Carnet de voyage

Le Laos du nord au sud

5 étapes
31 commentaires
1
Un mois au Laos de Luang Prabang aux 4 000 îles
Du 17 janvier au 8 février 2019
23 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Nous nous levons à l’aube pour prendre un taxi et rejoindre l’aéroport de Yangon. Une heure de vol jusqu’à Bangkok puis 3h d'escale à l’aéroport de Bangkok où nous en profitons pour déguster des plats thailandais (et un Mc Do pour les enfants !) et faire du shopping de produits de toilette de base parfois difficiles à trouver au Myanmar, je revis ! :o)

Nous reprenons un second avion (2 heures de vol) pour Luang Prabang dans le nord du Laos, notre prochaine étape. Grosse surprise à l’arrivée : déjà à l’aéroport, nous entendons parler français de tous les côtés… C’est un peu le choc culturel après un mois au Myanmar quasi sans touristes !

Passage obligé par la case visa, et hop USD 120, paperasserie à remplir pour entrer dans le pays avant de faire une longue file d’attente pour passer du côté des bagages. Trouver un taxi ici est plus compliqué : pas de négo possible et les tarifs nous paraissent très élevés comparé au Myanmar, il va falloir s’y habituer.

Nouveau pays, nouvelle monnaie (le kip !), nouvelle cuisine, nouvelle culture, nouvelles habitudes, il nous faut prendre nos marques…

Nous avons réservé une auberge de jeunesse pour la première nuit car les tarifs des hôtels sont bien plus élevés ici… aie, aie, aie, quelle mauvaise surprise… Nous n’avons pas de souci avec les lits superposés mais une fois nos gros sacs à dos et les plus petits posés sur le sol, on ne peut plus circuler dans la chambre. La salle de bains partagée est un vrai cauchemar : sale, sans lumière et plutôt glauque et le petit déjeuner peu appétissant… Autant vous dire que nous sommes restés une nuit dans cet endroit (sans prendre de douche !) et avons trouvé un hôtel plus accueillant (même si plus cher) dès le lendemain pour le reste de notre séjour…

Luang Prabang, ancienne capitale impériale, est une ville plutôt touristique du nord du Laos, à un peu plus de 200 kms au nord de Ventiane, la capitale actuelle du pays. Classée au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1995, c’est une jolie ville très préservée, avec de jolies maisons coloniales (vestiges de l’influence française) rénovées en hôtels. La baguette, les pains au chocolat et autres croissants dorés de notre beau pays sont légion ici, à la grande joie des enfants !

Nous sommes restés 5 nuits ici et on peut dire qu’on s’est laissé vivre sans se mettre la pression… Nous avons profité de magnifiques couchers de soleil sur le Mékong (en bateau ou dans les restaurants sur la rive), mangé de la mangue fraiche succulente - et ses dérivés : riz gluant au lait de coco et à la mangue (notre dessert thaï préféré !), mango shake, gâteaux à la mangue… Quel délice ! Nous nous sommes également régalés de mini-crêpes à la coco (spécialité locale), crêpes au chocolat (Milan est aux anges) et de fruits exotiques frais et sucrés, découpés devant nous sur le marché.


Nous avons profité de l’offre de restaurants et bars de qualité où nous avons pris multiples cocktails affalés sur des coussins, à profiter du coucher de soleil sur le Mékong. Nous avons pris notre temps pour visiter la ville et ses temples à notre rythme, pour passer de bons moments avec les enfants, bien avancer sur l’école, goûter les spécialités locales comme la fondue de buffle, flâner sans but précis, juste pour le plaisir de la ville et préparer d’autres étapes de notre voyage qui nécessitent notamment l’achat de billets d’avion.

Le pont en bambous ci-dessus (de jour et éclairé de nuit) est détruit à chaque mousson et reconstruit ensuite.

Le temps s’écoule paisiblement mais nous sommes un peu frustrés de ne pouvoir nous lier davantage avec les locaux comme au Myanmar : ici la relation locaux/touristes passe quasi exclusivement par le commerce. Il faut considérablement s’éloigner pour avoir l’opportunité de parler vraiment avec des laotiens et encore, ce n’est pas chose simple. Nous avons l’impression qu’il y a plus de touristes (français à 80%) que de laotiens dans cette ville et ça ne nous plait pas vraiment car c’est très loin de notre conception du voyage…

Le seul avantage de tous ces français est le potentiel de jolies rencontres. Nous avons maintes occasions de papoter et d’échanger avec d’autres familles, couples ou autres personnes solo au restaurant, dans la rue, à l’hôtel ou au marché de nuit.

Nous profitons également des environs, particulièrement jolis : notamment les chutes de Kuang Si, une des merveilles naturelles du Laos. Pour y aller, nous partageons un mini-van (une heure de route) avec un groupe de chinoises de Shanghai, toutes professeurs d’université et particulièrement sympathiques et rigolotes. Les paysages sont magnifiques et on a l’impression de déjà voir une facette plus authentique du Laos en traversant les petits villages.

Avant d’atteindre les chutes d’eau, nous passons par un mini-zoo où les ours noirs à collerette sont ici protégés et en voie de réhabilitation. Torturés pour leur bile (utilisée en Asie pour alimenter la médecine traditionnelle), les ours à collerette sont ici bien traités et mènent une vie paisible, mais derrière des grilles, dans un enclos d’un hectare.

Les cascades sont accessibles à pied et sont vraiment magiques : nous pique-niquons à proximité et les enfants et Fred auront même le courage de braver l’eau glacée mais turquoise pour une petite baignade. Le site est de toute beauté et donne envie de s’y attarder.


Nous continuons notre visite de la région le lendemain, en réservant un guide pour la journée. Au programme : randonnée de 3 heures dans la campagne laotienne, balade à dos d’éléphant et chutes d’eau de Tat Sae. Chansy, notre guide Laotien pour la journée, parle bien anglais et est très sympathique. Il est marié, a deux enfants et tout juste 31 ans. Il vit à 3 heures de marche de sa famille, chemin qu’il fait régulièrement !

Nous commençons la ballade par 30mn de tuk-tuk dans la poussière et les graviers. Il fait déjà très chaud. Nous montons ensuite à bord d’une pirogue pour rejoindre l’autre rive du fleuve et démarrons la marche à travers champs et forêts. L’occasion de découvrir des champs de teck, de houblon et des paysages magnifiques !

Nous traversons des petits villages laotiens avec des maisons en bambous : les enfants jouent partout, leur joie fait plaisir à voir. Les villageois sont soit occupés à travailler, soit assis devant leur maison à parler, cuisiner, balayer, réparer quelque chose.

Pause déjeuner dans une ferme d’arbres à caoutchouc : Chansy sort de son sac à dos blancs de poulet, poisson, nouilles et riz gluant déjà cuits, et présentés dans des feuilles de bananiers. Il nous invite à nous servir (sans couverts :o). Les enfants sont dubitatifs mais se régaleront autant que nous !

