Carnet de voyage

L’Odyssée des Nosaures

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Parce que partir c’est se trouver un peu, nous la famille Nosaure décidons d’aller voir ailleurs si on y est !
Du 12 juillet 2019 au 12 juillet 2020
367 jours
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Publié le 28 juin 2019

Parce que partir c'est se trouver un peu, nous la famille Nosaure, Gabriel, Anaïs et Florian, décidons d'aller voir ailleurs si on y est ! Camille, retenue par le virage de ses études nous retrouvera sur le chemin pour nous remettre droit.

Gabriel étant engagé dans une quête homérique spirituelle (et heureusement pas seulement virtuelle !), c'est naturellement vers la Grèce qu'il tourne nos premiers pas.

Reste aux parents à savoir se perdre dans le labyrinthe minoen de leur esprit, jongler entre Charybde et le poids du sac à dos, éviter les sirènes du soleil sans se brûler les ailes, pour, peut-être, guidés par la grâce d'un Jnana Chakshus cyclopéen, retrouver le chemin de l'île au Kangou Roux puis remonter aux sources de la terre du Mahabharata avant la suite du périple. (Le Sphinx offre une peau de mouton, une place dans un de nos sacs ou bien le droit de nous rejoindre où vous en aurez envie au premier qui déchiffre l'ensemble des références !)

Éole ayant prévu d'enfermer les mauvais vents le 12 juillet, nous profiterons de cette aubaine pour lancer notre Cheval à Trois !

Alors c'est parti, bienvenue à vous dans l'Odyssée des Nosaures !!

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juin
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Publié le 7 juillet 2019

Déjà une semaine depuis que nous avons passé tous ensemble ce moment, partagé quelques verres et un "déjeuner champêtre" au Parc du Pâtis.

Ce moment nous l'avions voulu convivial, sans être pesant, et il fût au-delà de nos espérances ! L'occasion de se dire au revoir, mais aussi de se revoir, car certains d'entre vous ont été loin des yeux pendant pas mal de temps, mais jamais loin du cœur !

Vous nous connaissez, assez peu d'organisation, et finalement un moment que nous n'aurions pas voulu autrement ! Le soleil, la tranquillité du coin, le rosé et la bière mais aussi les jeux, les moments de discussion sur les tissus disposés dans l'herbe, aller d'un groupe à l'autre, et n'avoir même pas le temps de profiter de tout le monde !

Et puis la surprise aussi, de la mise à l'eau ! Flo s'en doutait bien, lui qui avait même prévu de quoi nous changer !!! D'accord l'eau était plutôt verte, mais finalement qu'est-ce qu'elle était bonne ! Vous auriez dû nous y rejoindre !!!

Voilà, dans 5 jours on décolle, et si vous nous connaissez vous savez que les bagages ne sont pas encore prêts, ils ne sont même pas commencés !! Pas grave, on a encore le temps ! Et puis les moments comme ça, et les quelques autres qui ont eu lieu depuis, n'ont pas de prix, alors on en profite jusqu'au bout ! Et pour tous ceux avec qui nous n'aurons pas eu le temps de partager un verre avant le décollage, ça n'est que partie remise, nous avons promis à Gabriel qu'on rentrait dans un an !!

Anaïs

12
juil
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juil
Publié le 14 juillet 2019

Deux ans de préparation. C'est long, mais c'est court aussi. On a cru ne jamais y arriver ! Quand la date a été décidée pour l'été 2019, ça nous semblait tellement loin ! Et puis, finalement nous y voilà. Le temps est relatif, c'est Einstein qui nous l'a dit, et c'est dans des moments comme celui-ci que j'en viens presque à comprendre ce qu'il voulait dire …

Il était temps, oui, car l'ascenseur émotionnel nous a emmené vers des hauts comme vers des bas. Ben oui, faut pas croire mais ça a été très dur pour nous aussi de tous vous quitter. Depuis quelques semaines (voire quelques mois) le temps se raccourci, on a essayé de voir les gens qui comptent pour le leur dire, justement, qu'ils comptent !

