Carnet de voyage

L’Odyssée des Nosaures

28 étapes
80 commentaires
68 abonnés
Dernière étape postée il y a 4 jours
Parce que partir c’est se trouver un peu, nous la famille Nosaure décidons d’aller voir ailleurs si on y est !
Du 12 juillet 2019 au 12 juillet 2020
367 jours
Partager ce carnet de voyage
28
juin
28
juin
Publié le 28 juin 2019

Parce que partir c'est se trouver un peu, nous la famille Nosaure, Gabriel, Anaïs et Florian, décidons d'aller voir ailleurs si on y est ! Camille, retenue par le virage de ses études nous retrouvera sur le chemin pour nous remettre droit.

Gabriel étant engagé dans une quête homérique spirituelle (et heureusement pas seulement virtuelle !), c'est naturellement vers la Grèce qu'il tourne nos premiers pas.

Reste aux parents à savoir se perdre dans le labyrinthe minoen de leur esprit, jongler entre Charybde et le poids du sac à dos, éviter les sirènes du soleil sans se brûler les ailes, pour, peut-être, guidés par la grâce d'un Jnana Chakshus cyclopéen, retrouver le chemin de l'île au Kangou Roux puis remonter aux sources de la terre du Mahabharata avant la suite du périple. (Le Sphinx offre une peau de mouton, une place dans un de nos sacs ou bien le droit de nous rejoindre où vous en aurez envie au premier qui déchiffre l'ensemble des références !)

Éole ayant prévu d'enfermer les mauvais vents le 12 juillet, nous profiterons de cette aubaine pour lancer notre Cheval à Trois !

Alors c'est parti, bienvenue à vous dans l'Odyssée des Nosaures !!

30
juin
30
juin
Publié le 7 juillet 2019

Déjà une semaine depuis que nous avons passé tous ensemble ce moment, partagé quelques verres et un "déjeuner champêtre" au Parc du Pâtis.

Ce moment nous l'avions voulu convivial, sans être pesant, et il fût au-delà de nos espérances ! L'occasion de se dire au revoir, mais aussi de se revoir, car certains d'entre vous ont été loin des yeux pendant pas mal de temps, mais jamais loin du cœur !

Vous nous connaissez, assez peu d'organisation, et finalement un moment que nous n'aurions pas voulu autrement ! Le soleil, la tranquillité du coin, le rosé et la bière mais aussi les jeux, les moments de discussion sur les tissus disposés dans l'herbe, aller d'un groupe à l'autre, et n'avoir même pas le temps de profiter de tout le monde !

Et puis la surprise aussi, de la mise à l'eau ! Flo s'en doutait bien, lui qui avait même prévu de quoi nous changer !!! D'accord l'eau était plutôt verte, mais finalement qu'est-ce qu'elle était bonne ! Vous auriez dû nous y rejoindre !!!

Voilà, dans 5 jours on décolle, et si vous nous connaissez vous savez que les bagages ne sont pas encore prêts, ils ne sont même pas commencés !! Pas grave, on a encore le temps ! Et puis les moments comme ça, et les quelques autres qui ont eu lieu depuis, n'ont pas de prix, alors on en profite jusqu'au bout ! Et pour tous ceux avec qui nous n'aurons pas eu le temps de partager un verre avant le décollage, ça n'est que partie remise, nous avons promis à Gabriel qu'on rentrait dans un an !!

Anaïs

12
juil
12
juil
Publié le 14 juillet 2019

Deux ans de préparation. C'est long, mais c'est court aussi. On a cru ne jamais y arriver ! Quand la date a été décidée pour l'été 2019, ça nous semblait tellement loin ! Et puis, finalement nous y voilà. Le temps est relatif, c'est Einstein qui nous l'a dit, et c'est dans des moments comme celui-ci que j'en viens presque à comprendre ce qu'il voulait dire …

Il était temps, oui, car l'ascenseur émotionnel nous a emmené vers des hauts comme vers des bas. Ben oui, faut pas croire mais ça a été très dur pour nous aussi de tous vous quitter. Depuis quelques semaines (voire quelques mois) le temps se raccourci, on a essayé de voir les gens qui comptent pour le leur dire, justement, qu'ils comptent !

Alors après toutes ces dernières fois : dernier coucou, dernier verre, dernier déjeuner sur le pouce, dernier apéro, dernier café, derniers bisous, dernières caresses aux chats, il est temps de passer aux premiers d'une longue série !

1ère maison, 1ère bière grecque et 1ère salade grecque, 1er café freddo !

Pour une première ville, Thessalonique est accueillante, comme sait l'être une ville balnéaire, avec un tourisme plutôt local, avec cafés et restos, sa promenade le long de la jetée (on se croirait à Nice !). Elle est elle-même, et nous offre quelques remparts, monastères et églises superbes, au milieu de bâtiments à la méditerranéenne, faits de bric et de broc. On y est bien pour se plonger un peu dans les vacances, mais on est encore loin de toucher au voyage ! Tout vient à point ...

Anaïs

15
juil

15 juillet, nous quittons Thessaloniki par la voie ferrée. L'ambiance de la gare, moins aseptisée que nos galerie marchandes modernes, nous permet un pas de plus vers le voyage. Les sensations remontent doucement avec les échanges…

Nous prenons la direction de Kateríni, étape ferroviaire avant Paralia qui sera notre destination finale de ce jour. La suite doit se faire en bus. Aux regards des taxis à notre arrivée à Kateríni, nous comprenons vite que train et bus ne font pas bon ménage en Grèce… Nous finissons par dégoter un arrêt à quelques rues de distance, puis un bus local qui nous permet de rejoindre Paralia.

Paralia… si vous aimez la côte d'Azur au 15 août, la côte orientale italienne en été et les touristes slaves, alors Paralia est faite pour vous ! Gasp ! Pour nous l'intérêt de venir ici est bien entendu autre. Nous ne crachons pas sur le plouf, bienvenu pour Gab et moi (trop de monde pour Anaïs !!) le premier soir évidemment, mais c'est la position géographique de la ville, le réseau de transport et les prix qui nous ont emmenés dans ce Grau du roi grec. Etonnamment, ce lieu à touristes ne souffre pas de l'augmentation chronique des prix de ce type de site, le logement étant ce que nous avons trouvé de plus raisonnable dans la région, et la salade grecque et le gyros se négocient entre 2/3 euros, ce qui nous permettra d'alterner l'alimentation et les saveurs ! Bon à ce prix-là le gyros est plus proche de notre grec franco-turc que du vrai gyros grec, mais cela fera très bien notre affaire pour les jours à venir ! Sans compter que depuis notre arrivée les chaussons aux épinards et féta font notre bonheur du midi !

Mais l'intérêt principal de cette étape est la découverte du Mont Olympe. A 2 bus de distance nous nous rendons à Litohoro, petite ville au pied du Mont. La journée nous permettra de découvrir le chemin des Dieux, étonnamment désert, une tortue magique bien réelle et une rivière surement de source divine qui saura rafraichir nos pieds mis à rude épreuve ! Les dieux nous aurons régalé et seulement quelques heures de marches auront suffit pour cette belle rencontre entre mer et montagne. La tortue nous ayant transmis un message pour Chiron, nous savons vers où diriger nos prochains pas…

Flo

18
juil

Nous reprenons la route...ou plutôt la voie de fer…l'attente de train en train pour les correspondances nous fais redécouvrir les joies de l’attente et nous permet de déguster quelques cafés freddo spécialité italienne disponible dans la plupart des bistrots grecs (Taverna si vous voulez faire moins parisien). Le prix limite heureusement la quantité ingérée et il nous faudra vite nous réfugier dans la bière ou le vin, boisson beaucoup plus abordable ici ! Les jeux de cartes et de dés s’enchaînent et nous retrouvons avec joie ces moments d’unanime bonne foi familiale ! 😉 Puis viennent aussi ces moments d’introspection presque oubliés dans nos vies 2.0 mais ici tant facilité par l’ennui et l’attente...

Après quelques trains (dont un presque fantôme) nous finissons par arriver en gare de Vólos. Nous savons devoir trouver un bus pour finir le périple journalier et c'est sans surprise cette fois-ci que nous partons le quêter loin de la gare ferroviaire.

Il nous fait prendre de la hauteur…la tortue n'avait pas menti nous voilà au cœur du royaume des centaures, le mont Pélion. Nous posons nos sacs, devenus lourds après cette journée, dans le village de Portaria. Le poids s'allège à la vue de notre balcon et à l'ambiance de ce petit village où nous nous sentons tout de suite à l'aise.

La marche du lendemain nous le confirmera. Nous continuons de prendre de la hauteur puis redescendons sur Makrinitza seul endroit où nous croiserons des touristes ce jour dont je commence à me demander s'ils n'ont pas désertés tous les sentiers pédestres de Grèce ! Ecarté de la magnifique place du village de quelques centaines de mètres et nous voilà de nouveau seuls face à nous même. Gabriel transmettra pour nous le message de la tortue au vieil arbre chargé de le faire parvenir à Chiron...Nous saurons en retour qu’il nous faudra bientôt trouver les pierres tombées du ciel...

Nous rentrons déguster gyros et salades grecques dans une petite taverne découverte le premier soir qui restera notre QG pour ces quelques jours.



Le lendemain matin nous reprenons notre ascension du mont Pélion, dans le sens opposé à la veille. Nous ne croiserons pas plus de monde sur nos sentiers. Nous commençons à nous demander si les dieux locaux tentent de nous perdre sur ces sentiers sans autres âmes que celles de ces arbres à trou qui nous guettent de leur œil unique…

Quand surgit une petite vieille ! il y en a toujours une dans ce genre d'histoire pour vous remettre sur le chemin de votre quête. Elle ne déroge pas à la légende arthurienne d'Astier et nous lance à grands coups de bras et de sourires vers une direction qu'il nous faudra suivre aveuglément. Le lieu et le moment où nous pourrons déballer nos chaussons aux épinards vaudront nos quelques efforts supplémentaires !




Les prunes cueillies à même l'arbre viendront clore cette journée de festin pour nos yeux et nos papilles…



Merci à toi Mont Pelion, terre qui nous rappelle tant cette région aimée de Corse, entre Balagne et Castaniccia. Nous comprenons d’un coup le conseil qui a guidé nos pas, commencer à se retrouver dans cet ailleurs si proche de nous…



Il ne nous reste plus qu’ à préparer nos affaires pour ces pierres venues du ciel et à déguster une bière bien méritée sortant d’un frigo local !

Flo



21
juil
21
juil
Publié le 30 juillet 2019

Après les centaures, nous quittons le Mont Pelion pour nous rendre dans la région des Météores, formations géologiques regroupant falaises et pitons rocheux et abritant des monastères perchés à des hauteurs époustouflantes, d'autant plus lorsqu'on sait que les premiers ont été construits au 14ème siècle, notamment le Grand Météore.


Auparavant des grottes avaient déjà servi de refuge à des bergers et des villageois, puis à des ermites. Nous avons pu voir que les bergers en utilisent encore certaines.

Nous sommes arrivés comme d'habitude en bus, qui nous a déposés juste devant le camping que nous avions repéré sur le net, apparemment pas trop cher et avec une piscine ! Grand bien nous a pris d'aller jusque là. Le camping est au pied des plus beaux monastères, à distance de rando pour aller les visiter et une vieille caravane est disponible. Nous décidons d'en faire notre QG pour les 5 jours à venir.

Nous avons fait 3 belles journées de rando, avec au compteur entre 12 et 15 km par journée ! On a eu chaud, mais souvent de l'air et un peu d'ombre. Nous sommes à peu près les seuls à avoir fait le tour des monastères à pied, ça se fait beaucoup en bus, d'un monastère à l'autre, le tout en une seule journée. Mais ce qui est sympa en accédant aux monastères à pied, c'est cette impression de les avoir mérités. C'est une sensation particulière que de se dire que rien n'est facile et qu'il faut parfois en chier un peu pour profiter réellement de ce que l'on voit. D'autant plus quand on sait que les 1ères constructions datent du 14ème siècle. Il faut grimper pour se rendre compte du travail de titan (ah bah on est dans le bon pays !) que ça a dû être que de transporter les matériaux jusqu'en haut de ces pitons rocheux)

On nous a raconté l'histoire d'un monastère pour lequel il avait fallu 20 ans pour monter les matériaux, et 20 jours pour la construction en elle-même !!

Nous avons pu voir le Grand Météore, grandiose, mais celui où nous avons rencontré le plus de touristes par palanquées. Du coup la visite pour nous s'est cantonnée à l'extérieur, d'une part parce que les entrées sont payantes, et nous avions déjà atteint notre quota de visite payante avec le petit monastère Saint-Nicolas, d'autre part parce que c'est bien à l'extérieur que se situe le spectacle.



Et puis ce qui est chouette aussi avec la randonnée c'est les rencontres !!!

Déjà, nous avons eu la chance de rencontrer La Vieille, celle qui est là pour nous indiquer le chemin qu'aucune carte ne précise, celui qui passe au fond de son jardin, et nous emmène vers un monastère qui ne fait pas partie des circuits de visite !!

Eleferia merci !

Et puis toutes les autres rencontres... Araignée, tortues à ne plus savoir qu'en faire, arbres millénaires, et Boubi, le petit chien blanc qui nous a accompagnés pendant quelques heures, et que nous avons par le plus grand des hasards retrouvé le soir en allant manger dans une taverne ! Mais aussi la gérante du mini marcket qui nous offre des petites poires de son jardin alors que nous ne lui avons acheté qu'une bière.

Nous avons fait également le dernier jour une belle rencontre avec Manimoy, en visitant le monastère de Saint-Stefanos, habité par des nonnes.

C'est la rando la plus chaude et un peu galère que nous ayons effectuée, le chemin emprunté étant très peu à l'ombre, et pas du tout balisé. Du coup, nous avons beaucoup marché, sous le cagnard, pour nous retrouver derrière des barbelés en arrivant ! Impossible de trouver un passage, nous étions dans l'enceinte servant de dépendance, et avons dû escalader un mur avec l'aide d'un touriste roumain très étonné de nous voir le héler du bas du mur où il s'était allongé pour une petite sieste !!!

Ouf, nous voilà arrivés mais... Il nous faut attendre une heure et demie car le monastère est fermé entre 13h et 15h30. De toute façon il fait trop chaud pour redescendre tout de suite.

15h30, les portes s'ouvrent et les garçons préfèrent me laisser seule pour cette visite refusant le racket de l'église orthodoxe !

Les peintures et icônes murales sont superbes, mais les orthodoxes ne sont pas des rigolos et les personnages représentés font plutôt peur tellement ils font la gueule !!! Il y a même un reliquaire en argent ciselé contenant le crâne d'un saint, crâne dont on peut apercevoir le dessus car la boîte reste ouverte ! Spécial... C'est pendant cette visite que Manimoy est venu discuter avec moi. Indien d'origine, il est professeur de statistiques à l'Université de New-York. Il est venu en bus depuis Kalambaka où il loge, mais quand je lui dit que nous sommes venus à pied il me demande si nous acceptons qu'il redescende avec nous. Qu'à cela ne tienne, il est le bienvenu !

La redescente est bien plus facile ! Et grâce à cette rencontre nous connaissons l'heure de départ du bus du lendemain pour notre prochaine destination puisqu'il prend le même ! Heureusement car c'est le seul bus direct de la journée, et le trajet jusqu'à Delphes aurait été bien galère sans cette info !




Et pour conclure notre séjour, un bon repas et un très joli coucher de soleil sur les roches venues du ciel...

