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La Team MyAtlas

À propos

Ici pas de bons plans resto ou hôtel… Juste les "aventures" d'un type qui prend son sac à dos et voyage dès que possible avec ses joies, ses découvertes et surtout ses galères.
Mélange de surprises et de chaos, La Paz, la fausse capitale de la Bolivie, ne laisse personne indifférent. En sortant des sentiers battus elle dévoile un visage méconnu mais ô combien dépaysant.
Juillet 2018
10 jours
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"En deux jours tu en as fait le tour" - "C'est moche, polluée et en plus c'est impossible de circuler tellement il y a de trafic" - "Franchement je resterai un jour histoire de voir le centre et après je partirais vite si j'étais toi". Voilà un maigre résumé de ce que j'ai pu entendre de plusieurs voyageurs sur La Paz avant d'y poser un pied. Quand on sait que ceux qui m'ont dit ça faisait un combiné Pérou-Bolivie en trois semaines, je ne pense pas pouvoir me fier aveuglement à eux. Globalement, ce n'est pas une ville qui fait rêver et elle ferait surement l'unanimité négativement si on demandait aux voyageurs leurs ressentis. Mais bon, j'ai toujours aimé et préféré les villes et les endroits un peu délaissés où le plus grand nombre ne trouve que peu d'intérêt : Huancayo au Pérou l'année dernière ou bien plus récemment avec le Paraguay et Oruro.

Mais j’avoue que quand j'y suis arrivé pour la première fois et que j'ai regardé par la fenêtre du bus un "Beeeeuuurrrkkkk... elle est un peu beaucoup glauque cette ville..." ! Au moins le cadre est lui absolument merveilleux. En fait c'est une ville que l'on apprend à aimer. La Paz c'est un peu comme une personne timide qui tire la tronche mais si l'on prend le temps de la connaître un minimum on ne se focalise plus seulement sur son visage qui respire la joie de vivre mais aussi sur ses qualités qui commencent à sortir. On pourrait même s'y s'attacher et y découvrir plein de charme mais aussi ses défauts qui rendent à moitié dingue. Elle est blottie dans une cuvette, au pied de de l'altiplano et est dominée par les immenses sommets enneigés de la Cordillère Royale, dépassant les 6000 mètres, de part en part et visibles partout depuis partout en ville.

Elle est rarement verte, les parcs étant cachés dans une véritable jungle urbaine de construction en briques orangées qui sortent de terre comme des champignons sur les collines ou le flanc de la cuvette. Les habitations sont de plus en plus nombreuses et grignotent inlassablement du terrain pour s'étendre à perte de vue. Elle est tout le temps vivant, à l'image de ses (immenses) marchés pleins de vie. Pour une "capitale", elle n’est ni trop petite ni trop grand. En revanche, elle n'est absolument jamais calme et reposante. Le type qui vient ici pour une retraite spirituelle et en quête de relaxation va très vite déchanter et voir ses cheveux devenir blancs ! Je pense qu'à l'école, tout le monde prend en LV2 l'option "Klaxon" vu que c'est vraiment le second langage à maîtriser pour survivre. Des centaines de collectivos occupent la chaussée en provoquant des embouteillages monstres du petit matin jusqu'à tard le soir. Ici le chaos est roi.

Quand j'arrive à La Paz depuis Oruro, j'arrive en réalité dans la ville d'El Alto, encore sur l'altiplano à 4100 m. Ici, moins on a de billets dans les poches et plus on vit haut. Les quartiers les plus aisés sont situés au sud et aux alentours de 3000 mètres d'altitude. Dire que j'ai apprécié mon séjour dans cette ville est un euphémisme, car passées les premières minutes déroutantes, je me suis senti extrêmement bien de suite et ce malgré mes allergies aux coups de klaxons intempestifs. A tel point que c'est à ce jour ma ville préférée d'Amérique du Sud et j'y suis resté au total 10 jours entrecoupés par une virée au bord du Lac Titicaca.

