Un mois en Indonésie, en Sulawesi du nord et une petite escale à Bali
Du 2 au 29 avril 2019
4 semaines
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Cette série d’articles sur notre séjour en Sulawesi est dédiée à des amis chers, Christelle, Patrick et leurs fils Romain et Florian. Ils nous ont inspirés cette destination en nous faisant rêver depuis des années avec mille histoires sur cette île lointaine et hors des circuits touristiques indonésiens. Nous avons une pensée toute particulière pour Patrick, notre globe-trotter préféré et regretté…

Nous nous levons à 3h45 du matin pour rejoindre l’aéroport international de Kuala Lumpur, à plus de 60 kms du centre et prendre un avion à 7h. Notre prochain arrêt est Makassar dans le sud Sulawesi en Indonésie. Sulawesi, cette île lointaine en forme d’orchidée, est également appelée Célèbes et se situe au nord-est de Bali, juste sous les Philippines. Elle est bien loin du tourisme de masse balinais et attire les voyageurs en quête de tranquillité et de découvertes hors des sentiers battus.

Nous dormons pendant les 3h de vol, épuisés par le lever plus que matinal. L’arrivée à l’aéroport marque une vraie différence avec les Philippines catholiques. Ici, les gens sont majoritairement musulmans pratiquants et les femmes et petites filles portent quasi toutes un voile. Nous sommes surpris de constater qu’il y a peu de sacs à dos et de valises sur le tapis roulant des bagages, mais surtout d’énormes paquets enveloppés dans des kilos de film plastique. Les gens s’arrêtent pour nous regarder et nous sourire, une dame me demande même un selfie avec elle.

Nous rejoignons la file d’attente des visas, on peut compter les touristes occidentaux sur les doigts de deux mains. Nous trouvons, non sans mal, un taxi qui nous emmène à l’hôtel réservé par Fred à Makassar. C’est une belle surprise, deux jolies chambres communicantes avec une salle de bains fonctionnelle.

Nous passons le reste de la journée à nous reposer, avancer sur la préparation des prochaines étapes pendant que les enfants profitent de la piscine et regardent des vidéos.

Pesonna Hotel Makassar 

Lever matinal de nouveau le lendemain pour prendre un autre avion pour Poso. Le choix des compagnies aériennes est plus que limité en Indonésie et elles ne sont pas réputées pour leur sécurité ou fiabilité. Nous prenons un avion de la Wings Air, une filiale de Lion Air, une compagnie aérienne qui était encore blacklistée il y a peu de temps. L’avion n’est qu’à moitié rempli et le vol se passe sans encombre finalement. A l’arrivée, nous découvrons le minuscule aéroport de Poso.

Nous devons rallier Ampana à plus de 3h30 de route. Nous négocions avec un chauffeur privé qui roule lentement sur une route monotone et pleine de virages.

Nous arrivons encore une fois bien fatigués à Ampana. C’est une petite ville de province, avec très peu de touristes. Les locaux ne parlent pas du tout anglais et la ville semble avancer au ralenti, dans une chaleur moite et inconfortable. Notre hôtel est sympa, nous partageons l’endroit avec deux autres familles franco-indonésiennes, expatriées à Jakarta. Les enfants passent l’après-midi à jouer avec leurs nouveaux copains, je me balade en ville et Fred teste son drône. Les locaux sont très intrigués par cette drôle de machine et les enfants indonésiens viennent l’encourager.

Lever tôt le lendemain de nouveau pour prendre un bateau ‘public’ (c’est-à-dire non privatisé) au port de Tumbulawa. Nous recommandons d’ailleurs de ne surtout pas acheter de billets de ferry à la personne qui se fait appeler « miss harbour » et qui est en charge des billets. C’est une personne malhonnête qui vend des billets de bateau pour des jours où le ferry ne circule pas et ne redonne pas la totalité du paiement à qui de droit, obligeant ainsi à payer un supplément le jour du voyage.

C’est la dernière partie du voyage et pas la plus reposante : nous embarquons sur un bateau déjà plein de paquets, de motos, de nourriture et de passagers. Encore une fois, il y a très peu de touristes et nous sommes l'objet de toutes les curiosités. Milan et Ilena sont particulièrement populaires avec les indonésiens qui viennent leur parler. Comme à son habitude, Milan a déjà appris quelques mots locaux.

Les 6 heures de voyage passent lentement et il fait particulièrement chaud. Les enfants n’ont pas l’habitude de transpirer autant et ne sont pas bien. Les autres passagers fument à l’intérieur du bateau et nous ne pouvons pas toujours sortir sur le pont car il y a déjà beaucoup de monde et la place est réduite. Vous comprendrez que ce n'est pas un voyage des plus agréables... Nous discutons avec quelques locaux et goûtons des fruits indonésiens que nous ne connaissions pas encore, nous adorons en particulier les lansat que nous achèterons régulièrement ensuite en Indonésie.

Le bateau s’arrête à chaque île sur le chemin pour décharger des passagers et des cartons et nous découvrons une eau transparente, avec de belles couleurs turquoise. Un bel avant-goût de ce qui nous attend…

Après presque 3 jours de voyage, entre avions, voitures et bateau, nous arrivons enfin sur l’île de Malenge. Les îles Togian se méritent, c’est sûr… Ces îles perdues au milieu du golfe de Tomini sont difficilement accessibles, loin de tout et n'attirent pas d'énormes groupes de touristes, et ça, çà nous plait beaucoup !

Une dame nous attend sur le ponton et nous avons encore 30mn de bateau. L’eau est transparente, le soleil encore chaud, nous attendons avec impatience d’arriver au Sera Beach, notre destination finale. L'île de Malenge n'héberge qu'une poignée d'hôtels, répartis sur des plages différentes. Le centre de l'île est peu fréquenté et encore à l'état de 'jungle' en partie inexploitée.

L’arrivée est magique… Nous avons l’impression d’arriver sur l’île de Robinson Crusoé : cocotiers, plage de sable fin, eau turquoise à perte de vue se fondant dans un ciel azur, c’est magnifique et inattendu, nous ne pensions pas que l’endroit serait aussi beau…

Sera Beach 

Nous sommes en basse-saison et il y a seulement 4 touristes (français) dans l’hôtel. Le personnel de l’hôtel est indonésien, parle anglais et est très accueillant, on se sent tout de suite bien ici. Nous avons deux bungalows en bois avec un toit de chaume et, grand luxe ici, une douche froide (l'autre option disponible étant un bac d’eau en guise de douche). L’endroit est niché dans un environnement privilégié, au calme absolu : pour la première fois depuis des mois en Asie, nous ne serons pas réveillés par les chants des coqs toute la nuit. Les bungalows sont face à la mer et nous sommes surpris chaque matin de tant de beauté au réveil.

Aux îles Togian, il n’y pas grand-chose à faire à part se reposer. Il n’y a aucune connexion internet, wifi ou même téléphonique, nous sommes complètement coupés du monde extérieur. L’électricité ne fonctionne que quelques heures par jour, grâce à un gros générateur. Ici, pas de stress inutile, pas besoin de se presser, tout invite à la nonchalance et à la détente : les hamacs devant chaque bungalow, le filet de volley-ball, la mer turquoise à portée de main, les chaises longues sur la plage ou encore les massages proposés sur les hauteurs, au-dessus de la mer… C'est sûr, nous ne ferons pas de burn-out ici ...

Nous profitons de ces moments calmes pour bien avancer sur l’école avec les enfants qui reprennent un rythme de devoirs plus régulier. Nous lisons énormément affalés dans des hamacs, passons des heures dans l'eau et ne voyons pas le temps passer.

Il fait très chaud et moite en permanence : les îles Togian sont à seulement 40km de la ligne de l’Equateur et la chaleur est à son maximum. Notre défi chaque nuit est de nous endormir avant que le générateur ne soit coupé et que le ventilateur de la chambre s'arrête. L’eau de la mer est aussi chaude que celle d’un bain et ne nous rafraichit pas vraiment. Mais comme vous le voyez sur les photos ci-dessous, nous ne sommes pas malheureux pour autant ! :o)

A peine arrivés, Milan et Fred sautent dans l’eau avec leurs masques de snorkeling et reviennent une heure après, le sourire jusqu’aux oreilles : ils ont vu des raies. Milan n’en revient pas et ne pense qu'à y retourner. Les fonds marins des alentours n’abritent pas seulement des raies mais également des requins à pointe noire (de petits requins de récifs inoffensifs), de jolis coraux, de nombreux poissons- trompette, des poissons-clown, et des tas de petits et gros poissons colorés.

Le poisson est d’ailleurs la base de notre alimentation ici : à chaque repas, nous dégustons du poisson frais, du riz, des légumes, parfois indonésiens que nous ne connaissons pas encore.

L’ambiance dans l’hôtel laisse à désirer … Nous n’avons aucune affinité avec le reste du groupe, à part Jean-Pierre, un franco-suisse retraité/voyageur vraiment sympa. C’est donc avec joie que nous accueillons un autre groupe de touristes après 2 jours sur notre petite île (presque) déserte. 2 français, Zohar et Zelda, une belge, Maud, un suisse, Jérôme et 2 néerlandaises, Joy et Julina. Le nouveau petit groupe est particulièrement sympathique et l’ambiance à l’hôtel change complètement. Milan et Ilena se mêlent naturellement au groupe d’adultes et passent de l’un à l’autre pour un câlin, un jeu ou encore une discussion animée.

