Carnet de voyage

Le Perma Cool Tour

84 étapes
60 commentaires
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Dernière étape postée il y a 2 jours
 avec 
3 participants
En chemin pour l'autonomie et la résilience!
Juillet 2019
52 semaines
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1
sept

Du 1er au 9 Septembre

Du Col de Tende à la Madeleine, en passant par l'Italie...

Il y a des endroits qui te marquent dans la vie. J'en garderai plusieurs souvenirs... Celui de l'odeur de la pluie qui se mélange à l'humus de la forêt quand tu la traverses, celui de croiser le regard du sauvage au moment où tu t'y attends le moins, celui de dépasser tes limites avant de regarder l'horizon et de voir l'infinie possibilité de voyager à vélo.

Chaque bouffée d'air devient importante, chaque gorgée d'eau te soulage et te transmet une joie réconfortante face à l'épreuve. Ce voyage à travers les montagnes met en lumière mes inconforts, mes craintes, mes forces. Arrivée en haut du col de Tende, je sens la fragilité de notre société en traversant un paysage marqué et détruit par la tempête Alex. La Nature aura toujours raison de nous. Vient alors la joie. Du haut de la montagne, je regarde les routes qui m'ont guidées jusqu'ici, les nuages me bercent et je profite à la suite d'une petite sieste pour prendre la direction de l'Italie qui s'offre à moi. Et pourquoi pas, après tout ?

Alors je redescends. À toute vitesse, porté par le poids de mes sacoches, les kilomètres tant peinés à gravir me poussent vers ce nouvel horizon. La langue est différente, mais les sourires sont les mêmes. Toutefois, un réel sentiment de solitude m'emporte, dans ma joie de découvrir et de m'évader, mes repères disparaissent. Je me rends compte que mon hamac et mon tarp ne sont plus avec moi, mon cocon a disparu. Ce sont les étoiles qui me berceront dorénavant...

Un sentiment de solitude qui s'amplifie. Voyager en solo m'ouvre au plus profond de moi-même. Coup après coup de pédale, je me demande jusqu'où ce rêve de Permacooltour me portera. Je pense à l'automne qui arrive. Cette saison magique où la Nature annonce son besoin d'intériorité, d'effondrement et de renouveau... Ai-je besoin d'une pause ? Je suis tiraillé. L'arbre, la pirogue, l'arbre... la pirogue.

Il y a tant d'anecdotes qui se succèdent, me faire réveiller par les forces de l'ordre au milieu de la nuit pour me demander mes papiers, traverser une pluie torrentielle et me faire inviter à passer une nuit incroyable dans un hôtel au col de la Madeleine, me faire siffler par les marmottes le long de la route ou encore de la joie de croiser des familles de biches en pleine forêt...

C'est cette connexion intime au vivant qui me tient aujourd'hui à vous narrer cette aventure. Car retourner à des choses simples, boire l'eau d'une source qui coule le long de la roche ou entendre le vent dans les arbres le soir venu, cela me donne cette forte impression d'être vivant et de comprendre la chance que j'en ai. C'est ces petits moments magiques qui me rappellent pourquoi l'aventure me plaît tant.

Je retourne maintenant dans la Drôme, une surprise m'y attend pour les prochains mois.

Alors à très vite !

Vous pouvez soutenir l'aventure sur Tipeee : https://fr.tipeee.com/permacooltour

Quel plaisir de se sentir soutenu dans ce voyage, merci à celles et ceux qui sont là pour me donner de l'énergie !

Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

À la joie.

Par Kevin Simonn

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Instagram : instagram.com/sik_lepermacooltour/

www.lepermacooltour.fr

27
août

Du 27 Aout au 1er Septembre

Breil-sur-Roya - 3 577 km

Au pied de la Méditerranée, une tristesse d’impuissance monte en moi. Je me sens privilégié...

Je pense à celles et ceux qui fuient la sécheresse, la famine, la corruption, la guerre.. Je suis au bord d’un précipice, devant un vide que notre société cache aux yeux de tous.tes, trop moche pour se l’avouer, trop d’enjeux pour en faire le deuil.

Les mots de Pablo Servigne résonnent alors en moi et me rappellent pourquoi je traverse la France sur mon vélo depuis 17mois…

Se mettre à voyager sans objet matériel, comme le font Nus et culottés... Une bonne manière d'expérimenter notre résilience, nos capacités d'adaptation et d'acquérir des compétences, voir des habitudes, de réciprocité, d'empathie, de modestie, d'humilité, de sobriété et d'accueil. Car nous sommes tous·tes de potentiel·le·s migrant·e·s... »

En remontant la vallée de la Roya, les montagnes se referment autour de moi. La mer disparue, l’horizon n’est plus.Il y a quelque chose de dur ici. La tempête Alex a détruit le paysage l’automne dernier et tout se reconstruit au fur et à mesure.La route est sinueuse, étroite. Je croise des camions, des voitures qui me doublent à toute vitesse. Seul le vide me sépare de d´elles de la rivière. J’imagine des gamin.e.s , des familles rejoindre mon étape, fatiguées par les milliers de kilomètres déjà effectués.

Je ressens leur crainte, leur espoir. J’avance.

Et c’est la joie qui m’accueille ici.

La Roya, vallée du sud de la France frontalière avec l'Italie. Cédric Herrou, agriculteur, y cultive ses oliviers. Le jour où il croise la route des réfugié·e·s, il décide, avec d’autres habitant·es de la vallée, de les accueillir. De leur offrir un refuge et de les aider à déposer leur demande d'asile. Mais en agissant ainsi, il est considéré hors la loi... Cédric évoque régulièrement l’idée de ne pas se contenter de faire de l’accueil d’urgence, mais de créer un lieu de vie favorisant l’insertion des réfugié.es, qui seraient inspiré.es par une vie rurale et non un mode de vie consumériste.

Depuis 2015, il a accueilli des milliers d'exilé·e·s chez lui, dans sa ferme. Des hommes, des femmes et des enfants en détresse, fuyant la guerre, originaires du Soudan, d'Érythrée, du Darfour… Des « migrant·es » égaré·es sur les routes de montagne et à qui Cédric Herrou vient en aide, avec le soutien de nombreux·ses citoyen·ne·s de la vallée. Une toile de tente ou un toit pour dormir, de quoi se nourrir, se soigner. Répondre à l’urgence, d’abord. Et puis faire en sorte que ces personnes puissent exercer leur droit en France...

Depuis l'Emmaüs Roya, vue sur la vallée de la Roya, la route et le chemin de fer venant de Vintimille annoncent la couleur. Pendant plusieurs années, la Roya était devenue, pour celles et ceux qui cherchaient à contourner les contrôles du poste-frontière de la côte, un véritable gruyère. Comment contrôler une montagne entière ?

Espérant entrer en France pour y trouver refuge ou continuer leur route vers la Grande-Bretagne, des centaines de familles tentaient de traverser la vallée. Mais très vite, la vallée a été militarisée pour empêcher ces passages clandestins en les poussant à prendre toujours plus de risques, jusqu'à même y trouver la mort...

Cédric Herrou témoigne dans un tout nouveau podcast de l'Odyssée Permacurieuse disponible sur Soundcloud 👣🎙

À écouter sur le lien ci-dessous 👇

https://soundcloud.com/user-494510187/cedric-herrou-ce-qui-nous-differencie-de-lanimal-le-permacooltour-podcast-28

Un témoignage fort qui me permet de comprendre plus en détail les enjeux de son récit...

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Au cours de la tournée pour le film « Libre » de Michel Toesca, Cédric et Marion, les « moteurs du projet », ont rencontré la fédération Emmaüs France et réalisé combien le modèle communautaire Emmaüs pouvait leur permettre de concrétiser ce projet d'accueil. Marion et Cédric ont proposé cette spécificité agricole et cette idée a été très bien accueillie car les structures Emmaüs développant alors de plus en plus ce type d’activités. Ce projet n’aurait jamais vu le jour sans Cédric Herrou, son statut d’agriculteur, ses terrains à Breil, son énergie, son dévouement, sa force politique et médiatique et son ‘’casier judiciaire’’…

Vous avez vu le film « Libre » de Michel Toesca ? Qu'attendez-vous ? 👣

Dans ce film, les réfugié·es sont traqué·es, refoulé·es en Italie, au mépris de ce droit élémentaire. Cédric Herrou est à plusieurs reprises arrêté, mis en garde à vue, puis poursuivi en justice. Assigné à résidence, il est condamné en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis. On parle alors de « délit de solidarité ». (Plus de détail dans le podcast : https://soundcloud.com/user-494510187/cedric-herrou-ce-qui-nous-differencie-de-lanimal-le-permacooltour-podcast-28 )

En restant quelques jours à leurs côtés, une force vient m'animer au fond de moi. C'est fou... J'arrive à autant détester l'Homme qu'à l'aimer... En ayant à plusieurs reprises accueilli chez moi, à Angoulême, des réfugiés, ce sujet me touchaient déjà énormément. Aujourd'hui, je pense à tout ce que les changements climatiques, politiques et sociaux qui s'amplifient et que nous allons vivre ces prochaines années. Quand allons-nous une bonne fois pour toutes ouvrir nos coeurs ? Je suis honoré et ému d'avoir pu fouler cette terre de la Roya, en succédant celles et ceux qui pour moi, représentent les plus grand·e·s aventurier·e·s de notre époque.

En espérant que mes mots aient pu vous transmettre l'émotion qui m'habitait sur place...

Je suis curieux d'avoir vos retours sur cette étape.

Si vous avez quelques récits à me partager, n'hésitez pas !La route continue de mon côté et c'est par les Alpes puis l'Italie que mon vélo me mène...

Merci pour votre lecture et à très vite !

À la joie.

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Plus de photos sur Instagram : sik_lepermacooltour

www.lepermacooltour.fr

21
août
21
août

Du 21 au 26 Aout

Cagnes-sur-Mer - 3 500 km

"Intégrer plutôt que de séparer"

Kevin : Pour l'Alterrecho, ils et elles ont choisit de faire, de ce principe de la permaculture, leur bâton de marche.

Sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer, l'association HappyHand a ouvert un éco-lieu inclusif où les personnes en situation de handicap ou non, partagent un ancien fort aux valeurs de connexion au vivant et à la joie.

Sur ce terrain de 3 hectares, une belle troupe m'accueille dans cette ancienne bâtisse appelée autrefois le "château des Salles". Je suis dans les Alpes maritime, non loin de moi se trouve la mer. Je sens l'air marin bercer mon hamac la nuit venue me changeant de la montagne et de ses vallées. En arrivant sur place, Joe, la présidente de HappyHand et co-fondatrice de l'éco-lieu me livre qu'après quelques années de difficultés, elle a ressentie un appel. Elle rêve d'une ferme équestre accessible à toutes et tous. La vie est bien faite lorsque l'on active ce cher pouvoir de l'attention car elle rencontrera Diane, une monitrice équicienne, qui sans hésiter se lancera dans l'aventure aussitôt.

L'équicie est une variante de l'équithérapie, une recherche de connexion avec le cheval pour accompagner l'humain·e...

Tout est fait pour que le cheval soit en paix ici. Cette paix je la retrouve dans la confiance qu'il dégage à l'égard d'Elsa, la fille Joe.

À l'Alterrecho, je me rends compte d'une chose. Selon l'OMS, plus d'un milliard de personnes présentent aujourd'hui une forme de handicap. Soit 15% de la population mondiale. Selon Handicap.fr, il y aurait 12 millions de personnes vivant le handicap (majeur ou non) en France. Une grande partie de cette population se retrouve dans des centres spécifiques et donc, en isolement social. Je me demande alors si on leur laisse le choix d'une connexion au vivant, à la nature ou même à l'écologie. Ici, avec l'assocation HappyHand, un autre monde leur est proposé. À vouloir trop presser le pas, institutionaliser et catégoriser dans notre société, nous oublions l'essentiel. Nous oublions que derrière l'étiquette du handicap, il y a un·e être humain·e qui a besoin de s’évader, de se relier.

La table est maintenant dressée et c'est un tout autre travail qui se met en place.

Cette semaine n'étant pas comme les autres, c'est le moment de mettre sur plans tous les rêves de l'écolieu. Création de foret comestible, mise en place du jardin permacole et notamment le design de l'eau pour le terrain. Cela vous rappelle le film réalisé chez Antoine Talin de l'université des Alvéoles disponible sur Youtube ?


Alors au travail ! 😁


À l'ombre des arbres, les idées fusent et l'Alterrecho se construit sous le chant continue des cigales qui nous encouragent...

Curieux de revenir dans quelques années ici !🌱

Merci pour ce cadeau que vous me faites et pour votre accueil chez vous à l'Alterrecho...

Vous avez semé une belle graine en moi.

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Cela vous fait autant rêver que moi ?

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Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

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14
août

Du 11 au 16 Aout

Forcalquier - 3 256km

Les Colibris était déjà pris, alors ils ont opté pour Les Colibres. Une trentaine d’habitant·e·s vivent ensemble depuis 2013 dans un habitat qu’ils ont dessiné et construit à leur image, à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).


Les Colibres, c’est un habitat participatif d’une trentaine de personnes âgées de 1 à 79 ans vivant dans 11 logements dont 2 appartements dédiés à des personnes âgées ou handicapées.

Je retrouve ici une ambiance qui me rappelle vite Ecoravie à Dieulefit. Vous savez, ce genre d'ambiance qui te permet de lier très rapidement des amitiés simplement par le regard ou un sourire.

Ce que veulent avant tout les Colibres, c’est associer l’écologie et la solidarité. Grâce à une SCIA en jouissance, les habitants ne sont pas propriétaires mais sociétaires : chacun acquiert le nombre de parts qui correspond à la valeur de son logement ainsi que sa quote-part des espaces communs. Quant aux bâtiments, ils sont construits sur des critères entièrement écologiques et des panneaux solaires sont installés sur les toits.


Je vous renvois naturellement vers l'épisode de la Voix des Oasis, par Alexandre Sattler qui donne la parole à Pierre nous parlant de leur modèle, il revient sur l’historique de ce projet pilote, et nous explique avec enthousiasme les joies du collectif.

À écouter ici : https://radio.gaia-images.com/les-colibres/

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Le coquelicot californien par Joëlle

Lors de mon passage dans cet éco-hameau, je rencontre (entre autre) Joëlle, la reine des fleurs. Sur sa terrasse, nous restons là à discuter pendant toute après-midi de tout et de rien. Joëlle a un peu plus de 80ans et elle adore les fleurs. C'est elle qui s'occupe de toutes les plates-bandes du hameau. En lui racontant que depuis quelques semaines, je réalise des portraits de plantes à travers les lieux qui m'inspirent, elle se prête au jeu et me présente sa fleur favorite, le coquelicot californien.

Voici le lien de la vidéo pour découvrir son portrait :


Merci pour votre joie Les Colibres !

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Effondrement et renouveau

Alors ce n'est pas un hasard si je suis arrivé ici. Au château Pergaud, il y a quelques semaines maintenant je rencontre Yor Pfeiffer. En discutant un peu ensemble, son histoire de vie me touche loin dans mon âme. Yor a vu la mort en face, ses rêves brisés, perdu les êtres les plus proches et est même passé quelques mois par la case prison. Une descente aux enfers qui n'aura pas raison de lui. Son goût des autres et de la vie reprendra le dessus.

Foulant la terre de Jean Giono près de Manosque, à Forcalquier, c'est donc chez Yor que je me rends.

Dans ce nouveau Podcast de l'Odyssée Permacurieuse, Yor me parle de résilience...

À retrouver sur ce lien :https://soundcloud.com/user-494510187/yor-deuil-et-resilience-le-permacooltour-podcast-27

Comment, quand la vie, ou du moins la mort, te met à l'épreuve, cet ancien prof de philosophie a t'il réussi à sourire de nouveau à la vie ?

Dans le témoignage que Yor m'offre, il nous invite à entrer dans son univers en réfléchissant sur les liens qui nous unissent au vivant, à la sensibilité, à la vie...

Merci Yor pour ton partage.

Nous en profitons pour enregistrer une musique : Émerveille-toi... Je vous enverrai le clip une fois terminé 😉

À la joie !


Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !


Un témoignage en mots et en images par Kevin Simon

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4
août

Du 4 au 10 Aout

Éourres - 3 174km

Kevin : Tout au long de cette aventure, l’idée d’apprendre à vivre-ensemble est devenue une véritable direction au sein même du Permacooltour. L’échelle en est tout aussi importante.

De l’ermite qui vit seul en forêt jusqu’à l’écosystème territorial à la TERA, il existe de bien nombreuse manières de vivre en lien avec son environnement. Mais qu’en reste t-il de l’échelle villageoise ?

Le village, n’est-il pas l’exemple de ce qui fonctionne le mieux depuis des centaines et des centaines d’années? Autre le fait que nos villages de France ont été désertés pour les villes, ou au mieux, sont devenus de véritables villages dortoirs, mais survivent encore... Existe-t-il encore des endroits où la vie ainsi que les liens humains persistent encore ? C'est ce que j'ai souhaité savoir en me rendant à Éourres.

Perché du haut de ses 1 000m d'altitude dans les Hautes-Alpes, le village d’initiative de Éourres est un village en transformation constante.

Le respect de l’Environnement est sans doute un des concepts fédérateurs permettant aux villageois·e·s et visiteur·euse·s d’ouvrir la discussion sur des notions telles que la gouvernance, l’éducation, l’écologie, l’agriculture, la musique, la culture, les énergies renouvelables, etc. Ensemble, ils et elles font le pari de respecter des valeurs en lien avec le respect de la nature et de l’être humain. Sa situation à l’écart des axes routiers et touristiques et l’absence de pesticides depuis plus de trente ans sont une bénédiction pour la faune : les espèces d’oiseaux (circaète notamment) et de papillons sont nombreuses ; on y croise chevreuils, renards, lièvres, blaireaux, sangliers et même des chamois. Certain·es ont aperçu le loup… De plus, le village compte de nombreux ruisseaux et est alimenté en eau potable par trois sources qui ne tarissent jamais.


Alors ce village n’est ni une “communauté de hippies” ni un monde parfait. A Eourres on râle, on se dispute avec le voisin, on se plaint du mauvais temps, on jure, certains protestent… mais on rit aussi, on chante, on danse, on imagine, on réalise. On s’entraide aussi...

L’engagement de prendre concrètement soin de l’humanité et de la planète s’inscrivent dans l’histoire du village d’Éourres depuis son renouveau en 1975. ( Il faut savoir qu’à la fin des années 1970, le Conseil Municipal était composé d’anciens du village, et le maire était un berger du hameau des Peyres depuis plusieurs mandats. ) Avec l’arrivée d’un bon nombre de néo-ruraux, lorsque se présenta une nouvelle élection au tournant des années 1980, celleux-ci constituèrent une liste incluant quelques ancien·e·s, et la passation se passa harmonieusement.

Depuis 2009, ce fut alors une femme, pour la première fois dans tout le canton, qui fut élue maire : Caroline YAFFEE. La commune, qui comptait à l’époque environ 70 habitant·es, a créé plusieurs logements sociaux et a réalisé une forte restauration des bâtiments du village, ce qui suscita parfois des jalousies dans le département…Plus tard, elle mit sur pied une des premières « filières bois » de la région, permettant une exploitation raisonnée du bois pour une consommation locale notamment dans une chaudière alimentant plusieurs logements. Se battant pour évitant les antennes sur le village, il faut sortir du village pour espérer utiliser son téléphone portable.

Aujourd’hui, le village compte pas loin de 150 habitant·e·s avec une bibliothèque associative, un super restaurant, la plus petite Biocoop de France, des jardins partagés ainsi que l'igloo, une petite épicerie autogérée. La commune vient en soutien aux initiatives individuelles : elle essaie dans la mesure de ses possibilités d’accompagner les projets de chacun·e, d’être à l’écoute des besoins et idées. Alors en arrivant, un panneau à l'entrée du village m'indique ce qui se passe ici. Les habitant·e·s y expriment leurs besoins et services.

Ainsi, l’école et la micro-crèche sont l’exemple d’une coopération entre l’association des parents et la commune. L’aide financière de la commune est indispensable, mais sans le bénévolat et les contributions des familles, elle ne pourrait pas tout assumer.

L’idée me fait rêver. Comment se fait-il que nos villages aient tant changé ? Comment retrouver cette convivialité, cette joie, cette entraide dans nos communes ? Je pense souvent aux fêtes des moissons que nous avons perdu. Industrialisation ou télévision ? À qui la faute ? Nous ne connaissons plus nos voisin·e·s par feignantise ou par peur d'aller rencontrer l'autre.

À la différence de la communauté, du collectif ou de l'habitat partagé, le village nous permet de nous cloisonner chez nous si nous ne voulons voir personne, certes. C'est un sacré avantage lorsque l'on sature de réunion et de temps d'échange. Cela peut retirer un poids pour beaucoup de ne pas s'en occuper. Cependant, la vie d'un village est tout aussi palpitante, car pour réussir à avancer communément, il faut donner de sa personne et oser sortir de sa zone de confort. C'est peut-être tout là l'enjeu de notre époque. Réapprendre à vire ensemble. Qu'en pensez-vous ?

Avez-vous un souvenir de vie de village qui vous revient ? Connaissez-vous d'autres villages qui vous inspirent cette vie de commune ? Faites-le moi savoir en commentaire !

Merci la colloc de la Fontaine de m'avoir accueilli chez vous toute la semaine !

Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

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-> Retrouvez-moi en live sur Facebook dimanche à 17h pour tirer les gagnant·es de la loterie !

(Vous retrouverez le replay sur youtube si vous ne pouvez pas être présent·e)

Vous pouvez encore soutenir l'aventure jusqu'à samedi soir et tenter remporter des prix uniques en participant à la loterie du Permacooltour : https://www.kevinsimon.fr/index.php/loterie/

À la joie !

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25
juil

Du 25 Juillet au 3 Aout

Drôme - 3 070km

Kevin : Mon séjour dans la Drôme se termine en beauté avec les jardins du Muscardin. Je pensais rester deux ou trois jours ici, mais comme à mon habitude, la réalité me rattrape. En arrivant sur place, après avoir traversé le Vercors à vélo, je saute directement dans la Drôme. Je tombe nez-à-nez avec Christophe, maraîcher au Muscardin depuis quelques années déjà. "Tu tombes bien ! J'ai besoin d'aide en ce moment. Nous sommes en train de finir mon toit et on a besoin de bras pour monter la paille." La vie est bien faite alors. Me voilà embarqué dans un chantier terre-paille avec la belle famille de Christophe pour tenter de finir leur maison !

Un chantier qui n'est pas s'en rappeler la payourte de Pascal Depienne à Terre paille & compagnie au sud de la Vienne. Christophe connait bien Pascal d'ailleurs, le monde de la Permaculture est joliment relié 🙃

Une payourte n’est pas une yourte (pasyourte) car elle est constituée de paille. Sinon c’est rond, comme une yourte, et sa charpente ressemble beaucoup à certaine yourte (les heliyourte par exemple).

La beauté et la force de ce type de construction se trouve dans sa charpente. Le toit réciproque (aussi appelée toit mandala) apporte une très haute résistance et la rigidité qu'il manque à la structure traditionnelle d'une yourte. En contrepartie, il doit être réalisé avec des sections et découpes précises, et nécessite quelques vis pour les perches.

Le toit est donc posé sur des murs en Polygone (de 10 à 20 cotés), où les cadres peuvent accueillir des portes et fenêtres de tailles variables en grand nombre... La magie opère, et nous pouvons tous·tes tenir dessus !

Une fois monté, il ne reste plus qu'à isoler et faire en sorte que la pluie ne passe plus. Sur le plancher, nous posons une immense moustiquaire pour éviter que les souris ne passent. Ensuite nous recouvrons le toit de barbotine (notre mélange d'argile et de paille) et nous posons des bottes de pailles sur toute la surface. L'isolation est ainsi faite. Nous pouvons déjà ressentir le frais à l'intérieur alors que le soleil tape fort dehors. Mais là, les ennuis commencent. L'orage approche et gronde au dessus de nous. Nous nous empressons de recouvrir le tout d'un pare-pluie pour étanchéifier le toit... Étrange ce mois de Juillet, non ? 💧☀️

Il est 6h du matin. La foudre tombe juste à côté de moi. Je me réveille en sursaut pour installer mon tarp au dessus de mon hammac. Trop tard, je suis trempé. 😪

Très vite, un autre souci arrive. Le toit n'est pas étanche du tout ! Nous passons les jours qui suivent à défaire notre travail des journées précédentes pour faire sécher les bottes de pailles et poser une deuxième couche de pare-pluie sur la première. Construire sa propre maison n'est pas tout simple... Mais j'apprends.

Ce qui est certain, c'est que le jardin apprécie cette pluie. Depuis plusieurs années, il n'a jamais été aussi vert en plein mois de Juillet. Christophe en profite pour me présenter une plante qu'il apprécie particulièrement ici.

C'est l'égopode, appelée aussi l'herbe aux goutteux. Vous avez déjà goutté ?

Voici un deuxième portrait de plante réalisé sur la route pour mon herbier filmé :

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J'hésite de temps en temps à me charger encore plus sur mon vélo. Depuis les Pyrénées Atlantique, où mon amour pour l'escalade m'a reprit, l'idée de mettre un baudrier et des chaussons d'escalade dans mes sacoches me prend. Mais la vie est bien faite. Lors du chantier, je rencontre Fabrice et Thomas, tous deux passionnés de grimpe. Ni une, ni deux. Nous profitons du soleil pour nous enfoncer dans la nature et découvrir les magnifiques voies des gorges d'omblèze... Quelle joie d'accéder à de tels coins de nature. Vivement les Alpes maintenant !

Départ imminent pour les hautes-Alpes. Après quatre mois dans la Drôme, il est enfin temps de la quitter. 😢

Merci à toutes les magnifiques personnes que j'ai pu y rencontrer et à toutes celles et ceux qui ont pu tant m'inspirer.

Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

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-> Fin de la loterie dans moins de deux semaines !

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À la joie !

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20
juil
20
juil

Du 20 au 25 Juillet

Drôme - 3 070km

Kevin : Faire l'apogée de la lenteur grâce à son habitat. Alors oui, ce genre de maison ne se construit pas en quelques jours, ni tout·e seul·e ! Il a fallu plusieurs années et beaucoup de volontaires pour en venir à bout ! Et encore c'est beau dire, il reste toutes les finitions, le plancher et quelques pièces à continuer.

Un sacré défi que s'est posé Sophie en se lançant dans un tel chantier... En rentrant à l'intérieur, je voyage. Les poutres sont toutes sculptées et racontent leur propre histoire. La maison escargot transpire la joie et l'attention de chaque personne venant poser sa patte ici.

Tout à commencé avec l'idée de partager un lieu, de mutualiser des biens, et d'élever des enfants dans la nature et l'amour de la terre.Le rêve d'un terrain au bord d'une rivière se réalise et iels avançent ici avec l'envie de vivre une aventure exaltante et poétique !Des artistes, des artisans, des thérapeutes, un fédérateur, un permaculteur qui les aide à penser leurs constructions en relation avec le monde et les êtres vivants!

Le défi est d'utiliser, le plus possible, les matériaux du coin et aucune machine au pétrole n'est utilisé. Pins noirs marqués par l'ONF et coupés par un ami dans la foret, bottes de paille d'une ferme à 5km du chantier, terre sur le terrain même. Un challenge tellement ancré ici, qu'il y a deux mois, la belle troupe est descendue à vélo chercher le bois pour le plancher de la bâtisse !

Un convoi entier qui remorquait, sur les pistes cyclable et les routes, plusieurs centaines de kilos de bois à vélo pour continuer le chantier.

Quel décalage... Quand on pense à la manière dont nos maisons sont construites habituellement. J'aime ce genre d'écart et de liberté. Cela m'inspire et me fait rêver.

Ce casse-tête architectural m'interroge avec sa charpente nautile hors-norme. J'écris ces mots sous la coquille et je reste ébahi par tous les détails laissés ici et là. De quoi faire voyager les plus grand·e·s fan·ne·s de cabanes.

Ici, une charpente folle qui s'élève et s'auto-porte avec un tronc de frêne en poinçon. Une isolation en botte de paille et beaucoup de terre et d'enduit pour recouvrir toute cette matière.

Le dénominateur est la matière et sa transformation douce.

Recette d'enduit naturel :

Terre argileuse, sable aux granulométries variées, foin ou paille et eau seront les ingrédients de base des enduits ou des briques de terre crue. Le foin dans l’eau fermentera au bout de quelques temps et cette eau fermentée utilisée pour malaxer la terre et le sable (avec le foin) renforceront encore la dureté du mortier ; une adjonction de “bouse de vache”, ici de “crottin de cheval” feront le même effet.Ce mortier jeté à la truelle contre un mur ou même une paroi peu épaisse, prendra corps, deviendra résistant même en extérieur !

Ce qui satisfait là notre intellect, c’est de penser que la terre argileuse, le sable, les végétaux ligneux, s’associent à merveille : l’eau c’est la colle, la micro-structure de l’argile est composée d’une infinité de plaquettes qui adhèrent entre elles (comme deux plaques de verre adhèrent entre elles quand leur interface est mouillée)… et c’est tout !Le sable et le gravier forment le corps (comme dans tout mortier ou béton), la fibre végétale est l’armature, l’argile est la souplesse et l’eau, la colle.

Ne restera plus qu'à l'appliquer avec soin.

Et la couleur ? C’est que la terre c’est plus ou moins beige ou marron !Voici une superbe vidéo pour vous inspirer grâce aux couleurs de notre belle terre...

Bravo et merci pour l'inspiration !

À la joie.

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25
juil

Vercors, Drôme

150 km de détour en pleine nature.

Renouer avec le vivant... 🐺

Kevin : Cela t’est déjà arrivé ? Marcher (pied) nu dans une forêt en ayant cette sensation d’être observé.e.

Observé par qui ? Les loups, la chouette ?

Être vivant, c’est être lié. Le mouvement cyclique du vélo me le permet. Je me lie à mes affects, à mes pensées, je me lie au sauvage. Alors en silence, j’avance.

Les paysages défilent. Je me pose sur le bord d’une falaise et j’observe. Les hordes de motard.e.s sur lesquelles je peste toute la journée s’alignent le temps d’un selfie. Être passé ici vaut d’être montré. Sous le bombardement de leurs pots d’échappement, une cinquantaine d’oiseaux rient haut et fort au-dessus d’elles et eux et les saluent. Perché sur mon rocher, j’admire les arbres, les roches et le soleil se coucher.

La forêt me propose un temps de silence et de solitude. Je découvre le voyage en solitaire après un permacooltour communautaire.

C’est une nouvelle phase que j’explore ici. Je contemple et j’intègre. On nous a coupés de nos liens (avec le vivant, la nature, les humain.es…). L’idée n’est pas d’aller conquérir Mars ou encore plus loin, mais de réapprendre à vivre.

Les mots d’Alain Damasio résonnent ainsi en moi : « Je suis l’enfant d’un monde où la seule croissance que je supporterai sera celle des arbres et des enfants. »

Soyons sauvages.

« Il y a quelque chose de triste dans le fait que les dix chants d’oiseaux différents qu’on entend chaque jour ne parviennent pas au cerveau autrement que comme bruit blanc ou au mieux évoquent un nom d’oiseau vide de sens : c’est comme des langues anciennes que plus personne ne parlerait et dont les trésors sont invisibles. »


Manières d’être vivant par Baptiste Morizot (je rêve d’aller pister les loups avec lui, si tu lis ces mots… )

En espérant que ces quelques mots vous donnent envie de vous enfoncer à vélo dans une forêt. Je prends maintenant la direction des Alpes. Est-ce une bonne idée de descendre dans les montagnes du sud, chargé comme la mule que je suis ? Je vous le dirais une fois les nuages dépassés ?

À la joie.

Soyons heureux.ses,

Et vive les aventureux.ses !

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11
juil

Du 11 au 16 Juillet

2 920 km, Le château Pergaud à Allex

Kevin : C'est avec Renaud que je me lance à l'assaut du château. Quand deux aventuriers se rencontrent... Renaud est parti il y a quelques mois, avec son carrosse-vélo, pour découvrir les forêts-jardins de France et de Navarre. Il m'a contacté il y a quelques temps pour que nos chemins se croisent, avant de prendre la route du Portugal. Intention posée, chose faite ! Nous voilà à rouler ensemble en direction du fort !

Vivre la vie de château à Pergaud... Depuis quelques semaines, l'histoire de cet éco-lieu souffle dans mes oreilles. Tout proche de la rivière Drôme et de la Réserve naturelle des Ramières, sur la commune d'Allex — village perché de 2500 habitants, un petit château pointe son nez à proximité de Crest et de son fameux donjon.

Construit à partir de 1837, le château a d’abord été une ferme-école. Touché par les bombardements durant la seconde guerre mondiale, la propriété est transférée à un médecin au milieu du XXe siècle. Il sera par la suite acheté par une famille qui fera de l’élevage de poulettes des années 60 à 90. Puis le Comité d’Hygiène Sociale en fait l’acquisition et entreprend des travaux importants pour créer un centre de cure de désintoxication. Plus récemment, en 2016 et sur décision du Préfet, le château devient un centre d’accueil et d’hébergement pour migrants.

En 2018, l’activité du centre s’arrête et le château est mis à la vente...

Quand un collectif se forme autour d'un belle opportunité... Acheté pour environ 800 000€ il y un peu plus d'un an (laissez-moi vous dire que c'est une sacrée affaire pour la Drôme...), le Château Pergaud devient un collectif, un lieu vivant, un potentiel, une solidarité, des graines de conscience... le groupe s'engage autour de trois axes :

  • viser l’autonomie au sens large
  • développer des projets d’arts et culture
  • favoriser l’épanouissement et le bien-vivre

Son aspiration est d’œuvrer, en synergie avec le potentiel formidable du lieu, à l’émergence d’un mode de vivre-ensemble qui prend en compte une planète limitée et des besoins essentiels.

Véritable coin de vie animé et partagé, il a pour but de favoriser et de réinventer la façon de se retrouver pour vivre solidairement et harmonieusement. Autant dire, un sacré objectif pour des personnes apprenant tout juste à se connaître et/ou à découvrir la vie en collectivité... Je me rappelle ainsi la première volonté de l'éco-lieu Ecoravie (découvert il y a quelques semaines déjà) : apprendre à fonctionner et à vivre ensemble avant de réaliser tous les autres rêves.

Iels sont d'ailleurs actuellement en phase de recherche de nouveaux habitant·es associé·es. Si le projet vous intéresse, voici leur brochure de candidature: Lien vers la brochure de candidature

Nouveau podcast !

Les outils de permaculture humaine deviennent ainsi indispensables pour de nouveau rêver et grandir ensemble !

À quelques kilomètres du château, je rencontre Marine Simon​ qui me parle de permaculture humaine.