Que ce soit à l'entrée où dans le centre-ville, des ordres de minibus s'entassent dans les rues à la recherche de client à amener. Les chauffeurs jouent à "Qui a la plus grosse" mais en version mécanique. Comme aucun d'eux ne veut céder un centimètre de bitume aux autres, il n'est pas rare de se retrouver coincé sans pouvoir bouger un pneu pendant de longues minutes tandis que les excités du klaxon martèlent leurs volants sans relâche, quand ils ne sortent pas pour s'hurler dessus. Rien que pour atteindre le centre-ville lors de mon arrivée, il aura fallu plus de 1h30 pour parcourir 12 km depuis l'aéroport d'El Alto jusqu'au terminal.

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Heureusement depuis environ 5 ans une alternative a été trouvé pour éviter de rester trop longtemps dans les transports lors des heures de pointe et ainsi désenclaver les quartiers. Le président Morales à inaugurer un système de transport en commun assez unique au monde. Je sais que ça existe en partie comme à Medellin où il y a des téléphériques qui vont sur les hauteurs mais les lignes ne sont pas reliées entre elles.


Dès mon arrivée je pose mon sac à l'hôtel dans un que j'avais repérer dans le fameux marché des sorcières. Ne pouvant pas attendre, je pars en direction de la ligne de téléphérique orange qui m'emmène plus haut. Je cherche à avoir un point de vue sur le sud de la ville mais ne sachant pas où sont situées les différentes stations, je pars totalement à l'aveugle. Deux stations plus loin, je saute hors de la cabine et trouve un point de vue. Devant les yeux, j'ai une photo digne d'une carte postale : une vue sur la ville baignée dans la lumière orangée du soleil couchant et sur l'Illimani, gigantesque sommet de 6 462 mètres, qui trône majestueusement au fond.

La Paz est tentaculaire ! C'est impressionnant de voir à quel point la ville est étendue autant en superficie qu'en dénivelé. Depuis le téléphérique, des dizaines de collines apparaissent, ainsi que des falaises. Lorsque l'on grimpe, on frôle parfois les habitations et les immeubles donnant à quelques reprises une vue directe sur les habitations et le quotidien des gens qui y vivent.

Il est vrai que la plupart des cabines ne sont pas pleines et j'ai entendu dire que c'est la méfiance des habitants envers la sûreté de ce système qui on serait la cause. Je ne sais pas trop si c'est la vérité et je pencherai plutôt pour une question de goût car même si le trajet coute 3 Bs, ce n'est pas une somme que tout le monde peut se permettre de sortir à chaque fois qu'il doit bouger. D'autant plus que s'il faut prendre une autre ligne en connexion, avec un tarif dégressif, il faudra quand même repayer. Pour eux le trajet en collectivo sera toujours plus rentable.

Je vais d'ailleurs profiter d'une de mes après-midis pour emprunter toutes les lignes et ainsi visiter la ville de façon atypique car depuis les airs et le tout me revient à environ 5 €. Les lignes les plus impressionnantes sont la rouge et la violette car elles relient La Paz à El Alto. La montée est très raide et suit les rebords de la falaise sur lequel les maisons sont construites les unes sur les autres. Du coup au moindre soucis, genre un câble qui détache, c'est le grand plongeon des dizaines de mètres plus bas avant un atterrissage pas super en douceur. D'ailleurs lors de la montée plutôt venteuse, la cabine se balance de gauche à droite en vibrant. Une hollandaise a une crise de panique et commence à s'agiter dedans, ce qui fait bouger encore plus la cabine dans le vide. Je n'étais pas convaincu de la beauté de la langue néerlandaise, mais alors entrecoupés avec des sanglots ce n’est vraiment pas top ! Depuis là-haut, la vue est impressionnante et on se rend vraiment compte que La Paz commence à s'étendre sur les rebords sud de la cuvette. D'ailleurs le téléphérique sert aussi d'outil de propagande pour faire passer des messages afin d'unir le peuple bolivien sur une même cause : l'accès à la Mer. Sur la majorité des cabines est collé "#MarParaBolivia" en référence au territoire perdu au profit du Chili suite à la Guerre du Pacifique. En 2018, le tribunal international de la Haye a statué sur le fait que le Chili n'était pas obligé de négocier quoique ce soit avec son voisin. Maintenant, seuls les quelques autocollants laissent envisager la revendication du président auquel il s'accroche désespérément alors que j'ai l'impression que la majorité des boliviens s'en balancent complétement.



