Carnet de voyage

Le Long Voyage en Europe de Lena et Vivien

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Un voyage d'un an en Europe, à pieds, en stop, en bus et en train.
Août 2016
40 semaines
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Publié le 1er août 2016

On a fini nos contrats de boulangerie-pâtisserie en même temps, alors on a décidé de partir un an en voyage avant d'être trop vieux et trop flemmards pour le faire. Il y a tellement de gens qui nous disent "J'aurais tellement aimé faire un voyage comme ça dans ma jeunesse !", qu'on se dit que c'est maintenant ou jamais. Si on ne part pas maintenant, on va finir par avoir de bonnes excuses pour repousser encore et encore le voyage. Un boulot, des enfants, une maison, ou je sais pas trop quoi dans le même genre.

Après avoir pensé faire une virée en Amérique latine ou faire le tour de la Méditerranée, on a décidé d'aller déjà voir comment c'était pas loin de chez nous, en Europe. Parce que le billet d'avion pour aller en Amérique latine, c'est pas donné, et parce qu'autour de la Méditerranée, en ce moment, c'est un peu mouvementé.

Alors voilà, on va en Pologne, en Ukraine, en Slovaquie, en République Tchèque, en Autriche, en Slovénie, en Italie, en Croatie, et en Roumanie. Bien sûr, on a pensé à un itinéraire, mais rien n'est arrêté, on avancera selon l'envie, l'état de nos pieds, et les conseils des gens que l'on rencontrera. Donc notre trajet ressemblera globalement à ça :

Les lignes en bleu représentent les trajets en bus, train, ferry et stop, les lignes en rouge représentent les trajets à pieds, et sur le coté gauche, dans le menu, il y a les trajets avec les dates prévues.


On part avec notre tente et nos sacs à dos. On dormira dans des campings, en mode camping sauvage, mais aussi parfois dans des hôtels, des auberges de jeunesse, ou chez l'habitant. Alors si par hasard vous connaissez des gens qui pourraient nous accueillir, on est preneurs ! On part en stop autour du 15-20 août, direction Berlin.

On a tous les deux des forfaits téléphoniques sympas (Free est notre ami), donc on pourra toujours vous envoyer des SMS ou vous appeler sans que ça nous coûte un bras ou une jambe.

Par contre, même si maintenant on a des super téléphones magiques, on ne passera pas notre vie sur internet, on squattera juste les réseaux wi-fi qu'on trouvera par-ci par-là, et on ira de temps en temps dans des cybercafés.

Voilà, vous savez tout, ou presque. Nous, on n'a plus qu'à partir.

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Publié le 3 juillet 2016

Nous avons mis un an à réunir tout le matériel dont nous avions besoin. Déjà, il fallait des sous, parce que le matériel léger, c'est tout de même hors de prix. Jamais nous n'aurions pensé mettre un jour 89€ dans une gourde, et pourtant... nous l'avons fait.

Ça a été une véritable quête. Nous avons cherché des conseils sur internet, et là, il a fallu faire du tri. Il y a ceux qui coupent le manche de leur brosse à dents pour gagner 3g, qui s'insurgent quand on leur parle de serviette ultra-légère en disant que les serpillières pour laver le sol, y a qu'ça d'vrai, et qui ne prennent pas de dentifrice ; après tout, le principal dans le lavage de dents, c'est l'action mécanique. Ceux-là se rasent parfois le crâne avant de partir (ça évite d'aller chez le coiffeur trop souvent) et ne voyagent pas souvent en couple. Si vous regardez cette vidéo de Mr. Bean, vous aurez un aperçu de cette catégorie de randonneurs.

Bon, je me moque un petit peu, mais sans cette catégorie de gens ultra-minimalistes qui voyagent ultra-léger, on n'aurait jamais eu autant d'infos sur le matériel. En fait, ils partagent leurs infos sur un forum, http://www.randonner-leger.org/forum/ ; et sur ce forum, on peut vraiment trouver de tout. Certains achètent plusieurs sacs de couchage et les testent la nuit sur leur balcon quand il neige, d'autres encore vont jusqu'à essayer de casser leur bâtons de randonnée pour voir s'ils sont vraiment solides. Donc globalement, si vous voulez une info précise sur un produit, il est fort probable que quelqu'un ait testé ce produit pour vous. Donc je remercie tous ces gens qui contribuent chaque jour à ce forum, parfois dans le froid et la douleur. Chers MUL (Marcheurs Ultra-Légers, c'est ainsi qu'ils se nomment entre eux), sans vous, tout serait un petit peu plus lourd.

Mais il y a une autre catégorie de randonneurs ; il s'agit de ceux qui emportent un baladeur MP3, du mascara, du rouge à lèvres, du fond de teint, de l'autobronzant, un trépied pour appareil photo et... un recourbe-cils (je n'invente rien). Ceux-là peuvent avoir des porteurs, et marchent généralement sur de courtes durées.

Donc nous, dans tout ça, on a dû trouver le juste milieu, et ça n'a pas été une mince affaire ! Il a fallu comparer les caractéristiques de chaque objet sur des dizaines de sites, essayer de se faire un avis entre Lucy qui a trouvé sa brassière Icebreaker génialissime lors de son séjour au Groenland et Sparky99 qui dit qu'elle est very disappointed et que la previous version était mieux. On a donc dû tester l'étanchéité des sacs de rangement dans le lavabo, s'extasier devant une doudoune pour finalement en acheter une autre, passer des heures chez le Vieux Campeur pour finalement ressortir sans n'avoir rien acheté, et tout ça à l'aide de notre fidèle alliée, la balance de cuisine, qui a d'ailleurs tellement servi qu'elle m'a lâché quelques jours avant le jour du CAP de pâtisserie.

Donc si jamais vous avez besoin d'infos sur les réchauds, les chaussettes, les tentes, les bâtons de marche, les sacs à dos, les gourdes, les matelas, le shampoing solide, le dentifrice en poudre ou les serviettes ultra-légères, n'hésitez pas, on commence à avoir quelques notions !

En ce qui concerne nos magasins et nos marques préférés :

  • www.arklight-design.com/ Propose peu de produits mais ne propose que des bons produits. Le paradis des MUL
  • Icebreaker - Produits en laine de mouton Mérino. Marque néo-zélandaise
  • Woolpower - Produits pas toujours sexy mais tellement chauds en laine de mouton Mérino. Marque suédoise
  • Cumulus - Des sacs de couchage pour dormir dans les endroits où il fait froid. Très froid. Marque polonaise
  • Montane - Des vêtements de montagne. Marque britannique
  • Le Vieux Campeur - Paris
  • Décathlon
Sac de Vivien : 16kg. Sac de Lena : 13kg.
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Publié le 9 août 2016

Si je ne devais vous conseiller qu'un seul bouquin, ce serait La Bible du grand voyageur chez Lonely Planet. C'est ultra-complet, c'est écrit par 3 baroudeurs, et ça parle de tout. Ça parle du budget moyen journalier, des assurances voyages, en passant par le réglage du sac à dos et la sécurité sociale pour les expatriés.

Sinon, Randos autour de monde (toujours chez Lonely Planet) nous a donné quelques pistes d'itinéraires à suivre, et 1001 Randonnées qu'il faut avoir faites dans sa vie (Flammarion) nous a vraiment aidés à construire notre itinéraire.

Ah, et j'oubliais, Sans un sous en poche, de Benjamin Lesage. C'est très enrichissant comme histoire, mais je n'irai pas jusqu'à faire pareil. Je l'ai, alors si ça intéresse quelqu'un, c'est maintenant ou dans un an.

Et bien sûr, les photos magnifiques de Géo nous ont donné envie d'aller dans des coins auxquels on n'aurait pas pensé.





Voici les sites des voyageurs qui nous ont donné des idées et qui nous ont inspiré :

Un site tout plein d'idées :http://www.globe-trotting.com/

Une femme qui marche depuis 5 ans : http://piedslibres.com/

Infos générales sur le Roumanie :http://www.altituderando.com/+-Roumanie-+

Tifaine et Hervé, deux Suisses amoureux du voyage : https://1monde1backpack.com/

Clo et Clem, deux passionnés du voyage qui filment leurs aventures : http://untoursurterre.fr/clo-clem/

Tatiana et Romain, deux voyageurs qui aiment manger (comme nous) : http://vadrouille-et-tambouille.com/

Amandine et François, un couple qui a déjà pas mal vadrouillé : https://www.unsacsurledos.com/aland-la-finlande-les-pieds-dans-leau/

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Le 19 septembre, on est partis de Reims. Avant de partir, on est allés voir Nicolas, qui vient d'ouvrir sa boulangerie rue Jean-Jaurès, la Pétrie, histoire d'avoir une bonne baguette dans le sac à dos.

Durant notre périple en stop, on a rencontré plein de gens super sympas. Un maçon nous a montré La Main de Massiges, un site où il y avait des tranchées pendant la Première Guerre Mondiale. Des gens ont retrouvé les cartes précises des lieux, et ils sont en train de faire des fouilles et de reconstruire les tranchées d'origine. Ce n'est pas un musée, mais c'est super bien fait, et même moi qui n'ai jamais développé de passion incontrôlable pour la Première Guerre Mondiale, ça m'a plu.

La Main de Massiges

Notre patience pour faire du stop a varié selon les moments, la fréquence de passage des voitures et la quantité de soleil qui nous arrivait dessus. Ça nous est arrivé de désespérer, mais on a toujours fini par trouver une solution. Une fois, on devait trouver un endroit pour dormir et on était sur une aire d'autoroute près de Nuremberg. On a marché un peu et on a monté la tente à l'orée d'un bois. On a croisé personne, mis à part trois biches et un renard. C'était génial. Et on ne s'est même pas fait manger par un ours. Donc si, le stop longue distance, c'est possible, il suffit juste de ne pas être pressé.

Notre campement derrière l'aire d'autoroute à côté de Nuremberg

On est arrivés en Pologne le 4ème jour. On a fait un tour dans Wrocław, c'était vraiment sympa. C'est une ville très jolie et très agréable, c'est une ville qui bouge. Là-bas, on a rencontré deux Français, Jean-Christophe et Oussama, et une ribambelle d'Ukrainiens, dont Władek, Artem et Mikhail. On a bu une bière avec eux et on s'est baladés dans Wrocław, à la recherche des nains cachés un peu partout dans la ville, en attendant notre car pour Gdańsk, qui partait à 5h du matin.

Wrocław !
Départ à 5h du matin pour 8h de car
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Arrivés à Gdańsk, le 24 août, on est partis à Sopot chez mes grands-parents. On s'est baignés dans la Baltique et après on est partis direction Bojano, chez Ewa, ma marraine.

Gdańsk, Sopot, Bojano

Après, on a pris le train direction les Mazury, la région des lacs. On a du s'arrêter àIława parce que des contrôleurs sont montés dans le train et on n'était pas tout à fait en règle avec notre billet. Là-bas, il y avait un lac, on s'est baignés, c'était sympa. Le lendemain, on a repris la route direction les Mazury. On a dormi à Giżycko, à quelques mètres du lac, sur le port. Le lendemain, on a décidé d'aller à Mikołajki à pied. On a dû s'arrêter avant pour dormir, encore à quelques mètres d'un lac. Comme il n'y avait pas d'eau courante et que nos gourdes étaient presque vides, on a essayé notre filtre à eau avec l'eau du lac, et on n'est même pas morts. Le filtre à eau, c'est chouette. Le jour suivant, on est arrivés à Mikolajki, et comme on ne savait pas où dormir, on s'est frayé un passage au milieu des hautes herbes dans un parc, et on a planté la tente là, comme des sauvages.

Les Mazury
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Publié le 22 septembre 2016

Des Mazury, on est partis en stop à Białystok, et de là, on a pris un bus pour Białowieża. C'est une réserve nationale, où la forêt reste telle qu'elle. Il est interdit d'y couper les arbres, ou de ramasser ceux qui tombent d'eux-mêmes. Seule une petite partie de la forêt est accessible au public. C'est donc une forêt pleine d'animaux sauvages ; dedans il y a des bisons, des écureuils, des loups, des lynxs, des chats sauvages, et surtout, surtout, il y a des moustiques. Et oui, c'est une forêt plutôt marécageuse. En se promenant, on a croisé tout plein d'écureuils, et à chaque fois qu'on les photographiait pendant trop longtemps, ils nous criaient dessus. On a croisé quelques dizaines de mulots aussi. bref, tous ces animaux n'étaient vraiment pas farouches.

Après notre balade dans la forêt, on est allés faire un tour dans la réserve d'animaux destinée au public. C'est un zoo en pleine forêt qui regroupe quelques spécimens des animaux qui vivent dans la forêt, et qui permet aux touristes de repartir de Białowieża avec une photo de bison.

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Publié le 22 septembre 2016

Le 2 septembre, on est partis de Bialowieża en stop pour aller en Littuanie. Comme quelqu'un nous avait dit que Vilnius c'était cool et comme on était vraiment à côté, on a decidé d'y aller, même si ce n'était pas prévu.


Plusieurs personnes nous ont pris en stop, mais celui qui nous a le plus marqué, c'est un vieux monsieur, qui suite a un accident de la route, avait deux jambes en bois. Il avait une voiture aménagée minuscule, mais on a quand même réussi à mettre nos gros sacs à l'intérieur. Sur le trajet, il a beaucoup parlé, et il nous a fait écouter de la musique traditionnelle croate à fond les ballons. Il était très heureux de pouvoir nous aider à voyager et on a même du l'arrêter un peu après la frontière littuanienne parce qu'il aurait été capable de nous amener jusqu'à Vilnius alors que ce n'était pas du tout sur son chemin. Il nous a dit qu'en Littuanie on payait encore en Lit, et comme nous on ne savait rien de la Littuanie, on l'a cru. On a découvert une fois sur place que les pays baltes étaient passés à l'euro.

Après encore un peu de stop, on a décidé de dormir à Elektrenai parce qu'il se faisait tard. On a cherché un endroit dans les fourrés pour planter la tente, et on est tombés sur une petite cabane en bois avec de la lumière à l'intérieur. On a frappé sur une boite de conserve plantée sur un baton, et un personnage pittoresque en marcel est sorti de la cabane. On a brandi un dessin de tente avec un point d'interrogation, et après une série de grands gestes et de mots en russe, il nous a indiqué qu'on était les bienvenus chez lui, et qu'ici, on serait en sécurité. Comme il avait l'air un peu étrange, on a un peu hésité, mais il avait l'air tellement enthousiaste qu'on a décidé de rester dans son terrain vague. Vivien est même allé faire un tour dans les toilettes, une petite cabane en bois avec un seau et du journal accroché au mur. Après le récit de son aventure, j'ai decidé de faire pipi dans l'herbe. On commençait à s'endormir quand on a entendu la femme de M. Marcel sortir de la cabane et parler fort. On s'est demandé si avec sa chandelle, elle n'allait pas mettre le feu à la tente, parce qu'elle n'avait pas l'air très contente. Finalement, deux minutes après, M. Marcel nous a appelés, on a ouvert la tente, et on a pu apercevoir M. Marcel sans marcel, accroupi avec sa bougie à la main, qui s'excusait de nous déranger si tardivement. Ils voulaient tout simplement deux cigarettes. mais Vivien leur a donné le paquet entier pour pouvoir dormir tranquillement. On s'est levés aux aurores et on est partis en stop à Vilnius.


La maison de M. Marcel

A Vilnius, on a dormi deux jours dans un hostel qui fait aussi camping, le Downtown Forest Hostel. Vilnius est une petite capitale tranquille toute propre et toute mignonnne, où on aimerait bien habiter s'il ne fallait pas apprendre le littuanien. On a beaucoup aimé les plats littuaniens aussi, qu'on a pu déguster chez Snekutis.

Vilnius

On s'est promenés dans l'étrange quartier d'Uzupis, qui est rempli de bizarreries.


Le quartier d'Uzupis a Vilnius

A Vilnius, on nous a conseillé d'aller à Riga, en Lettonie, alors comme on n'était pas loin, on a décidé d'y aller. On a un peu galéré à sortir de Vilnius, parce que faire du stop dans les villes, ce n'est jamais facile. Il nous a fallu deux jours pour y arriver. Sur le trajet, on a dormi pas loin de Panevegys, en pleine cambrousse. La nuit, j'ai eu peur qu'on se fasse piétiner par des sangliers parce quand on a monté la tente, on a vu plein de traces de passage de gibier.

On a preféré Vilnius à Riga. Riga une très belle ville, mais elle est plus moderne, moins mignonne, et plus chère. Et puis on y est restés moins longtemps. Peut-être qu'on a préferé Vilnius aussi parce que c'est la premiere ville des Etats Baltes qu'on a vue, on ne sait pas trop. En tout cas, c'est très joli et on dirait que la place du centre est fabriquée en pain d'épices.

EEt comme jamais deux sans trois, à Riga on nous a dit d'aller voir Tallinn, en Estonie, parce que c'est vraiment beau. Alors on s'est dit que maintenant qu'on était à Riga, ça ne nous coûtait rien d'y aller. Mart nous a pris en stop jusque chez lui, à Pärnu, la ville balnéaire la plus populaire d'Estonie. Il nous a proposé de dormir chez lui, et on en garde un bon souvenir. Mart est chef cuisinier dans son hôtel, Villa Wesset, alors on a eu droit à un délicieux dîner, qui nous changeait du poisson en boite qu'on mange habituellement.

Après la halte a Pärnu, on a repris la route pour Tallinn, cette fois avec Vallo et Marylise. On a dormi sur le canapé de Vallo, ça grinçait beaucoup, et on a pris une douche dans la cuisine de son petit appartement. Le lendemain matin, on a voulu lui acheter des bières pour le remercier, mais la vendeuse nous a expliqué qu'en Estonie, on n'a pas le droit d'acheter de l'alcool entre 22H et 10H. Du coup, Vallo a eu des M&M's. Tallinn est une ville très agréable et cosmopolite avec une importante communauté russe. Par contre, l'estonien est une langue difficile. On dirait un mix entre du hongrois, du finnois et du russe. Impossible à apprendre, quoi. Après Tallinn, on a décidé de ne pas continuer vers le nord, et on est sagement retournés en Pologne. On a pris le bus et ca nous a pris 24H. Heureusement, dans le bus on avait chacun une tablette, et on a pu faire mumuse et regarder une bonne poignée de films.

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Publié le 4 octobre 2016

On a enfin réussi à mettre la carte de notre périple à jour, maintenant les photos devraient s'afficher. En ce qui concerne les articles, on est plutôt lent à les éditer, et on le sait. Sans wifi, les photos ne chargent pas ou trop lentement, et le wifi, il n'y en a pas partout. Et quand on est au milieu de nulle part, on économise nos batteries de portable, et parfois, il n'y a pas de réseau du tout. Ou alors on a juste la flemme, parce qu'on doit trouver un lieu où dormir, monter la tente, trouver du bois, de l'eau, de la nourriture, faire à manger avec le réchaud, laver nos chaussettes, regarder ce qu'on fait le lendemain, faire fuir des animaux, et faire dodo. Mais on fait de notre mieux pour ne pas prendre trop de retard. Ah, et désolée pour les articles sans accents. C'est quand on tombe sur un PC avec un qwerty et qu'on n'arrive pas à le mettre en azerty. Voilà.


Après nos 24h de bus, on a fini par arriver à Cracovie le 11 septembre à minuit. Andrzej, mon ancien voisin de Cracovie, nous a prêté un appartement à louer et on a dormi deux nuits juste au-dessus de là où j'habitais quand j'étais en Erasmus.


Il a fait un temps magnifique, des gens bronzaient en maillot de bain sur les bords de la Vistule. On s'est promené dans Kazimierz, le quartier juif, dans le centre, et on est allés voir le château de Wawel. On n'a pas trop pris de photos parce que j'ai déjà mitraillé Cracovie quand j'étais en Erasmus, alors je n'avais pas trop envie de refaire des photos.

Cracovie

Le 12 septembre, vers 22h et des patates, on a pris le bus pour Lviv, en Ukraine. On pensait dormir toute la nuit dans le bus et se réveiller à Lviv au petit matin avec une pêche d'enfer, mais c'était sans compter sur le passage à la douane... C'était comme passer la frontière Allemagne-Pologne avant l'entrée de la Pologne dans l'espace Schengen, mais en pire. Attente d'une heure à la douane polonaise, vérification des passeports, attente d'une heure à la douane ukrainienne, re-vérification des passeports, et attente d'une heure entre les deux, pour le fun. Et pour faire durer le plaisir, la Madame de la douane ukrainienne, maquillée à la truelle et tout droit sortie d'un jeu vidéo avec des pin-up en treillis, a longuement vérifié si le Vivien du passeport était bien le même que le vrai Vivien.


On venait à peine de se rendormir quand le bus s'est arrêté à la gare de Lviv. Le jour n'était pas encore levé ; on est allés changer nos zlotys en hryvnia chez une dame qui dormait sur une chaise derrière son comptoir et on est partis chercher un hostel. Après avoir erré sans succès dans la ville, on s'est rabbatus sur l'hôtel Lviv, avec son décor KGB, son couvre-lit rose et son papier peint doré à fleurs.


Après une petite sieste, comme on avait une faim de loup, on est entrés dans le premier restaurant qu'on a trouvé. On voulait manger des pielemeni (raviolis ukrainiens à la viande), mais la dame nous a dit qu'on ne pouvait pas commander moins d'un kilo. Alors on a commandé un kilo. Moi qui disais qu'on ne mourrait pas de faim en Ukraine, je ne m'étais pas trompée. On a rejoint Oksana et Pavlov, deux Ukrainiens que Vivien avait rencontrés sur un jeu vidéo il y a 5 ans, et ils nous ont fait visiter la ville. Le lendemain, on a dormi dans un hostel, dans lequel j'ai pris ma première douche froide depuis qu'on est partis. Sur le formulaire à remplir pour dormir à l'hostel, on nous proposait d'essayer une kalashnikov AK-74 pour 49€, on a relu deux fois pour être sûrs d'avoir bien lu.

Lviv

À Lviv, on a vu du papier toilette avec la tête de Putin dessus, on a vu un maçon retaper une façade d'église avec un chapeau en papier journal en guise de casque de chantier, et on a vu la plus petite voiture du monde. On a assisté a plusieurs engueulades entre trams. Une fois, c'était parce qu'un conducteur avait arrêté son tram au milieu du carrefour pour aller s'acheter des cigarettes dans un kiosque alors qu'un autre voulait passer. On a aussi été dans un parc pour enfants ou tous les jeux étaient a l'effigie de La Vache qui Rit, et on est passés a côté d'une dame qui avait transformé son Renault Espace en épicerie. J'ai profité d'être a Lviv pour partir à la recherche de la maison où ma grand-mère a grandit (avant d'être une ville ukrainienne, Lviv, c'était polonais).

Lviv 

Le 15 septembre, on a pris un bus pour retourner en Pologne, à Przemyśl. C'était la première fois qu'on mettait un réveil depuis notre départ. Le passage de la frontière a été beaucoup plus folklorique qu'à l'aller, grâce à un groupe de 8 ou 9 Ukrainiens qui sont montés dans le bus un peu après Lviv. Parmi eux, il y avait une petite grand-mère, une dame tout en rondeurs, un monsieur au crâne dégarni, et quelques dames. M. Dégarni a sorti une quinzaine de paires de Nike et les a dispersées un peu partout dans le bus, Mme Rondeurs et les dames ont ouvert chacune un sac de 5 kg de bonbons au chocolat et ont commencé à en manger des quantités non concevables, et la grand-mère n'arrivait pas à choisir sa place. Elles ont aussi dispersé tout un tas de sacs de biscuits et de pommes dans le bus. On regardait cette petite troupe avec curiosité, quand M. Dégarni a ouvert une bouteille de rosé (il était 8h du matin) pour servir la moitié du bus dans des gobelets en plastique. Dans son élan, il a ouvert une autre bouteille, du blanc cette fois, et puis encore une autre de rouge. Avant la frontière, ils sont tous descendus pour acheter des cigarettes et de la vodka en duty free, et ils ont commencé à en mettre partout dans le bus et dans leurs vêtements. Mme Rondeurs et une de ses copines se sont déshabillées dans le bus pour cacher des cigarettes dans leurs jupons, des femmes enveloppaient des paquets de cigarettes dans des bas et les scratchaient sous les sièges. On a pris un peu de vodka pour eux dans nos bagages parce qu'ils nous faisaient un peu pitié. A la douane, on a dû tous descendre du bus avec nos bagages. Deux espèces de dragons polonais ont controlé nos passeports, et comme la bande de traffiquants voyait que les bagages allaient être fouillés et que ça sentait le roussi, ils ont éparpillé des paquets de cigarettes un peu partout : sous le dispositif de détection des métaux, dans les poubelles et derrière les bancs. Quand un douanier a trouvé tous ces paquets, il a tout de suite soupçonné Mme Rondeurs. Il connaissait même son prénom tellement il devait être habitué à la voir. Elle a tellement baratiné le douanier qu'il l'a laissée partir pour avoir la paix.

La grand-mère traffiquante 
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Publié le 13 octobre 2016

Après avoir fait une visite express de Przemyśl, on a pris tout plein de bus et on est arrivé à Tylawa, dans les Beskids, pour marcher quelques jours dans la forêt et fuir le bruit des villes. On a dormi dans une ferme-camping, où on a fait un gros feu, ça nous a changé du feu riquiqui du réchaud, et Vivien a dessiné un chat avec du charbon sur un banc du camping.


Le lendemain, on a commencé à marcher dans la forêt. Après avoir grimpé une côte d'une certaine envergure, on s'est retrouvé devant un panneau qui interdisait l'accès au sentier parce que des bûcherons coupaient des arbres. Comme on n'avait pas grimpé tout ça pour rien, on a continué à avancer en tendant bien l'oreille pour ne pas se prendre un arbre sur la tronche. Le soir, on a dormi dans le jardin d'un monsieur qui proposait des chambres, on a eu une belle lune rouge. Une vache a décidé de mettre bas et a meuglé toute la nuit. Alors vraiment, on s'est dit que les boules quies, c'était une invention géniale, et qu'on avait bien fait d'en prendre.


