Voyage en sac à dos à travers l'Amérique du Sud, en passant par l'Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, l'Equateur et la Colombie...
Du 26 septembre 2022 au 13 avril 2023
200 jours
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Parce que le voyage c'est d'abord du partage, notamment avec les plus jeunes... 😍

Hier, nous sommes allés à la rencontre d'une classe de CE1-CE2 en Vendée afin de leur présenter notre projet de voyage en sac à dos !

Ils suivront notre périple à travers le partage d'un carnet de bord ainsi que des photos et vidéos 📝📸🎥

Nous partagerons aussi cette aventure avec les enfants de l'association Essor, du quartier Petit Bard à Montpellier ! 🙂

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Le quartier de la Boca est un des plus célèbres de la ville avec ses maisons très colorées. Il paraît que ce sont les pêcheurs, de ce quartier pauvre, qui peignaient leurs maisons avec le reste de peinture destinée à leurs bateaux.


San Telmo, connu pour son grand marché dominical et sa plaza Dorrego, animée au rythme des danseurs de tango !


La fleur du quartier Recoleta, qui s'ouvre et se ferme au rythme des rayons du soleil. Elle fait 23 mètres de haut et 32 mètres de diamètre quand elle est ouverte ! Elle a été fabriquée avec des matériaux recyclés issus de l'aéronautique.

On trouve aussi dans ce quartier animé de belles façades de couleurs...


A Puerto Madero, le grand port de Buenos Aires, les promenades au bord de l'eau sont agréables au milieu des grues, des bateaux et des grattes-ciels.


La nature reprend toujours ses droits !

Promenade dans la réserve écologique de Buenos Aires, qui était à l'origine une décharge publique dans les années 70... Au fil du temps, un véritable écosystème s'est développé. Il regroupe de nombreuses espèces de végétaux et d'animaux et est un point de transit pour les oiseaux migrateurs !


Enfin, notre visite de la ville nous conduit sur la plaza de Mayo. Célèbre pour sa Casa Rosada (Maison du Président) mais aussi pour être le lieu d'un rassemblement particulier, celui de l'association "Las Madres de Plaza de Mayo". Cette association fut créée en 1977 par des mères dont les enfants ont été enlevés et sont depuis portés disparus. C'était en majorité des jeunes hommes et femmes (d'une vingtaine d'années), victimes de la persécution de la dictature en place à cette époque. Le nombre de disparus est estimé à 30 000.

La dernière mère qui vient tous les jeudis manifester sur cette place,depuis plus de quarante ans, a 92 ans !

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Premier trajet en bus nous permettant d'apprécier l'immensité du pays Argentin puisqu'il nous faudra pas moins de 13 heures pour parcourir les 600km nous séparant de notre prochaine étape, située à l'extrême Nord du pays. C'est donc les jambes bien engourdies que nous arrivons, enfin, dans la ville de Puerto Iguazu. Elle présente la particularité de se situer à la frontière de 3 pays: l'Argentine, le Paraguay et le Brésil !

Nous sommes ici pour une bonne raison... Nous venons découvrir (ou redécouvrir pour Marion) une des 7 merveille naturelle du monde : les chutes d'eau d'Iguazu. En quelques chiffres ce sont :

- 275 cascades

- 1500 m³/s de débit moyen

- Jusqu'à 80m de hauteur

Les chiffres sont impressionnants... mais ce n'est rien comparé au choc visuel et physique exercé par la force de l'eau, la puissance de la nature qui nous entoure et la beauté de cette région grandiose.

Nous commençons par découvrir le côté Brésilien, qui nous offre un panorama a couper le souffle sur les nombreuses cascades, situées côté argentin. Nous terminons notre promenade en nous retrouvant au pied de la cascade du Diable, de loin la plus puissante et impressionnante...

C'est aussi l'occasion de découvrir la faune de la forêt subtropicale environnante, en pénétrant dans le Parque de los Aves !

Le lendemain, c'est d'une toute autre manière que nous appréhendons ces chutes d'eau incroyables. Nous sommes au cœur de cette environnement humide, où des pontons nous font serpenter au dessus, puis en dessous des cascades.

Nous nous sentons minuscules, au milieu de cette nature luxuriante.

Nous ne sommes pas prêts d'oublier ces images et sensations uniques qui nous submergent !

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Nous allons passer un peu plus d'une semaine dans la région du Nord Ouest de l'Argentine, autour de la ville de Salta.

Après la visite de Salta, nous louons une voiture pour un road trip de quelques jours !

Nous débutons notre périple par une boucle au Sud, en commençant par les villages de Cachi puis Molinos où nous passons la première nuit. Nous y rencontrons le propriétaire des lieux, Mario, une personne très accueillante et chaleureuse, avec qui nous partageons un asado (le nom argentin du barbecue). Nous logeons dans la maison de ses grands-parents, faite en adobe (pierres et ciment, typique de cette région). Avant notre départ, nous le remercions en mettant à profit les talents de Guillaume !


Le lendemain, nous passons plus de 5 heures sur la mythique Ruta 40, qui est en fait un chemin fait de nids de poule et de cailloux, en nous arrêtant très souvent pour admirer les paysages : des montagnes colorées à perte de vue (c'est le début de la Cordillère des Andes), des cactus, des vigognes...


Puis nous arrivons enfin dans la petite ville de Cafayate, connue pour ces vignobles et très bons vins !


Le lendemain, nous nous rendons au sud de Cafayate, pour visiter les ruines du villages indigène de Quilmes ! 7000 personnes vivaient à cet endroit, avant l'arrivée de colons Espagnols au 16e siècle. Ils résistèrent plus de 100 ans à l'invasion des colons mais finirent par être détruits par ces derniers...


Nous faisons ensuite route bien plus au Nord, en passant par des canyons magnifiques et des montagnes ocres.


Nous arrivons finalement au Salinas Grandes, un lac asséché, qui a laissé place à une étendue de sel de plusieurs dizaines de kilomètres carrés ! C'est impressionnant ! Le sel y est récolté pour divers usages (industrie, cuisine...).


Notre chemin nous mène ensuite au village de Purmamarca, puis à Maimara, puis Tilcara, Uquia, pour arriver enfin au Nord de notre road trip : au village de Humahuaca.

A côté, se trouve la Montagne aux 14 couleurs !

Dans ce village, nous avons la chance d'assister, le 12 octobre, à une cérémonie, pour le Jour du Respect de la Diversité Culturelle ! C'est un jour férié en Argentine et très important dans cette région... En effet, elle était composée, avant l'arrivée des colons Espagnols, de nombreux peuples indigènes (appelés ici Pueblos Originarios) qui avaient leurs propres culture, croyances, langue... A l'arrivée des colons, et à la suite de nombreuses luttes, ces peuples ont été soumis à la culture européenne et ont perdu parfois leur culture d'origine. Le but de cette journée est de promouvoir le respect de toutes les cultures, qu'elles soient d'Amérique du Sud ou Européenne et de défendre le fait que nous pouvons tous vivre ensemble et apprendre les uns des autres malgré les différences culturelles, de croyances, de langues...


Partout où nous sommes passés, le Général José de San Martin était très représenté : en statut, le nom d'une rue... C'est lui qui a initié la traversée des Andes pour venir libérer les peuples de l'emprise coloniale au 19e siècle. Il est considéré comme le libérateur des peuples opprimés.


L'identité gastronomique est aussi importante de ce côté de l'Argentine, pour notre plus grand plaisir... On y mange de très bons (et gros) asados (viande grillée), humitas (plat végétarien à base de maïs), tamal (purée de maïs et viande de bœuf cuit dans des feuilles de maïs), empanadas de fromage, légumes, veau ou boeuf, ou encore l'estofado de llama (ragoût de lama) !

Un petit résumé de ce road trip en dessin, signé Guillaume...


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Nous arrivons dans la petite ville de San Pedro de Atacama pour y rester quelques jours, le temps de découvrir les merveilles se trouvant dans le désert environnant.

Le premier jour, nous décidons de louer des vélos pour nous rendre aux Lagunes Cejar, se trouvant en plein désert, à environ 20km de San Pedro. L'effort est intense, nous sommes à 2340 mètres d’altitude. L'arrivée aux lagunes est une belle récompense, suivie d'une baignade dans une eau à 12°c. L'eau y est très salée, ce qui nous fait flotter !

Le lendemain, c'est réveil à 4h30 pour arriver à l'aube, aux Geysers del Tatio ! Le spectacle que nous offre la nature ce matin-là est incroyable ! Il fait -12°C, l'eau qui sort de terre provient des Andes et est à 85°C. Elle est en ébullition, car nous sommes à 4200 mètres d'altitude.

Le troisième jour, nous nous rendons à la Valle de la Luna en vélo. Le terrain est loin d'être plat et les kilomètres s'accumulent. Nous ne savons plus si nous avons le souffle coupé à cause de l'effort ou des paysages lunaires qui se découpent tout au long du chemin... Pour l'anecdote, des robots développés pour aller sur Mars ont été testés dans ce lieu, car les scientifiques considèrent que c'est l'environnement qui se rapproche le plus de celui de Mars sur notre terre.

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Départ matinal de San Pedro de Atacama, Cléo nous récupère à notre auberge vers 7h30 du matin pour nous emmener jusqu'à la frontière bolivienne à environ 1h de route. Le temps pour nous de faire connaissance avec nos compagnons de voyage, un couple de Français très sympathique venu de l'Est de la France, Silène et Maxime !

Une fois la frontière bolivienne passée, beaucoup plus facilement que la frontière Chilienne, nous grimpons dans le 4x4 Land Cruiser de Félix, notre chauffeur-guide pour les 3 prochains jours !


Premier arrêt à la Laguna Blanca à plus de 4300m d'altitude (nous avons pris environ 1500m en a peine 1h00 de route !). Ce sublime lac entouré de volcans tire son nom de la couleur des minéraux qu'il contient et de la couche de glace à sa surface. La présence de flamants roses ajoutent encore plus de magie à ce lieu...


Quelques kilomètres plus loin, nous rejoignons la Laguna Verde. Dominé par le volcan Licancabúr (matérialisant la frontière entre le Chili et la Bolivie), la couleur émeraude de ce lac provient d'une forte concentration de cuivre.


Après avoir traversé le Désert Salvador Dali et sa palette de couleurs ocres, nous arrivons au Termas de Polques. Les eaux thermales émanant du volcan Polques forment des piscines naturelles où il est possible de se baigner. Résultat : un bain à 27° avec une vue incroyable...


Avec un passage à 5000m d'altitude, nous apercevons la fumée des Geysers Sol de Mañana. En nous promenant au milieu de la fumée, issue des nombreuses mares de boue en ébullition, nous pouvons ressentir l'énorme activité géothermique sous nos pieds...


La beauté des paysages que nous traversons semble trouver son paroxysme avec la Laguna Colorada. Nous sommes complètement envoûtés par la couleur de l'eau variant du marron au rouge intense. La pigmentation rouge des algues de ce lac explique sa couleur. Des centaines de flamants roses y séjournent pour se nourrir et se reproduire. Nous croisons aussi de nombreux lamas, histoire de compléter le cadre déjà magnifique...


La nuit venue, nous décidons de sortir regarder le ciel étoilé. L'extrême sécheresse de cette région, ajoutée à sa très faible pollution, en font un des lieux les plus pur sur terre. Ce sont des milliers d'étoiles qui apparaissent au dessus de nos têtes... avec une vue surréaliste sur la voie lactée, que nous pouvons observer à l'œil nu !


Le lendemain, nous reprenons la route (façon de parler car il n'y a pas réellement de route depuis la début de notre périple...) à travers la Valle de las Rocas où nous circulons au milieu des formations rocheuses aux formes étranges (on peut imaginer la forme de la coupe du monde ou encore d'un dromadaire).


Félix nous conduit ensuite au rocher nommé Italia Perdida où nous le suivons dans l'ascension, un peu dangereuse, d'une haute formation rocheuse, mais la récompense est au rendez-vous avec une vue imprenable au sommet.


Plus loin, la Laguna Perdida nous offre encore de nouveaux paysages avec une végétation beaucoup plus dense, associée à de nombreux ruisseaux, contrastant avec les falaises rougeâtres environnantes. Un lieu de pâture privilégié pour les lamas, que nous croisons par dizaine.


La suite de notre périple nous conduira au Canyon del Rio Anaconda. Balayé par les vents, cette immense canyon est d'une profondeur impressionnante ! La vision du vide en contrebas donne rapidement le vertige... Au cœur du canyon, serpente le Rio Anaconda, qui porte effectivement bien son nom.


Les formations montagneuses diminuent progressivement le long de notre trajet jusqu'à notre arrivée dans notre hôtel pour la nuit. Un hôtel de sel duquel nous pouvons apercevoir par la fenêtre l'étendue majestueuse de notre prochaine étape...

En récompense de notre réveil très matinal (4h30 du matin), nous sommes au première loge pour admirer le lever de soleil sur le Salar d'Uyuni... L' horizon semble très lointaine alors que le désert de sel semble s'étendre à l'infini (environ 12000km² selon Félix) ! Le contraste entre le blanc du sel et les couleurs du ciel est magnifique.

Comme perdue au milieu du désert, nous grimpons au sommet de l'île Incahuasi, recouverte de centaines de cactus, pour découvrir un panorama grandiose sur le Salar.

Après un petit déjeuner au pied de l'île, nous nous arrêtons au milieu du Salar, le temps de faire quelques photos en perspective, avec plus ou moins de réussite ! On a du mal à s'imaginer que la couche de sel sous nos pieds mesure plus de 8m de haut...

L'île aux drapeaux et le Dakar monument, rappelant que la célèbre course est passée par la Bolivie, marque la fin du Salar et nous rejoignons la ville d'Uyuni alors que l'étendue blanche disparaît peu à peu...

Enfin, nous passons sur une atmosphère post apocalyptique, avec le cimetière de train d'Uyuni, où de vieilles locomotives à vapeur du siècle dernier finissent leur vie tranquillement au milieu du désert...

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Potosí

Celestino, 22 ans nous a fait visiter les mines où il travaille depuis déjà 4 ans. Avant ses 18 ans, il venait déjà dans les mines, accompagné de son père pour apprendre le métier. Lui, vient y travailler pour financer ses études de musique. Dans deux ans, il pourra quitter la mine. Il peut être considéré comme "chanceux", comparé à ces nombreux garçons de Potosi, qui commencent à travailler à la mine à 16 ans et n'en ressortent que lorsqu'ils sont gravement malades, le plus souvent du "mal des mines", autrement dit de la silicose.

Cette maladie apparaît à 45, 50 ans maximum. A partir de là, ils ne sont plus en capacité de travailler ni de vivre normalement.

Les journées dans la mine sont éprouvantes et dangereuses, les mineurs y restent le plus souvent 8 heures par jour. Ils font sauter les roches avec de la dynamite, ils ramassent les gravats puis les transportent dans de très lourds charriots, creusent de nouvelles galeries à l'aide de foreuses à air comprimé qui peuvent pesées jusqu'à 50kg...

Le but est de ramasser des gravats qui sont ensuite traités pour obtenir de l'argent, mais aussi une dizaine d'autres minerais.

Une fois que les minerais sont extraits et traités, ils sont envoyés au Chili pour les purifier puis en Asie pour les rendre purs à 100%. Les mineurs sont organisés en coopérative, et se redistribuent ainsi l'argent obtenu de manière égale après avoir donné 20 à 30% à l'État.

Les femmes ne sont pas autorisées à travailler dans les mines car selon la croyance, elles rendraient jalouse la Pachamama (Terre Mère) qui donc donnerait moins de minerais aux mineurs.

Ces derniers vénèrent le dieu des profondeurs, qu'ils appellent "El Tio". Son nom vient du fait qu'en langue Queshua, le "d" ne se prononce pas et ainsi "El Dio" (le dieu) s'est transformé en Tio. Chaque jour avant de commencer le travail, et surtout chaque vendredi, les mineurs font des offrandes au Tio, qui se trouve dans les galeries souterraines, en le couvrant de feuilles de coca, d'alcool à 96° et en lui mettant dans la bouche une cigarette. C'est ensuite au tour des hommes de profiter de ces mêmes "distractions", qui leur permettent d'oublier pour un temps leurs conditions.

Les mines de Potosi étaient un point central en Amérique du Sud lors de la colonisation espagnole au 16e siècle. Énormément d'argent fut extrait du Mont Rico (4782m), qui borde la ville, en employant des esclaves sud-américains et africains.

La "Casa de la moneda" a ainsi été créée dans cette même ville pour fabriquer des pièces d'argent et les estampiller, pour ainsi donner naissance à la première devise.


Sucre

Nous avons eu l'occasion de visiter le musée de la maison de la liberté, qui est considérée comme le musée le plus important de la ville, et sûrement du pays, pour tout ce qu'il représente.

Situé directement sur la place du 25 de Mayo, il s'agit en faite d'un corps de bâtiment regroupant à la même époque : l'école de droit la plus prestigieuse du pays, un évêché et l'assemblée.

Proche de Potosi et de ses mines d'argent (160km environ), la ville de Sucré a su tirer profit de son avantage géographique plus "vivable" (2600m au dessus du niveau de la mer pour Sucre contre 4000m pour Potosi) pour devenir une des villes les plus importantes d'Amérique du Sud sous l'occupation espagnole.

La salle de l'assemblée est incroyable par bien des aspects. Tout d'abord, de part la beauté de son mobilier, avec des meubles en bois nobles le plus souvent recouverts de feuilles d'or, mais surtout pour son aspect historique. En effet, c'est dans cette pièce qu'a été signée la déclaration d'indépendance de la Bolivie, autrefois connue sous le nom d'Altoperù, le 6 août 1825, faisant de la Bolivie le dernier pays d'Amérique du Sud à obtenir son indépendance.

Aujourd'hui, les portraits de Bolivar et Sucre trônent fièrement dans cette pièce entourés des 2 drapeaux officiels du pays :

- Le drapeau damier des pueblos originarios

- Le drapeau, plus connu à l'international, avec les bandes horizontales de couleur rouge, jaune et verte (symbolisant à la fois le sang versé par ceux qui se sont battus pour l'indépendance, la richesse minière du pays, et notamment ces mines d'or, et la présence de la forêt amazonienne recouvrant plus de la moitié du territoire).

En plus de Bolivar et Sucre, d'autres figures emblématiques se sont battues pour l'indépendance de la Bolivie.

Alors qu'il aura fallu plus de 16 ans de lutte pour l'obtenir, certains de ceux qu'on appelait créoles (personnes nées en Amérique du Sud de 2 parents espagnols) et métisses (personnes nées en Amérique du Sud d'un parent espagnol et un parent indigène), et des indigènes, selon la hiérarchie sociale de l'époque, se soulevèrent. On peut ainsi citer Juana Azurduy de Padilla, métisse très connue pour ses batailles...

Même si la Bolivie a su obtenir son propre territoire, celui-ci s'est vu divisé par deux depuis la signature de l'indépendance du pays. Lors de la guerre du Pacifique, elle perdit son seul accès à l'océan Pacifique au profit du Chili. Puis elle céda une partie de son territoire au Paraguay et au Brésil après plusieurs défaites militaires...

Aujourd'hui, 67 présidents se sont succédés dans l'histoire du pays. Certains d'entre eux sont restés au pouvoir seulement quelques mois, voire quelques jours, traduisant l'équilibre politique instable du pays. Au final, on dénombre pas moins de 37 coups d'états dans l'histoire politique de la Bolivie !


Sucre est une ville très agréable, très vivante avec son marché central, ses rues qui grouillent de monde, des beaux monuments...

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Après plus de 2 semaines intenses entre San Pedro de Atacama et Sucre, les organismes sont fatigués par l'aridité du désert et l'altitude. Passer un petit séjour dans le village de Samaipata, avec son climat subtropical et sa verdure importante, fait donc le plus grand bien !

Les reliefs verdoyants environnants et la tranquillité de la place centrale du village donnent un cadre plus reposant et moins touristique que notre dernière étape.


Une première journée culturelle avec la visite d'El Fuerte. Ce site a été érigé à des fins religieuses, et pour y pratiquer des cérémonies, par des populations pré-inca. Les Incas poursuivirent l'aménagement des lieux.

Encore aujourd'hui, les nombreux canaux (en forme d'animaux) et les niches creusées à même la roche gardent une grande part de mystère...


Situées à quelques kilomètres de Samaipata, dans les plaines de Santa Cruz, les cascades de Cuevas coulent au milieu d’une végétation luxuriante. Petite randonnée et baignades rapides (l'eau est fraîche !) au cœur de ce parc naturel, dominé par les reliefs d'Amboró.


Le parc Amboró, situé aux portes de Samaipata, est le troisième plus grand parc national de Bolivie. Sa situation géographique particulière (à la rencontre entre les 3 zones climatiques principales du pays) offre une très grande diversité de faune et de flore.

C'est en compagnie de Carmelo, notre guide/expert en botanique, pour lequel la forêt ne semble plus avoir de secret, que nous partons découvrir le parc. Grâce à ses nombreuses explications, nous apprenons beaucoup sur les vertus médicinales de certaines plantes ou sur le mode de vie des insectes et animaux de la forêt.

Après une longue marche, nous nous retrouvons sous une forêt de fougères géantes ! La luminosité et les couleurs sont incroyables et toutes les nuances de vert semblent présentes...

On dénombre plus de 32 espèces de fougères différentes dans le parc Amboró, se différenciant par leurs modes de captation de l'eau, leurs feuilles, leurs tailles...

Les plus grandes fougères atteignent plus de 10m de haut, témoignant de leur âge de plus de 2000 ans (l'évolution d'une fougère est d'environ 0,5 cm par an) !

Ces plantes sont très importantes pour le cycle de l'eau : elles captent l'humidité de l'air, cette eau circule vers le sol, jusqu'à former de petits ruisseaux, qui coulent pour rejoindre une plus grande rivière en contrebas. Celle-ci, étant située dans une zone plus chaude, laisse l'eau s'évaporer pour former des nuages qui seront captés par les fougères...

Malheureusement, elles sont aussi les témoins du changement climatique. Plus les années passent, moins il y a d'eau et moins les fougères se développent...


Nous reprenons la route pour Cochabamba car nous risquons de nous retrouver bloqués à cause des manifestations importantes dans la région de Santa Cruz commençant à paralyser cette région du pays (pénuries d'essences, difficultés de circulation, etc...)

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Cette étape fut riche en rencontres, en partage et en découvertes...

A notre arrivée à Torotoro, petit village reculé, situé au milieu du Parc National du même nom, nous rencontrons Mathéo, un suisse installé en Bolivie depuis de nombreuses années, plus bolivien que suisse... Nous ne le savons pas encore mais il va rendre notre étape inoubliable !

Le Parc National Torotoro regorge de paysages merveilleux et étonnants...

Accompagnés de notre super guide Leonardo, nous nous rendons d'abord au spectaculaire canyon de Torotoro, situé à seulement 3km de la ville, et profond de plus de 250m ! Nous entamons la longue descente des quelques 800 marches nous menant au fond du canyon où nous découvrons la magnifique cascade "El Vergel" où l'eau s'écoule au milieu des lianes et des parois rocheuses revêtues de mousses verdoyantes.

Le lendemain, Leonardo nous conduit à la Cuidad de Itas, série de grottes de grandes hauteurs (l'une d'elle est appelée cathédrale) aux formes étranges. La longue randonnée nous y menant nous offre des panoramas sur les trésors géologiques de la région.

L'après-midi, nous plongeons au coeur de la Caverna de Umajalanta pour plus de 2 heures de spéléologie... une vraie aventure ! La descente est assez impressionnante, nous faisant parfois ramper dans des boyaux tellement étroits que nous avons l'impression que nous allons restés coincés... Après quelques descentes en rappel, nous descendons jusqu'à 188 mètres sous terre où nous découvrons des dizaines de stalactites et stalagmites, des cascades et quelques chauve-souris...

Cette région est très connue pour les traces que les dinosaures ont laissées sur leur passage à l'aire du crétacé : Diplodocus, Velociraptors...

Mathéo nous embarque avec lui dans sa vieille Land Cruiser, le soir même, pour rejoindre un petit village situé à 3 heures de route de Torotoro : Acasio.

Nous y rejoignons une amie à lui, Lidia, qui prépare la fête des morts chez elle, et ça promet d'être impressionnant ! En effet, nous passons deux jours fantastiques. L'accueil est chaleureux, nous avons l'impression d'être à la maison. On nous fait tout de suite goûter des petits gâteaux confectionnés le matin même, à base de farine de maïs et de cannelle, c'est délicieux ! À peine le temps de déposer nos sacs, nous sommes invités à finaliser l'hôtel d'offrandes, appelé Altar, fabriqué pour rendre hommage aux grands-parents de Lidia décédés.

