Carnet de voyage

Les vieux rayons font leur tour

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Dernière étape postée il y a 1 jour
Un tour du monde en vélo par les cinq continents et 40 pays en deux ans mini et trois ans maxi. Départ prévu le 13 juin 2021.
Juin 2021
52 semaines
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Publié le 22 juillet 2021

Flash info !

Nous interrompons le cours de nos éditions pour un flash spécial en direct des" Cinque Terre ":

Nos aventuriers cyclo-voyageurs ont décidé de faire un arrêt inopiné pour visiter les "Cinque Terre", en LIgurie.

Pour ceux qui connaissent les "Cinque Terre", hé bas.... c'est les "Cinque Terre" ! Pour ceux qui ne connaissent pas ce site, il s'agit de cinq villages bâtis à même les falaises de cette partie de la côte de Ligurie, sur la mer méditérannée. Ce site est classé au partimoine mondial de l'humanité et vaut que l'on s'y arrête. La région est tellement escarpée (en fait celà ressemble beaucoup à la réunion) que l'accés routier y est quasiment impossible. La solution la plus facile est de prendre le train à Levanto et de faire des arrêts dans chaque village. C'est ce que nous avons décidé de faire et vous pourrez mieux apprècier la beauté de ces cinq villages avec les quelques photos ci-dessous. Et pour ne rien vous cacher les plus belles vues sont des photos de cartes postales car à part avec un drône ou un superman dispo de suite, on y serait pas arrivés !

y 'a plein de citrons ... 
Pour monter à Corniglia ... 377 marches quand même...
Riomaggiore, le dernier des villages. 
Corniglia 3éme village. 

Autre info du jour : nous avons trouvé La tatie Danièle d'Italie ! C'est la patronne du camping de San Victoria. On vous racontera plus tard mais pour les cyclo voyageurs, c'est à éviter.

Ha oui, au retour, on a même rencontrer la panthére rose. Si si, c'est pas des blagues !!!

A tout bientôt !

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Publié le 19 juillet 2021

Bon, pour ceux qui ne suivent pas les épisodes, voici le résumé :

Nous sommes actuellement en Italie, tout à côté de Gênes. Il vous manque donc une partie des étapes entre Lambesc et le passage en Italie.

Pour ceux qui ont suivi, tout va bien et vous savez où noous en sommes.

Et donc :

Etape 17 : Lambesc => Istres

Bon, là, RAS. C'est une vraie étape de transition d'à peine 25kms. En gros, juste un échauffement. Nous arrivons à bon port et nous sommes accuellis à Istres par Nadine et ses enfants, Talia et Mathis. On se pose pour récupérer un peu, un bon repas, une bonne douche et nous allons pouvoir profiter pleinement de ces trois jours de repos pour recharger les batteries (les notres et celles de nos appareils électroniques mais pas celle de nos vélos qui restent musculaires !). D'ailleurs, c'est à signaler, beaucoup de gens nous demandent si nos vélos sont électriques et ils sont tout aussi nombreux à rester dubitatifs ou/et admiratifs quand on leur dit que notre seule source d'énergie, c'est nos jambes !

Durant ces trois jours, nous en profitons pour faire un nouveau point matériel, récupérer ou pas du matériel quez nous avions laissé à Alain lors de notre arrêt aux Echelles, renvoyer par la poste, ce qui doit l'être, laver et réviser les vélos, laver le linge, enfin, tout le toutim habituel, lors d'un arrêt de plusieurs jours. Bien sûr, nous en profitons aussi pour profiter de nos amis, de la plage, de la fraicheur de la maison et des longs moments d'échanges, sur tout, sur rien. Alain est mon meilleur ami et sa famille, c'est un peu la mienne. Alors,ce dernier passage par chez eux prend un côté fort et symbolique. De plus, ils sont les dernières personnes connues que nous verrons avant de passer en Italie où nous devons retrouver Shann un des fils de Fantig et Ophélie, sa compagne. Nous avons rendez-vous le 26 juillet à Florence où nous ferons notre prochain gros arrêt pour quelques jours dans une location (ça va changer du camping !).

Istres le vieux village.

Après ces trois jours de repos, nous quittons Alain, Nadine, leurs enfants et et et Huguette ! Huguette, la maman de Nadine qui fête allégrement ces 92 printemps et que nous saluons ici. Les dernières embrasssades faites nous levons bien hauts les mains pour un dernier au revoir et nous prenons la route de Gardanne où nous devons dormir chez Sylvie et Philippe, nos premiers "Warm Showers.


Etape 17 : Istres => Gardanne

Nous prenons la route de Gardanne vers 9h00 et, ce n'est pas une blague, nous empruntons "la route de l'au delà" qui longe l'étang de Berre jusqu'à Miramas le vieux. Ca fait un peu peur de commencer une étape par un tel chemin ! En vérité, c'est moi qui ai un peu transformé le nom de cette route qui s'appelle route de Saint Chamas mais que tout le monde appelle route du delà...

Bref après ce début que nous connaissons bien pour l'avoir roulé plusieurs fois, nous faisons un arrêt à la centrale hydroélectrique de Saint Chamas, l'endroit où le canal de la Durance se jette dans l'étang de Berre (cf. photo jointe). Nous disons donc au revoir à la durance et son canal pour mettre le cap plein est vers l'Italie. Le parcours n'est pas franchement intéressant. Nous suivons une piste cyclable le long d'une nationale au fort trafic. Il fait encore très chaud et nous peinons dans les longues pentes 4/5% qui nous ménent à Saint Maximin La Sainte Baume. Une enfilade interinable de longue rampes dont on ne voit pas la fin...Nous nous arrêtons à Saint-Maximin pour casse croûter sur une petite place, tout à côté de la basilique Sainte-Marie Madeleine. C'est un peu un déjeuner genre "clodos sur le bord du trotoir...". C'est une première expérience de décalage sociètal et c'est assez rigolo. Nous laissons nos vélos sous l'oeil attentif de Alain de Saint-Maximin (un quidam bien intentionné et bien sympa qui nous a renseigné sur la basilique et sur la route à prendre pour Gardanne).

Canal de la Durance qui se jette dans l'étang de berre .

Après une visite suréaliste de la basilique (une dédicace spéciale à Karine qui a un faible pour Marie-Madeleine). En fait, cet edifice religieux abrite un des plus gros orgue de France et manque de bol, le facteur d'orgues à juste choisi ce jour et cette heure pour l'accorder !!!! Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner. Tout, sauf du Albinoni ! Dans la crypte, nous pouvons admirer la relique du crâne de Marie Madeleine enchassé dans un support en or (spectacle assez glauque, en vérité), nous ressortons avec beaucoup de respect pour Marie Madeleine et un peu moins pour le facteur d'orgues !

Nous reprenons la route et après deux bonnes heures dans l'arrière pays d'Aix en Provence nous arrivons chez Sylvie et Philippe qui habitent une maison isolée au milieu des bois. Nous passons une soirée très très sympa, pleine d'échanges sur le voyage à vélo et où nous faisons également la connaissance de Fabrice, un ami d'enfance de Philippe qui dinera avec nous. Précisons tout de suite que Fabrice est Italien de souche et qu'il en conserve une bonne joie de vivre et une solide expérience dans la façon de cuisiner les pâtes (attention à ne pas faire n'importe quoi avec la cuisson des pâtes, Fabrice veille !).

Malheureusement, Philippe (un peu italien aussi) emporté par son élan et les histoires à nous raconter, fait cuire les pâtes trop tôt et Lorsque Fabrice revient avec la sauce toute spéciale qu'il est allé chercher chez lui... C'est le drâme !!!! Maaaa Phélipé, qu'est ce qué tou fait avé les pasta !!!!

Et là, la maestria de Fabrice, transforme le drâme en un plat de pâtes tièdes avec basilic,ail, dés de tomates et hulie d'olive. Un régal !!!!

Nous passons une excellente soirée pleine de rires et d'aventures toutes gardannaises où l'on découvre les grands voyages de Fabrice de Gardanne à Biver en passant par Belcodénne ! (en fait, ce sont trois villes limitrophes et Fabrice est le premier à sourire de ces grandes aventures très.... locales)

Après cette belle soirée nous passsons une bonne nuit et le lendemain, déjeuner pris de bonne heure, nous partons pour Carces dans Var.

Fabrice, sylvie et Philippe, nos premiers hôtes warmshowers. 
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Publié le 15 juillet 2021

Breaking news :

Les deux cyclo-voyageurs recherchés depuis plusieurs semaines par leurs familles et leur proches ont été repérés...

Ils ont été vus, cet après-midi, passant en Italie par Menton. Ils seraient actuellement dans un camping à Latte, petite ville sympathique du littoral Italien. Les recherches par hélicoptères ont été interrompues car la météo défavorable tourne à l'orage et la pluie fait son apparition en ce moment même. Toutefois, on les aurait aperçus, ce soir, attablés devant une bonne pizza dans un restaurant du centre ville. Nous reviendrons vers vous dès que nous aurons plus d'informations...