Anaïs

27
juil
27
juil

Nous avions décidé de descendre jusqu'à Delphes depuis les Météores, d'un site mystique à un autre. En même temps, il est assez difficile de traverser le pays sans en rencontrer !! La chance, ou karma, nous avait fait rencontrer Manimoy lors de notre dernière randonnée sur un monastère des Météores. Nous devions quitter Kastraki et notre camping le lendemain, sans nous poser plus de questions que ça ça sur le comment. C'est Manimoy qui nous a indiqué que le seul bus direct pour Delphes partait le lendemain à 9h30. C'est donc ce bus que nous prendrons ! Maintenant que nous avons l'info il ne nous reste plus qu'à refaire les sacs à temps pour ce départ. Nous avons une petite demi-heure de trajet à pied jusqu'à la bus station, nous mettrons donc le réveil à 7h pour avoir le temps de tout faire !! Le réveil… un outil dont nous n'avons plus l'habitude ! Et puis on vit plutôt à l'heure grecque maintenant !!! Le bus doit nous emmener à Amphissa, gros village accroché dans la montagne. De là on espère trouver un autre bus, plus local qui nous emmènerait à Sernikaki. Finalement, en demandant au chauffeur comment faire, celui-ci s'adresse à une jeune femme qui travaille à la gare routière d'Amphissa qui nous indique que le bus que l'on vient de quitter passe juste à côté de l'embranchement pour notre village à 10 minutes de là ! On remonte donc dans le bus et c'est parti pour un arrêt personnalisé ! Nous avons dégoté une location sur booking dans un petit village à 30 min de bus de Delphes, ça sera parfait pour aller voir le site sur une journée, puis rayonner de là les autres jours. Partis pour passer 3 nuits là-bas, nous finirons par y rester 9 nuits ! C'est un des vrais plaisirs du voyage, cette liberté de prolonger un séjour selon l'inspiration du moment ! Rien n'est minuté ( à part de temps en temps pour attraper un bus !) La chambre est sympa, l'hôte aussi, et le village est si calme que l'on a pas l'impression d'être si proche d'un lieu très touristique ! On se pose pour l'aprèm, on ira voir Apollon demain, frais et dispos !


Si Dali et Pythie peuvent rimer, ils n'étaient en revanche pas d'accord sur l'emplacement du centre du monde. Dali le plaçait à Perpignan tandis que selon une légende, Zeus envoya deux aigles chacun d'un côté du disque terrestre, les deux oiseaux se rencontrant à Delphes, qui devint donc le nombril du monde ou Omphalos.

Delphes, un endroit où j'avais particulièrement envie d'aller trainer mes guêtres (ou plutôt mes chaussures à doigts de pieds !) Une amie m'avait dit que Delphes est un lieu où l'on ressent l'énergie tellurique, je suis d'accord. Ce sont bien des vibrations que je ressens en découvrant les vestiges qui ont servi de lieu de culte depuis la préhistoire ! Le sanctuaire est situé au pied du Mont Parnasse, mais n'est pas visible depuis la vallée, contrairement à la "nouvelle ville" de Delphes, construite à l'époque moderne pour pouvoir loger et nourrir les hordes de touristes venus visiter le musée archéologique ainsi que les ruines elles-mêmes. Etonnement, je m'attendais à bien plus de touristes que ça pour un tel endroit, des files ininterrompues pour pouvoir prendre quelques photos ou voir ne serait-ce qu'un bas-relief dans le musée. Il n'en est rien, et sans dire que nous sommes seuls au monde, on peut admettre que nombreux sont les endroits sur le site où l'on peut simplement profiter du moment.


Le sanctuaire dédié à Apollon, se serait développé aux environs de -800 avant JC, sur une pente où se serait trouvée une fissure naturelle exhalant les vapeurs de la Terre. Le nom de Delphes proviendrait du fait qu'Apollon aurait pris la forme du dauphin afin d'attirer les marins crétois chargés d'instaurer son culte sur le site.

Nous prenons le bus à l'arrêt presque personnalisé où le bus nous a déposés hier, et nous voilà sur le site que nous découvrons avec des yeux d'enfant (en tout cas pour ma part !) Direction le musée archéologique. Les objets racontent une histoire, et il est pour moi assez difficile de comprendre comment les archéologues ont parfois , avec très peu de matière restante, réussit à la raconter…. Cela confirme mon idée qui veut que les archéologues sont de grands enfants qui ont gardé une imagination à toute épreuve !!! Mais il est vrai que nous avons sous les yeux des trésors, d'ailleurs mis au jour à la fin du 19ème siècle par des français, dont les découvertes les plus récentes ne remontent pas si loin que ça, courant des années 2000. Je me mets à la place de ces chercheurs lorsqu'ils déterrent un ou des objets, ça doit être magique !


Pour ne pas être en reste, nous partons à la découverte du site en lui même, et Gabriel et moi imaginons que nous trouverons peut-être un de ces trésors en scrutant le sol !!! Le site en lui-même est magique, tellurique est bien le mot approprié. On voit presque les scènes antiques se dérouler sous nos yeux… Là le temple d'Apollon, presque écrasant, ici le trésor des Athéniens, ou là encore ceux des autres peuples ayant fait des cadeaux tous plus extravagants les uns que les autres en guise d'offrandes pour gagner la protection du Dieu. Puis là l'amphithéâtre, construit dans une anfractuosité naturelle de la roche, et avec de la roche transportée depuis le Mont Parnasse. La vue d'ici est à couper le souffle, le spectacle est présent, on verrait presque la tragédie grecque s'y dérouler ! En 1927 et 1930, les fêtes delphiques ont permis de rejouer 2 spectacles dans ce théâtre grec.


Puis nous continuons à monter, de moins en moins nombreux, la plupart des touristes n'ayant pas le courage d'aller jusqu'au faîte où se situe le Stadium. Je vois les jeux se dérouler, et j'imagine les athlètes se mesurer les uns aux autres, j'ai l'impression d'être dans un péplum !! Mais non, les cris ne sont que les bruissements du vent et les cigales, bien présentes quant à elles !!!


La dernière partie de notre balade nous emmènera en contrebas, sur un autre site, la Tholos, qui était l'entrée du sanctuaire de Delphes. On trouve à cet endroit un temple dédié à Athéna. En reprenant le chemin qui nous ramène vers le bus, nous nous arrêtons un instant à l'endroit où coule la fontaine Castalie, censée purifier les pèlerins venus consulter la Pythie. l'eau est fraiche à souhait, et nous remarquons que plusieurs voitures de locaux s'arrêtent ici pour remplir des bouteilles. Bon nous y avons rempli nos gourdes, l'illumination nous attend certainement !!!


Et quelques photos pour le fun car en Grèce les chats sont rois, et à Delphes ils sont sûrement divins !!!!


29
juil
29
juil

Si en vous rendant à Delphes vous ressentez l'énergie des forces telluriques présentes n'hésitez pas à vous dresser sur vos pieds et à vous élancer pour une descente vers cette mer végétale qui se répand sous vos pieds...vous en serez retourné…

Le port de Delphes, invisible depuis le site du Temple se nomme Itéa, une charmante station balnéaire suffisamment loin des grands centres touristiques grecs, pour être digne d'intérêt et d'un plouf, Delphes étant devenue pour les touristes un lieu de passage à faire en excursion d'une journée...

Entre les deux s'étend ce que les grecs appellent la mer d'oliviers, des hectares de vénérables arbres se déversant entre collines et montagnes sans jamais gagner la moindre hauteur, courant jusqu'à Amphissa et ceinturant jusqu'au noble mont Parnasse. Les plus anciens d'entre ces arbres furent plantés par le père d'Alexandre le Grand, Philippe de Macédoine voilà près de 2500 ans. C'est sur ce chemin magique au départ de Delphes que nous nous élançons.

Il nous suffit de nous perdre dans le bas du village de Delphes pour tomber sur le départ du chemin. Encore une fois il est déserté de toute vie humaine../ enfin c'est devenu une telle habitude pour nous et un couple que nous croiserons, qu'il faudra aux dames de chaque groupe se rhabiller rapidement pour un minimun de respect de nos conventions sociales !

Sur les 4 heures de marche le chemin finira presque en autoroute pour la Grèce puisque nous croiserons également un charmant vieil italien, marcheur invétéré, chargé de toutes ses affaires et à la recherche d'un camping providentiel avant la visite de Delphes et l'ascension du Mont Parnasse ! La chaleur et la descente étant déjà rude pour nous, nous lui tirons notre chapeau bas en lui indiquant la voie à suivre…

La plongée vers les mers est magnifique, nous nous arrêtons au pied d'une petite église au milieu de nulle part, toujours entretenue par on ne sait quelle âme sur cette voie aride, pour notre ravitaillement en eau et notre pause déjeuner. Le prochain bond nous fait traverser le site préhistorique de Delphes dédié à Gaïa dont il ne reste rien mais sur lequel se dresse une église dont l'ombre et la force du lieu sont les bienvenues !

La dernière descente est éprouvante et c'est un vrai bonheur d'aborder la mer végétale et l'ombre des oliviers parcourus par les vents. Un figuier chargé viendra récompenser nos efforts et recharger nos besoins en sucre pour affronter la nage qui nous attend. Car cette plaine ombragée sous le regard de ces végétaux pluri-centenaires recèle une magie qui égale largement celle des ruines de Delphes ! Pas un pas sans leur présence à perte de vue, un dédale où l'on pourrait se perdre et être avalés par ces monstres bienveillants, qui nous gardent sur ce chemin, déjà emprunté par les plus anciens rois, venus quérir auprès de l'oracle quelques conseils descendant directement des dieux.

Car le monde antique dans son ensemble parcourait ce même chemin, après avoir navigué à travers le golfe de Corinthe et accosté à Itéa. Après tout, Delphes était réellement à l'époque le centre du monde et les oliviers ses gardiens !


Après ce bain mythique et mystique, nous débouchons enfin sur Itéa. Le saut dans les eaux turquoises est le bienvenu après un soleil de plomb, le tumulte des ressentis du poids de l'histoire, des charmes des oliviers et de la puissance des lieux (et des Dieux ?)

Le petit port d'Itéa nous rappellera à lui plusieurs fois durant ce séjour. Les plages viendront délasser nos âmes et nos corps quand nous en aurons besoin. Après tant de marche ensoleillée et malgré notre quête d'ombre constante sur les plages nous y attraperons nos premiers coups de soleil du séjour… les masques de plongée emmenés au détriment du matériel photo nous retiendrons dans ces eaux… les t-shirts anti UV n'y suffiront pas et cela transformera nos bronzages de voyageurs en celui de vacanciers…mais les puissances anciennes n'en ont pas finit avec nous et c'est au moment de regagner la plage dans quelques dizaines de centimètres d'eau que je la vois surgir… sagesse de la mer incarnée, sa nage me rappelle toujours le vol des oiseaux planant dans le vent…il fallait que ce soit une tortue bien entendu... gigantesque, dépassant largement celle que j'avais déjà pu apercevoir dans les mers tropicales. Chacune de ses nageoires dépasse largement la taille de mes mains et les coquillages installés sur sa carapace témoigne de son âge respectable. Nous cheminerons ensemble pendant plusieurs dizaines de minutes puis lassée de ma présence et après deux respirations extérieurs elle se défilera après qu'Anaïs ait pu l'admirer mais avant que Gabriel ne puisse l'apercevoir…Comblés par ces expériences nous pourrons prolonger notre séjour à Sernikaki, à la bonne grâce et aux bons soins de Kostas et Kévin et de cet endroit d'accueil bienveillant si bien accordé avec l'ambiance des lieux.


Flo





30
juil
30
juil

La connexion n'est pas bonne partout, il est donc parfois difficile de remplir le blog sans trop de retard...

Après la magie de Delphes et la magnificence des oliviers millénaires, il nous reste à parler de Sernikaki, ce petit village qui nous a accueilli pendant 9 jours, et où pourtant nous n'avons pas vu le temps passer.


Il nous a servi de camps de base pour sillonner ce coin de Grèce. Nous logions chez Kostas, et avons vraiment apprécié les soirs à la taverne, mais aussi les petits- déjeuners. Kostas et sa maman nous ont régalés pendant ce séjour !! C'est là aussi que nous avons fait la connaissance de Kévin, un jeune homme franco-grec adorable, serveur à la taverne. Nous avons passé de très bon moments avec lui à le faire parler français, à jouer aux cartes, et à parler du pays où il est né et où il a grandi. Sa mère est normande, nous avons eu l'occasion de pas mal discuter avec elle, et de comprendre un peu comment les grecs ont été touchés par la crise il y a une dizaine d'années. Son père est grec, et pour l'anecdote, je me suis vue offrir un petit bouquet de basilic, que je me suis empressée de croquer avec ma salade grecque… pour apprendre quelques jours plus tard que les grecs mangent peu de basilic, mais en ont toujours à l'entrée de leur maison en signe de bienvenue ! Fans de Kaamelott, un air de déjà-vu avec la rose créée et croquée dans la foulée ?!!

Après avoir visité Delphes, effectué la rando à travers la mer des oliviers et nagé avec la tortue à Itéa, nous avons décidé d'effectuer une autre randonnée au départ du village, qui nous emmènerait jusqu'à la petite église de Agios Georgios que nous voyons depuis la terrasse de la taverne. Kostas nous dit qu'il y en a pour une petite heure, cool ça nous changera !!

Nous on veut aller juste sous les nuages, dans le petit trou qui est dans la roche… Pas loin !

Au temps pour la notion de temps, nous mettrons 3h30 pour rejoindre l'église ! Nous ne trouvons pas le sentier que nous a indiqué Kostas, et avons l'impression que l'église est un mirage... Plus nous marchons, plus elle s'éloigne ! Au bout d'une bonne heure et demi de marche, nous trouvons un amandier sous lequel nous mettre à l'ombre pour boire et récupérer. La chaleur est écrasante, mais ici nous sommes en courant d'air, waou un pur bonheur ! Flo finit par nous laisser sur place, le temps pour lui d'essayer de trouver la voie. Gab et moi profitons de l'air, nous l'attendons 40 minutes, au bout desquelles un petit message me dit de le rejoindre un peu plus haut. Il a trouvé, après avoir exploré 3 différents chemins possibles !!! C'est reparti ! Nous nous retrouvons au pied d'une bergerie, et en avant pour deux heures de crapahutage.

Pour la première fois depuis que nous marchons en Grèce, aucune fontaine ne nous permet de remplir nos gourdes en cours de route. Ces deux heures nous en paraissent du coup bien plus.

Miracle, au détour d'un dernier virage nous voyons apparaître l'église, l'eau nous attend certainement là-bas... Que nenni...!

La vue sur la vallée est malgré tout sublime, et nous prenons un peu de temps pour l'admirer et recharger un peu les batteries avant d'attaquer la descente.

Nous savons qu'il y a un autre village en contrebas, et décidons de faire un léger crochet quitte à rallonger le retour, car il nous reste à peine un demi-litre d'eau pour nous 3 !! Finalement, après 30 minutes de marche nous tombons sur la fontaine providentielle sans avoir à aller jusqu'au deuxième village !!! Mon dieu que cette eau est bonne !!! Je bois presque trop, mais ça fait un bien fou !! Nous reprenons donc le chemin qui nous ramènera à la maison, et trouvons le chemin "facile" que nous n'avions pas trouvé à l'aller !! Nous en profitons pour ramasser figues et amandes fraîches, un pur bonheur !

Le retour à l'écurie nous donne un coup de boost, mais les pieds ont souffert eux aussi.

Vivement la douche, puis l'apéro et le repas à la taverne ce soir ! En plus il y a un écran dehors, c'est soirée sport ! Vélo d'abord, mon petit père une petite pensée ! puis ensuite foot !

4
août
4
août
Publié le 20 août 2019

Il est temps de rejoindre Athènes pour quelques jours. Nous n'étions pas sûrs de vouloir y passer, sachant le grand nombre de touristes au mètre carré à cette époque de l'année, mais un signe du destin nous a été fait un peu avant notre grand départ, car Gabriel et moi avions déjeuné avec notre amie Vannina, et au détour de la conversation nous avons réalisé qu'elle serait en Grèce à cette période. Malheureusement, elle devait visiter le Péloponnèse, région dans laquelle nous n'avions pas prévu d'aller. En revanche, dégainant les agendas respectifs, nous trouvons une date nous permettant de passer une journée ensemble à l'ombre de l'Acropole !