On se met à table avec les nombreux amis et membres de la famille qui sont déjà présents, avant de débuter les festivités. Celles-ci commencent avec une prière devant l'Altar, puis toutes les maisons du village qui ont aussi fabriqué cet hôtel ouvrent leurs portes pour inviter tous les habitants à venir prier et partager les gâteaux cuisinés et la chicha, l'alcool local fait à base de maïs fermenté. C'est parti pour une longue nuit de recueillement, de rencontres, de partage, de rire aussi... Le lendemain, c'est réveil très matinal pour cuisiner assez de Aji de Fideos (plat a base de aji, sorte de poivron, et de pâtes frites) pour la moitié du village (au moins 150 parts). On met la main à la pâte pour peler les ajis, les mixer, préparer la viande, les pâtes, et faire mijoter tout ça dans une énorme marmite !

On ouvre à nouveau les portes des maison à midi et de très nombreuses personnes viennent partager le repas chez Lidia (il faut dire que c'est une très bonne cuisinière !) En début d'après-midi, tout le village converge vers le cimetière, les bras chargés de petits pains confectionnés les jours précédents, de toutes sortes de gâteaux, boissons, offrandes... On monte alors les tables, les parasols devant les tombes pour faire la fête jusqu'au soir !

Pour nous, il est temps de reprendre la route, qui va durer presque 4 heures pour rejoindre Torotoro. L'occasion de prendre de nouveaux passagers sur route...

Nous apercevons une fête dans un petit village en bord de route, où les convives nous font signe de se joindre à eux. C'est un baptême ! La tradition ici est de laisser pousser les cheveux du petit garçon jusqu'à ce jour, où chaque convive doit couper une mèche de cheveux et offrir un peu d'argent !

A peine arrivés à Torotoro, nous nous joignons aux fêtes dans les maisons pour célébrer la fête des morts, comme nous l'avons fait à Acasio ! Le lendemain il est temps d'assister à une tradition très particulière, propre à ce village : on fabrique de grandes échelles avec des tables et des chaises dans le cimetière pour honorer les défunts. On y accroche toutes sortes d'offrandes, qu'on se partage à la fin des festivités. Là encore, la chicha est plus que présente !

Les nombreuses personnes que nous avons rencontrées et avec qui nous avons partagé ces moments uniques nous ont marqués par leur gentillesse, leur accueil et leur bienveillance !

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Après Amboró et Torotoro, nous continuons notre tour des parcs nationaux de Bolivie... Direction Sajama !

Dès notre arrivée, l'impression visuelle est incroyable... Peuplé d'environ 200 habitants, le petit village de Sajama est dominé par le volcan du même nom (le plus haut sommet de Bolivie avec ses 6542m). Le cadre est complété par des centaines de lamas et d'alpaguas déambulant tranquillement autour du village.

Très peu de voitures, un confort succinct, pas d'accès internet... Nous serons coupés du monde pour les 3 prochains jours, ça sera donc un programme nature et sport intensif !

Suite à une nuit très fraîche, nous partons pour notre premier jour de randonnée. Au programme, 37km de marche (pour 1000m de D+) qui nous ferons passer par des geysers, la frontière Chilienne, la laguna Casiri Macho (gigantesque étendue d'eau à 5000m d'altitude), la forêt de Queñuas la plus haute du monde... Tout cela avec une vue magnifique sur le Sajama.

Pour la deuxième journée, nous partons pour une randonnée de 30km ! Direction le Nord, à la découverte d'une autre lagune, la laguna Huayna Khota. Sur le bord du sentier, nous nous arrêtons dans des thermes naturelles, ou nous prenons un bain à 35°C dans un décor de rêve (avec vue sur les volcans, les lamas et les alpaguas).

Le troisième jour, nous nous lançons un défi un peu fou : gravir le 5ème plus haut sommet de Bolivie, le Parinacota. Départ à 2h du matin, après un bon petit déjeuner, avec notre guide Eliceo. Il nous conduit à 5100m d'altitude, point de départ de notre ascension. Plus de 1200m de dénivelé nous séparent alors du sommet (6348m)... Équipés de nos lampes frontales, nous commençons notre lente ascension, à 3h30, au milieu de la nuit bien froide.

Vers 5h30 du matin, les premières lueurs du soleil nous offrent un superbe panorama sur le volcan Sajama. Nous en profitons pour faire une première pause alors que nous atteignons les 5500m d'altitude.

A partir des 5700m, le pente commence a se durcir et les jambes se font de plus en plus lourdes, fatiguées par le terrain (sable volcanique) sur lequel nous évoluons depuis le début de notre ascension...

L'apparition de blocs neigeux marque la barre des 6000m. Physiquement, nos organismes commencent vraiment à subir le manque d'oxygène et chaque pas devient difficile... Psychologiquement il faut tenir, alors que la pente pour gravir les 348 derniers mètres de dénivelé s'intensifie encore jusqu'à flirter avec les 40° et que notre guide nous informe que beaucoup abandonnent ici...

À partir de ce point, il nous faudra alors presque 2h pour arriver au sommet...

Il est difficile de faire plus de 5 pas sans s'arrêter. Marion garde un bon rythme alors que cela devient plus difficile pour moi (Guillaume). Malgré les vertiges et la fatigue grandissante, Marion nous "poussent" vers le haut et nous arrivons (enfin nous nous écroulons) au sommet après plus de 8h d'effort !

A 6348 m, nous nous sentons heureux, exténués mais tellement fiers d'avoir réussi notre objectif ! Comme récompense, la vue est vraiment incroyable.

C'est alors le moment que je choisis pour demander Marion en mariage. Je n'ai rien planifié. Mais cette effort intense, cette façon que nous avons de toujours nous tirer vers le haut, cette équipe solide que nous formons depuis plus de 11 ans me donnent l'envie de cristalliser cela pour toujours... Elle dit oui !!! C'est un moment beau et intense qui restera à jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.

La descente est vertigineuse, et nous devons dévaler une pente, toujours plus raide, en mode "tout shuss" ! Une sensation incroyable même si cela met encore à contribution nos jambes déjà bien fatiguées par la montée... Nous prenons le temps de profiter du paysage et nous rejoignons la voiture au bout de 1h30 de descente.


Nous rentrons à Sajama, marqués par cette expérience inoubliable.

Elle nous laissera des souvenirs plein la tête pour toute notre vie...

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Notre arrivée a Rurrenabaque, après une nuit de bus difficile sur un chemin très chaotique, au milieu du brouillard, est un dépaysement total ! C'est un village niché au cœur de l'Amazonie Bolivienne, où le climat est chaud et humide et où il fait bon vivre. Ici, les mangues tombent des arbres par dizaines et on les mange au bord de la route !

Après la découverte de ce village, nous partons pour quelques jours dans la pampa voisine ! Dans cet environnement, les déplacements ne se font que par la rivière, dans un bateau où nous sommes assis au niveau de l'eau, au plus près de la nature...

Cette rivière et ses berges sont peuplées d'animaux que nous n'avons pas l'habitude de croiser en France... Des centaines d'alligators entourent notre embarcation, des énormes caïmans atteignent les 5 mètres de long, de nombreux oiseaux s'envolent à notre passage et donnent de la voix, des capibaras profitent du soleil avec leurs petits, des Tapirs attendent la tombée de la nuit pour sortir se nourrir, des singes curieux et gourmands nous rejoignent pour piquer un morceau de banane...

Lors de ces trajets, nous nous essayons à la conduite du bateau de Baldemar. Guillaume se débrouille comme un chef, Marion connait des débuts plus difficiles en fonçant malencontreusement sur un alligator...

Nous profitons d'une matinée tranquille et ensoleillée pour aller à la pêche aux Piranhas... L'appât est un beau morceau de steak ! Ça finit par mordre pour Marion !! La dégustation se fera le midi même !

Les levers et les couchers de soleil sont magnifiques...

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Après une heure de pirogue sur le Rio Béni, nous debarquons au campement d'une communauté indigène de la région, point de départ de notre aventure dans la jungle amazonienne !

De bonne heure le lendemain matin, il nous faut préparer nos sacs à dos pour les trois prochains jours... en n'apportant que l'essentiel ! Nous faisons le connaissance de notre guide Ramòn (avec qui le courant passe tout de suite très bien malgré sa timidité) et nous commençons notre marche vers le cœur de la jungle en laissant la rassurante communauté derrière nous...

Après une heure de montée éprouvante, nos corps devant aussi s'habituer à la chaleur humide de la Jungle, nous arrivons à un mirador magnifique. L'occasion pour nous de récupérer un peu alors que Ramòn s'active... Minutieusement, il transforme 2 feuilles de palmiers en 2 éventails artisanaux, qu'il nous offre pour supporter la chaleur suffocante de notre environnement.

Nous continuons notre "chemin", alors que Ramòn doit souvent dégager la voie avec sa machette, en apprenant énormément sur les secrets de la Jungle.

En milieu d'après-midi, nous arrivons à notre campement pour la nuit... un abri sommaire avec une bâche en guise de toit !

Après un bain rafraîchissant dans le ruisseau proche du camp, Ramòn allume un feu et nous préparons ensemble un repas consistant afin de reprendre des forces : un Aji de fideo !

Les moustiquaires installées, nous sommes prêts à passer notre première nuit dans la jungle. A la nuit tombée, nous effectuons une petite ronde autour du campement... et c'est un environnement très différent que nous observons ! Des dizaines d'animaux et d'insectes sortent de la forêt et semblent prendre le pouvoir (chauves-souris, araignées venimeuses, crapauds, mille-pattes...). Nous nous endormons alors dans ce milieu hostile, après avoir pris soin de bien vérifier l'intérieur de notre moustiquaire !

Le lendemain matin, Ramòn nous réserve une surprise ! Pour accompagner les pancakes que nous cuisinons pour le petit-déjeuner, il nous prépare un caramel maison... Un vrai délice !

Contrairement au programme initialement prévu, notre guide nous propose de continuer notre route vers le cœur de la jungle pour tenter de rejoindre un autre campement. C'est avec enthousiasme que nous reprenons nos sacs à dos (alors que nous n'avons plus d'eau potable...).

Nous marchons pendant 3h30, durant lesquelles Ramòn nous en apprend toujours plus sur sa Jungle. Il s'arrête souvent pour prendre le temps d'écouter les sons et de sentir les odeurs environnantes, cela nous permet d'observer des singes et même un condor, tranquillement perché au-dessus de nos têtes !

Nous arrivons au campement vers midi, mais mauvaise surprise, l'abri est complètement détruit. Il faut dire que Ramòn n'est pas venu ici depuis 8 mois ! La météo devient moins clémente et des averses viennent perturber notre déjeuner. Ramòn redoute de fortes pluies pendant la nuit... nous ne tardons donc pas à nous mettre au travail pour la construction d'un nouvel abri ! Tailler des branches de bois dur pour bâtir l'ossature, trouver des lianes résistantes pour les fixations, couper des feuilles de palmiers pour réaliser la toiture... Il nous faudra près de 4h pour terminer notre cabane, fatigués mais heureux d'avoir un toit pour la nuit !

Établir un campement à proximité d'un court d'eau est essentiel ! Nous nous servons de l'eau pour cuisinier, pour boire (nos réserves étant vides) et pour se laver, au milieu de "sardines" piranhas qui nous mordillent les mollets ! Après manger, nous effectuons un petit tour nocturne autour du campement, ce qui nous permet de repérer une colonie de très grosses fourmis toxiques à moins de 10m de notre cabane...

La nuit fut compliquée. Orage et vent violent accompagnent le déluge annoncé par Ramòn, les arbres menacent de tomber à chaque coup de vent et les grenouilles venimeuses profitent de la pluie pour sortir de leur cachette. Nous les apercevons déambuler à 5cm de notre tête juste derrière notre moustiquaire... et nous les entendons croasser tellement fort que nous avons l'impression qu'elles sont à l'intérieur ! A l'aube, la pluie cesse et nous sommes tous rassurés que cette longue nuit soit derrière nous. Il faut dire que notre cabane a tenu bon !

Le petit-déjeuner pancakes et caramel nous donne de l'énergie pour entamer le chemin retour. Quelques heures de marche plus tard, la densité de la jungle laisse place aux plantations de bananiers et cacaoyers et nous apercevons les cabanes de la communauté, rassurée de nous voir revenir après cette nuit très compliquée !

Nous sommes vraiment heureux d'avoir vécu cette expérience hors du commun, si dépaysante et instructive !

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Nous sommes très gentillement accueillis dans la communauté indigène de notre guide, Ramón. Dès notre arrivée, nous sommes plongés dans un environnement apaisant de part la simplicité du village, constitué d'une dizaine de cabanes en bois bâties au milieu de la jungle. Ils sont une vingtaine de personnes à vivre en quasi auto-suffisance. Ils cultivent leur riz, leurs bananes, leurs légumes, leurs fèves de cacao, ils ont des poules pour les oeufs....

Ramón a pris le temps de nous initier a la fabrication de chocolat à partir de fèves fraîches...

Après avoir laissé ces fèves sécher au soleil pendant 3 jours, on les fait griller dans une casserole pour faire éclater la pellicule extérieure. Nous pouvons donc ensuite la retirer facilement.

Une fois cette étape terminée, il n'y a plus qu'à passer les fèves dans un moulin et on obtient du chocolat pur !

On le mélange seulement avec un peu d'eau tiède et du sucre, et il est prêt pour la dégustation !! C'est délicieux et ça n'a rien à voir avec ce qu'on a l'habitude de manger !

Les membres de la communauté sont nés dans cette jungle qu'ils maîtrisent si bien et connaissent les plantes qui les entourent mieux que personne. Ainsi, ils peuvent faires des infusions de "roble" pour les maux de ventres, trouver de l'eau buvable (même pour nous) dans les lianes, cueillir des feuilles qui permettent de laver le linge, reconnaître les fruits comestibles (comme les pommes sauvages de la jungle) ou encore empoisonner avec une seule goutte de sève d'un arbre bien spécifique...

Avec les feuilles de palmiers, ils peuvent fabriquer de beaux éventails, quand ce n'est pas une cabane pour la nuit !

Avec les graines de plantes, ils confectionnent des bijoux.

Avec les lianes, ils fabriquent des ficelles très resitantes, pour les constructions ou pour se bricoler un sac a dos...

Avec le bois de certains arbres ils construisent des abris très résistants.

Ils savent se repérer dans la jungle de jour comme de nuit. Ils ont une notion du temps très précise sans jamais porter de montre...

Ils savent communiquer avec les animaux, appeler les singes.

Ils sentent quand il y a des tapirs ou des singes cachés a quelques mètres de nous...

Ils sont capables de reconnaître les grenouilles, araignées, et autres insectes toxiques à ne surtout pas toucher.

Nous sommes admiratifs de leurs instincts et leurs connaissances de cet environnement complexe.

Ce qui nous parrait un peu fou, c'est que Ramon ne connait pas la coupe du monde, ce qu'est Barcelone ou encore ne peut pas croire qu'en France nous n'avons pas de jungle ou d'animaux dangereux sur nos côtes qui nous empêcheraient de nous baigner (comme des alligators ou des anacondas).

Nous sommes rentrés dans l'univers parallèle de Ramón, qui nous a profondément touchés et impressionnés et ce fut difficile d'en ressortir sans émotion...

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Dès notre arrivée à La Paz, nous sommes frappés par la topographie et l'immensité de la ville ! C'est en prenant de la hauteur, en empruntant le téléphérique (réseau de transport le plus développé de la ville), que nous pouvons le mieux constater l'étendue de la capitale administrative la plus haute du monde... Le centre ville est niché au creux des montagnes environnantes, sur lesquelles s'élèvent les quartiers résidentiels, alors que nous ne pouvons pas distinguer les limites de la ville...

Au cœur de cette gigantesque métropole cohabitent des grattes-ciels hyper modernes, des maisons bourgeoises, des parcs arborés et surtout, des habitations en briques (non enduites) donnant à la ville sa teinte orangé.

L'impression visuelle, vue du haut, est confirmée quand nous descendons dans la ville. C'est une véritable fourmilière ! Les rues sont bondées, les routes saturées et il faut savoir se frayer un chemin sur les trottoirs, investis par les vendeurs de rue, et au milieu des klaxons incessants... Il y a de la vie !

En plus de la modernité de certains de ces quartiers, La Paz habrite aussi quelques trésors par l'intermédiaire de ses rues sorties d'un autre temps... C'est notamment le cas de la calle Apolinar Jaén, étroite rue pavée bordée par ses maisons de toutes les couleurs, vestiges de l'époque coloniale.

La plaza Mayor, et sa superbe basilique San Fransisco, donne accès à l'une des rues principales de la ville, la calle Sagárnaga, sublimée par les couleurs vives des pulls en alpagas, ponchos et autres tissus en devanture des dizaines de magasins se succédant tout au long de cette longue ligne droite. En parallèle, la calle Linares est sublime du sol au "plafond" entre pavés colorés, peintures murales et parapluies (ou autres décorations colorées) suspendus au dessus de nos têtes...

Plus loin, nous nous promenons au coeur du quartier des sorcières, autour de la calle Melchor Jimenez. Les boutiques de vêtements laissent alors leur place à des commerces plus étranges, avec en exposition des fœtus et jeunes lamas empaillés (pour réaliser des offrandes à la pachamama).

Après quelques jours de marche pour visiter la ville, nous décidons de prendre les vélos, direction la route de la mort ! Cette route tristement célèbre pour avoir été la plus mortelle du monde (plus de 300 morts par an), entraînant sa fermeture et la construction d'une nouvelle route plus sécuritaire, est aujourd'hui réservée aux cyclistes.

Au programme, une longue descente de 67km avec un dénivelé négatif de 3550m !

Le départ se fait à 4750 mètres d'altitude avec 30 premiers kilomètres sur une route en asphalte un peu défoncée, et beaucoup de vent, rendant parfois la descente un peu dangereuse mais cela nous permet de prendre en main notre vélo... car le plus technique est à venir !

Pour les 37 kilomètres restant, nous évoluons sur une route rocailleuse à flan de falaise. Elle est très étroite (parfois moins de 3m de large) et il est difficile d'imaginer que des véhicules, surtout des bus, pouvaient emprunter un tel chemin. Avec plus de 800m de profondeur, le précipice est vraiment vertigineux et nous rappelle à chaque virage de ne pas lâcher nos freins !

Notre folle descente, à travers une végétation luxuriante, nous offre des points de vue exceptionnels !

Quelques pauses bienvenues nous permettent d'admirer le paysage, de détendre nos mains bien contractées et... changer le pneu crevé de Guillaume (pas forcément une bonne idée de rouler à plat sur une telle route) !

Pour les derniers kilomètres, la route s'élargit et la pente devient beaucoup moins importante... nous devons même pédaler sur quelques portions ! C'est donc relativement tranquillement que nous arrivons dans le village marquant la fin de cette super aventure. Nous sommes presque déçus que cela soit déjà terminé !

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Avant même l'arrivée à Copacabana, notre destination finale, la très belle vue sur le lac Titicaca, du bus, laisse deviner que les prochains jours seront très agréables...

En effet, nous allions passer 3 jours superbes et ensoleillés !!

Nous commençons par visiter la ville tranquille et apaisante (après l'agitation de la Paz) de Copacabana (et oui, il en existe une autre que celle au Brésil !). Ses petites rues sont vivantes et les habitants sont sympathiques. Nous montons à La Horca del Inca, qui offre un très beau point de vue sur la ville et le lac. Les constructions de pierres incas marquent le solstice d'hiver, le 21 juin. En effet, une sorte d'arche permet de laisser passer le soleil à cette date précise, qui vient éclairer une pierre taillée pour l'occasion. Chaque année, de nombreuses personnes font l'ascension pour assister aux spectacles.

Nous finissons notre balade sur les bords du lac Titicaca, baigné du soleil déclinant. Le spectacle est très joli et reposant.

C'est le plus haut lac navigable du monde, avec ses 3880 mètres d'altitude !

Au dîner, on goutte bien sûr la truite, poisson très pêché et cuisiné ici. C'est très agréable de pouvoir manger du poisson après deux mois sans en déguster !

Le lendemain, on part en bateau pour l'Isla del Sol, située à 1h30 de la côte de Copacabana. Nous débarquons au nord de l'île, dans le but de rejoindre le sud à pied dans la journée, en suivant le sentier des crêtes.

Beaucoup de mystères entourent cette Île du Soleil. Selon une légende inca, c'est d'ici que serait apparu le soleil après un épisode apocalyptique, qui aurait marqué la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. Elle abrite de nombreuses ruines Incas et pré Incas et des preuves de vie datant de plus de 5000 ans y ont été découvertes !

Nous commençons notre randonnée en découvrant de superbes plages de sable blanc.

Nous découvrons ensuite les ruines de l'ancien sanctuaire Chincata qui surplombent le Lac.

Nous traversons l'île, en prenant de la hauteur (jusqu'à 4000 mètres d'altitude). Les paysages sont magnifiques, et nous avons l'impression d'être seuls au monde !

Nous arrivons dans l'après-midi au village de Yumani, plus au Sud, où nous passerons la nuit. La vue de notre chambre est très belle et nous donne envie de prolonger le séjour...

Plus au Sud, se trouve le palais Pilkokaina, qui était réservé à l'empereur inca Tupac Yupanqui.

Le lendemain matin, en attendant le bateau qui nous ramènera à Copacabana, nous profitons du soleil sur le petit port. Nous sommes réquisitionnés par des hommes pour les aider à sortir un bateau de l'eau... L'ambiance de village est agréable !

À notre retour sur le continent, nous en profitons pour nous diriger vers le village de Sampaya, connu pour ses maisons en vieilles pierres. La route nous permet de découvrir des paysages encore et toujours magnifiques. Le village est très calme et semble figé dans le temps. Son mirador nous offre une vue a 360° sur le lac et notamment sur L'Isla de la Luna, la deuxième plus important île ici.

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Jour 1

Le réveil sonne à 3h du matin pour prendre le premier colectivo (petit bus local) direction Mollepata, à environ 3 heures de route de Cusco... C'est parti pour notre défi un peu fou : réaliser le trek du Salkantay sans guide et en total autonomie pour rejoindre le Machu Picchu !

Arrivés à Mollepata, nous rejoignons en taxi le point de départ du trek, situé à Challacancha. Au programme 17km pour arriver à Soraypampa ! Sur nos dos, notre maison et nos vivres pour les 5 prochains jours. Les sacs sont à leurs poids maximum, environ 20kg pour Guillaume et 13kg pour Marion, mais c'est le prix à payer pour vivre cette aventure en autonomie !

Le temps est couvert mais il ne fait pas froid. Les premières montées sont un peu difficiles alors qu'il faut s'habituer au poids de nos sacs et aux 3700m d'altitude.

Heureusement, les nuages commencent à se dissiper, la vue se dégage progressivement sur les splendides massifs environnants, dont certains bien enneigés. C'est superbe !

Nous ne croisons personne sur le chemin jusqu'à Soraypampa, où arrive plusieurs véhicules d'agences de tourisme. Nous réalisons que faire ce trek en autonomie est peu commun, alors que nous sommes les seuls à installer notre tente pour la nuit !

A peine le temps de se reposer que nous nous élançons dans l'ascension vers le Lac Humantay. Au bout de 40 minutes, nous arrivons à la lagune, perchée à 4200m d'altitude, émerveillés par la beauté du lieu... La couleur turquoise du lac contraste avec le blanc des sommets enneigés le dominant, alors que les nuages bas planant au dessus ajoutent un côté mystique au tableau.

Nous redescendons au camping alors que la pluie commence à tomber... C'est donc en intérieur que nous testons pour la première fois notre matériel de cuisine. Au menu, une portion de riz et une boîte de thon... un avant goût de nos repas des prochains jours !

A la nuit tombée, la propriétaire de la ferme/camping nous demande de déplacer notre tente à l'intérieur car elle redoute de grosses pluies pour la nuit et il risque de geler avec les températures négatives. C'est donc, au sec, dans son "salon" que nous passons notre première nuit !

Jour 2

Au réveil, le soleil est de retour. Nous partons donc au lever du jour, vers 5h30, en direction de Chaullay.

Nous commençons par la difficulté de la journée, la montée vers le Salkantay Pass (4629m), soit 750m de dénivelé positif sur les 6 premiers km de la journée...

L'ascension est éprouvante alors que les jambes sont fatiguées de la veille et que le dos commence à être bien douloureux ! On se fait doubler par plusieurs groupes d'agences, et par les mules qui portent leurs sacs, ce qui n'est pas facile psychologiquement. Mais après plusieurs pauses, le sommet est en ligne de mire !

Nous arrivons enfin au point culminant de notre étape alors que le Salkantay se cache derrière un épais manteau de nuages...

