Nous avons passé 8 jours en famille sur cette jolie île grecque, je vous raconte nos aventures...
Août 2019
8 jours
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Nous sommes arrivés à l'aéroport d'Héraklion, la capitale, et nous avions loué une voiture pour rejoindre notre résidence. Bon, nous avons eu quelques déboires avec la compagnie de location qui semblait s'être quelque peu arrangée sur les assurances et le modèle de la voiture alors cela nous a donné une drôle d'impression quant à l'accueil des touristes. Heureusement, notre ressenti s'est avéré faux par la suite puisque serveurs et vendeurs étaient au contraire très ouverts.

Nous avions prévu un séjour de 8 jours en Crête en faisant le "tour de l'île" : 4 jours à Réthymnon et ses alentours (à 1h15 de la capitale), 3 jours à La Canée (à 1h de Réthymnon) et 1 jour dans la capitale. Cela ne nous permettait pas de voir le sud est de l'île est en revanche.

A l'arrivée à Réthymnon deux choses nous ont frappés : le dénivelé pour arriver au cœur de la ville et la conduite un peu spéciale des locaux. Nous avons manqué plus d'une fois d'avoir un accident mais heureusement, la meilleure façon de visiter la ville c'est à pieds. Après avoir laissé la voiture au parking du port, nous avons découvert notre location avec hâte.

Si vous cherchez un appartement tout juste rénové, pour 4, avec un rooftop et une terrasse alors je vous conseille la "VaSan suite" (Smirnis 26). L'hôte était très disponible et l'appartement bien placé.

Vieille ville

Notre location se trouvait à l'entrée de la vieille ville : un vrai labyrinthe de petites rues. J'ai adoré ces ruelles animées de magasins de céramiques, de bois d'olivier et de restaurants aux plats typiques. La vieille ville reflète vraiment l'histoire de la crête : vous verrez des monuments du 16ème et 17ème siècle tels que la Loggia vénitienne ou la fontaine Rimondi aux trois lions de pierre mais aussi l'influence des Turcs avec le minaret ottoman, datant de 1890 ou l'ancienne mosquée Nerantze. Parfois les styles sont mélangés : des balcons en bois ont été ajoutés par les Turcs sur des jolies maisons pastels de l’époque vénitienne.

La Porte Guora et la fontaine Rimondi

La Porte Guora était l'entrée principale de la ville durant toute la période vénitienne. Aujourd’hui, c’est la seule partie restante du mur de fortification. Elle se situe sur la place des quatre martyrs et mène à la rue principale du marché.

En sortant de la vieille ville, on arrive sur le "Vieux port vénitien". Il est connu pour ses bâtiments colorés ainsi que pour son phare égyptien, le deuxième plus grand de Crête après celui de La Canée. En longeant le port, vous tomberez sur la plage.

Vieux port vénitien  

Sur la colline Palaiokastro se trouve la Forteresse de Réthymnon (Fortezza), citadelle d'abord vénitienne puis ottomane, qui date du 16e siècle. Il y a 4 bastions et deux monuments conservés sur le site : la chapelle Sainte-Catherine et la mosquée du Sultan Hibrahim. A l'extérieur du site, il y a le théâtre Erofili où se déroule chaque été le Festival Renaissance et la prison ottomane dans laquelle se trouve le musée archéologique de Réthymnon.

  • Restaurant : A côté de la forteresse se situe le restaurant Vassilis, aux plats locaux et abordables.


Les excursions à proximité de Réthymnon :

  • Le monastère d'Arkadi (23 km)
Monastère d'Arkadi

C’est l’un des sites historiques les plus importants de la Crète du fait de son histoire. En effet, ce monastère assiégé par les Turcs durant la révolution de 1866-1869 a vécu un épisode traumatisant : les crétois réfugiés firent exploser des barils de poudre, préférant se sacrifier plutôt que de se rendre.

Le monastère se trouve sur un joli site peuplé d'arbustes et de chats qui s'y sont installés. La visite dure environ deux heures et est disponible en plusieurs langues.

  • Margarites
Margarites

Non loin du monastère il y a ce village de pierres tout mignon, connu pour ses artisans-céramistes.

