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On continue un bout d'aventure avec Perrine et Romain, qui repartent en France dans 3 semaines. Perrine a trouvé pour nous 4 un wwoofing dans la région du Northland, à 600 km de Hastings. Pour le début de notre exploration de l'île, on fait les choses dans l'ordre en commençant par le haut !

Le Wwoofing est un concept international de voyage qui permet de découvrir le monde à moindres frais. En échange de quelques heures d’aide journalière chez un hôte, on est hébergés et nourris. C'est l'occasion de passer du temps avec des locaux, partager leur mode de vie et en apprendre un peu plus sur leur culture. il n’existe pas de subordination entre le wwoofer et son hôte. Pour que l’échange fonctionne, c’est sur la bonne volonté de chacun qu’il faut compter.

C'est bientôt le printemps, saison qui colle avec la période des naissances chez les animaux d'élevage. Ça tombe bien, l'annonce stipule que l'hôte possède des moutons, dont 4 ou 5 sont sur le point d'accoucher. Il faudra préparer leur arrivée. Il nous tarde de nous occuper des agneaux !

Après 2h de route, nous nous arrêtons faire une pause dans la ville de Taupo. Surprise, on retrouve par hasard Maeva et Seb sur un free-camp ! On est contents de retrouver d'anciens collègues. Changement de programme, on va passer la soirée avec eux. Comme il ne fait pas chaud, on allume un feu à l'aide du barbecue portable de Romain, et on leur raconte les dernières péripéties survenues au travail.

Ils sont heureux de nous voir, le plaisir est partagé !

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Après de nouveaux aux revoirs, nous continuons notre route le lendemain vers le nord. En chemin, nous nous arrêtons dans la région de Rotorua pour aller faire trempette dans un ruisseau chauffé à l'énergie géothermique. De l'eau brûlante provenant du sol remonte dans les eaux froides, rendant la température fort agréable. Et c'est totalement gratuit ! On inaugure donc notre première baignade néo-zélandaise dans des jacuzzis naturel, en sous-vêtements car personne n'a de maillot de bain.

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Romain et Perrine ont très peu visité l'île du Nord. Comme nous nous dirigeons dans le Northland et qu'ils ne reviendront pas en arrière, on fait des arrêts par-ci par-là à des endroits qui valent le coup d'œil.

Les Blue Springs proposent une petite marche en bordure de rivière, qui est tellement pure qu'on en voit le fond comme s'il n'y avait pas d'eau. Les longues algues renvoient de superbes couleurs bleues et vertes. La rivière est très active, elle permet l'approvisionnement de 70% des bouteilles d'eau du pays. Il est interdit de s'y baigner pour ne pas détruire cet environnement.

La route est longue avant d'arriver à destination, le van n'a jamais autant roulé ! On rit en observant celui de Romain et Perrine devant nous dans les montées. Dépassant rarement les 30km/h, il faut bien rétrograder pour pouvoir avancer et de gros nuages de fumées sortent du pot d'échappement. Notre situation n'est guère meilleure, on crée de grandes files de voitures derrière nous. On fait parfois presque du surplace, il faut dire que nos véhicules sont lourds !

Les néo-zélandais conduisent vite avec leurs gros cylindrés (la plupart ont des SUV, sortes de 4x4 conçus pour la route) et ne respectent pas vraiment les limitations de vitesse, autorisée à 100 au maximum. Il y a peu de contrôle routiers et aucun radar fixe. Quelques fois, on croise des voitures de police avec des radars embarqués, mais leurs voitures rouges ne sont absolument pas discrètes, on les voit de loin.

Du coup, nous qui dépassons rarement les 90km/h, on se range fréquemment sur le bas côté pour laisser passer les plus pressés. On se fait remercier par un coup de klaxon ! Sinon, on attend d'arriver au niveau des passing lanes (voie de dépassement) présentes sur des petites portions de route. Généralement placées dans les montées, elles permettent aux énormes camions qui peinent à avancer de rouler sur la voie de gauche pour laisser passer les voitures.

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Nous arrivons enfin à Whangarei chez notre hôte Joy, une américaine d'un certain âge aux tendances hippies. La route qui mène chez elle se transforme vite en gravel road et devient très étroite. On s'enfonce petit à petit dans la campagne, le dernier virage est tellement serré qu'on s'arrête en observant l'ultime montée : on a peur que le van n'arrive jamais jusqu'en haut ! C'est bien dans le trou du cul du monde que nous débarquons.

Joy s'occupe de son mari âgé de 83 ans. Il vit dans une dépendance et n'a pas l'air très bavard. Elle a une maison et un jardin qui mériteraient clairement un peu d'entretien. Sa terrasse est un véritable capharnaüm. Nous avons nous aussi une dépendance avec deux chambres, une salle de bain et un salon. Avant de s'installer, il faut tuer les nombreuses araignées qui ont élu domicile au dessus des lits. Claire n'a pas vraiment envie de dormir là, elle est prête à faire une croix sur le confort d'une chambre, remettre toutes les affaires dans le van et dormir à l'intérieur !

On commence à se demander si on a bien fait de venir ici. Ce n'est pas très propre, et Joy a l'air un peu étrange, malgré sa gentillesse. On a l'impression qu'elle vit en marge de la société, coupée du monde. Elle n'utilise que l'eau de pluie, et nous demande donc de ne pas rester trop longtemps sous la douche. Les garçons sont invités à aller au petit coin dehors pour éviter de trop souvent tirer la chasse d'eau. Il n'y a pas de chauffage à l'intérieur, il faudra mettre une veste si on a froid. Quand elle apprend qu'on a tué des araignées avec un insecticide, elle nous demande de ne plus en utiliser car c'est toxique. Elle n'aime pas trop les appareils électroniques à cause des ondes qu'ils émettent, on comprend pourquoi elle était difficile à joindre.

Elle voudrait savoir combien de temps on compte rester, on préfère lui annoncer une semaine au lieu des deux qu'on avait prévu. On ne va peut-être pas s'éterniser ici au final ! Heureusement, les moutons nous attendent.

Le lendemain, premier jour de travail. On ne s'occupe pas du tout des animaux. On doit ratisser à l'aide de râteaux rouillés et cassés l'extérieur pour enlever les feuilles tombées, faire des petits tas et mettre le tout sur une bâche. Le jardin est vite propre car il n'y a pas grand chose à enlever. Mais ça ne lui convient pas car il ne faut plus une seule feuille par terre ! Ça empêche la repousse de l'herbe selon elle. Et attention de ne pas laisser traîner la bâche sur le sol car ça l'abîme. On rencontre son voisin fermier, il nous confie qu'elle fait faire ce travail à tous les wwoofers qu'elle accueille. Ça n'a aucun sens pour lui, il ne comprend pas pourquoi elle est obnubilée par ces quelques feuilles mortes.

Les moutons gambadent en toute liberté dans son jardin, mais impossible d'aller vers eux car ils sont trop peureux. Il y en a même un qui préfère se jeter tête la première dans le grillage en essayant de passer l'autre côté, plutôt que de se laisser approcher. Seul le bélier, qu'on a surnommé Jimmy, se laisse caresser.

Le jour suivant, nous nous levons plus tôt pour finir de travailler vers 13h et profiter un peu de l'après-midi. Après avoir ratissé et coupé des branches mortes pendant nos 4h de boulot quotidien, on attend que Joy nous apporte le repas du midi. Elle nous sert de nouveau une salade et des patates, avec des courses qu'elle nous avait demandé d'acheter avant d'arriver chez elle ! Patate sautées, patate en salade, patates à l'eau, toujours des patates ! On a tout de même droit à l'agneau qu'elle nous avait promis, mais on doit se battre pour partager les quelques bouts de viande accrochés à un os.

On réfléchit à ce qu'on va faire de notre après-midi. Problème, on est loin de tout, on a la flemme de prendre le van et il ne fait pas très beau. Les filles se font un masque à l'aloe vera piquée dans le jardin pendant que les garçons écoutent de la musique. On s'occupe comme on peut car il n'y a rien à faire !

On va fréquemment vérifier si les moutons ont enfin donné naissance aux bébés. Troisième jour au matin, hallelujah ! Les premiers agneaux sont enfin nés. La mère porte toujours le placenta et les petits ont encore leur cordon ombilical. On entend un bêlement fluet de l'autre côté de la clôture. Un des bébés s'est déjà perdu et appelle sa maman. Coincé dans la végétation et tenant à peine sur ses pattes, il ne peut pas revenir auprès d'elle. On part le sauver pour le ramener auprès de son frère.

On va enfin s'occuper d'eux et faire quelque chose de sympa ! On se voit déjà en train de leur donner le biberon et préparer des lits de paille douillets où ils pourront se reposer. Eh bien pas du tout, Joy nous dit qu'il faut laisser faire la nature, on les laisse tranquille. Elle a bien mieux à nous proposer : on va ramasser les crottes de mouton dans le jardin et couper des tas de chardons avec des outils complètement défectueux. On est ravis.

Non seulement on ne mange jamais avec elle, mais elle nous parle uniquement pour nous donner des tâches à faire. Elle n'est pas méchante, mais généralement quand elle vient vers nous, c'est pour nous reprocher d'avoir fait (ou pas fait) quelque chose. Allez, sans rancune, nous allons la voir après nos heures de travail acharné pour lui proposer de boire une bière avec nous pour simplement discuter et apprendre à la connaître. Elle parle bien français est a l'air d'avoir beaucoup voyagé, elle doit en avoir des choses à raconter. Elle nous répond que c'est gentil de proposer, mais elle a du travail à faire.

Heureusement que nous sommes tous les 4, car seuls nous serions partis depuis belle lurette. On passe de sympathique soirées à jouer à des jeux de société (ils ont évidemment adoré le Bang) et à regarder des séries. C'est reposant après 3 mois de travail à dormir dans un van d'avoir un grand espace à vivre. On a branché un chauffage électrique pour réchauffer le salon car il ne fait vraiment pas chaud. On se doute que Joy n'approuverait pas qu'on utilise "trop" d'électricité, du coup on l'éteint dès qu'on l'entend arriver ! Quand elle vient, c'est la plupart du temps pour demander de faire moins de bruit car son mari n'arrive pas à s'endormir, ou de faire la vaisselle pour pouvoir cuisiner. Lorsqu'on lui montre le travail terminé, elle nous répond que c'est bien mais elle voudrait qu'on en fasse plus.

Un soir, nous attendons en vain notre repas. Il n'arrivera jamais !

Partie en ville dans l'après-midi, elle ne revient que tard le soir. Un pneu a crevé sur la route, c'était tout un bazar pour amener la voiture au garage (ça lui apprendra à ne pas avoir de portable). Encore chamboulée par ses mésaventures, elle nous demande si on veut qu'elle nous prépare à manger. On lui répond d'aller se reposer, on a utilisé nos propres réserves. Ce n'est pas vraiment le principe du wwoofing, mais bon. Déjà le midi, elle nous avait demandé de lui donner des ingrédients afin de pouvoir préparer à manger. Difficile de lui expliquer qu'on n'est pas censés payer nos repas car ça ne fait pas parti du deal.

Un beau jour, nous décidons après notre taille de chardons d'aller en ville pour faire quelques courses avec le van de Perrine et Romain. Joy en profite pour nous demander de faire des emplettes pour elle. On sort nos téléphones pour faire une liste de ce qu'elle veut, elle nous dit de les ranger et préfère noter sur un bout de papier. On a oublié qu'elle a horreur de ces appareils. On met près de 45 minutes pour parcourir quelques kilomètres. En revenant, le van s'enlise dans la boue près du portail. Joy arrive d'un pas précipité pendant qu'on essaye de le pousser : laissons le van où il est, de toute façon elle préfère qu'on ne se gare plus près de la porte d'entrée car les traces de pneus abîment le sol. Sur le chemin qui nous amène à la dépendance, elle nous demande de bien marcher au milieu pour ne pas écraser l'herbe. C'est un sentier qu'elle emprunte avec sa propre voiture, c'est quand même normal qu'il ne soit pas parfait ! Elle nous paraît un peu fofolle la madame.

Elle nous propose de rester avec elle un peu plus longtemps que ce qu'on lui a annoncé. Il y a d'autre travail à faire dans un champ qui lui appartient, on pourra dormir sur place dans nos vans. Vu ce qui nous a été proposé jusqu'à présent, on préfère gentiment décliner.

On est content que la semaine se termine enfin. Le dimanche matin, on nettoie de fond en comble notre dépendance. Perrine et Romain voudraient rapprocher leur van (qui est toujours à l'autre bout du jardin) car ça éviterait de faire de longs aller retours pour charger leurs affaires. Joy ne préfère pas, même quand on lui dit que ça va être compliqué de tout porter jusqu'au portail.

Hard, but not impossible ! qu’elle nous dit. Cerise sur le gâteau, elle nous conseille de prendre une brouette pour que ce soit plus facile. Elle veut même déplacer notre van, qui lui n'a pas bougé depuis le premier jour, afin d'éviter qu'on piétine trop son sol. Elle est décidément complètement allumée. On part sans regret !

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Avant de quitter Whangarei et de monter toujours plus haut dans le nord, nous nous arrêtons voir les chutes d'eau les plus photographiées du pays. Depuis le parking les surplombant, un petit chemin nous emmène pour pouvoir les admirer. Hautes de 25 mètres et tombant dans un grand bassin propice à la baignade en été, on comprend pourquoi les chutes sont réputées.

Un homme est fier de nous montrer les photos qu'il a pu prendre de l'endroit, un jour où toute la zone était inondée.

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À quelques minutes des chutes, se trouvent trois grottes qu'on peut parcourir gratuitement. Après une nuit sur un chouette free-camp, on s'y rend armés de lampes frontales.

Heureusement que c'est bien indiqué comme étant une zone à visiter, car dans le cas contraire on n'oserait pas s'y aventurer de peur que ce ne soit pas sécurisé. L'entrée de la première grotte n'est pas rassurante, c'est un gros trou noir qui s'enfonce dans la roche et il n'y a ni échelle, ni marche pour descendre.

On avance doucement en suivant un cours d'eau qui disparaît dans la pénombre. En éteignant les lumières, on peut observer des glow-worms (vers luisants). Il y a des grottes très connues en Nouvelle-Zélande, les Waitomo Caves, où on peut également en observer. Mais non seulement il y a beaucoup de monde, mais surtout ce n'est pas gratuit ! C'est quand même bien plus sympa d'en voir par nos propres moyens, sans une foule de touristes autour de nous.

