Carnet de voyage

Les Papillonneurs

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Dernière étape postée il y a 3 jours
 avec 
G
Guillaume
Voyage en sac à dos à travers l'Amérique du Sud, en passant par l'Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, l'Equateur et la Colombie...
Du 26 septembre 2022 au 11 mars 2023
167 jours
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Publié le 26 septembre 2022

Parce que le voyage c'est d'abord du partage, notamment avec les plus jeunes... 😍

Hier, nous sommes allés à la rencontre d'une classe de CE1-CE2 en Vendée afin de leur présenter notre projet de voyage en sac à dos !

Ils suivront notre périple à travers le partage d'un carnet de bord ainsi que des photos et vidéos 📝📸🎥

Nous partagerons aussi cette aventure avec les enfants de l'association Essor, du quartier Petit Bard à Montpellier ! 🙂

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Le quartier de la Boca est un des plus célèbres de la ville avec ses maisons très colorées. Il paraît que ce sont les pêcheurs, de ce quartier pauvre, qui peignaient leurs maisons avec le reste de peinture destinée à leurs bateaux.


San Telmo, connu pour son grand marché dominical et sa plaza Dorrego, animée au rythme des danseurs de tango !


La fleur du quartier Recoleta, qui s'ouvre et se ferme au rythme des rayons du soleil. Elle fait 23 mètres de haut et 32 mètres de diamètre quand elle est ouverte ! Elle a été fabriquée avec des matériaux recyclés issus de l'aéronautique.

On trouve aussi dans ce quartier animé de belles façades de couleurs...


A Puerto Madero, le grand port de Buenos Aires, les promenades au bord de l'eau sont agréables au milieu des grues, des bateaux et des grattes-ciels.


La nature reprend toujours ses droits !

Promenade dans réserve écologique de Buenos Aires, qui était à l'origine une décharge publique dans les années 70... Au fil du temps, un véritable écosystème s'est développé. Il regroupe de nombreuses espèces de végétaux et d'animaux et est un point de transit pour les oiseaux migrateurs !


Enfin, notre visite de la ville nous a conduit sur la plaza de Mayo. Célèbre pour sa Casa Rosada (Maison du Président) mais aussi pour être le lieu d'un rassemblement particulier, celui de l'association "Las Madres de Plaza de Mayo". Cette association fut créée en 1977 par des mères dont les enfants ont été enlevés et sont depuis portés disparus. C'était en majorité des jeunes hommes et femmes (d'une vingtaine d'années), victimes de la persécution de la dictature en place à cette époque. Le nombre de disparus est estimé à 30 000.

La dernière mère qui vient tous les jeudis manifester sur cette place,depuis plus de quarante ans, a 92 ans !

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La 2ème étape de notre périple s'achève aujourd'hui ! Une étape incroyable entre Argentine et Brésil 🇦🇷🇧🇷

- 275 cascades

- 1500 m³/s de débit moyen

- Jusqu'à 80m de hauteur

Les chiffres sont impressionnants... mais ce n'est rien comparé aux chocs visuel et physique exercés par la force de l'eau...

C'était aussi l'occasion de découvrir la faune et la flore de la forêt subtropicale environnante !

Les chutes d'Iguazu, ce sont bien plus que la beauté d'une des 7 merveilles naturelles du monde, c'est une sensation unique et inoubliable 🤩

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Nous avons passé un peu plus d'une semaine dans la région du Nord Ouest de l'Argentine, autour de la ville de Salta.

Après la visite de Salta, nous avons loué une voiture pour un road trip de quelques jours !

Nous avons débuté notre périple par une boucle au Sud, en commençant par les villages de Cachi puis Molinos où nous avons passé la première nuit. Nous y avons rencontré le propriétaire des lieux, Mario, une personne très accueillante et chaleureuse, avec qui nous avons partagé un assado (le nom argentin du barbecue). Nous avons logé dans la maison de ses grands-parents, faite en adobe (pierres et ciment, typique de cette région). Nous avons pu le remercier en mettant à profit les talents de Guillaume !


Le lendemain, nous avons passé plus de 5 heures sur la mythique Ruta 40, qui est en fait un chemin fait de nids de poule et de cailloux, en nous arrêtant très souvent pour admirer les paysages : des montagnes colorées à perte de vue (c'est le début de la Cordillère des Andes), des cactus, des vigognes...


Puis nous sommes enfin arrivés dans la petite ville de Cafayate, connue pour ces vignobles et très bons vins !


Le lendemain, nous nous sommes rendus au sud de Cafayate, pour visiter les ruines du villages indigène de Quilmes ! 7000 personnes vivaient à cet endroit, avant l'arrivée de colons Espagnols au 16e siècle. Ils résistèrent plus de 100 ans à l'invasion des colons mais finirent par être détruits par ces derniers...


Nous avons ensuite fait route bien plus au Nord, en passant par des canyons magnifiques et des montagnes ocres.


Nous sommes arrivés au Salinas Grandes, un lac asséché, qui a laissé place à une étendue de sel de plusieurs dizaines de kilomètres carrés ! C'est impressionnant ! Le sel y est récolté pour divers usages (industrie, cuisine...).


Notre chemin nous a ensuite mené au village de Purmamarca, puis à Maimara, puis Tilcara, Uquia, pour arriver enfin au Nord de notre trajet : au village de Humahuaca.

A côté, se trouve la Montagne aux 14 couleurs !

Dans ce village, nous avons pu assister, le 12 octobre, à une cérémonie, pour le Jour du Respect de la Diversité Culturelle ! C'est un jour férié en Argentine et très important dans cette région... En effet, elle était composée, avant l'arrivée des colons Espagnols, de nombreux peuples indigènes (appelés ici Pueblos Originarios) qui avaient leurs propres culture, croyances, langue... A l'arrivée des colons, et à la suite de nombreuses luttes, ces peuples ont été soumis à la culture européenne et ont perdu parfois leur culture d'origine. Le but de cette journée est de promouvoir le respect de toutes les cultures, qu'elles soient d'Amérique du Sud ou Européenne et de défendre le fait que nous pouvons tous vivre ensemble et apprendre les uns des autres malgré les différences culturelles, de croyances, de langues...