Pizzeria à Latte.... 
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Bon, il va vraiment falloir que j'accélère le rythme car dans deux jours, nous passons en Italie ! Hé oui... Aujourd'hui, 14 juillet 2021, nous venons de faire une étape de Grasse à Saint-Laurent du Var. Et à ce rythme, demain soir nous serons vers Menton. Donc, dans deux jours, nous passons la frontière Franco/Italienne. Cela promet d'être un grand moment. Pas tellement pour le kilométrage, mais plutôt symbolique car nous quitterons la France et une grande partie de nos repères, pour un bon moment ! Je pense que là, nous ressentirons à nouveau une sorte de frisson en nous disant "Bon là, on attaque la partie sérieuse du bazar".

Pour vous faire partager ce moment "en live", il faut boucler les résumés des autres étapes, avant !

Et donc :

Etape 16 : Manosque => Lambesc

Nous quittons Manosque de bon matin et sous un soleil déjà bien présent. Nous prenons les routes secondaires où nous ne sommes pas trop gênés par la circulation. Le profil est assez roulant avec quelques coup de cul et une bonne montée, après Pierrevert. Mais rien de vraiment compliqué. Nous nous arrêtons à La Tour d'Aigues où nous prenons le temps de visiter les ruines d'un château assez incroyable. A priori, on pense à un château "Renaissance". Mais il est en grande partie ruiné et c'est assez rare pour un château renaissance. En fait, c'est un château médiéval qui a été transformé à la renaissance et sous l'impulsion de Jean-Baptiste Jérôme Bruny a connu, à cette époque un essor considérable.

Voici une petite présentation de cet endroit qui connu un rayonnement considérable avant de tomber dans l'oubli :

Féru de sciences naturelles, de botanique et de zoologie, le président de Bruny avait créé dans les domaines de son château de La Tour-d'Aigues un véritable parc animalier, peuplé d'animaux rares et exotiques. Les singes, gazelles, mouflons, caméléons et oiseaux multicolores côtoyaient des essences d'arbres non encore acclimatés, telles que des platanes, thuyas, acacias ou autres cèdres du Liban. Une serre chauffée abritait des plantes tropicales3.

En 1773 il demande au contrôleur Général Bertin l'autorisation du roi pour créer une faïencerie dans les domaines du château. La fabrique de porcelaine est installée à la bastide de Thoron, qui porte aujourd'hui le nom de La Fayence. Cette bastide avait été acquise en 1742 par François de Bruny auprès de Jean-Joseph de Thoron. Il engagea, pour la faire fonctionner, des maîtres faïenciers de Goult et Varages et probablement de Marseille. Le service de vaisselle du château aux armes de la famille, qui porte d'azur au cerf courant d'or, au chef du même, a été créé à la fabrique. Les formes et les décors en sont variés, d'un style très en vogue en cette fin du XVIIIéme siècle. Les maîtres faïenciers de la seconde moitié du XVIIIéme siècle, contrairement à ceux de la première moitié, ont tous, sans exception, décoré leurs produits sur émail cuit, c'est dire qu'il s'agit exclusivement de faïence au feu de moufle ou de réverbère.

« Tout curieux, tout amateur qui vient en Provence, doit passer par La Tour-d'Aigues et voir ce château qui égale les plus somptueux édifices. Ses eaux, son parc, ses jardins, en font un des séjours les plus agréables de la province ; on le prendrait pour une maison royale. »

Je vous ai dit que Manosque ne se quittait sans déguster le couscous des nuits des Thés. Hé bien, on ne passe pas par Ansouis sans déguster une glace à "L'Art Glacier". Et il s'agit bien d'art ! Je vous laisse en juger par la photo des glaces que Nous avons dégustées, que dis-je, savourez ! Comme nous connaissions déjà cette incontournable adresse, nous avons pique niqué avec Ludovic et Bénédicte qui nous ont rejoins (de bon cœur !) pour se dire un au revoir Ô combien sympathique autour de ces glaces aux parfums aussi inédits que délicieux, comme cette glace au poivre, le "spécial" de Fantig.

Nous reprenons ensuite la route pour Lambesc. Un route agréable mais longue sur les dix derniers kilomètres où nous sommes victimes de notre premier "attentat" anti cyclistes. Un chauffeur de car qui circule dans notre sens, nous rattrape. Sans doute énervé par notre train de sénateur et l'encombrement de nos vélos nous envoie un coup de klaxon monstrueux, juste à quelques mètres derrière nous. Je lui fait un signe en lui demandant de patienter. Manifestement, le geste l'a plus énervé qu'autre chose et il nous frôle à une quinzaine de centimètres en nous doublant. Quel C_ _ _ _ _ _!!!! Désolé pour le terme peu châtié, mais ce C _ _ à vraiment failli nous mettre au tas ! Et voilà, nous venons de faire connaissance avec la mentalité générale (mais non exhaustive) des conducteurs des Bouches du Rhône...

On se remet de nos émotions et après avoir bien tourné dans Lambesc pour trouver ce bon sang de bonsoir e camping, nous sommes gentiment accueilli dans un camping familial et très agréable.

Nous y passons une bonne nuit avant de partir pour Istres et quelques jours de repos bien mérités.

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Publié le 12 juillet 2021

Etape 13 Briançon => Crots

Et donc,

"Ca... c'est fait !" Les grands cols des Alpes sont derrière nous. Résumé du bazar :

La montée du Revard, la montée à Tignes, le col de l'Iseran, le col du Télégraphe, le col du Galibier. C'est bon, on a les cannes !

Blague à part, cette semaine et demi a été très dure et nous a poussé à des limites que nous ne nous connaissions pas. A quelques moments, la tension due à la fatigue était palpable. Et restons positifs, ce stage intensif en haute altitude et sur des pourcentages à faire peur, ne nous a pas tués. Philosophons un peu et paraphrasons ce bon vieux Nietzsche en disant que "Tout ce qui ne vous détruit pas vous rend plus fort". Plus forts, nous le sommes. Dans la tête et dans les jambes. Avec cette nouvelle confiance, nous parcourons sans difficulté les kms qui nous sépare du lac de Serre-Ponçon. Nous empruntons la route "des balcons de la Durance". C'est une très belle route qui, tantôt serpente le long de la Durance, auprès de son rivage, tantôt s'élève jusqu'à une centaine de mètres au dessus du cours d'eau. Une très agréable route qui se termine par..... une côte de la mort !!!! Précisément à Jussieu où nous prenons un pain à 13% sur un kilomètre. "Dis papa, je croyais que c'était fini les Alpes ?". Hé bah non. Quand y en a plus... Y en a encore !

Et comme d'habitude, la fin d'étape à Crots (petit village juste après Embrun, pour ceux qui connaissent la région), nous réserve une blague à sa façon : le seul camping que l'on nous indique se trouve en haut, mais alors, tout en haut du village ! Après plusieurs centaines de mètres très très pentus, on décide de s'arrêter car aucun panneau n'indique le camping et nous nous enfonçons dans un endroit un peu bizarre. Une voiture passe. On l'arrête. Son occupante nous dit que le camping est bien dans cette direction, après deux épingles bien raides. On se regarde et on se dit "Allez, on l'fait". Sauf que... la première épingle est après deux cent mètre à plus de 10% et que ce n'est plus une épingle mais un mur à 25%. Alors là, STOP !

On fait demi tour et on décide de planter la tente au p'tit bonheur au bord du lac. Et devinez : deux campings juste au bord du lac, à peine à 500 mètres de Crots. Hè Ho, elle s'est bien foutu de nous la p'tite dans sa bagnole !

Le camping est correct et franchement, ça nous va bien. Nous y sommes voisin, d'une nuit, d'un couple de Cht'is. Des vrais, des durs ! Même que le beau camping car à laissé un peu de peinture dans une manœuvre incertaine de monsieur qui y est allé d'un paquet d'insultes bien senties, juste histoire de se défouler. Vraiment rigolo ces deux petits "anciens" nordistes !

On se couche de bonne heure après une glace réconfortante à l'Estanco du coin.

Demain, cap sur Tallard. On se rapproche de Manosque, prochaine halte chez Ludo et Béné.

To be continued...

Les Balcons de la Durance 

Etape 14 : Crots => Tallard

Après une bonne nuit de sommeil au camping municipal de Crots, on met le cap sur Tallard. Un départ sympa où l'on croise un troupeau de moutons et chévres menés par une bérgère et son papa (du moins, c'est ce que j'en déduis...). Une photo et hop, c'est parti pour l'étape du jour. Profil annoncé : deux côtes jusqu'à Savines le lac, traversée du lac de Serre Ponçon parle pont de Savines puis succession de côtes sur la nationale, jusqu'à Chorges, ensuite le morceau de choix de la journée avec le col de Belplain, arrêt au bélvèdère du lac et descente jusqu'à Tallard par la route des balcons de la Durance (pour les connaisseurs, c'est la route du triathlon "embruman").

La bonne nouvelle du jour : Le vent nous souffle dans le dos !!!