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Le jeudi et le dimanche, c'est à El Alto que se tient le plus haut et surtout le grand marché en plein air d'Amérique du Sud. En Bolivie, les marchés sont une tradition. Dans un pays où les grandes surfaces sont quasiment inexistantes et où il est possible de vendre de tout dans la rue sans avoir besoin d'un permis, les marchands ne s'en privent pas et s'en donnent à cœur joie !

Attention ici il ne s'agit pas d'un marché de quartier ou quelques vendeurs viennent pour écouler leur marchandise. Non ici on parle d'un marché qui s'étend sur… 30 km². Juste pour comparaison, la superficie de Lille est de 34 km². La braderie de Lille se retrouve en position latérale de sécurité avec cette nouvelle…

Ici c'est le paradis pour les amateurs de mécanique et de tunning vu le nombre de stands qui vendent des jantes, des pièces, des pots, des ressorts, des moteurs et bien sûr des pneus quasiment neufs - de toute première jeunesse. Le pneu en question en France aurait déjà fini trois fois dans une benne, mais ici ça passe crème vu que son usure est identique à l'usure de pas mal de bus en général. La question primordiale c'est : "Est ce qu'il vaut mieux avoir des freins en bon état et des pneus pourris ou bien l'inverse?". Parfois au détour d'une rue, on peut tomber aussi sur des voitures ou même des bus à vendre.

Il y a évidement aussi une multitude de stand de nourriture et parfois certains exposants n'ont que cinq tomates et 10 malheureuses patates à vendre. Juste à coté, un stand de viande. Les pièces, plus vraiment toutes fraîches, sont à coté de différents abats comme le cœur ou de la cervelle. L'ensemble est posé par terre en plein soleil, seulement protégé de la poussière du sol grâce un fin morceau de tissu. Ca a d'ailleurs l'air d'être le l'endroit où toutes les mouches du quartier se sont données rendez vous. C'est à se demander qui peut bien acheter ça et surtout… comment ils font pour ne pas être malade ! Le gringo que je suis, si je tente ça de manger ne serait-ce une bouchée d'un truc comme ça, je finis directement à l'hôpital en réanimation. D'ailleurs petites parenthèses, tout le monde m'avait prévenu que j'allais certainement tomber malade assez salement en Bolivie, mais pour l'instant je tiens le choc, pas si fragile que ça au final le blanbec !

Ici et là des cholitas sont étendues sur leurs étalages et parfois dorment. Il suffit de les réveiller pour conclure une vente et elle sera repartie dans le royaume des songes plus vite que l'éclair. Dans tout ce labyrinthe, les cantines à l'air libre et parfois ambulantes fleurissent. Il n'est pas rare de voir le classique Poulet-Riz mais quelques fois certains plats sont beaucoup plus intrigants, à l'image de cette soupe préparée et réchauffée dans cette marmite géante qui contient des têtes et des pattes de poulets, certainement pour que la soupe soit un peu plus goûtue et relevée…Sale temps pour les végans dans le coin !

Au milieu de ce va et vient coloré, des cholitas poussent la chansonnette. Micro en main relié à un ampli bien fatigué, elles entonnent des titres qui semblent assez connus et populaires. La chanson est peut-être l'équivalent local des "Lacs du Connemara", mais n'étant pas un spécialiste de la chanson bolivienne, le mystère perdurera ! J'arrive à mon stand préféré. Au milieu de tout ce chaos, un médecin masque sur le nez et vêtu d'une blouse blanche se tient debout devant une petite table. Il propose de contrôler la pression artérielle et mesurer la glycémie pour prévenir un éventuel diabète. C'est plutôt une bonne idée étant donné que la population qui vit ici est plutôt défavorisée et n'a pas forcément les moyens d'aller voir régulièrement el médico. En plus vu le gabarit plutôt généreux des boliviens, les maladies liées à l'alimentation doivent pulluler. Peut-être qu'il faudrait essayer d'apporter ce concept chez nous, ça permettrait peut-être de diminuer le trou de la Sécu !