Voici un tout nouveau podcast de L'Odyssée permacurieuse - La série Podcast​ pour comprendre que tout tourne rond sur cette terre, mais que tout le monde l'ignore... :

https://soundcloud.com/user-494510187/marine-simon-tout-tourne-rond-sur-cette-terre-et-nous-lignorons-le-permacooltour-podcast-24

accès au podcast sur le lien ci-dessus ! 
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Une activité maraichage avec wwoofrance...

Entrevue avec Angeles, la maraichère de Pergaud.

Kevin :Tu peux me raconter ton parcours dans le maraîchage et avec wwoofrance ?

NJ : « Dès petite j’aimais le jardin. Mon père vivait à la campagne en Argentine. J'ai des souvenirs où je ramassais les oeufs, où j'allais voir les cochons et à jouer dans les tournesols. C’était une période très brève car il a vite vendu la ferme.

NJ : Plus tard, j’ai rencontré le père de mon fils qui voyageait au nord de l’Argentine. Il partait en wwoofing dans une ferme. Mon premier et seul wwoofing a donc duré huit mois. C’était un endroit magnifique avec une famille révolutionnaire et hors-du système. Ils produisaient tous ce qu’ielles consommaient, sauf le sel, l’huile etc. Les enfants n’allaient pas à l’école, ils faisaient plein d’activités, ce que j’ai adoré. L’idée était donc de venir en wwoofing et de faire le jardin pour les prochain·es qui arrivent. Après lui mois dans cette ferme, je suis venue travailler en France dans la restauration. Très vite, j'ai eu marre de voir les gens dehors tous les étés, je n’en pouvais plus. Au fond de moi, je voulais refaire du maraichage. J’ai été encouragée et je me suis inscrite dans une formation en maraichage bio pendant un an. Là j’ai pris conscience de la force de ce métier. Quand les gens ont commencé à venir nous voir pendant le premier confinement pour trouver à manger avec cette peur que si « ça pète », on sait où on peut se nourrir.

Kevin : C’est ce qui t’as donnée envie de faire du maraichage ?

NJ : Je ne vis pas avec l’urgence. S'il se passe quelque chose demain, ça ne m’inquiète pas trop. Car maintenant je sais faire pousser mes propres légumes, c’est vraie une liberté. Je me dis que je suis sur terre, la base c’est de savoir où je pose mes pieds, ce que je mange et ce qu’il me faut pour être en bonne santé. Ensuite je peux aller voir plus loin.

Kevin : Alors qu’est ce qui t’as amené à travailler en collectif ?

NJ : Depuis des années, je pensais vivre en collectif. Je me rends compte que la vie est plus agréable et simple quand on est à plusieurs. Aujourd’hui, j'ai l'impression qu’il y a un problème de solitude chez l’humain, c’est depuis qu’il n’y a plus de communauté. J’ai passé de grosse dépression à me demander ce que je voulais dans ma vie, ce que je faisais, qui j’étais et à quoi je servais… Dans une communauté, chaque personne a un rôle essentiel. Comme chez les indien·nes, il y a le médecin, le chasseur, les bâtisseurs, celles qui travaillent la terre, qui nous nourrissent, etc. C’est ça qui nous fait exister et nous sentir important·e comme un engrenage d’un écosystème. On travaille pour les autres.

Kevin : Et donc en plus de nourrir les gens, tu transmets maintenant ?

NJ : C’est la première fois que j’accueille des wwoffeur·euse·s. Au début, c’était une énorme pression pour moi. Je ne me sentais pas apte pour faire ça en arrivant au château, je commençais juste. Et en Octobre, un groupe de wwoffeur·euse·s est arrivé , iels étaient 7 et n’avaient jamais fait de jardin. Alors j’ai fait comme d’habitude, tout en sachant que je suis un vrai désastre en organisation. Comme tous les jours, je descends au jardin, je regarde ce que je dois faire et je fais confiance à tout ce qui arrive. Les wwoffeur·euse·s étaient en totale confiance envers moi et très curieux·ses d'apprendre. Nous avons passées trois mois, c’était à dire tout le confinement ensemble. Je me suis finalement rendu compte que je connaissais plein de choses. Le château Pergaud m’a donné cette confiance. C’est la première fois qu'un endroit me permet de m’exprimer comme je le souhaite. Le sens des buttes, de la serre, les graines, les légumes, etc. Et le tout, juste avec nos mains et des grelinettes ! Alors quand je vois le résultat dans le jardin, je me dis que ce n’est pas trop mal. C’est le rêve...

Kevin : Merci Angeles pour ton témoignage.

NJ : Merci à toi !

Retrouvez l'article sur le blog de Wwooffrance et n'hésitez pas à contacter le château si vous souhaitez vous y rendre ou même devenir habitant·e associé·e .

Merci Pergaud pour votre accueil, vos sourires et votre bienveillance. À très vite et tout de bon !

Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

À la joie.

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😊 Un CCP à gagner, une ruche de conservation, une formation en agro-foresterie et d'autres lots encore 😊

Bonne chance et merci d'avance ! ☀️

4
juil

Du 4 au 11 Juillet

2 870 km, Cobonne

Un Permacamp pour le jardin des vignes multi-étagé !

Kevin : Il ne m'a fallu que de trois semaines pour revenir à l'université des Alvéoles... 🐝

Le Jardin des vignes c’est le projet que l'atelier des Alvéoles lance sur la parcelle de 5000m2, au nord de la pépinière.

L'Objectif ? Plantation à l’automne 2021 des vignes et des arbres…mais pour cela il faut déjà aménager la parcelle…des chemins, des baissières, des mares, des retenues d’eau... Face aux réchauffements climatiques le travail du sol se doit d'être abordé d'une nouvelle manière.C’est donc un grand chantier de terrassement qui était annoncé...

Un verger multi-étages autonome, une vigne agroforestière

Un verger où la vigne sera reine, un verger, multi-étagés habité par des poules pondeuses et des abeilles. Un grand jardin d’automne, autonome en eau et en intrants.

La demande en raisin « bio » et en œufs frais est très forte localement, et les enjeux autour d’une vigne non traitée et non mécanisée sont nombreux !!

Pour ne pas laisser la vigne seule, l'atelier des Alvéoles prévoit de l’associer à des arbres fruitiers d’automne (figuiers, oliviers, plaqueminiers, pêchers…de vigne)

Une Agriculture syntropique et une Hydrologie régénérative

Face aux changements climatiques, nous avons besoin d’aménager un paysage agroécologique efficace, notamment pour la gestion et le stockage de l’eau.

La fertilité du sol est notre première préoccupation. Nous souhaitons nous inspirer de l’agriculture syntropique pour produire de la matière organique sur place, durant la phase d’installation du système. Le but de l'agriculture syntropique est de créer plus de fertilité et d'abondance.

Un projet fou et expérimental en Drôme qui ne demande qu'à être soutenu 😀Vous pouvez soutenir les Alvéoles pendant encore quelques jours sur leur financement participatif accessible directement sur ce lien  !

Mais comme on ne voulait pas griller au soleil toute la journée, l'idée était aussi de construire et poursuivre à l’ombre des bois, cabanes et abris, pour les grands et les petits. Terre et paille annoncés, nous prenons une pause dans les bruits des pelles, pioches et pelleteuse pour un chantier sans pétrole..

Ce fût encore un plaisir de fouler une dernière fois (avant la prochaine) les terres des Alvéoles. Je reviendrai en Septembre pour voir où cela en est...

 Préparation d'une ombrière géante pour protéger les culture du soleil 😊

Soyons heureux·ses,

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Pourquoi des baissières ?  
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27
juil

Du 27 Juin au 4 Juillet

2 820 km, Dieulefit au sud de la Drôme.

Kevin : Vivre dans des habitats participatifs initié par un groupe de personnes voulant vivre au quotidien leurs valeurs de solidarité, de partage, d’écologie, de sobriété heureuse. Étant curieux de savoir comment ils et elles arrivent à s’entendre à autant, j’ai souhaité m’y rendre...

Alors accompagné par Lune, Lisa et Max, nous nous rendons pour une semaine de chantier participatif. Notre mission ? Faire le bardage en bois du troisième bâtiment du collectif.

En 2007, inspirées par les 3 hectares en friche devant leur maison, deux dieulefitoises se prennent à rêver d’y construire un écolieu. Les douces rêveuses... enthousiastes et une dizaine de leurs amis se joignent immédiatement à elles pour dessiner et rêver ce lieu idéal. La composition du groupe évolue et en mars 2009, iels sont une vingtaine d’ « Ecologiques COopérateur.euse.s Réuni.e.s pour un hAbitat VIvant et solidairE » à créer l’association Ecoravie.

Déjà 3 bâtiments de 6 à 7 logements chacun à énergie positive sont construits, et bientôt une maison commune...

Quand on vit en communauté...

L’humain étant au coeur du projet, le groupe pratique la gouvernance partagée.

En 2013, des tensions relationnelles apparaissent après quelques années de travaux et la fatigue règne. Après la communication, c’est leur “faire ensemble” qui est à améliorer. Ils et elles se tournent alors vers l’Université du Nous , découverte dans le journal passerelle éco, qui les dote d’outils précieux :

- « La méthode des chapeaux » de Bono invitant à résoudre les problèmes sans censurer les idées nouvelles, dérangeantes ou inhabituelles.

- Une charte relationnelle et un processus de sortie ou d’exclusion du groupe qui peuvent les sortir d’un conflit difficile.

- La Gestion Par Consentement se révèle un outil fondamental : jusqu’alors, ils et elles prennent les décisions au consensus, c’est-à-dire à l’unanimité, ce qui rend parfois les débats laborieux et frustrants. La GPC, elle, se contente de l’absence d’objections émises contre une décision. Contrairement à une obstruction, l’objection appelle à une bonification de la proposition à l’étude par l’identification de ses limites, jusqu’à son élimination ou son adoption par tous. Le processus facilite grandement la prise des décisions et leur application.

Afin d’assurer une répartition saine et vivante du pouvoir, ils et elles adoptent l’Election Sans Candidat. Processus aussi précis et rigoureux que la GPC, l’ESC crée du lien entre elles et eux, assainit les conflits larvés, encourage les individus à déployer leur juste puissance et nourri le besoin de reconnaissance de chacun.Curieux.ses d’en savoir plus ? L’université du Nous propose tout un tas de formations, allez y ! 😇

Nouveau Podcast ! 🎙

Lors de cette semaine, nous rencontrons Françoise, Francesca de son prénom Sarde. Elle nous raconte son histoire, sa vision du nous et la création d'Ecoravie dans un tout nouveau podcast de L'Odyssée permacurieuse - La série Podcast du Permacooltour.

https://soundcloud.com/user-494510187/francoise-et-la-richesse-de-linter-generationel-le-permacooltour-podcast-25/s-rKZdjrA7LzP

 Nouveau podcast sur Soundcloud !

Des portraits de plantes sur Youtube !

Il y a quelques semaines, avec Antoine de l'Université des Alvéoles, nous avons eu une idée... Et si je commençais une série de vidéo sur des portraits de plantes ? Pour ce premier épisode de portraits de plantes à travers les éco-lieux de France, je rencontre Claire à Écoravie dans la Drôme. Elle me présente la cardère dans son jardin.

La Cardère sauvage est une espèce de plantes herbacées de la famille des Dipsacaceae selon la classification classique de Cronquist ou des Caprifoliaceae. Elle est aussi appelée Cabaret des oiseaux ou Bonnetier sauvage.

Merci Claire pour ton partage.

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Chaque photographie, au prix de 30€, représente un ticket de loterie. À l’achat vous téléchargez directement la photographie et vous soutenez la création de contenu

Tentez ainsi de remporter :

- La ruche solaire de conservation vannée le mois dernier avec Marine (Valeur 500€)

- Un stage de Cours Certifié de Permaculture à L'Université des Alvéoles : Module1. avec Antoine Talin (Valeur 450€)

- Une formation en ligne pour concevoir sa forêt agro-forestier (Valeur 347€)

- Un abonnement de 3 mois au campus des Alvéoles (Valeur 72€)

- Un kit design de création de forêt jardin multi-étagé Caragana ! (Valeur 67€)

22
juin

Du 22 au 27 Juin

2 700 km, Saint-Laurent-en-Royans au nord de la Drôme.

KEVIN : Il y a quelques semaines, je reçois un coup de fil de Manoel... "Bonjour Kevin, je t'appelle, car je vois que nous ne sommes pas très loin l'un de l'autre. Avec ma femme et notre enfant, nous rêvons de créer un éco-lieu. Cela vous tente de passer ?" Ni une, ni deux, je quitte l'école Que la joie demeure pour traverser le Vercors direction Saint-Laurent en Royans.

Quand tout est à commencer... 

Pour cette nouvelle étape, je suis rejoint par un ami. Max, que j'ai rencontré à Angoulême. On pourrait le prendre pour un personnage de dessin animé avec son humour sorti de nulle part. Normal peut-être, car il y travaille depuis quelques années déjà. Bref, nous sommes accueillis par Léon (4 ans), Chunyan et Manoel sur un terrain de 17 hectares qu'iels viennent tout juste d'acheter. Ce qui m'a rendu curieux aux premiers abords pour rejoindre ce lieu, c'est le parcours de Manoel. Si je vous dis Rugby et Dall'igna, cela vous parle ?

À 35 ans, Manoël Dall’Igna a décidé de stopper l’aventure de joueur professionnel pour le maillot tricolore à 7 pour se lancer avec sa famille dans la création d'un futur écolieu naturopathique.

Manoel : « Les événements extérieurs font qu’il y a un petit peu de déception de terminer comme ça avec trois mois de compétition en moins. » La crise du coronavirus l’aura privé de ces derniers matchs en Bleus. Mais il veut déjà se tourner vers l’avenir. « Pour l’instant j’ai besoin de temps pour me recentrer. Je n’ai pas forcément envie de retourner à XV. Si je reprend le rugby, ce sera probablement sans contact. Mais la priorité pour le moment , c’est de préparer ma reconversion dans la naturopathie et le bien-être. »

Alors pour mettre en pratique les trois mois d'apprentissage pendant le compagnonnage à l'université des Alvéoles, je lui propose un accompagnement et le début d'un design en Permaculture sur leur terrain. Accompagné par le kit de cartes CARAGANA, nous rêvons ensemble.

Avant de réfléchir où nous planterons les arbres, nous réfléchissons à la gestion de l'eau. "S'il y a de l'eau, il y a de la vie." Merci Antoine Talin pour ce conseil.Nous regardons alors les courbes de niveau du terrain, la composition du sol et nous dessinons. Je ressens de la joie et de l'assurance de mettre à profit les savoirs permacoles accumulés sur la route.Nous regardons alors les courbes de niveau du terrain, la composition du sol et nous dessinons.

Rejoins par Kamil, Alexis et Laurie du Permacooltour quelques jours plus tard. Je surprends Kamil à rêver sur ce lieu. C'est marrant de voir quand une graine est semée chez quelqu'un. Je surprends Kamil à rêver sur ce lieu. La vie nous le dira. Pour le moment, il est temps de reprendre la route !

La famille naturosympathique

Une nouvelle personne arrive au loin sur son vélo. C'est Lune ! C'est elle qui a réalisé l'affiche du documentaire Que notre joie demeure que j'ai pu co-réaliser ces dernières années. Quel plaisir de la savoir en route et de partager un bout de chemin ensemble... La suite à Écoravie pour un chantier participatif dans cet éco-village à Dieulefit, au Sud de la Drôme...

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18
juin
18
juin

Du 18 au 22 Juin

2 640 km

Kevin : Pour celles et ceux qui me suivent depuis quelques années, vous savez à quel point ces mots me parlent.

Que la joie demeure... Comment faire de cette simple phrase un chemin de vie ?

Située à quelques kilomètres de l'université des Alvéoles, une école à l'allure gionesque se dessine dans le paysage Drômois. Perché·es du haut des arbres, les enfants me voient arriver de loin sur mon vélo...

L'école Montessori Que la joie demeure 

« Le monde se trompe, dit Bobi. Vous croyez que c'est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l'a dit. Moi je vous dis que c'est ce que vous donnez qui vous fait riche.»

Jean Giono – Que ma joie demeure

Avant de lancer dans l'aventure du Permacooltour, c'est en Asie du Sud-Est que la vie me porte. C'est aux côtés de mes deux frères de voyage, Sylvain Callandreau et Leo Thévenin, que je co-réalise le long-métrage documentaire : Que notre joie demeure. Des mots qui sonnent fort et dont l'inspiration nous vient tout du livre de chevet qui nous a suivi jusqu'à l'autre bout du globe.

Que notre joie demeure porte donc les voix de citoyens du monde au-delà des frontières. Une onde de bon sens qui effleure les esprits, des individus qui remettent en question leur mode de vie. Des paroles de tous bords se mêlent pour redéfinir la paysannerie, l’éducation, et l’habitat autour d’une éthique commune.

Une marche en quête de joie et de simplicité qui, au fil des rencontres, nous amène à revoir notre vision du monde et penser une société plus humaniste et solidaire.

Je vous laisse découvrir ce long-métrage en accès libre sur ImagoTv si vous ne l'avez pas encore vu... 😉

Revenons maintenant dans la Drôme le temps de vous raconter ces quelques jours passés aux côtés de cette école inspirante. Il a fallu grimper haut pour m'y rendre, mais une fois arrivé, la joie m'emplissait.

Créée en 2013 par Laure Martin (aujourd'hui toujours directrice pédagogique et éducatrice 6-12 ans), l'école Que la joie demeure comprend 2 classes, avec une cinquantaine d'enfants au total et quatre éducateurs. Autant chez les 3-6 ans que chez les 6-12 ans, cette école met en oeuvre les grands principes de l'éducation portés par Maria Montessori : les classes sont multi-âges, les éducateurs sont formés par l'AMI (Association Montessori Internationale), le matériel requis est présent et complet, les plages horaires de travail du matin sont ininterrompues, et surtout, l'enfant est respecté dans sa dignité, il peut exercer son libre-choix et évoluer à son rythme car son autonomie est encouragée.

Ainsi, l'école se pense comme un laboratoire de recherche, où chaque chercheur apprend à lire, dessiner, compter, etc. Ici, ce n'est non pas l'enfant qui s'adapte à tout prix à l'école, mais bien l'école qui s'adapte à l'enfant. Je reste seulement quelques jours ici, mais très vite l'envie de prolonger mon séjour me vient. Je suis alors accueilli par la classe des 6-12 ans et quel accueil !

Après avoir trouvé une carte de France, je leur raconte mon histoire...

" La jeunesse, dit l'homme, c'est la joie. Et, la jeunesse, ce n'est ni la force, ni la souplesse, ni même la jeunesse comme tu disais: c'est la passion pour l'inutile. Inutile, ajouta-t-il en levant le doigt, qu'ils disent ! "

Jean Giono – Que ma joie demeure

Les enfants sont enthousiastes. J'ai fait 2 600km pour venir les rencontrer ! Iels sont tellement heureux·ses que nous sortons de la classe pour une visite privée de l'école. En regardant autour de moi, il y a deux bâtiments. Le premier est ce dôme géodésique qui abrite les cours des plus grand·es, et à coté du grand tilleul (butiné en permanence par des milliers d'abeilles à l'oeuvre), se trouve le bâtiment central, accueillant les plus petits ainsi que les futures classes de l'école. À plusieurs, iels avaient acheté une ferme fin en 2012 pour créer ce paradis.

La pédagogie Montessori

Maria Montessori (1870-1952) est une pédagogue mondialement connue et la première femme médecin d’Italie. Spécialisée en psychiatrie, elle a commencé par s’occuper d’enfants déficients mentaux. Par sa foi dans leur capacité à progresser, elle leur a redonné une dignité, et les a amenés à des résultats académiques qui ont suscité l’admiration de la communauté scientifique italienne de ce début du XXème siècle.

Le 6 janvier 1907, on inaugure à Rome, pour les enfants d’ouvrier, la première « Maison des Enfants » dont on lui confie la direction. Maria Montessori va en faire un véritable laboratoire de recherche pédagogique, allant de découvertes en découvertes.

Elle développe ainsi sa méthodologie à partir de l’observation minutieuse, au fil des années, des enfants qu’elle accompagne. Sa « méthode » (elle n’aimait pas ce mot !) a de fait vocation à être une « pédagogie scientifique », basée sur la connaissance et le respect des lois qui gouvernent le développement psychologique, physique et social des enfants.

Invitée partout, elle voyage à travers le monde et diffuse ses travaux sur les cinq continents.

« L’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte ses fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs »


Maria Montessori

La pédagogie Montessori

Cette pédagogie repose sur plusieurs piliers :

- L’observation des enfants et la connaissance des étapes de son développement, notamment le passage par des périodes sensibles, sortes de fenêtres d’apprentissages qui permettent une acquisition spontanée et facile par l’enfant de certaines compétences, grâce à son esprit absorbant. Elle distinguait par exemple les périodes sensibles suivantes :

  • la période sensible du langage (plus ou moins entre 2 mois et 6 ans)
  • la période sensible de la coordination des mouvements (plus ou moins entre 18 mois et 4 ans)
  • la période sensible de l’ordre (plus ou moins de la naissance à 6 ans)
  • la période sensible du raffinement des sens (plus ou moins entre de 18 mois et 5 ans)
  • la période sensible du comportement social (plus ou moins entre 2,5 ans et 6 ans)
  • la période sensible des petits objets (très courte période au cours de la 2ème année

- La conscience du fait que les enfants possèdent naturellement la soif et la capacité d’apprendre, pourvu qu’on ne casse pas leur élan vital. Elle écrit ainsi, incroyablement en avance sur son temps : « L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit mais une source que l’on laisse jaillir ».

- La concentration des enfants comme porte d’accès à la construction psychique.

- Un matériel dédié qui permet d’appuyer toute connaissance sur une expérience sensorielle préalable, en libre-service dans un environnement beau, propre et ordonné

- Des éducateurs formés à la psychologie du développement et à l’utilisation du matériel Montessori, humbles et attentifs, qui travaillent sur eux-mêmes d’un point de vue spirituel, et respectent les enfants dans leur unicité (voir par exemple la charte des éducateurs Montessori).

Cette pédagogie vise l’autonomie de l’enfant (le fameux « Aide moi à faire seul »), sa confiance en lui, sa sérénité, et le déploiement de son potentiel d’être humain dans toutes ses dimensions. Maria Montessori la considérait comme une « éducation à la paix ». A travers elle, l’enfant se sent membre de l’espère humaine, habitant à la fois unique et universel de la Terre et du cosmos. Il se respecte lui-même, et respecte ses congénères et son environnement. Il est difficile aujourd'hui de comprendre l'importance de Maria Montessori dans le renouvellement des méthodes d'enseignement au début du XXe siècle, puisque la plupart de ses idées paraissent aujourd'hui évidentes et ont été adoptées dans de nombreux contextes éducatifs. Mais à l’époque, elles constituaient des innovations radicales, et controversées, en particulier au sein des milieux conservateurs. Elle a, avec les autres grands pédagogues de ce grand courant de rénovation de l’école du début du XXème siècle (Freinet, Piaget, Neill, et de nombreux autres), redonné une dignité à l’enfant. On compte aujourd’hui plus de 20 000 écoles Montessori à travers le Monde.

Les enfants apprennent à greffer les arbres ici. Alors que j'ai mit 27 années à réussir ma première greffe... 

Comment ne pas reconsidérer toute ma scolarité...

Je passe quelques jours avec des enfants ayant un respect et une écoute incroyable. Le matin en arrivant en classe, iels savent exactement quoi faire. Quand l'un se met à faire des tables de multiplication de lui-même, l'autre commence un exposé sur la cétoine dorée. Iels ont envie d'apprendre, car iels sont curieux·ses de nature. Même si certain·e passent leur matinée à esquiver les éducateurs pour ne pas ouvrir leur cahier, le lendemain, c'est avec enthousiasme qu'iels apprennent la conjugaison. Chacun·e trouve sa place, car chacun·e trouve son rythme. Alors quand vient l'après-midi, nous partons dans la plus vivante des cours de récréation : la forêt !

Je découvre avec joie qu'un village entier existe dans ces bois. L'auberge des mille et une mousse, la banque de pommes de pins (la monnaie locale du village) et des dizaine de cabanes constituent une aire de jeu dans un paysage incroyable. Au fond de moi, j'ai envie de redevenir un enfant et de refaire toute ma scolarité ici. 😊

Au fond, dit Jourdan, si on s'emmerde, c'est bien notre faute."


Jean Giono – Que ma joie demeure

Bon, il est clair que cette école peut faire l'objet d'un film... Néanmoins, les grandes vacances arrivent !

Alors peut-être que je reviendrais... Qui sait ?

D'ici là, merci pour votre attention et à très vite !

" Quand les enfants sont libres de se mouvoir dans la nature, leur force se révèle. Le poète sent la fascination d'un fin ruisseau surgissant entre les pierres ; le petit enfant le sent aussi ; il s'enthousiasme et rit, et veut s'arrêter pour le toucher de la main, comme pour le caresser. Personne que je sache, n'a aussi bien admiré le modeste insecte ou le parfum d'une petite herbe. "

Maria Montessori

Cette étape vous a plu ? Laissez un commentaire pour me le dire ! 😊

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Vous pouvez participer à la loterie du Permacooltour pour soutenir l'aventure et tenter de remporter de superbes prix ! Tirages au sort en Aout -> http://www.kevinsimon.fr/index.php/loterie/

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Soyons heureux·ses,

et vive les aventureux·ses !

Instagram : sik_lepermacooltour

www.lepermacooltour.fr

6
juin

Du 6 Avril au 18 Juin

2 600 km

Kevin : Depuis le début du dernier confinement, nous nous sommes engagés comme compagnons en Permaculture à l'université des Alvéoles dans la Drôme. Mais alors, ça veut dire quoi être compagnons ?

Le compagnonnage en Permaculture

Le compagnonnage est une opportunité de s’immerger sur un lieu de vie permaculturel, afin de pratiquer et d’intégrer les fondamentaux transmis lors du Cours Certifié de Design en Permaculture, c’est une occasion de passer à la pratique !! Nous n'en manquions pas trop, mais là c'était intensif 😁

C’est un temps de formation 100% pratique, qui nous permet de développer notre autonomie, de gagner en confiance, et de nous confronter à la réalité du terrain, afin d’affiner notre futur projet.

C’est également une manière d'aider le lieu à se développer avec créativité et innovation, par delà les contraintes du système socio-économique conventionnel.

Nous participons aux activités quotidiennes d’entretien et de gestion du lieu, particulièrement à la production de fruits et légumes ainsi qu’à leur transformation.

A la différence du woofing, le compagnonnage est un temps de formation qui s’intègre au parcours permaculturel.

Les journées alternent donc des temps d’entretien (des cultures et du lieu), des temps d’aménagement ou de construction (nous sommes référent·es sur plusieurs mois d’un projet à suivre tout au long du séjour) et des ateliers de design.

Les journées comprennent en moyenne 6h de pratiques dans l'idée, mais nous avons rarement compté. Nous n'étions pas là pour ça. 😊

Voilà notre terrain de jeu - Photographie par Kevin Simon (Instagram @sik_lepermacooltour) 

Nous sommes donc à l'Université des Alvéoles. Les Alvéoles regroupent plusieurs activités liées à la permaculture et à l’agro-écologie. Les activités des Alvéoles sont centrées autour de la conception de paysages et d’environnements durables et nourriciers : un bureau d’études, une pépinière, un jardin expérimental.

C'est un bureau d’études et de conseil qui accompagne les projets de paysage régénératif. Leur approche éco-systémique, inspirée du design de permaculture et associée à une expertise en architecture du paysage leur permet de concevoir des projets viables, efficaces et nourriciers. Une source d'inspiration énorme pour nous...

Pour ce compagnonnage, nous sommes spécialisés dans la pépinière et plus précisément dans la réflexion et création de jardins-forêt et de haies fruitières. Nous cultivons avec eux une large gamme de plantes vivaces comestibles mais aussi de plantes compagnes (fixatrices d’azote, accumulateurs de minéraux, couvre sols, mellifères, brise vents…). La pépinière accueille dans sa serre bioclimatique et ses terrasses de cultures, des plantes couvre sol, arbres et arbustes qui sont cultivés selon les principes de la permaculture.

Eux ? Mais qui sont-ils ?

Antoine Talin : Son truc, c’est de partager sa passion pour les paysages nourriciers. Après avoir dessiné des jardins sur plan pendant des années, il préfère maintenant jouer avec l’eau de pluie et semer des arbres. Architecte du paysage de formation, Antoine est au coeur des Alvéoles, il veille à transmettre les valeurs qui l’animent et les connaissances terrain développées lors de ces 10 dernières années.

François Goldin : Inépuisable (on l'a souvent vu greffer la nuit à la frontale jusqu'à deux heures du matin...), il préfère dépenser mon énergie pour prendre soin des plantes plutôt qu’à courir (même si ça lui arrive aussi). Son truc à lui c’est de prendre soin du vivant ! Ingénieux, passionné d’efficience énergétique et de bio-construction, Commando François intervient lors des formations pour montrer les actions concrètes qu’il mène chaque année au sein de la pépinière des Alvéoles.

Les Jardins des Alvéoles est donc un lieu de production, d’expérimentation et de transmission. Situé dans la Biovallée de la Drôme, le lieu comprend 3 ha dédiés aux jardins-forêt, aux potagers et à la pépinière, ainsi qu’une serre bioclimatique, des bassins, et 12 hectares de bois. Nous explorons ici les modèles socio-économiques innovants qu'ils mettent en place, et tendons à devenir permaculteur·ices à leurs côtés dans cette coopérative néo-paysanne de production vivrière.Vous pouvez suivre leurs formations en ligne sur le campus des Alvéoles. Le Campus des Alvéoles est une plateforme multimédia pour votre apprentissage et vos projets. Avec cette plateforme, ils vous offrent une variétés de contenus sur les plantes, le design de permaculture et d’agro-foresterie.

Bref, un lieu de ressources autour de ce qui les passionne aux alvéoles.

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Nouveau Podcast ! 

🎙 Antoine Talin, vivre dans un paysage comestible - Le Permacooltour PODCAST #23

Clique sur le lien ci-dessous pour écouter ! ✌️

https://soundcloud.com/user-494510187/antoine-talin-vivre-dans-un-paysage-comestible-le-permacooltour-podcast-23

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Pour découvrir un peu plus en profondeur la mentalité du lieu, voici un reportage que j'ai pu réaliser ces deux derniers mois. La gestion de l'eau est un point essentiel pour les prochaines années. Dans 30ans, le Rhône risque de diminuer de 40%. C'est le territoire entier qui doit s'adapter face aux réchauffements climatiques. Alors cultivons dès à présent nos paysages de demain !

Avec Antoine Talin, paysagiste et designer en permaculture. Université des alvéoles, Drôme.

https://universite-alveoles.fr

Un film de Kevin Simon - www.kevinsimon.fr

N'hésitez pas à vous abonner à la chaine Youtube pour soutenir l'aventure ! 

Je repars de ce compagnonnage avec un riche trésor... Pour continuer dans ma lancée d'imaginer de nouveaux paysages, Antoine m'offre le Kit de cartes CARAGANA du bureau d’étude des Alvéoles. Il est le fruit de 3 années de travaux de recherche, d’expériences et de conception collaborative. C’est avant tout un condensé d’informations qui permet de gagner du temps pour choisir et associer les plantes dans un jardin multi-étagé, cultiver et designer selon les principes de la permaculture. Un cadeau qui va m'être utile dès le prochain lieu qui m'accueille car nous allons imaginer et dessiner leur future foret comestible. Plus d'infos ici

Avec cette sélection de 160 espèces essentielles pour une production vivrière adaptée aux changements climatiques et capable de régénérer notre environnement, ce kit est un régal pour designer son terrain. Merci !

À gagner aussi dans la loterie*

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Après la pirogue vient l'arbre... 

Passer autant de temps ici, nous donne envie de nous ancrer et de bâtir notre propre lieu aussi...

Le Permacooltour est maintenant à la recherche d'une terre promise pour s'ancrer. Nous en parlons depuis le début de l'aventure. Un an après notre départ, le rêve de s'ancrer, de bâtir ou rejoindre un éco-lieu ou un éco-système émerge. Pour le moment, nous rêvons... Nous cherchons un terrain, ou un collectif qui peut nous accueillir.

Plusieurs visions nous traversent :

- Sur cette terre nous produirons notre nourriture.

- Sur cette terre nous bâtirons et/ou nous rénoverons nos futurs habitats.

- Sur cette terre nous grandirons ensemble.

Une terre de connexion au vivant, où nous co-habiterons avec la Nature et son territoire. Nous rêvons d'un véritable éco-système humain autour de nous. Nous ne connaissons pas encore la destination, c'est une quête qui peut prendre du temps. Néanmoins, nous savons une chose, la terre parfaite n'existe pas. Sauf quand nous l'aurons trouvée ! 😁

Le Permacooltour cherche une terre ! - Un film par Kevin Simon 

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité, et les Hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre que l’on fabrique la Pirogue ».

Cette vidéo est donc une bouteille à la mer. Un message pour toi qui aurait peut-être envie de nous soutenir, de nous accueillir ou de partir à l'aventure ! Alors n'hésites pas à laisser un commentaire ou à nous envoyer un message ☀️✌️

Nous croyons fortement au pouvoir de l'intention, alors partages notre message et voyons où la vie nous mènera... 🙏🌱

Dis-nous en commentaire si tu es plutôt sur ton arbre ou sur ta pirogue !

Dis-nous aussi si tu connais un endroit chouette pour planter notre arbre ! 🙏

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Un nouveau départ

Il semblerait bien que l'aventure grandie. La pirogue suit son vent. Alexis, Kamil, Nelly et Laurie partent à la recherche d'une terre, Tim prend la direction du sud pour s'y retrouver dans une aventure de son côté.

Et moi ? Je suis rejoins par deux belles personnes pour le parc national du Vercors. Je vous raconterai notre rencontre et la prochaine étape lors de la prochaine newsletter. Le printemps, c'est le moment pour essaimer. 🐝

Le Permacooltour continue et je suis impatient de vous revoir les amies. La prochaine fois que nous nous reverrons, nous aurons beaucoup d'histoires à nous raconter...

Le vent tourne et les mots se posent sur une nouvelle année qui s'annonce encore riche de sens et de rencontres. Merci pour tout ce que nous avons vécu ensemble et à très bientôt pour la suite ! ✌️

Soyons heureux·ses;

et vive les aventureux·ses !

À la joie.

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24
mai

Kevin : Cela fait un moment qu'il n'y a pas eu de nouvelle sur cette newsletter. Cela vous a manqué ? 😊

En attendant de vous écrire un mot sur notre compagnonnage en Permaculture à l'université des Alvéoles dans la Drôme, laissez-moi vous raconter une rencontre peu ordinaire qui s'est passée à quelques kilomètres d'ici.

L'abeille, cet être solaire...

Non loin de L'Université des Alvéoles je rencontre donc Marine, de l'association L'Abeille qui Relie. La relation qu'elle tisse avec ces insectes de lumière m'inspire profondément.

En quelques heures je me connecte à son univers. En immersion au vivant, les odeurs et les sons nous emportent.

