Carnet de voyage

2021, l'expérience du GR5

6 étapes
31 commentaires
38 abonnés
Dernière étape postée il y a 13 heures
Les Vosges, le Jura, La Suisse, La Vanoise, l'Ubaye et le Mercantour ultime étape d'un GR5 rude et magnifique apparaitront jour après jour dans un décor printanier jusqu'au premières lueurs de l'été.
Du 3 mai au 24 juin 2021
53 jours
Partager ce carnet de voyage
1
1
Publié le 29 avril 2021

Les préparatifs de la randonnée éparpillés sur le canapé attendent depuis presque un mois leur retour dans le sac à dos. Pendant cette période interminable, j'ai profité pour alléger encore un peu celui qui me suivra sur le dos : huit kilos et deux cents grammes, auxquels il faudra rajouter la nourriture et l'eau même si le parcours regorge de ruisseaux, de fontaines et j'espère quelques bars ouverts.

Le périple montagnard se divide en 5 parties : les Vosges et ses lignes de crêtes bleues, le Jura accidenté où passe la GTA (Grande Traversée du Jura), un bout de Suisse vers les Rousses et enfin les Alpes avec la Vanoise, le Queyras et ses vingt-huit sommets dépassant 3000 mètres d'altitude, l'Ubaye cotoyant l'Italie et mon préféré le Mercantour balcon de la Méditerrannée. La traversée nord-sud du coté-est de la France relie le piémont alsacien aux senteurs méditerranéennes, seul le passage en Suisse nécessite de prendre un bateau pour traverser le lac de Genève. Je n'ai pas prévu de trainer sur plus de cinq cents kilomètres un canoë gonflable comme Mike Horn.

Les étapes et les altitudes 

Les cinq premiers jours j'aurai la compagnie et le plaisir d'être avec Elise et Gaël du point de départ du château de Bernstein - le château-fort du Bernstein est situé sur le ban de la commune de Dambach la Ville, à 562m d'altitude, et domine la plaine du centre Alsace du haut de son donjon - jusqu'au Ballon d'Alsace qui culmine à 1 247 mètres d'altitude, est l'un des premiers sommets significatifs lorsqu'on aborde le massif des Vosges par le sud. Nous partagerons les premiers efforts, les courbatures de fin de journée et la joie d'être réunis une fois les tentes montées. Seul ensuite, il me restera quelque neuf cents kilomètres de décors montagnards, des cols escarpés, des lacs sans doute encore enneigés, une flore encore naissante et déjà multicolore et d'une faune variée parcourant les pentes herbeuses et s'agrippant aux rochers gelés. J'assisterai pas après pas à la naissance d'un nouveau printemps à haute altitude pour respirer soixante jours plus tard l'air iodé du haut pays niçois. Le GR5 c'est aussi cinquante kilomètres de dénivelés négatifs, cinquante kilomètres de dénivelés positifs. Ainsi pratiquement cent kilomètres de montées harassantes et de descentes brutales mais sans jamais atteindre les étoiles. N'est pas Thomas Pesquet qui veut ! La nuit sous la tente il me suffira de tendre le bras pour les caresser et me dire que c'est très bien ainsi.

Le début du Mercantour coté italien 
2

Cette fois c'est parti. Lever 5 heures, Strasbourg n'est pas encore réveillée, petit déjeuner sommaire, nous enfilons nos équipements direction le tram.

Le train en direction de Dambarr-La-Ville démarre à 7h15 précise, 55 minutes plus tard nous arpentons une longue montée objectif une boulangerie du village.


En quelques minutes les pains au chocolat ont été engloutis. Le boulanger peut mieux faire, ils paraissaient rassis. Les temps sont durs pour tout le monde.

Il nous faut rejoindre le GR5 au château du Bernstein à 2.4 km du centre-ville. Une belle forêt s'ouvre à nous avec quelques raidillons. Il est 8h20 nous sommes au château.

Le château
Vue panoramique
Vue du côté nord
Château du Berstein

Le beau temps nous accompagne, petite fraîcheur agréable pour marcher. Nous conservons nos vestes le temps de se réchauffer et d'habituer nos muscles encore engourdis par des semaines de confinement.

Notre allure nous oblige après quarante cinq minutes de marche à ranger les vestes, seul un polo ou un pull Mérinos suffit. Pas de vent, un soleil bien présent, les conditions idéales.

