Carnet de voyage

Le Long Voyage en Europe de Lena et Vivien

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Un voyage d'un an en Europe, à pieds, en stop, en bus et en train.
Août 2016
40 semaines
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Publié le 1er août 2016

On a fini nos contrats de boulangerie-pâtisserie en même temps, alors on a décidé de partir un an en voyage avant d'être trop vieux et trop flemmards pour le faire. Il y a tellement de gens qui nous disent "J'aurais tellement aimé faire un voyage comme ça dans ma jeunesse !", qu'on se dit que c'est maintenant où jamais. Si on ne part pas maintenant, on va finir par avoir de bonnes excuses pour repousser encore et encore le voyage. Un boulot, des enfants, une maison, ou je sais pas trop quoi dans le même genre.

Après avoir pensé faire une virée en Amérique latine ou faire le tour de la Méditerranée, on a décidé d'aller déjà voir comment c'était pas loin de chez nous, en Europe. Parce que le billet d'avion pour aller en Amérique latine, c'est pas donné, et parce qu'autour de la Méditerranée, en ce moment, c'est un peu mouvementé.

Alors voilà, on va en Pologne, en Ukraine, en Slovaquie, en République Tchèque, en Autriche, en Slovénie, en Italie, en Croatie, et en Roumanie. Bien sûr, on a pensé à un itinéraire, mais rien n'est arrêté, on avancera selon l'envie, l'état de nos pieds, et les conseils des gens que l'on rencontrera. Donc notre trajet ressemblera globalement à ça :

Les lignes en bleu représentent les trajets en bus, train, ferry et stop, les lignes en rouge représentent les trajets à pieds, et sur le coté gauche, dans le menu, il y a les trajets avec les dates prévues.


On part avec notre tente et nos sacs à dos. On dormira dans des campings, en mode camping sauvage, mais aussi parfois dans des hôtels, des auberges de jeunesse, ou chez l'habitant. Alors si par hasard vous connaissez des gens qui pourraient nous accueillir, on est preneurs ! On part en stop autour du 15-20 août, direction Berlin.

On a tous les deux des forfaits téléphoniques sympas (Free est notre ami), donc on pourra toujours vous envoyer des SMS ou vous appeler sans que ça nous coûte un bras ou une jambe.

Par contre, même si maintenant on a des super téléphones magiques, on ne passera pas notre vie sur internet, on squattera juste les réseaux wi-fi qu'on trouvera par-ci par-là, et on ira de temps en temps dans des cybercafés.

Voilà, vous savez tout, ou presque. Nous, on n'a plus qu'à partir.

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Publié le 3 juillet 2016

Nous avons mis un an à réunir tout le matériel dont nous avions besoin. Déjà, il fallait des sous, parce que le matériel léger, c'est tout de même hors de prix. Jamais nous n'aurions pensé mettre un jour 89€ dans une gourde, et pourtant... nous l'avons fait.

Ça a été une véritable quête. Nous avons cherché des conseils sur internet, et là, il a fallu faire du tri. Il y a ceux qui coupent le manche de leur brosse à dents pour gagner 3g, qui s'insurgent quand on leur parle de serviette ultra-légère en disant que les serpillières pour laver le sol, y a qu'ça d'vrai, et qui ne prennent pas de dentifrice ; après tout, le principal dans le lavage de dents, c'est l'action mécanique. Ceux-là se rasent parfois le crâne avant de partir (ça évite d'aller chez le coiffeur trop souvent) et ne voyagent pas souvent en couple. Si vous regardez cette vidéo de Mr. Bean, vous aurez un aperçu de cette catégorie de randonneurs.

Bon, je me moque un petit peu, mais sans cette catégorie de gens ultra-minimalistes qui voyagent ultra-léger, on n'aurait jamais eu autant d'infos sur le matériel. En fait, ils partagent leurs infos sur un forum, http://www.randonner-leger.org/forum/ ; et sur ce forum, on peut vraiment trouver de tout. Certains achètent plusieurs sacs de couchage et les testent la nuit sur leur balcon quand il neige, d'autres encore vont jusqu'à essayer de casser leur bâtons de randonnée pour voir s'ils sont vraiment solides. Donc globalement, si vous voulez une info précise sur un produit, il est fort probable que quelqu'un ait testé ce produit pour vous. Donc je remercie tous ces gens qui contribuent chaque jour à ce forum, parfois dans le froid et la douleur. Chers MUL (Marcheurs Ultra-Légers, c'est ainsi qu'ils se nomment entre eux), sans vous, tout serait un petit peu plus lourd.

Mais il y a une autre catégorie de randonneurs ; il s'agit de ceux qui emportent un baladeur MP3, du mascara, du rouge à lèvres, du fond de teint, de l'autobronzant, un trépied pour appareil photo et... un recourbe-cils (je n'invente rien). Ceux-là peuvent avoir des porteurs, et marchent généralement sur de courtes durées.

Donc nous, dans tout ça, on a dû trouver le juste milieu, et ça n'a pas été une mince affaire ! Il a fallu comparer les caractéristiques de chaque objet sur des dizaines de sites, essayer de se faire un avis entre Lucy qui a trouvé sa brassière Icebreaker génialissime lors de son séjour au Groenland et Sparky99 qui dit qu'elle est very disappointed et que la previous version était mieux. On a donc dû tester l'étanchéité des sacs de rangement dans le lavabo, s'extasier devant une doudoune pour finalement en acheter une autre, passer des heures chez le Vieux Campeur pour finalement ressortir sans n'avoir rien acheté, et tout ça à l'aide de notre fidèle alliée, la balance de cuisine, qui a d'ailleurs tellement servi qu'elle m'a lâché quelques jours avant le jour du CAP de pâtisserie.

Donc si jamais vous avez besoin d'infos sur les réchauds, les chaussettes, les tentes, les bâtons de marche, les sacs à dos, les gourdes, les matelas, le shampoing solide, le dentifrice en poudre ou les serviettes ultra-légères, n'hésitez pas, on commence à avoir quelques notions !

En ce qui concerne nos magasins et nos marques préférés :

  • www.arklight-design.com/ Propose peu de produits mais ne propose que des bons produits. Le paradis des MUL
  • Icebreaker - Produits en laine de mouton Mérino. Marque néo-zélandaise
  • Woolpower - Produits pas toujours sexy mais tellement chauds en laine de mouton Mérino. Marque suédoise
  • Cumulus - Des sacs de couchage pour dormir dans les endroits où il fait froid. Très froid. Marque polonaise
  • Montane - Des vêtements de montagne. Marque britannique
  • Le Vieux Campeur - Paris
  • Décathlon
Sac de Vivien : 16kg. Sac de Lena : 13kg.
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Publié le 9 août 2016

Si je ne devais vous conseiller qu'un seul bouquin, ce serait La Bible du grand voyageur chez Lonely Planet. C'est ultra-complet, c'est écrit par 3 baroudeurs, et ça parle de tout. Ça parle du budget moyen journalier, des assurances voyages, en passant par le réglage du sac à dos et la sécurité sociale pour les expatriés.

Sinon, Randos autour de monde (toujours chez Lonely Planet) nous a donné quelques pistes d'itinéraires à suivre, et 1001 Randonnées qu'il faut avoir faites dans sa vie (Flammarion) nous a vraiment aidé à construire notre itinéraire.

Ah, et j'oubliais, Sans un sous en poche, de Benjamin Lesage. C'est très enrichissant comme histoire, mais je n'irai pas jusqu'à faire pareil. Je l'ai, alors si ça intéresse quelqu'un, c'est maintenant ou dans un an.

Et bien sûr, les photos magnifiques de Géo nous ont donné envie d'aller dans des coins auxquels on n'aurait pas pensé.





Voici les sites des voyageurs qui nous ont donné des idées et qui nous ont inspiré :

Un site tout plein d'idées :http://www.globe-trotting.com/

Une femme qui marche depuis 5 ans : http://piedslibres.com/

Infos générales sur le Roumanie :http://www.altituderando.com/+-Roumanie-+

Tifaine et Hervé, deux Suisses amoureux du voyage : https://1monde1backpack.com/

Clo et Clem, deux passionnés du voyage qui filment leurs aventures : http://untoursurterre.fr/clo-clem/

Tatiana et Romain, deux voyageurs qui aiment manger (comme nous) : http://vadrouille-et-tambouille.com/

Amandine et François, un couple qui a déjà pas mal vadrouillé : https://www.unsacsurledos.com/aland-la-finlande-les-pieds-dans-leau/

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Le vendredi 19 septembre, on est parti de Reims. Avant de partir, on est allé voir Nicolas, qui vient d'ouvrir sa boulangerie rue Jean-Jaurès, la Pétrie, histoire d'avoir une bonne baguette dans le sac à dos.

Durant notre periple en stop, on a rencontré plein de gens super sympas. Un maçon nous a montré La Main de Massiges, un site où il y avait des tranchées pendant la Première Guerre Mondiale. Des gens ont retrouvé les cartes précises des lieux, et ils sont en train de faire des fouilles et de reconstruire les tranchées d'origine. Ce n'est pas un musée, mais c'est super bien fait, et même moi qui n'ai jamais développé de passion incontrôlable pour la Première Guerre Mondiale, ça m'a plu.

La Main de Massiges

Notre patience pour faire du stop a varié selon moments, la fréquence de passage des voitures et la quantité de soleil qui nous arrivait dessus. Ça nous est arrivé de désespérer, mais on a toujours fini par trouver une solution. Une fois, on devait trouver un endroit pour dormir et on était sur une aire d'autoroute près de Nuremberg. On a marché un peu et on a monté la tente à l'orée d'un bois. On a croisé personne, mis à part trois biches et un renard. C'était génial. Et on ne s'est même pas fait manger par un ours. Donc si, le stop longue distance, c'est possible, il suffit juste de ne pas être pressé.

Notre campement derrière l'aire d'autoroute à côté de Nuremberg

C'est le 4ème jour qu'on est arrivé en Pologne. On a fait un tour dans Wrocław, c'était vraiment sympa. C'est une ville très jolie et très agréable, c'est une ville qui bouge. Là-bas, on a rencontré deux Français, Jean-Christophe et Oussama , et une ribambelle d'Ukrainiens, dont Władek, Artem et Mikhail. On a bu une bière avec eux et on s'est baladé dans Wrocław, à la recherche des nains cachés un peu partout dans la ville, en attendant notre car pour Gdańsk, qui partait à 5h du matin.

Wrocław !
Départ à 5h du matin pour 8h de car
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Arrivés à Gdańsk, le 24 août, on est partis à Sopot chez mes grands-parents. On s'est baigné dans la Baltique et après on est partis direction Bojano, chez Ewa, ma marraine.

Gdańsk, Sopot, Bojano

Après, on a pris le train direction les Mazury, la région des lacs. On a du s'arrêter àIława parce que des contrôleurs sont montés dans le train et on n'était pas tout a fait en règle avec notre billet. Là-bas, il y avait un lac, on s'est baigné, c'était sympa. Le lendemain, on a repris la route direction les Mazury. On a dormi à Giżycko, à quelques mètres du lac, sur le port. Le lendemain, on a decidé d'aller à Mikołajki à pieds. On a dû s'arrêter avant pour dormir, encore a quelques mètres d'un lac. Comme il n'y avait pas d'eau courante et que nos gourdes étaient presque vides, on a essayé notre filtre à eau avec l'eau du lac, et on n'est même pas morts. Le filtre à eau, c'est chouette. Le jour suivant, on est arrivé à Mikolajki, et comme on ne savait pas où dormir, on s'est frayé un passage au milieu des hautes herbes dans un parc, et on a planté la tente là, comme des sauvages.

Les Mazury
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Publié le 22 septembre 2016

Des Mazury, on est partis en stop à Białystok, et de là, on a pris un bus pour Białowieża. C'est une réserve nationale, où la forêt reste telle qu'elle. Il est interdit d'y couper les arbres, ou de ramasser ceux qui tombent d'eux-mêmes. Seule une petite partie de la forêt est accessible au public. C'est donc une forêt pleine d'animaux sauvages ; dedans il y a des bisons, des écureuils, des loups, des lynxs, des chats sauvages, et surtout, surtout, il y a des moustiques. Et oui, c'est une forêt plutôt marécageuse. En se promenant, on a croisé tout plein d'écureuils, et à chaque fois qu'on les photographiait pendant trop longtemps, ils nous criaient dessus. On a croisé quelques dizaines de mulots aussi. bref, tous ces animaux n'étaient vraiment pas farouches.

Après notre balade dans la forêt, on est allé faire un tour dans la réserve d'animaux destinée au public. C'est un zoo en pleine forêt qui regroupe quelques spécimens des animaux ui vivient dans la forêt, et qui permet aux touristes de repartir de Białowieża avec une photo de bison.

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Publié le 22 septembre 2016

Le 2 septembre, on est parti de Bialowieza en stop pour aller en Littuanie. Comme quelqu'un nous a dit que Vilnius c'etait cool et comme on n'etait vraiment a cote, on a decide d'y aller, meme si ce n'etait pas prevu.

Plusieurs personnes nous ont prises en stop, mais celui qui nous a le plus marque, c'est un vieux monsieur, qui suite a un accident de la route avait deux jambes en bois. Il avait une voiture amenagee minuscule, mais on a quand meme reussi a mettre nos gros sacs a l'interieur. Sur le trajet, il a beaucoup parle, et il nous a fait ecouter de la musique traditionnelle croate a fond les ballons. Il etait tres heureux de pouvoir nous aider a voyager et on a meme du l'arreter un peu apres la frontiere littuanienne parce qu'il aurait ete capable de nous amener jusqu'a Vilnius alors que ce n'etait pas du tout sur son chemin. Il nous a dit qu'en Littuanie on payait encore en Lit, et comme nous on ne savait rien de la Littuanie, on l'a cru. On a decouvert une fois sur place que les pays baltes sont passes a l'euro.

Apres encore un peu de stop, on a decide de dormir a Elektrenai parce qu'il se faisait tard. On a cherche un endroit dans les fourres pour planter la tente, et on est tombe sur une petite cabane en bois avec de la lumiere a l'interieur. On a frappe sur une boite de conserve plantee sur un baton, et un personnage pittoresque en marcel est sorti de la cabane. On a brandi un dessin de tente avec un point d'interrogation, et apres une serie de grands gestes et de mots en russe, il nous a indique qu'on etait les bienvenus chez lui, et qu'ici, on serait en securite. Comme il avait l'air un peu etrange, on a un peu hesite, mais il avait l'air tellement enthousiaste qu'on a decide de rester dans son terrain vague. Vivien est meme alle faire un tour dans les toilettes, une petite cabane en bois avec un seau et du journal accroche au mur. Apres le recit de son aventure, j'ai decide de faire pipi dans l'herbe. On commencait a s'endormir quand on a entendu la femme de M. Marcel sortir de la cabane et parler fort. On s'est demande si avec sa chandelle, elle n'allait pas mettre le feu a la tente, parce qu'elle n'avait pas l'air tres contente. Finalement, deux minutes apres, M. Marcel nous a appele, on a ouvert la tente, et on a pu apercevoir M. Marcel sans marcel, accroupi avec sa bougie a la main, qui s'excusait de nous deranger si tardivement. Ils voulaient tout simplement deux cigarettes. mais Vivien leur a donne le paquet entier pour pouvoir dormir tranquilement. On s'est leve aux aurores et on est parti en stop a Vilnius.