Après une pause (très fraîche), pour récupérer, il est temps de reprendre nos sacs pour entamer la deuxième partie de cette journée, la longue descente jusqu’à Chaullay (2900m). Elle s'effectue sur un chemin très caillouteux, où il est difficile de trouver un appui sûr.

Changement de paysage au fur et à mesure de la descente avec une végétation qui devient de plus en plus dense au fil des centaines de mètres d'altitude que nous perdons.

Les derniers kilomètres semblent interminables, mais nous arrivons enfin à Chaullay, village perdu en pleine forêt, vers 15h30 ! Nous trouvons un emplacement pour notre tente à l'entrée du village. Nous nous payons même le luxe de prendre une douche chaude en guise de récompense ! Nous nous couchons à la nuit tombée après avoir englouti notre ration de pâtes au thon !

Jour 3

Départ à 6h30 pour ce qui s'annonce comme la journée la plus longue du trek, avec un peu moins de 35km à parcourir, en commençant par une descente de plus de 20km jusqu'au village de Sahuayaco. C'est très simple, il nous suffit de suivre la rivière en choisissant de passer soit par la route carrossable ou bien par un sentier inca étroit à flan de falaise. Évidemment, notre choix se porte sur l'option 2 (à noter que ce chemin est normalement fermé en saison de pluies car trop dangereux, mais par chance, il fait encore sec cette année).

Le sentier se révèle être une alternance de montées et de grandes descentes. Nous traversons plusieurs ponts franchissant de nombreuses cascades, avec toujours, une vue vertigineuse sur la rivière en contrebas. Même si certains passages impliquent de rester prudents, cette première partie de journée est un régale pour les yeux et nos épaules commencent à se familiariser avec les poids se nos sacs.

Nous arrivons à Sahuayaco en fin de matinée. Nous en profitons pour acheter de l'eau et manger quelques barres de quinoa pour reprendre des forces car la partie la plus dure de l'étape nous attend ! Quelques kilomètres plus loin, nous entamons notre ascension vers Llactapata, soit 820m de dénivelé positif sur les 5,5 km derniers kilomètres !

Après 2 premiers kilomètres de montée, plutôt tranquille, nous nous arrêtons à un mirador pour manger.

Il nous reste peu de distance à parcourir (3,5 km) mais plus de 620m de dénivelé... cela risque de faire mal aux jambes ! Il ne nous faut pas longtemps pour confirmer cette hypothèse... Le sentier, anciennement utilisé par les Incas, présente de nombreuses et très hautes marches en pierre, ce qui ne nous facilite pas la tâche. Les sacs semblent étonnement plus lourds... On ne voit pas le bout de cette ascension !

Le décor nous entourant est de plus en plus sauvage alors que le chemin serpente dans une forêt luxuriante. Physiquement, le dernier kilomètre est un enfer et le mental doit prendre le relai alors que nous touchons au but... Nous arrivons au camping vers 16h, complètement achevés par cette montée !

Nous sommes récompensés de nos efforts avec une vue panoramique sur les chaînes de montagnes aux alentours . Le cadeau ultime ? Le Machu Picchu, au loin, signe que l'on approche... Nous installons notre tente de manière à profiter de cette incroyable vue. Nous sommes seuls en haut de cette montagne, avec pour seule compagnie, la famille et les animaux de la ferme où nous avons élu domicile pour la nuit...

Jour 4

Nous commençons la journée par un café avec vue sur le Machu Picchu.. Peu à peu, les rayons de soleil transpercent les nuages agissant comme des "projecteurs" sur la montagne Huayna Picchu au loin.

Nous entamons notre marche par une descente, raide, afin de rejoindre le village de Hidroelectrica 1200m plus bas. Nous croisons quelques ruines d'édifices Inca le long de notre chemin. Finalement, c'est la partie du trek où nous serons les plus lents, la pente et les marches irrégulières étant très traumatisantes pour nos articulations (on regretterait presque les montées !).

Arrivés à Hidroelectrica, il nous faut encore marcher 10 km le long des rails, et de la rivière Urubamba, pour (enfin) rejoindre Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu.

C'est un tronçon assez monotone pour finir cette étape... le passage de quelques trains, circulant à faible vitesse, constituant notre seule attraction. La marche s'effectue sur de grosses pierres que nos voutes plantaires sont fatiguées d'amortir depuis 4 jours. Surtout, c'est la première journée où nous souffrons aussi de la chaleur !

Arrivés à Aguas Calientes, nous nous accordons le droit de trinquer et de manger une bonne pizza (ça change du riz au thon !). Le plus dur est derrière nous et la plus belle des récompenses nous attend...

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Le reveil à 5h semble presque agréable tant notre excitation est grande ce matin !

À peine le temps d'engloutir notre classique petit-déjeuner, à base de muesli et barres de céréales, que nous nous dirigeons d'un pas décidé au pied de la montée vers le Machu Picchu.

Il y a deux moyens de se rendre à l’entrée du site, en bus depuis Aguas Calientes ou à pied en empruntant un escalier de 1700 marches avec 500m de dénivelé positif. Nous empruntons donc l'escalier, certes très fatiguant, mais nous voulons terminer le trek en beauté ! Il nous faudra environ 1h pour rejoindre l'entrée du site, quelques mètres nous séparent alors d'une des 7 nouvelles merveilles du monde...

Nous entrons dans les lieux et nous en prenons plein les yeux, complètement fascinés par la magie qui se dégage de ce site ! La vue d'ensemble sur les montagnes et les ruines est incroyable et l'émotion est grande de pouvoir profiter de ce spectacle après tant d'efforts ! Côté pratique, on se dit que les Incas étaient quand même de grands malades d'avoir bâtis une ville sur une montagne aussi peu accessible...

Nous profitons de longues minutes de la vue générale du site avant d'entamer notre descente vers le cœur de la cité ! Nous passons d'abord par d'immenses terrasses de cultures directement "décaissées" dans la montagne. Maïs, pommes de terre et autres légumes se cultivaient sur ces dernières et permettaient de nourrir jusqu'à 10 000 personnes !

Quelques minutes de marche plus tard, nous pénétrons dans la zone urbaine. Cette zone était à l'époque divisée en plusieurs quartiers : noble, populaire et sacré. C'est ici que se déroulaient notamment les activités religieuses et civiles de la cité datant du XVème siècle. Ainsi, nous passons par de nombreux bâtiments de cultes (temple du soleil, temple du condor...) renfermant encore aujourd'hui bien des mystères.

Nous sommes vraiment émerveillés par la beauté et la conservation générale des constructions nous entourant, presque 600 ans après leur édification. La montagne Huayna Picchu se dresse devant nous, signe que nous sommes arrivés au bout de la cité (il est possible d'acheter un ticket pour monter en haut, mais nos jambes sont trop fatiguées pour cette dangereuse ascension).

Nous retournons donc vers l'entrée du site en passant, cette fois-ci, par les bâtiments de stockage agricole.

Après 3h de visite, nous avons fini de contempler le spectacle. L'heure est venue de redescendre les centaines de marches puis refaire les 10km de marche le long des rails, effectués la veille, dans le sens inverse pour rejoindre Hydroelectrica. De là, nous prenons un mini-bus direction Cusco (que nous rejoindrons sains et saufs après 7h de route assez effrayantes !) épuisés, mais heureux de ce merveilleux périple sur les traces des Incas !

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Cette ville péruvienne située dans la Cordillère des Andes, est l'ancienne capitale de l'Empire inca. C'est la troisième plus grande ville du pays.

Ici, la vie est partout, les gens se pressent sur la place centrale "Plaza de Armas", au marché central San Pedro, ou encore dans les petites rues pavées entrecoupées d'escaliers pour atteindre les hauteurs de la ville, où est installé le quartier San Blas...

Cette ville est un savant mélange de marques du passage inca et d'architecture colonial.

Elle est dominée par une statut du Christ, visible de toute part.

L'aqueduc de Sapantiana attire de nombreux curieux car il sort de l'ordinaire : l'eau y dévale un escalier de pierre avant de continuer sa route dans une rigole aménagée.

A quelques heures de route de Cusco, nous atteignons Palcoyo, un lieu peu touristique et pourtant magnifique ! Il permet d'y observer des montagnes arc-en-ciel, dont les couleurs proviennent des différentes couches sédimentaires qui se sont accumulées au fil des années. Les rencontres des plaques tectoniques de Nazca et d'Amérique du Sud ont soulevé des milliers d'années de sédimentations pour laisser apparaître à la surface des constructions naturelles impressionnantes ! Du rouge au vert en passant par le violet, le jaune ou le blanc... La cordillère qui s'impose devant nos yeux est aussi colorée que belle ! Nous nous promenons au milieu de celles-ci pour atteindre une vue sur l'Ausangate, sommet enneigé de la Cordillère Blanche, culminant à 6280 mètres d'altitude.

Notre chemin se poursuit au milieu de "La forêt de pierres"...

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Aujourd'hui, nous partons à la découverte de la "Valle Sagrado de los Incas" au nord-est de Cusco. Située entre Pisac et Ollantaytambo, le long de la rivière Urubamba, les nombreuses découvertes archéologiques démontrent que cette vallée fut une région importante du peuple inca, de part ses grandes qualités géographiques et climatiques.

Chinchero

Premier arrêt à 30 minutes de Cusco, avec la visite de Chinchero, charmant petit village où perdure une forte tradition, celle du textile.

Nous visitons d'abord un centre de production textile communautaire au sein duquel les femmes sont habillées de superbes costumes traditionnels. A travers une petite présentation, nous en apprenons plus sur les processus de coloration et de tissage de la laine d'alpaga et de lama. La laine, après avoir été lavée à l'aide de végétaux et d'eau, est colorée grâce à des plantes, le plus souvent, ou à des cochenilles (parasite des cactus) qui permettent de donner la couleur rouge...

Mais visiter Chinchero, c'est aussi l'association entre d'immenses terrasses de cultures Inca et son étonnante église de style colonial, en cours de restauration, les surplombant.

Moray

Nous continuons notre route vers les extraordinaires cirques de Moray, qui présentent un ingénieux système de terrasses en amphithéâtre. Ce centre de recherches agronomiques incaïque est constitué de 3 cirques, dans lesquels ont été façonnées une dizaine de terrasses circulaires.

A l'aide de ce système (présentant une fluctuation importante d'humidité et de chaleur), les Incas ont pu tester l'adaptation des plantes en fonction de leurs conditions de vie afin de déterminer avec précision à quelle altitude planter ces dernières. Ainsi, ces cirques ont permis de créer environ 500 variétés de pommes de terres (95% des variétés connues à ce jour) et de développer des céréales comme le quinoa. Selon les estimations, 10 % des plantes que l'on trouve actuellement dans le monde seraient issus de ce laboratoire...

Maras

Quelques kilomètres plus loin se trouve les salines de Maras. Nous découvrons une succession de terrasses blanches taillées à flanc de montagne qui dessinent le paysage. Nous sommes surpris de trouver une exploitation de sel à cette altitude (3300m) bien loin de marais salants auquel nous sommes habitués.

Développé à l'époque pré-incas, le site a été exploité par les Incas, les conquistadors espagnols jusqu'aux paysans de nos jours. C'est l'eau de pluie qui emporte la roche saline de la montagne jusqu'à ces bassins et qui permet donc cette extraction ! Aujourd'hui, on dénombre quelques 4000 bassins de cristallisation, permettant l'exploitation de 3 types de sel: la fleur de sel, le sel rose de table et le sel médicinal.

Ollantaytambo

Nous rejoignons ensuite le village de Ollantaytambo, lieu des nombreux affrontements de 1537 entre les forces du chef Manco Inca et l’expédition espagnole dirigée par Francisco Pizarro. Ancienne forteresse, constituée de pierres travaillées avec une admirable dextérité, elle servait de poste de surveillance sur la route menant au Machu Picchu.

Malheureusement, le temple n'a jamais été terminé, sa construction ayant été stoppée par la conquête espagnole. De nos jours, nous pouvons observer les vestiges de la forteresse entourée de plusieurs hautes terrasses (cinq donnant sur le ravin et six sur la vallée).

Pisac

Dernière étape de la journée avec la visite de Pisac (signifiant "perdrix" en quechua). Ici, nous sommes impressionnés par la bonne conservation des constructions !

A l’époque Inca, le site avait 3 fonctions: militaire, religieuse et agricole.

Utilisé comme poste de défense de l'entrée Sud de la Vallée Sacrée, le site possède aussi de superbes terrasses, au-dessus de la citadelle, représentent l'aile d'une perdrix. Malheureusement, la conquête espagnole a laissé des traces sur les trésors du site... et de nombreuses tombes de villageois incas ont été retrouvées pillées à l'arrivée des archéologues.

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Jour 1

Départ de notre trek depuis Cabanaconde, joli village perché en haut du Canyon à 3287 mètres d'altitude ! Nous l'avons rejoint la veille, après un long trajet de bus de 180km depuis Arequipa. Encore une fois, nous avons fait le choix de partir en totale autonomie, avec notre tente et notre nourriture sur le dos... la liberté !

Dès notre départ, un curieux chien noir et blanc nous fait la fête et nous saute dans les bras comme s'il nous attendait... À partir de ce moment, il décidera de nous accompagner pendant nos 3 jours de trek, pour notre plus grand bonheur. Nous décidons de le baptiser Mallku, signifiant "condor" en Queshua (en espérant que cela nous porte chance et que nous puissions en apercevoir !).

C'est donc à trois que nous amorçons notre descente vers le cœur du canyon, en passant tout d'abord par les champs de Cabanaconde, nous donnant un point de vue incroyable sur l'immensité du canyon et ses vertigineuses montagnes. Pas de doute, nous sommes face à une véritable merveille de la nature...

Il faut dire qu'avec un dénivelé de plus de 3200 mètres, le canyon de Colca se trouve en deuxième position des canyons les plus profonds au monde derrière son voisin péruvien le Canyon de Cotahuasi (3 535 m) ! Bien moins célèbre que son rival nord-américain, le Grand Canyon, le Colca est pourtant quasiment deux fois plus profond et s'étend sur une centaine de kilomètres...

Nous empruntons un sentier bien tracé mais assez escarpé à flan de montagne. Heureusement, notre chien-guide nous donne le rythme et s'arrête fréquemment pour que nous puissions profiter du paysage (il en profite aussi pour poser sur nos différentes photos) alors que la chaleur devient de plus en plus difficile à supporter ! Par chance, nous aperçevons nos premiers condors, certes très haut dans le ciel, mais cela suffit pour nous satisfaire.

Après une longue descente et 1200m de dénivelé négatif, nous atteignons le bas du canyon. Nous plantons notre tente dans le petit village de Llahuar, juste à côté de bains chauds naturels aménagés le long de la rivière Río del Colca (un des cours d'eau creusant l'impressionnante formation géologique du canyon). Une baignade bienvenue pour récupérer des 18 kilomètres de marche pour ce premier jour alors que Mallku surveille nos sacs !

Jour 2

Encore un départ matinal alors que notre compagnon de route semble très heureux de nous voir sortir de la tente ! Malheureusement, Marion a passé une très mauvaise nuit, et c'est malade qu'elle entame cette journée... qui s'annonce donc encore plus difficile que prévue !

Aujourd’hui, il nous faut parcourir 17 km pour rejoindre notre prochaine étape, l'Oasis de Sangalle ! Nous commençons par une ascension de 8 kilomètres, pour quelques 750m de dénivelé positif.

Sur le chemin, nous passons par de magnifiques petits hameaux, comme Paclla, semblant presque inhabité... Après une dernière partie de montée un peu dangereuse au bord du précipice, nous rejoignons un mirador, marquant le point culminant de notre étape du jour ! Une petite pause s'impose pour nous restaurer et se reposer alors que Marion ne va pas mieux...

A présent, il nous faut tout redescendre... Nous aperçevons l'Oasis en contrebas. Un vrai hameau de verdure perdu au milieu de l'aridité du canyon ! Entre champs de cactus et grands plateaux de terrasses cultivées (appelées « andenes »), les paysages sont toujours incroyables et diversifiés. Au loin, nous observons quelques condors planer au dessus de cette immensité.

Nous sommes soulagés de rejoindre enfin le village de Sangalle après 5h de marche sous un soleil de plomb... même Mallku semble bien fatigué de cette journée. A peine arrivés, nous profitons des plaisirs de l'Oasis en sautant dans une gigantesque piscine... une récompense bien méritée !

En fin d'après-midi, l'orage gronde et la pluie arrive. Nous devons nous mettre à l'abri pour la soirée et Marion tente tant bien que mal de se réchauffer avec ces conditions climatiques fraiches et humides. Il faut pourtant reprendre des forces car le plus dur nous attend demain...

Jour 3

Le réveil sonne à l'aube. L'objectif est de profiter de la fraîcheur du matin pour réaliser l'ascension du jour ! Devant nous se dressent les 1100 mètres de dénivelé nous séparant du haut du Canyon, et du village de Cabanaconde. Aussi, notre chien-guide semble nous avoir abandonné pendant la nuit, sans doute effrayé par l'orage... ou par cette montée vertigineuse !

C'est donc un peu peinés de repartir sans Mallku que nous débutons nos 3 heures 30 de marche intense vers le sommet. Les rayons du soleil levant dévoilent peu à peu la profondeur du canyon et les sommets enneigées environnants.

Les jambes sont fatiguées des efforts de la veille et le poids des sacs commence vraiment à se faire sentir sur nos épaules. Heureusement, les nombreux points de vue permettent de reprendre notre souffle face à de grandioses vues panoramiques sur la vallée.

Au bout de 2h30 d'effort, surprise ! Nous sommes rejoints par notre compagnon de route, qui était visiblement resté à Sangalle et ne nous avait pas vu partir... Nous sommes tellement heureux de revoir notre camarade que la fatigue devient, tout à coup, moins importante. Cela fait du bien car nous arrivons sur les portions de pente les plus raides et l'arrivée est encore bien loin.

Nous arrivons finalement à temps à Cabanaconde pour prendre le bus retour.

Juste le temps de faire nos adieux à notre chien adoptif, qui s'empressera de rejoindre ses congénères, alors que c'est le cœur serré que nous montons dans le bus sans lui pour rentrer à Arequipa...

Sur la route du retour, nous passons à côté du mirador naturel Cruz del Condor. L'occasion d'admirer, d'un peu plus près, l'envergure phénoménal (pouvant atteindre jusqu'à 3,50m) des "rois du ciel". Les condors planent dans la vallée en profitant des courants ascendants, à seulement quelques mètres au-dessus de nos têtes...

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Nous avons eu plus que le temps prévu initialement pour visiter cette belle ville du Sud du Pérou... Et pour cause, nous y sommes restés bloqués 10 jours, suite aux grandes manifestations qui ont paralysé le pays !

Attardons nous un peu sur ces événements, qui sont, d'après les péruviens, historiques ! Tout a commencé quand nous étions encore dans le canyon de Colca : nous comprenons, via la télévision allumée de notre dernier camping, que le président du pays, Pedro Castillo, vient d'être arrêté et mis en prison après avoir essayé de faire un auto-coup d'état... Le scénario est digne d'un film du septième art. En effet, le président a tenté le 7 décembre de dissoudre le congrès de la République, puis a décidé qu'il gouvernerait par décret, entouré d'un gouvernement d'urgence exceptionnel choisi par lui seul. Il annonce même qu'il va réécrire la constitution, ainsi qu'organiser de nouvelles élections anticipées.

Toute la classe politique (même les représentants du parti du président) ainsi que l'armée sont en désaccord avec ces décisions et condamnent vivement cette tentative de coup d'état. Une motion de destitution, qui était en cours d'examen au moment des faits, est alors mise à exécution après votes du Congrès. Le président, sur le chemin de l'ambassade du Mexique, où il compte y demander l'asile politique, se fait arrêter par son propre garde du corps, et est directement envoyé en prison pour "rebellion" et "conspiration". La vice-presidente Dina Boluarte devient alors la première Présidente dans l'histoire du pays.

C'est alors qu'une partie des péruviens demande la libération du président, estimant que cette emprisonnement est contre la démocratie et ignore le droit de choix des Péruviens qui s'étaient exprimés par les urnes.

Une autre partie des péruviens manifeste pour dénoncer la malhonnêteté des politiques, et pour exprimer leur colère et leur dégoût pour les personne étant censées les représenter. D'autres demandent la réécriture de la constitution, la démission de la nouvelle présidente Dina Boluarte ou encore la mise en place d'élections présidentielles anticipées...

Ainsi, le pays s'embrase en quelques jours, en particulier à Lima et dans le sud du pays. Des morts sont à déplorer, les routes sont coupées par des barrages de manifestants, des affrontements éclatent, entre autre autour de Arequipa où nous nous trouvons. Le gouvernement est vite débordé et déclare l'état d'urgence dans les parties du pays les plus touchées, avec couvre feu. Nous sommes concernés et donc confinés à l'auberge tous les soir à 20h. Des ponts et des routes sont endommagés, ce qui empêchent le passage de véhicules, certains restant bloqués plusieurs jours et nuits. La plupart des péruviens que nous avons rencontrés et qui nous parlent de cela sont attristés ou en colère, car d'après eux, ces personnes qui bloquent le pays sont des "terroristes" qui profitent de la situation politique obscure et compliquée pour prendre le pouvoir et participer à l'effondrement économique du pays. Eux veulent travailler et faire cesser ces blocages car ils perdent chaque jour un peu plus d'argent (beaucoup de péruviens ne sont pas en "CDI" mais travaillent au jour le jour, dans le tourisme par exemple).


Malgré tout cela, le centre-ville de Arequipa est resté plutôt calme, ainsi nous avons pu en profiter pour visiter...

Arequipa est surnommée la ville blanche pour trois raisons : car de très nombreux colons, à la peau blanche, ont habité cette ville ; elle est entourée de plusieurs sommets volcaniques enneigés et elle fut construite avec la pierre blanche emblématique de la région, nommée Sillar. Nous sommes allés explorer cette dernière raison en parcourant les routes traversant les carrières de cette fameuse roche volcanique. Elles se transforment parfois en petits canyons datant de plusieurs centaines d'années, comme en témoignent aujourd'hui les nombreux dessins gravés sur la pierre par des peuples pré Incas... Après son extraction, des tailleurs de pierre la transforment parfois en œuvre d'art...

Nous avons découvert le couvent Santa Catalina, le plus grand couvent du monde ! C'est littéralement une petite ville dans la ville. Contrairement au reste de Arequipa, monochrome, ce lieu est très coloré : du rouge, du bleu, du jaune... Nous nous promenons dans les ruelles et pouvons entrer dans les anciennes maisonnettes des religieuses qui vivaient là entre 1579 et 1970. Un lit, une table, un coin cuisine avec parfois un four (elles avaient l'habitude de cuisiner du pain et des gâteaux qu'elle vendaient) composaient le modeste décor de leur habitation. Ce lieu est marqué par les nombreuses catastrophes naturelles qui l'ont détruit à plusieurs reprises : tremblements de terre violents, éruptions volcaniques. A chaque fois, il a été reconstruit par la communauté qui l'habitait.

Nous visitons le Museo Santuarios Andinos, qui regroupe les trésors d'origine incas qui ont été trouvés au sommet de volcans et de montagnes andins, autour de Arequipa, comme le Misti, le Chachani ou encore le Pichu Pichu.

Mais surtout, on peut y découvrir la momie de Juanita, une enfant retrouvée dans les années 90 au sommet d'une montagne, considérée comme un "sanctuaire andin" par les Incas. Elle fut parfaitement conservée, pendant plus de 500 ans, du fait des températures glaciales au sommet. Comme elle, une dizaine de momies d'enfants ont été retrouvées enterrées sur de hauts sommets, entourés d'offrandes (pots en terre cuite, bijoux en métaux précieux, statuettes...). Mais pourquoi sont-ils morts à ces endroits si particuliers, et si jeunes ?

Les Incas croyaient que les catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, éruptions volcaniques, violents orages, coulées de boue par exemple (ils sont fréquents dans cette région), étaient la manifestation de la colère des dieux. En effet, ils vénéraient avant tout la terre mère. Ainsi, à chaque fois qu'ils étaient témoins et victimes d'une catastrophe naturelle, ils faisaient une offrande des plus précieuses aux Dieux pour calmer leur colère... Et quoi de plus précieux et pur qu'un enfant ? C'était un grand honneur d'être choisi, car cela était synonyme d'immortalité. En effet, ils allaient rejoindre les Dieux. Ainsi, ils étaient amenés au sommet des montagnes ou volcans, et après une cérémonie, où ils s'ennivraient avec la chicha (alcool de maïs fermenté), ils étaient sacrifiés d'un coup sur la tête.