Nous passons un autre château avec une tour imposante qui domine la plaine d'Alsace et le village de Chatenois.



Château de l'Ortembourg

La descente et l'arrivée vers Chatenois s'annonce longue, il nous redescendre presque la totalité de ce que nous avons montés tôt ce matin. De plus arrivés à Châtenois, il nous faudra gravir le sommet pour atteindre le Château du Haut Koenisgbourg. La distance entre les deux sites, 7 kilomètres de montée. Nous y arriverons vers 13h15, harassés, les jambes fatiguées, un peu assoiffés. Les sandwiches sont engloutis rapidement mais nous prenons le temps de reposer nos corps plus habitués à de telles épreuves physiques.


Châtenois
Petit édifice du château
Un village alsacien
Châtenois

La halte déjeuner doit prendre fin, nous nous refroidissons trop, en plus il fait un peu froid. Sans plus tarder nous reprenons nos sacs encore plus pesants direction Thannenkirch. Il nous reste moins de cinq kilomètres à parcourir. 14h30 arrivée à la fin de notre première étape. Il nous reste à trouver un emplacement pour monter les tentes. Petit coup d'œil à la carte, à la sortie du village il devrait y avoir du terrain plat. Nous faisons le plein des gourdes pour le soir et la nuit : on ne boit jamais assez dans la journée. A la sortie du village une aire de pique-nique faite pour nous. Ce sera là notre lieu pour notre première nuit.


Le premier camp
3

Thannenkirch contraction de "Sankt Anna Kirch" (église Ste Anne) nous réveille à 6h00. La nuit a été calme, pas de vent, pas de pluie, seul quelques rafales nous obligent à plier les tentes rapidement. Le temps risque de tourner sans nous dépêcher le tout est bouclé en moins d'une demie heure.

Lever de soleil à Thannenkirch

Seulement deux heures séparent de Ribeauvillé lieu où Elise et Gael reprendront le chemin du retour vers Strasbourg.

Le chemin traverse une forêt où les feuilles sortent à peine de leur bourgeon.


Rapidement nous arrivons au château de Haut-Ribeaupierre du Xiéme siècle avec son donjon cylindrique, il est aujourd'hui abandonné.

A quelques encablures un autre château domine la ville de Ribeauvillé celui de Saint Ulrick qui est célèbre par son donjon carré et sa salle des chevaliers aux fenêtres romanes. Ribeauvillé s'étale au pied de la colline aux 3 châteaux, nous y serons à 8h45.

Le petit-déjeuner se prend sur la rue principale à côté de la boulangerie. Trente minutes plus tard je faisais un au revoir à Elise et Gael

Ribeauvillé en bas

C'est toujours émouvant de laisser quelqu'un sur le chemin et aujourd'hui c'est particulièrement émouvant.

Seul je reprend le chemin du GR5 vers Aubure, j'ai deux cols à gravir j'aimerai bien y arriver vers 12h30. Malgré cet objectif mon allure est très modérée, douleurs obligent. Le pied droit me gêne , l'haine droite ne lance de petits pics, le reste pour l'instant rien à signaler. Il faut environ 3 semaines pour que le corps soit affûter. J'en suis à peine à deux jours, je me dis qu'il va falloir souffrir un peu pour que tout rentre dans l'ordre, du moins je l'espère.

Côté moral, il y a eu mieux, de ce côté là aussi ça devrait s'améliorer. Effectivement j'ai une petite appréhension pour la suite de la randonnée. Le beau temps n'est pas au rendez-vous, les neiges sont tardives et j'ai quelques cols à passer dans les Vosges, le sommet du Hohnech (1363 m) à gravir. Dans les Alpes il faudra rajouter mille mètres de plus, certes j'aurai avancé dans la saison mais il y a toujours un risque de grands névés ou de cols glacés. Cette situation m'obligerai à soit faire un détour ce qui n'est pas toujours évident soit carrément renoncer. Bon, je n'en suis pas là, chaque jour sa peine et ses joies.

Sapin des Français

Les deux cols passés, le parcours passés par le Sapin des Français (773 m) partie de tronc d'un sapin âgé de 200 ans. Cet endroit correspond au point extrême dans ce secteur de l'avancée des troupes françaises vers la plaine d'Alsace, le 18 août 1914.


Le Koenigsstuhl (938 m)

Le Koenigssthul est le point culminant de ce petit massif que je parcours juste avant d'arriver à Aubure, petit village de montagne où il n'y a pas âme qui vive. Tiens ça me rappelle le Morvan !