Ils passent beaucoup de temps également à jouer sur la plage, construire des cabanes, faire du snorkeling et s’amuser dans l’eau. Il y a plein de découvertes à faire sur une île aussi loin de tout : notamment des petites et grosses bestioles de tous genres - varangs, énormes cafards, scorpions blancs, Bernard l’hermite, énormes araignées ou gros insectes non identifiés qui fascinent les enfants. Les moustiques sont également de la partie : malgré les moustiquaires, nous sommes dévorés toutes les nuits.

La proximité de la mer donne également l’occasion de faire de belles sorties en bateau. Nous allons visiter le village bajau, à quelques kilomètres de notre hôtel. Les nomades Bajau (ou gitans de la mer) sont des familles de pêcheurs/chasseurs/cueilleurs qui sillonnent les mers des Sulawesi depuis des milliers d’années. Certaines familles se sédentarisent dans des maisons sur pilotis (comme celles que nous avons vues ici) mais les traditions perdurent : les jeunes mariés sont poussés en mer sur un petit bateau afin de découvrir leur place dans le monde, tandis que les nouveau-nés de 3 jours plongent avec leur père pour s’initier à la vie marine.

Le village est accessible depuis un immense pont qui semble infini et se prête bien à de jolies photos. Les maisons sont faites en bois, tôle et multiples matériaux, les enfants jouent sur le pont et nous lancent des ‘Selamat pagi’ chantants, les adultes nous sourient.

Nous partons également à la découverte du Reef 5 en snorkeling avec Zelda, Zohar et Maud avec qui nous nous entendons vraiment bien. Le Reef 5 est un site réputé mais nous sommes déçus par les fonds marins. C’est joli, mais rien d’exceptionnel par rapport aux autres sites que nous avons pu voir dans le passé. Mais nous apprendrons plus tard que le site a été dynamité (pour la pêche) il y a 2 ans par les Bajau, faisant fuir poissons et requins.

Nous sommes par contre charmés par d'autres sites où poissons et coraux multicolores rivalisent. Milan est ravi de voir son premier requin de récif !

Les jours s’écoulent paisiblement et depuis l’arrivée du nouveau groupe, les soirées sont bien plus joyeuses, à prendre de longs apéros, écouter de la musique autour d’un feu de camp improvisé, jouer au Uno ou papoter tard. Nous passons beaucoup de temps avec Zohar, Zelda et Maud, un beau trio formé seulement deux semaines auparavant lors de leurs vacances respectives aux Sulawesi. On a l’impression qu’ils se connaissent depuis bien plus longtemps.

Après plusieurs jours au régime poisson / riz / légumes, nous commençons à nous lasser. Nous avons envie de poulet et de fruits de mer. Sitôt dit, sitôt fait : Zohar part au village en bateau avec Zelda et Maud et ramène des langoustes fraîches pour tous (ici, ça ne coûte pas grand-chose) ! Nous les préparons tous ensemble dans la cuisine plus que rustique de l’hôtel. Il manque le petit verre de vin blanc pour accompagner mais tout le monde se régale. Les enfants qui mangent de la langouste pour la première fois sont conquis et en redemandent !

Pour le poulet, c’est un peu plus compliqué… Nous allons au village de Malenge à la recherche d’un poulet mais la seule façon d’en manger est d’en acheter un… vivant ! Nous en achetons un au village, que nous faisons tuer chez un local. Religion musulmane oblige, c’est un immam qui tue le poulet afin qu’il soit hallal. Zohar, qui est plein de ressources, le déplume de retour à l’hôtel et le prépare au barbecue pour tous.

Il est déjà l’heure de quitter notre petit paradis... Nous avons passé une belle semaine dans cet endroit magique et sommes bien tristes de partir.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai notre séjour sur l’île de Katupat avec Zohar, Zelda et Maud. Une île où nous avons vécu beaucoup d’émotions fortes !

En attendant, prenez soin de vous !

Bons plans voyageurs

Pesonna Hotel Makassar : Environ 35 euros par nuit pour 4 personnes avec deux chambres communicantes modernes et propres.


Sera Beach - Malenge : Environ 55 euros (IDR 900 000) par jour pour 4 personnes, 2 bungalows avec douche et pension complète. Demi-tarif pour les enfants.

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Nous prenons un bateau pour rejoindre l’île de Katupat (1 heure de trajet seulement). Zelda, Zohar et Maud sont également de la partie.

Nous logeons au Fadilha Cottage : le paysage est bien différent de Malenge. Il y a un petit village à 5mn de bateau de notre hôtel. On sent que l’île est nettement plus animée que Malenge même si toutes les activités tournent toujours autour de sorties snorkeling, farniente et balades dans le village.

Nous avons un joli bungalow familial avec deux chambres communicantes, face à la mer. Comme souvent dans les Togian, il n'y pas d'éléctricité la journée et une partie de la nuit.

Nous avons également des invitées-surprise qui ne sont pas les bienvenues dans nos chambres… des chauve-souris… petites certes, mais chauve-souris tout de même. Elles attendent calmement, accrochées au plafond et je peux vous dire que l’effet n’est pas des plus plaisants… C’est pire quand elles décident de virevolter dans la chambre. Nous pensons qu’elles sont nombreuses sous le toit car nous les entendons faire de petits bruits. Je suis terrifiée la première nuit, immobile dans le lit (alors que Fred dort profondément, comme les enfants dans la chambre d’à côté d’ailleurs), à écouter leurs battements d’ailes à quelques mètres de nous. Nous sommes heureusement protégés par une énorme moustiquaire. La seconde nuit, je ne les entends pas et la troisième, je leur trouve presque un petit air mignon… On s’habitue à tout…

Comme à Malenge, la formule de notre hôtel est en pension complète, il serait bien compliqué de trouver où manger ailleurs de toute façon. Les repas sont très différents de ceux que nous avons connus au Sera Beach, plus variés, plus copieux, un agréable changement pour nos papilles. Nous partageons nos repas avec Zelda, Zohar et Maud, les enfants sont aux anges, jouent avec eux, leur font des câlins, des blagues, une jolie rencontre pour tous !

Nous avons prévu une journée en bateau pour le premier jour avec notre trio préféré : nous commençons par une séance de snorkeling magnifique sur le site Hôtel California (nous ne saurons jamais pourquoi le site s’appelle comme ça, aucun signe d’hôtel ou de passage des Eagles dans le coin …). L'eau est turquoise et l'endroit vraiment joli. Le site abrite un immense tombant avec de jolies gorgones et d’immenses coraux tubulaires colorés. Les coraux sont bien préservés et attirent beaucoup de poissons de toutes les couleurs. Nous aurions bien exploré cet endroit en plongée.

Nous sommes censés déjeuner sur une plage de rêve, la Karina beach, malheureusement, nous la verrons sous la pluie et devons manger le picnic préparé par l’hôtel sur le bateau, serrés les uns contre les autres. C’est un peu moins magique mais cela ne nous empêche pas de profiter du moment.

Nous tentons tout de même l’étape suivante, le lac aux méduses non urticantes et inoffensives. C’est l’un des 3 endroits de ce type du monde. Ces méduses roses et rondes, toutes douces, ont la particularité de ne pas piquer et sont concentrées par milliers dans un lac où elles évoluent lentement et gracieusement.

Le lac est en fait un ancien bras de mer bouché depuis bien longtemps : sans prédateurs, les méduses sont devenues inoffensives et ont proliféré. La crème solaire est proscrite ici pour éviter de polluer l’endroit. Il faut quelques minutes avant d’oser sauter au milieu du lac mais une fois que le cerveau a enregistré l’information la plus importante - NON URTICANTE -, on profite d’un endroit calme et reposant dans une eau chaude.

Milan qui nous épate souvent dans ce genre de situations, prend les méduses à pleines mains, les relâche, joue avec elles, il n’est pas du tout impressionné. La vidéo ci-dessous vous donne un aperçu de cet endroit plus qu’atypique et de la beauté de ces petites créatures.

Lac aux méduses non urticantes 

Le soleil a repris sa place et nous retournons profiter de Karina Beach et de son eau turquoise avant de rentrer à l’hôtel.

Les soirées sont paisibles ici, nous nous couchons relativement tôt et profitons de longues journées.

Nous en profitons également pour faire travailler les enfants mais il est bien difficile de les motiver à étudier dans un tel environnement. Ils sont bien plus intéressés par ce qu'il se passe sous la mer, comme la tortue (surnommée Harry) qui se balade près du ponton de l’hôtel mais se déplace tellement rapidement qu’il est difficile de l’apercevoir bien longtemps.

Nous allons également découvrir le petit village accessible en 5mn de barque, depuis notre hôtel. Avec son école, sa mosquée et ses petits commerçants, l’endroit est calme et paisible. Les gens ne sont pas habitués à voir beaucoup de touristes et nous accueillent avec d’énormes sourires. Les enfants nous suivent en riant et en essayant de placer les 2 ou 3 mots d’anglais qu’ils connaissent.

Nous allons également découvrir l'île de Bollilanga à seulement quelques minutes de notre hôtel. L'endroit est joli et entouré d'eau turquoise.

Milan, Fred et Zohar tentent une expérience inédite, du snorkeling de nuit ! L’occasion de voir la vie sous-marine d’un autre œil, avec d’autres espèces de poissons qui sortent la nuit.

Pendant ce temps, les filles et moi essayons de nous connecter à internet qui fonctionne ici par satellite et n’est pas des plus performants mais ce retour à la vie moderne est un vrai plaisir !