Leur développement demande des conditions particulières : une grande humidité, une rivière pour pouvoir se nourrir, le tout dans l'obscurité. Les larves construisent une sorte de toile qui produit une substance visqueuse formant des filaments pendants. Elles émettent de la lumière, attirant ainsi les insectes qui se retrouvent piégés dans les filaments. Elles contrôlent cette émission de lumière et peuvent l’arrêter, notamment quand il y a du bruit.

On déambule dans les grottes suivantes en faisant attention où on met les pieds. L'eau est parfois profonde et surtout glacée ! Il faut jouer des pieds et des mains pour éviter de se tremper. Impossible de se perdre, il n'y a qu'un seul chemin. Nous sommes coupés du monde et quand nous arrêtons de parler, on entend absolument rien.

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Perrine nous a trouvé un second wwoofing, encore plus au nord. On ne veut cependant pas d'un Joy bis ! Rassurés par les commentaires positifs sur les hôtes, on reprend la route.

Par une belle journée ensoleillée, on a l'idée de tester les kayaks qui stagnent sur le toit de notre van depuis presque 3 mois. Ce n'est pas évident de démêler les sangles qui sont bien serrées. Heureusement que le copain Romain est là pour aider. Le van a moins d'allure sans ses ornements !

Galanterie oblige, les filles partent faire un tour en premier. Gilets de sauvetage sur le dos et pagaie en main, les garçons les regardent s'éloigner sur l'océan.

Puis c'est au tour des hommes. Le parisien Romain qui ne compte pas se mouiller finit dès le début à l'eau en essayant de monter dans le kayak. Il lui faut plusieurs tentatives pour enfin réussir à s'asseoir.

À la fin de l'après-midi, une bonne douche de plage est de mise pour enlever tout le sel de mer !

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Romain et Perrine se sont bien trouvés, ils sont nés le même jour du même mois. Nous voulons leur offrir un petit quelque chose pour marquer le coup. La veille, on s'éclipse discrètement en prétextant une course, on les rejoindra sur un free-camp. On va faire développer quelques photos prises avec eux qu'on place dans un cadre, ainsi que du papier cadeau.

Le matin de leur anniversaire, on met le réveil très tôt. Romain le parisien est assez matinal, il ne faudrait pas qu'il nous surprenne en train de préparer la surprise ! On refait le coup de la banderole Happy Birthday de l'anniversaire de Camila, accrochée sur notre van cette fois. Ils ne pourront pas la rater en ouvrant la portière ! Claire prépare les fameux pancakes. On emballe le cadeau... Puis on attend. Il faut qu'ils choisissent ce jour pour faire la grasse matinée ! On décide au bout d'un moment d'aller les réveiller au rythme de la musique Joyeux Anniversaire de Patrick Sébastien.

Après un bon petit déjeuner de rois dans notre "salon", on s'arrête dans une ville prendre un verre symbolique. C'est l'occasion d'aller acheter de nouvelles guirlandes pour le van.

Non loin de là se trouvent des chutes d'eau qu'on rejoint par un petit sentier. C'est à celui qui sautera en premier dans le bassin ! Malgré l'eau glaciale, ça rafraîchit bien.

On s'arrête le soir sur le free-camp le plus sympa qu'on ait pu voir jusqu'à présent. C'est un immense terrain vague juste en face de l'océan pacifique sud. Eloigné de la route, on n'entend aucun bruit si ce n'est les vagues qui s'écrasent sur le sable (c'est l'occasion d'aller faire un peu de body-board). Il est tellement grand qu'il est impossible de se retrouver coller aux autres vans et caravanes. On bénéficie d'un grand espace rien que pour nous. Excellent endroit pour fêter un anniversaire !

Ça tombe bien, on a de quoi faire. Les garçons se sont laissés tentés par un excellent rhum néo-zélandais, tandis que les filles sont au cidre (on ne change pas les bonnes habitudes).

On a prévu de préparer des tacos. Le poulet est découpé, les patates sont prêtes à cuire, mais soudain, plus de gaz dans la bonbonne de Perrine et Romain ! Comble du malheur, on n'en a pas plus non plus depuis la cuisson des pancakes du matin. Il faut sacrément pas avoir de chance pour se retrouver le même jour avec deux vans sans gaz.

Les filles se motivent à aller jusqu'à la ville la plus proche pour recharger les bonbonnes. Qu'elles en profitent pour reprendre à boire aussi, car le rhum est vite descendu ! Finalement, elles ne trouveront pas d'endroit pour faire le plein de gaz. On se contente donc de chips pour le reste de la soirée. Et quelle soirée ! On rigole beaucoup, on chante fort, on fait les enfants, et on se couche très tard.

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Nos quelques jours de voyage entre les deux wwoofing s'achèvent. Nous arrivons en haut de la péninsule de Karikari chez nos nouveaux hôtes, dans le village de Rangiputa. C'est un tout petit endroit isolé dont l'accès se fait pas une longue et unique route. Dave et Debbie, un couple d'anglais venu vivre en Nouvelle-Zélande il y a une quinzaine d'années, possèdent des appartements qu'ils louent pendant la saison estivale. Ils sont à 30 secondes à pied de la plage, il y aura certainement plus de choses à faire que chez Joy !

Partis en vacances, ils ne sont pas encore rentrés quand nous arrivons. Ils nous invitent par message à prendre les clefs situées sous le paillasson d'un des appartements et de prendre possession des lieux ! On trouve vraiment incroyable qu'ils nous fassent confiance sans jamais nous avoir vu, ni entendu au téléphone. C'est aussi ça, la mentalité néo-zélandaise. On préfère quand même attendre sagement sur le parking qu'ils arrivent, car nous ne sommes pas habitués à ça.

Après de brèves présentations, on entre enfin dans notre nouveau chez nous. Quelle surprise en ouvrant la porte ! On a droit à une véritable petite maison, au même titre que les touristes qui payent cher leur semaine de vacances. Sauf que pour nous c'est gratuit !

C'est une fois qu'on est privé du confort qu'on a l'habitude d'avoir, qu'on se rend compte à quel point on est chanceux d'en posséder en temps normal. On va dormir pendant une semaine dans un vrai lit, et dans une vraie chambre ! Salle de bain avec douche chaude et bonne pression, toilettes propres, cuisine équipée et surtout des canapés dans le salon ! Et rien que ça, ça nous donne la pêche ! Romain arrive quand même à casser le socle de la télé dès le premier soir.

L'accord avec nos hôtes est simple : ils ne fournissent pas les repas, mais en contrepartie on travaille que 2h par jour. On trouve l'idée pas mal du tout, ça nous laissera beaucoup de temps libre pour profiter de la plage et on pourra se faire de bons petits plats grâce à la cuisine disponible.

On se demande bien ce qu'ils vont nous donner à faire, car il y a très peu de jardin et la propriété est globalement bien entretenue.

Le lendemain à 10h, nous sommes fixés : les garçons nettoient les vitres de tous les appartements et enlèvent les toiles d'araignée des murs extérieurs, tandis que les filles vont faire du ménage. Au bout d'une bonne heure sans pression, on a fini. Quand on demande à Debbie ce qu'on peut faire d'autre, elle nous répond que c'est bon pour aujourd'hui. Easy peasy (fastoche) le travail !

On sympathise avec les deux clients de l'appartement d'à côté. Le soir, ils reviennent de la pêche et nous font cadeau d'un magnifique poisson prêt à cuire. Les bons repas se font rare en van, on accueille ce plat divin avec plaisir. En voyant le citronnier du voisin croulant sous le poids des fruits, on ne peut s'empêcher d'aller en cueillir deux pour l'assaisonnement.

Le lendemain, les tâches ne sont pas bien plus compliquées. Les filles nettoient l'appartement des deux amis d'à côté fraîchement partis. Les garçons passent l'aspirateur et enlèvent la poussière des autres appartements (il n'y en a que six) et dans le local de la machine à laver. On en fait vite le tour, même en prenant bien le temps de discuter. On n'atteint pas notre quota journalier d'heures pour la seconde fois !

Nous occupons nos soirées à regarder des films et à jouer au Time's up et au Bang.

Perrine et Romain approchent de la fin de leur voyage. Ils préparent l'annonce de vente de leur van qu'ils diffuseront sur les réseaux sociaux. Ils nous parlent des projets qu'ils comptent réaliser en rentrant en France et nous donnent quelques conseils sur les endroits à visiter sur l'île du Sud.

C'est bientôt le printemps, les températures commencent à augmenter. On prend une grande décision : il est temps de ranger les duvets, on n'en aura plus besoin pour dormir !

Dave et Debbie habitent à côté de la réception, ils ont plutôt l'air d'avoir la belle vie avec ces belles étendues de sable juste à côté ! Tout le monde a l'air de se connaître dans le village. On voit souvent des personnes s'arrêter pour leur parler, ou faire un grand signe de la main en passant en voiture.

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On négocie avec nos hôtes de combiner deux matinées de travail en une seule pour pouvoir profiter d'un jour off entier le lendemain. Ainsi, nous pouvons nous rendre à la pointe de l'île du Nord, le cap Reinga, à 2h de là. Assez isolé, c'est un endroit peu fréquenté nécessitant un aller-retour, délaissé par les touristes qui préfèrent généralement prendre la route du sud dès leur arrivée à Auckland. Il faut bien penser à faire le plein de diesel avant de partir car les stations se font rares, pour ne pas dire inexistantes.

Nous prenons l'unique route pour y accéder, elle vaut vraiment le détour. Nous avons de jolies vues panoramiques, qui donnent simultanément sur la mer et sur de grands champs de moutons et de vaches à perte de vue.

La raison principale qui nous pousse à aller à la pointe nord est le phare du cap, qui symbolise la séparation de la mer de Tasman avec l'océan Pacifique. Un sentier d'une quinzaine de minutes depuis un parking nous en donne l'accès. Cet endroit est sacré pour les maoris. C'est ici que les défunts reprennent la route pour rejoindre Hawaiki, la mythique terre des origines des Polynésiens. On peut observer au large les eaux instables provoquées par la rencontre entre l'océan et la mer. Forcément, il se met à pleuvoir une fois arrivés là bas ! On commence à connaître la météo du pays, et on a juste à attendre une dizaine de minutes que le soleil revienne.

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Non loin du phare se trouvent de longues dunes de sable de 140 mètres de hauteur qui longent le cap. Le sport local est de dévaler les pentes en body-board. Quelques baraques proposent d'en louer pour une dizaine de dollars. Mais nous, on a la nôtre !

On fait une marche de quelques minutes jusqu'au pied des dunes, parmi des rochers qui n'en ont que l'apparence. En fait, ce sont des formations de sable forgées par le vent et la pluie.

Planche sous le bras, on escalade chacun notre tour la première dune qui se trouve sur le chemin. Quelques instants d'hésitation tout en reprenant notre souffle (la montée fait les cuisses), et on se lance à plat ventre, avec plus ou moins de réussite !

Autant Romain arrive sans encombre en bas, mais c'est une autre histoire pour Claire et le parisien. Il faut à ce dernier plusieurs essais avant de faire une descente correcte ! Quant à Claire, elle finit par faire de grands tonneaux avant de s'immobiliser devant les autres, hilares. C'est à celui qui fera la meilleure chute. On tente de faire la descente à deux, mais c'est un véritable échec !

En s'éloignant un peu, on peut admirer l'immensité des dunes, avec l'océan en contre bas. On passe une chouette après-midi dans ce petit bout de désert perdu au milieu des collines verdoyantes.

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Nos après-midi au wwoofing sont pour les deux Romain l'occasion d'aller tester les cannes à pêche qui n'ont jamais servi jusqu'à présent.

Dave, grand amateur, se fait un plaisir de fournir des hameçons et de gros appâts sortis tout droit du congélateur. Il montre comment s'y prendre car nous n'en avons jamais fait de notre vie, et c'est confiants que nous partons sur la plage. Le règlement est très strict en Nouvelle-Zélande, il faut un permis pour pouvoir pêcher dans les lacs et les rivières, mais aucun est nécessaire au niveau de la mer. Ça tombe bien, elle est juste à côté.

Ce soir, il y a du poisson au menu les filles ! Malheureusement, après trois bonnes heures passées sans succès à attendre une prise, il faut se résoudre à l'évidence, on va manger des pâtes.

Déterminés à ne pas rester sur un échec, l'expérience est retentée le jour d'après, puis le suivant... En vain ! Pourtant ce n'est pas faute d'essayer différentes approches (en s'avançant dans l'océan jusqu'à avoir l'eau au niveau des cuisses, ou en escaladant des rochers) et plusieurs spots, quitte à prendre le van ! Même en suivant les conseils de Dave qui nous dit d'aller à un endroit précis à une quinzaine de minutes en voiture, aucun poisson n'est pêché là-bas.

On arrivera même à perdre l'hameçon lors d'un lancer ! On ira s'en procurer un autre dans un magasin situé non loin.

Dave, amusé de nous voir sans cesse revenir bredouille, propose de nous accompagner la fois d'après. Il prend sa canne à pêche de compétition et nous fait monter dans sa voiturette qui file à 90km/h sur la plage. Le trajet est génial !

Soudain, il s'arrête sur le rivage. Des gens sont en train de remonter un requin ! Un vrai de vrai ! On n'y croit pas jusqu'à ce qu'on le voit sortir la tête de l'eau. Tout le monde a l'air de trouver ça normal, mais nous on est à la fois choqués et amusés. Dire que la veille on était tranquillement en train de pêcher les pieds dans l'eau !

On apprend qu'il doit y en avoir une dizaine actuellement dans la baie. Des appâts ont été jetés au large depuis un bateau pour les attirer. Leur chair n'est pas mangeable, car toxique. Ils ont simplement attrapé celui-ci pour le plaisir de pêcher, et finissent par le relâcher après avoir immortalisé l'instant sur des photos. La manœuvre est délicate, il faut maintenir sa queue entre les jambes pour pouvoir couper le fil de pêche. De cette façon, le requin est privé de tout mouvement et ne peut pas se retourner pour mordre. Et il n'a pas l'air content ! On le voit disparaître doucement dans l'eau pendant qu'il s'éloigne. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on ira se baigner.

Avec la présence des requins, Dave nous annonce qu'on a 3% de chance d'attraper quoi que ce soit. Tous les poissons ont fui ! Vu qu'on est là et qu'il fait beau, on tente tout de même le coup. En plus notre hôte nous offre les bières ! Ça nous permet de discuter un peu avec lui. Sous ses allures de gaillard pas bavard, il est très sympathique et nous fait partager le bonheur qu'il a de vivre ici. Pour rien au monde il ne déménagerait, on le comprend.