"Tu as l'âme d'une abeille..." me livre t'elle, "tu fais partie de celles et ceux qui essaiment autour de toi..."

L'idée d'être une abeille me plaît, alors quand sonne le moment pour elle d'ouvrir la ruche, nous rêvons tous deux de nous y plonger.

Aux jardins respectueux à Cognac, j'ai eu la chance de créer une relation assez forte avec cette insecte. Il m'intrigue, me repose et m'émerveille. Clin d'oeil à Isabeille au passage ☀️

L’association l’Abeille qui Relie qu'à pu co-créer Marine avec Carole, sa binôme, accompagne les collectivités, les particuliers, les collectifs et les entreprises à prendre soin du Vivant et de la biodiversité, enjeux essentiels dans notre monde en pleine crise écologique et sociale.

" Dans la ruche, où chacune est à sa place et œuvre pour un but commun, l'Abeille est la conscience de la Nature, elle nous relie au Vivant, à la beauté. Elle inspire la joie, l'émerveillement à qui se connecte à elle et nous invite à prendre soin."

L'approche qu'elle propose avec Carole, est d’observer l’Abeille et son écosystème afin de mieux comprendre son fonctionnement et son impact sur son environnement. C’est en explorant son univers et en s’inspirant de sa sagesse qu'elles ont fait le lien.

L'Abeille a le pouvoir de nous émerveiller, elle est une enseignante, une initiatrice. Porteuse de vie, elle fertilise le monde en pollinisant, elle est à la source même de l'Abondance...

​Elle inspire la coopération au service d'une mission commune : co-créer un monde fertile.

L'abeille comme modèle...

Alors qu'au sein du Permacooltour, nous nous posons plein de questions sur notre manière de vivre ensemble, de faire collectif et d'imaginer en commun la suite de l'aventure. Les mots de Marine viennent titiller quelque chose de profond en moi.

"Avant de devenir une âme groupe comme les abeilles, apprenons à découvrir notre propre nature profonde..."

Dans beaucoup de civilisations, l'abeille est le symbole de la femme. C'est elle qui fertilise le monde.

Son discours sur le vivre ensemble, le bio-mimétisme résonne fort en moi et quand je lui propose de témoigner devant un micro, Marine accepte de se livrer pour un tout nouveau podcast de L'Odyssée Permacurieuse - La série Podcast

Je vous laisse découvrir son témoignage pour en savoir plus sur ce lien !

Podcast sur Souncloud ! 

La ruche Solaire

À L'Abeille qui Relie, l'approche est donc d'allier les connaissances techniques, l'observation du vivant, le ressenti et l'intuition, la reliance à notre cœur et partager les expériences pour créer ensemble un monde fertile.C'est ce que nous inspire les abeilles, faire ensemble et prendre soin.Pour parfaire l'idée de prendre soin d'elles, Marine me fait découvrir sa ruche solaire.

Je n'avais jamais vu un tel hôtel à insecte.

C'est une ruche de biodiversité adaptée à la biologie de l'abeille, et à sa nature solaire.

Elle n'a pas pour but de récolter le miel.

Ici les abeilles trouvent refuge et sont conservées pour le bien de la biodiversité.

C'est un véritable objet d'art ovoïde, à suspendre.

Cela te tenterai d'apprendre à en fabriquer une ?

La réponse à sa question est vite trouvée,

Bien sûr que cela me tente !

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Fabriquer une ruche solaire pendant 3 jours

C'est une sacrée aventure que d'élargir ses perceptions... Ce n'est pas pour rien que l'abeille est considérée depuis l'antiquité comme la Déesse et la conscience de la nature.

C'est alors que commencent trois jours de tressage et de concentration pour un résultat magnifique.

Je contemple, je tresse et j'imagine un essaim habiter ce nouvel habitat. La ruche protège la colonie et rayonne...

En vannant, je découvre un geste répétitif qui marque la joie de ralentir. Chaque brin de paille s'ajoute au suivant et le futur habitat prend forme. J'apprends que ce seigle a été cultivé par Jean-Luc Rodot en Saône-et-Loire. Il est l'un des rares derniers producteurs de cette variété ancienne de paille. Aujourd'hui, les toits de chaumes, les chaises ou autres marqueteries de paille deviennent les trésors d'un autre temps. Je pense au plaisir de mettre bout à bout sa propre création et à notre société faite d'objets en tout genre prêt à l'emploi...

Alors nous sommes sept, réuni·es dans la grange de l'éco-lieu Les Amanins à retrouver et découvrir ces gestes. Un silence mélangé aux bruits de tressage et à nos chants nous plonge dans une méditation active. L'abeille nous relie.

J'aime voyager en pensant troc. Alors pour trouver un juste échange pour cette transmission. Je réalise pour elles le teaser d'un stage qu'elle proposent pour des jeunes de 18 à 26 ans.

Au cours de cette année singulière pour tou.te.s, et particulièrement pour les jeunes en quête de sens, l'Abeille qui Relie a concoctée une aventure collective de 4,5 jours pour offrir aux jeunes un espace de SOUTIEN afin de restaurer leur CONFIANCE, leur MOTIVATION, et leur FLAMME pour contribuer au monde de demain.(Lien pour parrainer un jeune)

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J'ai une grande gratitude pour ce savoir qui m'est partagé. Les mots de Marine lors de son podcast résonnent encore en moi, "L'Abeille a le pouvoir de nous émerveiller, elle est une enseignante, c'est une initiatrice..."

Je viens d'apprendre en trois jours, à déconnecter, en créant de mes mains une maison pour abeilles...

Je me demande maintenant quoi faire avec cette ruche... Elle pèse son poids tout de même, je n'imagine même pas la transporter sur mon vélo 😊

Une idée me vient, et si je vous la faisait gagner ? Elle pourrait être suspendue chez vous ?

J'ai envie de jouer. C'est bon je me lance !

Tentez votre chance de remporter cette ruche sur ce lien. Il y a aussi d'autres cadeaux à gagner, comme un cours certifié de permaculture à l'université des alvéoles ! 😁Chaque photographie est au prix de 30€, pour des prix allant jusqu'à une valeur de 500€.

Je cherchais un moyen de pouvoir continuer ce tour de France en ayant une manière de retomber sur mes clous à la fin de l'aventure. Comment participer à l'achat d'un terrain pour un futur éco-lieu ou me lancer dans un nouveau projet.C'est bon, je pense avoir trouvé. N'hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez !

Merci pour votre soutien 🙏

À retrouver ici !

Il est maintenant temps de rejoindre le reste de l'équipe à la pépinière des Alvéoles, il y a encore des arbres à planter.

Des changements vont suivre pour la suite de l'aventure. Nous vous détaillerons cela avec joie !

Un indice : Essaimage !🐝

Merci pour votre attention.

Soyons heureux·ses,

Et vive les aventureux·ses !

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29
mars

Du 29 Mars au 3 Avril

2 320 km

KEVIN : Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu de tournage d'épisode pour la série documentaire 😊

Mes mains tremblent, vite il faut que je filme !

La Multiversité Bidouill'art - Photographie par Kevin SIMON (Insta @sik_lepermacooltour) 

Chapitre 4 : Outils et technologie avec Aodrenn

KEVIN : Depuis un certain temps la Surcyclerie Bidouill'Art était référencée sur notre carte. J'avais seulement vu quelques images et déjà ma curiosité me poussait à m'y rendre. Alors quand Alexis et Laurie y passent une soirée au détour d'un weekend romantique dans le Luberon, tous deux reviennent avec des photos prises sur leur téléphone et me disent : "Ça va t'intéresser..." Le genre de parole qui me donne le sourire ! 😊

Revenons à notre fleur de la Permaculture imaginée par David Holmgren (le co-fondateur de la Permaculture avec Bill Mollison), parmi les sept pétales présents correspondants aux sept domaines clés nécessaires à la création d'une société durable, la réflexion sur le thème "outil et technologie" devient capital aujourd'hui face à notre société techno-centrée. Certain·es rêvent d'un futur avec des voitures volantes, des puces électroniques implantées dans nos corps, une robotisation généralisée de tous nos faits et gestes etc... Soit. Mais quand est-il de nos ressources ou encore des savoirs-faire des ancien·nes perdus dans cette course effrénée. Quelle planète laissons-nous à nos enfants et à leur génération si ce n'est un univers sans vie à la Matrix ou à la MadMax ?

" Dans un climat hyper anxiogène comme aujourd’hui où l'on nous parle que de problème, j’ai trouvé important de partager l’espoir d’un habitat confortable dans un monde post-pétrole et post-nucléaire. Tant qu’on ne verra pas les déchets comme des ressources, on ne s’en sortira pas.

Après la politique il n'y a plus que la poésie qui peut avoir un impact suffisant. " Aodrenn

La poésie nous sauvera ! - Photographies par Kevin SIMON (Insta @sik_lepermacooltour)  

KEVIN : Au sud du Luberon, Aodrenn fait la démonstration de ce qu'il est possible de construire uniquement avec de l'énergie solaire. Du transport au façonnage des matériaux nécessaires et à l'édification de n'importe quelle structure, l'énergie du soleil est utilisée. Alors sous les peupliers blancs, des cabanes d'un autre type poussent..

La Surcyclerie Bidouill'Art n'est pas une communauté mais un lieu de création et d'expérimentation écologique, technologique qui utilise l'art comme vecteur...

Principes de permaculture : · Ne pas produire de déchets,

· Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables,

· Collecter et stocker l'énergie,

· Utiliser le changement et y réagir, de manière créative.

Les déchets des uns sont les ressources des autres !

En arrivant sur place, Aodrenn m'explique très vite qu'il est atteint du syndrome autiste Asperger. En regardant autour de moi je comprends, tout à sa place. Comme un collectionneur fou, il entame des centaines d'objets en tout genre dans sa ressourcerie. Le créateur de ce monde veut nous faire passer un message. Il est plus simple pour lui de bricoler et d'inventer que de discuter pour convaincre.

" C’est le besoin de s’évader, de voyager juste grâce à un environnement singulier. C’est cette impression qu’on a quand on est au cinéma et que d’un seul coup on sort de son corps et qu’on va vivre et vibrer avec les acteurs. On oublie sa situation dans le fauteuil et d’un seul coup on est transporté. C’est ce que j’ai cherché à partager comme sensation à travers le théâtre de rue et aujourd’hui à travers ce décors que tout le monde peut expérimenter. C’est une façon de voyager...

C’est vrai qu’à l’école j’étais un peu distrait, je préférais dessiner des épées, des armures plutôt que d’écouter les professeurs et à partir du moment où j’ai eu mon premier post à souder que mon grand père m’a donné quand j’avais 17 ans, j’ai pu réaliser ce que j’avais dessiné pendant toute ma scolarité. J’ai commencé par là et puis après j’ai fait des costumes, puis des tentes, puis des remorques pour transporter les tentes, puis des camions aménagés puis des bus aménagés . C’est l’histoire de mon inspiration.

L’autonomie c’est ce qui permet de me sentir libre... "

Tout est donc réuni pour tourner le quatrième chapitre de la série de portrait. J'appelle Léna et elle me rejoint comme à chaque tournage d'épisode depuis le début de l'aventure en Aout 2019. Elle devient mes oreilles le temps d'une semaine. J'aime sa présence discrète et assurée qui me rassure dans mes choix de réalisation. Je lui dois beaucoup.. Merci Léna ! 🙏

L'art de transformer des déchets en or... - Photographies par Kevin SIMON (Insta @sik_lepermacooltour)  

" La permaculture c’est de l’ingénierie étique.

J’ai essayé de trouver l’équilibre. Il ne s’agit pas de se passer d’énergie, il s’agit d’utiliser l’énergie qui serait soutenable à l’échelle de 5 milliard d’individus et le soleil produit chaque heure l’équivalent de ce que l’on consomme pendant une année... "

KEVIN : Mon coup de coeur ici reste tout de même son vélo. Dès le premier jour, il me propose d'aller faire de la récup' alimentaire avec lui. Lutter contre le gaspillage alimentaire est déjà une chose qui me tient à coeur, mais y aller avec un bouiboui solaire qui monte jusqu'à 50km/h, c'est le feu ! Son vélo solaire à assistance musculaire lui a déjà permit de rouler beaucoup plus de kilomètres qu’avec tout autre véhicule. Déjà plus de 100 000 km accumulés ! Certain·e dirait que le solaire, qu'en on pense aux batteries, aux panneaux etc , niveau low-tech... il y aurait beaucoup à redire. Réfléchissons alors aux voitures et à tous nos transports actuels ! (:

" Dès lors que l’on bricole un petit peu c’est dérisoire. Je comprends pas pourquoi je suis tout seul dans le quartier à rouler avec ce genre de véhicule... "

Départ pour une prise de son décoiffante - Photographie par Kevin SIMON (Insta @sik_lepermacooltour)  

KEVIN : Je suis impatient de vous montrer ce nouveau portrait. C'est le quatrième sur la série des huit épisodes. Après l'habitat, l'économie, la santé et maintenant la technologie, je suis curieux de connaitre la suite ☀️

J'aime ces moments qui me permettent de créer une véritable connexion avec ces rencontres que je filme. J'évolue dans mon propre schéma de pensée et j'en apprends tous les jours... Vous partager cette aventure est précieux pour moi.


➡️Quand une chose en amène une autre :

Pendant le tournage, nous apprenons le re-confinement du pays. Un choix s'offre alors à nous. On continue la route vers le sud ou non ? Après quelques réflexions nous prenons la décision de finalement rouler jusque dans la Drôme, direction l'Atelier des Alvéoles. Le reste de l'équipe nous y attend pour un compagnonnage en permaculture chez Antoine Talin. Et s'il n'y avait pas de hasard ? (:

Qu'allons-nous trouver là-bas ? Vous le saurez dans notre prochaine newsletter !

Fin de tournage et dernière image de mon vélo (à droite) 😊 - Photographie par Kevin SIMON (Insta @sik_lepermacooltour)  


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Oups... 

KEVIN : En remontant dans la Drôme, je fais une belle chute à vélo. Un joli soleil sur un passage à niveau 💥Pas de train, ouf !

Moi, ça va... Mon épaule se répare peu à peu. Rien de cassé, juste le muscle qui s'est fragilisée m'empêchant pendant une semaine de trop la bouger. Je vais prendre soin de mon bras ce mois-ci. La mauvaise nouvelle concerne cependant mon vélo... Impossible de rouler de nouveau avec. Son cadre en aluminium est cassé. Je suis donc à la recherche d'une nouvelle monture. J'ai bien demandé à Aodrenn de m'échanger son vélo solaire contre le mien, en vain... 🙃

Si vous le souhaitez, vous pouvez me soutenir pour que de nouveau, je puisse reprendre la route et vous partager la suite de cette aventure, en faisant un don sur ce lien : https://fr.tipeee.com/permacooltour

Trouver un vélo qui tienne la route est une mission que je me donne ce mois-ci. En espérant reprendre rapidement l'aventure à la suite du confinement, je vous souhaite une belle journée ! ☀️

Merci déjà aux premier·es donateur·ice·s ! À la joie ! 🌳


Soyons heureux·ses,

et vive l'aventur'euh !

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www.lepermacooltour.fr

Instagram : sik_lepermacooltour pour voir plus de mes photos , et @timotheevernier pour l’aventure sous un autre regard.

24
mars
24
mars

Du 24 au 28 Mars

2 220 km

🌉 Sur le pont d’Avignon, il y pousse des champignons ! 🍄

De l'agriculture en pleine ville ? - Photographie par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)  

TIMOTHÉE : 🚴 Voilà notre première étape urbaine depuis le début de l’aventure car, jusqu’à présent, notre intérêt portait spécifiquement sur les solutions de résilience imaginées dans les campagnes, souvent en réponse aux problématiques constatées en ville. Nous longeons les remparts de la ville pour rejoindre le jardin des Fines Souches, où nous accueillent Isabelle et Jean que nous avions déjà rencontré∙e∙s à l’Aerium, dans les Cévennes. Avec leur ami apiculteur Eloïs, qui sera notre hôte pendant ce séjour, les trois acolytes font vivre ce havre de biodiversité au fonctionnement peu commun.

KEVIN : Je me suis souvent questionné sur la résilience alimentaire des villes. Comment peuvent-elles s'en sortir dans un imaginaire post-pétrole ? Et si, du jour au lendemain, les grandes surfaces se retrouvent vides... Y'a t-il des personnes qui réfléchissent l'autonomie alimentaire de nos paysages urbains ? À quel point ce sujet y est-il abordé ? Voici un site Internet qui peut vous rendre compte du niveau de résilience de votre territoire. 🌳

En me baladant dans Avignon, je regarde le sol et je me rappelle le titre du film de Pablo Girault et Thierry Kruger : Sous les pavés, la terre !

Les fines souches, faire du maraîchage entre ami·e·s - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)  

TIMOTHÉE :🌱 Situé à mi-chemin entre le jardin partagé et le jardin-maraîcher, les Fines Souches ouvrent leurs portes tous les lundis pour un chantier participatif… et c’est tout. Un jour de travail par semaine suffit à entretenir le jardin en permaculture, qui produit pourtant près d’une quinzaine de paniers de légumes, en plus d’une infinité de plantes sauvages comestibles ! Leur secret : un calendrier de cultures particulièrement bien rodé qui permet de se projeter sur toute la saison. Une charge mentale allégée pour se concentrer sur l’essentiel, intervenir en cas de besoin selon les observations, et surtout laisser le Vivant faire le travail qui lui semble le plus juste, au moment opportun.

🤯 A titre personnel, je me rappelle m’être fait des nœuds de cabestan au cerveau en essayant de combiner une infinité de paramètres pour optimiser le potager chez mes parents, au risque de perdre mon enthousiasme à mettre les mains dans la terre… faut le faire ! Au jardin des Fines Souches, on fait confiance aux plantes pour créer leurs propres synergies allélopathiques, les fameuses « associations de cultures ». A la place, on parle de chevauchement de cultures, c’est-à-dire que la production est organisée dans le temps et dans l’espace. Par exemple, des jeunes tomates à croissance longue sont repiquées entre des salades à croissance rapide, pour qu’à la récolte de ces dernières, les tomates aient déjà la tête au-dessus de la canopée. Par ce chevauchement, on gagne quelques semaines sur la saison.

👣 Lors d’une visite guidée de ce musée végétal, Jean nous explique que cette approche facilite la transmission de connaissances aux visiteur∙se∙s et bénévoles du jardin, car il est plus facile de comprendre ce qui se évolue sous nos yeux dans le temps et dans l’espace que ce qu’il se passe sous la terre ou à travers le langage des plantes. Avis aux pouces verts, les Fines Souches proposeront bientôt une première formation pour explorer les enjeux de biodiversité à travers la place du∙de la jardinier∙ère dans la chaîne alimentaire.

Le printemps débarque et le jardin s'agite - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

KEVIN : On oublie vite le plaisir de mettre les mains dans la terre, mais il est inscrit en nous depuis des milliers d’années. Se retrouver entre jeunes ou avec les plus ancien.ne.s, en pleine ville et repartir avec des légumes en fin de journée... Une joie qui n’est pas commune de nos jours dans nos paysages bétonnés☺️Et si nous inversons nos habitudes ?

TIMOTHÉE :🎪 C’était le côté jardin. Allons voir côté cour ce que le théâtre d’Avignon propose comme scène alternative. Dans une ancienne cour de récréation d’un quartier populaire, le béton s’efface sous la main verte des Jeunes Pousses, une association qui porte bien son nom tant elle fait germer la vie au milieu du paysage gris. Nous découvrons le TIPI, la première ferme urbaine d’Avignon, lors d’une journée bénévole à repiquer des centaines de semis, durant laquelle nous faisons connaissance avec l’équipe de l’association, qui compte déjà trois salarié∙e∙s et sept Service Civique. Je suis impressionné par une telle croissance pour une si jeune association, un record qu’elle doit au soutien de la municipalité, qui mise beaucoup sur des initiatives citoyennes dans le cadre de son « Plan Local pour le Climat. »

Sous les pavés, la terre ! - Photographie par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

TIMOTHÉE : 😇 J’ai moi-même une affection particulière pour ce type de projet en ville, parce qu’il me rappelle mon propre Service Civique à la Prairie du Canal, en banlieue parisienne, avec l’association La SAUGE dont le co-fondateur du TIPI, Paul-Arthur Klein, faisait aussi partie avant moi ! D’ailleurs, je retrouve l’inspiration de la Prairie dans les détails du TIPI. Pour couronner le tout, j’avais interviewé Paul-Arthur l’année dernière, dans le cadre de mon mémoire de Master en Agroécologie qui portait sur un Système Participatif de Garantie (comme Nature & Progrès) pour l’agriculture urbaine. Coïncidence ? P’têt ben qu’non, et puis vous connaissez la chanson : « y’a pas de hasard ! » 🎶

KEVIN : Comment imaginer la résilience alimentaire de nos villes ? Comment lier nature et béton ?

Ici les ancien.e.s du quartier n’avaient pas mis les mains dans la terre depuis au moins 40ans ! Quand la ferme s’est implantée au bas des immeubles, la vie a changé. Et si on ramenait un peu de campagne dans les grandes villes ? Cette forme d'agriculture prodigue de nombreux services éco-systémiques et représente un vrai levier dans la résilience des villes. Elle est source de produits frais, locaux et permet d'introduire du vert au milieu du béton.

Lier nature et béton ? - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

TIMOTHÉE :🏺Si pour certain∙e∙s citadin∙e∙s le retour à la terre se fait une fourche à la main, pour d’autres il prend la forme qu’on lui donne…avec ses mains. C’est le cas de Thomas – dit Toto Céramique – qui travaille l’argile dans son atelier au beau milieu du TIPI. Dans les deux cas on met les mains dans la terre, me direz-vous. Mais lorsque Thomas nous propose une démonstration, nous nous accroupissons et redevenons comme des enfants sages, immobiles, silencieux, fasciné∙e∙s par le mouvement de l’argile qui s’érige de son geste sûr en bol ou en assiette.

Utiliser l’air, la terre, l’eau, le feu entre ses mains... - Photographie par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

KEVIN : Mettre en avant l’artisanat et ses savoir-faire, revenir aux choses simples, prendre plaisir à imaginer et fabriquer des objets soi-même, partager… ce sont ces valeurs qu’il souhaite porter à l’atelier. Pas besoin de grand chose, juste de la terre, de deux mains et de la bonne humeur. Utiliser l’air, la terre, l’eau, le feu entre ses mains pour modeler et imaginer..

Chaque semaine, Thomas propose des cours d’initiation (et d’approfondissement) à la technique du tournage, du modelage ou du travail à la plaque au cœur de la ferme urbaine. L'idée me vient de transformer mon vélo en tour à poterie sur la route, vous en pensez quoi ? 😊

La céramique par Toto - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

TIMOTHÉE : 🍄 Et si le retour à la terre se déroulait six pieds sous terre ? Nous quittons la ferme urbaine pour découvrir le troisième pilier de l’association : la champignonnière urbaine "Comme des Champignons" ! Dans la cave de la Mirande, un hôtel-restaurant luxueux situé en face du Palais des Papes, Corinne veille au grain sur les grappes de pleurotes qui s’échappent des colonnes de seaux alimentaires recyclés. Très en vogue dans l’écosystème de l’agriculture urbaine, la culture de champignons présente un véritable intérêt en ville en matière d’économie circulaire. En effet, les 5kg de marc de café par habitant produits chaque année en France constituent un excellent substrat pour inoculer du mycélium de champignons. De plus, si les nombreuses espaces clos et obscurs des villes comme les caves ou les parkings sont impropres à la culture légumière, l’absence de lumière est en revanche idéale pour faire pousser des champignons ou des endives. En l’occurrence, Corinne produit déjà 8kg de pleurotes par semaine, qu’elle revend directement à l’étage, au chef du restaurant qui les intègre dans ses créations gastronomiques. Vous prendrez bien un café ? Bien volontiers. Et hop ! le marc retourne au sous-sol, et ainsi de suite…

Cultiver dans la cave d'un restaurant étoilé - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)   

KEVIN : La culture de champignon peut se faire partout. Encore une solution pour réfléchir la résilience alimentaire des villes. C’est une source de production idéale. Les premiers champignons n’ont besoin que de trois jours pour apparaître. Ainsi, les « Jeunes Pousses » espèrent récolter entre 200 et 250 kilos de champignons par mois. Une fois les champignons récoltés, le substrat est recylclé pour la ferme urbaine du Tipi servant à amender les cultures.Dans la foulée, la cuisine du restaurant La Mirande m’ouvre ses portes et le spectacle s’opère... Rares sont les restaurateurs qui peuvent se vanter de cultiver dans leur propre cave des champignons ☺️

Les cuisines m'ouvrent ses portes et la magie s'opère. - Photographies par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)  

TIMOTHÉE : 📢🌍 Alors que nous nous apprêtons à quitter la ville, l’esprit fécondé de toutes ces solutions fertiles, nous nous joignions à la Marche pour le Climat qui s’est organisée dans toute la France, en protestation contre la récente loi Climat & Résilience. Je suis sidéré par l'inaction du gouvernement qui s’exprime à travers cette loi stérile, alors qu’à chaque jour de notre tour de France, je découvre des solutions écologiques d’une simplicité déconcertante. Y’a plus de mousse que de bière dans cette loi climat. Sûrement qu’on met pas assez la pression. Alors qu’est-ce qu’on attend ? « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », disait Jacques, ce Chirac. Aujourd’hui que la maison s’écroule, le gouvernement se met à faire le ménage… faut que ça brille en surface, qu’importe si ça rouille dans la machine.

Résistons ! - Photographie par Kevin Simon (Insta : @sik_lepermacooltour)  

KEVIN : Faut-il alors passer au niveau supérieur pour enclencher un réel changement aux yeux de l'état ? Désobéissance civile, actions massives, etc... Qu'est-ce qui peut fonctionner aujourd'hui ? L'heure n'est plus au "blablabla", il faut changer de vitesse. Alors que la crise sanitaire masque les dégâts en nous détournant le regard, nous arborons tout de même nos affiches. Merci à toutes et tous d'avoir été présent·e·s à travers la France pour marcher en même temps dans les rues. Nous étions plus de 110 000 !

Cette lutte est pour nous, pour vous, pour le vivant...

Il est temps de se procurer de ce que l'être désire le plus... La planète ! - Photos par Kevin Simon (Insta @sik_lepermacooltour) 

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Soyons heureux,

Et vive l'aventur'euh !

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23
mars

Du 23 au 24 Mars

2 167 km

TIMOTHÉE : 🏞️ Pour répartir l’énergie de ses affluents, parfois un fleuve se scinde en bras, devenant alors eux-mêmes de nouveaux affluents traversant moulins et barrages qui produiront à leur tour l’énergie nécessaire aux villages alentours.

🌊 À notre échelle, l’équipage du Permacooltour s’est donné le nom de « Horde du contre-courant », s’inscrivant ainsi dans l’imaginaire de « La Horde du contrevent », d’Alain Damasio. Ainsi, suivant l’idée que seuls les poissons morts vont dans le sens du courant (vous souvenez-vous de notre pancarte accrochée au pont de Sainte-Croix-Vallée-Française, dans les Cévennes 😉 ?), la Horde se disperse aujourd’hui à travers différents bras de fleuves pour remonter le courant et explorer les alternatives qui naissent sur les berges.

🌳 C’est ainsi qu’Alexis, Laurie et Kamil partent vivre trois mois dans la Drôme, afin d’enraciner leur arbre le temps d’un compagnonnage de permaculture à l’Université des Alvéoles, chez Antoine Tallin, spécialiste des forêts-jardins. Nous nous réjouissons qu’ielles aient saisi cette opportunité d’approfondir leurs connaissances permacoles et d’acquérir des compétences en matière de résilience et de systèmes autonomes !

🛶 Quant à mon acolyte Kevin et moi-même, nous embarquons à nouveau sur notre pirogue, assoiffés d’aventure et scrutant les contre-courants qui se dessinent à la surface de l’eau. Nous voilà donc en route pour la Corse pour y découvrir les initiatives citoyennes visant la résilience de cette île historique !

Notre première étape en direction du Sud sera brève et époustouflante. Appel du divin ou curiosité artistique…


Que notre joie demeure  - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)

Nous faisons halte au monastère orthodoxe de Solan, près d’Avignon, où nous retrouvons Lisa pour une journée sous le signe de la prière et du recueillement. Nous sommes accueilli∙e∙s par le sourire de Sœur Elisabeth, d’origine estonienne et missionnée très jeune pour venir en France par l’évêché de son pays, où le christianisme orthodoxe était censuré par le gouvernement. Au cours d’une invitation à partager un repas de Carême (particulièrement riche contre toute attente), Sœur Elisabeth nous raconte l’histoire et le quotidien des dix-sept moniales qui vivent au monastère.

🙏 Dans le foyer de Dieu, l’alliance des vies communautaire et liturgique instaure une discipline intense, alternant travail au champ avec prières et chants, à la recherche d’une union au Seigneur à chaque instant. Véritables gardiennes de la Terre, les moniales cultivent à la main des vignes abondantes et un potager luxuriant selon les principes de la Biodynamie, dans le respect du Vivant et au rythme des cycles lunaires. Elles transforment les fruits de la terre en confitures, pâtes de fruits, sirops et autres gourmandises du terroir, avec l’aide ponctuel ou régulier de volontaires sur le format du Wwoofing.

Repas de Carême - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour) 

KEVIN : Entre les 40 hectares de forêt, les 3 hectares de potager et vergers, et les 6 hectares de vignoble, le temps passe différemment ici.

Des pommes, du raisins, des poireaux, des choux énormes… Tout pousse et elles cueillent tout à la main ! De plus, tous les mois, elles bénissent les eaux, et à chaque vigile, le blé, le vin et l’huile !

Se définissant comme des gardiennes de la terre, les soeurs du monastère de Solan entretiennent leur jardin sans aucun pesticide de synthèse, et utilisent seulement les ressources naturelles à disposition… De plus, elles réalisent à la main une grande diversité de bons produits avec tous les fruits et légumes du jardin.

Elles concoctent par exemple d’excellentes pâtes de fruits et confitures, qu’elles cuisent dans des grands chaudrons de cuivre. Mais elles fabriquent aussi des sirops, des sels et vinaigres aromatisés à la rose, à la figue, à la mûre… Et le tout en faible quantité pour ne pas se dépasser.

TIMOTHÉE : 🥦 A la vue des gigantesques choux qui s’érigent des entrailles de la terre, se conforte en moi l’idée que conjuguer une approche rationnelle et agronomique avec une dimension spirituelle par l'intention et la gratitude, sont les meilleures ressources que nous pouvons offrir à la Terre pour que celle-ci nous rendent ces honneurs.

En effet, sur le site du monastère nous pouvons lire : « Le travail des moniales pour gagner leur vie n'est pas une activité « profane » qui prendrait place à côté de l'activité « sacrée » que serait la prière. Ce travail n'est pas seulement sanctifié parce que les sœurs essayent de prier en même temps qu’elles l'accomplissent... C’est toute la cohérence de leur vie qui s'exprime dans la manière de se nourrir, d'aborder la terre, de la cultiver, en respectant sa nature, ses rythmes, sa finalité. »

Un air de paradis à Solan - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour) 

KEVIN : La porte est ouverte à tous celles et ceux qui souhaitent faire connaissance avec Solan, y passer un petit moment, visiter la chapelle et échanger avec les sœurs.Dans le cadre de l’association des Amis de Solan, co-fondée par Pierre Rahbi (entre autres), qui regroupe près de deux cent cinquante adhérent-e-s, des journées de visite ou de conférences sont régulièrement organisées. Alors si vous habitez proche d'Avignon ou de passage dans le coin, n'hésitez pas à leur rendre visite !

Merci pour votre gentillesse et pour ce magnifique repas offert sur notre route ! 🙏☀️

TIMOTHÉE : 🎶 Nous assistons à un office dit de la « Divine Liturgie », durant lequel les moniales chantent en chœur et en polyphonie des mélodies monotones invitant à la rémission des péchés, avec des formulations que j'ai vécues comme lourdement culpabilisantes pour qui ne se reconnaît pas dans cette vie d’abandon au divin. Malgré cela, je ferme les yeux et me laisse aspirer par une transe mentale, jouant à la fois sur ma sensibilité musicale et sur les réminiscences d’une éducation catholique dont je reste emprunt, bien que ma foi se manifeste sous d’autres formes aujourd’hui.

Je quitte le monastère l’esprit et l’estomac bien remplis, mais surtout désireux de rester ouvert et perméable à l’avenir quant aux diverses manières de cultiver le monde que nous habitons et celui qui nous habite.

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Soyons heureux,

Et vive l'aventur'euh !

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8
mars

Du 8 au 23 Mars

2 087 km

TIMOTHÉE : Le printemps ouvre la marche bien tôt cette année. Notre soif d’aventure lui emboîte le pas et voilà le Permacooltour qui s’embarque vers les eaux du Rhône. Larguez les amarres, soukez les artimuses, choucardez les flanquettes comme dirait notre harangueur national Edouard Baer ! 🚴🚴‍♀️

En route pour Montélimar ! Les bras fléchis, le menton collé au guidon, nous transperçons les paysages d’Ardèche tandis que le soleil tanne nos visages encore pâles d’un hiver à bout de souffle. Les bourgeons des amandiers, des pruniers et des cerisiers se donnent en spectacle, nous agrémentons nos salades des premières plantes sauvages cueillies sur la route : têtes de plantain en pickles par Kevin, trèfles en pagaille, lits de pissenlits… 🌻

En levant les yeux, les grues nous saluent - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour) 

TIMOTHÉE : Notre première escale est bien particulière, puisque nous sommes hébergé∙e∙s dans le salon-studio de la radio Allô la Planète, où le Permacooltour est invité pour parler Aventure dans l’émission Au-delà des murs. C’est un drôle d’exercice que de se voir à l’écoute, une première pour ma part ! Nous partageons l’antenne avec des invité∙e∙s choisi∙e∙s par nos soins, des ami∙e∙s rencontré∙e∙s sur la route qui partagent avec nous le goût de l’aventure : Vivi au Pays des Alternatives, Juju en Vadrouille et Le Cul entre 2 Selles.

"Au-delà des mur" pour Allô la Planète - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)  

TIMOTHÉE : 🚴🚴‍♀️ Le jour se lève. Nous enfourchons à nouveau nos destriers jusqu’aux abords de Montélimar, à Viviers, où l’ensemble du Permacoolcrew est enfin au complet grâce à l’accueil chaleureux de Nelly & Jean-Christophe, leur fille Sidonie, la jument Kainitt, la chienne Chaussette et le chat Kaponk.

🏡👪 Commence alors la « résidence du Permacoolcrew », deux semaines durant lesquelles nous travaillerons à la structuration juridique du Permacooltour. En effet, le collectif grandit vite : ils étaient trois membres au top départ en mai 2020, nous sommes déjà huit aujourd’hui ! Naturellement, nous ressentons le besoin d’aligner les différentes visions, aspirations et besoins de chacun∙e quant à la forme et la tournure que prend le projet, son fonctionnement, sa gouvernance et sa raison d’être.