Alors après toutes ces dernières fois : dernier coucou, dernier verre, dernier déjeuner sur le pouce, dernier apéro, dernier café, derniers bisous, dernières caresses aux chats, il est temps de passer aux premiers d'une longue série !

1ère maison, 1ère bière grecque et 1ère salade grecque, 1er café freddo !

Pour une première ville, Thessalonique est accueillante, comme sait l'être une ville balnéaire, avec un tourisme plutôt local, avec cafés et restos, sa promenade le long de la jetée (on se croirait à Nice !). Elle est elle-même, et nous offre quelques remparts, monastères et églises superbes, au milieu de bâtiments à la méditerranéenne, faits de bric et de broc. On y est bien pour se plonger un peu dans les vacances, mais on est encore loin de toucher au voyage ! Tout vient à point ...

Anaïs

15
juil

15 juillet, nous quittons Thessaloniki par la voie ferrée. L'ambiance de la gare, moins aseptisée que nos galerie marchandes modernes, nous permet un pas de plus vers le voyage. Les sensations remontent doucement avec les échanges…

Nous prenons la direction de Kateríni, étape ferroviaire avant Paralia qui sera notre destination finale de ce jour. La suite doit se faire en bus. Aux regards des taxis à notre arrivée à Kateríni, nous comprenons vite que train et bus ne font pas bon ménage en Grèce… Nous finissons par dégoter un arrêt à quelques rues de distance, puis un bus local qui nous permet de rejoindre Paralia.

Paralia… si vous aimez la côte d'Azur au 15 août, la côte orientale italienne en été et les touristes slaves, alors Paralia est faite pour vous ! Gasp ! Pour nous l'intérêt de venir ici est bien entendu autre. Nous ne crachons pas sur le plouf, bienvenu pour Gab et moi (trop de monde pour Anaïs !!) le premier soir évidemment, mais c'est la position géographique de la ville, le réseau de transport et les prix qui nous ont emmenés dans ce Grau du roi grec. Etonnamment, ce lieu à touristes ne souffre pas de l'augmentation chronique des prix de ce type de site, le logement étant ce que nous avons trouvé de plus raisonnable dans la région, et la salade grecque et le gyros se négocient entre 2/3 euros, ce qui nous permettra d'alterner l'alimentation et les saveurs ! Bon à ce prix-là le gyros est plus proche de notre grec franco-turc que du vrai gyros grec, mais cela fera très bien notre affaire pour les jours à venir ! Sans compter que depuis notre arrivée les chaussons aux épinards et féta font notre bonheur du midi !

Mais l'intérêt principal de cette étape est la découverte du Mont Olympe. A 2 bus de distance nous nous rendons à Litohoro, petite ville au pied du Mont. La journée nous permettra de découvrir le chemin des Dieux, étonnamment désert, une tortue magique bien réelle et une rivière surement de source divine qui saura rafraichir nos pieds mis à rude épreuve ! Les dieux nous aurons régalé et seulement quelques heures de marches auront suffit pour cette belle rencontre entre mer et montagne. La tortue nous ayant transmis un message pour Chiron, nous savons vers où diriger nos prochains pas…

Flo

18
juil

Nous reprenons la route...ou plutôt la voie de fer…l'attente de train en train pour les correspondances nous fais redécouvrir les joies de l’attente et nous permet de déguster quelques cafés freddo spécialité italienne disponible dans la plupart des bistrots grecs (Taverna si vous voulez faire moins parisien). Le prix limite heureusement la quantité ingérée et il nous faudra vite nous réfugier dans la bière ou le vin, boisson beaucoup plus abordable ici ! Les jeux de cartes et de dés s’enchaînent et nous retrouvons avec joie ces moments d’unanime bonne foi familiale ! 😉 Puis viennent aussi ces moments d’introspection presque oubliés dans nos vies 2.0 mais ici tant facilité par l’ennui et l’attente...