La plus souvent, ces lieux de sépultures étaient frappés par la foudre, ce qui était vu comme un remerciement des dieux par les Incas. En réalité, la tombe contenant beaucoup d'objet métalliques, et étant positionnée sur un sommet, la probabilité d'attirer la foudre était grande !

Comme le disent si bien les péruviens aujourd'hui, la mort de Juanita et des autres les ont bel et bien rendus immortels puisqu'ils sont les témoins momifiés du passé et de leur histoire.


La Plaza de Armas est la place principale de la ville. Elle est entourée de très beaux bâtiments, comme la majestueuse Cathédrale de Arequipa. Elle est toujours très vivante, et est parfois le témoin de défilés, policiers par exemple !

Nous profitons aussi d'un quartier historique de la ville, Yanahuara. Son mirador offre une vue magnifique sur le volcan Misti !

Sa picanteria, la plus connue de la ville, nous a permis de découvrir un repas typiquement péruvien ! A l'origine, les picanterias étaient des endroits où on venait boire la chicha, boisson faite à partir de maïs violet. Quelques plats typiques étaient proposés pour accompagner cette boisson... Mais avec le temps, ils ont gagné en importance et sont devenus le principal intérêt de ces lieux si particuliers !

Pour continuer avec la gastronomie péruvienne, nous avons découvert le queso helado. Cette glace (qui ne contient pas de fromage comme son nom le laisserait supposer...), est faite à base de lait concentré, noix de coco et cannelle. Elle est vendue à tous les coins de rue !

Enfin, il est impossible de faire un séjour a Arequipa sans passer dans son marché central effervescent, qui regroupe vendeurs de viande, de fruits et légumes, de fromages et de plats typiques comme le ceviche...

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Nous voilà à Nazca, pour une courte alte d'une journée et une nuit, avant de continuer notre chemin plus au nord !

Ici, nous sommes venus observer les fameuses lignes et formes tracées il y a plus de 1500 ans, par un peuple pré-inca, nommé Nazca, comme la ville où nous nous trouvons. Ce mot signifie "souffrance" dans leur langue, d'après notre guide, car ils se trouvaient au milieu du désert, ainsi leurs conditions de vie étaient difficiles.

Aujourd'hui, on recense plus de 800 lignes, 300 figures géométriques et 70 dessins d'animaux, tels qu'un singe, un colibri, une araignée, un chien, un condor tracés sur le sol sableux et rocailleux du désert.. On peut voir sur nos photos ci-dessous une grenouille, un arbre et un lézard.

Ils ont été mis en lumière dans les années 1940 par le professeur Paul Kosok, mais surtout par Maria Reich, une Allemande qui y a consacré sa vie. Pendant des dizaines d'années, elle a "dépoussiéré" des centaines de kilomètres carrés de désert avec un simple balais pour découvrir des lignes et des figures, sans les abîmer.

Aujourd'hui, elles sont toujours intactes grâce au climat de cette région : il ne pleut que quelques heures par an, sinon le soleil brille chaque jour.

Parmi les figures les plus remarquables, il y a le plus grand calendrier du monde, où chaque point tracé sur le sol correspond exactement au dernier rayon du soleil couchant d'une journée dans l'année.

Les figures géométriques, d'une grande précision ont été tracées avec des piquets de bois et des fils tendus. Elles servaient à communiquer avec les Dieux, lorsque les membres du peuple se déplaçaient à l'intérieur.

Malgré les études et les recherches de Maria, une grande part de mystère subsiste sur leurs significations et formations. Certains parlent même d'interventions extraterrestres...

Petite anecdote : le singe est représenté avec neuf doigts, quatre à une main et cinq à l'autre ... Personne n'a su expliquer pourquoi. Hors, Maria Reich, qui est la seule à avoir dédié sa vie à ces figures, avait aussi cette particularité au moment de sa découverte... Coïncidence ou destin mystique ?

Aux abords de la ville, nous avons découvert un des nombreux cimetières de ce peuple Nazca. Les tombes ont été ouvertes d'abord par des pilleurs (on pouvait y trouver beaucoup de présents en métaux précieux), puis par des archéologues, il y a une trentaine d'années, pour y découvrir des momies. Elles sont maintenant laissées là, dans leurs tombeaux à ciel ouvert, sans qu'aucun scientifique ou archéologue ne s'y intéresse, faute de budget.

C'est donc très impressionnés que nous avons marché au milieu de ces tombes ouvertes.

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A peine le temps de poser nos sacs à dos que nous sommes émerveillés par le spectacle à la fenêtre de notre chambre. Le panorama sur les dunes de sable s'élevant au Sud-Ouest de la ville est incroyable, on se croirait presque en Afrique du Nord...

C'est donc sans attendre que nous nous dirigeons vers l'Oasis de Huacachina, située à seulement quelques kilomètres de la ville, mais perdue au milieu du désert de Ica.

Le nom Huacachina signifie « femme qui pleure » en langue queshua. Selon la légende, Huacachina est le nom d'une princesse mariée à un jeune homme décédé pendant la guerre quelques temps seulement après leur union.

La princesse avait alors trouvé refuge à l’endroit où ils s’étaient rencontrés, au milieu du désert d’Ica, pour pleurer la perte de son bien-aimé. L'Oasis serait née des larmes infinies de la princesse. Aujourd’hui, les habitants des lieux disent qu’il est possible d’entendre des pleurs pendant la nuit...

Nous sautons ensuite dans un buggy pour partir à la découverte du désert d'Ica, et faire le plein de sensations fortes ! Lancés à pleine vitesse au milieu des dunes, notre chauffeur enchaîne les descentes vertigineuses et les virages en dérapage... on aurait presque l'impression d'être dans un manège à sensation !

Puis nous nous arrêtons au sommet d'une impressionnante dune de sable, l'occasion de sortir nos planches en bois pour pratiquer le sport de glisse le plus populaire de la région, le sandboarding !

Après quelques conseils pratiques sur la position à adopter, nous nous élançons pour notre première descente. Allongés sur le ventre et la tête la première, la descente est courte mais la sensation de vitesse est folle ! Nous n'avons qu'une envie, recommencer !

Pendant environ 1 heure, nous nous éclatons à dévaler des pentes toujours plus abruptes les unes que les autres, perdus au milieu de l'immensité du désert... Au fil des descentes, nous maîtrisons de mieux en mieux notre planche, ce qui accentue notre plaisir !

La journée s'achève en beauté par un superbe coucher du soleil au milieu du désert. Le soleil plonge rapidement derrière les dunes de sables, alors que l'horizon passe d'un jaune vif à un orange rosé... Nous sommes vraiment chanceux de pouvoir profiter de ce moment exceptionnel, assurément l'un des plus beaux coucher de soleil de notre périple au Pérou (pour le moment...) !

Retour en buggy à Huacachina en dévalant des dunes qui semblent avoir changé de couleurs... Nous profitons du climat apaisant de l'Oasis pour manger une bonne pizza avant de prendre une moto-taxi pour renter à Ica !

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Suite à un court trajet de bus d'environ 1h30 depuis Ica, nous atteignons enfin la côte pacifique Nord du Pérou. Quel plaisir pour nous de revoir l'océan après plusieurs mois en haute altitude !

Nous arrivons dans la ville portuaire de Paracas, parfait point de départ pour visiter la réserve nationale du même nom. Après avoir trouvé une auberge de jeunesse pour les prochains jours, nous nous empressons d'aller déguster un ceviche, un chicharon de pescado (morceaux de poissons panés et fris), et des conchas farcies à la tomate et aux oignons (petites coquilles Saint Jacques) avant de rejoindre la plage, en passant par la promenade el Chaco !

Le lendemain, c'est à vélo que nous décidons de partir à la découverte de la réserve nationale de Paracas. Cette grande péninsule désertique de 335 000 hectares est un site protégé depuis 1975 pour la conservation de son écosystème marin, très riche dû à la très grande quantité de planctons, élément nécessaire à l’alimentation de nombreuses espèces de poissons.

Les 10 premiers kilomètres ne sont pas sans nous rappeler notre périple à vélo dans le désert d'Atacama, au Chili. On se croirait sur la lune, le paysage étant essentiellement composé de dunes et de formations rocheuses... et il fait déjà très chaud !

Trois kilomètres plus loin, la chaîne de Guillaume se casse ! Plus moyen d'avancer et aucun moyen de joindre l'agence de location... il va falloir trouver une solution en plein désert alors que nous n'avons croisé personne depuis notre départ.

Marion part donc en direction de la plage la plus proche dans l'espoir de trouver assistance. Miracle, elle tombe sur un couple de péruvien de Lima, Wilder et Margarita, venus passer les fêtes de Noël sur la côte ! Il vont chercher Guillaume en voiture, monte son vélo sur le toit et nous ramène à l'agence de location pour changer de monture. Ils nous achètent même des boissons avant de nous ramener à la plage où Marion avait laissé son vélo... Avoir la chance de tomber sur un couple aussi bienveillant un 24 Décembre, cela ressemble bien à un cadeau de Noël !

C'est donc avec pas mal de retard, mais avec 2 VTT fonctionnels, que nous repartons direction la "Cathédrale". Malheureusement, l'arche qui donnait son nom à cette formation rocheuse dans l’océan a été détruite lors du tremblement de terre de Pisco en 2007, dont la magnitude a atteint 8,0 sur l’échelle de Richter...

Après un passage par la belle plage de Yumaque puis par le Mirador Lagunillas (offrant une très belle vue panoramique), nous longeons la partie Sud de la péninsule jusqu'à atteindre la très photogénique Playa Roja. Ses falaises rocheuses de couleur ocre, son sable rouge (dû à la forte concentration de roche volcanique) et l'écume blanche des vagues de l’océan nous offrent un tableau plein de contrastes !

Environ 6 kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à la plage El Raspón, petite crique tranquille avec son eau turquoise et son sable fin. C'est entourés de mouettes et de lézards aussi insistants que gourmands, que nous déjeunons avant de tenter de nous baigner... Mais l'eau bien fraîche du Pacifique calme vite nos ardeurs.

Quelques mètres plus loin, la Playa la Mina, bien que plus fréquentée, est aussi sublime. Les formations sableuses de la plage voisine laissent place à une crique rocheuse noire, encore marquée par l'ancienne activité minière (extraction de charbon).

Un bon vent de face nous accompagne pour notre retour vers Parcas mais nous arrivons à l'heure pour fêter le réveillon de Noël avec les propriétaires de notre auberge, qui nous ont très gentiment invités à partager ce moment avec eux ! Au menu, la traditionnelle dinde de Noël accompagnée de compote de pommes, de pommes de terres vapeurs et de navets confits. Un mélange étonnant mais c'est finalement très bon, surtout accompagné d'un peu de vin péruvien ! Pour le dessert, le paneton (marquant l'influence italienne en Amérique du Sud) et le gâteau de Noël sont les 2 incontournables ! A minuit, tout le monde sort dans la rue pour profiter des feux d'artifices, tirés de manière plutôt désordonnée dans toute la ville...

Le lendemain, jour de Noël, nous décidons de partir vers la ville voisine de Pisco. C'est surtout l'occasion de manger dans un bon restaurant pour fêter ce jour particulier, et c'est ainsi que nous nous rendons dans une des institutions de la ville : "La viña de Huber". Coup de chance, il reste une table de libre à notre arrivée (on se rendra vite compte que nous avons été chanceux vu la file d'attente qui se forme peu à peu devant le restaurant) et nous nous installons pour déguster de succulentes conchitas a la parmesana (coquilles Saint-Jacques gratinée au parmesan) et un superbe ceviche mixto (ceviche de poissons et coquillages).

Après une balade digestive sur la plage animée de Pisco, où les mouettes et les pélicans trônent fièrement sur les nombreux bateaux, nous retournons vers Paracas pour la nuit.

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Nous arrivons à Lima accompagnés de Wilder et Margarita, rencontrés à Paracas, le 24 décembre ! Ils ont insisté pour nous y conduire eux-mêmes et ça nous fait plaisir ! Nous décidons de découvrir cette ville en une journée seulement... Elle sera donc dense ! Nous commençons tôt, par le quartier de Barranco, ancienne station balnéaire prisée des riches liméniens qui venaient s'y reposer, à l'écart de l'agitation de la ville, dans leurs grandes maisons appelées Casonas. Certaines sont aujourd'hui laissées à l'abandon et d'autres sont rénovées pour en faire de luxueux hôtels ou restaurants.

Ce quartier est connu pour son street art élégant et coloré !

Sur notre chemin, un café aux fortes influences françaises, nous régale les yeux, le nez et les papilles... Nous avons (l'immense) plaisir de déguster de très bons pains aux chocolats !!! Après trois mois de voyage sans en manger, nous sommes ravis !

Le fameux pont des soupirs enjambe la belle avenue piétonne menant jusqu'à l'océan Pacifique, délimitée par les fameuses Casonas.

Nous longeons ensuite la côte par la promenade aménagée nommée "Malecon" pour rejoindre le quartier Miraflores, en traversant le bien connu Parc des Amours, avec sa fameuse statut "El Beso" (Le bisou).

En plein coeur de Miraflores, se trouve des restes d'un site précolombien, datant du 14e siècle. C'est étonnant de trouver cette pyramide entourée de résidences, cliniques, restaurants... Plusieurs civilisations se succédèrent, pour y pratiquer des cérémonies religieuses et sacrificielles. Le dernière fut la civilisation inca.

Il est maintenant temps pour nous de déjeuner, et nous nous rendons donc dans une cevicheria très appréciée des habitants de la capitale, nommée Barra Chalaca. Le ceviche de poissons et crustacés frais, réalisé sous nos yeux, est un délice, accompagné de sa limonade de la maison !

La Plaza de Armas de Lima, place centrale de la capitale, est entourée de bâtiments imposants : le Palais Présidentiel, la cathédrale de Lima et le Palais Municipal.

Au marché central, on trouve de tout : les habituels fruits, légumes, viande, épices, mais aussi beaucoup de stands vendant des abats, du poisson...

Le quartier chinois est une expérience en soit : ça grouille de partout, les vendeurs de rue proposent des produits alimentaires exotiques, de l'encens, ou des services de traitements en direct, basé sur le signe chinois de la personne... Les restaurants de chifa, fusion de cuisine chinoise et péruvienne se succèdent.

Un peu plus loin, nous allons goûter aux fameux churros du quartier San Francisco... C'est une sorte de beignet frit, fourré au chocolat ou à la crème pâtissière... Verdict : un délice !!!

En nous promenant dans la ville, nous pouvons encore sentir les tensions dues à la situation politique et aux manifestations, même si une trêve a été décrétée...

Nous terminons cette journée par un moment de féérie, en allant decouvrir le "Circuit magique d'eau", situé au coeur de la ville... L'esprit de Noël est partout dans cet endroit où nous retombons en enfance !

Cette ville colorée, gastronomique, animée nous a permis de passer une très bonne journée, culturelle et très gourmande !

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Nous décidons pour cette étape sportive de combiner deux treks : celui de la Laguna 69 et celui du Santa Cruz, pour partir 4 jours et 3 nuits, en autonomie avec nos vivres et notre tente ! Nous allons donc parcourir environ 80 kilomètres à pied, au cœur de la Cordillère Blanche. Celle-ci abrite les plus hautes montagnes tropicales du monde... Cela promet d'être encore une expérience incroyable !

Jour 1

Nous débutons ce premier jour, en quittant la ville de Huaraz, où nous nous sommes un peu acclimatés à l'altitude, pour Yungay. De là, nous trouvons un colectivo pour nous conduire jusqu'au départ de la randonnée qui nous mènera à la Laguna 69. Elle se nomme ainsi car, lorsqu'il a fallu référencer toutes les lagunes du Parc National Huascaran, celles qui n'avaient pas déjà été baptisées ont reçu un numéro selon leur ordre de référencement. La marche débute sous le soleil, à 3850 mètres d'altitude. Nous réalisons la montée jusqu'à la lagune dans un décor montagneux très beau, entourés de ruisseaux, de vaches, de petits lacs et de grandes cascades.

Après 3 heures de marche, et 750 mètres de dénivelé positif, nous atteignons un coin de paradis... La lagune est d'un bleu turquoise vif. Les couleurs des montagnes environnantes, oscillant du blanc au gris foncé, créent un contraste si fort avec l'eau que cela paraît irréel... C'est un tableau parfait devant lequel nous pouvons déjeuner !

Le retour, par le même chemin, est bien plus rapide... Ainsi, en début d'après-midi nous pouvons attraper un colectivo au bord de la route pour nous amener dans un nouveau village, nommé Vaqueria, d'où commence le trek du Santa Cruz. Le but maintenant est de trouver un endroit pour poser notre tente... Quand nous arrivons dans le petit village perdu de Collo, après quelques kilomètres de marche, nous sommes abordés par une vieille dame qui nous propose de passer la nuit dans son jardin. Bingo, c'est là où nous ferons notre première halte. Elle s'appelle Maria, et nous rencontrons son mari, son fils, sa belle-fille et sa petite-fille qui vivent avec elle. Les grands-parents sont d'anciens agriculteurs et ont une vie très modeste. Leurs lavabo, toilettes et douche sont au fond du jardin et leur pièce de vie est rudimentaire. Ils sont très sympathiques, et nous passons une bonne partie de la soirée à discuter. Ils ont beaucoup de questions sur la vie en France et notre vision du Pérou ! Nous en profitons pour apprendre de nouveaux mots en Queshua, langue qu'ils parlent plus que l'espagnol et la petite-fille, qui veut apprendre le français, consigne méticuleusement chaque mot que nous lui partageons dans un petit carnet. Elle veut devenir ingénieur système, un peu comme Marion et voyager en France...

Jour 2

Au lever du soleil, nous repartons, sous un peu de pluie pour débuter nos trois jours de marche dans la Parc National Huascaran. Celui-ci s'étend sur plus de 3400 kilomètres carrés, est classé comme patrimoine naturel mondial de l'UNESCO et recouvre 140 km de la Cordillère Blanche. La première journée de randonnée est constituée essentiellement de montées, pour passer de 3500 mètres d'altitude à 4200 mètres. Nous marchons à travers la nature verdoyante, croisons des vaches, des chevaux, des mules, ou encore des lamas.

Le "crachin breton" ne nous quitte pas de la journée, jusqu'à ce que nous installions notre tente, au milieu des sommets montagneux.

Le ciel est si menaçant que nous nous activons pour cuisiner nos pâtes dehors avant le déluge... Nous n'avons pas le temps de finir notre cuisine, qu'une très grosse averse de grêle nous surprend... En quelques minutes le sol passe du vert au blanc !

Ce n'est malheureusement que le début des intempéries : pendant plus de 5 heures, nous subissons la pluie, la neige, les grêlons, le vent et surtout l'orage, dans l'abris précaire que constitue notre tente, avec une intensité qui fait froid dans le dos... Seuls, au milieu des montagnes, nous n'en menons pas large ! Heureusement, nous pourrons passer le reste de la nuit sous une météo plus tranquille, relativement au sec par rapport à ce que notre abris a subi !

Jour 3

Le lendemain matin, c'est fatigués par la nuit tumultueuse mais contents d'avancer que nous reprenons le chemin des sommets. Au programme, 20 kilomètres de marche, pour monter au point culminant de notre trek puis redescendre dans la vallée de l'autre côté de la montagne. Le paysage a blanchi depuis hier, il a beaucoup neigé cette nuit ! Nous débutons la journée dans un brouillard opaque... Mais très vite, la vue sur le paysage environnant se dégage, et les nuages stagnant donne une note mystique à ce qui se trouve sous nos yeux... On dirait que les montagnes flottent tout autour de nous !

Notre chemin passe par de petites lagunes, qui reflètent les sommets et le spectacle est incroyable !

Les dernières centaines de mètres de montée sont très rudes, sur un chemin compliqué, où se sont déposés plusieurs centimètres de neige fraîche.

Après un effort physique considérable, toujours flanqués de nos gros sacs à dos, avec la difficulté supplémentaire de l'altitude, nous atteignons enfin le Punta Union, à 4750 mètres d'altitude ! Au loin, une petite lagune au bleu éclatant nous offre une belle récompense !

Il est maintenant temps de redescendre... Nous remarquons quelques chose d'étrange depuis plusieurs kilomètres... Dans la neige immaculée, des traces, ressemblant à des pattes de chien, atteignent le sommet puis redescendent vers la vallée. Mais c'est impossible de trouver un chien ici, la première habitation se trouvant à 30km, le parc étant interdit aux chiens et cet environnement étant si hostile ! À peine le temps de se faire ces réflexions, que nous voyons apparaître un chien derrière nous (on ne sait vraiment pas d'où il est sorti !!). Il est très amaigri, alors nous sortons nos barres de céréales et partageons notre petit déjeuner avec lui ! Nous le baptisons Dobby et il continuera sa route avec nous !

Nous effectuons la descente sur un sol rendu glissant par la neige et l'eau du ruisseau, avant d'atteindre la vallée, qui nous offre un terrain plus praticable. Parfois, le brouillard se dégage pour nous laisser apercevoir les sommets qui nous entourent, tous plus impressionnants les uns que les autres !

Les passages parmi les troupeaux de vaches et de taureaux deviennent périlleux, car le chien qui nous accompagne attire leur attention et certains chargent même notre petit groupe !! Nous restons donc très prudents pour éviter un coup de corne, mais surtout Dobby les attirent assez loin pour que nous soyons à l'abri ! En fin d'après-midi, une pluie forte commence à tomber. Quand nous atteignons le point de camping de la deuxième nuit, nous avons le plaisir de trouver une cabane en pierre, dont une petite partie du toit est encore présente... Cela permet de nous abriter, le temps que la pluie passe... Après plusieurs heures dans le froid, nous nous rendons à l'évidence : notre réveillon du 31 décembre se fera sous la pluie, dans le froid avec une boîte de thon et du riz... Nous n'avons pas vraiment le cœur à la fête mais la compagnie de notre chien Dobby nous donne du baume au cœur !

Il est temps de monter notre tente déjà bien humide de la veille. On espère qu'elle résistera au terrain détrempé et aux averses de cette nuit pour nous maintenir relativement au sec !!!

À la nuit tombée, notre compagnon à quatre pattes, qui dormait paisiblement depuis notre arrivée, commence à s'agiter, aboyer comme s'il marquait son territoire sur quelques mètres tout autour de notre tente... Nous ne pouvons pas croire qu'après quelques heures seulement en notre compagnie, il va nous protéger... Et pourtant, toute la nuit il montera ainsi la garde, sans répis, c'est incroyable ! Cela nous rassure aussi car nous sommes seuls dans cet immense parc, peuplé de pumas, condors, ours...

Jour 4

Lorsque le jour du 1er janvier se lève, nous repartons pour la dernière ligne droite : 13 kilomètres de descente abrupte nous séparent du village d'arrivée, qui se trouve à une altitude plus basse de 1100 mètres. Nous longeons la rivière, sous une fine pluie et toujours entourés de beaux paysages montagneux.

Nos corps sont fatigués par les efforts successifs et les courtes nuits mais la motivation d'arriver à destination nous donne l'énergie nécessaire pour avancer à un bon rythme !

En fin de matinée, nous atteignons Cachapampa !! Après 3 jours sans croiser aucune personne, nous sommes accueillis par les habitants de ce tout petit village ! La mamie qui tient la petite "tienda" (boutique) est très gentille avec nous et nous explique qu'il n'y a pas eu de randonneurs depuis des jours... À croire que nous sommes les seuls fous à nous lancer dans cette aventure pendant la saison des pluies... La scène qui s'offre à nous est très cocasse : les habitants du village, à l'exception de la mamie et du chauffeur du bus qui nous ramènera dans une ville plus grande sont complètement ivres ! Ici, on fête bien le nouvel an !!! Après avoir nourri une dernière fois notre chien d'adoption, il est temps de lui dire au-revoir...

Ce fut encore une belle épreuve vécue à trois, remplie de moments compliqués et aussi de magnifiques découvertes !!! Encore une fois, la nature nous a rappelé à quel point nous sommes minuscules face à sa force et sa beauté !

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Après notre trek mouvementé à travers les hauts sommets de la Cordillère Blanche, nous quittons les hauteurs de Huaraz direction Trujillo. En guise de récompense, nous nous accordons une petite folie pour les 2 prochaines nuits : une chambre d'hôtel avec spa ! Nous ne boudons pas notre plaisir de retrouver du confort après 3 mois de voyage intense, en enchaînant les nuits en auberge !

Nous consacrons notre première matinée à la visite du centre-ville, avec ses bâtiments coloniaux et ses nombreux édifices religieux. Celui-ci ne manque pas de charme ! Nous découvrons ensuite la célèbre et colorée Plaza des Armas avec son imposant monument à la liberté.