Qu'à cela ne tienne, notre périple nous conduira donc à Athènes !Nous prenons le bus en bas du village de Sernikaki, le même qui nous emmenait à Itea et à Delphes, et qui cette fois nous déposera à la station de bus d'Athènes. Nous tentons, une fois sur place, de trouver un bus de ville afin de rallier le quartier qui nous abritera pour les 4 jours à venir, mais les explications du chauffeur que nous interrogeons ne sont pas très claires, et nous finissons par prendre notre courage à deux pieds pour trouver notre appartement qui se situe au pied de la colline Lycabette. C'est parti pour une bonne heure de marche avec les gros sacs sur le dos et en plein cagnard, cela fera notre rando du jour !!

Nous finissons par arriver, au pied de la colline mais quand même en côte… Les clés sont sous un pot de fleur, l'appart est sympa. Il est 16h, on se pose, on ressortira pour manger ce soir. La terrasse nous accueille, très chouette surtout au centre d'une ville comme Athènes ! Nous déchantons légèrement le lendemain matin lorsque nous sommes réveillés par des travaux qui sévissent dans un immeuble contigu au nôtre !!

Nous ressortons après quelques heures de repos et une douche bien méritée pour essayer de trouver un gyros pita, mais contre toute attente nous avons beaucoup de mal à trouver un bouiboui qui puisse répondre à nos attentes. Nous finissons par nous arrêter dans une petite taverne de quartier qui saura nous nourrir pour pas trop cher !

Le lendemain nous retrouvons Vannina devant la cathédrale d'Athènes, elle a déjà fait le travail pour nous, nous n'avons plus qu'à suivre et c'est parti pour une belle balade dans la ville. Nous ne visiterons pas l'Acropole, trop de monde pour nous, mais lui tournons autour avec une vue dégagée la plupart du temps. Nous nous laissons guider, pour une fois que nous n'avons pas besoin de regarder où nous allons ! Nous prenons le temps de boire l'incontournable café freddo grec, puis montons sur la colline de l'Aéropage, d'où la vue sur l'Acropole vaut bien la visite en elle-même. C'est juste magnifique. Il y a un peu de monde mais on ne se marche pas dessus, contrairement aux centaines de personnes que nous apercevons sur le monument et qui se suivent docilement pour pouvoir entrapercevoir les vestiges que pourtant nous voyons très bien de là où nous sommes ! Au passage nous profitons des vestiges de la porte d'Hadrien, ainsi que des deux agoras.

Bon, il va être temps de trouver une taverne pour nous poser, elles nous tendent toutes les bras et notre choix se fera pour l'une sans plus de conviction mais avec l'envie de prendre le temps du temps… On se pose, on déjeune, on papote, et c'est comme si le temps était suspendu. Cela fait cet effet là avec les vrais amis.

Puis on repart, direction Monastiraki, le quartier touristique s'il en est un. Nous avons quelque peu l'impression d'évoluer dans un monde parallèle, à Saint-Michel ou bien à Montmartre… Quoi qu'il en soit c'est très plaisant, l'ambiance est tranquille et nous ne sommes pas sollicités outre mesure. Nous imposons à Vannina un peu de shopping car nous cherchons pour Gabriel un sac à dos digne de ce nom (celui avec lequel il est parti est vraiment trop petit et inconfortable), et une paire de sandales (mais nous sommes avec un ado avec qui nous devons tenter des compromis car ces chaussures-là sont sympas mais pas pratiques tandis que les autres sont vraiment pratiques mais tellement pas fun…!)

Un petit tour au marché également, où nous achetons nos légumes du soir pour la modique somme de 1,5€... Finalement ce qui nous coûte le plus cher c'est l'apéro !!

Il est déjà l'heure de se quitter, cette journée fut une parenthèse de bonheur et de quiétude. Merci Vannina.

Le lendemain nous décidons de grimper en haut du mont Lycabette afin d'admirer l'Acropole sous un autre angle. Bien nous en a pris, c'est magnifique.

Nous ne prenons pas le temps de visiter le musée d'Athènes, le prix nous dissuade, et puis nous devons faire des choix alors ce sera celui d'Héraklion. Pas de regret d'être venus, mais c'est surtout la journée avec Vannina que nous avons apprécié. Trop de monde pour nous.

Anaïs

8
août
8
août
Publié le 25 août 2019

Pour changer de moyen de locomotion, nous quittons Athènes par le métro, pour un trajet d'un peu plus d'une demi-heure qui nous emmènera à Artemida, où nous attendent Évelyne et Yannis, là aussi pour 4 jours. Ils sont là pour 3 mois, comme tous les ans depuis qu'ils sont en retraite. Yannis est un enfant du pays.

Ce séjour aura un petit air de vacances en famille ! Gabriel est ravi, 3 chatons l'attendent à la maison, ramenés ici par leur maman chatte qui squatte chez Évelyne et Yannis depuis plusieurs années tout en restant sauvage. Les petits en revanche ne le sont pas du tout, pour le plus grand plaisir de Gab qui va passer beaucoup de temps avec eux !

Une petite sieste avec Corinthe, Gabriel et Arsène...

Au programme de ces quelques jours nous irons sur différentes plages du coin pour de belles séances de snorkeling, une traversée à la nage jusqu'à une petite île sur laquelle il n'y a... qu'une toute petite église ! Les églises en Grèce ont vraiment une place privilégiée, et les grands hôtels n'ont rien à leur envier quant à la vue…!

Un conseil éclairé nous emmenènera faire une très belle visite du musée et du site archéologique d'Artemida, un temple en l'honneur d'Artémis, la déesse de la chasse et protectrice des jeunes filles prépubères. Ce petit musée est d'une richesse inversement proportionnelle à sa taille, et les trésors retrouvés sur le site du temple n'ont rien à envier aux plus grands ! Nous n'avons pas pu prendre de photos du musée, vous serez obligés d'y venir pour le découvrir ! En revanche les vestiges du temple sont encore chargés d'énergies, et l'on s'y promène agréablement, mis à part la famille russe dont la mère se balade avec sa perche à selfie, et se prend en photo tous les 10m...! Heureusement elle prend ses photos avec une telle dextérité qu'ils seront bien vite partis, et nous aurons le site pour nous seuls. J'y vois un signe de la déesse, qui m'invite malgré tout à prendre mon temps et à ne pas me laisser parasiter par la futilité et la vacuité de certains. Sur le chemin du retour, un superbe prunier gorgé de fruits m'incite à en cueillir quelques unes, je m'adresse silencieusement à Artémis pour lui en demander l'autorisation, et comme personne ne vient à ma rencontre en poussant les hauts cris, j'en conclue que la déesse est d'accord !!

Chaque jour nos hôtes nous régalent de plats délicieux, un jour le pasticio, un gratin de pâtes et de viande hachée dont nous régalés Evelyne. Un autre la friture d'anchois que nous sommes allés acheter au marché, le lendemain les anchois à l'huile préparés de main de maître par Yannis. Nous sommes agréablement surpris par le vin grec, et avec tout ça les repas se passent dans une douce quiétude qui nous emmènera souvent jusque bien tard !

Les environs d'Artemida sont très jolis, nous découvrons une petite église où le pique-nique doit avoir un goût de bonheur au soleil couchant, avec vue sur la mer d'un côté et sur la montagne de l'autre !

La balade en bord de mer et la découverte d'un spot de kite-surf nous impressionne car un vent très fort s'est levés sur les 2 derniers jours que nous passons ici. Nous découvrons le port de Rafina, d'où nous embarquerons lundi. D'ailleurs je me demande comment je vais supporter les 12h de ferry qui nous conduira en Crète…

Anaïs

12
août
12
août
Publié le 1er septembre 2019


Après avoir été chouchoutés par Evelyne et Yannis nous décidons que notre traversée entre la Grèce continentale et la Crète se fera par bateau à travers les Cyclades plutôt qu'en avion. Pas de galère antique cependant, mais un ferry classique transportant locaux, touristes et marchandises d'île en île pendant 12h de trajet...pour Anaïs et moi cette poussée en avant est aussi un mouvement en arrière fait de bleu, de blanc et de chats, partagés avec Camille dans une galaxie qui nous paraît bien lointaine mais dont les sensations et les doux souvenirs ressurgissent, intacts à la vue du port de Paros...nous nous rappelons aussi cette taverne de Kastro et la vibration de notre trio avec cette musique altiste, qui déjà, tombait amoureuse de ces paysages et de ces couleurs...nous nous perdons dans nos souvenirs et les embruns quand, à mi-parcours un roquet en costume vient nous chasser du couloir où nous avions fuit la foule hoquetant qu'il s'agit d'un couloir de première…heureusement nous avons laissé le gros du monde dans les ports derrière nous et les espaces communs sont devenus beaucoup plus fréquentables pour le misanthrope que je suis !

Le ferry nous emmène tranquillement, gros pépère qui ne craint pas les vagues ni le vent, et Anaïs, soigneusement droguée par Evelyne (à coup d'homéopathie…!) peut pour une fois profiter du voyage tout en gardant son estomac intact.

Après Andros, Tinos, Naxos et Paros, nous sortons de nouveau sur le pont pour notre arrivée sur Santorin. Il est vrai que nous avons un a priori plutôt négatif pour cette île sachant à quel point elle est touristique. Mais l'arrivée est magique. L'île n'usurpe pas, en tout cas depuis le pont où nous l'admirons, sa renommée. Nous nous disons qu'elle doit valoir le déplacement, mais certainement pas pendant la haute saison touristique d'été. Nous nous régalons à admirer dans le soleil déclinant, cette nature qui a donné à l'île cette forme de croissant .

Cela fait un mois que nous sommes partis et la traversée se prête forcément à un premier bilan dans nos têtes. Nous avons beaucoup aimé cette balade dans la Grèce continentale.Nous commençons lentement à réaliser que nous ne rentrerons pas de suite à la maison et la spirale douloureuse des dernières séparations s'éloigne maintenant que nous avons recréé de nouveaux contacts avec ceux laissés derrière nous.

Dans sa forme le début de ce voyage est vraiment fluide et facile.

C'est la première fois que nous voyagions avec de la 4G. Être toujours connecté change le voyage… On ne se perd jamais vraiment… et Internet nous permet de trouver facilement des locations, Booking et autre Airbnb guident nos pas autant que Google Map. Nous réalisons que la négociation en direct en tapant aux portes comme on peut encore le faire en Asie est de moins en moins intéressante… reste cependant la possibilité de repérer les endroits intéressants, de réserver pour un jour ou deux puis de discuter en direct en cas de séjour prolongé. Ce sera notre façon de faire pour les semaines à venir.

Bref, les reflexes de voyageurs reviennent et nous trouvons doucement nos marques pour les nouveaux défis, type "arriver à faire faire deux heures de devoirs par jour à Gab"!

Le budget (gonflé par des dons avant le voyage), environ 30€ par jour et par personne pour la Grèce, est colossal pour des voyageurs mais ridicule pour des vacanciers, et nous permet d'être encore dans une zone de confort européenne sans que cela suscite beaucoup de surveillance de ma part et/ou de conflit au sein la tribu. Nous sommes en général tous d'accord sur les arbitrages à rendre en terme de dépenses… Même si j'avoue avoir parfois du mal à saisir le caractère essentiel de certains achats…!

chacun ses priorités !

...mais Gabriel dispose de son propre budget extra avec lequel il me soudoie à coup de cafés freddo et Anaïs n'hésite pas à me rappeler qu'elle gère l'application budget et qu'à ce titre elle est mieux placée que moi pour en connaître l'état!

Les corps suivent l'esprit et nous sentons tous les 3 que nous retrouvons notre tonicité.

Nos sacs nous paraissent de moins en moins lourds et cela n'est pas juste dû aux quelques affaires laissées en chemin…Marcher une demi-heure le soir pour trouver à manger après une journée de rando n'est plus un obstacle de la taille de Scylla, mais plutôt l'occasion d'échanger sur la journée et de se mettre en appétit avant notre salade/pita. L'arrêt de la cigarette, comme à chaque voyage, s'est fait facilement, une fois passé les 48 premières heures. Les grecs sont de gros fumeurs et je trouve parfois une bonne âme pour une cigarette du soir (merci Kosta !) sans envie de plus.

Encore beaucoup de chose à penser et à échanger mais la nuit tombe sur notre bateau et une sortie sur le pont nous offre un selfie des plus kitsch !

Nous arrivons enfin en vue d'Héraklion avec 2 heures de retard...nous débarquons dans le port presque désert…un vent chaud vient agréablement caresser nos narines après la climatisation du bateau...la ville est calme et endormie, je me sens étrangement bien malgré ces 14 heures passées dans ce ventre d'acier marin… je me tourne vers Anaïs et Gab pour leur dire ce que je sais déjà : " je vais aimer la Crète !"

Flo

13
août
13
août
Publié le 2 septembre 2019

Nous avons loué un appartement non loin du port d'Heraklion, à une petite demi-heure de marche, et grand bien nous en a pris car avec les deux heures de retard nous arrivons chez nous à 23h. Notre hôte Katerina nous attend et nous accueille avec un plateau de fruits frais et une salade grecque ! Un vrai bonheur !! Nous ne profiterons pas beaucoup de cet appart et de la gentillesse de Katerina mais cela nous fait une bonne base pour aller visiter le musée, puis le lendemain le palais de Cnossos.

Le musée nous subjugue. Il est d'une richesse infinie, j'y suis encore plus touchée qu'à celui de Delphes. Les trésors qui ont été mis au jour à Cnossos, ainsi qu'à Malia (le bijou aux deux abeilles datant de 1700 av.JC) et Phaistos (son disque couvert sur les deux faces de hiéroglyphes dont la signification reste encore un mystère) sont invraisemblables.

Contrairement au musée d'Artemida, nous pouvons faire des photos, du moment que nous n'utilisons pas les flashs, et l'on s'en donne à coeur joie ! Je me sens comme une enfant ne sachant où donner de la tête dans une confiserie ! J'ai envie de tout voir, et en même temps envie de passer des heures devant chaque vitrine, à essayer d'imaginer la vie il y a 7000 ans et jusqu'à l'époque romaine, période couverte par les découvertes qui se trouvent dans ce musée.

On peut voir dans les différentes salles l'évolution des outils et objets du quotidien, ainsi que les bijoux, dont certains sont d'une telle finesse qu'on est en droit de se poser la question : mais où a-t-on perdu notre bon goût et notre savoir-faire ?!! Certains bijoux ont plus de 5000 ans, et n'ont rien perdu de leurs détails et couleurs... J'en suis ébahie.

Nous avançons dans le temps, les statuettes s'affinent, les détails se précisent, d'ailleurs les effigies de déités sont souvent plus grossières que les bijoux. Elles ne sont pas pour autant ridicules, elles en imposent.

Les outils et objets du quotidien comme les chaudrons, marmites, bols, tasses, et même les poêles me donnent comme l'impression que je pourrais sentir ce qui y mijotait lentement si seulement je fermais les yeux un instant. Certaines collections de tasses sont si jolies et fines que l'on pourrait parler de plagia de la part de nespresso ou Ikea !!! Mais non, car pour cela il faudrait que leurs objets soient au moins aussi jolis que ceux qui s'offrent à nous ici-même.

Une nouvelle salle et nous découvrons les armes, dont d'énormes haches sous lesquelles Gabriel paraît tout petit...

Puis ici nous découvrons les jarres de conservation, et apprenons que l'on peut déterminer l'augmentation d'une population à la taille de ces jarres, au fur et à mesure du temps.

Après la conservation des aliments, nous découvrons les jarres et coffres d'inhumation, dans lesquelles les corps étaient déposés en position fœtale, à la verticale. Puis vinrent des sortes de couffins ou coffres, dans lesquels les corps, toujours en position fœtale, étaient cette fois-ci déposés horizontalement.

Nous découvrons également des baignoires… Des baignoires vielles de presque 2000 ans !

Nous terminons notre visite par une salle qui parle à Gabriel, car les statues sont celles de certains héros et dieux de la mythologie, celle-là même qui a conduit nos pas jusqu'en Grèce et en Crète...