Après quelques trains (dont un presque fantôme) nous finissons par arriver en gare de Vólos. Nous savons devoir trouver un bus pour finir le périple journalier et c'est sans surprise cette fois-ci que nous partons le quêter loin de la gare ferroviaire.

Il nous fait prendre de la hauteur…la tortue n'avait pas menti nous voilà au cœur du royaume des centaures, le mont Pélion. Nous posons nos sacs, devenus lourds après cette journée, dans le village de Portaria. Le poids s'allège à la vue de notre balcon et à l'ambiance de ce petit village où nous nous sentons tout de suite à l'aise.

La marche du lendemain nous le confirmera. Nous continuons de prendre de la hauteur puis redescendons sur Makrinitza seul endroit où nous croiserons des touristes ce jour dont je commence à me demander s'ils n'ont pas désertés tous les sentiers pédestres de Grèce ! Ecarté de la magnifique place du village de quelques centaines de mètres et nous voilà de nouveau seuls face à nous même. Gabriel transmettra pour nous le message de la tortue au vieil arbre chargé de le faire parvenir à Chiron...Nous saurons en retour qu’il nous faudra bientôt trouver les pierres tombées du ciel...

Nous rentrons déguster gyros et salades grecques dans une petite taverne découverte le premier soir qui restera notre QG pour ces quelques jours.



Le lendemain matin nous reprenons notre ascension du mont Pélion, dans le sens opposé à la veille. Nous ne croiserons pas plus de monde sur nos sentiers. Nous commençons à nous demander si les dieux locaux tentent de nous perdre sur ces sentiers sans autres âmes que celles de ces arbres à trou qui nous guettent de leur œil unique…

Quand surgit une petite vieille ! il y en a toujours une dans ce genre d'histoire pour vous remettre sur le chemin de votre quête. Elle ne déroge pas à la légende arthurienne d'Astier et nous lance à grands coups de bras et de sourires vers une direction qu'il nous faudra suivre aveuglément. Le lieu et le moment où nous pourrons déballer nos chaussons aux épinards vaudront nos quelques efforts supplémentaires !




Les prunes cueillies à même l'arbre viendront clore cette journée de festin pour nos yeux et nos papilles…



Merci à toi Mont Pelion, terre qui nous rappelle tant cette région aimée de Corse, entre Balagne et Castaniccia. Nous comprenons d’un coup le conseil qui a guidé nos pas, commencer à se retrouver dans cet ailleurs si proche de nous…



Il ne nous reste plus qu’ à préparer nos affaires pour ces pierres venues du ciel et à déguster une bière bien méritée sortant d’un frigo local !

Flo



21
juil
21
juil
Publié le 30 juillet 2019

Après les centaures, nous quittons le Mont Pelion pour nous rendre dans la région des Météores, formations géologiques regroupant falaises et pitons rocheux et abritant des monastères perchés à des hauteurs époustouflantes, d'autant plus lorsqu'on sait que les premiers ont été construits au 14ème siècle, notamment le Grand Météore.


Auparavant des grottes avaient déjà servi de refuge à des bergers et des villageois, puis à des ermites. Nous avons pu voir que les bergers en utilisent encore certaines.

Nous sommes arrivés comme d'habitude en bus, qui nous a déposés juste devant le camping que nous avions repéré sur le net, apparemment pas trop cher et avec une piscine ! Grand bien nous a pris d'aller jusque là. Le camping est au pied des plus beaux monastères, à distance de rando pour aller les visiter et une vieille caravane est disponible. Nous décidons d'en faire notre QG pour les 5 jours à venir.