Un printemps haut en couleurs à Valfleury - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)  

TIMOTHÉE : ⚖️ Le Permacooltour devient donc une association de loi 1901, ouvrant la porte à des partenariats, de nouveaux projets professionnels et des financements pour réaliser ces derniers, notamment la production de la série-documentaire réalisée par Kevin et l’auto-édition d’un carnet de voyage imprimé. L’intention commune est inscrite dans les statuts de l’association : nous souhaitons « vivre une aventure collective inspirée des principes de la permaculture, afin de grandir ensemble et de nous mettre au service du Vivant. » 🌱

Créer l'association - À gauche le rêve du dragon, à droite le mandala du Permacooltour. 

Bien que très intense, la résidence du Permacooltour ne s’est (heureusement 😊) pas limitée à une série de réunions, même si j’ai personnellement chopé une réunionite aiguë en fin de parcours. Profondément sensible au grand cœur de Nelly & JC, j’ai particulièrement apprécié ce temps suspendu dans l’éco-gîte de Valfleury, où règne un esprit de partage, de simplicité au naturel et surtout de bienveillance au quotidien. Ici on n’affiche pas des valeurs humanistes sur un slogan, on les vit dans le présent ! Si la famille s’est installée il y a seulement deux ans, Nelly & JC aspirent à accueillir des personnes en situation de handicap en hôpital de jour, avec une intention particulière donnée aux enfants autistes, qui pourront se ressourcer dans un environnement sain. 🐴 Avec la douceur de son caractère, leur jument Kainitt incarne sans aucun doute le cheval de bataille du couple : la médiation animale. Si l’Homme est un loup pour l’Homme, l’animal est son salut. Pour preuve, la faune de l’éco-gîte de Valfleury se trouve aussi affectueuse que ses habitant∙e∙s, et l’on ressent bien l’amour sincère que portent Nelly & JC – par ailleurs vétérinaire – pour Kaponk et Chaussette lorsque ceux-ci commencent leur sketch à la tombée du jour. 🐈🐕⚔️🥋

Et si tout s'arrêtait ? - Photographie par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)  

KEVIN : Partir et tout lâcher pour nous lier à la nature. En prenant nos vélos pour découvrir, sous le prisme de la Permaculture une autre vision de notre société, nous ne savions pas réellement dans quoi nous nous lancions. La réalité nous rattrape assez vite quand nous nous retrouvons en face de certain·e géant·e de notre monde...

Derrière les arbres se cache un monstre. Il dévaste, creuse et détruit. La boule de neige roule et grossit. Nous sommes chaleureusement accueilli·e·s chez Nelly et JC du côté de Montélimar. Dès le premier soir, pendant le dîner, un sujet de discussion s'invite à table.

« Il y a un an, un tremblement de terre a détruit une partie de la ville du Teil », explique JC. « Il faut savoir que nous nous situons entre deux centrales nucléaires ici, près de Montélimar. »

« Le premier réflexe que j’ai eu quand ça a commencé à trembler : j’ai pris de l’eau, des pastilles d'iode, un sceau d’amandes que nous venions de cueillir et avec ma fille, nous avons pris la voiture en direction du massif central. J’ai pensé que la centrale avait explosé... » répond Nelly qui travaille dans la facilitation de l’aménagement urbain suite au séisme de la ville du Teil.


Fenêtre sur un monde - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)  

KEVIN : À quelques kilomètres de la première centrale nucléaire, se trouve la carrière de la multinationale Lafarge. Encore aujourd’hui, une fois par semaine vers 11h, la dynamite explose, creusant toujours plus loin dans le calcaire qui deviendra ainsi notre ciment si cher à nos yeux dans la construction de nos paysages urbains.

Selon le rapport de la mission d’expertise du CNRS, « L’occurrence d’un séisme d’une telle magnitude en France métropolitaine, à si faible profondeur, associé à un nombre particulièrement faible de répliques, en font un séisme aux caractéristiques assez atypiques. (...) Bien que le séisme se soit produit sur une faille géologique préexistante, il est possible que l’extraction de roches en surface au niveau de la carrière ait contribué au déclenchement du séisme. »

D’après le journal Le Parisien, « Le rôle d’une carrière voisine, un temps suspectée, a été « négligeable » annonce ce mardi la préfecture d’Ardèche. Le CNRS estime toutefois qu’elle a pu contribuer à son déclenchement. »

Entre forêt et nucléaire - Photographies par Kevin Simon (@sik_lepermacooltour)  

KEVIN : Alors que la responsabilité de la multinationale (premier recruteur du coin) est écartée, elle se permet l’achat d’une nouvelle parcelle de forêt faisant reculer encore un peu plus la faune et la flore locales. Le risque est toujours présent, un tremblement de terre peut de nouveau arriver. Et nous, sur nos vélos, nous nous rappelons des différents types d’habitats durables découverts sur notre route. Terre-paille, cabanes, yourtes, maisons bio-climatique, etc. Des constructions vernaculaires qui respectent l'environnement et laissent un sol fertile sur leur passage. Le combat paraît immense, nous sommes démuni·e·s. La terre est creusée tandis qu'un silence lourd et poussiéreux règne au bord du Rhône...

En pédalant, une question nous reste en tête, « et maintenant on fait quoi ? »

Sources : https://www.cnrs.fr/.../seisme-du-teil-rapport-de-la...

http://www.cnrs.fr/.../Rapport_GT_Teil_phase1_final...

https://www.leparisien.fr/.../ardeche-le-seisme-du-teil...TIMOTHÉE : Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011 ont-elles été effacées de l’Histoire ? Combien de temps les politiques détourneront-ils le regard de l’évidence, celle d’un cataclysme imminent ? Non, on laisse tourner les usines du moment qu’elles font tourner la planche à billets. Et on se tait, ou plutôt on fait taire. Mais un jour le cri des entrailles de la Terre résonnera si fort que les politiques ne pourront plus faire la sourde oreille. On ne les croira plus, personne ne les croira plus. Sauf que, ce jour-là, il faudra croire pour exister, croire en Dieu, Allah, Gaïa ou bien n’importe quoi, mais croire pour pouvoir encore se voir dans le miroir, parce qu’on sera seul, seul face à notre orgueil.

[ Retrouvez mes Chroniques du Permacooltour sur Polarsteps ]


KEVIN : Ce matin, Fun radio m'appelle.. On a entendu parler de ton projet, tu peux nous en parler ? 😁Juste en face de moi, se trouve le chantier de Lafarge. J'imagine que c'est un bon moyen de parler à la jeunesse...Pour réécouter le live c'est ici : Le Permacooltour sur Fun Radio !

Le Permacooltour sur FunRadio !

KEVIN : Ce printemps naît donc sous le signe du changement au sein du collectif.

Plus que jamais notre enthousiasme nous conforte dans la création et la mise en lumière de nouveaux récits. Vos encouragements, vos messages, vos accueils, nos mollets, tout nous pousse à continuer aussi loin que possible cette belle aventure du Permacooltour.

Mais maintenant deux directions s'offrent pour le Permacoolcrew. Pendant trois mois, l'occasion et le rêve se présentent de s'ancrer et de se former dans un compagnonnage en Permaculture, chez le permaculteur Antoine Talin à L'Université des Alvéoles dans la Drôme.

Alors pendant trois mois nous allons donc faire routes à part... Car en effet, nous deux coolporteurs de l'aventure, Kevin Simon et Timothée Vernier, prenons la direction du Sud de la France par la ViaRhôna.

De notre côté, la pirogue n'est toujours pas à l'heure de l'ancrage, et qui dit tour de France, dit aussi Sud-Est !

Nous avons plusieurs rêves pour les prochaines étapes mais n'en disons pas trop. La suite arrive bientôt et risque de se corser !

Pour le moment, le plus dur est de se quitter...

Alors à très vite les ami·e·s ! Vous allez nous manquer, mais trois mois, ça passe vite !


« Parfois ce sont les personnes que l'on imagine capables de rien qui font des choses que personne n'aurait imaginées. » THE ENIGMA Alan Turing.

Citation offerte par Nelly à Valfleury

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12
fév

Du 12 Février au 8 Mars

2 000 km (bim !😁)

TIMOTHÉE : 🎶 Je vous parle d’un temps, celui du confinement, où nous vivions à seeept-euuh. Le Permacooltour en ce temps-là, explorait les ressorts d’un projet collectif, vivant en son sein, imaginant le sien, lui qui venait de naître-eeuuh...

Nos premiers pas d’immersion dans un éco-lieu de 40 habitant∙es comme l’Aerium il y a 4 mois ont nourri notre curiosité d’en savoir plus sur l’expérience du vivre-ensemble. C’est ainsi que nous avons porté notre attention sur un entretien d’Isabelle Padovani – formatrice émérite en Communication Non-Violente (CNV) – avec le couple Sophie Rabhi et Laurent Bouquet, co-fondateur∙ices de la Ferme des Enfants (FDE), une école alternative née en 2001, puis déployée à plus grande échelle en sud-Ardèche avec la création du Hameau des Buis à partir de 2006. 🎙️Cet entretien visait à mieux comprendre les dynamiques de gouvernance du facteur humain sous-jacentes au conflit juridique qui oppose Sophie Rabhi et le collectif du Hameau des Buis depuis 2018.

🚵‍♂️ Ni une ni deux, nos âmes apprenantes se sont mise en tête de venir sur place, pour vivre le quotidien de cet éco-village bien connu du monde alternatif, tirer des enseignements de la situation et percevoir l’envers de l’entretien en rencontrant le collectif. Trois mois plus tard, trois des sept avencurieux∙ses quittent les Cévennes à vélo sous la pluie, 🏕️ campent sauvagement (juste un bivouac hein, pas d’inquiétude) dans un vrai camping « civilisé » 🤔 , tissent une longue chaîne de solidarité commerçante sur 70km pour remplir leurs sacoches de mets étonnement luxueux, et atteignent enfin l’Ardèche, plein d’usage et de raison, et d’une bonne cargaison. 🥖

Vivre ensemble et bâtir l'avenir du Permacoolcrew - Photographie par Kevin SIMON
En la voyant sur ses échasses, je cours chercher mon appareil. Cet instant fût magique... - Photographie par Kevin SIMON  
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Instants suspendus au Hameau des Buis - Photographies par Kevin SIMON 

TIMOTHÉE : Par cette parenthèse dans notre récit sur le Hameau des Buis, je vous invite à vous remémorer avec moi le fil des jours pour couturer notre séjour d’un trait de poésie.

Sur ce plateau minéral au sud de l’Ardèche, une cinquantaine de femmes et d’hommes du 1er au 4ème âge vivent une vie normale de village, « à la différence que tout le monde se connaît, ce qui rajoute une âme supplémentaire par rapport à un autre lieu », nous explique Arnaud, boulanger au hameau, dans le Podcast que nous avons enregistré avec les habitant∙es (voir plus haut).


🥖Le pain quotidien, élément clé du vivre-ensemble, symbole de l’amitié liant les co-pains qui le partagent, nous a permis de rencontrer le couple boulanger Arnaud & Anaïs lors de plusieurs fournées et de vivre quelques heures au cœur de leur univers. Se lever avant l’aube, traverser la brume matinale jusqu’au fournil encore chaud de la veille, enfourner les premiers croissants façonnés à la main, puis cueillis dorés par pépé-Jean en robe de chambre aux premières lueurs du jour ; bouler, tourner, façonner les pâtons un à un d’un geste souple et franc, comprendre par le toucher la nature d’une pâte selon l’alchimie qui la compose, goûter par les narines les saveurs d’une farine et la comparer à ses voisines, grigner la peau du pain d’un trait d’esprit, tourner la sole en pierre du four massif et ouvrir sa grande gueule pour y foutre des gros bâtards… et constater avec humour la violence de cette chute littéraire.

 Le pain sacré. Il est l’expression de la terre et réunit en lui l’eau, le feu et l'air. - Photographies par Kevin SIMON

« Tu leur fais du pain alors qu’ils sont encore au lit, c’est ça le charme du métier ! Surtout si ce sont tes ami·es... » Arnaud, boulanger au hameau des buis.

KEVIN : Le pain est un aliment très simple mais fondamental. Il allie les quatre éléments fondamentaux que sont la terre (le blé), l’eau, l’air (les bulles issues de la fermentation du levain) et le feu (la cuisson). Le pain est si étroitement lié à la vie des femmes et des hommes qu'il a donné lieu à une multitudes d'expressions telles que "Gagner son pain", "Se retrouver dans le pétrin", "Être au pain sec et à l’eau", "Mettre la main à la pâte", etc. Le pain à une énergie et il nous rassemble. Il fait de nous des co-pains.

Sa place dans un Écovillage prend tout son sens...

TIMOTHÉE : 🐐 Cui-cui, attention les petits chevreaux vont sortir . S’il est une naissance qui marque, c’est bien celle des quarante chevreaux qui ont inondé nos cœurs d’une pluie d’amour et d’innocence. Certaines chèvres mettent bas au chaud dans la chèvrerie, d’autres au cours d’une balade matinale entre deux genévriers, mais toujours avec une confiance étonnante sous nos yeux ébahis. Et puis c’est le festival, je jongle avec trois chevreaux qui sautent et se chevauchent les uns sur les autres, un autre vient me croquer le museau et me fait loucher tandis qu’un cinquième me tète le bout des doigts… je suis désemparé, je cède et fonds sous tant de tendresse.

🌳✂️ L’aiguille des minutes fait un tour complet sans que je m’en aperçoive, et il est déjà l’heure de retrouver Laurent Bouquet pour un atelier de taille douce des arbres avec Kamil et Kevin. Nous apprenons l’observation du geste de l’arbre et de son environnement, à sélectionner les branches à couper selon la branche dite « tire-sève » qui favorisera la croissance d’une nouvelle sous son aisselle, et nous nous entraînons à la coupe franche et précise sous l’angle idoine qui permettra une cicatrisation saine et harmonieuse de la plaie. Je suis fasciné, c’est tout un monde qui s’ouvre à moi et je ne demande qu’à mettre en application ces nouvelles connaissances !

🌲Voilà qui tombe bien, Kamil et Alexis se dirigent vers le jardin-maraîcher pour y planter les fameux arbres du Permacooltour, cette fois-ci un grenadier et un figuier, qui marqueront notre passage d’une empreinte écologique, la vraie, la vertueuse, celle dont a cruellement besoin notre Terre nourricière. Si ces jeunes arbres trouvent leur place dans l’écosystème des Buis, peut-être reviendrons-nous dans quelques années pour les tailler comme nous l’avons appris…


"Jardiner ça rend pote !" - Photographies par Kevin SIMON 

KEVIN : Il est possible de venir en Wwoofing à la chèvrerie et au maraîchage pour apprendre le métier et aider Mélanie et Amaury sur l'exploitation. Les activités sur la ferme : planter des graines, mettre les mains dans la terre, partir en promenade avec les chèvres, s'essayer à la traite manuelle quotidienne, utiliser le lait directement caillé pour donner les fromages lactiques locaux (type Picodon). Certains fromages sont parfumés avec de la sarriette sauvage récoltée aux environs, ou avec des graines de fenugrec bio, qui leur donne un délicieux goût de noix.

Une expérience à faire si vous souhaitez un retour à la nature prochainement... 👌🌱

Retrouvez la ferme sur Wwoof France !

TIMOTHÉE : ⌨️🤙🔥Bon, maintenant que je me suis réchauffé les doigts sur le clavier, ma frilosité s’est dissipée et je peux enfin vous parler de ce qui nous a fait, je pense, le plus grandir dans cette étape. Flatté par la confiance que le collectif m’a accordé pour l’aider à rebondir sur le conflit en partageant ses perspectives d’avenir, je couvre mon chef de ma casquette de reporter et, micro en main, Timtim et Milou s’en vont recueillir les témoignages d’habitant∙es. Au cours de cette enquête, j’en apprends beaucoup sur la gouvernance du collectif du hameau – un sujet qui parle à notre propre collectif naissant du Permacooltour –, notamment sur les prises de décision par consentement, c’est-à-dire uniquement si personne ne s’y oppose. « Ça ne veut pas dire qu’on est nécessairement d’accord, mais qu’on peut vivre avec », pointe Arnaud. Et Roger de préciser : « Si une décision est complètement opposée à ce que j’ai dit, ce n’est pas une opposition à ma personne en tant que telle. » Une manière de mettre de l’eau dans son vin et tempérer l’ego grâce à son alter-ego, l’humilité, afin de penser avant tout pour le bien commun.

TIMOTHÉE : 🎤 Je conduis mes interviews, retranscris les verbatim pour donner du verbe à Tim, organise les idées et rédige l’article avec passion et assiduité ; Kevin l’illustre de ses magnifiques photos 📷 et, confiants, nous envoyons la maquette aux cinquante habitant∙es pour relecture avant publication dans un magazine manuscrit. Les retours ne se font pas attendre et, à notre grande surprise, un profond malaise traverse de nombreux habitant∙es à la lecture de l’article. Les discours se précisent et nous comprenons que beaucoup d’entre eux∙elles ne se reconnaissent pas du tout dans la vision commune qui y est décrite. Certain∙es nous partagent alors des pièces visiblement manquantes du puzzle. Lorsque Kevin et moi découvrons le palimpseste qui se cachait sous nos yeux, nous prenons conscience de la complexité de la situation et nous sentons soudainement écrasés sous le poids de l’histoire du hameau. Loin d’avoir l’étoffe de David, je pose genou à terre, sous l’ombre du Goliath qui se dresse devant moi. Journaliste débutant et auto-didacte, je me sens comme digéré par un Léviathan gigantesque duquel je ne peux m’extirper. Dans le même temps, je tente tant bien que mal de digérer à mon tour la masse d’informations et la charge émotionnelle qui me traverse. Pour faciliter cette digestion, je rédige un mail à l’attention des habitant∙es, qui aidera manifestement à fluidifier mon transit et la transition vers la suite.

Finalement, l’article ne sera pas corrigé, ni ajusté car Kevin et moi prenons la décision de renoncer à sa publication. S’il ne bénéficiera pas au grand public, je pense que ce pavé dans la mare sera surtout utile au collectif car il a mis en lumière des non-dits et des dissonances sur la vision commune qui, de fait, n’était pas aboutie ou, en tout cas, pas partagée par toutes et tous. Ainsi, avant même d’avoir débuté la rédaction de cet article, son objectif initial ne pouvait être atteint. Au total, j’ai retranscrit la voix de neuf habitant∙es. Ce sont donc neuf réalités sur la situation au hameau qui se conjuguent dans ce récit ; neuf réalités seulement, parce qu'il en existe quarante autres en plus des nôtres, une foule de visions qui s'accordent, se contredisent, se surprennent, et surtout qui se découvrent pour certaines.

Créer du lien au sein du village est essentiel et un "Buistro" improvisé devient le point de rencontre des ami-es des Buis... - ...

TIMOTHÉE : Avec du recul, cet épisode de l’aventure du Permacooltour s’est révélé immensément riche d’enseignements.

🗞️ D’un point de vue personnel et professionnel, j’en retire un apprentissage inestimable sur le métier de journaliste : beaucoup d'humilité à intérioriser, du discernement à travailler et de l'espoir pour ce qui va suivre. Certains sujets peuvent être hors de portée et il est sage de prendre la température avant de s’engager corps et âme. A l’avenir, je pèserai mon engagement dans un sujet en fonction de mes capacités, du temps et de l’énergie qui me sont imparties pour le traiter.

🧘‍♂️D’un point de vue humain et vis-à-vis des projets collectifs, j’ai compris que les visions des membres d’un collectif ne se rencontrent pas nécessairement autour du besoin de vivre-ensemble à tout prix. Le collectif peut être un moyen de mutualiser des outils, des métiers et de la finance, mais l’affect ne peut pas être la pierre angulaire du vivre-ensemble, puisque les relations humaines évoluent en même temps que les personnes qui les incarnent. Rien n’y personne ne peut forcer des êtres à partager leur temps libre, ni même à s’aimer. Bien sûr qu’il y a besoin d’amour et amitié, mais forcer la relation affective si elle ne va en ce sens peut être un motif de détachement du collectif. De même, les temps passés en réunion pour « faire collectif » ( ce qui se recoupe dans la notion de gouvernance) doivent être dosés avec justesse pour préserver l’enthousiasme et la volonté de chacun∙e d’y participer. D’ailleurs, on parle communément de « réunionite » pour nommer la maladie sociale de notre siècle qui touche parfois les adeptes de la réflexion collective. Un membre de collectif qui s’épanouit dans des activités qui n’impliquent que lui ou des personnes volontaires peut vite se retrouver déconnecté d’autres membres qui, eux, s’épanouissent dans des temps dédiés à la construction même du collectif, là où ceux-ci nécessitent l’implication de tous les membres. Ces enseignements sont aujourd’hui au cœur de ma propre réflexion sur notre collectif du Permacooltour. Merci la vie !

💸 En parallèle du « Précieux Facteur Humain » dit PFH, l’expérience du hameau des Buis m’a fait voir concrètement l’importance de limiter et graduer les investissements financiers, afin d’éviter une dette paralysante et source de conflit. À la manière du feu qui jaillit d’une étincelle projetée sur de l apille, des brindilles, des rameaux et enfin des bûches, les investissements financiers au départ d’un projet sont déterminants quant à l’inertie de celui-ci. Trop grands, le projet risque de devenir incontrôlable ; trop faibles, il risque de vite s’essouffler s’il n’est pas progressivement alimenté. De même, la synergie entre les personnes « sources » d’un projet collectif (celles dont émanent son ADN) avec les personnes « ressources » (celles qui le mettent en mouvement) ne peut perdurer que si leurs périmètres d’actions respectifs sont communément et expressément définis. Car si Noé a construit son arche avant le déluge et pas après, c’était pour s’assurer que chaque être à bord y trouve sa place avant de prendre le large.

[ Retrouvez mes Chroniques du Permacooltour et mes photos sur Polarsteps : https://www.polarsteps.com/TimotheeVernier/3895919-le-permacooltour ]

Avant de partir du hameau des buis, un dernier regard vers la nature s’impose...  - Photographies par Kevin SIMON 

KEVIN : À vivre connectée à elle, une paix s’installe entre la nature et moi même. La lenteur de cette vie au Permacooltour me pousse au silence et à la contemplation. Aujourd’hui, je ne me vois rien faire d’autre que de lutter pour et avec le vivant. Vivre lié avec la nature et en collectif, c’est s'y reconnecter de la plus belle des manières...

« Seul l’amour peut garder quelqu’un vivant. » Oscar Wilde

"N'essayez pas d'être comme les autres, ils sont tous déjà pris ; alors soyez vous-mêmes." Oscar toujours

Retrouvez le podcast sur notre Soundcloud pour écouter leur témoignage ! 🎧🎙

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13
fév
13
fév

Du 13 au 21 février

1969 km

 Chantier cévenol - Photographie par Kevin Simon

ALEXIS: Août 2019, je fais la rencontre d'Anne-Sophie lors d'un atelier inspiré du "travail qui relie" de Joanna Macy lors des Rencontres Nationales de la Permaculture. Je ne savais pas encore, qu'un an et demi plus tard, je serais sur son lieu, à bâtir un mur en pierres-sèches, planter des arbres et fêter mes 30 ans avec mes compagnons de route (le PermaCoolCrew!) et des ami.es (Alice & Flo) dans sa yourte. 😀

Le hameau de Bournaves se situe dans le parc national des Cévennes (parc qui fête ses 50 ans cette année) au pied du mont Lozère. Il y a 50 ans, quelques vestiges du hameau connaissent une renaissance grâce à la motivation d'une famille, la famille d'Anne-Sophie, avec le soutien cumulé de plus de 2000 jeunes Scouts en chantier participatif.

Bout à bout - Photographies par Kevin Simon

ALEXIS: Des ruines dans le hameau, il en reste un paquet... C'est qu'autrefois les Cévennes étaient très habitées, en témoignent les nombreuses terrasses sur les coteaux. "Ils ne chômaient pas les Anciens à l'époque, quand tu regardes les photos, ils étaient tous secs... sauf le maire et le curé", nous témoigne Christian, artisan couvreur venu restaurer une clède (bâtiment servant de séchoir à châtaignes qu'on peut voir principalement dans les Cévennes).

Aujourd'hui, Anne-Sophie, avec ses doigts de fée et son moral d'acier, souhaite revenir aux sources en vivant un maximum sur le hameau. Elle rêve que le lieu soit une terre d'accueil pour se reconnecter à soi, à la Nature, par la pratique et la rencontre. Pour nous, mission accomplie ! Merci Anne-So pour ce chantier anniversaire que je ne suis pas prêt d'oublier !

Terre de Cévennes - Photographies par Kevin Simon


TIMOTHÉE: [...] Ériger une terrasse cévenole traditionnelle – appelée "faysse" – selon la technique vernaculaire du mur en pierres-sèches. Comme un air de déjà-vu après notre dernière étape au Moulin… 🧐

Sauf que cette fois-ci, nous avons réalisé ce chantier de A à Z. Parti∙es des fondations – c'est-à-dire de rien – nous avons monté ce mur jusqu'à son couronnement de pierres… un sacr-é chantier !

 Team de choc ! - Photographie par Kevin Simon

🔨 Je vous explique la méthode : d'abord il faut disposer de grosses et lourdes pierres de soutènement, sur lesquelles pourront s'empiler et s'entrecroiser des pierres de tailles et formes variées, souvent plates car issues de roches de schistes, parfois grossières mais étincelantes de quartz. La technique consiste à jouer d'un angle d'attaque pour aligner les pierres le long d'un cordeau, garant de la verticalité du mur. Les pierres doivent se croiser en quinconce afin d'éviter les interstices continues sur la façade du mur – appelées "coups de sabre" – qui fragilisent ce dernier sur la durée. Aucun mortier, béton ou ciment n'est utilisé ; seules les vieilles pierres des ruines sont ressuscitées dans une architecture nouvelle qui leur sied à merveille. Il s'agit peut-être de la technique la plus écologique pour ériger un mur, une terrasse, une maison qui dure, car seuls des matériaux naturels locaux sont réemployés, et ne demandent pas de transformation en amont, pas de four à 1400°C pour fabriquer la matière grise et stérile qui recouvre nos villes. Dans le dernier article au Moulin, je fustigeais le parpaing, symbole d'une société bâtisseuse vouée à s'effondrer. Et bien voyez plutôt l'ami Kamil sur la vidéo : le parpaing s'effrite très bien en effet ! Du coup, ce matériau plus fragile qu'une chips a servi de remblai entre le mur et la terrasse. Bien fait pour toi.

❄️ Seul grand défaut des pierres-sèches, et qui n'est pas des moindres : l'isolation est quasi-nulle. Un compromis sur lequel s'est fondé le peuple cévenol pendant des siècles, tirant parti d'une région magnifique mais impropre à l'habitat, avec ses montagnes épineuses, ses sols calcaires et incultes, où roches et racines jouent des coudes pour résister à l'érosion du vent glaçant et des pluies diluviennes.

👷‍♂️👷‍♀️ Bâtir un mur ensemble, côte-à-côte, poser les pierres d'une société nouvelle, plus lente, plus ancrée dans son écosystème environnant, et profiter de cette promiscuité pour apprendre à se connaître, le corps en mouvement, les sens en éveil et l'esprit disponible. Les jeux de mots bien mais pas top fusent pour nous motiver à remonter ces faysses qui s'affayssent, des souvenirs à partager sur Faysse-book. Bon, je crois qu'on a fait le tour du sujet. 🎺

Au cœur de la nature, un hameau se dessine. - Photographies par Kevin Simon

TIMOTHÉE: Ah, une dernière chose avant de vous quitter : si vous souhaitez à votre tour apprendre la technique des pierres-sèches, il y a encore 15 faysses à remonter, autant de ruines à restaurer et pléthores de chantiers participatifs à venir ! Anne-Sophie met tout son cœur à l'ouvrage et tout son amour dans l'accueil de bénévoles, c'est là l'essence profonde de son projet : des chantiers participatifs créer du lien social dans ce lieu reculé. Prochain chantier: "Pierre sèche #3 : du 21 au 24 avril 2021".

D'ailleurs, elle y organise cet été la première édition du festival Rock n' Rock (du 25 au 28 août), où se mêleront escalades de falaises le jour 🧗‍♂️ et concerts enflammés la nuit 🎸. Nous on a réservé nos places VIP… et on plantera nos tentes sur la fameuse terrasse érigée de nos mains !

[ Retrouvez les Chroniques du Permacooltour et les photos de Timothée Vernier sur Polarsteps : https://www.polarsteps.com/TimotheeVernier/3895919-le-permacooltour ]

Pour clôturer cet article, une petite devinette à la sauce Permacooltour : 🌳

Qu'est ce qui est à la fois un arbre et une formule pour célébrer la fin de ce chantier ?

... Le mur y est !



S'immerger dans le vivant et en découvrir sa source... - Photographies par Kevin Simon 

KEVIN : Je me laisse porter par les nuages. Mon regard a du mal à se détacher du paysage... Les arbres se détachent ici et là, un monde s’ouvre à moi. Entre ciel et forêt dans les Cévennes, je profite une dernière fois du parc national avant de prendre la direction de l'Ardèche.

"Il avait jugé que ce pays mourait par manque d'arbres. Il ajouta que, n'ayant pas d'occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de fait." L'homme qui plantait des arbres - Jean Giono

Suivez mon regard sur ma page Instagram pour plus de photos ! 📸

"La source est le but..." Anne-Sophie Pinchon

La nature se donne en spectacle et le temps défile... - Photographies par Kevin Simon
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L'aventure se poursuit en Ardèche... direction le Hameau des Buis !

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8
fév

Du 8 au 12 février

1876 km

TIMOTHÉE : Nouvelle semaine, nouvelle aubaine ! Alors que notre séjour aux cabanes de l'Ourjol touche à sa fin, nous profitons d'un grand soleil pour nous immerger dans le tissu local lors du marché dominical. Sur le chemin, la vue d'une piscine dans un jardin éveille en nous l'envie d'apprendre, un jour, à créer une piscine naturelle. L'intention est posée. A peine arrivé∙es au marché, nous tombons nez-à-nez sur Fabien, avec qui Kevin & Alexis ont sympathisé quelques mois plus tôt lors d'un chantier à Terr'Azil puis une seconde fois au Mantra Festival, en Ariège. Jamais deux sans trois, cette rencontre n'arrive pas par hasard, car ce dernier se rend justement le lendemain à… un chantier piscine naturelle ! Le pouvoir de l'intention entre en scène. Une fois de plus, la vie nous démontre qu'elle ne connaît pas le hasard.

TIMOTHÉE : Ni une ni deux, nous changeons de programme du jour au lendemain. Trois coups de pédales, et nous voilà au Moulin, où nous sommes accueilli∙es chaleureusement par Catherine et Jean-Michel, deux âmes paysannes inspirantes dont je vous partagerai mon impression quelques paragraphes plus loin. Après une semaine au ralenti en promiscuité avec les arbres, je savoure le retour à un quotidien en collectif. Le temps reprend sa vitesse de croisière, un tempo légèrement plus soutenu que dans les bois, sur lequel s'accorde davantage mon horloge interne. J'aime l'effervescence des chantiers participatifs, où chacun∙e donne de son temps, de sa personne et se nourrit de nouveaux visages, d'histoire de pas-sages à encrer sur les pages encore vierges d'un carnet de voyage…Nos premiers pas nous mènent dans le bassin du vieux moulin – appelé "gourgue" en cévenole – que nous vidons de sa terre à la manière d'une fourmilière, seau par seau, au rythme des gospels tirés du film O' Brothers.

Au fil des siècles, le vivant s'est niché dans les interstices du mur en pierres-sèches, tirant parti de sa structure respirante et de ses minéraux pour qu'y prolifèrent mousses et herbes folles. Pierre qui gît amasse la mousse. Aussi, il est nécessaire d'en gratter la façade, afin de pouvoir y étaler l'enduit naturel destiné à étanchéifier la piscine. Armé∙es jusqu'aux dents de petits grattoirs n'étant pas sans rappeler les instruments de torture régénérative de nos dentistes bien-aimé∙es, nous débutons une véritable opération de détartrage, suivie de quelques implants calcaires pour y boucher les trous. Moi qui me suis fait retiré des dents de sagesse le mois dernier, je ressens une certaine empathie pour ce mur et, puisque les murs ont des oreilles, j'y glisse un petit mot d'excuse. C'est bien la première fois que je suis content de parler à un mur.

Rénovation du bassin au moulin - Photo par Kevin Simon 

TIMOTHÉE : En parallèle, un autre chantier s'organise pour niveler une terrasse – appelée "faysse" en cévenole – en réhaussant un autre mur en pierre-sèches. Une vraie partie de Tetris ! Pour ce faire, nous réemployons les pierres et la terre ayant servi à la construction de la gourgue il y a des siècles de cela. Rien ne se perd, tout se transforme. La beauté des constructions naturelles réside dans leur symbiose avec l'environnement dans lequel elles s'ancrent, un jour d'abord, puis pour toujours, grâce à la longévité des matériaux locaux (ré)utilisés et la manière dont ils ont été agencés pour faire corps avec le décor. De plus en plus sensible aux constructions traditionnelles et vernaculaires, chaque pierre que je pose sur cette faysse est une pierre que je jette au sacro-saint parpaing, standard de tous les standards, symbole à mes yeux d'une société bâtisseuse fondée sur la rentabilité au mépris de la durabilité et qui, paradoxalement, est vouée à s'effondrer. D'une pierre deux coups. Ça en fait des pierres dans cette affaire. Pierre ? Présent !

Enfin, je m'attaque de front à un énorme buisson de ronces au beau milieu du potager, peu commode pour cultiver. Un travail de longue haleine qui m'aura valu une balafre sur la lèvre et un œil de pirate pour mon compère Nicolas, mais une vraie épine (juste une ?) retirée des pieds de Catherine et Jean-Michel. Enfin tout dépend de quel point de vue on se place. Dans le monde de Jean-Michel, je cite : "mais non Catherine, on n'a jamais fait mieux que les ronces pour ameublir le sol grâce à leurs puissantes racines. Il faut les retirer et ton sol devient mou comme du beurre de baratte !" Dans le monde de Catherine, je cite : "enfin Jean-Michel, il faut les laisser se décomposer dans le sol car elles nourrissent la vie souterraine." Je me remémore mes cours de master en Agroécologie sur la physique, la biologie et la chimie des sols et, tout compte fait, je me dis que les deux réalités sont vraies. Derrière leur querelle amoureuse, ces deux âmes sœurs se rejoignent en une même réalité, celle d'un amour mûr qui dure malgré les temps durs.

