Carnet de voyage

Les Naines Trotteuses

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Du 15 janvier au 25 juillet 2020
192 jours
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Publié le 18 novembre 2019

Nous sommes à 58 jours du décollage pour le Vietnam et 158 jours de notre arrivée en Nouvelle-Zélande.

Afin que vous puissiez nous suivre de plus près encore, voici notre itinéraire que nous mettrons à jour :

https://planificateur.a-contresens.net/itineraire/189068

Vous pouvez également nous suivre sur :

Facebook : https://www.facebook.com/lesnainestrotteuses/

Instagram : https://www.instagram.com/lesnainestrotteuses/?hl=fr

Map Monde Tour du Monde - Les Naines Trotteuses
Map Monde Tour du Monde - Les Naines Trotteuses
Itinéraire du Tour du Monde des Naines Trotteuses 
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Nous voilà réunies, enregistrées sur les vols AY1572 et AY161, et prêtes à partir plusieurs mois loin de tout. Nos sacs sont bouclés mais le sommeil risque d’être difficile à trouver, ce petit mélange d’excitation et d’appréhension...

L’aventure commence ce 15 janvier 2020 pour Les Naines Trotteuses. Décollage à 10h50 pour Ho Chi Minh Ville, première étape de notre périple !

C’est le moment pour vous de vous connecter, Les Naines Trotteuses sont heureuses de partager ce voyage et de vous faire vivre leurs aventures, comme si vous y étiez !


À très bientôt,

Julie (alias Roulie), Héloïse et Julie (alias Pompom)


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Atterrissage à 7h30 à Ho Chi Minh Ville ce 16 janvier. Après avoir passé la douane et récupéré nos sacs, nous voici à 8h50 dans le taxi à slalomer entre les scooters, voitures et autres véhicules dans les rues de la ville déjà embouteillée. Nous arrivons vers 9h30 à notre auberge Dola Hostel située dans le District 1. Notre chambre n’étant prête qu’à partir de 14h, nous laissons nos sacs et nous rendons dans un café puis partons à la découverte du quartier. Dès la première rue traversée (avec succès) nous comprenons qu’il ne faut pas hésiter, s’imposer et fermer les yeux jusqu’au trottoir suivant !

Après réception de notre chambre et le temps qu’Héloïse prenne une douche, les deux Julie se sont endormies alors que nous avions prévu de ne pas dormir pour se faire au décalage horaire. Qu’à cela ne tienne, nous dormons jusqu’à 16h30. Nous mangeons rapidement le repas préparé par nos hôtes et retournons nous coucher.

Après une longue et bonne nuit malgré les allers et venues des habitants de l’auberge de jeunesse, nous partons dès 9h visiter le centre ville.

Nous essayons de nous acclimater aux bruits des véhicules, des klaxons, des gens qui crient ou chantent, à l’odeur (parfois désagréable) de la ville, et surtout à la chaleur et à la pollution étouffantes.

Chemin faisant, sur un trottoir, nous découvrons un sport aussi étonnant qu’impressionnant. Quatre personnes jouent sur un terrain tracé au sol ressemblant fortement à un terrain de Badminton. Ils se renvoient, à l’aide de leurs pieds, un volant. Tantôt frappant comme un ballon de football, tantôt avec le pied derrière la tête, ces acrobaties réalisées avec une adresse folle nous laissent bouche bée et nous restons plusieurs minutes à les observer. Notre ami Google nous apprend que ce sport

Nous passons ensuite à travers un parc où nous pouvons voir un cours de Tai Chi, des petits garçons jouant au badminton et des garçons plus âgés faisant leur sport matinal.

Arrivées dans le centre ville, nous découvrons la Cathédrale Notre Dame, construites par les colons français au cours des années 1870. Malheureusement en travaux, nous n’avons pu y entrer, mais avons pu observer sa ressemblance avec la Cathédrale Notre Dame de Paris. Juste à côté se trouve la Grande Poste, bâtiment jaune et flamboyant au sein duquel se trouvent des boutiques de souvenirs pour en envoyer aux familles comme le voudrait la tradition (ne vous attendez pas à en recevoir ...)

Nous continuons notre chemin dans le quartier riche à travers les magasins de luxe et les grands hôtels jusqu’à la rivière Sông Sai Gon dont l'odeur saisissante et les détritus se déplaçant dans le courant nous coupent l'appétit. Nous trouvons tout de même un petit restaurant où manger des nouilles et boire une bière. Héloïse étant victime d'un petit coup de chaud, nous rentrons à l'auberge et profitons de la piscine et de la chambre pour la fin de l'après-midi. Après avoir dîné, nous allons découvrir le quartier de nuit. Pour traverser la route, c'est encore plus drôle que de jour, nous citerons un grand sage (Antoine) qui décrit parfaitement la situation : " On a découvert une nouvelle forme de roulette russe, c'est super fun."

Nous terminons la journée autour d'une bière et c'est maintenant l'heure de dormir.


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Jour 3

En ce 3ème jour à HCMV, nous allons à la découverte de différentes pagodes qui sont des lieux de cultes bouddhistes ou autres religions. Nous avons un peu sous estimé les distances et avons beaucoup marché. Parfois sur la route directement par absence de trottoir, parfois au bord de la rivière ou encore dans de petites ruelles inanimées. Dans tous les cas, la pollution ambiante rend difficile l’effort physique et nous rêvons d’un bon bol d’oxygène !

Après le repas dans un petit restaurant pour moins de 2€ chacune, nous arrivons à la pagode de l’empereur Jade, construite par les chinois. Un groupe d’étudiants en 1ère année d’université nous accoste et nous propose une visite du lieu. Nous comprenons que c’est un exercice pour pratiquer l’anglais et acceptons avec plaisir ce moment ! L’une d’entre eux se débrouille bien mieux et souffle à l’oreille de ses camarades en cas de balbutiement. La visite dure une bonne trentaine de minutes et nous finissons par une séance de « Free hugs » avec nos guides du moment.

Jour 4

Ce matin direction le marché Binh Tai conseillé par notre guide. Nous commandons une Grabcar, le Uber vietnamien, pour nous y rendre. En arrivant le chauffeur nous conseille de garder près de nous nos affaires, le guide avait donc vu juste, même les locaux sont au courant des vols fréquents de touristes dans ce genre de lieux et à Ho Chi Minh en général. Nous redoublons donc de prudence en arpentant les étalages de chaussures, foulards, jouets, ustensiles de cuisine, épices et nourritures en tout genre. Nous recherchons des casquettes et après avoir fait plusieurs marchands, Héloïse en voit une qu’elle souhaite essayer. Une vendeuse arrive en criant « no one, no one » en arrachant la casquette des mains et en la reposant sur les autres. Nous ne comprenons pas et passons notre chemin devant une telle agressivité ! Mais après d’autres recherches, c’était LA casquette souhaitée. Nous retournons donc au stand et la dame recommence à crier « no one, no one ! ». Toujours dans l’incompréhension nous continuons notre chemin et après réflexions, Pompom comprend qu’elle ne vendait pas ses casquettes à l’unité mais en gros volumes. Voilà pourquoi Héloïse n’aura pas sa casquette. Malgré quelques suspicions concernant de jeunes garçons nous observant et nous tournant autour, nous avons toujours toutes nos affaires en quittant le marché.

Pour le repas, nous goûtons notre 1er Phở, plat national vietnamien, une soupe avec des nouilles de riz, des légumes et de la viande. Délicieux !

Nous fonçons ensuite au musée de la guerre, mémorial des années difficiles lors de la guerre du Vietnam. Nous ne sommes pas adeptes des musées mais celui ci était à voir. Annoncé comme saisissant, il l’était. Les véhicules de guerres, chars, avions et autres bateaux de la US Army sont présentés dès l’entrée du musée. Des cellules de prisonniers de guerre sont également reconstituées, un mannequin de prisonnier dans une cellule nous surprend, le ton est donné ! S’ensuit des témoignages et les Unes de journaux américains avec John Lennon chantant Imagine en fond sonore. Dans les étages, les salles présentant les bombardements et les empoisonnements à l’Agent Orange, ce gaz toxique répandu par l’armée américaine dans tout le pays. Pour accompagner tout cela, des photographies impressionnantes (et choquantes) de cadavres et d’enfants nés avec de graves malformations conséquentes à l’Agent Orange. Malgré la difficulté de ce que nous voyons, nous passons les salles avec intérêt et ne partons pas avant d’avoir tout vu.

Nous rentrons à l’auberge le cœur lourd et heureuses de voir que nous sommes nées dans de meilleures conditions.


Jour 5

C’est le moment de quitter HCMC ! Et heureusement car nous commencions à en avoir un peu marre de la pollution. Direction Da Nang, 1000km au nord, au bord de la mer. Pour commencer la journée, l’auberge nous propose des nouilles au petit déjeuner à la place de l’habituel sandwich à l’œuf avec tomate et salade. Les nouilles n’ont pas plu à tout le monde dès le matin... mais c’était très bon comme toujours !

11h, il est l’heure de partir pour l’aéroport. Nous arrivons au terminal des vols domestiques et le monde présent nous confirme la passion des asiatiques pour les avions !

Lorsque nous sortons de l’avion, nous constatons une température beaucoup plus agréable, le vent est même légèrement froid ! Il fait en effet moins de 25 degrés, 10 de moins qu’à HCMC. Nous arrivons à 17h à notre auberge et découvrons notre chambre sans fenêtres avec une climatisation qui ne fonctionne pas ... fausse alerte ! Un interrupteur permettait d’allumer la clim, quel soulagement.

Nous profitons de l’happy hour et des bières gratuites sur le rooftop de l’auberge avant d’aller chercher de quoi manger dans le quartier. Premier constat : c’est beaucoup plus agréable de se déplacer. La circulation est moins dense et la pollution se fait moins ressentir. Nous trouvons au coin d’une rue un restaurant où les gens sont assis sur de minis chaises autour de minis tables au bord de la route et dont les cuisines sont directement sur le trottoir. Aventurières comme nous sommes, nous nous laissons tenter et séduire par l’ambiance. Nos plats arrivent et ont l’air délicieux, des nouilles (comme d’habitude), avec du bœufs et des oignons marinés... jusqu’ici tout allait bien, jusqu’à ce que nous mangions, petit à petit, les langues et les lèvres brûlent... c’est le premier plat épicé que nous avons ici ! Après avoir fini difficilement notre plat, nos wings de poulets (que nous avions oubliés) arrivent. Et là, c’est le drame. Première bouchée et c’est l’explosion ! Roulie sera la seule à en manger plusieurs pour ne pas gâcher et elle en profitera pour finir les bières de tout le monde : « désolée mais ça brûle trop !!! ».

Demain nous avons une excursion à Ba Na Hills, une petite ville dans les montagnes ressemblant à Carcassonne.

À très bientôt pour de nouvelles aventures !

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Jour 6

Pour notre seule journée complète à Da Nang, nous avions réservé en ligne une excursion pour aller à Ba Na Hills présenté comme un petit village en haut d’une montagne inspiré de Carcassonne. Aux alentours de 8h, le bus passe nous chercher à l’hôtel. Notre guide pour la journée, Chau, nous explique le programme et nous découvrons la maladroitesse dont elle fait preuve : à la moindre secousse elle tombe, lors de la distribution des bouteilles d’eau ces dernières lui glissent des mains et atterrissent au visage des passagers, elle manque de tomber dans l’escalier en passant à côté ... bref, une petite boulette sur pattes ! Dès l’arrivée au site, nous découvrons que ceci n’est autre qu’un lieu imaginé pour les touristes. Nous avons l’impression d’arriver à Europapark ou Disney Land. Nous prenons des télécabines pour monter avec des employés souriant nous saluant de la main à chaque passage. Chau répétant sans cesse dans son micro : « Please pay attention to me a little bit ! Please follow me this way ! ». Son anglais n’est pas parfait mais elle n’hésite pas à nous présenter les lieux et à nous guider à travers les nombreux groupes de touristes (dont nous faisons partie). Pour Pompom ayant le vertige, le premier télécabine d’une durée d’une vingtaine de minutes ne fut pas très plaisant malgré la vue magnifique qui se présentait à nous. Arrivés en haut de la montagne nous pouvons nous balader à travers un Garden Flower, une pagode avec un Bouddha géant et surtout le Golden Bridge, ce fameux pont soutenu par « les mains de dieu ». La vue est splendide, le pont doré brille de mille feux et est impressionnant mais la foule de touristes gâche un peu ce moment. Tant pis, c’est le jeu!

Le buffet à volonté faisant partie de la journée, nous ne nous faisons pas prier et prenons soin de nous servir à tous les stands. Un peu fatiguées après ce festin, nous découvrons lentement mais sûrement le « French Village ». Ces décors montés de toutes pièces sont une caricature (pas du tout) parfaite de la France. En arpentant les rues nous pouvons voir le Moulin Rouge, l’hôtel de Strasbourg, la place d’Avignon, un village de Provence (ressemblant plus à un village médiéval), des restaurants français et italiens... tout ceci avec un fond musical faisant penser à la parade Disney. Au sein de ces lieux se trouve également un parc d’attractions intérieur comportant des jeux d’arcades, des auto tamponneuses et des manèges de fête foraine. A l’extérieur des rollercoasters ont également été installé et il faut plus d’une heure d’attente pour pouvoir faire un tour. Héloïse et Pompom se laissent tenter par un tour de manège à l’intérieur pendant que Roulie garde les sacs.

Cette journée eu pour originalité sa météo changeante. Comme Chau l’avait prédit, nous avons vécu 4 saisons en 6h : la douceur ensoleillée du printemps suivie de la chaleur de l’été ont précédées l’arrivée du vent, des nuages et du brouillard de l’automne. Quand nous avons quitté le haut de la montagne, la température hivernale se faisait ressentir. Incroyables changements !

Nous mangeons le soir dans un restaurant de rue pour retourner à la réalité de ce pays qui a beaucoup plus à offrir que de tels lieux.

Jour 7

Pour ce 7eme jour, nous quittons l’après-midi Da Nang pour nous rendre à Hoi An où nous ne sommes attendues qu’à partir de 15h. Nous nous rendons donc le matin aux Montagnes de Marbe qui nous a été conseillé par notre guide de poche. Nous tentons de prendre le bus local pour nous y rendre et nous ne sommes pas déçues du voyage !

Laissez-nous essayer de vous décrire le phénomène :

Lorsque le bus s’approche de l’arrêt, il émet un son tonitruant entre un jingle et un klaxon. Pour faire monter les passagers un homme descend, attrape par le bras, pousse à l’intérieur du bus et indique une place où s’asseoir. Tout cela sans que le bus ne marque l’arrêt. L’équipage du bus est composé du chauffeur et de cet homme (ou femme) à tout faire qui est chargé de ramasser et faire asseoir les gens sur un siège ou sur un carton au sol, entreposer les bagages, réclamer l’argent, récupérer les colis (oui oui ! Les bus servent également de transports pour des colis d’un endroit à l’autre de la ville) et accessoirement aider le chauffeur à slalomer dans la circulation dense de la ville, en faisant des gestes à travers la fenêtre ou la porte aux autres véhicules. Lorsque l’arrêt souhaité par le passager est à l’approche, le placeur crie et pousse celui-ci dans l’escalier vers la sortie alors que la porte est ouverte (parce qu’elle n’est jamais fermée) et que le bus file à toute allure. Au passager de sauter comme il le peut lorsque le signal est donné !