Nous avons surtout la chance de passer un très bon moment avec des locaux, en partageant le goûter avec une partie de la famille d'une maman d'élève (d'origine péruvienne donc) de l'école qui suit notre voyage. C'est encore une excellente rencontre autour d'un verre d'Inka Cola, la boisson incontournable du Pérou.

En soirée, Giselle et Kevin, chez qui nous avons été invité, nous font découvrir le parc Moche, où il est possible d'observer des copies de statues issues de la civilisation du même nom (culture pré-incaïque). Un art qui aime manifestement mettre en avant une partie de l'anatomie masculine...

Le lendemain, nous plongeons un peu plus encore dans la culture Moche avec la visite de la pyramide Huaca de la Luna, considérée comme le plus important lieu de culte Moche, témoin de cérémonies sacrificielles humaines. De nombreuses fresques mythologiques colorées ornent les murs de ce temple relativement bien préservé. La construction de ce curieux édifice dura en tout plus de 600 ans : à chaque génération et à chaque époque, les dirigeants le réaménageaient, l’étendaient, le modifiaient. C’est donc par étape que les archéologues mettent à jour (encore aujourd'hui) les différentes phases et découvrent petit à petit les héritages de cette ancienne civilisation.

Pour le déjeuner, nous nous rendons dans un des restaurants les plus connus de la ville afin de déguster l'une des spécialité gastronomique du Pérou, le Cuy (le cochon d'Inde) ! La viande est bonne et ressemble un peu à du lapin, mais la quantité est assez réduite comparé à la taille de la bête... Finalement nous préférons les accompagnements et la sauce !

Impossible de passer par Trujillo sans consacrer un peu de notre temps à la visite de Chan Chan, une imposante citadelle en brique crue, déclarée patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO. Avec une étendue de 20 km², Chan Chan fut la capitale du royaume Chimú et compta, à son apogée, jusqu’à 30 000 habitants. C’est le plus grand site archéologique pré-colombien connu à ce jour.

Nous nous promenons dans cette ville d'argile semblable à une forteresse avec ses murs périphériques de plus de 12 mètres de haut !

Sur les parois, les gravures décoratives représentent principalement des animaux marins (poissons, pélicans, etc.) signe de la proximité de l’océan Pacifique.

À notre arrivée à Huanchaco, ville côtière voisine de Trujillo, nous nous laissons évidemment tenter par un gros ceviche au bord de l'océan !

Sur la plage sont disposées des dizaines de petites pirogues typiques de la ville, appelées "caballitos de totora" (petits chevaux de roseau). Cette embarcation rudimentaire, fabriquée depuis environ 5000 ans, est constituée de tiges et de feuilles de scirpus. Cette pirogue était conçue autrefois pour la pêche, mais aujourd'hui sa fonction est plus sportive car elle est utilisée comme un surf.

C'est reconnaissants envers Giselle, Kévin, Leandro et Sebastian pour leur hospitalité et enchantés par notre superbe soirée avec Pedro, Denisse et le petit Carlos que nous prenons le bus vers Mancorà, direction le Nord du Pérou !

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La dernière étape de notre périple au Pérou sera donc Mancora, célèbre station balnéaire située sur la côte Nord du pays. Loin de l'agitation de Trujillo, nous comprenons rapidement que les 3 prochains jours rimerons avec soleil, chaleur, palmiers, plage et... surf, pas question de rater l'occasion de nous confronter aux vagues d'un des spots les plus célèbres du pays !

C'est la première fois depuis le début de notre voyage que nous nous sentons autant en vacances, et pour cause, les vacances scolaires viennent de commencer au Pérou. La ville est complètement tournée vers le tourisme et les hôtels, restaurants et boutiques de souvenirs se succèdent le long de l'avenue principale, rythmée par le va et vient des innombrables tuc-tucs. Mais étonnement, cette ambiance nous convient bien et malgré le monde, il est facile de se retrouver quasi seuls sur la plage pour déguster notre pêché mignon quotidien... une délicieuse coupe de fruits frais (mangues et pastèques) !

Notre première session de surf est un régal ! Attentifs aux conseils et bien soutenus par notre prof David, nous nous levons fièrement sur nos longboards, poussés par les belles vagues du Pacifique. Ce fut une bonne séance matinale de 1h30 avec des sensations de glisse incroyables ! C'est un peu émoussés mais heureux que nous rejoignons notre auberge pour prendre un petit-déjeuner en forme de récompense. Nous profitons de la marée descendante pour passer par la plage (inaccessible à marée haute).

Guillaume décide de repartir pour une deuxième session dans l'après-midi mais celle-ci sera de courte durée. Les vagues sont plus puissantes que le matin et après s'être fait une belle frayeur, en étant emporté vers le fond par une machine à laver grandeur nature, se poser sur la sable pour profiter du soleil semble vraiment la meilleure option !

La nouvelle session le lendemain matin s'annonce mouvementée alors que nous avons énormément de difficultés pour rejoindre à pied le Surf Point en passant par la plage, normalement accessible à cette heure. Les vagues arrivent à bonne fréquence et la force de l'eau nous oblige à finir le chemin avec de l'eau jusqu'aux hanches.

C'est confirmé, l'océan est déchaîné aujourd'hui ! Les vagues sont de plus en plus hautes et puissantes, et après s'être retrouvée dans un méchant rouleau Marion jette l'éponge pour ce matin. Guillaume a toutes les peines du monde à surfer 4 vagues en plus d'une heure... Les réceptions sur la côte rocheuse sont douloureuses et deviennent de plus en plus périlleuses avec de telles vagues, pour des débutants comme nous. Nous rangeons nos planches un peu déçus mais la sécurité doit primer...

Ces conditions vont s'intensifier au cours de la journée avec des vagues de plus en plus impressionnantes. Elles viennent s'écraser sur les murs des bâtiments en bord de plage dans un fracas impressionnant et l'océan commence doucement à "rentrer dans la ville" alors que certaines rues se retrouvent inondées... Les locaux nous confirment qu'ils n'ont pas vu ce phénomène depuis des mois et qu'il devrait empirer dans les prochains jours !

Cela interroge sur l'avenir de cette ville vis-à-vis de la montée des eaux alors que plusieurs établissements, donnant directement sur la plage, sont déjà abandonnés, victimes de la puissance de l'océan.


En fin d'après-midi, nous montons vers le phare surplombant Mancora. L'occasion de prendre un peu de hauteur pour admirer le coucher de soleil.

Le panorama sur la ville en contrebas ne fait que renforcer notre sentiment que les constructions sont bien vulnérables face à la puissance des vagues ! Il est même difficile de distinguer la limite entre la ville et l'océan...

Les sessions de surf auront quand même laissé quelques traces et c'est avec un doigt de pied bien abîmé, un poignet douloureux et un petit coquard que Guillaume repart du Pérou !

Mais surtout, c'est avec la tête remplie de belles images que nous quittons ce pays si beau et intense !

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Nous atteignons la frontière entre le Pérou et l'Equateur vers 2h30 du matin. Le passage d'un pays à l'autre est plutôt facile et à 3h00, nous posons un pied sur le sol Équatorien ! Nous partons donc à la découverte d'un nouveau pays, signe que notre voyage avance inexorablement...

Pour notre première étape en Équateur, nous avons décidé de rejoindre Cuenca, considérée comme la plus belle ville du pays de part sa grande richesse architecturale, culturelle et artisanale. Effectivement, nous tomberons vite sous son charme et celui de ses innombrables monuments religieux.

Après 3 mois passés au cœur de la culture Inca, entre la Bolivie et le Pérou, nous notons un changement d'environnement culturel. Aussi, nous sommes très agréablement surpris par la propreté de la ville et ses infrastructures modernes. Malgré un temps capricieux, c'est un plaisir de se promener dans les rues pavées du centre historique au détour desquelles nous tombons au choix sur une église, une place aux fleurs, une exposition photos ou un marché... Cette ville nous offre aussi le (grand) plaisir de retrouver des boulangeries, à tous les coins de rues ! Ça sent bon et les viennoiseries en vitrines donnent l'eau à la bouche...

C'est en rejoignant la grande place Abdón Calderón que nous avons la chance d'admirer le trésor de la ville, la grandiose cathédrale de l'Immaculée Conception ! Son architecture mélangeant les styles gothique, baroque et néo-roman donne un résultat étonnement harmonieux. La construction de l'édifice aura durée plus de 100 ans (1885-1975) se confrontant à plusieurs problèmes structuraux... En effet, les fondations, sous-dimensionnées, ne pouvaient pas supporter la charge des dômes du projet initial, qui ont donc été considérablement réduits. Aussi, les deux immenses tours principales de la Cathédrale ont été tronquées pour les mêmes raisons... Des erreurs nous rappelant que faire appel à un bon ingénieur structure est important !

Les nuages menaçants ne nous découragent pas et c'est sans hésiter que nous grimpons les 143 marches nous permettant d'atteindre la toiture-terrasse de la Cathédrale. Nous nous retrouvons au plus près de ses 3 superbes coupoles, recouvertes de carreaux émaillés bleus et blancs. De plus, c'est une belle occasion de scruter l'étendue de la ville, bordée de toutes parts par de belles montagnes verdoyantes.

La ville de Cuenca, c'est aussi une forte tradition artisanale, dont le chapeau Panama en est la meilleure illustration. Bien qu'un musée soit dédié à ce célèbre chapeau, nous choisissons de nous rendre directement dans l'atelier d'un des artisans les plus réputée dans ce domaine, à savoir la fabrique Homero Ortega. Nous ne regrettons pas notre choix puisque nous avons des explications sur l'ensemble du procédé de fabrication, de la plante initiale jusqu'au produit fini. De plus, nous pouvons observer toutes les étapes de realisation: tissage, séchage, coloration, mise en forme... Selon la finesse donnée à la feuille de palmier nommée paja toquilla, la confection d'un chapeau peut aller de plusieurs semaines à plusieurs mois !

Nous passons ensuite par la boutique, où sont exposés des Panamas aux formes et couleurs diverses et variées, pour une petite séance essayage (malheureusement, il nous est impossible de nous procurer un de ces bijoux avec nos conditions de vie de backpackers, nous risquerions de les abîmer...). Grâce à la gentille vendeuse qui nous accompagne, nous avons la chance d'essayer des pièces uniques vendues à plus de 2500$ !

La journée se termine avec la visite du musée Pumapungo, où nous plongeant totalement dans la culture Équatorienne. Costumes et instruments traditionnels, artisanats et têtes réduites d'Amazonie peuvent notamment être observés dans ce musée retraçant la riche histoire du pays, des civilisations pré-colombiennes à nos jours.

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Nous voilà maintenant à Baños, à sept heures de bus au nord de Cuenca ! Nous allons y rester deux jours, le temps de visiter les alentours.

La première journée commence par une randonnée qui nous fait prendre de la hauteur. Elle est teintée de tristesse, de recueillement et de souvenirs suite au décès de la mamie de Marion. Notre première étape, le Mirador de la Vierge, qui surplombe la ville, est l'endroit que nous choisissons pour déposer des fleurs et allumer une bougie en sa mémoire.

Nous continuons notre montée, au cœur de la forêt luxuriante et des champs d'arbres fruitiers. Au total nous montons de 800 mètres, en 4 km, ce qui fait chauffer les jambes, mais surtout donne rapidement une vue imprenable sur la petite ville et les montagnes environnantes !

Sur notre chemin, des balançoires sont installées pour nous donner l'illusion de s'envoler dans le vide... C'est impressionnant !

Nous atteignons finalement notre dernière étape : la Casa del Arbol. De ce petit parc arboré, nous avons une vue incomparable sur le volcan qui surplombe Baños, le Tunguhuara.

C'est un volcan actif dont les habitants se méfient beaucoup... En effet, il est entré dans une phase active depuis 1999 et des éruptions volcaniques, avec nuées ardentes et coulées de lave peuvent se déclencher à tout instant, comme ce fut le cas en 1999, 2006 et 2010.

Nous avons la chance de rencontrer un héros du quotidien : Carlos Sanchez. A 81 ans, de sa petite cabane, c'est le gardien du volcan ! C'est lui qui est chargé de contrôler le bon fonctionnement du matériel de transmission de l'activité volcanique, installé dans le parc. Il a pris ses fonctions en 1999 et ne les a plus quittées depuis ! Lorsque le volcan entre en éruption, et que la population est évacuée, lui reste dans sa cabane, avec pour seule compagnie ses talkie-walkies, ses masques à gaz et son casque, pour assurer le bon fonctionnement du matériel. Il récolte des informations importantes de son poste d'observation et des poussières et pierres volcaniques qui sont ensuite transmises aux laboratoires d'analyses. Pour se protéger des projections, un creux dans le tronc d'un arbre du parc constitue son unique bouclier. Quand nous lui demandons pourquoi il fait cela depuis tant d'années et s'il a peur, il nous répond simplement qu'il a un pacte avec Dieu, il aide à protéger les populations et Dieu le protège en retour... Pour donner une idée de la portée de son action, en 1999, 25000 personnes ont été évacuées et sauvées lors d'une violente éruption volcanique.

Le lendemain nous louons des vélos pour aller voir un échantillon des nombreuses cascades se trouvant à l'est de la ville. Nous longeons ainsi le Rio Pastaza sur 20 km, pour profiter des petites et des grandes chutes d'eau venant des montagnes qui nous entourent.

La cascade del Manto de la Novia (voile de la mariée) est une de plus impressionnante. On peut y accéder par un pont suspendu, qui surplombe la rivière.

De l'autre côté, nous trouvons une petite cabane, habitée par Patricia, une petite dame très joviale ! Nous restons finalement prendre le café qu'elle vend, et nous avons le plaisir d'être accompagnés par Patricia et son ami Joël pour le petit déjeuner ! Alors que nous souhaitons reprendre la route rapidement, nous restons finalement plus de 2 heures en leur compagnie sans nous en rendre compte ! Les discussions sont animées et les rires fusent. Ils nous racontent leurs vies, isolées de tout. Patricia vit du tourisme, seule dans sa cabane, au milieu de la forêt, au pied de la montagne. Elle n'est pas toujours rassurée la nuit, quand il pleut fort et que cela crée des éboulements. Joël vit de l'élevage de truite, plus haut. Il nous raconte que lors de la pandémie, ils étaient complètement isolés, sans assistance et survivaient en mangeant les truites destinées à la vente et en chassant les animaux de la forêt...

Nous avons aussi appris de nombreuses histoires Équatorienne très intrigantes grâce à eux...

Une d'entre elles, concerne les ancêtres originels des Équatoriens, des forces de la nature mesurant 2,50 mètres, très musclées, à la peau bronzée ! Les derniers de cette lignée vivent dans les profondeurs de la forêt Amazonienne. Les Équatoriens font appellent à eux lorsque la situation du pays est désastreuse et qu'ils sont en désaccord avec les politiques, et c'est à cette seule occasion qu'ils sortent de leur forêt. Patricia nous explique qu'ils sont craints car peu civilisés et peuvent tuer quiconque les dérange avec comme seule arme leurs mains. S'ils apparaissent, les politiques trouvent dans les instants suivants des compromis et des solutions pour contenter les populations !

Une autre des histoires incroyables qui nous sont contées concerne un trésor qui se trouverait dans une grotte, à quelques kilomètres de la cabane... En effet, lorsque les colons débarquèrent en Équateur, le grand général inca Rumiñahui, cacha les trésors des empereurs incas. Ce qui serait, d'après les rumeurs, le plus grand trésor inca caché à ce jour, est connu sous le nom de Llanganatis. Les histoires transmises oralement racontent qu'il se trouverait dans une profonde cavité de la région. Ainsi, des curieux s'y seraient aventurés mais ils auraient tous disparus avant de pouvoir livrer les secrets de ce qu'ils avaient decouvert... Le mystère reste donc entier...

Après cette longue pause hors du temps, digne d'un conte de Perrault, nous continuons notre route vers la plus haute cascade du parcours nommée El Pailón del Diablo.

Elle mesure 80 mètres et les parcours aménagés permettent de la contempler de près !

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En seulement 2h de bus, nous passons de Baños, et de sa forêt verdoyante, aux sommets Andins enneigés de Latacunga. La proximité géographique entre ces écosystèmes très différents confirme bien la véracité d'un dicton national disant: "En Équateur, on peut prendre le petit-déjeuner à la plage, le déjeuner à la montagne et le dîner dans la forêt Amazonienne !"

Située au cœur du parc national du Cotopaxi, la ville de Latacunga constitue un point de départ idéal pour découvrir les merveilles de ce dernier. Pour notre première journée, nous nous rendons au sommet du volcan Quilotoa pour admirer la magnifique lagune (du même nom) nichée au cœur du cratère éteint à 3914m au-dessus du niveau de la mer. Le bus nous dépose a l'entrée du petit village se trouvant au pied du sommet. Après quelques minutes de marche, nous atteignons la crête du cratère, avec un incroyable point de vue sur l'ensemble de la lagune ! Avec le temps très nuageux, la couleur de l'eau oscille entre le vert et le bleu.

Nous entreprenons de réaliser les 5 heures de randonnée sur les crêtes du cratère afin d'en faire le tour. Entreprise malheureusement vite freinée par le temps... Jusqu'ici menaçant, le ciel commence à gronder et nous nous retrouvons rapidement au cœur d'un violent orage ! Vulnérables sur ces hauteurs, nous avons juste le temps de trouver un abri de fortune pour nous protéger de la pluie battante que les grêlons font leur apparition. Nous faisons la connaissance d'un autre randonneur, Chris, un pilote de ligne polonais, lui aussi piégé par l'orage. Nous profitons d'une accalmie pour rebrousser chemin tous les 3, vite rejoints par deux curieux (et gourmands) chiens aux allures de renards. Encore une fois, c'est un moment d'échanges très enrichissants, avec des discussions autour de la situation géopolitique européenne et inévitablement de la guerre en Ukraine...

Nous prenons le temps de profiter encore un peu du superbe panorama sur la laguna avant de reprendre un bus retour. En milieu d'après-midi, les nuages se dispersent et c'est sous quelques timides rayons de soleil que nous nous baladons dans les rues de Latacunga oú quelques peintures murales colorées contrastent avec la blancheur des édifices religieux.

Le volcan Cotopaxi, surplombant la ville, est un géant semblant presque avoir été "deposé" au beau milieu des plaines du parc portant son nom. Avec ses 5897m d'altitude, il s'agit du 2ème volcan en activité le plus haut du monde mais aussi considéré comme l'un des plus dangereux ! Actuellement, il est en phase active et notre guide, Luís, nous apprend que les chamans ont prédit que sa prochaine éruption auraient lieu un dimanche. Après une seconde de réflexion, nous réalisons qu'aujourd'hui c'est... dimanche ! Notre guide nous demande en rigolant de croiser les doigts pour que le deuxième plus haut sommet du pays nous épargne et nous explique, plus sérieusement, qu'un système d'alarme est présent sur le site. Si celui-ci se déclenche, nous avons 8 heures pour évacuer !

Comme d'habitude, nous avons la chance de tomber sur un guide génial ! Nous commençons notre ascension avec Luís, au milieu des nuages. D'ailleurs nous n'avons pas encore eu la chance de voir le volcan, complètement dissimulé dans une épaisse couche cotonneuse... Sous nos pieds, les roches magmatiques sont peu à peu recouvertes d'un manteau blanc neigeux. Nous continuons à grimper jusqu'à nous retrouver au milieu d'un paysage en noir et blanc... Une couche de cendre recouvre presque entièrement la neige, témoignant de l'activité actuelle du volcan.

Pour la première fois de notre voyage, nous réalisons une ascension sans nos gros sacs à dos ! Déchargés des 13 à 20kg de nos compagnons de voyage, la montée est un jeu d'enfant... même l'altitude ne nous fait plus vraiment d'effet. C'est donc sur un bon rythme que nous atteignons le refuge situé à 4864m d'altitude.

Luís nous propose de continuer notre chemin afin d'atteindre un glacier un peu plus haut, ce que nous acceptons avec plaisir ! Nous évoluons sur une couche neigeuse de plus en plus épaisse pour atteindre les 5000 mètres. Malheureusement, il est interdit de s'attaquer aux quelques 900m de dénivelé nous séparant du sommet pour des raisons évidentes de sécurité... alors qu'une épaisse fumée se dégage du cratère !

Aussi, des blocs de glace et de roches commencent à se détacher de la paroi signe que notre seule présence réchauffe les alentours. Il est donc temps de redescendre vers le refuge.

En fin d'après-midi, Luís nous propose de nous déposer à l'extrême Nord de Latacunga afin que nous puissions arrêter un des bus pour Quito passant sur la Panaméricaine. Sur la route quittant la ville, alors que cela semblait inimaginable il y a encore quelques heures, la vue sur le Cotopaxi est complètement dégagée ! Le proverbe local disant que l'Equateur est un pays où "il y a les quatre saisons en une journée" prend encore une fois tout son sens...

Quelle chance de pouvoir admirer la symétrie quasi parfaite de ce géant coiffé de sa neige éternelle ! C'est en laissant derrière nous ce spectacle naturel que nous sautons dans un bus, déjà bondé, en direction de la capitale Équatorienne !

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Nous rejoignons Quito après une petite heure de bus depuis Latacunga. C'est déjà la quatrième capitale de notre aventure Sud-americaine mais nous sommes toujours frappés par l'immensité de ces villes ! Avec cependant une configuration urbaine bien particulière pour la capitale Équatorienne car Quito "s'étire" du Nord au Sud sur plus de 50 km de long !

Située à une altitude de 2 800 m (soit la seconde capitale la plus haute du monde derrière La Paz), elle fut fondée quasiment sur la ligne équatoriale. C'est d'ailleurs de cette particularité que la ville tire son nom, Quito signifiant « centre du monde » en langue archaïque. Mais comme dit précédemment, nous savons aujourd'hui que l'équateur passe en réalité environ 25km au-dessus de la ville.

Nous consacrons notre première journée à la visite du centre historique, déclaré au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO pour sa superbe architecture coloniale. Nous déambulons au milieu de larges rues pavées bordées par de superbes édifices aux façades colorées. La Calle La Ronda retient particulièrement notre attention...

Notre balade de la Plaza Grande à la Plaza San Francisco, les 2 places principales, nous donne un très large aperçu de la qualité et la quantité des édifices religieux de Quito, une caractéristique que partage évidemment de nombreuses villes du continent. Difficile cependant de trouver un édifice plus imposant que la basilique del Voto Nacional... avec ses tours vertigineuses, atteignant jusqu'à 115m, et ses vitraux de 10 mètres de haut ! Si son style néo-gothique ne tient pas la comparaison avec la beauté de la basilique de l'Immaculée Conception de Cuenca, la basilique del Voto Nacional regorge de symbolique ! D'une part avec ses gargouilles aux formes inspirées de la faune locale (crocodiles, tortues, singes, pumas, condors...) mais encore par les 24 chapelles que renferme la basilique symbolisant les 24 provinces d'Equateur !

Impossible de se balader à travers le centre historique sans être interpellés par la sculpture monumentale qui domine la ville : la Vierge du Panecillo. Avec sa hauteur vertigineuse de 45 mètres (plus grande statue en aluminium du monde), elle impose le respect et semble jeter un regard protecteur sur les habitants de la capitale en contrebas.

Nous décidons donc de grimper vers la "protectrice de la ville", perchée au sommet d'une colline sur laquelle s’agrippent d’interminables escaliers. Finalement, nous nous arrêtons à mi-chemin car Marion a un mauvais pressentiment... De plus, nous sommes déjà assez haut pour avoir un beau point de vue sur Quito ! Preuve qu'il faut toujours écouter ses intuitions, nous rencontrons une petite mamie nous indiquant qu'il ne vaut mieux pas déambuler seul dans le quartier car c'est dangereux. Nous redescendons donc attentivement les escaliers, accompagnés d'un charmant couple d'américains croisé en chemin.

Le lendemain, nous prenons le téléphérique de la ville afin de rejoindre le point de départ du sentier s'élevant vers le sommet du volcan Pichincha, dominant la partie Nord de la ville. Cela fait du bien de se retrouver au milieu de la nature et de sortir de l'agitation (et du climat insécuritaire) du centre-ville. Le dernier signe d'activité de ce volcan date de 1999, recouvrant Quito d'une épaisse couche de cendres. Contrairement a notre dernière ascension au Cotopaxi, il n'y a donc pas de risque nous empêchant d'atteindre la crête du Rucu Pichincha culminant a 4698m !