La maison de M. Marcel

A Vilnius, on a dormi deux jours dans un hostel qui fait aussi camping, le Downtown Forest Hostel. Vilnius est une petite capitale tranquille toute propre et toute mignonnne, ou on aimerait bien habiter s'il ne fallait pas apprendre le littuanien. On a beaucoup aime les plats littuaniens aussi, qu'on a pu deguster chez Snekutis.

Vilnius

On s'est promene dans l'etrange quartier d'Uzupis, qui est rempli de bizarreries.


Le quartier d'Uzupis a Vilnius

A Vilnius, on nous a conseille d'aller a Riga, en Lettonie, alors comme on n'etait pas loin, on a decide d'y aller. On a un peu galere a sortir de Vilnius, parce que faire du stop dans les villes, ce n'est jamais facile. Il nous a fallu deux jours pour y arriver. Sur le trajet, on a dormi pas loin de Panevegys, en pleine cambrousse. La nuit, j'ai eu peur qu'on se fasse pietiner par des sangliers parce quand on a monte la tente, on a vu plein de traces de passage de gibier.

On a prefere Vilnius a Riga. Riga une tres belle ville, mais elle est plus modernę, moins mignonne, et plus chere. Et puis on y est reste moins longtemps. Peut-etre qu'on a prefere Vilnius aussi parce que c'est la premiere ville des Etats Baltes qu'on a vu, on ne sait pas trop. En tout cas, c'est tres joli et on dirait que la place du centre est fabriquee en pain d'epice.

Et comme jamais deux sans trois, a Riga on nous a dit d'aller voir Tallinn, en Estonie, parce que c'est vraiment beau. Alors on s'est dit que maintenant qu'on etait a Riga, ca ne nous coutait rien d'y aller. Mart nous a pris en stop jusque chez lui, a Pärnu, la ville balneaire la plus populaire d'Estonie. Il nous a propose de dormir chez lui, et on en garde un bon souvenir. Mart est chef cuisinier dans son hotel, Villa Wesset, alors on a eu droit a un delicieux diner, qui nous changeait du poisson en boite qu'on mange habituellement.

Apres la halte a Pärnu, on a repris la route pour Tallinn, cette fois avec Vallo et Marylise. On a dormi sur le canape de Vallo, qui grincait beaucoup, et on a pris une douche dans la cuisine de son petit appartement. Le lendemain matin, on a voulu lui acheter des bieres pour le remercier, mais la vendeuse nous a explique qu'en Estonie, on n'a pas le droit d'acheter de l'alcool entre 22H et 10H. Du coup, Vallo a eu des M&M's. Tallinn est une ville tres agreable et cosmopolite avec une importante communaute russe. Par contre, l'estonien est une langue difficile. On dirait un mix entre du hongrois, du finnois et du russe. Impossible a apprendre, quoi. Apres Tallinn, on a decide de ne pas continuer vers le nord, et on est sagement retourne en Pologne. On a pris le bus et ca nous a pris 24H. Heureusement, dans le bus on avait chacun une tablette, et on a pu faire mumuse et regarder une bonne poignee de films.

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Publié le 4 octobre 2016

On a enfin réussi à mettre la carte de notre périple à jour, maintenant les photos devraient s'afficher. En ce qui concerne les articles, on est plutôt lent à les éditer, et on le sait. Sans wifi, les photos ne chargent pas ou trop lentement, et le wifi, il n'y en a pas partout. Et quand on est au milieu de nulle part, on économise nos batteries de portable, et parfois, il n'y a pas de réseau du tout. Ou alors on a juste la flegme, parce qu'on doit trouver un lieu où dormir, monter la tente, trouver du bois, de l'eau, de la nourriture, faire à manger avec le réchaud, laver nos chaussettes, regarder ce qu'on fait le lendemain, faire fuir des animaux, et faire dodo. Mais on fait de notre mieux pour ne pas prendre trop de retard. Ah, et désolée pour les articles sans accents. C'est quand on tombe sur un pc avec un qwerty et qu'on arrive pas à le mettre en azerty. Voilà.

Après nos 24h de bus, on a fini par arriver à Cracovie le 11 septembre à minuit. Andrzej, mon ancien voisin de Cracovie, nous a prêté un appartement à louer et on a dormi deux nuits juste au-dessus de là où j'habitais quand j'étais en Erasmsus.

Il a fait un temps magnifique, des gens bronzaient en maillot de bain sur les bords de la Vistule. On s'est promené dans Kazimierz, le quartier juif, dans le centre, et on est allé voir le château de Wawel. On n'a pas trop pris de photos parce que j'ai déjà mitraillé Cracovie quand j'etais en Erasmus, alors je n'avais pas trop envie de refaire des photos.

Cracovie

Le 12 septembre, vers 22h et des patates, on a pris le bus pour Lviv, en Ukraine. On pensait dormir toute la nuit dans le bus et se réveiller à Lviv au petit matin avec une pêche d'enfer, mais c'etait sans compter sur le passage à la douane... C'était comme passer la frontière Allemagne-Pologne avant l'entrée de la Pologne dans l'espace Schengen, mais en pire. Attente d'une heure à la douane polonaise, vérification des passeports, attente d'une heure à la douane ukrainienne, re-vérification des passeports, et attente d'une heure entre les deux, pour le fun. Et pour faire durer le plaisir, la Madame de la douane ukrainienne, maquillée à la truelle et tout droit sortie d'un jeu vidéo avec des pin-up en treillis, a longuement vérifié si le Vivien du passeport était bien le même que le vrai Vivien.

On venait à peine de se rendormir quand le bus s'est arrêté à la gare de Lviv. Le jour n'était pas encore levé ; on est allé changer nos zlotys en hryvnia chez une dame qui dormait sur une chaise derrière son comptoir et on est parti chercher un hostel. Après avoir erré sans succès dans la ville, on s'est rabbatu sur l'hôtel Lviv, avec son décor KGB, son couvre-lit rose et son papier peint doré à fleurs.

Après une petite sieste, comme on avait une faim de loup, on est rentré dans le premier restaurant qu'on a trouvé. On voulait manger des pielemeni (raviolis ukrainiens à la viande), mais la dame nous a dit qu'on ne pouvait pas commander moins d'un kilo. Alors on a commandé un kilo. Moi qui disait qu'on ne mourrait pas de faim en Ukraine, je ne m'étais pas trompée. On a rejoint Oksana et Pavlov, deux Ukrainiens que Vivien avait rencontré sur un jeu vidéo il y a 5 ans, et ils nous ont fait visiter la ville. Le lendemain, on a dormi dans un hostel, dans lequel j'ai pris ma premiere douche froide depuis qu'on est parti. Sur le formulaire a remplir pour dormir a l'hostel, on nous proposait d'essayer une kalashnikov AK-74 pour 49€, on a relu deux fois pour etre surs d'avoir bien lu.

Lviv

À Lviv, on a vu du papier toilette avec la tête de Putin dessus, on a vu un maçon retaper une façade d'église avec un chapeau en papier journal en guise de casque de chantier, et on a vu la plus petite voiture du monde. On a assiste a plusieurs engueulades entre trams. Une fois, c'etait parce qu'un conducteur avait arrete son tram au milieu du carrefour pour aller s'acheter des cigarettes dans un kiosque alors qu'un autre voulait passer. On a aussi ete dans un parc pour enfants ou tous les jeux etaient a l'effigie de la vache qui rit, et on est passe a cote d'une dame qui avait transforme son Espace en epicerie. J'ai profite d'etre a Lviv pour partir a la recherche de la maison ou ma grand-mere a grandit (avant d'etre une ville ukrainienne, Lviv, c'etait Polonais).

Lviv 

Le 15 septembre, on a pris un bus pour retourner en Pologne, a Przemysl. C'etait la premiere fois qu'on mettait un reveil depuis notre depart. Le passage de la frontiere a ete beaucoup plus folklorique qu'a l'aller, grace a un groupe de 8 ou 9 Ukrainiens qui sont monte dans le bus un peu apres Lviv. Parmi eux, il y avait une petite grand-mere, une dame tout en rondeurs, un monsieur au crane degarni, et quelques dames. M. Degarni a sorti une quinzaine de paires de Nike et les a disperse un peu partout dans le bus, Mme Rondeurs et les dames ont ouvert chacune un sac de 5 kg de bonbons au chocolat et ont commence a en manger des quantites non concevables, et la grand-mere n'arrivait pas a choisir sa place. Elles ont aussi disperse tout un tas de sacs de biscuits et de pommes dans le bus. On regardait cette petite troupe avec curiosite, quand M. Degarni a ouvert une bouteille de rose (il etait 8h du matin) pour servir la moitie du bus dans des gobelets en plastique. Dans son elan, il a ouvert une autre bouteille, du blanc cette fois, et puis encore une autre de rouge. Avant la frontiere, ils sont tous descendus pour acheter des cigarettes et de la vodka en duty free, et ils ont commence a en mettre partout dans le bus et dans leur vetements. Mme Rondeurs et une de ses copines se sont deshabillees dans le bus pour cacher des cigarettes dans leurs jupons, des femmes enveloppaient des paquets de cigarettes dans des bas et les scratchaient sous les sieges. On a pris un peu de vodka dans nos bagages parce qu'ils nous faisaient un peu pitie. A la douane, on a du tous descendre du bus avec nos baggages. Deux especes de dragons polonais ont controle nos passeports, et comme la bande de traffiquants voyait que les baggages allaient etre fouilles et que ca sentait le roussi, ils ont eparpille des paquets de cigarettes un peu partout : sous le dispositif de detection des metaux, dans les poubelles et derriere les bancs. Quand un douanier a trouve tous ces paquets, il a tout de suite soupconne Mme Rondeurs. Il connaissait meme son prenom tellement il devait etre habitue a la voir. Elle a tellement baratine le douanier qu'il l'a laisse partir pour avoir la paix.

La grand-mere traffiquante 
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Publié le 13 octobre 2016

Après avoir fait une visite express de Przemysl, on a pris tout plein de bus et on est arrivé à Tylawa, dans les Beskids, pour marcher quelques jours dans la forêt et fuir le bruit des villes. On a dormi dans une ferme-camping, où on a fait un gros feu, ça nous a changé du feu riquiqui du réchaud, et Vivien a dessiné un chat avec du charbon sur un banc du camping.

Le lendemain, on a commencé à marcher dans la forêt. Après avoir grimpé une côte d'une certaine envergure, on s'est retrouvé devant un panneau qui interdisait l'accès au sentier parce que des bûcherons coupaient des arbres. Comme on n'avait pas grimpé tout ça pour rien, on a continué à avancer en tendant bien l'oreille pour ne pas se prendre un arbre sur la tronche. Le soir, on a dormi dans le jardin d'un monsieur qui proposait des chambres, on a eu une belle lune rouge. Une vache a décidé de mettre bas et a meuglé toute la nuit. Alors vraiment, on s'est dit que les boules quies, c'était une invention géniale, et qu'on avait bien fait d'en prendre.

Le jour suivant, on a rempli notre pot en titane de 1L de mûres qu'on a trouvé sur le chemin, on était super contents, et on avait les mains violettes. Le soir, on a atteri chez des gens qui proposaient des chambres. Le monsieur nous a expliqué que comme pratiquement tous les hommes du village, il travaillait en France dans les vignes, à Epernay. D'ailleurs, il repartait en France le lendemain. En parlant, on s'est rendu compte qu'on s'était déjà croisé une fois à Reims, et on s'est dit que le monde était vraiment tout petit. Du coup, il nous a laissé dormir dans une chambre pour le même prix qu'une nuit en tente. Et ça nous a fait plaisir, parce qu'il y a eu de l'orage toute la nuit dans la vallée. On a même pu faire une confiture avec nos mûres.

Au réveil, on est reparti dans la brume, une brume qui ne nous a pas quitté pendant deux jours. Le chemin a commencé à être de plus en plus marécageux. On a traversé tout plein de ruisseaux, on a croisé une poignée de salamandres, qui chacune leur tour ont décidé qu'elles ne bougeraient que quand on essaierait de les prendre en photo. Et elles ont très bien réussi puisque toutes nos photos de salamandres sont floues. On est arrivé dans un village silencieux qui ressemblait à Silent Hill avec des vaches sur la route. Nos zloty commençaient à se faire rare, alors on a négocié le prix pour dormir dans la tente à côté d'un chalet. On a pris une douche dans le chalet et on a vite décampé parce qu'une famille de loirs s'est mise à faire un boucan pas possible dans toute la cloison en mangeant l'isolation. La dernière nuit, on s'est délesté des quelques zloty qui nous restaient pour dormir dans un vieux chalet sans eau et sans électricité qui servait de débarras.

Le lendemain matin, on a mangé nos maigres restes et on a fait du stop direction Zakopane. On s'est arrêté dans la première ville qu'on a trouvé et s'est rué sur un distributeur automatique. Et comme on avait été un peu trop rationné pendant deux jours, on s'est un peu lâché sur les pierogis, le gâteau aux prunes et le sernik. J'ai acheté un pain d'épice Hello Kitty à Vivien, il était tout content.

C'était la première fois qu'on marchait plusieurs jours dans la forêt. On pensait marcher à peu près 18 km par jour ; en pratique, on a plutôt une moyenne de 15. Ça dépend beaucoup du dénivelé, de la quantité de mûres qu'on peut manger en chemin, de la quantité de photos qu'on prend, et de si on utilise le réchaud ou pas à midi.

De Przemysl a Gorlice 

Sur les 9 conducteurs qui nous ont pris en stop sur la route pour aller à Zakopane, 7 nous ont dit au bout d'une minute à peine que la France, c'est plein de musulmans et de migrants, et que là-bas, il ne fait pas bon vivre. L'un d'eux nous a même dit que son frère travaillait souvent en France sur des chantiers, mais qu'il avait décidé de ne plus y aller à cause du climat qui y règne. Ça craint, non ?

Bref, on a lézardé chez ma tante à Zakopane dans son refuge pendant 3 jours et ça nous a fait du bien.

Zakopane 

Après, on est parti direction la Slovaquie, en passant par les Tatras. Il faisait un temps magnifique et c'était super beau parce que tout en haut, à quelques 1900m d'altitude, il y avait de la neige. Mais du coup, en haut, ça glissait beaucoup, et on a failli se gammeler plusieurs fois. En chemin, on a croisé Serge, un Français, et c'était cool de faire la traversée des montagnes tous les trois. En ce qui concerne la difficulté, avec les sacs à dos, à certains endroits, c'était quand même pas de la tarte.