Nous avons fait 3 belles journées de rando, avec au compteur entre 12 et 15 km par journée ! On a eu chaud, mais souvent de l'air et un peu d'ombre. Nous sommes à peu près les seuls à avoir fait le tour des monastères à pied, ça se fait beaucoup en bus, d'un monastère à l'autre, le tout en une seule journée. Mais ce qui est sympa en accédant aux monastères à pied, c'est cette impression de les avoir mérités. C'est une sensation particulière que de se dire que rien n'est facile et qu'il faut parfois en chier un peu pour profiter réellement de ce que l'on voit. D'autant plus quand on sait que les 1ères constructions datent du 14ème siècle. Il faut grimper pour se rendre compte du travail de titan (ah bah on est dans le bon pays !) que ça a dû être que de transporter les matériaux jusqu'en haut de ces pitons rocheux)

On nous a raconté l'histoire d'un monastère pour lequel il avait fallu 20 ans pour monter les matériaux, et 20 jours pour la construction en elle-même !!

Nous avons pu voir le Grand Météore, grandiose, mais celui où nous avons rencontré le plus de touristes par palanquées. Du coup la visite pour nous s'est cantonnée à l'extérieur, d'une part parce que les entrées sont payantes, et nous avions déjà atteint notre quota de visite payante avec le petit monastère Saint-Nicolas, d'autre part parce que c'est bien à l'extérieur que se situe le spectacle.



Et puis ce qui est chouette aussi avec la randonnée c'est les rencontres !!!

Déjà, nous avons eu la chance de rencontrer La Vieille, celle qui est là pour nous indiquer le chemin qu'aucune carte ne précise, celui qui passe au fond de son jardin, et nous emmène vers un monastère qui ne fait pas partie des circuits de visite !!

Eleferia merci !

Et puis toutes les autres rencontres... Araignée, tortues à ne plus savoir qu'en faire, arbres millénaires, et Boubi, le petit chien blanc qui nous a accompagnés pendant quelques heures, et que nous avons par le plus grand des hasards retrouvé le soir en allant manger dans une taverne ! Mais aussi la gérante du mini marcket qui nous offre des petites poires de son jardin alors que nous ne lui avons acheté qu'une bière.

Nous avons fait également le dernier jour une belle rencontre avec Manimoy, en visitant le monastère de Saint-Stefanos, habité par des nonnes.

C'est la rando la plus chaude et un peu galère que nous ayons effectuée, le chemin emprunté étant très peu à l'ombre, et pas du tout balisé. Du coup, nous avons beaucoup marché, sous le cagnard, pour nous retrouver derrière des barbelés en arrivant ! Impossible de trouver un passage, nous étions dans l'enceinte servant de dépendance, et avons dû escalader un mur avec l'aide d'un touriste roumain très étonné de nous voir le héler du bas du mur où il s'était allongé pour une petite sieste !!!

Ouf, nous voilà arrivés mais... Il nous faut attendre une heure et demie car le monastère est fermé entre 13h et 15h30. De toute façon il fait trop chaud pour redescendre tout de suite.

15h30, les portes s'ouvrent et les garçons préfèrent me laisser seule pour cette visite refusant le racket de l'église orthodoxe !

Les peintures et icônes murales sont superbes, mais les orthodoxes ne sont pas des rigolos et les personnages représentés font plutôt peur tellement ils font la gueule !!! Il y a même un reliquaire en argent ciselé contenant le crâne d'un saint, crâne dont on peut apercevoir le dessus car la boîte reste ouverte ! Spécial... C'est pendant cette visite que Manimoy est venu discuter avec moi. Indien d'origine, il est professeur de statistiques à l'Université de New-York. Il est venu en bus depuis Kalambaka où il loge, mais quand je lui dit que nous sommes venus à pied il me demande si nous acceptons qu'il redescende avec nous. Qu'à cela ne tienne, il est le bienvenu !

La redescente est bien plus facile ! Et grâce à cette rencontre nous connaissons l'heure de départ du bus du lendemain pour notre prochaine destination puisqu'il prend le même ! Heureusement car c'est le seul bus direct de la journée, et le trajet jusqu'à Delphes aurait été bien galère sans cette info !




Et pour conclure notre séjour, un bon repas et un très joli coucher de soleil sur les roches venues du ciel...