Notre guide Chanzy

Après cette pause gourmande, nous repartons à travers la forêt, avant de reprendre une pirogue pour rejoindre les éléphants tant attendus par les enfants. La balade est sympathique et les enfants auront même l’opportunité de ‘conduire’ seuls leur attelage et de nourrir les pachydermes. Si c’était à refaire, nous ne le referions pas forcément mais l’expérience était inédite pour les enfants. La journée se termine très mal par le vol de notre appareil photo… Longue histoire… On vous en reparle plus tard mais nous n’avons pas beaucoup de photos de la ville de Luang Prabang pour cette raison. Nous sommes tellement énervés par cet incident que nous n'allons même pas voir la cascade, pourtant très belle.

Nous partons le lendemain explorer les villages du nord. Rendez-vous dans un prochain article pour en savoir plus sur nos découvertes et nos multiples rencontres !

2

Sabaidee chers familles et amis !

Après un copieux petit déjeuner, nous embarquons dans un tuk-tuk collectif pour rejoindre la gare routière. Nous montons ensuite dans un mini-van pour 4 heures de route vers Nong Khiaw, village de 4 000 âmes (sans les touristes !) à 150km au nord de Luang Prabang. 150km et 4 heures de route = je vous laisse imaginer l’état des routes…

Les autres passagers sont quasi exclusivement français et bien sympathiques. Le trajet passe très vite entre conversations et repos. Les enfants sont adorables et bien patients, merci l’ipad qui a permis de capter leur attention pendant une grande partie du voyage et éviter qu’ils s’ennuient.

Nous n’avons pas réservé d’hôtel à Nong Khiaw. Elodie et Matthieu - un couple de français trentenaire et en tour du monde - ont partagé le même mini-van que nous et nous parlent de l’hôtel qu’ils ont réservé. Nous tentons notre chance au même endroit. Il reste une chambre, un peu petite pour notre petite famille mais nous n’avons pas le courage de partir à la recherche d’un autre endroit avec notre paquetage et des enfants fatigués. Nous nous serrerons un peu et l’endroit est malgré tout joli, avec une vue magnifique sur le fleuve Nam Ou. Le personnel est accueillant malgré un anglais limité.

Le village est charmant, encerclé de montagnes (je crois qu’ici on dit pics karstiques mais ne me demandez pas de vous expliquer ce que c’est exactement !) et traversé par le fleuve. Les couchers de soleil sont particulièrement magiques ici et le soir, une pluie d’étoiles illumine un ciel d’encre. De nombreux chiens et chiots errants circulent dans tout le village, nous sommes vigilants mais ils n’ont pas l’air bien méchants. L’ambiance de l’endroit est détendue et plutôt calme avec de nombreux restaurants tout le long de la rue principale après un énorme pont qui enjambe le fleuve.

Nong Khiaw 

Nous partageons un déjeuner, une ballade, plusieurs diners et de nombreux points communs avec Elodie et Matthieu qui sont bien sympathiques. Nous papotons pendant des heures et profitons pleinement de cette jolie rencontre. Nous espérons les retrouver lors d’une autre étape au Laos.

Elodie et Matthieu 

Alors que nous nous préparons pour une belle randonnée, nous sympathisons au petit déjeuner avec une autre famille de français de notre hôtel, en tour du monde aussi (Vincent, Fannie, Jeanne et Arthur, alias les ‘4 passeports et 4 sacs à dos’) : ils sont tellement sympas qu’on ne partira jamais en balade mais enchainerons par une session d’école (dans un cadre idyllique !) pour les 4 enfants et un joyeux déjeuner dans un restaurant indien avant de les quitter (car ils filent vers leur prochaine étape). La ballade attendra le lendemain. Le soir, nous retrouvons Elodie et Matthieu pour diner. Nous avons l’impression de reprendre une vie sociale, même temporaire, après des semaines exclusivement en famille ou presque, et ça fait beaucoup de bien !

L’école au grand air ! 

Le lendemain, motivés pour faire la fameuse balade jusqu’au point de vue de Pha Daeng, nous partons d’un bon pied. A l’entrée, on nous annonce que c’est l’endroit qui a été le plus bombardé pendant la guerre et de nombreuses bombes n’ayant pas encore explosé, il est préférable de ne pas dévier du sentier prévu. Au moins, nous sommes prévenus… Ce problème de bombes non explosées au Laos est d’ailleurs un vrai souci. Cinq décennies après la guerre du Vietnam, les bombes larguées par les américains au Laos continuent de tuer des civils tous les jours. A l’époque, quelques 270 millions de bombes ont été larguées sur le pays : 30% n’ont pas encore explosé et sont encore cachées sous terre. J’ai lu quelque part qu’il restait autant de bombes non explosées au Laos que de laotiens dans le pays...

La randonnée est ardue et exclusivement en montée, pendant 1h30, sur un sentier difficile d’accès, qui se termine en escalade. Les enfants ont du mal à démarrer mais grimpent joyeusement malgré tout, Fred ouvre la marche. Toutes les personnes que nous rencontrons ont l’air de bien souffrir aussi ! La vue au sommet vaut d’avoir un peu mal aux jambes car c’est juste splendide. Une vue à 360 degrés sur le fleuve et les alentours, sous un beau soleil. La descente d’une heure est plus simple et arrivés en bas, nous nous posons au bord du fleuve à une terrasse, pour un rafraîchissement et une pause bien mérités.

Le lendemain, direction Muang Ngoi, un autre village accessible après plus d’une heure de bateau. Les touristes se pressent à l’embarcadère mais tout le monde ne pourra pas monter dans le même bateau. Les sacs des passagers sont entassés à l'avant du bateau et tanguent dangereusement. Il fait encore gris et plutôt frais, le gros nuage de brume quotidien de Nong Khiaw est encore accroché aux montagnes mais il se lève généralement en fin de matinée pour laisser la place à un soleil radieux et chaud.

Sur le bateau, nous faisons connaissance avec un jeune couple de français en tour d’Asie, Aurélia et Dylan. J’avais déjà échangé avec eux lors de la balade à Nong Khiaw, eux en descente et moi en montée. Ils ont tout juste 25 ans et sont vraiment sympas et nous avons l’âge de leurs parents… mais ils ne nous en tiennent pas rigueur ! :o)

Arrivés à Muang Ngoi, il nous faut trouver un logement car nous n’avons rien réservé. Fred me laisse avec enfants et bagages et revient moins de 10mn plus tard avec une bonne nouvelle : une chambre avec vue sur le fleuve pour environ 10 euros la nuit, on prend ! La chambre est vraiment jolie, avec un balcon et un hamac. Le propriétaire rajoute un matelas gonflable pour les enfants, et zou, nous avons une chambre familiale. Nous changerons d’ailleurs en cours de séjour pour deux chambres plus petites mais avec toujours vue sur le fleuve. Les enfants auront leur propre chambre et sont ravis (et nous aussi !).