Quand on est arrivé en Slovaquie, on a vu des versants entiers avec des arbres couchés, ça faisait un peu triste par rapport au côté Polonais. On s'est renseigné, et on a decouvert qu'en 2004 et en 2014, des vents très violents ont déraciné des hectares entiers de forêts. Et comme si ce n'etait pas suffisant, des nuées de bébêtes, des lykožrút, on attaqué les arbres qui restaient. Plus tard, en Slovaquie, on a croisé plein de pièges à phéromones le long des chemins.

La traversée des Tatras
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Publié le 2 novembre 2016


Une fois à Poprad, on a dit au revoir à Serge et on est allé faire un tour dans le Paradis Slovaque. Ce sont de petites montagnounettes avec des petites rivières dedans et c'est joli. Et comme vous pouvez le voir sur les photos, les Slovaques aiment bien sculpter des statues à même les arbres. C'est à cet endroit que notre appareil photo a décidé de prendre sa retraite, donc à partir de là, toutes les photos sont prises avec nos téléphones, en attendant un remplaçant digne de ce nom.

Ensuite, on a atteri dans le camping de Liptovsky Mikulas, un village avec un grand lac. C'était de cet endroit qu'on avait prévu de marcher autour des Fatras, une petite chaîne de montagnes avec des ours dedans. Sur la plage, Vivien a pu s'adonner à son nouveau hobby, faire des empilements de cailloux.

Dans le camping, un vilain matou avec un grelot autour du cou nous a réveillé en pleine nuit. Il a donné des coups de griffe dans la tente, il s'est enfui avec ma trousse de toilette, que j'ai retrouvé à 10m de la tente, complètement déchiquetée. Vous pouvez admirer ci-dessous le portrait du chat que Vivien a dressé avec les restes de ma trousse de toilette. Il s'est aussi attaqué à une Crocs de Vivien, qui dorénavant porte des traces de crocs (voir dessin). Si quelqu'un veut bien me donner une explication, je suis preneuse. Je n'ai toujours pas compris pourquoi il ne s'était pas plutôt attaqué au sac de nourriture.

C'est quand même la deuxième fois qu'un chat détériore notre matériel. A Białowieża, on avait dû chasser un chaton trop mignon qui jouait avec la tente et les sacs. Depuis le début, on a peur de se faire agresser par des gens pas nets, des sangliers, des ours ou des chiens errants, mais non. La menace vient des chats domestiques. Tout simplement.

Le Paradis Slovaque et le lac de Liptovská Mara 

Le 28 septembre, on est parti crapahuter dans des vallées sympas (Kwacianska Dolina et Prosiecka Dolina). C'était super beau, et on a dormi dans un endroit où il y a des lynxs paraît-il, alors je n'ai pas dormi tranquilement. On n'a eu aucune aventure avec un lynx, mais le matin, un marcheur nous a dit qu'on était complètement taré d'avoir dormi là parce qu'un ours habitait dans le bois juste à côté. Et le lendemain, on a naïvement décidé de camper à côté ds ruines d'un château, Liptovsky Hrad, sur une colinette super jolie. On avait une vue magnifique. A peine installés, j'ai entendu des grognements. J'en ai parlé à Vivien, qui a essayé de me persuader que c'était un oiseau nocturne, le brahm du cerf ou un renard. et puis au bout de plusieurs grognements, il a admis qu'il ne pouvait s'agir que d'un ours. Ou plutôt de trois ours, qui rôdaient autour des ruines du chateau. Ce fût une expérience enrichissante. Ils ont grogné toute la nuit. Vivien remettait du bois dans le feu en attendant le levé du soleil, pendant que moi je repassais dans ma tête Bonne Nuit les Petits, The Revenant et L'Ours. Je suis quand meme super contente de sortir avec Vivien, parce que même quand on entendait qu'un des ours était juste derrière les ruines du château (à une vingtaine de mètres) Vivien se levait pour remettre du bois dans le feu. En tout cas, quand on est reparti au matin, on a pris la ferme décision de dormir dans une chambre. Et oui, en Slovaquie il y a des ours, ce n'est pas une légende. Quelques Slovaques nous ont dit que si ce n'était pas une mère avec son petit, il n'y avait aucun danger, mais honnêtement, on n'avait aucune envie d'aller vérifier de près. Et on a beau toujours mettre la nourriture dans un arbre éloigné de la tente quand on campe, on n'était pas tranquille du tout.

Après nos aventures avec les nounours, on a aterri à Kalameny, un village avec une source d'eau chaude, où plein de vieux font trempette toute la journée. Comme l'eau était à 28°, on est allé se baigner aussi. Par la suite, on en a vu d'autres petites comme celle-là, mais comme elles n'étaient pas à 28°, on ne les a pas testées.

Tout au long du trajet, on a croisé des centaines de pommiers, et c'était frustrant parce qu'on ne pouvait pas emporter toutes les pommes qu'on trouvait dans nos sacs à dos, même si elles étaient belles et rouges comme dans Blanche-Neige et les 7 nains. Vivien a pu s'adonner a son sport favori, le lancer de pommes.

Kwacianska Dolina et Prosiecka Dolina

Le 3 octobre, on est arrivé à Zilina, où on a dormi dans la famille de Ludo. C'était notre premier couchsurfing. Ludo et sa femme Sasha nous ont raconté qu'ils avaient fait leur voyage de noces en stop, dans leurs habits de mariés. Si ca vous intrigue, vous pouvez jeter un coup d'oeil ici : https://m.box.com/shared_item/https%3A%2F%2Fapp.box.com%2Fs%2Fl7dknqpah6v20dhj4hom32a6f3bxlli1 Il y a egalement un chapitre a leur sujet dans The Lonely Planet Guide to Experimental travel. Nous avons fait la connaissance du chien de Ludo, Jackie Chan, un chien au caractere bien trempé qui n'hésite pas a réduire en miettes toutes les peluches qui croisent son chemin. On a goûté de la Bernard, une bière à la prune qui vaut le détour.

On a vraiment aimé les paysages en Slovaquie, c'est un pays magnifique. Par contre, on était content d'en partir, parce que l'accueil nous a complètement refroidi. Hormis les gens qui nous ont pris en stop et les hôtes de couchsurfing, toutes les personnes qu'on a pu croiser n'étaient pas aimables. Dans les offices de tourisme, on nous donnait une carte de la ville sans aucune explication, les gens à qui on demandait des informations dans la rue nous rembarraient sous pretexte qu'ils ne parlaient ni anglais, ni polonais (alors qu'entre Slovaques et Polonais, il est tout a fait possible de se comprendre ; j'ai discuté à plusieurs reprises avec des conducteurs qui nous ont pris en stop). Et les commercants, n'en parlons même pas. C'est dommage, parce que le pays est vraiment beau. Bref, si vous allez crapahuter dans les montagnes en Slovaquie, faites du coachsurfing et du stop, et sinon, évitez les gens.

Zilina

Le 5 octobre, on s'est mis en route pour la République Tchèque. Durant le trajet en stop, quelqu'un nous a déposé à la frontière, dans les montagnes, et on s'est retrouvé a faire du stop sur une route déserte, au milieu d'une tempête de neige, au début du mois d'octobre. Mais quand les gens voient un autostoppeur sous la neige, ils éprouvent de la pitié, alors on s'est fait prendre en stop par la première voiture qui est passée.

Tout le monde nous avait conseillé d'aller a Olomouc, alors on y est allé, mais on n'a pas eu le coup de foudre attendu. Par la suite, on a trouvé que d'autres villes tchèques valaient beaucoup plus le coup, comme Ostrava ou Brno. Mais c'est une jolie ville quand même. On a dormi en couchsurfing avec deux lézards et Filip, un chat qui n'aime pas les photos.

Olomouc 

Ensuite, on est allé a Ostrava avec un conducteur qui nous avait pris en stop la veille pour Olomouc, et qui, pendant le trajet, nous avait proposé de nous emmener a Ostrava le lendemain. C'etait une sorte de taxi-stop, en somme.

Une fois arrivés a Ostrava, on a dormi chez Dušan, un professeur de collège. On discutait au sujet des tensions actuelles en France, et Dušan nous a proposé d'aller avec lui en classe le lendemain, dans un cours de géopolitique. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé a parler de notre voyage, de la religion musulmane, des migrants et de la politique extérieure de la France avec des élèves tchèques. Et il faut dire qu'ils avaient un bon niveau d'anglais ! La professeure de Français du collège en a profité pour nous amener dans sa classe (voir photos). Il faut dire que des Français, à Ostrava, ça ne court pas les rues, alors des natifs, quelle aubaine ! On a parlé de la France et de notre voyage, et les élèves nous ont chanté Petit Papa Noel.

En arrivant dans le collège, élèves comme professeurs retirent leurs chaussures et se mettent en crocs ou en sandales pour des raisons d'hygiène et de confort, et on a trouvé ça bien. Les professeurs n'ont pas la même relation avec les élèves qu'en France, l'echange se fait de façon horizontale, et non verticale. Le professeur n'est pas vu comme une figure autoritaire comme en France, et par conséquent, les élèves sont plus detendus.

On a vraiment aimé cette matinée, on a vraiment passé un bon moment. merci Ostrava !

On a visité Ostrava, qui est vraiment une jolie ville. Niveau architecture, ça vaut le détour. On est allé voir les anciennes gigantesques et impressionnantes usines sidérurgiques de Nová huť. C'est un endroit digne d'un roman de Jules Verne.

À Ostrava, on a aussi dormi en couchsurfing chez un grand fan de cueillette de champignons. Il possède une vingtaine de bocaux étiquetés remplis de champignons, et chaque jour, il mange sa soupe aux champignons. Du coup, dans notre chambre, ça sentait le champignon.

Ostrava 
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Publié le 8 novembre 2016

Après Ostrava, le 9 octobre, on a décidé d'aller en Pologne pour traverser le massif des Karkonosze (Monts des Géants en français) pour arriver au nord de Prague. Donc nous voilà reparti (encore !) vers la Pologne, direction Szklarska Poręba. On s'est fait prendre en stop par un Polonais qui avait un chien dans le coffre, mais le chien a retiré son harnais pour ramper hors du coffre avec la ferme intention de passer le reste du trajet sur Vivien. On a aussi passé une après-midi entière avec un livreur de pommes de terre tchèque, qui nous a fait faire une trentaine de km à peine en 5h. Il s'arrêtait partout pour livrer ses patates. Mais il a fait un détour pour nous avancer, et c'était super parce qu'on est passé par des cols enneigés et c'était vraiment beau.

Avant d'arriver à Szklarska Poręba, on a fait une pause à Karpacz parce que j'avais un nerf de côte coincé et ça m'empêchait de respirer correctement. Pour que je me détende et que ça se décoince, on a décidé de bien manger et de boire du vin en quantité, de bien dormir et de traîner dans le lit le matin. On a donc pris une chambre pour deux nuits, mais ça n'a pas fonctionné. On a décidé de partir quand même dans les montagnes en attendant que ça passe.

On s'est fait prendre en stop par un témoin de Jéhovah qui voulait absolument qu'on devienne des témoins de Jéhovah, comme Louis de Funès. Il nous a bassiné avec le site des témoins de Jéhovah qui propose des textes dans toutes les langues possibles et imaginables, mais on le pardonne parce qu'il nous a amené à Szklarska Poręba.

De là, on est parti dans la brume dans les Karkonosze, et c'était super beau. Le premier jour, notre chemin était en fait le lit d'un ruisseau, voire de plusieurs en même temps, alors on a pas mal pataugé.

Le deuxième jour, on a encore plus pataugé parce que les sentiers se trouvaient dans des marécages. Dans cet endroit, il y a des plantes carnivores, et comme le sol contient beaucoup de fer, la végétation se teinte de rouge par endroits. On a croisé tout un tas de crottes de cervidés et on a croisé un chasseur de cerfs qui nous a dit qu'il y avait un ours et des loups dans le coin.

On a dormi dans un refuge super sympa, Chatka Górzystów. C'est un refuge coupé du monde, qui fonctionne avev une éolienne, des panneaux solaires, un poêle à bois et un générateur.

Le troisième jour, on a emprunté un chemin tellement boueux qu'il était devenu impraticable même pour les tracteurs. Là, on a vraiment galéré, et nos chaussures on fini par être trempées. En faisant du hors-piste, on a croisé une grosse vipère qui faisait un bruit de cocotte-minute pas contente. Après, j'avais peur tout le temps, alors je tapais dans tout ce que pouvais avec mes bâtons pour faire fuir les serpents.

Dans la descente vers le village de Nové Město pod Smrkem, en République Tchèque, la douleur que j'avais vaguement au genou depuis la Slovaquie s'est réveillée, et c'était pas très cool.

D'Ostrava aux Karkonosze

En arrivant à Nové Město, on voulait aller faire des courses, alors on a trouvé un petit magasin, mais on en est vite sorti, parce que le vietnamien qui était à la caisse rotait joyeusement avec ses amis en buvant de l'alcool. Les frigos dans lesquels il y avait les produits frais étaient éteints. Par la suite, on a appris que la personne qui travaillait dans ce magasin était en réinsertion, mais sur le coup, l'entrée en République Tchèque nous a paru un peu brutale. Dans ce village, il y avait beaucoup de Vietnamiens et de Tsiganes, deux minorités importantes en République Tchèque.

On a dormi chez Filip, dans une maison qui était autrefois une fabrique de pipes en céramiques. Filip nous a expliqué que les artisans jetaient n'importe où les pièces mal ouvragées, alors dans le jardin, dès qu'on creuse un peu, on retrouve des pipes en céramique partout.

Ah oui, j'oubliais. On n'a pas réussi à trouver la maison de Filip tout seuls, parce qu'on n'a pas trouvé comment fonctionnait la numérotation des maisons. Certains Tchèques m'ont dit que les maisons paires étaient d'un côté et les impaires de l'autre, d'autres m'ont dit que d'un côté il y avait les numéros descendants et de l'autre les numéros ascendants, mais aucune de ces theories ne s'est avérée vérifiable. Et c'est comme ça qu'à côté du numéro 7 on peut trouver le numéro 3024, alors qu'il n'y a que 20 maisons dans le village. Vivien a dit que peut-être, les gens rajoutaient des chiffres au fur et à mesure ; par exemple, M. Kundera habite dans la maison 1, alors M. Kafka habite dans la maison 10 et M. Havel va habiter au numéro 102. On s'est demandé si être facteur en République Tchèque était une punition ou si à l'inverse, il fallait un doctorat pour exercer le metier. Si quelqu'un a une théorie qui tient, on prend !

On a croisé un couple d'amoureux composé d'un chat et d'un chien. Le chien tenait tellement à son chat qu'il grognait si on essayait de s'en approcher.

 Nové Město pod Smrkem

Le 16 octobre, on est arrivé à Liberec, une jolie petite ville colorée. On a acheté du chocolat à l'effigie de Krtek, la petite taupe du célèbre dessin animé tchèque.

On a goûté aux špičky, ces pâtisseries au chocolat à la forme étrange qu'on voyait partout.