Le jour suivant, on a rempli notre pot en titane de 1L de mûres qu'on a trouvé sur le chemin, on était super contents, et on avait les mains violettes. Le soir, on a atteri chez des gens qui proposaient des chambres. Le monsieur nous a expliqué que comme pratiquement tous les hommes du village, il travaillait en France dans les vignes, à Epernay. D'ailleurs, il repartait en France le lendemain. En parlant, on s'est rendu compte qu'on s'était déjà croisé une fois à Reims, et on s'est dit que le monde était vraiment tout petit. Du coup, il nous a laissé dormir dans une chambre pour le même prix qu'une nuit en tente. Et ça nous a fait plaisir, parce qu'il y a eu de l'orage toute la nuit dans la vallée. On a même pu faire une confiture avec nos mûres.


Au réveil, on est reparti dans la brume, une brume qui ne nous a pas quitté pendant deux jours. Le chemin a commencé à être de plus en plus marécageux. On a traversé tout plein de ruisseaux, on a croisé une poignée de salamandres, qui chacune leur tour ont décidé qu'elles ne bougeraient que quand on essaierait de les prendre en photo. Et elles ont très bien réussi puisque toutes nos photos de salamandres sont floues. On est arrivés dans un village silencieux qui ressemblait à Silent Hill avec des vaches sur la route. Nos zloty commençaient à se faire rares, alors on a négocié le prix pour dormir dans la tente à côté d'un chalet. On a pris une douche dans le chalet et on a vite décampé parce qu'une famille de loirs s'est mise à faire un boucan pas possible dans toute la cloison en mangeant l'isolation. La dernière nuit, on s'est délesté des quelques zloty qui nous restaient pour dormir dans un vieux chalet sans eau et sans électricité qui servait de débarras.


Le lendemain matin, on a mangé nos maigres restes et on a fait du stop direction Zakopane. On s'est arrêté dans la première ville qu'on a trouvé et on s'est rué sur un distributeur automatique. Et comme on avait été un peu trop rationné pendant deux jours, on s'est un peu lâché sur les pierogis, le gâteau aux prunes et le sernik. J'ai acheté un pain d'épice Hello Kitty à Vivien, il était tout content.


C'était la première fois qu'on marchait plusieurs jours dans la forêt. On pensait marcher à peu près 18 km par jour ; en pratique, on a plutôt une moyenne de 15. Ça dépend beaucoup du dénivelé, de la quantité de mûres qu'on peut manger en chemin, de la quantité de photos qu'on prend, et de si on utilise le réchaud ou pas à midi.

De Przemysl a Gorlice 

Sur les 9 conducteurs qui nous ont pris en stop sur la route pour aller à Zakopane, 7 nous ont dit au bout d'une minute à peine que la France, c'est plein de musulmans et de migrants, et que là-bas, il ne fait pas bon vivre. L'un d'eux nous a même dit que son frère travaillait souvent en France sur des chantiers, mais qu'il avait décidé de ne plus y aller à cause du climat qui y règne. Ça craint, non ?


Bref, on a lézardé chez ma tante à Zakopane dans son refuge pendant 3 jours et ça nous a fait du bien.

Zakopane 

Après, on est partis direction la Slovaquie, en passant par les Tatras. Il faisait un temps magnifique et c'était super beau parce que tout en haut, à quelques 1900m d'altitude, il y avait de la neige. Mais du coup, en haut, ça glissait beaucoup, et on a failli se gaméler plusieurs fois. En chemin, on a croisé Serge, un Français, et c'était cool de faire la traversée des montagnes tous les trois. En ce qui concerne la difficulté, avec les sacs à dos, à certains endroits, c'était quand même pas de la tarte.


Quand on est arrivés en Slovaquie, on a vu des versants entiers avec des arbres couchés, ça faisait un peu triste par rapport au côté Polonais. On s'est renseigné, et on a decouvert qu'en 2004 et en 2014, des vents très violents ont déraciné des hectares entiers de forêts. Et comme si ce n'était pas suffisant, des nuées de bébêtes, des lykožrút, on attaqué les arbres qui restaient. Plus tard, en Slovaquie, on a croisé plein de pièges à phéromones le long des chemins.

La traversée des Tatras
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Publié le 2 novembre 2016


Une fois à Poprad, on a dit au revoir à Serge et on est allé faire un tour dans le Paradis Slovaque. Ce sont de petites montagnounettes avec des petites rivières dedans et c'est joli. Et comme vous pouvez le voir sur les photos, les Slovaques aiment bien sculpter des statues à même les arbres. C'est à cet endroit que notre appareil photo a décidé de prendre sa retraite, donc à partir de là, toutes les photos sont prises avec nos téléphones, en attendant un remplaçant digne de ce nom.


Ensuite, on a atteri dans le camping de Liptovsky Mikulas, un village avec un grand lac. C'était de cet endroit qu'on avait prévu de marcher autour des Fatras, une petite chaîne de montagnes avec des ours dedans. Sur la plage, Vivien a pu s'adonner à son nouveau hobby, faire des empilements de cailloux.


Dans le camping, un vilain matou avec un grelot autour du cou nous a réveillé en pleine nuit. Il a donné des coups de griffe dans la tente, il s'est enfui avec ma trousse de toilette, que j'ai retrouvé à 10m de la tente, complètement déchiquetée. Vous pouvez admirer ci-dessous le portrait du chat que Vivien a dressé avec les restes de ma trousse de toilette. Il s'est aussi attaqué à une Crocs de Vivien, qui dorénavant porte des traces de crocs (voir dessin). Si quelqu'un veut bien me donner une explication, je suis preneuse. Je n'ai toujours pas compris pourquoi il ne s'était pas plutôt attaqué au sac de nourriture.


C'est quand même la deuxième fois qu'un chat détériore notre matériel. A Białowieża, on avait dû chasser un chaton trop mignon qui jouait avec la tente et les sacs. Depuis le début, on a peur de se faire agresser par des gens pas nets, des sangliers, des ours ou des chiens errants, mais non. La menace vient des chats domestiques. Tout simplement.

Le Paradis Slovaque et le lac de Liptovská Mara 

Le 28 septembre, on est parti crapahuter dans des vallées sympas (Kwacianska Dolina et Prosiecka Dolina). C'était super beau, et on a dormi dans un endroit où il y a des lynxs paraît-il, alors je n'ai pas dormi tranquilement. On n'a eu aucune aventure avec un lynx, mais le matin, un marcheur nous a dit qu'on était complètement tarés d'avoir dormi là parce qu'un ours habitait dans le bois juste à côté. Et le lendemain, on a naïvement décidé de camper à côté ds ruines d'un château, Liptovsky Hrad, sur une collinette super jolie. On avait une vue magnifique. On était à peine installés que j'ai entendu des grognements. J'en ai parlé à Vivien, qui a essayé de me persuader que c'était un oiseau nocturne, le brame du cerf ou un renard. Et puis au bout de plusieurs grognements, il a admis qu'il ne pouvait s'agir que d'un ours. Ou plutôt de trois ours, qui rôdaient autour des ruines du chateau. Ce fût une expérience enrichissante. Ils ont grogné toute la nuit. Vivien remettait du bois dans le feu en attendant le levé du soleil, pendant que moi je repassais dans ma tête Bonne Nuit les Petits, The Revenant et L'Ours. Je suis quand même super contente de sortir avec Vivien, parce que même, quand on entendait qu'un des ours était juste derrière les ruines du château (à une vingtaine de mètres) Vivien se levait pour remettre du bois dans le feu. En tout cas, quand on est repartis au matin, on a pris la ferme décision de dormir dans une chambre. Et oui, en Slovaquie il y a des ours, ce n'est pas une légende. Quelques Slovaques nous ont dit que si ce n'était pas une mère avec son petit, il n'y avait aucun danger, mais honnêtement, on n'avait aucune envie d'aller vérifier de près. Et on a beau toujours mettre la nourriture dans un arbre éloigné de la tente quand on campe, on n'était pas tranquille du tout.


Après nos aventures avec les nounours, on a aterri à Kalameny, un village avec une source d'eau chaude, où plein de vieux font trempette toute la journée. Comme l'eau était à 28°, on est allé se baigner aussi. Par la suite, on en a vu d'autres petites comme celle-là, mais comme elles n'étaient pas à 28°, on ne les a pas testées.


Tout au long du trajet, on a croisé des centaines de pommiers, et c'était frustrant parce qu'on ne pouvait pas emporter toutes les pommes qu'on trouvait dans nos sacs à dos, même si elles étaient belles et rouges comme dans Blanche-Neige et les 7 nains. Vivien a pu s'adonner a son sport favori, le lancer de pommes.

Kwacianska Dolina et Prosiecka Dolina

Le 3 octobre, on est arrivés à Žilina, où on a dormi dans la famille de Ludo. C'était notre premier couchsurfing. Ludo et sa femme Sasha nous ont raconté qu'ils avaient fait leur voyage de noces en stop, dans leurs habits de mariés. Si ça vous intrigue, il y a un chapitre a leur sujet dans The Lonely Planet Guide to Experimental travel. Nous avons fait la connaissance du chien de Ludo, Jackie Chan, un chien au caractère bien trempé qui n'hésite pas a réduire en miettes toutes les peluches qui croisent son chemin. On a goûté de la Bernard, une bière à la prune qui vaut le détour.


On a vraiment aimé les paysages en Slovaquie, c'est un pays magnifique. Par contre, on était contents d'en partir, parce que l'accueil nous a complètement refroidi. Hormis les gens qui nous ont pris en stop et les hôtes de couchsurfing, toutes les personnes qu'on a pu croiser n'étaient pas aimables. Dans les offices de tourisme, on nous donnait une carte de la ville sans aucune explication, les gens à qui on demandait des informations dans la rue nous rembarraient sous pretexte qu'ils ne parlaient ni anglais, ni polonais (alors qu'entre Slovaques et Polonais, il est tout a fait possible de se comprendre ; j'ai discuté à plusieurs reprises avec des conducteurs qui nous ont pris en stop). Et les commercants, n'en parlons même pas. C'est dommage, parce que le pays est vraiment beau. Bref, si vous allez crapahuter dans les montagnes en Slovaquie, faites du coachsurfing et du stop, et sinon, évitez les gens.

Zilina

Le 5 octobre, on s'est mis en route pour la République Tchèque. Durant le trajet en stop, quelqu'un nous a déposé à la frontière, dans les montagnes, et on s'est retrouvé a faire du stop sur une route déserte, au milieu d'une tempête de neige, au début du mois d'octobre. Mais quand les gens voient un autostoppeur sous la neige, ils éprouvent de la pitié, alors on s'est fait prendre en stop par la première voiture qui est passée.


Tout le monde nous avait conseillé d'aller a Olomouc, alors on y est allé, mais on n'a pas eu le coup de foudre attendu. Par la suite, on a trouvé que d'autres villes tchèques valaient beaucoup plus le coup, comme Ostrava ou Brno. Mais c'est une jolie ville quand même. On a dormi en couchsurfing avec deux lézards et Filip, un chat qui n'aime pas les photos.

Olomouc 

Ensuite, on est allé a Ostrava avec un conducteur qui nous avait pris en stop la veille pour Olomouc, et qui, pendant le trajet, nous avait proposé de nous emmener a Ostrava le lendemain. C'etait une sorte de taxi-stop, en somme.

Une fois arrivés a Ostrava, on a dormi chez Dušan, un professeur de collège. On discutait au sujet des tensions actuelles en France, et Dušan nous a proposé d'aller avec lui en classe le lendemain, dans un cours de géopolitique. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé a parler de notre voyage, de la religion musulmane, des migrants et de la politique extérieure de la France avec des élèves tchèques. Et il faut dire qu'ils avaient un bon niveau d'anglais ! La professeure de Français du collège en a profité pour nous amener dans sa classe (voir photos). Il faut dire que des Français, à Ostrava, ça ne court pas les rues, alors des natifs, quelle aubaine ! On a parlé de la France et de notre voyage, et les élèves nous ont chanté Petit Papa Noel.

En arrivant dans le collège, élèves comme professeurs retirent leurs chaussures et se mettent en crocs ou en sandales pour des raisons d'hygiène et de confort, et on a trouvé ça bien. Les professeurs n'ont pas la même relation avec les élèves qu'en France, l'echange se fait de façon horizontale, et non verticale. Le professeur n'est pas vu comme une figure autoritaire comme en France, et par conséquent, les élèves sont plus detendus.

On a vraiment aimé cette matinée, on a vraiment passé un bon moment. merci Ostrava !

On a visité Ostrava, qui est vraiment une jolie ville. Niveau architecture, ça vaut le détour. On est allé voir les anciennes gigantesques et impressionnantes usines sidérurgiques de Nová huť. C'est un endroit digne d'un roman de Jules Verne.

À Ostrava, on a aussi dormi en couchsurfing chez un grand fan de cueillette de champignons. Il possède une vingtaine de bocaux étiquetés remplis de champignons, et chaque jour, il mange sa soupe aux champignons. Du coup, dans notre chambre, ça sentait le champignon.

Ostrava 
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Publié le 8 novembre 2016

Après Ostrava, le 9 octobre, on a décidé d'aller en Pologne pour traverser le massif des Karkonosze ("Monts des Géants" en français) pour arriver au nord de Prague. Donc nous voilà repartis (encore !) vers la Pologne, direction Szklarska Poręba. On s'est fait prendre en stop par un Polonais qui avait un chien dans le coffre, mais le chien a retiré son harnais pour ramper hors du coffre avec la ferme intention de passer le reste du trajet sur Vivien. On a aussi passé une après-midi entière avec un livreur de pommes de terre tchèque, qui nous a fait faire une trentaine de kilomètres à peine en 5h. Il s'arrêtait partout pour livrer ses patates. Mais il a fait un détour pour nous avancer, et c'était super parce qu'on est passés par des cols enneigés et c'était vraiment beau.


Avant d'arriver à Szklarska Poręba, on a fait une pause à Karpacz parce que j'avais un nerf de côte coincé et ça m'empêchait de respirer correctement. Pour que je me détende et que ça se décoince, on a décidé de bien manger et de boire du vin en quantité, de bien dormir et de traîner dans le lit le matin. On a donc pris une chambre pour deux nuits, mais ça n'a pas fonctionné. On a décidé de partir quand même dans les montagnes en attendant que ça passe.


On s'est fait prendre en stop par un témoin de Jéhovah qui voulait absolument qu'on devienne des témoins de Jéhovah, comme Louis de Funès. Il nous a bassiné avec le site internet des témoins de Jéhovah qui propose des textes dans toutes les langues possibles et imaginables, mais on le pardonne parce qu'il nous a amené à Szklarska Poręba.


De là, on est parti dans la brume dans les Karkonosze, et c'était super beau. Le premier jour, notre chemin était en fait le lit d'un ruisseau, voire de plusieurs en même temps, alors on a pas mal pataugé.


Le deuxième jour, on a encore plus pataugé parce que les sentiers se trouvaient dans des marécages. Dans cet endroit, il y a des plantes carnivores, et comme le sol contient beaucoup de fer, la végétation se teinte de rouge par endroits. On a croisé tout un tas de crottes de cervidés et on a croisé un chasseur de cerfs qui nous a dit qu'il y avait un ours et des loups dans le coin.


On a dormi dans un refuge super sympa, Chatka Górzystów. C'est un refuge coupé du monde, qui fonctionne avec une éolienne, des panneaux solaires, un poêle à bois et un générateur.


Le troisième jour, on a emprunté un chemin tellement boueux qu'il était devenu impraticable même pour les tracteurs. Là, on a vraiment galéré, et nos chaussures on fini par être trempées. En faisant du hors-piste, on a croisé une grosse vipère qui faisait un bruit de cocotte-minute pas contente. Après, j'avais peur tout le temps, alors je tapais dans tout ce que pouvais avec mes bâtons pour faire fuir les serpents.


Dans la descente vers le village de Nové Město pod Smrkem, en République Tchèque, la douleur que j'avais vaguement au genou depuis la Slovaquie s'est réveillée, et c'était pas très cool.

D'Ostrava aux Karkonosze

En arrivant à Nové Město, on voulait aller faire des courses, alors on a trouvé un petit magasin, mais on en est vite sortis, parce que le vietnamien qui était à la caisse rotait joyeusement avec ses amis en buvant de l'alcool. Les frigos dans lesquels il y avait les produits frais étaient éteints. Par la suite, on a appris que la personne qui travaillait dans ce magasin était en réinsertion, mais sur le coup, l'entrée en République Tchèque nous a paru un peu brutale. Dans ce village, il y avait beaucoup de Vietnamiens et de Tsiganes, deux minorités importantes en République Tchèque.


On a dormi chez Filip, dans une maison qui était autrefois une fabrique de pipes en céramiques. Filip nous a expliqué que les artisans jetaient n'importe où les pièces mal ouvragées, alors dans le jardin, dès qu'on creuse un peu, on retrouve des pipes en céramique partout.


Ah oui, j'oubliais. On n'a pas réussi à trouver la maison de Filip tout seuls, parce qu'on n'a pas trouvé comment fonctionnait la numérotation des maisons. Certains Tchèques m'ont dit que les maisons paires étaient d'un côté et les impaires de l'autre, d'autres m'ont dit que d'un côté il y avait les numéros descendants et de l'autre les numéros ascendants, mais aucune de ces théories ne s'est avérée vérifiable. Et c'est comme ça qu'à côté du numéro 7 on peut trouver le numéro 3024, alors qu'il n'y a que 20 maisons dans le village. Vivien a dit que peut-être, les gens rajoutaient des chiffres au fur et à mesure ; par exemple, M. Kundera habite dans la maison 1, alors M. Kafka habite dans la maison 10 et M. Havel va habiter au numéro 102. On s'est demandé si être facteur en République Tchèque était une punition ou si à l'inverse, il fallait un doctorat pour exercer le métier. Si quelqu'un a une théorie qui tient, on prend !


On a croisé un couple d'amoureux composé d'un chat et d'un chien. Le chien tenait tellement à son chat qu'il grognait si on essayait de s'en approcher.

 Nové Město pod Smrkem

Le 16 octobre, on est arrivés à Liberec, une jolie petite ville colorée. On a acheté du chocolat à l'effigie de Krtek, la petite taupe du célèbre dessin animé tchèque.


On a goûté aux špičky, ces pâtisseries au chocolat à la forme étrange qu'on voyait partout.


Le soir, à un arrêt de bus, on était en train de se dire qu'on allait devoir prendre un bus pour sortir de la ville et trouver un endroit où camper parce que personne n'avait répondu sur Couchsurfing, quand on a entendu "Lena ?" On s'est retourné, et on a vu Vojta, un membre de Couchsurfing qui ne nous avait pas répondu. Grâce à la photo de notre profil Couchsurfing, il nous a reconnu. Il nous a invité chez lui en nous expliquant qu'il n'avait pas pu répondre parce qu'il n'avait pas pu aller sur internet. C'était vraiment incroyable qu'on soit au même endroit au même moment, qu'il nous voie et qu'il nous reconnaisse, d'autant plus qu'on avait changé notre photo de profil la veille pour que les gens nous reconnaissent plus facilement. Donc voilà, on a dormi chez Vojta et Suzanna, avec deux adorables chinchillas, qu'on a déménagés dans le couloir pour la nuit, parce que les chinchillas, la nuit, ça fait du bruit !


Liberec 
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Publié le 17 novembre 2016

Le 17 octobre, on est allés dans une station essence de Liberec pour aller direction Prague. À peine arrivés, alors qu'on se demandait quel était le meilleur endroit pour faire du stop, un monsieur barbu nous a demandé si on voulait aller quelque part. Et comme il allait justement à Prague, on est monté avec lui. Le stop sans avoir à faire de stop, c'est tellement bien !


Le barbu en question s'appelle Karel Zima, c'est un comédien et acteur tchèque. Pendant le trajet, il nous a parlé de son amour pour la Normandie, et il nous a dit qu'il connaissait une phrase dans plusieurs langues, y compris en français ; c'était quelque chose comme ça : "Je veux t'embrasser toute nue sur le Mont-Blanc." Il nous l'a faite en japonais aussi. Après nous avoir déposé en plein centre-ville de Prague, il nous a offert une bouteille de vin. Bref, il y a des gens super sympas sur cette planète.


On a donc pu visiter Prague, qui est vraiment une ville magnifique, mais un peu dénaturée par les touristes à notre goût. Mais attention ! Je ne dis pas que c'est nul ! Si vous pouvez, allez y jeter un coup d'oeil, ça vaut vraiment le coup.


Et si quelqu'un sait pourquoi plein de gens vont toucher le zizi de la statue du jeune homme dans le château de Prague en fermant les yeux, ça nous intéresse. Parce qu'on en a vu défiler des gens ! D'ailleurs, le zizi de ce pauvre garçon est tout lustré maintenant. C'est sûrement une histoire de zizi qui exauce des vœux.


C'était intéressant de voir d'autres villes tchèques avant, parce que la capitale n'est pas tout à fait à l'image du pays. C'est comme Paris et le reste de la France, tout simplement. À Prague, on parle anglais, les magasins de souvenirs sont tenus par des Russes pour des touristes, les menus sont souvent en anglais, en allemand et en russe ; et il y a beaucoup, beaucoup de touristes. Dans d'autres villes tchèques, les gens qui parlent anglais ne courent pas les rues, et à plusieurs reprises, des gens qui nous ont entendus parler français dans la rue nous ont accosté pour savoir ce qu'on faisait là (surtout à Ostrava), et quand on répondait qu'on visitait, ils nous demandaient pourquoi. On a l'impression que la seule ville prévue pour les touristes en République Tchèque, c'est Prague (et Český Krumlov, une autre ville qu'on a vu après Prague) et c'est dommage, parce qu'il y a d'autres villes chouettes, comme Brno (ma préférée) ou Ostrava, qui ne sont pas du tout prévues pour des touristes autres que tchèques.

Prague 

Après Prague, on a voulu aller jeter un coup d'œil à Český Krumlov, une petite ville toute mignonne qu'on nous avait conseillée à plusieurs reprises. Mais c'était sans compter sur les aléas du stop. On n'a jamais réussi à sortir de Prague. On a dû marcher, faire quelques kilomètres en stop, marcher encore, prendre le train, puis le bus, et tout ça en deux jours. Le stop, en République Tcheque, ça marche super bien d'habitude. Mais là, je ne sais pas ce qui s'est passé, ça n'a pas marché du tout. Et du coup on a dû passer la nuit dans un pré, où on s'est fait réveiller par des cris dignes d'un monstre tout droit sorti d'un film fantastique. Un cri de nazgûl en fait. Comme d'habitude, Vivien a émis des hypothèses improbables comme "T'inquiète pas, ça doit être un oiseau nocturne" (lol). Finalement, après vérification, il s'agissait de deux renards à quelques mètres de la tente. Un renard, ce n'est pas méchant, mais quand on n'est pas prévenu, c'est flippant.


Cris de Nazgûl/renard 

Donc on a fini par arriver à Český Krumlov. C'est super beau comme endroit, romantique et tout et tout. Je ne sait pas quoi vous dire, à part "Regardez les photos !"

Le soir, on est allé planter la tente dans un champ, et il devait faire un peu frisquet dehors puisque l'herbe était gelée.

Český Krumlov

Le 21 octobre, on est arrivé à Brno, une ville étudiante vraiment sympa.


À Brno, il y a une horloge qui a plusieurs particularités ; tout d'abord, comme c'est une œuvre d'art moderne et qu'il y a une démarche artistique derrière et blablabla, il est impossible d'y lire l'heure sans une notice explicative. L'horloge est constituée de plusieurs disques qui tournent, et tous les jours à 11h du matin, elle crache une bille de verre que les gens s'arrachent.


La raison est historique. Pendant la guerre de Trente Ans, en 1645, Brno a été assiégée par les troupes suédoises. La bataille décisive devait avoir lieu le 15 septembre, et le général suédois annonça qu'avant midi, la ville serait prise. L'ordre fût donc donné dans la ville de sonner les cloches non pas à midi mais une heure plus tôt, à 11h. C'est comme ça que le général suédois retira ses troupes et que Brno fût libérée.


Malgré cette belle histoire, beaucoup appellent cett horloge "the phallus clock", parce que oui, ça ressemble quand même un peu à un zizi, il faut le dire.


À part ça, j'ai tellement aimé l'atmosphère de cette ville que j'aimerais y retourner un jour.


À Brno, on a dormi chez Anna et Tomáš (dernière photo) et leurs nombreux colocs, c'était super sympa.

Brno 

Le 23 octobre, on est arrivés à Vienne, chez Julie, une amie de Reims.


Vienne, c'est grand ! On a vu le palais impérial, Hofburg, le Stephansdom (cathédrale St Etienne), et la cathédrale russe St Nicolas.


On a vu aussi l'immeuble et l'incinérateur de l'architecte Friedensreich Hundertwasser, qui s'est inspiré du Catalan Antoni Gaudí (mais si, vous savez, celui qui a transformé Barcelone). Friedensreich Hundertwasser, c'est un pseudo hein, parce s'appeler "Royaume de la Paix aux Cent Eaux", c'est plutôt improbable. Son truc, c'est les sols irréguliers, les arbres sur les toits et les balcons, et les la profusion de couleurs. J'aime bien, ça donne un joyeux joli bazar.


On s'est promenés dans les jardins du château de Schönbrunn, c'etait super chouette avec les couleurs de l’automne. Et puis on a vu la maison de Wagner (l'immeuble avec des fleu-fleurs rouges dessus), c'etat joli.


Et puis forcement, on a mangé du strudel et du sachertorte.


Comme on est restés quelques jours a Vienne, on en a profité pour laver nos sacs de couchage qui en avaient bien besoin. Et comme c'est du duvet, et que c'est déconseillé de les laver en machine, je me suis mise en maillot de bain et je les ai lavés dans la gigantesque baignoire de Julie. Ça a mis plusieurs bonnes journées a sécher, alors autant dire qu'on ne les lavera pas tous les quatre matins. Et by the way, sans nos sacs de couchage, on serait probablement morts congelés a l’heure qu‘il est. Ils sont juste géniaux !


Vienne 
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Publié le 24 novembre 2016

Le 30 octobre, on est arrivés à Maribor, en Slovénie. Maintenant, on se dirige vers le soleil de la Méditerranée pour fuir l'hiver du Nord. Ce n'est que plus tard que l'on remontera vers le nord, au printemps.


À Maribor, on est arrivés chez un hôte de Couchsurfing, qui nous avait proposé de rester plusieurs jours ; il avait l‘air globalement normal, même s'il montrait une tête de pas content sur ses photos de profil. On a dîné avec lui, ça s‘est bien passé. Ensuite, il est parti voir des amis, et avant de partir, il nous a dit

«Par contre, s‘il vous plait, n‘utilisez pas les plantes dans les pots, prenez celles dans le placard.»