Arrivé dans le village il est 12h30, parfait et en plus j'ai du réseau. J'en profite pour donner de mes nouvelles à Guylaine et scruter la messagerie. Ce matin à Ribeauvillé j'ai pu publier mon blog, ce soir je pense que cela sera impossible car mon objectif du jour est perdu en pleine forêt à une heure trente de marche du village.

La commune de Aubure à prévu un abri plus sympathique pour les randonneurs, l'occasion de reprendre des calories pour le dernier effort de la journée.

Le chemin serpente à flanc de montagne, rien que de la forêt, la montée se fait aisément, elle n'est pas raide mais la pluie gêne la progression.

Sur le plateau une petite cabane en bois apparaît, peut-être le refuge pour ce soir.


La Pierre des 3 Bans

Il est 14h30 je dois tuer le temps, l'intérieur est très rudimentaire même spartiate mais bon il faut savoir se contenter de ce que l'on a.

Je démarre le blog difficilement même si j'ai des choses à dire, il y a toujours un temps où le vide ne se remplit pas.

J'en suis presque à la fin au bout d'une heure de réflexion et d'écriture quelqu'un toque à la porte. Un visiteur.

Jamais je n'aurai pensé avoir de la visite ce soir. Homme âgé autour des soixante-dix ans, trempé jusqu'aux os, pas de sac à dos, nous entamons la discussion avec l'éternelle question : où vas-tu ? Alors j'explique mon projet du moment, il me lance qu'il rêve de faire le GR5 mais dans l'autre sens car il est du coin. Il voudrait partir de Nice et aller jusqu'à Aubure village étape de cet après-midi. On bavarde une bonne demie heure, dans l'échange il m'informe qu'à 4 km delà sur mon chemin il y a un refuge en dur avec un poêle, je pourrais ainsi faire du feu. Ni une ni deux, je plie mes affaires lui souhaite un bon retour chez lui, j'enfile le poncho et pars en direction de ce refuge plus accommodant.

Le vent ne faiblit pas la pluie non plus, le parcours est isocline avec une légère montée vers la fin. En faisant cela demain mon parcours sera plus court et je me sens de faire une heure de marche en plus.

Pile une heure plus tard juste après avoir gravi le Petit Brézouard (1203 m) j'aperçois en contrebas l'abri refuge en pierre.


Sur le parcours final quelques petits névés ont survécus aux petites chaleurs et aux rafales de vent. J'espère que ce n'est pas un mauvais présage.

Je tente de faire du vent dans refuge mais le bois trempé prend difficilement. La flambée aura duré quinze minutes le temps de réchauffer un peu la salle et me réchauffer un petit peu le cœur.

Je sens que la nuit va être longue mais au moins je suis à l'abri et demain sera un autre jour.


Mercredi matin
4

Surprise ce matin de la neige ! Là les difficultés vont surgir : traces du chemin moins évidentes, risques de glissades, visibilité réduite, froid et le vent qui ne faiblit pas. C'est vraiment pas de chance. La météo prévoit une embellie par avant jeudi. Donc aujourd'hui mercredi ça va être sportif, la prudence ne doit pas me quitter.

Hier soir vers 20h deux cyclistes sont apparus, j'étais déjà couché. Je m'étais étalé sur la table du refuge, il faut dire qu'elle est immense. Pas question de prendre une couchette et il y en avait suffisamment : punaises obligent.

Ce matin à 6h30 je range mon sac sans bruit pour ne pas trop les déranger. 7h10 départ. La neige a couvert le chemin sur 10 cm environ mais par endroit pas de neige. Le temps est venteux, il ne neige pas, une alternance de soleil, de nuages me réchauffe un peu mais pas suffisamment pour quitter la gorets, le bonnet et les gants.

Petite grimpette jusqu'au sommet Brézouard où la visibilité ne permet pas de voir l'horizon, je devine tout de même un paysage forestier à perte de vue. Le silence total règne dans ce décor blanchi et totalement vierges de traces.


En allant vers Bonhomme

Je dois rejoindre le village de Bonhomme par un sentier forestier large et agréable, cinq cents mètres de descente me sépare de mon objectif, de la descente rien que de la descente.

9h20 arrivée à Bonhomme comme à chaque fois je recherche une épicerie ou une boulangerie. Celle du village est fermée pour cause de maladie mais en arrivant et en passant à côté de la mairie était indiqué "pain frais".