Du coup les côtes parraissent beaucoup moins pénibles (à moins que nos jambes aient déjà changé de niveau...). Après un arrêtà Chorges pour un café on attaque le col. On nous l'a vendu comme "pas très dur". Ouais... tout ça dépend du réferentiel du vendeur. En l'occurrence, si l'on ajoute la chaleur et les kilomètres accumulés... c'est dur ! Au milieu de la pente, on fait stop pour la pause déjeuner. Fantig, qui pensait que le col durait encore 8 kilomètres est un peu en panne de moral.Mais je connais cette route et je lui confirme que nous ne sommes plus qu'à trois kilomètres du col. Effectivement, nous atteignons le col assez vite. Mais attention, c'est un de ces cols "à surprises" : après trois bons kilomètres de descente à 60 km/h on aperçoit un bon coup de cul qui fait mal rien qu'à le voir. Et comme je connaisssaait ce piège, on s'est préparé et c'est passé sans trop de souci. Nous arrivons au bélvédère d'où nous avons un magnifique point de vue plongeant sur le lac et le barrage juste à environ deux cent mètres en contre bas. Une photo, un café et c'est parti pour la descente. Heureusement que notre itinéraire est dans ce sens ! Parce que, vu la descente de dingue que l'on fait, on a bien vite compris que faire cette montée aurait été un enfer ! Du 10% et plus, tout du long avec plusieurs virages en épingles à cheveux où il faut rester vigilants si l'on ne veut pas finir dans le rocher !

La Durance qui se jette dans le lac de Serre de Ponçon. 
Lac de Serre Ponçon 

Plus loin, nous quittons la grande route pour attraper la route des balcons de la Durance. Route qui porte bien son nom car elle nous fait passer du niveau de la Durance, à une centaine de mètres au dessus du lit de la rivière. La route est très agréable et serpente dans les valllons, tantôt à l'ombre tantôt au soleil. Dans un virage, on s'arrête pour une photo. Et là... catastrophe ! Le vélo de Fantig fait une cabriole dans le ravin et vide le contenu de sa sacoche de guidon sur les pierres en contre bas ! Bon, plus de peur que de mal. Mais cette petite figure artisitique du à une béquille défaillante aurait tout aussi bien pu très mal se terminer.

Leçons de l'affaire :

1 Il faut vite revoir se problème de béquille en installant un redresseur de direction.

2 Ne jamais stationner son vélo côté ravin, toujours côté falaise !

Après cette première frayeur, nous repartons tranquillement quand nous tombons sur "The côte of the day !", la cote de Jussieu dont je vous ai déjà parlée. Après ce gentil "quatre heures", nous arrivons à la grande route pour rejoindre Tallard, à quelques kilomètres de là. Et comme d'hab (mais vous le savez, maintenant) on se prend un vent de dingue, pleine face, sur trois kilomètres avant de trouver le camping.

Bon, ça y est, cette fois ci, on est vraiment sortis des Alpes et nous plantons nos tentes face au Plateau et au pic de Bure. Deux camping caristes bien sympas entame une discussion avec Fantig. Ils sont très curieux de notre organisation et lui pose mille questions. Une particulièrement nous fait sourire "Bon, et pour manger.... Vous faites comment ???". Question, certes, fondamentale mais dont l'organisation nous pose si peu de souci que ce n'est pas un sujet, pour nous. Chacun voit midi à sa porte.

Demain, cap sur Les Mées, en dessous de Sisteron.


Etape 15 : Tallard => Les Mées

Enfin une étape vraiment tranquille ! Départ de Tallard avec les premiers avions de tourisme qui prennent leur envol sur l'aérodrome local, un"spot" pour le vol à voile. C'est une étape assez peu mouvemetée où noous prenoons des petites routes bien sympathiques et assez ombragées pour nous éviter de cuire sous le soleil, toujours aussi généreux. Une petite pause café à Monetier Allemond où nous discutons avec un couple de voyageurs à vélo qui ont deux jeunes enfants, 5 et 8ans, et partent à quatre vélos. Ils nous posent, eux aussi, pleins de questions. Compte tenu de leur expérience, elles sont pertinentes et très techniques. Allez, on repart puis, pour midi, on trouve une belle chenaie qui nous offre son ombrage pour nous restaurer agréablement.

Après la pause, au loin, nous apercevons la montagne de Lure. C'est une belle ascension que nous avons déjà faite, il y a deux ans. Mais cette fois-ci, on passera par la vallée !

Nous faisons une pause rafraichissement et nous repartons pour les Mées, un beau site naturel où nous devrions camper. Mées, Mées, Mées ou, mais, mais, mais, les choses se passent rarement comme prévues et, à l'entrées des Mées, un policier municipal nous informe que le caming est fermé... Incroyable non ? Hé bah si, c'est fermé. Il nous en indique un autre, à Peyruis, le prochain village à 6 kilomètres. 6 kilomètres plus loin.... camping.... COMPLET !

Bon, les gars, là... ça commence à bien faire ! Fantig décide de tenter le coup du "forcing" auprès du gérant du camping. Et là, devinez un peu... une camionette avec trois personnes dedant, s'arrêtte à ma hauteur. Une des personnes me dit "Vous cherchez un endroit pour planter votre tente ?"

Je réponds "Oui et prendre une douche si possibel"

"Bah pour la douche ça va être compliqué mais pour la tente on a un champ d'olivier à vous proposer ou un jardin en terrasse dans le centre ville. C'est notre première rencontre improbable qui nous sort de l'embarras. Trois personnes, tombées du cie, dans leur camionette et qui nous offrent spontanément l'hospitalité. En fait, ils nous avaient vu sur la route, quelques kilomètres avant et se sont dit "Ceux là... ils vont galérer car ils ne trouveront rien pour camper ce soir". Celà nous apprend une chose : c'est que beaucoup de gens nous voient et surtout beaucoup de gens remarquent notre attelage et se proposent pour un coup de main, une indication ou, comme ce soir là, pour un hébergement. Et nous n'avons pas eu à le regretter. Le jardin, sans celui d'Eden, dominait le village et nous offrait une magnifique vue sur la vallée de la Durance et les contre forts du plateau de Valensole. Fantig décide de dormir dans le pigeonnier et je plante ma tente sur une des terrasses.Et copme les petits bonheurs sont comme les malheurs (ils volent toujours en escadrille !), deux charmantes voisines nous proposent de mettre nos vélos à l'abri dans leur garage. Trop fort !

Et ce qui devait être une soirée un peu galère, se transforme par un coup de baguette magique en soirèe au clair de lune au milieu des terrasses de Peyruis. Elle est pas belle la vie ?

Le lendemain, cap sur Manosque et deux jours de repos bien mérités.

Etape 16 : Peyruis => Manosque

Une étape courte de 37 kilomètres par laquelle nous suivons (un peu à tatons...) le cours de la Durance...

Nous arrivons chez Bénédicte et Ludovic qui nous accueillent pour deux jours de repos que nous allons grandement apprècier. A notre arrivée, Illona et Eve, les filles de la maison, nous accueillent et nous propose le rafraichissement qui va bien !

Ensuite, lavage du linge, révision des vélos, point sur le matériel à renvoyer, enfin... la routine, quoi.

Nous profitons de ces deux jours pour quelques moments de villégiatures auxquels nous ajoutons un couscous en ville, accompagné par une animation musicale de rue. Un orchestre de cuivres genre "Battucada". Vraiment cool ! Ce couscous là, c'est "the couscous of Manosque" et pas question que je le rate ! A chaque passage dans cette ville, je vais manger un couscous au restaurant "Les nuits des Thés" tenu par deux soeurs qui vous font une cuisine "comme là bas" !

Aprés ces deux jours "requinquants" et les moments vraiment chouettes avec Ludo et Béné dont les milles questions et étonnements de Ludo ponctués de son célèbre "Nan.... c'est pas possible !?", nous reprenons nos monturres, direction Istres, chez Alain et Nadine.

Et pour les amateurs de statistiques, voilà les chiffres actualisés à l'étape de Manosque :

Kilométrage : 814,74 kms

Temps : 55h55 mn

Moyenne horaire : 14,56 km/h

Moyenne journalière : 50,92 kms

Total calories : 28 593 cal

Total dénivelé positif : 9 162 m

Quand même !!!!!

A bientôt.....


Canal de la Durance prés de Manosque 
Porte d'entrée du vieux Manosque. 
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Publié le 10 juillet 2021

Bonjour, bonjour,

Et donc, concernant le résumé des étapes, nous vous avons laissé en bas du col de l'Iseran à Bessans.

Bon, il est clair que nous pédalons plus vite que je ne rédige. A ce rythme, nous serons rentrés que je devrais écrire encore pendant six mois pour terminer le récit de nos aventures ! Mais, rassurez-vous, Fantig (bien plus synthétique que moi dans son art épistolaire), s'y mettra dés que nous quitterons la France. De quoi rattraper le retard en deux coups de cuillères à pot !

Aussi et contrairement à ce qui était annoncé, voici le résumé des étapes 10, 11 et 12

Montée du Col de l'Iseran 

Alors, voici les étapes 10, 11 et 12.

Les autres étapes arriveront très vite, C'est promis !

ETAPE 10 : Bessans => Saint-Michel de Maurienne

Le lendemain, nous devions vivre une étape de "transition" au profil descendant et relativement tranquille. En fait d'étape tranquille, nous commençons par l'ascension du col de La Madeleine. Certes, dans ce sens, ce col n'est pas insurmontable, surtout après l'Iseran ! Mais c'est toujours pareil, quand on attaque avec des côtes à 10% dès le matin, le petit déjeuner passe toujours un peu mal. Heureusement, la descente qui suit, dans le sens Bonneval vers Saint-Michel de Maurienne, est beaucoup plus fun et on se fait bien plaisir (les patins de frein, un peu moins !).