Malgré nos tentatives répétées, on ne pêche rien, comme Dave l'avait prédit. Il a l'air de s'y connaître, comme le prouve à l'accueil une photo de lui tenant fièrement un énorme espadon de 190 kilos. Du coup, on lui fait confiance ! On ne ramène pas de poisson, mais on aura vu un requin. Ça valait le coup !

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Il y a une chose dont on avait beaucoup entendu parlé, mais qu'on n'avait pas encore eu la malchance de croiser : les sandflies. Ce sont sûrement les bestioles les plus détestées de Nouvelle-Zélande.

Semblables à des moustiques, ce sont des insectes bien plus féroces. Elles ont la taille de moucherons, il est difficile de les repérer et on n'entend pas le battement de leurs ailes. Elles peuvent piquer plusieurs fois et ne sont jamais rassasiées. Elles attaquent de nuit comme de jour, aussi bien en hiver qu'en été.

Généralement, on s'aperçoit de leur présence sur la peau trop tard, le mal est déjà fait !

Elles ont beaux être lentes, rien ne sert d'en tuer une car on peut être sûr qu'il y en a des dizaines d'autres qui volent dans le coin. Ça n'empêchera pas d'être attaqué ! Il vaut mieux se couvrir de la tête au pieds si on veut rester dehors. Ça va être pratique cet été !

Le pire, c'est que les boutons qui résultent des piqûres peuvent rester des jours et sont extrêmement démangeants. On fait malheureusement les frais de leurs larcins dès qu'on commence à sortir les shorts. On s'empresse de se procurer un anti-moustique, car on se gratte jusqu'au sang !

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Romain et Perrine vont vendre leur maison sur roulettes dans quelques jours à Auckland, ils ont déjà une bonne dizaine de visites prévues. C'est le moment de remettre de l'ordre dans leur van pour le rendre le plus attrayant possible aux yeux des potentiels acheteurs.

Nous en profitons pour faire de même avec le nôtre pour faire un peu de rangement. On le vide complètement et on pose tout notre bric-à-brac dans l'appartement. Romain et Perrine font de même, et en quelques minutes le salon se transforme en véritable squat ! On enlève même les rideaux et les matelas pour les nettoyer.

On fait un peu de bricolage au niveau de la cuisine, Dave nous prête ses outils bien utiles et vient même nous donner un coup de main. On vérifie également les différents niveaux du moteur (huile, radiateur, frein, direction assistée). En passant de l'anti-rouille sur la plaque de gaz posée sur la terrasse, de vilaines traces du produit chimique s'imprègnent sur les pavés du sol. Il faut frotter fort et plusieurs fois pour que ça disparaisse ! Deuxième bêtise en 3 jours qui fait beaucoup rire tout le monde !

En voyant un jour une voiture de police se garer sur le parking, on pense que c'est en rapport avec le fait qu'on a forcé sur la porte du garage de nos hôtes afin de l'ouvrir. N'importe quoi ! On comprend en fait que Dave a un second métier, il est représentant des forces de l'ordre. Il est tout content de nous présenter son arme de poing, ainsi que son taser (qu'il affectionne particulièrement). Il nous autorise à prendre des photos avec avec les gilets pare-balles, à condition que les armes n'apparaissent pas.

Un matin, il nous demande de déplacer nos vans car de nouveaux occupants vont arriver dans l'appartement d'à côté. Un homme prend des photos, on se dit que c'est un touriste. Puis on voit débarquer un camion rempli de femmes et d'enfants, c'est une grande famille !

Dave nous confie plus tard que l'homme était en fait un agent en civil, et que les femmes et les enfants étaient sous la protection de la police, battus par leurs maris et pères. Le matin où on les a vus, une descente de police était en cours pour arrêter les hommes violents. Ils ont utilisé les appartements de Dave pour réaliser la mission, et ne sont restés qu'une demi-journée.

Les autres matinées de travail sont aussi tranquilles que les précédentes. Dave et Debbie nous demandent de nettoyer leurs voitures, on en profite pour laver l'extérieur de nos vans. On passe des coups de tondeuse par-ci par-là, ou on aide Dave à vider son réservoir d'eau de pluie. C'est lui qui fait la plus grosse partie du travail !

On profite d'une après-midi ensoleillée pour siroter des verres de vin et quelques bières. Les filles veulent se joindre aux garçons, mais ils ont bu tout leur cidre ! Cette histoire se finit en concours de lutte sur la plage. On rigole bien avec Perrine et Romain, ils vont nous manquer ces parisiens ! Beloooooong !

On arrive déjà à la fin de la semaine. Le jour du départ, notre dernière tâche consiste simplement à nettoyer notre appartement.

Dave nous invite à entrer chez lui afin de nous faire goûter sa bière artisanale. Bien qu'on lui dise que nous sommes sur le point de prendre le volant, ça ne l'empêche pas de servir une pinte à chacun ! Au moment des adieux, il nous dit de revenir quand on veut, il a apprécié notre séjour avec eux, idem pour nous. Malheureusement, on ne reviendra plus dans le Northland, mais on se souviendra d'eux.

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Perrine et Romain prennent la direction d'Auckland afin d'effectuer les visites du van. Ils sont à quelques jours du retour à la maison ! Nous allons également passer par la ville pour continuer le voyage, mais on va d'abord s'arrêter sur la route pour aller explorer une grotte gratuite. Ce n'est donc pas un adieu mais un au revoir, car on se retrouve dans une journée, deux maximum. Ça nous fait quand même bizarre de les voir s'éloigner du free-camp où on vient de passer la nuit (un peu dure d'ailleurs après une semaine passée à dormir dans une vraie chambre !).

La Waipu Cave, au même titre que les Abbey Caves, se visite de façon autonome. Tout ce qu'on a à faire, c'est s'équiper de lampes frontales et de bonnes chaussures. La grotte est vaste, bien plus grande que celles qu'on a visité il y a quelques temps. Au lieu de déambuler dans un couloir, on évolue au sein d'une large cavité.

En se plongeant dans le noir, on assiste à un superbe spectacle. Des dizaines et des dizaines de glow-worms se trouvent sur les hauts plafonds. On a clairement l'impression d'avoir un véritable mini ciel étoilé au dessus de nos têtes ! Dommage que l'appareil photo ne puisse pas retranscrire une si belle image.

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En arrivant sur Auckland, nous commençons par aller dans un garage pour changer les filtres à air et à diesel du van. On va désormais se retrouver seuls sur les routes, autant être à jour sur l'entretien du moteur, d'autant plus qu'on n'a aucune idée de quand ont été faites les dernières révisions.

Le fait d'avoir parcouru tant de kilomètres depuis Hastings nous a donné une bien meilleure confiance envers notre troisième compagnon. On n'était pas très serein à l'idée de parcourir 600km d'un coup pour aller dans le Northland, mais on sent dorénavant qu'il pourra nous emmener sans encombre d'un bout à l'autre de la Nouvelle-Zélande.

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On retrouve les copains dans un parc en plein centre-ville. Ils nous avaient manqué ! Après plusieurs visites depuis la veille, ils ont réussi à trouver un acquéreur pour leur van, ça n'aura pas pris beaucoup de temps. Ils sont accompagnés d'Amandine, la nouvelle heureuse propriétaire. Fraîchement arrivée de France, elle va parcourir la Nouvelle-Zélande en solitaire.

Elle a fait un virement bancaire du montant de la vente à Perrine, mais celle-ci n'a pas encore reçu la somme sur son compte. Du coup, ils restent ensemble jusqu'à ce que l'opération soit validée. Les bons comptes font les bons backpackers ! Parce qu'ils ont un billet d'avion interchangeable, ils peuvent fixer leur vol au lendemain.

On veut passer leur dernière soirée en leur compagnie. Le problème, c'est qu'ils n'ont plus d'endroit où dormir ! Car même si on passe la nuit sur le même free-camp qu'Amandine, ils ne se voient pas lui demander de dormir à 3 dans le van... C'est là qu'une idée (pas de génie) nous vient à l'esprit : au lieu de prendre une auberge ou un hôtel, on va faire des économies en dormant à 4 dans le nôtre ! On sent qu'on va passer une très mauvaise nuit, mais c'est une expérience dont on se souviendra. Une fois que le lit est mis et que toutes les affaires de Perrine et Romain sont mises à l'intérieur, il n'y a pratiquement plus de place pour monter. C'est un sacré bazar.

Au final, on dort plutôt bien. Les filles décident de se mettre tête bêche durant la nuit, ce qui donne un semblant de place pour tout le monde. C'est un point que nous pourrons souligner lorsque nous vendrons le van à notre tour !

L'espace à vivre est tellement grand que vous pouvez faire dormir une famille de 4 personnes sans souci !

Ça y est le virement est passé ! Amandine peut débuter son aventure au pays du long nuage blanc. Le vol de Perrine et Romain décolle en fin de journée, ce qui nous donne le temps de visiter un peu la ville. Les bagages faits, on s'en va goûter les délicieux burgers de Wendy's, une chaîne de fast-food américaine. Romain se fait avoir sur son menu et se retrouve avec un hamburger sans pain ! C'est à la manière d'un wrap que le steak et les condiments sont enveloppés... Dans une feuille de salade ! Les néo-zélandais doivent aimer ça, car on s'était déjà fait avoir dans un McDonald's à Hastings. Claire, peinée, lui donne son burger entier avec amour.

Auckland est la plus grande ville du pays. Plus de 1 500 000 habitants y vivent, soit plus d'un quart de la population totale de Nouvelle-Zélande. Elle a beau être très peuplée, elle contient pour les amoureux de la nature de nombreux espaces verts. Construite autour d'une cinquantaine de volcans, elle possède deux ports et est entourée de l'océan Pacifique et de la mer de Tasman. Ce n'est pas tous les jours qu'on voit des cratères en plein centre urbain, dans une ville aussi important que celle-ci.

La ville à été notre porte d'entrée dans le pays, on se doit d'y faire un tour !

La One Tree Hill est une colline d'origine volcanique de 183 mètres d'altitude. Située au jardin public Cornwall, elle est couronnée par un cratère d'où s'élève une obélisque sur son point culminant. Son nom provient d'un arbre solitaire qui surplombait le sommet, avant d'être abattu par les colons en 1852. En marchant jusqu'en haut, on a l'impression de se retrouver en plein arrière pays. L'environnement est un immense terrain de jeu pour les joggeurs, les poules, les familles, les moutons, les enfants et les vaches.

On poursuit la visite accélérée de la ville en gravissant le Mont Eden, volcan le plus proche du centre-ville et aussi le point naturel le plus haut, à 196 mètres d'altitude. D'en haut, on a une belle vue à 360° sur tout Auckland, ainsi que sur les îles environnantes. L'eau est omniprésente ! Non loin de là, on peut observer le mythique stade de rugby qui tire son nom du mont : l'Eden Park.

C'est l'heure du départ pour les parisiens. En tant que personnes très serviables, nous les conduisons jusqu'à l'aéroport. On se promet de se retrouver dans un an et demi dès notre retour sur Paris ! À bientôt les copains !

Quant à nous, on s'empresse de sortir de cette grande ville pour retrouver les longues routes de campagne. Il y a trop de monde ici !

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Le long d'une gravel road (encore une), on croise des sangliers qui se baladent librement tout autour de nous. On s'arrête pour demander à l'homme qu'on aperçoit si on peut descendre du van et s'en approcher. Le voici qu'il nous invite à passer la clôture de chez lui ! Clôture qui ne sert manifestement à rien puisqu'elle n'empêche pas les animaux de se retrouver sur la route. Il ouvre la porte d'une carcasse de voiture pour en sortir un marcassin âgé d'à peine 3 semaines qu'on s'empresse de porter comme un bébé. Ca grouine beaucoup mais c'est adorable et une fois enlacé, ça se love dans le creux des bras dans le silence le plus total. Les gros sangliers quant à eux semblent apprivoisés et se comportent comme des animaux de compagnie : il suffit de leur gratter le ventre pour qu'ils se laissent tomber au sol dans l'attente de caresses.

On discute avec le kiwi, nommé Stu, il est très agréable malgré son accent de bon campagnard à couper au couteau. Il vit dans ce coin perdu depuis maintes années et habite dans une petite maisonnette en face. Il ne vend pas ses animaux et ne les mange pas non plus, il vit seulement en harmonie avec eux. Il est très amusé d'apprendre que son petit sanctuaire qui ne paie pas de mine est renseigné dans "les choses à faire" sur Campermate !

On discute pendant une bonne heure et après avoir failli perdre une main en donnant quelques bouts de pain aux sangliers, on reprend la route, contents d'avoir fait cette rencontre fortuite et enrichissante.

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Il est grand temps de planifier un itinéraire afin de ne rien rater et d'avoir le temps de faire tout ce qu'on souhaite !

 En pleine réflexion

Le planning établi sur toute l'île du Nord (à peu près), on décide de commencer par la péninsule du Coromandel à l'est d'Auckland. On s'arrête au bord d'une gravel road afin d'aller admirer un kauri, arbre emblématique du pays. Celui-ci, âgé d'environ 1200 ans, est plutôt imposant. Il est le 15 ème kauri le plus large de la pénisule et à la particularité d'avoir une forme rectangulaire. Son écorce est tellement épaisse qu'on à l'impression de toucher et de voir de la pierre.

On se sent bien petit 

Autrefois, des forêts épaisses de kauris s’étendaient sur la partie nord du pays. Mais suite à la surexploitation forestière effectuée par les populations occidentales ayant débarqué sur l’archipel néo-zélandais, on estime que seuls 4% de la population initiale a été épargnée. Leur dépérissement est aujourd'hui dû à une bactérie entraînant une maladie pouvant causer la mort de l'arbre. Elle peut notamment être propagée par les chaussures des randonneurs. C'est pour cela qu'ils sont très protégés et leur accès est réglementé.

Les plus beaux spécimens se trouvent dans le Northland, où on peut notamment voir Te Matua Ngahere, le kauri le plus vieux au monde, plus de 16 mètres de circonférence. Son âge est estimé à 4000 ans ! Malheureusement nous n'avons pas eu la chance de lui rendre visite. A cause de l'absence de free-camps dans les environs, nous aurions dû faire beaucoup de route en une seule journée.

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Nichée dans la péninsule du Coromandel, la plage Cathedral Cove avec son arche naturelle taillée dans la roche est considérée comme une des plus belles du pays. Elle est devenue célèbre grâce au film Le monde de Narnia dans lequel certaines scènes ont été tournées à cet endroit. Il fait beau, on compte bien en profiter surtout que la météo peut changer très rapidement. Un circuit de randonnée permet d'arriver sur la plage, mais en voyant des panneaux de location de kayaks permettant l'accès par l'océan, on a la bonne idée d'utiliser les nôtres !