Je pars à la recherche de cette providence. Dans une salle à l'arrivée du bâtiment de la mairie une minuscule épicerie et des toilettes. Plus de croissants, plus de pains au chocolat ! Le pseudo épicier n'arrête pas de s'excuser de n'avoir rien à me vendre. Je le remercie en lui demandant de pouvoir utiliser les toilettes : un brin de décrassage n'est jamais de trop.


Sorti du village, la pente est raide, je dois atteindre la Tête des Faux (1208 m), le panneau indiqué 1h40 je ne tarde pas car le temps tourne au vinaigre.

Étang du Devin

Le parcours passe par l'étang du Devin bien asséché pour la saison, il est certainement le lieu de pique-niques des locaux.

Le chemin grimpe toujours de plus en plus raide, toujours alternance soleil et nuages c'est mieux que la neige, je dois m'en contenter.

Téléphérique allemand

En pleine montée je croise une ancienne arrivée d'un poste téléphérique allemand, vestige témoin de cette période troublée.

Le chemin est praticable mais de plus en plus difficile à suivre, les traces disparaissent sous la neiges et les branches des arbres cachent les panneaux. Ma montre Garmin m'a remis deux fois sur le bon chemin après avoir pris par deux fois la mauvaise piste. Il ne faut pas grand chose pour se perdre.


12h30 j'arrive au col du Calvaire (1144) il est temps car une tempête de neige alterne avec des rayons de soleil. Sale temps aujourd'hui.

Tempête de neige

De toute façon pour aujourd'hui je monterai la tente ici. Il me reste à trouver un endroit abriter. Demain crêtes et altitude seront au menu. J'espère que ça passera.

5
5
Publié le 6 mai 2021

La journée à été rude, longue et sportive, neige, tempête de neige, vents violents aux sommets et pour finir pluie fine qui vous transit jusqu'aux os.

Lever 5h50, j'ai dû tout ranger dans la tente, dehors neige incessante, pas facile, il faut sans cesse essayer de ne pas trop toucher la toile intérieure. Autant vous dire impossible.

6h40, je démarre, pas de petit-déjeuner, pas envie, trop compliqué. Hier soir en guise de repas : musli sec, quatre carrés de chocolat, un tiers de tube de lait concentré. Cela m'a suffit, on n'a pas bien faim lorsqu'on marche beaucoup. Les étapes ne font que vingt kilomètres en moyenne mais c'est en montagne.


La montée vers les crêtes vosgiennes

La neige a cessé même le soleil s'invite, peut-être que la journée sera finalement belle.

Au fur et à mesure de mon avancée, le temps se gâte, le vent se lève très fort, la neige revient. Les crêtes des Vosges seront parcourus sous la tempête de neige. Le parcours rectiligne se suit facilement mais de petits névés se sont formés et souvent je m'enfonce jusqu'à mi tibia ce qui ralenti la cadence et puise sur les réserves. Le plus difficile sera le passage au sommet du Hohneck c'est ce que m'ont dit les gérants de l'auberge du col de la Schlucht.


Le Gazon du Faing

Mes mains sont gelés à cause des gants trempés. Au départ du col pour monter au Hohneck je décide de ranger les bâtons et de monter les mains dans les poches pour les réchauffer. Il ne faut pas imaginer que le parcours est aisé car il faut être constamment sur ses gardes pour ne pas glisser. Il n'y a pas de danger particulier, le sentier est très large et il n'y a pas de précipice.

Mon ombre

Plus j'avance plus le vent redouble de puissance, la neige tombe très serrée, il m'est difficile de tenir droit mais malgré tout j'avance. Depuis le col le sommet est à une heure quarante. Tranquille.

Le gérant avait raison ça souffle vraiment fort, il faut avancer sans se poser trop de question.

Ça y est, le sommet, le sommet est atteint mais je ne fais que passer les conditions sont terribles.

Le sommet

Il faut redescendre prudemment tout s'est bien passé pour l'instant. De plus j'espère que la descente sera aussi bien balisée et facile que la montée.

Il me reste trois heures de marche jusqu'au village objectif du jour, mes jambes ça va, ma tête ça va. Banco on descend.


J'étais là haut sur la montagne....

14h00 j'arrive à Mittlach, j'ai du réseau, j'en profite pour publier l'étape d'hier et décrire celle d'aujourd'hui.