Une petite pause café à Lanslebourg Mont-Cenis et c'est reparti. Aujourd'hui, Eole n'est pas avec nous et le vent de face se lève vers 10H30. Ce qui devait être une étape sympa se transforme en une grande partie de manivelles (comprendre une grande partie de pédalage, en langage cycliste). En fait, les pentes ne sont pas assez raides pour que nous puissions en profiter. Nous sommes contraints de pédaler dans les descentes pour contrer le vent. C'est très frustrant et à la longue, ce petit vent défavorable depuis le départ de Queyrières devient vraiment C_ _ _ _ , pardon.... plus que pénible !!!

Et comme dans toute chose il faut voir le positif, nous traversons de beaux paysages encore très montagneux, ce qui nous rappelle que les Alpes sont encore là et que ces belles routes de vallée en annoncent d'autres routes bien plus raides. Vers midi, nous surplombons Largentière vers laquelle nous plongeons à grande vitesse (on tape le 60km/H sans problème). A la sortie de Largentière nous abordons un environnement beaucoup moins agréable : des routes à grand débit, la voie ferrée du futur fer routage Lyon/Turin, le tunnel du Fréjus. Bref, pas vraiment sympa en vélo de voyage. Nous parvenons à dénicher un coin de verdure pour le repas du midi et après la pause nous repartons pour Saint-Michel de Maurienne où nous trouvons un camping/hôtel vraiment sympa, lui Dès l'accueil, on nous propose une formule "tente bivouac" . C'est un concept bien pensé qui propose une tente en semi dur sur une plate forme terrasse en bois. Pour 34€ la nuit, à deux, on évite de monter la tente et nous disposons d'un vrai lit !

Nous faisons quelques courses en ville et nous mettons au point la journée du lendemain. Après la montée du Revard, La montée sur Tignes et le col de l'Iseran, Fantig préfère ne pas tenter le col du Télégraphe et du Galibier (dans la foulée). Sage décision, quand on s'embarque sur un tour du monde car il s'agit de ménager sa monture...

Nous décidons alors de nous séparer, Fantig restant au repos le lendemain pendant que je monterai au col du télégraphe. Le surlendemain, nous nous retrouverons en haut du col du Galibier que je monterai depuis Valloire.

Etape 11 : Saint-Michel de Maurienne => Valloire

Comme convenu, vers 9h30, j'attaque le col du Télégraphe qui n'est pas très long (12 kilomètres depuis le pont de Saint-Michel de Maurienne). Les premiers kilomètres sont raides. Le soleil chauffe déjà bien et les virages du bas du col sont en épingle à cheveux. Le genre d'épingles à cheveux où la route semble à la verticale quand on amorce le virage, de celles avec laquelle on se fait une bosse au front (expression cycliste qui caractérise les changement de relief les plus aigus !). Ce sont des conditions que nous connaissons bien maintenant et le mental s'est "assoupli" devant ce qui nous semblait insurmontable, il y a quelques jours encore. Bien s'hydrater, ne pas hésiter à monter les pignons et surtout, surtout... ne pas regarder trop loin devant ! Prendre les virages, les uns après les autres, monter au rythme du marcheur et s'arrêter quand le corps crie grâce. Le haut du col du Télégraphe est plus simple et les pourcentages un peu moins forts. Je monte le col en 2h00 soit le double des cyclistes que je rencontre au sommet. Finalement, ça ne s'est pas si mal passé que cela et j'attaque la descente vers Valloire, l'étape du jour ou je dormirai au camping.

Etape 12 : Valloire => Briançon

Ca y est. Ilest là le grand rendez-vous des Alpes ! C'est aujourd'hui et ce qui se profile à de quoi faire douter plus d'un cycliste. Le Galibier depuis Valloire... 18kms avec des, heu... non... de NOMBREUX passages à plus de 10% et sans replats sur les 12 derniers kilomètres qui sont les plus durs avec un final de 6 kilomètres entre 8 et 9% de moyenne. Bon, bah... faut y aller... 9h25, j'attque la montée. Dés la sortie de Valloire, ça tabasse dèjà sévère et je n'ai plus beaucoup de dents en réserve...

Ca se calme aprés 3 kilomètres de montée sur le replat de l'aérodrome. Et à partir de là "It's a long way home !". Parmi les cyclistes qui me dépassent, nombres d'encouragements me poussent. D'autres, respectueux, saluent l'éffort avec de sincère "Bravo !". C'est un truc de fou ! On a l'impression que l'on en sortira jamais ! Après le refuge de Plan ???? les choses se compliquent encore. C'est la partie la plus dure, la plus raide et ça va durer 6 bornes ! Je suis tout à droite (rien à voir avec une quelconque orientation politique mais la chaine est sur le plus petit plateau et le plus grand pignon, donc : "Tout à gauche !")

Du haut du Galibier 

Il fait chaud et malgré l'altitude, l'effort est violent. Bien sûr, pas question de faire demi tour car le seul passage possible pour rejoindre la vallée de Briançon, passe par le Galibier. Dans un virage en épingle, je double un cycliste qui termine la montée du col à pied (rien de déshonorant, vu la difficulté du truc et l'âge de ce monsieur). Nous finissons la montée du col en jouant à "saute mouton". Il me rattrape quand je m'arrête et je le double quand je pédale. Preuve, s'il en était besoin que ma vitesse moyenne est en gros de 4,5km/h !!!

Après pratiquement 4 heures d'effort, j'aperçois le haut du col et surtout le tunnel qui permet de couper le dernier kilomètre d'ascension (un enfer selon ceux qui sont monté au col). Je suis épuisé et il me faut plusieurs minutes avant de m'engager dans ce tunnel salvateur qui va me faire déboucher sur la vallée de Briançon et tout d'abord de profiter de 8 kilomètres de descente vers le col du Lautaret où m'attend Fantig.

Bon, ça, c'est fait.

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LA GRANDE QUINZAINE DU BLANC !

Étapes 10-11-12 -13-14-15 et 16


Avez-vous remarqué que, depuis plusieurs années, les saisons ont tendance à se décaler ?

C'est assez étonnant de constater que l'été nous amène ces chaleurs plus tardivement et que le mois de juin ressemble de plus en plus à un mois d'avril. Et, de l'autre côté de cet été tardif, le mois d'octobre étire un été indien qui se transforme, sans coup férir, en hiver à la mi novembre. Le pape Grégoire lui même, le grand inspirateur de notre calendrier, y perdrait son latin !


Hé bien nous aussi, nous y perdons notre latin. En l’occurrence, il ne s'agit pas d'un latin ecclésiastique mais plutôt de nos repères. Nous voyons nos saisons et surtout, notre vision des choses décalées. Nous sommes actuellement en pleine quinzaine du blanc ! Vous savez, cette quinzaine printanière où l'on lave tout ce qui l'hiver durant n'a pu l'être. C'est un peu le moment où l'on se sépare du linge de maison trop usé, où l'on se sent des inspirations nouvelles, enfin, tout ce genre de choses. Hé bien, nous, c'est à l'intérieur que l'on fait le « grand nettoyage ». A force de kilomètres et d'heures passés sur le vélo, de campements et de rencontres, notre perception de l'espace, du temps et de l'activité de nos congénères (dont nous faisions encore partie il y a encore 15 jours) s'est profondément modifiée.


Nous avons maintenant basculé dans une autre dimension. Pour les plus anciens, c'est un peu comme dans la série télévisée « La quatrième dimension » . Nous sommes dans un autre temps et dans un autre espace. Celui de la route que l'on reprend chaque matin sans vraiment savoir ce que nous y trouverons et ce que sera le temps... Tout semble si différent quand on passe « de l'autre côté du miroir ». Une des choses les plus remarquable ou frappante, c'est le nombre incommensurable de voitures, de camions, de bus, bref, de véhicules qui sont en circulation sur nos routes !


Dés lors que nous sommes embarqués sur une grosse départementale ou une nationale, nous avons la sensation d'être dans un flot inépuisable qui génère une énergie colossale. Le bruit des pneus sur le bitume est, sans nul doute, la pollution la plus présente. Et, chose peut être étonnante, vient ensuite le déplacement d'air qui va du simple souffle pour un véhicule léger à la grosse bourrasque pour un semi remorque qui vous croise à pleine vitesse. De quoi vous scotcher sur place. Et quand le vent s'y met en plus, on recule !!!!

Et encore, nous ne parlons là, que de la France. Cela nous laisse imaginer ce que nous rencontrerons dans les contrées à venir où les camons seront, de toute évidence, plus nombreux et certaines routes beaucoup moins bitumées.


Au delà de ce contexte routier un peu rude, il y a bien sûr de grands moments de plaisirs à arpenter les petites routes, ces « chemins de traverse » chers à tous voyageurs qui aime à prendre son temps. Ils sont toujours le lieu d'une belle rencontre, d'un point de vue remarquable, d'un chant d'oiseau qui égaie la route, où de quelques paroles échangées au bord de la route. Ces moments là nous font oublier tout le reste et nous enlève le poids de la route à faire pour parvenir à l'étape.