Le soir, à un arrêt de bus, on était en train de se dire qu'on allait devoir prendre un bus pour sortir de la ville et trouver un endroit où camper parce que personne n'avait répondu sur Couchsurfing, quand on a entendu "Lena ?" On s'est retourné, et on a vu Vojta, un membre de Couchsurfing qui ne nous avait pas répondu. Grâce à la photo de notre profil Couchsurfing, il nous a reconnu. Il nous a invité chez lui en nous expliquant qu'il n'avait pas pu répondre parce qu'il n'avait pas pu aller sur internet. C'était vraiment incroyable qu'on soit au même endroit au même moment, qu'il nous voie et qu'il nous reconnaisse, d'autant plus qu'on avait changé notre photo de profil la veille pour que les gens nous reconnaissent plus facilement. Donc voilà, on a dormi chez Vojta et Suzanna, avec deux adorables chinchillas, qu'on a déménagés dans le couloir pour la nuit, parce que les chinchillas, la nuit, ça fait du bruit !


Liberec 
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Publié le 17 novembre 2016

Le 17 octobre, on est allé dans une station essence de Liberec pour aller direction Prague. À peine arrivés, alors qu'on se demandait quel était le meilleur endroit pour faire du stop, un monsieur barbu nous a demandé si on voulait aller quelque part. Et comme il allait justement à Prague, on est monté avec lui. Le stop sans avoir à faire de stop, c'est tellement bien !

Le barbu en question s'appelle Karel Zima, c'est un comédien et acteur tchèque. Pendant le trajet, il nous a parlé de son amour pour la Normandie, et il nous a dit qu'il connaissait une phrase dans plusieurs langues, y compris en français ; c'était quelque chose comme ça : "Je veux t'embrasser toute nue sur le Mont-Blanc." Il nous l'a fait en japonais aussi. Après nous avoir déposé en plein centre-ville de Prague, il nous a offert une bouteille de vin. Bref, il y a des gens super sympas sur cette planète.

On a donc pu visiter Prague, qui est vraiment une ville magnifique, mais un peu dénaturée par les touristes à notre goût. Mais attention ! Je ne dis pas que c'est nul ! Si vous pouvez, allez y jeter un coup d'oeil, ça vaut vraiment le coup.

Et si quelqu'un sait pourquoi plein de gens vont toucher le zizi de la statue du jeune homme dans le château de Prague en fermant les yeux, ça nous intéresse. Parce qu'on en a vu défiler des gens ! D'ailleurs, le zizi de ce pauvre garçon est tout lustré maintenant. C'est sûrement une histoire de zizi qui exauce des vœux.

C'était intéressant de voir d'autres villes tchèques avant, parce que la capitale n'est pas tout à fait à l'image du pays. C'est comme Paris et le reste de la France, tout simplement. À Prague, on parle anglais, les magasins de souvenirs sont tenus par des Russes pour des touristes, les menus sont souvent en anglais, en allemand et en russe ; et il y a beaucoup, beaucoup de touristes. Dans d'autres villes tchèques, les gens qui parlent anglais ne courrent pas les rues, et à plusieurs reprises, des gens qui nous ont entendu parler français dans la rue nous ont accosté pour savoir ce qu'on faisait là (surtout à Ostrava), et quand on répondait qu'on visitait, ils nous demandaient pourquoi. On a l'impression que la seule ville prévue pour les touristes en République Tchèque, c'est Prague (et Český Krumlov, une autre ville qu'on a vu après Prague) et c'est dommage, parce qu'il y a d'autres villes chouettes, comme Brno (ma préférée) ou Ostrava, qui ne sont pas du tout prévues pour des touristes autres que tchèques.

Prague 

Après Prague, on a voulu aller jeter un coup d'œil à Český Krumlov, une petite ville toute mignonne qu'on nous avait conseillée à plusieurs reprises. Mais c'était sans compter sur les aléas du stop. On n'a jamais réussi à sortir de Prague. On a dû marcher, faire quelques kilomètres en stop, marcher encore, prendre le train, puis le bus, et tout ça en deux jours. Le stop, en République Tcheque, ça marche super bien d'habitude. Mais là, je ne sais pas ce qui s'est passé, ça n'a pas marché du tout. Et du coup on a dû passer la nuit dans un pré, où on s'est fait réveiller par des cris dignes d'un monstre tout droit sorti d'un film fantastique. Un cri de nazgûl en fait. Comme d'habitude, Vivien a émis des hypothèses impribables comme "T'inquiète pas, ça doit être un oiseau nocturne" (lol). Finalement, après vérification, il s'agissait de deux renards à quelques mètres de la tente. Un renard, ce n'est pas méchant, mais quand on n'est pas prévenu, c'est flippant. Si vous voulez un aperçu, écoutez à partir de la minute 0:40.

Cris de Nazgûl/renard 

Donc on a fini par arriver à Český Krumlov. C'est super beau comme endroit, romantique et tout et tout. Je ne sait pas quoi vous dire, à part "Regardez les photos !"

Le soir, on est allé planter la tente dans un champ, et il devait faire un peu frisquet dehors puisque l'herbe était gelée.

Český Krumlov

Le 21 octobre, on est arrivé à Brno, une ville étudiante vraiment sympa.

À Brno, il y a une horloge qui a plusieurs particularités ; tout d'abord, comme c'est une œuvre d'art moderne et qu'il y a une démarche artistique derrière et blablabla, il est impossible d'y lire l'heure sans une notice explicative. L'horloge est constituée de plusieurs disques qui tournent, et tous les jours à 11h du matin, elle crache une bille de verre que les gens s'arrachent.

La raison est historique. Pendant la guerre de Trente Ans, en 1645, Brno a été assiégée par les troupes suédoises. La bataille décisive devait avoir lieu le 15 septembre, et le général suédois annonça qu'avant midi, la ville serait prise. L'ordre fût donc donné dans la ville de sonner les cloches non pas à midi mais une heure plus tôt, à 11h. C'est comme ça que le général suédois retira ses troupes et que Brno fût libérée.

Malgré cette belle histoire, beaucoup appellent cett horloge "the phallus clock", parce que oui, ça ressemble quand même un peu à un zizi, il faut le dire.

À part ça, j'ai tellement aimé l'atmosphère de cette ville que j'aimerais y retourner un jour.

À Brno, on a dormi chez Anna et Tomáš (dernière photo) et leurs nombreux colocs, c'était super sympa.

Brno 

Le 23 octobre, on est arrivé à Vienne, chez Julie, une amie de Reims.

Vienne, c'est grand ! On a vu le palais impérial, Hofburg, le Stephansdom (cathédrale St Etienne), et la cathédrale russe St Nicolas.

On a vu aussi l'immeuble et l'incinérateur de l'architecte Friedensreich Hundertwasser, qui s'est inspiré du Catalan Antoni Gaudí (mais si, vous savez, celui qui a transformé Barcelone). Hundertwasser, c'est un pseudo hein, parce s'appeler "Royaume de la Paix aux Cent Eaux", c'est plutôt improbable. Son truc, c'est les sols irréguliers, les arbres sur les toits et les balcons, et les la profusion de couleurs. J'aime bien, ça donne un joyeux joli bazar.

On s'est promené dans les jardins du château de Schönbrunn, c'etait super chouette avec les couleurs de l’automne. Et puis on a vu la maison de Wagner (l'immeuble avec des fleu-fleurs rouges dessus), c'etat joli.

Et puis forcement, on a mange du strudel et du sachertorte.

Comme on est resté quelques jours a Vienne, on en a profité pour laver nos sacs de couchage. Et comme c'est du duvet, et que c'est déconseillé de les laver en machine, je me suis mise en maillot de bain et je les ai lave dans la gigantesque baignoire de Julie. Ca a mis plusieurs bonnes journees a secher, alors autant dire qu'on ne les lavera pas tous les quatre matins. Et by the way, sans nos sacs de couchage, on serait probablement morts congeles a l’heure qu‘il est. Ils sont juste geniaux !


Vienne 
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Publié le 24 novembre 2016

Le 30 octobre, on est arrivé à Maribor, en Slovénie. Maintenant, on se dirige vers le soleil de la Méditerranée pour fuir l'hiver du Nord. Ce n'est que plus tard que l'on remontera vers le nord, au printemps.

A Maribor, on est arrivé chez un hôte de Couchsurfing, qui nous avait proposé de rester plusieurs jours ; il avait l‘air globalement normal, même s'il montrait une tête de pas content sur ses photos de profil. On a dîné avec lui, ça s‘est bien passé. Ensuite, il est parti voir des amis, et avant de partir, il nous a dit «Par contre, s‘il vous plait, n‘utilisez pas les plantes dans les pots, prenez celles dans le placard.» Là, on s‘est rendu compte qu‘au pied de notre lit poussaient quelques pieds de cannabis dans des anciens seaux de peinture, et notre hôte nous a montré oú il rangeait sa boite de beuh. On a trouvé ca marrant, mais le lendemain matin, on a moins rigolé. Á 6h30, il nous á réveillé en sonnant frénétiquement á la porte parce qu‘il avait oublié ses clefs. Il empestait l‘alcool, il tenait á peine debout et il nous disait des choses incohérentes. Il a commencé á se montrer impoli voire agressif, il posait plusieurs fois de suite les mêmes questions mais ne se souvenait jamais des réponses. On lui a dit que nos plans avaient changé, on a pris nos sacs et on a décampé. On était tellement contents d‘etre sorti de chez lui ! Meme si en soi, il ne s‘est rien passé, ça n‘a pas été une expérience super agréable. Plus tard en Slovénie, on nous a dit que les gens de Maribor étaient connus pour leur grande aptitude à boire.

Chez l'étrange monsieur alcoolisé de maribor 

Une fois sortis de là, on s‘est promené dans le centre de la ville. Maribor, c‘est très joli, mais vu que c‘est tout petit, on a vite fait le tour, alors on a décidé de continuer notre chemin, direction Ljubljana. On a trouvé un hôte de Couchsurfing à Celje, à mi-chemin entre Maribor et Ljubljana, alors on s‘est mis en route.

Maribor 

Avec un peu de stop, un peu de marche et un peu de train, on est arrivé a Celje, chez Niko. Niko a une vie plutôt remplie, et quand il n‘est pas au travail, il est guide touristique, alors il nous a montré Celje sous tous ses angles. Il nous a montré la statue d‘Alma Karlin, une femme de lettres globe-trotteuse polyglotte qui est née a a fin du XIXeme siecle. Il nous a aussi montré celle de Josip Pelikan, un photographe de la meme période, et le buste d'Alfred Nobel, qui avait une maîtresse à Celje. Il nous a fait voir ses endroits préférés et il nous a fait visiter la forteresse de Celje. Après, on est allé se ballader autour du lac de Šmartinsko.

Celje 

Niko vit dans le coin des artistes de Celje, alors il nous a présenté a ses amis. On a vu l‘appart déjanté de Tuzi, le photographe, et celui de Micy, le peintre.

Celje le soir 

Après Celje, on est parti a Ljubljana avec un ami de Niko. Je trouve que c‘est une ville pour amoureux, c‘est romantique !

Malheureusement, comme j‘avais toujours mal au genou depuis la descente des Karkonosze, on est allé voir un médecin à l'hôpital, et il m‘a dit que je devais m‘arrêter, au moins pour une semaine.

Ljubjana 

On s‘est demandé où on pourrait s‘arrêter si longtemps sans compromettre notre budget, parce que la Slovénie, globalement, c‘est aussi cher que la France, donc rester dans un hostel, ca nous plaisait pas trop. On a demandé à Niko si ça le dérangerait qu‘on revienne chez lui à Celje, le temps que mon genou se répare. Il a dit oui, alors on est revenu a Celje, et ça nous a fait plaisir, parce qu‘on avait vraiment aimé notre séjour là-bas chez.

Pour que mon genou se remette, je devais me reposer. Mais comme on s‘ennuyait (une semaine, c‘est long !), on a passé notre temps à faire à manger et à aller au cinema. En tout, en comptant le premier couchsurfing, on sera allé trois fois au p'tit déj gratuit du samedi matin du bar TamKoUčiRi, où on aura eu le loisir d'écouter les chants d'une chorale, et on aura dejeuné trois weekends de suite chez la famille de Niko. Vivien est même reparti avec un nouveau bonnêt violet tricoté par Mojca, la soeur de Niko (son prédécesseur n'a pas supporté la machine à laver, il a rapetissé de 10 bons cm). Durant le premier déjeuner, on a pu assister à une représentation exceptionnelle de Ronja, le cocker de la famille. Ce chien a la particularité de "chanter" dès qu'on lui fait écouter du Pavarotti (sisi). Ce fût un moment inoubliable. On était tellement impressionnés qu'on en a oublié de filmer. Mais ce n'est pas grave, puisque les talents de Ronja sont sur youtube, alors rien n'est perdu !

Ronja, le chien qui aime les ténors italiens 

À Celje, on a envoyé un colis avec les choses dont on ne se servait pas. Et mon appareil photo a décidé de ressusciter à ce moment-là, donc il continue l'aventure jusqu'à son prochain infarctus.

Repos forcé 

Niko nous a aussi montré les environs de Celje. On a vu tout plein de champs de houblon, c'était impressionnant. Apparemment, cette région de Slovénie fournit en houblon une grosse partie des brasseries d'Europe.

On est allé voir la fontaine à bière de Žalec, qui est tellement connue dans le monde entier que des gens viennent même d'Afrique du Sud pour la voir. Ça ne ressemble pas tout à fait à une fontaine, comme vous pouvez le voir sur la première et la deuxième photo ci-dessous. C'est un muret avec cinq tireuses à bières, il y en a 5 différentes. Mais ce n'est pas vraiment une fontaine au sens où les gens l'imaginent, puisqu'il faut payer un verre qui coûte 6€ pour pour pouvoir se servir.

Nico nous a raconté comment cette fontaine avait vu le jour. Au départ il y a un type qui a gagné beaucoup d'argent au Lotto dans le village. Et en Slovénie, si tu gagnes au Lotto, tu dois reverser un certain pourcentage du montant que tu as gagné à la commune dans laquelle tu as joué. Ne sachant que faire de tout cet argent, le maire à eu l'idée de construire une fontaine en hommage au généreux donateur qu'il était malgré lui. Voilà voilà...

En tout cas, même si l'idée est complètement farfelue, les commerçants du coin se font plein d'argent grâce aux touristes, et ça permet de faire connaître aux touristes les dessous de la fabrication de la bière (il y a plein de panneaux explicatifs autour de la fontaine, et une brasserie à visiter dans le coin).

À part ça, on est aussi allé voir l'étang de Vrbje (Ah ! Vous aussi vous trouvez qu'il n'y a pas assez de voyelles en slovène ?! Et bien croyez-moi, le Tchèque, c'est pire !!!), avec ses animaux sculptés dans des troncs.

Et Vivien est allé crapahuter avec Niko dans "la fosse du Diable". Il s'agit des gorges d'une rivière, et quand on la remonte et qu'on arrive en haut, il neige parce que c'est haut. (J'avoue que j'aurais bien aimé y aller moi aussi).