Nous aurons d’ailleurs un rappel peu rassurant à la réalité avec un séisme de magnitude 6.8… On ne s’attendait pas à ça même si c’est chose courante en Indonésie. Fred, Milan et Zohar qui sont sous l’eau au moment du tremblement de terre n’ont rien ressenti. Par contre, les filles et moi avons bien senti la secousse : les murs de la frêle maison en bois où je me suis installée seule (Ilena joue non loin de là) pour me connecter à internet ont bougé de gauche à droite. Sur le coup, je n’ai pas compris ce qu’il se passait. La secousse est rapide, on oublie vite. Mais en plaisantant ensuite sur le sujet via What's app avec des copains en tour du monde et actuellement en Asie, j’apprends qu’une alerte tsunami a été lancée dans la région. Là c’est moins drôle et nous sommes tous plutôt inquiets car l’île sur laquelle nous sommes est toute plate, il n’y a aucun endroit où s’abriter en hauteur et nous sommes coupés du monde extérieur avec un réseau téléphonique et une connexion internet plus qu’incertains. Nous parvenons quand même à lire la presse sur internet, qui confirme l’importance du séisme et l’alerte tsunami. Celle-ci est levée rapidement mais cela ne nous rassure pas pour autant car c’est exactement ce qu’il s’était passé en septembre dernier, à Palu dans la même région : l’alerte a été levée mais le tsunami est bel et bien arrivé et a tout dévasté. Juste avant de nous coucher, c’est une bien mauvaise nouvelle. Le personnel de l’hôtel n’a pas l’air stressé du tout… soit ils ne sont pas au courant, soit ils sont habitués. La responsable de l’hôtel nous dit avoir reçu un message rassurant. Nous nous couchons un peu stressés quand même mais parvenons à nous endormir.

Au réveil, tout va mieux et un soleil radieux nous invite à nous lever. Nous préparons nos bagages pour quitter les îles Togian. Nous avions initialement prévu de visiter 3 îles. Mais après un mois aux Philippines et une dizaine de jours aux Togian à enchaîner balades en bateau, island hopping, plage, farniente, snorkeling, plongée, nous avons envie d’autre chose : de vert, de nature luxuriante, de randonnées et de découvertes différentes. Nous décidons donc de changer nos plans et de repartir sur Gorontalo pour explorer une autre partie des Sulawesi.

Nous reprenons un bateau avec Zohar, Maud et Zelda qui prolongent encore un petit peu leur séjour aux Togian. Nous les laissons sur l’île de Kadiriri et continuons notre trajet jusqu’à Wakaï d’où nous prendrons un ferry de nuit. Ilena qui a de plus en plus de mal à quitter les gens avec qui nous passons quelques jours, est en larmes et inconsolable. Il devient vraiment compliqué pour elle de s’attacher à des personnes pendant quelques jours et de les quitter violemment ensuite (souvent pour toujours…).

Quelques minutes seulement après avoir quitté Zohar, Maud et Zelda, il se met à pleuvoir. La pluie est forte et le petit bateau pas équipé pour nous protéger du vent et d’un tel déluge. Nous sommes absolument trempés, y compris nos sacs à dos pourtant bien protégés dans la cale du bateau. Il y a beaucoup d’eau qui rentre dans le bateau et le pêcheur qui nous emmène, se met à écoper énergiquement, ce qui ne nous rassure pas vraiment.

Nous arrivons tout de même à Wakaï (une des îles les plus importantes des Togian) , trempés mais contents que ce trajet soit terminé. Pas de ferry en vue… Personne ne sait vraiment à quelle heure il est censé partir : on nous a parlé de 16h mais également de 19h… Ca sera 20h finalement. Nous attendons patiemment pendant de longues heures, à l’embarcadère qui ne ressemble pas à grand-chose : une grande salle d’attente et un terrain vague en face avec une micro-boutique qui vend des biscuits et de l’eau. Il n’y a même pas de toilettes.

Quand Ilena m’informe d’une envie plus que pressante, je ne sais où l’emmener… Finalement, je vais toquer à la porte d’une maison voisine. Une dame indonésienne m’ouvre la porte, un peu surprise. Je lui explique en anglais que ma fille doit aller aux toilettes urgemment et lui demande si elle aurait l’amabilité de nous laisser utiliser ses toilettes. La dame me répond en indonésien quelque chose que je ne comprends pas (elle n’a pas compris non plus ce que je lui disais). Dialogue de sourds… Avec un langage non verbal, je parviens à lui expliquer notre souci, elle tambourine à la porte de la salle de bains en disant ‘tourist, toilet’ à la personne qui doit être dans cette pièce. Après 5mn, un type sort de la salle de bains, vêtu seulement d’une serviette de toilette autour de la taille : nous l’avons clairement dérangé pendant sa toilette… Il nous laisse accéder à l’endroit en maugréant, je suis super gênée… La ‘salle de bains’ est en fait minuscule et composée d'une toilette turque et d'un bac d’eau pour se laver. Mais ça fera l’affaire pour l’urgence du moment. Je remercie chaleureusement la dame et le monsieur que nous avons sorti de sa douche contre son gré et nous repartons attendre le ferry avec Fred et Milan.

Nous avons retrouvé des touristes allemands rencontrés à l’aéroport de Makassar il y a quelques semaines. Nous papotons en grignotant des biscuits, ça fait passer le temps… La nuit tombe, toujours pas de ferry et la salle d’attente intérieure est plongée dans le noir car sans électricité.

Le bateau arrive enfin et nous pouvons embarquer. Nous avons réservé une cabine privée pour plus de confort pendant les 12h de traversée de nuit (l’autre option étant des lits superposés dans un endroit rempli de monde). Les cabines appartiennent en fait à l’équipage qui les sous-loue aux touristes. Nous avons la chance d’avoir la cabine du capitaine du bateau, donc la cabine la plus grande ! Rien de bien luxueux mais c’est suffisamment confortable pour la nuit. C’est également adjacent à la cabine de pilotage du bateau, nous ne résistons pas et allons nous présenter au capitaine et découvrir l’endroit. Nous passons une bonne nuit malgré un violent orage qui secoue pas mal le bateau.

Arrivés à Gorontalo, nous négocions un taxi et rejoignons notre hôtel, réservé la veille par Fred.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai nos aventures avec un monstre gentil des mers, une expérience inoubliable !

En attendant, prenez soin de vous et joyeux weekend de Pâques à tous !

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La seule raison pour laquelle nous séjournons à Gorontalo est la possibilité de faire du snorkeling avec … des requins-baleines ! Après notre déconvenue à Pintuyan aux Philippines, nous sommes plus que déterminés à en trouver ici.

Nous apprenons que ces gros poissons ne sont présents que le matin et allons donc nous balader dans la région en attendant patiemment le lendemain. On nous recommande un site de snorkeling à quelques kilomètres. L’endroit est situé dans un village traditionnel. Les gens n’ont pas dû voir de touristes occidentaux depuis longtemps car nous sommes regardés comme des curiosités… Les locaux s’arrêtent de parler quand nous passons et nous dévisagent, moment un peu gênant. La plage n'est pas vraiment jolie et est sale, pleine de déchets plastiques, ça ne donne pas du tout envie de se baigner.

Fred et les enfants vont profiter du snorkeling. Quant à moi, je les attends sur le bord, car nous comprenons vite qu’il est impossible que je me mette en bikini ici… Toutes les femmes sont hyper couvertes et voilées et je ne me vois pas me mettre en maillot de bain dans cet endroit ; mes épaules découvertes donnent déjà lieu à de nombreux regards. Un touriste néerlandais qui réside ici pendant plusieurs semaines me confirmera d’ailleurs qu’il était préférable de ne pas aller me baigner.

Contre toute attente, le snorkeling est sympa et tout le monde revient ravi.

Notre hôtel est moderne et propre. Nous partageons une seule et unique chambre et même un seul lit… Le lit est immense et suffisamment grand pour nous accueillir tous les 4. Alignés en rang d’oignons dans le lit, on a l’impression d’être le petit poucet et ses frères dans la maison de l’ogre…

Le personnel de l’hôtel ne parle pas un mot d’anglais ou vraiment très peu. Le seul moyen de communiquer est d’utiliser Google traduction pour se faire comprendre (et les comprendre), pas simple. Nous sommes idéalement situés à deux pas du centre commercial de Gorontalo (inédit dans les Sulawesi !). Nous allons diner là-bas et sommes de nouveau l’attraction du moment : aucun touriste en vue à part nous ! Les enfants sont arrêtés régulièrement pour prendre des selfies et autres photos avec des locaux qui les trouvent ‘so cute’ ! Ilena me dit en avoir assez de se faire prendre en photo et caresser les cheveux par des inconnus, je la comprends… Il n’y a aucune malveillance dans tous ces gestes, les locaux sont sincèrement contents de nous voir et veulent en savoir plus sur nous.

Nous en profitons pour racheter un guitarlélé à Milan toujours très triste de la perte de son instrument à Kuala Lumpur. Autant vous dire qu'il a maintenant la pression pour s'entraîner plus régulièrement !

Réveil très tôt le lendemain matin, nous sommes attendus à 7 heures à 20mn de l’hôtel en voiture pour une rencontre des plus importantes… Nous ne savons pas si les requins-baleines seront au rendez-vous et avons peur d’être de nouveau très déçus. A peine arrivés, Faari, notre guide sur place, nous annonce qu'un requin-baleine est déjà là ! Nous sautons de joie et d’excitation. Nous avons tellement attendu ce moment que nous avons peine à croire qu’il va vraiment arriver. Nous sommes aussi un peu anxieux car un requin-baleine, ce n'est pas une sardine mais comme son nom l’indique, un animal plutôt imposant (et requin aussi !).