Muang Ngoi n’a que 1 000 habitants et est un village calme et bucolique. Une rue principale traverse le village : restaurants, petits commerces locaux, chiens, coqs en liberté et enfants laotiens courant dans la rue en riant animent cet endroit que l’on aime beaucoup ! Nous avons retrouvé à Muang Ngoi un peu de l'authenticité du Myanmar qui nous manquait tant au Laos : ici les locaux nous font de vrais sourires sans vouloir forcément nous vendre quelque chose en retour. Après quelques jours, nous connaissons quasi tous les commerçants qui nous saluent et discutent avec nous. Milan entame régulièrement des conversations (limitées certes, mais quand même) en anglais avec nombre d'entre eux. Il a pris énormément confiance en anglais et n'hésite plus à parler. Il nous a aussi avoué adorer pouvoir se promener seul dans le village et retrouver un peu plus de liberté (forcément plus limitée en voyage en famille).

Tout pousse à la nonchalance et à la détente à Muang Ngoi : les hamacs devant le fleuve où les enfants laotiens se baignent et rient aux éclats à longueur d'après-midi, les bars avec happy hour avec de gros coussins pour s’affaler et profiter du temps qui passe en sirotant des cocktails tous aussi bons les uns que les autres, les petits restaurants où nous pouvons déguster des plats laotiens délicieux pour quelques euros, les petits lampions colorés qui illuminent tous les restaurants le soir, les salons de massages testés avec les enfants pour se détendre après une longue marche, les petits déjeuners gargantuesques et délicieux que nous prenons tous les matins chez ‘Vita’ où nous sommes accueillis avec énormément de chaleur et d’attentions. Vita, la propriétaire se souvient de toutes nos préférences et est aux petits soins avec nous. Nous nous régalons de baguette tiède, de mango shake, de mangue fraiche et sucrée et de crêpes au chocolat. Nous nous sentons vite bien dans ce village et avons prolongé par deux fois notre séjour ici pour profiter du calme et de la beauté du paysage.

Nous n’avons pas fait que manger ici ! Après un déjeuner indien avec Aurélia et Dylan, nous partons pour une balade. Moins longue que celle de Nong Khiaw, mais compliquée quand même avec pas mal d’escalade sur le chemin. Deux chiens errants nous ouvrent la marche et nous suivent jusqu’au sommet, nous sommes étonnés de voir qu’ils montent également avec agilité les marches des échelles en bois, particulièrement raides. Le panorama est encore une fois splendide, avec vue sur le fleuve, les petites montagnes qui l’encerclent et une végétation luxuriante.

Nous passons la soirée avec Aurélia et Dylan autour d’un bon repas local avant d’aller boire un dernier verre autour d’un feu extérieur dans l’un des bars de la rue principale.

Nous en profitons ici pour avancer sur les cours des enfants. Ils n’ont pas très envie de travailler ici mais n’ont pas le choix ! Ils seront vite récompensés pour leurs efforts par quelques séances de Kayak sur la Nam Ou avec leur papa ! L’occasion de découvrir des buffles (water buffalos) en liberté sur les rives et de profiter d’un paysage sublime. Pendant ce temps, je m’occupe du blog ! :o)

Les jours s’écoulent paisiblement… Personnellement, j’ai vraiment l’impression de lâcher prise après une année et demie particulièrement difficile. Nous mesurons notre chance d’avoir autant de temps devant nous… Pendant notre premier tour du monde, nous voulions tout visiter, ne rien rater et étions souvent fatigués du rythme effréné que nous nous imposions… Pour ce second long voyage, nous voulions dès le départ prendre notre temps, faire du ‘slow travel’ (= voyager lentement) et surtout voyager à notre rythme, selon nos envies, quitte à ne pas tout voir. Notre objectif est avant tout d’avoir du temps pour nous et notre famille, un vrai luxe, et de ne faire que ce que nous souhaitons sans nous mettre une pression inutile.

Pour le moment, nous sommes satisfaits du rythme pris et alternons les périodes très actives avec beaucoup de visites, randos et activités et les périodes plus calmes avec beaucoup de moments de détente et d’échanges en famille. Nous voulons également créer le plus d’interactions possibles avec les locaux et comprendre leur mode de vie et la culture du pays. Nous verrons dans quelques mois si nous avons réalisé nos objectifs de voyage…

En attendant, nous savourons chaque moment de ce voyage et profitons des merveilles qu’il nous permet de découvrir jour après jour. Je vous rassure, tout n’est pas complètement idyllique : nous manquons de temps pour nous (sans enfants) et vivre 24/24 avec Milan et Ilena n’est pas toujours facile. Ils se chamaillent toujours un peu et sont aussi parfois de mauvaise humeur (nous aussi d’ailleurs !), comme tous les enfants du monde !

Malgré tout, nous trouvons les enfants plus apaisés qu’à la maison, très ouverts à la découverte et de plus en plus épanouis. Notre voisin de chambre que nous croisons plusieurs fois par jour ici nous a dit ce matin qu’il trouvait que nos enfants avaient l’air heureux… Nous trouvons aussi…

Mais je m’éloigne du sujet, revenons à Muang Ngoi. Fred a sympathisé avec une famille française en tour du monde (‘L’Asie devant nous’) : Pierre-Louis, Emilie, Lena (5 ans et demi) et Tom (presque 2 ans). Encore une famille bien sympa avec qui nous avons eu beaucoup de plaisir à prendre des apéros, diner et discuter. Ilena et Lena s’entendent très bien et passent des heures à jouer ensemble, ça fait plaisir à voir. Comme le village est vraiment petit, nous les croisons quotidiennement dans la rue, au petit déjeuner, au restaurant : maintes occasions de papoter et de parler voyages !

Muang Ngoi est le point de départ de nombreuses jolies balades notamment vers les villages Lao, Hmong et Khamu. Après un bon petit déjeuner, nous partons pour une randonnée de 12 kms dans la campagne laotienne. Les paysages sont magnifiques avec en toile de fond les montagnes qui bordent le fleuve. Nous suivons le sentier et découvrons une grotte, pas très intéressante mais qui amuse les enfants. Ilena ne veut pas marcher aujourd’hui et est plutôt grognon, elle n’avance pas vite et râle à chaque pas.

Nous atteignons un village, Ban Na : les locaux sont occupés à travailler, baigner les enfants ou s’occuper des animaux. Les maisons sont plutôt rustiques et faites de bambous mais chose surprenante, elles sont souvent équipées de satellites ! Nous trouvons un restaurant un peu plus loin, le repas n’est vraiment pas bon… Ilena aperçoit quelqu’un au loin et bondit de sa chaise en hurlant ‘Lena !’ : sa copine est à l’autre bout du jardin avec sa famille en balade également. Nous les rejoignons pour la marche du retour, voilà qui redonne du baume au cœur et de l’énergie à Ilena !