Anaïs

27
juil
27
juil

Nous avions décidé de descendre jusqu'à Delphes depuis les Météores, d'un site mystique à un autre. En même temps, il est assez difficile de traverser le pays sans en rencontrer !! La chance, ou karma, nous avait fait rencontrer Manimoy lors de notre dernière randonnée sur un monastère des Météores. Nous devions quitter Kastraki et notre camping le lendemain, sans nous poser plus de questions que ça ça sur le comment. C'est Manimoy qui nous a indiqué que le seul bus direct pour Delphes partait le lendemain à 9h30. C'est donc ce bus que nous prendrons ! Maintenant que nous avons l'info il ne nous reste plus qu'à refaire les sacs à temps pour ce départ. Nous avons une petite demi-heure de trajet à pied jusqu'à la bus station, nous mettrons donc le réveil à 7h pour avoir le temps de tout faire !! Le réveil… un outil dont nous n'avons plus l'habitude ! Et puis on vit plutôt à l'heure grecque maintenant !!! Le bus doit nous emmener à Amphissa, gros village accroché dans la montagne. De là on espère trouver un autre bus, plus local qui nous emmènerait à Sernikaki. Finalement, en demandant au chauffeur comment faire, celui-ci s'adresse à une jeune femme qui travaille à la gare routière d'Amphissa qui nous indique que le bus que l'on vient de quitter passe juste à côté de l'embranchement pour notre village à 10 minutes de là ! On remonte donc dans le bus et c'est parti pour un arrêt personnalisé ! Nous avons dégoté une location sur booking dans un petit village à 30 min de bus de Delphes, ça sera parfait pour aller voir le site sur une journée, puis rayonner de là les autres jours. Partis pour passer 3 nuits là-bas, nous finirons par y rester 9 nuits ! C'est un des vrais plaisirs du voyage, cette liberté de prolonger un séjour selon l'inspiration du moment ! Rien n'est minuté ( à part de temps en temps pour attraper un bus !) La chambre est sympa, l'hôte aussi, et le village est si calme que l'on a pas l'impression d'être si proche d'un lieu très touristique ! On se pose pour l'aprèm, on ira voir Apollon demain, frais et dispos !


Si Dali et Pythie peuvent rimer, ils n'étaient en revanche pas d'accord sur l'emplacement du centre du monde. Dali le plaçait à Perpignan tandis que selon une légende, Zeus envoya deux aigles chacun d'un côté du disque terrestre, les deux oiseaux se rencontrant à Delphes, qui devint donc le nombril du monde ou Omphalos.

Delphes, un endroit où j'avais particulièrement envie d'aller trainer mes guêtres (ou plutôt mes chaussures à doigts de pieds !) Une amie m'avait dit que Delphes est un lieu où l'on ressent l'énergie tellurique, je suis d'accord. Ce sont bien des vibrations que je ressens en découvrant les vestiges qui ont servi de lieu de culte depuis la préhistoire ! Le sanctuaire est situé au pied du Mont Parnasse, mais n'est pas visible depuis la vallée, contrairement à la "nouvelle ville" de Delphes, construite à l'époque moderne pour pouvoir loger et nourrir les hordes de touristes venus visiter le musée archéologique ainsi que les ruines elles-mêmes. Etonnement, je m'attendais à bien plus de touristes que ça pour un tel endroit, des files ininterrompues pour pouvoir prendre quelques photos ou voir ne serait-ce qu'un bas-relief dans le musée. Il n'en est rien, et sans dire que nous sommes seuls au monde, on peut admettre que nombreux sont les endroits sur le site où l'on peut simplement profiter du moment.


Le sanctuaire dédié à Apollon, se serait développé aux environs de -800 avant JC, sur une pente où se serait trouvée une fissure naturelle exhalant les vapeurs de la Terre. Le nom de Delphes proviendrait du fait qu'Apollon aurait pris la forme du dauphin afin d'attirer les marins crétois chargés d'instaurer son culte sur le site.