Faari nous donne quelques consignes de sécurité et nous montons dans la pirogue. Un pêcheur est déjà là et lance des crevettes au requin pour qu’il reste avec nous. Ici, les requins-baleines ne sont pas nourris toute l’année et vont et viennent librement au rythme de leur migration naturelle. On ne sait jamais quand ils seront dans le coin. En avril 2016 et 2017 par exemple, il n’y a eu aucun spécimen qui a pointé le bout de son nez dans la région. Alors qu’en avril 2019, ils sont là quasiment tous les jours.

Le bateau n’avance pas bien loin et nous voyons déjà la grande bouche de ce gentil monstre des mers qui avance pour gober les crevettes. La scène semble irréelle tellement la bouche est grande… Fort heureusement, nous savons que les requins-baleines ne mangent que du plancton, des crevettes et de toutes petites quantités de nourriture à la fois. Nous sommes bien trop grands et gras pour l'intéresser ! :o)

Fred et Milan n’attendent pas longtemps pour se jeter à l’eau… Bien courageux les petits gars… J’hésite un peu plus, j’attends de voir comment ça se passe. Ilena n’est pas du tout prête à y aller pour le moment et est déjà très impressionnée de voir la bouche du requin et sa silhouette dans l’eau.

Allez, je saute ! La première vision de la bête sous l'eau est aussi magique que terrifiante… Il est tellement gros ! Milan, tout particulièrement, parait minuscule à côté. Et pourtant, il n’a pas peur de s’en approcher.

Chaque fois que j’essaie de m’éloigner du requin, j’ai l’impression qu’il me suit, je suis hyper stressée. En fait, Faari nous expliquera ensuite (un peu tard !) que le requin n’a qu’une vision sur les côtés et est attiré par les mouvements brusques et les bulles des plongeurs. Je fais donc tout le contraire de ce qui est conseillé et attire le requin vers moi à chaque fois. Mon cœur bat très très vite mais l’expérience est fantastique. Une décharge d'adrénaline pendant toute la plongée !

En s’éloignant un peu et en observant les mouvements du requin sous un autre angle, on assiste à un spectacle de toute beauté. Il évolue lentement et gracieusement malgré son poids. Les tâches blanches sur sa robe brillent sous l’eau, c’est magnifique.

Nous mesurons la chance que nous avons de vivre un tel moment ensemble et surtout sans aucun autre touriste avec nous… L’endroit n’est pas vraiment connu et même introuvable sur notre guide de voyage, c’est bon signe pour qu’il ne devienne pas un endroit envahi par des hordes de touristes. Ici, tout est calme, des locaux attendent sur le pas de la porte ou coupent du poisson fraîchement pêché.

Ilena se décide enfin à sauter à l’eau. C’est la catastrophe : à peine la tête dans l’eau, elle est trop impressionnée par le requin-baleine et a vraiment très très peur. Elle hurle, se débat et veut retourner dans le bateau. Elle peine à se calmer. Nous espérons qu’elle acceptera de retourner ensuite dans l’eau.

Nous profitons encore un moment du requin mais ce dernier a décidé de partir, goodbye whale shark !

Nous sortons de l’eau le sourire jusqu’aux oreilles ! Quelle expérience extraordinaire ! Nous avons du mal à nous en remettre. Fred a des étoiles dans les yeux et plane pendant des heures tellement il est heureux.

Nous rentrons à l’hôtel vers 10h et sommes bien fatigués émotionnellement. Il fait très chaud et très lourd dehors et nous passerons la journée au calme dans la chambre climatisée à nous reposer, faire un peu de devoirs, avancer sur le blog, préparer la prochaine étape ou lire tranquillement.

Nous sommes censés quitter Gorontalo le lendemain matin pour notre prochaine étape. Mais l’appel du requin-baleine est trop fort… Nous retournons sur la plage de Botubarani pour un second rendez-vous. Nous espérons qu’il sera de nouveau là.

En arrivant à 7 heures du matin, belle surprise, ce n’est pas un, ni deux mais quatre requins-baleines qui nous attendent ! Une opportunité inespérée ! Ilena ne souhaite pas aller dans l’eau et reste sur le bateau. Elle n’a plus peur et admire les grandes bouches des requins-baleines qui viennent gober les crevettes comme des biscuits apéritif.

Cette seconde expérience est un peu moins stressante car nous savons déjà à quoi nous attendre. Cette fois, je ne bouge pas quand un requin s’avance vers moi, il me frôle parfois mais je reste de marbre et même si j’en tremble un peu, c’est un stress plus gérable que la veille.

Fred et Milan semblent à l’aise. Nous profitons au maximum de cette nouvelle chance aux côtés des requins-baleines, quels merveilleux animaux marins … Celui de la veille est là de nouveau (nous pouvons le reconnaître car il a une lèvre abimée). Il est accompagné d’un autre requin-baleine, vraiment énorme et de deux plus petits qui restent beaucoup au fond de l’eau.

Faari nous explique que les requins que nous avons vus mesurent respectivement 4, 6 et 8 mètres de long. Il travaille toute l’année dans un centre de protection et d’observation des requins-baleines. Ce centre a pour mission d’identifier chaque requin-baleine de la région (le nombre de tâches de chaque animal est unique), de les comptabiliser, les soigner et les protéger.

En sortant de notre baignade, nous retrouvons Zohar, Maud et Zelda qui nous ont rejoint dès la sortie du ferry de nuit. Nous leur avions indiqué où nous retrouver. Ils sautent dans l’eau également, accompagnés de Fred et Milan qui ne résistent pas à une troisième sortie.

Nous rentrons à l’hôtel nous doucher et préparer nos sacs au plus vite. Nous devons partir dans la foulée à Tomohon (suivis de près par nos trois compagnons de voyage). Nous avons réservé une voiture avec chauffeur pour les 11 heures de route que nous devons parcourir dans la journée. La voiture est une mauvaise surprise : pas de climatisation (vraiment nécessaire avec la chaleur humide et étouffante des Sulawesi), deux vitres qui ne ferment pas, une voiture sale et qui semble peu fiable. Le tout avec un chauffeur qui ne parle pas un mot d’anglais et n’est pas des plus aimables. Nous ne sommes pas contents et ça s'entend... Le type avec qui nous avons négocié comprend vite que nous ne lâcherons pas le morceau et nous échange la voiture avec sa propre voiture (moderne, confortable et climatisée !) et nous attribue deux chauffeurs pour plus de sécurité. Cerise sur le gâteau, les deux parlent anglais.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai notre expérience un peu sportive à Tomohon et dans la réserve naturelle de Tangkoko, dans un environnement totalement différent.

A très vite !

Découvrez la vidéo de cette rencontre extraordinaire dans "le coin des p'tits routards" !

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Nous arrivons à Tomohon, en pays Minahasa, après 10 longues heures de route. Les paysages sont beaux et luxuriants mais la route vraiment fatigante. Quand je vous dis 10 heures de route, vous supposez que nous avons parcouru au moins 800-900 kms, non ? Loin de là, nous n’avons fait que 400 kms à une allure réduite sur des routes sinueuses et parfois dangereuses. Il n’y pas d’autoroute sur le parcours et chaque trajet prend du temps, beaucoup de temps...

Les deux chauffeurs (censés se relayer mais en fait, un seul conduit, on suppose que le second fera le trajet retour de nuit) parlent anglais mais ne nous adressent pas beaucoup la parole. Sauf pour me parler à deux reprises de gangsters et de mafia dans la région. Discussion lunaire…

Sur la dernière partie du trajet et partout dans la ville, se dressent d’énormes croix bardées de foulards violets, en prévision des fêtes de Pâques quelques jours après. La religion est très différente d’un endroit à l’autre de Sulawesi car nous sommes passés, en quelques centaines de kilomètres, de régions musulmanes très pratiquantes, avec toutes les femmes voilées et des appels à la prière 5 fois par jour à une autre région très catholique, avec des églises et des croix partout.

Nous trouvons un chouette hôtel et deux chambres très confortables. Nous sommes même upgradés pour le même prix. Nous ne pensions pas trouver un logement pareil dans un si petit endroit. Quel bonheur d’avoir une vraie literie avec une couette, une douche chaude dans une salle de bains propre et fonctionnelle, des toilettes avec une chasse d’eau opérationnelle, un sol moderne, des rangements, pas de bestioles qui traînent, une climatisation au top et du calme… Toutes ces petites choses qui semblent normales au quotidien en France mais qui manquent souvent pendant les voyages au long cours.

Wise Hotel, Tomohon 

Tomohon est un ensemble de villages de montagnes, nichés entre forêts et sommets volcaniques et regroupés dans une même commune. Nous sentons tout de suite une différence de température, le soir surtout où il fait plus frais (et après des mois de grosses chaleurs, ça fait un bien fou !).

Nous faisons une grasse matinée le premier jour, repos bienvenu pour tous après notre périple de la veille, qui avait été précédé par une session très matinale avec les requins-baleines. Nous nous régalons d’un petit déjeuner à l’hôtel et sommes prêts à attaquer une nouvelle journée. Nous partons en début d’après-midi visiter les environs. C’est jour d’élection présidentielle aujourd’hui et la ville est morte, tout le monde est dans les bureaux de vote, et tous les restaurants et magasins sont fermés.