Arrivée à Marble Mountain. Nous découvrons un premier escalier qui annonce la couleur. En effet, les escaliers se succèdent et ne se ressemblent pas, ni même les marches les unes avec les autres ... nous arrivons au somment de la montagne d’où nous avons une vue imprenable sur la ville et sur la mer. Nous profitons d’un moment de répit pour reprendre des forces après cette ascension que nous pensions très difficile. Mais en découvrant les sentiers et les escaliers suivants nous pouvons dire que c’était la plus simple ! Au fur et à mesure nous commençons à nous aider des mains pour monter les marches, faisons des pauses de plus en plus régulières tout en découvrant des grottes transformées en lieux de cultes à bouddhistes jusqu’au moment où nous arrivons sur un chemin qui semble embouteillé. En nous approchant un peu nous découvrons que des gens sortent d’un trou en contrebas qui semble être la suite du chemin. Effectivement pour continuer notre route nous devons descendre dans une grotte à l’aide de rochers très glissants ! Pompom se charge d’ouvrir le chemin et Roulie et Héloïse lui lancent les sacs avant de lui emboîter le pas sous ses conseils avisés.

Marble mountain est un lieu agréable, très beau et atypique mais il n’était précisé nulle part que des talents d’escaladeur étaient requis pour le visiter.

Nous reprenons le bus en direction de l’auberge afin de manger et récupérer nos sacs. Nous décidons de nous rendre à Hoi An par le même bus car moins cher et beaucoup plus drôle qu’un taxi. Nous nous retrouvons dans le même bus avec le même équipage mais cette fois-ci entourées de frigos, micro-ondes et autres télés ! Dans ce bazar organisé, tout n’est quand même pas toléré à bord : un monsieur monte avec un sachet de sardines et le placeur qui n’a pas l’air très heureux lui prend des mains et, toujours pendant que le bus roule, va poser ce sac dans la soute. Les mauvaises odeurs ne sont pas acceptées à bord ... Nous voilà rassurées sur notre parfum, nous n’y avons pas été jetées !

Nous arrivons à Hoi An et son décor totalement différent : plus petite ville, les maisons sont basses et aucun building ne montre le bout de son nez. Nous descendons au terminus du bus et alors que l’auberge était indiquée à 5min à pied, nous marchons une quinzaine de minutes avec nos 16kg de bagages chacunes. Après les étages montés dans la matinée, nos jambes en sont ravies.

Le soir nous nous rendons au Night Market sur les conseils d’une voyageuse à l’auberge qui nous dit que nous serons totalement « amaaaaazed » par l’ambiance. Effectivement, les rues sont équipées de lanternes de toutes les couleurs ainsi que les barques sur la rivière passant sous un pont illuminé. Le marché de nuit est très animé et attaqué par les hordes de touristes. Des grillades en tout genre (grenouilles, petits poulets, poulpes ...), des tacos, des glaces, des pancakes .... il y en a pour tous les goûts sur les étalages. Le brouhaha ambiant est accentué par la musique trop forte et les vendeurs alpaguant les passants. Julie et Julie prennent une glace et nous rentrons nous reposer de cette folle journée.


Jour 8

En ce 8eme jour, une bonne lessive commençait à se faire désirer. Nous déposons donc avant de partir nos 2kg de linge chacune à la réceptionniste de l’auberge et attendons notre chauffeur réservé quelques jours auparavant. Le temps passe et il n’arrive pas. Nous regardons nos mails et voyons que nous n’avions pas répondu à son message demandant confirmation reçu la veille à 22h30 alors que nous dormions. La réceptionniste nous voyant dans l’embarras appelle un nouveau chauffeur. Nous filons vers My Son. Ce lieu très touristique également est chargé d’histoire. Des français découvrent dans les années 1880 des temples d’origine peu connue enfouis dans la jungle. Des équipes européennes se succèdent pour tenter de dégager la végétation et rénover les bâtisses durant de très nombreuses années. Malheureusement, durant la guerre du Vietnam, le site est bombardé et aujourd’hui ne restent que les vestiges des bâtiments au milieu des cratères de bombes.

Au retour, frayeur pour Pompom qui ne retrouve plus son téléphone ... ni une ni deux nous demandons à la réceptionniste d’appeler le chauffeur qui revient dans les deux minutes. Le téléphone était resté sur la banquette arrière. Plus de peur que de mal !

Un tour de vélo était organisé par l’auberge avec un guide. Ce dernier arrive à 15h15 alors que le départ était prévu à 15h. Cet américain installé à Hoi An depuis 5 ans part alors en trombe à travers les rues sans même se soucier que le groupe ne le suive. Il s’arrête finalement à un croisement pour que le groupe se resserre et il se rend compte alors que 2 personnes manquent. Il nous demande d’attendre, repart 100 mètres en arrière et revient en disant qu’ils retrouveront leur chemin. Et c’est reparti ! Nous nous regardons tous d’un air interloqué mais ne tardons pas à le suivre de peur de subir le même sort que nos 2 compères abandonnés. Nous nous rendons compte plus tard que son manque d’intérêt pour le groupe n’est pas son seul défaut, il semble également perdu nous faisant faire demi-tour plusieurs fois. Nous arrivons finalement aidés par des locaux chez des fabricants de nouilles. Nous avons alors des explications sur l’histoire de la famille et observons religieusement la technique de fabrication. Héloïse a même pu s’y essayer pour son plus grand bonheur. Nous dégustons ensuite des feuilles de riz et des nouilles avant de repartir et nous arrêter dans un café d’où nous pouvons observer le coucher du soleil sur les rizières. Notre guide nous raconte son voyage en France durant lequel il a fait un roadtrip de 10 jours qui nous paraît difficile à réaliser. Au départ de Vichy, il s’est rendu successivement dans les Alpes, à Cannes, puis Toulouse et Bordeaux pour finir à Brest où il vole un panneau d’entrée dans la ville qu’il arrivera à glisser dans sa valise. À l’aéroport, les douaniers lui demandent d’ouvrir sa valise car quelque chose les dérangent. Il pense alors qu’ils vont lui confisquer son panneau mais ce n’était pas ça... il avait en effet acheté une lampe à huile qui bloquait les rayons du scanner et il peut ensuite repartir tranquillement avec son panneau qu’il accrochera ensuite au dessus de sa boîte aux lettres en Floride.

Nous rentrons de nuit.

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Publié le 27 janvier 2020

Jour 9

La fatigue se faisant ressentir pour la première fois depuis notre départ, nous profitons de notre super auberge pour nous reposer. À 5 min à pied du centre ville, nous pouvons aller manger très facilement. Malgré les nombreuses fermetures de magasins et restaurants en cette veille de nouvel an, nous trouvons tout de même de quoi nous restaurer.

Vy, notre hôte à l’auberge est aux petits soins avec nous et nous facilite grandement la vie en répondant à toutes nos questions. Elle organise pour la soirée une Beach party avec un barbecue. Nous voici à 17h sur la plage, le beau temps n’est pas au rendez-vous, le vent nous bouscule mais nous profitons de ce moment avec une trentaine d’autres voyageurs. Après ce super repas nous rentrons à l’auberge et nous rendons au centre ville pour assister aux festivités et surtout au feu d’artifice.


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Chúc mừng năm mới 2020 !!!!

Le feu d’artifice est lancé ! Nous nous trouvons au bord de la rivière, assise au sol au milieu de la foule où se mêlent vietnamiens et touristes. Tous ensemble nous fêtons cette nouvelle année du Rat et souhaitant également admirer le spectacle, un rat, un vrai, s’est installé tranquillement sur les genoux d’Héloïse ... ne réalisant pas tout de suite ce que pouvaient être ces petits mouvements froids sur sa cuisse, elle se retourne et découvre ce petit (gros) animal qui s’enfuit à travers la foule. La frayeur n’est arrivée qu’une fois le petit rongeur parti !

Sur le chemin du retour nous pouvons observer que devant chaque maison, les habitants brûlent des papiers, des faux billets et de l’encens dans le but de marquer la fin d’une année et le début d’une nouvelle, en souhaitant chance et prospérité à leur foyer.


Jour 10

Encore une journée paisible avec un tour de vélo à travers les rizières pour nous rendre à la plage.

Jour 11

Aujourd’hui nous quittons Hoi An pour nous rendre à Hué. Après un dernier petit tour du centre ville, nous nous retrouvons dans un bus à couchettes très sympathique pour les 3h de route. Heureusement que nous nous sommes rendues 1h à l’avance à la station de bus comme nous l’avions vu sur internet car le bus est parti à 13h20 au lieu de 14h, démarrant même alors que Pompom n’était même pas encore montée. Nous avons bien remarqué que la ponctualité et la patience ne sont pas les points forts des vietnamiens !

Nous arrivons à Hué avec 1h30 d’avance sur l’horaire initiale et nous rendons compte que notre appartement ne se trouve pas à 800m de la station comme nous le pensions mais à presque 2km. Sous la pluie, nous marchons donc avec plus ou moins de motivation à travers la ville. Nous nous arrêtons en chemin dans un café pour prévenir les propriétaires du Airbnb de notre heure d’arrivée mais surtout pour nous reposer un peu car les sacs tirent légèrement sur nos petits dos.

A 20h30, notre 4ème Naine Trotteuse pour quelques jours arrive. Ashley, amie de lycée de Roulie, est au Vietnam pour plusieurs mois et s’est jointe à nous pour notre séjour à Hué. Le monde est vraiment très petit ! D’origine vietnamienne, Ashley nous est déjà d’une très grande aide quand nous arrivons dans un petit restaurant où personne ne parle anglais. Sans maîtriser la langue, elle arrive à se faire comprendre et à échanger avec les locaux !

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Pour ces 4 jours à Hué, ancienne capitale impériale, la pluie ralentira fortement nos activités ce qui nous permettra de nous reposer et de profiter également de la présence d’Ashley parmi nous !


Jour 12

Après la matinée à l’appartement qui nous permet de faire une lessive, nous partons affronter la pluie sans grande motivation, mais l’appel de nos estomacs criant famine est plus fort que tout. Malgré les efforts d’Ashley pour parler vietnamien avec la serveuse du restaurant, cette dernière reste de marbre et ne fait rien pour essayer de comprendre ce que nous souhaitons manger. Cet épisode ne fait que conforter notre ressenti concernant les locaux qui ne font d’efforts que lorsqu’ils le souhaitent face à des touristes.


Nous nous baladons ensuite dans la ville afin de trouver un supermarché. En chemin nous entrons dans une pagode, un moine vient à notre rencontre et essaye de communiquer en anglais avec un accent à couper au couteau. Cette fois-ci, c’est nous qui avons du mal à le comprendre mais en mélangeant anglais et vietnamien nous y arrivons. Il nous propose de nous installer, nous offre des choses à grignoter, du thé et nous partageons un moment avec lui. Il nous explique qu’il est apprenti moine bouddhiste et que nous nous trouvons actuellement dans la pagode de son maître. Il souhaite apprendre l’anglais pour améliorer sa personne et surtout pour voyager, il rêve d’aller étudier à Singapour. Plus tard, il apprendra le français car il souhaite visiter notre pays et nous dit que nous sommes chanceuses d’y habiter.


Le manque de cuisine de chez nous ou le trop plein de nourriture vietnamienne nous poussent à cuisiner un plat typiquement français ... des spaghettis carbonara !


Jour 13

Comme la veille, nous profitons de la matinée pluvieuse pour dormir et ça fait du bien !

L’après midi nous nous rendons à la citadelle où se trouve le Palais Royal où ont régné les derniers empereurs vietnamiens de 1802 à 1945. C’est très étonnant de voir que des traditions qui nous paraissent très anciennes étaient pratiquées il n’y a pas si longtemps que ça !

Après notre visite, la pluie reprend de plus belle et nous nous réfugions dans un café où se trouve une guitare, Roulie et Ashley s’en emparent et un concert commence ... un client d’une table voisine se met à chantonner et battre le rythme lorsqu’il reconnaît la chanson. Petite journée encore mais de très bons moments partagés !


Jour 14

Notre première journée à scooter ! Et pas des moindres. Nous souhaitons aller visiter des tombeaux d’empereurs qui se trouvent aux alentours de la ville. Il pleut mais quelques kilomètres seulement sont à parcourir. Roulie et Pompom montent sur un premier scooter armées du GPS et Ashley et Héloïse sur le deuxième suivent en papotant. Chacun son rôle !

Comme la plupart des scooters en location, le compteur de vitesse ne fonctionne pas pour Ashley et Héloïse et donc l’affichage de la jauge d’essence non plus. Le scooter des Julie affichant un petit plein nous pensons qu’il doit en être de même pour le deuxième scooter. En repartant d’un tombeau, de nuit, sous la pluie et dans un virage, le scooter d’Ashley cale. Elle tente alors de redémarrer ... sans succès ! Roulie et Pompom sont déjà loin devant et font demi-tour en s’apercevant que personne ne suit. Un passant s’arrête et nous indique un petit stand où nous arrêter. Un monsieur comprend notre problème et nous montre son bidon d’essence ... vide ! Nous essayons de lui expliquer que nous pouvons aller le remplir mais il préfère y aller lui même. Le scooter redémarre enfin et nous pouvons continuer notre route et arrivons à notre appartement trempées mais contentes de ce petit tour.

Le temps de boire une petite bière et nous ressortons toujours trempées à la recherche de nourriture pour nourrir les bêtes que nous sommes. Au restaurant nous commandons un « Hot Pot » qui est une fondue de viande dans un bouillon de légumes. Nous spécifions bien que nous souhaitons du bœuf et du poulet. Lorsque le plat arrive, il y a tout sauf de la viande : du calamar, du poisson, des coques ... pour le plus grand bonheur d’Héloïse !

Jour 15

9h, après une dernière discussion avec notre hôte en vietnamien pour Ashley et en Google traduction pour les 3 autres, c’est l’heure du départ pour notre 4ème Naine Trotteuse. Direction Hoi An en moto avec un chauffeur.

Merci beaucoup à toi Ashley pour ces quelques jours avec nous ! Merci pour ces moments de partage d’histoire de ton pays, merci de nous avoir guidé et merci d’avoir été notre bouche vietnamienne. Bonne route à toi, profite à fond de ces mois à venir pour découvrir ce pays qui t’est si coutumier et pourtant si inconnu !

Notre train étant à 21h, nous rendons la chambre à 12h et louons des scooters pour aller nous promener en attendant. Nous nous dirigeons vers les dunes de sable, lieu incontournable de Hué mais également ... introuvable ! Nous suivons un monsieur en vélo qui nous indique le chemin. Arrivées à la plage, toujours pas de dune ... nous partons rapidement car l’atmosphère ne nous est pas très agréable. Les lieux vides et les chiens aboyants ne nous inspirent pas confiance.

Depuis le début de notre voyage, nous avons pu connaître l’activité favorite des vietnamiens, le karaoké ! Lors de notre balade sur une plage déserte, nous entendons les chants bien trop forts et bien trop faux des bars avoisinant. Le sol jonché de déchets casse le charme de notre promenade ... Bienvenue au Vietnam !

Nous allons chercher nos sacs à notre appartement et en profitons pour demander le prix du taxi pour la gare à nos hôtes. Une dernière utilisation de Google traduction pour nous dire qu’ils nous emmènent eux-mêmes. Le fils qui doit avoir 7 ans, essaye de prendre nos sacs (beaucoup trop gros et trop lourds pour lui) et avec celui de Pompom sur le dos, nous guide vers la voiture. Il essaye même de les mettre dans le coffre bien aidé de son papa. Une photo sur le parvis de la gare et nous voilà seule à attendre 2h le départ. Nous faisons une chose à ne pas faire ... nous lisons les avis et commentaires de notre train sur internet ... cafards, toilettes dégoûtantes, bruit et trajet difficile ... « une nuit en enfer » dit l’un d’eux. La pression monte mais nous n’avons plus le choix, nous devons prendre ce train.