Partout où nous sommes passés, le Général José de San Martin était très représenté : en statut, le nom d'une rue... C'est lui qui a initié la traversée des Andes pour venir libérer les peuples de l'emprise coloniale au 19e siècle. Il est considéré comme le libérateur des peuples opprimés.


L'identité gastronomique est aussi importante de ce côté de l'Argentine, pour notre plus grand plaisir... On y mange de très bons (et gros) assados (viande grillée), humitas (plat végétarien à base de maïs), tamal (purée de maïs et viande de bœuf cuit dans des feuilles de maïs), empanadas de fromage, légumes, veau ou boeuf, ou encore l'estofado de llama (ragoût de lama) !

Un petit résumé de ce road trip en dessin, signé Guillaume...


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Nous arrivons dans la petite ville de San Pedro de Atacama pour y rester quelques jours, le temps de découvrir les merveilles se trouvant dans le désert environnant.

Le premier jour, nous décidons de louer des vélos pour nous rendre aux Lagunes Cejar, se trouvant en plein désert, à environ 20km de San Pedro. L'effort est intense, nous sommes à 2340 mètres d’altitude. L'arrivée aux lagunes est une belle récompense, suivie d'une baignade dans une eau à 12°c. L'eau y est très salée, ce qui nous fait flotter !

Le lendemain, c'est réveil à 4h30 pour arriver à l'aube, aux Geysers del Tatio ! Le spectacle que nous offre la nature ce matin-là est incroyable ! Il fait -12°C, l'eau qui sort de terre provient des Andes et est à 85°C. Elle est en ébullition, car nous sommes à 4200 mètres d'altitude.

Le troisième jour, nous nous rendons à la Valle de la Luna en vélo. Le terrain est loin d'être plat et les kilomètres s'accumulent. Nous ne savons plus si nous avons le souffle coupé à cause de l'effort ou des paysages lunaires qui se découpent tout au long du chemin... Pour l'anecdote, des robots développés pour aller sur Mars ont été testés dans ce lieu, car les scientifiques considèrent que c'est l'environnement qui se rapproche le plus de celui de Mars sur notre terre.

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Départ matinal de San Pedro de Atacama, Cléo nous récupère à notre auberge vers 7h30 du matin pour nous emmener jusqu'à la frontière bolivienne à environ 1h de route. Le temps pour nous de faire connaissance avec nos compagnons de voyage, un couple de Français très sympathique venu de l'Est de la France, Silène et Maxime !

Une fois la frontière bolivienne passée, beaucoup plus facilement que la frontière Chilienne, nous grimpons dans le 4x4 Land Cruiser de Félix, notre chauffeur-guide pour les 3 prochains jours !


Premier arrêt à la Laguna Blanca à plus de 4300m d'altitude (nous avons pris environ 1500m en a peine 1h00 de route !). Ce sublime lac entouré de volcans tire son nom de la couleur des minéraux qu'il contient et de la couche de glace à sa surface. La présence de flamants roses ajoutent encore plus de magie à ce lieu...


Quelques kilomètres plus loin, nous rejoignons la Laguna Verde. Dominé par le volcan Licancabúr (matérialisant la frontière entre le Chili et la Bolivie), la couleur émeraude de ce lac provient d'une forte concentration de cuivre.


Après avoir traversé le Désert Salvador Dali et sa palette de couleurs ocres, nous arrivons au Termas de Polques. Les eaux thermales émanant du volcan Polques forment des piscines naturelles où il est possible de se baigner. Résultat : un bain à 27° avec une vue incroyable...


Avec un passage à 5000m d'altitude, nous apercevons la fumée des Geysers Sol de Mañana. En nous promenant au milieu de la fumée, issue des nombreuses mares de boue en ébullition, nous pouvons ressentir l'énorme activité géothermique sous nos pieds...


La beauté des paysages que nous traversons semble trouver son paroxysme avec la Laguna Colorada. Nous sommes complètement envoûtés par la couleur de l'eau variant du marron au rouge intense. La pigmentation rouge des algues de ce lac explique sa couleur. Des centaines de flamants roses y séjournent pour se nourrir et se reproduire. Nous croisons aussi de nombreux lamas, histoire de compléter le cadre déjà magnifique...


La nuit venue, nous décidons de sortir regarder le ciel étoilé. L'extrême sécheresse de cette région, ajoutée à sa très faible pollution, en font un des lieux les plus pur sur terre. Ce sont des milliers d'étoiles qui apparaissent au dessus de nos têtes... avec une vue surréaliste sur la voie lactée, que nous pouvons observer à l'œil nu !


Le lendemain, nous reprenons la route (façon de parler car il n'y a pas réellement de route depuis la début de notre périple...) à travers la Valle de las Rocas où nous circulons au milieu des formations rocheuses aux formes étranges (on peut imaginer la forme de la coupe du monde ou encore d'un dromadaire).


Félix nous conduit ensuite au rocher nommé Italia Perdida où nous le suivons dans l'ascension, un peu dangereuse, d'une haute formation rocheuse, mais la récompense est au rendez-vous avec une vue imprenable au sommet.


Plus loin, la Laguna Perdida nous offre encore de nouveaux paysages avec une végétation beaucoup plus dense, associée à de nombreux ruisseaux, contrastant avec les falaises rougeâtres environnantes. Un lieu de pâture privilégié pour les lamas, que nous croisons par dizaine.