Là, on s‘est rendu compte qu‘au pied de notre lit poussaient quelques pieds de cannabis dans des anciens seaux de peinture, et notre hôte nous a montré oú il rangeait sa boite de beuh. On a trouvé ça marrant, mais le lendemain matin, on a moins rigolé.

À 6h30, il nous a réveillé en sonnant frénétiquement à la porte parce qu‘il avait oublié ses clefs. Il empestait l‘alcool, il tenait à peine debout et il nous disait des choses incohérentes. Il a commencé à se montrer impoli voire agressif, il posait plusieurs fois de suite les mêmes questions mais ne se souvenait jamais des réponses. On lui a dit que nos plans avaient changé, on a pris nos sacs et on a décampé. On était tellement contents d‘être sorti de chez lui ! Meme si en soi, il ne s‘est rien passé, ça n‘a pas été une expérience super agréable. Plus tard, en Slovénie, on nous a dit que les gens de Maribor étaient connus pour leur grande aptitude à boire.

Chez l'étrange monsieur alcoolisé de maribor 

Une fois sortis de là, on s‘est promenés dans le centre de la ville. Maribor, c‘est très joli, mais vu que c‘est tout petit, on a vite fait le tour, alors on a décidé de continuer notre chemin, direction Ljubljana. On a trouvé un hôte de Couchsurfing à Celje, à mi-chemin entre Maribor et Ljubljana, alors on s‘est mis en route.

Maribor 

Avec un peu de stop, un peu de marche et un peu de train, on est arrivés a Celje, chez Niko. Niko a une vie plutôt remplie, et quand il n‘est pas au travail, il est guide touristique, alors il nous a montré Celje sous tous les angles. Il nous a montré la statue d‘Alma Karlin, une femme de lettres globe-trotteuse polyglotte qui est née a a fin du XIXeme siecle. Il nous a aussi montré celle de Josip Pelikan, un photographe de la meme période, et le buste d'Alfred Nobel, qui avait une maîtresse à Celje. Il nous a fait voir ses endroits préférés et il nous a fait visiter la forteresse de Celje. Après, on est allés se ballader autour du lac de Šmartinsko.

Celje 

Niko vit dans le coin des artistes de Celje, alors il nous a présenté à ses amis. On a vu l'appart déjanté de Tuzi, le photographe, et celui de Micy, le peintre.

Celje le soir 

Après Celje, on est partis a Ljubljana avec un ami de Niko. Je trouve que c‘est une ville pour les amoureux, c‘est romantique !


Malheureusement, comme j‘avais toujours mal au genou depuis la descente des Karkonosze, on est allés voir un médecin à l'hôpital, et il m‘a dit que je devais m‘arrêter, au moins pour une semaine.

Ljubjana 

On s‘est demandés où on pourrait s‘arrêter si longtemps sans compromettre notre budget, parce que la Slovénie, globalement, c‘est aussi cher que la France, donc rester dans un hostel, ça nous plaisait pas trop. On a demandé à Niko si ça le dérangerait qu‘on revienne chez lui à Celje, le temps que mon genou se répare. Il a dit oui, alors on est revenus a Celje, et ça nous a fait plaisir, parce qu‘on avait vraiment aimé notre séjour là-bas.


Pour que mon genou se remette, je devais me reposer. Mais comme on s‘ennuyait (une semaine, c‘est long !), on a passé notre temps à faire à manger et à aller au cinema. En tout, en comptant le premier couchsurfing, on sera allés trois fois au p'tit dej gratuit du samedi matin du bar TamKoUčiRi, où on aura eu le loisir d'écouter les chants d'une chorale, et on aura dejeuné trois weekends de suite chez la famille de Niko. Vivien est même reparti avec un nouveau bonnêt violet tricoté par Mojca, la soeur de Niko (son prédécesseur n'a pas supporté la machine à laver, il a rapetissé de 10 bons centimètres). Durant le premier déjeuner, on a pu assister à une représentation exceptionnelle de Ronja, le cocker de la famille. Ce chien a la particularité de "chanter" dès qu'on lui fait écouter du Pavarotti (sisi). Ce fût un moment inoubliable. On était tellement impressionnés qu'on en a oublié de filmer. Mais ce n'est pas grave, puisque les talents de Ronja sont sur youtube, alors rien n'est perdu !

Ronja, le chien qui aime les ténors italiens 

À Celje, on a envoyé un colis avec les choses dont on ne se servait pas. Et mon appareil photo a décidé de ressusciter à ce moment-là, donc il continue l'aventure jusqu'à son prochain infarctus.

Repos forcé 

Niko nous a aussi montré les environs de Celje. On a vu tout plein de champs de houblon, c'était impressionnant. Apparemment, cette région de Slovénie fournit en houblon une grosse partie des brasseries d'Europe.


On est allés voir la fontaine à bière de Žalec, qui est tellement connue dans le monde entier que des gens viennent même d'Afrique du Sud pour la voir. Ça ne ressemble pas tout à fait à une fontaine, comme vous pouvez le voir sur la première et la deuxième photo ci-dessous. C'est un muret avec cinq tireuses à bières, il y en a 5 différentes. Mais ce n'est pas vraiment une fontaine au sens où les gens l'imaginent, puisqu'il faut payer un verre qui coûte 6€ pour pouvoir se servir.


Nico nous a raconté comment cette fontaine avait vu le jour. Au départ il y a un type qui a gagné beaucoup d'argent au Lotto dans le village. Et en Slovénie, si tu gagnes au Lotto, tu dois reverser un certain pourcentage du montant que tu as gagné à la commune dans laquelle tu as joué. Ne sachant que faire de tout cet argent, le maire à eu l'idée de construire une fontaine en hommage au généreux donateur qu'il était malgré lui. Voilà voilà...


En tout cas, même si l'idée est complètement farfelue, les commerçants du coin se font plein d'argent grâce aux touristes, et ça permet de faire connaître aux touristes les dessous de la fabrication de la bière (il y a plein de panneaux explicatifs autour de la fontaine, et une brasserie à visiter dans le coin).


À part ça, on est aussi allés voir l'étang de Vrbje (Ah ! Vous aussi vous trouvez qu'il n'y a pas assez de voyelles en slovène ?! Et bien croyez-moi, le Tchèque, c'est pire !!!), avec ses animaux sculptés dans des troncs.


Et Vivien est allé crapahuter avec Niko dans "la fosse du Diable". Il s'agit des gorges d'une rivière, et quand on la remonte et qu'on arrive en haut, il neige parce que c'est haut. (J'avoue que j'aurais bien aimé y aller moi aussi).

Autour de Celje 
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Publié le 16 décembre 2016
115 jours de voyage et environ 7000 Km parcourus

Après trois mois de voyage, on s'est dit que c'était l'occasion d'expliquer notre quotidien et notre ressenti un peu plus en détails. Oui, ça fait 4 mois qu'on est partis, mais on a mis longtemps à finir l'article.

ATTENTION !


Cet article est long, il est possible qu'il vous plonge dans un ennui profond. On l'a écrit pour répondre aux questions qu'on nous pose souvent sur notre mode de vie. Si vous pensez que ça va vous ennuyer, allez tout à la fin de l'article et lisez "Qu'est-ce qu'on pense de la France à l'étranger ?", c'est instructif.

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COMMENT ON FAIT POUR DORMIR ?


L'une de nos préoccupations majeure durant ce voyage, c'est sans doute de savoir dans quel lieu on va passer la nuit. Il est rare que l'on passe deux nuits au même endroit, donc pratiquement chaque jour, cette question se pose. Souvent, les trois possibilités qui s'offrent à nous sont les endroits payants, le camping sauvage ou le couchsurfing. On doit donc choisir entre le prix élevé des chambres ou des campings, le danger et l'inconfort du camping sauvage et le couchsurfing, qui demande de l'anticipation et de la ponctualité. Sachant qu'on s'est fixé une limite de 20€ par jour pour nous deux toutes dépenses confondues, ce n'est pas toujours évident de choisir. Parce que 20€, ça va vite. Très vite.


Pour vous donner une idée, voici les différents types d'endroits dans lesquels on a dormi depuis notre départ :


31% Couchsurfing


21% Camping


15% Famille / amis


10% Camping sauvage


10% Hotels / Chambres


3% Bus


3% Chez l'habitant


3% Refuges


3% Jardins


On évite au maximum les hôtels et les campings dans les pays comme l'Autriche ou dans les zones touristiques des cités balnéaires parce que c'est trop cher.


LE CAMPING


Au cours de l'été, la meilleure solution était le camping (payant). Il y avait (presque) tout ce dont on avait besoin pour un petit prix, c'est à dire la sécurité, une douche et du calme. Bon, parfois le calme et les prix abordables n'étaient pas au rendez-vous, mais c'était toujours agréable de se réveiller tôt avec le soleil. Maintenant qu'on est dans la basse saison, les campings sont fermés pour la plupart, donc on privilégie un autre type d'hébergement, le couchsurfing.


LE COUCHSURFING


Le couchsurfing c'est magique. On rencontre toujours des gens hyper sympas qui nous apprennent plein de trucs et qui souvent, n'hésitent pas à nous laisser les clés de leur appartement quand ils s'absentent.


Par contre, la petite contrainte, c'est qu'on doit adapter notre rythme à celui de notre hôte qui ne se couche pas forcément à 21h tous les soirs. Il y a eu une semaine où chaque soir, on nous faisait goûter les alcools du coin, et franchement, c'est plus de notre âge d'être bourrés tous les soirs !!! C'était un peu dur de repartir le matin pour visiter les villes et faire du stop.


Il y a du couchsurfing vraiment partout, même dans des patelins comme Nove Mesto pod Smrkem, "in the shithole in the middle of the woods" (dans un trou à merde au milieu de la forêt) pour reprendre les mots de Filip, notre hôte de Nove Mesto pod Smrkem.


Mais surtout, pour le couchsurfing il faut se connecter sur internet pour lire des dizaines de profils et envoyer plein de messages, ce qu'on n'a pas toujours le temps de faire. Parce que pour 10 demandes envoyées, on n'a souvent qu'une réponse. Certains membres s'amusent à cacher des messages au milieu de leur profil pour vérifier qu'on a bien lu leur profil jusqu'au bout. Concrètement ça donne quelque chose comme ça : " Ecrivez "pigeon" dans votre demande. Si vous ne le faites pas, je ne répondrai pas" ou " Pour que je sache que vous avez bien lu mon profil, répondez à cette question : Si vous pouviez vous transformer en animal, lequel choisiriez-vous ?" Il y a aussi ceux qui ne daignent répondre qu'aux "demandes personnalisées". On ne se voit vraiment pas écrire "Salut Marko, j'ai vu sur ton profil que tu aimais la peinture sur abat-jour, le mushrooming, les cochons d'Inde et que tu travaillais comme consultant en logistique dans une zone portuaire. Mais figure-toi que nous aussi !! C'est diiinngue non ?!" On comprend que les gens cherchent à filtrer un peu les couchsurfers, surtout dans les grandes villes où il y a beaucoup de demandes, mais soyons honnêtes, les gens sur couchsurfing veulent un endroit où rester pour la nuit ; ce serait être complètement hypocrite de dire qu'on est à Prague parce qu'on a vu le profil génial et inspirant de Jaroslav.


Et on le dit et on le répète, le couchsurfing c'est trop bien !


Il y a aussi deux fois en Estonie où des gens qui nous ont pris en stop nous ont proposé de dormir chez eux. Il y a eu Mart, le chef cuisinier qui tient un hôtel à Pärnu et Vallo, un pompier de Tallinn.

Tomáś, Anna et leur coloc' aux cheveux bleus
Mart, un Estonien qui nous a pris en stop et qui nous a invité à passer la nuit chez lui par la même occasion 

LE CAMPING SAUVAGE


Pour le camping sauvage, on est un peu mieux organisés qu'au début. Maintenant, quand on décide de dormir comme des vagabonds, on s'impose certaines règles. Une fois qu'on a décidé de camper dehors, on essaie de commencer à s'installer avant la tombée de la nuit (oui, alors maintenant c'est juste impossible parce qu'avec le changement d'heure, la nuit tombe à 17h pétantes - Lena n'a pas du tout apprécié le changement d'heure). On évite aussi de dormir en ville dans les parcs parce que c'est dangereux (oui, on l'a déjà fait, c'est mal, on sait). Entre les sans-abris, les gens alcoolisés et la police, on est bien mieux à la campagne.


Pour trouver un emplacement, on cherche sur Google Earth une zone à la lisière de la forêt qui n'est pas trop éloignée des habitations. Si on est trop près des maisons, on risque de croiser des gens qui n'apprécieront pas de voir notre tente ; mais si on s'enfonce dans la forêt, on risque d'être réveillé par des sangliers, des gros oiseaux, des renards ou des ours.


Le problème avec ces animaux sauvages, c'est qu'ils vivent la nuit et sont attirés par la nourriture. Il y a 3 ans, pendant nos vacances, un renard nous avait déjà dévalisé nos p'tis suisses, notre chocolat (3 tablettes quand même) et notre jambon, alors maintenant, on range la nourriture dans des boites et dans des sacs étanches pour limiter les odeurs. Et pour plus de sécurité, on va suspendre le tout à un arbre un peu éloigné de la tente (très éloigné quand on entend des grognements d'ours).


À plusieurs reprises, on a dû sortir de la tente en pleine nuit pour éloigner des renards qui n'arrêtaient pas de faire leurs cris de Nazgûls, ou pour dégager des chats (ou pour remettre du bois dans le feu pour éloigner les ours, mais ça vous le savez déjà). Dernièrement, Vivien a même dû sortir à plusieurs reprises parce qu'un type rôdait autour de la tente.


Quand on a dormi à Ljubljana, ça n'a pas été très agréable. On s'est installé vers 21H dans un bosquet au milieu des champs, et en allant faire pipi, Vivien a eu la joie de trouver un cadavre de biche fraîchement décédée, à 10m de la tente. C'était sûr que si on restait là, ce serait le défilé des charognards toute la nuit. Et puis on s'est dit que ce n'était pas très sain de dormir là, alors on a tout remballé (Ô joie...), et on a bougé quelques centaines de mètres plus loin, dans le noir, le brouillard, et la bouillasse des champs.


Mais ce qui pose le plus de problèmes avec le camping sauvage, c'est sûrement l'hygiène. On peut toujours se laver avec l'eau d'un lac ou d'une rivière mais avec le froid du matin, la pluie et le manque d'intimité, souvent on préfère remettre ça au soir quand on a accès à une vraie salle de bains. Pour faire simple, le camping sauvage c'est bien, mais pas deux nuits de suite.

LES ENDROITS "NÉGOCIÉS"


On a aussi dormi dans d'autres endroits plus ou moins payants, comme dans le port de plaisance d'un lac en Pologne, dans des "champs à tente" (c'est un principe polonais, je crois ; c'est un terrain de camping sans infrastructure et la plupart du temps sans eau. Un mec passe le matin en voiture pour récolter l'argent), et dans le jardin d'un hostel en Lituanie. On a aussi dormi dans le jardin d'un chalet à louer, et dans un chalet inutilisé sans eau courante, qu'une dame nous a loué en sachant pertinemment qu'on ferait pipi autour, puisqu'elle nous a interdit l'accès aux sanitaires de son restaurant. Et on a dormi aussi dans des jardins de particuliers.

1- Port de plaisance 2- Champ à tente 3- Jardin d'hostel 4- Jardin de chalet 5- Chalet inutilisé 6- Jardin de particulier

LES CHAMBRES


Quand on paie une chambre pour la nuit, en général, on en profite pour suspendre nos vêtements mouillés, la tente et les sacs de couchage. À peine arrivés, on repère où sont les radiateurs, et on s'installe comme des Tziganes. L'humidité, c'est l'un de nos plus grands ennemis. On est parés face au froid et à la pluie, mais pas trop contre la rosée, la condensation et le brouillard, alors les radiateurs sont nos amis.


On essaie aussi de faire la lessive, parce que sentir le marécage ou la fumée de réchaud, c'est cool, mais un peu de savon de temps en temps, ça ne fait de mal à personne. Chaque jour, on lave nos sous-vêtements en prenant notre douche avec du savon, et on les fait sécher sur nos sacs. Mais quand on peut, on lave tout, à la main ou à la machine si c'est possible ; alors la chambre devient un véritable champ de vêtements où poignées de porte, tringles à rideaux et chaises sont réquisitionnées comme séchoirs.


Ça arrive qu'on prenne une chambre et qu'on soit PAS CONTENTS parce que c'est NUL. Comme dans un camping slovaque (surprenant...) où on a payé 20€ pour une maisonnette toute pourrie dans laquelle il faisait froid (photo 1). Les sanitaires étaient à l'extérieur, le monsieur du camping nous a répété 15 fois qu'il ne fallait pas rester plus de 3 minutes sous la douche, et au final, on n'a pas eu d'eau chaude du tout. Le lit de la chambre était cassé, alors on a dû mettre les matelas par terre. Et le mec, sous une pluie battante, nous explique qu'il y a du wifi, mais seulement tout au fond du camping, sous le pin derrière l'arbre tout là-bas. Bref, ce mec, si je le recroise, ça devrait pas bien se passer pour lui. Mais comme parfois on a vraiment besoin d'un toit, on doit accepter ce genre de situations qui ne nous plaisent pas du tout.


Il y a aussi la fois où on a loué une chambre, et c'était dégoutant. Tiens, bah c'est encore en Slovaquie, c'est fou non ?! C'était le lendemain de la nuit avec les ours, alors on avait besoin d'une bonne douche et d'un bon lit. On a fait le tour vite fait avec la propriétaire, ça avait l'air bien. Et puis petit à petit, on s'est rendu compte que tout était sale ; il y avait des restes de crachats dans le lavabo, Vivien a dû déboucher le siphon de la douche pour qu'on puisse se laver, et les assiettes dans le placard avaient été rangées sans passer par la case "vaisselle".

Chambres, gîtes et refuges
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COMMENT ON FAIT AVEC NOS SOUS ?


Après 3 mois de voyage et 11 pays traversés, on a dépensé au total 1996 € ; soit en moyenne 22,9 euros par jour, ou 665 euros par mois. On avait prévu un budget maximum de 25€ par jour, mais en espérant rester sous la barre des 20€. Avant de partir, on avait peur de ne pas y arriver, mais finalement ça va. On verra comment ça se passe dans les autres pays.


Voici en moyenne comment on dépense nos sous en un mois :


Total des dépenses : 665€


Nourriture : 383€


Logement : 132€


Transports : 70€


Téléphone : 40€


Équipement et autres trucs : 23€


Mutuelle : 10€


Frais bancaires : 5€


Pour garder un œil sur notre budget, chaque soir, on note toutes nos dépenses dans un petit carnet, comme des petits vieux. Au début on pensait que dans certains pays on dépenserait moins que dans d'autres mais au final, chaque semaine on arrive à peu près à la même somme. C'est psychologique, si on dépense peu, on finit toujours par se lâcher dans les jours suivants avec une chambre payante, un resto ou des pâtisseries.

Le livre de comptes 

Souvent, nos hôtes nous font la liste exhaustive de tous les musées, zoos, festivals de cinéma, et restaurants panoramiques qu'il faut absolument voir dans la ville. Et quand on explique qu'on a que 20€ pour la journée, ils nous disent "Oui, mais je crois que ce n'est pas très cher." Sauf qu'on préfère manger le midi plutôt qu'aller visiter le musée de la torture. Ça arrive qu'on paie pour voir quelque chose, mais c'est très rare.




COMMENT ON SE DÉPLACE ?


Non, on ne fait pas que marcher, parce qu'on n'a pas envie. On ne marche que quand le coin est sympa. Parce que si on voulait tout faire en marchant, on passerait dans des banlieues pas belles, des centres commerciaux, on longerait des autoroutes et... ça ne nous intéresse pas trop. Sinon, on privilégie le stop. On prend aussi le bus, le car, le train, et on utilise Prevoz en Slovénie, l'equivalent de l'ancien Blablacar français.


LE STOP


Là où le stop marche super bien : la Slovaquie (non, ils n'ont pas que des défauts, les Slovaques), la République Tchèque (hormis les alentours de Prague), et les États Baltes.


Et on n'a pas encore testé, mais tout le monde nous dit qu'en Italie, le stop, ça ne marche pas, et que ce n'est même pas la peine d'essayer.


Le stop, c'est bien pour rentrer dans une ville, mais pas pour en sortir. À chaque fois on galère, on prend des bus ou des trains pour s'éloigner du centre, et au final on attend toujours très longtemps. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, moins il y a de passage, plus les gens nous prennent. Quand il y a du monde sur la route, les gens sont plus stressés, il doivent faire plus attention, et ils pensent que comme il y a du monde, quelqu'un d'autre s'arrêtera forcément.


Les gens qui nous prennent en stop ont souvent des voitures minuscules avec plein de trucs dedans. Certains font des détours de 50kms pour nous amener au bon endroit. Peu de femmes seules se sont arrêtées, et les gens qui ont des enfants dans la voiture ne s'arrêtent pratiquement jamais.


On nous demande beaucoup pourquoi on n'a pas de pancarte quand on fait du stop. C'est simple, ça marche beaucoup moins bien ! Si on écrit Berlin et que quelqu'un va 10 km plus loin, il ne se sent pas concerné. Si quelqu'un doit s'arrêter avant Berlin, il se dit qu'il n'a pas envie de faire de détour. Bref, le mieux, c'est sans pancarte. On essaie d'être souriants, même si parfois on attend 1H et qu'on a mal au bras. Plein de gens nous font coucou, on a même eu droit à quelques doigts d'honneur.


Les poids lourds ne s'arrêtent pas souvent parce qu'ils n'ont pas le droit de prendre plus d'un passager. Donc ceux qui s'arrêtent sont vraiment sympas parce qu'ils s'exposent à de grosses amendes.

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QU'EST-CE QU'ON MANGE ?

Comme des clochards !

Vous vous doutez bien qu'avec un sac à dos à porter et un budget limité, on achète peu et pas cher. Et globalement, nos repas ressemblent un peu à ça...

On essaie de grapiller des petites choses par-ci par-là. Dans les magasins, on prend des poignées de sacs plastiques au rayon légumes ; vu qu'on repart toujours avec nos déchets, il nous faut des sacs poubelles. Dans les fast-food, on demande si on peut remplir nos gourdes, avec de l'eau froide ou de l'eau bouillante selon les besoins. L'eau bouillante, c'est top pour se faire un thé, ou pour que la cuisson des pâtes prenne moins de temps avec le réchaud. Dans les toilettes publiques, on prend un rouleau de papier toilette de temps en temps, parce qu'on ne se voit vraiment pas en acheter par paquets de 6, et on prend des essuie-mains, qui nous servent toujours à quelque chose. Quand on a l'occasion, on remplit notre pot de miel et notre pot de sel, et on met des sucres dans nos poches quand on est dans un café.

Comme vous pouvez le voir sur la première photo, on s'est fait des pâtes avec le réchaud derrière un arrêt de bus le long d'une voie rapide de Białystok. Trop glamour n'est-ce pas pas... N'empêche que parfois on fait du stop pendant longtemps, alors on a besoin de faire des pauses pour manger ! D'autant plus que le trajet en stop peut être long. Et comme vous le savez sûrement, manger est une de nos activités préférées, donc on s'en fiche si on ressemble à un couple de clodos.


Notre limite, quand on fait les courses, c'est nos sacs, il faut que tout rentre ! Quitte à mettre bananes, légumes et biscuits dans nos crocs. On veille aussi à ne pas acheter des choses trop lourdes, et à emporter juste ce qu'il faut en eau. Parfois on manque de réserves, et on se retrouve dans un village sans magasin avec presque plus rien à manger. Mais on préfère épargner notre dos et ne pas transporter 3 jours de nourriturre juste "au cas où".


Comme on est curieux, on fait un compromis entre le pas cher et le local, et on essaie de goûter un peu à tout. Mais ce n'est pas parce qu'on a peu d'argent qu'on mange n'importe quoi. De plus en plus, on essaie d'éviter l'huile de palme et les graisses hydrogénées (mission quasi-impossible), et on essaie de privilégier le poisson et les œufs à la viande. On fait attention à manger un peu de tout parce qu'on bouge quand même pas mal.


On ramasse aussi ce qu'on trouve en chemin, comme les mirabelles, les prunes, les noix, la menthe, le romarin, la sauge ou le laurier. Une fois, on a ramassé tellement de mûres qu'on en a fait une confiture le soir dans un gîte.


Parfois, les gens nous donnent des choses. Mart, en Estonie, nous a préparé un petit sac pour qu'on ne meurre pas de faim, une dame qui nous a loué un chalet nous a donné un poisson fumé et un pain, et plein de gens en couchsurfing ont insisté pour qu'on reparte avec des tonnes de nourriture. On a parfois eu du mal à refuser des panoplies de pots de confitures, de compotes maison et de miel, des bouteilles d'alcool et des kilos entiers de fruits.

La nourriture constitue le plus gros de notre budget mensuel. On dépense un peu plus que quand on vivait dans un appart, mais c'est pour plusieurs raisons. D'abord, acheter des petites quantités revient généralement plus cher, et nous, on est vraiment obligé de faire ça, on ne peut pas se permettre de porter un kilo de kiwi en promo. Ensuite, on est aussi là pour se faire plaisir, donc de temps en temps, on va au restaurant, dans des bars ou dans des pâtisseries.


Pour l'instant, les trois pays où on a vraiment pu se lâcher au restaurant, c'est la Lituanie, l'Ukraine et la Pologne. Niveau prix et quantité, c'est vraiment bien.


Généralement, on prend un plat pour deux, et on mange des fruits avant, comme ça on est vraiment callé et on est pas tenté de reprendre un plat.

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ET L'ÉQUIPEMENT ? ÇA VA ? PAS TROP FROID ?


Et bien jusque-là, non ! On a rarement eu si peu froid en hiver. On n'a jamais eu des vêtements aussi efficaces contre le froid et la pluie que maintenant. Et pourtant, on a déjà dormi par -4°C. S'il pleut, on peut continuer à marcher sans problème, nos pantalons de pluie nous permettent de nous asseoir sur des bancs trempées où dans l'herbe gelée. Seules nos chaussures finissent parfois par être humides après une journée à marcher dans la boue ou dans les hautes herbes.