21h, nous voilà installées dans le train SE20, sur des sièges ressemblant à ceux des avions pour notre trajet de 12h en direction de Ninh Binh.

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Publié le 2 février 2020

Jour 16

Malgré nos lectures sur internet à propos du trajet dans le train SE20, nous n’avons pas le choix et montons à 21h dans ce fameux train. Nous avons l’impression d’être dans un avion, les sièges se baissant un peu plus. Pas de cafards, pas de rats, le wagon semble propre. Les toilettes le sont moins mais on s’en accommode. Nous regardons un film, grignotons nos boîtes de conserves de thon (oui oui même Héloïse) et nous endormons assez facilement. La nuit n’est pas très bonne, les positions confortables manquent rapidement et les allers et venues dans le wagon sont assez gênants ... mais le plus embêtant était peut être la lumière allumée. Nous comprenons pourquoi le trajet est aussi long, 12h pour parcourir 400km c’est étonnant ! Pointe de vitesse à 70km/h et arrêts très (trop) fréquents expliquent cette durée de voyage. Fatiguées, nous arrivons avec bonheur à 9h à la gare de Ninh Binh. Nous rêvions d’un petit déjeuner et nous installons donc au premier restaurant à la sortie du train. Le bon réflexe a été de regarder le prix du taxi sur l’application Grab (Uber) pour nous rendre à notre hôtel. En effet, durant notre petit déjeuner, nous nous faisons alpaguer par de nombreux taxis qui nous proposent le double du prix pour le même trajet. Quand nous leur annonçons le prix des Grabcars, ils ne cherchent même pas à négocier car ils savent qu’ils ne peuvent rivaliser.

Une bonne douche et nous voici sur nos vélos au milieu des rizières et de la « baie d’Ha Long terrestre » de Tam Coc. Toujours fatiguées mais émerveillées, nous roulons en direction de grottes. Nous rentrons à la tombée de la nuit après une vingtaine de kilomètres parcourue. Nous en avons plein les bottes et nous endormons à 21h30.

Jour 17

Réveil difficile à 6h30 car nous souhaitons faire une balade en bateau dans les montagnes avant l’arrivée des hordes de touristes. Nous arrivons sur place à 9h et il y a déjà beaucoup de monde. Nous voguons dans les grottes avec des arrêts pour visiter des temples sur des petites îles. 3h de promenade en barque au milieu de paysages magnifiques. Nous profitons de cet agréable moment.

En repartant, avec nos scooters, nous devons passer sur un chemin en gravier. Roulie et Pompom devant suivies de Héloïse. Au ralenti, la roue avant d’Héloïse se coince dans un trou mais le scooter continue d’accélérer... et c’est la chute ! Rien de cassé, pas de blessure... tout va bien ! Il faut juste relever le scooter et dépoussiérer les vêtements. Nous prenons un moment au restaurant pour nous remettre de nos émotions et décider de la suite de la journée. Nous partons en direction de l’ancienne capitale impériale datant du 10ème siècle, Hoa Lu, et nous rendons ensuite à la grotte Mua d’où nous pouvons observer le coucher du soleil. Nous y arrivons un peu tard et devons monter les 500 marches très très rapidement. Nous arrivons au point de vue essoufflées mais le paysage est époustouflant. Nous restons là un moment, sans soleil malheureusement mais la vue en vaut quand même la peine.

Jour 18

Matinée grasse mat’ bien méritée après ces deux jours bien remplis. Notre bus pour Cat Ba étant prévu à 14h, nous nous baladons dans le village de 11h à 13h. Nous trouvons des casquettes pour Pompom et Héloïse. La première casquette achetée 1€ après négociation, nous trouvons la 2ème, exactement la même marque, ailleurs. La vendeuse nous annonce 2€50 directement en français. Nous lançons la négociation mais elle refuse catégoriquement. Nous avons beau lui expliquer que nous avons acheté la même casquette il y a quelques minutes à tel prix, elle refuse en nous disant : « ce n’est pas la même matière ! Un français et un québécois parle la même langue mais pas la même qualité ! ». Nous sentons qu’elle essaye de nous flatter avec cette réflexion et nous rigolons bien mais la négociation n’avance toujours pas. Tant pis, elle ne diminuera pas le prix, nous l’achetons donc plus du double de la première.

14h, nous voici dans le bus en direction de Cat Ba, une petite île située au niveau de la Baie d’Ha Long. Les transports vietnamiens sont incroyables. Le bus est tout ce qu’il y a de plus basique mais son itinéraire ne l’est pas ! S’arrêtant partout pour prendre des passagers, les arrêts les plus perturbants sont ceux au milieu de l’autoroute ... nous nous arrêtons une première fois dans une bretelle d’accès, à côté d’une petite dame ayant garé son scooter au milieu de nulle part. Elle abandonne donc son véhicule et monte dans le bus. Arrêt suivant, nous déposons un européen au milieu de l’autoroute. Improbable mais vrai. Nous arrivons ensuite au quai d’embarquement pour le ferry. Pour faire monter le bus dans le bateau, 2 planches sont installées au niveau du quai. Pas de soucis, le bus est bien installé sur le bateau. Après la courte traversée, nous arrivons sur l’île et sommes à notre hôtel à 19h. Jusqu’ici nous n’avions jamais eu de soucis avec nos réservations d’hôtel mais il faut bien que cela arrive. La réceptionniste nous dit dans un anglais approximatif que nous n’avons pas de chambre pour ce soir. Nous montrons donc notre confirmation de réservation et elle nous répète sans cesse quelque chose que nous ne comprenons pas. Nous commençons légèrement à nous agacer et un de ses collègues arrive à la rescousse. Heureusement car nous comprenons qu’un problème est survenu dans leur famille et qu’ils doivent partir le lendemain à 7h pour Hanoï. Nous pouvions tout de même rester pour la nuit mais quitter l’hôtel dès le matin. Nous décidons donc de réserver dans autre hôtel. Petite mésaventure sans conséquence car nous trouvons une chambre pour le même prix à 100 mètres de là.

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Jour 19

Nous partons ce matin à la découverte du Parc National de Cat Ba dont la faune et la flore sont protégées. Nous prenons un chauffeur privé car l’état des routes ne nous semblaient pas propices à rouler en scooter, nous nous rendons compte finalement que cela aurait été tout à fait possible.

Une randonnée de 2h nous attend au milieu des lianes. Des escaliers improvisés et pas toujours très faciles (nous devons carrément escalader des rochers) nous permettent de monter au sommet du parc et d’accéder à une vue imprenable sur l’île. Nous croisons quelques touristes qui nous demandent si le chemin est encore long, nous leur souhaitons juste bon courage pour monter ! Mais la difficulté du chemin n’est rien comparé à la beauté du paysage. En redescendant, Pompom tombe 2 fois sur le coccyx et la première fois, Héloïse accourt pour l’aider et lui marche sur la main ce qui lui vaut de se faire crier dessus... sympa la petite sœur !

A la fin de notre marche, les jambes en compote, nous sommes bien heureuses d’avoir un taxi qui nous attend et non un scooter ! Dernière étape de notre visite, une grotte au sein de laquelle nous pouvons nous déplacer avec plus ou moins de facilité. Nous avons la chance d’être hors saison touristique, la grotte est déserte et nous pouvons profiter d’autant plus de notre visite.

En rentrant nous décidons de terminer la journée tranquillement en nous promenant dans la ville au bord de la mer. Après notre grosse journée, nous sommes bien contentes de pouvoir rester au calme.


Jour 20

C’est le grand jour, nous allons faire une croisière sur la fameuse baie d’Ha Long avec différentes activités et une nuit d’hôtel. Nous partons donc à 8h30 en minibus avec un groupe de 12 personnes de plusieurs pays. Notre guide parle très bien anglais mais toujours avec un accent difficile à comprendre, les efforts sont d’autant plus intenses !

Premier arrêt sur un village de pêcheurs flottant. Des dizaines de cages à poissons sont mises en place pour élever et nourrir les Catfishs. Déjà assez gros, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Au milieu d’une maison, le guide soulève quelques planches de bois et nous découvrons un monstre ... un poisson de 120kg apparaît. On nous explique que ce poisson a une valeur de 30 000 dollars américains et qu’il est élevé pendant 40ans environ. Ces poissons sont la richesse de ces familles et des caméras de surveillance sont installées dans la cage sous l’eau afin de les surveiller car la convoitise est très forte. Nous comprenons pourquoi !

Nous repartons et nous arrêtons dans une crique pour aller faire du kayak ! Pompom et Roulie ensemble, Héloïse monte avec Kenneth un voyageur finlandais. La balade nous emmène dans des grottes débouchant sur des lacs magnifiques au milieu des montagnes. Un super moment malgré l’eau très froide. Nous remontons sur le bateau trempées et gelées, heureusement que nous avons nos affaires de rechange prévues pour le lendemain. Nous mangeons de la nourriture locale sur le bateau avec une vue incroyable.

Après le repas, un petit temps mort est le bienvenu et un nouveau tour de kayak est proposé. Nous décidons de rester sur le bateau pour ne pas attraper froid et jouons au Yam’s en buvant une bière... si c’est pas la classe ça quand même !

Vers 17h, nous arrivons au port et notre guide nous propose d’aller boire une bière dans un bar. Nous ne disons jamais non à une bière, c’est notre devise ! Nous nous retrouvons donc dans un bar à discuter du coronavirus avec les autres voyageurs et le guide. Celui ci nous explique qu’au Vietnam ils ont très peur des touristes chinois qui arrivent en groupe, certaines compagnies et hôtels refusent même ces touristes et c’est donc pour cela que la zone est très très calme, en plus d’être en basse saison, les chinois ne sont pas les bienvenus.

D’un coup, notre guide nous demande si nous savons rentrer à notre hôtel et s’en va. Nous ne comprenons pas, une nuit dans un hôtel sur une île était prévue. Interloquée, nous rentrons à notre premier hôtel pour nous expliquer avec le réceptionniste avec qui nous avions réservé l’excursion. Ce dernier fait une tête bizarre en nous voyant arriver et nous comprenons tous les 4 qu’il y a eu une incompréhension avec l’agence d’excursion. Il nous demande si nous souhaitons toujours aller sur l’île. Fatiguées, trempées et gelées nous préférons rester dans cet hôtel où nos sacs avec nos habits nous attendent toujours dans notre chambre. C’est un mal pour un bien car nous pouvons prendre une douche chaude et changer nos vêtements. Nous laissons dehors nos habits mouillés mais ils ne sécheront jamais avec l’humidité et la pluie de la nuit... il nous faut une lessive au plus vite car nous n’avons plus de stock et tout est mouillé !


Jour 21

Aujourd’hui, nous partons pour Hanoï. Notre bus n’étant qu’à 15h, nous en profitons pour aller nous promener et découvrir les plages de sable fin désertes. En haute saison, la ville et les plages doivent être envahies car des barres d’hôtels en construction ou en rénovation s’y trouvent.

En manque de vêtements chauds, nous achetons des manteaux sur le marché. Nous nous sommes un peu faites surprendre par l’hiver et les lessives étant assez espacées (tous les 7 jours en moyenne) nous avons besoin d’un peu plus de tenues chaudes.

Avec un peu de retard, notre bus arrive et nous voilà en route pour la capitale !

5h plus tard, le bus nous dépose devant notre appartement. L’endroit est assez spécial, pour accéder au logement, nous devons passer dans une petite ruelle étroite et sombre entre deux bâtiments. Un homme nous voit et semble nous guider. Il n’a pas l’air très clair et sent l’alcool à des mètres à la ronde. Nous arrivons devant la porte d’entrée et il reste à côté de nous jusqu’à ce que nous ouvrions la boîte dans laquelle se trouve la clé ... la porte ouverte, il part enfin. Ce moment étrange et pas très agréable ne nous aide pas à apprécier l’appartement que nous découvrons. Très joli mais des trous dans les murs laissent apparaître des cadavres d’animaux (souris ou oiseaux). Nous nous encourageons en nous disant que nous ne sommes ici que pour 2 nuits !

Pour nous remettre de tout cela, nous terminons la journée à Mcdo ! Héloïse peut assurer que le Big Mac vietnamien est moins bon que le Big Mac français. Un bon repas et nous voilà requinquées !


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Publié le 10 février 2020

Ce début de journée est dédié à l’organisation de la suite de notre voyage. Nous souhaitons nous rendre au nord à Cao Bang ainsi qu’à Babe Lake pour les 3 prochains jours. Très vite nous nous rendons compte que les déplacements vont être difficile en raison du faible nombre de touristes. Les compagnies ne font pas ces trajets en ce moment. Nous cherchons les différents moyens possibles pour nous y rendre.

Trois solutions se présentent à nous :

  • Prendre les bus de nuits locaux ... Ce qui semble être une très mauvaise idée lorsque nous regardons les commentaires sur internet : 8h de trajet sur des routes chaotiques avec alcool à foison pour les passagers et le conducteur ! Nous écartons vite cette possibilité.
  • Faire le circuit avec une agence de voyage. Cher mais prise en charge de Hanoï à Hanoï.
  • Prendre une navette privée, moins cher et plus sûr que le bus local.

Après avoir envoyé des messages à plusieurs compagnies de navettes privées, nous recevons toujours la même réponse : le trajet est annulé. Une compagnie nous répond positivement mais au fil de nos réflexions, nous nous demandons comment faire pour nous déplacer une fois arrivées dans le nord ... ce sera toujours le même soucis.

Dépitées et légèrement agacées, nous allons dans la rue, à la recherche d’idées. Nous entrons au hasard dans une agence de voyage qui propose des circuits pour à Ha Giang. Après de nombreuses discussions et dans le besoin de trouver une solution, nous réservons un circuit de 3 jours en moto accompagnées de « Easyriders » qui nous conduiront. Nous partons donc demain (vendredi 7 février) soir avec un bus de nuit pour Ha Giang.

Gros soulagement, nous pouvons partir à la découverte de Ha Noï sereinement.

La journée étant déjà bien entamée, nous nous rendons dans la célèbre rue dédiée au train en plein cœur de la ville. Aujourd’hui, faiblement utilisée cette voie de chemin de fer entre deux bâtiment, Nous marchons le long des rails sur plusieurs centaines de mètres avant de devoir nous arrêter car des barrages de police empêchent de continuer pour contrôler le nombre de personnes en cas de passage de trains.

Nous rentrons après avoir fait des courses pour le soir et le brunch du lendemain. A 22h nous allons récupérer notre linge que nous avions laissé le matin dans une laverie. Le bonheur lors de l’ouverture des sacs de linge propre est indescriptible !


Jour 23

Pour pouvoir manger tôt ce soir avant de prendre le bus de nuit, nous faisons un brunch copieux ce matin, l’avantage d’être dans un Airbnb est qu’on peut cuisiner ce que l’on souhaite ! Tant bien que mal avec les ustensiles disponibles.

Nous continuons notre découverte de la ville d’Ha Noï avec le pont Long Bien sur lequel ne passent que les motos, vélos, piétons et ... le train ! Le prochain train prévu est à 15h, nous ne le verrons donc malheureusement pas.