Construction du mur en pierres-sèches au pied de la cabane de Catherine - Photo par Kevin Simon 

TIMOTHÉE : Je voudrais à présent vous partager mon ressenti quant à ces deux figures marquantes de notre passage au Moulin. A peine ai-je croisé le regard de Catherine que j'ai perçu la flamme de vie qui rayonne depuis le fond de sa rétine. Du haut de ses soixante-dix ans, Catherine est époustouflante dans chaque situation, chantant un instant des comptines enfantines de sa toute petite voix angélique, fendant tantôt des bûches à la hache au beau milieu du foyer, avec plus de vigueur qu'un bucheron canadien. Véritable alliée du vivant, elle panifie au levain naturel des pains, tourtes et brioches pour régaler la fourmilière quand vient l'heure du goûter. Elle boycott Internet et privilégie les relations épistolaires. A maintes reprises, je suis resté scotché devant son sens de l'auto-dérision et sa bienveillance face aux expressions parfois déplacées de Jean-Michel. Il faut pourtant dire que ce dernier est bluffant par son sens de l'humour et sa rhétorique imparable. Lorsqu'une remarque "borderline" lui échappe, il trouve toujours la tournure de phrase idoine pour retomber sur ses pattes, avec une ironie et un humour d'une infinie délicatesse. Ancien professeur de philosophie, Jean-Michel incarne de toute sa personne la culture paysanne et la magnifie de sa finesse d'esprit. Sa voix de ténor gronde au diapason de sa guitare lorsque, le soir, il met à l'honneur Brassens et Nougaro, des figures musicales que nous chérissons tous les deux.

Pourtant, un profond sentiment d'injustice l'habite, un sentiment mué en une tristesse enfouie, quelque part dans les méandres de son cœur, et qu'il a jugé bon d'exhumer à mes côtés. A travers un témoignage poignant qui m'a véritablement fendu le cœur en même temps qu'il a nourrit ma conscience, Jean-Michel m'a exprimé toute la peine et la souffrance du monde paysan. Il dénonce amèrement l'inconsidération de la société moderne pour la société paysanne, et fustige la réappropriation lexico-culturelle d'une paysannerie mourante par une haute sphère politique, laquelle se contente d'un ménage de surface dans une maison aux fondations branlantes. Les paysan∙nes ne sont pas des "exploitant∙es agricoles", mais au contraire les exploité∙es d'un système qui dévitalise les tissus sociaux dans les campagnes, nourrit des injustices et pérennise des inégalités sociétales. Jean-Michel cède, de sa voix éreintée : "Je n'en peux plus. Il faut qu'on se la ferme pour se faire entendre." Je ressens une empathie singulière pour sa cause qui est aussi la mienne, à la différence que lui la vit de l'intérieur, tandis que moi, je la constate et m'y confronte seulement... pour le moment. Mais plutôt que de baisser les bras, Jean-Michel s'investit corps et âme dans le réseau Nature & Progrès de Lozère, pour préserver le lien paysan et la culture qui l'accompagne.

Dans quelques semaines, il partira avec son âne Tito sur les chemins de France, tel un "pèlerin co(s)mique", pour faire résonner la voix pays-âne et animer des réflexions autour de thématiques qui lui sont chères comme l'alimentation, l'énergie, le foncier etc. Nous nous serrons dans les bras, le cœur lourd mais chargé d'espoir, avec l'envie partagée de faire un bout de route ensemble et de jumeler nos voix dans cette lutte commune.

L'heure tourne, et nous sommes attendu∙es le lendemain au Hameau des Buis, en Ardèche… affaire à suivre !

( Retrouvez les Chroniques du Permacooltour, mises en mots et en images par Timothée Vernier sur Polarsteps : https://www.polarsteps.com/TimotheeVernier/3895919-le-permacooltour )

 Catherine et Jean-Michel - Photo par Kevin Simon

KEVIN : Cela fait des mois que j'ai posé cette intention, un jour j'appendrai l'accordéon ! 🪗 Banco, Catherine me transporte avec son diatonique et nous nous accordons sur un air valsé. Un premier cours et l'air me reste en tête, j'hésite... Suis-je prêt à embarquer un accordéon sur mon vélo en plus de mes sacoches et de mon sac de matériel photo - vidéo ? J'en ai bien l'impression... 🌱

Lettres gravées dans le livre d'or du Moulin, par Timothée :


"Chère Catherine, cher Jean-Michel,


Merci du fond du cœur pour ces quelques jours de chantier improvisés, ces repas partagés et ces veillées endiablées. Le Moulin s'est présenté sur la route du Permacooltour comme une auberge espagnole sur le chemin de Compostelle : à point nommé. Je suis époustouflé par l'authenticité de vos âmes paysannes qui s'expriment dans chacun de vos gestes, vos paroles et vos manières d'être vivant∙es. Vous êtes à mes yeux l'égérie du monde paysan tel que j'aime l'imaginer et à l'image de celui que je souhaite voir perdurer et auquel je souhaite me connecter. Merci Catherine pour le don de ton temps, de ta passion et de ta personne ; au-delà de tout, merci pour la douceur de ton caractère. Merci Jean-Michel pour tes notes de joie et le ton de ta voix, tes récits d'histoire et le partage de tes savoirs, pour les vibrations de ton être qui résonnent au fond de moi comme les mots de Nougaro chantant l'envol de Papa.


Un jour, nous nous reverrons, et ensemble nous rêverons."

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Retrouvez plus de photos par Kevin sur Instagram ! Insta : sik_lepermacooltour

Prochaine étape chez Anne-Sophie au nord des Cévennes, où nous prolongeons notre apprentissage dans la construction d'un mur en pierres-sèches. À suivre...

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 L'hiver au nord des Cévennes - Photo par Kevin Simon
2
fév

Du 02 au 8 février

1870 km

Top départ, les genoux quelque peu rouillés après 3 mois sédentaires... mais l'excitation d'un nouvel élan est à son paroxysme ! 

TIMOTHÉE : De l'eau a coulé sous les ponts d'Avignon depuis qu'on y danse tous en rond, mais surtout depuis le confinement au grand air de l'Aérium. Après un mois de fêtes et, de fait, un repos bien mérité, j'ai senti comme une nostalgie du confinement...vous y croyez ça ? Comme si le confort de ma maison natale confortait l'idée d'en sortir, de retourner sur mon vélo pour ne pas perdre les pédales. L'appel de l'aventure commence par un chuchotement dans le creux de l'oreille, puis son écho vous suit partout où vos pieds vous mènent, où vos yeux se posent et se reposent, entre songes divers et rêveries d'hiver. L'écho des montagnes cévenoles a résonné en moi, et me voilà de retour à l’Aérium, où je retrouve une famille nombreuse et chaleureuse. Quelques jours passent, puis une semaine, puis....non ! J'ai les mollets qui me démangent et des fourmis dans les hanches, l'envie d'enfourcher la selle de l'Attrape-Rêves et d'honorer son nom. En route !

Le Permacooltour envoie ses trois éclaireurs Kevin, Gabrielle et Timothée à la découverte d'une mystérieuse cabane, dont la légende la situerait au cœur des forêts cévénoles.

KEVIN : Nous reprenons la route avec le cœur serré de quitter cette belle famille d'Aéré·es. Une nouvelle fois, le vélo me rappelle pourquoi je suis parti il y a 8 mois maintenant. À quiconque hésite encore à prendre son vélo pour partir à l'aventure, ce n'est pas une apologie du sport que je vous ferai mais bien une ode à sa lenteur.

Prendre son temps, voyager en portant la totalité de ses affaires et revivre les saisonnalités. Une façon unique de se connecter au vivant. Cette façon de voyager me permet de poser un regard sur le paysage qui m'entoure. Voir la montagne et me plonger dans la foret en écoutant la nature siffler m'accompagne. L'envie profonde d'enforestement me vient. Un rayon de soleil, puis deux, les arbres se dévoilent et un paysage nouveau s'ouvre à moi...

C'est au coeur de la foret cévenole que nous nous rendons. Il y a 6 mois, en rencontrant Yogan Brendel Samson grâce à son ouvrage "Cabanophiles" et en parcourant les nombreuses pages répertoriant des cabanes à travers le monde, je découvre celle de Micka, un inventeur et artiste de génie passionné par la construction excluant vis et clous de ses créations. Un pont suspendu au dessus d'une rivière et nous arrivons dans son village de cabanes.

Le col du pas, 833m d'altitude.

TIMOTHÉE : Cette légende, j'en ai pris connaissance à la lecture du livre sans nom de Mickaël Raimbault - dit Micka -, un roman-photo-illustré plus féerique que Shrek, et aussi farfelues que les inventions de son auteur, dont certains verraient en lui la réincarnation de Léonard de Vinci (à juste titre, mais garde la pêche quand même). Ainsi donc mais nonobstant toute chose égale par ailleurs, nous quittons l'Aérium sous une pluie de fleurs cueillies dans les poubelles du supermarché, fournisseur officiel du Permacooltour. Quel plaisir de pédaler le nez au vent et le vent dans le dos (c'est possible ça ?). Quelques cols cévenoles passés haut la main mais avec les pieds, ma première position devant le peloton me vaudra le label Phasme & Furious, un autocollant de petit phasme que j'arbore fièrement sur le jeune cadre dynamique de mon vélo. Satisfait.es mais lessivé.es, nous arrivons à la nuit tombée et, bien vite, tombons de sommeil à notre tour.

Les cabanes 

TIMOTHÉE : Au réveil, oh merveille ! Nos âmes d'enfants se réveillent à leur tour lorsque nous découvrons avec fascination la cabane de Micka. Une plongée dans l'univers de Peter Pan ! Construite avec le génie de Léonard et le soutien financier de Vinci (hein ?), la cabane de Micka est un cabinet de curiosité d'une époustouflante authenticité. Pas un clou, pas une vis, pas un moteur n'ont été utilisés pour la mettre sur pied. Ici, tout est fait à base de matériaux naturels environnants, de récup' et d'huile de coude. Les chênes verts transpercent la cabane et la recouvrent de leur canopée. L'ossature, la charpente, les escaliers, tout est assemblé grâce à des chevilles de bois et aux centaines de petites mains qui se sont attelées, des années durant, pour confectionner ce nid de paradis. Les matériaux de construction naturels, comme les bois de châtaigniers et la terre argileuse, ont été transportés sur une tyrolienne de 110m depuis le versant opposé, par-dessus la vallée. Bâtir ensemble, sans autre moteur que le corps et l'esprit, dans le silence profond de la forêt, au rythme des saisons et de ce qu'elles offrent comme ressources pour ériger une maison vivante et respirante. Voilà de quoi inspirer nos âmes vagabondes, désireuses de s'élever loin du sol tout en gardant les pieds sur Terre et les mains dans cette dernière. Dix-huit années ont passées, et la cabane tient toujours debout.

TIMOTHÉE : Depuis trois ans, ce n'est plus Micka qui y réside, mais son ami Marco qui sera notre hôte pour la semaine. Pourtant loin d'être un ermite, Marco vit ici sa meilleure vie, solitaire au milieu d'une foule sauvage. Son mode de vie au rythme des saisons nous inspire profondément. Ici, on se nourrit principalement des légumes et herbes du jardin. Mais cet hiver, les récoltes sont maigres. Les températures anormales, les torrents de pluie spontanés, l'horloge biologique détraquée des animaux et des insectes... rien n'échappe aux sens aiguisés de Marco qui voit bien son environnement évoluer vers toujours plus d'instabilité. Pas besoin de rappeler pourquoi. Pour un minimum de résilience énergétique, un petit panneau solaire alimente directement et seulement deux petites lampes et une sono, afin d'écouter au hasard les albums pêchés dans la déchetterie du coin, où Marco et ses amis ont récemment monté une recyclerie. Pas de prise électrique pour charger les téléphones, pourtant le courant passe bien et on recharge nos batteries.

Lorsque la rivière ne défoule pas ses crues, on y puise l'eau pure que l'on remonte dans des seaux jusqu'à la cabane. Une ascension chargée qui invite à repenser sa consommation d'eau ! On ne se lave pas beaucoup, soit, mais après tout la nature n'est pas sale et puis, ici, il n'y a qu'elle. De temps en temps quand même, on se lave au bain-marie. Au bain-marie ?? Ben oui, on fait un feu sous la baignoire et on se cuit à petit feu, quelques oignons, des carottes, un peu de ciboulette et vous avez une délicieuse soupe à l'homme pour le dîner. Mmmh Babayaga.

GABRIELLE : Nous étions arrivés en pensant rester deux jours et, le courant étant bien passé avec Marco, lui aussi grand voyageur à vélo, nous lui proposons de rester quatre jours de plus, ce qu'il accueille avec grand enthousiasme. Nous sommes arrivés à quatre (avec Nolwenn, une amie du Permacooltour) et il nous dit qu'il est tout de même gêné car ses réserves partent vite, que c'est déjà un peu juste pour lui cet hiver mais qu'il va essayer de sortir ce qu'il peut. La vie de Marco dans la cabane est sobre et frugale. Il optimise ce que son environnement et son jardin lui procurent en récoltant, séchant, préservant fruits, champignons, herbes et légumes lorsqu'ils sont en abondance pour s'alimenter l'hiver.

Comme nous n'avions pas prévu de rester aussi longtemps, nous n'avons pas pris le temps de clarifier avec Marco un équilibre entre son accueil et notre contribution sur le lieu. Au bout de quelques jours je ressens moi aussi une gêne, je sens bien que nous faisons peu de travail par rapport à ce que Marco nous fournit pour nous nourrir. J'essaye de demander tant que possible à Marco si je peux participer à des travaux mais celui-ci nous en propose peu. J'avais assumé être dans une sorte d'accord Wwoofing, je me sens donc confuse et un peu démunie face à la situation. On en parle avec Kevin, Timothée et Nolwenn et ils partagent un ressenti similaire. On décide d'en parler à Marco. Il nous dit qu'en été il accueille bien des volontaires sur le mode du Wwoofing, mais qu'au milieu de l'hiver il n'a pas tant de travaux à nous proposer. On décide alors d'aller récupérer des invendus dans les commerces du coin, et d'acheter de la nourriture pour compléter si besoin. Cependant plusieurs jours se sont déjà écoulés et on a déjà bien utilisé les réserves de Marco, et les légumes de son jardin, ça ne se remplace pas ! Le fait d'arriver en groupe chez une personne seule, avec notre propre dynamique et habitudes a aussi été déstabilisant pour Marco qui s'est retrouvé hors de son rythme, d'autant plus que nous vivions à cinq dans un petit espace.

Leçon de l'histoire: C'est important de clarifier avec nos hôtes les conditions de notre accueil avant d'arriver, ou au moins en arrivant, d'être attentif à leur rythme, leur espace et la dynamique que l'on apporte. Tout cela se fait en ayant des discussions honnêtes et claires avec nos hôtes.

TIMOTHÉE : Quand vient le soir, les veillées referment doucement les rideaux du crépuscule sous le ronronnement du chat Tchikilikouli, sous les rires des jeux de cartes et de plateau, au son des cordes brésiliennes de Marco, la danse des lettres de Giono...

La semaine se clôture admirablement par une virée au marché dominical du village... et quel village ! S'il compte seulement 300 habitant.es à l'année, ces dernier.es regorgent d'énergie et rayonnent de leur bonne humeur. D'ailleurs, bien nombreux sont celles et ceux qui parcourent des kilomètres pour se rendre à ce marché bien fameux des Cévennes. Nous aussi nous en avons fait des kilomètres pour venir jusqu'ici, 1870km pour être précis. Nous laissons derrière nous une empreinte de pas-sage, en accrochant au pont une affiche de notre création : "Seuls les poissons morts vont dans le sens du courant". Signé : la Horde du Contre-Courant, aka le Permacooltour.

Le marché touche à sa fin. Tous les chalands se meuvent en spectateur.ices d'un théâtre de rue captivant. Mieux vaut deux fois qu'une, et les comédiennes de nous inviter à une autre pièce de théâtre, chez un particulier, au bout de la rue. Nous sommes de parfait.es inconnu.es et pourtant VIP.

Ce sentiment me rappelle l'hymne à la vie rurale de Giono dans son livre "Regain", lu cet automne à l'Aérium. Le cœur léger, nous nous laissons porter par le flot de la vie et son lot de contre-courants. Improviser, préserver de l'espace pour l'inattendu, pour les mains tendues, comme celle de Lina qui nous invite au chantier du Moulin dès demain. Banco, ça nous branche, on modifie notre programme du jour au lendemain, et c'est parti.

Mais avant de reprendre la route à bicyclette, je propose un énième atelier "attrapes-rêves en roue de vélo", un cadeau pour Marco à notre image.

Ciao Marco, hasta luego !

[ Retrouvez le carnet de voyage de Timothée sur Polarsteps : https://www.polarsteps.com/TimotheeVernier]

Les poissons remontent le courant, pris dans les mailles du vivant.

Kevin : Partager un bain chaud au bord de la rivière sous les étoiles hivernales.

Timothée : Marco qui joue inlassablement "Chega de Saudade", à la Joao Gilberto.

"La dictature, c'est ferme ta gueule ; la démocratie c'est cause toujours." Coluche


"Si tu veux avoir de vrais amis, commence par en être un."

Le concert militant de Marco, sous nos yeux écarquillés et nos oreilles amusées.

 Marco nous a chanté une rigolote et pertinente 'Les Gentils, Les Méchants'", version Gilets Jaunes
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Nous sommes actuellement au Hameau des Buis en Ardèche. Pour savoir où se trouve ce paradis, rendez-vous sur notre carte de France !

Pour soutenir l'aventure et financer la plantation d'arbres par nos soins, vous pouvez faire un don sur Tipeee. Merci !

Instagram : pour plus de photos de Kevin

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Soyons heureux, et vive l'aventur'euh !

1
janv
Dernier chant en hommage à ce blog… Adieu My Atlas !

Adieu MyAtlas !

Suite à cette année désastreuse en matière de voyage, l'aventure MyAtlas se termine.

Sommes-nous les dernier·e·s aventurier·e·s au monde ? MyAtlas en liquidation judiciaire, nous avons quelques jours pour sauvegarder notre voyage avant que le site ne disparaisse…C'est ce que nous pensions apprendre avant de recevoir un nouvel email de MyAtlas nous disant qu'un généreux voyageur-blogueur a décidé de soutenir le site. 😁

Après cette crainte de voir MyAtlas s'arrêter, nous tentons maintes tentatives pour vous partager notre nouvel article (Vivre confiné·e·s, sans argent dans les Cévennes?), nous rédigeons nos nouvelles et… Echec.

Nous re-rédigeons notre article. Echec.

Nous re-re-rédigeons…Echec !

Le site devenu trop instable, nous quittons donc MyAtlas définitivement pour le lancement d'un nouveau blog !

https://www.blog-trotting.fr/voyage/france/19097-vivre-confine-e-s-sans-argent-dans-les-cevennes


Vous pouvez vous abonner à ce nouveau blog pour continuer à suivre notre aventure. Vous retrouverez toutes nos étapes sur ce nouveau blog, ainsi qu'une carte interactive qui suit toute notre progression.Un bien pour un mal ! Plus de clarté sur ce nouveau blog, naviguez d'étape en étape facilement. Cliquez-ici pour vous abonner !

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Soyons heureux·ses,

et vive l'aventur'euh !

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24
oct

Du 24 octobre au 2 novembre

1705 Km

Perm'ACTE au Cap de la terre

Timothée : Cap sur le Cap de la Terre ! Suite à notre retraite spirutuelle à la ferme de la Roquette, nous retrouvons des membres de l'association Humus Pays d'Oc au jardin Cap de la Terre pour le weekend, plongés dans un magnifique décor ripisylve. Une réunion joyeuse en guise de lot de consolation du fait de l'annulation covidée du Perm'Acte, une semaine d'échanges permacoles à laquelle nous étions invités pour transmettre les fruits de notre voyage, et pour nourrir cette dernière d'ateliers, réflexions et autres enseignements en retour. A peine Kevin, Alexis et moi-même avons déposé nos vélos que Kamil déboule en créneau drifté (à l'oreille ça fait "sküüürt"), accompagné de Justine aka. Juju en vadrouille. Comme nous, Justine voyage (presque) sans argent, le pouce en l'air, suivant son flair, saisissant les mains tendues sur son chemin qui l'embarquent dans le quotidien de nombreux paysan·ne·s, artisan.ne·s et écolieux dont...le Jardin Respectueux ! Y'a comme un air de déjà-vu, ce passage rituelique à Cognac avant de rejoindre le Permacooltour.

Au Cap de la Terre, j'ai joué à cap ou pas cap d'attraper un canard coureur indien, vous savez ces drôles de coin-coin dont Dieu, Darwin ou Bouddha aurait confisqué les bras ? Résultat des courses, j'étais pas cap... Fiesta en cuisine et chants endiablés autour du feu, grimpette et méditation auprès de mon arbre je vivais heureux, bref un weekend ressourçant avant l'allocution du Président.

Arrivée ding-dong pouêt-pouêt à vélo, exploration sylvestre, golf improvisé et chasse aux canards

Kevin : Quel plaisir de revenir sur cette terre foulée deux ans plus tôt. Le jardin a bien changé et les arbres sont toujours là, bien qu'ils aient grandit. Il y a deux ans, je suis venu ici pour un petit festival nommé le Hutte'Hopi organisé par l'association Goutte De Plus dans l'idée de tester une vie collective entre copains sur une semaine.

Voici la vidéo que j'avais réalisée pour eux à l'époque. Elle vous donnera un aperçu de l'ambiance toujours aussi sauvage et ressourçante qui résonne sur place… Aujourd'hui ce festival est devenu itinérant, à la place devait se passer le Perm'acte… Un festival où se réunit des intervenants de la permaculture pour lequel nous devions nous rendre et proposer notre cercle des possibles et la projection de Que notre joie demeure - le film.

Une mini Rencontre Nationale de la Permaculture qui s'est voulue reportée car "Covid oblige", ce sera pour l'année prochaine ! Si tout va bien…

 Le Hutte'Hopi Festival, une terre foulée il y a deux ans déjà.

Alexis : sur la route, nous avons eu la chance de cueillir des bombes d'énergies !

Nouvelle énigme "arbre" : qu'est-ce qui est en même temps un arbre et en même temps un soldat qui crie "ça va péter !" ? 😀


Je partage une astuce sur comment récolter les graines savoureuses de ce fruit à ceux qui trouve la réponse 😉

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Le projet d'oasis Nature Connaissance à Usclas-le-Bosc

Timothée : Le lundi au soleil, nous reprenons la route et sommes hébergés pour la semaine par Anne-Catherine, Jean-Denis et leurs trois filles rayonnantes Chloé, Manon et la petite Anaïs, une vraie Castafiore quand elle s'y met. Candidature à un appel à projet, baby-sitting, cuisine-récup', débroussaillage 50m autour de la yourte en prévention incendies, nous apprenons tous·tes à nous connaître sans chômer.

La famille Docquier construit pas à pas son oasis sur sept hectares de côteaux boisés, ouverte et désireuse d'intégrer de nouveaux foyers pour diversifier les activités sur le lieu : gîte d'accueil, maraîchage, transformation et formation tout court... Alors que la maison est en chantier, la famille a même pu héberger un Cours Certifié en Permaculture (CCP) organisé par Humus Pays d'Oc. Si vous souhaitez vous aussi designer votre lieu en permaculture, vous pouvez contacter l'Université Populaire de Permaculture (l'UPP) pour organiser un CCP, et ainsi offrir votre lieu comme cas pratique pour les étudiants qui, en retour, vous apporteront leurs idées et un regard neuf sur votre projet.

Le Permacoolcrew et ses hôtes d'exception 

L'ambition du couple est grande, la vie de famille est intense comme le sont les pleurs, les rires et les colères des enfants, et nous découvrons in-situ ce qu'implique la construction d'un éco-lieu en parallèle de l'éducation d'enfants...c'est du boulot ! mais n'est-ce pas là un terrain de jeu particulièrement fertile pour éduquer ses enfants à une vie autonome ? Et qui dit autonome dit du temps libéré pour les parents au fur et à mesure que les enfants grandissent...un pari sur l'avenir !

Alexis : Chez JD et Anne-Cat, il y a un fruit en abondance : l'arbouse ! Ce petit fruit à l'apparence semblable au litchi est délicieux tout cru comme en confiture ou même en pâte (façon Anne-Cat), une fois déshydraté.

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Formation itinérante "Régénérer les espaces désertifiés"

Timothée : En parallèle de notre petite vie de famille dans l'oasis Naturéconnaissance, nous avons suivi une formation proposée par Humus Pays d'Oc et dispensée par l'illustre Hervé Covès, conteur et historien du vivant, et Pierre-Yves Petit, formateur certifié de permaculture qui fût d'ailleurs mon professeur de CCP en 2018. Fascinants personnages que sont ces deux bonshommes. La formation intitulée "Régénérer les espaces désertifiés" consistait en un transect écologique, soit une méthode agroécologique qui consiste à déterminer à travers un paysage - le long d'une coupe plus ou moins linéaire - le fonctionnement et l'histoire d'écosystèmes variés. Ce fût pour nous une immersion poétique et exaltante dans les écosystèmes arides du Mont Aigoual et du Cirque de Navacelle, là où lichens et calcaire forment ensemble le palimpseste originel de toute vie sur Terre.

Un regard posé sur la formation itinérante "Régénérer les espaces désertifiés"

Tiens tiens justement, ça vous dirait de découvrir vous aussi un des processus de création d'un écosystème ? Allez Jamie raconte nous ! D'accord Fred, tout d'abord il faut savoir que le lichen est le fruit d'une symbiose entre une algue et un champignon microscopique. Ensemble, ils constituent le seul micro-organisme suffisamment petit pour se lover dans les infimes porosités de la roche-mère, afin d'en extraire les minéraux nécessaires à sa croissance. Ainsi, à l'ère de la pédogénèse - c'est-à-dire la formation des premiers sols sur Terre il y a plusieurs milliards d'années - le lichen était le premier facteur biologique d'érosion de la roche-mère, en plus des facteurs physiques comme la pluie, le soleil, le vent etc. Cette érosion jumelée à la décomposition du lichen a engendré le premier complexe argilo-humique (argile + humus), ouvrant ainsi la voie à une végétation d'abord balbutiante, aujourd'hui luxuriante (quoique mise en péril par l'anthropocène...). D'où l'expression du "palimpseste originel de toute vie sur Terre" : en effet nous avons nous-même été illusionné·e·s par des roches que nous croyons blanches, alors qu'il s'agissait en réalité d'une couche de lichen accrochée au calcaire !

Hervé Covès et sa sagesse enfantine. 

Kevin : Pour ma part, l'idée de voyager sans argent me demande de réfléchir à des solutions créatives pour participer à de telle activité. Voici donc une réalisation vidéo que j'ai pu faire cette semaine pour vous présenter la formation, qui sait ? Peut-être que cela vous donnera l'envie de participer à la prochaine ? Bon visionnage ! 😉

"PermaTransect" - Formation itinérante avec Hervé Coves et Pierre-Yves Petit 

"La vie est belle !" disait Hervé Covès

"La roche est solide à l'échelle humaine, mais elle est fluide à l'échelle géologique", disait encore Hervé, comme une distorsion de l'espace-temps (un peu Einstein sur les bords cet Hervé).

"Plus nous apprenons à connaître la Nature, plus elle nous dévoile notre vraie nature." disait Timothée

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 L'équipe s'est bien agrandît 😀 Pas sages (passage) à Lerab Ling, Temple Bouddhiste à Roqueredonde !

Kevin : Revivre les saisonnalités. Voyager à vélo, vivre dehors la plupart du temps, poser un regard sur la nature me fait re-découvrir l'environnement dans lequel je me déplace, dans lequel je respire. Je me rends compte au fur et à mesure que l'aventure suit son cours que la nature change beaucoup plus vite que je ne pouvais l'imaginer autrefois. Pensant être assez sensible à mon environnement de par ma jeunesse et ma sensibilité, je me rends compte que je le découvre tout juste. Voir les feuilles rougir, jaunir puis tomber. Voir les paysages se transformer et le temps se rafraîchir. Poser un regard le temps d'une photo. Alors que tout change, tout bouge dans le cycle perpétuel de la vie et du temps, des émotions, des rêves, des envies me traversent. Le rythme de la nature agit comme un miroir sur moi-même.

L’Automne : Une boucle qui se rattache au cycle précédent. C'est l’achèvement et le début de la vie, le détachement. Comme les feuilles d'un arbre, nous rendons à la terre l'énergie ce qu'elle nous a confiée. C'est une saison où nous pouvons prendre du recul sur l'accomplissement de l'année. Il y a un an, avec Alexis, nous rêvions à Angoulême en posant les premières lignes du Permacooltour. Aujourd'hui, nous nous confinons à six dans les montagnes Cévenoles entourées d'un paysage rêveur et d'une nature sauvage. Au coeur de cette nature, nous vivons. Connectés à notre propre nature profonde, nous nous inscrivons dans une histoire qui nous liera à jamais à cette terre, un récit puissant et collectif qui n'en est qu'à son commencement...

 Paysage de la Borie Noble, lieu secret du RainBow Healing
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Actuellement : nous sommes heureux·se d'être arrivé·es ici, à L'Aerium. Ce collectif a une vision qui nous touche depuis déjà quelques temps sur leurs réflexions du vivre ensemble. Pendant un mois, nous allons être en immersion dans cette communauté de 35 résidents basée sur la "gouvernance organique", une gouvernance horizontale et efficace. Une belle source d'inspiration pour la suite de l'aventure Permacooltour, qui depuis quelques temps s'est tournée vers une dimension collective en devenant le Perma·cool·crew, alias : La horde du contre-courant.

Merci l'Aerium pour votre accueil, merci à vous pour vos soutiens et merci à la vie pour tous ces cadeaux qu'elle nous offre !

La vie est belle, nous continuons à la dévorer.


Vous pouvez soutenir l'aventure sur Tipeee - Le Permacooltour

Merci pour votre lecture.

Soyons heureux et vive l'aventur'euh !

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15
oct

Du 15 au 23 octobre

1625 km

Kevin: Nous sommes à la ferme de la Roquette. Vous connaissez ?

Gilles Planchon est un des pionniers de la spiruline en France. Son rapport à la permaculture et à la spiritualité avec sa production nous touche.

La micro algue spiruline est un être vivant des plus anciens de la planète. Apparue il y a environ 3,5 milliards d’années, cette cyanobactérie fait partie des premiers organismes qui ont contribué à l’expansion de la vie sur Terre grâce à leur production d’oxygène par photosynthèse. Grâce à sa capacité d’adaptation et ses défenses immunitaires exceptionnelles, ce très lointain ancêtre a su traverser tous les changements climatiques jusqu’à nos jours.

Voilà pour le tableau…

Après avoir côtoyé et étudié au près de Ripley Fox, Gilles Planchon a participé pendant vingt ans au développement de cultures de spiruline artisanales et domestiques dans 16 pays sur 4 continents, accumulant et partageant son expertise sur le terrain. Ceci l’a conduit à co-écrire un manuel de culture en 2003 : « La Spiruline pour Tous, Culture Familiale », manuel de référence qui en est à sa septième édition ! Gilles a initié et co-organisé la première rencontre panafricaine des producteurs de spiruline au Niger en 2006. Il a donné de nombreuses formations dans des universités d’Amérique du Sud (Brésil, Pérou, Bolivie), et poursuit aujourd’hui l’enseignement en formant des professionnels en France (professeurs de lycées agricoles, cultivateurs de spiruline). Il organise régulièrement des stages en culture familiale de spiruline, dont il est spécialiste.

Ultra-riche en fer, en protéines et en antioxydants, la spiruline se consomme notamment pour soigner l'hypothyroïdie et d'autres maux sévères. Et si cette algue a su traverser autant d'ères sur notre planète, c'est tout simplement grâce à sa structure en spirale qui lui permet de se cacher oklm à plusieurs mètres de profondeur dans l'argile.

Dans une société où la composition des aliments est de plus en plus pauvre et incertaine, où nos défenses immunitaires doivent être renforcées pour faire face aux agressions extérieures, et où toujours plus de performances nous sont demandées, la spiruline est une solution efficace et accessible à tous.

Plongeons-nous au coeur du microscopique pour voir ce qu'il s'y passe… 

Si nous sommes ici, c'est pour découvrir cet aliment en profondeur. De plus, Gilles cultive cette algue en utilisant les éthiques et principes de la permaculture, comprendre le fonctionnement naturel d'un lac d'eau douce, puis lui offrir un bassin d'argile en deçà du niveau du sol, pour que la spiruline puisse s'y régénérer en paix. Elle ce maintien a une température optimale face au variation du climat, un bon système de culture pour lui offrir une capacité d'autonomie et de résilience.

Santé, bien-être, permaculture, autonomie alimentaire et une équipe d'enfer, toutes les conditions sont réunies pour passer une belle semaine dans cette ferme expérimentale.

La culture familiale de spiruline consiste en de petits volumes de production pour l’autonomie alimentaire et le plaisir de la consommer fraîche, vivante ! La taille de la production peut aller de la spiruline en aquarium au petit bassin de 5 à 20m² au fond de son jardin ou dans un coin de serre.

Retrouvez plus d'informations sur le site Internet de la ferme de la Roquette : https://spirulinasolutions.fr

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Voici une petite vidéo réalisé par le Low-tech Lab, il y a trois ans chez Gilles Planchon. Durant 5 jours, l’équipe a pu comprendre le fonctionnement de ce super-aliment, riche en protéines, vitamines et oligo-éléments, simple à produire. Cette vidéo revient sur la fabrication d’un bassin pour produire, en quantité suffisante, de la spiruline pour une famille de 4 à 5 personnes.

Vidéo par le Low-tech Lab 
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Kamil & Alexis: Nouvel arbre. Nouvelle découverte: le micocoulier.

"Aussi appelé arbre aux feuilles d'ortie, le micocoulier est encore utilisé de nos jours pour la fabrication des fouets et cravaches car son bois est facile à tresser.

Les fruits charnus appelés micocoules, quoique peu recherchés de nos jours, sont comestibles, même avec leur noyau assez croquant rempli de lipides. De couleur jaune ou bordeaux, ils ont un goût de pomme caramélisée."

Kevin: Nouvelle interview, nouveau podcast 😀

Gilles Planchon et la spiruline, un super aliment ? - Le Permacooltour Podcast #16

Pour écouter notre podcast avec Gilles, c'est ici ! 🎧

"Là où il y a l'amour, point besoin de loi." Citation offerte par Gilles (Sainte Thérèse de l'enfant Jésus)

( C'est bon la spiruline ! ) 

Photo de départ, comme vous le voyez le Permacool'crew s'agrandit avec l'arrivée de Lisa & Timothée.