Autour de Celje 
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Publié le 16 décembre 2016
115 jours de voyage et environ 7000 Km parcourus

Après trois mois de voyage, on s'est dit que c'était l'occasion d'expliquer notre quotidien et notre ressenti un peu plus en détails. Oui, ça fait 4 mois qu'on est parti, mais on a mis longtemps à finir l'article.

ATTENTION !

Cet article est long, il est possible qu'il vous plonge dans un ennui profond. On l'a écrit pour répondre aux questions qu'on nous pose souvent sur notre mode de vie. Si vous pensez que ça va vous ennuyer, allez tout à la fin de l'article et lisez "Qu'est-ce qu'on pense de la France à l'étranger ?", c'est instructif.

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COMMENT ON FAIT POUR DORMIR ?

L'une de nos préoccupations majeure durant ce voyage, c'est sans doute de savoir dans quel lieu on va passer la nuit. Il est rare que l'on passe deux nuits au même endroit, donc pratiquement chaque jour, cette question se pose. Souvent, les trois possibilités qui s'offrent à nous sont les endroits payants, le camping sauvage ou le couchsurfing. On doit donc choisir entre le prix élevé des chambres ou des campings, le danger et l'inconfort du camping sauvage et le couchsurfing, qui demande de l'anticipation et de la ponctualité. Sachant qu'on s'est fixé une limite de 20€ par jour pour nous deux toutes dépenses confondues, ce n'est pas toujours évident de choisir. Parce que 20€, ça va vite. Très vite.

Pour vous donner une idée, voici les différents types d'endroits dans lesquels on a dormi depuis notre départ :

31% Couchsurfing

21% Camping

15% Famille / amis

10% Camping sauvage

10% Hotels / Chambres

3% Bus

3% Chez l'habitant

3% Refuges

3% Jardins

On évite au maximum les hôtels et les campings dans les pays comme l'Autriche ou dans les zones touristiques des cités balnéaires parce que c'est trop cher.

LE CAMPING

Au cours de l'été, la meilleure solution était le camping (payant). Il y avait (presque) tout ce dont on avait besoin pour un petit prix, c'est à dire la sécurité, une douche et du calme. Bon, parfois le calme et les prix abordables n'étaient pas au rendez-vous, mais c'était toujours agréable de se réveiller tôt avec le soleil. Maintenant qu'on est dans la basse saison, les campings sont fermés pour la plupart, donc on privilégie un autre type d'hébergement, le couchsurfing.

LE COUCHSURFING

Le couchsurfing c'est magique. On rencontre toujours des gens hyper sympas qui nous apprennent plein de trucs et qui souvent, n'hésitent pas à nous laisser les clés de leur appartement quand ils s'absentent.

Par contre, la petite contrainte, c'est qu'on doit adapter notre rythme à celui de notre hôte qui ne se couche pas forcément à 21h tous les soirs. Il y a eu une semaine où chaque soir, on nous faisait goûter les alcools du coin, et franchement, c'est plus de notre âge d'être bourrés tous les soirs !!! C'était un peu dur de repartir le matin pour visiter les villes et faire du stop.

Il y a du couchsurfing vraiment partout, même dans des patelins comme Nove Mesto pod Smrkem, "in the shithole in the middle of the woods" (dans un trou à merde au milieu de la forêt) pour reprendre les mots de Filip, un de nos hôtes.

Mais surtout, pour le couchsurfing il faut se connecter sur internet pour lire des dizaines de profils et envoyer plein de messages, ce qu'on n'a pas toujours le temps de faire. Parce que pour 10 demandes envoyées, on n'a souvent qu'une réponse. Certains membres s'amusent à cacher des messages au milieu de leur profil pour vérifier qu'on a bien lu leur profil jusqu'au bout. Concrètement ça donne quelque chose comme ça : " Ecrivez "pigeon" dans votre demande. Si vous ne le faites pas, je ne répondrai pas" ou " Pour que je sache que vous avez bien lu mon profil, répondez à cette question : Si vous pouviez vous transformer en animal, lequel choisiriez-vous ?" Il y a aussi ceux qui ne daignent répondre qu'aux "demandes personnalisées". On ne se voit vraiment pas écrire "Salut Marko, j'ai vu sur ton profil que tu aimais la peinture sur abat-jour, le mushrooming, les cochons d'Inde et que tu travaillais comme consultant en logistique dans une zone portuaire. Mais figure-toi que nous aussi !! C'est diiinngue non ?!" On comprend que les gens cherchent à filtrer un peu les couchsurfers, surtout dans les grandes villes où il y a beaucoup de demandes, mais soyons honnêtes, les gens sur couchsurfing veulent un endroit où rester pour la nuit ; ce serait être complètement hypocrite de dire qu'on est à Prague parce qu'on a vu le profil génial et inspirant de Jaroslav.

Et on le dit et on le répète, le couchsurfing c'est trop bien !

Il y a aussi deux fois en Estonie où des gens qui nous ont pris en stop nous ont proposé de dormir chez eux. Il y a eu Mart, le chef cuisinier qui tient un hôtel à Pärnu et Vallo, un pompier de Tallinn.

Tomáś, Anna et leur coloc' aux cheveux bleus
Mart, un Estonien qui nous a pris en stop et qui nous a invité à passer la nuit chez lui par la même occasion 

LE CAMPING SAUVAGE

Pour le camping sauvage, on est un peu mieux organisé qu'au début. Maintenant, quand on décide de dormir comme des vagabonds, on s'impose certaines règles. Une fois qu'on a décidé de camper dehors, on essaie de commencer à s'installer avant la tombée de la nuit (oui, alors maintenant c'est juste impossible parce qu'avec le changement d'heure, la nuit tombe à 17h pétantes - Lena n'a pas du tout apprécié le changement d'heure). On évite aussi de dormir en ville dans les parcs parce que c'est dangereux (oui, on l'a déjà fait, c'est mal, on sait). Entre les sans-abris, les gens alcoolisés et la police, on est bien mieux à la campagne.

Pour trouver un emplacement, on cherche sur Google Earth une zone à la lisière de la forêt qui n'est pas trop éloignée des habitations. Si on est trop près des maisons, on risque de croiser des gens qui n'apprécieront pas de voir notre tente ; mais si on s'enfonce dans la forêt, on risque d'être réveillé par des sangliers, des gros oiseaux, des renards ou des ours.

Le problème avec ces animaux sauvages, c'est qu'ils vivent la nuit et sont attirés par la nourriture. Il y a 3 ans, un renard nous avait déjà dévalisé nos p'tis suisses, notre chocolat (3 tablettes quand même) et notre jambon, alors maintenant on range la nourriture dans des boites et dans des sacs étanches pour limiter les odeurs. Et pour plus de sécurité, on va suspendre le tout à un arbre un peu éloigné de la tente (très éloigné quand on entend des grognements d'ours).

À plusieurs reprises, on a dû sortir de la tente en pleine nuit pour éloigner des renards qui n'arrêtaient pas de faire leurs cris de Nazgûls, ou pour dégager des chats (ou pour remettre du bois dans le feu pour éloigner les ours, mais ça vous le savez déjà). Dernièrement, Vivien a même dû sortir à plusieurs reprises parce qu'un type rôdait autour de la tente.

Quand on a dormi à Ljubljana, ça n'a pas été très agréable. On s'est installé vers 21H dans un bosquet au milieu des champs, et en allant faire pipi, Vivien a eu la joie de trouver un cadavre de biche fraîchement décédée, à 10m de la tente. C'était sûr que si on restait là, ce serait le défilé des charognards toute la nuit. Et puis on s'est dit que ce n'était pas très sain de dormir là, alors on a tout remballé (Ô joie...), et on a bougé quelques centaines de mètres plus loin, dans le noir, le brouillard, et la bouillasse des champs.

Mais ce qui pose le plus de problèmes avec le camping sauvage, c'est sûrement l'hygiène. On peut toujours se laver avec l'eau d'un lac ou d'une rivière mais avec le froid du matin, la pluie et le manque d'intimité, souvent on préfère remettre ça au soir quand on a accès à une vraie salle de bains. Pour faire simple, le camping sauvage c'est bien, mais pas deux nuits de suite.

LES ENDROITS "NÉGOCIÉS"

On a aussi dormi dans d'autres endroits plus ou moins payants, comme dans le port de plaisance d'un lac en Pologne, dans des "champs à tente" (c'est un principe polonais je crois ; c'est un terrain de camping sans infrastructure et la plupart du temps sans eau. Un mec passe le matin en voiture pour récolter l'argent), et dans le jardin d'un hostel en Lituanie. On a aussi dormi dans le jardin d'un chalet à louer, et dans un chalet inutilisé sans eau courante, qu'une dame nous a loué en sachant pertinemment qu'on ferait pipi autour, puisqu'elle nous a interdit l'accès aux sanitaires de son restaurant. Et on a dormi aussi dans des jardins de particuliers.

1- Port de plaisance 2- Champ à tente 3- Jardin d'hostel 4- Jardin de chalet 5- Chalet inutilisé 6- Jardin de particulier

LES CHAMBRES

Quand on paie une chambre pour la nuit, en général, on en profite pour suspendre nos vêtements mouillés, la tente et les sacs de couchage. À peine arrivés, on repère où sont les radiateurs, et on s'installe comme des Tziganes. L'humidité, c'est l'un de nos plus grands ennemis. On est paré face au froid et à la pluie, mais pas trop contre la rosée, la condensation et le brouillard, alors les radiateurs sont nos amis.

On essaie aussi de faire la lessive, parce que sentir le marécage ou la fumée de réchaud, c'est cool, mais un peu de savon de temps en temps, ça ne fait de mal à personne. Chaque jour, on lave nos sous-vêtements en prenant notre douche avec du savon, et on les fait sécher sur nos sacs. Mais quand on peut, on lave tout, à la main ou à la machine si c'est possible ; alors la chambre devient un véritable champ de vêtements où poignées de porte, tringles à rideaux et chaises sont réquisitionnées comme séchoirs.

Ça arrive qu'on prenne une chambre et qu'on soit PAS CONTENTS parce que c'est NUL. Comme dans un camping slovaque (surprenant...) où on a payé 20€ pour une maisonnette toute pourrie dans laquelle il faisait froid (photo 1). Les sanitaires étaient à l'extérieur, le monsieur du camping nous a répété 15 fois qu'il ne fallait pas rester plus de 3 minutes sous la douche, et au final, on n'a pas eu d'eau chaude du tout. Le lit de la chambre était cassé, alors on a dû mettre les matelas par terre. Et le mec, sous une pluie battante, nous explique qu'il y a du wifi, mais seulement tout au fond du camping, sous le pin derrière l'arbre tout là-bas. Bref, ce mec, si je le recroise, ça devrait pas bien se passer pour lui. Mais comme parfois on a vraiment besoin d'un toit, on doit accepter ce genre de situations qui ne nous plaisent pas du tout.

Il y a aussi la fois où on a loué une chambre, et c'était dégoutant. Tiens, bah c'est encore en Slovaquie, c'est fou non ?! C'était le lendemain de la nuit avec les ours, alors on avait besoin d'une bonne douche et d'un bon lit. On a fait le tour vite fait avec la propriétaire, ça avait l'air bien. Et puis petit à petit, on s'est rendu compte que tout était sale ; il y avait des restes de crachats dans le lavabo, Vivien a dû déboucher le siphon de la douche pour qu'on puisse se laver, et les assiettes dans le placard avaient été rangées sans passer par la case "vaisselle".

Chambres, gîtes et refuges
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COMMENT ON FAIT AVEC NOS SOUS ?

Après 3 mois de voyage et 11 pays traversés, on a dépensé au total 1996 € ; soit en moyenne 22,9 euros par jour, ou 665 euros par mois. On avait prévu un budget maximum de 25€ par jour, mais en espérant rester sous la barre des 20€. Avant de partir, on avait peur de ne pas y arriver, mais finalement ça va. On verra comment ça se passe dans les autres pays.

Voici en moyenne comment on dépense nos sous en un mois :

Total des dépenses : 665€

Nourriture : 383€

Logement : 132€

Transports : 70€

Téléphone : 40€

Équipement et autres trucs : 23€

Mutuelle : 10€

Frais bancaires : 5€

Pour garder un œil sur notre budget, chaque soir, on note toutes nos dépenses dans un petit carnet, comme des petits vieux. Au début on pensait que dans certains pays on depenserait moins que dans d'autres mais au final, chaque semaine on arrive à peu près à la même somme. C'est psychologique, si on dépense peu, on finit toujours par se lâcher dans les jours suivants avec une chambre payante, un resto ou des pâtisseries.

Le livre de comptes 

Souvent, nos hôtes nous font la liste exhaustive de tous les musées, zoos, festivals de cinéma, et restaurants panoramiques qu'il faut absolument voir dans la ville. Et quand on explique qu'on a que 20€ pour la journée, ils nous disent "Oui, mais je crois que ce n'est pas très cher." Sauf qu'on préfère manger le midi plutôt qu'aller visiter le musée de la torture ou un château. Ça arrive qu'on paie pour voir quelque chose, mais c'est très rare.


COMMENT ON SE DÉPLACE ?

Non, on ne fait pas que marcher, parce qu'on n'a pas envie. On ne marche que quand le coin est sympa. Parce que si on voulait tout faire en marchant, on passerait dans des banlieues pas belles, des centres commerciaux, on longerait des autoroutes et... ça ne nous intéresse pas trop. Sinon, on privilégie le stop. On prend aussi le bus, le car, le train, et on utilise Prevoz en Slovénie, l'equivalent de l'ancien Blablacar.

LE STOP

Là où le stop marche super bien : la Slovaquie (non, ils n'ont pas que des défauts les Slovaques), la République Tchèque (hormis les alentours de Prague), et les États Baltes.

Et on n'a pas encore testé, mais tout le monde nous dit qu'en Italie, le stop, ça ne marche pas, et que ce n'est même pas la peine d'essayer.

Le stop, c'est bien pour rentrer dans une ville, mais pas pour en sortir. À chaque fois on galère, on prend des bus ou des trains pour s'éloigner du centre, et au final on attend toujours très longtemps. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, moins il y a de passage, plus les gens nous prennent. Quand il y a du monde sur la route, les gens sont plus stressés, il doivent faire plus attention, et ils pensent que comme il y a du monde, quelqu'un d'autre s'arrêtera forcément.

Les gens qui nous prennent en stop ont souvent des voitures minuscules avec plein de trucs dedans. Certains font des détours de 50kms pour nous amener au bon endroit. Peu de femmes seules se sont arrêtées, et les gens qui ont des enfants dans la voiture ne s'arrêtent pratiquement jamais.

On nous demande beaucoup pourquoi on n'a pas de pancarte quand on fait du stop. C'est simple, ça marche beaucoup moins bien ! Si on écrit Berlin et que quelqu'un va 10 km plus loin, il ne se sent pas concerné. Si quelqu'un doit s'arrêter avant Berlin, il se dit qu'il n'a pas envie de faire de détour. Bref, le mieux, c'est sans pancarte. On essaie d'être souriants, même si parfois on attend 1H et qu'on a mal au bras. Plein de gens nous font coucou, on a même eu droit à quelques doigts d'honneur.