Pour résumer, il est possible sur ce marché en une matinée : d'acheter une jante à une cholita en phase de réveil tout en profitant d'un concert venant du stand d'a côté tout en savourant une soupe de pattes de poulet pour finir pour aller consulter un médecin pour, et contre toute attente, prendre sa tension et non demander un traitement contre les troubles intestinaux. Même dans mon imagination qui travaille sans relâche lorsque je m'ennui, je n'aurai pensé un jour imaginer cet enchaînement. Une matinée bien remplie !

Pour rejoindre l'autre côté du marché, il faut prendre le téléphérique pour descendre deux stations plus loin. Assis dans la cabine, le marché apparaît comme une fourmilière. Ça marche dans tous les sens, ça transporte continuellement des marchandises d'un point A à un point B. Aucun répit pour certains travailleurs durant cette journée qui doit être éreintante. Tout l'espace disponible est mis à profit et est occupé. Ça semble le chaos mais il ressort quand même une certaine organisation dans tout ça. Certes une organisation bordélique à perte de vue, mais une organisation quand même. Quand je me suis renseigné pour savoir quand était le marché, presque tout le monde m'a déconseillé d'y aller parce que c'était dangereux. En faisant attention à ses affaires et en ayant son sac sur le ventre, ça ne risque absolument rien.

Pas très loin du marché, un mirador a été aménagé. Il offre d'un côté, bien sûr, une vue imprenable sur La Paz en contrebas, mais si on fait un 180° pour regarder dans l'autre direction, la vue sur l'altiplano avec le sommet blanc et pyramidal du Huayna Potosi au fond est tout aussi photogénique.

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Après quelques jours à marcher dans la Paz en long en large et en travers, je commence seulement à m'habituer à son rythme. A l'image d'une de ses activités-spectacles phare qui s'y déroulent, cette ville est tellement bruyante et déstabilisante. C'est toujours sur les hauteurs d'El Alto, dans un ancien entrepôt qu'un ring a été installé au centre d'une pièce froide et un peu austère pour accueillir des combats de cholitas. Il s'agit d'un mélange de catch et de lucha libre mexicaine. Ce show a lieu tous les jeudis et tous les dimanches, mais il vaut mieux privilégier celui du dimanche car il y a des boliviens présents dans la salle qui mette l'ambiance alors que le jeudi, c'est essentiellement un show réservé aux agences et leurs clients/touristes.

Les cholitas sont des femmes originaires du monde paysan et qui résident généralement dans les grandes villes et communes de l'altiplano. Leur tenue traditionnelle vient des traditions aymara ce qui en fait un symbole fort de la culture indigène. Leur tenue est composée d'une pollera (robe d'origine espagnole), d'un aguayo qui est une grande pièce de tissu rectangulaire souvent très colorée portée dans le dos et d'un chapeau traditionnel de Bolivie ressemblant à un chapeau melon. Elles sont aussi coiffées avec deux longues tressent qui flottent dans leur dos. Bref, assez de description, place aux choses sérieuses : transpiration, clefs de bras et prises aériennes.

J'y suis allé un dimanche après-midi mais en essayant de ne pas avoir d'apriori. Je me doute que ça n'a rien à voir avec le show à l'américaine où de gros baraqués sous stéroïdes se tapent et jouent tellement bien la comédie qu'ils sont tous les ans nominés aux Oscars. Vu mon amour pour le catch, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais j'étais quand même curieux de voir ce show atypique. Même si les combattant(e)s montrent des aptitudes physiques et sportives assez étonnantes, Ici on parle bien de show plutôt que de sport. L'événement dure environ 4 heures mais je n'ai assisté qu'à trois combats, après la lassitude pris possession de mon corps.