Notre séjour dans les petits villages du nord s’achève déjà… A l'heure où j'écris ces lignes, je regarde Ilena et Milan partager une partie endiablée de cache-cache avec les enfants du village... Ces rires n’ont pas de prix…

Nous avions prévu de descendre directement à Vang Vieng mais devons faire un petit détour par Luang Prabang (4h de mini-van). En effet, notre appareil photo a été retrouvé ! Cela nous semble complètement improbable… D’après nos vidéos qui nous ont donné beaucoup d’indices, l’appareil a été subtilisé par l'un des guides conduisant les éléphants lors de notre journée de randonnée près de Luang Prabang. Nous avions mis énormément de pression à leur responsable en le menaçant de nuire à la réputation touristique du site sur les réseaux sociaux et avons contacté la police locale. Ici, la police ne se déplace que si on la paie… Nous n’avons rien payé mais notre appel téléphonique a dû les intriguer car ils ont tout de même pris la peine de rencontrer les équipes en question. Nous ne saurons jamais pourquoi le voleur a décidé de rendre l’appareil photo mais nous sommes bien contents de le récupérer ! Comme Elodie et Matthieu sont toujours à Luang Prabang, ils ont gentiment récupéré notre appareil, une belle occasion de passer la soirée avec eux !

La suite dans le prochain épisode pendant lequel nous nous raconterons notre séjour à Vang Vieng, plus au sud.

A bientôt, prenez soin de vous !

3

Nous avons 5 heures de route pour rejoindre Van Vieng depuis Luang Prabang. Le trajet se fera en van, euh… façon Tetris : le chauffeur fait preuve d’une ingéniosité sans égal pour caser passagers et bagages dans un petit van. Une petite souris ne passerait pas mais tout tient !

Nous sommes bien secoués pendant tout le trajet, la route est compliquée et le chauffeur roule pendant plus d’une heure en descente, le pied sur le frein en permanence, nous ne sommes pas très rassurés… Sur la route, plusieurs camions et voitures retournés dans la poussière… Les enfants s’occupent comme ils peuvent entre jeux sur l’ipad, parties de Uno et gros dodo.

Nous arrivons à Vang Vieng bien fatigués du voyage peu confortable, sous 35 degrés et sans réservation d’hôtel. La ville est plutôt moche et sans intérêt et nous ne savons pas trop dans quelle direction aller. Fred rappelle un hôtel complet quelques heures auparavant sur ‘Booking’ et victoire, il reste 2 chambres. Nous trouvons un tuk-tuk et rejoignons la Maylin Guest House qui nous avait été chaudement recommandée. Mauvaise surprise, les jolies chambres sont toutes prises, il nous reste des chambres nettement moins charmantes. L’endroit est néanmoins très bucolique, avec un hectare de jardin luxuriant et un petit pont en bois. Le propriétaire irlandais de l’endroit est un vrai personnage avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à discuter.

Nous avons longuement hésité avant de venir à Vang Vieng qui a une réputation assez mitigée. Vang Vieng, ça n’est pas le Laos mais un monde parallèle où les touristes viennent pratiquer des sports extrêmes et faire la fête. Les sud-coréens sont en nombre ici et profitent de leur unique semaine de vacances annuelle pour tester TOUTES les activités proposées les unes après les autres.

Jusqu’en 2012, Vang Vieng était un lieu de débauche, devenu incontrôlable, où les touristes ne venaient que pour profiter de la drogue et de l’alcool à bas prix. La mort de nombreux touristes alcoolisés et drogués qui avaient trouvé drôle de se jeter dans la rivière depuis des falaises, en pleine nuit, a mis fin à ce désastre touristique. Le gouvernement s’en est mêlé et l’endroit est redevenu vivable et surtout tourné vers les sports de plein air, riches en sensations fortes dans un environnement naturel (et magnifique !) qui s'y prête. Le centre-ville et les bords de la Nam Song restent très prisés des fêtards.

Ne cherchez pas d’interaction avec les locaux ou d’anecdotes croustillantes de voyage dans cet article : il n’y en a pas. Nous avons passé 2 jours à Vang Vieng à pratiquer exclusivement des activités inédites pour nous. Notre hôtel est à 15 mn à pied du centre, loin du brouhaha. Nous perdons un peu tous nos repères ici et peinons à comprendre comment la ville fonctionne.

Nous réservons des scooters dès le lendemain de notre arrivée pour aller explorer les environs. Trouver des casques pour les enfants est encore une fois un challenge. Comme à Bagan, les enfants montent tous les deux avec Fred et je suis seule sur mon scooter. Ceux-ci ne sont pas électriques mais ça n’a pas l’air plus compliqué. Ils sont bien plus puissants que ceux testés au Myanmar. Au Laos, on voit régulièrement des enfants de 10 ans à peine, conduire des scooters avec leur petit frère derrière ou des mamies avec une passagère en amazone donc ça devrait être à ma portée.

Nous démarrons la journée par le Blue Lagoon 1 : le nom de ‘lagoon’ est très prétentieux car l’endroit est en fait un grand plan d’eau au milieu de nulle part. L’endroit est rempli de touristes sud-coréens venus répliquer la cascade de leur idole nationale qui a sauté d’un arbre dans le lagon, dans un film à succès récent. Milan et Ilena s’amusent dans l'eau et Fred et Milan testent même le saut depuis l’arbre devenu célèbre chez les coréens.

Blue Lagoon 1 

Nous poursuivons par 10 km de piste difficile en scooter avec des ornières et de gros cailloux un peu partout sur le sable. Nous traversons des petits villages et admirons les paysages de la campagne laotienne toujours aussi belle.

Le Blue Lagoon 3 est également plus proche de l’étang que du lagon polynésien mais l’ambiance est plus paisible. Milan et Fred s’essaient à la tyrolienne pendant qu’Ilena et moi admirons leurs efforts en mangeant une glace. Nous passons une belle après-midi à nous baigner et profiter du soleil et du paysage.

Blue Lagoon 3 

Le retour sur la piste est compliqué : nous sommes régulièrement arrosés de poussière par les conducteurs de buggy et il fait vraiment chaud. Sur le chemin, nous apercevons une tâche rouge dans le ciel : une montgolfière qui est en train d’atterrir. Nous nous arrêtons et allons admirer le spectacle.

Nous arrivons enfin à destination après une belle journée à scooter. J’aime toujours autant et ai pris beaucoup d’assurance, je profite vraiment et j’adore cette sensation de liberté que la conduite du scooter procure. Fred assure avec les deux enfants sur le même scooter qui sont ravis eux aussi.

Le lendemain, activité nautique. Nous rejoignons le centre-ville pour louer d’énormes chambres à air de tracteurs pour une activité ‘tubing’.

Ici, le tubing consiste à descendre la rivière, les fesses calées dans la chambre à air, pendant 2 ou 3 heures. On m’a vendu l’activité comme paisible et simple… mouais… Encore faut-il réussir à se caler dans la chambre à air, ce n’est pas chose aisée quand on se fait mal aux pieds sur les cailloux et qu’on est emporté par le courant. Les enfants et Fred sont déjà partis que je suis toujours à essayer de m’installer sans tomber dans l’eau. Je ne suis clairement pas câblée pour ce type d’activité ! Bon, ça y est, je suis prête et c’est parti pour 3 heures de bronzette dans une chambre à air, à admirer le paysage.

Ah, mais on ne m’a pas tout dit : le courant nous emporte facilement contre les rochers, il faut en fait manœuvrer l’engin comme on peut et quand il n’y pas de courant, il faut ramer avec les bras ! Pas simple pour moi et apparemment pour Ilena non plus qui se fait régulièrement emporter dans les rochers.