Dans cette grande quinzaine du blanc, tout a été nettoyé. Il nous reste, bien sûr, quelques repères fondamentaux et quelques valeurs qui nous permettent de « rester en contact ». Mais nos corps comme nos esprits sont passés à la machine ! Il n'en ressortent pas forcément plus blanc, mais différents. Le corps, d'abord, avec nos jambes qui se musclent et prennent une forme nouvelle. Beaucoup plus affûtées, sans être encore « Tour de France » ! Étonnamment, nous ne ressentons pas vraiment la fatigue ni l’accumulation des efforts quotidiens. Se remettre sur la selle, chaque matin, est plus agréable que pénible. Il semble que l'étude posturale que nous avons réalisée, avec David, soit très efficace car ni le dos ni les jambes ne souffrent durant la journée. C'est seulement, vers 16h00, après les 50 premiers kilomètres que les cuisses commencent à se faire lourdes. A l'écoute de nos corps, nous commençons, alors à chercher un hébergement pour la nuit. C'est également, le signal, le moment, l'instant.... celui de la bonne petite bière ! En générale dégustée à la terrasse d'un bistrot sympa ou parfois au camping quand le bivouac est prêt. Cette petite bière, sans être devenue « incontournable » est Notre petit moment de bonheur. C'est peu. Oui, mais c'est là que l'on se rend compte « qu'il en faut peu pour être heureux ».


Quant à l'esprit, il s'ouvre, il s'élargit, il se détend. Ainsi, nous allons vers une autre perception du monde environnant. Il reste, bien sûr, que c'est aussi notre mode de voyage qui nous vaut de belles rencontres. Beaucoup de gens nous abordent spontanément et nous posent milles questions.

Dans l'ordre de fréquence on nous demande :

D'où venez vous ? »

« Ce sont des vélos électriques ? » (inutile de vous dire l'admiration et l'étonnement quand nous répondons fièrement « Non, ce sont de vélos Musculaires...»

« Où dormez vous ? »

« Combien de temps comptez-vous voyager ? »

« Ca doit être dur ? »

« Combien de kilomètres faites vous par jour ?

« Vous dormez à l'hôtel ? »

« Comment faites vous pour manger ? »

C'est assez drôle de constater que se sont des questions que nous ne nous sommes pas posées pendant l'élaboration du projet. Cela nous paraissait si évident que les réponses sont arrivées en même temps que les questions : « autonomie complète ». Certes, c'est parfois compliqué, c'est souvent lourd (dans tous les sens du terme) mais quelle sensation de liberté et de... légèreté !

Pas de compte à rendre, pas de RV à honorer, pas de chemin tracé hormis le cap à conserver.


Et comme une charité bien ordonnée commence toujours par soi même, cette grande lessive, à aussi fait du propre dans notre façon de nous percevoir l'un l'autre. Nous nous calons et nous nous découvrons. Je crois que nous apprenons à accepter notre partenaire de voyage, comme il est. Chacun, à notre tour, nous attendons l'autre.

Fantig est une « lève tôt » et elle possède l'incroyable capacité à se préparer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Tente pliée et sanglée sur le porte bagage, sacoches rangées et fixées sur le vélo, chaussures au pied, elle attend que je finisse de me préparer. Moi, je ne sais pas faire aussi vite. J'ai besoin de prendre mon temps, surtout le matin. Mon vieux corps à besoin de se réveiller en douceur, en prenant son temps...Alors, je le prends et déguste mon café tranquillement. Et quand je vois Fantig se lever d'un bond, je comprends que le temps va bientôt venir de hâter avec une lenteur mesurée...

Plus tard dans la journée, les choses s'inversent et c'est plutôt moi qui attend Fantig. Mon rétroviseur (trop petit...) m'est alors bien utile et lorsque qu'elle disparaît à l'horizon le temps venu de mettre pied à terre pour reconstituer notre binôme vélocipédique. Ainsi, il en va des idées et des caractères qui s'usent et se transforment à l'usage du temps et des kilomètres.

Il y aurait encore mille choses à dire sur ce que nous ressentons au plus profond de nous. Vous parler de ces paradoxes entre l'agitation frénétique des villes et la sage lenteur de la nature. Les senteurs, les odeurs, la nature même de l'air qui change au fil de la route. Le soleil bienveillant du matin qui se transforme en brûlant assommoir aux plus fortes chaleurs de l'après-midi.

Nous découvrons à peine le voyage à vélo et nous nous sentons déjà riches d'une quantité de nouvelles choses.

Et pour finir ce long résumé, sachez que le voyage à vélo, c'est :

  • Des campings qui sont systématiquement en haut de routes impossibles (essayez de monter au camping des Alizées à Crots (Hautes Alpes, après une étape de 60 kilomètres !)
  • Ces mêmes campings qui sont toujours, de l'autre côté de la ville !
  • Le vent qui depuis 15 jours ne nous quitte pas et souffle TOUJOURS dans le mauvais sens (de face, bien sûr !)
  • Les camions, trop gros, trop haut, trop près, qui génèrent un bruit épouvantable et un déplacement d'air à décorner tous les bœufs de la terre.
  • Les feux qui passent au rouge juste quand vous y arrivez.
  • Le vélo dont le poids augmente inexplicablement au cours de la journée.
  • Les indications erronées qui vous laissent à penser que vous êtes à quelques centaines de mètres du but alors qu'il reste.. quelques kilomètres

Et quelques autres joyeusetés à découvrir au fil du voyage...

Mais il y a surtout cet incroyable et indescriptible sensation de liberté et de confiance en ce qui adviendra ce jour. Nous ne savons jamais de quoi va être faite la route après le prochain virage. Ombragée et bien sympathique ou une incroyablement raide à plus de 10%... Peut importe, ce voyage nous apprend à recevoir les choses comme elle arrivent et comme elles sont. Jour après jour, côte après côte, kilomètre après kilomètre, s'inscrit en nous la certitude que quelle que soit la difficulté de la rampe, quelle que soit la longueur du tunnel, on en voit toujours la fin. Au sommet de la côte, au bout du tunnel, cette incroyable capacité de résilience de l'être humain nous fait apprécier ce que nous y trouvons. La beauté d'un paysage, une présence toute aussi inconnue qu'amicale, un encouragement respectueux et bienveillant, une belle forêt, un écureuil qui file vers son nid, une improbable chênaie qui nous invite à l'ombre de son feuillage pour le repas du midi et toutes ces choses si simples et si belles qui rendent, jusqu'à maintenant, notre voyage si facile.

Et en attendant de vous faire le compte rendu synthétique (si, si, je peux le faire!) des dernières étapes, voici quelques photos qui, nous l'espérons, vous ferons plus encore partager ce que nous vivons.

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Publié le 25 juin 2021

Dixième étape aujourd'hui. On vous en reparlera pus tard.

Ca se fête !

En même temps, on fête notre premier grand col et la barre des 500 kilométres (bon, oui, on fête ce que l'on peut fêter...)

Le premier grand col, c'était hier, mercredi 23 juin 2021. En fait, nous avons décidé de couper en deux l'ascenssion du col de l' Iseran (plus haut col d'Europe, si l'on excepte la prolongation du col de la Bonette). Le truc étant assez insurmontable depuis Bourg Saint-Maurice (48kms à 4% de moyenne avec des passages à plus de 8%), nous avons fait une première étape de Macot à Tignes. Et c'est dèjà pas mal !

Donc,

ETAPE 8 : Macot/La Plagne => Tignes

Le début de l'étape est très facile avec une piste cyclable qui serpente à l'ombre, le long de l'Isère. L'eau du torrent est suffisament fraiche pour éviter les coups de chauds. Nous arrivons à Bourg Saint-Maurice en mode "échauffement" (15kms). Ensuite on se dirige vers le pied de l'ascenssion toujours par la piste cyclable (pas très bien indiquée à cet endroit). Incroyable mais vrai, nous finissons même dans un cul de sac où la piste fait une boucle pour revenir à son point départ. Ceux qui connaissent le sketch de Raymond Devos "sens unique" voient de quoi je parle, pour les autres, je vous laisse faire cinq ou six tours de manège avant de vous sortir de ce piège ! Nous, c'est un cycliste anglais qui nous a remis sur la bonne route.

Bon, assez rigolé, maintenant on commence les choses sérieuses, à partir du village "Viclair" (Je ne l'invente pas, ce village existe vraiment. Viclair... Pas mal non ?) Là, tout de suite on attaque les forts pourcentages. La chaine monte sur les pignons et descend les plateaux. Mieux vaut avoir une "bonne boite à vitessse", comme le dit souvent Laurent Jalabert ! Ca monte, dur et sec pendant 5 kilométres avant d'arriver à Sainte-Foy Tarentaise où nous faisons une petite pause. Il fait déjà chaud et la route est très fréquentée. Beaucoup de motos, beaucoup de gros camions de travaux publics qui montent à Val d'Isére et Tignes et aussi... beaucoup, mais alors beaucoup de Porches !!! En fait, des convois entiers de Porches qui montent plein fer vers Val d'Isére. Sûr que, eux et nous, nous ne sommes pas dans la même ascenssion !

Quoiqu'il en soit, nous arrivons, nous aussi à Tignes aprés 15kms de grimpette. Nous cherchon le camping des Bréviaires qui se trouve à mi hauteur du voile du barrage de Tignes. Allez, dernier effort à 10% pour y arriver. Au passage, nous nous arrêtons près d'un troupeau de vaches "Tarines" dont une est en train de mettre bas. Fantig descend vite au village prévenir car cette pauvre bête semble avoir du mal à libérer son veau. Heureusement, tout rentre dans l'ordre et nous sommes très bien accueuilis au camping par une jeune équipe super disponible pour nous.

On plante la tente, on prépare les couchages et tout le tintouin habituel, douche, repas avec une bonne assiette de pâtes préparées spécialement pour nous et hop, au lit, car demain, c'est du lourd et ça va faire mal !