Bienvenu à eux , nouvelles recrues (parfois un peu encombrantes...) du Permacooltour qui rejoignent l'aventure ! 😀

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Timothée : Je profite d'une relecture pour encombrer un peu plus cet article de ma plume gorgée d'encre, elle qui me supplie de crisser sur le papier. Faute de papier, c'est sur le clavier que je vous adresse mes premières lettres en tant que petit nouveau de ce grand voyage. J'ai rejoint le Permacoolcrew il y a maintenant dix jours, et j'éprouve une immense gratitude pour la vie (et Facebook mais bon..) de m'avoir placé sur le chemin de cette bande de joyeux lurons. Effectivement, tout a commencé par une publication suivie d'un zoom avec Alexis et Kamil pendant le confinement (l'autre), dont l'enthousiasme m'a tout de suite mis l'eau à la bouche. Mais cette même eau a coulé sous les ponts car j'ai dû hélas résister à l'appel du voyage afin de terminer mes études en agroécologie. Je me suis donc résigné à admirer de loin l'envol du Permacooltour, une larme à l'oeil, la voix qui tremble, un mouchoir blanc agité du bout des doigts.....allez allez, point trop n'en faut.

Quoiqu'il en soit, ce tour de France s'est véritablement inscrit dans un coin de ma tête, puisque je me suis moi-même inscrit dans son sillon en initiant l'été suivant mon propre Permacooltour solitaire : l'Odyssée d'un Avencurieux ! Cinquante jours et nuits à sillonner les routes de France et de Navarre au guidon de mon compagnon l'Attrape-Rêves, jonglant entre rêveries solitaires et chantiers au grand air. Cerise sur le gâteau, mes derniers kilomètres m'ont amené jusqu'au Jardin Respectueux où j'ai rencontré toute la famille d'Alexis...sauf Alexis. Chaque chose en son temps, et surtout dans le désordre ! Amateur-ices de récits d'aventure, je vous invite à explorer mon carnet de voyage Polarsteps pour colorer vos soirées confinées d'une lumière d'été. 🚴🏻‍♂️

Voilà voilà pour cet article introductif. Me voilà désormais au coeur de ma chimère, et tel un Pokémon j'ai évolué en Permacurieux ! Maintenant que j'ai vidé mon encrier, que j'ai apprivoisé ce nouveau carnet de voyage, et puisque tout a été dit plus haut sur notre retraite spirituelle, je vous dis ciao bonsoir et à très vite !

Force & honneur

Respect & robustesse

Alea jacta est

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Un endroit pour nous confiner ? 

Kevin: Après 6 mois de voyage, nous sommes comme vous tous de nouveau confiné.es. La route s'arrête donc brusquement pour nous.

Mais où aller ? Devons-nous arrêter l'aventure ou pouvons-nous transformer ce nouveau confinement en une belle opportunité ?

Le Permacooltour c'est quoi ? C'est 6 personnes qui souhaitent se former à la vie collective, à la gouvernance partagée, à la permaculture et à l'entraide. Depuis maintenant 6 mois, 1 600km ont été parcourus à travers la France, une trentaine de paradis ont été découverts, 16 podcasts enregistrés donnant la parole à des femmes et des hommes inspirant·es et engagé·es, deux épisodes de la série documentaire du Permacooltour ont été réalisés, des articles et des photographies vous ont été proposé·es avec beaucoup de joie et d'amour. Cette aventure nous porte dans des réflexions et des endroits que nous n'aurions jamais pu imaginer auparavant.

Vous l'avez donc sûrement compris, nous sommes actuellement à la recherche d'un éco-lieu, une oasis, un collectif prêt à nous accueillir pour passer ce mois de novembre dans la joie et le partage. Nos chemins nous ont portés jusqu'à la région de Montpellier, dans l'Héraut et nous sommes prêt·es à pédaler jusqu'aux Cévennes !

Déterminé·es à mettre la main à la patte et du coeur à l'ouvrage là où nous serons accueilli·es ! Être confiné·es ne nous arrêtera pas, cela nous renforcera !

Dans un mois, nous reprendrons la route du Permacooltour car nous ne sommes qu'au début de cette belle aventure.

N'hésitez pas à partager notre message et à nous envoyer des idées, des propositions ou un cap pour ce confinement. La vie est belle et rien n'arrive par hasard.

Ps : La petite Chloé sur la photo ne sera pas avec nous

Merci d'avance les perma'potes !

Soyons heureux, et vive l'aventur'euh !

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Instagram : sik_lepermacooltour

11
oct

Du 11 au 15 octobre

1540 km

Pascal Médard, alias l'indiana Jones du Minervois !

Il est prêt à vendre ou à transmettre un oasis, un havre de paix situé dans la commune de Félines-Minervois, Languedoc-Roussillon, France (34). Ça vous parle ? 😀

Pascal Médard s'occupe de la protection de la nature depuis plus de 30 ans et milite pour les minorités ethniques en Afrique. Biologiste/naturaliste, il est devenu expert en biodiversité circo-méditéranéenne et africaine. Il a aussi formé et ouvert la voie à plusieurs centaines de personnes à la sensibilisation et à la protection de la nature.

Prise de vue en compagnie de sa dernière stagiaire lors de la migration des oiseaux.

Mais c'est quoi la Fumade ?

Le domaine de La Fumade est un projet de re-naturation d'éco-système, qui s'effectue dans un vallon de 10 hectares isolé sur un causse de garrigue calcaire de plus de 2000 hectares, dans le but de préserver et dynamiser la faune et la flore.

Nous venons de passer une semaine avec Pascal Ménard. Il souhaite vendre et/ou transmettre son projet de vie à un collectif de belles âmes (idéal pour 3 à 5 foyers).

La Fumade, c'est (entre autres) :

- une maison de 100 m2 avec panneau solaire & eau chaude solaire, un gîte de 18 m2, une yourte de 32 m2, une bergerie (pour une future petite maison) de 32 m2, une ruine (pour une future petite maison) de 25 m2, 2 conteneurs de stockage (avec outillages) de 6 pouces

Mais aussi 30 arbres fruitiers (amandiers, oliviers, cerisiers, cognassiers...), des animaux (trois ânes, poules, coqs et pintades), des herbes aromatiques en abondance, une flore et une faune sauvage foisonnante (site classé Natura 2000). Toutes les terres sont vierges d'intrants chimiques depuis plus de 30 ans. L'eau de la ville traverse toutes les parcelles, ainsi que deux sources dont une pérenne.

L'estimation du domaine s'élève à 500 000 euros. Toute autre formule d'acquisition reste à étudier... La transmission est possible, il cherche les bonnes personnes. D'où le potentiel… Si vous êtes, comme lui, un passionné de nature, d'oiseaux, etc, vous pouvez bien vous entendre avec Pascal 😀

Pour avoir un aperçu en images de la personne et du terrain, nous vous recommandons la vidéo ci-jointe :

Une vidéo par Pierre Allaire 

Pourquoi vendre ?

Actuellement, Pascal entre dans une phase de restitution. Ainsi, il souhaite réduire son activité sur le terrain pour se concentrer sur l'écriture et la transmission de ses expériences et connaissances. C'est pourquoi il cherche à transmettre son terrain soit à un particulier, soit à un collectif correspondant à sa vision. Lui a envie de voyager, de refaire de l'affut photographique. Il propose de partir faire un stage avec lui… Une immersion en pleine nature pour photographier des animaux. L'envie ne manque pas, mais l'aventure continue ! Une autre fois Pascal.

La liberté a un coût ! 😉

"Putain de moineaux… Ils bouffent tout le grain des poules." P. Ménard


Trêve de plaisanterie, voici sa citation :

"Ne perds pas le chemin que chemine ton coeur sinon tu perdras le bonheur."

Si le projet vous intéresse, vous pouvez retrouver l'annonce sur la fabrique des colibris pour prendre contact directement avec Pascal.

Alexis: Ce que j'aime dans cette aventure, c'est le "flow" ! Par exemple, le lien qui se crée de manière très fluide entre les lieux. Je vous fais le topo: chez aunte Jessie and uncle Andy Darlington, nous découvrons une assiette remplie de petits fruits rouges. Ces fruits ressemblent aux cenelles (le fruit de l'aubépine) mais en plus gros et plus goûtus. Ils nous informent que c'est des Azèroles (Crataegus azarolus: un "cousin" de l'aubépine). Heureux d'apprendre un nouveau fruit sauvage, nous reprenons la route avec toujours plus de connaissance sur la Pacha Mama. Puis sur la route entre Carcassonne et la Fumade, bingo ! On les trouve à l'état sauvage et en abondance... La vie est bien faite.

Les Azéroles ou "pommettes" (dans l’argot du Sud), de la taille de petites pommes jaunes à rouges (2 à 4cm de diamètre), contenant deux à trois noyaux. A la fois juteuses et sucrées, à la saveur acidulée, elles ne sont pas sans rappeler la pomme, et sont très bonnes crues ou cuites en compote, confitures et gelées. Les azéroles sont très nutritives (100kcal/100g), elles contiennent des sucres, de la pectine, de la vitamine A et C ainsi que des antioxydants (flavonoïdes).

(Source: https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2249-azerolier.html)

• • •

Une partie de Carcassonne à Carcassonne?

Alexis : Avant de passer un moment avec Pascal Médard, petit passage obligé par Carcassonne ! Et là, j'ai un rêve à réaliser. Jouer à Carcassonne dans la ville de Carcassonne.

Ce rêve fut réalisé grâce à Didier. Ancien patron d'un bar "le 98", il se consacre actuellement à un projet de houblonnière pour brasser sa bière avec son propre houblon.

Perdre de 4 points seulement face au champion de Carcassonne… (Samaël: 5 ans) 😆

"Le jeu est la forme la plus élevée de la recherche" Albert Einstein

• • •

Actuellement, nous sommes chez Anne-Catherine & Jean-Denis qui ont un beau projet d'éco-hameau et qui font partie du réseau Humus Pays d'Oc.

Nous avons passé un chouette week-end avec les organisateurs du Perm'ACTE ! Merci les Perma'potes !

Prochain article : "la Roquette : le sanctuaire de la spiruline".

Merci pour votre lecture.

Soyons heureux et vive l'aventur'euh !

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Tipeee - Le Permacooltour

7
oct

Du 7 au 11 octobre

1429 km

Kevin : Nous rencontrons Louise au Mantra Fest le mois dernier lors de notre atelier, le cercle des possibles.

Sa présence me touche, assise dans ce cercle, c'est la première à prendre la parole. Tout de suite, la question du foncier fait place dans le débat. Comment acquérir une terre lorsque l'on est jeune et sans économie ? Ou moins jeune d'ailleurs ! Son expérience dans la création d'un village de yourte nous intrigue.

Une histoire à la fois belle et resplendissante de joie et d'humilité. C'est ce qui me fera rester une semaine de plus chez elle, en compagnie de Léna (à la prise de son) et de Nelly. Me séparant ainsi de l'équipe quelques jours, pour réaliser le portrait qui constituera le troisième épisode de la série documentaire du Permacooltour.

Je pars à la recherche d'un sujet essentiel dans la permaculture : la santé et le bien-être !

Pionnière, bâtisseuse de yourtes, passeuse d'un art de vivre, à l'initiative d'une vie collective en village de yourtes, autodidacte à l'écoute de ses besoins, fondée dans sa relation à la Mère Nature, marcheuse de beaux chemins. Regard poétique et geste graphique accompagnent ses voyages. Qi gong, méditation et massage participent à son cheminement.

Après vingt ans de vie passée en yourte, sa vision de cet habitat me donne finalement envie de construire la mienne aussi : 3 000€ pour une petite maison faite à la main, qui peut se déplacer où bon me semble ne laissant aucune trace une fois enlevée. En tant que nomade, l'idée me plaît beaucoup.

Louise a commencé grand. Sa première yourte faisait 9 mètres de diamètre, imaginez le chapiteau !

Puis l'inconcevable… Laissez-moi vous transmettre un poème de son livre Dans ma yourte, qui compte ses 13 ans d'expérience en village de yourtes dont elle était à l'initiative.

La danse des objets


Après l'incendie

Mon coeur brûlait

Mon corps se consumait

Toute la yourte et ses objets

Disparus en fumée

Durant mes nuits

Ils se présentaient

Un à un

Sous leur plus beau jour

Mûs par leur propre vie

Ils faisaient un petit tour

Et disparaissaient avec révérence

En signe d'adieu.

{…}

Derrière un grand vide noir dont je m'éloigne

Plus de nid douillet

Fu, le maître chat de la yourte et moi en errance

Dans la voiture qu'il me reste, où aller ?

Plus de direction, un grand point d'interrogation…

Cette semaine à ses côtés m'installe dans un monde où l'alimentation, la respiration, le silence, l'observation, la joie, le rire et la nature importent plus que tout. S'imaginer devoir tout reconstruire, du jour au lendemain, ce que l'on a mit des heures, des jours, des mois à concevoir, coudre et élever. Accueillir la vie comme elle se doit. Observer et décrypter les signes qu'elle peut nous envoyer, prendre d'autres chemins. Accepter, remercier.

Un nouveau cocon pour Louise, depuis 7ans maintenant. 

Une histoire comme la sienne (je vous conseille vivement de lire son livre), pose les bases d'une grande réflexion autour du bien-être intérieur. La santé en découle naturellement. Être bien à l'intérieur de nous-même, s'alimenter sainement et se trouver dans un environnement sain et naturel. Tout est présent ici pour réaliser le troisième épisode de la série documentaire.

La fleur de la permaculture par David Holmgren 

Je n'ai pas trop envie de vous en dire plus sur ce que nous avons pu faire ensemble cette semaine. Vous verrez le résultat en vidéo. L'épisode hivernera dans les disques durs en attendant d'être monté à mon retour du tour.

Je peux cependant vous donner une idée, avec deux images prises sur le vif par Nelly. 😉

Action ! 

À 70 ans, j'ai envie d'avoir ce sourire et ce regard sur ce monde.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet de la santé et de la régénération, je vous invite à découvrir le film Vivante (que nous avons eu la chance de voir en avant-avant première à l'éco-village de Pourgues) et qui parle notamment du travail de Wim Hof the Iceman, ainsi que tout ce que propose Thierry Casasnovassur la santé et le bien-être.

Merci Louise pour ton accueil, ton partage et ta bienveillance. Je suis impatient de me mettre au travail et de te dévoiler l'épisode une fois monté. On se dit donc à très vite. 😉

• • •

Découverte sauvage : Les baies de genévrier en café !


J'ai découvert cette recette dans le livre de Kim Pasche, Arts de vie sauvage : gestes premiers

Avoir un café le matin n'a jamais été aussi simple. Récolter les baies, le torréfier à la poêle et les moudre au moulin. C'est tout la différence avec la facilité, qui aurait été de l'acheter en supermarché, entrainant ainsi une traversée du globe et un sur-emballage pour remplir ma tasse le matin…

Le café de genévrier, merci Kim Pasche. 

Avant de conclure ! (Je vous ai préparé une petite vidéo pour une annonce poétique 😉 )

Vous l'avez compris, nous lançons un tipeee ! C'est quoi un tipeee ?


Nous faisons le maximum pour ne pas être dépendant de l'argent car nous visons la sobriété.

Cependant, nous sommes sur Tipeee pour pouvoir nous consacrer un maximum au partage de ces connaissances, inspirations, choix de vie par la réalisation de vidéos, de podcasts, de photos et d'articles de qualité !

L'argent récolté grâce à Tipeee nous permet de débloquer du temps pour cela, mais aussi de pouvoir contribuer dans les lieux où nous nous rendons toute l'année. Le surplus servira à l'achat d'un lieu pour enfin enraciner notre arbre à notre retour.


Vous partager cette aventure, c'est beau, mais recevoir un soutien pour continuer, nous permet d'aller encore plus loin ! Nous vous remercions de tout notre coeur. Pour vos retours, vos messages, vos soutiens. Merci 🙏


Accès au Tipeee ici. 👈

« Le secret, C’est de faire ce qu’on aime faire, il n’y a pas la place pour des compromis qui n’ont pas de sens ! » Louise.

Drôle de rencontre alors que je regonfle mon pneu crevé… 😀

Il est maintenant temps de rejoindre les copains, chez Pascal Médard dans l'Hérault, pour la suite de l'aventure qui m'attend !

Merci pour votre lecture.

Soyons heureux,

et vive l'aventur'euh !

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Tipeee - Le Permacooltour

3
oct
3
oct
Publié le 21 octobre 2020

Du 3 au 7 octobre

1455 km

Récolter les pommes chez Andy et Jessie Darlington !

Kevin : Vous avez sûrement déjà entendu parler de ce couple si vous vous êtes un peu renseigné.e sur la permaculture française. (: Éleveurs ovin dans l'Aude depuis presque 30 ans, Andy et Jessie Darlington sont parmi les pionniers de la permaculture en France. Ils ont passé des Certificats de Design en Permaculture en 1985 et 1986, et leur Diplôme de Permaculture Appliquée en 2010. Andy Darlington était déjà cité dans le livre "Designer’s Manual" de Bill Mollison, en 1990 et participe aussi à la rédaction de l’édition française du livre "Introduction à la Permaculture" du même auteur. Ils sont les premiers à organiser un PDC (Cours de Design en Permaculture) en France. Ils partagent et enseignent la permaculture dans de nombreux lieux et centres de formation depuis plusieurs années. Ils suivent aussi, en tant que tuteur-ices, des conceptions et designs de projets pour les apprentis en quête de leurs diplômes en Permaculture Appliquée. Andy est l’un des rares spécialistes du Keyline Design en France. Jessie est passionnée par l’alimentation sauvage, la nutrition et la permaculture humaine. Ils sont tous deux formateurs certifiés par Permaculture College of Australia de Robyn Francis. Ils sont les personnages principaux du film-documentaire "L'Eveil De La Permaculture“.

Imaginez donc la joie pour nous de rencontrer ce couple, qui pour nous, sonnait comme une référence française... Nous devions faire notre Cours Certifié de Permaculture avec eux au mois de mai, dans l'Association Chouette de Vie. Suite au confinement, tous nos plans ont changé. CCP annulé, chemin retracé. Nous rendre ici nous permet de voir directement la mise en pratique d'une autonomie alimentaire sur leur terrain, sur un projet de vie et à une échelle familiale. Un jardin immense, des arbres de partout… Des pommiers plantés naturellement par les blaireaux, puis greffés avec soin. Nous sommes impressionnés par la quantité qu'ils peuvent produire. Une matinée sur un seul arbre pour récolter les pommes. 🍎🍏

Un podcast avec eux est en cours de montage, vous en saurez plus sur leur aventure et leurs expériences personnelles ! À suivre…

Un petit message pour vous de leur part : "Nous sommes à la recherche de quelqu'un.e qui serait prêt.e à prendre en main l'élevage des moutons. Nous rendons accessible tout le matériel pour cela. Nous souhaitons nous concentrer maintenant entièrement aux formations en permaculture que nous proposons. S'occuper des moutons devient trop énergivore maintenant et nous avons besoin de bouger. Si le projet vous intéresse, contactez-nous !" À bon entendeur(s)… ;)

La Courge Hopi Pale Grey!

Cette courge a une histoire…

Les graines trouvées dans des amphores au fond d'une grotte en Amérique centrale. Un ami d'Andy et Jessie Darlington leur a envoyé quelques graines. Jessie s'est empressée pour les mettre en terre et de les multiplier. Une redécouverte de cette variété ancienne, perdue puis retrouvée. La courge Hopi se trouve maintenant un peu partout dans la région, de belle taille et d'un gout majestueux en soupe, son histoire nous fait voyager lors d'un beau repas avec la famille. Nous récoltons quelques graines que nous envoyons tout droit à la banque de graines du Jardin Respectueux (les reines et rois de la courge). La banque de graines : la seule banque qui aime se faire braquer. Vive les graines, vive la vie et merci à celles et ceux qui se donnent le courage de multiplier ces trésors perdus d'aujourd'hui !

 La courge Hopi Pale Grey en plantation et récoltée !

Kamil : une rencontre enrichissante ! Les Darlington m'ont particulièrement touché dans leur façon de voir le monde. Arrivé à la campagne dans les années 70, le jeune couple a absolument tout construit à partir d'une ruine et d'une terre inculte qui, dorénavant, donne une magnifique biodiversité pour les nourrir toute l'année!

"Nous faisons tous partie de la solution" Andy Darlington

"Rien dans la nature ne vit pour lui même:

- les rivières ne boivent pas leurs propres eaux

- les arbres ne mangent pas leurs propres fruits

- le soleil ne brille pas pour lui-même.

Vivre les uns pour les autres est la règle de la nature."

"La règle de la nature" selon un peuple amérindien, citation offerte par Jessie Darlington

Kevin : Nous quittons l'Aude pour l'Hérault... Un dernier rayon de soleil pour un nouveau départ... Ou pas ?😉

À suivre… Prochain article : "Louise, 20 ans de vie en yourte".

Alexis : Si cet article vous a plu et que vous souhaitez nous soutenir dans notre projet : c'est possible ici ! L'argent nous aidera à planter des arbres cet hiver sur les lieux où nous irons. Chacune de nos activités génère du carbone rejeté dans l’atmosphère (quand j’écris ces lignes sur mon ordinateur par exemple...).

Nous tenons à limiter ces rejets de CO2 et à les compenser par la plantation d’arbres afin de stocker le carbone durablement et améliorer la biodiversité de notre beau pays.

Nous encourageons chacun à contribuer en pleine conscience à la hauteur de vos moyens : cela peut être sous forme monétaire versée à notre projet ou une association locale, ou bien en vous engageant vous-même à planter des arbres autour de chez vous.

Soyons heureux,

et vive l'Aventur'euh !

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29
sept

Du 29 septembre au 2 octobre

1400 km

PER - MA - COOL Clap!

Kevin: C'est l'histoire de la "graine vadrouille" qui voyage, voyage, voyage…

Kevin: Nos vélos nous portent à la frontière de l'Aude jusqu'à un étudiant permaculteur bien connu des rencontres nationales de la permaculture, Benjamin Burnley. 1 400km sont atteints. Les mollets !

Kevin: Nous venons le voir car il propose différents outils de ce qu'il nomme la permaculture sociale ; utilisant les étapes de conception en permaculture et différentes méthodes pour ralentir, observer, identifier ses ressources, son potentiel, être conscient de ses limitations et comprendre ses besoins.

Ces outils permettent d’avoir une vision d’ensemble des éléments de notre vie, de nos activités, de nos relations, de comprendre les interactions et de nous poser la question :

« Est-ce que la vie que je mène me rend heureux ? ».

Des méthodes qui aident à vivre une vie plus harmonieuse et vibrante, à nous connecter à notre rêve et à apporter de l’abondance dans nos vie. Des étapes et des outils du design de vie qui peuvent aussi être utilisés et adaptés pour un design de collectif. Cela tombe assez bien, Le Permacooltour est un collectif qui se veut vivant et qui grandit au fur et à mesure que nous avançons…

Nouveau podcast avec Benjamin :

"Parce que la résilience de ma communauté dépend de la résilience des communautés voisines." Benjamin Burnley

Benjamin vous propose dès le 26 Octobre, pendant une semaine, un stage d'émergence de communauté régénérative avec de l'éco-construction, de la permaculture, du partage, du vivre ensemble et de la célébration. C’est une expérience d’autogestion et de vie en communauté, une occasion de vivre des moments de partage, d’acquérir des outils de facilitation de projets collectifs.

Plus d'infos ici, si le stage vous botte : https://caravanedepermaculture.wordpress.com/emergence-de-communautes-regeneratives/

Alexis: Pour nous montrer le potentiel d'un stage d'émergence de communauté régénérative, Ben nous emmène au collectif OBDR ("Ô bout du rouleau".. euh..."Ô bord du ruisseau" 😇) à la Bastide-sur-l'Hers. Aperçu en images :

2 ème podcast avec Cédric du collectif Ô bord du ruisseau :

Kevin: Cette étape marque un nouveau départ dans l'aventure du Permacooltour, car plusieurs idées ont vu le jour.

  • Première idée :

Sur notre route, nous proposons dès à présent, des méthodes d'accompagnement de projet collectif, de gouvernance et de Permaculture sociale ! Accompagné par La caravane de Permaculture tout au long de l'année, nous vous proposons un véritable soutient dans la création d'éco-lieu, de projet collectif ou autre. Via le Mandala Holistique ainsi que d'autres outils : imaginons la vision du collectif et tentons l'aventure ensemble !

  • Deuxième idée, et non la moindre :

Peut-on imaginer une économie basée sur la graine ? Pendant tout le reste de l'aventure, nous allons tenter une expérience. Faire des graines notre monnaie et créer une économie d'abondance. Jusqu'où peut nous porter l'aventure sans argent ? Quel impact peut avoir l'économie du don dans notre aventure ?

Soyons semeurs !  

Les premiers tests, au marché, sont déjà concluants ! Maintenant, il est temps d'essaimer ! (et de s'aimer) 😀

Plus d'info sur notre site Internet : https://lepermacooltour.fr/economie-de-la-graine/

Alexis: Grand merci à Jimmy le "commando" maraîcher qui oeuvre pour la résilience et l'autonomie alimentaire sur le territoire de Mirepoix: Pays de Mirepoix en transition !

C'est notre première transaction en mode "économie de la graine": des graines de piments de l'éco-Village de Pourgues contre un sac de légumes (pour aussi nous soutenir dans l'aventure).

Bravo et Merci Jimmy!

Kamil : Le voyage en Van nous permet de porter le projet de la Graine Vadrouille pour sensibiliser à la conservation de semences biologiques libres de droits et reproductibles. Les banques de graines permettent la protection de la biodiversité alimentaire et médicinale. Votons pour la sécurité alimentaire ! Osons l'abondance !

"Ca va aller. On est ensemble !" la philosophie de Benjamin Burnley suite à ses nombreuses aventures en Afrique.

• • •

Si cet article vous a plu et que vous souhaitez nous soutenir dans notre projet : c'est possible ici ! L'argent nous aidera à planter des arbres cet hiver sur les lieux où nous irons.

Nous sommes actuellement des Héros euh...dans l'Hérault, prochaine article: "Le couple Darlington" !

Soyons heureux,

et vive l'Aventur'euh !

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17
sept
17
sept

Du 17 au 27 septembre

L'aventure en stop: une aventure sans vélo dans l'Aventourrre à vélo

Quand Clément des Vagabonds de l'énergie nous a contacté cet hiver dernier pour nous inviter aux Virées Alternatives, on était tellement en joie d'être invités à un festival qu'on s'est dit: "qu'importe où on sera à ce moment là, on s'y rendra"... On ne savait pas encore que nous serions en Ariège à l'opposée de la France par rapport à Rouen ! 😀

Prés de 900 km sépare l'écovillage Sainte Camelle de la friche Lucien à Rouen... Notre plus longue aventure en stop peut commencer ! Départ à trois de Sainte Camelle le jeudi 17 septembre, il est 11h...

Kamil: Un goût de reviens-y ! Le stop n'est pas seulement une question de prendre son sac à dos et lever son pouce ! C'est aussi toute une philosophie qui parle du pouvoir de l'intention et des lois de l'attraction ! Garder son sourire intérieur durant les heures d'attente au bord des passages bruyants, qui est vite récompensé par la générosité et la bienveillance de nos belles rencontres qui ne représente aucun hasard, à nos yeux il n'y a que des rendez-vous !

Kevin: J'ai déjà eu l'occasion de traverser plusieurs fois la France juste à la force de mon pouce. Poser mon vélo le temps d'une semaine m'a rappelé la frustration et la joie de ce moyen de locomotion. Faire du stop en pleine pain de mie de Covid… Quelle idée… Mais quelle joie, ceux qui prennent sont les meilleurs ! Merci à vous pour ces temps de partage et de bienveillance ! Il m'a suffit d'uniquement 7 voitures pour me rendre à Rouen. 😎

Alexis: Je ne sais pas si c'est la chance du débutant, mais le trajet en stop a été hyper fluide pour moi ! Très peu d'attente au bord de la route (max: 1 heure) et chaque voyage avec les différent.es conducteur.trices a été vraiment riche en échange; que de belles rencontres ! Gratitude aux 15 belles âmes rencontrées en deux jours qui m'ont permis d'avancer sereinement sans ne manquer de rien. Il est 13h du vendredi 18 septembre et je suis à la friche Lucien. 👍

Une fois réunies tous les 3, nous retrouvons Clémence de Mercycle avec qui nous co-animerons la table ronde "agro-écologie et permaculture, de ferme en ferme". C'est fou, j'avais rêvé que l'on co-animerait une conférence ensemble... Le rêve devient réalité ! 😀

Et puis la surprise ! Mes parents débarquent au festival sans rien me dire. Quelle joie de les retrouver sans s'y attendre ! <3

Une photo s'impose.

 Au départ de Sainte Camelle / À l'arrivée à la Friche Lucien à Rouen

Les Vagabonds de l'Energie

Kevin: À Rouen, un accueil pas comme les autres !

C'est lors de l'événement "les virées alternatives" que nous sommes hébergés chez Arnaud et Gaëlle des Vagabonds de l'Energie. Quelle surprise de découvrir la passion d'Arnaud au fond de son jardin !

Quelle sera l’énergie de demain ? La question du Low-tech nous intéresse de plus en plus sur la route. Ici, à Rouen, les Vagabonds de l’énergie affirment qu’elle sera mixte et ils veulent le démontrer avec un four solaire.

Cuire son pain dans un four solaire avec 57 miroirs, le rêve !

  • Aucun matériau rare n’est utilisé
  • On utilise le soleil directement sans stocker l'énergie (pas besoin de batteries polluantes)
  • C’est à nous, humains, de nous adapter à la ressource naturelle (ici le soleil)
  • Aucune pollution n’est générée par la cuisson
  • Bon… La contrainte c'est qu'il faut du soleil !

-> Pour en savoir plus sur l'entreprise NeoLoco … C'est la première entreprise d'artisanat solaire en Europe pour la torréfaction et la boulangerie. NeoLoco invente des alternatives locales et saines aux cacahuètes, cafés, épices, confiseries, à base de graines qui peuvent être cultivées en Normandie.

Merci les vagabonds de l'énergie pour votre accueil et votre amitié ! On se revoit dans un an quand nous repasserons dans le coin

Le four solaire de Neo-loco 

Les voyageurs engagés des Virées Alternatives

Ciné-cyclo – projection de films à travers le monde à l’aide de vélo-projecteurs.

Avec eux, on rêve d'organiser une projection de Que notre joie demeure pour un descendant de Jean Giono avec les spectateurs qui pédalent !

Sidewaysweb-série itinérante, enquête d’un autre monde.

On vous a déjà partagé une de leur vidéo dans l'article à la commune imaginée du Bandiat. En voici une deuxième qu'on aime beaucoup:

La Roulotte scarabée – des roulottes culturelles itinérantes en Normandie

Les Vagabonds de l’énergie – étude de la transition énergétique citoyenne dans le monde

On vous partage leur vidéo du passage en Inde à Auroville car on y retrouve Christian Tarpin qui nous a fait justement un témoignage de son expérience à Auroville dans un précédent podcast. Vous vous souvenez ? 😀

Mercycle – tour de France à vélo de réflexions et de rencontres sur l’agroécologie.

Notre copine Clémence qui est passée au Jardin Respectueux et qui nous a logé à Paris ! 😀

La Tribu des sauvages – réalisation d’un documentaire sur la déforestation et les Indigènes en Amazonie

OdySeine – descente de la Seine en vélo et canoë, pour mesurer la qualité de l’eau et rencontrer les riverains

Cycling for earth – un mois à vélo en France à la rencontre d’initiatives écologiques et sociales

Inspirations citoyennes – étude d’initiatives citoyennes écologiques en France, Panama, Costa Rica

Dekiru, c’est possible – voyage et documentaire au Japon sur la transition écologique et sociale.

Chouettes échanges avec Jonathan ! (Il est disponible sur ImagoTv)

PAMacée – série documentaire itinérante sur les plantes médicinales dans le monde

School trotters – exploration de la pédagogie alternative à travers les écoles du monde.

Un très chouette film sur l'éducation et les pédagogies "alternatives" ! Ami.es qui travaille et/ou qui s'intéresse au grand monde de l'Éducation, on vous le recommande :

Compagnie de l’Arrozoir – une compagnie qui invente le « théâtre itinérant d’investigation anthropologique »


Et NOUS: Le Permacooltour – tour de France (presque) sans argent des acteurs de la permaculture, pour nous former et vous transmettre ces initiatives ! 😀

Du coup, on vous remet le 1er épisode de la série documentaire réalisé par Kevin :

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Le retour de L'Aventourrre

Kevin: C'est sur notre retour de Rouen que nous sommes pris en stop par Pauline. Elle connait très bien un endroit près de Nantes qui pourrait attiser notre curiosité…

Allons voir !

Un dôme en bois recouvert de paille de lin. Une conception par Jean-Charles Meunier, JCM - cabanes et dômes insolites.

Construire son cocon pour 10 000€, Robin y vit depuis maintenant deux ans. Nous ne sommes pas à la fin des découvertes sur notre route. Impatient de savoir quelle genre de maison nous construirons à notre retour à la fin du Permacooltour. En tout cas, des inspirations comme celle-là, nous n'en manquons pas !

Merci Robin et Pauline pour cette belle découverte !

Alexis: Après ce dôme insolite près de Nantes, direction Bordeaux. J'ai la chance d'avoir une guide qui me fait visiter une partie de la ville et me fait découvrir les Chantiers Tramasset ! Depuis le temps qu'elle m'en parlait. Merci Laur'Aya 😘

Association "Les Chantiers Tramasset" à Tourne (Gironde)
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Si cet article vous a plu et que vous souhaitez nous soutenir dans notre projet : c'est possible ici !

Mercycle d'avance! 😀

Nous sommes revenus en Ariège, la suite au prochain épisode !

Soyons heureux,

et vive l'Aventur'euh !

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10
sept

Du 10 au 17 septembre & du 27 au 29 septembre

1340 km

L'écovillage Sainte Camelle

Alexis: Wahou ! Semaine très intense à l'éco-village Sainte Camelle! On va essayer de vous partager notre ressenti de cette semaine de folie passée en la compagnie des "Camellitos" comme ils aiment s'appeler.

Bienvenue !  Welcome ! Bienvenido !

Nous sommes situés en Ariège, à 5 km de Pamiers et à 70 km de Toulouse.

Face à la montagne, 18 ha nous accueillent dont 10 ha de forêt et le reste en prairie.

Sainte Camelle se présente comme un petit village. Ses habitants y sont rassemblés pour vivre le bonheur et retrouver les relations de proximité des petits villages d’autrefois où l’entraide et le faire-ensemble étaient encore d’actualité.

"Depuis neuf années, une quinzaine de personnes se sont réunies autour de cet habitat groupé et il y reste encore quelques places..

Ce petit collectif est un site expérimental. Il est une réponse à un individualisme exacerbé, généré actuellement par notre société." (source: https://ecovillagestecamelle.fr)

L'éco-village Sainte Camelle pour nous c'est :

  • un lieu rempli d'Amour et de Joie
  • des habitants accueillants, bienveillants et engagés pour un monde plus beau ("Les Créateurs de Réalité")
  • des soirées chants-mantra remplis d'énergie et très inclusifs
  • une nourriture saine, locale et durable
  • un dojo central emblématique
  • un chemin des fées ressourçant
  • une tiny accueillante et optimisée (qui se transforme en bureau de co-working pour le PermaCoolCrew) Merci Camille <3
 La vue aerienne du site

"La vie est belle à Sainte Camelle. Tout ce qui est simple est divin. Tout ce qui est compliqué est humain" Jeannine, habitante depuis 3 ans.