Et avec nos sacs de couchage... On a trop chaud 90% du temps parce qu'ils sont VRAIMENT prévus pour des basses températures. En fait, le plus important, quand on dort dehors, c'est d'avoir un bon matelas qui isole du froid. Et le nôtre est juste génial. On l'a crevé 2 fois déjà, mais c'était à cause d'un bricolage de Vivien, jamais à cause du sol ou de nos grosses fesses. On l'a réparé sans souci. Par contre, dès qu'on bouge ou qu'on se retourne, ça fait un bruit d'enfer, comme un ballon de baudruche qu'on frotte (n'achetez pas un Exped Duo pour passer un weekend torride avec votre doudou dans un camping complet en haute saison). D'un côté, c'est pas hyper discret, mais en même temps, ça permet de signaler notre présence aux bêtes du coin. Généralement, quand on entend un rongeur qui remue des feuilles aurour de la tente, il suffit de faire du bruit en bougeant un peu le matelas et la bestiole prend peur et se met en silencieux. Évidemment, ça ne marche pas à tous les coups.


Nos bonnêts en laine d'oppossum et de mérino sont super chauds (même si niveau sexy-attitude, on peut vraiment trouver mieux). Malheureusement, celui de Vivien a dû être remplacé suite à un fort rétrécissement en machine. Nos bonnêts nous servent aussi la nuit. On les rabat sur nos yeux et ça nous permet de dormir même quand il y a de la lumière. Et je vous assure que dans un dortoir de 10 lits dans un hostel, où certains se couchent à 1h du matin et d'autres se lèvent à 5h, c'est trop bien.


Les boules Quies sont également nos plus grandes alliées dans ce genre d'endroits. Par contre, en camping sauvage, on a arrêté de les mettre, on préfère entendre ce qui se passe autour.


On nous a aussi demandé si nos vêtements en laine de mouton mérino ne nous grattaient pas trop. Et bien non, et pourtant, même nos sous-vêtements sont en mérino. Et moi qui passe ma vie à avoir les pieds congelés, je constate une nette amélioration. Vivien peut désormais aller se coucher sans hurler en touchant un de mes doigts de pieds. Donc si vous avez des tendances à la congélation, allez vous acheter des vêtements en mérino ! C'est un peu plus cher que du synthétique ou du cotton, mais c'est trop bien ! Vous pouvez regarder chez Icebreaker, c'est notre préféré. Cliquez ici pour aller faire un tour sur leur site. Et vous pouvez aussi cliquer pour aller voir ce qu'ils font chez Woolpower. Pour vos vacances au ski ou votre jogging matinal en plein mois de janvier, c'est ce qu'il y a de mieux.Par contre, avec Woolpower, ne vous attendez pas à des vêtements sexy, la majorité de leurs produits sont unisexes. Sinon, il y a aussi du mérino chez Decathlon et chez GoSport, mais d'après ce qu'on a pu voir, les rares produits qu'il y avait étaient plutôt moches, et de qualité moyenne. Sinon, au Vieux Campeur, ils proposent beaucoup de mérino et beaucoup de marques différentes, dont Icebreaker et Woolpower.


Ce qu'il y a de bien avec le mérino, c'est que c'est naturellement antibactérien. Dans la vraie vie, Vivien et moi, on se douche une fois par jour et on change de vêtements tous les jours. Alors on appréhendait un peu pour le voyage, on se demandait si on n'allait pas se sentir sale en portant le même T-shirt plusieurs jours de suite. Quand la dame au Vieux Campeur m'a dit "Vous pouvez porter ce haut jusqu'à 10 jours d'affilée", je me suis juste dit "beurk". Mais on s'est vite rendu compte que c'était pas du pipo. Généralement, on les lave tous les 3-4 jours, et on ne se sent pas sale du tout, il n'y a pas d'odeurs ; et pourtant, on bouge beaucoup !


Niveau solidité, nos vêtements tiennent le coup ; pourtant on les maltraite un peu avec les ronces et on les porte tout le temps. Même s'ils sont fabriqués dans de très bons matériaux, ça reste des vêtements ultra légers, donc assez fragiles. On commence à voir quelques signes d'usure sur les pantalons et sur le drap de soie, et la trousse de couture a déjà été sollicitée. En partant, on se doutait bien qu'en un an, certaines choses devraient être réparées ou renouvelées.


Sinon, nos lampes frontales ont fini dans la poubelle d'un camping ; il y avait un défaut de fabrication et parfois, elles ne s'allumaient pas ou s'éteignaient en cours d'utilisation. On les a remplacées par des Petzl.


Sur nos smartphones, on à testé pas mal d'applications. On a essayé de privilégier les applications hors ligne parce que ça fonctionne partout et sans restrictions. En voici quelques-unes qu'on utilise beaucoup :


Locus map (fonctionne hors ligne) : un GPS avec enregistrement, modification et importation de parcours (.gpx) et plein d'autres fonctions. Seul petit défaut : il est assez lourd et prend son temps pour démarrer. Pour 8€ (version pro), il donne la météo partout dans le monde et propose d'autres trucs sympas. Une application complète, mais qui est surtout optimisée pour les randonneurs.


Mappy.cz (fonctionne hors ligne) : GPS tchèque similaire à Google map, mais qui propose des cartes hors ligne. Il a la particularité de faire apparaître les sentiers touristiques et les pistes cyclables : pratique pour improviser un trajet sur place en évitant de marcher le long d'une voie rapide. Ça donne aussi le nom des arrêts de bus et le numéro des bus qui y passent, et le fond de carte est plus complet (magasins, monuments, etc.)


Google Earth (nécessite une connexion) : je pense que beaucoup d'entre vous connaissent cette application, c'est une modélisation 3D de la Terre avec des images satellites. On l'utilise pour regarder dans quel champ on peut planter la tente (quand il fait nuit ou si on n'est pas encore arrivés sur place). Par contre, à utiliser avec modération via la 3G, sinon votre consommation de données va s'envoler.

  La modélisation n'est pas toujours aussi détaillée selon les endroits, mais c'est quand même magique

Currency (fonctionne hors ligne) : Un convertisseur de devises simple, personnalisable et efficace.


WordReference (nécessite une connexion) : Dictionnaire en ligne qui propose des traductions uniquement entre l'anglais et les autres langues, mais qui a l'avantage d'être assez complet. Sinon, il y a le dictionnaire hors ligne qui, comme son nom l'indique, peut s'utiliser sans connexion, mais qui ne trouve pas toujours ce qu'on lui demande.




Et pour répondre à l'éternelle question qu'on nous pose au moins une fois par semaine :


UN AN ?! MAIS ÇA VA ? VOUS N'AVEZ PAS ENVIE DE RENTRER ? LA FRANCE, VOS AMIS ET VOTRE FAMILLE NE VOUS MANQUENT PAS ?


LE RESSENTI DE VIVIEN :


Je ne regrette pas d'avoir investi du temps et de l'énergie dans ce projet. Au début, avec Lena, on se demandait si ça serait faisable et si ça nous plairait, mais on a vite réalisé qu'on a bien fait de se lancer !


Avant de me décider, je me suis demandé ce que je voulais vraiment faire dans ma vie. Et comme je ne regarde pas la télévision, progressivement je me suis éloigné de la vision du bonheur qui va avec. Parce que comme le dit si bien David Pujadas : "le journal [télévisé] véhicule sans doute une vision du monde : l'idée implicite que le salut et le bonheur résident dans la consommation ou l'accumulation des richesses." (La Source ! - réflexe d'historien ^^). Et quand je vois une pub avec un mec à bord de sa voiture neuve, trop content de traverser une ville (dans laquelle il n'y a jamais de feux rouges et de bouchons *lol) eh bien je n'ai pas vraiment envie de travailler plusieurs années pour ça. Moi, il me faut autre chose. Donc je me suis dit qu'au lieu d'acheter une voiture, on pourrait vendre la nôtre ; et qu'au lieu de travailler pour s'en payer une neuve, on pourrait prendre des vacances d'un an.


Le souci, c'est que notre société n'envisage pas trop cette éventualité. Rien qu'au niveau administration (CAF, fournisseurs d'énergie et compagnie), aucune case n'est prévue pour celui qui souhaite voyager et ne plus avoir de résidence. En fait, à part l'année sabbatique de fin d'études, ça paraît trop compliqué. Sauf qu'après les études, on n'a pas forcément 8 000€ en poche. Et une fois dans la vie active, il y a un éventuel CDI à décrocher, un achat de maison ou de voiture en vue, des enfants, la retraite, etc. Donc il faut être motivé parce que c'est un choix qui paraît assez risqué. D'ailleurs, beaucoup de gens m'on dit qu'ils auraient vraiment aimé faire un tel voyage ; mais que ce n'était pas possible dans leur situation. C'est vrai, ce n'est pas simple de lâcher certaines obligations, donc j'ai fait de ce voyage ma priorité, en sachant bien que ce serait sûrement plus compliqué après.


Et pour bien réfléchir à la suite de ma vie, quoi de mieux que d'être loin de tout ? En plus, visiter l'Europe, ça nous permet de rencontrer des tas de gens avec des modes de vie différents, et de voir des pays où l'économie fonctionne autrement ; ça donne plein d'idées !


Depuis trois mois, je profite et je m'enrichis plus que je ne l'ai fait pendant mes études ou mon CDD. En même temps, ce sont des vacances, me direz-vous. Oui, mais de mon point de vue, ce ne sont pas des vacances prolongées, mais plutôt un mode de vie (qui a aussi ses contraintes, comme on l'explique dans cet article). Et pour l'instant, c'est comme ça que je me sens plus épanoui et heureux. Et je réalise que le confort matériel ne me manque pas, même si je ne veux pas vivre indéfiniment comme un vagabond.


Ah oui, encore un truc que j'allais oublier : parfois on nous demande si on voyage exclusivement à pieds ou alors sans argent ; bref, si on a une démarche particulière. Eh bien non, on a juste envie de voyager à notre façon pendant un an, de visiter des lieux qu'on a envie de voir. D'ailleurs, ce voyage serait vraiment différent si je le faisais sans Lena. Pour voyager à deux, il faut parfois faire des compromis ; mais bien souvent, il y a plus d'avantages quand on est avec quelqu'un. Par exemple, pour faire du stop et du Couchsurfing sans se mettre en danger ou pour surveiller les sacs.





LE RESSENTI DE LENA


Je pense à peu près la même chose que Vivien, c'est vraiment enrichissant comme expérience. On apprend chaque jour de nouvelles choses, et on en prend plein la vue. Et oui, peut-être que le retour sera rude, on verra bien, mais je pense que ça vaut vraiment le coup. Il faudra trouver un travail et un logement, sachant que l'un ne va pas sans l'autre, donc ça ne va sûrement pas se faire en un claquement de doigts, mais on sera contents d'être partis.


Je voulais aussi dire que c'est impressionnant de voir qu'on peut voyager autant avec si peu d'argent. Entre le stop, le couchsurfing et la nourriture gratuite distribuée dans les villes, c'est vraiment possible de bouger sans se ruiner.


À Prague, un hôte nous a même donné une astuce pour envoyer des cartes postales sans timbre. À la place du timbre, vous écrivez "STS Student to Student", et vous mettez votre carte dans une boîte aux lettres en espérant que le postier soit cool. On en a envoyé 3 comme ça, et elles sont arrivées =)


Évidemment, ce n'est pas une vie de luxe, ça nous est arrivé de passer 3 jours sans se laver. Parfois on a encore envie de dormir mais on doit se lever et ranger la tente dès le lever du soleil pour ne pas avoir d'ennuis, et ça arrive qu'on doive partager un morceau de wasa et une pomme en deux pour le déjeuner parce qu'on est dans la cambrousse et qu'on n'a pas trouvé de magasin.


D'ailleurs, c'est dans ces moments-là qu'on se rend compte qu'on tient l'un à l'autre ; quand Vivien m'offre la place la moins pentue dans la tente, ou quand je lui laisse ma portion de biscuits alors que j'ai faim, ou quand il se lève pour aller voir à quelle espèce appartient l'animal qui fait ses vocalises devant la tente parce que j'ai les chocottes. Il y a un proverbe africain qui dit :


Toute seule, je n'aurais jamais fait de stop comme ça sur des longues distances, je n'aurais jamais dormi dans une tente dans des parcs, des champs ou des forêts, et je n'aurai pas dormi en couchsurfing chez des hommes seuls.


Et puis quand j'ai envie de m'arrêter 5 minutes, je vois Vivien marcher, et ça me motive à aller plus loin.


Comme à la maison, on se partage les tâches. Dès qu'on doit camper, on s'y met tous les deux, et en 20 minutes tout est prêt. Je monte la tente, je gonfle le matelas et je prépare tout ce qu'il faut pour le repas, pendant que Vivien fait le feu et met les sardines (planter les sardines, j'aime pas, c'est nul). Et quand on a très envie d'un bain, d'un festin ou d'un grand lit et qu'on doit dormir sous la pluie dans un champ et manger du riz au sel, c'est comme à la maison, on reste gentil et aimable. Sinon, ça fait longtemps qu'on aurait divorcé et qu'on serait rentrés. Parfois, l'un de nous peut être grognon parce qu'il a faim, parce qu'il est fatigué ou parce qu'il veut s'arrêter, et dans ces cas-là, on veille à bien communiquer et à se laisser un peu d'espace, comme ça on évite les accrochages.


En ce qui concerne les protections hygiéniques, j'appréhendais un peu, je me disais que ce serait compliqué (Messieurs, vous pouvez squeezer ce paragraphe si le sujet couches-culottes ne vous branche pas). En partant, j'avais emporté avec moi une cup et des serviettes lavables. J'avais peur de ne pas toujours avoir d'eau pour me laver les mains, je me demandais si les serviettes sécheraient assez vite en hiver, et si je pourrais stériliser ma cup tous les mois. Finalement, c'est super pratique pour voyager ; on arrive toujours à trouver de l'eau, j'ai toujours réussi à stériliser ma cup, et mes serviettes sèchent. Quand j'ai acheté les serviettes lavables Plim, je n'y croyais pas du tout, je me disais que le concept était franchement dégueulasse, que c'était un truc d'écolo mangeur de trucs chelous qui fait pipi dans des toilettes sèches, et que c'était juste pour pouvoir dire "Voilà, j'ai essayé, c'est nul." Et en fait, je suis satisfaite à 100%. C'est carrément moins dégoûtant que les protections jetables. Vraiment. On se sent moins sale et en plus, ça fait faire des économies. J'ai un peu fait la tête quand j'ai vu qu'une serviette coûtait 17€, et puis j'ai fait le calcul et je me suis vite rendu compte que des serviettes lavables me reviendraient 3 fois moins cher sur le long terme. Et puis chez Plim, ils font des serviettes de toutes les couleurs, avec des fleu-fleurs, des rayures, des papillons, des pois... Bref, il y en a pour tous les goûts. Si ça vous intrigue, vous pouvez cliquer .


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Et pour finir, voici quelques phrases qu'on a notées parce qu'elles illustrent bien notre mode de vie.


QU'EST-CE QU'ON PENSE DE LA FRANCE À L'ÉTRANGER ?


On entend un peu la même chose partout. Voici un petit résumé de ce qu'on a entendu : la France, c'est chic, il y a la mode et la gastronomie. Les voitures françaises sont choupies mais c'est de la merde. Il y a plein de musulmans et on est lâches parce qu'on les laisse rentrer chez nous alors qu'ils font des attentats et mettent en danger nos valeurs religieuses. La France c'est pas top en ce moment, c'était mieux avant. Les Français sont chauvins et ne veulent pas faire l'effort de parler anglais en général. Le pays est magnifique.


Globalement les gens aiment bien les Français mais les prennent un peu pour des cons à cause du président et des hommes politiques en général. On est lâches et peureux parce qu'on a laissé les Allemands nous envahir en 40, et on laisse rentrer tous les migrants aujourd'hui. On boit du vin à chaque repas et on est tous spécialisés en œnologie. En France, la moitié de la population porte un béret au quotidien et un T-shirt à rayures bleu marine et blanches.


Voilà les préjugés sur la France chez nos voisins Européens.


Ah, j'oubliais. Pour nous faire plaisir, quand on arrive quelque part, on nous met parfois Zaz, Indila et Louane. C'est le genre de chansons qui s'exporte le mieux apparemment.


Voilà, l'article est enfin fini. On espère avoir répondu aux questions que vous nous posez souvent. Si vous en avez d'autres, n'hésitez pas. Et promis, on n'écrira pas un article aussi long pour y répondre.

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Publié le 3 janvier 2017

Petite parenthèse en passant :


Ouiii ! Maintenant on peut légender les photos une par une ! Youpiii !


Mon genou ayant décidé qu'il serait prêt à repartir, le 13 novembre, on a décidé de partir pour le lac de Bled.


Niko a demandé à Nika, une couchsurfeuse qui était chez lui en même temps que nous, si elle pouvait nous prendre dans sa voiture jusqu'à chez elle, à Kranj, et nous héberger par la même occasion. Nika s'est arrangée pour que ses parents nous acceptent dans la maison, et le lendemain, on a pris un bus pour Bled, qui se situe juste à côté.


On est restés seulement une heure dans la ville donc c'était une visite express "à la japonaise".

Kranj

Bled, c'est une villounette avec un lac au milieu, et au milieu du lac, il y a une petite île, et sur l'île, il y a une église. Mais nous on n'est pas allés sur l'île parce qu'on n'avait pas assez d'argent pour le bateau, et vu qu'il ne faisait pas plus de 3°C, on a préféré ne pas y aller à la nage.


D'ailleurs, en Slovénie, sur chaque petit sommet inaccessible, il y a une église ou un château. Et des petits sommets inaccessibles, il y en a un paquet.


On était super content d'être à Bled (qui est effectivement un bled). On était de nouveau sur la route après notre long arrêt à Celje.


La première nuit, on a décidé de dormir à l'hostel. En marchant autour du lac, on a vu qu'il y avait un camping fermé pour l'hiver, alors on a décidé d'y dormir la deuxième nuit, et de revenir à l'hostel la troisième nuit. Comme ça, on a pu avoir une douche et manger chaud chaque jour et économiser un peu. Dans le camping, en arrivant, on est passés devant une caméra allumée et on s'est demandé si quelqu'un viendrait nous dire de partir. Et après on a pensé que si des gens nous voyaient, ils auraient plus pitié qu'autre chose, vu la température. D'ailleurs, cette nuit-là, j'ai eu un peu froid aux pieds.


La nuit, j'ai été réveillée par du bruit. J'ai entendu une voiture rouler très vite devant le camping, piler, les portes ont claqué, il y a eu des bruits de paquets jetés, et la voiture est repartie aussitôt. Moi, pas réveillée et toujours pleine d'imagination, je me suis imaginée qu'un Slovène pas clair était en train de jeter deux cadavres devant la tente. Dans la réalité, la voiture s'est arrêtée sur une route le long du camping. Mais bon, on ne saura jamais quel genre de paquets il a jeté, ce Slovène pas clair, au milieu de la nuit.


Pendant qu'on remballait la tente le matin, on a vu un type qui contrôlait l'état des sanitaires dans le camping. Il nous a longuement regardé, et puis il est parti. Je pense qu'il s'est demandé pourquoi on avait dormi dehors alors que les flaques d'eau étaient gelées autour de nous. Pour lui, ce serait sûrement une bonne histoire à raconter à sa femme le soir en rentrant à la maison.

Bled 

De Bled, on est allés au lac de Bohinj en stop. C'était encore plus beau que Bled. Le lac est plus grand, et il est entouré des montagnes enneigées du Triglav. On a vraiment aimé cet endroit. Par contre, mon genou, il a pas trop aimé.


Le Triglav, c'est LA montagne de Slovénie. Il est sur les pièces de 50 centimes d'euro, sur le drapeau, et sur couchsurfing, 2 hôtes sur 3 posent avec le Triglav en arrière-plan pour leur photo de profil. D'ailleurs, dans leur profil, ils ont tous comme hobby la randonnée ou l'escalade. La montagne, ça fait partie de l'identité slovène.

Le lac de Bohin

On est aussi allés voir les gorges de Vintgar, pas loin de Bled. Ce sont des gorges où coule une rivière turquoise. C'est beaucoup plus beau en vrai que sur les photos, évidemment. Sur le chemin, on est allé dire bonjour à des vaches dans un pré. Ce qui est cool avec les vaches, c'est qu'elles sont toujours dispo pour rencontrer des gens. Il suffit de s'approcher un peu et elles accourent toutes, impatientes de voir à qui appartiennent ces nouvelles têtes.

Les gorges de Vintgar 

Le 17 novembre, on est partis en stop à Ljubljana, et de Ljubljana, on a pris un Prevoz (sorte de BlablaCar Slovène) pour Koper, une ville de la côte, près de la frontière italienne. Après les montagnes enneigées de Bled et de Bohinj, c'était vraiment dépaysant. Les palmiers dans les rues, les ruelles étroites, les pizzas dans les boulangeries et les 10° en plus nous ont fait sentir qu'on approchait de l'Italie. En plus, les publicités et les panneaux de signalisation sont ecrits à la fois en slovène et en italien.


On a goûté des baklavas, des pâtisseries pleines de gras et de sucre, et on tombés d'accord sur le fait que celles de Koper sont une tuerie. Comme dirait Marie, "J'en mangerais sur la tête d'un pouilleux."


On a vu des affiches pour la fête du kaki, alors j'étais super contente parce que les kakis, j'adore ça !!! On est arrivés dans la région du kaki pendant la saison du kaki. On a appris qu'il y en avait plusieurs sortes, c'était passionnant.


On a dormi une nuit en couchsurfing chez Gašper, et 2 autres dans la caravane de Gregor. Gregor, c'est un mec qui a voyagé dans le monde entier grâce au couchsurfing, alors il a décidé d'aménager une caravane dans son jardin ouvrier pour les couchsurfers. À l'intérieur, il y a des cartes de la ville, le règlement intérieur de la caravane, des couvertures et des bougies. Oui, parce qu'il n'y a ni électricité, ni eau, sur le terrain. Dans la caravane, il y avait aussi des cagettes de kakis qui finissaient sagement de mûrir, et dehors, il y avait des arbres à kakis. D'ailleurs, ça s'appelle des plaqueminiers (info passionnante du jour).


Comme mon genou redonnait des signes de mécontentement, on a décidé de chercher un moyen de se stabiliser pour au moins deux semaines. Du coup, on a pensé au WWOOFing. Le principe du WWOFing (World-Wide Opportunities on Organic Farms), c'est d'aider dans une ferme, et d'être nourri et logé en échange. Sur le site, la plupart des personnes qui demandent des Wwoofers sont des végétariens ou des vegans qui veulent arriver à devenir des fermes autosuffisantes, ils aiment souvent la méditation, le yoga et les remèdes ayurvédiques. Mais il y a aussi des propriétaires de fermes plus conventionnelles, des propriétaires de ranch ou de fermes pédagogiques.


On comptait tester le WWOOFing plutôt vers la fin de notre voyage, mais avec mon genou, il fallait trouver un moyen de se stabiliser sans se ruiner. Pour attendre les réponses sur internet, on s'est dit qu'il fallait un logement pas cher avec une douche, donc on est partis de la caravane et on est allés s'installer dans un camping ouvert à Lucija, à quelques kilomètres de Koper.

Koper 

Par la même occasion, on est allés visiter Piran, une très jolie ville (où il y a de la glace à la noisette).

Piran 

À Lucija, on s'est promenés autour des salines. C'était vraiment incroyable de voir pousser des grenadiers, des cactus et des oliviers alors que quelques jours avant, à Bled, il n'y avait presque plus aucune feuille sur les arbres.


On a trouvé un billet de 5€ égaré, on était très contents. D'habitude on ne trouve que des centimes, ou des pièces étrangères. On a trouvé un rouble, un cent américain, des couronnes dannoises... On donne ces pièces aux musiciens dans les rues parce qu'on ne sait pas trop quoi en faire, ça pèse trop lourd.


Dans le camping, le soir, j'ai posé mon pantalon de pluie sur un banc, près de la tente, et puis quand je suis revenue de la douche, il n'y était plus. Quelqu'un a dû passer par là et se l'approprier. Alors c'était pas super cool, parce que mon pantalon, il avait quand même coûté la modique somme de 300€, et puis pour en trouver un autre du même type, il fallait aller sur internet. Mais comme on savait pertinemment qu'on perdrait des choses pendant le voyage, on s'est dit qu'on ne laisserait plus traîner nos affaires parce que non, nous ne sommes pas entourés de Bisounours bienveillants, et on s'est dit que ce n'était pas un drame, qu'on en commanderait un sur internet quand on aurait une adresse en WWOOFing, un moins cher et plus léger. Rose à paillettes si possible pour égayer tout ça.

Lucija 

L'attente des réponses pour le WWOOFing n'était pas un moment super agréable parce qu'attendre dans l'incertitude n'est jamais très agréable, et puis il a plu 2 jours de suite (en camping c'est moyen) et je me suis fait voler mon pantalon. Et surtout, j'étais de très mauvaise humeur parce que j'avais la sensation que mon mal de genou allait faire foirer tout le voyage. Je me sentais vraiment coupable et Vivien a eu du mal à me remettre d'aplomb. Finalement, il a fini par me rappeller qu'avant de partir, on avait pensé que l'un de nous pourrait se blesser ou en avoir marre, et qu'on s'était préparés à la possibilité de s'immobiliser, de changer d'itinéraire, voire même de rentrer. Et il m'a aussi dit que de toute manière, s'arrêter au chaud pendant un morceau de l'hiver n'était pas forcément un mal. Donc j'ai arrêté de faire la gueule.


Une dame dans une ferme avec des chevaux nous a répondu, en nous disant qu'elle ne pouvait accueillir qu'un seul WWOOFeur, parce que c'était trop juste financièrement et qu'elle ne pouvait pas nourrir deux personnes. On a réfléchi et on lui a proposé de payer 10€ par jour pour la nourriture, comme ça on avait un toit au chaud pas cher, elle avait de l'aide dans sa ferme, et tout le monde il était content. On a choisi cette solution, parce que dans notre zone de recherche, soit les gens ne pouvaient loger qu'une seule personne, soit ils n'avaient pas besoin de WWOOFeurs pour l'hiver.


Donc on a re-traversé la Slovénie en Prevoz pour retourner à l'est, à 20 min de Maribor, dans la cambrousse. On a dit au revoir aux cactus et aux oliviers de Lucija et on est revenus dans des températures négatives.