Les poids lourds ne s'arrêtent pas souvent parce qu'ils n'ont pas le droit de prendre plus d'un passager. Donc ceux qui s'arrêtent sont vraiment sympas parce qu'ils s'exposent à de grosses amendes.

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QU'EST-CE QU'ON MANGE ?

Comme des clochards !

Vous vous doutez bien qu'avec un sac à dos à porter et un budget limité, on achète peu et pas cher. Et globalement, nos repas ressemblent un peu à ça...

On essaie de grapiller des petites choses par-ci par-là. Dans les magasins, on prend des poignées de sacs plastiques au rayon légumes ; vu qu'on repart toujours avec nos déchets, il nous faut des sacs poubelles. Dans les fast-food, on demande si on peut remplir nos gourdes, avec de l'eau froide ou de l'eau bouillante selon les besoins. L'eau bouillante, c'est top pour se faire un thé, ou pour que la cuisson des pâtes prenne moins de temps avec le réchaud. Dans les toilettes publics, on prend un rouleau de papier toilette de temps en temps, parce qu'on ne se voit vraiment pas en acheter par paquets de 6, et on prend des essuie-mains, qui nous servent toujours à quelque chose. Quand on a l'occasion, on remplit notre pot de miel et notre pot de sel, et on met des sucres dans nos poches quand on est dans un café.

Comme vous pouvez le voir sur la première photo, on s'est fait des pâtes avec le réchaud derrière un arrêt de bus le long d'une voie rapide de Białystok. Trop glamour n'est-ce pas pas... N'empêche que parfois on fait du stop pendant longtemps, alors on a besoin de faire des pauses pour manger ! D'autant plus que le trajet en stop peut être long. Et comme vous le savez sûrement, manger est une de nos activités préférées, donc on s'en fiche si on ressemble à un couple de clodos.


Notre limite, quand on fait les courses, c'est nos sacs, il faut que tout rentre ! Quitte à mettre bananes, légumes et biscuits dans nos crocs. On veille aussi à ne pas acheter des choses trop lourdes, et à emporter juste ce qu'il faut en eau. Parfois on manque de réserves, et on se retrouve dans un village sans magasin avec presque plus rien à manger. Mais on préfère épargner notre dos et ne pas transporter 3 jours de nourriturre juste "au cas où".

Comme on est curieux, on fait un compromis entre le pas cher et le local, et on essaie de goûter un peu à tout. Mais ce n'est pas parce qu'on a peu d'argent qu'on mange n'importe quoi. De plus en plus, on essaie d'éviter l'huile de palme et les graisses hydrogénées (mission quasi-impossible), et on essaie de privilégier le poisson et les œufs à la viande. On fait attention à manger un peu de tout parce qu'on bouge quand même pas mal.

On ramasse aussi ce qu'on trouve en chemin, comme les mirabelles, les prunes, les noix, la menthe, le romarin, la sauge ou le laurier. Une fois, on a ramassé tellement de mûres qu'on en a fait une confiture le soir dans un gîte.

Parfois, les gens nous donnent des choses. Mart, en Estonie, nous a préparé un petit sac pour qu'on ne meurre pas de faim, une dame qui nous a loué un chalet nous a donné un poisson fumé et un pain, et plein de gens en couchsurfing ont insisté pour qu'on reparte avec des tonnes de nourriture. On a parfois eu du mal à refuser des panoplies de pots de confitures, de compotes maison et de miel, des bouteilles d'alcool et des kilos entiers de fruits.

La nourriture constitue le plus gros de notre budget mensuel. On dépense un peu plus que quand on vivait dans un appart, mais c'est pour plusieurs raisons. D'abord, acheter des petites quantités revient généralement plus cher, et nous, on est vraiment obligé de faire ça, on ne peut pas se permettre de porter un kilo de kiwi en promo. Ensuite, on est aussi là pour se faire plaisir, donc de temps en temps, on va au restaurant, dans des bars ou dans des pâtisseries.

Pour l'instant, les trois pays où on a vraiment pu se lâcher au restaurant, c'est la Lituanie, l'Ukraine et la Pologne. Niveau prix et quantité, c'est vraiment bien.

Généralement, on prend un plat pour deux, et on mange des fruits avant, comme ça on est vraiment callé et on est pas tenté de reprendre un plat.

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ET L'ÉQUIPEMENT ? ÇA VA ? PAS TROP FROID ?

Et bien jusque-là, non ! On a rarement eu si peu froid en hiver. On n'a jamais eu des vêtements aussi efficaces contre le froid et la pluie que maintenant. Et pourtant, on a déjà dormi par -4°C. S'il pleut, on peut continuer sans problème, nos pantalons de pluie nous permettent de nous asseoir sur des bancs trempées où dans l'herbe gelée. Seules nos chaussures finissent parfois par être humides après une journée à marcher dans la boue ou dans les hautes herbes.

Et avec nos sacs de couchage... On a trop chaud 90% du temps parce qu'ils sont VRAIMENT prévus pour des basses températures. En fait, le plus important, quand on dort dehors, c'est d'avoir un bon matelas qui isole du froid. Et le nôtre est juste génial. On l'a crevé 2 fois déjà, mais c'était à cause d'un bricolage de Vivien, jamais à cause du sol ou de nos grosses fesses. On l'a réparé sans souci. Par contre, dès qu'on bouge ou qu'on se retourne, ça fait un bruit d'enfer, comme un ballon de baudruche qu'on frotte (n'achetez pas un Exped Duo pour passer un weekend torride avec votre doudou dans un camping complet en haute saison). D'un côté, c'est pas hyper discret, mais en même temps, ça permet de signaler notre présence aux bêtes du coin. Généralement, quand on entend un rongeur qui remue des feuilles aurour de la tente, il suffit de faire du bruit en bougeant un peu le matelas et la bestiole prend peur et se met en silencieux. Évidemment, ça ne marche pas à tous les coups.

Nos bonnêts en laine d'oppossum et de mérino sont super chauds (même si niveau sexy-attitude, on peut vraiment trouver mieux). Malheureusement, celui de Vivien a dû être remplacé suite à un fort rétrécissement en machine. Nos bonnêts nous servent aussi la nuit. On les rabat sur nos nos yeux et ça nous permet de dormir même quand il y a de la lumière. Et je vous assure que dans un dortoir de 10 lits dans un hostel, où certains se couchent à 1h du matin et d'autres se lèvent à 5h, c'st trop bien.

Les boules Quies sont également nos plus grands alliés dans ce genre d'endroits. Par contre, en camping sauvage, on a arrêté de les mettre, on préfère entendre ce qu'il se passe autour.

On nous a aussi demandé si nos vêtements en laine de mouton mérino ne nous grattaient pas trop. Et bien non, et pourtant, même nos sous-vêtements sont en mérino. Et moi qui passe ma vie à avoir les pieds congelés, je constate une nette amélioration. Vivien peut désormais aller se coucher sans hurler en touchant un de mes doigts de pieds. Donc si vous avez des tendances à la congélation, allez vous acheter des vêtements en mérino ! C'est un peu plus cher que du synthétique ou du cotton, mais c'est trop bien ! Vous pouvez regarder chez Icebreaker, c'est notre préféré. Cliquez ici pour aller faire un tour sur leur site. Et vous pouvez aussi cliquer pour aller voir ce qu'ils font chez Woolpower. Pour vos vacances au ski ou votre jogging matinal en plein mois de janvier, c'est ce qu'il y a de mieux.Par contre, avec Woolpower, ne vous attendez pas à des vêtements sexy, la majorité de leurs produits sont unisexes. Sinon, il y a aussi du mérino chez Decathlon et chez GoSport, mais d'après ce qu'on a pu voir, les rares produits qu'il y avait étaient plutôt moches, et de qualité moyenne. Sinon, au Vieux Campeur, ils proposent beaucoup de mérino et beaucoup de marques différentes, dont Icebreaker et Woolpower.

Ce qu'il y a de bien avec le mérino, c'est que c'est naturellement antibactérien. Dans la vraie vie, Vivien et moi, on se douche une fois par jour et on change de vêtements tous les jours. Alors on appréhendait un peu pour le voyage, on se demandait si on n'allait pas se sentir sale en portant le même T-shirt plusieurs jours de suite. Quand la dame au Vieux Campeur m'a dit "Vous pouvez porter ce haut jusqu'à 10 jours d'affilée", je me suis juste dit "beurk". Mais on s'est vite rendu compte que c'était pas du pipo. Généralement, on les lave tous les 3-4 jours, et on ne se sent pas sale du tout, il n'y a pas d'odeurs ; et pourtant, on bouge beaucoup !

Niveau solidité, nos vêtements tiennent le coup ; pourtant on les maltraite un peu avec les ronces et on les porte tout le temps. Même s'ils sont fabriqués dans de très bons matériaux, ça reste des vêtements ultra légers, donc assez fragiles. On commence à voir quelques signes d'usure sur les pantalons et sur le drap de soie, et la trousse de couture a déjà été sollicitée. En partant, on se doutait bien qu'en un an, certaines choses devaient être réparées ou renouvelées.

Sinon, nos lampes frontales ont fini dans la poubelle d'un camping ; il y avait un défaut de fabrication et parfois, elles ne s'allumaient pas ou s'éteignaient en cours d'utilisation. On les a remplacées par des Petzl.

Sur nos smartphones, on à testé pas mal d'applications. On a essayé de privilégier les applications hors ligne parce que ça fonctionne partout et sans restrictions. En voici quelques-unes qu'on utilise beaucoup :

Locus map (fonctionne hors ligne) : un GPS avec enregistrement, modification et importation de parcours (.gpx) et plein d'autres fonctions. Seul petit défaut : il est assez lourd et prend son temps pour démarrer. Pour 8€ (version pro), il donne la météo partout dans le monde et propose d'autres trucs sympas. Une application complète, mais qui est surtout optimisée pour les randonneurs.

Mappy.cz (fonctionne hors ligne) : GPS tchèque similaire à Google map, mais qui propose des cartes hors ligne. Il a la particularité de faire apparaître les sentiers touristiques et les pistes cyclables : pratique pour improviser un trajet sur place en évitant de marcher le long d'une voie rapide. Ça donne aussi le nom des arrêts de bus et le numéro des bus qui y passent, et le fond de carte est plus complet (magasins, monuments, etc.)

Google Earth (nécessite une connexion) : je pense que beaucoup d'entre vous connaissent cette application, c'est une modélisation 3D de la Terre avec des images satellites. On l'utilise pour regarder dans quel champ on peut planter la tente (quand il fait nuit ou si on n'est pas encore arrivé sur place). Par contre, à utiliser avec modération via la 3G, sinon votre consommation de données va s'envoler.

  La modélisation n'est pas toujours aussi détaillée selon les endroits, mais c'est quand même magique

Currency (fonctionne hors ligne) : Un convertisseur de devises simple, personnalisable et efficace.

WordReference (nécessite une connexion) : Dictionnaire en ligne qui propose des traductions uniquement entre l'anglais et les autres langues, mais qui a l'avantage d'être assez complet. Sinon, il y a Dictionnaire hors ligne qui, comme son nom l'indique, peut s'utiliser sans connexion, mais qui ne trouve pas toujours ce qu'on lui demande.


Et pour répondre à l'éternelle question qu'on nous pose au moins une fois par semaine :

UN AN ?! MAIS ÇA VA ? VOUS N'AVEZ PAS ENVIE DE RENTRER ? LA FRANCE, VOS AMIS ET VOTRE FAMILLE NE VOUS MANQUENT PAS ?

LE RESSENTI DE VIVIEN :

Je ne regrette pas d'avoir investi du temps et de l'énergie dans ce projet. Au début, avec Lena, on se demandait si ça serait faisable et si ça nous plairait mais on a vite réalisé qu'on avait bien fait de se lancer !

Avant de me décider, je me suis demandé ce que je voulais vraiment faire dans ma vie. Et comme je ne regarde pas la télévision, progressivement je me suis éloigné de la vision du bonheur qui va avec. Parce que comme le dit si bien David Pujadas : "le journal [télévisé] véhicule sans doute une vision du monde : l'idée implicite que le salut et le bonheur résident dans la consommation ou l'accumulation des richesses." (La Source !)(réflexe d'historien ^^). Et quand je vois une pub avec un mec à bord de sa voiture neuve, trop content de traverser une ville (dans laquelle il n'y a jamais de feux rouges et de bouchons *lol) eh bien je n'ai pas vraiment envie de travailler plusieurs années pour ça. Moi, il me faut autre chose. Donc je me suis dit qu'au lieu d'acheter une voiture, on pourrait vendre la nôtre ; et qu'au lieu de travailler pour s'en payer une neuve, on pourrait prendre des vacances d'un an.

Le souci, c'est que notre société n'envisage pas trop cette éventualité. Rien qu'au niveau administration (CAF, fournisseurs d'énergie et compagnie), aucune case n'est prévue pour celui qui souhaite voyager et ne plus avoir de résidence. En fait, à part l'année sabbatique de fin d'études, ça paraît trop compliqué. Sauf qu'après les études, on a pas forcément 8000€ en poche. Et une fois dans la vie active, il y a un éventuel CDI à décrocher, un achat de maison ou de voiture en vue, des enfants, la retraite, etc. Donc il faut être motivé parce que c'est un choix qui paraît assez risqué. D'ailleurs, beaucoup de gens m'on dit qu'ils auraient vraiment aimé faire un tel voyage ; mais que ce n'était pas possible dans leur situation. C'est vrai, ce n'est pas simple de lâcher certaines obligations, donc j'ai fait de ce voyage ma priorité, en sachant bien que ce serait sûrement plus compliqué après.

Et pour bien réfléchir à la suite de ma vie, quoi de mieux que d'être loin de tout ? En plus, visiter l'Europe, ça nous permet de rencontrer des tas de gens avec des modes de vie différents, et de voir des pays où l'économie fonctionne autrement ; ça donne plein d'idées !

Depuis trois mois, je profite et je m'enrichis plus que pendant mes études ou mon CDD. En même temps, ce sont des vacances me direz-vous. Oui, mais de mon point de vue, ce ne sont pas des vacances prolongées, mais plutôt un mode de vie (qui a aussi ses contraintes, comme on l'explique dans cet article). Et pour l'instant, c'est comme ça que je me sens plus épanoui et heureux. Et je réalise que le confort matériel ne me manque pas, même si je ne veux pas vivre indéfiniment comme un vagabond.

Ah oui, encore un truc que j'allais oublier : parfois on nous demande si on voyage exclusivement à pieds ou alors sans argent ; bref, si on a une démarche particulière. Eh bien non, on a juste envie de voyager à notre façon pendant un an, de visiter des lieux qu'on a envie de voir. D'ailleurs, ce voyage serait vraiment différent si je le faisais sans Lena. Pour voyager à deux, il faut parfois faire des compromis ; mais bien souvent, il y a plus d'avantages quand on est avec quelqu'un. Par exemple, pour faire du stop et du Couchsurfing sans se mettre en danger ou pour surveiller les sacs.