Fred et Milan maîtrisent la technique bien entendu et s'éclatent ! On descend tant bien que mal la Nam Song et finalement le tubing est une activité sympa quand on parvient à maîtriser un peu son environnement. C’est nouveau pour nous 4 en tout cas. Ilena qui s’est retrouvée coincée dans les rochers et encerclée d’araignées d’eau (mais heureusement sauvée par son grand frère :o) est contente d’arriver à destination.

Les rives sont bordées de bars où les touristes s'arrêtent reprendre des forces.

A peine rentrés, nous avalons un sandwich et repartons pour la dernière activité de notre séjour, et pas la moindre… Un vol en montgolfière !! J’en rêve depuis des années et nous sommes tous les 4 surexcités. Conseil aux voyageurs : si vous souhaitez faire un vol en montgolfière, faites-le au Laos et pas au Myanmar à Bagan car ici les prix sont 3 fois plus bas avec des paysages tout aussi beaux. Nous en profitons pour remercier les amis qui nous ont offert une cagnotte ‘voyage’ lors de notre fête de départ et nous ont permis de vivre cette belle expérience en famille !

Un van vient nous chercher à notre hôtel (avec Joe le directeur de l’hôtel et 2 autres français très sympas) et nous emmène à l’endroit d'où la montgolfière décollera. La préparation est déjà une expérience : la nacelle est débarquée d’un camion, elle pèse très lourd (et a été fabriquée en Ardèche : en effet, le propriétaire d’’Above Laos’ avec qui nous avons fait notre baptême de montgolfière est français). 4 ou 5 personnes sont nécessaires pour installer la toile du ballon (immense !) sur la nacelle et gonfler la toile d’air chaud.

Nous montons enfin dans la nacelle avec 5 autres passagers et la personne en charge de faire voler notre montgolfière. Il nous donne quelques consignes de sécurité et c’est parti… On sent à peine qu’on quitte le sol, tout va très lentement. Il fait très chaud à cause des brûleurs qui envoient de la chaleur dans la toile. Les paysages changent au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, c’est tout simplement magique… On se sent libres et légers... Une expérience à faire une fois dans sa vie (au moins !). Le vent (le sens ou la force, je ne sais pas trop) n’est pas au rendez-vous et complique un peu le vol. Malgré tout, ce fut une expérience magnifique dont nous nous souviendrons longtemps.

Nous atterrissons sur un champ de menthe où des enfants laotiens nous attendent, ravis du spectacle. Nous assistons au dégonflage et au pliage de la toile avant de rejoindre la base d’’Above Laos’ où nous sommes accueillis avec une coupe de champagne et quelques douceurs sucrées. Nous passerons un long moment à papoter en sirotant du champagne au milieu de nulle part dans la campagne laotienne avec un coucher de soleil magnifique en toile de fond, un bien joli moment.

Le lendemain, il est déjà temps de repartir pour la destination suivante, Pakse, à une quinzaine d’heures de bus. Joe nous emmène au centre-ville et nous prenons un van pour 5 heures de route. Nous sympathisons avec un couple de jeunes retraités en vadrouille en Asie pendant quelques mois. Nous sommes d’ailleurs assez surpris de constater que les retraités français sont nombreux en Asie à voyager pendant plusieurs mois. Une activité qui nous plairait bien pour la retraite ! :o)

Arrivés à Ventiane (capitale du Laos, que nous ne visiterons pas), nous attendons une heure dans une gare routière glauque avant de monter dans un second bus de nuit. Notre bus a beau faire la part belle à Winnie l’Ourson sur ses deux côtés, c’est pas la joie cet endroit ! La gare est vraiment sale, sombre peu accueillante. Les transferts de nuit sont les moments les moins sympas du voyage : on ne sait jamais sur quel type de bus on va tomber, on ne sait pas non plus si on ne va pas se faire dépouiller pendant notre sommeil (de nombreux touristes nous ont raconté de telles mésaventures) et les conducteurs de bus (particulièrement les laotiens) ont souvent une conduite un peu trop sportive.

Le bus a 2 étages et comble du luxe, des toilettes également (la première fois depuis le début de notre périple !). Nous avons des places à l’étage le plus bas et devons avancer quasiment à genoux pour rejoindre notre couchette en raison du plafond très bas (seule Ilena tient debout). Fred et moi partageons une couchette avec un enfant. L’endroit n’est pas si mal finalement : les couchettes font 1,70 m environ de longueur (je tiens tout juste et fred doit se recroqueviller) mais c’est plutôt confortable. Le temps passe vite : on grignote et on fait des jeux avec les enfants qui adorent le concept. Nous sommes étonnés d’être déjà arrivés à Pakse au petit matin après une bonne nuit de sommeil (et sans affaires volées !).

Dans le prochain épisode, je vous raconterai nos quelques jours à scooter sur le plateau des Boloven, une expérience magnifique !

D’ici là, on vous embrasse fort, prenez soin de vous !

4

Fraichement débarqués du bus de nuit au petit matin, nous rejoignons notre hôtel en tuk-tuk. Nous avons eu une belle promotion de dernière minute sur Booking.com : un hôtel un peu mieux que d’habitude avec piscine/toboggan et 2 belles chambres pour 36 dollars pour 4, nous sommes ravis.

La journée s’écoule au ralenti au bord de la piscine : au programme, farniente et jeux d’eaux, nous sommes bien fatigués du trajet de nuit. Pas de recherche ou de réservation de bus, d’hôtel, d’avion, d’itinéraire, pas de sacs à faire et refaire, de lessive à organiser, de leçons à enseigner, d’article de blog à écrire, de photos à trier ou de tâches administratives à gérer… R.I.E.N, nous ne faisons rien et ça fait beaucoup de bien car ça n’arrive jamais. On profite de la piscine, du soleil, des uns des autres, on lit et on bronze et c’est chouette !

En fin de journée, nous sortons quand même de notre bulle pour aller en ville et assister à la réunion d’information chez ‘Miss Noy’. En effet, nous avons réservé deux scooters pour le lendemain afin de nous promener sur le plateau des Bolovens. ‘Miss Noy’ est une boutique tenue par un belge, Yves et sa femme laotienne, Noy. La petite société loue des scooters, organise des tours et vend des billets de bus, bateau et train. Yves est une mine d’informations sur la région et connait le secteur comme sa poche : la réunion de briefing avant de partir sillonner les routes n’est donc pas une option.

Miss Noy et Yves 

Nous sommes en haute saison et il y a une petite quinzaine de voyageurs à la réunion quotidienne. Yves nous met tout de suite dans l’ambiance : un touriste s’est fait agresser la veille par des laotiens armés de machettes qui lui ont volé son scooter, il est rentré à pied et un peu traumatisé… On nous déconseille donc une grosse partie du parcours qui n’est plus sûr (surtout que cette agression n’est pas la première). Yves nous donne toutes les infos nécessaires pour ne pas se perdre, les choses à voir, à éviter et quelques consignes de sécurité. Les personnes qui n’ont jamais fait de scooter (ou peu) sont formées par Yves en 5mn sur le bord de la route, dans le trafic de la ville.