Il nous manque malgré tout une salle à voir, nous réalisons en effet qu'une partie de la collection n'est pas accessible faute de personnel pour les vacances d'été... ! Tant pis, nos yeux brillent déjà de mille feux et nos pieds commencent à demander grâce !!!! Nous rentrons à l'appartement, non sans nous arrêter en route pour acheter une petite bouteille de retsina ! Et oui, déjà un mois en Grèce et nous n'y avons encore pas goûté afin de comparer avec nos souvenirs dans lesquels, avouons-le, ce vin grec n'avait pas laissé une marque impérissable ! Il faut dire que depuis 2000 ans ce vin blanc est fermenté avec de la résine de pin qui lui permet de mieux résister à la chaleur. Cela lui donne un goût vraiment particulier mais finalement nous l'apprécions bien plus qu'il y a 15 ans !


Anaïs

14
août
14
août
Publié le 9 septembre 2019

L'attirance de Gabriel pour la mythologie nous ayant amené en Crète, il nous était impossible après le musée d'Héraklion de passer à côté du site de Knossos. J'appréhendais un peu j'avoue, car si l'Acropole est le lieu le plus visité d'Europe, le site de Knossos est quant à lui l'incontournable attraction de tout touriste débarquant en Crète… il se situe à moins de 10 Km d'Héraklion et nous envisageons dans un premier temps de rester une journée de plus sur Héraklion et de nous y rendre à pied. Malheureusement notre logement est déjà réservé pour le lendemain. Après quelques recherches nous découvrons que les bus locaux desservent le site, ce qui devrait nous permettre, en laissant nos affaires en garde chez Katerina, de faire l'aller, la visite, le retour puis de trouver un bus vers notre prochaine étape…

Nous trouvons facilement notre bus local grâce aux conseils de notre hôte et c'est sans difficulté que nous arrivons à Knossos terminus de la ligne. Les touristes sont nombreux et une queue immense part de l'entrée du palais jusqu'à la rue. La veille, briefés par un guichetier sympa du musée et munis de nos billets en duo, nous nous glissons sur le côté et rentrons directement...ouf...et merci ! Surtout que le billet pour les deux visites coûte quasiment le même prix que Knossos en solo !

Bref nous voilà entrés. Le Palais de Minos...le Minotaure, Thésée, Ariane, Dédale et Icare ne sont pas loin dans la tête de Gabriel. De mon côté je me souviens de ces lectures sur l'avancée technologique, digne de la science fiction, de la société antique Minoënne, eau courante, chauffage central, tout à l'égout, près de 6000 ans avant JC...une civilisation tellement décalée par rapport à la Grèce continentale que certains y verront la naissance du mythe de l'Atlantide.

Beaucoup nous avaient mis en garde sur la reconstruction effectuée par Arthur John Evans et sur l'effort d'imagination à fournir pour retrouver l'ambiance… et je ne peux que leur donner raison.

Mais les ruines sont magnifiques et les couches du palais, avec ses niveaux et demi-niveaux (de différentes périodes) donnent une impression labyrinthique aux plus de 1000 pièces qui le composaient, évoquant facilement le côté légendaire de ce palais.

Un peu ébahis et désorientés, nous profitons de l'ombre d'un figuier perdu dans les ruines pour grignoter quelques chaussons aux légumes et contempler le site.

Plus loin nous constatons que certaines canalisations du système d'eau/d'évacuation sont encore visibles, nous rappelant qu'au delà de la légende, la réalité de la civilisation minoenne fut celle d'une étoile dans un monde de ténèbres, qui reste encore difficile à appréhender de nos jours.

Mais comme toute étoile, passé le firmament, la civilisation s'éteignit, ne laissant que les ruines d'un monde disparu…

nous renvoyant forcément à l'actualité du nôtre, qui feint parfois d'être sérieux et d'ignorer qu'il ne fait que passer dans cet océan d'histoire et de légendes. "Cela aussi passera"...

L'heure du retour a sonné, nous laissons tous ces millénaires derrière nous et nous calons dans un bus pour le retour...nous récupérons nos affaires, saluons Katerina et sautons dans un autre bus en direction de l'est...quelques heures plus tard la ville de Malia et ses Resorts nous accueillent… avec soulagement nous constatons que notre guest est excentré et se trouve bien dans la vieille ville comme indiqué...nous commençons à être habitués au grand écart mais cela aurait fait beaucoup pour une seule journée...nous allons pouvoir profiter tranquillement de nos rêves !

Flo

17
août
17
août
Publié le 13 septembre 2019

Autour d'un apéro, accompagné d'une pizza plutôt bonne, d'une courgette trouvée par Gabriel lors de notre balade et que nous faisons simplement revenir à la poêle et d'une énième partie de cartes, nous décidons d'opter pour une location de voiture. Cela va mettre un coup au budget (Gasp…!) mais en choisissant des logements avec cuisine pour faire la popote on pourra équilibrer. C'est parti pour les recherches, et Karma a l'air d'être de notre côté car nous trouvons la perle à Selakano, un tout petit point sur la carte qui nous parait prometteur, et qui casse la baraque question prix ! 15€ la nuit pour nous 3, on se demande si nos yeux nous jouent des tours !! Après vérification, c'est notre demande pour 7 nuits consécutives qui fait baisser sérieusement le prix de ce logement. Allez, on se lance, on verra bien !!!

Le jour J nous prenons le bus jusqu'à Agios Nikolaos, la petite ville dans laquelle nous avons loué notre voiture pour la semaine à venir. Une petite heure de bus, puis 20 minutes de marche nous emmènent jusqu'à notre fidèle destrier. Ce n'est pas Pégase, mais une petite voiture d'un rouge rutilant, à peine plus grande qu'une smart !! Elle nous parait tellement luxueuse après un mois en bus !!! Le loueur nous demande où nous allons, et nous conseille, lorsque nous répondons Selakano, de ne pas utiliser la clim lors des montées pour ne pas faire surchauffer le moteur. Cela tombe bien, nous ne l'utilisons jamais, mais une fois installés, moi au volant et Flo prêt à me guider, nous nous interrogeons mutuellement sur ce qu'à voulu dire notre interlocuteur… Bah, on verra bien une fois là-bas !

Un petit tour au supermarché pour faire quelques courses avant d'arriver en montagne, notamment les basiques, et nous prenons la route, mais pas encore pour rejoindre notre lieu de villégiature. Nous filons vers le nord d'Agios Nikolaos afin de voir l'île aux lépreux, la forteresse de Spinalonga.

Cet îlot a servi de lieu d'enfermement aux lépreux pendant une cinquantaine d'années, jusqu'en 1957. Ce n'était pour autant pas une léproserie car aucun soin n'était prodigué, les personnes étaient juste prisonnières de la forteresse. Une loi fut votée en juillet 1901 afin de faire arrêter tous les lépreux de Crète pour les déporter à Spinalonga. Jusqu'à 500 personnes vécurent là, dans le dénuement le plus total, et des conditions sanitaires dramatiques. Parmi ces personnes, certaines n'étaient pas atteintes par la maladie, mais étaient les conjoints ou les enfants de malades.

Nous ne nous rendons pas sur l'île, toujours réfractaires au business qui peut être mis en place parfois autour de faits historiques, mais observons l'île depuis la rive d'en face, ayant une pensée pour ces gens dont le plus grand crime fut d'être malades.

Nous reprenons la route, et trouvons un petit spot sympa pour pique-niquer et faire un plouf dans une eau cristalline, puis ça y est c'est parti pour l'aventure des routes de montagne qui nous emmèneront dans notre nouveau chez nous !

L'arrière-pays crétois est beau, encore une fois j'y retrouve beaucoup de paysages de mon enfance corse, de senteurs également. les routes s'enroulent sur elles-mêmes, ce ne sont que méandres au détour desquels les yeux découvrent de nouvelles vallées, de nouvelles gorges, de nouvelles montagnes. Le soleil commence à décliner, la lumière est sublime. Mais la route ne fait que s'étrécir, et l'on se demande s'il y a vraiment un village au bout !

Voilà, nous devrions arriver d'ici 10 minutes, d'après Google Map, et pourtant nous sommes sur une route qui n'en a plus que le nom : la roche d'un côté, le ravin de l'autre, des ornières qu'on ne peut pas nommer nids de poule mais plutôt d'autruche… et devant nous une passe digne d'une scène du Seigneur des Anneaux (pour les aficionados celle où Aragorn disparaît seul avec son cheval pour aller embaucher l'armée des morts…) Je vous jure, j'exagère à peine ! C'est le sentiment que ça me donne, et notre voiture me paraît encore plus petite tout à coup ! J'ai stoppé juste avant d'attaquer la côte qui grimpe dans cette passe, et ce qui est le plus inquiétant c'est de ne pas savoir ce que l'on trouve de l'autre côté ! Mais qu'est-ce qui nous a pris de réserver une semaine entière !!! Cela veut dire emprunter ce passage de la mort deux fois par jour !! Bon allez, il est temps d'y aller…

Ah bah finalement c'est bien plus impressionnant que difficile…! On se fait tout un monde, et puis… Une chose est sûre, notre Titine n'aura pas vu beaucoup la 3ème pendant une semaine, et c'est à peine si elle à vu la 2nde !

Notre hôte Michael est là qui nous attend. La maison est une maison de famille qu'il a décidé de louer par AirBnb car il n'y vit pas, et qu'il souhaite la voir vivre un peu, sortir de sa léthargie et respirer, comme un vieil animal qui sortirait d'une hibernation un peu trop longue.

Il nous fait faire le tour du propriétaire, nous sommes ses premiers guests, et l'on sent une certaine fébrilité. Tout est fait pour que nous nous sentions comme chez nous, jusqu'au plein du frigo et des placards… Il y a à manger pour toute la semaine ! 5 bouteilles de lait, 24 œufs, 7 bouteilles de jus de fruits, plus d'1,5kg de yaourt, 2 énormes paquets de pain de mie, du café, des gâteaux, de la pâte à tartiner, de la confiture, et j'en passe ! Il nous dit que ce n'est que pour le petit-déjeuner, mais au vu de la quantité de denrées et de notre appétit de voyageurs, nous savons que nous n'aurons que très peu de choses à racheter pour compléter et faire tous nos repas avec les basiques que Michael a achetés pour nous. Il y a même des pâtes et des sardines en boîte ! Nous réalisons qu'il en certainement eu pour plus cher de courses que ce que lui rapporte notre location… C'en est presque gênant, mais lorsqu'on lui en parle, son regard s'éclaire du plaisir de savoir que la maison dont il a hérité de son papa avec son frère va connaître une deuxième vie.

Il est 19h, nous invitons Michael à partager un verre, et prenons le temps de discuter. Il vit sur la côte sud, à Ierapetra, à une heure de route, et n'hésitera pas à revenir le lendemain matin lorsque nous le contactons pour un problème d'eau chaude. Quelques heures sont nécessaires pour tenter de résoudre la panne, mais nous en profitons pour l'inviter à déjeuner avec nous le midi, ces moments de partage sont aussi ce qui nous a fait partir en voyage. Il faudra un jour de plus pour réparer le chauffe-eau, et un aller-retour supplémentaire à Michael. En attendant nous faisons chauffer l'eau à la bouilloire et nous lavons au seau, un avant-goût de l'Inde !!

Nous savons qu'ici nous serons bien. Ne reste plus qu'à découvrir la région !

Anaïs

29
août
29
août

Il est temps de remonter vers le nord, afin ensuite de pouvoir bifurquer plus facilement vers l’ouest (Toujours cette histoire de montagnes au milieu du passage !)

C’est Gabriel qui trouve notre prochaine étape en regardant un peu sur le net ce qui pourrait l’intéresser. Il trouve un lieu qui nous inspire tous les trois, un petit lac de montagne où il est possible de se baigner, pas très loin d’un village qui semble prometteur. Nous quittons la mer pour quelques jours, et filons donc vers le lac de Kournas, seul lac naturel d’eau douce en Crète.

Nous arrivons à Kournas, le lac est en fond de vallée et il faut être quasiment dessus pour le découvrir ! Le paysage est joli tout plein, on dirait un lieu de conte pour enfant ! Ah bah non pardon, il y a trop de monde pour ça !!! Touristique, mais pas non plus écrasant, l’eau est d’une très belle couleur turquoise et donne envie de se glisser dedans, elle est forcément bonne !

L’attrape touriste est quand même là qui rôde, boutiques de souvenirs, tavernes et location de pédalos sont légion. Bon pour se baigner, comme d’hab il va falloir marcher un peu, mais pour les Nosaures pas de souci c’est le menu quotidien ! En prenant la route qui nous emmène un peu plus loin, nous trouvons notre coin baignade ! Mise à l’eau aussi agréable que ce qu’on pensait, l’eau est douce et bonne, même pas fraîche ! Une petite heure, et c'est déjà l’heure de reprendre la route, il est 17h et on ne sait toujours pas où l’on dort ce soir !

En venant nous avions traversé le village qui nous avait bien inspiré, nous en prenons le chemin et trouvons sur booking une loc sympa avec vue tombante à travers la vallée jusqu’à la mer. Cool, les apéros sur la terrasse vont être sympas pour les deux prochains jours !!

Alors en arrivant la chambre et la vue sont bien sympas, mais où est la cuisine s’il-vous-plaît ? C’est qu’on a un budget à tenir maintenant qu’on a décidé de louer une voiture jusqu’à la fin du séjour ! Pas question de manger dehors à la taverne... D’ailleurs on a fait les courses en venant, on a de quoi faire des pâtes, mais apparemment rien pour les faire cuire !!! Ce n’est pas le propriétaire qui nous a reçus, mais sa mère, qui baragouine quelques mots d’anglais et à qui je tente de faire comprendre que dans ma resa il est bien stipulé qu’il y a une cuisine... Elle finit par nous dire que si nous voulons nous pouvons venir cuisiner dans son appartement, bon c’est pas la solution idéale mais on fera avec... Nous sommes en train de nous installer quand elle revient pour finalement nous dire qu’elle a eu son fils au téléphone, et que nous allons pouvoir migrer dans une chambre plus grande dans laquelle il y a une kitchenette. Ah bah voilà quand on veut !!! Après ces aventures l’apéro avec vue n’en sera que meilleur ! Nous y passerons 2 nuits, et Gab et moi pourront même satisfaire un certain manque puisque 2 jeunes chats aussi jolis que friands de caresses habitent ici, et que l'un des 2 à élu domicile dans notre chambre pour une nuit !!!

Le village d’Argyroupoli est très étendu, et promet de belles balades à travers ses ruelles médiévales. Un petit coup d’oeil sur internet nous apprend qu’un platane vieux de 2000 ans nous y attend, ainsi qu’une nécropole du même âge. Tout ce qu’on aime ! Nous avons même l'occasion de nous croire dans Game of Throne ! En effet dans ce village eurent lieu des noces pourpres...mais pour de vrai...gasp!

Les ruelles nous emmènent donc, dans un voyage à travers le temps. Nous flânons, croisons quelques portes à photographier, et un vieux. Ah tiens ça faisait bien longtemps qu’un vieux ne nous avait pas donné d’indices quant à la route à suivre ! D’ailleurs les dernières fois c’etait des vieilles !

Je photographie donc une porte, quand ce papy nous interpelle, et pousse ladite porte, derrière laquelle nous découvrons un ancien pressoir à huile d’olive, où se trouvent encore quelques jarres ainsi que des meules, le tout ayant, aux dires de notre papy, environ 1000 ans... Quelques photos plus tard, il me prend par la main, et nous emmène maintenant vers une autre porte qu’il pousse pour nous. Elles sont tellement vieilles ces portes, il ne me serait jamais venu à l’idée d’y entrer ! Ici nous sommes dans un ancien four à pain, plus récent tout de même puisqu’il n’a « que » 400 ans ! Là aussi, papy se prête au jeu des photos, puis c’est reparti pour la suite de la promenade. On finit par se demander où il nous emmène...

Nous arrivons à une petite chapelle, sous laquelle notre guide nous apprend, dans un « anglec » approximatif, que se trouve une nécropole. Nous n’avons pas réussi à comprendre l’histoire de ce cimetières caché. Un chemin dallé fait le tour de l’eglise, je m’y promène pour quelques photos supplémentaires quand papy me reprend par la main pour m’emmener dans un jardin situé à l’arrière de l’église, où se trouve un cabanon de jardin à l’allure un peu glauque. Je me retourne pour vérifier que Flo et Gab sont bien derrière moi, ouf c’est bon ils ne me lâchent pas d’une semelle !