LE RESSENTI DE LENA

Je pense à peu près la même chose que Vivien, c'est vraiment enrichissant comme expérience. On apprend chaque jour de nouvelles choses, et on en prend plein la vue. Et oui, peut-être que le retour sera rude, on verra bien, mais je pense que ça vaut vraiment le coup. Il faudra trouver un travail et un logement, sachant que l'un ne va pas sans l'autre, donc ça ne va sûrement pas se faire en un claquement de doigts, mais on sera contents d'être partis.

Je voulais aussi dire que c'est impressionnant de voir qu'on peut voyager autant avec si peu d'argent. Entre le stop, le couchsurfing et la nourriture gratuite distribuée dans les villes, c'est vraiment possible de bouger sans se ruiner.

À Prague, un hôte nous a même donné une astuce pour envoyer des cartes postales sans timbre. À la place du timbre, vous écrivez "STS Student to Student", et vous mettez votre carte dans une boîte aux lettres en espérant que le postier soit cool. On en a envoyé 3 comme ça, et elles sont arrivées =)

Voici la réaction du peit-fils de 5 ans de ma tante polonaise de Zakopane quand on lui a expliqué le principe du stop :

"Quoi ?! Mais si ca existe le stop, pourquoi les gens continuent de payer le train?"

Et voici la réaction d'une collégienne tchèque quand on lui a expliqué le principe du couchsurfing :

"Il y a un site comme ça qui existe ?! Mais c'est trop bien ! Tout le monde devrait faire ça !"

Évidemment, ce n'est pas une vie de luxe, ça nous est arrivé de passer 3 jours sans se laver. Parfois on a encore envie de dormir mais on doit se lever et ranger la tente dès le lever du soleil pour ne pas avoir d'ennui, et ça arrive qu'on doive partager un morceau de wasa et une pomme en deux pour le déjeuner parce qu'on est dans la cambrousse et qu'on n'a pas trouvé de magasin.

D'ailleurs, c'est dans ces moments-là qu'on se rend compte qu'on tient l'un à l'autre ; quand Vivien m'offre la place la moins pentue dans la tente ou quand je lui laisse ma portion de biscuits alors que j'ai faim ou quand il se lève pour aller voir à quelle espèce appartient l'animal qui fait ses vocalises devant la tente parce que j'ai les chocotes. Il y a un proverbe africain qui dit :

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.


Toute seule, je n'aurais jamais fait de stop comme ça sur des longues distances, je n'aurais jamais dormi dans une tente dans des parcs, des champs ou des forêts, et je n'aurai pas dormi en couchsurfing chez des hommes seuls.

Et puis quand j'ai envie de m'arrêter 5 minutes, je vois Vivien marcher, et ça me motive à aller plus loin.

Comme à la maison, on se partage les tâches. Dès qu'on doit camper, on s'y met tous les deux, et en 20 minutes tout est prêt. Je monte la tente, je gonfle le matelas et je prépare tout ce qu'il faut pour le repas, pendant que Vivien fait le feu et met les sardines (planter les sardines, j'aime pas, c'est nul). Et quand on a très envie d'un bain, d'un festin ou d'un grand lit et qu'on doit dormir sous la pluie dans un champ et manger du riz au sel, c'est comme à la maison, on reste gentil et aimable. Sinon, ça fait longtemps qu'on aurait divorcé et qu'on serait rentré. Parfois, l'un de nous peut être grognon parce qu'il a faim, parce qu'il est fatigué ou parce qu'il veut s'arrêter, et dans ces cas-là, on veille à bien communiquer et à se laisser un peu d'espace, comme ça on évite les accrochages.

En ce qui concerne les protections hygiéniques, j'appréhendais un peu, je me disais que ce serait compliqué (Messieurs, vous pouvez squeezer ce paragraphe si le sujet couches-culottes ne vous branche pas). En partant, j'avais emporté avec moi une cup et des serviettes lavables. J'avais peur de ne pas toujours avoir d'eau pour me laver les mains, je me demandais si les serviettes sécheraient assez vite en hiver, et si je pourrais stériliser ma cup tous les mois. Finalement, c'est super pratique pour voyager ; on arrive toujours à trouver de l'eau, j'ai toujours réussi à stériliser ma cup, et mes serviettes sèchent. Quand j'ai acheté les serviettes lavables Plim, je n'y croyais pas du tout, je me disais que le concept était franchement dégueulasse, que c'était un truc d'écolo mangeur de trucs chelous qui fait pipi dans des toilettes sèches, et que c'était juste pour pouvoir dire "Voilà, j'ai essayé, c'est nul." Et en fait, je suis satisfaite à 100%. C'est carrément moins dégoûtant que les protections jetables. Vraiment. On se sent moins sale et en plus, ça fait faire des économies. J'ai un peu fait la tête quand j'ai vu qu'une serviette coûtait 17€, et puis j'ai fait le calcul et je me suis vite rendu compte que des serviettes lavables me reviendraient 3 fois moins cher sur le long terme. Et puis chez Plim, ils font des serviettes de toutes les couleurs, avec des fleu-fleurs, des rayures, des papillons, des pois... Bref, il y en a pour tous les goûts. Si ça vous intrigue, vous pouvez cliquer .

• • •

Et pour finir, voici quelques phrases qu'on a notées parce qu'elles illustrent bien notre mode de vie.

À Cracovie, Lena reçoit un sms en Polonais sur son téléphone.

Vivien : Tiens, je crois qu'Andrzej t'a envoyé une suite aléatoire de consonnes.

Dans les forêts marécageuses des Karkonosze.

Lena : Tu fais pipi ?

Vivien : Non, je cherche des plantes carnivores.

Après deux jours sans douche.

Lena : Tu ne sens pas comment je pue ?

Vivien : Non, je dois être habitué.

Au petit déjeuner, après une nuit en camping sauvage.

Lena : T'as vu ? Les bananes ont gelé cette nuit.

Vivien : Oui, j'ai vu, le pain aussi.

Vivien qui fait sa lessive.

Ah, l'eau est déjà moins marron là.

QU'EST-CE QU'ON PENSE DE LA FRANCE À L'ÉTRANGER ?

On entend un peu la même chose partout. Voici un petit résumé de ce qu'on a entendu : La France, c'est chic, il y a la mode et la gastronomie. Les voitures françaises sont choupies mais c'est de la merde. Il y a plein de musulmans et on est lâches parce qu'on les laisse rentrer chez nous alors qu'ils font des attentats et mettent en danger nos valeurs religieuses. La France c'est pas top en ce moment, c'était mieux avant. Les Français sont chauvains et ne veulent pas faire l'effort de parler anglais en général. Le pays est magnifique.

Globalement les gens aiment bien les Français mais les prennent un peu pour des cons à cause du président et des hommes politiques en général. On est lâches et peureux parce qu'on a laissé les Allemands nous envahir en 40, et on laisse rentrer tous les migrants aujourd'hui. On boit du vin à chaque repas et on est tous spécialisés en oenologie. En France, la moitié de la population porte un béret au quotidien et un T-shirt à rayures bleu marine et blanches.

Voilà les préjugés sur la France chez nos voisins Européens.

Ah, j'oubliais. Pour nous faire plaisir, quand on arrive quelque part, on nous met parfois Zaz, Indila et Louane. C'est le genre de chansons qui s'exporte le mieux apparemment.

Voilà, l'article est enfin fini. On espère avoir répondu aux questions que vous nous posez souvent. Si vous en avez d'autres, n'hésitez pas. Et promis, on n'écrira pas un article aussi long pour y répondre.

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Publié le 3 janvier 2017

Petite parenthèse en passant :

Ouiii ! Maintenant on peut légender les photos une par une ! Youpiii !

Mon genou ayant décidé qu'il serait prêt à repartir, le 13 novembre, on a décidé de partir pour le lac de Bled.

Niko a demandé à Nika, une couchsurfeuse qui était chez lui en même temps que nous, si elle pouvait nous prendre dans sa voiture jusqu'à chez elle, à Kranj, et nous héberger par la même occasion. Nika s'est arrangée pour que ses parents nous acceptent dans la maison, et le lendemain, on a pris un bus pour Bled, qui se situe juste à côté.

On est resté seulement une heure dans la ville donc c'était une visite expresse "à la japonaise".

Kranj, le centre ville
Kranj, l'église
Kranj

Bled, c'est une villounette avec un lac au milieu, et au milieu du lac, il y a une petite île, et sur l'île, il y a une église. Mais nous on n'est pas allé sur l'île parce qu'on n'avait pas assez d'argent pour le bateau, et vu qu'il ne faisait pas plus de 3°C, on a préféré ne pas y aller à la nage.

D'ailleurs, en Slovénie, sur chaque petit sommet inaccessible, il y a une église ou un château. Et des des petits sommets inaccessibles, il y en a un paquet.

On était super content d'être à Bled (qui est effectivement un bled). On était de nouveau sur la route après notre long arrêt à Celje.

La première nuit, on a décidé de dormir à l'hostel. En marchant autour du lac, on a vu qu'il y avait un camping fermé pour l'hiver, alors on a décidé d'y dormir la deuxième nuit, et de revenir à l'hostel la troisième nuit. Comme ça, on a pu avoir une douche et manger chaud chaque jour et économiser un peu. Dans le camping, en arrivant, on est passé devant une caméra allumée et on s'est demandé si quelqu'un viendrait nous dire de partir. Et après on a pensé que si des gens nous voyaient, ils auraient plus pitié qu'autre chose, vu la température. D'ailleurs, cette nuit-là, j'ai eu un peu froid aux pieds.

La nuit, j'ai été réveillée par du bruit. J'ai entendu une voiture rouler très vite devant le camping, piler, les portes ont claqué, il y a eu des bruits de paquets jetés, et la voiture est repartie aussitôt. Moi, pas réveillée et toujours pleine d'imagination, je me suis imaginée qu'un Slovène pas clair était en train de jeter deux cadavres devant la tente. Dans la réalité, la voiture s'est arrêtée sur une route le long du camping. Mais bon, on ne saura jamais quel genre de paquets il a jetés ce Slovène pas clair, au milieu de la nuit.

Pendant qu'on remballait la tente le matin, on a vu un type qui contrôlait l'état des sanitaires dans le camping. Il nous a longuement regardé, et puis il est parti. Je pense qu'il s'est demandé pourquoi on avait dormi dehors alors que les flaques d'eau étaient gelées autour de nous. Pour lui, ce serait sûrement une bonne histoire à raconter à sa femme le soir en rentrant à la maison.

Bled
Bled, une maison abandonnée au bord du lac
Bled, le lac entouré par les montagnes
Bled, la petite île du lac
Bled, le camping désert
Le dortoir dans l'hostel de Bled
Bled 

De Bled, on est allé au lac de Bohinj en stop. C'était encore plus beau que Bled. Le lac est plus grand, et il est entouré des montagnes enneigées du Triglav. On a vraiment aimé cet endroit. Par contre, mon genou, il a pas trop aimé.

Le Triglav, c'est LA montagne de Slovénie. Elle est sur les pièces de 50 centimes d'euro, sur le drapeau, et sur couchsurfing, 2 hôtes sur 3 posent avec le Triglav en arrière-plan pour leur photo de profil. D'ailleurs, dans leur profil, ils ont tous comme hobby la randonnée ou l'escalade. La montagne, ça fait partie de l'identité slovène.

Le sentier autour du lac
Le lit asseché d'une rivière
Le cygne qui habite au bout du lac
S'il faisait un peu plus chaud, on s'y baignerait bien
Le lac de Bohin

On est aussi allé voir les gorges de Vintgar, pas loin de Bled. Ce sont des gorges où coule une rivière turquoise. C'est beaucoup plus beau en vrai que sur les photos évidemment. Sur le chemin, on est allé dire bonjour à des vaches dans un pré. Ce qui est cool avec les vaches, c'est qu'elles sont toujours dispo pour rencontrer des gens. Il suffit de s'approcher un peu et elles accourent toutes, impatientes de voir à qui appartiennent ces nouvelles têtes.

Une vache qui nous a fait une grimace
Les gorges de Vintgar 

Le 17 novembre, on est parti en stop à Ljubljana, et de Ljubljana, on a pris un Prevoz (sorte de BlablaCar Slovène) pour Koper, une ville de la côte, prêt de la frontière italienne. Après les montagnes enneigées de Bled et de Bohinj, c'était vraiment dépaysant. Les palmiers dans les rues, les ruelles étroites, les pizzas dans les boulangeries et les 10° en plus nous ont fait sentir qu'on approchait de l'Italie. En plus, les publicités et les panneaux de signalisation sont ecrits à la fois en slovène et en italien.

On a goûté des baklavas, des pâtisseries pleines de gras et de sucre, et nous sommes tombés d'accord sur le fait que celles de Koper sont une tuerie. Comme dirait Marie, "J'en mangerais sur la tête d'un pouilleux."

On a vu des affiches pour la fête du kaki, alors j'étais super contente parce que les kakis, j'adore ça !!! On est arrivé dans la région du kaki pendant la saison du kaki. On a appris qu'il y en avait plusieurs sortes, c'était passionnant.

On a dormi une nuit en couchsurfing chez Gašper, et 2 autres dans la caravane de Gregor. Gregor, c'est un mec qui a voyagé dans le monde entier grâce au couchsurfing, alors il a décidé d'aménager une caravane dans son jardin ouvrier pour les couchsurfers. À l'intérieur, il y a des cartes de la ville, le règlement intérieur de la caravane, des couvertures et des bougies. Oui, parce qu'il n'y a ni électricité, ni eau sur le terrain. Dans la caravane, il y avait aussi des cagettes de kakis qui finissaient sagement de mûrir, et dehors, il y avait des arbres à kakis. D'ailleurs, ça s'appelle des plaqueminiers (info passionnante du jour).

Comme mon genou redonnait des signes de mécontentement, on a décidé de chercher un moyen de se stabiliser pour au moins deux semaines. Du coup, on a pensé au WWOOFing. Le principe du WWOFing (World-Wide Opportunities on Organic Farms), c'est d'aider dans une ferme, et d'être nourri et logé en échange. Sur le site, la plupart des personnes qui demandent des Wwoofers sont des végétariens ou des vegans qui veulent arriver à devenir des fermes autosuffisantes, ils aiment souvent la méditation, le yoga et les remèdes ayurvédiques. Mais il y a aussi des propriétaires de fermes plus conventionnelles, des propriétaires de ranch ou de fermes pédagogiques.

On comptait tester le WWOOFing plutôt vers la fin de notre voyage, mais avec mon genou, il fallait trouver un moyen de se stabiliser sans se ruiner. Pour attendre les réponses sur internet, on s'est dit qu'il fallait un logement pas cher avec une douche, donc on est parti de la caravane et on est allé s'installer dans un camping ouvert à Lucija, à quelques kilomètres de Koper.

La fête du kaki !
La caravane de Gregor
Vivien qui grimpe sur un arbre
Koper 

Par la même occasion, on est allé visiter Piran, une très jolie ville (où il y a de la glace à la noisette).