Dane & Alain (co-fondateur.rice du lieu) ont écrit 2 fascicules que l'on vous recommande:

- 7 "incontournables" pour réussir une vie collective harmonieuse

- L' "incontournable" pour réussir sa vie de couple.


Ces 2 livrets téléchargeables de 37 et 33 pages sont au prix de 5 € chacun. Cette somme revient entièrement au pôle humanitaire de l’éco-village.

"Tout est possible. Alors OSONS" parole de Dan, co-fondatrice de Sainte Camelle

Kevin : Une chose me plaît en découvrant ces nombreux lieux à mesure que nous avançons, c’est d’aller voir les forêts qui les alimentent. Ici, à Sainte Camelle, les arbres arrivent encore une fois à me surprendre. Leur silence et leur beauté me touche au plus profond de mon h-être. Me balader, appareil photo à la main, pour m’en inspirer et leur rendre grâce. 🌳


Une école de la forêt est en train de voir le jour au coeur de celle-ci. Avez-vous vu le film « L’autre connexion » de Cécile Faulhaber ? Je croise les doigts pour en découvrir une sur notre route cet hiver. Il est disponible ici !

L'éco-village organise et accueille des formations-ateliers, des rencontres et des événements. C'est pour le Mantra Fest (du 11 au 13 septembre) que nous sommes venus à Sainte Camelle.

Le Mantra Fest

Le Mantra Fest est un festival de musique, de chants sacrés et de danses du monde entier, célébrant l’unité dans la diversité, la rencontre spirituelle dans la différence, l’union du Sacré dans le respect, la tolérance et la joie.

Kamil: l'harmonie se fait même sentir jusqu'à nos assiettes, avec une alimentation saine et durable, le village Sainte Camelle s'engage à fournir des produits Bio et Végan, et même sans gluten si besoin ! Bravo, c'était délicieux !

Alexis: un festival qui unit les gens avec une telle intensité, je n'ai jamais connu d'événement comparable ! Ok il y a le carnaval de Dunkerque... Mais là, c'est sans alcool et sans drogue !

Kevin : être ensemble, se rassembler… Joie du coeur et de l'âme !

Kamil: en cette période complexe, où le virus nous pousse à l'individualisme, merci à cet instant festif de pouvoir nous re-connecter à toutes ces belles âmes, partager nos sourires devient primordial !

Un dojo chargé d'énergie & d'Amour ! 

Alexis: Nous avons une nouvelle fois pu proposer notre atelier autour de la fleur de la Permaculture. Merci aux participants, c'était un chouette moment qui donne envie d'aller de l'avant !

L'atelier est nouvellement renommé le cercle des possibles ! Ca donne envie non? 😀

 La découverte au Mantra Fest
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Prochain article : "Les virées alternatives" une aventure sans vélo dans l'Aventourrre à vélos !

Actuellement nous sommes à Léran avec Benjamin Burnley et la caravane de Permaculture. Nous quittons l'Ariège ce week-end pour l'Aude.

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Soyons heureux

et vive l'Aventur'euh

3
sept
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sept

Alexis: Je suis heureux de vous laisser entre les mains (les mots?) de mon ami Ludo qui a rejoint l'Aventourrrre et qui a pris la responsabilité de vous relater notre visite dans un lieu emblématique...

Ludo: Un petit haiku pour se mettre en jambe . . .

(On fait le plein de poésie et de lyrisme sur quelques lignes les amis, parce que quand on va en arriver aux hybrides F1 et au catalogue, ça va être une autre paire de manche…)

Chaude après-midi,

Visite à Kokopelli -

Oh ! Des millions de graines : )

Cet article aurait dû, aurait pu paraître bien des jours auparavant. Mais voilà, la vie est pleine de facéties et de surprises. Parfois, on a d’autres choses en tête qui ne laissent pas beaucoup d’espace disponible. Parfois, on veut trop bien faire, on cherche le bon angle. Parfois, on oublie qu’il est si simple de juste raconter ! Et au fond, les idées sont peut-être un peu comme les graines : on pourra s’agiter et vouloir forcer les choses, rien n’y fera sans leur levée de Dormance – pour moi une nuit de tempête sur la côte – et un peu de temps.

Oh lecteur ! Pardonne-moi donc ce décalage temporel et accompagne moi un saut en arrière. La chaleur de l’été plane encore dans l’air et la lumière du soleil réchauffe les cœurs. Les arbres, peut-être, se languissent de la pluie, mais n’en laissent rien paraître. Déployant leur vert ramage, ils nous font ce double cadeau de l’ombre et de la photosynthèse, captant dans leurs cellules pleines de chlorophylle l’énergie du soleil sous forme de sucres. La base de la vie et des milliers d’années d’avance sur l’homme ! Mais je m’égare...

Premiers jours de septembre, Le Mas d’Azil, petit village au cœur de l’Ariège. Un grand bâtiment en charpente de bois se dresse, les murs avantageusement isolés de pailles. Dedans, des milliers de graines à foison : engrais vert, légumes, fleurs, herbes médicinales, céréales, le tout en variétés anciennes et reproductibles. Une bibliothèque à faire pâlir d’envie tout amateur de nature et d’alimentation saine. Des tomates de toutes couleurs en dégustation et de petits potagers tout autour, de l’amour-en-cage et une odeur d’aromatiques dans l’air. . . C’est la grande banque de graine de Kokopelli !

 Où sommes-nous ?

Nous y sommes accueillis par Anita, responsable communication à Kokopelli. Après avoir traversé la boutique, à mi-chemin entre les bureaux et l’entrepôt, nous démarrons notre visite par une grande discussion sur le Monde de la Graine, et du rôle de Kokopelli dans tout cela. Suivez nous chers lecteurs, à travers ces quelques points d’intérêt.

Pourquoi la graine, c’est important...

La graine, c’est quand même magnifique : un petit cocon de vie enveloppé dans une enveloppe protectrice, attendant patiemment les conditions propices pour se lancer dans la Grande Aventure. Des réserves de sucre, de protéine, de graisse, autant qu’il en faut pour démarrer en autonomie le temps de dresser en toute hâte un ou deux panneaux solaires de fortune (les cotylédons) et quelques radicelles.

Et pour nous, c’est la base de toute l’alimentation ! Il en faut pour faire pousser nos céréales qui donneront nos farines, nos pains, nos semoules et nos pâtes. Il en faut pour faire pousser nos légumes, oignons, patates, courges, choux, poireaux, salades et l’été nos délicieuses ratatouilles ! Il en faut pour faire pousser nos arbres fruitiers, nos fraises, nos framboises. Et il en faut aussi pour l’élevage puisque pratiquement toutes nos bêtes sont nourries par des productions agricoles tout ou partie de l’année (y compris les poules pondeuses) ! Ce qui est magique avec une graine, c’est qu’on peut en faire plein d’autres ! En théorie du moins…

Un monde d’enjeux.

Le monde de la graine, c’est aussi un monde d’enjeux éthiques comme financiers, avec des géants comme Monsanto (enfin, Bayer maintenant), avec l’opposition habituelle entre agriculture paysanne et industrielle.Il y a notamment l’enjeu circuit long contre circuit court. Par exemple, quelle sélection pour les tomates ? On veut une peau dure et un aspect uniforme bien rond, bien rouge (au détriment d’autres qualités, car la sélection est une affaire de compromis) ? On les cultivera dans d’immenses serres en Espagne puis on inondera les supermarchés des pays autours avec. Et puis on utilisera des travailleurs immigrés sous-payés. Vous allez voir ça va être super rentables. On en fera même tout une partie en bio. Quoi l’empreinte carbone ?

Pensons-y lorsque nous nous baladons dans un supermarché devant des stands de légumes uniformes : derrière, il y a du calibrage (c’est-à-dire un gâchis alimentaire conséquent et une perte nette pour le producteur.) et de la sélection au dépens de qualités nutritives ou de résistance aux conditions climatiques (donc plus d’irrigation) ou de résistance aux maladies (donc plus de traitements, souvent chimiques, jamais sans conséquences sur l’environnement). Vive les légumes biscornus et variés de nos producteurs locaux !!!

"Moins de supermarché. Plus de supers maraîchers !"

Mais il y a aussi des enjeux d’autonomie. Faut-il produire ses graines et être ainsi autonome, quitte à perdre en productivité ? Où est-il plus intéressant de sacrifier son autonomie, les acheter et être plus efficace, quoiqu’en devenant totalement dépendant aux semenciers ? Parfois, la compétition avec les grandes surfaces et la difficulté du travail nous offre un choix bien restreint hélas. Mais cette question est cruciale. On en reparlera plus bas dans « qui produit ses graines ». Disons tout de suite que si l’on s’en sort bien en France, dans d’autres régions du monde des communautés entières n’ont plus de graines reproductibles et dépendent entièrement de multinationales qui les fournissent en graines conçues pour avoir une descendance non-fertile. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’aimerais pas être à leur place. Difficile de garder sa liberté avec un rapport de force aussi défavorable face à des acteurs si puissants et sans scrupules.

La question du brevetage du vivant.

Deux points de vue. D’un côté un semencier, après des années d’efforts et de recherches de sélection, est content de pouvoir breveter et protéger sa découverte, la variété qu’il a fini par obtenir. De l’autre, des tas de variétés, issues de la très grande diversité du vivant, fruits de milliers d’années de sélection naturelle (ou de sélection de dizaines de générations d’agriculteurs paysans) qui un jour se retrouvent appropriées et brevetées par une grande entreprise semencière, peut-être à la suite d’une légère modification par sélection. Une inscription au Catalogue (le Catalogue on en parle beaucoup plus bas en détails) et exit le reste, c’est du passé ! Au final, c’est un peu la question des biens communs face aux biens privés, et la place de la recherche si elle porte sur un bien commun. Kokopelli (et de nombreux autres) se positionne très fortement contre le brevetage du vivant. Et puis la question de milliers de variétés non brevetées voir non brevetables, et de comment on légifère sur leur commercialisation. On retombe sur la question du Catalogue. On rentrera dans le vif de ce sujet un peu plus bas.

Les graines hybrides F1

Elles cristallisent souvent des tas de débats houleux, pas toujours sur les bonnes raisons. Mais là, il va falloir détailler un peu. Version courte : des graines issues de croisement entre deux variétés choisies avec soin. La résultante de ce croisement, la graine F1 (fille 1) possède les qualités choisies des deux variétés, mères. Cela en fait une graine très performante sur les critères qui ont guidé la sélection. Inconvénient : si on veut refaire ses graines, la génération suivante (les F2, les filles des F1) n’est pas stable, c’est-à-dire que dans les F2, il y a pêle-mêle des graines qui ont les qualités des F1, des graines qui ont une partie de ces qualités mais pas toutes et des graines qui n’ont pas du tout ces qualités. Autant dire que pour refaire ses graines, ça ne convient pas du tout.

"Des détails !" Me hurlent certains lecteurs (si vous ne faites pas partis d’eux, n’hésitez pas à garder des forces et sauter directement plus bas, il y a une branche pour vous rattraper).

Version longue : c’est un procédé complexe, mais qui existe depuis longtemps, depuis le début du XIXème siècle et qui ne requiers pas de manipulations génétiques ou autres procédés très techniques : il s’agit simplement de sélections et de tests. On prend deux variétés A et B qu’on sélectionne chacune pour un critère précis. Par exemple, essayons de faire la tomate de mes rêves. La variété A est sélectionnée pour sa résistance à la sécheresse, la variété B, est sélectionnée pour ses qualités nutritives.

Petit rappel génétique : les caractères des êtres vivants sont codés par des gènes et chaque gène possède deux allèles. Si les deux allèles sont identiques, pas de débat sur le résultat. S’ils sont différents, l’expression du gène peut être une combinaison des deux ou alors il y a un allèle dominant et un allèle récessif. Le dominant donne l’expression du gène et le récessif existe, mais ne s’exprime pas. Retour à nos plantes ! On sélectionne tant et si bien nos variétés A et B que chez A le gène qui programme la résistance à la sécheresse devient homozygote, c’est-à-dire qu’il possède deux fois le même allèle « résistant à la sécheresse », appelons-le Sa. Le gène sur la qualité nutritive est lui aussi homozygote, il s’appelle Na. Sa est performant, Na est quelconque (on a sélectionné la variété A pour sa résistance à la sécheresse. En face, nous avons la variété B, également homozygotes sur ses gènes de résistance à la sécheresse et de qualités nutritives, avec les allèles Sb et Nb. Nb est performant, Sb est quelconque (la variété B est sélectionné pour ses qualités nutritive.On croise A et B. Petit schéma explicatif sur les gènes :

De sa parenté, l’hybride F1 obtenue possède sur le gène de résistance à la sécheresse les deux allèles Sa et Sb. De même, elle possède sur le gène de la qualité nutritive les allèles Na et Nb . Maintenant, pour que le mariage soit heureux et l’hybride F1 commercialisable, il n’y a qu’à tomber sur un allèle Sa dominant par rapport à un allèle Sb récessif et un allèle Nb dominant face à un allèle Na récessif. Oh joie ! Vous avez la graine d’une plante à la fois résistante à l’eau et avec de bonnes qualités nutritives ! Le meilleur de ses deux parents. (si vous avez eu le courage de tout lire jusque-là, merci de l’indiquer dans les commentaires, je n’aurais pas vécu sur cette Terre pour rien).Maintenant imaginons que vous refaites vos graines, vous obtenez la génération F2, fille de la génération F1. Par brassage génétique, vous aurez maintenant statistiquement :

Une première partie des graines (9/16) qui seront résistantes à la sécheresse et avec de bonnes qualités nutritives, avec des allèles Sa/Sb (ou Sa/Sa) et Na/Nb (ou Nb/Nb).Une autre partie (3/16) sera résistante à la sécheresse, mais sans qualités nutritives, avec des gènes Sa/Sb (ou Sa/Sa) et Na/Na.Une troisième partie (3/16 aussi) ne sera pas spécialement résistante à la sécheresse, mais aura de bonnes qualités nutritives, avec allèles Sb/Sb et Na/Nb (ou Nb/Nb).Et une dernière partie (1/16) ni spécialement résistante à la sécheresse ni nutritive, avec des allèles Sb/Sb et Na/Na.Et la génération d’après-pareil, mais dans des proportions moins intéressantes et ainsi de suite ! (si vous n’avez pas bien compris, c’est sans doute que ce n’était pas très clair. J’ai été prof de maths dans une autre vie.)



Branche où se rattraper... 😀

Ça va tout le monde est là ? Rassurez-vous le plus dur est passé.





Idées reçues erronées sur les graines F1 :

Les graines F1 ne sont pas des graines non-fertiles ! En revanche, leur descendance n’est pas génétiquement homogène, comme on l’a vu précédemment.Les graines F1 ne sont pas issues de manipulation génétique en laboratoire. Simplement d’une sélection rigoureuse puis d’une reproduction contrôlée entre deux variétés (Ce qui se fait de diverses manières selon les espèces. Par exemple, s’il s’agit d’une plante possédant des fleurs mâles et femelles, on peut supprimer toutes les fleurs mâles de la variété A et toutes les fleurs femelles de la variété B pour forcer la reproduction à être exclusivement entre A et B. Autrement, on peut aussi fertiliser à la main et refermer les fleurs après). Les graines F1 ne sont pas des OGM !

Les graines F1 ont pris une grande place dans le monde de la semence parce que ce sont des graines très performantes sur les critères qui ont été sélectionnés ! Selon ces critères d’ailleurs, on peut faire des graines orientées pour une agriculture industrielle ayant un recours massif aux pesticides ou bien des graines pour une agriculture bio portée sur une commercialisation locale en circuit court. La grande efficacité des hybrides F1 est donc leur gros point positif. Inconvénient : la production devient dépendante du semencier. Pas au point de mourir de faim si tout tourne mal puisque ces graines sont fertiles. Mais pour l’efficacité économique, pas question de refaire ses graines et semer des F2. Il faut racheter.

Qui fait les graines ?

Comme on l’a vu précédemment, certaines régions du monde ont perdu leur indépendance sur les semences pour être à la merci de multinationales qui vendent uniquement des graines non-reproductibles à prix d’or, leurs gardant ainsi le couteau sous la gorge. Une figure phare et inspirante de lutte contre cette situation est Vandana Shiva en Inde.

Kevin : la question de la sauvegarde du vivant, et donc des graines, est un sujet qui m'a toujours passionné. C'est d'ailleurs une des thématiques qui nous a tenue le plus à cœur dans le long-métrage documentaire "Que notre joie demeure" que j'ai pu co-réaliser juste avant de me lancer dans l'aventure du Permacooltour ! D'ailleurs, si cela vous intéresse (j'en profite), il vient tout juste de sortir sur la plateforme ImagoTv.

Je suis curieux d'avoir votre retour en commentaire !

Pour avoir accès au film, c'est ici : www.quenotrejoiedemeure-lefilm.fr

 Que notre joie demeure - le film, en accès libre sur Imago Tv


Ludo : En France, la situation est assez différente. Il y a des tas d’acteurs dans le monde de la semence, de tailles très diverses : de Bayer à des petits semenciers en agriculture biologique. Je vais parler surtout de maraîchage parce que c’est le domaine que je connais le mieux. On trouve à vendre beaucoup de semences F1, mais aussi des tas de variétés anciennes très adaptées pour refaire ses graines. D’ailleurs, Kokopelli a joué un rôle important là-dedans, on en reparlera plus bas. Cependant en maraîchage, y compris en agriculture biologique et paysanne, très peu d’exploitants font leurs graines. D’abord, le travail de maraîcher est difficile. Travailler en moyenne plus de 50h/semaine pour gagner un SMIC, c’est un peu le top du top quand on regarde leurs conditions de vie et beaucoup d’exploitants sont bien en dessous. Et souvent, au lancement, il faut quelques années pour pouvoir commencer à se rémunérer ne serait-ce qu’un peu...

Alexis: c'est là où l'idée des CEMs d'Etika Mondo est une idée très intéressante :

Un jour on CEMera aussi ! 😀

Ludo: En quelque sorte, ces gens consacrent leur vie à nous fournir de quoi manger pour un salaire horaire absolument misérable, parfois absent et un engagement de toute une vie. Ces gens sont les super-héros de nos temps modernes. Plus besoin de lire des comics. Ils sont là, ils font partie de nos vies et on peut les rencontrer tous les jours dans nos marchés et nos magasins de producteurs ! Je m’emballe de nouveau, mais le fond est totalement vrai. Un documentaire qui parle de cela, est, par exemple :

 « Semeur d’Utopie » http://champdeluttes-semeursutopie.fr/ 

Revenons sur cette question de produire ses graines. Si l’on cultive des F1, déjà, c’est foutu ! Mais j’ai vu beaucoup de maraîchers et de maraîchères qui utilisaient peu ou pas de F1 et pourtant ne produisaient pas leurs graines, ou pour très peu de variétés. En effet, produire ses graines peut être assez complexe et délicat à gérer pour un maraîcher qui cultive beaucoup de légumes différents, d’autant qu’il y a des légumes peu « stables » et qui s’hybrident facilement ! Par exemple, si vous faites des courges dans votre potager et que vous récupérez les graines, vous ne pourrez jamais anticiper, avant la récolte suivante, la forme, la taille, la couleur et les qualités culinaires des courges qu’elles donneront !

J’en profite pour signaler que Kokopelli fournit gratuitement sur son site des tas de fiches techniques pour produire ses graines. Ils connaissent aussi des producteurs autonomes en graine. 😀

Enfin, signalons que les semenciers peuvent avoir beaucoup de mérite sur deux points. Ils passent des années à faire un travail de sélection pour faire émerger des variétés nouvelles avec des propriétés intéressantes (par exemple résistance à la sécheresse, à des maladies, etc.). Ils maintiennent une diversité de variétés issues de centaines d’années d’agriculture, des graines peu ou plus utilisées face aux quelques variétés massivement cultivées. C’est par la diversité que la nature est résiliente, et nos légumes n’échappent pas à cette règle ! Gardons de la variété, qui sait de quoi demain sera fait ? Kokopelli, notamment, possède un catalogue de graine particulièrement fourni. De parole de producteur, on y trouve là quelques petites pépites, des variétés intéressantes et rustiques difficilement procurable ailleurs !

Le Catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivées.

Il recense l’ensemble des variétés commercialisables légalement. Il y a donc des tas de graines interdites à la vente ! Pendant un moment, les échanges de graines entre agriculteurs étaient de même interdit quoique si j’ai bien compris, cela s’est assoupli après la loi Biodiversité d’août 2016. Le Catalogue a officiellement vocation à s’assurer que toutes les graines d’une variété donnée soient homogènes. C’est-à-dire que si vous achetez des graines dans le Nord de la France ou près de Toulouse et qu’elles portent le même nom, vous êtes sûr qu’elles donneront les mêmes plantes. C’est aussi un outil pratique pour la gestion des brevets et des droits de commercialisation.

Comment peut-on inscrire une variété au Catalogue ? C’est un processus coûteux et complexe. La variété doit vérifier 3 critères : la distinction (cette variété est suffisamment différente d’autres variétés déjà inscrites), l’homogénéité (toutes les graines donnent la même chose) et la stabilité (d’années en années, la variété se maintient de manière identique). Notons que pour nos hybrides F1, on ne considère pas la lignée (c’est-à-dire la génération F2, F3, etc.) qui n’est clairement pas homogène (et peut-être pas très stable non plus ?) mais plutôt la production F1 de 2019, la production F1 de 2020, celle de 2021, etc. C’est-à-dire qu’on arrive à produire les mêmes graines F1 d’années en années.

Que critique Kokopelli (et d’autres) sur le Catalogue ? D’abord que ce Catalogue est plus au service des gros semenciers que de l’agriculture Paysanne, à cause des acteurs qui l’organisent et des jeux de lobbying. Ensuite, les conditions d’inscription mettent en difficulté des tas de variétés anciennes qui ont tendance à être moins homogènes et stables que celles issues de l’agriculture industrielle (qui elles sont ultra-contrôlées et standardisées) ou que les hybrides F1. De nombreuses variétés ont ainsi été rejetées dans l’ombre. Il a fallu et il faut encore se battre pour qu'elles y soient inscrites (ou même simplement qu’elles ne disparaissent pas, car n’étant plus utilisées). En caricaturant, imaginez un texte officiel à moitié écrit par des grosses entreprises et qui tombe en disant : seules nos graines et une poignée d’autres sont autorisées, le reste est désormais interdit à la vente ! Enfin, le Catalogue donne la part belle au brevetage du vivant.

Kokopelli s’est beaucoup battu avec le Catalogue, mais on racontera cela un peu plus tard.

Au final, j’ai un peu débordé sur le fil de ma narration et condensé ci-dessus toutes nos discussions d’un coup. Mais reprenons. Après avoir évoqué une partie de ces sujets, Anita nous a emmené visiter les locaux de Kokopelli, le stockage et la logistique. Il y a une grande chambre froide où sont conservées des milliers de graines qui sont réparties par variétés, mais également par année de récolte et par lot selon leur provenance. Un semencier fait toujours attention au taux de germination de ses graines (c’est-à-dire quel pourcentage, dans les meilleures conditions, germe effectivement). C’est pourquoi il est important de différencier ces lots et de les tester régulièrement. Ces graines proviennent pour une partie d’une ferme présente tout près et gérés par le président de l'association et pour une autre partie d’un réseau de producteurs paysans en contrat avec Kokopelli. J’ai une très mauvaise mémoire des chiffres, malgré (ou à cause ?) de 5 années d’études des mathématiques et je ne saurais vous dire le nombre de producteurs de ce réseau. Cependant, je crois me souvenir qu'ils sont environ 20 salariés à temps pleins et que l’équipe monte à 50 au plus fort de la haute saison !

À l’étage et autour des bureaux, nous avons pu discuter aussi plus en profondeur de leur investissement et convictions. D’abord, il faut savoir qu'ils sont une association loi 1901 et que c’est ce qui lui a permis d’exister et de tenir face à des procès en série. Avant, il y avait Terre de Semence, un semencier paysan dissout il y a plus de 20 ans à la suite de procès portant sur la commercialisation des graines. Kokopelli est la renaissance de Terre de Semence, mais sous un statut associatif.

S'ils ont fait face à de nombreux procès, c’est à cause de leur engagement militant sur les semences. En effet ils commercialisent des semences sans se soucier de leur inscription ou non au catalogue. Ils ont beaucoup œuvré pour mettre en avant ce sujet et ont eu un impact médiatique fort, notamment à travers les procès qu’ils ont remportés, parfois contre de gros semenciers qui l’accusaient de concurrence déloyale (ce qui prête un peu à rire lorsque l’on regarde le volume de leur production).

Kokopelli a également un engagement humanitaire fort. Vous vous souvenez des zones dépossédées de graines reproductibles ? Ils y soutiennent des. paysans locaux en leur envoyant gratuitement des graines pour qu'ils retrouvent leur autonomie.

Mais si vous voulez en savoir plus sur Kokopelli et les valeurs qu’ils défendent, je vous invite surtout à aller écouter le podcast de l’interview d’Ananta, président de Kokopelli !

https://soundcloud.com/user-494510187/ananda-a-kokopelli-parce-que-lon-seme-le-permacooltour-podcast-12 

"Semons dans les coeurs et les consciences, les semences d'une révolution fertile et vivante." Ananda, président de Kokopelli

Voici venir le moment difficile de la conclusion. Cher lecteur, chère lectrice, merci de ton obstination curieuse si tu m’as suivi jusque-là ! C’était mon premier article pour le Permacooltour et d’ailleurs mon premier article pour un blog. En fait, c’était même mon premier article tout court et je n’ai absolument aucune idée de comment conclure. Les gars, je vous laisse la main. Soyons heureux pour rendre le monde meilleur et vive l’aventur'euh !

Bon sang, est-ce que ça ne ressemblerait pas à une conclusion ça en fait ?

Ps : Oh au fait j’ai essayé d’être le plus juste dans mes propos mais c’est un sujet compliqué et je ne suis pas journaliste. J’ai une année d’étude en maraîchage bio (un BPREA) dans les pattes, un peu de jugeote, j’espère et autant que possible d’honnêteté. Cependant, si ces sujets vous intéressent, creusez, complétez et rectifiez si besoin !

Kevin : Merci Ludo pour cet article. Heureux que tu puisses rejoindre l'aventure à nos côtés ! La route continue pour nous.

Vous nous direz : et la graine vadrouille alors ? Vous n'en parlez pas ? La prochaine rencontre, à la suite de Kokopelli, nous pousse encore plus dans la réflexion autour des graines. Jusqu'à imaginer une nouvelle économie pour l'aventure !

La suite, au prochain épisode… 😉

Prochain article : L'économie de la graine ! 
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Visite & interview : Kamil / Ludo / Kevin & Alexis

Rédaction / mise en page : Ludo / Kevin / Alexis

Relecture & correction : Lisa

Photos : Kevin

Montage du podcast : Kevin

Remerciement: Josepha et Jonathan pour leur partage inspirant !

Cet article (avec le podcast), ce n'est pas loin de 30 h d'investissement (entre la visite, la rédaction, la mise en page, la relecture, la prise & la sélection des photos, l'interview & le montage...). On le fait par ce que nous aimons partager nos découvertes avec vous. 😀 Mais si cela vous a plu et que vous souhaitez nous soutenir dans notre projet : c'est possible ici ! L'argent servira en partie à planter des arbres cet hiver. Affaire à suivre...

30
août

du 30 août au 9 septembre

1304 km

Kevin: Non loin de Kokopelli (article à venir), 1 ferme sur 74 hectares, 7 bâtiments… Un coin de nature sauvage et magnifique… Une terre d'asile s'offre à nous.

Nous venons de passer 10 jours dans ce bel éco-lieu situé en Ariège, au village du Mas-d'Azil.

L’écolieu Terr’Azïl est un projet reliant à la fois lieu de vie coopératif, terrain d’expérimentation agricole, et centre d’accueil pédagogique, pour ré-apprendre à grandir ensemble. Ici, la place du vivant, de la mutualisation des ressources et des savoirs ; de la remise en question personnelle et systémique ; de la communication authentique ; de la liberté individuelle ; de la recherche du consentement ; de la revalorisation du statut de l’enfant ; et du rapport au pouvoir, sont piliers dans la construction de ce rêve.

Ce projet nous touche particulièrement, car ils se lancent tout juste ! Le terrain acheté en décembre se voit transformé à coup de chantiers participatifs et de changements de cap individuel et collectif.

Comment se passe la création d'un éco-lieu ? Comment le rêve se construit-il, avec ses coups durs comme ses coups de beauté ?

Voici le nouveau podcast avec le témoignage de Noémie et Blaise sur la construction de ce coin de paradis. Est-ce toujours simple et beau ? Quels obstacles peuvent-ils affronter ?

https://soundcloud.com/user-494510187/terrazil-grandir-ensemble-naturellement-le-permacooltour-podcast-13/s-KAYC9pn7gdC 

Terr'Azïl a bénéficié de plusieurs emprunts notamment un avec la Coopérative Oasis.

"La Coopérative Oasis a prêté 120 000 euros sur 10 ans à l’association Terr’azïl en janvier 2020. Le prêt avait pour but de finaliser l’achat du lieu. En parallèle la Coopérative Oasis accompagne Terr'Azïl pendant les 10 années de la convention. Lors de la première année, cela inclut notamment un soutien dans les démarches d’urbanisme pour les habitats légers, un soutien sur le cadre légal de l’instruction en familles et une aide à la création d’un fonds de dotation." (source: Coopérative Oasis)

Alexis: "Grandir ensemble naturellement !" C'est certainement cette "pushline" qui m'a incité à programmer un passage sur cet éco-lieu. Ces trois mots ont tellement de sens pour moi. Grandir Ensemble, c'est le nom d'une association qui a largement contribué à mon développement personnel en étant "jeune" puis animateur puis directeur de camp. D'ailleurs, Ludo (ami d'enfance grâce à cette fameuse association A.G.E.) nous rejoint pour cette étape... "Coïncidence? Je ne pense pas..."

Pensée et p'tit clin d'œil à tous les copains de l'A.G.E. : "le monde m'appelle, le monde m'attend, la vie est si belle, je ne veux pas perdre mon temps"

L'Ariège : une terre d'alternatives, de collectifs et d'éco-villages!

Retrouver notre carte pour voir le nombre de projets présents dans ce coin.

Kevin : L'apprentissage libre dans la nature semble être un sujet qui nous rassemble au fur et à mesure que nous avançons dans cette aventure. Les enfants, connectés ainsi à cette terre qui nous lie tous de par leur insouciance et leur soif de découvrir le monde qui les entoure, nous remettent les pieds et le mental dans une vision commune. Ils font le lien entre terre et ciel et nous ré-enracinent...

Photo d'équipe du chantier participatif !

Kamil: Blaise (cofondateur du lieu) s'est formé avec L'université du nous!

Depuis 2010, l’Université du Nous (UdN) réinvente le “faire ensemble” par sa propre expérience de la coopération et de l’intelligence collective, et trouve sa raison d’être par la transmission de ses apprentissages à celles et ceux qui veulent aussi emprunter ce chemin, animées par une profonde transition de notre société.

Conseil que nous retenons de Noémie & Blaise :

Lors d’un conflit dans un collectif, même si vous êtes formés à des méthodes de gouvernance, il est bon de se faire accompagner par une tierce personne (totalement neutre au projet). C’est pourquoi l’idée de créer du lien, du soutien entre les éco-lieux (avec des personnes qui connaissent les problématiques et les outils de médiation) peut être bénéfique pour accompagner un collectif en difficulté. Une manière de développer la résilience des projets d’éco-lieux ?

Grâce à ces belles rencontres, on apprend pleins de nouveaux moyens de communiquer efficacement au sein du collectif, de chouettes outils pour amener à résoudre nos conflits quotidiens dans un projet commun !

Cela nous motive à suivre des stages de l'Université du Nous ou de l'Aerium sur l'outil du "forum ZEGG".

" Aussi loin et aussi vite qu'on aille, on est toujours là où l'on est ! "

proverbe mongol par Noémie

"Il n'y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur, c'est le chemin."

Martine

Merci pour votre accueil et pour votre énergie. Longue vie à Terr'azïl ! Que la joie vous guide <3

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Nous avons quitté l'écovillage Sainte Camelle (prochain article N°2, ok on a du retard à rattraper) pour nous rendre ce week-end en Stop à Rouen pour les Virées Alternatives, le dernier arrivé paye sa tourné ! Perma-Express ! 😀

Le podium: 900km pour traverser la France !

3ème position: Kamil avec une arrivée vendredi à 20h30 au Festival à Rouen

2ème position: Kevin avec une arrivée à 18h

1ère position: Alexis avec une arrivée à 13h (la chance du débutant)


Soyons heureux,

et vive l'aventur'euh !

22
août
22
août

Du 22 au 29 août

1275 Km

Alexis: Il fut un temps, j'avais pour rêve de créer une école... Je me suis alors intéressé aux pédagogies et écoles alternatives. La visite de Pourgues était une évidence. Suite à la création, il y a quelques années à Paris, de l'École dynamique & l'École démocratique "les enfants font ce qu'ils veulent" (dixit le TEDX de Ramin), ils rêvent "de fonder une communauté de vie où les enfants (et les adultes !) évoluent en toute liberté dans une démarche volontaire de transition écologique." (Source, leur site : le village de Pourgues)

Petit selfie de départ 

Le rêve devient réalité en mars 2017. "L’éco-village de Pourgues est un lieu de vie fondé sur les valeurs et le fonctionnement des écoles démocratiques Sudbury".

Au cœur de ce lieu de 50 hectares, vit un collectif de 25 personnes (dont 8 enfants) qui nous invitent "à revoir notre vision de l'enfant, de l'autre et de soi-même au sein d'un collectif démocratique qui prône la liberté, l'égalité, la responsabilité, le respect de la vie et de la nature qui nous entoure."

Dans la préparation du tour et de la série documentaire cet hiver, cet éco-village nous a semblé le lieu incontournable pour parler éducation et ainsi illustrer le pétale "enseignement & culture".

Kevin : La liberté dans l'éducation… Le rêve ! Petit, je rêvais de pouvoir construire des cabanes partout, ou encore de passer mon temps avec mes legos à m'imaginer un monde de couleurs. À l'école, j'ai vite compris que ma passion pour le dessin devait se transformer à remplir des cahiers d'écritures, de mathématiques et de tant d'autres. La connaissance doit arriver à des âges précis de notre vie, comme la lecture, l'écriture, le calcul ou autre.

Et si on imaginait autre chose ? Et si l'enthousiasme pour la créativité devenait la clé de l'enseignement ?