Dans le village à l'intérieur d'un abri bus je profite pour reprendre des calories, pour ranger mieux mes affaires et me reposer.

Je vais aussi publier cette étape car demain je serai certainement sans réseau du tout.

Il me reste à trouver un emplacement pour la tente. Dur, dur ça va pas être facile. Je ferai de mon mieux.

6
6

Ce vendredi matin démarre bien, la nuit dans la salle des fêtes de Mittlach m'a redonné du tonus. J'ai pu faire sécher la totalité du matériel. Il faut dire que Monsieur le Maire souhaitait que je puisse passer une bonne nuit au chaud. Il m'a posé la question hier soir si j'avais de quoi manger car sinon il m'aurait sans doute amener une bonne choucroute.

Je remercie chaleureusement ce monsieur et ses élus ils ont fait le maximum pour moi.

Hôtel 50 chaises

Par contre côté temps c'est mieux mais il pleut un peu, pas grand chose mais cela m'oblige à mettre le poncho et tout le bazar pour ne pas finir comme hier.

Je dois gravir le col Herrenberg (1191m), deux heures. Le sentier monte doucement à flanc de montagne laissant apparaître la vallée et ses petits villages typiques. Plus je monte, plus ça se gâte.

Montée au col du Herrenberg

C'est le jour des chamois, plusieurs me coupent la route à quelques dizaines de mètres de moi, bref arrêt et ils repartent de plus belle. En quelques secondes ils ont parcourus plusieurs centaines de mètres. J'aimerai être un chamois aujourd'hui.


En bas au fond Mittlach

En moins de temps que prévu je passe le col, la neige au sol n'a pas disparu avec la pluie mais c'est mieux qu'hier.

Les crêtes après le col

Il ne neige pas, il ne pleut plus par contre brouillard. Il ne manquait plus que lui. Le sentier est bien visible, le panorama pas terrible. Par deux fois je dois sortir mon GPS, impossible de voir la trace sur la crête au milieu des pâturages. Le balisage laisse à désirer, trop espacé, en plein brouillard on pourrait facilement se perdre.

Mais j'avance même si je ne vois pas grand chose, je voudrais être vers 11h au col de Markstein, station de ski vosgienne.

11h15, la station de ski est en réparation ou construction de toute part. Rien d'ouvert. Je prend place sur une des terrasses d'un grand restaurant pour me donner des forces, en plus le soleil apparaît ce qui n'est pas pour me déplaire.

Le soleil semble prendre sa place, il me réchauffe et de plus on peut enfin voir quelque chose. Quel bonheur de retrouver la chaleur du soleil. Quand on a froid pour marcher c'est vraiment pas agréable. J'ai voulu faire l'économie d'amener des moufles : erreur de débutant. Des gants ne suffisent pas. C'est toujours ce problème de poids du sac. Toujours insoluble.

De Markstein il me reste à gravir le Grand Ballon (1424 m), 1h40 mais j'ai déjà 4h30 de marche dans les pattes. J'irai doucement il faut pas trop tirer sur la corde et puis j'ai du temps aujourd'hui.

Juste après Markstein, le Grand Ballon apparaît au loin. Le sentier est large et la pente douce me permet d'apprécier le paysage et surtout un panorama superbe de toute la plaine d'Alsace.

En me retournant j'aperçois au loin l'enfer du Hohneck sous la grisaille, qu'il y reste !

Le Grand Ballon et la plaine d'Alsace

Enfin au sommet, magique et magique. Heureux d'être là.

Demain je serai à Thann, j'ai réservé un hôtel, première douche depuis presque une semaine. Les matins petite toilette de chat et pas tous les jours, trop compliqué. Hier à Mittlach j'ai pu faire un peu mieux avec le lavabo de la salle des fêtes.


L'objectif du jour c'est de m'avancer au maximum de Thann, laisser juste deux ou trois heures de marche pour demain ainsi je profiterai un maximum de l'hôtel.

Au départ je devais dormir au sommet du Grand Ballon mais le vent risque de me faire des misères et j'en ai assez eu ces derniers jours.

Je poursuis jusqu'au col de Firtstacker (955 m) sous un soleil bienvenu.



En direct de l'espace

Le col présente l'avantage d'être au soleil, demain il me restera 2h50 pour Thann. Il est 15h30 je fais mon blog cela me reposera et un peu plus tard je monterai la tente avec le chant des oiseaux.

Mon camp pour ce soir.