Atterrissage de pigeon
Piran 

À Lucija, on s'est promené autour des salines. C'était vraiment incroyable de voir pousser des grenadiers, des cactus et des oliviers alors que quelques jours avant, à Bled, il n'y avait presque plus aucune feuille sur les arbres.

On a trouvé un billet de 5€ égaré, on était très content. D'habitude on ne trouve que des centimes, ou des pièces étrangères. On a trouvé un rouble, un cent américain, des couronnes dannoises... On donne ces pièces aux musiciens dans les rues parce qu'on ne sait pas trop quoi en faire, ça pèse trop lourd.

Dans le camping, le soir, j'ai posé mon pantalon de pluie sur un banc, près de la tente, et puis quand je suis revenue de la douche, il n'y était plus. Quelqu'un a dû passer par là et se l'approprier. Alors c'était pas super cool, parce que mon pantalon, il avait quand même coûté la modique somme de 300€, et puis pour en trouver un autre du même type, il fallait aller sur internet. Mais comme on savait pertinemment qu'on perdrait des choses pendant le voyage, on s'est dit qu'on ne laisserait plus traîner nos affaires parce que non, nous ne sommes pas entourés de Bisounours bienveillants, et on s'est dit que ce n'était pas un drame, qu'on en commanderait un sur internet quand on aurait une adresse en WWOOFing, un moins cher et plus léger. Rose à paillettes si possible pour égayer tout ça.

Un petit crabe bien camouflé
Les salines
Une mante religieuse planquée dans du romarain
Lucija 

L'attente des réponses pour le WWOOFing n'était pas un moment super agréable parce qu'attendre dans l'incertitude n'est jamais très agréable, et puis il a plu 2 jours de suite (en camping c'est moyen) et je me suis fait voler mon pantalon. Et surtout, j'étais de très mauvaise humeur parce que j'avais la sensation que mon mal de genou allait faire foirer tout le voyage. Je me sentais vraiment coupable et Vivien a eu du mal à me remettre d'applomb. Finalement, il a fini par me rappeller qu'avant de partir, on avait pensé que l'un de nous pourrait se blesser ou en avoir marre, et qu'on s'était préparé à la possibilité de s'immobiliser, de changer d'itinéraire, voire même de rentrer. Et il m'a aussi dit que de toute manière, s'arrêter au chaud pendant un morceau de l'hiver n'était pas forcément un mal. Donc j'ai arrêté de faire la gueule.

Une dame dans une ferme avec des chevaux nous a répondu, en nous disant qu'elle ne pouvait accueillir qu'un seul WWOOFeur, parce que c'était trop juste financièrement et qu'elle ne pouvait pas nourrir deux personnes. On a réfléchi et on lui a proposé de payer 10€ par jour pour la nourriture, comme ça on avait un toit au chaud pas cher, elle avait de l'aide dans sa ferme, et tout le monde il était content. On a choisi cette solution, parce que dans notre zone de recherche, soit les gens ne pouvaient loger qu'une seule personne, soit ils n'avaient pas besoin de WWOOFeurs pour l'hiver.

Donc on a re-traversé la Slovénie en Prevoz pour retourner à l'est, à 20 min de Maribor, dans la cambrousse. On a dit au revoir aux cactus et aux oliviers de Lucija et on est revenu dans des températures négatives.

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Petit apparte sur la Slovénie

On nous a dit que beaucoup de gens confondaient la Slovaquie avec la Slovénie. Avant le voyage, on faisait d'ailleurs partie de ces gens.

Ça énerve les Slovènes, ce que je comprends. Moi, si on me qualifiait de Slovaque, je n'apprécirais pas trop (je rigole, on a rencontré des Slovaques super sympas en couchsurfing et en stop).

En meme temps, ils le font un peu exprès ! Les deux pays sont assez proches géographiquememt, ils ont quasiment le meme nom (a quelques lettres près), et leurs drapeaux sont quand même hyper ressemblants. Pas étonnant ensuite, que lors des Jeux Olympiques, le mauvais drapeau soit hissé lors de la remise des médailles, ou que pendant le championnat international de handball, le mauvais nom de pays soit affiché dans la salle.

Slovaquie/Slovénie 
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La propriété de Lucija 

Les quelques jours qu'on a passés en tant que fermiers n'étaient pas agréables, non pas à cause du travail qu'on devait faire, mais à cause de la personnalité de la propriétaire. On va vous éviter un récit trop long et trop détaillé ; surtout qu'on n'a vraiment pas envie de perdre du temps à écrire sur ce sujet. C'est aussi pour cette raison qu'on publie l'article presque 2 mois après. Mais on va quand même vous raconter rapidement comment ça s'est passé, en essayant de retranscrire le côté burlesque de la situation.

La propriétaire de la ferme s'appelait Lucija, elle avait des cheveux en pétard couleur rouille, la cinquantaine et un dynamisme hors du commun. Elle nous a montré sa grande ferme dans laquelle il y a des écuries, une petite chappelle, et quelques bâtiments. C'était vraiment très beau comme endroit, mais il y avait encore beaucoup, beaucoup de travaux à faire. Elle nous a dit que la propriété venait juste d'être classée monument historique, et que du coup c'était compliqué, parce que pour faire les travaux, il y avait un cahier des charges très strict, impossible à respecter sans dépenser des milliers d'euros.

La petite chapelle près de la ferme
La maison
Le logement AirBnB
L'ancienne écurie
La nouvel'e écurie

Lucija avait besoin qu'on s'occupe des boxes des six chevaux et du poêle à bois. Il fallait aussi nourrir les 6 chats, les deux énormes cochons et les 13 poules ; et faire un grand ménage dans la maison parce que Lucija était débordée et elle n'avait plus le temps de s'occuper de son intérieur.

Ceridwen et son ami Jaka le cochon
Concerto qui veut goûter au téléphone de Vivien
Archibald qui fait sécher un torchon
Archibald et son pote
Goldy
Schtroumpfette la truie et Viva la chienne
Les animaux 

En gros, la charge de travail n'était pas énorme ; on avait déjà connu des journées bien plus chargées en boulangerie-patisserie. Alors on s'est dit qu'on pourrait passer trois semaines tranquillement ici.

Malheureusement, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour se rende compte que Lucija était malpolie, désagréable et aussi manipulatrice.

Elle nous avait dit que chez elle c'était cool, qu'on aurait deux jours libres par semaine, et qu'on pouvait manger quand on voulait ce qu'on voulait.

Sauf que dans les faits, toutes ces promesses de sont vite envolées. Pour déjeuner, il fallait attendre jusque tard dans l'après-midi, parfois jusqu'à 17h. Et pour les jours de repos, elle nous a tellement fait culpabiliser quand on lui a demandé notre première journée off, qu'on a préféré ne pas demander la deuxième pour éviter d'entendre le même discours. Certes, le travail ne prenait pas toute la journée, mais Lucija avait oublié de préciser qu'il fallait être prêt à bondir de notre chaise à tout moment pour la suivre quand il y avait quelque chose à faire, de 7h30 du matin à 23h. Donc on n'avait jamais de vrais moments de repos. Pourtant, on lui avait proposé d'effectuer plein de tâches et de planifier nos journées à l'avance. Mais on s'est vite rendu compte qu'elle n'avait aucune organisation et qu'elle faisait un peu n'importe quoi, autant avec son temps qu'avec son argent, et surtout, qu'elle était vraiment dans la mouise. Et c'est sûrement cette situation qui la rendait si désagréable.

D'après ce qu'on a réussi à savoir, il y a quelques années, quand elle était prof d'économie, elle avait acheté cette propriété pour la restaurer avec son mari. Mais depuis, les choses n'allaient plus si bien ; ils s'étaient séparés et elle avait quitté son job sur un coup de tête parce qu'elle n'avait plus le temps de s'occuper de ses chevaux.

Le problème, c'est qu'avec le temps, je pense qu'elle a oublié ses compétences dans le domaine de l'économie. Au moment où nous sommes arrivés dans sa ferme, elle avait 2000€ de crédit à payer par mois alors que la location des boxes ne lui rapportait pas plus de 600€.

Et au lieu de vendre la propriété ou de chercher activement du travail, elle passait son temps à faire de la dentelle sur des cravates pour en tirer 40€ pièce, ou à vendre des boites d'œufs à domicile pour 2€.

Je pense qu'elle consacrait tout son temps à ses cravates et à ses œufs parce que ça lui procurait l'illusion gratifiante d'avoir gagné de l'argent. Sauf que quand on a 2000€ de crédit, déjà, on réfléchit à deux fois avant de démissionner, et on ne s'amuse pas à peindre des cravates dans sa chambre. Et surtout, on ne dépense pas de l'argent dans des bouteilles de vin, des légumes qu'on laisse moisir dans sa cave ou des lampadaires pour le jardin.

Son raisonnement allait assez loin dans le ridicule. Un soir, on avait fait de la brioche (on lui avait proposé avant et elle avait trouvé l'idée géniale) et elle nous a froidement interdit d'en refaire une deuxième, en nous expliquant qu'elle avait à tout prix besoin de vendre ses oeufs. En disant explicitement au passage qu'on lui coûtait trop chère en nourriture. Et le soir même, elle revenait du supermarché où elle avait acheté un gâteau style brioche beaucoup plus cher que les 3 œufs dont on avait besoin.

Bref, on regrettait déjà d'être venu ici et de s'être inscrit (en payant) sur le site de Wwoofindependant pour l'occasion.

En fait, Lucija avait investi tellement d'énergie et d'argent dans cette ferme qu'elle ne voulait la perdre pour rien au monde. Sauf qu'elle faisait tout pour éviter de voir la réalité. Parce que concrètement, elle avait la cinquantaine, elle était endettée jusqu'au cou et sa ferme était à moitié en ruine.

La façon dont elle percevait les choses nous a fait penser à cette vidéo de la chaîne Sciences Étonnantes a propos du fonctionnement de notre cerveau. Ça nous explique que le cerveau donne plus de valeur aux choses qu'on possède qu'elle n'en ont en réalité. En gros, Lucija pense que sa ferme est un trésor inestimable, mais si elle ne l'avait pas et qu'elle devait acheter la même, elle ne lui accorderait plus du tout la même valeur. Et ça marche pour vous comme pour moi. Par exemple, si un vendeur de voiture vous fait essayer un modèle : en revenant de votre balade, vous aurez l'impression que c'est déja votre voiture, alors vous trouverez qu'elle a plus de valeur. Et hop, le vendeur peut vous la vendre à un bon prix, vous accepterez plus facilement : )

Mais revenons à notre histoire de ferme.

Donc malgré la situation, Lucjia n'envisageait pas du tout de la vendre. Elle préférait se plaindre des injustices dont elle était victime, en accusant les hommes politiques de son pays.

Et elle nous exposait souvent ses rêves de gagner à la loterie, ou de trouver un millionnaire qui voudrait bien partager sa vie avec elle.

Sinon, elle pensait aussi étaler encore plus son crédit, alors qu'il courait déjà sur 20 ans (moi, si j'étais son banquier, je trouverais son dossier un peu fragile).

Ça nous faisait de la peine de voir à quel point des gens peuvent se mettre à tel point en danger. On trouvait la situation si alarmante qu'on a même passé notre "temps libre" à réfléchir à quand on rentrerait. Ça nous a donné envie d'éviter de faire les mêmes erreurs, même si on sait bien qu'on ne choisit pas toujours tout dans la vie. On s'est renseigné sur le prix d'une maison, sur le marché immobilier et on a fait des estimations du nombre d'années qu'il nous faudrait pour économiser.

Comme Lucija parlait sans écouter, on devait se comporter avec elle comme avec un enfant. On ne devait pas lui révéler que le Père Noël n'existe pas. On faisait semblant de l'aider à remonter la pente. Alors qu'en fait, Vivien nourrissait les animaux en se demandant où ils iraient après la saisie des biens ; et moi je lavais les carreaux pour le commissaire priseur.

On avait du mal à supporter son caractère et on voulait partir au plus vite. Sauf qu'on avait commandé un nouveau pantalon de pluie à son adresse, donc on devait prendre notre mal en patience.

Et puis un matin, Lucija a débarqué dans la cuisine en faisant un scandale, alors on a décidé de partir. Pendant le petit déjeuner, elle est arrivée avec une tête de folle, et elle a dit : "Vous avez fait une chose terrible, je suis si en colère !"

On se demandait bien ce que ça pouvait être. Je me suis dit qu'on avait mal fermé une porte et que ça avait refroidi la maison, ou alors que j'avais touché un truc qu'il ne fallait pas en nettoyant. Mais non. C'était bien plus grave que ça.

"Vous avez ouvert ce pot de moutarde !" s'est-elle ecrié en brandissant un petit pot de moutarde française au noix périmée depuis un mois. "Vous n'avez pas assez d'argent pour repayer ça, cette moutarde avait une valeur sentimentale énorme pour moi, c'etait un cadeau !!!"

On a essayé de s'excuser mais elle nous a coupé net en disant. "C'est assez, plus un mot !" Et elle est théâtralement repartie dans sa chambre pour faire de la dentelle.

Il était hors de question qu'on reste une journée de plus chez cette vieille folle (on sait qu'il ne faut pas dire ça de quelqu'un, mais on vous livre quand même notre ressenti). On voulait lui répondre ce qu'on pensait de son comportement, parce que c'était quand même la première personne qui avait réussi à nous énerver depuis notre départ. Sauf qu'on ne voulait pas que ça s'envenime. On avait un colis qui devait arriver chez elle ; et on la croyait capable de nous mettre des bâtons dans les roues.

Donc avant de discuter (de toute façon on n'avait plus le droit de parler) et de partir définitivement, on a pris nos précautions pour éviter les problèmes. On est parti se balader l'air de rien pour aller à la poste et détourner notre colis. C'était compliqué, mais la postière était tellement efficace qu'elle a contacté la compagnie en charge de notre colis, et a réussi à le faire arriver le lendemain dans son bureau.

Donc on est rentré à la ferme, on a pris nos sacs, et on a dit à Lucija qu'on partait. Comme elle parle sans écouter les gens, la conversation qu'on a essayé d'avoir avec elle s'est vite transformée en suite de phrases sans réelle cohérence. Un mix entre du Beckett et du Tchekhov. Ça devenait tellement mélodramatique qu'on est sorti.

Un graffiti qui nous a fait sourire quand on est parti de la ferme 

On était super content de partir et de laisser Lucija gérer ses affaires toute seule comme une grande. On a passé la soirée à la pizzeria du village, et on est allé camper derrière la poste dans un champ. On était aussi heureux qu'un tolard emprisonné suite à une erreur judiciaire qui retrouve soudainement la liberté. Le lendemain après-midi, le livreur nous a enfin apporté notre colis. On avait l'air tellement heureux que la postière nous a fait un câlin et nous a donné des bonbons.

On a sauté dans un bus pour Maribor et on a eu notre Prevoz pour Koper à une minute près. Après 13 jours chez Lucja, on avait qu'une envie, aller en Italie.


J'ai mon nouveau pantalon !!!