Le début de la randonnée est assez facile. Le sentier monte puis descend, nous faisant passer au milieu de belles collines herbeuses, d’où l’on peut s'imaginer avoir une vue imprenable sur la vallée de Quito (sans les nuages nous bouchant totalement la vue). Petit à petit, le paysage devient plus sauvage et rocailleux, se transformant même parfois en un petit parcours d’escalade. Malheureusement, en prenant de l’altitude, les conditions météo ne s'arrange pas et les nuages restent bien "accrochés" à la montagne. A peine arrivés au sommet, nous nous décidons à faire chemin-retour en espérant que le temps se lève lors de la descente... Ça sera finalement le cas et nous pourrons profiter du super panorama sur Quito imaginé quelques heures plus tôt, une belle récompense !

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Pour notre dernière étape Équatorienne (déjà), nous nous rendons dans le petit village d'Otavalo. Situé à mi-chemin entre Quito et la frontière colombienne, Otavalo est réputé de par sa population autochtone amérindienne et son célèbre marché traditionnel (l'un des plus célèbres d'Amérique du Sud), le principal métier exercé par les Otavaleños étant l’artisanat et le commerce et du textile.

D'un point de vue historique, l'origine du minutieux travail de tisserand des Otavaleños remonte à des centaines d'années, avant même l'époque Inca. C'est dans les nombreux ateliers de tissage de la ville, ayant perdurés à travers les siècles, que des centaines d'Amérindiens ont été contraints de travailler pendant près de 100 heures par semaine (dans des conditions inhumaines) sous la direction des Espagnols afin de subvenir aux besoins des conquistadors. Ce malheureux apprentissage aura toutefois permis aux Otavaleños de développer une technique de tissage hors du commun...

En déambulant dans les rues, nous sommes tout de suite séduits par la beauté des tenues traditionnelles. Les femmes sont vêtues de belles blouses blanches brodées à manches en dentelle évasées, et d'une jupe foncée (noir ou bleue). En guise d'accessoires, elles portent d'imposants colliers couleur or et de long bracelets couleur corail aux poignets.

Les hommes sont généralement coiffés d'un chapeau et portent de longs cheveux tressés.

C'est en arrivant sur la Plaza de los Ponchos que l'on se perd au milieu des comptoirs, aux couleurs éclatantes, où sont vendus une multitude de lainages et produits textiles, mais aussi des chapeaux, bijoux, peintures, poteries... Bien que le marché ait lieu tous les jours, c'est le samedi que Otavalo devient le village le plus animé d'Équateur. Les gens viennent des quatre coins du pays transformant la ville entière en un immense marché à ciel ouvert ! Pas de chance, aujourd'hui c'est mercredi et nous sommes assez loin de l'effervescence de la fin de semaine... Nous passons tout de même un très bon moment à nous promener à travers les différents stands !

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Alors que certains témoignages, lus sur internet, nous promettaient jusqu'à plusieurs heures d'attente pour passer la frontière colombienne, ce fut finalement le changement de pays le plus rapide depuis le début de notre voyage ! Il faut dire que le nombre limité de touristes post-covid nous facilite la tâche...

Nous débarquons donc à Ipiales, ville frontalière où il n'y a pas grand chose à voir, exception faite du sanctuaire de Las Lajas (un des lieux de pèlerinage les plus importants d'Amérique du Sud), situé à une petite dizaine de kilomètres du centre-ville. Nous nous empressons de sauter dans un taxi en direction de ce qui semble être une merveille d'architecture. Après quelques minutes de route, nous apercevons au loin la fameuse église, enjambant tel un pont le canyon formé par la rivière Guáitara... C'est superbe !

En descendant au pied du monastère, nous admirons de plus près la beauté vertigineuse de la construction accrochée à flan de colline et comme suspendue au-dessus du vide. La paroi rocheuse apparente, derrière l'hôtel, renforce cette image. On peut aisément imaginer les difficultés techniques afin de réaliser un tel monument à cette endroit précis. L'endroit est entouré de plusieurs légendes. La plus célèbre concerne une jeune fille muette, qui aurait miraculeusement retrouvé la parole après avoir aperçu la vierge en traversant la rivière Guáitara.

Nous arrivons à San Juan de Pasto en fin d’après-midi, après 1h30 de bus nous ayant donné un avant goût des incroyables paysages escarpés du Sud du pays ! Nous serons "contraints" d'y rester au moins 3 jours alors que la Panaméricaine (route principale pour aller vers le Nord) est fermée pour 6 mois à cause d'un glissement de terrain ayant détruit une bonne portion de la route et que la route secondaire passant par Mocoa, surnommée "le trampoline de la mort" est elle aussi impraticable pour 2 jours en raison d'un accident entre un camion et un bus...

Nous consacrons notre première journée à la visite de la petite ville. Une journée plutôt tranquille permettant de recharger les batteries après ces 10 derniers jours intenses, et une traversée de l’Équateur au pas de course. Après une matinée durant laquelle nous déambulons dans les rues autour de la place centrale, en passant devant de belles maisons coloniales, nous prenons le temps de déguster notre premier café colombien !

L'après-midi midi sera riche en rencontres et en découvertes... Nous commençons par aller rendre visite aux grands-parents d'un ancien collègue de travail colombien de Marion, qui nous a beaucoup aidé dans la préparation de notre itinéraire. Il a aussi averti sa famille, répartie au quatre coins du pays, de notre passage ! Nous sommes accueillis, les bras ouverts, par Martin (le grand-père paternel) et trois de ses fils. Nous passons le début d'après-midi à discuter puis nous nous donnons rendez-vous le lendemain soir pour partager le dîner !

Hypnotisés par l'odeur de café inondant le trottoir, nous frappons à la porte de la petite boutique d'où provient ce doux parfum... Nous sommes accueillis par Luis et sa femme, torréfactrice et spécialiste du café de Nariño, le café de la région de Pasto. Alors que tout le monde est bien occupés, elle nous consacre de son temps pour nous faire découvrir son atelier et nous exposer les différentes phases nécessaires à l'élaboration de son café. Elle nous montre son carnet où son consignées ses "recettes" secrètes et nous explique qu'il lui aura fallu 13 ans pour atteindre les arômes qu'elle recherchait...

Après toutes ces explications techniques vantant la qualité du café de Nariño, nous sommes ravis de passer à la dégustation afin de laisser nos palets apprécier la saveur du fameux breuvage... Difficile de trouver les mots pour décrire ce goût, équilibre parfait entre arômes et douceur, tellement différent de ce qu'on a l'habitude de boire dans nos tasses quotidiennes françaises. C'est une découverte, comme si nous venions de déguster une boisson inconnue... un régal !

Pour notre deuxième jour à Pasto, nous prenons la direction de la laguna de La Cocha. Nous arrivons dans le charmant village de El Encano, où les maisons aux allures de chalet sont bâties sur pilotis, au-dessus des canaux marécageux donnant accès à la lagune. Les nombreuses lanchas (petites barques à moteur) ondulant sur le canal complètent ce tableau coloré.

C'est dans l'une de ces lanchas que nous prenons place afin de découvrir quelques recoins des 40,5 km² de la lagune. Nous passons à côté de plusieurs installations de pêche témoignant de l'activité économique principale de la population locale avant de nous rendre sur l'île de la Corota, sorte de sanctuaire préservé de faune et de flore indigènes.

Les chalets posés de manière aléatoire sur les bords du lac nous donneraient presque l'impression d'être en Suisse !

De retour à quai, nous dégustons une excellente truite (incontournable plat régional) avant de repartir vers Pasto où nous retrouvons Martin. Nous passons une superbe soirée ensemble, tout en dégustant d'autres saveurs locales : le fríto pastuso (morceaux de porc frits servis avec des pop-corn salés) accompagné d'une boisson chaude alcoolisée aux saveurs de fruits et de cannelle nommée herbido ainsi que les digestifs chapil et aguardiante.

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Nous rejoignons notre nouvelle destination par une route secondaire, la principale s'étant effondrée sur plusieurs kilomètres après un glissement de terrain. Après une nuit de trajet sur la route surnommée " le trampoline de la mort" (du genre chemin de terre, à flan de falaise, permettant le passage d'un seul véhicule à la fois), nous atteignons San Augustin. À peine arrivés, nous ressentons les "bonnes ondes" de ce petit village situé entre montagnes et forêts. Nous nous y sentons tout de suite bien, cette étape promet encore d'être géniale !

Nous y trouvons rapidement une belle auberge économique tenue par une famille très accueillante. Après avoir fait un petit tour dans les rues principales, nous constatons que le village est joli et très coloré ! Les maisons et autres auberges sont très bien entretenues et d'un style très "Colombien"...

Le lendemain, nous partons au petit matin à la rencontre de Aquilino, un cousin de l'ancien collègue de travail colombien de Marion, et sa famille. Sa femme nous cuisine un petit déjeuner de rois, puis nous partons en sa compagnie et une de ses filles, Laura, à l'arrière de leur moto, à la découverte de la région !

Notre premier arrêt, après avoir traversé les champs de café, de cannes à sucre, d'avocatiers, par de petits chemins de terre, est à la fabrique familiale de panela ! C'est le sucre naturel extrait de manière artisanale de la canne à sucre ! La famille nous explique les étapes de fabrication, qui reposent sur un principe fondamental : rien ne se perd, tout se transforme ! Les cannes à sucre fraîchement coupées sont transportées à la fabrique par des chevaux. Elles sont alors passées à travers une machine, pour en extraire le maximum de jus. Cela constitue la seule étape mécanisée du processus ! Le jus, que nous goûtons, est délicieux, malgré sa couleur verdâtre peu appétissante... Celui-ci est ensuite chauffé, sur plusieurs feux, pour en extraire la matière la plus intéressante, qui sera utilisé pour faire la panela consommée par les colombiens ! Les résidus qui sont retirés au fur et à mesure des cuissons sont utilisés pour nourrir les bêtes. Les cannes à sucre vidée de leur jus sont, elles, utilisées pour alimenter le feu de cuisson. À la fin de ce processus, qui demande de la main d'oeuvre pour sans cesse remuer, c'est une sorte de caramel qui est obtenu (et qui est délicieux) ! Il est alors coulé dans des moules, et après avoir durci, il est prêt à la consommation et à la vente ! Les colombiens s'en servent beaucoup pour sucrer le café, cuisiner les pâtisseries...

Les femmes de la famille nous offrent généreusement le déjeuner avant de nous laisser partir pour la suite de nos découvertes, toujours à moto !

Nous nous rendons alors à un premier site précolombien, présentant de magnifiques statues taillées dans la pierre, datant de plus de 5000 ans, incroyablement bien conservées ! La plus grande fait jusqu'à 7 mètres de haut... Deux peuples vivaient dans cette région et étaient liés par la ville de San Agustin, centre commercial et religieux à cette époque. Hormis les trésors archéologiques qui sont sous nos yeux, ces communautés n'ont rien laissé qui puisse permettre de mieux comprendre leur histoire (aucun écrit par exemple), avant de disparaitre, bien avant l'arrivée des colons. Ainsi, ces lieux sont encore chargés de mystères...

Nous continuons ensuite notre route vers un second site, encore plus impressionnant de par sa taille ! Le gardien, qui a l'air passionné par ces communautés pré Colombienne, qu'il nomme ses ancêtres, nous accompagne dans notre visite pour nous partager son savoir... Nous passons des heures à parcourir ces sites riches en histoire et en art !

Après avoir découvert encore de beaux paysages ainsi que des cascades incroyables, nous rentrons retrouver le reste de la famille de Aquilino, sa femme et ses deux autres filles. Il est alors temps pour nous de leur dire au-revoir, non sans émotion, car nous avons partagé une très belle journée avec eux... Nous faisons finalement le trajet retour jusqu'à l'auberge avec Aquilino et Laura et leurs motos car nous avons loupé la dernière jeep qui allait au village !

Le lendemain, nous continuons de découvrir des sites incroyablement riches en pierres taillées, tout en profitant de l'ambiance sympathique du village de San Agustin !

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Dès notre descente du bus, nous sommes plongés dans la chaleur suffocante de Neiva... alors que le thermomètre affiche plus de 35°C ! C'est donc en cherchant l'ombre (mais tout de même en sueur) que nous consacrons l'après-midi à la visite de la ville, qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Nous découvrons une ville industrielle où règne une ambiance générale peu rassurante... avec une improbable concentration de boutiques automobiles (des rues entières y sont consacrées) !

Le lendemain matin, nous prenons le premier pick-up en direction de Villavieja, village donnant accès à l'un des plus beaux sites naturels du pays, le désert de Tatacoa !

Installés sur les banquettes de fortune disposées à l'arrière du véhicule, nous en sortons bien secoués par ce trajet, effectué sur une route de terre bien abîmée, mais cela nous aura permis de rencontrer un nouveau compagnon de route ! En effet, nous sympathisons avec Julian, un colombien de notre âge, venu passé le week-end dans la région. Après une brève balade et un café vite avalé sur la place du village, nous quittons Villavieja en direction du désert voisin, accompagnés de notre ami de Bogota.

Le paysage change rapidement et la végétation au bord de la route disparaît peu à peu jusqu'à devenir inexistante, avant de laisser place à une immense vallée oscillante entre le orange et le rouge... Quelques minutes plus tard, nous arrivons à destination, dans le lieu-dit “El Cuzco”. Le site offre un panorama spectaculaire sur le fameux désert, et ses magnifiques formations rocheuses rouges !

Contrairement aux conquistadors, ayant baptisés cette région “vallée de la tristesse” lors de leur arrivé dans le désert, nous sommes vraiment très heureux de contempler ce spectacle ! Pour la petite histoire, le désert porte aujourd'hui le nom de Tatacoa, qui est en faite le nom du serpent à sonnette de la région. Avec ses labyrinthes serpentant entre les formations rocheuses, le nom de Tatacoa s’est donc imposé en référence à sa forme sinueuse...

Contrairement à ce que son nom laisse supposer, l’écosystème de la Tatacoa n’est pas vraiment un désert mais une forêt tropicale sèche ! En effet, il y a plus de 10 millions d’années, la région de la Tatacoa était une forêt tropicale humide similaire à ce que l’on peut observer aujourd’hui en Amazonie. Les scientifiques supposent que le site s’est progressivement asséché, lorsque la cordillère orientale s’est soulevée, modifiant les lits de cours d’eau et privant la zone de son apport en eau. Compte tenu des conditions de sècheresse et d'extrême chaleur de la zone, on y trouve une faune et une flore typique du climat désertique. Les cactus, de tailles et formes variées, sont disposés de manière désordonnée au milieu de ce paysage aride où ont élu domicile les serpents, les scorpions, les lézards mais également... les chèvres !

Ce qui devait être une petite randonnée, assez éprouvante physiquement au cœur de cette atmosphère étouffante, sera finalement plus longue que prévue... Non pas que nous nous soyons perdus dans ce labyrinthe à ciel ouvert, mais à cause de Julian qui aime visiblement beaucoup les photos... Armé de sa perche à selfie, il s'arrête très régulièrement pour une session photographique de plusieurs minutes ! Amusés par cette situation, nous nous adaptons au rythme de notre ami colombien en profitant longuement des superbes paysages environnants.

Après avoir planté notre tente à l'ombre d'un abri, profité du confort d'un hamac et siroté une bière fraîche en guise de récompense, nous nous rendons dans un petit observatoire pour terminer la journée. En effet, tout comme Atacama au Chili, le désert de la Tatacoa est réputé pour ses ciels étoilés exceptionnels. Bien que le ciel soit légèrement nuageux, la nuit se révèlera finalement propice à l’observation des étoiles. Nous passons une très bonne soirée, en compagnie de notre professeur en astronomie, à observer les 4 coins du ciel en passant même par la Lune, Mars et Jupiter !

Le lendemain, nous nous éloignons un peu plus encore de Villavieja et le décor rouge s'estompe progressivement avant de virer complètement au gris. Outre la couleur, les formations rocheuses sculptées par le vent et l’érosion changent aussi de forme. Cette région est d'ailleurs aussi connue sous le nom de vallée de los Xilopalos en référence aux formes semblables à des restes de “bois pétrifié” qu'elle abrite.

Après une petite randonnée, toujours rythmée par les nombreuses pauses photos de Julian, nous prenons la route retour sous une chaleur toujours plus intense. De retour à Villavieja, nous nous attardons un moment au sein de ses petites ruelles à l’architecture coloniale typique. Un musée Paléontologique, et la statue de Megatherium trônant sur la place centrale du village, témoignent de la présence de gigantesques animaux préhistoriques dans la région de Tatacoa. Ce qui n'est pas sans nous rappeler Torotoro (et ses traces de dinosaures).

Après une petite balade le long du rio Magdalena, à la découverte de la faune locale (oiseaux, lézards, iguanes...), il est temps pour nous de reprendre un pick-up pour rentrer vers Neiva... ( Pour l'anecdote, nous avons bien trouvé un iguane, perché sur une branche, qui nous a signalé sa présence en crottant sur Marion !)

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La route nous menant de Neiva à Popayan est, une fois de plus, un régal pour les yeux. Nous traversons le parc national Nevado del Huila d'est en ouest en laissant derrière nous des paysages époustouflants.

Huit heures plus tard, le contraste entre (l'étouffante et peu séduisante) Neiva et Popayan est saisissant... D'autant que notre nouvelle étape, surnommée la “Ciudad blanca” (la ville blanche), est considérée comme une des plus belles villes de Colombie !

En se baladant dans le centre historique, il faut peu de temps pour approuver le surnom de la ville vu que l'ensemble des murs des differents bâtiments sont d'un blanc absolu… Un choix qui s'explique en remontant un peu l'Histoire de la ville... C'est au 19e siècle, durant une épidémie de “nigua” (puce tropicale) qui attaquait les pieds des habitants, que la mairie a décidé de recouvrir les murs de chaux afin d’essayer de désinfecter la ville. La tradition, d’abord sanitaire, est restée et aujourd’hui les murs de la ville sont repeints en blanc tous les mois de mars avant la semaine sainte.

Notre arrivée tardive associée au début d'averses orageuses sur la ville nous poussent à nous réfugier dans un petit restaurant afin de découvrir les spécialités de la région. Au programme, dégustation des fameux empanadas de Pipian (petits empanadas à base de pomme de terre colorada et sauce cacahuète) accompagnés d'un Alpicon Payanés (boisson semblable à un granité de fruits : mûre, Lulo et Guanabana) et d'un champús (boisson à base de maïs, de fruits comme le lulo, l'ananas, le coing ou la guanábana, sucrée à la panela et assaisonnée de cannelle, de clous de girofle et de feuilles d'oranger)... Bilan: nous avons adoré !

Le lendemain, nous partons à la découverte des trésors du centre historique de la Ciudad blanca... La place centrale de la ville est dominée par l'imposante cathédrale de la Asunción, et sa célèbre tour de l’Horloge. Surnommée “la narine de Popayán”, cette tour construite au 17e siècle, possède d'ailleurs une drôle de curiosité... En effet, le chiffre 4 est écrit avec quatre barres IIII alors que la norme voudrait que l’on écrive plutôt IV. Plusieurs théories sont avancées pour expliquer cette particularité... Certains racontent qu'il s'agit d'une erreur quand d'autres expliquent que c’est une préférence de l'horloger pour une question de symétrie. La vérité est sûrement plus simple puisque l'écriture IIII a été pendant longtemps la norme pour écrire le chiffre 4…

Aussi, la légende dit que les ossements de Don Quichotte reposent sous cette même tour. Les personnes aspirant à devenir écrivain ou poète viennent parfois même s'imprégner des lieux où semble demeurer l’âme du plus célèbre personnage de littérature...

Nous décidons de poursuivre notre chemin vers El Morro de Tulcan, point culminant de la ville, et par conséquent excellent point de vue sur cette dernière, avant de redescendre en passant par le Pueblito Patojo, sorte de village miniature dans la ville mais dissimulé au milieu d'un petit bosquet.

En poursuivant notre chemin, nous passons devant plusieurs édifices emblématiques de la ville comme le pont del Humilladero, l'église San Fransisco ou l'imposant théâtre Guillermo Valencia (qui est d'ailleurs l'un des seul bâtiment de couleur)...

C'est en flânant dans les belles ruelles de la ville que nous faisons la connaissance de Ary, un professeur colombien d'une cinquantaine d'années, et grand passionné par les monnaies du monde. Il nous propose de nous faire découvrir les endroits secrets de sa ville, ce que nous acceptons évidemment ! Nous en profitons pour lui céder quelques billets/pièces des differents pays traversés lors de notre parcours, pour contribuer au programme d'éducation qu'il a mis en place basé sur les monnaies. En sa compagnie, nous poussons les portes de superbes bâtiments coloniaux (pour la plupart réhabilités en université) à l'architecture très soignée accompagnés, en prime, des explications de notre guide du jour.

Le réveil est bien matinal en ce mardi matin. Pas de temps à perdre si nous voulons prendre le premier bus pour rejoindre le village indigène Guambiano de Silvia. Située au cœur des montagnes, à une cinquantaine de kilomètres de Popayan, cette petite ville devient le lieu incontournable de la région le temps de son pittoresque marché hebdomadaire.

A notre arrivée, nous sommes plongés dans une atmosphère pleine de couleur et de traditions. Les hommes comme les femmes portent de longues jupes de couleur bleue (représentant l'eau) ou noire (représentant la terre mère), brodées de rose ou de rouge (représentant le sang versé lors des guerres d'indépendance), ainsi qu'une sorte de poncho, de la même couleur, d´une écharpe rayée et d´un chapeau curieusement plat. C'est d'ailleurs en référence aux habits traditionnels portés par les indigènes Misak que ce marché est aussi connu sous le nom de “mercado azul” (le marché bleu).

Situé dans une halle donnant sur la place centrale de Silvia, le marché est divisé en différentes zones “thématiques” : les fruits, les légumes, les sucreries, les pains, les denrées sèches, l’artisanat, la quincaillerie, la viande, etc... mais la star du marché reste indiscutablement la pomme de terre, avec une multitude de variétés de toutes formes et couleurs !

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Cali, une ville décriée, que nous avons appris à apprécier avec sa vie de quartier...

Nous logeons dans les quartiers de San Antonio et Miraflores, à l'Ouest de la ville. Ici, les maisons sont colorées, les peintures murales sont artistiques et les cafés typiques nous donnent envie de nous y arrêter...

Au détour d'une rue, nous croisons le chemin de Ion, un venezuelien qui vient d'ouvrir son petit restaurant dans le quartier. Nous nous asseyons à la table placée devant l'établissement, décoré de peintures colorées. À l'ombre, sous le grand arbre qui nous protège de la chaleur déjà écrasante du soleil, nous pouvons observer la vie du quartier qui se réveille tranquillement... Le petit-déjeuner, composé de fruits frais colombien, tous plus goûteux et juteux les uns que les autres, et d'un bon café nous permet de bien commencer la journée !

Avec Ion, le courant passe bien, et il nous convainc presque d'acheter un restaurant ici, à Cali pour y servir de la nourriture française... Nous nous plaisons tellement au Café Castillo que nous retournerons y manger plus tard dans la journée !

Cali, une ville rythmée aux quatre temps de la salsa...

Le soir, nous découvrons sa vie nocturne, entre musique InVivo, de jazz latino, au Punto Bare et salsa endiablée au Topa Tolindra ! Pas de doute, nous sommes bien en Colombie, et ça nous plaît énormément !!

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Pour cette nouvelle étape, nous prenons la direction de la zone caféière colombienne. Cette région surnommée "triangle du café" (formée entre les villes d'Armenia, de Manizales et de Pereira) se caractérise par ses plantations de cafés, à perte de vue, sur fond de sommets parfois enneigés. Une étape qui s'annonce d'autant plus prometteuse que nous avons décidé de poser nos "valises" à Salento, l’un des plus charmants village de la région.

Après avoir dégoté un hebergement pour la nuit, nous nous délestons sans plus attendre de nos sacs à dos, impatients de découvrir les richesses architecturales de la ville. Quel plaisir de flâner au cœur des rues colorées dans l'atmosphère décontractée de Salento ! De style colonial, les édifices sont admirablement mis en valeur avec leurs ouvertures et leurs balconnets tous peints dans une palette de couleurs vives et harmonieuses.

En partant de la place centrale, nommée Plaza Bolivar, il est agréable de se perdre dans les ruelles adjacentes afin d’admirer cette architecture si singulière. Nous passons inéluctablement par la Calle Real, rue principale de la ville, où se côtoient restaurants, bars et boutiques d’artisans (laines, bijoux, chapeaux, jeux en bois, café...). Puis la rue débouche sur un imposant escalier et nous nous retrouvons soudainement face aux quelques deux cent quarante marches menant au mirador de Alto de la Cruz. Au sommet, notre effort est amplement récompensé avec d’un côté, un beau point de vue sur le village, et de l’autre un panorama imprenable sur la nature environnante semblant s'étendre à l'infini. Au loin, nous distinguons les hauts palmiers de la vallée de Cocora et nous pouvons imaginer, cachés derrière les nuages, les sommets enneigés des volcans du parc national de Los Nevados.