Pas très lourd mais bien encombrant 

Après quelques délicates manipulations du haut du toit du van pour descendre tout le matériel, on s'aventure dans les eaux profondes.

Très prisée par les touristes, on redoute un peu la forte affluence de la fameuse plage. Heureusement, sortant tout juste de l'hiver et étant en pleine semaine hors vacances scolaires, on a la bonne surprise de ne pas trop voir de monde. La plage n'est pas vide mais les promeneurs sont éparpillés, on conserve le sentiment de tranquillité éprouvé pendant le temps passé à glisser sur l'eau.

 Exactement pareil que dans le film !

La plage est très belle et on prend le temps de marcher au bord de l'eau turquoise en observant les superbes rocks de calcaire formés par l'érosion et le vent. La grande arche surplombant et séparant la plage en deux est fidèle à sa réputation.

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L'autre must-do du coin est la plage de Hot Water Beach qu'on a eu l'occasion de voir plusieurs fois dans des reportages sur la Nouvelle-Zélande. A première vue, elle n'a rien de particulier. Pourtant, des sources thermales d'origine volcanique s'écoulent à une quinzaine de mètres de profondeur : deux fissures souterraines laissent filtrer une eau bouillante qui remonte lentement à la surface. Il suffit de creuser au niveau d'une zone précise pour faire jaillir l'eau chaude qui peut monter jusqu'à 65°. En quelques minutes on peut créer une piscine naturelle, vite transformée en jacuzzi privatif à ciel ouvert.

Il ne fallait pas rater ça ! En arrivant sur la plage, il est difficile de se tromper : contrairement à Cathedral Cove, le point central est bondé de monde.

La fin de l'hiver n'arrête pas les plus téméraires 

Pendant que les uns usent d'huile de coude pour renforcer les parois de leur bains à l'aide de pelles, d'autres sont occupés à boire une bière, lire un livre ou simplement dormir bien au chaud. Il n'a pas de place pour nous et il est inutile d'essayer de creuser où il n'y a personne : soit l'eau qui remonte est froide, soit elle est brûlante. Pas de problème, on a le temps. On attend qu'un spot se libère et on peut enfin profiter de ce moment de détente inhabituel. Fruit du hasard, c'est un bordelais qui partage notre spa de fortune, comme quoi le monde est bien petit.

Va falloir peaufiner le bronzage 

On papote et on se prélasse pendant un moment avant d'aller prendre une bonne douche de plage glacée pour rincer le sable qui s'est infiltré partout !

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Autrefois connue pour ses mines d'or et d'argent ayant fait l'objet d'une véritable ruée vers l'or, la région du Coromandel regorge aujourd'hui d'artefacts de ce passé : rails, wagons, ruines, tunnels qui peuvent être visités sur de courtes randonnées. On part faire la Collins Drive Loop, dont le principal intérêt est de traverser un tunnel de 500 mètres traversant une montagne et dans lequel circulait un petit train autrefois.

La montée est rude avec un sacré dénivelé, on est contents de voir au bout d'une quarantaine de minutes l'entrée du tunnel qui est plongé dans le noir le plus total. Heureusement nous avons prévu le coup, nous avons nos lampes frontales (cadeau de départ de nos parisiens) !

On s'enfonce tels des aventuriers dans ce trou sombre, non sans crainte de se faire poursuivre par une créature sortie tout d'un droit d'un film d'horreur. La traversée n'est pas compliquée jusqu'au moment où on passe devant un embranchement. Courageux mais pas téméraires, on décide de rester sur l'axe principal. C'est impressionnant de s'imaginer qu'un train pouvait passer, tant celui-ci est étroit. On croise quelques verts luisants avant d'apercevoir la sortie.

Au final, c'était fun, gratuit, et la randonnée était courte ! On en profite pour aller visiter la mine de Martha, une immense mine d'or à ciel ouvert de 250 mètres de profondeur encore en activité, dont l'exploitation date de la fin des années 1800.

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On continue sur notre lancée pour aller faire un tour dans des gorges abritant d'anciennes mines, accessibles elles-aussi par des chemins de randonnée. Le circuit qu'on emprunte chemine autour de la gorge de Karangahake, passe à travers des tunnels servant autrefois d’accès à la mine, longe des rails et passe des ponts suspendus. On se prend vite au jeu encore une fois à déambuler dans le noir et à se perdre dans les nombreux embranchements.

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En quittant le Coromandel, on s'arrête quelques jours sur Tauranga, la plus grande ville de la région de Bay of Plenty, pour visiter les alentours. Elle possède le plus gros port industriel du pays, surtout en matière d'exportation de bois. On peut voir d'énormes cargos entrer et sortir de la baie. On constate qu'il n'y a pas grand chose à faire, du moins qui nous intéresse. En plus, le temps est nuageux et il pleut beaucoup !

C'est l'occasion de rattraper le retard de trois mois qui a été pris dans la rédaction du blog. C'est que ça demande du temps et de la dévotion ! Ce ne sont pas les free-camps qui manquent dans le coin, donc pas de problème pour se poser à un endroit.

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Lancelot, Marine, Clarence et Manon, nos anciens collègues voyageurs ont retrouvé du travail à Te Puke, située à 20 kilomètres. La ville se targue d'être la capitale mondiale de la production de kiwis. La majeure partie des habitants travaillent dans l'industrie du fruit, des champs de culture sont visibles à perte de vue. Beaucoup de voyageurs ayant comme nous un visa travail viennent dans la région pour y travailler. L'embauche est facile, particulièrement cette année où le gouvernement a déclaré être en pénurie de main d'oeuvre pour la saison de la cueillette.

L'endroit le plus intéressant de Tauranga est le Mont Maunganui, volcan inactif qui surplombe l'océan avec son sommet de 232 mètres et offre une magnifique vue sur la ville, les îles et les plages alentours. On se retrouve tous les six pour faire cette petite promenade. Le temps est maussade, et arrivés au sommet, on ne voit... rien !

On prend une pause sur un coin d'herbe, c'est l'occasion de partager nos aventures respectives depuis qu'on s'est quittés. C'est qu'il peut s'en passer des choses en l'espace d'un mois ! On a l'impression de s'être dit au revoir hier tellement le temps passe vite. Cette sensation est tellement exacerbée par le voyage ! Ca fait plaisir de revoir tout ce petit monde, et entre deux nuages on saisit notre chance pour prendre quelques photos.

Le lendemain, on passe les voir avant de continuer notre route. Ils logent chez leur propriétaire, un népalais adorable et accueillant qui habite en Nouvelle-Zélande depuis plus de 20 ans. On fait la connaissance d'un autre jeune couple vivant sous leur toit, ils comptent faire une partie du pays à pied ! On leur souhaite bien du courage. C'est le moment de dire au revoir, on promet de se revoir sur l'île du Sud.

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On s'arrête faire une courte randonnée pour aller admirer les Wairere Falls, des chutes d'eau de 153 mètres, les plus hautes de l'île du Nord. Le chemin est bien raide pour aller jusqu'au look out (vue), on n'a pas la motivation de faire une heure de marche en plus pour arriver en haut des chutes.

À force de s'obstiner à faire des marches en claquettes, il arrive ce qui devait arriver, Romain se coupe le pied en trébuchant. Heureusement que Claire, bien que mécontente, est au petits soins et lui prodigue les premiers soins !

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On se dirige vers Matamata pour aller réaliser le rêve d'une vie. On va visiter la Comté ! Lieu de tournage des trilogies Le Seigneur des anneaux et Le Hobbit, cet endroit est un lieu mythique incontournable pour les amateurs de cinéma, fans ou pas.

Pour la petite histoire, tout commence en 1998, lorsque le réalisateur Peter Jackson survole la Nouvelle-Zélande en hélicoptère. Il trouve les paysages magnifiques et juge que certains endroits constitueraient des lieux de tournages idéaux pour l’adaptation des romans de J.R.R Tolkien, qu'on ne fera pas l'affront de présenter. Au final, c'est l’intégralité des films qui seront conçus au pays du long nuage blanc !

En réalité, Hobbiton n’est pas exactement le village visible dans la trilogie du Seigneur des anneaux. Après le tournage, la grande partie des décors sont détruits. C’est après la réalisation d’une nouvelle trilogie dix ans plus tard, celle du Hobbit, que le village est alors reconstruit à l'identique, au même endroit, et conservé afin qu’il puisse être visité. Depuis 2013, Ce sont des hordes de touristes qui débarquent chaque année pour fouler les terres de Bilbon et Frodon !

Matamata est une petite ville qui ne paie pas de mine avec ses 8500 habitants. Pourtant, on devine très vite qu'on n'est pas loin du lieu de tournage. Un panneau Welcome to Hobbiton nous accueille à l'entrée de la ville, l'office de tourisme ressemble à s'y méprendre à un trou de hobbit, on trouve des références aux films un peu partout, aussi bien dans les supermarchés que dans les restaurants et les bars !

On a vu les choses en grand pour la visite. Au lieu de faire le tour guidé traditionnel, on a pris le Evening Banquet Tour, qui va nous permettre de faire le tour de la Comté avant le coucher de soleil, de profiter d'un repas à volonté dans l'auberge du film, suivi d'une seconde visite du village, de nuit cette fois. C'est avec excitation qu'on attend 17h, on est arrivés bien trop tôt !

On saisit cette occasion pour aller prendre une douche dans un complexe sportif. Ce n'est peut-être pas une mauvaise idée, cela fait huit jours qu'on ne s'est pas savonnés... Une fois propres comme des sous neufs, on se dirige vers le parking d'où commence la visite. On va faire un tour à la boutique en se promettant de ne rien acheter, on en ressort avec une carte de la Nouvelle-Zélande mentionnant tous les lieux de tournage ! On voit déjà un magnifique cadre accroché au mur du salon de notre future maison.

Ca y est, c'est l'heure ! Un bus nous emmène sur le lieu de visite. Pendant les dix minutes de route, on visionne une vidéo donnant de nombreuses explications (par Peter Jackson en personne) sur le choix et la construction du lieu emblématique de la trilogie, avec en musique de fond le thème de la Comté.

Puis la visite commence...

Comme promis, les décors sont authentiques. La visite est guidée, on ne peut pas circuler librement dans les allées. En voyant le bon côté des choses, cela nous permet d'en apprendre davantage sur la création des films. Le guide nous aide à faire le rapprochement entre les décors et leur utilisation à l’écran. Des précisions utiles, car le village s’est développé entre les deux tournages et compte désormais 44 trous de hobbits. On nous raconte des anecdotes en tout genre, on reconnaît parfaitement les endroits et on se représente facilement les scènes dans nos têtes.

Ici, c'est Frodon qui va à l'encontre de Gandalf sur sa charrette, là c'est Bilbon qui saute la barrière "I'm going on an adventure" ! Les arbres et les plantes sont réels, il y a un véritable potager que cinq jardiniers entretiennent quotidiennement. On apprécie la précision et le détail des décors. Par ici la maison du fromager, par là celle du boucher, en face une pancarte indiquant que le propriétaire est parti pêcher. Clôtures en bois, boites aux lettres et toute sorte d’objets semblent exister depuis des siècles, il y a même un chat qui se prélasse sur une motte de paille.

Sur la colline la plus haute, nous arrivons devant le trou de hobbit le plus connu : Bag End, la maison de Bilbon. L'arbre qui surplombe l'endroit est le seul qui n'est pas vrai. Inexistant lorsque les décorateurs du Seigneur des anneaux ont donné vie au village, la production est allée chercher un énorme chêne à une vingtaine de kilomètres, qu'ils ont déraciné et replanté. Malheureusement, l'arbre n'a pas survécu au voyage retour. Pour le tournage du Hobbit, ils ont décidé d'en créer un faux, réplique parfaite du premier, fait d'acier et de silicone. Toutes les feuilles en plastique qui le composent ont été fixées une par une à la main !

C’est sur le banc en bois que Gandalf et Bilbon fument la pipe en observant les préparatifs de la fête dans le premier Seigneur des anneaux, et c'est aussi ici que le magicien rencontre le jeune Bilbon dans le Hobbit. Tout concorde à la perfection, la porte verte est entrebâillée et l’on aperçoit le début d’un couloir. Mais ce n'est qu'une illusion car rien ne se trouve derrière. En effet, toutes les scènes en intérieur ont été tournées dans les studios à Wellington.

Nous descendons la colline pour atteindre un petit lac où nagent des cygnes noirs. Juste à côté se trouve l’arbre de fête où Bilbon utilise le pouvoir magique de l’anneau pour disparaître durant son anniversaire. Impossible de ne pas être ému en traversant le pont de pierre que Gandalf emprunte au début du premier film.

Il faut ensuite dépasser le moulin à aubes pour rejoindre un décor imposant : le Green Dragon.

En choisissant la visite traditionnelle, on ne peut rester qu'une quinzaine de minutes dans cette auberge, juste le temps de consommer une boisson et il est déjà temps de revenir au bus car le groupe suivant arrive. Mais nous, on attend notre repas ! On a donc le temps de profiter des lieux en attendant que sonne l'ouverture du banquet. A l'intérieur, l'atmosphère est extraordinaire, on en ferait bien notre bistrot quotidien. On remarque une photo du fermier Alexander, le propriétaire des terres sur lesquelles est construit Hobbiton. Transformé en hobbit, il siège fièrement à l'entrée.

C'est l'heure de passer à table ! L'attente en valait la peine, c'est un véritable festin qui nous attend ! On ne se fait pas prier et les festivités commencent, dans la joie et la bonne humeur. On sympathise avec nos voisins, certains n'ont jamais vu les films de Peter Jackson, ils n'en restent pas moins émerveillés par la visite.

Le ventre bien rempli (peut-être même un peu trop, ça fait presque 4 mois qu'on a considérablement réduit nos portions de repas, les estomacs doivent avoir bien rétrécis !), on prend tranquillement le chemin du retour en contournant le lac. Nous déambulons avec des lanternes parmi les maisons illuminées, comme si le village était endormi. On passe devant le trou de hobbit appartenant à Sam, on se remémore le gros plan sur la porte jaune qui précède le générique de fin de la première trilogie.

Déjà qu'on a du mal à marcher après avoir tant mangé, voilà que le guide nous demande de faire un grand cercle autour de lui, et nous fait danser à la manière des hobbits lors d'une fête de village, avec les lanternes comme seules sources de lumière.

On ferme les yeux, et on savoure ce dernier moment paisible en silence.

Ainsi se clôture notre aventure sur les terres les plus paisibles de la Terre du Milieu, l'immersion aura duré plus de 4h. On a l'autorisation de dormir sur le parking pour la nuit mais on a de la route à faire car une autre activité nous attend le lendemain !