Nous allons ensuite au Hoa Lo Prison Museum où le port de masques chirurgicaux nous est imposé. Au sein même de l’ancienne prison construite par les français, nous découvrons les cellules et pièces à « vivre » des prisonniers politiques vietnamiens de 1930 à 1954. Leurs conditions de détentions étaient inhumaines et quand les vietnamiens ont repris la prison et ont capturé des pilotes américains, ces derniers étaient mieux lotis. Les locaux ne souhaitant pas faire à autrui ce qu’on leur avait faire vivre.

Nous mangeons vers 18h avant de prendre notre bus de nuit pour Ha Giang où nous allons faire un circuit de 3 jours à moto accompagnées de « Easy riders ».


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Ces 3 jours vont être très difficiles à raconter. Ce que nous avons fait, vu, entendu ... bref, vécu, est incroyable et nous en avons encore des étoiles dans les yeux !


Après une courte nuit avec une arrivée à 4h du matin à Ha Giang dans une auberge et un dortoir de 8 personnes, nous avons le temps de faire une sieste jusqu’à 8h, prendre un petit déjeuner et nous voilà à nous préparer, couvertes de la tête aux pieds contre la pluie et le froid. Au programme : 3 jours de découverte en moto de la région des Hmongs. Cette ethnie qui s’étend du Laos à la Chine en passant par le Nord du Vietnam.

9h30 nous sommes installées à l’arrière de nos motos, chacune avec notre chauffeur et « c’est parti mon kiki ! » comme disent les guides en français. Nous sommes une famille de 10 motos (4 canadiennes, 2 hollandais, 1 franco-américain et nous 3 françaises) séparée en 2 groupes de 5 pour faire la route. Que dire pour décrire au mieux ce que nous voyons ? Nous allons découper en plusieurs parties notre description :

  • les paysages
  • les villages et leurs habitants que nous traversons
  • les 2 nuits
  • l’aventure du Ha Giang Epic Tour


Les paysages :

Le Nord du Vietnam est décidément la région qui a le plus à offrir par la multitude de ses paysages.

Nous roulons dans les montagnes, tantôt rocheuses de couleurs noire et ocre au niveau des frontières chinoises, tantôt recouvertes de rizières en terrasse ou encore de sapins. Nous nous arrêtons souvent pour observer et prendre en photo les vues impressionnantes devant lesquelles nous nous trouvons. Peut être que les images suivantes permettront de donner un aperçu.


Les villages et leurs habitants :

Tout au long de notre périple, nous découvrons les us et coutumes des habitants de la province de Ha Giang.

Le plus perturbant pour nous sont les enfants que nous croisons. Au bord de la route, loin de toute habitation, ils peuvent être des petits groupes âgés de 3 à 10ans à jouer, pieds nus et très peu habillés. Un peu plus loin, même tranche d’âge, l’un porte la récolte du jour sur son dos dans une cagette fabriquée grâce à un bac et des ficelles, l’autre porte le petit frère encore nourrisson ... boueux de la tête aux pieds, ces enfants n’ont peur de rien. Certains nous sourient et nous font des signes lorsque nous passons, d’autres continuent leurs activités sans se soucier des voitures, camions et autres motos qui passent à quelques centimètres d’eux. Travaillant dès le plus jeune âge, ces enfants grandissent bien plus vite que d’autres et c’est cet aspect là qui nous touche. Ils n’iront certainement jamais à l’école, leur vie sera consacrée à aider la famille avec les récoltes, le bétail et les maisons. Pour eux, prendre une douche par semaine est un luxe et le linge n’est que très rarement lavé. Nous avons pu observer une petite fille, de quelques années seulement, ne portant qu’un petit gilet, les jambes noires, se faire laver par sa grande sœur avec le reste de l’eau de la vaisselle. Sur les sentiers, les petits garçons nous suivent en courant alors que nous, avec nos grosses chaussures, avons du mal à descendre.

En ville, les enfants sont mieux lotis. Ayant accès à l’éducation, à des vêtements propres, à des maisons fermées et ... à des scooters! Nous traversons une ville plutôt rapidement lorsque deux garçons d’une dizaine d’années doublent la file de motos à une vitesse dingue. Nous ne savons pas ce qui est le plus fou dans cette situation : Pas de casque ? Deux jeunes garçons ? La vitesse ? Dans tous les cas, il est impossible de voir ceci en France !


Les 2 nuits :

Première nuit dans un hôtel, un vrai. Douche chaude, chambre avec chauffage ... quel bonheur après une journée sous la pluie ! Nous mangeons le dîner avec le groupe et notre guide puis nous participons à la fête de fin du Têt (commencée au moment de la nouvelle lune et terminée 15 jours plus tard), cette soirée est une occasion de plus pour les vietnamiens de faire la fête en famille avec des feux d’artifice et une soirée dansante. Nous nous voyons proposer de l’alcool de riz tout au long de la soirée. Il faut trinquer avec tout le monde et ce n’est pas poli de ne pas boire lorsqu’on trinque... donc nous trinquons et buvons beaucoup au cours de la soirée ! Notre erreur a été de ne pas aller danser tout de suite car si nous ne dansons pas, c’est que nous n’avons pas assez bu ... nous comprenons qu’il faut donc nous lever et danser pour pouvoir ralentir la cadence. Les téléphones sont de sortie et nous sommes filmés sous tous les angles, les messieurs nous serrant la main dès que possible pour juste « toucher » des européennes. Notre camarade franco-américains invitant à danser les dames et les enfants nous tapant dans les mains à chaque passage. La soirée se termine en karaoké, le hobby préféré des vietnamiens. Pendant ces chants plus ou moins justes, les messieurs discutent avec nous à travers Google traduction, nous demandant si nous sommes mariées. Nous allons nous coucher, notre chambre étant juste au-dessus des enceintes diffusant la musique à fond.


Pour la deuxième nuit, le décor est tout autre. Au milieu des rizières, nous voilà dans une auberge atypique. Une maison sur pilotis en bois sans fenêtres. Un logement malvenu lorsque le thermomètre affiche 10 degrés. Nous jouons au badminton avec les habitants avec des raquettes improvisés fabriquées à partir de planches en bois. Un monsieur déjà bien éméché propose une nouvelle règle : à chaque faute commise, la personne boit de l’alcool de riz. Roulie commet la première faute et boit donc le premier verre. Nous comprenons vite qu’il n’y a que nous qui devons boire, même pour une de ses fautes a lui. La partie est donc vite écourtée !

La douche est chaude et nous enfilons plusieurs couches de vêtements. Le repas est installé à même le sol dans le dortoir, nous mangeons avec notre guide et trinquons avec le chef de la maison et ensuite sa femme. Après le repas, Pompom se rend à la deuxième auberge qui accueille l’autre partie du groupe et participe à la soirée karaoké.


L’aventure du Ha Giang Epic Tour :

Réservé un peu en désespoir de cause, nous ne regrettons en rien d’avoir choisi cette aventure ! Pour tout ce que nous avons pu voir et découvrir, pour la gentillesse des conducteurs et des guides, pour les soirées avec les locaux que nous n’aurions pas vécu autrement, pour les paysages ... malgré la pluie et le froid, nous avons profité à fond chaque minute de ces 3 jours.


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Publié le 15 février 2020

Jour 27 :

Notre bus couchette arrive à 3h du matin à Sa Pa et nous dépose à la station centrale à Sa Pa. Sous la pluie et dans le froid, un homme s’approche de nous et nous explique que pour nous emmener à notre auberge, le trajet est de 1h et il nous annonce un prix un peu trop cher. Nous essayons de lui montrer grâce à notre GPS que le trajet n’est que de 30min pour moins de 10km. Mais il n’en démord pas en nous expliquant qu’il fait nuit, qu’il pleut et que la route est très difficile. Il nous propose même une chambre d’hôtel à côté. Tant pis, même si le prix nous paraît exorbitant et qu’il est impossible de négocier, nous prenons le taxi. Nous sentons l’arnaque quand nous nous rapprochons bien plus rapidement que prévu de notre auberge. À notre arrivée, nous entrons dans le bâtiment, noir, sans un bruit et personne ne bouge à part le chien qui vient pour des caresses. Notre hôte se lève et nous explique rapidement le fonctionnement, encore endormi. Deuxième mauvaise surprise après le taxi quand nous découvrons notre chambre dans cette bâtisse en bois. Très froide, sans fenêtre et des lits très durs. Il est 4h, nous sommes fatiguées, nous verrons ça plus tard.

À notre réveil, la pluie a cessé. Nous commençons à voir les rayons du soleil apparaître, près de 15 jours sans avoir vu la lumière derrière les nuages ! Cela fait un bien fou de pouvoir manger sur la terrasse. Une vendeuse ambulante vient jusqu’à nous pour nous vendre ses produits. Elle reste là de longues minutes et Héloïse est la dernière courageuse à continuer de lui dire non alors que les deux Julie abandonnent et reprennent leurs discussions. Bracelets, bagues, boucles d’oreilles ... Héloïse montre qu’elle a déjà tout ça et qu’elle n’a pas besoin de plus mais la vendeuse continue. Très désagréable d’être accosté comme ça à la terrasse de l’auberge. Nous comprenons vite que c’est partout comme ça dans la région. Après manger, nous partons nous promener en direction d’une cascade non loin de là. Dès les premiers mètres, des jeunes filles nous suivent en discutant en anglais avec nous : « d’où venez vous ? Quel âge avez vous ? C’est votre première fois au Vietnam ? ». Tout ça pourrait être très mignon si elles ne portaient pas des sacs de marchandises en nous disant « shopping? » après chaque phrase.

Nous arrivons en bas d’un sentier boueux et comprenons que si nous souhaitons monter en haut de la cascade, il va falloir passer par ce chemin. Des dames nous suivent et nous proposent leur aide sur ce sentier difficile et glissant. Nous refusons gentiment nous doutant qu’elles réclameront de l’argent mais elles forcent en nous attrapant les bras et les mains. Leur insistance devient agaçante et à l’arrivée, elles nous réclament de l’argent. Nous avons malheureusement vu juste ! Elles finissent par partir et nous continuons sur un chemin dans la forêt de bambou. Nous nous trouvons vite coincées et devons faire demi-tour. Nous décidons de couper le chemin grâce à une traînée creusée par torrent. Et là... c’est gamelles sur gamelles, nous glissons toutes les trois et nous retrouvons sur les fesses chacune notre tour. Nous arrivons finalement en haut de la cascade et nous asseyons, les chaussures dans l’eau, le temps d’admirer la vue. Le retour est plus facile et nous arrivons boueuses à l’auberge. Nous prions pour que nos chaussures sèchent avant le lendemain.

Jour 28 :

Encore une matinée calme, le repos fait du bien au cours d’un voyage qui ne fait que commencer pour nous. Nous partons l’après midi, nos chaussures encore humides, découvrir les alentours et les montagnes de Sa Pa. Nous marchons à travers les villages et arrivons au niveau d’un super point de vue au-dessus des rizières. En redescendant nous passons devant un groupe d’enfants. L’un d’eux s’arrête en nous voyant et arrache une fleur au sol et la présente à Héloïse : « a gift for you ! ». Nous nous esclamons : « oooooh il est trop mignon » et Héloïse attrape la fleur. Directement le visage de l’enfant se transforme, devenant sérieux et insistant : « money ! » réclame-t-il. Le moment mignon est gâché et nous détournons vite notre chemin. Les ravages du tourisme qui transforme les populations ... cet épisode renforce notre malaise quant à ce lieu pourtant magnifique.

Demain nous retournons à Hanoï. Notre itinéraire a été modifié il y a de cela quelques jours. En effet, nous devions nous diriger vers Dien Bien Phu afin de passer la frontière terrestre avec le Laos. Lors de notre rencontre avec Arthur, ce Franco-américain qui a participé aux trois jours à Ha Giang avec nous, nous avons appris que depuis le 1er janvier 2020, le Laos ne délivre plus de visa aux frontières terrestres. Arthur qui avait tenté quelques jours plus tôt de passer la même frontière pour rejoindre sa sœur au Laos nous explique qu’il s’est vu refusé le passage et a du retourner à Hanoï pour aller à l’ambassade du Laos pour se voir attribuer un visa. Nous avons donc décidé de nous rendre à cette ambassade après notre étape à Sa Pa et de prendre un avion vers Luang Prabang. Le trajet en bus est de 25h contre 1h en avion. Malgré la différence de tarif, notre choix a été vite fait. Nous partons donc ce 13 février à 8h pour Hanoï pour prendre un avion le 15 pour le Laos.


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Publié le 20 février 2020

Nous voilà armées de nos visas pour le Laos que nous avons été faire l’ambassade du pays à Hanoï. Nous sommes rassurées et soulagées et nous pouvons attendre tranquillement notre avion le 15 février.

Une dernière soirée à Hanoï en compagnie d’Ashley que nous retrouvons car elle vient passer du temps dans la capitale avec son association venant en aide aux victimes et familles touchées par l’agent orange, ce gaz déversé par les américains durant la guerre du Vietnam, qui a encore aujourd’hui des conséquences sur la 3ème génération post-guerre dans le pays. Nous mangeons avec 3 autres bénévoles :

  • un homme de 70ans ayant fuit le Vietnam avec sa famille il y a de cela 40ans et qui a mis du temps à revenir dans son pays natal par appréhension de retrouver le pays comme il l’avait coûté
  • une Hong-Kongaise qui a beaucoup voyagé et méprisant les vietnamiens pendant très longtemps à cause de leur venue à Hong-Kong dans leur fuite de la guerre
  • une vietnamienne qui a perdu ses 2 grands frères handicapés à cause de l’agent orange

Une soirée de partage d’expériences difficiles avec eux qui nous a permis de comprendre encore un peu plus les enjeux qu’on provoqué ces moments de guerre.

Nous racontons notre voyage qui les rend admiratifs et ils nous encouragent à tenir notre carnet de voyage pour garder les souvenirs et pouvoir les retrouver à notre retour.

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Jour 31

Nous décollons ce 15 février pour Luang Prabang, première étape de notre voyage au Laos. Nous entamons notre deuxième mois de voyage dans un nouveau pays synonyme de nouvelles découvertes, à commencer par la langue et la monnaie. Après avoir enfin étoffé nos connaissances en vietnamien et maîtrisé les mots de bases, nous allons devoir réapprendre, c’est ce qui fait la richesse de ce voyage ... Voici quelques mots que nous utilisions au quotidien :

  • « cảm ơn » : merci
  • « xin chào » : bonjour
  • « gà » : poulet
  • « bò » : bœuf
  • « trứng » : œuf
  • « cơm » : riz
  • « cá » : poisson (surtout pour Héloïse !!)

À nous maintenant d’apprendre, un vrai plaisir de voir les locaux sourire quand nous disons un mot dans leur langue.

Nous arrivons dans le petit aéroport international de Luang Prabang. Nous trouvons un taxi et nous découvrons des paysages différents du Vietnam. Beaucoup plus colorés et beaucoup moins bitumés, les routes nous emmènent vers notre auberge dans le centre-ville très calme. Il fait chaud, il fait beau, nous revivons (nous pouvons enfin nous débarrasser de nos doudounes !!!) ! Nous marchons à travers les rues à la recherche de distributeurs de monnaie. Les billets qui en sortent sont difficilement différentiables, une face écrites en laotien et l’autre avec des chiffres arabes. Il va falloir s’y faire. Nous passons devant un temple et entrons pour le visiter. Les couleurs sont chaudes et bien plus présentes que les temples vietnamiens. Les toitures dorées nous éblouissent et nous pouvons entendre les battements des jeunes moines sur les tambours. Nous continuons notre chemin vers le Mékong que nous découvrons au coucher du soleil. Nous nous arrêtons dans un bar et nous pouvons nous asseoir sur un bateau à quai, décoré de lanternes de toutes les couleurs pour la soirée. Quelques appels vidéos avec les familles nous font très plaisir et nous restons manger dans cette atmosphère paisible que nous offre le fleuve mythique.