Notre guide, qui semble être une sorte de bedeau, sort un gros trousseau de clés et ouvre la porte du cabanon, j’ai presque l’impression d’entendre la porte grincer, alors qu’en fait pas du tout ! Il s’agit d’une sorte d’atelier duquel il sort un appareil photo sur pied datant certainement du début du siècle dernier ! Celui-ci est un bel objet qui doit avoir une belle valeur de collection, mais qui a surtout, au vu de la façon dont papy nous le fait découvrir, une valeur sentimentale importante pour lui. Nous admirons religieusement l’appareil photo, quelques photos d’un autre temps sont accrochées dessus. On a comme l’impression d’avoir été choisis, comme si nous avions mérité de découvrir ce trésor, et en sommes particulièrement touchés et reconnaissants. C’est pour ce genre de moments que nous sommes partis en voyage, le genre de rencontre éphémère dont nous nous souviendrons pendant longtemps.

Il est temps de ranger l’appareil, et pour nous de reprendre notre visite du village, mais attends, c’est quoi dans le cabanon, ça serait pas un bidon de raki ? Si si regarde, il sort les petits verres ! Yamas, nous trinquons à cet instant fugace mais marquant.

Au revoir, et merci... Nous sommes presque désorientés en ressortant, tant le moment partagé a été fort. Nous lui avons demandé le chemin pour rejoindre le vieux platane, mais encore une fois les explications étaient approximatives !

Nous finissons par trouver le chemin de notre vieil arbre, et il s’avere que la nécropole gallo-romaine se situe au même endroit. Nous y trouvons également une chapelle chrétienne érigée à la mémoire de 5 vierges mortes en martyres en l’an 205 de notre ère.

Le lieu nous laisse sans voix. Nous découvrons tout d’abord quelques une des sépultures de la nécropole creusées à même la roche calcaire, sans aucune précision à aucun moment, pas de panneau, d’information. Elles sont juste là, comme nous attendant.

Nous continuons notre chemin, et arrivons à la chapelle, construite contre la paroi, utilisant une anfractuosité pour se poser dessus. J’y entre et y brûle un cierge, c’est un geste que j’aime à accomplir parfois dans les lieux de cultes, quels qu’ils soient. Une forme de communion, une façon de concrétiser la pensée que j’ai pour les gens qui comptent.

On entre dans la chapelle par une porte, celle d’en face nous en fait ressortir comme dans un monde différent, parallèle. Il est là, cet arbre âgé de 2000 ans, et comme chaque fois que je croise un de ces vieux sages, les vétérans comme ils sont appelés, je ne peux m’empêcher d’imaginer tout ce qu’il a pu vivre, tout ce qu’il a dû voir. C’est vertigineux ! Il est immense, ses branches se déploient au-dessus des anciennes tombes comme pour les protéger. J'avais ressenti l'énergie de la Terre à Delphes, ici c'est sans commune mesure. Je suis sous le charme de ce Platane majestueux. Il me fait penser à un des ces Ents du Seigneur des Anneaux (et oui, chacun ses références ! ). S'il devait nous raconter sa vie, la nôtre n'y suffirait pas pour l'écouter.

Gabriel grimpe sur lui, délicatement, et noue sur une de ses branche un ex-voto, nous y envoyons tous les 3 nos pensées et vœux.

Autour de nous une douce rivière, une fontaine aux propriété soit-disant magiques ( nous en buvons jusqu'à plus soif, on ne sait jamais …), des tombes millénaires creusées dans le calcaire, et ce vieux sage qui nous accueille. Le temps s'est arrêté et nous profitons encore une fois d'un moment d'un grande force.

Puis il est temps de saluer l'instant et de prendre le chemin du retour. Nous ne disons rien, chacun de nous est bien pensif après ce qui nous a parut être un cadeau du ciel, de karma, ou de qui a bien voulu nous l'offrir…

Anaïs

16
août
16
août

La Crète se prête moins au voyage en bus que la Grèce continentale. Peut-être est-ce parce qu'en Grèce nous avions un tracé en tête partant de Thessalonique jusqu'à Athènes avec des étapes déjà imaginées, même si nous n'avions pas de planning pour tracer notre route, alors que la Crète est, maintenant que nous avons vu le musée d'Héraklion et le Palais de Cnossos, une page blanche où rien n'est prévu.


Plus probablement c'est parce que la Crète est très touristique sur la côte nord. Les chaînes d'hôtels all inclusive se situent de ce côté-ci de l'île, de part et d'autre d'Héraklion, la côte nord étant la mieux desservie question infrastructures routières, et les principaux ports et aéroports s'y situent. La raison en est tout simplement géologique. En effet l'île est séparée en deux sur toute sa longueur par des chaînes de montagnes, et il est par endroits impossible de passer par-dessus ou à travers ! La route principale se situe donc tout le long de la côte nord, et de multiples petites routes rayonnent depuis celle-ci pour descendre vers le sud. Cependant il y a peu d'endroits où les routes transversales permettent de joindre directement les deux côtes.


La côte sud est quant à elle parsemée de gorges et de canyons plutôt impressionnants, qui font que certains lieux ne sont accessibles qu'à pied ou par bateau.


Tout cela pris en compte nous fait réfléchir lors d'un conseil de famille pour décider "quoi". Nous sommes à ce moment-là à Malia pour 3 jours, et même si le vieux village est très joli, il y a bien trop de monde pour nous ! (Flo n'est pas le seul misanthrope de la famille !)


Malgré tout nous parvenons pendant nos 3 jours à Malia à dégoter un coin désert où nager tranquillement dans une eau cristalline. Il nous aura fallu une bonne heure de marche pour trouver ce lieu assez magique, c'est d'ailleurs pour cela que nous sommes les seuls à y venir ! Les touristes, qu'ils soient grecs ou pas, n'envisagent pas vraiment de marcher pour être tranquilles, il y a comme une culture du "j'aime bien quand on est les uns sur les autres" qui ne laisse pas de nous étonner. Il suffit parfois de s'écarter de quelques dizaines de mètres… Apparemment c'est trop pour beaucoup, ce qui nous arrange bien ! En chemin nous croisons les ruines du palais minoen de Malia, où ont été retrouvés nombres de trésors que nous avons pu admirer au musée d'Héraklion.


Un détail nous saute aux yeux en longeant la côte en bus, ce sont les nombreuses serres de cultures, dont nous découvrons pendant nos pérégrinations dans Malia qu'il s'agit de bananiers ! Des milliers de bananiers dont les fruits sont succulents !! Mais pourquoi mangeons-nous des bananes de République Dominicaine quand on pourrait déguster celles de Crète ? Ah la mondialisation, aucune logique.

Un point tout près sur la carte nous intrigue, car il porte le nom de Reptile Rescue Center. Après vérification sur le net il s'agit apparemment d'une association qui récupère et sauve nombres d'espèces d'animaux, principalement des poissons, pieuvres, tortues, ainsi que toutes sortes de serpents et iguanes/lézards. Le fait que ça plairait bien à Gab d'aller voir des serpents ainsi que le statut de centre de sauvetage et les avis positifs que nous trouvons en ligne, plus le trajet qui prend un quart d'heure en bus nous convainquent de faire une exception.

Nous arrivons dans un endroit assez petit, où nous découvrons quelques poulpes en passe d'être relâchés, une tortue aveugle de 19 ans qui elle finira sa vie ici car la cécité la condamne à ne pas pouvoir se nourrir dans son milieu naturel, et quelques autres espèces, puis nous passons côté vivarium. Gabriel est content, serpents autour du cou et gros lézards dans les mains !Il repart ravi Flo est un peu plus circonspect. L'association a l'air de bien s'occuper des animaux, mais il y a quand même un côté business qui nous gène, même si nous comprenons bien qu'il faut de l'argent pour faire tourner le lieu.Nous préférons quand même tous les trois voir des animaux à l'état sauvage.

Anaïs







19
août
19
août

Michael nous a indiqué une belle balade à faire pas très loin de la maison, nous partons donc pour une rando dans les Gorges de Sarakina. Une demi-heure de route pour arriver jusqu'au parking, un pique-nique sur le pouce à base de pain de mie et de sardines en boîte, et nous voilà prêts pour la promenade.Nous faisons la rando dans le sens de la montée, à contre courant de la rivière qui coule au fond des gorges.

Une fois de plus le paysage est saisissant, encore plus que ce que l'on en attendait. Les piscines naturelles se succèdent sans pour autant se ressembler, et les couleurs sont dignes de filtres instagram !

Certains passages sont un peu ardus, nous serions presque en train de faire de l'escalade !

Peu de monde, comme on aime, on peut même faire trempette en tenue d'une Ève et de deux Adams ! L'eau est aussi bonne qu'à la mer, nous en sommes surpris, pensant nous baigner dans une eau de torrent.

La roche est rouge de ce côté, jaune de l'autre, les contrastes et lumières sont saisissants.

C'est cette nature encore présente que nous aimons admirer dans nos pérégrinations, ici on arrive presque à oublier qu'ailleurs elle va si mal. Elle nous offre une bulle dans laquelle nous nous enveloppons, afin de profiter d'un répit.

J'imagine assez facilement les crues en hiver lorsque le torrent est rempli des pluies qui dévalent les pentes. Nous apercevons en certains endroits des enchevêtrements de bois qui indiquent la violence du débit. Il nous faut environ 3h aller-retour pour cette rando, sans compter les temps de rafraichissement ! Nous aurions le choix de redescendre par la route qui longe les gorges, mais le charme de la baignade nous fait préférer revenir par le même chemin.

Il est 18h, nous reprenons la voiture tranquillement pour une vingtaine de minutes de route qui nous emmène au village côtier de Mirtos, où nous espérons nous délecter d'une bière et d'un chocolat froid, boisson à laquelle Gabriel et moi sommes devenus accros ! Mirtos est un ancien village de pêcheurs, maintenant plutôt tourné vers le tourisme. Néanmoins cela reste doux, nonchalant même. Avant de nous poser dans un des quelques cafés en bord de plage, nous déambulons tranquillement dans les ruelles, croisons quelques boutiques ici et là. Il y a comme une douce langueur à marcher ainsi. Nous trouvons notre fournisseur de chocolat froid et bière, la terrasse donne sur la plage sur laquelle, bien sûr, comme partout en Grèce, nous voyons les éternels parasols et transats qu'affectionnent tant touristes et locaux.

Notre regard se porte au-delà de cette plage et nous décidons que demain sera jour de baignade. En effet au loin des kilomètres de plage déserte nous font de l'œil ! Le lendemain nous partons donc pour cette plage qui nous fait tant envie ! Quelques minutes de voiture depuis Mirtos nous y conduisent, c'est presque difficile de savoir où poser nos affaires tant la plage est grande ! Nous y passerons un bel après-midi, fait de baignade, de snorkeling, de bronzage, et même d'un peu de yoga !! L'occasion se présente de tester la Gopro sous l'eau pour filmer une sorte de rascasse.C'est décidé, nous reviendrons demain et testerons un autre coin que nous avons repéré ! Et bien le deuxième jour de baignade est à la hauteur du premier ! Toujours aussi peu de monde, et l'endroit est tellement paisible. Encore une fois ma séance de yoga sur la plage est un pur bonheur !!


Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux….!

Anaïs

22
août
22
août
Publié le 13 septembre 2019

Aujourd'hui nous sommes en route pour aller saluer le plus vieil olivier du monde !

Les vieux arbres, grands sages qu'ils sont, nous touchent particulièrement tous les trois. Nous aimons leurs troncs noueux, leurs branches tordues qui s'étendent sur nos têtes comme pour une bénédiction.

Nous avons une heure et quart de voiture pour rejoindre le village de Kavousi puis une demi-heure de marche pour aller jusqu'à l'olivier. Nous traversons le village de Kavousi, et y croisons quelques ruelles, quelques ruines ainsi qu'un superbe bougainvillée complètement extravagant !! Le chemin emprunte ensuite une route de béton, pas tout à fait une piste, apparemment nous sommes les seuls à faire la balade à pied !

Bonjour Grand Arbre. Il est aussi majestueux que je l'avais imaginé, son tronc raconte les ans, ce temps immuable qui passe bien plus vite pour certains que pour d'autres...

Nous prenons notre temps, une taverne nous tend les bras pour nos éternels chocolats et cafés froids. J'aime ces moments.

Pour redescendre nous emprunterons une portion d'un sentier de randonnée européen l'E4, que nous avions déjà croisé sur les Météores, et qui passe également à Selakano, juste au-dessus de notre logement.

Puis nous repartons direction les Gorges de Richtis pour une nouvelle rando qui nous promet elle aussi de grandes choses ! La balade peut se faire en deux parties, d'abord une bonne heure et demie pour rejoindre une cascade, puis pour ceux qui ont le courage ou le temps le même temps de marche pour aller jusqu'à la mer. Sachant qu'il faut compter la même durée pour le retour ! Nous aurions pu être courageux, mais c'est le temps qui nous manquera pour rejoindre la mer, nous nous contenterons donc de la cascade.

Contrairement aux gorges de Sarakina où le paysage était surtout fait de roche et de falaises, ici à Richtis nous suivons la rivière dans la forêt. En revanche l'eau est bien plus froide, et les piscines moins nombreuses. Nous finissons par trouver l'escalier en bois qui nous était annoncé, la descente est impressionnante, mais nous entendons la cascade et savons que nous allons pouvoir nous rafraîchir enfin.

Le lieu est vraiment sympa, la chute d'eau nous ferait bien imaginer quelques fées et lutins, malheureusement s'il y en a dans cette forêt ce n'est pas aujourd'hui qu'ils montreront le bout de leur ailes ou bonnet !! En effet nous sommes une quinzaine à profiter du lieu, et chacun de nous attend sagement que les autres aient fait leur selfie sous la cataracte. Nous ne dérogeons pas à la règle, et c'est Gabriel qui s'improvise photographe pendant que ses parents bravent l'eau plutôt froide pour aller poser !!! Nous avons quand même l'honneur de croiser deux anguilles loin d'être farouches, et avons du même coup une tendre pensée pour Camille car cela nous rappelle une certaine baignade à Tahiti !!!Frais comme des gardons après ce petit bain (ah bah non, comme des anguilles !) nous empruntons le chemin du retour, à commencer par l'escalier en bois raide comme la justice !

Nous sommes dans les temps pour rentrer sans rouler de nuit, et c'était bien notre but car la route pour arriver à Selakano c'est déjà quelque chose de jour, je préfère ne pas rajouter de malus !!!!

Anaïs

25
août

Notre semaine à la montagne touche à sa fin, nous rejoignons la côte sud pour 3 jours avant de commencer notre tour de l'ouest. Nous commençons par remonter à Agios Nikolaos pour rendre notre bolide rouge, puis prenons un bus jusqu'à l'aéroport d'Heraklion où nous avons de nouveau loué une voiture. Ce sera un bolide blanc cette fois-ci, mais bien moins rutilant que la première !!! Kokkinos Pyrgos sera notre point de chute, village tranquille situé près de la bien plus touristique (au secours...!) Matala dont je parlerai un peu plus loin. Nous arrivons en milieu d'après-midi mais la loc n'est pas encore dispo alors nous longeons le front de mer jusqu'au bout du port où se trouve un petite et bien jolie plage avec son incontournable taverne et nos chocolats et cafés froids ! Puis nous partons déposer nos affaires dans notre studio. Notre hôte Maria nous indique que ce soir dans le village d'à côté a lieu une fête, un genre de braderie où les restos installent des dizaines de tables à l'extérieur. Les gens du coin se retrouvent pour manger dehors, l'ambiance est sympa, beaucoup de monde, principalement des locaux.Allez ça nous changera des pâtes qu'on cuisinait à Selakano !