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Petit aparté sur la Slovénie


On nous a dit que beaucoup de gens confondaient la Slovaquie avec la Slovénie. Avant le voyage, on faisait d'ailleurs partie de ces gens.


Ça énerve les Slovènes, ce que je comprends. Moi, si on me qualifiait de Slovaque, je n'apprécirais pas trop (je rigole, on a rencontré des Slovaques super sympas en couchsurfing et en stop).


En même temps, ils le font un peu exprès ! Les deux pays sont assez proches géographiquememt, ils ont quasiment le meme nom (a quelques lettres près), et leurs drapeaux sont quand même hyper ressemblants. Pas étonnant ensuite, que lors des Jeux Olympiques, le mauvais drapeau soit hissé lors de la remise des médailles, ou que pendant le championnat international de handball, le mauvais nom de pays soit affiché dans la salle.

Slovaquie/Slovénie 
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La propriété de Lucija 

Les quelques jours qu'on a passés en tant que fermiers n'étaient pas agréables, non pas à cause du travail qu'on devait faire, mais à cause de la personnalité de la propriétaire. On va vous éviter un récit trop long et trop détaillé ; surtout qu'on n'a vraiment pas envie de perdre du temps à écrire sur ce sujet. C'est aussi pour cette raison qu'on publie l'article presque 2 mois après. Mais on va quand même vous raconter rapidement comment ça s'est passé, en essayant de retranscrire le côté burlesque de la situation.


La propriétaire de la ferme s'appelait Lucija, elle avait des cheveux en pétard couleur rouille, la cinquantaine et un dynamisme hors du commun. Elle nous a montré sa grande ferme dans laquelle il y a des écuries, une petite chappelle, et quelques bâtiments. C'était vraiment très beau comme endroit, mais il y avait encore beaucoup, beaucoup de travaux à faire. Elle nous a dit que la propriété venait juste d'être classée monument historique, et que du coup c'était compliqué, parce que pour faire les travaux, il y avait un cahier des charges très strict, impossible à respecter sans dépenser des milliers d'euros.

Lucija avait besoin qu'on s'occupe des boxes des six chevaux et du poêle à bois. Il fallait aussi nourrir les 6 chats, les deux énormes cochons et les 13 poules ; et faire un grand ménage dans la maison parce que Lucija était débordée et elle n'avait plus le temps de s'occuper de son intérieur.

Les animaux 

En gros, la charge de travail n'était pas énorme ; on avait déjà connu des journées bien plus chargées en boulangerie-patisserie. Alors on s'est dit qu'on pourrait passer trois semaines tranquillement ici.


Malheureusement, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour se rendre compte que Lucija était malpolie, désagréable et aussi manipulatrice.


Elle nous avait dit que chez elle c'était cool, qu'on aurait deux jours libres par semaine, et qu'on pouvait manger quand on voulait ce qu'on voulait.


Sauf que dans les faits, toutes ces promesses de sont vite envolées. Pour déjeuner, il fallait attendre jusque tard dans l'après-midi, parfois jusqu'à 17h. Et pour les jours de repos, elle nous a tellement fait culpabiliser quand on lui a demandé notre première journée off, qu'on a préféré ne pas demander la deuxième pour éviter d'entendre le même discours. Certes, le travail ne prenait pas toute la journée, mais Lucija avait oublié de préciser qu'il fallait être prêt à bondir de notre chaise à tout moment pour la suivre quand il y avait quelque chose à faire, de 7h30 du matin à 23h. Donc on n'avait jamais de vrais moments de repos. Pourtant, on lui avait proposé d'effectuer plein de tâches et de planifier nos journées à l'avance. Mais on s'est vite rendu compte qu'elle n'avait aucune organisation et qu'elle faisait un peu n'importe quoi, autant avec son temps qu'avec son argent, et surtout, qu'elle était vraiment dans la mouise. Et c'est sûrement cette situation qui la rendait si désagréable.


D'après ce qu'on a réussi à savoir, il y a quelques années, quand elle était prof d'économie, elle avait acheté cette propriété pour la restaurer avec son mari. Mais depuis, les choses n'allaient plus si bien ; ils s'étaient séparés et elle avait quitté son job sur un coup de tête parce qu'elle n'avait plus le temps de s'occuper de ses chevaux.


Le problème, c'est qu'avec le temps, je pense qu'elle a oublié ses compétences dans le domaine de l'économie. Au moment où nous sommes arrivés dans sa ferme, elle avait 2000€ de crédit à payer par mois alors que la location des boxes ne lui rapportait pas plus de 600€.


Et au lieu de vendre la propriété ou de chercher activement du travail, elle passait son temps à faire de la dentelle sur des cravates pour en tirer 40€ pièce, ou à vendre des boites d'œufs à domicile pour 2€.


Je pense qu'elle consacrait tout son temps à ses cravates et à ses œufs parce que ça lui procurait l'illusion gratifiante d'avoir gagné de l'argent. Sauf que quand on a 2000€ de crédit, déjà, on réfléchit à deux fois avant de démissionner, et on ne s'amuse pas à peindre des cravates dans sa chambre. Et surtout, on ne dépense pas de l'argent dans des bouteilles de vin, des légumes qu'on laisse moisir dans sa cave ou des lampadaires pour le jardin.


Son raisonnement allait assez loin dans le ridicule. Un soir, on avait fait de la brioche (on lui avait proposé avant et elle avait trouvé l'idée géniale) et elle nous a froidement interdit d'en refaire une deuxième, en nous expliquant qu'elle avait à tout prix besoin de vendre ses oeufs. En disant explicitement au passage qu'on lui coûtait trop cher en nourriture. Et le soir même, elle revenait du supermarché où elle avait acheté un gâteau style brioche beaucoup plus cher que les 3 œufs dont on avait besoin.


Bref, on regrettait déjà d'être venus ici et de s'être inscrit (en payant) sur le site de Wwoofindependant pour l'occasion.


En fait, Lucija avait investi tellement d'énergie et d'argent dans cette ferme qu'elle ne voulait la perdre pour rien au monde. Sauf qu'elle faisait tout pour éviter de voir la réalité. Parce que concrètement, elle avait la cinquantaine, elle était endettée jusqu'au cou et sa ferme était à moitié en ruine.


La façon dont elle percevait les choses nous a fait penser à cette vidéo de la chaîne Sciences Étonnantes a propos du fonctionnement de notre cerveau. Ça nous explique que le cerveau donne plus de valeur aux choses qu'on possède qu'elles n'en ont en réalité. En gros, Lucija pense que sa ferme est un trésor inestimable, mais si elle ne l'avait pas et qu'elle devait acheter la même, elle ne lui accorderait plus du tout la même valeur. Et ça marche pour vous comme pour moi. Par exemple, si un vendeur de voiture vous fait essayer un modèle : en revenant de votre balade, vous aurez l'impression que c'est déja votre voiture, alors vous trouverez qu'elle a plus de valeur. Et hop, le vendeur peut vous la vendre à un bon prix, vous accepterez plus facilement : )


Mais revenons à notre histoire de ferme.


Donc malgré la situation, Lucjia n'envisageait pas du tout de la vendre. Elle préférait se plaindre des injustices dont elle était victime, en accusant les hommes politiques de son pays.


Et elle nous exposait souvent ses rêves de gagner à la loterie, ou de trouver un millionnaire qui voudrait bien partager sa vie avec elle.


Sinon, elle pensait aussi étaler encore plus son crédit, alors qu'il courait déjà sur 20 ans (moi, si j'étais son banquier, je trouverais son dossier un peu fragile).


Ça nous faisait de la peine de voir à quel point des gens peuvent se mettre à tel point en danger. On trouvait la situation si alarmante qu'on a même passé notre "temps libre" à réfléchir à quand on rentrerait. Ça nous a donné envie d'éviter de faire les mêmes erreurs, même si on sait bien qu'on ne choisit pas toujours tout dans la vie. On s'est renseigné sur le prix d'une maison, sur le marché immobilier et on a fait des estimations du nombre d'années qu'il nous faudrait pour économiser.


Comme Lucija parlait sans écouter, on devait se comporter avec elle comme avec un enfant. On ne devait pas lui révéler que le Père Noël n'existe pas. On faisait semblant de l'aider à remonter la pente. Alors qu'en fait, Vivien nourrissait les animaux en se demandant où ils iraient après la saisie des biens ; et moi je lavais les carreaux pour le commissaire priseur.


On avait du mal à supporter son caractère et on voulait partir au plus vite. Sauf qu'on avait commandé un nouveau pantalon de pluie à son adresse, donc on devait prendre notre mal en patience.


Et puis un matin, Lucija a débarqué dans la cuisine en faisant un scandale, alors on a décidé de partir. Pendant le petit déjeuner, elle est arrivée avec une tête de folle, et elle a dit : "Vous avez fait une chose terrible, je suis si en colère !"


On se demandait bien ce que ça pouvait être. Je me suis dit qu'on avait mal fermé une porte et que ça avait refroidi la maison, ou alors que j'avais touché un truc qu'il ne fallait pas en nettoyant. Mais non. C'était bien plus grave que ça.


"Vous avez ouvert ce pot de moutarde !" s'est-elle ecrié en brandissant un petit pot de moutarde française au noix périmée depuis un mois. "Vous n'avez pas assez d'argent pour repayer ça, cette moutarde avait une valeur sentimentale énorme pour moi, c'etait un cadeau !!!"


On a essayé de s'excuser mais elle nous a coupé net en disant. "C'est assez, plus un mot !" Et elle est théâtralement repartie dans sa chambre pour faire de la dentelle.


Il était hors de question qu'on reste une journée de plus chez cette vieille folle (on sait qu'il ne faut pas dire ça de quelqu'un, mais on vous livre quand même notre ressenti). On voulait lui répondre ce qu'on pensait de son comportement, parce que c'était quand même la première personne qui avait réussi à nous énerver depuis notre départ. Sauf qu'on ne voulait pas que ça s'envenime. On avait un colis qui devait arriver chez elle ; et on la croyait capable de nous mettre des bâtons dans les roues.


Donc avant de discuter (de toute façon on n'avait plus le droit de parler) et de partir définitivement, on a pris nos précautions pour éviter les problèmes. On est partis se balader l'air de rien pour aller à la poste et détourner notre colis. C'était compliqué, mais la postière était tellement efficace qu'elle a contacté la compagnie en charge de notre colis, et a réussi à le faire arriver le lendemain dans son bureau.


Donc on est rentrés à la ferme, on a pris nos sacs, et on a dit à Lucija qu'on partait. Comme elle parle sans écouter les gens, la conversation qu'on a essayé d'avoir avec elle s'est vite transformée en suite de phrases sans réelle cohérence. Un mix entre du Beckett et du Tchekhov. Ça devenait tellement mélodramatique qu'on est sortis.

Un graffiti qui nous a fait sourire quand on est partis de la ferme 

On était super contents de partir et de laisser Lucija gérer ses affaires toute seule comme une grande. On a passé la soirée à la pizzeria du village, et on est allés camper derrière la poste dans un champ. On était aussi heureux qu'un tolard emprisonné suite à une erreur judiciaire qui retrouve soudainement la liberté. Le lendemain après-midi, le livreur nous a enfin apporté notre colis. On avait l'air tellement heureux que la postière nous a fait un câlin et nous a donné des bonbons.


On a sauté dans un bus pour Maribor et on a eu notre Prevoz pour Koper à une minute près. Après 13 jours chez Lucja, on avait qu'une envie, aller en Italie.


Koper 
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Publié le 21 janvier 2017

Le 8 décembre, après une bonne nuit dans une chambre d'hostel qui sentait la chaussette, on a décidés de manger encore un petit baklava (hors de question de quitter Koper sans un dernier baklava) et d'aller faire du stop avec une pancarte ITALIA. Malheureusement, au bout d'une heure, on en était toujours au même point. Du coup, on est allés à la gare des bus. Là, une dame nous a dit "il n'y a aucun bus pour l'Italie aujourd'hui, c'est ferrié en Italie." Après nos aventures mélodramatiques à la ferme, on avait vraiment envie d'arriver en Italie, pour avoir l'impression d'avancer. Et comme plus rien ne pouvait plus nous arrêter, on a décidé d'aller à Trieste à pieds. Il y avait un sentier, donc ça tombait bien. On était super contents de marcher, d'être libres après 13 jours d'arrêt chez Lucija. On avait l'impression que le voyage reprenait enfin. Mon genou me faisait sentir qu'il ne fallait pas faire de marathon, mais l'immobilisation lui avait fait beaucoup de bien.

De Koper à Trieste à pieds

On est allés demander de l'eau dans le café d'un village et on a cherché un endroit sympa où passer la nuit. Après un magnifique couché de soleil, on a marché un moment dans la nuit et on s'est choisi une belle oliveraie, à quelques dizaines de mètres de la frontière.

L'arrivée en Italie 

On était super contents d'arriver à Trieste. Il y avait des décorations de Noël partout, l'ambiance était magique ! Gloria, Valerio et leur fille Vita nous ont accueilli chez eux en couchsurfing.

Trieste 

Ça nous a fait tout drôle de passer des petites villes slovènes aux grosses villes italiennes. En Slovénie, les grandes villes et la capitale sont petites, à l'échelle du pays. En Italie, les villes sont aussi grandes qu'en France ; il y a plus de deux étages aux maisons du centre ville et plein de monde dans les rues. La densité de population est plus importante, du coup il y a plus de traffic et les gens prennent beaucoup le scooter et le vélo pour aller plus vite. Ça nous a étonné d'entendre des klaxons dans les rues après la Slovénie, toute calme avec ses montagnes et ses forêts.

Gloria et Valerio nous ont emmené voir le site archéologique d'Aquileia. On a pu voir les magnifiques mosaïques dans la basilique. Après, ils nous ont emmené voir Palmanova, une ville fortifiée qui est impressionnante vue du ciel. Comme on n'a pas d'hélico privé, je vous montre une photo prise sur le site internet de la ville.

Aquileia et Palmanova 

Après, on a loupé notre bus pour Venise parce que la voiture de Gloria a crevé sur la route pour aller à la gare des bus. On l'a loupé à 4 minutes près, et comme on avait acheté le billet sur internet et que le bus était déjà parti, on n'a pas pu se faire rembourser. Du coup on a opté pour le train.

On s'est dit qu'il y avait une malédiction qui touchait les lieux et les personnes qui s'appellaient Lucija. Au camping de Lucija, on m'avait volé mon pantalon. On avait dû s'enfuir de la ferme de Lucija parce que c'était invivable. Et là, on avait loupé notre bus pour la gare de Venise, qui s'appelle Santa Lucia. On va finir par devenir superstitieux avec ce prénom, au point de s'en méfier !

On a donc fini par arriver à Venise. Et on est tombés amoureux, cette ville est incroyable. D'ailleurs, on ne sait pas trop quoi vous en dire, à part qu'il faut y aller avant de mourir parce que c'est une ville merveilleuse. C'était tellement beau qu'on est restés une journée de plus. On a eu tour à tour un soleil estival et une ambiance magique dans le brouillard. C'était trop bien !!!

Venise ! 

Après Venise, on est allés à Padoue. Mais comme on n'avait trouvé personne chez qui dormir en couchsurfing, on a passé du temps à essayer de trouver une solution et on n'a pas vraiment profité de la ville. Et puis c'est difficile de s'émerveiller devant une ville quand on vient juste de voir Venise ! En désespoir de cause, on a voulu dormir dans le hall des urgences de l'hôpital de Padoue, mais on n'a réussi à rester que pour manger notre salade de rucola puisqu'un vigile nous a dit qu'il fallait partir.

Padoue

Comme c'est une grosse ville, on ne pouvait pas planter la tente, alors on était un peu coincés. On a donc pris un train pour Vérone. Une ancienne scoute qui passait par là en voiture nous a vu errer autour d'un champ alors elle nous a aidé à trouver LE champ parfait. On a dormi comme des bébés. Pas de bruit de bêtes, de voitures ou de monstres.

Après, on est allés voir Vérone ; initialement, on n'avait pas du tout prévu d'y passer, et en fait, on est super contents d'y être allés parce que c'est une ville vraiment belle.

Vérone

Juste avant de quitter Vérone, dans un supermarché, on a rencontré Frantz, un Français qui s'est installé en Italie. Il nous a entendu débattre en français au rayon biscuits alors il est venu nous parler. Il nous a invité à passer la nuit chez lui, à Peschiera del Garda, sur les bords du Lac de Garde. On a passé une très bonne soirée, avec lui et son amie Lina Rosa qui a fait un super cheese cake pour l'occasion.

Peschiera del Garda, chez Frantz 
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Publié le 2 février 2017
Vernazza 

Après Vérone, le 18 décembre (jour de l'anniversaire de Mme Coraline Menguy), on est partis pour le parc national des Cinque Terre. Ce sont cinq villages tout mignons construits sur les falaises de la côte. Il y a Levanto, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore. On voulait voir tous les villages en les reliant en marchant, mais certains des chemins étaient fermés pour l'hiver, alors on a fait une partie à pieds et une partie en train.

Pendant toute une journée, on a eu beaucoup trop chaud, même en T-shirts (on était le 21 décembre). Ça nous a rappelé que l'Italie, ça n'aurait pas été super pour nous en été, parce qu'on aurait dû porter 3kg d'eau en plus et slalomer entre les touristes français et japonais (qui étaient déjà fort nombreux en cette période hivernale).

En tout cas, on a vraiment aimé ce parc national. Si vous ne savez pas quoi faire de vos vacances de Pâques, vous pouvez vous prévoir un weekend pour aller crapahuter dans les Cinque Terre, c'est pas loin de la France.

Les Cinque Terre 

On a établi notre base dans la ville la plus proche, La Spezia. Ce qui nous a le plus marqué, c'est l'hostel dans lequel on a atterri. Le patron, un Roumain qui parlait français, nous a accueilli avec des coupes de vin pétillant, des chocolats et du pannetone. En fait, on était ses premiers clients, l'hostel venait d'ouvrir. On avait choisi cet hostel parce que c'était le moins cher. En fait, il y avait eu une erreur sur le site de Booking, et le prix de la chambre était de 10€ la nuit au lieu de 20€.

Très vite, on s'est demandé si l'hostel n'allait pas fermer rapidement. Il était placé sous la voie ferrée, à côté d'une grosse route, et il fallait 25 min pour y arriver à pieds de la gare. Alors qu'il était au même prix qu'un autre hostel juste à côté de la gare, super bien noté sur booking, et qui avait l'air nettement plus cool sur les photos. Quand on est arrivés, on a vu qu'il n'y avait pas de plaques de cuisson, contrairement à ce qui avait été indiqué sur le site ; énorme handicap pour nous, puisque manger chaud en hiver, c'est hyper important quand on passe ses journées dehors. Et le resto... c'est trop cher. Le soir, quand j'ai dit au patron qu'il devait y avoir une fuite quelque part parce que ça sentait le gaz à côté de la chaudière, il m'a répondu avec son accent roumain "Oui, mais je pense que ça va. S'il y a fuite de toute façon il y a air avec trou dans fenêtre."

Mais lui et sa femme ont été tellement gentils avec nous qu'on n'a pas osé leur mettre un commentaire détaillé sur booking, on a préféré ne rien mettre.

La Spezia

Le 21 décembre, on est partis pour Florence. On n'est restés que 2 jours parce qu'on s'était réservé un AirBnB à Ravenne pour passer Noël, alors on n'a pas eu le temps de voir tout ce qu'on aurait voulu. Mais c'est pas grave, parce qu'on a tellement aimé la ville qu'on compte y retourner une autre fois pour y passer plus de temps. On a été époustouflés par le duomo (la cathédrale). C'est le plus beau bâtiment qu'on ait vu jusqu'à présent. C'est vraiment magnifique. J'ai essayé de le prendre en photo, mais comme la plupart des choses en Italie, ÇA NE RENTRE PAS SUR LES PHOTOS ! Comme on était là juste avant Noël, la ville était très animée, c'etait vraiment sympa de se perdre dans les rues.


On a fait une sympathique rencontre avec des punaises de lit (la hantise du voyageur) dans l'hostel de Florence. Pour plus d'informations sur ces insectes fornicateurs, je vous conseille La sexualité des punaises de lit, article qui figure dans L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber. Si vous avez trop la flemme d'aller à la bibliothèque, vous pouvez cliquer pour le lire. Vous y apprendrez à quel point certains animaux de la Création sont débauchés.


La réaction aux piqûres des punaises peut être très différente d'une personne à l'autre. Vivien a eu 2-3 boutons qui sont partis rapidement. Pour ma part, j'ai eu des démangeaisons comme jamais je n'en avais eu avant. Je n'ai eu que 8 piqûres, mais j'ai vraiment dû lutter pour ne pas me gratter pendant une semaine. Je me suis tartiné de vinaigre et de citron pour ne pas sombrer dans la folie. Et j'ai gardé ces boutons énormes, rouges et glamour pendant 15 jours.


J'avais très peur qu'on ait amené quelques échantillons de ces bêtes immondes dans nos sacs à dos, mais heureusement, les punaises sont sagement restées à Florence, à attendre le sang frais des voyageurs suivants.

Florence 

Le 23 decembre, on est donc arrivés dans notre appartement AirBnB (AirBnB, c'est un site internet sur lequel on peut louer un appart ou une chambre à des particuliers). L'appart était parfait puisqu'il y avait un vrai four, et on avait bien l'intention de se faire un bon repas de Noël. Évidemment, on a dû faire appel au système D, parce qu'on n'avait pas tout le matériel nécessaire. On a réinventé la fonction de certains objets de l'appartement et on est allés demander un fouet de cuisine au voisin.


On s'est fait de la brioche, de la tarte au citron meringuée, de la viande bien saignante, des haricots verts, des pizzas...


Après nos sanwichs au wasa, nos biscuits à l'avoine et nos boites de maquereaux, ça nous a fait un bien fou. Pour nous, c'était vraiment Noël !

Notre festin de Noël 

À Ravenne, je me suis racheté des livres, parce que ça me manquait vraiment. J'avais dit en partant de France que je n'en prenais parce que ça pesait trop lourd, et puis comme ça me manquait trop, je m'étais acheté L'élégance du hérisson à Talinn. Après avoir lu 10 pages, je l'avais oublié dans un bus à Rzeszów en Pologne. 10 pages, juste le temps de mettre l'eau à la bouche. Dès que je rentre, je le trouve et je le lis ! Et depuis la Pologne, soit je n'avais pas réussi à trouver de livre en Français, soit je n'avais pas pris le temps d'en chercher. Donc à Ravenne, comme il y avait autre chose que du Camus dans la librairie, je me suis fait plaisir.


On a passé la majeure partie de notre séjour à faire la cuisine ou avachis dans les fauteuils de l'appartement, parce qu'on en avait vraiment besoin. Mais on a quand même mis le bout de notre nez dehors pour voir la ville. Pour voir les célèbres mosaïques de la ville, il faut payer, alors on n'y est pas allés. On s'est dit qu'on irait les voir quand on reviendrait à Florence parce que ce n'est pas loin. Des gens nous ont dit que c'était dommage, mais nous, ça ne nous a pas dérangé plus que ça puisqu'on s'est bien reposés.

Ravenne, la ville de la mosaïque

Pendant notre séjour à Ravenne, on a un peu revu le déroulement de la suite du voyage, parce qu'avant de partir, quand on travaillait encore, c'était assez difficile de se projeter si loin dans le temps ; il fallait donc réadapter un peu tout ça.


On arrive plutôt bien à gérer notre argent (sauf en Italie) et le stop nous permet de nous déplacer facilement (sauf en Italie). On s'est donc dit qu'on pouvait ajouter quelques étapes sur notre route, histoire de ne pas rentrer trop tôt en France. On a ajouté à notre programme la Sicile, les pays des Balkans (Albanie, Bulgarie, Monténégro) et la Grèce. Ensuite, on aimerait faire un saut à Istanbul et se balader en Roumanie, pour ensuite retourner tranquillement en France.

Voilà ce que ça donne :

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Du 28 décembre au 8 janvier, on a marché sur le sentier du pèlerinage de Saint François d'Assise.


François, Francesco pour les Italiens, c'est un mec qui a décidé qu'il vivrait simplement, pour se vouer à Dieu. Pour bien le montrer, il s'est mis tout nu. Comme l'église ne cautionne pas trop les nudistes, un évêque s'est empressé de lui filer son manteau. François était très branché animaux et fleu-fleurs. Il aurait d'ailleurs apprivoisé un loup (le loup de Gubbio) pour qu'il arrête de manger les gentils moutons des bergers. François est connu pour son Quantique des Créatures, dans lequel il dit que la Terre et ce qu'il y a dessus, c'est cool. Si ça vous chante, vous pouvez le lire .


On considère aujourd'hui François comme LE saint du développement durable, de l'écologie et tout et tout.


Nous n'avons pas marché sur les pas de Saint François dans un but religieux, mais parce que le chemin avait l'air sympa. Ça nous a permis de découvrir la Toscane et l'Ombrie, qui sont des régions magnifiques.


Petite précision concernant le pain en Ombrie (déformation professionnelle) : n'ahetez pas de pain en Ombrie. Remplacez-le par autre chose, je sais pas, moi, des pâtes par exemple. Il n'est pas bon. Au début, on a pensé à une erreur, on s'est dit qu'on avait acheté un pain sans sel pour les gens qui suivent un régime spécial. Mais non. Là-bas, les boulangers ne salent pas (ou très peu) le pain. Les gens le mangent avec de l'huile d'olive et du sel. Mais même comme ça, c'est pas très bon.

Notre parcours à pieds. De La Verna (au nord) à Gubbio (au sud)

Comme François est un saint qui incarne le dénuement et la vie simple, on s'était dit qu'on pourrait trouver des hébergements pour pèlerins simples et pas chers tout le long du trajet. Mais c'était une erreur...


Si le chemin du pèlerinage permet de vivre dans la pauvreté comme Saint François, c'est parce que chaque logement dépouille les pèlerins de leurs économies.


Les hébergements sur le chemin sont plutôt destinés à des randonneurs qui veulent goûter la gastronomie du coin qu'à des pèlerins en quête de simplicité. Et alors qu'à Venise, ville touristique par excellence, on avait trouvé un hostel pour 21€ la nuit pour deux, plusieurs établissements religieux nous ont proposé un dortoir pour 50€ (dont un sans chauffage).