ETAPE 9 : Tignes => Bessans

Ca y est, c'est le grand jour. Il va falloir être fort, fort et surtout patient. Le col de l'Iseran, ça ne s'attaque pas comme ça. Surtout en vélo de voyage et chargés (et de fait, nous ne verrons que deux jeunes Allemands monter avec nous, en vélo de voyage). Et ça commence tout de suite, à la sortie du camping. Pan ! La route monte tout de suite entre 8 et 10% sur deux kilomètres pour arriver sur le barrage de Tignes. On a vomi tout notre petit déjeuner !

Ensuite, ça se calme sérieusement pour arriver à Val d'Isére. On emprunte des paravalanches et des tunnels dans lesquels le bruit est, juste, assourdissant. La moindre petite pétoire s'y tranforme en monstre vrombissant genre "mad max". ALors, quand un semi remorque arrive sur vous par l'arrière, bah... faut pas craquer, serrer un peu les fesses et ... tout se passse bien, malgré la vision d'apocalypse que l'on ne peut s'empêcher d'avoir en tant que tout petit cycliste roulant à 10km/h dans ces boyaux de l'enfer. Surement un avant gout de ce que nous rencontrerons plus loin dans le vaste monde...

Bon, on ne va pas s'étendre sur la travesée de Val d'Isére. lI suffit de dire que c'est "Vaaaal d'Isére" et ça suffit bien comme ça. D'ailleurs, les Porches, tout comme les camions de chantiers disparaissent quasi complétement, juste après cette station de ski de la "Jet Set, so British".

A la sortie de la ville, nous attaquons les grands bouts de droits qui ménent au Fornet puis à l'entrée du Parc de la Vanoise marqué par le Pont Charles. A partir de là, nous attaquons la partie de haute altitude. La présence de nombreuses marmottes qui sifflent alentours nous le confirme. Les kilomètres, même s'ils font toujours 1000 mètres, deviennent de plus en plus long et de plus en plus durs. Nous sommes accompagnés par un groupe de cyclos (au moins aussi vétérans que nous) qui font tous les grands cols des Alpes, avec une assistance véhicule. Tout comme nous, ils font des pauses régulières et nous nous croisons, jusqu'à ce que nous nous arrétions pour le repas du midi, au kilomètre 9 avant le sommet.

Les derniers kilométres deviennent terribles et passent de moins en moins vite. Nous roulons entre 4 et 6km/h. Impossible d'avance plus vite. Pourtant, il na faut pas trainer car l'orage est annoncé pour 14h00, au sommet.

Finalement, après les deux derniers kilomètres qui sont vraiment très très raides, nous arrivons au col, très fatigués et surtout très content d'y être parvenus. Il fait froid, il y a beaucoup de vent et après la traditionnelle photo, nous prenons un chocolat chaud, nous nous couvrons chaudement et nous remontons sur les vélos pour la descente. Une descente impressionnante au milieu des névés sur le haut du col. Des murs de neige de plusieurs mètres de hauteur qui vous renvoient un froid saisissant. Au loin, sur les sommets, le ciel s'assombrit et devient menaçant. Un peu plus bas, les premières gouttes de pluie froides finissent de pomper notre dernière énergie. Vite ! Il faut arriver en bas où il fera plus chaud et où il ne pleuvra peut-être plus. Bonneval sur Arc, nous y voilà. Un café chaud dans un bar et une bonne demi heure pour s'y réchauffer. Nous reprenons la route, sous la pluie et nous arrivons à notre étape: Bessans, un des hauts lieu de ski de fond. Les gestes sont rapides, coordonnés et précis entre Fantig et moi. En 5 minutes, le campement est installé et les couchages prêts. Nous avons hâte de manger chaud et d'aller dormir.

Demain, l'étape promet d'être moins dure.

A tout bientôt

Fantig et Jean Marc

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Publié le 21 juin 2021

UNE SEMAINE SEULEMENT, UNE SEMAINE DEJA

Une semaine seulement que nous roulons, une semaine déjà, que nous n'avons pas vu passser. Voici un petit bilan de cette première semaine avant de revenir sur les dernières étapes. Le dimanche 1" juin dernier, nous sommes partis de Queyrieres sous les "Viva ! Bravo ! Allez ! Bonne route !". Puis après un bon pique nique à Montfaucon en traversant une haie d'honneur pleine de joie et d'encouragement. Et quelques dizaines de mètres plus loin, les encouragement s'étant évanouis dans le lointain, une soudaine sensation nous étreint : "Wouah... Maintenant, on y est pour de bon ! On est tout seul, tout seul de chez tout seul pour faire un tour du monde. Nos gorges se serrent à cette perspective... Et puis, après avoir échangé entre nous sur ce vide quelque peu angoissant, nous avons très vite retrouvé une sérénité confortable, avons mis le cap sur la première étape.

Quels enseignements après cette première semaine ?


1 : "PAS D'EAU PAS DE VIE !"

La canicule de ce mois de juin a eut tôt fait de nous ramener à cette vérité primordiale. Loin du robinet de cuisine généreux en eau fraiche, ou de celui de la salle de bain et sa douche régénérante, le salut réside dans la gestion permanente du stock d'eau potable. Tout y passe, du plein d'eau chez le particulier compatissant, aux bouteilles d'eau fraiches sorties des glacières de providentiels commerces de proximité, tout est bon ! S'arrroser la tête et le corps, s'hydrater, faire la cuisine, maintenir l'hygiéne corporelle et dentaire, tout cela nécessite une gestion rigoureuse de la moindre goutte.


2 : "LE NECESSAIRE DEVIENT SUPERFLU"

Rien de tel que de tirer nos bagages et nos vélos, devenus nos maisons et nos penderies, pour nous ramener à une vie d'une extrême simplicité. Tout ce que nous pensions être nécessaire est rapidement devenu superflu. Il ne reste donc que "l'essentiel". Et finalement, ce n'est que peu de choses. Nous vous avons déjà raconter comment, en trois jours de voyage, nous avons fait le tri de ce qu'il fallait laisser au bord du chemin. Des vêtements, en grande partie, plus quelques objets dont le poids par rapport à leur usage les a disqualifiés. Rien de tel que le voyage à vélo pour un bon "vide bagage !"


3 : "LE TEMPS EST RELATIF"

Merci monsieur Einstein !

Selon notre brave et inégalable mathématicien, le temps s'écoule différemment selon l'endroit de l'espace où l'on se situe. Sans autre forme d'études supérieures et sans aucune modestie, nous validons la théorie de la relativité de monsieur Einstein. Depuis notre départ, nous vivons dans "notre" temps. Il est quelques fois long quand nos esprits se portent vers les pays lointains que nous traverseront dans plusieurs mois, voire plusieurs années. Il est encore plus long quand il semble s'étirer sans fin, dans les côtes aux pourcentages impitoyables où "la cime" est toujours un peu trop loin, un peu trop haute...

Et tout en même temps, le soir, à l'étape, la bière salvatrice avalée et la douche bienfaitrice prise, le temps s'écoule extrêment vite. Trouver le bon emplacement, ouvrir les bagages, monter les tentes, préparer les couchages, faire le bilan de la journée, pourvoir au ravitallement, préparer le repas, préparer l'étape du lendemain, tout se passe très vite.

Pour l'heure, nous bénéficions des journées les plus longues. Il faudra bientôt trouver une plus grande efficacité quand les jours vont être beaucoup plus courts (ça commence aujourd'hui, 21 juin !)

Malgré tout et c'est bien l'essentiel, nous savourons l'immense privilège de pouvoir gérer notre temps et nous profitons de tout ces petits bonheurs que la route nous offre. Quelqu'un qui se reconnaitra appelle cela "des moments fugaces de bonheur".

Au registre des petits aléas et événements de cette seamine, nous avons :

Nos deux premières "gamelles". Une pour Fantig qui, regardant je ne sais quel oiseau de passage, touche ma roue arrière et part illico au tapis. Rien de grave et fait rassurant, les sacoches font office d'air bags latéraux ! Quant à moi, une manoeuvre hasardeuse, genre "demi tour à basse vitesse,sur une route secondaire" et vlan ! Par terre de tout mon long, vélo et remorque en travers de la route. Rien de grave et en quelques secondes tout est rétabli. Enseignement : toujours enlever son pied de la pédale intérieure du virage, pour les manoeuvres à basse vitesse ! "Dura lex, sed lex!"

La première grosse frayeur. Lorsque, chacun à notre terour nous avons cru avoir perdu ou oublié nos papiers, passseports, carnet de vaccination et tout et tout. Heuruesemeent ce ne furent que quelques minutes d'intense frayeur car nous sommes plus que vigilants à ne rien laisser derrière nous, lors des virées en ville, départs de campement ou des arrêts surla route.

Le premier sauvetage. Dans la montée du Revard (au dessus de Chambéry), un cycliste en vélo électrique, tombe et reste coincé sous son vélo. Fantig se porte à son secours et je régule la circulation. Le monsieur, choqué, se remet lentement de sa chute et deux jeunes cyclistes sympas lui passe une barre énergétique. Nous repartons vers le sommet où ce monsieur nous rejoindra. Tout est bien qui finit bien.