Jour 32

Une journée calme pour commencer ce séjour laotien. Nous profitons de la ville et de ses rues animées en journée. Ancienne capitale royale du Lan Xang (royaume du million d’éléphants), inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO, Luang Prabang, où l’on peut croiser des moines de tout âge (des apprentis à partir de 10 ans jusqu’à confirmés au-delà de 30 ans) dans la rue, compte de nombreux temples et monastères bouddhistes. Cette ville abrite un patrimoine architectural bien conservé malgré les guerres, fusion de l’architecture traditionnelle et d’une structure urbaine conçue par le régime colonial français.

Pour le coucher de soleil nous montons au Mont Phousi, le point le plus haut du centre ville d’où nous avons une vue sur les alentours et surtout sur le Mékong sur lequel se couche le soleil. Le lieu est envahi de touristes mais la vue est trop belle pour que cela ne soit un réel ennui. Nous terminons la journée en mangeant des crêpes au Night Market.

Jour 33

Réveil à 7h pour cette journée qui s’annonce bien remplie. Nous enfourchons nos scooters et nous dirigeons vers les cascades de Kuang Si situées à une trentaine de kilomètres de là. Le trajet est super sympa, sillonnant les montagnes et les petits villages. Arrivées à l’entrée du parc, nous pouvons observer des ours asiatiques dans un centre de sauvetage.

Un petit trek nous mène le long des torrents et cascades jusqu’en haut des chutes. En redescendant, nous trouvons un petit coin pour nous baigner. Dans ce parc, la baignade est autorisée partout et c’est très appréciable après une marche sous cette chaleur. Une bière à la main, nous profitons de ce moment pour nous imprégner de ce lieu féerique dans lequel nous aurons passé presque 5 heures.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un camp d’entraînement d’éléphants. Nous voulons juste les observer et un homme à l’entrée nous indique où aller. Deux éléphants se trouvent dans un parc et s’approchent de nous en nous voyant arriver. Malheureusement, nous n’avons pas de nourriture à leur proposer et leurs mines déçues sont reconnaissables lorsque leurs trompes ne trouvent rien dans nos mains. Nous restons quelques minutes à converser avec eux avant que nous n’ayons vraiment plus aucun intérêt pour eux. Ils repartent vaquer à leurs occupations d’éléphants.

Nous rentrons la tête pleine de belles images et mangeons dans un bar réputé de la ville avant d’aller faire de beaux rêves de cascades et d’éléphants.

Jour 34 et 35

Nous prenons deux jours de vacances. Changer de maison tous les deux ou trois jours est super mais légèrement fatigant. Un peu de repères et de calmes ne font pas de mal. Héloïse et Roulie se font masser, nous renflouons nos valises en produits d’hygiène en trouvant le meilleur supermarché croisé depuis le début de notre voyage, mettons notre linge à la lessive et nous terminons notre séjour à Luang Prabang par une croisière en bateau sur le Mékong au coucher de soleil. Nous sommes fin prêtes pour de nouvelles aventures !

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Jour 36

Départ pour Nong Khiaw un peu plus au nord ce matin pour un petit séjour de 3 jours. Nous laissons nos gros sacs à notre auberge à Luang Prabang où nous reviendrons passer une nuit en revenant. En arrivant à notre mini van, nous sommes bien heureuses de ne pas avoir pris ces sacs car les bagages sont glissés sous ou entre les sièges. Nous sommes 15 et serrés comme des sardines. Un couple de français nous explique qu’ils n’ont acheté que 2 places alors qu’ils ont avec eux leur fille de 7 ans. Cette dernière s’assoit sur les genoux de sa maman. La route est quelque peu difficile, le conducteur roule vite et le bitume n’est pas forcément présent partout. Nous sautons de nos sièges pendant 4h et la petite fille s’amuse et nous demande « c’est quand le prochain bouing bouing ? ». C’était plus marrant pour elle que pour nous à priori. Nous arrivons à 13 heures à Nong Kiaw et déjeunons dans un restaurant qui deviendra notre cantine pour les prochains jours. Après le repas, nous partons à la recherche d’un logement. Une première réceptionniste nous dit qu’il y a une chambre de disponible dans 20 minutes dans son auberge. Nous attendons donc et une famille de français (il y en a beaucoooooup ici, peut être est-ce du à la période de vacances scolaires en France) arrive et il s’avère qu’ils avaient réservé la chambre que la dame nous avait indiqué. Tant pis, ils nous expliquent qu’ils viennent d’un camping au confort sommaire mais disposant d’une piscine situé à 1km. Nous nous dirigeons donc vers ce camping, nous réjouissant d’une bonne baignade. A l’arrivée, la réceptionniste nous dit que le lieu est complet ... pas de chance ! Nous rebroussons chemin ne désespérant pas de trouver une chambre. Nous trouvons finalement notre bonheur, un peu plus chère que les chambres précédentes (15€ pour 3 personnes par nuit contre 10€ pour les autres) mais toujours dans notre budget. Très sympa, ce petit bungalow au bord de la rivière nous convient et nous pouvons nous reposer un peu. En fin de journée nous nous rendons en centre ville pour trouver une activité pour le lendemain et acheter des bières, indispensables pour accompagner le soleil dans ses dernières minutes de vie de la journée. Après ce moment sur notre terrasse dans le hamac nous allons manger et rentrons nous coucher dans notre bungalow en bambou au lit dur comme une planche pour Héloïse et Roulie.

Départ pour Nong Khiaw un peu plus au nord ce matin pour un petit séjour de 3 jours. Nous laissons nos gros sacs à notre auberge à Luang Prabang où nous reviendrons passer une nuit en revenant. En arrivant à notre mini van, nous sommes bien heureuses de ne pas avoir pris ces sacs car les bagages sont glissés sous ou entre les sièges. Nous sommes 15 et serrés comme des sardines. Un couple de français nous explique qu’ils n’ont acheté que 2 places alors qu’ils ont avec eux leur fille de 7 ans. Cette dernière s’assoit sur les genoux de sa maman. La route est quelque peu difficile, le conducteur roule vite et le bitume n’est pas forcément présent partout. Nous sautons de nos sièges pendant 4h et la petite fille s’amuse et nous demande « c’est quand le prochain bouing bouing ? ». C’était plus marrant pour elle que pour nous à priori. Nous arrivons à 13 heures à Nong Kiaw et déjeunons dans un restaurant qui deviendra notre cantine pour les prochains jours. Après le repas, nous partons à la recherche d’un logement. Une première réceptionniste nous dit qu’il y a une chambre de disponible dans 20 minutes dans son auberge. Nous attendons donc et une famille de français (il y en a beaucoooooup ici, peut être est-ce du à la période de vacances scolaires en France) arrive et il s’avère qu’ils avaient réservé la chambre que la dame nous avait indiqué. Tant pis, ils nous expliquent qu’ils viennent d’un camping au confort sommaire mais disposant d’une piscine situé à 1km. Nous nous dirigeons donc vers ce camping, nous réjouissant d’une bonne baignade. A l’arrivée, la réceptionniste nous dit que le lieu est complet ... pas de chance ! Nous rebroussons chemin ne désespérant pas de trouver une chambre. Nous trouvons finalement notre bonheur, un peu plus chère que les chambres précédentes (15€ pour 3 personnes par nuit contre 10€ pour les autres) mais toujours dans notre budget. Très sympa, ce petit bungalow au bord de la rivière nous convient et nous pouvons nous reposer un peu. En fin de journée nous nous rendons en centre ville pour trouver une activité pour le lendemain et acheter des bières, indispensables pour accompagner le soleil dans ses dernières minutes de vie de la journée. Après ce moment sur notre terrasse dans le hamac nous allons manger et rentrons nous coucher dans notre bungalow en bambou au lit dur comme une planche pour Héloïse et Roulie.

Jour 37


Nous montons à 8h30 dans notre bateau qui nous mènera jusqu’à Muang Ngoy, un petit village plus au nord. Ce bateau en bois ressemble à un bus avec des ranigées de 2 sièges récupérés dans ... un bus ! Pompom se retrouve sans siège mais est allongée à l’arrière avec un sac comme dossier. C’est parti pour une petite heure de traversée. Sur les rives ensablées, des enfants jouent pendant que les parents pêchent à côté, des vaches se rafraîchissent dans l’eau et des chèvres grimpes habilement à la recherche d’ombre. La rivière n’est pas profonde et nous pouvons voir le fond et les nombreux rochers que notre capitaine doit éviter. Nous traversons également quelques rapides provoqués par le fort courant de l’eau. Le bateau nous dépose vers 9h30 en bas d’un sentier de randonnée qui nous mènera à une grotte et un peu plus loin a un point de vue au dessus du village. Heureusement que nous avons nos lampes frontales car la grotte n’est pas éclairée et que le guide ne nous fournit que 3 lampes pour le groupes de 9 personnes que nous sommes. Nous croisons des chauves-souris pendant notre périple et notre guide nous explique que ces grottes ont servi d’abris aux habitants lors des bombardements américains pendant la guerre du Vietnam.

C’est le moment pour nous de faire une petit point culturel pour remettre le contexte :

A l’issue des accords de Genève le Vietnam est séparé en deux parties. Le Nord du pays est dirigée par le Président Ho Chi Minh et devient la République Démocratique du Vietnam. Le Sud la République du Vietnam est dirigé par Ngo Dinh Diem et soutenu par les américains.

Seulement, le régime du Sud n’est pas accepté par toute la population et le Front National de Libération du Sud Vietnam nait alors pour se rebeller contre le gouvernement, leurs ennemis leur donnent le nom de Viet-Congs. Afin de ravitailler en nourriture et armement la milice présente au Sud du Vietnam qui œuvrait à la résistance de l’occupant américain, l’armée populaire du Vietnam et les Viêt-cong empruntent les routes et sentiers dans les montagnes du Laos et du Cambodge ce qui vaut à ces deux pays d’être bombardés par les américains pour empêcher ces ravitaillements. Les habitants se réfugient donc dans les nombreuses grottes présentes à côté des villages. Ces grottes sont malheureusement elles aussi bombardées pour empêcher les Viêt-congs qui s’y cachent de pouvoir accomplir leurs missions.

Suite à la visite de cette grotte, nous empruntons un sentier très difficile aux allures d’escalades avec ses échelles improvisées avec des planches de bois à l’équilibre précaire. La vue au sommet en vaut la peine car nous sommes au-dessus du village de Muang Ngoy et de la rivière Nam Ou. La descente n’est pas plus aisée que la montée et nous sommes heureuses de retourner sur le bateau après une petite visite de ce village aux rues en sables, aux maisons en bambou, aux équipes de vaches sur le terrain de football et comptant plus de poules que d’habitants.

Le bateau nous dépose ensuite au niveau d’un autre village depuis lequel nous allons faire une marche pour accéder au pied d’une cascade. Nous devons manger notre pique-nique dans une ferme sur le chemin mais lorsque nous y arrivons, le guide constate que le lieu est fermé. Il nous propose alors de continuer la marche et d’aller manger à la cascade. Les ventres criant famine nous décidons tous ensembles de manger ici et certains s’installent sur une cabane, d’autres sur une planche de bois et nous dans un champ de blé. Le guide nous donne alors notre « pack » composé de nouilles aux légumes emballées dans une feuilles de bananier et une banane. Des poules se mêlent au repas dans l’espoir d’attraper des miettes qui tomberaient. Quelques minutes s’écoulent avant qu’une truie ne sorte de sa cabane et nous rejoigne. Nous lui donnons nos feuilles de bananier et nos peaux de bananes et le tout est englouti plus vite qu’il n’est arrivé au sol.

Nous continuons ensuite notre marche vers la cascade et c’est la libération lorsque nous pouvons plonger dans l’eau. Le froid est saisissant mais revigorant ! Nous voilà en forme (ou pas du tout) pour retourner au bateau. La dernière activité de la journée est de retourner à Nong Khiaw en kayak. Héloïse et Roulie se lancent pour 1h de dure labeur alors que Pompom préfère se la couler douce sur le bateau et narguer ses deux compères sous le regard amusé des autres passagers restés sur le bateau.

C’est rincées que nous sommes de retour au village après une très belle journée.

Jour 38


Journée calme aujourd’hui à profiter du bungalow, du soleil et des restaurants du village. Le hamac est définitivement très confortable !

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Jours 39

Nous quittons Nong Khiaw à 10h ce matin. Un tuk tuk nous emmène à la station de bus et à notre arrivée, un groupe de francophones qui a l’air exaspéré nous explique qu’ils sont là depuis 8h ce matin. Leur bus était complet, on leur a donc dit d’attendre le prochain départ ... aux environs de 10h-10h30-11h. Nous voilà rassurées quant à notre départ ... une fille du groupe avait même eu le temps de ramasser les mégots de cigarettes au sol en remplissant 4 bouteilles d’eau. Elle espère que cela fera réagir les locaux quant à l’écologie ... mais c’est loin d’être gagné dans ces pays d’Asie. Bref. Après négociations, nous arrivons à compléter un bus et à partir vers 10h30. Le trajet retour vers Luang Prabang est beaucoup plus facile à vivre que l’aller il y a 3 jours.

Nous arrivons vers 14h à Luang Prabang et retrouvons notre auberge avec nos sacs. Une forte impression de retourner à la maison nous envahie. C’est fou comme on s’attache rapidement à un lieu où on passe plus de 2 nuits ! Nous profitons d’une dernière après-midi dans cette ville en mangeant une glace et en nous baladant.

Jour 40

Aujourd’hui, une grosse journée de bus nous attend. Nous arrivons à 8h à la gare routière pour un départ prévu à 8h30. Des français tentent de mettre leurs vélos dans la soute mais sans succès, ils les glissent donc au niveau de la banquette arrière qui servira donc de porte bagages. Nous avons fait le choix de prendre un bus et non un mini van pour avoir un meilleur confort pour les 8h de routes qui nous attendent. Nous réussissons à avoir les places à l’avant qui nous semblent avoir plus d’espaces que les autres rangées. Un couple de français arrive en dernier et la femme, enceinte, s’assoit à l’avant alors que son mari se retrouve assis au fond du bus sur un strapontin qui n’a pas l’air très stable. En cours de chemin, nous prenons un homme qui vient s’installer dans le couloir à côté de nous et la place que nous avions s’en trouve plus que réduite. Pompom se retrouve coincée avec son sac contre la fenêtre et la première partie du trajet n’est pas très agréable.

La route montagneuse défile ainsi que ses trous. Notre conducteur est très bon et réussit à éviter au mieux l’inconfort provoqué par ce bitume défaillant. Nous traversons des lieux désertiques aux paysages magnifiques et des petits villages constitués de quelques maisons sur le bord de la route. Les enfants courent à côté du bus faisant mine de faire la course avec nous en nous disant bonjour de la main. Les sourires qu’ils affichent sont communicatifs et nous leur rendons cette joie de la rencontrer un si court instant. Nous manquons à plusieurs reprises de renverser chiens et poules traversant devant le bus et notre chauffeur est obligé de piler lorsqu’un troupeau de vaches décide de traverser sans prévenir ni regarder si une voiture arrive.

La journée est longue mais nous arrivons enfin à Phonsavan (ou Phonsavanh) où nous avons prévu de rester 3 nuits.

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Jour 41

Nous prenons notre temps ce matin pour nous remettre de nos deux jours de transports et cela aura été notre erreur pour cette journée. Notre programme est de louer des scooters pour aller visiter les 3 sites de Jarres ouverts au public.