Nous ne sommes pas très loin du Palais de Phaistos, où fut découvert le disque du même nom que nous avons vu au musée d'Heraklion, alors le lendemain nous nous y arrêtons avant de continuer notre route vers la fameuse Matala. Finalement les ruines quoique jolies (nous les apercevons à distance) ne nous inspirent pas une visite plus poussée. Cnossos nous a suffi.


Nous partons donc visiter Matala, assez connue dans le coin pour avoir abrité une communauté hippie depuis les années 70. Gros coup d'angoisse le village n'est que boutiques, touristes, parkings payants, et j'en passe. C'est joli, surtout sa roche plongeant directement dans les flots, malheureusement le hippie est devenu businessman et les parasols, payants également, envahissent le petit bout de plage de sable.

Le seul parking gratuit que nous trouvons se situe au bout d'une piste défoncée, (si tu payes pas, j'entretiens pas ) et nous voyons un panneau indiquant une plage à l'opposé du village. Après conseil de famille un peu houleux nous décidons d'effectuer la demi-heure de marche qui nous y emmène, nous ne sommes pas les seuls mais ça ne peut pas être pire que de l'autre côté ! Deux chemins sont indiqués, l'un est apparemment moins ardu que l'autre mais un peu plus long, c'est celui que nous choisissons d'emprunter à l'aller. Nous passons une colline très escarpée la balade est très jolie, et nous nous voyons offrir une très belle vue sur la deuxième plage. On descend tranquillement, et nous installons comme à notre habitude du côté où il y a le moins de monde, pour réaliser que c'est le coin nudiste ! Et bah on est aussi bien là qu'ailleurs !

Une belle plongée d'une heure avec les masques nous rassérène, et c'est de bien meilleure humeur que nous regagnons nos pénates, en empruntant pour le retour le chemin le plus difficile, qui finalement nous apparaît plutôt cool par rapport à ce qu'on a déjà fait comme rando !

Le jour suivant sera l'occasion de deux belles activités. Tout d'abord, la veille sur la route de Matala, nous avions repéré un refuge pour ânes, aujourd'hui nous leur rendrons donc visite !Qu'ils sont beaux tous ces cadichons ! C'est une famille du coin qui a créé ce sanctuaire il y a nombre d'années, car la tradition, qui voulait que chaque famille ait un ou plusieurs ânes pour travailler au champ, a disparu, et les ânes ont commencé a être délaissés, voire abandonnés. La famille a donc commencé par en recueillir un, puis deux, puis... Désormais c'est une association, ils ont une quinzaine de baudets qui finissent leur vie tranquillement, et l'on peut aller les flatter délicatement. Ils portent leur nom autour du cou sur un collier de perles en bois, et la fille de la famille qui nous a fait faire le tour du propriétaire nous a raconté leur histoire, les connaissant chacun rien qu'en un coup d'œil. Dans le pré où vivent les ânes sont aussi des oies et des canards, quelques poules, des chèvres, et chats et chiens ne sont pas loin ! Il y a même une petite chatte d'à peine 3 mois qui a perdu ses deux yeux à cause d'un virus. Nous nous disons tout d'abord qu'elle doit être bien malheureuse, mais cette coquine ne s'en laisse pas conter et nous la voyons jouer tel le chaton qu'elle est !

Il est l'heure de quitter tout ce petit monde pour aller se baigner, non loin se trouve une énième plage au bout d'une énième gorge ! C'est parti pour les Gorges d'Agio Farago. D'après nos infos la promenade est facile et vaut la peine pour le spot de plongée qu'elle offre il ne nous en faut pas plus. Bon les infos étaient un peu erronées concernant la piste à emprunter avant de pouvoir commencer la balade, la piste est bien plus longue que ce qu'on avait lu !! 40 minutes en 1ère, en plein cagnard, nous qui avions imaginé un temps de faire l'intégralité à pied ! Heureusement la nouvelle voiture de location n'a de nouvelle que le nom, c'est un vieux coucou, mais on a moins de scrupules à emprunter ce genre de terrain !!! Nous arrivons enfin au dernier coin où nous pouvons laisser la voiture, nous passons devant une guérite qui vend quelques boissons, et sommes surpris par plusieurs panneaux enjoignant les promeneurs à respecter le lieu,( notamment un panneau sur comment enterrer son caca qui nous a bien fait rire !), à ramener ses déchets pour ne pas les laisser sur la plage ou le long des gorges. Nous trouvons même au tout début du chemin quelques petites bouteilles en verre vides avec leur capuchon, et un écriteau proposant de s'en servir de cendrier et de les ramener pour les prochains utilisateurs. La démarche est chouette.

Nous marcherons 20 minutes pour rejoindre la plage, nous sommes en fond de vallée donc c'est plat et facile, mais c'est surtout magnifique. Encore une fois surpris par le jeu des couleurs et des contrastes, pas d'eau ici en été mais beaucoup d'arbres, dont un très bel olivier que nous pensons bien vieux, nous croisons également une église, la Crète n'a pas son pareil pour les églises perdues au milieu de nulle part ! Celle-ci nous ferait presque nous croire au Mexique !

L'arrivée sur la mer est à hauteur de nos espérances et c'est un des plus jolis endroits où nous aurons l'occasion de nous baigner. Il y a même un rocher d'où Gabriel passe des heures à sauter, et moi aussi !!! L'eau est limpide, et tellement bonne que nous en sortons à peine ! Ça se mérite, mais ça vaut le déplacement !!!

Voilà, nous reprenons la route, c’est bientôt l’heure de l’apero et la piste est longue mais nous pourrons profiter du changement de lumière pour notre retour par la gorge !

Santé !

Anaïs

30
août
30
août
Publié le 22 septembre 2019

C’est avec regret que nous quittons Argyroupoli qui restera le lieu que nous aurons préféré en Crète. Nous prenons la direction de Kolymbari, qui est situé dans le « deuxième doigt » du Nord ouest de la Crète, où nous avons trouvé une location apparemment très sympa, mais qui finalement, est quand même un peu véreuse ! Il s’avère qu’une mauvaise manip dans booking nous a fait réserver pour une seule personne ! L’hôtel, tenu par des anglais se révélera bien au-dessus de nos moyens . Malheureusement nous avons déjà réglé en ligne, pas de remboursement possible, et un supplément infligé par la patronne nous oblige à rester pour ne pas perdre nos deniers. Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et profitons un maximum de la piscine et du homard !!! Nous resterons deux nuits, celles que nous avions déjà payées.

Au prix de la loc aucune chance qu'on aille manger dehors !

Cela nous permet de faire la connaissance d’un viticulteur local, à qui nous achetons au litre un vin entre rouge et rosé qui se révèlera surprenant et bien meilleur que ce que nous pensions ! Il nous le délivre directement du fût après nous avoir attiré dans le fond de sa cave !

Sur la pancarte on peut lire miel et vin, mais le premier mot je ne sais plus ! Je crois que c'est du raki/tsikoudia 

Pendant ce court séjour, nous partons visiter Chania (prononcer Rania), dont on nous a plusieurs fois vanté les mérites. Nous ne sommes pas déçus, la vieille ville et son port valent effectivement la balade. Les eaux du port sont à ce point cristallines que nous pouvons y admirer, parmi une multitude de poissons, une pieuvre en train de nager !! Nous nous perdons volontiers au gré des ruelles, et pouvons admirer les vieux bâtiments, turcs et vénitiens, ainsi que la mosquée. Les chats y sont légion !!

Le jour de notre départ, nous découvrons également un des rares sites historique de la Crète non dédié à l’antiquité, à savoir le mémorial de la bataille des cadets durant la WW2. Nous nous étions fait la réflexion plusieurs fois que si l’histoire antique de la Crète est bien présente à travers de nombreux sites, l’histoire plus moderne, pourtant tout aussi dense et intéressante, est quant à elle quasiment absente. Le lieu est d’ailleurs désert. Mais pour notre effort comme les églises et les cimetières, les mémoriaux ont souvent la primeur de la vue. Quelques chèvres viennent tout de même à notre rencontre avant que nous prenions la route en direction de Kissamos.

Anaïs et Flo

1
sept
1
sept
Publié le 25 septembre 2019

Kissamos est un village en bord de côte, quasiment à l’extrême ouest de la Crète. Notre prochain guest se situe dans les hauteurs, avec une vue sublime sur la baie et l’horizon, et nous savons dès que nous y arrivons que nous aurons envie de rester plusieurs jours. Nos hôtes nous informent que nous serons les bienvenus pendant 4 jours, ensuite c’est booké. Ça marche pour 4 jours ! Nous savons déjà que nous passerons du temps sur la terrasse à admirer le point de vue ! Et cela nous laissera le temps d’explorer un peu l’extrême ouest, qui est la dernière région que nous n’avons pas du tout parcourue. Au programme, un olivier vieux de 3000 ans ( et oui, encore un ! ), et une chapelle cachée dans une grotte sainte !

Les vieux arbres c'est notre truc, et en Crète on peut dire qu'on a été gâtés ! Alors nous n'aurions pas pu quitter l'île sans aller saluer un autre vieux sage, qui pourrait être aussi âgé ( peut-être plus ?) que l'olivier de Kavousi. Il se situe à Vouves, les routes qui nous y emmènent sont bien sur Google Maps, mais parfois on se demande bien où il envisage de nous perdre ! Le village est tout petit, l'arbre trône au milieu de la place, près d'une taverne ( tiens donc ! ). Il est bien moins haut que celui de Kavousi, mais son tronc évidé est tortueux à souhait, et d'une largeur telle que plusieurs Gabriel pourraient s'y glisser le temps d'une photo ! Nous n'en avons qu'un sous la main… L'émotion de se retrouver face à un être vivant de plus de 3000 ans est toujours présente, et nous lui adressons nos pensées et nos révérences.

Non loin de lui, les vestiges d'un pressoir à huile, dont on ne peut plus admirer qu'un mur et le système de meules qui étaient actionnées par des ânes.

Après cette belle rencontre végétale, nous partons sur la route de l'ouest, pour une balade en voiture qui nous montrera quelques belles vues sur la mer qui se trouve en contrebas. Gabriel dort, du coup on file, on roule, c'est aussi un moyen de s'imprégner de certains paysages.

Nous voici devant la grotte de Sainte Sophie. Quelques marches, et nous y voilà. On entre dans la grotte, et nous pouvons en faire le tour sans même que le chemin soit tracé, ou qu'il y ait une corde pour nous empêcher d'aller tout au fond. En même temps, il fait noir comme dans un four ou presque, et finalement il n'est pas nécessaire d'interdire quoi que ce soit, il ne nous viendrait pas à l'idée de tenter de nous enfoncer dans la noirceur… On se croirait dans un film d'horreur !! La grotte est un HLM à pigeons, ils font un sacré ramdam ! Nous pouvons entendre leurs roucoulements, ça drague dur dans la grotte !!

Notre petit tour conduit nos pas jusqu'à la chapelle creusée à même la roche. Nous brûlons un cierge, certains lieux nous inspirent en terme d'énergie et de spiritualité, sans même parler de religion, et celui-ci en fait partie. Nous continuons notre tour, puis nous ressortons en pleine lumière, et redescendons les marches pour aller boire...un chocolat/café froid ! Sur les marches nous croisons un chat roux en manque d'affection et demande de caresses, vraiment câlin, mais plutôt miteux, et dans le doute nous préférons ne pas le caresser, même si c'est un vrai crève-cœur quand un miron est à ce point en demande…

A présent il ne nous reste plus que quelques jours en Crète, que nous irons passer à Agia Palagia. Suite et fin au prochain épisode !

Anaïs et Flo


6
sept
6
sept
Publié le 26 septembre 2019

Voilà, notre dernière semaine en Crète pointe le bout de son nez, nous terminons par une station balnéaire en fin de saison où nous avons un rendez-vous que nous ne manquerions pour rien au monde !

Le vieux village est une très bonne surprise, les quelques touristes encore présents sont enfermés dans leur Resort et se cantonnent à la plage du centre ville avec parasols ; il nous suffit de nous écarter de quelques dizaines de mètres, passant une minuscule chapelle, pour tomber sur une magnifique crique qui va devenir notre spot pour cette semaine.

Par chance plus que par connaissance nous avons trouvé un logement à 2 minutes à pied de la mer ! Avec piscine !!

Nous profitons de ces derniers moments de baignade pour saluer les poissons, car nous savons que nous ne nagerons plus avant un mois au moins. Notre tête est déjà un peu partie vers les terres australes…

Heureusement nous trouvons un QG local qui nous nourrira de gyros pita en attendant !

La veille du départ arrive notre bonne surprise et ces quelques moments partagés avec nos amis nous permettent de ne pas trop nous focaliser sur la suite de ce voyage. Nous partagerons une soirée mémorable dans une excellente taverne (dont le dessin de chat avait attiré Anaïs au début de notre séjour) qui ravira nos papilles pour ce dernier repas crétois !

Il nous reste à refaire nos sacs et à dire au revoir à ce beau pays qui a tenu ces promesses de douceur et de couleurs.

Merci Crète !

Flo

12
sept
12
sept
Publié le 4 octobre 2019

Aujourd’hui notre interminable route de poussière et de désert multicolore a croisé celle d’une tornade...puis celle de grands aigles noirs dévorant un reste de kangourou probablement écrasé cette nuit par un Road train...c’est d’abord ça l’Australie...une terre où tous vos repères d’espace et de temps s’effondrent...où la nature abolit ce que vous pensiez normal et anormal...où l’homme un peu attentif peut saisir qu’il n’est qu’un passager éphémère…

Mais je vous ai perdus dans un tout autre monde, il y a 3 semaines à notre départ de Crète... après nos adieux à Jeff et Yves nous fourbissons nos sacs, nos jambes et nos cerveaux en vue de la prochaine épreuve que représente le déplacement à venir. Le trajet depuis la Crète étant expédié cette-fois ci en 1 heure par avion , nous passons une nuit à côté de l’aéroport d’Athènes qui nous permet de retourner saluer les chatons d'Evelyne et Yanni (un grand merci pour le café Eric ! )😉 puis de découvrir un refuge pour chiens où nous nous faisons quelques amis à quatre pattes...c’est une bonne surprise pour notre moral qui va en avoir besoin !

Le lendemain départ jusqu’à Singapour 11h de vol puis attente de 8h sur place, qui deviendront 10 après un retard et 6h de vol pour Perth...tout ça en low-cost...nous voyons la nuit tomber depuis l’avion lors de la descente...nous sortons de l’aéroport vers 18h30...Fiers d’avoir passé cette épreuve, mais la tête un peu à l’envers !

Heureusement Anais a réservé un guest pour cette nuit et j’ai pu repérer le bus qui nous emmène à moins d’un kilomètre à pied de notre lit...Perth et son agglomération sont très étendus ! Mais le trajet à pied, même avec nos sacs, nous fait du bien après ces heures de quasi immobilité. Les rues de la suburb sont en carré comme partout ici, difficile de se perdre...malgré tout, nous nous faisons accoster pour nous aider à trouver nos pas par des agents de la ratp locale... la douanière nous était déjà apparue bien en verve et bien sympathique mais j’avais mis ça sur le compte de son activité...en fait ce sera le début d’une longue série de rencontres de personnes désirant nous apporter leur aide durant ces quelques semaines...nous avions oublié le côté SoFriendly des australiens. Face à une nature aussi dure beaucoup d’australiens ont compris que la compétition n’avait pas sa place et que l’entraide et la convivialité comme art de vivre étaient les moyens les plus efficaces pour survivre. Ce sera une des bonnes surprises de ce voyage. Nous arrivons finalement à notre guest. Il est tenu par un australien d’origine asiatique qui loue principalement des chambres à des émigrés venus d’Afrique. L’ambiance est très sympa, la chambre monacale et les sanitaires communs. Nous n’avons plus qu’à nous vautrer dans ce confort après ces heures d’avion.

Le lendemain matin nous partons à pied pour quelques kilomètres à peine avec Anais afin de récupérer notre van pendant que Gabriel avance sur ces devoirs au guest. Nous en prenons possession au fond d’une zone industrielle apparement spécialisée dans l’achat et la location de véhicules...nous contemplons avec satisfaction ce qui va devenir notre maison pour les 3 prochains mois ! Gabriel récupéré, nous faisons nos premières courses et nous mettons en quête de ce qui va devenir le jeu des prochains mois : où va t’on dormir ?