Enfin, une dédicace spéciale aux cyclistes Chambériens qui, dans leur grande majorité, ne sont ni chaleureux, ni souriants, ni courtois. Des vrais malades de la perf avec des oeillères bloquées droit devant ! Les "bonjours" sont rares, les sourires tout autant. Seuls moments où nous trouvons grace à leurs yeux et succitons quelques mots : les ascenssions raides. A croire que le cycliste Chambérien n'existe qu'à plus de 10% de dénivelé !!! Et comme aucun jugement ne doit jamais être exhaustif, nous avons aussi croisé un cycliste bien sympa qui nous a sorti du "pétrain" de la zone commerciale de Chambéry !


Voili, voilou pour les grandes lignes de cette semaine.


Et donc...

ETAPE 5 : Trévignin => La Feclaz

Nous vous avons laissé à Trévignin, au pied de la montée du Revard, le vendredi 18 juin.

Pour attaquer la montée du Revard, nous partons à 8h30. Dès les premiers mètres, c'est violent. Entre 9 à 10% jusqu'à Saint Victor soit trois kilométres. Ensuite, ça se couche un peu, entre 8 et 9%. Nous souffrons beaucoup de la chaleur et sur la deuxième partiee de l'ascension, nous faisons une pause tout les 1,5km. Chaque petite pause de 5' environ nous rebooste et nous repartons totalement reposés pour 1,5 à 2kms.

Après 2h00 d'effort nous sommes au sommet et nous profitons d'une splendide vue sur le lac du Bourget avant de descendre vers La Feclaz et la maison de nos amis Cathy et Serge. Nous sommes hébergés dans une magifique maison des bauges restaurée par nos amis. Une maison de caractère avec une ambiance d'une rare sérénité au milieu d'un paysage d'un calme reposant. Un vrai lieu où se ressourcer et trouver la paix intérieur.


ETAPE 6 : La Feclaz => Albertville

You hou !!!!!

Merci monsieur Newton !

Quel bonheur de commencer une étape par 20kms de descente à 6,5% de moyenne !

Après 20' de descente de tous les diables, nous arrivons dans la plaine de Challes les Eaux, banlieue de Chambéry. En ce samedi matin, la circulation est assez réduite et nous apprècions la piste cyclable qui longe le massif des Bauges que nous contournons pour prendre la direction d'Albertville. Bon, dans Challes les Eaux, rien à dire, on trouve assez facilement la piste. Ensuite, ça se complique et ça tourne au jeu de piste. On met un 2 sur 10 aux communes concernées, pour l'entretien et la signalisation de la piste cyclable. Après nous être retrouvés dans un improbable chemin de terre à moitié innondé et plusieurs "tourne en rond" dans une zone industrielle vide de vie et de sens, nos retrouvons la V62 qui, à terme, reliera entre eux, les grands lacs des Alpes. A partir de là, la route est vraiment sympathique, cheminant sur les contreforts des Bauges jusqu'à Saint Pierre D'albigny. La blague du jour : le panneautage nous indique que la route emprunte le col de Marocaz et que le prochain kilométre est à 12% de moyenne !!!!

Heureusement, un automobiliste cycliste et néanmoins autochtone, nous dit qu'il s'agit d'une erreur et que la route jusqu'à Albertville est vraiment tranquille et jouable pour nous. C'est vrai et nous arrivons tranquillement sur la parvis de la mairie d'Albertville où se tient "la Fête du vélo" ! Nous faisons une pause et on admire les cascades des vététistes de haut niveau qui, à l'arrêt, franchissent des barres placées à 1,50m et plus ! Des costauds les gars. Nous essaierons de mettre quelques photos.

Pour la nuit, le camping d'Albertville le long de l'Isére, nous accueille très sympatiquement. Et toujours pas de pluie... Un petit tour en ville et une glace vanille chocolat plus loin, nous dégustons notre premier vrai repas en camping : tomates en salades, steack haché, lentilles cuisinés et galettes au chocolat. Miam, miam !


ETAPE 6 : Albertville => Macot- La Plagne

Départ à 8h15 pour Macot où nous attendent Karine, Chantal et leurs familles. Le temps est moins chaud et quelques nuages providentiels nous protégent des rayons du soleil. Et toujours pas de pluie... Nous remontons la vallée en direction de Bourg Saint-Maurice (prononcer "Bourque", pour faire local !). Le paysage devient Grandiose et les neiges éternelles font leur première apparition. Là... c'est la grande montagne !

Ici, pas question de rigoler avec des pourcentages de fillettes. Quand on vous dit "Oui, c'est par là, vous allez jusqu'au rond point puis vous prenez à gauche et vous arrivez à la gare, il faut traduire : "Vous grimper à 8% sur 1km, jusqu'au rond-point, puis à gauche, vous vous tapez encore 1km à 9, 10% pour arriver à la gare. Décidément, ils parlent une langue bizarre, ici... En fait, c'est comme si tout était plat ! C'est le mal des montagnes, sûrement...

Sur la fin de l'étape, la piste cyclable, bien aménagée, est commune avec la N90. Là, c'est chaud ! Entre le ravin à droite et les voitures qui roulent plein fer à gauche, mieux vaut rester concentré. Enfin, nous arrivons à Aime, en Haute Tarentaise et nous finissons l'étape en montant d'une centaine de mètre vers Macot. Notons, au passage qu'un choix hasardeux de ma part, nous fait emprunter la route la plus pentue pour la fin de cette étape. du 10 à 12% en moyenne sur 1km avec un passage à plus de 13%. Oui, plus de13% !!! Là, c'est la limite car la roue avant se souléve et nous sommes tout à gauche (pour les cycliste), pour les néophites, nous sommes sur le plus petit développement et donc plus de vitesse disponible !

Heureusement, nous sommes trés bien accueillis chez nos amis et nous allons pouvoir nous reposer demain avant deux étapes d'anthologie,, pour monter à Tignes mardi puis au col de l'Iseran mercredi. Ce sera la première grande étape de montagne. Et il faudra que "La force soit avec nous !".

N'hésitez pas à commenter et à bientôt !

Bises,

Fantig et JM

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Publié le 17 juin 2021

Bon, à partir de maintenant, nous allons (en fait, "JE") être un peu plus synthétique dans le résumé de nos étapes. Tout d'abord pour ne pas vous "fatiguer" et ensuite parce que écrire un texte long tout les soirs va devenir très compliqué au fil de jours.

Et donc....

Etape 4 : Les Echellles/Entre deux guiers => Trevignin

Encore une journée trés trés chaude. Partis de bonne heure, nous rejoignons Chambéry par le col de Couz. Jusque là, rien à dire, ça passe très bien et les jambes répondent. Arrivés dans Chambéry, nous goutons aux joies de la circulation à vélo de voyage, au milieu du trafic urbain. Mieux vaut avoir quatre paires d'yeux !!!!

Aprés avoir tourné comme deux âmes en peine dans la zone commerciale de Chambéry nous trouvons enfin la route vers notre étape. Et là.... on se prend, de suite, les plus gros pourcentages, entre 10 et 12% !

Ca fait mal, vraiment mal. La chaleur est accablante et finalement c'est lélément le plus génant. Les pourcentages difficiles passent bien avec les dévellopements de fou que nous avons. Mais la chaleur nous épuise et nous transforme en "Tortillas" bien grillés ! Notre consommation d'eau augmente encore et nous ne devons pas être loin des 8 litres personne/jour.

Arrivés à destination... pas de camping ! Bon, on met le cap sur Trévignin. C'est pas loin, qui disent !

Ouais, pas loin, peut être, c'est vrai que quatre kms, c'est pas loin. Oui mais quatre kilométre à 7 voire 8 %, ça fait tout de suite plus loin ! Cette dernière asscenssion a été particulièrement dure et nous y avons encore plus "crevés de chaud". Un arrêt tout les kilomètres, juste pour se mettre à l'ombre et faire tomber le température interne.

Et puis, au bout de la route, un camping ! Un accueil super sympa et comme des orages sont prévus cette nuit nous sommes logés dans un super bungalow tout neuf. Le top, après cette première journée sur les routes de montagnes !

Au passage, Fantig et moi nous nous sommes délestés de plusieurs choses qui nous sont apparues superflues. Je pense que nous avons laissé plusieurs kilos de bagages chacun chez notre ami Alain. Savez vous comment on fait ? Simple ! Plus de savon à barbe, plus de blaireau pour se raser. Un coup de savon dans les mains, hop, on passe ça sur le visage et ça va bien ! Des vêtements trop nombreux ? On fera avec moins de culottes et de chaussettes ! Idem pour l'outillage et la bobologie qui pésent et peuvent aisément se trouver sur le parcours.

C'est une étrange expérience de se rendre compte que, finalement, le" strict nécessaire" peut encore et toujours se réduire dés que l'on y est contraint. Pour nous, les contraintes sont, le poids et le volume.

A tout bientôt et n'hésitez pas à commenter !

Bisous,

Fantig, JM

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Il fait chaud, très chaud, pour cette deuxiéme étape. 53 kms entre Saint Vallier et Saint Etienne de Saint Geoirs.

Est-ce que vous connaissez les "vallées glaciaires" ? Non ? Alors je vous le dis, c'est un endroit où il y a quelques millions d'années, il y avait des milliards de tonnes de glace qui rabotaient gentiment le sol avant de finir dans la mer. Résultat : un sol à peu prés plat comme le dos de la main mais qui monte gentiment entre 1 et 3% sur des dizaines de kilométres... A la longue, ça finit par user un peu ! En plus comme une bonne surprise n'arrive jamais seule, nous avons eu un petit vent de face (juste ce qu'il faut pour vous appuyer dessus de façon agaçante) tout le long de l'étape. Nous avons fait notre première ascenssion : 1,5km à 8%. Bon, c'est sûr que par rapport à ce que nous trouverons plus loin, c'est un peu de la gnognotte... Mais il faut bien commencer par quelque chose !