On se rabat sur la ‘petite boucle’ qui fait plus de 200 kms. On est un peu stressés par les mésaventures du touriste agressé mais l’envie d’aventure est plus forte et nous avons hâte de partir sur les routes avec les enfants. Le plateau des Bolovens est situé à 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est connu pour ses plantations de café et ses magnifiques cascades.

Le soir, on dine rapidement en ville : Pakse est une ville qui nous semble sans intérêt, plutôt laide et très bruyante, on limite donc le temps passé ici.

Après une bonne nuit de sommeil, nous récupérons nos deux bolides. Bonne nouvelle, pour une fois, nous avons des casques dignes de ce nom pour les enfants. Nous laissons nos gros sacs chez Yves et n’emportons que le minimum pour deux jours et une nuit : deux sacs de 30 litres et un autre sac avec les pulls polaires car il peut faire frais sur le plateau (elles ne nous ont pas servi du tout). Milan râle car il ne veut pas porter de sac pendant le trajet.

Une famille de belges bien sympathique (‘cinq sacs à dos en Asie’) à qui nous avons parlé 2mn chez ‘Miss Noy’ nous propose de nous prendre nos sacs en voiture. En effet, ils ont choisi l’option chauffeur privé et bonne nouvelle, ils dorment dans le même hôtel que nous le soir. En France, nous n’aurions jamais accepté de donner nos sacs à de parfaits inconnus, qu’on n’est même pas sûrs de revoir. En voyage longue durée, il y a une véritable solidarité entre voyageurs et nous leur faisons confiance immédiatement, sûrs de les retrouver le soir même avec notre sac. Les enfants sont ravis car ils savent déjà qu’ils vont se faire des copains avec Théo 10 ans et demi, Félix 9 ans et Marylou 6 ans. Ils ont déjà hâte d’arriver à l’hôtel. Avant, nous avons près de 90 kms en scooter à parcourir sans se perdre.

C’est parti ! Les débuts en ville ne sont pas simples : il faut déjà trouver de l’essence et naviguer entre tuk-tuk, scooters, vélos, camions, voitures, appréhender le code de la route laotien qu’on ne connait pas et qui en fait n’est respecté par personne… Petit (gros ?) moment de stress pour moi… mais je m’en sors plutôt pas mal finalement. Fred a encore une fois les 2 enfants avec lui sur le scooter et pour ma part, j’ai un sac dans le dos et un autre devant mes pieds, pas très confortable. Je suis Fred et les enfants comme je peux sans me faire doubler par les autres véhicules mais Fred est nettement plus aguerri en scooter que moi et zigzague avec aisance entre les deux-roues et les voitures. Nous sortons enfin de la ville et c’est parti pour l’asphalte. Il fait très chaud sous le casque et dans les chaussettes et chaussures fermées que nous n’avons plus l’habitude de porter depuis des semaines. Mais sécurité oblige, nous nous sommes équipés un peu mieux que pour nos précédentes escapades en scooter.

Encore une fois, je savoure l’immense sensation de liberté que le scooter procure : quel bonheur !

Les paysages ne sont pas exceptionnels mais la route est facile et le trajet agréable. Nous pensions retrouver d’autres touristes à scooter sur la route mais nous ne croisons que des scooters locaux, de gros camions et parfois des troupeaux de vaches qui traversent la route. C’est nettement plus bucolique que les embouteillages parisiens.

Ilena est assommée par la chaleur et sûrement bercée par le ron-ron du moteur et s’endort sur la route très rapidement, c’est un vrai problème car endormie, elle a tendance à pencher sur le côté. Nous faisons des pauses régulières pour la faire marcher et se réveiller. Milan profite à fond de la balade et me fait des petits signes d’encouragement réguliers, tout en vérifiant que je suis toujours derrière lui. Après l’asphalte, nous traversons une série de petits villages typiques laotiens aux routes poussiéreuses : nous croisons beaucoup d’enfants rejoignant leur école. Ils veulent nous taper dans la main en passant et nous sourient en nous criant des ‘Hello’ et des ‘Sabaidee’, c’est très mignon.

Les Globe-Rêveurs en deux-roues ! 

Pause déjeuner, il fait trop chaud pour manger quoi que ce soit de consistant (et il faut dire qu’il n’y pas grand-chose de proposé non plus), nous nous rabattons sur une pastèque bien fraîche, que les enfants dévorent avec gourmandise.

Nous repartons après ce plein de vitamines avant de nous arrêter chez M. Vieng, un producteur de café local, chaudement recommandé par Yves. Nous ferons la visite tous les 4 seulement, accompagnés d’une étudiante française. M. Vieng nous explique dans le menu détail toutes les étapes de la fabrication du café, nous montre les différentes feuilles des caféiers, c’est passionnant (même pour moi qui ne boit pas de café). Il montre aux enfants comment attraper les fourmis rouges (une espèce en particulier) sur les arbres et… les manger… Apparemment, on en met dans les soupes ici, beurk, beurk… Milan est courageux et tente l'expérience et semble apprécier le goût citronné de ce goûter un peu particulier.

M. Vieng a choisi d’arrêter l’utilisation de pesticides il y a déjà de nombreuses années. Il est conscient de la perte financière mais a choisi de produire du café bio de qualité, vendu en plus petites quantités. Un bel exemple. Il complète ses revenus par les visites de la plantation, la culture de manioc et autres végétaux, vendus à bon prix, ainsi que la vente des tissages de sa femme.

Nous reprenons la route et arrivons à Tad Lo, notre étape pour la nuit, vers 16h30. Nous prenons possession de notre chambre (où le sac apporté par la famille belge nous attend déjà). Nous arrivons juste à temps pour profiter d’une baignade dans les chutes de Tad Lo mais surtout pour assister au bain de Messieurs les éléphants. La famille belge est là aussi et le courant passe tout de suite avec Magali, Paulo et leurs trois enfants.

Deux cornacs nettoient leurs éléphants tous les jours au même endroit et à la même heure et c’est un spectacle magnifique et surtout inédit pour nous. Les deux pachydermes avancent majestueusement dans l’eau de la rivière, sans stress. Les cornacs sur leur dos sont très agiles et suivent les mouvements des éléphants dans l’eau en leur frottant le dos vigoureusement, un véritable numéro d’équilibrisme !

Le bain quotidien des éléphants 

Les éléphants ressortent ensuite tranquillement pour se sécher au soleil. L’occasion pour les enfants de les nourrir de bambous et de les voir de plus près. Les enfants de l’école du village viennent également se baigner après les cours tous les jours : ils sautent tout habillés dans l’eau fraiche et impressionnent les enfants avec leur sauts et saltos magnifiques (et dangereux) depuis les rochers.

Nous avons logé à Tad Lo, petit village laotien tranquille et ville-étape du circuit des Bolovens. Notre guest-house, Palamei, est tenue par une famille de laotiens, aidée par une française, Mathilde qui enseigne l’anglais aux enfants et s’occupe de l’intendance. Notre chambre est modeste, dans un bâtiment en bois mais nous avons très bien dormi !