La suite de notre périple nous conduira au Canyon del Rio Anaconda. Balayé par les vents, cette immense canyon est d'une profondeur impressionnante ! La vision du vide en contrebas donne rapidement le vertige... Au cœur du canyon, serpente le Rio Anaconda, qui porte effectivement bien son nom.


Les formations montagneuses diminuent progressivement le long de notre trajet jusqu'à notre arrivée dans notre hôtel pour la nuit. Un hôtel de sel duquel nous pouvons apercevoir par la fenêtre l'étendue majestueuse de notre prochaine étape...

En récompense de notre réveil très matinal (4h30 du matin), nous sommes au première loge pour admirer le lever de soleil sur le Salar d'Uyuni... L' horizon semble très lointaine alors que le désert de sel semble s'étendre à l'infini (environ 12000km² selon Félix) ! Le contraste entre le blanc du sel et les couleurs du ciel est magnifique.

Comme perdue au milieu du désert, nous grimpons au sommet de l'île Incahuasi, recouverte de centaines de cactus, pour découvrir un panorama grandiose sur le Salar.

Après un petit déjeuner au pied de l'île, nous nous arrêtons au milieu du Salar, le temps de faire quelques photos en perspective, avec plus ou moins de réussite ! On a du mal à s'imaginer que la couche de sel sous nos pieds mesure plus de 8m de haut...

L'île aux drapeaux et le Dakar monument, rappelant que la célèbre course est passée par la Bolivie, marque la fin du Salar et nous rejoignons la ville d'Uyuni alors que l'étendue blanche disparaît peu à peu...

Enfin, nous passons sur une atmosphère post apocalyptique, avec le cimetière de train d'Uyuni, où de vieilles locomotives à vapeurs du siècle dernier finissent leurs vies tranquillement au milieu du désert...

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Publié le 27 octobre 2022

Potosí

Celestino, 22 ans nous a fait visiter les mines où il travaille depuis déjà 4 ans. Avant ses 18 ans, il venait déjà dans les mines, accompagné de son père pour apprendre le métier. Lui, vient y travailler pour financer ses études de musique. Dans deux ans, il pourra quitter la mine. Il peut être considéré comme "chanceux", comparé à ces nombreux garçons de Potosi, qui commencent à travailler à la mine à 16 ans et n'en ressortent que lorsqu'ils sont gravement malades, le plus souvent du "mal des mines", autrement dit de la silicose.

Cette maladie apparaît à 45, 50 ans maximum. A partir de là, ils ne sont plus en capacité de travailler ni de vivre normalement.

Les journées dans la mine sont éprouvantes et dangereuses, les mineurs y restent le plus souvent 8 heures par jour. Ils font sauter les roches avec de la dynamite, ils ramassent les gravats puis les transportent dans de très lourds charriots, creusent de nouvelles galeries à l'aide de foreuses à air comprimé qui peuvent pesées jusqu'à 50kg...

Le but est de ramasser des gravats qui sont ensuite traités pour obtenir de l'argent, mais aussi une dizaine d'autres minerais.

Une fois que les minerais sont extraits et traités, ils sont envoyés au Chili pour les purifier puis en Asie pour les rendre purs à 100%. Les mineurs sont organisés en coopérative, et se redistribuent ainsi l'argent obtenu de manière égale après avoir donné 20 à 30% à l'État.

Les femmes ne sont pas autorisées à travailler dans les mines car selon la croyance, elles rendraient jalouse la Pachamama (Terre Mère) qui donc donnerait moins de minerais aux mineurs.

Ces derniers vénèrent le dieu des profondeurs, qu'ils appellent "El Tio". Son nom vient du fait qu'en langue Queshua, le "d" ne se prononce pas et ainsi "El Dio" (le dieu) s'est transformé en Tio. Chaque jour avant de commencer le travail, et surtout chaque vendredi, les mineurs font des offrandes au Tio, qui se trouve dans les galeries souterraines, en le couvrant de feuilles de coca, d'alcool à 96° et en lui mettant dans la bouche une cigarette. C'est ensuite au tour des hommes de profiter de ces mêmes "distractions", qui leur permettent d'oublier pour un temps leurs conditions.

Les mines de Potosi étaient un point central en Amérique du Sud lors de la colonisation espagnole au 16e siècle. Énormément d'argent fut extrait du Mont Rico (4782m), qui borde la ville, en employant des esclaves sud-américains et africains.

La "Casa de la moneda" a ainsi été créée dans cette même ville pour fabriquer des pièces d'argent et les estampiller, pour ainsi donner naissance à la première devise.


Sucre

Nous avons eu l'occasion de visiter le musée de la maison de la liberté, qui est considérée comme le musée le plus important de la ville, et sûrement du pays, pour tout ce qu'il représente.

Situé directement sur la place du 25 de Mayo, il s'agit en faite d'un corps de bâtiment regroupant à la même époque : l'école de droit la plus prestigieuse du pays, un évêché et l'assemblée.

Proche de Potosi et de ses mines d'argent (160km environ), la ville de Sucré a su tirer profit de son avantage géographique plus "vivable" (2600m au dessus du niveau de la mer pour Sucre contre 4000m pour Potosi) pour devenir une des villes les plus importantes d'Amérique du Sud sous l'occupation espagnole.

La salle de l'assemblée est incroyable par bien des aspects. Tout d'abord, de part la beauté de son mobilier, avec des meubles en bois nobles le plus souvent recouverts de feuilles d'or, mais surtout pour son aspect historique. En effet, c'est dans cette pièce qu'a été signée la déclaration d'indépendance de la Bolivie, autrefois connue sous le nom d'Altoperù, le 6 août 1825, faisant de la Bolivie le dernier pays d'Amérique du Sud à obtenir son indépendance.