Si les prix sont si élevés, c'est que comme sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, la majorité des pèlerins sont des retraités qui aspirent à un certain confort durant leur voyage. Sur le chemin de Compostelle, il y a même des sociétés qui proposent de transporter les baggages de gîte en gîte pour éviter aux pèlerins de se fatiguer. Avec le temps, le pèlerinage a un peu perdu sa fonction de recherche de soi, de simplicité et de vérité. Initialement, il était pensé pour se dénuer de ses biens matériels pour se rapprocher de Dieu. Bref, on a dû trouver un alternative aux hôtels parce qu'ils étaient chers, et à la tente parce qu'il faisait froid.


Notre aventure a commencé à Ravenne. En sortant du AirBnB où on avait passé Noël, on a décidé d'essayer le stop, malgré tous les gens qui nous avaient dit que ça ne marchait pas en Italie. On voulait arriver à Chiusi di La Verna, le départ du chemin de Saint François. Michaela nous a embarqués dans sa voiture, et elle nous a proposé de dormir chez elle. Le soir, elle nous a emmené dîner dans le restaurant de son mari Maurizio avec ses enfants, Vittoria et Rolando, et le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, elle nous a emmenés en voiture à côté de La Verna.


En gros, on a passé une super soirée dans un restaurant gastronomique où on a super bien mangé, où on a goûté des vins du coin. On a dormi dans une pièce chauffée et on a pu prendre une douche chaude. Les enfants étaient adorables et les parents nous ont conseillé plein d'endroits à visiter en Italie. Autant dire que ça nous a vraiment motivés pour demander l'hospitalité dans la suite du voyage.

On s'est dit qu'après cette expérience incroyable, on pouvait vraiment essayer de demander l'hospitalité aux gens. Et les prix exorbitants des logements nous ont par la suite conforté dans notre choix. Ça a été le début de toute une série de rencontres géniales.

Et en 13 jours, on n'a pas dépensé un seul centime pour le logement. On a eu plus de facilités à trouver un endroit où dormir dans les villages perdus au milieu de nulle part que dans dans les villes. Dans les villages, il y a moins d'hôtels que dans les villes, et les rapports sont plus humains, donc les gens sont plus disposés à nous aider.

Cet hiver est le plus froid en Italie depuis une vingtaine d'années. Les canaux de Venise ont été pris dans la glace, la région des Pouilles a été couverte de neige... Pendant notre randonnée sur le chemin de François, on a bien rentabilisé notre équipement pour le froid, parce qu'il a vraiment fait froid. On a dormi dans beaucoup d'endroits couverts mais non-chauffés.

Voici un résumé du pèlerinage, depuis l'endroit où Michaela nous a laissés :

Jour 1 : 28 décembre

Arrivée en stop sur le sentier pour Chiusi di La Verna. On a marché dans la forêt, il faisait beau. À Corezzo, une dame nous a ouvert un dortoir accolé à l'église avec eau chaude et douche. Pas de chauffage.

Jour 2 : 29 décembre

On a demandé de l'eau chaude dans une maison pour faire du thé. On a traversé une rivière, c'était chaud patate. Le chemin grimpait beaucoup. On a déjeuné dans une tempête de vent, on a trop galéré avec le réchaud. On avait tellement froid qu'on avait mal aux doigts. On est arrivés au sanctuaire de La Verna, où c'était 50€ la nuit. On s'est sauvés et on est allés faire les courses. Peter, un client, nous a entendu parler français, il nous a amenés dans sa maison de campagne. Il faisait 7°. Il a allumé un feu dans la cheminée, il nous a donné un sac d'agrumes et il est parti. On s'est lavé devant la cheminée dans des bacs avec l'eau qu'on a fait chauffer sur la cheminée.

Jour 3 : 30 décembre

On a croisé Peter en partant, il nous a proposé de faire un élevage de chèvres et de produire du fromage dans sa maison de campagne en rentrant du voyage. On a repris la route. Un chien de ferme s'est attaqué à l'un de mes bâtons. Il nous a suivi sur plusieurs kilomètres avec 2 de ses potes, on n'était pas tranquilles. Le paysage était magnifique, on a marché sur une crête. Il y avait des cartouches de fusil de chasse partout. Arrivés à Montalone, on a demandé à Ritanno s'il avait pas un endroit au chaud pour nous. On a mangé chez lui, avec son frère Rossando et sa mère Mena. Ritanno nous a montré tous ses fusils de chasse et ses trophées des plus gros sangliers qu'il a eus. Il nous a fait goûter tous les alcools qu'il avait dans la maison, on était complètement saouls. Il n'arrêtait pas de remplir nos verres et nos assiettes. On n'avait pas mangé autant de viande depuis notre séjour chez ma tante Grażyna en Pologne. On a dormi comme des bébés dans le garage.

Jour 4 : 31 décembre

Mena nous a fait un thé dans sa blouse à fleurs et on est partis. Il y a des sources partout, c'est pratique pour nous. Il y a des panneaux qui règlementent la chasse partout. Après avoir descendu une pente pendant des lustres, on est arrivés à Pieve Santo Stefano. On était fatigués, on avait mal partout, l'alcool de la veille nous a un peu tués. On a attendu la fin de la messe pour demander un toit au prêtre Don Carlos. Il nous a amené dans la salle de catéchisme. Il y avait une douche avec de l'eau chaude et du chauffage pendant 1h. Il y avait des bacs remplis de morceaux de pannetone, sûrement pour la fête de Noël des enfants du catéchisme. On en a mangé un peu (beaucoup). On a entendu quelques pétards à minuit et on s'est rendormis.

Jour 5 : 1er janvier

On est repartis. On a marché dans une carrière de pierres. On a déjeuné dans une prairie. C'était dégueulasse. C'était les pâtes sans gluten de chez Peter, qui se sont dissolues dans l'eau sans cuire pour autant. C'était le repas le plus infect depuis qu'on est partis. On était dans la mouise parce qu'il commençait à faire nuit et on ne savait pas où aller. On a trouvé une grosse villa à Rocca Cignata, et on a demandé à Fabrizio qui sortait de la douche s'il avait pas une idée d'hébergement. Il est allé s'habiller, il nous a dit où était le bois pour le feu et la chambre d'amis. Sa nièce nous a montré où étaient les bières qui restaient de la veille et ils sont partis en ville.

Jour 6 : 2 janvier

Pluie et brume tout la journée. On a marché le long du lac de Montedoglio. Pour la première fois, on a demandé de la nourriture dans une maison sur notre chemin. On a eu une poire. Pour nous, c'était magique. Après, on a demandé dans un bar et on a eu des croissants et des oranges. Et une dame dans une maison nous a donné 5€. Ça nous a paru fou, tout ça. Arrivés à Sansepolcro, on est allé sonner chez des religieux, là où il y avait une pancarte "bienvenue aux pèlerins." Ils nous ont dit "No." On est allés voir dans la cathédrale, on a demandé à la chorale et ils nous ont envoyé dans un bâtiment de l'église désaffecté. On s'est retrouvés dans une sorte de grand hôtel vide. Il y avait des lits deux places, des grands meubles, des bibelots. Dans la cuisine, il y avait une collection de verres, de la nourriture périmée. On s'est demandés qui vivait là avant et pourquoi personne ne se servait de cet endroit pour loger des sans-abris. On a pris tous les radiateurs qu'on a trouvés pour faire sécher nos vêtements trempés. Il y avait une douche. Les plombs sautaient tout le temps.

Jour 7 : 3 janvier

Nos habits n'étaient pas secs et on était fatigués, alors on est restés à l'intérieur toute la journée à écrire sur le blog et à lire des articles sur internet.

Jour 8 : 4 janvier

On est partis en direction de Citta di Castello. Sur le chemin, on a vu du street art. L'auteur, c'est Blub. Il reprend des têtes connues comme le père Noël, Stromae ou La Joconde et il les dessine en milieu aquatique. On aime bien, c'est rigolo. Si vous voulez jeter un coup d'œil, venez voir  ! Le midi, on a demandé de la nourriture dans une maison. Roberta et sa mère nous ont invités pour le déjeuner. Le soir, on a croisé Matteo devant chez lui, qui a appelé tous les etablissements religieux des environs. Ils ont tous dit qu'ils n'accueillaient pas les pèlerins pour le moment parce que les locaux n'étaient pas chauffés. Finalement, il nous a amenés chez son ami Roberto qui était encore au travail, il a fait un feu dans la cheminée et il est parti. Roberto est rentré, on a mangé avec lui et des amis.

Jour 9 : 5 janvier

Roberto nous a donné plein de contacts pour la suite de notre voyage. On a fait un tour dans la ville. Au moment où on a repris la route, il s'est mis à neiger. On était tout contents de voir la neige. On a tellement trainé qu'on s'est retrouvé loin de tout village à la tombée de la nuit. On a dormi dans la tente. On a fait fondre de la neige pour avoir de l'eau. La nuit, il a fait -8°, le vent sifflait dans les arbres, on a peu dormi.

Jour 10 : 6 janvier

Le matin, on demandé à mangé dans une maison, la dame nous a offert un caffè avec du panettone au chocolat. Elle nous a fait des sandwichs. On a beaucoup marché, on a fait 22km. D'habitude, avec les sacs et le froid, on marche plutôt une dizaine de km. On voulait arriver à Pietralunga parce qu'on était sûrs de pouvoir dormir là-bas. Les amis de Roberto avaient appelé le prêtre pour nous. On a dormi dans un dortoir pour pèlerins avec une douche. Le prêtre Francesco nous a donné 20€ pour qu'on s'achète à manger.

Jour 11 : 7 janvier

On est restés une journée à Pietralunga pour mettre à jour le blog et se reposer.

Jour 12 : 8 janvier

On est partis vers Gubbio. On est allés à l'église d'un village pour demander l'hospitalité mais on est tombé sur un enterrement. Tout le village était rassemblé. On a décidé de continuer à marcher parce que c'était pas le moment. On a croisé un couple, qui s'apprêtait à aller dormir dans leur famille parce que leurs canalisations avaient éclaté avec le gel. Après quelques coups de fil, ils nous ont amenés à Gubbio dans un convent de sœurs polonaises. Le couple nous a donné un sac de nourriture avant de partir. On a dormi dans un dortoir vide avec une douche.

Jour 13 : 9 janvier

On a visité Gubbio, c'est une jolie petite ville. On a dormi de nouveau chez les sœurs. On a décidé d'arrêter là la randonnée. Même si il a parfois fait très froid, la randonnée nous a fait du bien. On a vu des paysages magnifiques et les Italiens se sont montrés très accueillants avec nous.

Les crèches de Noël, une passion italienne

Pendant la randonnée, on a croisé énormément de crèches de Noël. Il y en avait partout : dans et devant les églises, dans les jardins, dans les vitrines des magasins et sur les places publiques. Elles sont très détaillées, et elles représentent souvent tout le village. Dedans, il y a le boulanger, les lavandières, le forgeron etc. Il y a même des versions contemporaines, avec l'opticien, l'assureur, le sans-abri etc. Et ces crèches sont équipées de fontaines, de lumières et de petits moteurs qui mettent toute la crèche en mouvement. C'est choupi.

Les fêtes en Italie, où le règne du panettone

Pendant les fêtes en Italie, au dessert, on mange du panetonne. C'est une brioche aux raisins secs, aux fruits confits et aux zestes d'agrumes.

En arrivant en Italie, on avait vu toutes sortes de pannetone différents, mais on se disait qu'on ne pouvait pas se permettre d'en acheter un de chaque. Il y en avait au champagne, aux pépites de chocolat, au limoncello, à la crème chantilly, au chocolat fondu... Finalement, on a presque goûté toutes les sortes grâce aux gens qui nous ont hébergés ou offert de la nourriture.

Demander l'hospitalité

Quand on demande l'hospitalité, on le fait en italien. D'une parce qu'on n'a pas trouvé beaucoup d'Italiens qui parlaient anglais, et de deux parce que ça montre qu'on fait un pas vers les gens. Nos notions d'Italien étant d'une extrême légèreté, on utilise toujours la même phrase :

"Nous sommes des voyageurs français, nous voyageons depuis 4 mois avec peu d'argent. Nous avons la tente mais nous cherchons un endroit au chaud pour la nuit, comme un garage, une église ou une école."

Généralement, quand les gens entendent le mot "tente", ils nous disent " Mais il fait trop froid pour dormir dans la tente !" et ils essaient de trouver une solution.

Comme en couchsurfing, on essaie toujours de laisser un petit mot aux gens qui nous hébergent. On laisse aussi des aimants de Paris sur les frigos, j'en avais acheté un paquet avant de partir, mais il n'en reste plus beaucoup. On laisse aussi des chocolats ou des dessins que Vivien fait. Quand on est hébergés par des religieux, on fait une offrande à l'église.

Maintenant, dès qu'on arrive dans un endroit où on va dormir, on regarde partout pour repérer les choses qui peuvent nous servir. Histoire de ne pas se rendre compte le lendemain qu'en fait il y avait un radiateur électrique dans un coin qui nous aurait permis de passer la nuit au chaud et de sécher nos vêtements. On commence à être entraînés dans ce domaine. En 5 min, on sait où se trouve tout ce dont on a besoin.

Pour la nourriture, on demande dans les fermes ou dans les maisons des villages, ou dans les bars, chez les fruitiers et les boulangers. On explique le voyage qu'on fait, et on demande si les gens ont des restes. On a peu de refus. Chez les particuliers, on nous donne des fruits (beaucoup de fruits), du panettone (on nous en a donné un entier une fois !), du pain, du jambon et du parmesan. Dans les commerces, on a des clémentines, des croissants, des morceaux de pizza et des fougasses. On ne pensait pas que les gens nous donneraient autant de choses. Ça a vraiment été une agréable surprise. On avait lu dans des blogs que des gens voyageaient sans argent et demandaient à manger, mais on ne pensait pas que ça marchait si bien.

On est vraiment surpris par l'accueil des gens. Ils nous invitent chez eux généralement sans hésiter, certains nous laissent seuls dans leur maison. On est vraiment bluffés par la confiance que les gens ont en nous.

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Publié le 23 février 2017
Le colisée de Rome 

Le 10 janvier, on a essayé de faire du stop pour Pérouse. On s'est dit qu'on était sur un super endroit pour faire du stop et que forcément, quelqu'un nous prendrait. Après une heure de vent glacial et de neige dans la tronche, les doigts gelés, on a décidé qu'on allait prendre le bus. Après avoir épluché des horaires de bus en Italien, on s'est mis à attendre le bus sur la place de Gubbio. 5 minutes plus tard, une voiture nous embarquait à toute vitesse pour un autre arrêt. C'était le jour du marché, et les bus ne s'arrêtaient pas sur la place. Heureusement, un étudiant et son père nous ont vus et nous ont emmenés au bon endroit.

Une statue et sa robe de glace à Pérouse 

Notre arrivée dans Pérouse a été assez magique. La ville de Pérouse a la particularité d'être pourvue d'un grand nombre d'escalators, parce que ça monte (vraiment) pour aller dans le centre ville. Donc on est arrivés en escalators dans des rues couvertes, qui débouchaient sur la place principale. C'est assez étrange de prendre 5 ou 6 escalators puis d'arriver dans un réseau de galleries.

Comme la ville est (vraiment) en hauteur, il y a du vent, et comme il faisait très froid, c'était difficile de rester plus d'une heure dehors.

La cathédrale est très belle à l'intérieur. Dans la sacristie, il y a des peintures magnifiques, avec des trompe-l'œil partout.

Et pour ceux qui n'en ont rien à carrer de l'histoire de l'art, Pérouse détient un autre centre d'intérêt : le chocolat. C'est la ville de la marque Perugina, célèbre pour ses chocolats Baci (ça veut dire bisous en italien). Les plus répandus sont au chocolat au lait et à la noisette.

Pérouse 

Le premier soir, on a demandé l'hospitalité au prêtre, qui nous a envoyé voir des hôtels fermés. Après, sur les conseils de l'étudiant qui nous avait amené au bus à Gubbio, on est allés demander à la résidence universitaire. On s'est fait jeté sans cérémonie. Quelqu'un nous a envoyé voir un autre hôtel fermé, et là, on a commencé à se dire qu'on devrait dormir dans le parc de la fac parce qu'il était tard. On est quand même allé demander au cas où dans un restaurant grec s'ils n'avaient pas un bout de carrelage à nous prêter pour la nuit, parce que ça caillait pas mal. Là, après une petite discussion avec le patron, la dame derrière le comptoir nous a donné deux baklavas et les clefs de son appartement, en s'excusant du désordre dans le salon. On était tout seuls dans l'appartement parce que la dame est allée dormir chez le patron.


Parfois, on se dit que les gens sont fous de nous laisser tout seuls chez eux. Mais il paraît qu'on a l'air mignon tous les deux ; ça doit donner confiance.


Les autres nuits, on est allés dormir chez Enrico, un ami de Roberto (Roberto, qui nous avait hébergé à Citta di Castello). Enrico aime le froid. Chez lui, il fait dans les 10°C. Il arrive qu'il pleuve dans le salon.


D'ailleurs, il aime tellement le froid qu'il mange froid. Il prépare ses repas et son caffè la veille pour les prendre froids le lendemain.

Pérouse 

Il nous a emmené à Orvieto, sa ville natale, et on est allés dejeuner chez sa sœur (où il faisait 12°C). Il nous a montré la cave, qui fait partie d'un grand réseau de souterrains dans toute la ville, autrefois utilisés pour se cacher pendant les guerres. Aujourd'hui, ces souterrains servent à entreposer l'huile et le vin.

Orvieto 

Enrico nous a fait visiter la cathédrale, qui est vraiment magnifique. On est restés une bonne demi-heure à s'extasier devant la façade et les plafonds peints.

La cathédrale d'Orvieto 

Après, il a demandé au prêtre de nous faire une visite guidée de l'église San Giovenale, une église romane dont les murs sont recouverts de fresques aux couleurs lumineuses. Et comme j'adore les fresques et les églises romanes, bah... j'ai kiffé.

L'église San Giovennale 

On parle beaucoup d'églises et de cathédrales depuis qu'on est en Italie, mais c'est parce qu'il y en a partout, et qu'elles sont généralement très belles. Un village minuscule peut facilement avoir 6 églises et 2 monastères.

Le 13 janvier, Enrico nous a emmenés à la gare et on a pris le train direction Assise. La cathédrale de Saint François est VRAIMENT impressionnante. Elle est immense, en plusieurs parties, et elle est peinte du sol au plafond. Sur les murs, il y a une BD géante de la vie de Saint François. Ça a été fait pour que les (nombreux) illetrés d'il y a quelques siècles puissent visualiser chaque étape de la vie du Saint sans devoir lire des liasses de parchemins.

Assise 

D'Assise, on est partis à pieds à Spello, un petit village choupi. Le soir, on est allés dormir dans une communauté religieuse. C'est un lieu qui accueille tous les gens. Ça s'appelle "La Maison des gens pauvres". Là-bas, on a pu manger chaud, prendre une douche, et on a croisé un type qui avait un air de Norman.

Spello 

Le 15 janvier, on a pris le train pour Spoletto et on est allés passer deux jours dans la belle maison de Paul, un hôte de couchsurfing. Paul est un Texan qui est venu s'installer en Italie. Il nous a préparé de bons petits plats et il nous a fait goûter les vins du coin. Bref, il a été adorable, et grâce à lui, on a pu se remettre un peu de la randonnée sur le chemin de Saint François d'Assise.

À Spoletto, on est arrivés par hasard dans un cimetière. On n'est pas tombés sur un dédale de tombes, mais sur un véritable village, composé de mausolées et de chappelles. On a même vu une pyramide.

Les familles mettent beaucoup d'importance dans les funérailles et construisent de véritables monuments pour leurs morts. Et on a vu aussi beaucoup d'affiches nécrologiques. Elles annoncent la date des funérailles, la date anniversaire d'une mort, ou elles remercient le soutien de l'entourage lors de la perte d'un proche. On ne sait pas si c'est caractéristique de l'Ombrie ou si les cimetières sont tous comme ça en Italie.

Spoletto 

Après Spoletto, on est partis voir Viterbe. Et on est partis juste à temps parce que quelques jours plus tard, il y avait un petit tremblement de terre à Spoletto. Rien de bien méchant, mais on n'était bien contents de ne pas y être à ce moment-là. À Viterbe, il y en a eu un quand on était là mais tellement léger qu'on n'a rien senti.


Quand on est arrivés dans la ville, on a demandé un bout de pain dans une pizzeria, et le patron était tellement heureux de pouvoir nous aider qu'il nous a dit "Asseyez-vous, je vous offre une pizza." On était trop contents de manger un plat chaud.


Parce qu'à Viterbe, il faisait froid. Très froid. Un vent glacial soufflait sans arrêt. Déjà, à Spoletto, il faisait bien frisquet, mais là, comme dirait Marie, il y avait un vent à décorner les cocus. Et alors qu'on se disait qu'on allait dormir dans la tente, on est tombés sur Manuela et Alessio qui rentraient chez eux. Ils nous ont invités à passer deux nuits dans une dépendance qu'ils rénovaient pour la transformer en BnB. On a dormi dans une odeur de peinture fraîche. Il n'y avait pas de chauffage, mais vu la tempête qu'il y avait dehors, pour nous, c'était parfait. On entendait le vent siffler entre les lattes des volets et on était bien contents d'avoir un toit sur la tête. On a pu laisser nos affaires chez eux et visiter la ville sans les sacs à dos, c'était super pour nous.

Viterbe 

On est allés passer l'après-midi dans des thermes gratuits au milieu d'un champ, c'était vraiment le top. Dehors il faisait super froid, et nous on était en maillot de bain dans des vasques d'eau chaude. À la sortie de la source, l'eau est à 58°C.

Les termes de Viterbe 

Alessio nous a emmenés à Bagnoreggio, un village perdu au milieu du vide. Le village a été construit sur de la pierre volcanique, mais au fil du temps, l'érosion a mangé la terre argileuse qu'il y avait autour. Et le tremblement de terre de 1695 n'a pas aidé. C'est pour ça qu'aujourd'hui, le village tient en équilibre sur la pierre au milieu d'une cuvette.


Devenu difficile d'accès, Bagnoreggio a été peu à peu délaissé par ses habitants, et il est désormais plus destiné aux touristes et aux chats qu'aux habitants.

Bagnoreggio 

Avant de partir pour Rome, on est allé se promener autour du lac de Bracciano. On a dormi chez Elena et Enzo, dans un garage dans lequel séchaient des saucissons et des jambons. Enzo achète un cochon de temps en temps pour faire de la charcuterie pour sa famille et ses amis. On a donc passé une nuit parfumée à la viande.


C'est assez drôle, parce que tous les gens qui nous accueillent nous disent que les Italiens ont peur des étrangers, et que si on avait demandé l'hospitalité dans une autre maison, les gens ne nous auraient pas accueillis. Sauf que...ils nous accueillent tous en disant ça !

Bracciano 

Le 23 janvier, on est arrivés à Rome. Les deux premiers jours, on a dormi dans le quartier de Pigneto, chez des amis d'amis, dans deux endroits différents. D'abord chez Enrica, Nick, et leurs enfants Pietra et Rocco, et ensuite chez Francesca, Eirick et leurs chats. Comme ça, on a pu se promener dans Pigneto pour voir du street art. On est aussi allés dans le parc de l'acqueduc, c'est un grand parc au milieu de Rome, dans lequel on a vu plein de lapinous, pas farouches du tout.


de Pigneto au parc de l'acqueduc

Sur les conseils de Francesca et Eirick, on est allés se promener dans le quartier Garbatella. C'est un quartier à l'architecture particulière, construit sous la période fascite, et initialement prévu pour loger des ouvriers. Chaque bâtiment est unique, ça swingue dans un mélange de rococo, de baroque et de moderne, c'est assez surprenant vu dans son ensemble. Après, on est allé voir le street art d'Ostiense.

Garbatella et Ostiense 

On est allés se prélasser sur les bancs du cimetière non-catholique avec les chats (vous l'aurez compris, en Italie, il y a des chats partout). C'est un cimetière qui a vu le jour au XVIIIème siècle pour ne pas mélanger les sépultures des catholiques à celles des suicidés et des protestants. Dedans, il y a beaucoup de sépultures d'Anglais et d'artistes ; on y trouve la tombe de Keats et de Shelley. Et puis des chats. On a aussi fait un petit tour dans le jardin des orangers. Ça sentait bon...

Du cimetière des Anglais au jardin des orangers 

Ensuite, on a passé plusieurs jours chez Cyprien (encore un ami d'ami !), qui lui, habitait juste à côté du Vatican. Cyprien travaille chez Radio Vatican. Il nous a raconté les petites habitudes du Pape, c'était assez drôle de parler avec quelqu'un qui connaît si bien la vie au Vatican.

Et bien sûr, on est allés se perdre dans Trastevere, on a slalomé entre les Japonais à la fontaine de Trevi et on a marché sur les bords du Tibre, parce que ça fait romantique.

Je sais pas vous, mais moi j'aime Rome. C'est vraiment une ville chouette.

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Les cactus sur la côte Amalfitaine  

À Rome, quand on a dit à Enrica qu'on allait à Naples, elle nous a dit que sa mère avait une maison sur une île pas loin, et que si on voulait, on pouvait aller y passer quelques jours, on y serait tout seuls.




Du coup, après Pentedattilo, le 29 janvier, on est arrivés à Naples en train et on a pris le ferry sur l'île de Procida, à une vingtaine de kilomètres de l'île de Capri (vous savez, comme dans la chanson).


À Procida, les rues sont très étroites. Tellement étroites que beaucoup de voitures ont perdu un rétroviseur, voire les deux. Certains pendent encore lamentablement sur le côté. Les vespas, les vélos et les petites voitures à 3 roues déboulent à toute vitesse, il faut ouvrir l'œil si on ne veut pas finir en crêpe. Mais il y a un cessez-le feu ; entre 13h et 16h, plus rien ne bouge, tous les commerces sont fermés. À Procida, il y a des cactus à chaque coin de rue, des maisons colorées et des chats par familles entières. Il y a des citrons dans les arbres, la plage, et beaucoup de logements à vendre ou à louer. L'économie ne va pas bien, comme dans toute l'Italie du sud, d'ailleurs. Sur l'île, tout le monde se connaît, c'est une autre ambiance que sur le continent. Les gens se sont tous montrés super gentils avec nous. On a passé 4 jours à se promener et à se reposer, ça nous a fait du bien. Et comme Vivien ressemblait de plus en plus à Eddie Mitchell et que j'avais des ciseaux sous la main, je lui ai coupé les cheveux. Comme je n'avais jamais fait ça avant, on avait tous les deux un peu peur du résultat. Mais finalement, Vivien avait la même tête que s'il était allé chez le coiffeur, et ça nous a fait gagner l'équivalent de 5 ou 6 pâtisseries (oui, on est tellement frappés qu'on compte tout en pâtisseries).

