroyables font partie de nos coups de coeur.

A savoir ! Toute introduction de feu à moins de 200m de la forêt est strictement interdit ! Nous en avons fait la mauvaise expérience qui s'est soldée par une amende de 135 euros après avoir fait griller nos magrets de canard sur un foyer existant devant un abri. Effectivement, le risque d'incendie est de plus en plus élevé avec ces dernières années de sécheresses successives.

Nous remercions nos hébergeurs sur 3 nuits pour cette partie : Isabelle, Karine et Elodie, Arnaud et Anaëlle ainsi que nos accompagnateurs : Les grands parents Agnès et Paul à l'occasion d'un pique-nique, Hugo, Mika pour la journée OFF, Doris et Nora, Flo la récidiviste et Isabelle.

Petite anecdote après 23km, arrivés à l'abri de la pépinière, au-dessus de Schirmeck, c'est la méga fête avec une cinquantaine de personnes réunies pour commémorer le décès de leur pote, Loïc, parti trop tôt. Nous avons été accueilli à bras ouverts avec barbecue et bières. Une soirée riche en émotions ! A Loïc !

4

Après 16 jours, nous voilà déjà à la dernière partie, les Hautes-Vosges, pour 149km, au cœur du Parc naturel régional des Ballons des Vosges ! Ici, les vignes et châteaux laissent place aux tourbières, aux lacs, aux petits hêtres d'altitude rabougris et aux hautes-chaumes. Géologiquement, on passe du grès au granit. Ce n'est pas rare de dépasser les 1000m d'altitude et de croiser des chamois sur les nombreux escarpements rocheux mais aussi des plantes emblématiques telles que l'Arnica des montagnes, le Fenouil des Alpes, celui qui donne son bon goût au Munster fermier, ou la Pensée des Vosges. Les crêtes nous offrent des panoramas à couper le souffle avec vue sur les Alpes par beau temps. Par contre, la pluie et le brouillard nous ont empêché de passer par le mythique sentier des roches mais nous ont mis dans une ambiance Vosgienne au sommet du Hohneck. Particularité cette année, nous nous sommes cru en plein automne, les feuilles des hêtres sont rousses, brûlées par le gel printanier.

Ouf ! Le 09 juin, anniversaire de mariage, la phase 2 du déconfinement a permis la réouverture des restaurants. A nous les fermes-auberges des Hautes-Vosges pour déguster les saveurs locales à base de lait de vaches vosgiennes comme le fameux Menu traditionnel marcaire, c'est-à-dire fermier, et la cerise sur le gâteau ou plutôt le kirsche sur le fromage blanc : le Siesskass, Un régal !

Mention spéciale pour les fermes-auberges du Schiessrotried, du Haag et du Bellacker.

Nos coups de cœur sur ce secteur : Le lac du Fischboedle, Les prairies à Arnica du Markstein, La vallée encaissée de la Wormsa, Le sommet de la tête des Faux, La vue sur le lac du Forlet depuis la Réserve Naturelle du Tanet et Gazon du Faing.

Nous remercions nos hôtes, Agathe et Régis, euh, Rémi 😉 pour l'unique nuit "confort" qui nous a permis de prendre enfin une douche après 7 jours ! Ainsi que nos accompagnateurs : Fabien à l'occasion d'un repas en ferme-auberge, Clémence et Valentin ! Et nos ravitailleurs d'une soirée : Ophélie, Seb, Elise, Ludo, Célia, Tim, Max et Marine.

Mention spéciale pour le refuge non gardé du Sailley au Ballon de Servance !

5

Nous avons donc parcouru 434 km à pied sur 28 jours dont 3 de repos total soit une moyenne de 17km par jour.

Côté dénivelé autant positif que négatif , nous étions, en moyenne, à 500 m par jour, ce qui est très raisonnable. La 1ère semaine, nous avons eu plusieurs étapes consécutives à 20km / jour qui nous ont tout de suite mis dans le bain puis sur la fin nous étions plutôt autour de 15 voir parfois moins. Nous avions découpé les étapes réelles du GR5 dont certaines font 30 km. Notre rythme était plutôt tranquille, nous marchions autour de 4km/h avec des journées moyennes de 5-6h de marche et même quelques jours très cool à 4h de marche. Nous avons pris notre temps pour admirer les paysages, prendre des photos et tout simplement apprécier chaque moment.