Voici quelques explications : la région de Phonsavan est appelée « La plaine des jarres », en effet, de nombreux sites regroupent des pots en pierres de grandes tailles un peu partout dans les plaines. Différentes hypothèses existent quant à l’existence de ces sculptures mais personne n’est capable de donner la réelle histoire de ces objets.

Revenons en à nos moutons. Nous nous décidons à bouger en fin de matinée et trouver des scooters. Malheureusement, aucun magasin n’a de scooter disponible, sauf un qui nous propose un unique scooter. Mais à 3 c’est compliqué ! Les laotiens le font mais nous ... on va éviter ! Nous voilà donc dans cette ville qui n’a pas grand chose à offrir. Nous avons vu qu’il y a des musées à visiter. Nous les recherchons donc et trouvons ce qui semble être un centre d’informations. Pas de chance, c’est fermé pour la pause déjeuner. Nous nous postons donc dans un restaurant juste en face en attendant la réouverture.

13h30, Héloïse part à la pêche aux informations. Lorsqu’elle utilise le mot « museum », le monsieur a l’air perdu et dit qu’il n’y a aucun musée en ville. Pourtant sur la carte il y en a un donc Héloïse sort son téléphone et indique le point. Le monsieur a l’air surpris mais acquiesce de la tête quand elle demande si c’est ouvert. Bon, ce n’est pas glorieux et on en est au même point qu’avant le déjeuner.

Nous décidons alors de marcher dans la ville à la recherche d’une occupation. Nous passons devant le « MAG information center » et entrons.

Nouveau point culturel :

Comme expliqué il y a quelques jours de cela, les américains ont copieusement bombardé le Laos. Cela correspondait à un bombardement toutes les 8 minutes pendant 9 ans. Malheureusement (ou heureusement, on ne sait pas), toutes les bombes n’explosaient pas et aujourd’hui, il reste encore 30% d’UXO (Unexploded ordnance) dans le sol laotien et il y a de nombreuses victimes chaque année dans le pays. Les champs et les rues sont minés et c’est une véritable peur pour les habitants. Nous comprenons mieux la pauvreté du pays, personne n’ose cultiver les terres de peur de tomber sur une bombe en labourant le sol comme cela arrive à un bon nombre d’habitants. Les enfants sont également très touchés car ils se mettent à jouer avec ce qui ressemble à des balles, parfois jaunes se confondant avec des balles de tennis. C’est un fléau pour le pays.

L’association MAG œuvre aujourd’hui dans le déminage des terres et ce centre présente le travail drastique que ses membres accomplissent pour rassurer les habitants qui peuvent ensuite cultiver et gagner de l’argent. Un petit film nous montre les techniques utilisées en mettant en scène une équipe de femmes partant en mission. Les femmes tiennent à faire ce travail pour montrer qu’elles sont aussi capables que les hommes dans des exercices difficiles. Sur ce point, les laotiennes sont beaucoup plus indépendantes que les vietnamiennes. Par exemple, ici, nous voyons des femmes au volant, chose impossible au Vietnam.

Nous terminons l’après-midi en visitant la ville en nous dirigeant vers le cimetière. Définitivement, cette ville n’a pas grand chose à offrir. Très urbaine et très pauvre, nous voyons de nombreux SDF qui mendient et qui viennent aux terrasses des restaurants nous réclamer quelques billets. L’un d’eux, un enfant de moins de 10 ans, a pour habitude (nous l’avons eu à notre table dans plusieurs restaurants) de se coller à la personne en arrivant sans bruit derrière. Ceci a effrayé Roulie qui en sursautant, a fait fuir l’enfant qui n’est plus jamais venu nous demander les jours suivants. Nous ne sommes pas à l’aise dans cette ville et nous avons hâte d’en sortir pour découvrir sa région qui semble être magnifique.


Jour 42

La deuxième tentative de location de scooter est la bonne. Cette fois-ci, nous sommes à 8h30 au magasin et nous pouvons partir avec nos deux fidèles destriers pour la journée. Une trentaine de kilomètres nous attend et nous pouvons admirer les paysages autour des routes désertes. Nous arrivons au 3ème site de Jarres ouvert au public. Il y en a une soixantaine autour de Phonsavan mais à cause des UXO non déminées, seuls trois sont ouverts aux visites. Nous voilà, toutes les 3 à marcher à travers les champs en compagnie des vaches en direction de cette endroit mystérieux. À notre arrivée, nous découvrons effectivement un lieu calme et mystique. Des grands pots taillés dans la pierre se trouvent devant nous et nous ne pouvons qu’admirer le travail de sculpture et imaginer les raisons de leur présence à cet endroit. Cette réponse personne ne l’a et c’est aussi ça qui fait le charme de ces Jarres.

Le 2ème site, met en scène ces Jarres au milieu des arbres, l’une d’entre elles a même été cassé par l’un d’entre eux qui a poussé à l’intérieur.

Après un rapide repas, nous nous dirigeons vers une cascade qui est indiquée sur la route. Nous découvrons cette dernière asséchée et nous amusons à descendre son chemin comme le cours d’eau le ferait. Nous avions lu que cette période de l’année au Laos est très sèche et chaude et que de nombreuses cascades n’existent plus. Nous repartons ensuite et échangeons Pompom de scooter. Héloïse doit s’habituer à conduire pour deux avant l’arrivée imminente d’un nouveau Nain Trotteur ...

Le dernier site de Jarres qui est en fait le site numéro 1, est bien plus grand et des archéologues examinent les lieux à la recherche d’indices sur l’histoire des ces objets. Deux grandes hypothèses existent :

  • Selon les laotiens, ces Jarres servaient à conserver la nourriture, les boissons, les bijoux ... les éléments de la vie quotidienne
  • Selon les archéologues, elles servaient de cimetières car plusieurs squelettes ont été retrouvés à l’intérieur. Ils supposent que les jarres ont été déposées à l’aide des éléphants.

Difficile de savoir aujourd’hui les véritables raisons de leur existence ...

Jour 43 et 44

Nos scooters récupérés, nous partons ce matin pour un roadtrip improvisé de deux jours qui nous mènera jusqu’à Muang Kham à 50 km de Phonsavan.

Le premier arrêt de notre trajet se trouve au niveau d’une cascade. La route sableuse qui se présente à nous descend de façon très raide et nous abandonnons les scooters pour terminer à pied. A 9h30 le soleil cogne déjà fort et le chemin est long ... nous avons un peu sous-estimé la distance. Une voiture passe par là et nous propose de nous emmener jusqu’à la cascade, nous acceptons avec plaisir l’offre et craignons à l’avance le chemin retour en montée. N’y pensons pas tout de suite, nous avons une cascade à voir ! Nous nous trouvons encore dans un lieu magnifique et pouvons remonter le courant jusqu’à la plus grande chute d’eau. Nous ne nous baignons pas mais profitons avec nos yeux. Nous espérons secrètement que les deux messieurs et leur voiture soient toujours là et que nous puissions nous incruster dans leur véhicule pour remonter. Malheureusement, ils ne sont plus là ... c’est donc parti pour quelques kilomètres de montée sous la chaleur. Nous mettons environ 1 heure pour arriver à nos scooters et c’est la libération dès que nous trouvons un peu d’ombre ... la journée commence fort ! Nous nous arrêtons manger dans un petit restaurant et devons nous exprimer pour la première fois grâce à notre « G’palémo » du Routard car personne ne parle anglais. Ce petit livret est très pratique car il permet, grâce à des dessins, de se faire comprendre dès que la barrière de la langue se fait ressentir.

Nous arrivons en début d’après-midi à Muang Kham, et plus précisément à ses Hot Springs. Notre loueur de scooters nous avait expliqué qu’un hôtel se trouvait à ce niveau. Nous ressortons notre G’palémo pour expliquer aux locaux que nous recherchons un logement. Un hôtel se trouve effectivement dans la zone des Hot Springs. Le sol poussiéreux, des matelas posés sur le carrelage, pas d’eau courante et un bac d’eau pour tirer la chasse ... rustique mais ce n’est pas grave, nous n’y restons qu’une nuit, le prix est très correct et la vue est magnifique ! Mais surtout ... nous nous trouvons à quelques mètres des bains chaud et de la rivière. Avec la poussière et la chaleur toute la journée sur les routes, nous rêvons d’une baignade, surtout en l’absence de douche ... mais avant toute chose, nous retournons dans le village en repérage de restaurants ou à la recherche d’un magasin pour acheter de quoi manger le soir.

Le moment tant attendu est arrivé. Nous testons du bout de l’orteil la température de l’eau beaucoup trop chaude pour y mettre le corps ! La rivière elle ... est beaucoup trop froide ! Mais quand on a besoin de se rincer, on y va. Il est 17h et nous assistons à une scène exceptionnelle : un groupe d’une dizaine d’adolescentes arrive avec des petits paniers, certaines ne sont vêtues que d’un drap, d’autres entièrement habillées. Elles se mettent dans la rivière et sortent les brosses à dent, le dentifrice, le savon et le shampoing. Les plus âgées aident les plus jeunes et elles se lavent toutes ensemble. Après cette toilette dans la rivière, elles vont toutes s’installer dans les bains chauds et discutent. Elles nous regardent et nous les regardons. Nous ne savons pas qui de nous ou de elles sont les plus impressionnées par l’autre groupe. Nous sommes les seules touristes parmi ces locaux. Deux grand-pères viennent également se laver dans les bains chauds en se frottant avec un linge ainsi que des jeunes garçons qui discutent en se lançant des cailloux.

Nous nous rendons au village pour dîner et trouvons un restaurant très sympa. Au cours du repas, le gérant nous offre des bières et son frère vient s’installer à notre table et discuter avec nous. Il parle plutôt bien anglais même s’il prétend le contraire. Un peu éméché, To (c’est son prénom) nous explique que c’est l’alcool qui lui permet de parler aussi bien ! Il nous pose beaucoup de questions sur nos vies, comme tous les locaux que nous avons pu rencontrer et qui n’ont jamais quitté leur pays. Ce qui l’intrigue beaucoup c’est ce qu’on pense du Laos et surtout des « Lao Boy ». Il essaye de nous apprendre des mots en laotien et nous lui apprenons en retour des mots en français.

« How do you say I love you in french ? »

Je t’aime !

Thank you, répond-il en se trouvant malin »

Il est temps pour lui de retourner à Phonsavan où il travaille pour la compagnie de bière nationale « Beer Lao » et pour nous d’aller nous coucher.

Après une nuit à 3 en travers de 2 matelas simples, nous nous réveillons avec le soleil et partons de notre logement vers 8h. Nous nous arrêtons dans le même restaurant que la veille pour le petit déjeuner. Pompom commande des œufs à la coque et on lui en sert une dizaine... un peu beaucoup peut être ! Nous reprenons la route et nous arrêtons pour visiter une grotte. Cette dernière semble être un lieu de pèlerinage et de culte car elle a hébergé de nombreux habitants lors de la guerre et 374 personnes ont péri lors d’un bombardement en 1968. En effet, chaque visiteur allume de l’encens, dépose de l’eau ou de la nourriture pour les victimes, culte religieux bouddhique.

Nous rentrons à Phonsavan pour l’heure du déjeuner, nous rendons les scooters, réservons notre transport pour le lendemain et terminons la journée tranquillement pour nous reposer de notre petit périple.

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Jour 45

7h30 nous voici dans le tuktuk, un de plus, vers le bus qui nous emmène rejoindre Nathan (dixit Tintin) à Vientiane.

Plus de 8h de trajet nous attendent. On ne l’avait pas prévu mais c’est un sleeping bus qui sera notre véhicule : littéralement un alignement de lit, plus confortable qu’on ne l’aurait imaginé.

Le voyage prévoit d’être long ... et finalement pas tant que ça !

Pour une fois le chauffeur s’arrête toutes les deux heures pour notre plus grand bonheur ... c’était sans savoir que les pauses pipis se font en pleine nature, au milieu de nulle part. C’est tout de même mieux que rien.

La première partie du chemin secoue et nous longeons ensuite la frontière avec la Thaïlande le long du Mékong pour afin arriver à la capitale.

Nous arrivons à notre hôtel vers 18h, fatiguées du trajet mais tellement heureuse de pouvoir profiter d’un vrai lit. Nous passons une première (presque) bonne nuit depuis un bon bout de temps.

Jour 46

Aujourd’hui, 1er mars, c’est jour de fête pour Pompom ! Nathan, son cher et tendre atterrit au Laos pour partager 2 semaines avec les naines. Après avoir changé d’hôtel, Pompom part (en navette locale) à l’aéroport accueillir Tintin directement à l’aéroport pendant que Héloïse et Roulie s’installent dans leur chambre et partent faire quelques précieuses courses.

Pour la petite histoire, la navette n’est pas passée donc Pompom a du prendre un énième tuktuk et arrive à l’aéroport pensant être en avance. Et là, juste devant elle, se tient un homme roux et barbu (pas du tout le style asiatique) ... aucun doute possible c’est bien lui ! Il attendait depuis 30min devant le terminal. Son avion A-319 depuis Bangkok ne transportait que 10 passagers donc forcément le visa et la douane sont vite expédiés et son sac récupéré plus vite que l’éclair.

Le groupe de 4 se rejoint pour déjeuner puis nous partons visiter le plus vieux temple du Laos, le temple Sisaket aux 1000 bouddhas. La baignade dans la piscine de l’hotel sonne comme une libération pour Tintin après ses 26h de voyage mais également pour les Naines avec la chaleur de la capitale Laotienne.

La soirée se termine vite après un tour au Night Market. Entre jet lag et fatigue nous partons nous coucher dans nos chambres.

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Jour 47

10h, nous voilà dans le bus pour Vang Vieng. Nous retournons un peu au Nord avec Tintin.

Après 4h de route, nous mangeons avant de rejoindre notre hôtel ce dernier est tout neuf et magnifique avec la vue sur les montagnes et surtout une piscine. Nous décidons d’aller visiter une grotte juste à côté mais le chemin pour nous y rendre n’est pas clair et nous nous trouvons au milieu d’un champ ... un monsieur nous indique la route mais il s’avère que c’est beaucoup plus long que prévu car il faut faire un grand détour. Nous sommes fatigués et la piscine nous appelle avec cette chaleur. Nous passons donc la fin de la journée à nous baigner et à jouer aux cartes. Pour l’apéro, nous avons du beaufort et du vin, ramenés de France par Tintin. Ces saveurs nous manquent et nous sommes très heureuses de pouvoir y goûter un court instant. Nous pouvons nous endormir en rêvant de notre pays qui nous manque un peu quand même de temps en temps.


Jour 48

Ce 3 mars, nous enfourchons nos montures à moteur et nous dirigeons vers une grotte pour première étape. A l’arrivée, une grotte à l’entrée sombre et étroite se présente à nous et Roulie, pas très rassurée, attend ses trois compères a l’extérieur. A l’intérieur, Pompom, Tintin et Héloïse se meuvent comme ils le peuvent à l’aide d’une lampe frontale et du flash du téléphone. L’humidité et la chaleur sont étouffantes, le sol glisse et les ponts et échelles en bambous n’inspirent pas confiance. La descente devient trop difficile et le chemin n’est plus tracé, il est temps de faire demi-tour. Le retour à l’extérieur sonne comme une libération de ce sauna.

Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons pour monter au niveau d’un point de vue au-dessus de la vallée. L’ascension est très difficile et certains d’entre nous abandonnent en cours de route alors que Tintin et Pompom en grands courageux qu’ils sont grimpent jusqu’au bout. La vue est belle mais malheureusement la brume raccourcie la distance de visibilité.