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On entend parler d'une île située au large de la Nouvelle Zélande, à 48 kilomètres de Whakatane. Il s'y trouve le volcan sous marin le plus actif du pays, dont la partie émergée s'appelle White Island. En général les volcans ne se visitent pas, surtout quand ils sont en activité. Réservés à des scientifiques téméraires, ils sont interdits au grand public. Cependant, le cratère se trouvant au niveau de la mer, c'est le volcan le plus accessible au monde. Des entreprises ont flairé le bon filon, et des guides professionnels encadrent des excursions avec beaucoup de précautions. Ni une, ni deux, on veut aller voir ça !

On nous met dans le bain dès notre arrivée au point de rendez-vous avant le départ en bateau. On lit les conditions de sécurité, dont voici certains passages :

"White Island est un volcan actif. Le sol peut y être instable et inégal. Il y a beaucoup de zones très chaudes et les émissions de gaz y sont continuelles. Notre équipe va faire tout le nécessaire pour identifier et minimiser les dangers potentiels. Il faudra par contre suivre nos instructions à tout moment"

"C'est un milieu acide, ce qui peut causer la décoloration des vêtements et des bijoux. Notre société ne prend pas la responsabilité pour les dégâts de vos biens, pour les perturbations de votre voyage ou pour les blessures mentales."

"Sous la loi néo-zélandaise, il est très peu probable que vous puissiez nous poursuivre en justice si vous êtes blessé. Pour cette raison, nous recommandons à chaque touriste une assurance tout risque qui couvrirait toutes blessures occasionnées en participant à cette activité."

Ca promet !

La croisière qui nous transporte à proximité du volcan dure un peu plus d'une heure. L'océan est agité et nous secoue pas mal. Le personnel nous avait prévenu, mais on ne s'attendait pas à voir autant de personnes malades ! Près de la moitié des passagers ont le mal de mer, beaucoup se lèvent pour aller prendre l'air à l'arrière du bateau, certains utilisent les sacs mis à disposition... Le voyage nous amuse beaucoup, on rit quand le bateau passe sur la houle qui creuse des trous de deux mètres. Jusqu'à ce que Claire se sente mal ! Nausée, mal de ventre, elle part prendre l'air à son tour. Le personnel est aux petits soins en fournissant serviettes mouillées et couvertures. Elle rigole beaucoup moins d'un coup !

On aperçoit au loin un panache blanc s'échappant du cratère 

On nous fournit casque de protection, masque à gaz et gilet de sauvetage (rien que ça !). Le transfert entre le bateau de croisière et l'île s'effectue en bateau pneumatique. Par groupe de six personnes, on accoste sur un ponton au pied du volcan. Le capitaine est rôdé à la manœuvre, ce n'est pas évident de grimper l'échelle entre deux grosses vagues, sans tomber à l'eau à proximité des rochers.

On découvre les vestiges d'une ancienne mine de soufre qui exploitait autrefois les ressources du volcan. En 1914, une paroi du cratère s'est effondrée, détruisant les constructions et tuant les onze ouvriers dormants à l'intérieur. On ne retrouvera jamais les corps de ces malheureux. Les ruines en décomposition sont rongées par la corrosion et témoignent d'un erreur à ne plus commettre. L'île est inhabitable !

On avance en file indienne en découvrant le spectacle qui s'offre à nous. La consigne qui impose de rester sur le chemin emprunté par les deux guides aux casques rouges semble superflue, car personne n'oserait pratiquer le hors piste dans un environnement aussi hostile. On apprend que les éruptions du volcan sont de type strombolien, c'est à dire qu'il émet des coulées de lave et des explosions qui peuvent entraîner un changement rapide de la topographie du cratère et du paysage environnant. Une puissante odeur de souffre flotte dans l'air.

Comment décrire un tel spectacle ? On a l'impression d'être sur une autre planète. Le sol est gris, constellé de roches jaunes. Des mares de boues en ébullition côtoient des cheminées qui crachent des gaz brûlants. La température de certaines fumerolles avoisine les 800 degrés ! Quand la roche n'est pas blanche ou jaune, elle est carrément rouge.

Nous circulons en contournant des rochers de plusieurs mètres. Le guide nous explique que ce sont des morceaux de laves durcis projetés par la dernière éruption majeure en 2012 qui a duré un an. Il y a de quoi écraser une voiture ! On se demande à quoi serviraient nos casques dans une situation pareille.

On approche du centre du cratère. Une brume blanche recouvre un lac d’acide bouillonnant à la couleur verdâtre entourée de dépôts de soufre. L'eau est à 130° C ! Une éruption en l'an 2000 a formé ce lac en moins de cinq heures. De la fumée épaisse s'en échappe. Il ne s'agit pas du signe annonciateur d'une éruption, c'est simplement de la vapeur d'eau. Le paysage est parsemé de cristaux de soufre jaune fluorescent et de coulées orange et grises. Nos guides nous défendent de nous approcher trop près et demandent de respecter une distance de sécurité.

On continue le tour pour revenir doucement au ponton. Le sol, couvert de cendre, ressemble à du béton. Les guides rendent la visite intéressante et instructive, en nous donnant des explications sur le passé de White Island et sur son activité volcanique d’hier et aujourd'hui. Ils nous proposent de goûter l'eau volcanique de petits "ruisseaux". On s'exécute en trempant un doigt : la première a un goût métallique tandis que la seconde est plus acidulée. On a connu meilleure eau de source !

Il est temps de revenir sur le bateau, on mange un morceau en attendant le départ. Le retour s'avère moins périlleux, car on surfe sur les vagues au lieu de les prendre de plein fouet. Aucun mal de mer n'est à déplorer. Une super journée s'achève, on en a pris plein les yeux et on est contents que le volcan n'ait pas choisi ce jour pour se mettre en colère !

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On prend la route de Rotorua, ville réputée pour sa forte activité géothermique. Premier arrêt, une gigantesque forêt de 5600 hectares célèbre pour ses séquoias de Californie, arbres géants à l'écorce rouge. Plusieurs chemins de randonnée s'offrent à nous, on en choisit un court de 1h30, car d'autres lieux à visiter dans la journée ont attiré notre attention. Les arbres créent une atmosphère particulière lorsqu'on se promène parmi eux. Ils sont immenses (le plus haut d'entre eux atteint 72 mètres), droits comme des piquets et sans la moindre imperfection.

Digne d'un lieu de tournage, un filtre rouge semble être posé sur la forêt. Des points d'eau remplis de soufre se trouvent sur notre chemin, on croise également de nombreux silver fern trees (ponga en maori), une fougère pouvant mesurer plus de dix mètres. Il y en a partout dans le pays, elle est considérée comme le symbole de la Nouvelle-Zélande et est utilisée comme logo du drapeau national de leur équipe de rugby.

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La région autour de Rotorua étant parsemée de lacs, on s'arrête manger autour de deux d'entre eux. Comme leurs noms en maori l'indiquent, le Titikapu Lake est d'une couleur bleu turquoise, tandis que le Rotokakahi Lake est d'un vert sombre. Ces différences s'expliquent par leur fond : le premier est composé de roches volcaniques et le second de sable. Les deux lacs sont séparés de quelques centaines de mètres, et un point de vue permet de les contempler en même temps. La journée est ensoleillée, on en profite.

En arrivant à Rotorua, on se gare immédiatement sur l'un des deux seuls free-camps de la ville. Il y a beaucoup de véhicules qui veulent passer la nuit dans le coin et peu d'emplacements, les places libres sont rares !

On va visiter le centre à pied. On passe devant des étangs remplis de soufre, des pétales en recouvrent un second, les couleurs sont particulièrement belles au printemps.

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L'histoire de la Nouvelle-Zélande a démarré récemment, il y a tout juste 700 ans quand elle a été découverte et colonisée par des populations polynésiennes, ceux qu'on appelle aujourd'hui les maoris. Les colons européens n'arriveront que dans les années 1800.

Bien entendu, de nos jours les maoris ne vivent plus dans des huttes et ne se promènent plus en pagne. Ils vivent comme tout le monde, même si on a clairement l'impression qu'ils représentent les classes les plus pauvres du pays. Ce peuple ne représente plus que 15% de la population totale, mais leur culture est plutôt bien mise en avant. Beaucoup de villages et de villes sont en langue maori, et la région de Rotorua est celle qui les valorise le plus.

On veut en apprendre un peu plus sur leur histoire. Outre les totems et monuments présents partout en ville (et pas mal dans le pays d'ailleurs), il existe des villages reconstitués avec toutes sortes d'activités invitant à découvrir leur patrimoine.

De peur que ces activités soient purement touristiques, sorte d'attrapes touristes qui portent atteinte à l'image de la communauté, on hésite. On aura peut-être plus la chance de côtoyer d'aussi près cette culture, alors on se laisse tenter. Mieux vaut avoir des remords que des regrets !

On décide de faire le Tamaki Maori Village, qui semble être le meilleur du genre.

L'histoire de ce village commence avec deux frères et un rêve de représenter leur culture pour les visiteurs internationaux et les néo-zélandais eux-mêmes. Avec aucune finance, ils vendent leur Harley Davidson pour l'emprunt d'un mini bus afin de mettre le business en marche. Aujourd'hui, les frères emploient plus de 150 maoris qui racontent leurs histoires de voyages sur l'océan Pacifique, de l'adaptation sur de nouvelles terres à l'introduction de la culture occidentale.

Le voyage démarre en bus, le chauffeur nous ouvre les portes de son monde avec humour. Un "chef" est désigné, il devra accepter l'offre de paix proposée par la tribu maori une fois arrivés au village. On est accueilli avec un appel de bienvenue, le karanga, puis par une cérémonie d'accueil traditionnelle, le powhiri. Les bonhommes ne sont pas très rassurants avec leur tatouages faciaux, leurs regards de tueurs et la langue pendue. Ils font des galipettes dans tous les sens, ce qui peut prêter à sourire. C'est pourtant un moment qu'il faut respecter, on nous a demandé au préalable de ne pas rire, ni d'imiter les guerriers.

On entre sur les terres du village reconstitué où différentes activités nous attendent. On apprend à maîtriser le poi, sortes de bâtons au bout desquels se trouvent une boule d'étoffes pendules à une corde. On joue au titi torea, qui se pratique avec des bouts de bois. Nous sommes désignés à chaque fois volontaires pour faire une démonstration devant tout le monde ! Il faut dire qu'on se pousse mutuellement vers le centre du cercle pour pouvoir se moquer gentiment de l'autre. Les hommes sont initiés au haka, la danse guerrière rendue célèbre avec le rugby néo-zélandais, sous le rire des dames.

Un peu plus loin, on nous raconte l'origine de leur tatouage moko et sa signification. Il nous font part de leur importante croyance spirituelle, parsemée de mythes. On en apprend un peu plus sur les armes et les métiers traditionnels.

On découvre le hangi, une méthode de cuisson ancestrale qui consiste à creuser le sol pour y aménager un four et faire mijoter la nourriture à l'aide de pierres chauffées et de vapeur. On enveloppe des paniers d'aliments, viande (poulet, bœuf, mouton), poissons et légumes dans des linges humides qu'on recouvre de terre. Ça donne faim !

Puis on nous emmène dans une pièce à l'architecture maori où on s'installe devant une scène. Les hommes et femmes du village nous transportent avec des chants et des danses typiques, accompagnés d'une guitare.

Le spectacle est folklorique mais néanmoins chorégraphié à la perfection. Les musiques et les chants nous donnent des frissons, on ne veut pas prendre de photo ni de vidéo pour savourer l'instant.

On est conduits dans une salle où un buffet copieux nous attend (encore !). On déguste le hangi avec joie, accompagné de spécialités néo-zélandaises comme les moules vertes, les patates douces Kumara, et le dessert pavlova, à base de meringues, nappé de crème fouettée et recouvert de fruits. Des chants d'adieu clôturent le repas et il est temps de regagner le bus.

Le retour s'effectue lui aussi en musique, le chauffeur demande à chaque nationalité de chanter haut et fort une chanson qui vient de chez nous. On entend de l'australien, de l'allemand, du grec, du singapourien. Pris de court, on ne trouve rien d'autre que Petit Papa Noël. Seul le suisse n'ose pas se mettre en avant ! Le chauffeur finit le voyage en chantant tout ce qui lui passe par la tête, il tape des pieds et des mains et nous fait faire des tours incessants de ronds points. Un beau fou-rire nous prend à ce moment là !

Kia Ora !

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En descendant vers le Sud, on s'arrête contempler quelques merveilles de la nature.

Mud Pools et Rainbow Mountain Scenic Reserve : des piscines de boue fumantes et un chemin menant à un étang de couleur turquoise.

BigSteamy Lake : un lac vert fumant à l'eau chaude

On prend en auto-stop un jeune néo-zélandais de 23 ans qui revient d'un voyage en Afrique du Sud. Très sympathique, il tente de rallier Auckland à Wanaka sur l'île du Sud. Le soir, il dort dans les forêts ou en bord de rivière quand il est coincé dans la campagne. Rien ne le gêne, pas même de se faire lâcher au milieu de nul part sous la pluie ! Un vrai débrouillard !

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Une immense zone volcanique s'étend de White Island jusqu'au parc national du Tongariro. Longue de 350 kilomètres de long et 50 de large, une couche de magma circule en dessous, ce qui explique l'activité géothermique très dense de la région.

Plusieurs parcs proposent des ballades pour contempler ce que la nature est capable de faire. On choisit celui de Wai-O-Tapu, qui a l'air de valoir son pesant d'or.

Afin d'éviter le flot de touristes, on arrive à l'ouverture pour être tranquille et profiter des lieux un maximum. La zone fait partie d'une réserve naturelle qui possède la plus grande activité thermale de la région de Taupo. En entrant, la première chose qui nous rappelle que nous sommes sur une terre volcanique est la forte odeur de soufre remplissant nos narines. Notre odorat doit enfin y être habitué, car ça ne nous dérange plus vraiment !

On découvre des piscines d'eau et de boue, des cratères et des fumerolles.

Certains cratères contiennent des sources bouillonnantes et la plupart ont de grands dépôts de soufre formés par les vapeurs. Ils se sont formés au cours des 900 dernières années, par l'action de l'eau acide arrivant à la surface.

Plus loin, on aperçoit une série de piscines de boue dont la couleur est due aux petits morceaux de graphite et de pétrole qui remontent à la surface, poussés par l'eau.