  • Le monastère de Preveli (37 km)
Monastère de Preveli

Indépendamment du monastère, le site est vraiment très beau puisqu'il surplombe la mer et est perdu dans la montagne aride. Il n'y a rien autour.

Le monastère se divise en deux parties : une toujours habitée par des moines (le monastère arrière, Piso Moni) et une qui ne sert plus qu'à visiter (le monastère inférieur, Kato Moni). Il y a aussi un musée.

Non loin du site, il y a la plage de Preveli (palm beach) : l’une des plus belles du sud de la Crète avec sa belle palmeraie.

La forêt de palmier de la plage de Preveli 

Il faut emprunter un escalier durant environ 15 minutes pour descendre jusqu'à la plage. Attention, la descente est plus facile que la montée sous la grosse chaleur. En effet, les gens que nous croisions paraissaient assoiffés, transpirants et à bout de force alors nous avons pris nos précautions pour remonter. Mais le jeu en vaut largement la chandelle !

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Nous avons quitté Réthymnon pour poursuivre notre périple vers La Canée (Chaniá), à 1h de là. Sur la route, nous nous sommes arrêtés à Georgioupoli pour voir l'église orthodoxe et la petite chapelle du bout de la jetée.

La Canée est très fréquentée par les touristes l'été car elle considérée comme une des plus belles villes de l'île avec son vieux port vénitien, son phare et la mosquée des Janissaires, la plus ancienne de Crête. En face du phare se situe la forteresse de Firkas. Manger une glace ou faire un tour en calèche, il y en a pour tous les goûts.

Phare et port vénitien

Il est aussi très agréable de se perdre dans les nombreuses ruelles de la vieille ville. Elle s'organise en quartiers : Topanas, avec ses remparts et Evraiki, l’ancien quartier juif (bien restaurés) et Kasteli, très important historiquement.

Du haut de son campanile et son minaret, l’église Agios Nikolaos du quartier Splanzia raconte l’histoire de la ville. Elle a été bâtie au XVIème siècle par les Vénitiens puis envahie et convertie en mosquée par les Ottomans. Au XXème siècle elle devient une église orthodoxe.

Pour les lieux religieux, vous pouvez également visiter la cathédrale orthodoxe, transformée plus tard en usine à savon, l’église catholique de l’Assomption et la synagogue Etz Hayyim. La cathédrale de Chania, qui se trouve dans la rue principale de la vieille ville, est dédiée à Panagia Trimartyri, la Vierge des Trois Martyrs. La Vierge serait apparue au XIXème siècle à un ouvrier de la fabrique pour lui demander de ne pas traiter l'église ainsi. Un enfant serait tombé dans le puit de l'église et aurait prié la vierge de le sauver en échange de rendre l'église aux chrétiens. Ce dernier fut sauvé et l'église remise à ses fidèles.

Cathédrale de La Canée

La ville est plutôt riche culturellement : musée archéologique, musée de la marine, musée du folklore et galeries d'arts. Un peu à l'extérieur du centre ville il y a aussi un marché couvert qui est aussi populaire chez les touristes que chez les locaux.

Petit musée sur la crête et marché couvert

Pour vivre pleinement l'expérience d'une île comme la Crête, vous devez aussi vous rapprocher de la beauté de la nature. Les grottes de Samaria sont un classique pour les randonneurs (jusqu'à 3000 visiteurs par jour en haute saison). Elles se situe dans le Parc National de Samaria, au milieu des Montagnes Blanches. Attention il ne s'agit pas d'une simple randonnée mais d'une vraie excursion qui demande de l'organisation : ouverture des grottes entre mai et octobre, entrée payante (max 5€) et réveil anticipé car il faut marcher 18km pour le circuit long pour atteindre l'arrivée jusqu'à la mer de Lybie (Agía Rouméli) avant que le bateau ne reparte sans vous. Je ne peux vous donner plus de détails puisque le jour où nous sommes allés aux grottes, l'entrée était fermée à cause du vent… Je vous l'ai dit, ce n'est pas une randonnée qui s'improvise. Dans le même genre et plus accessibles, vous avez aussi les grottes de Tripiti par exemple.