Au programme, le lac Danau Linow, un lac de soufre, de couleur verte, qui change de couleur selon la lumière. Etonnamment, il attire de nombreux oiseaux. Il faut être motorisé pour rejoindre l’endroit et nous peinons à trouver le lac avec un chauffeur qui ne parle pas un mot d’anglais et n’a pas l’air de connaître la région. Même l'appli maps.me ne nous aide pas vraiment. La pluie s’y met aussi et c’est sous un ciel gris que nous découvrons le lac et ses odeurs de soufre (ou d'oeuf pourri comme diraient les enfants). L’endroit est paisible et plutôt joli malgré le mauvais temps.

Nous descendons ensuite au village Kayawu, l’occasion de découvrir de jolies rizières. Malgré le mauvais temps, les lumières sont belles et nous prenons de chouettes photos en famille. L’humeur est joyeuse et nous passons une belle après-midi. Nous finissons par une cascade sans grand intérêt.

Maud, Zelda et Zohar qui sont arrivés le même jour que nous, mais logent dans un autre hôtel, nous rejoignent pour le diner. Nous nous donnons rendez-vous le lendemain matin à 7h30 à leur hôtel pour faire une marche jusqu’au cratère du Mont Lokon, un volcan de la région.

Culminant à quelques 1 580 mètres, ce volcan a un lac de cratère bouillonnant. Zelda, Maud et Zohar sont allés au centre de vulcanologie la veille et ont été prévenus : il faut être redescendus au village avant 11h pour éviter la pluie annoncée, qui rendrait la descente périlleuse.

Une fois n’est pas coutume, nous sommes en avance et arrivons tôt au point de rendez-vous, idéalement situé près du début du parcours.

Nous marchons d’un bon pas, il n’est pas encore 8 heures (« houit heures » comme dirait Maud, la Belge :o) et le soleil tape déjà. Ce n’est qu’au bout d’environ 1h30 de marche que nous nous rendons compte que nous avons pris le mauvais chemin : celui du sommet du volcan et pas celui du cratère…

Grrr… Il nous reste à rebrousser chemin et retrouver le bon début du parcours. C’est plutôt embêtant car s’il pleut, cela signifie que nous ne serons pas redescendus avant le début de la pluie.

Nous repartons de plus belle et trouvons enfin le bon itinéraire pour 2 heures de marche jusqu’au cratère. Le bitume est vite remplacé par du sable volcanique noir. L’itinéraire jusqu’au cratère suit une énorme coulée de lave dure. La roche est glissante et semble ne pas s’arrêter de monter. Les paysages sont jolis et inédits et petits comme grands avancent bien.

Il y a un peu d’escalade également à certains endroits, le soleil tape fort et nous avons très chaud.

Après la coulée de lave, nous atteignons la partie finale, une longue montée dans de la terre et des cailloux volcaniques, jusqu’au cratère.

Le temps est couvert mais l’endroit est joli avec un énorme cratère d’où sortent des fumerolles. On peut également y voir un liquide jaunâtre au fond qui a l’air de bouillonner.

Une chouette tribu ! 

Le temps se détériore rapidement et comme l’avait annoncé le centre de vulcanologie, la pluie s’invite dans notre randonnée. Au début ce ne sont que quelques gouttes, rien d’alarmant, nous redescendons tranquillement par le même chemin. La pluie commence à s’intensifier et les roches volcaniques deviennent très glissantes et dangereuses. Même nos super chaussures de trail n’accrochent plus au sol et nous sommes face à des centaines de mètres de toboggan géant et naturel à descendre… La pluie redouble de force, nous sommes déjà absolument trempés, de la tête au fond de nos chaussettes. Les gouttes de pluie sur la roche deviennent rapidement de petits ruisseaux, c’est impressionnant, et l’eau dévale la roche à vive allure. Un véritable enfer...

Milan ouvre la marche avec Zohar, Zelda et Maud, et je dois dire qu’il nous épate. C’est un petit gars bien sportif qui s’adapte à toutes les situations, même les plus difficiles. Fred reste avec Ilena et moi. Ilena, qui a bien marché aussi, commence à être fatiguée et chute régulièrement. Ce ne serait pas grave en temps normal mais dans ces conditions, c’est vraiment dangereux. Je me demande aussi comment nous allons arriver en bas sans nous tordre le cou. Je tombe par deux fois, violemment, Fred une fois aussi, malgré sa vigilance. C’est une vraie patinoire et on ne sait pas où mettre les pieds…

Fred est aux petits soins avec Ilena et moi, repère les pierres les moins glissantes (un vrai challenge !) et fait en sorte que nous ne nous fassions pas mal. Chaque pas demande une vigilance redoublée et un effort pour ne pas tomber, c’est épuisant. Un grand merci à Fred pour son aide précieuse car je ne sais pas si Ilena et moi y serions arrivées sans lui !

Nous arrivons à un endroit où il est juste impossible de passer. Nous essayons de différentes manières mais rien n’y fait, c’est bien trop dangereux. Même en descendant sur les fesses (comme nous avons dû le faire à maintes reprises pour ne pas tomber), nous dévalons la roche trop rapidement, sans rien pour nous accrocher et freiner. La situation est critique car il nous faut redescendre au plus vite et la pluie semble s’intensifier de minute en minute, rendant l’opération impossible et plus que périlleuse.

Coup de chance, nous repérons un petit chemin de terre sur le côté. Nous espérons qu’il est parallèle au parcours sur la roche et nous emmènera à bon port.

Monter sur le chemin est déjà un défi car la terre a laissé place à de la boue glissante et il fallait bien que quelqu’un tombe dans la boue, ça sera moi ! Le chemin est étroit avec des arbres un peu partout mais c’est un vrai soulagement de pouvoir avancer sans manquer de dévaler la côte à chaque fois. Nous avançons tant que nous pouvons, pendant un long moment, nous avons un peu perdu la notion du temps. La pluie nous glace et même si le coupe-vent nous protège le haut du corps, nos pantalons, chaussures et chaussettes sont tellement trempés que nous commençons à avoir froid. Nous marchons aussi vite que possible dans la boue glissante, et espérons que le reste du groupe a trouvé la même porte de sortie que nous.

Victoire, nous arrivons en bas du parcours ! Nous étions aux trois-quarts du chemin je pense quand nous avons trouvé ce sentier mais nous aurions mis 3 fois plus de temps à descendre sur la roche, avec les risques que cela comporte. (Pas de photos de la descente, ça n'était pas trop la priorité du moment...).

Pas de signe du reste du groupe, nous espérons qu’ils ne sont pas loin et que personne n’a fait de chute grave. Fred les appelle depuis le bas du chemin, Milan l’entend et lui répond. Ils s’étaient mis dans une grotte sur le chemin, à l'abri de la pluie, pour nous attendre, inquiets de ne pas nous voir arriver, et avaient également trouvé le petit chemin de terre mais sans continuer jusqu’au bout.

Nous les accueillons en bas avec soulagement, Milan s’est énormément inquiété pour nous et nous de même pour tout le petit groupe qui a bien pris soin de notre petit chéri. Merci à tous les 3 !

Tout le monde est épuisé… En bas, j’ai une pensée pour un groupe d’indonésiennes rencontrées sur le chemin et qui pique-niquait encore tranquillement près du cratère quand nous sommes redescendus, toutes habillées avec des jupes légères, des tongs en plastique et des parapluies comme seule protection… J’espère qu’elles ont pu redescendre sans encombre.

Nous sommes chanceux et trouvons un microlet rapidement (un microlet est un bus local, de 7 places seulement qui sillonne la ville et adapte son itinéraire suivant les destinations demandées par les passagers). Il nous dépose à l’hôtel de Zelda, Zohar et Maud. Nous sommes tristes de dire aurevoir pour de bon à Zohar qui rentre en France. A très vite à Paris ! Nous retrouverons par contre Maud et Zelda lors d’une prochaine étape dans les Sulawesi.

Nous rentrons à notre hôtel prendre une douche chaude et nous changer et sommes bien contents d’avoir un endroit confortable pour nous reposer. Nous déjeunons à l’hôtel et passons le reste de l’après-midi à dormir et nous remettre de nos émotions. Il est déjà 14h30 quand nous rentrons, une sacrée marche depuis 7h30 le matin !

Le lendemain, c’est le vendredi de Pâques. La ville est en effervescence et tout le monde est sur son 31, nous supposons qu’il y a une messe importante en ville. Il est déjà temps de refaire nos sacs pour rejoindre la réserve naturelle de Tongkoko à deux heures de route. Nous avons un mal fou à trouver une voiture pour nous emmener car tout le monde fête Pâques en famille. Nous trouvons enfin un chauffeur mais à un prix bien supérieur au prix normal.

Nous avons réservé deux chambres dans un homestay (comprendre chambre d’hôtes locale) à deux pas de l’entrée de la réserve. L’endroit est modeste mais sympathique.

Nous allons nous promener en ville et trouvons rapidement la mer. La plage est couverte d’un sable très noir et de nombreux pêcheurs travaillent sur leur bateau ou recousent d’immenses filets de pêche. Les gens sont très avenants et nous saluent sur notre passage, les enfants courent pour nous parler, l’endroit n’est clairement pas touristique et l’accueil très chaleureux. Il règne ici une ambiance calme et sereine qui nous plait bien.

Nous dinons tôt et nous couchons bien plus tôt que d’habitude pour un réveil à 4 heures du matin.