Aujourd'hui, les portraits de Bolivar et Sucre trônent fièrement dans cette pièce entouré des 2 drapeaux officiels du pays :

- Le drapeau damier des pueblos originarios

- Le drapeau, plus connu à l'international, avec les bandes horizontales de couleur rouge, jaune et verte (symbolisant à la fois le sang versé par ceux qui ce sont battus pour l'indépendance, la richesse minière du pays, et notamment ces mines d'or, et la présence de la forêt amazonienne recouvrant plus de la moitié du territoire).

En plus de Bolivar et Sucre, d'autres figures emblématiques se sont battues pour l'indépendance de la Bolivie.

Alors qu'il aura fallu plus de 16 ans de lutte pour l'obtenir, certains de ceux qu'on appelait créoles (personnes nées en Amérique du Sud de 2 parents espagnols) et métisses (personnes nées en Amérique du Sud d'un parent espagnol et un parent indigène), et des indigènes, selon la hiérarchie sociale de l'époque, se soulevèrent. On peut ainsi citer Juana Azurduy de Padilla, métisse très connu pour ses batailles...

Même si la Bolivie a su obtenir son propre territoire, celui-ci s'est vu divisé par 2 depuis la signature de l'indépendance du pays. Lors de la guerre du Pacifique, elle perdit son seul accès à l'océan Pacifique au profit du Chili. Puis elle céda une partie de son territoire au Paraguay et au Brésil après plusieurs défaites militaires...

Aujourd'hui, 67 présidents se sont succédé dans l'histoire du pays. Certains d'entre eux sont restés au pouvoir seulement quelques mois, voir quelques jours, traduisant l'équilibre politique instable du pays. Au final, on dénombre pas moins de 37 coups d'états dans l'histoire politique de la Bolivie !


Sucre est une ville très agréable, très vivante avec son marché central, ses rues qui grouillent de monde, des beaux monuments...

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Publié le 2 novembre 2022

Après plus de 2 semaines intenses entre San Pedro de Atacama et Sucre, les organismes sont fatigués par l'aridité du désert et l'altitude. Passer un petit séjour dans le village de Samaipata, avec son climat subtropical et sa verdure importante, fait donc le plus grand bien !

Les reliefs verdoyants environnants et la tranquillité de la place centrale du village donne un cadre plus reposant et moins touristique que notre dernière étape.


Une première journée culturelle avec la visite d'El Fuerte. Ce site a été érigé à des fins religieuses, et pour y pratiquer des cérémonies, par des populations pré-inca. Les Incas poursuivirent l'aménagement des lieux.

Encore aujourd'hui, la signification précise des nombreux canaux (en forme d'animaux) et des niches creusées à même la roche garde une grande part de mystère...


Situées à quelques kilomètres de Samaipata, dans les plaines de Santa Cruz, les cascades de Cuevas coulent au milieu d’une végétation luxuriante. Petite randonnée et baignades rapides (l'eau est fraîche !) au cœur de se parc naturel, dominé par les reliefs d'Amboró.


Le parc Amboró, situé aux portes de Samaipata, est le troisième plus grand parc national de Bolivie. Sa situation géographique particulière (à la rencontre entre les 3 zones climatiques principales du pays) offre une très grande diversité de faune et de flore.

C'est en compagnie de Carmelo, notre guide/expert en botanique, pour lequel la forêt ne semble plus avoir de secret, que nous partons découvrir le parc. Grâce à ses nombreuses explications, nous apprenons beaucoup sur les vertus médicinales de certaines plantes ou sur le mode de vie des insectes et animaux de la forêt.

Après une longue marche, nous nous retrouvons sous une forêt de fougères géantes ! La luminosité et les couleurs sont incroyables et toutes les nuances de vert semblent présentes...

On dénombre plus de 32 espèces de fougères différentes dans le parc Amboró, se différenciant par leurs modes de captation de l'eau, leurs feuilles, leurs tailles...

Les plus grandes fougères atteignent plus de 10m de haut, témoignant de leur âge de plus de 2000 ans (l'évolution d'une fougère est d'environ 0,5 cm par an) !

Ces plantes sont très importantes pour le cycle de l'eau : elles captent l'humidité de l'air, cette eau circule vers le sol, jusqu'à former de petits ruisseaux, qui coulent pour rejoindre une plus grande rivière en contrebas. Celle-ci, étant située dans une zone plus chaude, laisse l'eau s'évaporer pour former des nuages qui seront captés par les fougères...

Malheureusement, elles sont aussi les témoins du changement climatique. Plus les années passent, moins il y a d'eau et moins les fougères se développent...


Nous reprenons la route pour Cochabamba car nous risquons de nous retrouver bloqués à cause des manifestations importantes dans la région de Santa Cruz commençant à paralyser cette région du pays (pénuries d'essences, difficultés de circulation, etc...)

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Cette étape fut riche en rencontres, en partage et en découvertes...

A notre arrivée à Torotoro, petit village reculé, situé au milieu du Parc National du même nom, nous rencontrons Mathéo, un suisse installé en Bolivie depuis de nombreuses années, plus bolivien que suisse... Nous ne le savons pas encore mais il va rendre notre étape inoubliable !

Le Parc National Torotoro regorge de paysages merveilleux et étonnants...

Accompagnés de notre super guide Leonardo, nous nous rendons d'abord au spectaculaire canyon de Torotoro, situé à seulement 3km de la ville, et profond de plus de 250m ! Nous entamons la longue descente des quelques 800 marches nous menant au fond du canyon où nous découvrons la magnifique cascade "El Vergel" où l'eau s'écoule au milieu des lianes et des parois rocheuses revêtues de mousses verdoyantes.

Le lendemain, Leonardo nous conduit à la Cuidad de Itas, série de grottes de grandes hauteurs (l'une d'elle est appelée cathédrale) aux formes étranges. La longue randonnée nous y menant nous offre des panoramas sur les trésors géologiques de la région.