Côté poids, nos sacs faisaient environ 15kg parfois plus avec plusieurs jours de rations alimentaires et 2L d'eau chacun. Lourds au début, on finit par s'habituer et moins ressentir les kg sur le dos, cependant il est nécessaire d'alléger les paquetages d'au moins 2 kg pour éviter les douleurs au genou. Depuis, nous avons investit dans un peu de matos plus léger : sacs de couchage et matelas.

Point de vue couchage, notre tente ultra-légère fait moins de 2kg, nous y avons passé 17 nuits plutôt agréables. Nous avons apprécié 7 nuits de luxe (vrai matelas et WC, douche et repas excellents) chez des amis ou famille et 4 nuits en refuges non gardés. Dans les Hautes-Vosges, où nous avons traversés plusieurs espaces protégés type Réserves Naturelles, nous nous assurions de bivouaquer dans des endroits où cela est toléré et en tous cas, non interdit, grâce au site internet du Parc des Ballons des Vosges : Quiétude Attitude. Pour les refuges, nous avons utilisé le site refuge.info.

Pour la nourriture, nous faisions simple et surtout nous ciblions les repas légers lyophilisés comme les soupes aux vermicelles et les denrées qui se conservent bien comme les boites de sardines, maquereaux ou le saucisson. Il faut avouer que les fruits et légumes nous manquaient beaucoup. Côté popote, nous avons utilisé un réchaud à bois qui a ses avantages mais aussi ses inconvénients.

Les + : il est léger et petit, il refroidit vite, peu être utilisé à même la table sans aucune trace, le temps de chauffe est plutôt rapide en conditions optimales (sans vent par exemple), cela permet d'utiliser une ressource renouvelable.

Les - : quid de la loi sur l'introduction du feu en forêt ? cela dépend de la tolérance de l'agent forestier..., s'il pleut c'est plus difficile de trouver du bois sec et lourd à transporter au cas où, la casserole devient noire et difficile à nettoyer sans grattoir.

D'un point de vue météorologique, nous avons eu pas mal de chance, 5 jours de vraie pluie sur 25 jours de marche. Nous passions souvent entre les gouttes par rapport aux prévisions, aucun orage sauf la nuit. Les ponchos et housse de sacs imperméables ont été tout de même bien utiles.

Niveau santé, 0 ampoules ! Une douleur articulaire au genou à déclarer pour Fanny et une petite cure d'anti-biotiques pour calmer une suspicion d'abcès pour Jérôme (cela sera plus détaillé dans une rubrique MICI). Par contre, nous avons subi des attaques de tiques quasi-journalières, au moins une dizaine de morsures chacun ! Sinon, il était rare que nous soyons très fatigués au contraire, le fait de faire du sport, d'être au grand air, de profiter des journées les plus longues, au calme et en mangeant moins qu'à notre habitude à plutôt tendance à nous booster et à faire diminuer le nombre de selles.

Finalement après 28 jours, nous étions contents de finir le défi mais frustrés d'arrêter la marche.

Ce fut une très belle expérience et un bon entrainement pour la suite ....

Les frontières de la plupart des pays du monde restent fermées aux Français ou nécessitent une quarantaine, notre été sera donc Hexagonal !

To be continued ...

Génial, félicitations une fois de plus un grand merci pour ce magnifique reportage, j'aurais bien aimé vous retrouver.

Des gros gros bisous à vous et en attente de votre nouvelle aventure 😋

Mathilde

Très belle aventure à vos côtés et très enrichissantes de beaux souvenirs, j'ai hâte de me poser er de lire se reportage, bonne continuation à très vite bisous.

Isabelle

Poster un commentaire

Si vous êtes déjà inscrit sur MyAtlas, connectez-vous ! Pas encore inscrit ? Découvrez MyAtlas, le site qui permet de raconter et organiser ses voyages.