La grande palette de couleurs naturelles s'explique comme ceci :

  • jaune : soufre
  • orange : antimoine
  • blanc : silice
  • vert : arsenic
  • rouge-brun : oxyde de fer
  • noir : soufre et carbone
  • violet : manganèse

La Champagne Pool possède des variétés de teintes et de tons qui dépendent des piscines et des fumerolles sifflantes. Les couleurs changent constamment selon le niveau d'eau et la direction du vent. La plus grande source fait 60 mètres de profondeur, elle s'est formée il y a 600 ans.

Les sols environnants sont très instables, mieux vaut rester sur le chemin balisé.

Aucun poisson ne peut survivre dans les eaux étant donnée la présence des nombreux composants chimiques.

Un gros cratère, le Devil Pool, contient une eau naturelle d'une couleur étonnante verte/jaune fluo. Ça fait presque mal aux yeux de la fixer trop longtemps ! Plus l'eau est verte, plus il y a d'arsenic.

Au fond du parc se trouve le lac Ngakoro, formé après une éruption il y a 970 ans. Sur le rivage, des jets de vapeur indiquent que l'activité thermale est toujours en cours.

Le Lady Knox Geyser se trouve en dehors du parc, on doit prendre le van pour aller le voir. Autrefois, une prison se tenait à l'emplacement du site. Des prisonniers ont par mégarde fait tomber un savon pendant qu'ils nettoyaient leurs vêtements, la réaction chimique engendrée provoqua une éruption. Il faudrait attendre toutes les 72 heures pour que cela se produise naturellement. Elle est donc provoquée pour les visiteurs tous les jours à 10h15, en glissant du savon à l'intérieur du trou. Ce n'est pas très authentique, mais ça nous permet de voir un geyser en action, dont le jet d'eau peut atteindre 20 mètres en fonction de la météo !

La visite vaut le coût, on en a pris plein la vue ! En partant, on croise pour la troisième fois un groupe d'allemands qu'on avait déjà vu dans le Coromandel à des endroits complètement différents. La situation est amusante, on échange quelques mots et on se dit à bientôt ! Le monde est bien petit.

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On fait une halte au niveau d'une station hydro-électrique qui fournit 15% de l'énergie du pays. Plusieurs fois par jour, les vannes sont ouvertes afin de délester l'eau d'un lac artificiel. À 14h précisément, on se rend sur le pont surplombant la rivière. Une alarme retentit et c'est parti pour une scène qu'on n'a pas l'habitude de voir tous les jours. En quelques minutes, ce qui apparaît comme étant le lit d'un cours d'eau asséché se transforme en véritables rapides de plusieurs mètres de profondeur. Le silence a laissé place au bruit des trombes d'eau qui se déversent entre les rochers.

Le spectacle terminé, on en profite pour aller voir quelques dizaines de mètres plus loin le lieu qui a servi de tournage à la scène des nains qui s'échappent dans des tonneaux de la prison des elfes dans le Hobbit !

Avant / Après

On longe ensuite la rivière pour arriver aux Huka Falls, un des coins les plus photographiés de Nouvelle-Zélande. La hauteur de la chute n'est pas extraordinaire, c'est plutôt une cascade, mais c'est son impressionnant débit qui fait sa réputation. 220000 litres d'eau sont déversés à chaque instant, plusieurs piscines olympiques pourraient être remplies à la minute ! La rivière, qui draine le lac Taupo, passe de 100 mètres de largeur à seulement 15 mètres dans un canyon, ce qui explique l'augmentation importante du flux au niveau de la cascade. La pression est tellement forte que les milliards de bulles formées contenant de l'oxygène rendent la couleur de l'eau turquoise. Même si ça donne envie de tremper les pieds, il est formellement interdit de se baigner, ce qu'on peut aisément comprendre.

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Aujourd'hui en apparence tranquille, le lac Taupo, plus grand lac de Nouvelle-Zélande avec sa surface de 616 km², a pourtant été le théâtre de l'éruption d'un super-volcan il y a 26 500 ans. Expulsant plus de 1000 km² de roche en fusion et de cendre sur toute l'île du Nord, la catastrophe a mené de nombreuses espèces animales à l'extinction. Le lac occupe désormais la caldeira géante qui s'est formée après cette éruption.

Nous passons deux nuits sur l'immense free-camp au bord du lac, à côté de la ville éponyme qui longe la rive Est. Il nous est familier, on y a déjà dormi deux fois ! La première fois à notre arrivée en Nouvelle-Zélande quand nous avons pris la route pour Hastings depuis Auckland, et la seconde fois en se dirigeant dans le Northland avec Perrine et Romain, après avoir fini le travail à Pattullo's Nurseries, quand nous avons croisé par hasard Seb et Maeva.

Depuis le rivage, on aperçoit au loin les montagnes de notre prochain destination : le parc national du Tongariro.

Une petite pause s'impose au McDonald's de la ville, élu le plus original du monde. En effet, on peut manger notre burger dans un avion DC-3, autrefois utilisé par les forces armées américaines et qui fait aujourd'hui office de salle avec une dizaine de tables !


En manque de sensations fortes, on part se faire une petite frayeur au Taupo Cliffhanger Extreme Swing. C'est une sorte de saut à l'élastique, mais au lieu de tomber de façon verticale, on s'élance dans le vide à la manière d'une balançoire à 44 mètres au dessus de la rivière Waikato. On choisit de la faire en tandem car c'est bien plus sympa.

Comme toute activité de ce genre, les photos souvenirs et la vidéo coûtent un bras. En conséquence, on demande à un couple d'asiatiques et à deux jeunes Kiwis de nous filmer discrètement pendant la chute. Et quelle chute ! L'opérateur nous lâche dans le vide par surprise, en libérant la sangle qui nous retient. On en a le souffle coupé ! Claire traverse la vallée en hurlant, à une vitesse de 70km/h en créant un angle de 180°. C'est génial ! L'adrénaline passée, on peut contempler le paysage autour de nous pendant qu'on finit tranquillement de se balancer, l'eau turquoise à quelques dizaines de mètres sous nos pieds.

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On se dirige toujours un peu plus vers le sud avec la prochaine étape du voyage, le parc national du Tongariro, classé à l'UNESCO pour la qualité de ses paysages naturels et pour son patrimoine culturel et spirituel. Plusieurs sommets montagneux sont désignés comme tapu, des lieux extrêmement sacrés aux yeux des maoris. Avec plus d'un million de visiteurs par an, c'est le parc le plus visité de Nouvelle-Zélande. Trois grands volcans en activité s'y trouvent : Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu. Qui dit activité ne signifie pas qu'ils sont en éruption et qu'ils débordent de lave ! On entend par là qu'ils connaissent plusieurs réveils par siècle.

Le Tongariro Alpine Crossing est une randonnée réputée de presque 20 km, que les amoureux de la marche ne doivent manquer sous aucun prétexte ! Le circuit passe au milieu du parc, traverse un désert alpin, descend dans un cratère, contourne des lacs couleur émeraude, longe des sources brûlantes et s'achève dans une forêt vierge.

On est fin septembre, la saison du printemps est déjà bien entamée, mais la neige persiste là haut, le sentier va être parsemé d'embûches ! Revenir sur l'île du Nord n'est pas prévu au programme. De plus le circuit est un véritable boulevard l'été, les randonneurs se suivent en file indienne. On ne veut absolument pas connaître ça. On n'a pas d'autre choix que de faire cette aventure incontournable dans les jours qui suivent.

Après renseignements, il est préférable de louer des crampons car il risque y avoir des passages glacés et de la neige en abondance.

On dort non loin du départ du circuit, sur un free-camp perdu au milieu de nul part. Au bout d'une gravel road, sans réseau, sans lumière, toilettes sèches et seuls au monde ! On ressort les duvets car on est montés en altitude et il ne fait pas chaud. Réveillés à 5h du matin, on prépare les sacs : Bananes, barres de céréales, sandwiches, bouteille d'eau, vêtements chauds, lunettes de soleil, couverture de survie et trousse de premiers secours.

À l'aube le temps est bien maussade, on ne voit pas les montagnes à cause du brouillard. On espère que ça va se lever.

Sur le parking du départ à Mangatepopo, il y a déjà du monde. On parle avec trois amis malaisiens qui reviennent tout juste de la randonnée. Ils sont partis à 2h du matin ces cinglés ! Lampe frontale sur la tête et neige dans la barbe, ils ont dû faire demi-tour car les traces de pas des randonneurs de la veille avaient disparu dans la nuit, impossible de se repérer. Ils nous confirment qu'on a bien fait de prendre des crampons.

La marche commence, on suit un sentier rocailleux qui longe un cours d'eau. La végétation aride se limite à quelques bruyères et tussacks (variété de touffes d'herbe). Nous sommes sur les traces de Frodon et Sam ! Au milieu des roches rouges volcaniques, on comprend les choix de Peter Jackson qui a choisi de poser ses caméras dans le parc pour représenter l'inquiétant Mordor.

Des planches en bois facilitent la marche qui s'apparente à un simple échauffement. On traverse d'anciens lacs de lave solidifiés et on croise les premières traces de neige.

Des bornes indiquent tous les kilomètres la distance qu'on vient de parcourir.

L'ascension commence à la jonction entre les monts Tongariro et Ngauruhoe, au niveau d'un grand panneau STOP.

Êtes-vous bien préparé ?

Vous êtes-vous renseigné sur les conditions météorologiques et les risques d'éruption ?

Un beau dénivelé nous attend et la neige devient omniprésente. Le soleil fait timidement son apparition pendant qu'on prend de la hauteur.

Au terme de la première ascension, on arrive au pied d'un immense cratère qu'il faut traverser. Malheureusement, le temps se dégrade et on perd nos repères devant ce grand espace blanc. On peine à voir les piquets indiquant le chemin, la neige commence à tomber ! On ne voit absolument plus rien, et on s'arrête afin de prendre une décision pendant qu'un couple de randonneurs disparaît peu à peu dans le brouillard devant nous. Par mesure de sécurité, on préfère revenir en arrière car on ne la sent vraiment pas cette histoire !

Déçus, on entame le chemin du retour. À contre vent, la neige tombante nous fouette le visage, on avance presque les yeux fermés. On croise plusieurs groupes menés par des guides. On pourrait les suivre, mais à quoi bon faire la randonnée si on ne peut pas profiter du paysage ? Tant pis, on commence à faire des plans pour cet été, on aura qu'à revenir sur l'île du Nord pour retenter notre chance.

En bas de la descente, voilà que le brouillard disparaît et que le soleil revient. Bon eh bien on se motive et on se refait la montée, 3 km l'aller-retour ! De nouveau au niveau du premier cratère, on distingue au loin le sommet du second, le Red Crater, dernière montée du trek et point culminant du Tongariro Crossing : 1886 mètres d'altitude. On constate qu'on n'était pas bien loin du bout !

Le brouillard dissipé, on peut enfin avancer en toute tranquillité. On enfile les crampons, car la dernière montée est sévère. La neige et le vent ont créé de superbes sculptures de glace sur les rochers environnants.

Entre gros nuages et éclaircies, on arrive enfin au sommet, qui marque la moitié de la randonnée. La vue est magnifique, on aperçoit le lac Taupo au loin et on a un beau panorama sur le parc national. On se met à l'abri du vent pour déjeuner, proche du cratère rouge. Le sol du volcan en activité nous tient au chaud.

Par intermittence, le volcan Ngauruhoe se révèle entre deux couches de nuages. Malheureusement on n'en voit pas le sommet !

Pendant la saison estivale, des bus situés à l'arrivée du circuit ramènent les randonneurs au parking de départ pour récupérer les voitures. Actuellement, aucun bus ne fait la navette... Du coup, on est obligés de redescendre par là où on est arrivés. On est plutôt satisfaits car on a vu l'essentiel des paysages. Les lacs couleur émeraude présents sur le chemin sont cachés sous la neige, le volcan Tongariro est invisible dans le brouillard et la descente de l'autre côté ne propose guère plus niveau paysage. Après nos 6 heures de péripéties, il est temps de faire le chemin retour.

La descente est glissante, on tombe quelques fois malgré les crampons, et ça nous fait bien rire. Des bâtons de marche n'auraient pas été de trop.

On croise un kiwi d'un certain âge sur le sentier du retour, il vient de tenter l'ascension du volcan Ngauruhoe. À cause des mauvaises conditions, il a dû renoncer à mi-chemin. En discutant, voilà que la montagne se dévoile pour de bon. On peut enfin admirer la montagne du Destin dans toute sa splendeur !

Il nous faut plus de 3h pour revenir au parking, la neige du matin a fondue sur le sentier du bas et les températures s'adoucissent. On jette un dernier coup d'œil aux montagnes qui s'éloignent derrière nous.

Au total, on aura parcouru pratiquement 20 km, soit l'équivalent de la randonnée si on l'avait faite d'un bout à l'autre. C'est fatigués qu'on regagne le van, mais satisfaits de notre journée !

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On emprunte cette route au nom mystérieux pour rejoindre la côte Ouest et gagner New Plymouth. Assez peu traversée par les touristes et encore moins par les locaux, c'est clairement un chemin hors des sentiers battus que beaucoup évitent à cause de sa longueur et de ses routes étroites et sinueuses. Il faut compter pas moins de 4h pour parcourir 150 km et de nombreux éboulements sont sur le passage.

Ça bien sûr, on ne le savait pas ! Mais vu que cette route est souvent mentionnée comme quelque chose à faire, eh bien on y va tels de bons moutons !

On s'arrête dormir pour la nuit sur un free-camp qui n'en porte que le nom. Sur un minuscule espace en bord de route, au milieu d'arbres immenses, on est content de voir qu'un autre van est sur place pour nous tenir compagnie.

Le lendemain, on comprend pourquoi on ne croise pratiquement personne : une quarantaine de kilomètres de gravel road constituent une portion de la route. On se retrouve donc à rouler à 20 km/h pendant plus de deux heures sous un temps bien pluvieux. On prie pour ne pas subir une crevaison, car on n'a aucune idée de la manière dont on se tirerait de ce mauvais pas, surtout sans signal téléphonique.

On traverse un tunnel à première vue précaire, renommé Hobbit Hole, dans lequel le van passe tout juste. On a l'impression qu'il est à deux doigts de s'écrouler.

On passe dans le village atypique de Whangamomona, petite république indépendante accessible uniquement par cette route. La mairie est localisée dans l'hôtel de cette minuscule bourgade. Son histoire commence en 1989 quand les gouvernements locaux ont envisagé de modifier les frontières des districts, faisant passer le village de la région de Taranaki à celle du Manawatu. Pas contents du tout, les habitants ont proclamé leur indépendance, distribuant de faux passeports et faisant payer des taxes aux véhicules qui s'aventuraient sur leur route.