L'après-midi, nous plongeons au coeur de la Caverna de Umajalanta pour plus de 2 heures de spéléologie... une vraie aventure ! La descente est assez impressionnante, nous faisant parfois ramper dans des boyaux tellement étroits que nous avons l'impression que nous allons restés coincés... Après quelques descentes en rappel, nous descendons jusqu'à 188 mètres sous terre où nous découvrons des dizaines de stalactites et stalagmites, des cascades et quelques chauve-souris...

Cette région est très connue pour les traces que les dinosaures ont laissé sur leur passage à l'aire du crétacé : Diplodocus, Velociraptors...

Mathéo nous embarque avec lui dans sa vieille Land Cruiser, le soir même, pour rejoindre un petit village situé à 3 heures de route de Torotoro : Acasio.

Nous y rejoignons une amie à lui, Lidia, qui prépare la fête des morts chez elle, et ça promet d'être impressionnant ! En effet, nous passons deux jours fantastiques. L'accueil est chaleureux, nous avons l'impression d'être à la maison. On nous fait tout de suite goûter des petits gâteaux confectionnés le matin même, à base de farine de maïs et de cannelle, c'est délicieux ! À peine le temps de déposer nos sacs, nous sommes invités à finaliser l'hôtel d'offrandes, appelé Altar, fabriqué pour rendre hommage aux grands-parents de Lidia décédés.

On se met à table avec les nombreux amis et membres de la famille qui sont déjà présents, avant de débuter les festivités. Celles-ci commencent avec une prière devant l'Altar, puis toutes les maisons du village qui ont aussi fabriqué cet hôtel ouvrent leurs portes pour inviter tous les habitants à venir prier et partager les gâteaux cuisinés et la chicha, l'alcool local fait à base de maïs fermenté. C'est parti pour une longue nuit de recueillement, de rencontres, de partage, de rire aussi... Le lendemain, c'est réveil très matinal pour cuisiner assez de Aji de Fideos (plat a base de aji, sorte de poivron, et de pâtes frites) pour la moitié du village (au moins 150 parts). On met la main à la pâte pour peler les ajis, les mixer, préparer la viande, les pâtes, et faire mijoter tout ça dans une énorme marmite !

On ouvre à nouveau les portes des maison à midi et de très nombreuses personnes viennent partager le repas chez Lidia (il faut dire que c'est une très bonne cuisinière !) En début d'après-midi, tout le village converge vers le cimetière, les bras chargés de petits pains confectionnés les jours précédents, de toutes sortes de gâteaux, boissons, offrandes... On monte alors les tables, les parasols devant les tombes pour faire la fête jusqu'au soir !

Pour nous, il est temps de reprendre la route, qui va durer presque 4 heures pour rejoindre Torotoro. L'occasion de prendre de nouveaux passagers sur route...

Nous appercevons une fête dans un petit village en bord de route, où les convives nous font signe de se joindre à eux. C'est un baptême ! La tradition ici est de laisser pousser les cheveux du petit garçon jusqu'à ce jour, où chaque convive doit couper une mèche de cheveux et offrir un peu d'argent !

A peine arrivés à Torotoro, nous nous joignons aux fêtes dans les maisons pour célébrer la fête des morts, comme nous l'avons fait à Acasio ! Le lendemain il est temps d'assister à une tradition très particulière, propre à ce village : on fabrique de grandes échelles avec des tables et des chaises dans le cimetière pour honorer les défunts. On y accroche toutes sortes d'offrandes, qu'on se partage à la fin des festivités. Là encore, la chicha est plus que présente !

Les nombreuses personnes que nous avons rencontrées et avec qui nous avons partagé ces moments uniques nous ont marqués par leur gentillesse, leur accueil et leur bienveillance !

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Publié le 10 novembre 2022

Après Amboró et Torotoro, nous continuons notre tour des parcs nationaux de Bolivie... Direction Sajama !

Dès notre arrivée, l'impression visuelle est incroyable... Peuplé d'environ 200 habitants, le petit village de Sajama est dominé par le volcan du même nom (le plus haut sommet de Bolivie avec ses 6542m). Le cadre est complété par des centaines de lamas et d'alpaguas déambulant tranquillement autour du village.

Très peu de voitures, un confort succinct, pas d'accès internet... Nous serons coupés du monde pour les 3 prochains jours, ça sera donc un programme nature et sport intensif !

Suite à une nuit très fraîche, nous partons pour notre premier jour de randonnée. Au programme, 37km de marche (pour 1000m de D+) qui nous ferons passer par des geysers, la frontière Chilienne, la laguna Casiri Macho (gigantesque étendue d'eau à 5000m d'altitude), la forêt de Queñuas la plus haute du monde... Tout cela avec une vue magnifique sur le Sajama.

Pour la deuxième journée, nous partons pour une randonnée de 30km ! Direction le Nord, à la découverte d'une autre lagune, la laguna Huayna Khota. Sur le bord du sentier, nous nous arrêtons dans des thermes naturelles, ou nous prenons un bain à 35°C dans un décor de rêve (avec vue sur les volcans, les lamas et les alpaguas).

Le troisième jour, nous nous lançons un défi un peu fou : gravir le 5ème plus haut sommet de Bolivie, le Parinacota. Départ à 2h du matin, après un bon petit déjeuner, avec notre guide Eliceo. Il nous conduit à 5100m d'altitude, point de départ de notre ascension. Plus de 1200m de dénivelé nous séparent alors du sommet (6348m)... Équipés de nos lampes frontales, nous commençons notre lente ascension, à 3h30, au milieu de la nuit bien froide.

Vers 5h30 du matin, les premières lueurs du soleil nous offre un superbe panorama sur le volcan Sajama. Nous en profitons pour faire une première pause alors que nous atteignons les 5500m d'altitude.

A partir des 5700m, le pente commence a se durcire et les jambes se font de plus en plus lourdes, fatiguées par le terrain (sable volcanique) sur lequel nous évoluons depuis le début de notre ascension...