"Non mais tu es fou, aller à El Alto ce n'est vraiment pas du tout raisonnable !". Voilà comment les agences te dissuadent d'y aller par tes propres moyens et proposent le tour pour 10€ avec transport. J'ai quand même choisi d'y aller de mon côté en prenant le téléphérique. Dix minutes de montée, cinq de marche et j'ai payé moitié moins. En plus là je suis sûr que l'argent va directement à l'organisation de l'évènement. Les agences promettent les meilleures places, des chaises en plastique qui se trouvent juste devant le ring. Installé confortablement dans les gradins, je suis persuadé d'avoir eu une meilleure vue.

Le premier combat opposait un ninja bolivien à un chilien. Parfait pour chauffer la salle vu la rivalité entre les deux pays. En toute honnêteté, c'était assez particulier. Je ne remets pas en cause leur technique mais c'était trop gros et super mal simulé. Ça ressemblait plutôt à une fin de soirée avec des potes trop alcoolisés qui chahutent. Evidement victoire du Bolivien, humiliation du chilien et la température dans la salle qui est rapidement montée.

Le deuxième était un combat de couple et c'était plutôt pas mal. Il opposé un policier masqué en cuir latex avec une lutteuse masquée aussi contre un combattant en tenue de baseball et une toute petite cholita. Quelques coups impressionnants, un revirement de situation et l'éclatement des couples initiaux qui deviennent ennemi pour se fracasser entre eux. C'était clairement le meilleur des trois matchs et les combattants étaient vraiment des athlètes.

Le troisième combat oppose deux cholitas. Là pour le coup, c'est parti assez loin. Tour à tour elles se déstabilisent, chutent et se relèvent. Parfois elles montent sur les cordes ou prennent appui pour rajouter de la puissance à leurs attaques. Au bout d'un moment le ring n'est pas assez grand alors elles poursuivent le combat à quelques centimètres du public. Elles se balancent dans les portes en ferraille, s'envoient dans les gradins, se crachaient de l'eau au visage etc... La cerise sur le gâteau, le chilien (devenu arbitre) prend parti pendant le combat et en profite pour mettre des coups aux deux combattantes. Bref… C'est parti dans tous les sens et ça semblait être un bon défouloir pour les spectateurs.

L'autre spectacle a lieu dans les tribunes. La foule encourage, se moque, hue et balance des pop-corn le combattant qu'elle a pris en grip. Malgré tout, l'ambiance est toujours bonne enfant. A chaque fois qu'une chaise vole ou que le corps d'un combattant rencontre une porte en fer dans un énorme fracas, des éclats de rires s'élèvent des gradins ! La palme revient à ce père de famille en costard totalement saoul qui descend lui-même pour en découdre avec certains lutteurs. Malheureusement, on l'a retenu et on nous a certainement privé du seul vrai combat non simulé de la journée…

Les boliviens ont une vraie fascination pour ces combats, et pour cause car ils ont une signification profonde. Il y a environ trente ans, le terme chola était péjoratif et désignait des femmes indigènes ou métis. Il était interdit pour elles de se trouver sur les places de la Paz, d'aller au cinéma ou prendre les transports en commun. Bien évidemment, elles ont commencé à militer pour leurs droits, et quand Morales, indigène, a été élu elles ont petit à petit pu gravir les échelons et s'installer maintenant dans des sphères plus importantes de la société.

Le deuxième objectif est de dénoncer la violence domestique envers les femmes, sujet encore tabou. Certains combats opposent une cholita à un homme "mauvais". Généralement l'homme prend le dessus mais au prix d'un comeback, elle reprend le dessus et le terrasse. Ces combats représentent cette lutte permanente qu'elles doivent mener dans une société misogyne et discriminante, pour que leur culture soit reconnue à sa juste valeur mais aussi pour la revalorisation de leur statut de femme.