L'Ile de Procida 

Tout le monde nous avait dit que Naples, c'était une ville un peu folle, que c'était du concentré d'Italie, que c'était un joyeux bazar. On nous a dit aussi que Naples, soit on l'adore, soit on ne l'apprécie pas. Certains nous ont dit "Naples c'est vivant, ça bouge, on mange super bien." Et d'autres nous ont dit "Naples c'est sale, les rues sont étroites et sombres, il y a beaucoup de chômage, faites très attention à vos affaires."

Du coup, on a décidé d'y aller pour voir ce que ça donnait en vrai, et effectivement, Naples, c'est une ville un peu folle ! Les vespas klaxonnent avant chaque carrefour pour prévenir qu'il faut se pousser, les piétons traversent n'importe quand n'importe comment, les feux tricolores fonctionnent plus ou moins selon les endroits et tout le monde klaxonne pour tout et n'importe quoi. Il y a des petits commerces et des vendeurs de rue partout ; à chaque coin de rue, on peut s'acheter un poulpe, un fenouil ou un nouveau T-shirt. Faire ses courses prend une autre dimension. Dans les rues étroites, ça sent la lessive, il y a du linge qui sèche sous les fenêtres. Ça sent aussi les ordures parfois, parce que les rues ne sont pas très propres. Les appartements sont souvent très petits. Il y a des cafés pâtisseries partout (d'ailleurs, la pâtisserie du sud est très similaire à la pâtisserie française, mais elle garde ses spécificités, bien entendu). Les gens mangent des babas ou des pâtisseries à la ricotta en buvant un café, debout au comptoir.

Ça crie, ça bouge, ça vit. C'est l'Italie.

On nous avait dit de faire attention à nos affaires, mais honnêtement, on s'est sentis beaucoup plus en sécurité que quand on va à Paris. On a vu une clôture en plastique brûler lentement, ça n'avait pas l'air de déranger les deux types qui bronzaient sur le mur d'à côté. On a vu des policiers devant la plupart des banques et des distributeurs. On a vu un type chanter sur son balcon avec un micro et une sono de boite de nuit, pour ensuite faire descendre un petit panier au bout d'une ficelle pour que les gens lui donnent des pièces.

En tant que voyageurs, on n'a pas eu l'impression que Naples est une ville dangereuse, c'est juste qu'il y a une ambiance improbable qui peut surprendre au premier abord.

On a bien aimé la ville, mais pas au point d'en tomber amoureux. Sûrement parce que c'était un peu trop fou-fou pour nous. On bouge beaucoup chaque jour, alors on apprécie plus les endroits calmes (comme les petits vieux).

Vivien s'est racheté un pantalon parce qu'avec le temps, deux énormes trous s'étaient formés sur ses fesses et il ressemblait de plus en plus à un sans-abri imbibé.

Naples 

On a profité du premier dimanche du mois pour aller à Pompéi sans payer. C'était vraiment impressionnant. Le site est immense. Je crois que même si vous n'en avez rien à cirer de l'archéologie, ça vaut le détour. Voir que toute cette vie a été anéantie en si peu de temps avec une éruption, ça donne un sentiment étrange. Un peu comme faire du camping sauvage entourés d'ours. Ça nous rappelle gentiment qu'on a beau contrôler plein de choses du haut de notre humanité, on peut très rapidement se retrouver dans une situation stupide.

Pompei 

Après Pompéi, on voulait faire de la randonnée sur la côte amalfitaine, on avait entendu dire que ça vallait vraiment le coup.

La côte amalfitaine 

On a donc pris un bus qui passait sur les routes sinueuses de la côte, et après avoir frôlé la mort 10 fois, on est arrivés à Positano, le village où commence le "Sentier des Dieux".

Au début du sentier, il faut monter quelques 1500 marches. Comme le soleil était en train d'aller se coucher, on a décidé d'en monter quelques centaines et de camper dans un coin.

Le sentier des Dieux, le premier jour 

Le lendemain, on est allés prendre de l'eau et se laver dans les toilettes publiques. Pendant qu'on déjeunait au soleil, on a fait la connaissance de Benoît, un Belge qui habite à Istanbul. Il nous a parlé de la Turquie, ça nous a donné envie d'y passer plus de temps que prévu. On a beaucoup parlé de nourriture aussi, parce qu'il est critique culinaire. Pour nous qui adorons manger, c'était une conversation passionnante ! Il nous a dit que quand on irait à Istanbul, on serait les bienvenus chez lui, et ça nous a fait super plaisir. Avant de partir, il nous a offert plein de nourriture qu'il avait en trop dans son sac, on était trop contents.

On a beaucoup marché. On a croisé des petits vieux sympathiques, des chèvres à poils courts, des chèvres à poils longs, des chats, beaucoup de randonneurs français, des bergères, et on est arrivés à Agerola.

Là, l'employée de l'office de tourisme, Imma, nous a proposé de dormir dans son BnB, et le prêtre à la retraite nous a offert des pizzas.

Le sentier des Dieux, le deuxième jour 

Le lendemain, on a pris deux bus sur les routes sinueuses de la côte, on a encore frôlé la mort 10 fois, on a pris deux trains, et enfin, on est arrivé à Melito, juste à côté de Pentedattilo, un village minuscule qu'on avait envie d'aller voir. En sortant du train, on a croisé un religieux en soutane, sandales et sweat à capuche avec des phrases de l'Évangile écrites dessus. Il nous a dit qu'il s'appelait Frère Humble et qu'il faisait partie d'une communauté dont le but est l'évangélisation des jeunes. Pour se déplacer, Frère Humble voyage en stop. On a trouvé ça cool. Il nous a amenés à l'église et on a pu dormir là-bas. Le lendemain, la dame de la chorale nous a amenés à Pentedattilo.

Pentedattilo, ça veut dire "5 doigts", parce que le village est construit sur des roches volcaniques en formes de main ouverte. Le village est abandonné, on y trouve juste des boutiques à touristes. Et des chats.

Pentedattilo 

Le paysage est magnifique, c'est très vert parce qu'il y a des sources partout. On a vu plein de fleurs. Vivien les a toutes prises en photo, c'est son nouveau hobby. Ça nous a surpris d'en voir autant alors qu'on n'était que le 9 février. Les amandiers étaient en fleurs, c'était vraiment beau.

Les vendeurs de chaussettes

Depuis Viterbe, on a croisé un certain nombre de vendeurs de chaussettes dans la rue. Ils se promènent avec un sac plastique rempli de chaussettes, et ils en proposent à tous les gens qu'ils croisent. Ils rentrent dans les pizzerias, dans les bars, dans les trains. Vous savez, comme les Bangladais qui vendent des roses. Sauf que là c'est des chaussettes. J'imagine quelqu'un s'exclamer "Ça tombe bien, j'ai oublié les miennes à la maison ! Mettez m'en une paire s'il vous plaît. Les Hello Kitty roses feront l'affaire."

À Naples, ça ne surprend pas trop, parce que les gens vendent tout ce qu'il est possible d'acheter. Certains se promènent avec une poignée de porte-clefs, d'autres avec un carton de briquets ou de stylos billes.

Une fois, un vendeur de chaussettes est entré dans notre train. Il était tellement désespéré qu'il implorait les passagers à genoux en criant pour qu'ils leur achètent des chaussettes. C'était assez perturbant. Ça montre quand même à quel point ça craint niveau chômage dans le sud de l'Italie. Certains sont obligés de faire tout et n'importe quoi pour avoir un peu d'argent.

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Publié le 31 mars 2017
Le drapeau de la Sicile

En Sicile, comme sur les îles en général, il y a une ambiance particulière. Les gens sont plus ouverts, le stop est plus facile, et bien sûr, tous les habitants sont persuadés que leur île est le plus bel endroit de la Terre. On a croisé plusieurs personnes qui nous ont dit que la vie n'etait pas facile en Sicile, mais que pour rien au monde ils ne vivraient ailleurs.

Pour commencer, on a décidé d'aller à Catania. Le10 fevrier, on est donc partis en stop a Reggio di Calabria. Là, un policier qui nous avait pris en stop nous a payé le ferry pour aller en Sicile. On a trouvé ça super sympa. Arrivés à Messine, on a été accueillis par un prêtre et on a pu dormir dans une pièce de l'église avec un accès à l'eau chaude, et se laver au lavabo avec une chaussette par la même occasion. Le lendemain, les commerçants nous ont offert plein de trucs à manger. On a eu un fenouil, un citron, des clémentines, du pain, des oranges, un brocolis, une pâtisserie aux fraises des bois, un sandwich au poulet, un sachet de biscuits, et 3 viennoiseries. C'était la fête ! On a voulu s'éloigner du centre-ville pour faire du stop pour Catania, mais la banlieue est tellement étendue que même en marchant plusieurs kilomètres, on n'a pas trouvé de bon spot et on a dû prendre le train. La voie ferrée passe à quelques mètres seulement de la plage, c'est vraiment chouette.

L'arrivée en Sicile à Messine

On est arrivés tard à Catania, dans une ville en fête. On ne savait pas trop quelle fête exactement, mais on s'est vite aperçu qu'il s'agissait d'une fête religieuse parce qu'on n'a trouvé aucun prêtre à qui demander l'hospitalité. En Italie, il y a tellement d'églises, de couvents et de monastères qu'on arrive généralement à parler à quelqu'un, même dans les villages. Mais là, impossible de trouver un prêtre. On nous a dit qu'ils étaient tous occupés. En fait, on est arrivés pendant un moment important de la fête de Sainte Agathe, la patronne de la ville. C'est une fête très importante en Sicile, pendant laquelle une statue de Sainte Agathe est tirée sur un char dans la ville. Des processions religieuses, en Italie, il y en a un peu partout tout au long de l'année, mais celle de Catania est particulière, c'est une des fêtes religieuses les plus importantes du monde. La fête dure plusieurs jours. Nous, on n'est pas arrivés pendant le moment le plus important, mais il y avait quand même beaucoup d'animation.

Chez les bonnes sœurs, on a trouvé porte close, et on s'est dit qu'il fallait vraiment qu'on trouve quelque chose parce que Catania, il faut dire ce qui est, ça craint un peu le soir. On est tombé sur un vieux monsieur, Cosimo, et on lui a demandé s'il n'avait pas une idée, alors il s'est battu avec son portable qui ne voulait pas fonctionner, il est allé voir son marchand de vin pour lui emprunter son téléphone, et finalement, il a appelé sa nièce, Nancy, qui a bien voulu nous héberger deux nuits. Cosimo a vraiment été adorable avec nous. Avant de nous inviter à monter dans sa voiture, il a sorti sa carte d'identité et il nous a dit "Regardez, c'est écrit ici, je m'appelle Cosimo, j'ai travaillé dans l'armée. Je vous dis ça pour que vous ne pensiez pas que je suis malveillant." On a trouvé ça super mignon. Logiquement, c'est plutôt lui qui aurait dû avoir peur de nous, et pas l'inverse !

Nancy travaille avec les migrants, elle parle français couramment. Et elle est sur Couchsurfing, mais en tant normal, elle n'accepte qu'une seule personne, c'est pour ça qu'on ne l'avait pas vu sur le site. On a mangé le sac d'invendus qu'un boulanger nous a donné et on a parlé voyages. Le lendemain, elle nous a montré la ville, et elle nous a présenté à sa famille.

En Sicile, il y a un style architectural particulier, le baroque sicilien. Un tremblement de terre suivi de son fidèle tsunami ont dévasté le sud-est de l'île en 1693. Du coup, les Siciliens ont dû reconstuire pas mal de choses. Comme le baroque était fashion à ce moment-là, quelques architectes ont commencé à reconstruire dans le style baroque, et puis tout le monde s'y est mis, en ajoutant des touches persos par-ci par-là. On aime bien, c'est plein de colonnes, de balcons, de clochers, de statues.

Catania 

Nancy nous a emmenés voir des petits villages sur la côte et puis on est allés ensemble sur l'Etna, dans la maison de ses parents. On n'a pas pris de photos sur l'Etna parce que la météo était vraiment pas belle. Quand on a commencé à monter, il faisait beau, et puis quelques minutes après, des trombes d'eau s'abbattaient sur la voiture. Il y a un micro-climat sur l'Etna, c'est comme ca ! On a goûté le limoncello du papa de Nancy et on a mangé du cèdre (ça ressemble a un citron géant).

Autour de l'Etna 

Le 13 fevrier, on est partis en stop à Syracuse. Notre trajet a été assez épique, puisqu'on a été pris par une ambulance vétérinaire, avec un chien à l'arrière, et le conducteur qui nous montrait des vidéos de sa copine en train de faire de la zumba. À peine arrivés dans le centre de Syracuse, on a croisé une sœur, qui nous a dit qu'on pouvait dormir dans la mansarde de son hôtel. Nous, on s'imaginait un vieux grenier. En fait, on nous a donné une chambre d'hôtel avec terrasse et vue sur la mer à Ortigia, la vieille ville de Syracuse. Donc on etait plutôt contents !

Notre hôtel à Syracuse 

Syracuse est vraiment une jolie ville. Après Messine et Catania, ça nous a paru propre comme ville. C'est sympa de se perdre dans les petites rues d'Ortigia, de flâner le long de la mer, et de manger des glaces. On voulait aller visiter le site archéologique de Syracuse, mais quand on a vu le prix, on a décidé qu'on n'irait pas, et on a fait du stop pour aller à Pantalica.

Dans une station-service, on nous a donné des morceaux de pizzas, et juste après, Amédée, un français, nous a pris en stop et nous a offert de la nourriture qu'il avait achetée chez des artisans du coin. On a super bien mangé.

Syracuse 

Le 15 fevrier, on est donc arrivés dans le gigantesque parc naturel de la nécropole de Pantalica. Pour trouver de la civilisation, on a marché sur une route quasi verticale, et tout la-haut, on a trouvé un village avec un couvent. Deux soeurs mexicaines nous ont accueillis. C'est fou le nombre de religieux étrangers qu'on croise en Italie ! On en a vu qui venaient de Pologne, des Philipines, de Côte d'Ivoire, du Mexique, et j'en passe !


On a dormi dans une aile du bâtiment désormais vide, avec une enfilade de salles immenses, des cuisines, des douches... on s'est dit encore une fois qu'au lieu de laisser ces bâtiments tomber en ruine, on pourrait s'en servir pour faire quelque chose, disons... d'utile ?


Le lendemain, on a redescendu notre route quasi verticale pour aller crapahuter joyeusement dans le parc de la nécropole de Pantalica. À Pantalica, entre le XIIIème et le VIIème av. JC, il y avait des gens. Et ces gens ont décidé de creuser des trous dans la roche pour ranger leurs morts. Aujourd'hui, ces tombes sont vides, et en se promenant, on peut voir des milliers de trous dans la roche calcaire, c'est impressionnant. Surtout que ça a 3000 ans, quand même. Les archéologues ont rescensé plus de 5000 tombes. Le parc est formé par les gorges de plusieurs rivières, ça donne des paysages magnifiques. On a croisé quelques centaines de grands lézards verts trops choupis. Au début, on essayait de les attraper, et puis au bout de quelques heures, on a fini par se lasser et par les laisser tranquilles. Pour dormir, on s'est installés près de la maison vide du garde chasse, dans une oliveraie. Comme on n'avait plus grand chose à manger, on a fait avec les moyens du bord, et on s'est fait une soupe d'ortie.


On pensait qu'au milieu de nulle part, personne ne viendrait nous embêter. Et pourtant, a 6H du matin, un chien errant est venu nous réveiller en aboyant. Il a aboyé pendant 1h30. Je ne savais même pas qu'un chien pouvait aboyer si longtemps. Quand je l'ai entendu s'approcher de la tente, je me suis dit "Oh non, j'ai pas envie d'empaler un chien aujourd'hui..." Mais heureusement pour tout le monde, il est vite retourné aboyer à son poste, à 10m de la tente. Ça paraît horrible, dit comme ça, mais s'il nous avait attaqué, il aurait fallu l'empaler sur un bâton de marche. Et je suis plus que ravie de ne pas avoir eu à le faire. Les chiens, c'est sympa, mais on reste toujours sur nos gardes quand on en voit, qu'ils aient un maître ou non. On en a déjà croisé quelques-uns qui étaient agressifs, et on sait qu'un chien, quand ça croque un morceau de jambe, ça peut faire mal.

La nécropole de Pantalica 

De Pantalica, on a fait du stop direction Agrigento ; le trajet a pris plusieurs jours. À Pantalica, il y a plus de lézards que de voitures, donc on a beaucoup attendu. On a fini par être pris dans un camion qui transportait des poubelles, et on est arrivés à Palazzolo Acreide, une ville classée a l'UNESCO.


Il faut d'ailleurs préciser qu'en Italie, beaucoup d'endroits où nous sommes passés sont classés à l'UNESCO. Venise, Vérone, Assise, les Cinq Terres, Florence, Ravenne, Naples, Pompei, Syracuse, le mont Etna et Pantalica. Et comme vous allez le voir par la suite, il y a aussi Raguse, Agrigento, Parlerme, Matera, et Alberobello. Voila peut-être la raison pour laquelle on a passé 3 mois en Italie ! Parce que le moindre petit village peut abriter une église magnifique, des maisons trop choupis ou des trompe l'oeil à tomber par terre.

Palazzolo Acreide

En poursuivant notre route, on est arrivés à Raguse. Il y avait tellement de dénivelé qu'on a décidé de ne pas aller dans la vieille ville, Ibla, pour épargner nos genoux. Avec le poids des sacs a dos, on est amenés à réfléchir comme des vieux parfois. Du coup, on a juste admiré la vielle ville d'en haut. À Raguse, un prêtre nous a payé un BnB. On a essayé de dire qu'on voulait juste un morceau de sol ou un jardin pour dormir, mais il a insisté. Sachant que notre dernière douche datait un peu, on a bien profité de la chambre.

Ragusa 

Yacin nous a pris en stop le lendemain, et il nous a amenés chez son ami Sergio à Scoglitti, où on a passé la nuit. Sergio nous a fait goûter son huile d'olive. C'est la meilleure que j'ai pu goûter en Italie ! Comme la majorité des Italiens, il a quelques oliviers, et tous les ans, il va à la presse avec ses olives et ses bidons, et il à de quoi tenir l'année comme ça. On a rencontré beaucoup de gens qui faisaient ça. La plupart d'entre eux ont une oliveraie pour la famille.

Scoglitti 

De Scoglitti, on est arrivés à Licata, où un prof de gym nous a amenés chez lui. Il nous a dit qu'il ne nous laisserait pas dormir dehors parce que ça craignait trop. Et vu l'ambiance dans la ville, je pense qu'il avait raison. Comme c'était un peu compliqué de faire du stop jusqu'à Agrigento, on a décidé de finir le trajet en bus le lendemain.

À Agrigento, il y a le parc archéologique de la Vallée des Temples, un site qui date de la Grande Grèce. À ce moment-là, Agrigento s'appelait Akragas. Contrairement à ce que son nom indique, la Vallée des Temples est sur une crête, et en se promenant entre les temples grecs, on a une vue magnifique sur la vallée.


Dans le parc, on a retrouvé Amédée, le Français qui nous avait pris en stop à Syracuse. Du coup, on a fait la visite avec lui. Pour la deuxième fois, il nous a offert de la nourriture, et comme si ça ne suffisait pas, il nous a amenés sur la Scala dei Turchi, un endroit où on voulait aller.

La vallée des temples à Agrigento

La Scala dei Turchi, c'est une crique surplombée d'une falaise blanche. Et...c'est beau.

Scala dei Turchi 

Après Agrigento, on est partis voir Sciacca. On n'a pas assisté à la fête du Carnaval mais comme on est arrivés juste avant, on a pu voir les chars dans les rues. La Sicile et le Carnaval, c'est une grande histoire. Ça dure très longtemps, il y a beaucoup d'animation, et chaque ville est fière de son carnaval et de ses spécificités.

Sciacca 

Après Sciacca, on s'est reposés à Palerme, notre dernière destination en Sicile. Et à part le glacier, on n'a pas visité beaucoup de choses parce qu'on avait envie de se reposer. Je crois que c'est l'endroit où on a vu le plus de chiens errants. Dans le Sud de l'Italie, il y en a beaucoup, mais là, on en a vu partout. La plupart du temps, ils dorment dans la rue sur le trottoir. Ce sont des SDF, mais en version chien. C'est assez étrange.

Palerme 

La Sicile, c'est beau mais... c'est sale. Avant d'arriver en Sicile, on avait vu des photos de plages bleu turquoise dans des magazines, et on avait entendu beaucoup d'Italiens nous dire que c'etait le plus bel endroit de l'Italie. Donc nous, on s'attendait a être subjugués par un océan de paradisiaquitude. Et nous sommes obligés de vous avouer que nous ne l'avons pas été. La Sicile est belle, c'est indeniable. Il y a la mer partout, les montagnes, des agrumes dans les arbres, les Siciliens sont chaleureux, MAIS... d'autres regions nous ont plus marqués en Italie, et surtout, la Sicile, c'est sale. Et oui, je sais qu'en écrivant ces mots, je risque de me faire découper en fines lamelles par des Siciliens furieux, mais nom d'une pipe en bois, quand on aime son île à ce point, pourquoi la transformer en dépotoire ? Le pays le plus propre qu'on ait vu, pour l'instant, c'est la Lithuanie. Et bien la Sicile, c'est l'endroit le plus sale de notre voyage. Quand on est arrivés à Messine, on s'est dit que c'était sale parce que c'est une ville portuaire. Sauf que non... tous les endroits qu'on a vus nous ont laissé la même impression, à part Syracuse et le parc national de Pantalica.


Il y a des déchets par terre un peu partout, que ce soit en ville ou à la campagne. Une fois, à Porto Empedocle, en​ cherchant un espace dans l'herbe ou planter la tente, on s'est rendu compte que ça faisait du bruit quand on marchait. C'etait la couche de déchets en plastique sous l'herbe qui crissait sous nos chaussures. En prenant le bus pour aller a Sciacca, le bord de la route brillait au soleil comme un ruisseau, on s'est dit que c'était des jolis cailloux de la region. On s'est appercu au fil des kilomètres qu'il ne s'agissait pas de cailloux mais de détritus.


On s'est dit que c'était sale parce que la mafia court-circuite le ramassage des déchets. Quelques Siciliens nous ont dit qu'effectivement, la mafia avait sa part de responsabilité là-dedans. Et comme la Sicile est une région extrêmement pauvre, le service public n'a pas trop d'argent à mettre dans le nettoyage des rues. Et de toute façon, la mafia est omniprésente dans les services publics, bref, c'est un cercle sans fin. Il y a aussi énormément de migrants qui arrivent en Sicile, et qui bien souvent, sont obligés de dormir dehors, dans des conditions d'hygiène plutot oulala. À Catania, on cherchait un spot pour faire du stop, et en passant sous des arcades, on a failli glisser en marchant sur... des toilettes improvisées. Voilà. C'est dégueu. On précise en passant que la politique d'accueil des migrants en Italie est un vaste n'importe quoi. On a eu l'occasion de parler avec des personnes qui travaillent à différents niveaux avec les migrants, et ce qui en est ressorti n'est pas glorieux. Donc inutile de cracher sur les migrants à ce sujet. Ni sur les autorités d'ailleurs. Les Italiens connaissent des taux de chômage affolants, il y a beaucoup de migrants qui arrivent en Italie, alors oui, forcément, c'est très compliqué à gérer comme situation.


On s'est dit aussi que le vent de la mer, les chiens errants et les mouettes dispersaient les ordures. On a vu que c'etait vrai. Mais on a surtout vu un nombre incalculable de gens jeter sous nos yeux ahuris leur paquet de cigarettes vide par terre, leur bouteille en plastique dans le fossé, ou leur ticket de caisse devant le supermarché. À Scoglitti, quand on a vu Yacin jeter un papier à la poubelle, on lui a dit "Tu es le premier Sicilien qu'on voit jeter un papier dans la poubelle et pas à côté." Ce à quoi il a repondu "C'est parce que je ne suis pas Sicilien, je suis Tunisien !"


Ce ne sont pas les touristes qui salissent le plus, comme on pourrait le penser au premier abord. Ce sont les Siciliens. Mais des Siciliens qui sont obligés de vivre sur une île où de toute facon, les déchets ne sont pas ramassés régulièrement à cause de la mafia. Qu'ils mettent leur dechets à la poubelle ou non, les déchets seront peut-etre toujours là dans une semaine, alors à quoi bon ?


Donc, en Sicile, dans l'herbe, on trouve ça :

Les fleurs sauvages croisées en Sicile 

Mais aussi ça :

On n'a pris que quelques photos d'endroits qui nous ont choqués, mais on en a vu plein d'autres. C'est juste que photographier des poubelles, c'est pas notre hobby.

Bref, la Sicile nous a laissé un bon souvenir, avec toutefois un petit goût amer. Comme les amandes de Sicile justement = )

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Publié le 13 avril 2017

Le 24 février, on a pris le ferry pour quitter la Sicile et retourner sur le continent, à Reggio di Calabria. Dans un café, un monsieur qui n'avait pas l'air commode à qui on a demandé des invendus nous a offert un cappuccino avec des pâtisseries.

C'est une loi infaillible. Plus le commerçant a l'air pas commode, plus il est sympa avec nous. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences.

On n'a pas réussi à trouver une église qui voulait de nous, alors on a grimpé sur la colline de la ville et on a planté notre tente dessus. De là, on avait une vue magnifique sur la ville et on pouvait voir la Sicile en face. Par contre, on a été réveillés par une tempête de vent, j'avais peur que la tente s'envole.

Reggio di Calabria 

Notre but après la Sicile était de partir en direction de la région des Pouilles. On a vainement essayé le stop, on a pris plusieurs trains, on a dormi dans un BnB, on a repris plusieurs trains, on a mangé plein de croissants qu'on nous a offerts, on a été accueillis dans une école pour prêtres, on a failli devenir fous en cherchant un arrêt de bus pendant 3h30, on a fini par le trouver, on est montés dans le bus, et enfin, on est arrivés à Castelmezzano.