Nous prenons le bus à l'arrêt presque personnalisé où le bus nous a déposés hier, et nous voilà sur le site que nous découvrons avec des yeux d'enfant (en tout cas pour ma part !) Direction le musée archéologique. Les objets racontent une histoire, et il est pour moi assez difficile de comprendre comment les archéologues ont parfois , avec très peu de matière restante, réussit à la raconter…. Cela confirme mon idée qui veut que les archéologues sont de grands enfants qui ont gardé une imagination à toute épreuve !!! Mais il est vrai que nous avons sous les yeux des trésors, d'ailleurs mis au jour à la fin du 19ème siècle par des français, dont les découvertes les plus récentes ne remontent pas si loin que ça, courant des années 2000. Je me mets à la place de ces chercheurs lorsqu'ils déterrent un ou des objets, ça doit être magique !


Pour ne pas être en reste, nous partons à la découverte du site en lui même, et Gabriel et moi imaginons que nous trouverons peut-être un de ces trésors en scrutant le sol !!! Le site en lui-même est magique, tellurique est bien le mot approprié. On voit presque les scènes antiques se dérouler sous nos yeux… Là le temple d'Apollon, presque écrasant, ici le trésor des Athéniens, ou là encore ceux des autres peuples ayant fait des cadeaux tous plus extravagants les uns que les autres en guise d'offrandes pour gagner la protection du Dieu. Puis là l'amphithéâtre, construit dans une anfractuosité naturelle de la roche, et avec de la roche transportée depuis le Mont Parnasse. La vue d'ici est à couper le souffle, le spectacle est présent, on verrait presque la tragédie grecque s'y dérouler ! En 1927 et 1930, les fêtes delphiques ont permis de rejouer 2 spectacles dans ce théâtre grec.


Puis nous continuons à monter, de moins en moins nombreux, la plupart des touristes n'ayant pas le courage d'aller jusqu'au faîte où se situe le Stadium. Je vois les jeux se dérouler, et j'imagine les athlètes se mesurer les uns aux autres, j'ai l'impression d'être dans un péplum !! Mais non, les cris ne sont que les bruissements du vent et les cigales, bien présentes quant à elles !!!


La dernière partie de notre balade nous emmènera en contrebas, sur un autre site, la Tholos, qui était l'entrée du sanctuaire de Delphes. On trouve à cet endroit un temple dédié à Athéna. En reprenant le chemin qui nous ramène vers le bus, nous nous arrêtons un instant à l'endroit où coule la fontaine Castalie, censée purifier les pèlerins venus consulter la Pythie. l'eau est fraiche à souhait, et nous remarquons que plusieurs voitures de locaux s'arrêtent ici pour remplir des bouteilles. Bon nous y avons rempli nos gourdes, l'illumination nous attend certainement !!!


Et quelques photos pour le fun car en Grèce les chats sont rois, et à Delphes ils sont sûrement divins !!!!


29
juil
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Si en vous rendant à Delphes vous ressentez l'énergie des forces telluriques présentes n'hésitez pas à vous dresser sur vos pieds et à vous élancer pour une descente vers cette mer végétale qui se répand sous vos pieds...vous en serez retourné…

Le port de Delphes, invisible depuis le site du Temple se nomme Itéa, une charmante station balnéaire suffisamment loin des grands centres touristiques grecs, pour être digne d'intérêt et d'un plouf, Delphes étant devenue pour les touristes un lieu de passage à faire en excursion d'une journée...

Entre les deux s'étend ce que les grecs appellent la mer d'oliviers, des hectares de vénérables arbres se déversant entre collines et montagnes sans jamais gagner la moindre hauteur, courant jusqu'à Amphissa et ceinturant jusqu'au noble mont Parnasse. Les plus anciens d'entre ces arbres furent plantés par le père d'Alexandre le Grand, Philippe de Macédoine voilà près de 2500 ans. C'est sur ce chemin magique au départ de Delphes que nous nous élançons.