Nous mangeons dans un restaurant tenu par une association européenne dont le but est de donner des cours d’anglais aux habitants de la région. Nous comprenons rapidement que la serveuse est française grâce à son accent. Par réflexe, nous parlons anglais dès que nous croisons un occidental et nous comprenons très rapidement lorsque nous avons des français face à nous. Le plus beau compliment pour nous a été le jour où deux voyageuses n’ont pas réussi à savoir d’où nous venions !

Après le repas nous allons au Blue Lagoon numéro 1 (il y en a 5 en tout dans le coin) où nous pouvons nous baigner dans une eau claire et fraîche. Des balançoires accrochées aux branches et un plongeoir improvisé le long d’un tronc d’arbre sont disponibles en divertissement pour les baigneurs. Après une bonne baignade nous nous rendons au Blue Lagoon numéro 3. Plus joli et moins fréquenté, cet endroit a un certain charme et met à disposition des tyroliennes, bouées, radeaux et autres attractions dont nous profitons, essuyant quelques gamelles et collectionnant les plats sur le dos. On s’est bien marré !

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Publié le 9 mars 2020

Jour 49

Une longue journée nous attend. En effet, nous partons aujourd’hui pour Thakhek à 500km de Vang Vieng vers le sud. Nous avons réservé des tickets pour un bus à couchettes et nous nous disons que les 10h de trajets passeront plus facilement.

Nous partons de notre hôtel avec une navette, accompagnés de 3 hollandais ayant réservés le même trajet auprès de la même compagnie (cette information est très importante pour la suite de l’histoire). Nous arrivons à une agence de transport et attendons notre bus un petit moment.

Finalement, on nous fait signe de monter dans un mini van qui nous emmène jusqu’à Vientiane dans lequel nous sommes donc 7 (avec les 3 hollandais, jusqu’ici la logique est respectée). Un deuxième mini van part en même temps que nous à 14h en direction de la capitale. En cours de route, lors de la pause pipi, ce même mini van s’arrête en même temps que nous et nous pouvons constater que sur les 12 places de chacun de nos deux véhicules, seules 7 sont occupées dans le notre et 5 dans le 2ème. Donc ces deux véhicules se rendent au même endroit, au même moment, avec un nombre de passagers de 12 pour 24 places ... Ça y est, l’illogique commence. Et ce n’est pas fini. Juste avant l’arrivée à Vientiane, les deux mini vans s’arrêtent sur le bas côté et les passagers du deuxième, rejoignent le notre. Deuxième étrangeté du trajet.

Nous arrivons donc après 3h30 de route à Vientiane. Et là, l’incompréhensible commence. Les passagers qui étaient censés s’arrêter là, descendent. Ensuite, le chauffeur indique aux 3 hollandais (les même qui ont réservé les même billets pour Thakhek que nous et au même endroit que nous, vous vous souvenez ?) de descendre également mais à nous de rester dans le mini van. Nous nous exécutons et restons à nos places tandis que les hollandais descendent en nous regardant d’un air interloqué. Nous leur lançons : « see you in Thakhek ! » qu’ils nous rendent en rigolant.

Notre chauffeur nous dépose deux rues plus loin et nous dit d’attendre sur des bancs sur le trottoir qu’un autre chauffeur vienne nous chercher, et il s’en va. Nous nous retrouvons là, tous les 4, assis sur ce banc au milieu de nulle part à attendre on ne sait qui. Tout ce dont nous avons la certitude c’est que nous arriverons bien à Thakhek. Comment ? Ça c’est encore un peu flou.

Vers 18h, un tuk tuk camionnette (il existe différents types de tuk tuk : les scooters avec des siègent sur le côté pour 2 personnes, les motos avec 4 à 8 places à l’arrière et les camionnettes pouvant prendre jusqu’à beaucoup de personnes) arrive et le chauffeur nous dit « Thakhek ! » en nous faisant signe de monter. Trois personnes se trouvent déjà installées à bord. Et là, l’incompréhension monte au fur et à mesure que les passagers arrivent. Les sacs s’empilent dans l’aller centrale et nous nous retrouvons presque les uns sur les autres, certains devant même rester debout. 18h20, des françaises nous disent que le bus part à 18h30 alors qu’une canadienne nous dit qu’il part à 20h30. Ayant réservé le trajet Vang Vieng - Thakhek et n’ayant aucune idée de tout ça, nous nous regardons en haussant les épaules, étant toujours persuadés que nous arriverons à destination. Avec l’expérience, nous savons qu’il faut faire confiance et suivre les indications qu’on nous donne, peu importe le nombre de chauffeurs et de véhicules que nous rencontrons.

Nous faisons le tour du quartier en passant plusieurs fois aux mêmes endroits, et cela pendant 1h avant d’arriver à la gare routière. A 19h, nous déposons nos sacs dans la soute du bus qui nous emmènera (nous l’espérons) à Thakhek. Un scooter sera placé juste à côté de ces sacs. Parfait, ils sont en sécurité, personne ne pourra venir les prendre s’il n’y a pas de surveillance. Nous achetons de quoi nous faire un petit pique-nique que nous engloutissons avant de monter dans le bus. Nos numéros de places sont les 48, 49, 50 et 51. Nous les trouvons à l’étage et il s’avère que c’est une banquette à l’arrière. Nous sommes contents car nous sommes tous les 4 ensemble et avons de la place. Nous remarquons que le numéro 47 est également placé sur cette banquette et à peine avions nous eu le temps de le réaliser qu’une allemande d’1m80 arrive et s’excuse d’avance de venir s’installer avec nous. A 20h30, le bus démarre.

La route n’est pas désagréable mais le manque de place l’est rapidement. Nous nous tortillons dans tous les sens pour réussir à somnoler durant le trajet. Tintin restera même assis à plusieurs reprises pour laisser de l’espace aux filles qui essayent de dormir. L’odeur de toilettes nauséabondes montant, nous passons 6h à tenter de respirer par la bouche n’arrivant pas à nous y habituer.

A 2h, le bus s’arrête et nous voyons sur la carte que nous sommes arrivés ! Cela est une libération pour nous et nous nous dépêchons de réunir nos affaires et de quitter tout ça. Le bus est arrêté sur le bord de la route où des restaurants ambulants accueillent les passagers. Nous demandons au chauffeur si nous sommes arrivés et il nous répond positivement. Tintin demande donc à ce que nos sacs soient sortis de la soute mais il répond négativement. Nous finissons par comprendre que ce n’était qu’une pause pipi et remontons, non sans regrets, dans le bus. Cinq minutes plus tard, nous sommes jetés tous les quatres, notre voisine allemande ainsi que nos sacs sur le bord de la route à 5km de la ville. Un tuk tuk nous propose de nous emmener au centre ville. Nous essayons de négocier le prix mais en vain car nous ne sommes pas en état d’insister.

Il est 3h du matin lorsque que nous nous couchons dans de vrais lits. 14h après avoir quitté notre hôtel de Vang Vieng. Une aventure qui laissera des souvenirs !

Jour 50

Thakhek est connue pour sa fameuse « boucle » de 200km environ que les touristes réalisent en scooters ou moto pendant 4 jours. Cette route passant à travers de magnifiques paysages comporte de nombreuses grottes, cascades et autres temples.

Malheureusement, nous n’avons pas le temps de rester aussi longtemps et ne passons qu’une journée ici. Nous partons en scooter pour le début de la boucle et rentrerons le soir même. Nous commençons par une première grotte. L’endroit n’est pas très simple d’accès et nous devons escalader des rochers et nous éclairer à l’aide de nos lampes frontales. Nous découvrons un lieu magnifique. Le sol est fait de sable fin, de petits cours d’eau et le plafond est très haut. Nous pouvons apercevoir quelques chauve-souris virevoltants dans la pénombre. Pour ceux qui connaissent, cette grotte nous fait penser à un décor du chapitre 7 de Harry Potter lors de la quête des horcruxes. Nous y restons un long moment, profitant du silence et du son des petites gouttes tombant à la surface de l’eau.

Nous reprenons la route en direction d’une deuxième grotte. La pluie commence à faire son apparition et nous nous dépêchons d’entrer à l’intérieur dès notre arrivée. Nous trouvons un tout autre décor avec une grotte aménagée : des escaliers, des rambardes, des ampoules de toutes les couleurs ... le charme de la précédente n’est pas du tout retrouvé et nous sommes déçus par ce que nous voyons. À la sortie, la pluie s’est intensifiée et nous décidons de rester manger dans le restaurant juste à côté. Nous croisons les doigts tout au long du repas pour que l’averse se calme.

À la première accalmie, nous courons et nous dirigeons vers la troisième grotte. Beaucoup plus petite, celle-ci est au premier abord très basique avec des petits escaliers et lumières le long du chemin. Nous sortons du sentier tracé en descendant le long des rochers et arrivons au niveau d’une ouverture avec une étendue d’eau magnifique ...

Le dernier arrêt de la journée est un lieu de baignade. Avec la météo capricieuse du jour nous n’avons pas très envie de nous mouiller encore plus mais nous allons tout de même voir de quoi il s’agit. Un morceau d’une rivière est aménagé avec des petits cabanons pour se baigner. A peine arrivés, quelques gouttes de pluie commencent à tomber et, ni une, ni deux, nous reprenons les scooters pour éviter de rentrer sous une averse. Tant pis, le périple est écourté mais avec la fatigue de la nuit et la pluie, nous préférons aller nous mettre à l’abris et nous reposer, surtout qu’un nouveau long trajet nous attend demain car nous nous rendons à Paksé au sud du pays.

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Publié le 13 mars 2020

Jour 51

Pour cette journée du 6 mars, un long voyage nous attend. Nous partons pour Paksé dans le sud du pays. Le trajet avec le bus local est d’une durée de 7h minimum ... on nous a averti la veille que ça pouvait durer jusqu’à 10h car ce bus s’arrête très régulièrement. Pas le choix, nous voici à 8h30 sur la route. Effectivement, le bus s’arrête TRÈS régulièrement. A chaque entrée de village, il klaxonne et si quelqu’un lève le bras sur le bord de la route, il s’arrête pour le prendre ... au départ le bus était loin d’être complet. Les passagers montant en cours de route se retrouvent vite sur des tabourets en plastiques dans l’allée centrale. Il fait chaud, trop chaud et la climatisation ne fonctionne pas. La chaleur est étouffante et les odeurs de transpiration et de nourriture mélangées à d’autres odeurs non identifiées rendent le trajet d’autant plus difficile ... lors de chaque arrêt, des vendeuses montent par dizaine dans le bus avec des brochettes de poulets entiers, des grenouilles grillées, des cacahuètes et des fruits. Malgré la faim qui commence à se faire ressentir, nous ne pouvons avaler quoique ce soit et grignotons des petits encas que nous avions dans nos sacs. Le bus ne fait qu’une pause pipi seulement lors d’un arrêt pour prendre de l’essence et heureusement qu’une touriste demande un arrêt au bout de plusieurs heures sans bouger. Le chauffeur arrête le bus au milieu de la nature et nous dit : « Toilets ! Toilets ! ». A peine avons nous le temps de descendre et de chercher un coin à l’abris des regards que ce dernier klaxonne en disant : « i am late ! ». Nous rigolons car son retard n’est pas du à la seule pause réclamée par les passagers mais plutôt par ses arrêts pour charger des scooters ou livrer des meubles à un magasins.

8h de route plus tard, nous arrivons enfin à Paksé et nous sommes libérés de notre sauna. Nos sacs sont sur le toit du bus et nous espérons qu’ils ne soient pas trempés car il y a eu de la pluie en chemin.

Heureusement que le gérant de notre hôtel est venu nous chercher à la gare routière et qu’il est là dès notre descente du bus. En 20 minutes nous voici dans nos bungalows. Il n’y a pas de climatisation mais le ventilateur nous fait un bien fou.

Les transports laotiens sont définitivement plus difficiles que leurs compères vietnamiens.


Jour 52

Direction le temple « Vat Phou » à Champassak à une trentaine de kilomètres de Paksé. Nous filons avec nos scooters sur une très agréable et belle route. Nous arrivons au temple avec une forte chaleur qui rend la visite difficile au début car il y a très peu d’ombre, très peu d’air et beaucoup de marches.

Ce temple en ruine a été construit sur une colline des monts Pasak et surplombe la plaine de la région de Champassak. Il a été construit entre les Xème et XIIème siècles et est au départ d’une ancienne route le reliant à Angkor et ses célèbres temples au Cambodge. Le Vat Phou était un lieu de culte à Shiva qui est considéré comme le dieu du yoga dans la religion hindouiste d’où la présence de nombreuses statues et symboles phalliques représentant ce dieu. Il est ensuite devenu un sanctuaire bouddhiste.

Nous passons deux heures à visiter ce lieu plein de mystères. Une empreinte géante de bouddha dans le sol, des éléphants, crocodiles et serpents sont sculptés dans les roches. En parlant de serpent ... alors que calme et silence sont de mise dans l’enceinte du temple, d’un coup, un groupe de femmes laotiennes se met à crier et courir dans tous les sens. Un guide parlant anglais se rapproche d’elles pour savoir ce qu’il se passe et nous explique qu’un serpent est tombé de l’arbre juste au milieu de leur groupe. Nous comprenons mieux les cris et les courses soudaines dans tous les sens. Plus de peur que de mal, l’animal s’est vite enfuit, sûrement plus effrayé que les jeunes femmes !

Après cette visite, nous rêvons de nous baigner et nous rendons à une cascade afin de réaliser notre vœu. Pour cela, il faut traverser le Mékong. Nous arrivons à « l’embarcadère de ferry » comme c’est indiqué sur notre carte. À notre arrivée, il n’y a aucun bateau qui ressemble de près ou de loin à un « ferry » mais un homme nous alpague et nous donne le tarif pour traverser avec 2 scooters et 4 personnes. Nous acceptons et il nous fait signe de le suivre. Son embarcation est faite de deux barques en bois reliées par des planches. Il prend nos scooters, les installe et nous fait dit de monter. Nous voici parti pour la traversée sur ce bicoque (pas) très moderne et (pas) très rassurant. Nous arrivons rapidement à l’autre rive et pouvons continuer notre route vers la cascade.

Nous nous baignons dans un cours d’eau chaud qui ne nous rafraîchit que très légèrement mais qui fait un bien fou. Nous sommes seuls et c’est plus qu’agréable.

Jour 53

Aujourd’hui nous partons à la découverte du plateau des Boloven et ses nombreuses cascades. Nous empruntons l’autoroute locale au bord de laquelle se trouvent des petites maisons en bois et des enfants marchant et jouant pieds nus sur la route.

La première cascade est la plus grande du Laos. La chute d’eau est d’une hauteur de 120m. Le bruit de l’eau s’écrasant en bas est assourdissant. Le chemin pour accéder en bas de la cascade est très difficile et on nous déconseille de nous y rendre. Nous ne pouvons nous baigner ici, ce qui est quand même notre principal objectif de la journée et décidons donc de nous rendre à la cascade suivante.

Nous arrivons sur un site très touristique. Nous apprenons que le week-end, les thaïlandais viennent ici pour pique-niquer et se baigner et effectivement, c’est l’invasion. Les hommes transportant les glacières de bières et de nourriture, les barbecues et les sacs tandis que les femmes tentent tant bien que mal de gérer les enfants surexcités de passer la journée dans l’eau. Nous n’attendons pas très longtemps avant de plonger dans l’eau froide au pied d’une cascade haute de 40m. Nous mangeons ensuite dans un restaurant entourés de nombreux groupes et familles avec la musique de Justin Bieber en fond sonore. Cet endroit est très différent des cascades désertes où nous avons l’habitude de nous prélasser.