Ils ont obtenu gain de cause et depuis ce jour là conservent avec humour leur statut officieux. Un festival a lieu tous les deux pour fêter la République, avec entre autres des courses de mouton ou du lancer de bottes en caoutchouc. C'est aussi l'occasion de désigner leur nouveau président. Jusqu'à présents, un chien, une chèvre, une tortue ou encore le garagiste du village ont été élus.

Pour le reste, on a l'impression de traverser une partie de l'histoire révolue de la Nouvelle-Zélande. Les autres villages rencontrés ont prospéré dans les années 1900 avec l'exploitation des mines et des chemins de fer. Aujourd'hui ces activités ont cessé, les villages sont désertés et seuls quelques paysans subsistent dans les environs.

Après une matinée entière à déambuler sur cette route oubliée, on est content de retrouver la civilisation !

Petite parenthèse, on passe à l'heure d'été, le décalage horaire avec la France est maintenant de +11h.

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À cause de la mauvaise météo, nous restons deux jours sur un free-camp en bord de plage, à rattraper le retard dans le blog (sic) et à planifier la suite du voyage. On attend impatiemment le retour du beau temps pour pouvoir faire une randonnée dans le parc national d'Egmont, situé à une vingtaine de minutes de la ville.

New Plymouth possède des free-camps autorisant tout type de véhicule, self-contained ou non. On y trouve donc de tout, de la simple voiture jusqu'au gros bus aménagé. Chaque parking a ses règles, soit une zone entière est dédiée, soit uniquement des emplacements précis. Il faut bien lire les pancartes avant de se garer !

On va faire un tour dans dans le centre ville où se trouve une boulangerie française tenue par des bretons. Arrêt obligé lorsqu'on est parti de son pays depuis plusieurs mois ! Difficile d'expliquer cette douce sensation de voir un bout de chez soi à l'autre bout du monde. Bon le prix des chocolatines (qu'ils osent appeler pains aux chocolat) et des croissants sont affolants, mais c'est agréable d'entendre de la musique française et de voir des pancartes écrites dans notre langue.

On va visiter le musée Puke Ariki, qui regroupe plusieurs centres d'intérêt. Il propose une exposition permanente sur l'histoire maori, mais aussi sur la faune et la flore de la Nouvelle-Zélande. En sous-sol, des expositions temporaires sur divers sujets sont mis en avant. En l'occurrence, les meilleurs photographies du siècle lors de notre visite.

On voit pour la première fois des kiwis ! Mais empaillés... Ce sont d'assez grosses bestioles endémiques, dont les œufs (couvés par les mâles) se rapprochent de ceux de l'autruche.

Emblème de la Nouvelle-Zélande, il est tellement associé au pays qu'on utilise son nom pour désigner sa population. Il est cependant difficile d'en voir un dans son habitat naturel, car l'oiseau est craintif et ne sort que la nuit. On préférerait éviter d'aller dans un zoo pour les voir enfermés. Le meilleur moyen d'en apercevoir reste de se rendre avec un guide dans des parcs protégés, mais on ne désespère pas d'en débusquer par nos propres moyens.

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Le mont Taranaki, situé au cœur du parc national d'Egmont, est un volcan au repos culminant à 2518 mètres. Il est connu pour sa forme conique aux pentes régulières et prononcées.

Selon une légende maori, Taranaki vivait autrefois en harmonie avec les monts Tongariro, Ngauruhoe et Ruapehu. Suite à une dispute avec ses frères à cause de la belle montagne Pihanga que tout le monde courtisait, il partit en pleurs s'exiler à l'ouest pour s'installer là où on le trouve aujourd'hui. Bon...

Son ascension est possible mais considérée comme dangereuse en raison des conditions météorologiques changeantes, particulièrement quand il reste de la neige au sommet. On décompte de nombreux accidents mortels. On préfère faire le Pouakai Circuit, un trek de deux jours autour du mont. Après renseignements, on voit qu'il est possible de faire la marche sur une seule journée, à condition de ne pas traîner.

Réveil à 5h pour se rendre au pied de la randonnée. Nous nous levons de bonne humeur car la pluie et le brouillard ont laissé place au soleil et à un beau ciel bleu ! Les prévisions météo ne se sont pas trompées malgré notre scepticisme de la veille.

Sur la route, le mont apparaît pour la première fois sous nos yeux, majestueux.

Une portion du circuit étant fermée à cause d'un éboulement, on se gare au niveau de la variante proposée par le DoC (Department of Conservation). C'est une agence gouvernementale chargée de l'administration des parcs nationaux de Nouvelle-Zélande. Toutes les informations relatives aux randonnées se trouvent sur leur site internet qui nous est bien utile.

Sur le parking, nous rencontrons David, un trentenaire anglais, qui voyage pendant 5 semaines dans le pays. Il s'est enlisé dans la boue et nous demande de l'aide, mais impossible de bouger sa voiture d'un centimètre malgré nos efforts. Il réglera le problème plus tard au retour du trek.

Sac sur le dos, on commence avec lui la marche dans la forêt, sur les pans du volcan. Ça grimpe pas mal, on ne voit pour le moment pas grand chose du paysage. On passe sur des ponts suspendus où une seule personne est autorisée à passer à la fois. Certains vacillent fortement !

En sortant progressivement de la forêt, le dénivelé s'accentue. Les nombreux arbres morts ont été rongés par les opossums (animal particulièrement détesté en Nouvelle-Zélande mais protégé en Australie). Leur couleur terne grise contraste avec les autres couleurs du paysage et donne un côté apocalyptique à l'endroit. Au loin à 130 kilomètres de là, nous distinguons les montagnes du parc du Tongariro.

Nous rejoignons le sentier principal au niveau de la voie fermée, au loin nous apercevons le glissement de terrain. Un panneau nous avertit que certaines plantes le long du sentier sont mortelles. Elles ont déjà empoisonné et tué des vaches, nous n'avons heureusement pas l'intention d'en manger. Nous pouvons également tomber sur des escargots carnivores plus gros que des balles de golf, mangeurs de vers de terre. Leur corps est bleu, ils sont observables uniquement en Nouvelle-Zélande.

Une vallée recouverte de hautes herbes jaunes se dessine sous nos yeux. C'est le Ahukawakawa Swamp, un marécage que nous allons traverser.

Au bout de quelques heures de marche, nous arrivons au premier refuge. Nous nous arrêtons sur le lit d'un petit ruisseau, afin de faire une pause et reprendre des forces. Une des chaussures de Romain est au crépuscule de sa vie. La paire est bonne à jeter, mais en attendant il va falloir faire avec jusqu'à la fin du trek.

Le circuit redescend jusqu'au marécage de 100 hectares. Nous croisons les premiers randonneurs de la journée, il n'y a pas grand monde. Ce n'est pas pour nous déplaire !

De nombreux pièges sont installés tout le long de la route. On en voit assez fréquemment dans tout le pays, particulièrement dans les réserves et les parcs. Ils servent à tuer certaines espèces animales (notamment les opossums) qui détruisent la biodiversité.

Des pontons ont été installés pour la traverser la zone marécageuse. Le sol est gorgé d'eau, à tel point que par endroits le sentier est immergé. Alors forcément on a les pieds mouillés. Les chaussures trouées n'arrangent en rien la situation ! L'endroit est très fragile, nous devons rester sur le sentier car la moindre intrusion humaine abîme le marécage.

En se retournant pour observer le mont Taranaki, nous voyons les crevasses creusées par l'érosion et les éruptions successives. Les différentes couleurs de la montagne dessinent un magnifique tableau.

Nous remontons sur un sommet qui fait face au mont et permet de surplomber le marais. C'est parti pour gravir des dizaines de marches, on va se muscler les cuisses. C'est l'occasion de voir de magnifiques arbres tout droit sortis d'un décor de film.

Non loin du second refuge se trouve un lac alpin où on peut profiter de la vue sur le mont Taranaki. Cliché parfait pour les photographes, la montagne se reflète dans le lac par temps clair. On attend le moment opportun où le vent se calme, car il crée un mouvement à la surface de l'eau et ne donne pas un reflet distinct.

Tout en mangeant nos petits sandwiches préparés avec amour, on discute avec un autre anglais installé depuis quelques mois à Wellington. Il avait comme nous un projet de voyage d'un an avec un PVT, pour finalement s'installer à long terme en Nouvelle-Zélande ! Tout en papotant, Romain finit inconsciemment toute la bouteille d'eau. On se retrouve sans réserve pour le reste du circuit !

On dit au revoir à David qui va passer la nuit au refuge. On ne traîne pas trop car il nous reste encore cinq heures de marche et ça continue à grimper plutôt sévère !

On arrive à Henry Peak après une longue montée. Nous sommes à 1224 mètres d'altitude et avons un panorama de 360° sur le mont Taranaki, New Plymouth, Ahukawakawa Swamp et l'océan.

On s'accorde une pause car nous sommes en sueur, Claire est à deux doigts de s'endormir au soleil. C'est qu'on commence à fatiguer !

On entame la dernière partie du circuit à travers la forêt dense et humide, qui marque le début de la descente jusqu'au parking de départ. Il faut avouer que les derniers kilomètres sont un peu compliqués car nous sentons que les jambes ont besoin de repos. Le chemin est boueux et il faut jouer des pieds et des mains pour ne pas tomber. De plus, il n'y a plus de paysage à voir car nous sommes au milieu des arbres (et on n'a plus d'eau). On n'en voit pas le bout ! On comprend pourquoi la randonnée se fait normalement sur deux jours.

On est heureux d'arriver à notre cher van pour pouvoir enfin poser le sac de randonnée, se déchausser et s'hydrater. On aura parcouru plus de 20km en 10h !

On est très satisfait de cette magnifique randonnée que nous avons pu faire sous un soleil radieux. Nous avons marché à travers une multitude de paysages allant de la forêt à la montagne, en passant par le marécage et le lac. Tant de couleurs et de contrastes différents, on en gardera un excellent souvenir !

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On prend une douche bien méritée dans les toilettes handicapées d'un jardin botanique. Elles sont gratuites, sans limite de temps, il y a une bonne pression, alors pourquoi se priver !?

Puis nous prenons la direction d'une réserve aux allures de Jurassic Park. Entouré d'une immense clôture de 8 km de long, l'association qui s'en occupe essaye de recréer l'environnement dans lequel évoluait la biodiversité autrefois.

Deux portails électriques se trouvent à l'entrée, ainsi que des panneaux explicatifs. La réserve est ouverte aux visiteurs de jour comme de nuit, et on peut même dormir gratuitement sur place dans nos véhicules. En 2004, l'association a levé un fond de 2 millions de dollars pour construire la clôture. Elle est assez haute pour empêcher le passage des animaux sauteurs, aux bouts arrondis pour les animaux grimpeurs, et creusée profondément dans le sol pour les animaux fouisseurs. À l'intérieur, ils ont éradiqué les nuisibles importés par l'homme après la colonisation (opossums, rats, lièvres, hermines, furets, chats) qui y proliféraient au détriment de la faune et de la flore. Des pièges sont encore utilisés pour supprimer les irréductibles. Puis ils ont réintroduit une dizaine d'espèces d'oiseaux et replanté de nombreux arbres.

Pour en revenir au kiwi, il en existe 5 espèces différentes, réparties sur des zones géographiques bien spécifiques. Il ne vole pas car ses ailes ne se sont pas développées pour la simple et bonne raison qu'autrefois il n'y avait pas de prédateur terrestre sur le territoire. L'introduction de nouvelles espèces a conduit à l'extermination presque totale de ces petites bêtes.

En voie de disparition, l'espèce est protégée avec une loi d'absolue protection depuis 1921. Sa population est aujourd'hui remontée à environ 70 000 individus. Elle était de plus de 10 millions avant l'arrivée des premiers colons.

De nombreux kiwis se trouvent dans la réserve. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, on s'organise une balade de nuit pour espérer en croiser !

Chaussettes hautes pour éviter les piqûres de sandflies et lampes frontales sur la tête, on s'enfonce dans la forêt en essayant de faire le moins de bruit possible.

Malheureusement, nous faisons chou blanc. On a beau se faire discret, on arrive tout juste entendre le cri étrange qu'ils produisent. Devant nous, de longues marches s'enfoncent en hauteur dans la pénombre de notre faisceau de lumière. On garde de sacrées courbatures de la randonnée de la veille ! On finit par rebrousser chemin au bout de 30 min.

On retente la même expérience le lendemain soir. Pendant un instant persuadé d'être à quelques mètres d'un kiwi, il faut un moment pour se rendre compte qu'on a simplement affaire à une chouette... Quelques minutes après, il y en a un qui passe juste à côté de nous, on entend le bruit de ses pattes courir sur les feuilles mortes. On essaye de le suivre mais il s'enfonce bien trop loin dans la forêt. Tant pis ce ne sera pas pour cette fois non plus, deuxième échec cuisant !

On se console en se faisant cuire des pancakes le lendemain matin.

En partant, nous prenons en auto-stop Vincent, un français qui vient d'arriver en Nouvelle-Zélande il y a un mois. C'est enrichissant de faire quelques kilomètres avec toutes ces personnes qui marchent en bord de route le pouce levé. Elles sont généralement de bonne compagnie et permettent des échanges intéressants sur les différentes façons de voyager.

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En route vers le sud de l'île du Nord, qui regorge de lieux de tournage du Seigneur des Anneaux ! On fait marcher un peu notre imagination, car entre la démolition des décors et l'ajout des effets spéciaux, les paysages naturels ne ressemblent pas exactement à ce qu'on voit à l'image.

L'endroit qui vaut le plus le détour est le lieu de tournage de Rivendell, la cité des elfes. Même si les décors ont entièrement été retirés, des artefacts sont toujours visibles et des installations permettent de comparer sa taille aux différents personnages des films.

Une carte détaillée permet de comprendre où étaient situés les décors, tels que le conseil d'Elrond ou la chambre de Frodon. Des images illustrées montrent les scènes des films et l'endroit exact où étaient posées les caméras. Certains arbres autour de nous sont facilement reconnaissable sur certains plans.

Une réplique exacte d'une arche a été reconstituée. On peut la voir dans le premier film quand la communauté quitte Rivendell. Frodon demande alors à Gandalf dans quelle direction est le Mordor.

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On se dirige vers le cap Palliser, à l'extrême sud de l'île. Après être allés tout au nord, cela nous paraît comme une évidence d'aller au point le plus au sud, la boucle sera ainsi bouclée !

Nous croisons un troupeau de bovins au beau milieu de la route, il faut carrément s'arrêter pour les laisser passer. On se retrouve cernés, il y en a partout autour de nous. Le fermier transporte les veaux dans une remorque, ça motive les mamans à avancer pour récupérer leurs petits !