Nous avons réservé les services d’une guide-ranger professionnelle pour nous guider dans la réserve. Nous avons eu son contact via Zohar, Maud et Zelda qui ont visité la réserve la veille.

Renny a 53 ans et est guide ici depuis 9 ans. Elle connait très bien les végétaux et animaux de la réserve, y compris les bruits des animaux et des oiseaux et parle bien anglais. Nous la retrouvons devant notre homestay à 4h30 du matin. Il fait encore nuit noire. L’intérêt de partir aussi tôt le matin est de voir des espèces nocturnes.

Notre homestay est à l’entrée de la réserve. Equipés de lampes-torche, notre pantalon bien rentré dans nos chaussettes pour ne pas nous faire dévorer par les grosses fourmis (conseil du guide !), nous nous mettons en route : malgré l’heure plus que matinale, les enfants sont en forme et motivés. L’expérience est inédite pour eux et ils se sentent l’âme d’aventuriers en herbe !

Le parc de Tongkoko est une réserve naturelle de plus de 8 800 hectares avec une faune et une flore extrêmement riches. Seuls 600 hectares sont ouverts au public. Cette forêt tropicale ressemble plus à une jungle qu'au bois de Vincennes. Il est parfois difficile de se déplacer et la bande-son de tous les oiseaux exotiques qui chantent en même temps vaut à elle-seule le détour ! Elle abrite de nombreuses espèces endémiques de Sulawesi (animaux et oiseaux), parfois rares et souvent menacés d'extinction (comme le macaque noir à crête ou l'ours couscous) mais également des plantes et arbres rares, tellement incroyables qu'on pourrait penser qu'ils ont été sculptés par l'homme.

Au bout de quelques minutes, nous découvrons une tarentule grosse comme ma main… Elle se sauve avant que nous n’ayons eu le temps de prendre une photo, dans un gros trou naturellement présent dans l’arbre qu’elle habite. Il est temps pour elle de dormir toute la journée.

Nous continuons notre marche et Renny nous demande de nous taire (beau challenge pour Ilena :o) et après quelques minutes, nous montre une jolie chouette aux yeux brillants, perchée dans son arbre. Ilena n’en revient pas, elle nous explique n'en avoir vu que dans les dessins animés et a hâte de le raconter à ses copines en France :o)

Renny nous montre ensuite un arbre à tarsiers, le plus petit primate au monde. Vous vous souvenez de ces petits animaux rigolos et mignons, aux énormes yeux que nous avions vu à Bohol aux Philippines ? Les tarsiers de Sulawesi sont une espèce différente (les tarsiers spectrum) mais tout aussi adorables ! Comme nous les voyons de nuit cette fois, nous sommes surpris de leur vitalité et de leur agilité : ils peuvent sauter de branche en branche, parfois jusqu’à 4 mètres en une fois (ce que nous verrons d’ailleurs). Ils chassent les insectes toute la nuit et dorment ensuite la journée.

Renny nous apprend que les tarsiers sont monogames. lls vivent en famille mais les enfants quittent les parents vers 5 ans pour se mettre en couple.

Tarsier spectrum 

Le soleil commence à se lever et il fait déjà vraiment chaud. Nous nous enfonçons de plus en plus dans la forêt et il est parfois difficile de se faire un chemin entre les branches des arbres, les lianes qui s’accrochent à nos pieds et les plantes aux épines acérées.

Une autre espèce endémique présente dans cette forêt est l’ours Couscous. Avant de venir ici, nous n’avions jamais entendu parler de cet animal. C'est un marsupial qu'on ne trouve que dans les forêts tropicales humides de Sulawesi. Il se nourrit de feuilles d'arbres, de fruits et de bourgeons. Nous en apercevrons 2 ou 3 mais tellement haut perché dans les arbres qu’il nous sera difficile de prendre de photos. La photo ci-dessous est une photo d’internet.

Ours Couscous (photo internet) 

Renny fait de drôles de bruits et n’arrête pas de taper dans d’immenses feuilles. En fait, elle cherche à attirer des oiseaux calao, des oiseaux rares, à gros becs, présents dans les forêts tropicales d’Asie. Tous les animaux rencontrés ici sont en liberté, protégés dans leur habitat naturel. Les plantes et arbres sont également préservés de la main de l’homme. Renny nous montre toutes sortes d'arbres, tous plus originaux les uns que les autres.

Nous marchons déjà depuis plus de 3h après un réveil à 4h du matin et commençons à ressentir une grosse fatigue. La chaleur n’aide pas. Renny se met à courir à travers les feuillages et nous appelle : elle a repéré un oiseau Calao (ou hornbill), au cri si différent (j’ai enregistré son bruit dans la vidéo ci-dessous. Vous ne verrez rien, montez le son, fermez les yeux et écoutez… vous êtes avec nous dans la forêt tropicale...).

L’oiseau est magnifique, avec un énorme bec jaune. Il nous nargue et passe de branche en branche. Nous le voyons bien mais nos photos n'étant pas de grande qualité, je suis allée chercher une photo sur internet pour que vous voyiez à quoi il ressemble.

 Photo d'internet

Mais toujours pas de trace de macaques à crête… Renny est très frustrée, car en 9 ans, c’est seulement la 3ème fois qu’elle ne les voit pas. Nous sommes également étonnés et espérons les voir avant la fin de la visite. Mais non, nous avons beau chercher, aucun macaque en vue !

Nous marchons pendant des heures, il fait chaud, les enfants sont fatigués et veulent rentrer. Renny téléphone à sa fille (guide-ranger aussi) à plusieurs reprises, pour savoir si elle a vu des macaques pendant la matinée, elle est vraiment embêtée pour nous. Mais nous ne sommes pas dans un zoo, les animaux vont et viennent suivant leurs envies, nous comprenons très bien et nous étions préparés à ne pas voir toutes les espèces les plus importantes.

Et puis, sur le chemin du retour, ils sont là… un, cinq, douze, vingt-cinq… en fait, c’est une colonie d’environ 90 macaques à crête qui est devant nous. Il y a des petits, des grands, des gros, des maigres… Certains dorment, d’autres épouillent leurs copains, se battent, jouent ou nous fixent calmement. Nous avons l’impression d’être rentrés chez quelqu’un sans y être invités… Nous ne bougeons pas, juste suffisamment pour prendre des photos et des vidéos, on ose à peine respirer. Le moment est intense : accroupis dans les feuillages, nous savourons ces instants magiques où la nature nous rappelle combien elle est belle…

Macaques noirs à crête 


Tout le monde est ravi et nous repartons en direction du homestay. Trois macaques se sont éloignés du groupe et fouillent les poubelles du parking, ils n’ont pas l’air commode et nous regardent avec un air peu avenant. Les trois encerclent Renny qui nous demande de monter rapidement dans la voiture de sa fille venue nous chercher. Elle réussit à se sauver aussi mais les singes sont agressifs et veulent à manger. Nous avons préféré ceux vus un peu plus tôt qui avaient l’air nettement plus sympathiques !

Nous retournons au homestay, il est déjà 11h et nous marchons depuis 4h30 du matin, nous sommes bien fatigués. Nous prenons une douche et terminons de boucler nos sacs avant de sauter de nouveau dans une voiture pour rejoindre Manado, à plus de deux heures de route (pour 50 kms seulement). Le rythme est vraiment soutenu mais les enfants ne bronchent pas et s'adaptent bien, Bravo à tous les deux car même pour nous, c’est intense.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai notre étape à Bunaken, petite île de Sulawesi réputée pour ses fonds marins.

Nous vous embrassons fort, prenez soin de vous !

Bon plan voyageurs - Wise Hotel de Tomohon

713 000 rp (soit 42 euros environ) pour deux chambres doubles très confortables, petit-dej compris.



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Le trajet de Tangkoko jusqu’à Manado est épique : deux heures de route sinueuse, avec un conducteur qui roule très lentement. Après avoir repris de l’essence, c’est l’inverse, il roule trop vite et nous avons mal au cœur dans les virages. La pluie s’y met aussi et devient vite très forte : il y a de véritables mares sur la route mais les locaux conduisent toujours aussi rapidement. Nous arrivons à Manado sous un véritable déluge : il y a 10 cm d’eau sur la route, rendant les déplacements compliqués et dangereux.

Nous trouvons un bateau public pour Bunaken et nous installons. Il y a peu de passagers mais énormément de marchandises (nourriture, boissons, bonbonnes de gaz, bonbonnes d’eau, on trouve de tout ici).

Nous attendons patiemment le départ en grignotant des lansat, ces fruits indonésiens dont nous raffolons… Le bateau part enfin avec une heure et demie de retard mais nous ne sommes pas pressés. Après une petite heure de bateau, nous arrivons à Bunaken. Nous n’avons pas réservé d’hôtel et n’avons plus d’accès à internet pour en chercher un. Sur le bateau, nous discutons avec une allemande qui nous parle de l’hôtel qu’elle a réservé, il a l’air correct, nous tenterons notre chance.

A Bunaken, un bateau de l'hôtel est venu chercher l'allemande rencontrée plus tôt et nous en profitons pour monter à bord.

L’hôtel 'Panorama' où nous posons nos bagages pour 4 nuits donne sur une plage peu accueillante, pas spécialement jolie ni propre, ça commence mal. Bunaken n’est pas réputé pour ses plages mais plutôt pour ses fonds marins. Néanmoins, l’hôtel nous plaît bien : nous louons deux bungalows cachés dans les arbres, confortables, avec un magnifique parquet et une salle de bains semi-extérieure. Le personnel est très accueillant et nous avons une jolie vue sur la mer et le coucher de soleil.