Nous buvons beaucoup d'eau en roulant, pour rester hydratés. Malgré cela nous continuons à boire , le soir à l'étape. Je pense que nous devons consommer 5 à 6 litres d'eau par jour, chacun.

Malgré cette météo très généreuse en chaleur, nous profitons bien et nous sommes déjà dans le rythme du voyage. Nous commençons à organiser nos bagages de façon plus rationnelle et tournée vers une efficacité toute pragmatique. C'est fou ce que l'être humain possède de force d'adaptation et de résilience !

Allez, demain, on arrive chez notre ami Alain aux Echelles. Et là, commenceront les premiers "délestages" d'objets et vêtements déjà superflus. Sûr qu'au prochain voyage, on part avec une seule sacoche !!!!

Demain, passage En Chartreuse, par Voiron. Ca va monter !

A tout bientôt !

Fantig et JM

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Publié le 13 juin 2021

Bon, ça... c'est fait !

Après une nuit sans beaucoup de sommeil, nous étions à l'oeuvre, de bonne heure pour être prêts à 9h15, ce matin. Encore un grand merci à tous celles et ceux qui sont venus nous dire au revoir. A 10h00, comme prévu (Fantig, la gardienne du temps de l'équipe veillant au grain...), nous partons de Queyrieres, accompagnés d'une bonne vingtaine de cyclistes. Après une super balade de groupe, nous sommes tous arrivés sans encombre au Jardin Mirandou, à Montfaucon, pour le pique nique. Super conditions météo pour rouler avec juste le petit vent qui allait bien pour rafraichir. Vint le moment de l'au revoir (l'Adioucha, en patois local). Quelques larmes et de grandes embrassades plus loin, nous avons eu droit à une haie d'honneur pour notre "vrai départ".

Et là... on rigole plus ! Wouah.... ça fait quand même quelque chose de se retrouver à deux pour ce projet après avoir tant été entourés, soutenus, invités. D'un seul coup, d'un seul, le projet qui deveint réalité nous saute à la figure : seuls, nous sommes seuls. Et puis, la route s'est faite avec ce satané col du Tracol que nous conseillons aux amateurs de "poussette" de vélo de voyage chargés dans un sentier de solex à 10% par endroit. Fantig me dit, bon bah...c'est juste un aeprçu de ce que nous alons trouver sur le parcours...

Il a fait chaud, trés chaud. Surtout en descendant dans la vallée du Rhône. Un coup à boire à Annonay et Hop, c'est reparti.

Pour cette première étape, on s'est dit qu'on allait mettre le paquet ! Et voilà : 101 kms à 17,7 de moyenne. Sûr, on fera pas ça tous les jours !

Voili, voilou, on voulait juste vous envoyer un petit mot ce soir, pour cette première étape chargée d'émotions et de symbole.

A tout bientôt dans les Alpes !

Fantig, Jean-Marc

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Publié le 8 mars 2021

Notre histoire :

Françoise et moi nous nous rencontrons fin 2019.

Après avoir échangé sur nos premiéres expériences de voyage à vélo, nous décidons de faire route commune pour un tour d'Irlande à l'été 2020. Tout était prêt mais la COVID, elle n'était pas prévue. Nous gardons l'espoir que les choses s'arrangent au printemps 2020 et pour préparer nos jambes confinées, j'ai ressorti le viel home-trainer du placard. A coup de séances de plus en plus spécifiques, nous roulons plus de 1000 kms sans sortir du salon. Lors d'un échange de SMS, sur le nombre de kms parcourus sur cet engin, Françoise m'écrit avec çà, on peut faire letour du monde ! "chiche"!

Et voilà 64 et 62 ans, c'est parti pour un projet de tour du monde ! Bon ok, mais le défi lançé il faut se poser un peu et préparer cette aventure. C'est ce que nous faisons depuis un an.

Date fixée du départ : le 13 juin prochain.

Ambitieux ou irrésponsable, diront certains. Peut-être, mais nous sommes entrés dans la catégorie séniors et attendre que l'étrange situation que nous vivons avec cette pandémie soit résolue, risque de nous porter à des âges où il serait encore plus irresponsable de se lancer dans un tour du monde.

Alors on y va ...

Rendez-vous, donc sur ce carnet de voyage, au 13 juin prochain pour le grand départ !

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Publié le 13 mai 2021

Un mois, un mois tout pile et ce sera le jour du grand départ !

Pour ceux et celles qui souhaitent venir nous faire un "au revoir", sur la place de l'église de Queyrières ou en nous accompagnant un peu, voici quelques précisions sur la matinée du dimanche 13 juin :

  • Rendez- vous sur la place de l'église le dimanche 13 juin à 9h15.
  • Départ pour tout le monde à 9h45.
  • Pique nique (sorti du sac) à Montfaucon en Velay au gîte "Le Jadin de Mirandou" vers 12h30.
  • Dernier "au revoir" et départ pour la première étape de notre tour du monde à 14.00 h.

Vous êtes tous bienvenus. Que ce soit sur la place de l'église ou pour faire un bout de route avec nous.

(Pour les "gros rouleurs"), préférez le VTTT ou vélo à asssistance électrique, car la moyenne ne sera pas à l'ordre du jour !). Nous sommes déjà une dizaine de personnes à faire la route ensemble jusqu'à Montfaucon. Afin de rouler dans de bonnes conditions de sécurité, nous avons décidé d'emprunter la Via Fluvia, à partir d'yssingeaux au " rond point de la Guide".

La via Fluvia est une ancienne voie férrée avec un pourcentage tout à fait raisonnable et accessible.

Donc pas de crainte pour ceux qui ne se sentiraient pas au niveau. L'objet est de rouler avec tous ceux qui voudront nous accompagner sur ces quelques kms tout symboliques.

La distance jusqu'à Montfaucon est de 30 kms. Vigilance donc pour les vélos électriques et leur autonomie.

Pour le trajet retour, le plus simple et le plus facile est de reprendre la Via Fluvia dans l'autre sens.

Il restera à remonter jusqu'à Queyriéres, depuis Yssingeaux, (attention aux mollets et aux batteries!).

Pour ceux qui souhaiteraient se fixer rendez vous à Montfaucon (pour un retour en voiture, par exemple), il y a un parking au niveau de l'ancienne gare de Montfaucon. Le jardin Mirandou est tout à côté de la voie férée, légèrement en contre bas.

Le Jardin Mirandou nous laisse bénéficier gracieusement de l'espace et sert des boissons. (30 Avenue de la Gare 43290 Montfaucon).

Nous vous attendons avec beaucoup d'envie pour ce moment de partage.

Quelques nouvelles de nous maintenant. Nous sommes "pratiquement "prêts !

Enfin tout ce qui est essentiel (y compris la vaccination COVID) est fait. Aujourd'hui notre état d'esprit est déjà dans les startings bloks et les sorties locales nous pèsent de plus en plus. En Fait nous n'avons plus envie de "rentrer à la maison". Nous avons envie de prendre la route pour l'étape du jour puis repartir, le matin suivant en allant de l'avant. Nous interprétons cela comme le signe très intérieur que le moment du départ est venu.

Rendez-vous au dimanche 13 juin Place de l'église de Queyriéres et d'ici là, prenez soin de vous et de ceux qui vous sont proches.

A tout bientôt.

Françoise et Jean Marc


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Publié le 8 juin 2021

Bonjour à tous,

Et voilà, nous sommes à J - 6 du départ. Nous sommes dans les starting blocks. Les sacoches et la remorque sont presque bouclées.

Tout est prêt et nous avons commandé du soleil pour dimanche prochain.

Petit rappel pour les personnes qui souhaitent nous accompagner :

RV à 9h15 sur la place de l'église de Queyrieres

Départ pour Montfaucon par Yssingeaux puis la voie verte Via Fluvia

Pique nique vers 12h00 au Jardin Mirandou à Montfaucon

A 14h00, nous partirons pour Saint-Vallier en vous remerciant d'être venu nous accompagner.

En attendant de vous retrouver dimanche, un grand merci à tout ceux qui de prés ou de loin nous aider, à leur façon dans la préparation de cette grande aventure.

A bientôt !

Françoise, Jean-Marc

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Demain, nous partons pour ce tour du monde longtemps préparé et qui dans, quelques heures, va devenir réalité.

Un grand merci à tous ceux et celles qui, de prés ou de loin, nous ont aidé, soutenu, encouragé, accompagné, jusqu'à jeudi dernier lors du moment de convivialité où ceux qui ne pourront pas être avec dimanche, sont venus nous dire au revoir.

Quel beau moment nous avons vécu ! Nous vous avons senti très empathiques et plein de bonnes énergies pour nous? ce fut aussi l'occasion de prendre quelques rendez-vous pour des rencontres à l'autre bout du monde. Slovénie, Italie, Inde, Thaïlande, Vietnam, Mexique, Pérou... Que de bons moment de retrouvailles en perspectives.

Et à demain donc, pour la première étape de cette grande aventure !