Pour le dîner, nous décidons de goûter la spécialité culinaire de Salento : la truite ! Les locaux la mange à toutes les sauces; elle peut aussi bien être consommée frite, grillée ou gratinée au four. Nous optons pour cette dernière version, servie avec un mélange de crème, champignons et crevettes. Nos papilles sont ravies de retrouver le goût du poisson !


Le lendemain matin, nous "prenons place" à l'arrière d'une ancienne Jeep Willys (véhicule incontournable de la région) afin de rejoindre la vallée de Cocora, merveille de la nature située à seulement quelques kilomètres de la ville. Marion se retrouve au bout de la banquette, déjà pleine à craquer, alors que Guillaume prendra un bon bol d'air et effectuant les 20 minutes de trajet debout sur le marche-pied du véhicule !

Arrivés à l'entrée du site, nous décidons de réaliser la grande boucle, d'environ quinze kilomètres, nous permettant de découvrir l'ensemble de la vallée. La randonnée nous fait d'abord passer à travers de grands champs bordés de petits bosqués, au milieu desquelles surgissent d'immenses palmiers... un cadre idyllique que même les vaches semblent prendre plaisir à contempler.

Petit à petit, nous nous enfonçons dans une végétation plus dense jusqu'à nous retrouver au milieu d'une véritable jungle ! Une chaleur humide, des arbres aux feuilles XXL, des cours d'eau rapides et peu profonds, des ponts suspendus de bois plus précaires les uns que les autres... C'est incroyable de constater que notre environnement à totalement changé en à peine quelques kilomètres !

Après environ 2h30 de marche, le sentier (jusqu'ici relativement plat) s'élève brusquement ! Nous laissons derrière nous la luxuriante flore tropicale puisque cette dernière change, une nouvelle fois, avec l'altitude... Après une ascension assez éprouvante, nous sommes cette fois téléportés au milieu d'un mystique paysage de montagne alors qu'une brume nuageuse enveloppe les vertigineux pins environnants.

En continuant notre chemin, un premier palmier se dresse devant nous, puis un deuxième, puis une dizaine... Nous débouchons alors sur un panorama époustouflant sur le Bosque de Cocora. Nous restons de longues minutes à contempler ce lieu unique où culminent les plus hauts palmiers de cire du monde. Certains d'entre eux peuvent atteindre jusqu’à soixante-dix mètres de haut ! Nous rejoignons notre point de départ en descendant au milieu de la vallée et en déambulant au milieu de ces géants, semblant sortis d'un autre monde. La magie du lieu restera à coup sûr longtemps dans nos mémoires.

Visiter Salento, c’est évidemment l'occasion d'en apprendre davantage sur le fameux café produit dans la région, surtout que cette dernière est réputée pour produire les meilleurs arabicas au monde ! On dénombre une quinzaine de fincas de café aux alentours de la ville, les plus importantes d'entre elles étant aussi les plus touristiques (beaucoup de visites de groupe y sont organisées). Loin des circuits touristiques, nous décidons de nous arrêter devant une finca très modeste, nommée Arzacia. Après avoir enfilé la tenue traditionnelle, nous suivons le très sympathique employé des lieux à la découverte de l'exploitation. Nous nous baladons au milieu des arbustes à flanc de collines en obtenant toutes les explications sur les différentes plantations, les processus de récolte, le séchage jusqu’à la torréfaction. Bien évidemment, la visite se termine par la dégustation du succulent "café maison" avant de rebrousser chemin vers Salento, heureux d'avoir poussé la porte d'une exploitation plus authentique.

Alors que notre après-midi devait être consacré à la visite du village de Filandia (qui est, avec Salento, le village ayant inspiré le film d'animation Encanto), nous devons finalement changer nos plans car il n'y a plus de places disponibles dans les rares véhicules effectuant le trajet. Qu'à cela ne tienne, nous entendons parler d'un bar où il est possible de pratiquer un jeu local appelé Tejo...

Le but de ce jeu traditionnel pré-colombien est simple : lancer des palets en métal au centre d'un cercle metallique placé dans un bac de glaise. Un jeu qui n'est pas sans nous rappeler notre fameux palet vendéen... Petite subtilité, des triangles blancs, qui ne sont autre que des pétards, sont disposés sur le pourtour du cercle. Les points sont marqués en fonction de la position du palet par rapport au cercle mais également en fonction des explosions ! Après quelques parties, où nous aurons pu tester notre agilité, nous nous joignons à un couple de locaux, Nancy et Omar, pour un deux contre deux... et le rire sera de la partie ! Finalement nous passerons tout l'après-midi ensemble... Encore un super moment de partage entre parties endiablées et discussions autour d'une bière Aguila !

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Après une nuit de bus, nous arrivons à Medellín, deuxième plus grande métropole colombienne.

Nous commençons la découverte de cette ville avec la Place Botero, où y sont exposées 23 de ses imposantes statues de bronze ! De nombreux vendeurs ambulants de reproductions miniatures se promènent au milieu de l'effervescence générale.

Medellín est connue pour avoir été considérée, dans les années 90, comme la ville la plus dangereuse du monde...

En effet, elle fut marquée, de 1980 à 2014 par une violence extrême et un taux de criminalité très important. Pendant toutes ces années, les luttes entre paramilitaires, milices, narcotrafiquants et militaires, pour les territoires, les richesses, le pouvoir politique firent des habitants de Medellin, adultes comme enfants, des victimes collatérales ou, pire, des embrigadés contre leur volonté...

D'ailleurs la visite du musée de la mémoire nous permet d'en apprendre plus sur cette sombre époque. On ressort assommés par cette exposition de qualité, qui nous prend aux tripes, d'autant que les histoires qui y sont exposées peuvent être récentes.

Cette ville qui sort à peine de ce cauchemar, est encore très meurtrie et panse aujourd'hui ses plaies. Les familles de victimes disparues, enlevées par les groupes armés et jamais retrouvées, se battent encore pour connaître la vérité...

Notre immersion dans la Comuna 13, quartier le plus touché par la violence, ancienne zone de non-droit, contrôlée par les milices et les cartels de drogue, nous amène à rencontrer des hommes et des femmes qui ont subi les terreurs, attentats, meurtres, déplacement de masse, embrigadement. Ils sont aujourd'hui des parents qui essaient de donner le meilleur à leurs enfants, rient et jouent avec eux comme si la vie avait toujours été simple...

Nous créons des liens avec quelques habitants, animés par une force incroyable, et un sourire qui laisse admiratif et songeur...

La Comuna 13 est aujourd'hui reliée au reste de la ville par le téléphérique et des escalators, et c'est grâce à ces installations datant de 2016 qu'elle a pu sortir de l'isolement et la précarité. Elle est connue et visitée pour son street art grandiose, qui raconte l'histoire de ce quartier, tout en métaphore... Par exemple, le colibri représente la paix, venant libéré les habitants.

Elle est très colorée et vivante, à l'image de ses habitants, qui constituent un exemple de résilience.

Cette ville nous aura marqués de par son histoire et les rencontres enrichissantes que nous avons pu faire...

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Nous arrivons tôt le matin dans ce petit village situé au cœur de la Colombie.

A l'heure où les habitants commencent à peupler les rues, où les petits commerces ouvrent leurs portes et où les vendeurs de jus de fruits frais installent leurs échoppes, nous nous installons à la terrasse d'un café sorti d'un autre temps. Une musique colombienne d'époque déverse lentement ses notes, des tasses en porcelaine à fleurs, des chaises et des tables en bois, un tenancier d'une soixantaine d'année avec un fort accent d'ici... Voilà le tableau devant lequel nous nous trouvons. Derrière nous, la place du village, magnifique avec ses arbres fleuris et colorés, son église imposante et ses bancs occupés par des grands-pères en chapeaux et ceinturons qui discutent complètent la photographie. La même impression surgit dans nos esprits : nous sommes dans un décor de cinéma... Pourtant, les habitants sont tellement sympathiques et accueillants qu'il est impossible de les croire simplement figurants...

Nous nous sentons bien, dans cette atmosphère hors du temps, amicale et positive.

Alors que nous reprenons notre chemin pour trouver un endroit où poser nos sac pour la prochaine nuit, le pied de Guillaume tape dans une belle montre d'homme tombée au sol. Il la ramasse et la dépose dans le petit café le plus proche. Cela nous permet de rencontrer le patron, qui organise aussi des sorties pour accéder à la Cueva del Esplandor, Belle cascade qui se trouve en pleine forêt, dans les environs. Le programme du reste de la journée sera alors scellé par une rencontre fortuite !

Nous partons donc en jeep, accompagnés d'un autre couple de français, Marie et Jean-Jacques, dans les montagnes vertes. Une fois déposés par la voiture, nous continuons le chemin à pieds, vers la cascade, sous un soleil de plomb !

Heureusement, la végétation devient de plus en plus dense, ainsi nous profitons de la fraîcheur créée. Après des passages escarpés et des traversées de ruisseaux, nous arrivons au lieu de convoitise...

Des roches gigantesques percent la végétation qui nous entoure, desquelles tombe de l'eau. Un peu plus loin, un trou dans la pierre laisse échapper un torrent puissant, qui finit sa course au cœur d'une piscine naturelle, dans laquelle il est possible de se baigner.

A notre retour au village, nous profitons des derniers instants d'ensoleillement pour grimper au sommet d'un mirador d'où nous avons une jolie vue sur Jardín, tout en étant entourés de bananiers !

Le soir, nous retrouvons Marie et Jean-Jacques pour partager un verre puis un repas. Ce fut une très bonne soirée, en compagnie de personnes que nous recroiserons très certainement en France !

Nous installons notre tente dans le jardin d'une habitante très sympathique, pour la nuit. Au petit matin, nous sommes réveillés par les chants des nombreux oiseaux qui s'égosillent autour de nous. À la sortie de la tente, la magnifique vue sur la vallée environnante, avec ses bananiers et autres arbres fruitiers, nous offre un très bon début de journée !

Avant de quitter cet endroit incroyable, nous retournons au café de la veille pour profiter jusqu'à la dernière minute de l'ambiance fascinante qui y règne...

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Nous continuons notre road-trip autour de Medellín en prenant la direction de Guatape, un charmant village perché à 2000m d’altitude, situé à environ deux heures de route de Medellin.

Nous tombons rapidement sous le charme de ses rues colorées. Outre leurs couleurs éclatantes, nous observons que tous les bâtiments du village (maisons, restaurants, magasins, etc...) sont sublimés par des moulures en bas-relief sur leurs tiers inférieurs. Ces sculptures en saillie des façades sont appelées "zocalos" et représentent au choix : des formes géométriques, des paysans, des bateaux, la petite sirène… voire même le chien de la famille. En fait, chaque propriétaire choisit le motif qu’il souhaite pour le représenter sur sa maison.

Pour la petite histoire, cette tradition remonte aux années 1920 quand un artiste du village, nommé José Maria Parra, décida de décorer la devanture de sa maison. Les voisins apprecièrent tellement son œuvre qu’ils lui demandèrent de faire de même sur leurs maisons. La tradition s'est perpétuée ensuite. En 2000, le maire à même décrété obligatoire la réalisation d'un zocalo sur chaque édifice, participant du même coup à la renommée actuelle du village.

En parcourant aléatoirement la ville, nous nous engageons dans une ruelle "recouverte" de parapluies multicolores avant de déboucher sur la plazoleta de los zocalos, véritable tableau où chaques éléments urbains (escaliers, façades, bancs...) à été sublimé par l'intermédiaire de peintures colorées.

Plus loin, nous atteignons la "calle del recuerdo". Comme son nom l'indique, cette étroite ruelle à été façonnée en mémoire aux anciens villages voisins, aujourd'hui sous les eaux du lac artificiel (créé pour la construction d’un barrage électrique) bordant la ville. Une reconstitution qui laisse rêveur sur la beauté des cités englouties alentours et donnerait presque envie d'enfiler sa tenue de plongée pour partir à leur découverte... Dommage que cette activité ne soit pas proposée !

On passe facilement quelques heures à se balader tellement il y a de détails à observer. Mais peu importe les rues que l'on emprunte, nous convergeons inéluctablement vers la place principale de Guatape. Avec son église blanche et rouge (s’illuminant de différentes couleurs le soir), sa fontaine décorée de zocalos, ses nombreux restaurants et magasins, son ambiance musicale, c'est vraiment ici que bat le cœur de la ville (notamment le soir).

Le lendemain, nous sollicitons un des nombreux tuc-tucs colorés typiques de la ville afin de rejoindre l'une des principales attractions touristiques de Guatape, la Piedra del Peñol. Alors que nous nous éloignons du centre, nous profitons de la vue sur les rives découpées du lac avant d'apercevoir la silhouette du Peñól se dessiner au loin... En l'observant, on se demande bien ce que fait cet étrange monolithe de 220 mètres de haut au milieu de la plaine environnante...

Arrivés au pied du monolithe, de granit et de quartz, nous faisons face aux quelques 700 marches nous séparant du sommet... Nous entamons l'ascension en profitant de l'inhabituel calme des lieux (nous sommes les premiers visiteurs de la journée) tout en prenant le temps de s’arrêter pour admirer la vue, qui devient de plus en plus splendide...

Bien qu’impressionnante, l’ascension se révélera finalement assez simple. Perchés au sommet de ce drôle de caillou, à 2137m d’altitude, nous profitons d'un incroyable point de vue à 360° ! En contrebas, une multitude de petites îles et presqu'îles, apparues après l’inondation de la plaine, se dessinent au milieu de la couleur bleue azur du lac artificiel... alors que le silence matinal ajoute une atmosphère apaisante au cadre exceptionnel nous entourant.

A noter que si aujourd'hui l'accessibilité jusqu'au sommet est relativement aisée, à l'aide de l'imposant escalier zigzaguant dans la roche, ce ne fut pas toujours le cas ! C’est Luis Eduardo Villegas López, un alpiniste colombien originaire de Guatapé, qui fut le premier à conquérir le rocher en 1954. Pour mener à bien son ascension, il inséra des bouts de bambou et des planches en bois dans les fissures du rocher, créant ainsi une échelle géante !

Fier de son exploit, il acheta le monolithe et fit bâtir une série d'escaliers pour rendre le sommet accessible. Le rocher appartient toujours à ses descendants, vivant des bénéfices engendrés grâce aux 5 000 personnes visitant le site chaque jour.

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À notre arrivée matinale à Tolu, ville côtière caribéenne, nous sommes tout de suite invités à grimper dans le vélo-taxi de Miguel ! Il connaît très bien cette petite ville et nous amène directement dans les endroits stratégiques : une billetterie pour accéder aux îles de l'archipel San Bernardo en bateau et une auberge familiale qui fera l'affaire pour la nuit prochaine !

Le lendemain matin, nous prenons un petit bateau pour nous rendre sur l'île de Tintipan, une des quatre îles de l'archipel que nous pouvons fouler. Plus notre embarcation avance sur la Mer des Caraïbes, plus l'eau devient bleue cristalline... Nous longeons de petites îles qui subliment le décor qui nous entoure, déjà paradisiaque. Avant l'arrêt final, nous faisons une halte sur l'île la plus habitée de l'archipel, communément appelée ici Islote. Cette île artificielle est la plus densément peuplée au monde, puisqu'elle compte 1250 habitants pour une surface de 0,01 km² ! Sa population est très jeune, 60% sont des enfants et adolescents. Les gens qui habitent ici vivent essentiellement de la pêche et du tourisme.

On fait très vite le tour de l'îlot, en passant par des ruelles minuscules, longeant de nombreuses maisons collées les unes aux autres.

Quelques minutes de navigation supplémentaires permettent d'atteindre Tintipan. Au nord de cette île, les plages de sable blanc sont incroyablement belles ! Malheureusement, elles sont occupées par une orde de touristes, amenés par des dizaine de bateau durant la journée. Aux alentours de 15h, elles se vident peu à peu jusqu'à ne laisser ici que les locaux travaillant dans les quelques bars et restaurants... Et nous ! La plupart d'entre eux vivent sur l'islote et ne viennent ici que durant les heures de forte affluence pour travailler. Ainsi après leurs départs, nous sommes au nombre de 6 sur cette partie de l'île. Nous sommes invités par un local nommé Guillermo à installer notre tente directement sur la plage... C'est parfait ! Il tient ensuite à nous présenter son potager, enfoncé un peu plus dans les terres, et partager sa réserve d'eau douce avec nous pour que nous ayons de quoi nous laver sommairement.

Nous profitons ensuite d'être seuls sur la magnifique plage pour nous baigner et déguster du poisson frais grillé au feu de bois !

Le soir venu, un homme qui vit dans l'archipel, rencontré plus tôt dans la journée, surnommé "El Piti" vient nous chercher en bateau afin de nous amener un peu plus loin au bord de l'île, près des mangroves qui peuplent les côtes, pour y découvrir une merveille... En effet, après avoir arrêté le bateau dans la nuit noir, il nous invite à plonger dans l'eau sombre, munis d'un masque de plongée, pour y découvrir le monde incroyable des planctons. Dès que nous bougeons, nous sommes entourés de millions de petits planctons luminescents qui s'éclairent et crépitent puis disparaissent dans les profondeurs noires. Le spectacle sous-marin est grandiose !

Après une douce nuit, bercés au son des vagues, nous profitons du calme de la mer pour emprunter des kayaks et partir à la découverte des environs marins avec Guillermo. Il nous conduit vers les mangroves que nous découvrons cette fois-ci de jour. Elles sont très importantes pour l'écosystème de la région car leurs racines, immergées, filtrent l'eau polluée de la mer. De plus, leurs feuillages et branchages denses constituent un habitat de qualité pour les singes, oiseaux et autres paresseux ! Elles sont présentes sur plusieurs mètres de large entre eau et terre et préviennent ainsi l'érosion du littoral !

Nous débarquons quelques instants sur l'île pour nous enfoncer dans la forêt sauvage, où Guillermo nous présente tout un tas d'arbres, graines, fruits... Jusqu'à atteindre une zone complètement déforestée, où le sol n'est plus que cendres (le feu a permis de finir le travail de "nettoyage" de cette zone)... Guillermo nous explique que cette terre va sûrement être vendue pour y construire un hôtel, pratique qui commence à se répendre sur cette île encore très préservée... Ce constat est triste !

L'après-midi, nous décidons de changer d'île et de partir à la découverte de Mucura. Dès notre arrivée, sur un bateau de locaux, nous sommes gentiment accueillis par Juan Carlos, le tenancier du restaurant donnant sur la plage publique. Il nous invite alors à installer notre tente sur cette plage, au bord de l'eau !

Nous partons ensuite en compagnie de notre guide local improvisé, El Piti, pour explorer les fonds marins avec masque et tubas ! Entre poissons globe, étoiles de mer, divers poissons colorés, jaunes, bleus, verts, coraux, cornichons de mer... Nous sommes gâtés !

Le soir, Juan Carlos nous cuisine le reste de langoustes et de crevettes fraîches du jour, avant de nous laisser la plage pour la nuit ! Quel régal...

Le lendemain, c'est déjà notre dernier jour sur l'archipel !

Après un réveil matinal, nous sommes aux premières loges pour admirer le lever du soleil...

Un spectacle qui se passe de commentaires...

 L'envol d'un pélican

Nous partons ensuite à pied à la découverte de l'île Mucura, où nous rencontrons un petit garçon motivé pour décrocher une noix d'un cocotier et nous la préparer pour que nous dégustions l'eau de coco ! Il nous explique qu'il rêve de devenir footballeur professionnel, comme Juan Cuadrado, un joueur international qui a grandi dans son tout petit village de pêcheur, où nous nous trouvons !

Nous profitons des dernières heures avant notre départ pour nous baigner et déguster les langoustes et crevettes pêchées le matin même... Tout cela a un petit goût de paradis...

Nous prenons finalement la "route" du retour sur une mer très agitée qui arrache quelques cris à l'équipage ! Finalement nous arrivons sains et saufs à Tolu, avec la tête remplie de nouveaux merveilleux souvenirs !

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Alors que notre bus remonte la route 90 en direction de Carthagène, nous demandons au chauffeur de nous déposer au bord de l'axe routier, non loin de la petite ville de San Onofre. C'est d'ici que nous pouvons rejoindre le village peu accessible de Rincón del Mar... Une destination non prévue dans notre itinéraire initial.

À peine descendus du bus, nous sommes sollicités par deux moto-taxis nous ayant remarqués. Après avoir installé, tant bien que mal, nos encombrants sacs à dos, nous enfourchons donc nos bécanes à l'assaut des 18km d'une route sableuse nous séparant de notre destination.

30 minutes plus tard, nous arrivons enfin à Rincón del Mar. Un petit village de pêcheurs ouvert sur la mer des Caraïbes, des plages reposantes, pas de route goudronnée, pas de distributeur automatique, pas de supermarché... Bref, tout ce que nous étions venus chercher en rejoignant cette ville, hors des sentiers battus. Parfait pour recharger les batteries avant de nous confronter à la folie touristique de Carthagène !

Malheureusement, en poussant la porte de l'auberge que nous avions réservée, nous apprenons qu'il n'y a finalement ni places en dortoirs, ni chambres de disponibles... Mais comme notre voyage nous l'a enseigné : en Amérique du Sud, il y a toujours plus de solutions que de problèmes ! On se retrouve finalement dans une cabane, plutôt rudimentaire, surplombant une zone de chantier situé de l'autre côté de la rue et cela nous convient très bien !

Il ne nous faut pas plus d'une demi heure pour finir notre "visite" de la ville... il faut dire que celle-ci se résume presque en une seule et unique rue de sable de 1500 mètres de long. Ici, les couleurs vives des arbres en fleurs contrastent merveilleusement avec les façades teintées des petites maisons de plein pied bordant l'axe principal.

En passant par la plage, les habitations faites de briques et de bois disparaissent rapidement pour laisser place aux cocotiers. Nous nous retrouvons vite au milieu d'une longue baie de sable blanc le long de laquelle il est agréable de marcher les pieds dans l'eau. Évidemment, la baignade est aussi au programme alors que la température de l'eau avoisine les 30°C (c'est d'ailleurs le cas toute l’année ici).

Dans la continuité de notre séjour sur les îles San Bernardo, notre régime alimentaire est constitué essentiellement de poissons grillés, de crevettes et de langoustes fraîchement pêchés... un rêve pour les amateurs de produits de la mer que nous sommes !

Mais ce que nous adorons par dessus tout, c'est l'atmosphère qui règne dans ce petit village où tout le monde se connaît. À peine 24h apres notre arrivée, nous nous y sentons vraiment bien ! Nous nous improvisons professeur d'anglais quand nous passons à l'épicerie, puis partenaires de jeu avec les enfants du village...

En fin d’après-midi, alors que le soleil décline au-dessus du Pacifique, la plage est pleine de vie. Quand certains enfants entament une partie de foot sur la plage, d'autres s'amusent au milieu des vagues... sublimant d'autant plus le coucher de soleil qui s'offre à nous !

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Étape cochée de longue date sur notre itinéraire colombien, nous rejoignons aujourd'hui la ville de Carthagène des Indes. Considérée comme l'une des plus belles villes d'Amérique, elle est naturellement devenue une destination incontournable pour quiconque pose le pied en Colombie. Une étape qui s'annonce donc riche en decouvertes, en couleurs et... en touristes !

En utilisant les transports publics, nous sommes déposés à la lisière du centre-ville (celui-ci étant quasi exclusivement réservé aux piétons) non loin du bastion San Pedro Mártir, là où s'élèvent les premiers ramparts ceinturant la ville.

Nous entamons donc notre visite en prenant un peu de hauteur puisque nous marchons sur une partie de ces 13km de fortifications, vieilles de plusieurs siècles et pourtant incroyablement bien conservées. En contrebas, la ville que l'on surnomme "la perle des Caraïbes" ressemble à un labyrinthe de ruelles pavées au milieu duquel surgissent des dizaines de clochers. En se retournant, la mer bleue azur s'étend jusqu'à l'horizon...

En continuant notre promenade sur les ramparts, nous aperçevons au loin les immenses tours du quatier d'affaires de Bocagrande, aussi surnommé le "Miami de Carthagène". Le contraste architectural entre la vieille ville coloniale, d'un côté, et les grattes-ciels hypermodernes de l'autre est evidemment saisissant mais finalement assez plaisant ! Après plusieurs minutes à profiter de la vue, nous descendons tranquillement vers le cœur de la ville...