Le concept du diner est intéressant : les voyageurs qui le souhaitent peuvent participer à la préparation du repas pour aider la famille laotienne. Magali et moi nous mettons au travail (et après 2 mois de restaus, c’est agréable de cuisiner un peu !), aidées par Ilena et Marylou. Les garçons jouent et leurs papas boivent une bière !

Nous passons une excellente soirée avec Magali, Paulo et leurs enfants et nous régalons des plats laotiens préparés ensemble. L’ambiance de la guest-house est détendue et joyeuse, on s’y sent bien. Tellement bien qu’on décide de prolonger d’une nuit notre séjour pour profiter de l’endroit mais aussi pour passer plus de temps avec nos nouveaux copains.

Le lendemain, nous allons tous visiter un village Katu. Magali et Paulo nous proposent de nous emmener dans leur van pour nous éviter de reprendre les scooters.

Les Katu sont une des 47 ethnies du Laos. C’est une communauté animiste aux croyances et coutumes fortes. Le village est sommaire et typique : des maisons en bambous construites sur des sols à la poussière orange qui s’accroche partout. M. Hook, notre hôte a grandi dans ce village mais s’est rebellé contre une partie des traditions imposées par les anciens. Depuis quelques années, il raconte son histoire et celle de son village aux touristes (contre rémunération) mais n’est pas vraiment le bienvenu ici. D’ailleurs, nous ne nous sentons pas spécialement bienvenus non plus mais nous ne passerons pas tant de temps que ça dans le village même, l’idée étant de ne pas être intrusifs.

Qu’est-ce qu’une communauté animiste ? Je vais essayer de l’expliquer (mais c’est bien plus complexe en réalité et il y a différentes formes d’animisme dans le monde). Les animistes croient fortement dans les esprits qu’ils considèrent comme une force vitale animant les êtres vivants, les objets et les éléments naturels. Ils croient aussi aux génies protecteurs. Par exemple, il est interdit de prendre en photo les personnes âgées du village qui croient que leur âme leur est volée sinon. Ces croyances donnent lieu à toutes sortes de coutumes qui nous paraissent souvent à mille lieux de notre manière de vivre…

Naître petite fille dans le village de M. Hook est une vraie malchance : les filles sont mariées à des petits garçons de leur âge dès 7-8 ans (imaginer que Milan et Ilena pourraient être déjà mariés me donne froid dans le dos !). Elles tombent enceinte très jeunes et doivent accoucher dans la forêt avec d’autres femmes et y rester pendant 15 jours après la naissance du bébé pour éviter le mauvais œil. Les femmes font tout le travail : tissage, culture des champs, travaux de la ferme, travaux ménagers, cuisine, soin des enfants… Les hommes ? Les hommes ne font RIEN ! Ils ne travaillent pas du tout, fument des pipes à eau en bambou toute la journée et, cerise sur le gâteau, sont polygames… Les enfants fument la pipe à eau dès l’âge de 3 ans (pour se protéger du mauvais œil), ils sont donc vite accros au tabac…

A l’âge adulte, les hommes ont le droit de choisir une seconde femme de leur choix. Les femmes n'ont pas cette possibilité. La première femme (épousée enfant) est donc coincée avec le même homme toute sa vie sans pouvoir en changer. Les femmes vivent avec leur belle-famille. Si leur époux décède, elles sont remariées au frère ou au cousin ou encore au père de la belle-famille s’il n’y a plus personne de disponible. Les familles vivent en communauté dans la même maison (parfois à 50 !) tant qu’un des grands-parents et parent est encore en vie. A leur mort, les familles peuvent se désolidariser.

Le culte des morts est également très spécifique à cette communauté. Un cercueil est placé sous chaque maison en prévision d’un décès. Si un membre de la famille décède par accident, toute la famille est exilée dans la forêt pendant 5 ans pour éviter qu’un mauvais esprit s’incruste dans le foyer.

M. Hook nous décrit la vie dans son village, les us et coutumes et nous montre les plantes médicinales qui sont utilisées par les chamanes (qui remplacent les médecins). La visite est intéressante (quoiqu’ un peu longue pour les enfants qui préfèrent aller manger des fourmis rouges sur les arbres...).

Difficile d’imaginer de tels modes de vie à notre époque, difficile de les comprendre aussi sans un peu de recul et de connaissance de la culture de ces ethnies. Les jeunes générations du village commencent à faire bouger les lignes et ne veulent plus par exemple aller accoucher en forêt ou être mariés aussi jeunes. Ces traditions perdureront jusqu’à ce que les anciens partent je pense.

Le village de M. Hook 

Nous passons le reste de la journée dans les cascades. Les 5 enfants s’amusent tellement bien ensemble, ça fait plaisir à voir.

Nous passons une autre belle soirée franco-belge, cette fois dans un restaurant du village tenu par un français : l’occasion de manger des plats au fromage français (après deux mois en Asie, nous sommes en manque de fromage !), on se régale et on refait le monde, une autre soirée bien sympa.

C’est avec regret que nous quittons Magali, Paulo, Théo, Félix et Marylou le lendemain matin. Nous enfourchons nos scooters pour la boucle retour. Il fait déjà bien chaud à 9h et remettre casque, chaussures fermées et chaussettes est difficile. Nous faisons les premiers cinquante kilomètres d’une traite avant de faire une pause pour admirer une cascade. L’endroit est très animé, nouvel an chinois oblige (bonne année du cochon de terre à tous !). Nous nous arrêtons pour déjeuner mais mauvaise surprise, il ne nous reste plus assez d’espèces, les restaurants n’acceptent pas la carte bancaire et le premier DAB est à plus de 10kms. Qu’à cela ne tienne, nous mangeons chacun un petit panier de riz gluant, accompagné d’eau et ça fera l’affaire !

Nous reprenons la route pour nous arrêter à une autre cascade. Quelle bonne surprise de croiser par hasard notre petite famille belge ! Un autre bon moment partagé entre petits et grands !

La dernière partie en scooter est un peu longue et Ilena continue de s’endormir, nous faisons de nouveau des pauses régulières. Nous arrivons à Pakse à l’heure de pointe dans les klaxons et le chaos typique des villes asiatiques : nous redoublons de vigilance pour ne pas se perdre de vue et retrouver la boutique de ‘Miss Noy’ pour rendre les scooters.

Fred nous laisse un moment pour aller trouver un hôtel pour la nuit. En chemin, nous rencontrons avec plaisir Agnès et Jean-Luc, avec qui nous avions fait un bout de trajet de Vang Vieng à Ventiane.

Notre étape aux Bolovens est terminée. Après une bonne nuit de sommeil, nous prenons un van pour rejoindre les 4 000 iles, notre dernière étape laotienne.

A très vite !

5

Petit point pratique avant de commencer : sur le bandeau tout en haut (avec la photo du coucher de soleil présentant le carnet de voyage du Laos), vous pouvez accéder à l'étape de votre choix en cliquant simplement sur son numéro (en haut à gauche). Pas besoin de repasser par tous les articles du Laos pour lire le dernier publié par exemple. Par ailleurs, vous pouvez agrandir chaque photo en cliquant simplement dessus.