L'apparition de blocs neigeux marque la barre des 6000m. Physiquement, nos organismes commencent vraiment à subir le manque d'oxygène et chaque pas devient difficile... Psychologiquement il faut tenir, alors que la pente pour gravir les 348 derniers mètres de dénivelé s'intensifie encore jusqu'à flirter avec les 40° et que notre guide nous informe que beaucoup abandonnent...

A partir de ce point, il nous faudra alors presque 2h pour arriver au sommet...

Il est difficile de faire plus de 5 pas sans s'arrêter. Marion garde un bon rythme alors que cela devient plus difficile pour Guillaume. Malgré les vertiges et la fatigue grandissante, Marion nous "poussent" vers le haut et nous arrivons (enfin nous nous écroulons) au sommet après plus de 8h d'effort !

A 6348 m, nous nous sentons heureux, exténués mais tellement fiers d'avoir réussi notre objectif ! Comme récompense, la vue est vraiment incroyable.

La descente est vertigineuse, et nous devons dévaler une pente, toujours plus raide, en mode "tout shuss" ! Une sensation incroyable même si cela met encore à contribution nos jambes déjà bien fatiguées par la montée... Nous prenons le temps de profiter du paysage et nous rejoignons la voiture au bout de 1h30 de descente.


Nous rentrons à Sajama, marqués par cette expérience inoubliable qui nous laissera des souvenirs plein la tête pour toute notre vie...

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Notre arrivée a Rurrenabaque, après une nuit de bus difficile sur un chemin très chaotique, est un dépaysement total ! C'est un village niché au cœur de l'Amazonie Bolivienne, où le climat est chaud et humide et où il fait bon vivre. Ici, les mangues tombent des arbres par dizaines et on les mange au bord de la route !

Après la découverte de ce village, nous partons pour quelques jours dans la pampa voisine ! Dans cet environnement, les déplacements ne se font que par la rivière, dans un bateau où nous sommes assis au niveau de l'eau, au plus près de la nature...

Cette rivière et ses berges sont peuplées d'animaux que nous n'avons pas l'habitude de croiser en France... Des centaines d'alligators entourent notre embarcation, des énormes caïmans atteignent les 5 mètres de long, de nombreux oiseaux s'envolent à notre passage et donnent de la voix, des capibaras profitent du soleil avec leurs petits, des Tapirs attendent la tombée de la nuit pour sortir se nourrir, des singes curieux et gourmands nous rejoignent pour piquer un morceau de banane...

Lors de ces trajets, nous nous essayons à la conduite du bateau de Baldemar. Guillaume se débrouille comme un chef, Marion connait des débuts plus difficiles en fonçant malencontreusement sur un alligator...

Nous profitons d'une matinée tranquille et ensoleillée pour aller à la pêche aux Piranhas... L'appât est un beau morceau de steak ! Ça finit par mordre pour Marion !! La dégustation se fera le midi même !

Les levers et les couchers de soleil sont magnifiques...

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Après une heure de pirogue sur le Rio Béni, nous debarquons au campement d'une communauté indigène de la région, point de départ de notre aventure dans la jungle amazonienne !

De bonne heure le lendemain matin, il nous faut préparer nos sacs à dos pour les trois prochains jours... en emmenant que l'essentiel ! Nous faisons le connaissance de notre guide Ramòn (avec qui le courant passe tout de suite très bien malgré sa timidité) et nous commençons notre marche vers le cœur de la jungle en laissant la rassurante communauté derrière nous...

Après une heure de montée éprouvante, nos corps devant aussi s'habituer à la chaleur humide de la Jungle, nous arrivons à un mirador magnifique. L'occasion pour nous de récupérer un peu alors que Ramòn s'active... Minutieusement, il transforme 2 feuilles de palmiers en 2 éventails artisanaux, qu'il nous offre pour supporter la chaleur suffocante de notre environnement.

Nous continuons notre "chemin", alors que Ramòn doit souvent dégager la voie avec sa machette, en apprenant énormément sur les secrets de la Jungle.

En milieu d'après-midi, nous arrivons à notre campement pour la nuit... un abri sommaire avec une bâche en guise de toit !

Après un bain rafraîchissant dans le ruisseau proche du camp, Ramòn allume un feu et nous préparons ensemble un repas consistant afin de reprendre des forces : un Aji de fideo !

Les moustiquaires installées, nous sommes prêts à passer notre première nuit dans la jungle. A la nuit tombée, nous effectuons une petite ronde autour du campement... et c'est un environnement très différent que nous observons ! Des dizaines d'animaux et d'insectes sortent de la forêt et semblent prendre le pouvoir (chauves-souris, araignées venimeuses, crapauds, mille-pattes...). Nous nous endormons alors dans ce milieu hostile, après avoir pris soin de bien vérifier l'intérieur de notre moustiquaire !

Le lendemain matin, Ramòn nous réserve une surprise ! Pour accompagner les pancakes que nous cuisinons pour le petit-déjeuner, il nous prépare un caramel maison... Un vrai délice !

Contrairement au programme initialement prévu, notre guide nous propose de continuer notre route vers le cœur de la jungle pour tenter de rejoindre un autre campement. C'est avec enthousiasme que nous reprenons nos sacs à dos (alors que nous n'avons plus d'eau potable...).

Nous marchons pendant 3h30, durant lesquelles Ramòn nous en apprend toujours plus sur sa Jungle. Il s'arrête souvent pour prendre le temps d'écouter les sons et de sentir les odeurs environnantes, cela nous permet d'observer des singes et même un condor, tranquillement perché au-dessus de nos têtes !