Nous déambulons au milieu des charmantes ruelles pavées du centre historique, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Difficile de ne pas tomber en admiration devant cette architecture coloniale exceptionnellement préservée, ses sublimes maisons colorées, ses balcons couverts de bougainvilliers... Toutes les rues sont tellement superbes qu'il est bien difficile de choisir la direction à prendre à chaques croisements.

Nous découvrons d'abord la plaza Santo Domingo, l'une des plus célèbres de la ville où se trouve la plus vieille église de la ville. On y observe aussi la “Gorda Gertrudis", une célèbre sculpture de Fernando Botero, nous replongant le temps d'un instant sur la place principale de Medellin, où sont exposées les principales œuvres de l'artiste.

Puis, au hasard de notre chemin, nous débouchons sur la plaza Bolivar. Une petite place arborée où trône fièrement une statue du célèbre libérateur sud-américain. On y trouve aussi certains des musées et des monuments les plus importants de la ville. Le soir venu, des danseurs investissent la place et mettent à l'honneur les danses traditionnelle des populations afrodescendantes. Un spectacle incontournable !

La ville possède énormément de monuments emblématiques, mais s'il fallait n'en choisir qu'un, cela serait sûrement la cathédrale Santa Catalina. Magnifique avec son dôme blanc et rose pastel qui attire inévitablement l'attention depuis les ramparts. Nous l'admirons sous tous les angles, cherchant la perspective qui la mettra la plus en valeur... Plutôt simple, l'intérieur de la cathédrale n'en est pas moins élégant, avec ses colonnades blanches et son plafond en bois.

Nous passons au milieu de plusieurs petites places ombragées (notamment la San Pedro Claver) où, dans des temps plus anciens, il devait être agréable de s'y arrêter pour siroter un café ou un jus de fruits frais.

Plus tard, nous arrivons à l'extrémité Sud du centre-ville, matérialisée par la présence de la très belle Torre del Reloj (tour de l'horloge). Cette dernière surplombe la vieille porte de la ville, qui était historiquement la seule entrée possible dans Carthagène.

À l'intérieur des remparts, elle débouche sur la Plaza de los Coches, anciennement Plaza de los esclavos, où se déroulait le cruel marché aux esclaves à l'époque où Carthagène des Indes était reconnue comme le plus grand port négrier du continent sud-américain...

Enfin, si Carthagène peut être décrite comme une ville aux mille couleurs, nous pouvons affirmer qu'elle le doit autant à ses façades et ses balcons fleuris qu'aux costumes traditionnels de ses habitants !

Les habitants de la zone géographique nord de la côte colombienne sont appelés "palenqueros". Il s'agit en fait du nom d'une communauté fondée par des esclaves Africains ayant réussi à échapper au régime esclavagiste pendant la période coloniale.

Aujourd'hui, la ville est essentiellement peuplée des descendants de la communauté perpétuant les us et coutumes de leurs aînés. Nous croisons de nombreuses "palenqueras" ; femmes portant une tenue traditionnelle composée d'une robe multicolore en tissu satiné et d'un panier chargé de fruits frais, qu'elles transportent en équilibre sur leur tête.

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Nous quittons Carthagène des Indes en direction de la cité portuaire de Barranquilla, quatrième ville de Colombie par sa taille. Située sur le delta du fleuve Magdalena, la métropole est décrite comme une ville assez terne, suffocante et oppressante. Elle est tout de même célèbre pour avoir vu naître la star musicale nationale, Shakira. Mais ce n'est pas pour marcher sur les traces de la reine de la pop colombienne que nous avons décidé de rejoindre la capitale du département d'Atlántico... Mais bien pour assister à ce qui est assurément la fête folklorique et culturelle la plus importante de Colombie : le carnaval de Barranquilla ! Les quatre jours de fête intense (entre le samedi précédent le Mercredi des Cendres et Mardi gras) font de ce carnaval le troisième au niveau mondial après ceux de Rio de Janeiro et Venise !

Un divertissement XXL et des chiffres fous, plutôt évocateurs de l'ampleur de l'événement, alors que les festivités rassemblent environ 3 millions de personnes, dont 1,5 millions de participants (soit l'équivalent de la population de la ville !).

Nous plongeons donc, le temps d'une journée, dans la folie de ce festival ! Entre danses, musiques et bien sûr costumes (plus colorés les uns que les autres), c'est toute la richesse et la variété culturelle de la côte caraïbe colombienne que nous voyons défiler sous nos yeux ébaillis....

Un long texte descriptif ne saurait rendre hommage à la beauté de ce spectacle très visuel. C'est donc par des photos, plus parlantes que les mots, que nous résumons cette étape au rythme de la cumbia !

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Nous arrivons en pleine nuit dans la ville de Santa Marta, après avoir quitté les festivités du carnaval de Barranquilla !

Elle sera une ville étape pour nous, car centrale pour rejoindre plusieurs lieux d'intérêt dans la région.

Nous nous promenons tout de même dans son centre-ville, pour découvrir sa Plaza Bolivar ou encore sa basilique Santa Marta, ainsi que sa plage et son port donnant directement sur la ville.

On y trouve aussi de bons petits restaurants, qui nous permettent de varier un peu de la nourriture traditionnelle colombienne (qui est toujours à base de viande, riz, pommes de terre, bananes frites). Le soir, l'ambiance est festive et il est agréable de prendre un petit cocktail en terrasse pour se rafraîchir !

De son marché central, nous prenons un mini-bus pour nous rendre à Taganga, ville côtière située à quelques kilomètres de Santa Marta. Elle fut, au début des années 2000 une station balnéaire à la mode, mais son déclin fut aussi rapide que sa montée en puissance. Ainsi, aujourd'hui, elle est encore fréquentée par les touristes de passage mais les hôtels et autres auberges de la grande époque sont aujourd'hui moins fréquentés, voire à l'abandon...

Ici, il est agréable de déguster un bon poisson grillé tout juste péché !

Après ce repas face à la mer, nous nous mettons à la recherche d'une petite crique de pêcheur, conseillée par notre copine Amandine, rencontrée au début du voyage... Suite une belle marche sur les falaises environnantes et le passage sur une plage bondée, nous arrivons enfin sur une magnifique petite plage, accessible par un chemin abrupte qui descent de la falaise ! L'eau y est bleue cristalline, et nous sommes seulement une dizaine de personnes, sans compter les pêcheurs locaux.

À notre entrée dans l'eau, nous sommes entourés de nombreux poissons nommés "sergents majors des Caraïbes" !

Cela nous donne envie d'enfiler nos lunettes de plongée et tubas pour aller explorer les environs... Nous nous retrouvons face à de nombreuses espèces de poissons tous plus colorés les uns que les autres, des poissons globe, des coraux... C'est superbe !

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C'est parti pour 2 jours de randonnée dans le Parc National Tayrona. C'est un des plus importants parcs naturels de Colombie, et nous rejoignons une de ses entrées après seulement 30 minutes de bus depuis Santa Marta.

Après le passage au point de contrôle d'entrée, pour y régler notre billet et notre assurance obligatoire (en cas d'accident, pour être secourus...), nous marchons quelques kilomètres sous un soleil de plomb et sur un chemin faits d'une succession de montées et descentes, pour atteindre notre premier but : le camping "La Cima", situé en pleine forêt, où nous souhaitons poser notre tente ! Il porte d'ailleurs bien son nom, dont la traduction française est "le sommet", puisqu'il donne accès à un point de vue vertigineux d'où nous avons l'impression de dominer l'ensemble de ce parc montagneux et verdoyant !

Lardin, le propriétaire de ce bel endroit, nous propose même de monter notre tente ici, mais le vent fort nous décourage vite ! Ainsi, nous nous installerons plus bas, avec les autres tentes.

Une fois nos affaires déposées, nous nous lançons dans une première randonnée pour atteindre une petite plage, se trouvant à environ 6 km de notre campement. Peu après notre départ, nous passons par un village de maisons construites en briques de terre, qui regroupe une tribu d'indigènes, descendants des indiens de Tayrona, vivant aujourd'hui comme vivaient leurs ancêtres, en harmonie avec la "Pachamama" (la terre mère). Ils subviennent à leurs besoins principalement grâce à leur agriculture et leur artisanat.

Nous nous enfonçons dans la forêt, sur un petit chemin très peu fréquenté. Ainsi, cela nous laisse tout le loisir de garder le silence pour nous imprégner de l'ambiance, en écoutant les bruits qui nous entourent... Nous entendons de nombreux chants d'oiseaux, des bruits d'animaux se déplaçant dans les feuilles mortes tombées au sol, le son des feuillages agités par le vent... Mais ce qui nous impressionne le plus, c'est ce cri grave et assourdissant, entre ronflement et grognement, provenant des hauts arbres qui nous entourent... Nous ne verrons jamais l'animal à l'origine de ce bruit sourd, mais nous apprendrons plus tard, grâce à Lardin, qu'il s'agissait de singes hurleurs !

Nous évoluons dans ce décor impressionnant, à l'ombre des palmiers, cocotiers, manguiers et autres arbres immenses, jusqu'à appercevoir au loin le bleu turquoise de la mer, qui se confond presque avec le ciel dégagé qui la rejoint à l'horizon.

Cela nous motive pour parcourir les derniers kilomètres qui nous séparent de la Playa Brava ! Mais en chemin, nous entendons des branches craquer à quelques mètres de nous... En observant bien, nous nous rendons compte que nous sommes cernés par des singes, appelés "titis" ! Ils sont curieux et s'approchent de nous mais gardent tout de même une bonne distance pour ne pas être dérangés !

L'arrivée sur la Playa Brava est une récompense de taille ! L'eau cristalline, le sable blanc, les palmiers, tout est réuni pour créer un décor de carte postale. Quelques cabanes ont été construites pour accueillir les marcheurs qui viennent jusqu'ici, avec hamacs donnant directement sur la plage.

Très peu de personnes sont présentes ici, ce qui nous permet de profiter de ce petit paradis en toute tranquillité !

Nous rentrons ensuite vers la Cima, pour y passer la nuit. En arrivant, l'heure de la douche se transforme en petite aventure, puisque nous sommes entourés de dizaines d'araignées qui peuplent les lieux (situés en extérieur, dans le jardin) !

Ce soir, au menu, c'est poisson grillé, riz et patacon (banane plantain verte écrasée frite). Avant d'aller dormir, les jeunes de la communauté dans laquelle nous nous trouvons allument un feu, un garçon se met à jouer de la guitare, on fait du pop corn au feu de bois et on goutte au guarapo (alcool typique colombien, à base de jus de canne à sucre fermenté).

Le lendemain matin, nous partons pour une longue journée de marche, entre forêt et plage.

La forêt plongeant directement dans la mer, nous descendons des pentes abruptes pour rejoindre la playa Cabo San Juan del Guia.

Comme la veille, le spectacle que nous avons sous les yeux est très beau ! La journée s'écoulera au rythme de nos pas, qui nous conduiront tantôt au cœur de l'écrin vert, tantôt sur le sable blanc, dernier rempart avant la mer.

Nous rencontrons à nouveau des singes titis et nous croisons des capucins, qui eux, sont beaucoup moins farouches que leurs cousins !

Après 20 kilomètres de marche sur un parcours vallonné, nous atteignons la sortie du parc, avec des images incroyables plein la tête !

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Après plusieurs étapes pour remonter la côte Caraïbe colombienne (depuis Carthagène des Indes jusqu'à Santa Marta), quelques jours de retraite à l'écart de son agitation et de sa chaleur étouffante s'imposent ! Nous jetons notre dévolu sur Minca, petit village de montagne non loin de Santa Marta. Il nous faudra une petite heure de route pour rejoindre notre destination. Nous débarquons dans un charmant village, niché à 600m d'altitude, où le temps semble s'écouler tranquillement au cœur de la Sierra Nevada. Un changement d’atmosphère et de climat puisque la température est bien plus supportable que celle de notre point de départ en contrebas.

Au-delà de son petit centre, la commune de Minca s'étend sur des dizaines d'hectares au sein desquels se trouvent plusieurs lieux très reculés, éparpillés sur les flancs de montagnes entourant la localité. Nous décidons de rejoindre la Finca San Rafael, comptant parmi ces endroits ”perdus’’. Pour cela, nous utilisons notre moyen de transport favori en Colombie, la mototaxi ! Mais cette fois-ci, le trajet ne sera pas une partie de plaisir... Nos chauffeurs du jour foncent sur un chemin qui ressemble bien plus à un sentier de randonnée pierreux qu'à une route praticable en 2 roues. Agrippés tant bien que mal à l'arrière, il s'en faut parfois de peu pour que l'on perde l'équilibre, entraînés par le poids de nos sacs à dos.

Nous arrivons finalement à l'entrée de la Finca, un endroit superbe perdu au milieu d'une épaisse forêt et entouré de sommets vertigineux... que nous avons la chance d'admirer depuis la fenêtre de notre chambre. Une vue incroyablement apaisante qui incite à la détente !

C'est donc imprégnés de cette atmosphère que nous décidons de prendre 2 jours de repos... un mot que nous avons un peu sorti de notre vocabulaire depuis le début de notre voyage. Au programme : lecture dans un hamac, baignade dans la piscine, apéro devant le coucher de soleil, dessins et rédaction des articles sur nos dernières étapes...

Pas de quoi se fouler une cheville ! Quoique le naturel revient vite au galop puisque Guillaume décide de se lancer dans une petite randonnée avec dénivelé afin de rejoindre un mirador situé non loin là . L'occasion de se balader au milieu des plantations de cafés et des cacaoyers de la Finca (qui produit aussi du chocolat) avant de rejoindre le point de vue final. À cette altitude, on aperçoit les montagnes de la Sierra Nevada plonger vers la mer et les tours blanches de Santa Marta, visibles au loin.

Notre séjour est aussi forcément marqué par le café biologique de la Finca... Les grains sèchent sur la petite terrasse sous notre fenêtre et nous avons la chance de déguster la boisson locale, en libre service, tout au long de la journée.

Mais Minca est aussi réputé pour sa grande variété d'oiseaux, c'est donc accompagnés de colibris et autres oiseaux de couleurs variées que nous prenons nos petit-déjeuners.

Bref, une étape café vraiment du bien !

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Après un peu plus de deux semaines à sillonner la côte Caraïbe, nous entamons notre descente vers Bogota en effectuant un premier arrêt à San Gil. Nous laissons donc la mer derrière nous pour mieux retrouver les canyons, les forêts, les rivières et cascades propre à la région de Santander.

Une étape qui risque d'être accompagnée de sensations fortes puisque la région est réputée pour toutes les activités de sports d’aventure, du rafting dans les rapides des puissantes rivières jusqu’au parapente en passant par le saut à l'élastique !

Nous arrivons à San Gil après un trajet de plus de quatorze heures depuis Santa Marta (et un changement express par Bucaramanga). Nous nous sentons tout de suite bien dans cette ville, à taille humaine, qui nous replonge dans l'atmosphère calme et décontractée des "terres colombiennes". Même si San Gil connaît une croissance importante avec énormément de constructions récentes, sans réel charme, la ville possède un petit centre historique plutôt sympa. Autour de la place centrale et de son église, quelques blocs de rues offrent une architecture coloniale typique de la région avec quelques rues pavées de gros blocs de pierre. Au-delà de la beauté de la ville, nous sommes, une fois de plus, séduits par la simplicité et la gentillesse de ses habitants. Il ne faut pas s'asseoir plus de quelques minutes sur un des bancs de la place centrale pour qu'un passant s'arrête et entame la discussion...

Le lendemain matin, nous nous réveillons de bonne heure, habités par un sentiment se trouvant entre l'excitation et l'impatience... puisque nous avons réservé une session parapente pour survoler le Canyon de Chicamocha ! Difficile d’écrire beaucoup de lignes sur cette activité tant la sensation de voler au-dessus du second canyon le plus long du monde est indescriptible...

Le temps semble tout à coup s'être arrêté alors que nous planons au gré des courants ascendants, induits par l'évaporation de l'eau en contrebas. Notre moniteur nous explique que le beau temps et le ciel bleu rendent le vol plus technique (en l'absence de nuages, les courants ascendants sont difficiles à repérer). Nous pouvons en effet ressentir cela puisqu'il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour ne pas vomir son petit-déjeuner !

Au final, cette session de parapente restera une expérience incroyable qui, de notre point de vue, est à vivre au moins une fois dans sa vie…

L'après-midi, nous nous degourdissons les jambes au parc Gallineral, situé à quelques mètres de notre auberge. Il est agréable de se balader à l'ombre en observant les nombreuses espèces d'arbres que renferment le parc. Nous sommes particulièrement interpellés par les poulaillers, espèce d'arbres, sur les branches desquels pendent de filandreuses lianes semblables à de longues barbes grises.

Nous continuons notre parcours autour de San Gil en partant à la découverte de la cascade Juan Curi. Recommandée autant par les guides touristiques que par les locaux, nous avons hâte de découvrir ces chutes d'eau qui, a priori, valent le détour !

Bien que plutôt court d'un point de vue kilométrique, le sentier menant à la cascade nécessite pourtant une certaine agilité et un peu d'efforts physiques. Plusieurs cordes sont installées le long du parcours pour franchir les cours d'eau ou escalader les parois rocheuses. Nous continuons à remonter de petites chutes d'eau à l'aide d'échelles en bois à travers la forêt jusqu'à apercevoir la fameuse cascade Juan Curi...

Le site est vraiment exceptionnel. Nous nous retrouvons au milieu d'un petit cirque, du sommet duquel vient se jeter une chute d’eau d’environ 80 m de hauteur... Au centre de cet écrin, la cascade vient se deverser dans un bassin parfaitement rond, arrosant au passage la verdure luxuriante accrochée à la roche...

Même si nous n'avons pas le courage d'aller nous baigner dans cette eau bien fraîche, ce qui n'est pas le cas de quelques locaux présents sur place, nous profitons au maximum de ce lieu enchanté, avant de nous décider à continuer notre chemin pour rejoindre le point de départ...encore sous le charme de ce décor de carte postale !

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De San Gil, nous prenons le chemin de ce petit village appelé "le plus beau village de Colombie" par ses habitants... Équipés de notre tente, notre but est d'y trouver un camping pour y passer la prochaine nuit !

Quand le petit bus nous dépose dans la première rue à l'entrée du village, nous nous sentons tout se suite dépaysés. Des rues pavées, des petites maison blanches ou ocres alignées, le silence, les portes ouvertes de quelques boutiques d'artisanat nous invitant à entrer pour jeter un œil.. Tout ceci plante le décor de cet endroit hors du temps ! Décidément, la Colombie regorge de "pueblos" (villages) tranquilles, conservés comme si le temps n'avait aucune prise sur eux...

Les habitants sont à l'image du lieu où ils vivent, sereins et accueillants.

Nous trouvons le seul camping proche du centre, tenu par Rodrigo, avec qui il est agréable de discuter ! Nous planterons donc notre tente ici ce soir !

Nous profitons des derniers moments avant la tombée de la nuit pour déambuler dans les rues toutes plus jolies les unes que les autres, avec en toile de fond les montagnes environnantes.

Le soleil décline déjà alors nous rejoignons rapidement l'autre côté du village pour admirer son coucher depuis un mirador.

Le soir, la place centrale est animée, avec ses quelques cafés et restaurants qui proposent des spécialités Colombiennes.

Le lendemain matin, nous partons sur les pas des indigènes qui peuplaient la région (en particulier les Guaneses) avant l'époque coloniale, qui construisèrent un chemin reliant différentes villes Colombiennes dont Barrichara et Guane, pour faciliter les échanges commerciaux et les déplacements... Au 19e siècle, un ingénieur allemand nommé Géo Von Langerke fut mandaté pour reconstruire ce chemin, faits de pavée, qui serpente entre forêt et champs agricoles et nous offre des points de vues magnifiques sur le canyon de Chicamocha sur environ 6 kilomètres.

Le charmant village de Guane, peuplé de 200 habitants, est un lieu calme et chaleureux, qui reste très authentique.

Nous y dénichons un café surplombant le canyon; c'est parfait pour se désaltérer après une marche sous un soleil brûlant !

Alors que nous pouvons rejoindre Barichara en tuc tuc, Guillaume insiste pour que nous fassions le chemin inverse à pied. Il fait très chaud mais le chemin reste agréable !

L'après-midi, nous visitons une fabrique artisanale de papier, tenue par la fondation San Lorenzo, composée exclusivement de femmes, mères de famille.

Elles nous expliquent avec passion les différentes étapes de confection, pour obtenir un papier prêt à l'emploi ! Entre trempage à la chaux, cuisson dans l'eau, repos, les fibres des plantes sont travaillées jusqu'à obtenir des filaments fins et soyeux. Ils sont alors étalés sur des tamis restangulaires pour créer des feuilles qui seront séchées et pressées ! Les plantes utilisées pour la fabrication sont multiples, même si les plus prisées ici sont le fique (cactus aux feuilles longues) et les feuilles d'ananas.

Il est déjà l'heure de repartir vers une nouvelle étape, qui sera une des dernières en Colombie...

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Nous reprenons notre route vers le Sud pour rallier la région de Boyaca. Notre ultime étape, avant de rejoindre la capitale colombienne, sera donc Villa de Leyva, un village colonial totalement préservé, posé au pied des imposantes montagnes andines, dans la continuité de notre précédente étape à Barichara.

Arrivés à destination après un trajet de bus de plus de 6h30, nous trouvons une chambre à louer dans une grande maison familiale de deux étages, très légèrement excentrée du cente-ville... parfait pour y passer les 3 prochaines nuits. Cerise sur le gâteau, il y a de l'eau chaude (un luxe que nous n'avons pas eu depuis plusieurs semaines) !

Sans plus attendre, nous descendons vers le centre du village en quête d'un endroit pour manger. Mais nous sommes surtout très impatients de découvrir la célèbre Plaza Mayor, considérée comme l'un des joyaux du patrimoine colombien. Nous marchons au milieu de ruelles pavées, bordées par de belles demeures de style colonial et leurs murs blanchis à la chaux. Il émane des rues pavées de Villa de Leyva une ambiance paisible et apaisante qui n'est pas sans nous rappeller notre séjour dans une autre "ville blanche", Popayan.

En débouchant sur la fameuse place, nous sommes automatiquement frappés par sa grandeur ! Avec une surface de 14 000 m², il s'agit en fait de la plus grande place du pays. Les Colombiens aiment même dire qu'elle est la plus grande place d’Amérique latine ! Mais la Plaza Mayor ne doit pas sa réputation qu'à sa superficie puisqu'elle à vraiment de l’allure ! Le sol de la place est jonché de pavés polis et taillés de manière irrégulières, avec en son centre, une petite fontaine, d'une étonnante simplicité, qui a pendant longtemps fourni le village en eau.

Et si la place à autant de cachet, elle le doit aussi aux magnifiques bâtisses coloniales l'entourant (et notamment à sa charmante église paroissiale) et à l'atmosphère romantique qui y règne.

Le lendemain matin, une petite randonnée en bordure du parc national d’Iguaque permet de prendre un peu de hauteur en grimpant sur les sommets alentours. Le parc étant officiellement fermé à cette période de l'année (on dira qu'on a pas vu le panneau), l'idée n'est pas de s'enfoncer trop loin mais de monter suffisamment haut pour avoir un point de vue sur la ville.

En redescendant vers Villa de Leyva, nous passons par des quartiers résidentiels fleuris bourrés de charme, des petits parcs superbement entretenus avant de retomber sur l'incontournable Plaza Mayor.

Villa de Leyva est aussi célèbre pour ses nombreux fossiles marins du crétacé et du mésozoïque (ères géologiques durant lesquelles la région était sous les eaux). D'ailleurs, en s'attardant un peu dans les rues, on remarque que des fossiles sont partout, incrustés dans les sols et les murs.

Nous consacrons notre dernier après-midi à la visite de la plus grande maison d'argile du monde, la Casa Terracota, curiosité architecturale située à quelques kilomètres du centre-ville.

Un lieu magique où la technique et l'architecture fusionnent. A l'origine de ce concept, l’architecte et céramiste colombien Octavio Mendoza Morales, qui a cherché à promouvoir un mode de vie alternatif et harmonieux pour l’individu et la communauté, ainsi que pour son milieu environnant. Pour l'anecdote, il est possible de voir une maison du même artiste en France et plus exactement à Saint-Etienne ! Une maison d'argile que nous ne manquerons pas d'aller observer lors de notre prochain passage dans la région lyonnaise.

Nous avons aussi la chance de visiter l'intérieur de la maison, très fonctionnelle et superbement décorée, et de monter sur sa toiture accessible. C'est sur ce même toit qu'ont élu domicile 3 beaux perroquets peu enclins à partager leurs résidences avec les visiteurs. Ainsi, Marion manquera de peu de se faire attraper les cheveux par l'un d'eux quand un autre voudra en découdre avec les chaussures de Guillaume...

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