Le site suivant est également envahi de thaïlandais en week-end, nous nous baignons mais partons vite pour une dernière cascade moins connue et moins fréquentée mais encore plus jolie. Nathan et Héloïse se baignent une dernière fois pendant que Roulie et Pompom explorent les lieux asséchés en crapahutant dans les rochers.

Nous retournons à notre hôtel situé dans une ancienne ferme et tenue par un sud-coréen installé ici depuis 15ans. Nous avons passé 2 premiers nuits très agréables dans ces bungalows en bambous et nous endormons pour notre dernière nuit avant de quitter Paksé.


Nuit du 8 au 9 mars

Cette nuit a été le théâtre d’une aventure pour nos 4 petits trotteurs. Alors que nous nous endormons paisiblement, Héloïse et Roulie sont réveillées par une bouteille d’eau vide qui roule sur le sol. Héloïse pense d’abord que la bouteille est tombée à terre et que le ventilateur l’a fait rouler sur le sol. En allumant le flash du téléphone, les filles remarquent un petit animal qui sort des sacs et se faufile dans le mur. C’est la panique pour les sacs après la mésaventure vécue par Pompom au Vietnam (Pour rappel, la fermeture éclaire de son sac avait été grignotée par une souris dans la nuit). Héloïse se lève et cherche la bouteille qui se trouve coincée derrière un gros sac. Elle jette l’objet dans la poubelle dans la salle de bain et retourne se coucher. Quelques minutes plus tard, Roulie sursaute en entendant de nouveau la bouteille au sol. Le rat (oui oui c’est bien un rat) a réussit à sortir la bouteille de la poubelle et à la ramener dans la chambre pour jouer avec et narguer les filles. La solution est trouvée, la poubelle finira la nuit dehors sur la terrasse et la nuit se termine plus ou moins paisiblement avec toujours cette crainte qu’un rat revienne.

Au réveil, Héloïse croise Tintin sur la terrasse qui demande : « est-ce que vous avez eu des rats cette nuit ? ». Au fil de la discussion, nous nous rendons compte que les rats ont fait là pré-soirée dans le bungalow des filles et qu’ils ont continué la fête toute la nuit avec Pompom et Tintin. Tout y est passé chez eux, les bouteilles en plastiques, la gourde en métal, les lunettes de soleil... même la poubelle a été grignotée et complètement ouverte ! Pendant que Tintin dormait profondément, Pompom s’est battue toute la nuit pour essayer d’éloigner les rongeurs. Certains tombant du plafond directement sur son oreiller.

On a connu meilleure nuit ! Encore une aventure qui laissera des souvenirs ...

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Publié le 21 mars 2020

Jour 54

C’est épuisés que nous nous réveillons ce matin, les rats ont eu raison de nous.

Avant de partir pour les 4000 îles dans le sud, nous devons payer les chambres. Pompom s’en charge et se rend à la réception avec sa carte de crédit. Nous n’avons plus beaucoup de liquide et préférons utiliser la carte pour garder ce qu’il nous reste. Seulement voilà, la connexion internet n’est vraiment pas bonne et le TPE de carte bleue ne peut se connecter au réseau. Après de nombreuses tentatives, cela ne semble pas vouloir fonctionner. Nous demandons où se trouve le distributeur automatique le plus proche et notre hôte nous dit qu’il est à 30 minutes de là... notre bus étant dans 20 minutes, ça risque d’être compliqué de revenir à temps. Nous vidons alors nos poches et arrivons à rassembler les 2,7 millions de kip nécessaires. C’est sans un sous que nous montons dans le bus.

3h plus tard, nous arrivons à l’embarcadère. Notre auberge se trouve sur l’île Don Khone mais nos billets ne sont valables que pour nous sur celle de Don Det. Nous avons faim et décidons de rester manger à l’embarcadère de Don Det. Ici, pas de distributeur automatique de billets, ce sont les restaurants qui se chargent de donner des sous. Nous retirons donc tous les 4 de la monnaie.

Après le repas, nous demandons à une petite agence s’il est possible de nous emmener en bateau sur l’autre île. Le gentil monsieur nous répond que ce n’est pas possible car il n’y a pas assez de fond dans le fleuve pour que le bateau passe. Étonnant car nous savons que des bateaux s’y rendent. Nous demandons alors en tuk tuk. Pas possible les routes ne sont pas praticables. Étonnant car nous voyons plein de tuk tuk partout et que les deux îles sont reliées par un pont. Nous voilà bien embarqués. Après négociations, il accepte de nous emmener en tuk tuk mais seulement 2 par 2 car il n’en a qu’un seul de disponible. Héloïse et Roulie partent donc pendant que Tintin et Pompom attendent.

Après 100m de parcourus, il dépose les filles sur le bord de la rue en disant d’attendre et il repart chercher Pompom et Tintin. Nous comprenons alors qu’un bateau va nous emmener. Ah bah tiens ! On l’avait dit que les bateaux pouvaient faire la traversée.

Vers 15h, nous sommes à l’auberge et le gérant nous demande de payer directement pour les 4 nuits. Et rebelote, nous n’avons plus d’argent. Nous verrons ça demain. Pour le moment, nous souhaitons nous rafraîchir et nous dirigeons vers la plage au bord du Mékong juste à côté de l’auberge. Nous nous baignons accompagnés de jeunes laotiennes qui tentent des approches furtives. Elles sont timides mais essayent de communiquer avec nous en imitant nos positions et en nous faisant de grands signes. Roulie finit par instaurer un concours de châteaux de sable avec elles avant que leur grande sœur ne vienne les chercher et les éloigne de nous, craignant qu’elles ne nous importunent.

Jour 55

Nous prenons les vélos ce matin pour nous rendre à la cascade Tad Somphamit. Des chutes s’étendant sur des centaines de mètres. Nous pouvons marcher le long de ces torrents bruyants mais magnifiques. Nous arrivons sur une petite plage où nous pouvons barboter dans l’eau pour nous rafraîchir. Nous mangeons rapidement avant de reprendre les vélos en direction d’une nouvelle plage.

Le Mékong n’est pas propre, il ne sent pas bon mais propose une eau ni trop fraîche ni trop chaude et c’est plutôt pas mal de l’avoir à proximité.


Jour 56 et 57

Pour ces deux derniers jours tous les 4, nous privilégions le repos et prenons les vélos l’après-midi. Pour le 11 mars, nous allons nous baigner et pour le 12 mars, nous nous prenons des petits bateaux pour aller voir les dauphins !

Avec nos embarcations, nous passons à travers des rapides et les conducteurs sont très habiles ! Nous arrivons au milieu d’une étendue du Mékong et nous retrouvons au Cambodge l’espace d’un instant. D’un côté de la rive, le Laos, et de l’autre, le Cambodge. Et au milieu, des dauphins d’eau douce qui nous font l’honneur de sortir de l’eau. Nous ne les observons que très peu mais le silence et le calme de l’eau sont magiques, surtout avec le couché du soleil. Nous passons une petite heure à l’affût à scruter la surface de l’eau ... 3 dauphins se trouvent sous nos embarcations, un couple et leur bébé. Nous rêvons de les voir sauter mais ils n’ont pas l’air d’avoir envie de faire les clowns !


Jour 58

13 mars, jour de séparation.

Et oui c’est la fin des vacances pour Tintin, le retour à la réalité est proche. Tintin doit se rapprocher de l’aéroport pour son retour en France qui se trouve à Pakse. Pompom décide alors de l’accompagner pour la dernière nuit.

Le groupe est donc scindé en deux : Pompom et Tintin partent à Paksé tandis que Héloïse et Roulie restent sur l’île de Don Khone et changent d’hôtel pour passer la journée à la piscine.

Tintin et Pompom, tous les deux sur le tuk tuk bancale de notre hôte à Don Khone sont déposés au milieu de deux petites maisons au bord de l’eau pour attendre un bateau pour revenir au port et prendre le bus. Après les avoir déposé, le tuk tuk retourne chercher Héloïse et Roulie pour les emmener à leur hôtel. Sur le chemin, elles croisent les deux loulous qui attendent le bateau.

Les filles déposent les affaires à l’hôtel, déposent le linge pour une lessive dans le petit magasin à côté et se précipite à la piscine. Pendant ce temps là, Tintin et Pompom sont dans le bus. Une fois à Paksé, il faut reprendre un nouveau TukTuk pour rejoindre l’hôtel, c’est alors qu’ils trouvent un petit monsieur qui parle français. Il fait la discussion tout au long du trajet. Adorable, il dit que les personnes venant de Strasbourg sont plus difficiles à comprendre à cause de leur accent allemand (Ah yooo, c’est bien vrai ça!!).

L’hôtel est un énorme palace, d’une dizaine d’étage donnant sur le Mékong (mais beaucoup moins joli et charmant que les 4000 îles ou Luang Prabang) avec une piscine sympathique. Mais l’atmosphère n’est pas agréable car c’est vide ... très peu de clients et très calme (« c’est calme, trop calme, j’aime pas beaucoup trop ça »). L’impact du Covid-19 se fait de plus en plus ressentir, particulièrement dans les hôtels déserts. Tintin et Pompom profitent de leur fin d’après midi et soirée à la piscine et au restaurant ainsi que Héloïse et Roulie qui de leur côté n’auront pas beaucoup bougés ... piscine, restaurant, chambre, piscine et enfin restaurant.

Jour 59

Lendemain matin, après un dernier moment au petit déjeuner, il est temps de passer au moment un peu difficile : se séparer. Tintin part pour l’aéroport et Pompom reprend un bus en direction des 4000 îles pour rejoindre les deux autres naines. Le bus est prévu à 8h15 et Pompom doit attendre quelques minutes car elle est en avance. Elle attend 8h15 ... 8h20 ... 8h25 ... 8h30 et toujours rien ... Pompom (seule) panique (« Oulalalala le bus ne va jamais arriver, mon visa expire demain, il faut que j’arrive aux 4000 îles aujourd’hui, comment que je vais faire si le bus ne vient pas ???? »). Alors elle décide d’aller à la réception de l’hôtel pour demander s’il est normal que le bus ne soit toujours pas là, et le monsieur appelle la compagnie une fois .... deux fois ... pas de réponse. Et là, panique auprès de la réception malgré le fait que le gentil monsieur la rassure comme il peut. Soit disant que le bus tourne dans la ville et va arriver donc elle attend désespérément. Et une vingtaine de minutes plus tard, un pick up arrive pour Pompom, elle pense alors que c’est pour l’emmener au plus proche du bus (parti sans elle). Mais non, c’est un « private car today », dit-il à Pompom, heureuse, elle part en direction de Don Det où Roulie et Hélo l’attendent.

Pendant ce petit coup de stress pour Pompom, Héloïse et Roulie se rendent à Don Det l’île voisine de Don Khone pour le dernier jour au Laos où la plus jeune des naines doit les rejoindre directement à l’hôtel.

Petit problème : les filles ne trouvent pas l’hôtel réservé la veille (le Sunset Riverside Bungalow). Enfin si, elles le trouvent, mais ce n’est pas celui qui correspond à la réservation (celui ci s’appelle le Sunset Bungalow). Un français leur indique que le bon hôtel se trouve sur l’autre rive de l’île. Elles décident alors d’attendre Pompom dans un restaurant près de l’embarcadère où elle arrivera pour pouvoir la voir arriver et éviter qu’elle ne se rende au mauvais hôtel.

Pompom arrive et toutes les 3, nous (nous reprenons le « nous » à partir de maintenant) mangeons en discutant des dernières nouvelles concernant le coronavirus. Nous venons d’apprendre que la Nouvelle-Zélande impose une quatorzaine à toute personne entrant sur le territoire. Nous souhaitons y passer trois semaines et si nous devons être isolées 14 jours, cela ne sert à rien d’y aller. Nous décidons alors de reporter (ou annuler) notre séjour en Océanie et de rester en Asie. Au lieu des 15 jours prévus au Cambodge, nous y passerons 1 mois. La nouvelle est difficile à digérer mais l’actualité ne nous laisse pas le choix. Ce n’est pas grave, nous irons nous installer à la plage plus longtemps que prévu.

Après le repas, nous partons donc à la recherche de notre hôtel ! Nous marchons avec nos gros sacs sur le dos, pendant près de 30minutes. Nous arrivons à l’hôtel et la réceptionniste nous accoste : « Booking ? ». Ayant réservé sur Booking.com, nous répondons positivement ! Elle nous emmène alors dans un petit bungalow qui ne correspond pas à notre réservation (« Bah ? Elle est où la clim ?? s’exclame Pompom). Des murs en bois avec ventilateur alors que nous avions demandé des murs en béton et une climatisation. Étonnant. Pas de soucis nous posons nos affaires et nous partons pour réserver notre transport pour le lendemain et retirer des dollars pour payer le visa. En cours de chemin, nous nous posons des questions quant à l’hôtel ... c’est quand même très étrange que la chambre ne corresponde pas à la réservation et que le nom ne soit pas non plus exactement le même (le Riverside Bungalow). Et puis la dame n’a pas vérifié notre identité ... nous cherchons alors de nouveau l’hôtel sur internet et il apparaît plusieurs positions sur une carte de l’île. Nous commençons à imaginer que nous avons à faire à une arnaque. Nous demandons à des locaux qui ne connaissent pas non plus cet hôtel ... nous commençons également à penser que nous avons pris la chambre d’un autre groupe dans l’hôtel où nous nous sommes installées.

Nous continuons la recherche de l’hôtel inconnu en tournant dans toutes les rues. Alors que Pompom et Héloïse ont abandonné et se baignent toutes habillées dans le Mékong (oui oui habillées!!, voilà le degré de notre désespoir), Roulie part en exploration et fini par trouver ce fameux hôtel ! La réceptionniste explique que ce n’est pas la première fois que des clients ne trouvent pas. En effet, cet hôtel est tout nouveau et Booking.com n’a pas encore fait le nécéssaire pour le localiser correctement. Roulie négocie alors une annulation gratuite de la réservation car nous avons déjà une chambre ailleurs. Très confuse, la dame accepte bien évidemment et est désolée.

Nous retournons donc prendre une douche à notre hôtel en espérant que les galères de la journée soient enfin finies. En arrivant, nous voyons 3 jeunes filles attendant sur la terrasse ... nous comprenons alors que la réservation était pour elles ... nous tentons d’expliquer à notre hôte la situation mais elle ne comprend pas l’anglais et commence à s’agacer pensant que nous voulions rester à tout prix. Les 3 anglaises ont bien compris le problème et nous leur disons que nous allons partir et leur laisser la chambre. Nous voilà avec nos sacs sur le dos ... nous décidons de rappeler la réceptionniste de l’hôtel dont nous venions d’annuler la réservation pour lui demander si nous pouvons revenir. La communication au téléphone est difficile mais dès qu’elle comprend, elle s’exclame : « yyyyyyyyyyhaaaaaaa ! » et nous dit de revenir vite car elle nous attend impatiemment. Hôtel prénommé « couché du soleil » et nous sommes arrivées ... la nuit ... encore un raté dans cette mauvaise journée.

La journée se termine autour d’un bon repas et nous croisons les doigts pour que le passage de la frontière la plus corrompue de la région se passe sans soucis. Nous nous préparons mentalement à négocier avec les douaniers pour ne pas débourser plus d’argent que le prix du visa.