On part faire une marche de 2h pour admirer des formations rocheuses, les Putangirua Pinnacles. Ce sont des colonnes de roche formées par l'érosion due aux eaux de pluie.

Dans le Seigneurs des Anneaux (encore ?) , ce décor a servi dans le troisième film pour illustrer la route vers l’antre de l’armée des morts sous la montagne. On y retrouve bien l’ambiance lugubre, silencieuse et oppressante tel qu’elle est dépeinte dans le film. Il faut dire que cette curiosité géologique naturelle confère une touche de surnaturel indéniable. On voudrait presque que le temps se gâte pour se sentir plus en immersion !

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Le Cap Palliser est un endroit souvent oublié et délaissé des touristes : son accès se fait par de grands détours. La dernière partie de la route est magnifique, longeant l'océan au milieu d'immenses champs de moutons et de vaches.

Une des plus grandes colonies de phoques de l'île du Nord se trouve à cet endroit.

C'est l'occasion d'en voir quelques uns qui se prélassant en bord de plage, près de l'océan déchaîné. Quelques règles de base à respecter : ne pas se mettre entre eux et la mer, ne pas s'approcher des petits et ne pas les réveiller s'ils dorment.

C'est ici que les jeunes phoques voient le jour entre novembre et janvier. Ils restent sur place quelques semaines afin d'être sevrés et de pouvoir s'alimenter eux-mêmes. Il faut faire attention où on met les pieds. Le rocher sur lequel on s'apprête à marcher peut en fait être un animal !

On voit le phare du cap qui se rapproche. Il nous faut passer par une gravel road en bord de mer qui longe la falaise pour accéder au parking. Les vagues sont tellement grosses qu'elles éclatent jusque sur la route ! On avance à allure réduire, en espérant ne pas se faire tremper.

Il faut gravir 252 marches pour arriver au niveau du phare. Vue d'en haut, nous avons un joli panorama sur la baie. Impossible de voir l'île du sud à l'horizon qui est bien trop loin pour nos petits yeux d'humains.

Sur le chemin du retour, on traverse le minuscule village de pêcheurs Ngawi. Des bulldozers rouillés sont alignés sur la plage, c'est assez atypique. Comme il n'y a pas de port, ils servent à hisser les bateaux sur la plage.

Les paysages sont vraiment beaux, c'est agréable de rouler à quelques mètres des plages de sable noir.

En route vers Wellington, notre dernière destination de l'île du Nord !

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Première chose que nous faisons à notre arrivée, nous filons à l'aéroport ! Non pas qu'on veuille quitter ce magnifique pays, mais c'est un endroit à ne pas manquer quand on est fan du Seigneur des Anneaux (enfin surtout pour Romain).

Depuis le succès planétaire des trilogies, l’aéroport de Wellington conserve une décoration monumentale dédiée au travail de Peter Jackson sur l’univers de Tolkien.

Les voyageurs du monde entier peuvent admirer un Gandalf chevauchant un immense aigle, suspendu au dessus d’une salle d’embarquement. Le dragon Smaug a aussi investi les lieux. Sur près de 3 mètres de haut pour plus de 4 mètres de long et 2,5 mètres de large, la sculpture correspond à 75% des proportions de la créature du film. Seule la sculpture gigantesque de Gollum plus vraie que nature en train d’attraper un poisson a été enlevée.

Quand les trilogies sont sorties au cinéma, les avions de la compagnie nationale Air New-Zealand s'étaient parés des couleurs de la Terre du Milieu. Les consignes de sécurité à bord étaient même présentées par des personnages des films et par Peter Jackson lui même !

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Située en bord de mer, Wellington est une ville tellement venteuse qu'elle est surnommée Windy Welly. On s'en rend vite compte en arrivant, le van dévie de sa trajectoire !

Capitale de la Nouvelle-Zélande depuis 1875 alors qu'elle ne comptait que 4900 habitants, elle a été jugée mieux adaptée qu'Auckland, du fait de sa situation géographique. Elle n'est pourtant aujourd'hui que la troisième plus grande ville du pays. Elle est réputée pour sa qualité de vie et revient régulièrement dans le top des villes les plus agréables à vivre. Même si on ne veut pas s'y arrêter, c'est un lieu de passage obligé si on souhaite se rendre sur l'île du Sud.

La ville ne compte que deux uniques free-camp. Évidemment, ils sont pris d'assaut, été comme hiver. Même le plus grand, proche du centre ville et qui compte une quarantaine de places est pratiquement toujours plein. On arrive à trouver une place qu'on compte bien garder. On va parcourir la ville à pied !

Non loin du centre, se trouve le Mont Victoria. Il s'élève à 196 mètres et offre un panorama sur la ville et ses environs. On y accède par des sentiers traversant la végétation du mont. Le temps est très maussade, ce qui rend la vue décevante.

Heureusement que des lieux de tournage se trouvent sur le trajet ! Sans faire durer le suspense plus longtemps, on parle bien encore du Seigneur des Anneaux. C'est dans le bois autour du mont que le tout premier jour de tournage a eu lieu.

On trouve un spot bien indiqué, il faut un peu d'imagination (bon OK beaucoup d'imagination) pour situer la scène, mais on est bien au bon endroit. L'arbre a été rajouté numériquement en post-production. Les autres lieux de tournage sont difficiles à trouver, on abandonne les recherches pour se diriger vers le centre-ville.

On passe par Cuba Street, une des rues les plus célèbres de Wellington. En partie piétonne, on y trouve de nombreux magasins, bars, café et restaurants.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans un bar à bière pour faire une dégustation, ça nous permet de nous mettre à l'abri de la pluie et de goûter à d'excellents breuvages ! À la vue des clients, du moût est en train de brasser dans des cuves à fermentation.

On continue notre tour du centre ville en faisant quelques emplettes (surtout pour Claire), avant de retourner au van.

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Il ne fait pas bon de se promener dans la capitale néo-zélandaise par les temps qui courent. On a eu de la chance le premier jour, mais celui d'après est catastrophique niveau météo. Il pleut sans cesse, mais c'est surtout le vent qui est la source de tous nos malheurs. La ville est réputée pour ses rafales quotidiennes même les jours ensoleillés, mais c'est très désagréable d'y séjourner par mauvais temps ! La réputation est prise avec humour, comme en témoigne un panneau inspiré de celui d'Hollywood.

En laissant les claquettes devant le van, une d'entre elles est emportée par une bourrasque. On n'a plus qu'à jeter la seconde ! Dès qu'on ouvre une porte, tout s'envole à l'intérieur. En refermant, les rideaux se retrouvent coincés à l'extérieur. Impossible de laisser le coffre ouvert pour prendre quoi que ce soit, et il fait froid ! C'est un calvaire d'aller jusqu'aux toilettes, et ne parlons pas de la vaisselle qui s'envole lorsqu'on essaye de la faire.

On tente le second free-camp de la ville, en espérant qu'il y aura moins de vent. C'est encore pire ! Le van bouge dans tous les sens, les kayaks remuent et se soulèvent sur le toit, les sangles cognent sur la carrosserie. On n'arrivera jamais à dormir.

On va visiter Te Papa, le plus grand musée de Nouvelle-Zélande. Qu'importe le mauvais temps, on sera en intérieur et au sec !

Le bâtiment regroupe de nombreuses choses, de l'histoire maori jusqu'à l'explication de l'activité volcanique, en passant par la biologie et l'art. Il est totalement gratuit, ce qui peut surprendre quand on voit la qualité de ce qui est proposé. Accueillant plus d'un million de visiteurs par an, le musée est aussi à destination des enfants, car il est très interactif et ludique. On peut rester un moment devant une animation, à jouer, regarder des films, répéter des sons... Très réputé, c'est un endroit incontournable lors d'un passage en ville.

On a été frappés par la richesse du contenu de toute la partie sur l’histoire moderne du pays : Découvertes, avancées sociales, colonialisme, guerres, héros inconnus, et mode de vie sont mis à l’honneur. On apprend l'existence du traité de Waitangi, signé le 6 février 1840 entre de nombreux chefs maoris et la Couronne, faisant de la Nouvelle-Zélande une colonie britannique. Considéré comme l'acte de fondation du pays en tant que nation, il correspond également au jour de la fête nationale néo-zélandaise.

Les explications données en anglais sont également traduites en maori. Ces derniers ont une vraie place, un étage entier leur est consacré. On en apprend un peu plus sur leur façon de vivre, leurs coutumes et leurs légendes. Nous n'avons pas le droit de prendre de photos sur cette partie, et c'est bien dommage car les totems, habitats, pirogues et vêtements exposés sont magnifiques.

Un grand graphique montre l'évolution de la population dans le pays au cours du temps. C'est très intéressant de comprendre les différentes motivations qui ont poussé l'homme à migrer en Nouvelle-Zélande (ruée vers l'or, envie d'une nouvelle vie après les guerres, le gouvernement qui cherche à augmenter le nombre de fermiers et agriculteurs, etc...)

On visite une exposition temporaire sur le débarquement des troupes néo-zélandaises et australiennes en mars 1915 sur la péninsule de Gallipoli (Turquie) pendant la première guerre mondiale. Le but des soldats était de s'emparer de la capitale Constantinople. A la suite de plusieurs batailles perdues et ​face à ​l’impossibilité de percer la défense turque, la campagne fut un échec. Les troupes ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps) durent se retirer en​ décembre 1915.

Les premiers pas dans l’exposition sont un choc visuel, qui se reproduit tout au long de la visite. Nous sommes nez à nez avec un soldat de 4 mètres de ​haut, blessé au bras et couché sur le flanc. Les expressions de son visage et les détails sont incroyables, on dirait un vrai bonhomme.

La suite de l’exposition reste tout​ aussi émotionnelle et informative. Nous suivons l’aventure de 4 militaires de différents corps d’armée. Certains rentreront au pays, d’autres non. La visite est un mélange d'informations sur ces personnes, des batailles auxquelles ils ont participé et des informations générales sur la campagne.

Le tout est interactif avec le tremblement des​ bombes qui explosent à quelques pas de notre position, une marche à travers les tranchées, des maquettes et des cartes 3D avec le déplacement des troupes lors des confrontations.

En temps normal, on a la possibilité d'observer un calamar géant baignant dans du formol et d'entrer dans une maison simulant un tremblement de terre. Malheureusement, on tombe sur la mauvaise année car le musée est en cours d'agrandissement, et ces activités sont temporairement fermées aux clients.

Une journée ne suffit pas pour explorer entièrement le musée, mais on y passe tout de même trois bonnes heures.

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Nous avons parcouru que la moitié de la Nouvelle-Zélande, et on a déjà des souvenirs plein la tête. Nous voulons ramener un souvenir de cette incroyable expérience. Quoi de mieux qu'un tatouage qui nous rappelera ce voyage pour toujours ?

Après mûres réflexions, Claire veut une fougère sur son avant-bras, symbole du pays. Pour la touche personnalisée, elle ne souhaite pas avoir exactement celle qui apparaît sur le drapeau des All Blacks. Elle demande au tatoueur de modifier la forme des feuilles et de la tige, rendant le dessin très féminin.

Quant à Romain, il décide de réaliser une idée qu'il avait depuis longtemps en tête, en gravant les inscriptions de l'anneau unique en dessous du coude. Hautement symbolique, dans ce pays qui a su mettre sur pied l'univers de Tolkien, et plus particulièrement ici à Wellington, où Peter Jackson est né.

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La Weta Workshop est une entreprise néo-zélandaise spécialisée dans les effets spéciaux pour le cinéma et la télévision. C'est un des studios les plus renommés de l'industrie du 7ème art, il a été récompensé de nombreuses fois aux Oscars. Son nom provient du plus gros insecte de Nouvelle-Zélande, le weta, une sauterelle géante. Sa notoriété est devenue mondiale après sa participation à la trilogie du Seigneur des Anneaux, pour laquelle il a créé des armes, armures, costumes, maquillage, créatures, animatroniques, et maquettes de toute taille. Il a depuis travaillé sur de grosses productions, telles que Avatar, King Kong, la Planète des Singes, Warcraft, le Hobbit ou encore Van Helsing.

Il est également à l'origine des impressionnants soldats ultra réalistes qu'on a aperçu au musée Te Papa, et des décorations du Seigneur des Anneaux visibles à l'aéroport.

Son siège se trouve à Wellington, où il est possible de se rendre dans une cave présentant le travail des employés. À l'entrée, le ton est donné : les trois énormes trolls du Hobbit nous accueillent. On commence par visiter le magasin de souvenirs, car c'est un musée à lui tout seul. Outre les nombreux objets et accessoires disponibles à l'achat, des statues grandeurs natures sont exposées, ainsi que des costumes ayant été portés par des acteurs.

Nous ne résistons pas à l'envie de voir leurs ateliers, par le biais d'une visite guidée qui nous plonge dans la magie du studio. Malheureusement, les photos sont interdites dans les hangars, car des employés travaillent actuellement sur des films en cours de production. On y découvre les techniques de maquillage, créations des décors, design des armes, dont seuls les techniciens ont le secret. On peut les voir à l'œuvre en train de travailler sur les nouveaux projets, c'est génial pour un cinéphile de faire une visite pareille.

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Après avoir parcouru 9000 km, c'est l'heure d'emmener notre van à la découverte des contrées sauvages de l'île du Sud.

En attendant l'accès au ferry, on prend le temps de s'arrêter à une dump station pour nettoyer nos bêtises. Parce qu'on a dorénavant décidé d'utiliser notre évier pour nettoyer la vaisselle et faire à manger, ça fait trois jours que le tuyau d'évacuation n'est pas raccordé... Et que TOUTES les eaux sales tombent à l'arrière du van au lieu du bidon prévu à cette effet ! Une mauvaise odeur règne à l'intérieur, on a accusé des chaussures qui ont été injustement jetées à la poubelle. On se demandait aussi pourquoi le sol était mouillé, les eaux se sont infiltrées partout sous la moquette du "salon" ! On a mis du temps à se rendre compte de la véritable raison.

La traversée Wellington/Picton dure un peu plus de trois heures, on a de la chance car l'océan est calme ce jour là ! Nous sommes soulagés car on avait entendu que le trajet n'était pas de tout repos, beaucoup attrapent le mal de mer dans ces eaux souvent agitées. Pas de problème à déplorer de notre côté, malgré quelques remous en sortant de la baie de la capitale.

On jette un dernier regard nostalgique en arrière, car on ne reviendra peut-être jamais sur l'île du Nord.

Bonjour l'île du Sud, prépare toi on arrive !