Nous arrivons au campement vers midi, mais mauvaise surprise, l'abri est complètement détruit. Il faut dire que Ramòn n'est pas venu ici depuis 8 mois ! La météo devient moins clémente et des averses viennent perturber notre déjeuner. Ramòn redoute de fortes pluies pendant la nuit... nous ne tardons donc pas à nous mettre au travail pour la construction d'un nouvel abri ! Tailler des branches de bois dur pour bâtir l'ossature, trouver des lianes résistantes pour les fixations, couper des feuilles de palmiers pour réaliser la toiture... Il nous faudra près de 4h pour terminer notre cabane, fatigués mais heureux d'avoir un toit pour la nuit !

Etablir un campement à proximité d'un court d'eau est essentiel ! Nous nous servons de l'eau pour cuisinier, pour boire (nos réserves étant vides) et pour se laver, au milieu de "sardines" piranhas qui nous mordillent les mollets ! Après manger, nous effectuons un petit tour nocturne autour du campement, ce qui nous permet de repérer une colonie de très grosses fourmis toxiques à moins de 10m de notre cabane...

La nuit fut compliquée. Orage et vent violent accompagnent le déluge annoncé par Ramòn, les arbres menacent de tomber à chaque coup de vent et les grenouilles venimeuses profitent de la pluie pour sortir de leur cachette. Nous les aperçevons déambuler à 5cm de notre tête juste derrière notre moustiquaire... et nous les entendons tellement fort que nous avons l'impression qu'elles sont à l'intérieur ! A l'aube, la pluie cesse et nous sommes tous rassurés que cette longue nuit soit derrière nous. Il faut dire que notre cabane a tenu bon !

Le petit-déjeuner pancakes et caramel nous donne de l'énergie pour entamer le chemin retour. Quelques heures de marche plus tard, la densité de la jungle laisse place aux plantations de bananiers et cacaotiers et nous aperçevons les cabanes de la communauté, rassurée de nous voir revenir après cette nuit très compliquée !

Nous sommes vraiment heureux d'avoir vécu cette expérience hors du commun, si dépaysante et instructive !

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Nous sommes très gentillement accueillis dans la communauté indigène de notre guide, Ramón. Dès notre arrivée, nous sommes plongés dans un environnement apaisant de part la simplicité du village, constitué d'une dizaine de cabanes en bois bâties au milieu de la jungle. Ils sont une vingtaine de personnes à vivre en quasi auto-suffisance. Ils cultivent leur riz, leurs bananes, leurs légumes, leurs fèves de cacao, ils ont des poules pour les oeufs....

Ramón a pris le temps de nous initier a la fabrication de chocolat à partir de fèves fraîches...

Après avoir laissé ces fèves sécher au soleil pendant 3 jours, on les fait griller dans une casserole pour faire éclater la pellicule extérieure. Nous pouvons donc ensuite la retirer facilement.

Une fois cette étape terminée, il n'y a plus qu'à passer les fèves dans un moulin et on obtient du chocolat pur !

On le mélange seulement avec un peu d'eau tiède et du sucre, et il est prêt pour la dégustation !! C'est délicieux et ça n'a rien à voir avec ce qu'on a l'habitude de manger !

Les membres de la communauté sont nés dans cette jungle qu'ils maîtrisent si bien et connaissent les plantes qui les entourent mieux que personne. Ainsi, ils peuvent faires des infusions de "roble" pour les maux de ventres, trouver de l'eau buvable (même pour nous) dans les lianes, cueillir des feuilles qui permettent de laver le linge, reconnaître les fruits comestibles (comme les pommes sauvages de la jungle) ou encore empoisonner avec une seule goutte de sève d'un arbre bien spécifique...

Avec les feuilles de palmiers, ils peuvent fabriquer de beaux éventails, quand ce n'est pas une cabane pour la nuit !

Avec les graines de plantes, ils confectionnent des bijoux.

Avec les lianes, ils fabriquent des ficelles très resitantes, pour les constructions ou pour se bricoler un sac a dos...

Avec le bois de certains arbres ils construisent des abris très résistants.

Ils savent se repérer dans la jungle de jour comme de nuit. Ils ont une notion du temps très précise sans jamais porter de montre...

Ils savent communiquer avec les animaux, appeler les singes.

Ils sentent quand il y a des tapirs ou des singes cachés a quelques mètres de nous...

Ils sont capables de reconnaître les grenouilles, araignées, et autres insectes toxiques à ne surtout pas toucher.

Nous sommes admiratifs de leurs instincts et leurs connaissances de cet environnement complexe.

Ce qui nous parrait un peu fou, c'est que Ramon ne connait pas la coupe du monde, ce qu'est Barcelone ou encore ne peut pas croire qu'en France nous n'avons pas de jungle ou d'animaux dangereux sur nos côtes qui nous empêcheraient de nous baigner (comme des alligators ou des anacondas).

Nous sommes rentrés dans l'univers parallèle de Ramón, qui nous a profondément touchés et impressionnés et ce fut difficile d'en ressortir sans émotion...

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Publié le 24 novembre 2022

Dès notre arrivée à La Paz, nous sommes frappés par la topographie et l'immensité de la ville ! C'est en prenant de la hauteur, en empruntant le téléphérique (réseau de transport le plus développé de la ville), que nous pouvons le mieux constater l'étendue de la capitale administrative la plus haute du monde... Le centre ville est niché au creux des montagnes environnantes, sur lesquelles s'élèvent les quartiers résidentiels, alors que nous ne pouvons pas distinguer les limites de la ville...

Au cœur de cette gigantesque métropole cohabitent des grattes-ciels hyper modernes, des maisons bourgeoises, des parcs arborés et surtout, des habitations en briques (non enduites) donnant à la ville sa teinte orangé.

L'impression visuelle, vue du haut, est confirmée quand nous descendons dans la ville. C'est une véritable fourmilière ! Les rues sont bondés, les routes saturées et il faut savoir se frayer un chemin sur les trottoirs, investis par les vendeurs de rue, et au milieu des klaxons incessants... Il y a de la vie !