Vue de l'entrée des gorges de Samaria

Qui dit nature en Crête dit aussi plages. Nous avons laissé les krikri (chèvres grecques) pour descendre dans un petit coin de paradis : le lagon rose d'Elafonisi. Eau chaude et transparente, sable rosé, couchers de soleil inoubliables, tout les ingrédients sont là sauf un petit bémol : la plage est trop peuplée.

En louant à Kissamos, nous n'étions pas très loin du port de la ville qui propose, à des prix abordables, des excursions en bateau. Nous en avons choisi une qui proposait deux arrêts sur la journée : le Lagon de Balos et la presqu'île de Gramvousa.

Le lagon de Balos

Le lagon de Balos est un vrai petit coin de paradis, assez semblable à Elafonisi (eau transparente, sable fin), idéal pour plonger avec le masque.

Presqu'île de Gramvousa 

Bien que le lagon de Balos en mette déjà plein la vue, je dois avouer que Gramvousa est vraiment spectaculaire. En descendant du bateau, vous pouvez monter une dizaine de minutes pour accéder à une forteresse vénitienne et à une vue qui laisse sans voix. Gramvousa est communément surnomée "l'île des pirates" parce que les insurgés crétois de la guerre d'indépendance sont devenus des pirates.

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Nous nous sommes ensuite mis en route pour Héraklion, la capitale de la périphérie de la Crête. Un peu avant l'arrivée, nous nous sommes arrêtés à Cnossos ou Knossos, un célèbre lieu archéologique.

Il s'agit du palais minoens le plus important de Crête depuis sa découverte en 1878. Il est associé à la légende du palais du roi Minos et du minotaure (7000 av. J.-C.). Les Minoens avaient tout inventé : techniques agricoles, organisations politiques et sociales, activités culturelles… cela a été source d'inspiration pour la civilisation occidentale pendant quarante siècles.

Selon la mythologie, le roi Minos fit construire un palais à l'image d'un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure. Cet homme à tête de taureau était né de l'union de la reine Pasiphaé (la femme du roi Minos) avec un taureau blanc envoyé par Poséidon. Le Minotaure se nourrissait de chair humaine et tous les neuf ans, les Crétois devaient lui livrer sept garçons et sept filles. C'est Thésée qui réussit à tuer le Minotaure et s'échappa du labyrinthe grâce au fameux fil d'Ariane qui lui permit de retrouver son chemin.

Fresque des trois déesses

Ensuite, nous avons quitté la foule de Cnossos et les mystères mythologiques pour Héraklion. Bien que la plus grande ville de Crête, ce n'est pas celle que j'ai préférée. Pour moi, Réthymnon ou La Canée ont bien plus de charme puisqu'elles sont moins industrielles.

Dans le centre-ville, la rue du 25 août est l'allée principale. Elle va du vieux port à la Place des Lions, le cœur touristique d'Héraklion. Là-bas, vous pourrez découvrir la fontaine de Morosini ou la fontaine aux lions, installée par les Vénitiens. Autour se mélangent restaurants locaux et magasins artisanaux inspirés de la mythologie. Un peu plus loin se trouve l’église Agios Titos, construite à la période byzantine en 961.

Le port d'Héraklion

Au bout du port il y a la forteresse d'Héraklion, ou de Koules, construite par les Vénitiens entre 1523 et 1540. Elle illustre les différentes influences rencontrées (Byzantins, Arabes, Vénitiens, Ottomans).

La forteresse d'Héraklion

Enfin, Héraklion est aussi connue pour son célèbre musée archéologique (fondé en 1883 et renové en 1940) qui abrite des collections datant de la préhistoire et de l’histoire de la Crète, du néolithique à l’époque romaine et minoenne. Les objets minoens ont été trouvés aux palais de Cnossos, Phaistos, Malia, Zakros ou Aghia Triada. Ci-dessous vous pourrez voir le célèbre "disque de Phaistos", dont on ne connait la signification exacte des écritures.

Combien finir délicieusement son séjour en Crête ? En déguistant des Mezzé bien sûr (échantillons de plats locaux servis en mêmes temps) !