Pétale "Enseignement et Culture" de la fleur de la Permaculture 

Alexis : Le lieu et ses habitants ici sont vraiment inspirants. L'apprentissage "en faisant" y est formidablement bien illustré. Exemple (parmi tant d'autres) avec :

  • Yohan qui a construit son habitat et qui a planté un verger-vigne sans avoir de connaissance dans la construction ou dans l'agro-foresterie, mais simplement en suivant son intuition et en expérimentant.
  • David qui gère le jardin qui produit une bonne partie des légumes du lieu alors qu'il n'avait jamais jardiné dans sa précédente vie parisienne.
  • Jonathan et son travail du bois (voir la vidéo réalisé par Kevin).

Kevin: Tout est réuni pour la réalisation d'un troisième épisode. Un détail, cependant, me retient. J'ai le sentiment que notre expérience à Pourgues ne deviendra pas la représentation du pétale dans cette série documentaire. Le village de Pourgues n'est pas le seul endroit où ils réfléchissent autant l'enseignement. D'autres rencontres, d'autres histoires inspirantes vont se dévoiler sur notre route.

Bien qu'en ayant passé cette semaine à filmer la vie des habitants en immersion avec ce village, ce sentiment m'a tenu toute la semaine. Il faut savoir s'écouter attentivement et suivre ses intuitions, ne nous pressons pas ! J'ai quand même souhaité illustrer une rencontre qui m'a touché ici, l'apprentissage "en faisant" pour tous les âges. (Voir en fin d'article).

Le lieu et la philosophie de l'apprentissage libre de cet éco-village a déjà été merveilleusement mis en images par Alex Ferrini (résident du lieu) dans son long-métrage que nous vous conseillons vivement : En liberté !

C'est pourquoi nous allons rechercher un autre lieu qui illustrera ce pétale. Peut-être avez-vous des recommandations, des suggestions ? Une personne, un couple, une école, une histoire qui vous inspire profondément dans son rapport à l'éducation et à la joie ? La forêt m'inspire, en sera t'elle le point de départ…? L'avenir nous le dira ! 😀

Dédicace à nos amis malgache Alala en concert au village pendant le film à 1h09 ! 

Concept que nous avons découvert à Pourgues: l'âgisme.

L'âgisme est pour l'âge ce que le sexisme est au sexe ou ce que le racisme est aux "races". Ainsi, l'âgisme regroupe toutes les formes de discrimination, de ségrégation, de mépris fondées sur l'âge.

Pour aller plus loin, Elfi (villageoise de Pourgues) a écrit ce livre :

Qu'est-ce que l'âgisme ? - Reconnaître et prévenir les discriminations liées à l'âge

Nous avons eu la chance de pouvoir l'interviewer.

Voici donc le tout nouveau podcast : Elfi au village de Pourgues - La liberté me rend Vivante ! - Le Permacooltour PODCAST #11

https://soundcloud.com/user-494510187/elfi-au-village-de-pourgues-la-liberte-me-rend-vivante-le-permacooltour-podcast-11 

"Il faut tout un village pour élever un enfant." Proverbe africain

"Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, Parlez-nous des Enfants.

Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable."


Extrait du recueil Le Prophète de Khalil Gibran

Poésie offerte par Elfi

Conclusion

Alexis: Ma vision sur l'éducation évolue. Je considérais les écoles démocratiques comme une alternative intéressante, mais un peu "trop" laxiste n'offrant pas un cadre (un tuteur) suffisant pour grandir sereinement. Puis Jonathan (habitant du lieu) nous a amené voir son arbre remarquable. En observant cet arbre, nous nous demandons s'il a eu besoin d'un tuteur pour grandir et s'épanouir?

Kevin et son regard sur les arbres  & Kamil le grimpeur

Ce voyage et ce passage à Pourgues ainsi que ceux à Ecolectif et à Terr'Azil m'amènent à reconsidérer ce jugement. En faisant le constat de l'état de notre planète (et de ce que nous allons laisser aux générations futures), n'est-il pas urgent de se libérer de nos croyances limitantes, de notre morale, de nos aliénations pour offrir aux générations futures ce dont nous aurions eu besoin : être libre de grandir ensemble, de pouvoir s'autodéterminer sans pression sociétale, d'apprendre à coopérer, d'apprendre à identifier et à gérer ses émotions?

L'époque n'a jamais été aussi propice à la réalisation de ses propres rêves, donnons à ceux qui nous suivent toutes les cartes en mains pour en faire de même.

 L'apprentissage "en faisant" avec Jonathan, par Kevin
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Les prochains articles, nos envies de partage :

  • Kamil: bientôt quelques mots sur mon expérience des 10 jours de médiation silencieuse à Vipassana.
  • Nous avons eu la chance de visiter Kokopelli et de faire une chouette interview (prochain podcast) du président de l'association, Ananda. Ludo (le maraîcher, nouveau membre du Permacooltour) fera un retour de cette visite pour parler des semences, du brevetage du vivant et des hybrides F1.
  • Kevin propose un porte-folio photographique sur une page Instagram avec une sélection de ses clichés. Il réfléchit déjà au prochain tournage sur l'énergie et le low-tech, tout en gardant en tête celui sur l'éducation… Suspens !

Actuellement, nous sommes sur le tout récent éco-lieu Terr'Azil toujours en Ariège. Le Perma Cool Crew s'agrandit avec Lisa, Ludo et Nelly qui nous ont rejoint. Une belle énergie se dégage pour un chantier participatif qui dépote. 😀

On se retrouve ce week-end à l'éco-village Sainte Camelle pour le Mantra Fest où nous animerons l'atelier des possible!

Soyons heureux et vive l'Aventur'euh !

18
août

Du 18 au 22 août

1190 Km

L' Aventoure

Mardi 18 août : nous quittons Pau et notre prof de batucada (merci Arnault et sa famille pour leur accueil); en route pour Gaillac (près de Toulouse) pour assister le deuxième épisode de Pensée Sauvage. Entre Pau et Gaillac, il y a 250 Km alors il nous faut trouver une étape intermédiaire.

Notre idée : la ferme en Coton (près de Auch). Un peu l'équivalent de la ferme du film américain "The biggest little farm" mais en France. J'ai connu cette ferme à travers ce chouette reportage de France 2 (vous vous souvenez Rém' et Tonton?) 😀

Mais en cours de route, Anne-Catherine de la ferme nous rappelle en nous disant que ça va être compliqué de pouvoir nous accueillir... alors changement de programme... C'est ça l'Aventoure! 😀

Nous n'avions pas vraiment d'autre plan de secours sur notre carte. Alors nous avons jeté un oeil sur la fabrique colibris. Et là nous tombons sur cette annonce: Eco-hameau Ecolectif. Alors en route (même si nous n'avons pas réussi à joindre le collectif)

Etape un peu dur psychologiquement et physiquement: 100km, les collines de la haute Garonne sont redoutables et nous offre un sérieux challenge sportif!

A 20 km de l'arrivée, c'est Astrid qui nous explique que normalement c'est une demande qui doit être faite en cercle à l'ensemble du collectif mais là c'est trop juste... alors nous serons ses invités! Quelle chance! Nous arrivons finalement à notre destination de nuit avec qu'une seule envie: DORMIR!

Le lendemain, nous découvrons l'éco-hameau. Et on sent vite que le lieu est très intéressant et que ça sera certainement frustrant de repartir sans en savoir davantage. Kevin reçoit un appel... le tournage de Pensée Sauvage est annulé. Alors changement de programme, on prend le temps de rester... C'est encore ça l'Aventoure! 😀

Ecolectif: recréer un art de vivre

Un collectif d'habitat: entre espaces communs et parties privées.

C'est le plus gros collectif que nous découvrons depuis le début du voyage. Ils sont 46 personnes (25 adultes et 21 enfants) sur un terrain de 46 ha.

Il y a une grande bâtisse centrale pour maison commune, où on y trouve:

Une grande salle pour se rassembler "la grange", une cuisine, une bibliothèque, une salle de musique, un bureau, une salle de jeux, une buanderie, des chambres pour accueillir woofeurs et invités et une épicerie où sont vendus les productions de chacun.

Chacun a son espace privé en yourte repartie sur le terrain.

La Grange collective d'Ecolectif!

Juridique et finances


"Le souhait dans la conception du montage juridique a été de dissocier les personnes et la propriété du lieu.


Juridiquement, c'est la SCI qui est propriétaire, et elle a 2 sociétaires: MV Finances (Michel Valentin, entrepreneur philanthrope, qui a permis l'achat) et "Chemins d'Ecolectifs", qui est l'association des habitants.


Pour l'achat du lieu, un calcul simple avait été fait: comme l'investissement total était de 500k€, et comme, à terme, le souhait était qu'il y ait 40 habitants adultes, chaque nouveau membre doit verser 500k/40 = 12 500€ en arrivant. C'est la SCI qui reçoit cette somme, sous la forme d'un prêt, et elle est restituée dans les 6 mois à un membre qui quitte Ecolectif, grâce aux prêts des entrants.


Chaque adulte paye un loyer pour l'occupation de son espace de vie. Les loyers sont de 200€ charges comprises pour les logements dans la maison, 105€cc pour les habitants en yourtes connectées et 60€cc pour les habitants en yourte autonome. Chacun dispose d'un bail qui lui permet de recevoir éventuellement les aides au logement. Ces loyers financent les charges et quelques menus investissements, et permettent de peu à peu rembourser l'emprunt à MV Finance."

Revue Passerelle Eco N°67

Collectif d'alimentation

Production maraîchère, commandes groupées, poulaillers partagés, verger.


Le collectif inspire d’expériences menées sur tous les continents en favorisant d’abord la vie microbienne du sol. La quantité de matière organique s’accroissant, l’érosion diminue, la terre peut retenir plus de carbone et sa fertilité augmente, offrant des récoltes de meilleure qualité. Afin de réduire leur impact écologique, ils visent une consommation nulle en énergie fossile (retournement du sol minimisé, peu de transports, autoproduction des fertilisants).

Leurs activités agricoles:

- Des surfaces de maraîchage (5000 m carrés) : c'est Astrid (notre hôte Suédoise) qui est actuellement la maraichère du collectif. Elle vend directement sa production via l'épicerie de l'éco-hameau (il y a pas plus local!)

- Des vergers et une pépinière

- Une activité de fabrication de pain et la construction d’un four à bois (avec Maxime, le voyageur inspirant qui est parti des Pyrénées jusqu'en Suède à pied. C'est d'ailleurs comme ça qu'il a rencontré Astrid. Une belle histoire)

- Plusieurs poulaillers

- Quelques ruches


Un groupement d’achats: ils organisent plusieurs groupements d’achats pour compléter leur production alimentaire grâce à des partenariats avec d’autres producteurs, les plus proches possibles éthiquement et géographiquement. Plusieurs familles prennent part à des groupements d’achats existant en dehors du projet.

Isabel & Astrid pour le "dispatch" d'oignons  

Un équilibre entre individus, famille et collectif.


"Dans certains éco-lieux, la participation au collectif se concrétise par une économie commune, ou par des journées obligatoires de travaux aux champs ou au chantier construction.


À Ecolectif, ni les journées de chantier collectif, ni les réunions ne sont obligatoires. Et pourtant, la dimension collective est bien là et cohabite avec cette liberté. C'est une notion chère au concept du continuum : s'appuyer sur les envies et les besoins de chacun, dans l'instant. Les enfants ne sont pas forcées d'apprendre: ils participent à la vie, et à un moment ils ont envie d'apprendre. Les écolectiviens ont également adopté le concept du continuum pour les adultes."

Revue Passerelle Eco N°67

Vivre en collectif n'est pas forcément simple…Isabel (co-fondatrcire du projet depuis 2009) nous donne sa vision du vivre ensemble dans un tout nouveau Podcast sur Soundcloud.

"Dans un groupe humain, il y a plein de turbulences, mais ça veut pas dire que c'est compliqué. Ça veut juste dire que c'est vivant, que ça bouge. Quand on regarde la mer, il y a plein de turbulences, on va pas dire qu'elle est hyper compliquée, c'est la mer." Merci Isabel pour ton témoignage. 🙏🌿

Pour en savoir plus sur le collectif : ecolectif.jimdofree.com

Pour en savoir plus sur Isabel et ses propositions d'accompagnement de collectifs en créations : equivalence-creative.com

https://soundcloud.com/user-494510187/isabel-estevez-ecolectif-un-hameau-ecole-en-continuum-le-permacooltour-podcast-10 

Une nouvelle fois, l'idée de mettre les mains à la terre nous réjouit.

Damien professeur de physique-chimie dans un collège proche du hameau et aussi chanteur-compositeur du groupe Freedams, nous propose de lui filer la patte pour monter des murs en terre paille chez lui.

Sous le regard avisé de son dernier fils, la paille se mélange à la barbotine, puis se tasse à grands coups dans les coffrages bois qui serviront de guides à la structure. En quelques heures, le mur se monte. Quelle facilité déconcertante… Ne restera plus que l'enduit à appliquer après séchage, mais déjà la route nous attend… Nous sommes attendus à l'éco-Village de Pourgues !


Voici un site Internet par Association pour la Promotion des Techniques Ecologiques qui vous expliquera la manière utilisée avec Damien. Ou encore les vidéos de la chaîne Youtube Avenir Permaculture et Terre Paille & Compagnie que vous commencez à bien connaître maintenant 😉

"La violence est une tentative généreuse pour combler la distance perçue en termes de compréhension." Dominic Barter (cercles restauratifs) citation offerte par Isabel Estévez

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Actuellement nous sommes à l'éco-village de Pourgues. Encore un collectif qui sait accueillir: tente de luxe, piscine, cuisine de pro, babyfoot... on a pas à se plaindre. 😇

Prochain article: on parlera éducation dans la continuité du concept de continuum 😀

Soyons heureux et vive l'Aventur'euh!

Publié le 12 octobre 2020

Kamil : Voici le témoignage de mon aventure personnelle, où j’ai quitté Le Permacooltour pour réaliser une retraite de méditation silencieuse, pendants 1O jours.

Il s'agit de Vipassana !

Vipassana, qui signifie « voir les choses telles qu'elles sont réellement », est une des techniques de méditation les plus anciennes de l’Inde. Cette technique de méditation est enseignée par Mr Goenka, lors de cours résidentiels de dix jours. Pendant cette retraite, les participants apprennent les bases de la méthode et pratiquent suffisamment pour obtenir des résultats bénéfiques, à réemployer à sa guise, dans le quotidien.

Mon retour et mon avis sur Vipassana

Un mélange de curiosité, de challenge personnel pour nourrir une quête de spiritualité.

Avant mon entrée à Vipassana, mon mental avait peu de renseignements sur le sujet. Mon esprit lui, savait que ce serait une étape importante dans cette vie. J’y suis entré pour une parenthèse, j’en suis sorti pour un nouveau départ.

Dans ce cadre paisible, je me suis déconnecté du monde extérieur, j’ai pu prendre pleinement conscience que Vipassana est une méthode de transformation de soi par l’observation de son soi intérieur.

Cette transformation est passée par plusieurs étapes :

D’abord, celle d’être seul face à moi-même, face à mes doutes, face à mes pensées quotidiennes indisciplinés. Puis mes sensations se sont aiguisées, j’étais le témoin de ce qui se passait plus profondément en moi. Enfin, j’étais face à ma réalité qui pouvait être observée et écoutée comme elle est.

Me retrouver dans cette solitude n’a pas été évident. A maintes reprises j’étais traversé par diverses états d’âmes. C’est alors que je me concentrais pour évacuer la couche superficielle des pensées qui encombraient mon esprit. Mon esprit en quête de sérénité. Ainsi, la tâche était sérieuse, avant de pouvoir atteindre ce stade un travail assidu sur soi était de mise.

C’est là que j’ai appris que toute énergie varie constamment avec « Anitya » la loi de l’impermanence. Qui démontre bien qu’à chaque heure, la méditation est différente et que le ressenti d’un moment ne reste pas le même, l’instant d’après.

Ce que je constate à présent, c’est que c’est à l’échelle individuelle qu’il faut apprendre « l’art de vivre » pour mener des vies qui aspirent à la paix. Ce principe est au coeur de ce que Mr Goenka enseigne à des personnes issues de différents milieux. Une de ses actions en Inde a contribué au développement de l’harmonie entre les religions. Il a porté cela de façon subtile mais notable avec Vipassana qui veut dire « vision intérieure », afin de « voir la réalité telle qu’elle est » . Et pas comme on voudrait qu’elle soit.


Description de mon voyage au gré des jours

Durant les trois premiers jours notre attention est minutieusement portée sur notre respiration naturelle, au même temps que nous apprenons à nous concentrer avec précision sur une infime partie des narines.

Pendant ces 3 jours, j'ai observé de nouvelles douleurs apparaître. Ce travail mentale de l'observation, à permis à mon corps d'enclencher le processus de guérison naturel. Il a été important pendant ce temps que j'accueil la douleur pour la comprendre et l'accepter comme elle est.

Le quatrième jour est un grand jour, nous entrons véritablement dans la méthode Vipassana qui est basée sur l’observation de nos propres sensations sur des zones ciblées de notre corps. Au fil des jours mon corps change, mes sensations ne sont jamais les mêmes.

En passant par « Anitya » on peut se réconcilier avec notre approche habituelle et tendancieuse de nos sensations de douleurs ou de bonheurs.

  • Dans le cas de la douleur, notre rôle est de se détacher de ce qu’au premier abord, nous parait négatif et douloureux. A partir du constat d’une souffrance corporelle dois-je pour autant en faire une souffrance mentale ?
  • Dans le cas du bonheur notre rôle est de le vivre quand il est là, pleinement, sans restriction ou crainte qu’il ne disparaisse.

Dans l’un est l’autre cas, il s’agit de se donner le pouvoir de poursuivre et de persévérer pour déconstruire et reconstruire les habitudes de notre mental.

Le 5ième jour, je découvre sans le savoir mon premier free flow, je sens un courant d’eau intense parcourir mes bras et mes jambes en un cercle infini. Il s’agit du flux de mes énergies que je parviens à ressentir en observant patiemment et équanimement* mes sensations.

*L’équanimité, (égalité d’âme, d’humeurs) est « une disposition affective de détachement et de sérénité à l’égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable ». Une approche qui me permet de rester neutre face aux nombreuses formes de bloquages dans le corps.

Après ce premier séjour de 10 jours, je peux à présent comprendre que Vipassana n’est pas seulement une technique de méditation. Cette retraite est un véritable travail personnel, avec des efforts à mobiliser pour surmonter ses propres freins. Un engagement donc, et pas des moindres, celui de soi à soi.

La finalité de la méthode de méditation Vipassana est le “vivre en paix et en harmonie” qui passent par la recherche de l’équilibre. On y apprend à rejeter l’aversion, l’attachement et les désirs qui nous rendent malheureux.

Je vous invite à explorer le site officiel et les code de conduite à suivre lors d’une retraite.

L’idée est que chacun puisse ensuite poursuivre la pratique de la méditation chez lui, s’il le souhaite. A l’issue des 10 jours, nous avons intégré les éléments nécessaires pour pratiquer en autonomie.


C'est avec plaisir que je partageais cette première expérience à Vipassana. Eh oui, je présage de participer à une seconde retraite, bientôt...

écrit par Kamil & Nelly

Soyons heureux et vive l'Aventur'euh !

Méditation du soir à l'éco-village de Pourgues. Avec Léna, qui a vécu Vipassana aussi !
10
août
10
août

Du 10 au 17 août

1020 Km

Les 1 000km sont dépassés! 🏔Contents de pouvoir les atteindre à Lescun, dans le plus haut village du Béarn, au coeur du Département des Pyrénées-Atlantiques. Lescun est connu pour son grand et majestueux cirque...

 Point de lions, d'acrobates et de clowns mais bien des pics dolomitiques pour former le cirque pratiquement clos 😀

C'est Christophe (l'incroyable chanteur/musicien rencontré à Uzeste) qui nous envoie là-haut! Quand on arrive au centre du village on ne connait personne. Après avoir repris notre souffle, on pose nos intentions:

1) Avoir de quoi recharger les batteries (un p'tit casse-croûte avec un carbuvant serait le bienvenu après la montée).

2) Savoir où on dort (on a le contact de Laetitia par Christophe mais on ne sait pas qui c'est ni où la trouver).

3) Rencontrer le prof de Batucada pour lui demander si on peut participer (gratuitement) à son initiation de 4 jours (on a vu une affiche en arrivant au village).

Une fois les intentions posées on se lance. On demande à l'hôtel/café du village (Le pic d'Anie) s'ils ont des "restes" pour des voyageurs affamés sans argent...

Et là tout s'enchaîne! Le serveur (Théo) connait le Permacooltour! Normal il est le coloc de Laetitia 😀 Il nous offre d'abord du pain, puis un un fond de fût et enfin une magnifique assiette à partager. Intention N°1: check!

Puis Laetitia arrive. Elle nous propose de nous installer après notre repas. Intention N°2: chack! Elle est accompagnée. On leur demande si à tout hasard, ils connaissent le prof de Batucada. "Bin ouai, c'est moi" répond Arnault qui l'accompagnait. Il trouve notre projet cool alors aucun soucis pour participer à la Batuc'. Intention N°3: chouck!

Notre semaine à Lescun commence très bien. Merci à chacun et au pouvoir de l'intention (clin d'oeil à Gab & Sappho) 😉

Une vidéo de la Batucada est disponible sur notre page Facebook

Quel plaisir de pouvoir faire de la musique et créer une harmonie/énergie sans être (vraiment) musicien! Un lien se fait avec la fleur de la permaculture: "Musique et création artistique participative".

Utiliser Pythagore en construisant un abri pour les ânes 📐📏

Il en faut de peu pour qu'une formule mathématique soit comprise et mise en application.

Pas besoin d'équerre pour savoir si un angle est droit. On utilise la méthode 3/4/5 !

a2 + b2 = c2, si 90cm + 160cm = 250cm alors vous avez un angle droit. Facile non?

À quand des exercices de construction à l'école pour apprendre à calculer dehors?

Merci Bruno, Maël et Laetitia pour ces instants de partage !

Lorsque nous sommes arrivés à Lescun, rouges et suants par cette montée, nous avons été aussi accosté par Albert, un ancien du village.

"Ben vous êtes bien chargés vous…!"

Lui racontant notre histoire, Le Permacooltour sonne comme un gong chez lui. "Permaculture ?? C'est incroyable ça !"

Il nous raconte qu'il vient de finir un roman celui de Mélissa Da Costa, Tout le bleu du ciel. Elle raconte l'histoire d'un jeune homme de 26 ans condamné en espérance de vie qui part pour un dernier voyage. Son périple l'emmène dans une cabane de berger dans le cirque de Lescun à la rencontre d'une communauté de permaculteurs perdu dans les montagnes.

"Venez je vous y emmène !"

Nous lui demandons quelques jours pour nous reposer et c'est un matin que nous partons randonner à ses côtés.

Découverte plantes sauvages et comestibles:

- Sorbier de l'oiseleur: à ne pas manger cru! (ce que nous avons fait... on en est pas mort ou tombé malade 😉)

- Panais sauvage (Théo en a plein autour de son jardin)

- La petite Pimprenelle (et son bon gout de concombre)

- Retrouver les sensations de l'escalade en pleine nature. Merci Théo. D'ailleurs on vous recommande son site(il y parle alpinisme, escalade, écologie, aventure...)

- Avoir une chanson dédicacée lors du concert des Bambines. Merci les filles c'était beau, puissant et touchant <3

La chanson dédicacée: "Pas o panori" veut dire "Pas de champagne". Une ode à la sobriété heureuse 😀

"Le plus riche des Hommes est celui dont les plaisirs sont les moins coûteux" Henry David Thoreau

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Prochain article: "Ecohameau Ecolectif: l'école du collectif"

Aujourd'hui nous sommes arrivés à l'écovillage de Pourgues! Nous y restons une semaine et nous espérons pouvoir illustrer un pétale de la fleur de la Permaculture pour la série documentaire. A votre avis quel pétale?

6
août

Du 6 au 10 août

975 km

C'est lors d'une formation "Guide composteur" à l'association Au Ras du Sol que j'ai rencontré Sébastien. A l'époque, il m'avait déjà fait rêvé en me racontant la construction de sa maison en terre paille. Quand nous avons communiqué sur le projet, il m'a de suite proposé de nous accueillir "si on passait par là"... Pas de hasard, leur maison a été l'étape parfaite entre Soustons et Lescun.

Sophie et Sébastien vivent avec leurs trois enfants dans 160m² de terre et de paille. Une année de conception, deux années de bâti et plus de 80 participants.

Cette maison transpire la joie et possède une vraie âme. Auto-construire son habitat nous inspire.

Voici leurs conseils : "réfléchir, dessiner, faire au plus simple et aller voir d'autres maisons pour avoir des conseils avant de se lancer, se former, ne pas se décourager, faire attention à sa santé, faire des pauses et oser demander de l'aide. Bien protéger sa maison, penser aux ponts thermiques, à la rétractation de l'énergie et bien orienter sa maison. Prévoir large en temps de chantier pour ne pas se mettre la pression et ne pas hésiter à faire intervenir des pros pour s'économiser de l'énergie (plomberie, élec, tout dépend). Mais le meilleur conseil, c'est de compter sur la bonne humeur des chantiers participatif, lâcher prise et ne pas être trop dans le contrôle. Bichonne ceux qui participent et n'oublie pas ta famille !" 😀

Nous pourrions une nouvelle fois vous conseiller de regarder le premier épisode de la série docu du Permacooltour et vous diriger vers Terre Paille & Compagnie, mais cette fois c'est deux livres que nous vous suggérons. Celui de notre ami André de Bouter "Bâtir en paille" et celui de Tom Rijven nommé "Entre paille et terre" des éditions Goutte de sable. Ils ont beaucoup inspiré Sophie et Sébastien lors de la conception de leur maison.

La dernier bon plan de Sébastien concerne les carottes.

Vivant avec un sol extrêmement argileux, il fait pousser ses carottes dans un mélange de terre, de compost et de sable dans les baignoires qui ont servies au chantier pour la barbotine.

Merci Sophie, Sébastien, Violette et Téomé pour votre accueil, votre joie et votre générosité. Nous avons passé quelques jours de partages merveilleux et inspirants avec vous.

Les photos bonus: la cabane tressée des enfants, l'engagement de Séb et leur "génie du lieu" 

"Poursuivez vos rêves, c'est un beau projet. Car paix dit Aime" Téomé et Violette

Les bons plans éco-lieux des Pyrénées Atlantique:

- La Ferme légère: j'aurais beaucoup aimé rencontrer Marc & Valérie car ils ont entrepris un voyage à vélo, avec le thème de l’effondrement, en animant des soirées sur le thème au fil du voyage. Une autre fois peut-être, à la bonne heure...

- Village Emmaüs Lescar Pau

- Ecolieu Les Prêles à Estialescq

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Découverte au lac de Léon: La châtaigne d'eau

Si vous cherchez à "optimiser" vos milieux humides (marre, étang...) avec de l'aquaculture, "la châtaigne d’eau est consommée comme les châtaignes terrestres : faire bouillir ou griller. Sa chair farineuse est légèrement salée avec une saveur délicate de châtaigne et de noix de coco mélangées."

On a pas encore rencontrés de personnes qui la cultivent et qui la consomment mais elle serait "un élément clé de la cuisine chinoise et vietnamienne" (source: canalvie). Si vous connaissez quelqu'un qui la cultive, ça nous intéresse 😀

La châtaigne d'eau 
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Prochain article: "Arrivés là-haut même pas Lescun-tés".

Nous quittons Lescun aujourd'hui pour faire 350 km (en trois jours) vers Gaillac où nous sommes attendus pour participer (Kevin sera second caméra) à la deuxième vidéo de Pensée sauvage.

1ère vidéo: "Réveillons-nous" 

Kamil a suivi une retraite méditative et silencieuse pendant 10 jours: Vipassana. Nous le retrouverons (certainement métamorphosé) sur la prochaine étape.

Soyons heureux et vive l'Aventur'euh

4
août

Du 4 au 5 août

810 Km

Le Permacooltour est aussi l'occasion d'organiser des projections du film Que notre joie demeure coréalisé par Kevin. Alors quand on est invité par Eléonore (amie de Kevin) pour parler du projet et projeter le film dans le Tiers lieu FISH (Foyer Intensif de Savoir Humain) où elle travaille, on prend nos vélos et on fonce!

Merci à tous pour votre présence, votre bienveillance et vos encouragements. La projection du film, après la présentation du Permacooltour s'est déroulée à merveille ! À très vite pour une nouvelle projection !

Si vous aussi vous souhaitez qu'on passe dans votre tiers/éco-lieu, dans votre collège ou lycée, pour un événement que vous organisez, pour une fête de votre village: contactez-nous!

Prochaines dates:

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Questionnement: Tiers-lieux, éco-lieux? Kesako?

Le questionnement a débuté à l'éco-lieu Jeanot qui, comme son nom l'indique, est un éco-lieu. Les salariés de Jeanot ont remarqué que le terme peut être trompeur pour beaucoup de personnes... De plus, l'éco-lieu a été invité à un réseau de tiers-lieux dans les Landes. À l'étape d'après, nous nous sommes retrouvés à FISH, le tout nouveau tiers-lieu de Castets. Alors éco-lieux / tiers-lieux, quelles différences et qu'est-ce qui les relies?

Le tiers-lieu 

Le tiers-lieu est un terme traduit de l'anglais The Third Place (qui ne doit pas être traduit par « troisième place » mais éventuellement par « troisième lieu ») faisant référence aux environnements sociaux qui viennent après la maison (1er lieu) et le travail (2ème lieu). C'est une thèse développée par Ray Oldenburg, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, dans son livre publié en 1989 : The Great Good Place. (source: Wikipédia)

La définition vue par le sociologue: "Le tiers-lieu désigne explicitement, et par un simple mot, une situation somme toute assez ordinaire : plusieurs personnes indépendantes les unes des autres se rencontrent pour concevoir et administrer ensemble quelque chose – qu’il s’agisse d’une recette de cuisine, d’un service informatique ou d’un texte de loi." (source: Movilab)

Autre définition et carte des tiers-lieux du sud-ouest sur la coopérative des tiers-lieux.

Concrètement? "Les tiers-lieux peuvent prendre la forme d’espace de travail partagés (appelés aussi « coworking »), d’ateliers partagés, de fablab (laboratoire de fabrication) et accueillir des services hybrides tels que des salles de réunions, des jardins partagés, des boutiques partagées, des cafés, des épiceries, des ressourceries, des espaces de médiation culturelle et bien d’autres." (source: la coopérative des tiers-lieux)

L'éco-lieu / l'Oasis

Définition: "un éco-lieu est un lieu de Vie en transition vers un idéal écologique, solidaire, en équilibre économique". (source: Ecoliens)

Cette définition nous rappelle la définition de la permaculture donnée par Brin de Paille: "la permaculture est une conception s'inspirant de la nature pour créer des lieux de vie écologiquement durables, socialement équitables et économiquement viables."

L'Oasis définie par le mouvement colibris:

"L'oasis est un endroit où chacun peut trouver la réponse à ses propres besoins et, plus largement, contribuer à répondre à ceux de son territoire"

"Dans sa forme la plus aboutie, une oasis se construit autour de cinq principes fondamentaux, cinq leviers de changement individuel et collectif:

  • Agriculture et autonomie alimentaire
  • Éco-construction et sobriété énergétique
  • Mutualisation
  • Une gouvernance respectueuse
  • L’accueil et l’ouverture sur le monde"

On vous recommande ce hors-série de Kaizen si comme nous vous rêvais de rejoindre ou créer un oasis / éco-lieu.

KAIZEN fait partie des déclics à la création du projet: le Permacooltour.


Si vous souhaitez voir notre propre référencement des lieux inspirants, cliquez-ici !


Conclusion

Si l'éco-lieu Jeanot n'est pas un lieu de vie (personne n'y vit à l'année), il peut être considéré comme un tiers-lieu avec des valeurs écologiques fortes: un éco-tiers-lieu? 😀

Dans tout les cas, tiers-lieu et éco-lieu partagent une valeur fondamentale. Les tiers-lieux / éco-lieux sont collectifs et partagés. Des lieux qui sont un bien commun révélé, délimité, entretenu par et avec un collectif.

On en revient à cette idée de définir et développer les Communs vue à la commune imaginée du Bandiat ou comme en parle Frédéric Bosqué de TERA dans le Podcast#8 sur l'écosystème.

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé. » Margaret Mead

26
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Du 26 juillet au 4 août

785 Km

C'est lors d'une réunion du Réseau Compost Citoyen Nouvelle-Aquitaine en février 2019 que j'ai pris connaissance de l'éco-lieu Jeanot pour la première fois. A l'époque je recensais les lieux inspirants sur une grande carte de France. Alors quand j'ai annoncé que je rêvais de faire le tour de France à vélo des éco-lieux, Charlotte & Alex (tout les deux salariés de l'asso) m'ont direct invité à passer sur leur lieu. 1 an et demi plus tard, l'équipe du Permacooltour, le "AKKA" (Anaïs, Kamil, Kevin et Alexis) débarque!

L'éco-lieu Jeanot c'est:

Ce que nous avons particulièrement apprécié du lieu:

1) Le lieu propose un espace test pour des jeunes (ou moins jeunes) qui cherche à expérimenter la production maraichère ou vivrière.

2) un lieu inspirant pour des résidences d'artistes ou des groupes (qui réfléchissent à la création d'un éco-lieu par exemple).

3) un lieu particulièrement ouvert qui accueille de nombreux woofeurs, compagnons (du réseau REPAS) et où nous avons pu proposer l'atelier des possibles pour une journée porte ouverte.

Lieu d'expérimentation agricole.

Virginie était archéologue. Métier de rêve lorsqu'on est enfant, mais très vite, la réalité nous rattrape en grandissant. Et comme beaucoup, quand un sytème s'empare d'un métier pour le rendre plus productif que jamais, changement de profession oblige...

Se reconnecter à la nature, mettre les mains dans la terre. C'est là où rentre en jeu l'éco-lieu Jeanot. Depuis 2011, l’association « C Koi Ça » anime l’écolieu. Des prémices d’un jardin partagé chez Jean Diviths (surnommé Jeanot) au projet d’aujourd’hui, l’équipe de « C Koi Ça » défriche et expérimente de nouvelles façons de vivre son territoire et le monde qui l’entoure. L'éco-lieu met ainsi à disposition un espace de maraichage pour Virginie cette année, une zone test. Deux serres, de l'eau, des terres et même de quoi vendre sa production. Pendant trois ans, c'est le temps pour elle de savoir, si oui ou non, elle souhaite continuer ce métier et se lancer dans la production alimentaire. Ces zones se développent ici et là à travers la France. Quand on pense que le pourcentage d'agriculteurs est seulement de 3,6% de la population active et que le nombre d'agriculteurs reste en baisse continue: de 1,5% à 2% par an (source: la MSA pour Le Figaro). L'idée de pouvoir mettre les mains dans la terre et ainsi nourrir nos proches peut, nous aussi, nous traverser l'esprit. Ici, l'éco-lieu permet d'explorer cela, en prenant moins de risques qu'avec sa propre terre si on commençait de zéro.