Nous prenons un van pour 4h de bus vers le sud du pays. Le trajet passe rapidement et nous arrivons sous un soleil de plomb au petit embarcadère de Nakasong où nous nous entassons dans une pirogue pour rejoindre Don Khon. La balade est sympathique et plutôt bucolique.

Nous avons simplifié les choses en réservant un hôtel à l’avance, bien nous en a pris car de nombreux endroits sont complets à cette période. Nous avons deux chambres dans un hôtel avec vue sur le Mékong et pouvons utiliser la piscine de l’hôtel d’à côté. La terrasse de notre hôtel est parfaite pour de délicieux petits déjeuners et des sessions d’école productives (n'en déplaise aux enfants qui ont plus envie d'aller barboter dans la piscine que de travailler).

Les 4 000 îles (ou Si Phan Don en laotien) se situent à l’extrémité sud du Laos. C’est un havre de paix où le temps semble s’être arrêté et où tout tourne au ralenti (c’est peut-être dû à la chaleur aussi). Vous vous demandez sûrement comment on peut accéder à des îles dans un pays qui n’a ni mer, ni océan… En effet, on parle ici d’un archipel de 4 000 îles au cœur du Mékong. Seules quelques unes de ces îles sont habitables et 3 seulement peuvent accueillir des touristes.

Don Khon fait seulement 5 kms de long et 3 de large. Autant dire qu’on en a vite fait le tour. Elle est reliée à l’île voisine de Don Det par un pont. Don Det a la réputation d’attirer surtout les jeunes et les fêtards, en opposition à Don Khon, beaucoup plus calme et familiale.

L’objectif de ces quelques jours dans le sud laotien est de prendre notre temps, bien avancer sur l’école avec les enfants, profiter des environs et de la piscine. La température tourne autour des 38 degrés quotidiennement et la piscine n’est pas un luxe mais une nécessité.

Nous avons passé 5 jours à Don Khon. Ici, les journées s’écoulent paisiblement et nous louons des vélos pour visiter l’île et sa voisine Don Det.

Les routes en terre sont cabossées et les enfants locaux nous saluent avec d’énormes sourires et des ‘Sabaidee’ chantants. Des poules, des vaches, des chiens se promènent librement sur la route tandis que des laotiens organisent des combats de coqs sur les bas-côtés.

Nous nous promenons aussi du côté des chutes de Li Phi, chutes d’eau aussi magnifiques qu’impressionnantes. L’occasion de faire une belle balade dans les environs.

Chutes de Li Phi 

Nous poussons la balade en vélo un peu plus loin pour tenter d’apercevoir les dauphins de l’Irrawaddy. Le Mékong compte quelques 80 dauphins (mais malheureusement une espèce menacée) et 3 d’entre eux vivent dans la partie du Mékong de Don Khon. Avant d’aller admirer les dauphins, il nous faut négocier une pirogue avec les locaux. Ici, le prix est décidé à la tête du client et on nous propose un prix bien supérieur à celui payé par d’autres touristes avec qui nous avons discuté. Nous ne sommes pas contents mais rien n’y fait, le prix ne bouge pas. Un pêcheur vient quand même nous proposer de nous emmener à un prix raisonnable. Nous montons tous les quatre dans sa pirogue, il ne parle pas un mot d’anglais (juste le minimum pour nous donner le prix de la course). La balade en bateau est vraiment sympa, il n’y a pas un bruit et nous apprécions la beauté des environs.

Nous découvrons le Mékong depuis des semaines et à chaque fois, c’est une nouvelle facette de ce fleuve qui nous est dévoilée. Notre pêcheur nous montre au loin quelque chose. On aperçoit le dos d’un dauphin qui replonge dans l’eau immédiatement. Nous verrons plusieurs dos de dauphins mais ça s’arrêtera là, dommage. Nous aurons l’occasion de nous rattraper dans quelques mois avec des dauphins de mer, dans des îles plus lointaines et des eaux plus bleues…

Nous profitons quotidiennement de la piscine, en sirotant des mango shake et en papotant avec des personnes rencontrées sur place ou d’autres retrouvées ici, comme Agnès et Jean-Luc.

Les journées se terminent toujours par le plus beau des spectacles, un coucher de soleil rougeoyant sur le Mékong, on ne s’en lasse pas.

Coucher de soleil sur le Mékong 

Nous essayons tous les restaurants du coin, prenons des apéros/jeux de cartes avec les enfants et profitons de chouettes moments en famille. Nous retrouvons également Aurélia, Dylan (rencontrés dans le nord du pays) et leurs amis pour une soirée sur Don Det, un vrai périple car se déplacer d’une île à l’autre le soir relève du défi : en tuk tuk moto et sans lumières, il faut braver les routes cabossées, les multiples ornières, ne pas verser dans le fossé, éviter les chiens errants (et ils sont nombreux) et manger de la poussière. On a tout de même bien rigolé avec les enfants et le conducteur de tuk-tuk, une expérience qui restera dans nos mémoires !

Nous prenons aussi le temps de visiter une école laotienne. Nous entrons sans problème dans l’école (de la maternelle au lycée), personne ne vient nous demander ce que nous faisons là. Nous rentrons dans une classe, le professeur nous accueille avec le sourire, un peu étonné de nous voir tout de même. Il ne parle pas du tout anglais et les élèves non plus, la communication est très compliquée.

Tout se fait via des sourires et un langage non verbal qui en dit beaucoup quand même. Certaines classes n’ont pas de professeur sur place et c’est le chaos le plus total du côté des élèves qui s’en donnent à cœur joie. On a l’impression que les instituteurs se relaient pour enseigner dans plusieurs classes à la fois. Nous sommes toujours accueillis chaleureusement par tous ces élèves laotiens ravis de la distraction que nous leur apportons, un chouette moment…


Nous n'avons rien fait d'extraordinaire pendant ces cinq jours, nous avons juste pleinement profité du moment présent, sans contraintes, sans horaires et sans stress.

Voilà, le Laos, c’est déjà terminé. Nous avons passé un mois dans ce beau pays, une semaine de plus que prévu. Nous avions une opinion négative en arrivant à Luang Prabang où nous nous sentions agressés par le trop plein de touristes français après un mois sans touristes au Myanmar (et le vol de notre appareil photo n'a rien arrangé).

Malgré tout, nous nous sommes laissé gagner par l’accueil et la gentillesse des laotiens, les paysages magnifiques, les plats délicieux et les activités inédites que nous avons pu pratiquer. Nous garderons également un merveilleux souvenir des familles et couples français ou belges rencontrés sur notre chemin et avec qui nous avons passé des moments de qualité. On espère d’ailleurs en revoir quelques uns à Paris ou ailleurs !

Rendez-vous au Cambodge pour notre prochaine étape. Avant, il nous faudra braver une des frontières terrestres les plus corrompues au monde, entre le Laos et le Cambodge.

Nous en profitons pour vous remercier de vos messages (sur le blog, facebook, what's app ou par email) : vos messages d'amitié et vos encouragements nous vont droit au coeur et nous motivent à maintenir ce blog régulièrement. Continuez à commenter nos articles, on adore ça ! :o)

A très bientôt !