Hôtel Panorama 

Les hôtels sont très éloignés les uns des autres sur l'île et il n’y pas de restaurant proche, donc nous avons une formule en pension complète, comme dans les îles Togian. Les menus sont variés et vraiment bons, nous nous régalons à chaque repas. Nos compagnons de tablée (et de plongée !) sont quasiment tous allemands et pas des plus fêtards, l’ambiance est loin d’être la même que dans les Togian.

Nous sommes venus ici pour faire essentiellement de la plongée et du snorkeling et nous allons être servis ! Le programme des quatre jours passés ici est le même : plongée et snorkeling le matin (à 8h !) et snorkeling / détente l’après-midi.

Ca sera sans moi le premier jour car je me lève malade et n’ai pas la force d’aller m’équiper pour plonger. Je préfère rester à l’hôtel me reposer, Ilena décide de me tenir compagnie pendant que les garçons vont profiter de leur première plongée à Bunaken. Ils rentrent ravis : les fonds sont très poissonneux avec une belle visibilité et beaucoup de jolis coraux préservés.

Le snorkeling n’est pas en reste non plus et Fred s’essaie de plus en plus à l’apnée, malgré lui, en suivant des tortues, nombreuses et gracieuses.

Nous retrouvons par hasard - mais avec grand plaisir, Jérôme, un globe-trotter suisse, rencontré à Malenge. Sympa de papoter de nouveau avec ce grand voyageur qui passe six mois de l’année à parcourir le monde depuis 15 ans.

Le lendemain, je vais un peu mieux même si ce n’est pas encore la grande forme mais je ne veux pas rater une autre matinée de plongée donc je prends sur moi et je vais m’équiper de bon matin. Le temps n’est pas des plus ensoleillés mais sous l’eau, ça ne se ressent pas. Fred et moi formons une petite palanquée avec Milan et un moniteur de plongée

Quelle fierté de voir les progrès de notre petit plongeur préféré ! Milan a vraiment progressé depuis les Philippines et gère bien, désormais, sa flottabilité. Il semble avoir moins froid aussi et ses plongées durent maintenant aussi longtemps que les nôtres (soit près d’une heure) alors qu’elles ne dépassaient pas 30mn aux Philippines. Il y a énormément de coraux, de poissons et de tortues. Nous voyons même une raie-aigle ! Il y a aussi beaucoup de courant avec une visibilité très bonne. Ce ne sont pas les meilleures plongées que l'on ait faites mais elles sont suffisamment jolies pour qu'on passe un bon moment sous l'eau.

Best of plongées Bunaken 

Ilena nous attend patiemment sur le bateau, scotchée à son Kindle qui ne la quitte jamais, avant de nous rejoindre pour une séance familiale de snorkeling. Elle a également bien progressé et est super à l’aise dans l’eau. Il y a beaucoup de courant et nous sommes vigilants avec les enfants car même pour nous, ce n’est pas simple de ne pas être emportés loin de notre parcours.

Best of snorkeling 

Le temps ne s’améliore pas et nous passons nos après-midi à l’hôtel avec les enfants à regarder des films et faire des devoirs pendant que Fred, imperturbable, retourne faire du snorkeling sous la pluie.

Zelda et Maud nous font la surprise de venir boire un verre avec nous à notre hôtel. Elles ont loué un scooter car leur hôtel est bien loin du nôtre et il est difficile de se déplacer autrement ici. Nous passons un chouette moment avec elles et Jérôme.

Mais cette fois, il faut vraiment se dire au revoir car nous ne nous retrouverons pas ensuite pour une autre étape. Nous aurons passé près de deux semaines, par intermittence, à nous suivre et espérons nous revoir, avec Zohar aussi bien sûr, à notre retour en France. Une bien jolie rencontre en Indonésie.

Les journées s’écoulent paisiblement, entre plongées, snorkeling, devoirs, lecture et préparation du blog et des étapes suivantes. Nous découvrons des spots de plongée et snorkeling avec des murs et des jardins de coraux et énormément de vie marine.

Poisson-coffre et tortues  

Nous sommes à la moitié de notre voyage et l'on sent bien que les enfants sont fatigués de toujours bouger, ils ont besoin de se poser un peu et l’endroit est idéal pour se reposer.

Nous avons aimé Bunaken pour la tranquillité de l’endroit, le confort de l’hôtel et les jolis poissons mais je ne serais pas restée plus longtemps ici car je me suis sentie un peu 'coincée' dans notre hôtel. Fred ne serait pas forcément du même avis que moi.

Nous quittons Bunaken sous un temps gris, qui nous aura suivi quasiment tout notre séjour ici et arrivons à Manado après une heure de bateau, que nous avons privatisé cette fois.

Nos petits marins préférés 

Comme à l’aller, il pleut des cordes à Manado et c’est sous une pluie battante que nous trouvons un taxi pour rejoindre notre homestay pour une courte nuit.

Réveil à 5h le lendemain matin pour rejoindre l’aéroport de Manado, direction Bali, dernière étape de notre périple indonésien.

A très vite pour cette dernière aventure indonésienne qui est également notre dernière étape en Asie...

Prenez soin de vous !

Bon plan voyageurs


Hotel Panorama Bunaken

2 bungalows (pour 2 ou 3 personnes chaque) en pension complète - Rp 1,5 million (soit 90 euros) par nuit. Demi-tarif négocié pour les enfants.

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Après 2h20 de vol bien matinal, nous arrivons à l’aéroport de Denpasar à Bali, notre dernier arrêt en Indonésie. Nous ne voulions pas venir à Bali (que nous connaissons bien déjà), en raison de son affluence touristique permanente et du manque d’authenticité de l’île qui est dépassée par son succès, un trop gros contraste avec Sulawesi.

Et puis finalement, nous avons décidé d’y passer quelques jours puisque nous avions un avion à prendre à Denpasar, pour profiter du confort balinais et fêter l’anniversaire d’Ilena dans un bel hôtel.

Nous avons réservé un hôtel à Canggu. Canggu est situé sur la côte ouest de Bali à environ 45 mn de voiture de l’aéroport de Denpasar. C’est la ville qui monte, qui monte et qui a la faveur des surfeurs et des touristes bobo. Entouré de rizières et avec un accès à la mer, l’endroit regorge de restaurants bio, de bars tendance et de boutiques de créateurs et attire de nombreux touristes du monde entier.

Notre taxi nous dépose à l’hôtel et nous sommes très déçus : l’endroit est joli mais pas vraiment ce que nous attendions : il donne sur la route où des dizaines de scooters passent chaque heure, c’est très bruyant. Fred nous laisse à l’hôtel et part en quête d’un autre endroit plus approprié pour notre fin de séjour en Indonésie.

Il revient une heure plus tard, ravi et impatient de nous montrer l’endroit qu’il a trouvé. C’est à peine à 10 minutes de voiture mais au fond d’une impasse, au calme. L’endroit est ce qu’on attendait en venant ici : une villa pleine de charme, joliment décorée avec une piscine au centre. Nous avons deux grandes chambres qui donnent sur la piscine et sont baignées de lumière.

La propriétaire indonésienne nous accueille chaleureusement, une coupe de champagne à la main, elle déjeune avec ses amies. A peine 5mn après notre arrivée, elle invite Milan à se joindre à son fils au Country Club pour un match de foot (nous déclinons, Milan préférant aller se baigner). Son mari est un chef cuisinier écossais réputé à Bali et propriétaire de 5 restaurants haut de gamme de la région.

Ils ne sont pas très impliqués dans la gestion de l’endroit qui est plus une chambre d’hôtes qu’un hôtel. Nous sommes souvent seuls (même si Mady, un balinais fort sympathique, est là pour s’occuper de nous quand nous en avons besoin) et avons l’impression d’avoir loué une énorme villa rien que pour nous. Les parties communes sont magnifiques et confortables, on se sent vraiment bien ici. Tout est fait pour se détendre et profiter d’un endroit calme et apaisant.

Nous sommes fatigués du réveil à 5 heures du matin et déjeunons sur place. Comme l’endroit ne propose rien à manger, nous nous faisons livrer des plats d’un restaurant local grâce à une application formidable, Go Jek, que nous utiliserons beaucoup pour commander à manger mais également pour réserver des taxis (2 ou 3 fois moins cher que Grab que nous avons pourtant utilisé partout en Asie). Nous passons l’après-midi à lézarder au bord de la piscine, les enfants s’en donnent à cœur joie et ne veulent plus sortir de l’eau. Nous nous réjouissons d’avoir retrouvé le soleil qui nous a bien manqué à Bunaken et profitons de l’endroit plus qu’agréable.

Le personnel est fantastique et très accueillant : un accueil typiquement balinais, tout en sourires. Ah le sourire des balinais : nous avions été marqués par cet accueil si chaleureux il y a 13 ans et sommes étonnés qu’il soit resté le même malgré les hordes de touristes qui visitent l’île chaque année. Les balinais ont un vrai sens du service et sont particulièrement souriants et avenants.

Nous commandons un taxi pour rejoindre le centre de Canggu et aller diner. Le trajet de quelques kilomètres prend plus d’une demie heure en raison des embouteillages. C’est le revers de la médaille ici : il y a un monde fou sur les routes avec des scooters et voitures partout, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Le centre-ville est ce qu’on appellerait ‘trendy’ : de nombreux bars et restaurants à la mode rivalisent pour attirer les clients, avec des cocktails colorés et sucrés, d’énormes coussins posés à même le sable en bord de plage ou dans des bars extérieurs illuminés de petites lanternes, tous aussi jolis et accueillants les uns que les autres.