Notre trajet a été long et semé d'embûches, mais ça vallait vraiment le coup, comme vous pouvez le voir sur les photos. Castelmezzano, c'est un village encastré dans les Dolomites du Sud (oui, parce que l'Italie a aussi des Dolomites dans le Nord). Les Dolomites, ce sont des montagnes avec des formes étranges. Là-bas, on a rencontré Gaspard Le Chat, qui a fait exactement comme le chat dans Shrek pour qu'on lui donne à manger. Malheureusement, Gaspard est tombé dans un moment de restriction particulièrement sévère concernant les produits carnés, donc malgré la puissance de ses miaulements, il n'a eu que nos pots de yahourt à lécher.

Castelmezzano 

Même si Castelmezzano est un village magnifique avec des habitants charmants dedans, on a décidé de reprendre la route. Après un certain temps passé dans plusieurs autobus, on a réussi à rejoindre la ville de Matera. C'est une ville troglodyte très belle aux airs de Bethléem (d'ailleurs, c'est ici qu'a été tourné La Passion du Christ). On y trouve du pain délicieux, des glaces à la pistache, des glaces à l'amande, du calme et de la bonne humeur.

Matera 

On y trouve aussi des collines où on peut aller craphuter. Vivien en a profité pour ramasser des violettes et en faire du sirop.

Les collines de Matera 

Le 3 mars, on est arrivés en train à Putignano. C'est une ville connue pour son Carnaval, qui dure très longtemps. À Putignano, on a eu un BnB avec un four, alors on a pu enfin faire une galette des sois, chose que l'on attendait depuis très longtemps !

Sur la place de la ville, il y a un "Mur des poupées." C'est une installation qui a été mise en place pour sensibiliser les gens aux violences faites aux femmes. En fait, en Italie, c'est un gros problème. On a croisé sur notre chemin beaucoup de centres d'accueil pour les femmes qui subissent des violences, il y a des affiches avec les numéros d'urgence un peu partout, et il y a des marches qui sont organisées.

Putignano 

De Putignano, on est allés à Alberobello, pour y voir les maisons typiques des Pouilles, les trulli.

Alberobello

Après les Pouilles, on voulait partir en ferry pour la Croatie, sauf que le ferry ne navigue pas avant avril. Du coup, on a dû prendre un Flixbus de Bari et remonter tout le mollet de la botte pour arriver à Zagreb. On a visité Bari, qui est une ville très sympa. À Bari, il y a une rue où les femmes fabriquent des pâtes et les font sécher devant chez elles.

On a mangé une dernière glace et on est montés dans le bus. On a mis 24h, on a pris 3 bus, un monsieur a dormi sur Vivien pendant une partie du trajet, et on était contents d'arriver à Zagreb. On a changé de bus à Venise et à Bologne, ça nous a permis de faire un petit tour de Bologne entre 5 et 6h du matin, dans les brumes du sommeil.

Bari 

Les glaces

Si vous aimez les glaces, c'est dans le Sud de l'Italie qu'il faut aller. Et si vous pensiez aimer la glace à la pistache, là-bas, vous allez la redécouvrir. Parce que la pistache, c'est de la vraie pistache, et ça se sent. Les meilleures glaces qu'on a mangées, c'est en Sicile et dans les Pouilles. Tous parfums confondus.

Objets que l'on retrouvait quotidiennement dans les poches de Lena en Sicile. 

Actuellement, je rédige cet article depuis l'Albanie, et les glaces du sud de l'Italie me manquent déjà.

Les transports en commun dans le Sud de l'Italie, c'est n'importe quoi

D'ailleurs, si vous allez là-bas pour vos vacances, on vous recommande vivement de louer une voiture, une vespa, un âne, ou un poney. Tout ce qui est bus et train, c'est compliqué. Il y a plusieurs sociétés de train, donc des gares différentes selon les sociétés. Pour les bus, ce n'est pas vraiment mieux. L'arrêt varie selon la personne qui vous répond quand vous demandez votre chemin. Les horaires sont données avec des fourchettes immenses, autant par les gens dans la rue, que par les vendeurs de billets ou les chauffeurs.

Petit exemple :

Chez la vendeuse de tickets

La vendeuse : Il y a un bus à 13h30.

Moi : Ah, j'ai lu 13h50 sur internet. J'ai dû me tromper de ligne.

La vendeuse : Non non, c'est bien le 13h50, mais comme c'est dimanche, il y a moins de monde, alors il passe plus tôt.

Épilogue : le bus est passé à 14h20. Nous avons attendu 40 minutes.

Conclusion : Si tu prends les transports en commun, prends aussi un bon bouquin.

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Le caffè en Italie

On adore la façon dont les Italiens prononcent le mot caffè. Dans une conversation, les gens bougent leurs mains dans tous les sens, ils parlent très vite, assez fort, et puis soudain, il prennent le temps de respirer pour prononcer ce mot avec une nonchalance pas possible. C'est une pause dans la phrase, un îlot de calme au milieu d'une mer de mots déchainés. Et puis une fois le mot dit, le débit reprend son rythme effréné.

La quantité de café dans les tasses est minuscule, par rapport aux cafés qu'on sert en France. Je pense que c'est pour pouvoir en prendre plusieurs dans la journée. Le café​ ponctue les 24h de la vie de beaucoup d'Italiens. D'ailleurs, on a été dans des maisons où il n'y avait pas grand chose. Mais il y avait toujours une cafetière italienne. Toujours.

Je n'aime pas le café, et je suis reconnaissante à tous les Italiens qui ont bien voulu chercher pour moi un sachet de tisane dans leurs fonds de tiroirs. Je n'ai jamais bu autant de camomille de toute ma vie.

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Voilà. Nous qui pensions rester 1 mois en Italie, on y est restés 3 mois. Pour notre budget, ça n'a pas été de la tarte. On a dépensé 900 € de trop par rapport à nos prévisions, mais vraiment, ça vallait le coup. L'Italie est un pays magnifique, avec des surprises à chaque coin de rue. Et je comprends les Italiens qui ne veulent pas en partir même s'ils ne trouvent pas de travail. Si vous prévoyez d'allez en Italie, il y a encore deux choses à savoir. La première, c'est qu'il y a des bidets dans chaque salle de bain. Très important le bidet ; et la deuxième, c'est qu'en voiture, c'est comme en Pologne, il peut vous arriver d'avoir peur de mourir.

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Et pour finir, voici une vidéo de la BBC qui parle de la cueillette des spaghetti. Et donc des arbres à spaghetti. Ça se passe en Suisse, mais ça parle de spaghetti, alors je me suis dit que pour finir cet article sur l'Italie, c'était parfait.

Diffusé le 1er avril 1957 
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Publié le 1er mai 2017

Le8 mars, on est arrivés à Zagreb, chez Ante, un hôte de couchsurfing. Après 3 mois d'Italie, ça nous a fait tout bizarre d'arriver dans un nouveau pays, d'entendre un nouvelle langue. Pour Vivien, l'Italie est le pays dans lequel il a séjourné le plus longtemps après la France.


Nous qui étions habitués au rythme italien, on a été frappés par le calme de Zagreb. Ici, on peut marcher tranquilement dans la rue, on ne risque pas de se faire renverser par une vespa. Les piétons attendent patiemment que le feu passe au vert, et...il n'y a pas de klaxons tout le temps. Zagreb nous a fait du bien, c'est une ville reposante.


Chez Ante, on a préparé le dîner avec un autre couchsurfer, Ryan. Il vient de Taïwan et il fait un voyage d'un an à vélo. Quand on s'est mis à cuisiner, on avait besoin de deux planches à découper, et Ante n'en avait qu'une. On a donc dit à Ryan qu'on couperait nos oignons une fois qu'il en aurait fini avec son poulet. Il a réfléchit, il est aller farfouiller dans les sacs accrochés à son vélo, et il est revenu en brandissant une grande planche à découper violette en plastique. Et là, on s'est dit que ce mec était génial. Son vélo est super lourd, ça fait plusieurs mois qu'il pédale, il doit souvent porter son vélo dans les escaliers, mais il a une grande planche à découper. En soi, ça n'a rien d'étrange. S'il aime se faire des p'tits plats, il a raison ! Mais comme nous on essaie de voyager ultra-léger et qu'on fait des concesssions sur pas mal de trucs, on n'a pas pu s'empêcher d'éclater de rire.


J'en profite ici pour glisser aux Parisiens que Ryan compte passer par Paris bientôt. Donc si jamais quelqu'un à envie d'accueillir chez lui un Taïwanais et son vélo, il peut me contacter ! Ce sera l'occasion de déguster un bon dîner parce que Ryan et sa planche à découper font très bien la cuisine.

Les cravates croates

Sous Louis XIII, les hussards croates portaient une étoffe autour du cou, et à la Cour, ils ont trouvé ça trop chic, alors c'est devenu à la mode. Et comme les Français avaient du mal à prononcer le mot 'hrvat', qui veut dire 'Croate' en croate, ils ont appelé ça des 'cravates'. En croate, les voyelles, ça court pas les rues, alors je comprends qu'ils en aient rajouté une en passant. Et comme le 'hr', pour un Français, ça s'apparente un peu à de la torture, je ne vais pas les blâmer pour ce changement non plus.

Zagreb 

De Zagreb, on est partis à Plitvicka Jezera. Là, il y a un parc naturel avec 12 lacs en escaliers. Du coup, il y a plein de cascades, c'est super beau. On sait, c'est mal, mais on a volontairement omis de passer par l'entrée du parc pour ne pas payer.

La première nuit, un prêtre nous a donné une pièce chauffée pour dormir, et la deuxième, on est allés mettre le tente dans une maison abandonnée. En Croatie, pendant la guerre, beaucoup de gens sont partis de chez eux, alors il y a des maisons abandonnées partout. On a lu par la suite qu'il ne fallait pas aller dedans parce que certaines ont été minées, pour empêcher les populations de retourner chez elles.

Plitvicka Jezera 
Des fois, le hors-piste, c'est marrant 

Comme on avait un peu froid, on est partis rejoindre la côte, et on s'est arrêtés pour visiter Zadar. Au bord de l'eau, il y a un orgue géant, qui fait de la musique au fil des vagues.

Zadar 

En faisant du stop pour Split, on est passés près du lac de Vransko, qui fait partie d'une grande réserve d'oiseaux. On s'y est arrêtés pour se promener autour.

Le lac de Vransko 

Comme on n'avait plus rien à manger et que le stop ne fonctionnait pas, on a marché jusqu'à Pirovac, un petit village très mignon plein d'Allemands au bord de la mer. Les campings étaient fermés et les gens ne voulaient pas de nous dans leurs jardins, alors comme on était fatigués, on a campé sur la plage, chose qu'on ne fait jamais en temps normal, parce que ce n'est pas un endroit tranquille et sûr.

Et alors qu'on commençait à s'endormir, un imbécile a donné un coup de pied dans la tente. On a crié tellement fort qu'il est parti en courant. Et puis de loin, il a crié :

"It is forbidden to fuck outside in this country !"

Et en appelant Vivien à se battre : "Come here pussy ! I'm here !"

Tout ça suivi d'un caverneux "Muhahahaha !"

Vivien avait bien envie d'aller l'empaler sur son bâton de marche, mais j'ai dû l'en dissuader, parce que je me suis dit que face à un crétin pareil​, il vallait mieux tout simplement s'en aller. En partant, j'ai espéré que quelqu'un inscrive ce pauvre garçon à un cours de pilates, de flûte traversière ou de néerlandais, parce qu'il doit vraiment s'ennuyer pour en arriver à de telles extrémités dans le ridicule.

Je suis allée frapper à la première porte venue, et malgré les 22H passées, une dame nous a proposé de dormir dans une partie inoccupée de sa maison. C'est une femme que j'ai vu en tout 10min dans ma vie, mais je lui suis éternellement reconnaissante. Sans elle, on se serait peut-être entretués de fatigue, Vivien et moi.

C'était notre première mauvaise expérience en camping sauvage. Comme quoi il faut rester sur ses gardes, parce que des gens qui s'ennuient, il y en a partout.

Plusieurs jours plus tard, quand on s'est resservis de la tente, on a découvert que cet imbécile avait fait une entaille dans la toile, avec une clef ou un bout de verre. Heureusement qu'on a découvert ça après, parce que là, pour le coup, il y aurait peut-être eu un empalé.

Pirovac 

Après une bonne nuit, on est partis à Split, et on a trouvé la ville vraiment sympa. À Split, il y a de tout ; la plage, la vieille ville, les bars au bord de l'eau, et une colline romantique. Mais à mon avis, c'est à éviter l'été, car comme toute la côte croate, c'est rempli de touristes.

Split 
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Sur le pont de Mostar 

Le 18 mars, on a quitté Split pour aller en Bosnie-Herzégovine. Après plusieurs heures de bus avec de la musique des Balkans à fond, on est arrivés dans la ville de Mostar. On a séjourné chez Davor, en couchsurfing. La vieille ville est très sympa. On s'est émerveillés devant les mosquées, et on a mangé des loukoums. Ça nous a donné l'impression d'être en Turquie. On a aussi mangé un čevabčiči, c'est un plat traditionnel bosniaque à base de viande. D'ailleurs, on a trouvé que la Bosnie, c'était peut-être pas le meilleur pays pour les vegans, parce que la viande, c'est vraiment la base de beaucoup de plats. En plus, à chaque coin de rue, il y a un boucher avec comme enseigne une photo géante d'agneau empalé sur une broche en train de cuire, les yeux exorbités. Quand on n'a pas l'habitude, ça peut surprendre.

Dans la ville, beaucoup de travaux ont été faits pour réparer les dégâts de la guerre. Dès qu'on s'éloigne de la zone touristique, on peut voir l'ampleur des destructions, qui donnent un autre visage à la ville ; il y a des bâtiments immenses abandonnés un peu partout. Et les gens ont repris leur vie malgré tout, alors ça forme un étrange décor.

Mostar était divisée entre les Musulmans et les Catholiques. Aujourd'hui, la guerre est finie, mais chaque communauté habite d'un côté du fleuve.

Mostar 

Un monsieur nous a pris en stop pour Sarajevo. Comme il roulait sur des petites routes, je me suis dit qu'il faisait un détour. Mais après avoir jeté un coup d'œil sur le GPS, j'ai vu qu'on était bien sur la route principale. La Bosnie est en grande partie composée de montagnes. Donc pour faire des routes, c'est pas l'idéal. Et comme il y a eu la guerre, et que maintenant, le pays ne marche qu'avec la corruption, le développement du réseau routier, c'est pas pour tout de suite.

D'ailleurs, pour aller dans le centre ville, on a pris un tramway, ça nous a mis dans l'ambiance. Au bout de deux arrêts, le conducteur sort avec une sorte de clef à molette géante, bricole quelque chose sous la carcasse du tram, remonte et redémarre. Deux arrêts plus loin, il s'arrête de nouveau et annonce aux passagers que le tram a un probleme et qu'il faut prendre le suivant. Tout le monde descend. Le conducteur descend, prend une autre clef du même genre accrochée à un poteau électrique, change l'aiguillage du tram manuellement et repart. Un vieux monsieur sorti de nulle part, prend à son tour la clef et rechange l'aiguillage. On s'est dit qu'ici, les gens ne se prennaient pas la tête, ça nous a plu.

À Sarajevo, ce qu'on a aimé, c'est l'ambiance de la ville, qu'on surnomme la petite Istambul. Dans les rues de Baščaršija, le centre historique, les gens sont assis dans le vieux bazaar et fument de la shisha, mangent des baklavas ou boivent un café turc. Il y a une synagogue, des mosquées, une église orthodoxe et une église catholique. On entend les cloches des églises, suivies du chant du muezzin, c'est un grand mix.

Même si la guerre est aujourd'hui terminée, on voit encore les éclats des bombes sur certains bâtiments, et il y a parfois quelques tensions politiques au niveau religieux. Mais à part ça, on s'y sent bien, et les différentes religions cohabitent.

On s'est dit que ça devait être chouette d'habiter à Sarajevo. C'est grand, au milieu des montagnes, très aéré et il y a une ambiance vraiment sympa. Ça a vraiment été une agréable découverte pour nous, qui ne savions pas du tout à quoi nous attendre.

Sarajevo 

Après Sarajevo, on est allés se promener à Trebinje, une petite ville près de la frontière croate.

Trebinje 

Pour nous, avant d'y mettre les pieds, la Bosnie Herzégovine, ça n'existait que sur les cartes. Pays au nom étrange appris à l'école primaire, on ne lui associait aucune réalité. Maintenant, on sait que ça existe, que les Bosniaques sont cools, et qu'on y mange super bien. On a vu aussi que c'est chaud-patate pour pas mal de Bosniaques qui n'aspirent qu'à une chose : partir. En effet, la corruption ne facilite pas le développement du pays​, qui en a pourtant bien besoin après une guerre si meurtrière. Pendant nos déplacements, on a vu d'innombrables maisons abandonnées, voire même des villages entiers ;

On a aussi eu l'impression qu'en Bosnie, il y a quelques grosses villes où se concentre la majorité de la population, et puis des montagnes, des montagnes, et des villages perdus au milieu des montagnes.

• • •

Le 24 mars, on est retournés en Croatie, dans la belle ville de Dubrovnik. À Dubrovnik, le couchsurfing, ça ne marche pas, c'est de notoriété publique, c'est même écrit sur hitchwiki, le site des auto-stoppeurs. MAIS il y a Dubravko, un hôte super sympa qui met l'entrepôt de son magasin d'ordinateurs à disposition des couchsurfeurs. Dedans, il a mis des canapés, une plaque de cuisson et un radiateur. Il y a un robinet dehors et des toilettes dans le magasin, disponibles pendant les heures d'ouverture. Et la nuit, une petite souris vient manger les provisions des couchsurfeurs qui ont oublié d'accrocher leurs sacs en hauteur. C'est comme ça qu'on l'a surprise en flagrant délit dans le sac à pain d'un couchsurfeur Américain.

C'est donc grâce à Dubravko qu'on a pu découvrir Dubrobnik à notre rythme (c'est à dire pas trop vite). Même si on a trouvé Dubrovnik magnifique, on a préféré Split, parce qu'on a eu l'impression que tous les habitants du centre de Dubrovnik ont fui pour laisser place aux touristes.

Dubrovnik 

Le 27 mars, on est arrivés dans la petite ville de Herceg Novi, au Monténégro. On a visité le centre-ville et on a fait une rando, où on a cueilli de la sauge, du thym, du romarin, du laurier, des orties et du pissenlit.

Herceg-novi 

Après, on est partis marcher dans les hauteurs de la ville de Kotor. Comme on est montés à 1 000m, on a pu voir le fjord presque en entier, c'était super beau. On a rencontré des chenilles processionnaires aussi. C'est tout mignon, tout velu.

Kotor 

Le Monténégro, c'est tout petit, mais ça nous a vraiment plu. Il y a plein de randonnées sympas à faire, c'est bien moins cher que la Croatie, les gens sont très sympas, et il y a 240 jours d'ensoleillement par an.

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Publié le 21 mai 2017

Comme avec le nombre d'articles, le blog est devenu extrêmement lent, on a fait un autre blog, sur lequel il y a la suite de notre voyage. Le lien est ici !

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Le31 mars, deux Kosovars nous ont amenés à Shkodra, en Albanie. Shkodra, ça nous a plu, parce que c'est calme et dépaysant.

Shkodra 

Des chiens errants se font klaxonner parce qu'ils traversent sans se presser, des Gitans poussent des charettes chargées de vêtements sur la route et un cheval broute la pelouse d'un jardin public. La moitié de la ville se déplace en vélo, et ceux qui sont en voiture prennent leur temps. Il y a des vendeurs de tout tous les 10 mètres ; une dame vend une bouteille de lait, une autre vend un sac de carottes, et une troisième vend des sacs d'oignons de 10kg. Les vieux jouent de l'argent aux dominos sur des tables dans les parcs, l'air sérieux. Les Gitans vivent dans leur quartier ; leurs tapis s'aèrent sur les grillages, leur linge sèche sur des fils tendus dans la rue, et leurs chèvres broutent dans le terrain de foot. Les Gitans récupèrent beaucoup de choses dans les ordures. Après, c'est au tour des chiens errants de vérifier s'il ne reste pas quelque chose d'intéressant, puis au tour des chats, et enfin, c'est au tour des corbeaux. On a l'impression d'être emmené dans un joyeux bazar, où chacun a sa place.

À Shkodra, on a également eu la joie de rencontrer à nouveau nos amies les punaises de lit, ce qui m'a permis de ne penser qu'à ça pendant une bonne quinzaine de jours. Ah, les punaises de lit... Un vrai bonheur ! D'autant plus que le propriétaire de l'hostel n'a pas bien saisi la situation quand je l'ai prévenu. Il m'a répondu "Oui oui, la femme de ménage a passé l'aspirateur partout !" Brave homme. Si tu savais. Une punaise de lit ne meurt qu'après 7 minutes d'exposition à 46°C, 15min à -32°C, ou 5 jours dans un environnement à -10°C. Donc autant dire que la punaise, quand elle rentre dans un aspirateur, elle en ressort. Surtout si celui-ci se trouve à 1m de la pile de couvertures qu'on distribue aux clients de l'hostel. Vu les réactions que je fais aux piqûres de punaises, je suis très renseignée sur le sujet, et si vous en rencontrez une dans votre vie, n'hésitez pas à m'appeler. J'ai un doctorat en punaisologie maintenant.

Shködra

Vivien est un prénom particulièrement difficile à prononcer pour les étrangers, le son "in" étant généralement vécu comme une destructuration douloureuse de la mâchoire. Donc la plupart du temps, Vivien se fait appeler "Viviane", on est habitués maintenant. Ça n'a donc pas été de la tarte quand on a décidé de partir en randonnée avec Vivian, une Allemande rencontrée à l'hostel. Quand j'en appelais un, les deux me répondaient à l'unisson.

D'ailleurs, pour cette raison, les gens pensent souvent que Vivien, c'est moi, parce que pour eux, c'est un prénom féminin.

On a beaucoup aimé la rando. On a pu voir le lac de Shkodra d'en haut, des tortues en train de faire des bébés tortues, et des bergers qui montaient des poneys à moitié sauvages en poussant des cris. Vivian et moi, on est montés sur leurs poneys pour voir.

Notre randonnée sur les hauteurs du lac 

On est aussi aller faire un tour dans les ruines du château de Rozafa. En voyant Vivian, l'agent de sécurité s'est mis à faire tous les trucs interdits sur les panneaux pour l'impressionner, comme monter sur les ramparts ou nous emmener dans les caves. Je pense qu'il aurait bien épousé Vivian, mais celle-ci a dû trouver qu'il n'était pas à son goût, puisqu'elle est repartie sans lui en Allemagne. En même temps, il lui manquait beaucoup de dents, du coup il ne souriait jamais. D'ailleurs, en Albanie, on a vu pas mal de gens avec des dentitions amochées ; beaucoup de gens ne doivent pas avoir accès aux soins, faute d'argent.

Le château de Rozafa 

Après Shkodra, on a fait un bref arrêt à Tirana pour faire notre procuration pour les élections présidentielles. On n'a pas trouvé d'intérêt particulier à la ville, donc on ne s'est pas trop attardés.

On a vu plusieurs bus français, ça nous a fait tout drôle, sur le coup. Comme en Albanie, rien ne se jette, tout se recycle, la municipalité a dû acheter des lots de vieux bus en France.

Tirana 

Le 5 avril, on est allés à Orikum, et de là, on est partis marcher quelques jours sur la péninsule de Karaburun.

Pour aller à Orikum, on a fait du stop. Ça nous a permis d'entendre les chants polyphoniques traditionnels albanais, qui sont classés au patrimoine immatériel de l'humanité. Si vous voulez vous mettre dans l'ambiance des montagnes albanaises, vous pouvez ecouter cet extrait :

Les chants polyphoniques albanais

Bien sûr, il faut s'imaginer dans un très vieux break Volvo, avec la route qui serpente entre des montagnes parsemées de moutons, et la musique à fond qui fait sursauter le conducteur de temps en temps.

Orikum 

Sur Karaburun, on a croisé des pêcheurs, des chiens de pêcheurs, des bergers, et des chiens de bergers. C'était difficile de trouver de l'eau potable, seuls les bergers en avaient dans des bouteilles de 5L. On a vu des tortues, des lézards géants verts fluo, plein de grenouilles, des milliers de moutons, et quelques centaines de vaches et de chèvres. On a trouvé l'endroit magnifique.

Karaburun 

Ensuite, on est allés faire une randonnée dans la Riviera albanaise. Et franchement, c'est super beau comme endroit. L'eau est encore un peu fraîche, mais la mer est tellement belle !

Au début du trajet, un chien errant s'est mis à nous suivre, j'ai décidé de l'appeler Baklava. La première nuit, il a fait la sentinelle devant la tente. Il était super sympa, on aurait bien continué le voyage avec lui ; et puis un chien de garde, pour le camping sauvage, il faut avouer que c'est vachement pratique. Mais par la suite, on a dormi dans des hostel, et comme les hostels n'acceptent pas les chiens, Baklava ne pouvait pas dormir avec nous, alors il a fini par partir. C'était vraiment un chouette chien, on aurait aimé le ramener en France. Mais bon, il aurait dû apprendre le français, alors c'est peut-être mieux comme ça.

Dans le pays, il y a des bunkers PARTOUT. En fait, il y en... 700 000. Le dictateur qui a gouverné de 1945 à 1985, Enver Hoxha, était un peu parano sur les bords.

La Riviera Albanaise 

En Albanie, il y a de très beaux endroits, et les gens nous ont plu. Bien sûr, on a rencontré quelques personnes qui pensent que les touristes sont des gens idiots avec des liasses de dollars dans les poches ; comme un mec qui voulait nous faire payer 15€ pour mettre la tente dans un terrain vague sans sanitaires avec des chèvres ; ou une petite gitane qui nous a suivi sur un bon kilomètre en nous réclamant de l'argent. Mais le pays a été sous dictature depuis 1945 et n'a commencé à sortir de l'isolement que péniblement dans les années 2000. Donc beaucoup de gens ne sont tout simplement pas habitués au touristes. Aujourd'hui, le tourisme augmente chaque année en Albanie avec tous les gens qui ne peuvent pas se payer la Croatie, même si le pays manque d'infrastructures, faute de pouvoirs publics efficaces. D'ici 5 ou 10 ans, la situation du pays devrait nettement s'améliorer.

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Publié le 26 mai 2017

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Publié le 17 juin 2017

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Publié le 30 juin 2017

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