En plus de la modernité de certains de ces quartiers, La Paz habrite aussi quelques trésors par l'intermédiaire de ses rues sorties d'un autre temps... C'est notamment le cas de la calle Apolinar Jaén, étroite rue pavée bordée par ses maisons de toutes les couleurs, vestiges de l'époque coloniale.

La plaza Mayor, et sa superbe basilique San Fransisco, donne accès à l'une des rues principales de la ville, la calle Sagárnaga, sublimée par les couleurs vives des pulls en alpagas, ponchos et autres tissus en devanture des dizaines de magasins se succédant tout au long de cette longue ligne droite. En parallèle, la calle Linares est sublime du sol au "plafond" entre pavés colorés, peintures murales et parapluies (ou autres décorations colorées) suspendus au dessus de nos têtes...

Plus loin, nous nous promenons au coeur du quartier des sorcières, autour de la calle Melchor Jimenez. Les boutiques de vêtements laissent alors leurs place à des commerces plus étranges, avec en exposition des fœtus et jeunes lamas empaillés (pour réaliser des offrandes à la pachamama).

Après quelques jours de marche pour visiter la ville, nous décidons de prendre les vélos, direction la route de la mort ! Cette route tristement célèbre pour avoir été la plus mortelle du monde (plus de 300 morts par an), entraînant sa fermeture et la construction d'une nouvelle route plus sécuritaire, est aujourd'hui réservé aux cyclistes.

Au programme, une longue descente de 67km avec un dénivelé négatif de 3550m !

Le départ se fait à 4750 mètres d'altitude avec 30 premiers kilomètres sur une route en asphalte un peu défoncé, et beaucoup de vent, rendant parfois la descente un peu dangereuse mais cela nous permet de prendre en main notre vélo... car le plus technique est à venir !

Pour les 37 kilomètres restant, nous évoluons sur une route rocailleuse à flan de falaise. Elle est très étroite (parfois moins de 3m de large) et il est difficile d'imaginer que des véhicules, surtout des bus, pouvaient emprunter un tel chemin. Avec plus de 800m de profondeur, le précipice est vraiment vertigineux et nous rappelle à chaque virage de ne pas lâcher nos freins !

Notre folle descente, à travers une végétation luxuriante, nous offre des points de vue exceptionnels !

Quelques pauses bienvenues nous permettent d'admirer le paysage, de détendre nos mains bien contractées et... changer le pneu crevé de Guillaume (pas forcément une bonne idée de rouler à plat sur une telle route) !

Pour les derniers kilomètres, la route s'élargit et la pente devient beaucoup moins importante... nous devons même pédaler sur quelques portions ! C'est donc relativement tranquillement que nous arrivons dans le village marquant la fin de cette super aventure. Nous sommes presque déçus que cela soit déjà terminé !

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Publié le 24 novembre 2022

Avant même l'arrivée à Copacabana, notre destination finale, la très belle vue sur le lac Titicaca, du bus, laisse deviner que les prochains jours seront très agréables...

En effet, nous allions passer 3 jours superbes et ensoleillés !!

Nous commençons par visiter la ville tranquille et apaisante (après l'agitation de la Paz) de Copacabana (et oui, il en existe une autre que celle au Brésil !). Ses petites rues sont vivantes et les habitants sont sympathiques. Nous montons à La Horca del Inca, qui offre un très beau point de vue sur la ville et le lac. Les constructions de pierres incas marquent le solstice d'hiver, le 21 juin. En effet, une sorte d'arche permet de laisser passer le soleil à cette date précise, qui vient éclairer une pierre taillée pour l'occasion. Chaque année, de nombreuses personnes font l'ascension pour assister aux spectacles.

Nous finissons notre balade sur les bords du lac Titicaca, baigné du soleil déclinant. Le spectacle est très joli et reposant.

C'est le plus haut lac navigable du monde, avec ses 3880 mètres d'altitude !

Au dîner, on goutte bien sûr la truite, poisson très pêché et cuisiné ici. C'est très agréable de pouvoir manger du poisson après deux mois sans en déguster !

Le lendemain, on part en bateau pour l'Isla del Sol, située à 1h30 de la côte de Copacabana. Nous débarquons au nord de l'île, dans le but de rejoindre le sud à pied dans la journée, en suivant le sentier des crêtes.

Beaucoup de mystères entourent cette Île du Soleil. Selon une légende inca, c'est d'ici que serait apparu le soleil après un épisode apocalyptique, qui aurait marqué la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. Elle abrite de nombreuses ruines Incas et pré Incas et des preuves de vie datant de plus de 5000 ans y ont été découvertes !

Nous commençons notre randonnée en découvrant de superbes plages de sable blanc.

Nous découvrons ensuite les ruines de l'ancien sanctuaire Chincata qui surplombent le Lac.

Nous traversons l'île, en prenant de la hauteur (jusqu'à 4000 mètres d'altitude). Les paysages sont magnifiques, et nous avons l'impression d'être seuls au monde !

Nous arrivons dans l'après-midi au village de Yumani, plus au Sud, où nous passerons la nuit. La vue de notre chambre est très belle et nous donne envie de prolonger le séjour...

Plus au Sud, se trouve le palais Pilkokaina, qui était réservé à l'empereur inca Tupac Yupanqui.

Le lendemain matin, en attendant le bateau qui nous ramènera à Copacabana, nous profitons du soleil sur le petit port. Nous sommes réquisitionnés par des hommes pour les aider à sortir un bateau de l'eau... L'ambiance de village est agréable !

À notre retour sur le continent, nous en profitons pour nous diriger vers le village de Sampaya, connu pour ces maisons en vieilles pierres. La route nous permet de découvrir des paysages encore et toujours magnifiques. Le village est très calme et semble figé dans le temps. Son mirador nous offre une vue a 360° sur le lac et notamment sur L'Isla de la Luna, la deuxième plus important île ici.