Nous jetons notre dévolu sur le Bibra Lake. Il se situe dans l’agglomération de Perth non loin de Freemantle que nous connaissons déjà pour sa tranquillité. Le site est magnifique il nous conviendra parfaitement pour la nuit, en espérant ne pas être délogé par un gardien zélé. En tenant compte des premiers panneaux jouxtant notre camp, nous partons pour faire quelques pas autour du lac avec Gabriel et chance extraordinaire nous tombons nez à nez avec un bandicoot, petit marsupial reconnaissable à son grand museau, sorti pour sa virée nocturne ! L'acolyte de Crash file bien entendu avant que je retrouve mon téléphone pour capturer l’instant ! Notre première nuit se passe bien, sommeil léger pour moi mais une surprise attend Anais et Gab au réveil... une course s’est installée aux premières heures du jour... ils émergent dans une ambiance de kermesse bon enfant ! Après notre café en leur compagnie nous partons explorer les environs.

Après les dieux grecs, le dieu égyptien Thot vient veiller sur nous…Faune et flore nous emmènent déjà vers une autre planète que nous commençons à peine à entrevoir…

Flo

• • •
20
sept
20
sept
Publié le 16 octobre 2019

Notre périple commence tranquillement, c’est que nous devons prendre de nouvelles marques !

Le van est une petite maison, dans laquelle il nous faut nous installer. Il est petit et fonctionnel, mais la phrase "une place pour chaque chose et chaque chose à sa place" prend tout son sens ! L'installation du soir est digne d'une chorégraphie des meilleurs films de Jacky Chan ! Plusieurs coffres sont à notre disposition sous les banquettes, et il nous faut choisir intelligemment ce qui y prendra place, car même si ces coffres sont très pratiques, ils ne sont tout de même pas super accessibles ! Cela prendra plusieurs jours, et au bout du compte cela nous paraît un luxe incroyable de ne pas avoir besoin de refaire nos sacs tous les 3 jours !

Nous envisagions de prendre la route jusqu'à port Augusta, puis plein nord pour rejoindre Darwin en passant faire un coucou à Uluru, et redescendre la côte nord jusqu'à Exmouth, et la côte ouest jusqu'à Perth dans 3 mois. Sur le papier c'est sympa, mais il ne nous faudra que quelques jours pour nous rendre compte que c'est infaisable, à moins de ne faire que rouler, ce qui n'est pas notre idée de ce road trip.

Au fil des semaines nous croisons pas mal de voyageurs des routes australiennes, beaucoup de retraités parcourant leur pays à bord de gros camping cars ou d'énormes 4X4 tractant des caravanes encore plus grosses, ou bien des familles pendant les vacances de printemps qui tombent les 15 premiers jours d'octobre ici. Tout ce petit monde pourtant à une façon d'aborder la route qui ne nous ressemble pas, et avalent les km pour voir le plus de pays possible. Les retraités quant à eux ont encore plus de temps que nos trois mois prévus.

Quoi qu'il en soit, nous devons réfléchir car une fois engagés sur la route du centre nous n'aurons plus la possibilité de changer d'avis, les distances ne donnent pas droit à l’erreur, et nous n'aurons pas autant de temps que nous le souhaiterions pour nous poser à certains endroits. Cette décision a muri plutôt rapidement, et c'est à Wagin que nous faisons le choix d'économiser entre 3000 et 4000 km.

Nous décidons alors de poursuivre vers Espérance, j’avais envie de toucher du doigt ce côté du pays qui fait face à l’Antarctique. Mais nous repartirons ensuite plein nord en direction de Kalgoorlie.

C’est le début du printemps, la végétation est en fleur, et après nos deux mois d’été en Grèce la température est fraîche.

Il fait 20/25º dans la journée mais les nuits descendent à 10° la première semaine, et à zéro la deuxième quand nous toucherons la côte sud ! Nous passons d’ailleurs quelques nuits pelotonnés à trois dans le même lit pour nous tenir chaud !

Après notre première nuit nous décidons d’aller saluer l’océan indien qui sera un fidèle compagnon pour les mois à venir.

Puis nous partons vers le sud est à travers la forêt de Jarrahdale, dans le comté de Byford. Le sud ouest de l’Australie est très vert, des hectares de forêts ou de champs et de prairies nous entourent. Nous apercevons nos premiers kangourous et émeus sauvages dès la fin de journée. Nous pouvons également nous rendre compte de la taille colossale des cheptels de vaches et de moutons, à la mesure des espaces dans lesquels ils évoluent.

Nos tours de roues nous font passer devant un sanctuaire animalier où sont soignés koalas et kangourous, ainsi que des émeus, des dingos et bien d’autres animaux australiens, et nous décidons d’aller le visiter, car nous savons que nous ne verrons pas de koalas en liberté, n’étant pas dans la bonne région.

Nous reprenons la route pendant quelques jours jusqu’à Wave Rock, pour une balade à pied de quelques km (euh le van c’est quand même un mode de déplacement moins bon que la rando pour la dépense physique ! Mais par contre c'est pas mal pour avancer sur le boulot du CNED !) Plusieurs centaines de bornes plus loin nous voila à Espérance qui nous offre une sensation de presque bout du monde, mais il fait trop froid et trop gris pour nous donner envie de nous y attarder. Nous passons une nuit auprès du gros matou de Grass patch, où nous prenons notre dose de câlins et de caresses, avant de remonter vers le nord en direction de Kalgoorlie.

Anaïs

3
oct
3
oct

En Australie on revient toujours à la route. Alors revenons à la nôtre.

Nous la reprenons bien décidés à traverser cette terre du sud au nord afin de voir ce qui se cache dans ce ventre gargantuesque. Bien entendu le désert du tropique ne fera qu'une bouchée de nous et de nos aspirations, nous faisant virevolter tels des fétus de pailles dans une tornade.

A peine repartis du sud et la température remonte déjà. Les terres s'assèchent et le sel remonte à la surface formant des lacs déserts aux couleurs de science fiction.

Les fleurs de printemps sont là néanmoins, telles des oasis dont on se demande comment elles ont pu pousser ici.

Quelques photos prises par Gab

Encore parfois nuageuse, la route nous fait penser à un générique de cinéma.

Alors que les road trains défilent, apparaissent les premières étendues désertiques.

Nous arrivons à Kambalda, espérant trouver de la fraicheur dans l'étendue bleue promise par Google map, mais nous nous apercevons que, comme sur la route, il s'agit d'un mirage...

Toute cette région est minière, et a connu une ruée vers l’or (et pas seulement d’ailleurs, le fer, le nickel et d’autres minerais aux noms imprononçables sont présents dans les sols et exploités) dès la fin du 19ème siècle. Nous sommes surpris de voir que le peu de montagnes ou collines existantes sont creusées. Chaque ville (ouais enfin ça c’est sur la carte...) vit grâce à sa mine, c'est même la mine qui fait la ville.

Nous serons même étonnés de découvrir que certaines bourgades de moins de 1000 habitants peuvent se vanter de posséder une piscine olympique !! Dans chaque bled, un caravan Park est là pour accueillir les voyageurs, mais c’est surtout pour les mineurs que ces structures sont présentes. Ils y vivent dans des baraquements pour hommes ou femmes (elles sont peu mais elles sont là) célibataires, et nous les voyons rentrer fourbus en fin d’aprem, rêvant d’une bonne douche après une journée d'un labeur que nous peinons à imaginer. Avec les mines, les comportements humains se durcissent y compris sur la route mais l'accueil individuel de ceux qui veulent vous parler reste très sympathique et toujours aimable.

Une nuit plus tard et nous voilà à Kalgoorlie, LA ville du Western Australia avec Perth.

C'est une ville entièrement dédiée au Super Pit, la plus grande mine d'Or à ciel ouvert d'Australie. Comme tout ici, c'est démesuré, nous perdons la notion de ce que grand veut dire.

Cherchez Gaby !

Un peu de désert plus loin nous découvrons au hasard d'un détour la ville fantôme de Gwalia. La mine responsable de sa création est toujours en activité, mais la ville moderne s'est déplacée quelques kilomètres plus loin.

L'histoire des mineurs, c'est bien entendu aussi celle des soldats engagés volontaires ou conscrits dans les guerres dans lesquelles l'Australie s'est trouvée engagée.

La ville désormais fantôme est devenue un musée vivant du témoignage de cette époque.

Mais le désert reprend ses droits...et nous finissons par échouer entre deux nuits désertiques à Leinster...puis Sandstone, Mount Magnet,

et bientôt Cue et un nouveau mirage de bleu dans Google map qui se révèle rose cette fois ci...les villes sur la carte ne sont bien souvent que de simples roadhouses avec une étendue poussiéreuse en guise de caravan park...

un mirage bleu...

Après l'heure des mouches, tombe la nuit... dans le désert elle est aussi sauvage que silencieuse...l'absence de bruit y est parfois assourdissante…


Nous comptions sur Cue pour digérer notre poussière mais à peine arrivés un homme nous conseille à la station service de ne pas rester là ce soir… il semble qu'il y ait eu des heurts entre la police et les Abos et une certaine tension règne...malgré notre première impression liée à l'augmentation des couples mixtes dans la population, la situation avec les aborigènes reste toujours très compliquée ici...et les régions minières exacerbent les tensions autour des ressources disponibles...nous faisons donc le plein et repartons en direction de Meekatharra, quelques centaines de Kms ça ne compte pas vraiment ici !

Sur place nous compterons les road trains pour nous endormir...et repartons rapidement le lendemain...les tornades se font plus nombreuses et plus impressionnantes...

Des paysages tour à tour rouges, jaunes, noirs...le bleu est là aussi dans le ciel, un peu de vert encore, mais surtout de la poussière, du bush, du soleil, et la chaleur qui remonte au fur et à mesure que nous aussi. Le décompte des jours devient impossible depuis notre arrivée, nos têtes ne sont que poussière… au milieu de ce vide nous arrivons à Kumarina, un gros point sur notre carte, un petit roadhouse dans la réalité...l'endroit est tellement hostile que même les locaux le tournent en dérision ! Mais des kangourous nous rendent visite la nuit et nous les admirons béatement dans le silence...le lendemain les vaches sauvages divaguent sur les routes, les tornades sont de retour et nous croisons ces aigles finissant une carcasse de vache...il est temps de croiser le tropique du capricorne avec forcément une pensée pour Camille !

Quelques efforts de plus et nous voilà à Newman, encore une ville de mineurs, mais une vraie ville cette fois (presque 5000 habitants et plus de 50 ans d'histoire !) Il est temps de nous poser, le blog à pris du retard et les images de la journée m'ont donné envie d'écrire sur cette route et sur ce que je commence à percevoir de l'Australie...A ce moment là il n'y a que 3 semaines que nous avons atterri, mais cela pourrait être 3 jours ou 3 ans, nous sommes tous les 3 incapables de le mentaliser ! Nous voulions nous perdre un peu voilà qui est fait. Le centre aquatique finira de nous convaincre de nous poser quelques jours pour peaufiner les devoirs ! Nous sommes à un jet de pierre (de poussière) d'un de nos rendez vous…car Newman c'est aussi la porte sud du Parc du Karijini, le pays des serpents comme nous le rappellent ces poubelles qui n'en sont pas...il ne nous reste qu'un dernier bond à faire...moins de 300 kilomètres...rien ici...

Flo et Anaïs

5
oct
5
oct
Publié le 8 novembre 2019


Rien effectivement, une petite étape de 250 bornes, qui nous emmène au Road house de Auski, l’entrée Est du parc du Karijini, que nous visons depuis plusieurs semaines maintenant. L’Australie nous fait ressentir plutôt que faire, mais il est quand même quelques incontournables lorsque l’on passe à moins de 100 km d’eux. Le Karijini en fait partie, et nous avions décidé d’aller lui rendre visite dès que nous avons tracé notre nouvelle route. Newman nous a permis de faire des courses conséquentes, et à Auski nous faisons notre plein d’essence et d’eau, car nous prévoyons 3 nuits et 4 jours dans le parc, et nous devons être autonomes en tout avant notre dernier bond de 100 km. Seules les toilettes nous serons disponibles, du genre toilettes sèches, mais sans la sciure, avec juste un trou en dessous du wc, et les blattes qui font un travail de titan au fond pour tout nettoyer quand ça tombe !!!

Allez c’est parti pour Auski, sur une route qui nous surprend par ses reliefs. Nous sommes maintenant habitués à beaucoup de plat et de bush, et au fur et à mesure des kms nous voyons apparaître des collines, bientôt des montagnes. Les couleurs sont toujours aussi extravagantes, les contrastes aussi.

A travers ces étendues colorées, il est un détail que nous avions déjà eu l'occasion d'apercevoir tout le long de la route de l'or, ce sont les termitières. Enfin, détail est un bien grand mot, car à certains moments ce sont de vrais champs qui s'offrent à nos yeux. Et puis, pas des termitières de rigolos… La plus grand d'Australie fait 7 mètres, mais les spécimens moyens que nous pouvons admirer font quand même dans les 3 mètres ! Comme toujours c'est Gabriel qui sert de références sur les photos !

Auski nous accueille bien sympathiquement, ce soir nous faisons plaisir à Gab en commandant une portion de frites à la cantine du Road house ! Le luxe n’est pas toujours où on l’attend... Ici, on accueille certes les visiteurs du Karijini, mais avant tout les conducteurs des plus grands Road trains d’Australie (jusqu’à 5 remorques), ainsi que les baraquements pour les mineurs travaillant alentour. Pour entrer dans le parc nous devons rebrousser chemin sur 40 km, puis bifurquer et refaire 45km jusqu’au campground qui nous accueillera pour les 3 nuits à venir.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a que 20km à vol d’oiseau entre Auski et le campement de Dales Gorge !!! Il fait chaud, pour ne pas changer, et on sait qu’une baignade rafraîchissante nous attend à un quart d’heure de marche du camp ! Ce sera notre balade de la journée. Waou ! Un escalier en métal parfaitement fondu dans le décor nous guide jusqu’à la piscine naturelle de Fortescue Falls, dans laquelle nous nous délectons après la route et le cagnard. L’eau est douce, elle nous dépoussière à merveille et remplacera notre douche quotidienne ! Nous découvrons une roche découpée par les éléments à la façon de marches qui nous emmènent directement dans l’eau, puis en traversant le bassin nous arrivons sous l'eau qui y ruisselle. Il y a un peu de monde, c’est plutôt familial, et assez tranquille pour ce bain de fin de journée.

A 5 minutes de là, Fern Pool, un ancien site sacré aborigène se cache parmi une végétation luxuriante. Nous y allons tranquillement, observant au passage une colonie de chauves-souris géantes perchées tête en bas dans un eucalyptus. Elles aussi ont chaud, et grâce aux jumelles, que nous pensons à sortir, une fois n’est pas coutume, nous les voyons s’éventer à l’aide de leurs ailes qu’elles agitent en guise d’éventail. En débouchant sur la clairière qui abrite Fern Pool, on comprend aisément pourquoi ce site est sacré. Il fait partie de ces lieux dont l’énergie nous traverse, on se sent humbles, et privilégiés de se voir accorder le droit de s’y baigner. On dirait un de ces endroits qui n’existent que dans les Disney, et où l’on pourrait apercevoir quelques fées voleter au-dessus de l’eau tandis qu’une licorne viendrait s’y désaltérer !

Malheureusement, certains n’ont pas la sensibilité à fleur de peau, et malgré les panneaux demandant le respect du lieu, à savoir ne pas crier, ne pas plonger ou sauter dans le bassin, mais se baigner paisiblement, nous voyons quelques groupes éprouver un malin plaisir à faire le tout en même temps.

Il est tard, le jour décline, nous retournons vers notre van pour notre première nuit dans le parc. Une petite douche accrochée à l'arbre, juste pour le fun ! Les volontaires présents pour accueillir les visiteurs nous ont mis en garde contre les serpents et les dingo, voilà qui nous rassure !