Il nous suffit de nous perdre dans le bas du village de Delphes pour tomber sur le départ du chemin. Encore une fois il est déserté de toute vie humaine../ enfin c'est devenu une telle habitude pour nous et un couple que nous croiserons, qu'il faudra aux dames de chaque groupe se rhabiller rapidement pour un minimun de respect de nos conventions sociales !

Sur les 4 heures de marche le chemin finira presque en autoroute pour la Grèce puisque nous croiserons également un charmant vieil italien, marcheur invétéré, chargé de toutes ses affaires et à la recherche d'un camping providentiel avant la visite de Delphes et l'ascension du Mont Parnasse ! La chaleur et la descente étant déjà rude pour nous, nous lui tirons notre chapeau bas en lui indiquant la voie à suivre…

La plongée vers les mers est magnifique, nous nous arrêtons au pied d'une petite église au milieu de nulle part, toujours entretenue par on ne sait quelle âme sur cette voie aride, pour notre ravitaillement en eau et notre pause déjeuner. Le prochain bond nous fait traverser le site préhistorique de Delphes dédié à Gaïa dont il ne reste rien mais sur lequel se dresse une église dont l'ombre et la force du lieu sont les bienvenues !

La dernière descente est éprouvante et c'est un vrai bonheur d'aborder la mer végétale et l'ombre des oliviers parcourus par les vents. Un figuier chargé viendra récompenser nos efforts et recharger nos besoins en sucre pour affronter la nage qui nous attend. Car cette plaine ombragée sous le regard de ces végétaux pluri-centenaires recèle une magie qui égale largement celle des ruines de Delphes ! Pas un pas sans leur présence à perte de vue, un dédale où l'on pourrait se perdre et être avalés par ces monstres bienveillants, qui nous gardent sur ce chemin, déjà emprunté par les plus anciens rois, venus quérir auprès de l'oracle quelques conseils descendant directement des dieux.

Car le monde antique dans son ensemble parcourait ce même chemin, après avoir navigué à travers le golfe de Corinthe et accosté à Itéa. Après tout, Delphes était réellement à l'époque le centre du monde et les oliviers ses gardiens !


Après ce bain mythique et mystique, nous débouchons enfin sur Itéa. Le saut dans les eaux turquoises est le bienvenu après un soleil de plomb, le tumulte des ressentis du poids de l'histoire, des charmes des oliviers et de la puissance des lieux (et des Dieux ?)

Le petit port d'Itéa nous rappellera à lui plusieurs fois durant ce séjour. Les plages viendront délasser nos âmes et nos corps quand nous en aurons besoin. Après tant de marche ensoleillée et malgré notre quête d'ombre constante sur les plages nous y attraperons nos premiers coups de soleil du séjour… les masques de plongée emmenés au détriment du matériel photo nous retiendrons dans ces eaux… les t-shirts anti UV n'y suffiront pas et cela transformera nos bronzages de voyageurs en celui de vacanciers…mais les puissances anciennes n'en ont pas finit avec nous et c'est au moment de regagner la plage dans quelques dizaines de centimètres d'eau que je la vois surgir… sagesse de la mer incarnée, sa nage me rappelle toujours le vol des oiseaux planant dans le vent…il fallait que ce soit une tortue bien entendu... gigantesque, dépassant largement celle que j'avais déjà pu apercevoir dans les mers tropicales. Chacune de ses nageoires dépasse largement la taille de mes mains et les coquillages installés sur sa carapace témoigne de son âge respectable. Nous cheminerons ensemble pendant plusieurs dizaines de minutes puis lassée de ma présence et après deux respirations extérieurs elle se défilera après qu'Anaïs ait pu l'admirer mais avant que Gabriel ne puisse l'apercevoir…Comblés par ces expériences nous pourrons prolonger notre séjour à Sernikaki, à la bonne grâce et aux bons soins de Kostas et Kévin et de cet endroit d'accueil bienveillant si bien accordé avec l'ambiance des lieux.


Flo