Il y a énormément de restaurants et nous ne savons où aller. Nous commençons par un cocktail (ou deux…) sur le bord de la plage et allons diner dans un petit restaurant balinais un peu éloigné du centre. Le retour à l’hôtel est tout aussi embouteillé, ça ne s’arrête jamais…

Nous avons peu de jours ici donc avons programmé des activités chaque jour. Nous passons notre première journée à Seminyak, petite ville d’artistes sur la côte. Nous y étions allés il y a 13 ans : l’endroit a bien changé. Boutiques à la mode, ateliers d’artisans et restaurants branchés jalonnent la route sans fin. Nous allons déjeuner dans un chouette restaurant, les pieds dans le sable.

Fred essaie de faire décoller le drône sur la plage mais il y a trop de vent. Nous nous rabattons sur une séance shopping, ce qui n’est pas pour me déplaire car je suis un peu en manque de boutiques.

Le retour à Canggu est un enfer : impossible de trouver un taxi facilement et les rues sont complètement embouteillées, on avance au pas sur des kilomètres, les routes sont juste saturées (et nous sommes en basse saison).

Nous commandons un repas et dinons à l’hôtel. Je sympathise avec une cliente anglaise (la seule autre cliente d’ailleurs !) et passe la soirée à papoter avec elle. Vous me connaissez, dès qu’il y a des anglais, j’ai un radar… Elle connaît le propriétaire personnellement. Nous parlons de Londres, du Brexit, de voyages, de la vie balinaise, des métiers de la communication (c’est le sien aussi !), de son burn-out qui l’a amené jusqu’ici à long terme et de mille autres sujets. Nous passons un bon moment.

Le lendemain est une journée très spéciale puisque qu’Ilena fête ses 8 ans… Elle compte les jours depuis des semaines et est surexcitée, elle n’arrive pas à se coucher. Nous allons la réveiller avec un bouquet de ballons tout roses et argentés. 8 ans… Comment est-ce arrivé si vite ?

Ilena est bien triste de ne pas fêter son anniversaire avec ses amis comme chaque année. Nous avons donc organisé une journée surprise pour compenser un peu ce manque (nous l’espérons !). Les enfants ont hâte de savoir ce que nous leur avons réservé. Après un copieux petit déjeuner, nous prenons un taxi pour rejoindre Kuta mais surtout Waterbom Bali, un des plus grands parcs aquatiques d’Asie, qui n’a franchement rien à envier aux parcs similaires américains. Ilena comme Milan sautent de joie et sont survoltés quand ils comprennent où l’on va !

Nous passons une magnifique journée en famille dans des toboggans géants, des attractions aquatiques à sensation et enchaînons émotions fortes et fous rires sous un soleil radieux. L’endroit est vraiment bien conçu, sans files d’attente, avec un staff souriant et à l’écoute (ce qu’on n’attend pas du tout dans un endroit comme celui-là). En arrivant presque à l’ouverture le matin, nous profitons des jeux autant que nous le souhaitons, les enfants sont heureux, nous aussi...

Nous repartons à l’hôtel pour la seconde surprise de la journée : une séance de massage balinais familiale à domicile. Les enfants ont tous deux pris goût aux massages en Asie et sont ravis. Deux masseuses balinaises sont déjà sur place et nous attendent pour un moment de détente apprécié par tous.

Mais ce qu’Ilena attend le plus c’est de souffler ses 8 bougies et d’ouvrir ses cadeaux ! Nous prenons un apéritif à l’hôtel et commandons des plats italiens (demande de la demoiselle). J’ai trouvé un gâteau dans une pâtisserie locale et Ilena souffle ses bougies et ouvre ses nombreux cadeaux avec enthousiasme. Certains viennent même de France, envoyés par la famille (via nos amis venus nous rejoindre aux Philippines). Les coups de téléphone de la famille, les messages, vidéos personnelles s’enchaînent toute la soirée pour la reine de la journée qui a un sourire jusqu’aux oreilles. Nous terminons par un dessin animé en famille, pelotonnés tous les 4 dans un grand lit, une bien belle journée d’anniversaire !

Nous avons prévu une journée dans le centre de Bali le lendemain. Nous avons trouvé un chauffeur pour la journée, un ami de Mady. Notre chauffeur (dont j’ai oublié le prénom…) est balinais et adorable. Il parle très bien anglais et est plein de petites attentions pour nous. Il anticipe même nos besoins et garde le sourire toute la journée.

Nous commençons par le temple de Pura Taman Ayun, un endroit apaisant et calme, avec ses grands jardins et ses pagodes. Nettement moins visité que le temple de Tanah Lot, ce temple est très reposant. Classé au patrimoine de l’Unesco depuis 2012, Pura Taman Ayun est important pour les balinais qui considèrent qu’il protège Bali des mauvais esprits.

Nous remontons dans notre van et profitons de l’air conditionné car il fait vraiment chaud à l’extérieur. Le deuxième arrêt est une plantation de café, Lembah Amerta.

L’endroit est tout petit et verdoyant. Un balinais nous guide et nous montre les différents plants de café mais également de cacaoyers. Milan et Ilena sont très surpris d’apprendre que le chocolat pousse sur les arbres (ou au moins ce qui sert à fabriquer le chocolat !). Ici le café est fabriqué de manière artisanale et en petite quantité. Les propriétaires ont également des méthodes plutôt inédites pour fabriquer une certaine catégorie de café : des mangoustes mangent des grains de café bruts, les digèrent et les évacuent naturellement. Ces grains de café sont ensuite nettoyés (on espère bien !) selon un long processus, et brûlés etc. Le guide appelle ce café le ‘caca coffee’ en rigolant et en propose une tasse à Fred (je ne bois pas de café). Euh non, il passe son tour…

Nous avons ensuite droit à une dégustation de différents cafés et thés tous très bons : café à la vanille, au ginseng, à la coco, thé au gingembre etc.

Nous continuons sur une ferme aux papillons, un endroit qu’affectionne particulièrement Ilena. Les enfants adorent découvrir les papillons et les insectes parfois très bizarres qui se baladent ici.

Nous continuons vers l’étape suivante, Jatiluwih et ses rizières en terrasse. Nous aurions pu aller à Ubud, mondialement connu pour ses rizières. Mais nous les connaissions déjà d’une part et personnellement, j’ai préféré garder le souvenir d’Ubud d’il y a 13 ans, calme et serein (où nous avions acheté de nombreuses peintures, dont certaines trônent encore dans notre salon), plutôt que de découvrir l’Ubud d’aujourd’hui, envahi par les touristes et complètement dénaturé.

Jatiluwih 

Jatiluwih est également classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ici les terrasses sont protégées et ne sont pas envahies par les échoppes à touristes. Les terrasses s’étendent à perte de vue et nous sommes totalement sous le charme de ces paysages si particuliers.

Nous avons prévu une longue balade à travers les rizières avant le déjeuner. La balade sera malheureusement écourtée par un orage très violent. Nous sommes loin de notre point de départ quand il commence à pleuvoir et arrivons absolument trempés au restaurant où nous essayons de nous réchauffer.

Nous devions aller voir un lac de la région ensuite mais décidons de rentrer car le temps ne s’améliore pas. Les enfants sont épuisés et dorment tout le trajet du retour.

Nous nous offrons un restaurant polynésien le soir à Canggu, où nous savourons chaque bouchée du poisson crû au lait de coco et autres douceurs polynésiennes. Un avant-goût de ce qui nous attend dans quelques jours !

Pour notre dernière journée à Bali, nous passons chez le coiffeur, Fred et Milan en ont plus que besoin ! Milan a une frange tellement ses cheveux sont longs ! L’endroit est juste génial : on y trouve sous le même toit coiffeur, spa, salon de massage, sauna etc, dans une ambiance moderne et branchée, on adore !

Fred me fait une jolie surprise et m’offre 3 heures de massage (oui 3 !!) … (Lui et les enfants en feront une seule chacun). 3 heures de liberté, rien que pour moi, à me faire chouchouter, à ne penser qu'à moi, un vrai bonheur et un luxe très rare depuis quelques mois ! Je profite de chaque instant de ce moment inattendu et rentre rejoindre mes trois chéris, détendue et super zen (malgré les embouteillages du retour !).

Nous terminons rapidement les bagages et commandons un taxi pour filer à l’aéroport.

Voilà, l’Indonésie c’est terminé mais également l’Asie…

Nous avons adoré l’Indonésie et en particulier Sulawesi qui nous a permis de découvrir une autre facette du pays, loin des circuits touristiques et dans un cadre enchanteur. Nous avons fait de belles rencontres et vécu de magnifiques expériences sur terre mais également sous la mer ! Bali a été une bonne surprise finalement, dans un hôtel particulièrement confortable.

Je ferai un bilan sur l’Asie dans quelques jours et reviendrai sur nos 4,5 mois passés sur ce continent aux mille visages.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai notre séjour à Sydney, qui a bien failli être annulé en raison d'une erreur de notre part...

Mais en attendant, nous vous embrassons fort, à très bientôt.

Bon plan voyageurs

Villa Cinta - deux jolies chambres avec petit-déjeûner compris

Rp 1 million (soit 60 euros) par nuit, pour 4 personnes