Notre deuxième jour nous emmènera vers la Knox Gorge, où une rando annoncée très difficile de 3h (qui seront finalement 1h30 pour nos petites jambes désormais entraînées) nous fait descendre jusqu’à un bassin d’une eau qui nous paraissait prometteuse depuis le point de vue qui se situait tout en haut de la gorge, et qui tient ses promesses une fois en bas. Ici nous pouvons sauter et plonger dans l’eau, le sacré nous entoure mais seulement par la beauté de l’endroit et nous ne foulons au pied aucune règle ancienne. Gabriel s’en donne à cœur joie, pendant que nous discutons avec un jeune couple en fin de visa Vacances/Travail, avec qui nous sympathisons et finissons par dîner le soir dans notre petit van qui se transforme pour l’occasion en salle de réception !!! La soirée est aussi agréable que la journée, et cela fait bien longtemps que nous ne nous étions pas couchés aussi tard !!

Le lendemain nous partons pour une nouvelle randonnée de 3h le long de la rivière, qui nous emmène à une nouvelle piscine naturelle répondant au nom éponyme de Circular Pool. Cela fait presque un mois que nous n’avons pas marché, enfin vraiment je veux dire ! Bon finalement les 3h annoncées comptent pas mal de pauses photos, mais la balade est très sympa, nous longeons la rivière sous les ramures ombragées des eucalyptus, et arrivons à Circular Pool pour un plouf plus que bienvenu ! Les abords du bassin semblent sortis d’un film d’Indiana Jones, et l’on se croit presque dans un temple en pleine jungle, alors que seule la nature a façonné la roche.

Sur le retour, nous avons l'insigne honneur de rencontrer Crocodile Dundee ! Un ranger du parc fait sa tournée, chapeau de cuir vissé sur la tête et dent de croco autour du cou ! On ne peut manquer de faire une photo en sa compagnie !

Encore une fois nous sommes ébahis par la beauté des lieus, et quelques peu déçus par le comportement des gens qui ne savent apparemment pas lire un pictogramme interdisant de grimper sur les rochers et de plonger… nous pouvons observer l'irrespect d’une frange de la population australienne envers les coutumes et les croyances aborigènes. Gabriel est outré par ce comportement, c’est l’occasion d’une discussion sur le respect, le sacré, et sur le fait que même si d’autres le font, nous préférons garder à l’esprit la demande des anciens. On en revient toujours au karma...

Ce matin, une dernière plongée dans le bassin de Fortescue Falls s’impose avant de reprendre notre route. Voilà, nous repartons et roulons jusqu’à Auski, puis jusqu’à Port Hedland afin de rejoindre enfin la côte nord.

Anaïs



17
oct
17
oct

C'est encore émerveillés par les couleurs du Karijini que nous reprenons la route qui nous fera toucher la côte nord. Nouvelle étape d'une nuit au roadhouse d'Auski pour faire le plein d'essence, puis c'est parti mon kiki pour 280 kms de route désertique, ça va nous changer !! Ah bah non, finalement nous ne faisons que quelques centaines de mètres avant de croiser un énième road train, celui qu'il ne fallait pas… et hop un caillou malencontreux vient fissurer le pare-brise. Argh, on ne sait pas si on doit continuer de rouler ou bien faire demi-tour pour retourner au roadhouse. Finalement la fissure s'agrandit à vue d'œil, alors on retourne à Auski, et on appelle le loueur du van, qui nous dit qu'on est au milieu de nulle part (à bon ?) et que si l'on doit faire changer le pare-brise, nous devrons le faire à Port Hedland, soit notre prochaine étape. On nous dit de ne pas paniquer, un pare-brise c'est costaud, même avec une fissure, et qu' il ne cassera pas en roulant (euh vous êtes sûrs ?). La personne me demande de rappeler quand nous serons arrivés, et qu'elle nous dira où nous rendre pour faire changer ce *** de pare-brise. Nous reprenons le volant, pas super sereins, mais que faire ?

Nous avons emprunté le rouleau de scotch à la caisse de la station service, histoire de renforcer tout ça, mais nous nous apercevons bien vite que c'est peine perdue, car la fissure continue de grandir !!! Bon j'avoue les 280 kms nous ont parus trèèèès longs !

Nous nous posons à Port Hedland, et rappelons notre loueur. Nous tombons cette fois-ci sur un jeune bien sympa, et plutôt accommodant, qui nous explique que comme il nous reste 2 mois de route il y a de grandes chances que nous ayons de nouveau maille à partir avec des road trains et/ou des cailloux. Sachant que nous n'avons pas pris l'extension de garantie pour le bris de glace ( ben oui, on prend jamais les extensions de garanties… enfin jusqu'à maintenant…), il nous conseille de rouler tranquilles ( euh…) comme ça, et de ne le faire changer qu'à la fin de notre séjour. La fissure n'est pas gênante pour la conduite, et à part si on se fait arrêter par la police ( ah mais non monsieur l'agent, ça vient juste d'arriver, et je cherchais justement un garagiste, vous n'en connaitriez pas un dans le coin ?) cela ne posera pas de problème. Ok, on va faire ça alors, car un pare-brise coûte environ 400$ ( 280€) à faire changer, alors autant ne le faire qu'une fois !!!

Allez, stoppons là les tracas, cet aléa ne va pas nous miner le moral bien longtemps ! D'autant qu'il y a comme un goût de Jurassic World dans l'étape que nous visons. En effet, nous avons découvert, en discutant avec une autre famille de voyageurs français, qu'à Broome sont visibles des traces de dinosaures dans la roche à marée basse ! N'en dites pas plus, on doit aller voir ça, c'est une " Odyssée des Nosaures" ! Nous n'avions pas envisagé de monter aussi haut, mais l'occasion est trop belle ! En plus ça ne nous fait faire "que" 1200 kms supplémentaires A/R ...

En plus c'est sympa, car on voit sur la carte que nous allons emprunter la route de la côte, ça va être chouette de retrouve la mer ! Ah non, en fait la route longe bien la côte, mais à 15 km à vol d'oiseau… Nous ne reverrons la mer que 300 kms plus loin, lors de notre étape à Eighty mile Beach, pour laquelle nous faisons ces 15 bornes par une piste poussiéreuse et un peu tape-cul, mais qui nous emmène dans un spot vraiment sympa !

La route n'étant finalement, encore, que désert, vent brûlant et chaleur, nous changeons un peu notre façon de faire et allongeons nos étapes pour rejoindre Broome en deux longues journées de conduite.

Pour le coup, La pause à Eighty mile Beach est absolument bienvenue, et nous aurons la bonne surprise d'apprendre au détour d'une conversation, que c'est la saison de ponte des tortues et que nous aurons peut-être l'occasion d'en apercevoir à marée haute le soir vers 22h. Nous n'aurions même pas osé en rêver !

En attendant nous partons nous balader sur la plage. C'est marée basse, ce n'est pas une plage où l'on se baigne car l'eau est trop loin, et même lorsque nous finissons par la toucher nous n'avons de l'eau que jusqu'aux mollets ! Je me régale à parcourir le sable à la recherche de coquillages, je pourrais y passer des heures ! D'ailleurs c'est bien ce que je fais. Ils sont tous plus beaux les uns que les autres, je les ramasse tout en sachant que je ne pourrai pas les garder…d'une part parce que cela serait trop lourd dans le sac à dos, d'autre part parce que le ramassage de coquillage est interdit, et que les douaniers à l'aéroport ne seront peut-être pas d'accord pour qu'on les emmène en Inde ! Mais le plaisir est là, et je les laisserai en partant. Gabriel en profite pour pratiquer l'art éphémère des dessins et sculptures en sable.

Le soleil décline, les couleurs sont magnifiques (j'ai l'impression de dire toujours la même chose !!), nous assistons à son coucher, c'est paisible à souhait !

Et c'est l'heure d'aller saluer les tortues. On nous a donné quelques instructions pour assister à la magie du moment sans pour autant les embêter. C'est presque la pleine lune, et nous voyons la plage sous une lumière fantomatique. Les tortues reviennent toujours pondre sur la plage sur laquelle elles sont nées. Elles sortent de l'eau à marée haute, rampent jusqu'au plus haut qu'elles peuvent, puis creusent un trou avec leurs pattes arrières, avant de pondre dans le trou et de recouvrir le tout avec du sable. L'opération peut prendre plusieurs heures, et les épuisent totalement. Elles rejoignent ensuite la mer en rampant de nouveau.

Ce soir nous n'aurons pas le plaisir d'en voir, mais en revenant à notre van nous discutons avec 2 jeunes qui en ont vu une retourner dans l'eau. Un peu déçus, nous nous disons qu'heureusement nous sommes là demain soir encore, alors peut-être ? Et oui, Karma nous a fait ce cadeau, le lendemain soir nous la voyons nous aussi au moment où elle retourne dans l'eau. Nous pouvons voir ses traces dans le sable, et l'endroit complètement retourné où elle a pondu. Elle est immense, entre 1,5 et 2 mètres de long. Le moment est indescriptible ! Elles est épuisée, nous le voyons à la façon dont elle mobilise ses dernières forces pour atteindre l'eau, et dont elle cherche son souffle dans l'opération. La rencontre fut aussi brève qu'émouvante, et nous nous en retournons dans notre mini-maison sur roue en étant conscients du privilège que nous venons de vivre.

Pas de photo de la tortue, sauf celle faite par Gabriel !

Nous atteignons Broome le lendemain, après encore une grosse journée de vent brûlant , et après avoir décidé d'avaler l'asphalte fin de pouvoir se poser sans faire de stop dans le désert.

Nous trouvons un caravan park nous accueillant volontiers parmi ses arbres à l'ombre providentielle ! La piscine n'est pas pour nous déplaire non plus ! Nous avons pris un peu de retard pour les devoirs à rendre de Gabriel, et décidons de rester ici 5 jours. Au programme, en plus des devoirs, la recherche des fameuses traces de dinos, l'illusion d'optique appelée ici Staircase to the moon, qui a lieu 3 jours par mois de mars à octobre au moment de la pleine lune. Le sort à voulu que nous arrivions le 1er jour du dernier mois de visibilité du phénomène !! Il y aura aussi la visite du parc de sauvetage des crocos de mer, et la balade sur la plage au coucher du soleil (ouais on sait on est pas très originaux !) pour voir passer les caravanes de dromadaires promenant les touristes.

Les traces de dinos …! Pas possible de manquer ça quand on s'appelle la famille Nosaure ! Je m'attends, en arrivant sur la plage concernée, à trouver des panneaux indiquant la moindre patte visible dans les rochers. Il n'en est rien ! Nous y allons à marée basse, qui tombe en fin de journée. Encore un peu on croirait que c'est un fait exprès, parce que vous vous en doutez je vais encore vous dire à quel point lumières et couleurs sont sublimes !

Nous crapahutons parmi les rochers, en scrutant au plus près la surface minérale en croyant apercevoir des pattes dans la moindre anfractuosité. Pour finir, nus réalisons qu'à moins d'une chance incroyable ou d'un hasard encore plus incroyable, nous ne les verrons pas. Flo regarde quand même sur internet si une info nous aurait échappé, et il trouve carrément des coordonnées GPS nous dirigeant tout droit sur notre Grâal ! Waou, elles sont là depuis 140 millions d'années !

Ces empreintes sont connues officiellement depuis 2008. La communauté aborigène de la région, qui connaissait ces traces depuis des milliers d'années à travers leurs légendes orales, souvent sous forme de chant, a pris contact avec des paléontologues afin de partager cette connaissance dans le but de les protéger, car un gigantesque projet d'exploitation de gaz naturel devait prendre naissance à cet endroit. Les scientifique ont pu relever des milliers d'empreintes ( bon nous on en a vu 3 mais c'est déjà beaucoup ! ) réparties sur 25 kilomètres et il s'agit de l'assemblage le plus divers découvert sur la planète… Décidément l'Australie nous aura fait nous sentir bien petits...

La nuit est tombée, il est temps de nous diriger vers le point de vue qui nous permettra de monter dans la lune… Staircase to the Moon est un phénomène optique qui donne l'impression lorsque la pleine lune se lève au-dessus de la mer, que des escaliers permettent de s'y rendre. Ce sont les reflets dans l'eau striée par les courants qui donnent cette impression. Ce phénomène a lieu sur toute la côte nord, de mars à octobre pendant les 3 jours de pleine lune.

Nous arrivons sur place, où l'ambiance est au marché de nuit avec vente de bijoux et de churros ! Il y a carrément des gradins en pierre sur lesquels les spectateurs sont assis, attendant la lune comme une diva d'opéra ! Un détail me chiffonne cependant, des lampadaires surplombent ces gradins, et nous ne sommes pas sûres qu'ils seront éteints au moment crucial. Ce serait comme assister à une séance de ciné avec les lumières allumées dans la salle. Nous voyons quelques personnes se diriger vers une avancée de terre non éclairée, et faisons le choix de prendre le même chemin, tant pis si nous ne sommes pas tout à fait en face de la "scène".

Nous regardons l'heure, elle est censée se lever à une heure bien précise mais ce fait attendre. Soudain nous la voyons ! Elle est rouge sang, et aucune photo ne pourra lui rendre sa magnificence ! En revanche, peut-être justement du fait ce cette couleur rouge, le phénomène de marches dans l'eau est peu visible. Mais la diva est si belle, revêtue de sa robe rouge que nous repartons avec le sentiment d'avoir assisté à Quelque chose de beau.

Bien plus triviale fut la visite du parc de sauvetage des crocodiles de mer ! La côte nord est, en Australie, leur lieu de vie, et ils sont 150 000, soit la moitié de la population mondiale de crocos de mer !! Ils vivent principalement en estuaires, marais et rivières, mais rejoignent la mer à la saison sèche ( soit en ce moment ! ) Ils sont sur toute la côte nord à partir de Broome, et ce parc est un de ceux qui récupèrent les crocos signalés dans les lieux où ils pourraient rencontrer, voire attaquer des humains. Pouvant faire jusqu'à 7 mètres environ, ils font en moyenne 2 morts par an, souvent des imprudents. Les crocos sont malgré tout protégés, il est interdit de les chasser et de les tuer, mais parfois la population leur tire dessus par peur. Ce sont ces crocodiles, souvent blessés mais pas tués, qui sont recueillis dans les parcs ( celui qu'on a visité n'est pas le seul ). Parfois ce sont les rangers ayant aperçu un animal qui contactent le parc pour l'attraper. Les crocodiles récupérés finissent leur vie dans ces parcs, ce qui peut être long sachant qu'il peuvent vivre jusqu'à 70 ans ! Néanmoins il s'avère que les crocodiles n'ont pas besoin de beaucoup d'espace, et qu'ils sont plutôt heureux du moment qu'ils ont leur propre trou d'eau et éventuellement une femelle (oh bah ça peut nous faire penser à pas mal de monde !)

En tout cas, ils sont particulièrement impressionnants, et l'heure du nourrissage, euh comment dire, je n'aimerai pas être à la place de ces poulets qui leur sont envoyés par dessus la clôture ( mais pas vivants heureusement !)

Nous espérions voir des dromadaires sauvages, car l'Australie possède un cheptel d'un million de dromadaires vivants dans le désert, à l'état naturel, et certains sont juste en-dessous de Broome (ouais, le juste en-dessous australien quoi, et puis celui-là avec un 4X4 !) Les seuls que nous verrons serons des caravanes emmenant les touristes sur la plage au soleil couchant. Certes la plage est magnifique à cette heure, mais je pense qu'à pied c'est tout aussi bien !

Nous serons restés 5 jours sur Broome, la piscine d'eau de mer était la bienvenue car sur cette côte, en dehors des crocodiles, on ne peut pas vraiment se baigner du fait des marées basses importantes…! Le Karijini s'était moins prêté au travail de Gabriel, mais ici il a pu avancer efficacement. Il a presque repris de l'avance !!

Il nous faut maintenant repartir pour redescendre vers notre prochain Grâal, le Nigaloo Reef et ses tortues, raies , poissons et coraux aux coloris insensées !

Anaïs