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Depuis la cabine du téléphérique en montant vers El Alto, on passe au-dessus d'un quartier qui se démarque de tous les autres. 90 % des quartiers construits à flanc de falaise sont de couleur ocre/orangée mais pas Chualluma. En effet, celui-ci est multicolore et est donc visible depuis n'importe quel endroit dans La Paz. C'est flashy, coloré et ça attire vraiment l'œil. Il y a quelques années, le quartier était rongé par la pauvreté, le chômage, l'alcoolisme et les violences conjugales. Le maire a plaidé sa cause à la mairie de la ville pour qu'elle débloque des fonds et avec cet argent, il a demandé à plusieurs artistes locaux de changer totalement la face et l'image de ce petit quartier. Voilà comment, en l'espace de quelques mois, une centaine de maisons est devenue une mosaïque colorée avec, au détour de plusieurs rues, des œuvres de street art parfois engagée.

Du marché, il faut descendre pas loin de 300 ou 400 marches pour arriver en haut du quartier. Les premières couleurs tape-à-l'œil apparaissent pour souhaiter la bienvenue au visiteur, mais pas que… Un comité d'accueil canin est aussi là, en face de moi, en soulevant les babines pour me montrer leurs crocs. Je ne fais pas le malin surtout que dans ce quartier, il semble y avoir bien plus de chiens que d'humains.

Le changement d'identité a eu l'air de fonctionner car j'ai croisé quelques petits groupes de touristes déambulant dans ces petites ruelles. Les fresques sont la seule attraction du lieu et en moins d'une demi-heure, l'ensemble est vu. Je ne sais pas si avec le nouvel attrait touristique certaines choses vont être mise en place dans le quartier mais si les couleurs pouvaient s'étendre encore un peu plus sur les quartiers voisins pour former un véritable mur coloré qui serait vraiment une excellente idée et un gigantesque coup de pub pour cette ville.


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Pendant mon séjour à La Paz, j'apprends que le classico du football bolivien à lieu. Les deux clubs de la ville s’affrontent et comme dans tout bon classico, la rivalité est à son maximum les jours qui précèdent le match. Dans un journal spécialisé anglais, le match a été classé comme l'un des "25 derbys les plus explosifs du monde". Bon c'est encore large comme classement, mais souvent les derbys en Amérique Latine sont vécus de façon un peu plus passionnée !

Quand j'arrive pour acheter mes billets on me demande qui je supporte, pour ne pas me donner une place avec des supporters adverses. Je choisi une tribune où tout le monde est mélangé. Le match oppose Bolivar à The Strongest. Le premier est le club le plus populaire du pays et est plutôt apprécié par des populations modestes du nord de la ville. The Strongest ou "El Tigre" est plutôt supporté par le sud de la ville, où les populations ont un niveau de vie plus aisé. Ça c'est historiquement et en théorie parce que maintenant, il y a un tel brassage que peu importe le quartier, on trouve aussi bien des supporters bolivariens que du "Tigre".

Le public n'est pas vraiment survolté dans ce stade rempli à plus de 80 %. Evidement lors de l'entrée des équipes, les actions dangereuses et pour contester les décisions arbitrales il réagit, mais sinon, à part quelques chants, l'ambiance n'est pas aussi explosive que je pouvais m'imaginer. Contrairement à Potosi, où au bout de 15 minutes les adversaires étaient trop cramés à cause de l'altitude pour courir correctement, les deux équipes sont habituées à l'altitude se donnent au maximum.

Le gars devant moi est de plus en plus chaud au fur et à mesure que les minutes passent. Le coup de grâce intervient quand l'arbitre fait une passe (involontaire) à un joueur de Bolivar qui en profite pour ouvrir le score à 8 minutes de la fin. Le gars devient fou et c'est un flot d'insultes ininterrompues qui sort du fond de sa gorge pendant une quinzaine de secondes, le tout suivi d'un martelage en règle de son siège pour passer ses nerfs. Au final, The Strongest égalise trois minutes plus tard, et le même spectacle se répète avec un autre gars un peu plus bas dans la tribune. Une après-midi agréable et pas mal de rencontre et discussions avec mes voisins de siège. Assez étonné de me voir parmi eux et voulant me rallier à leur camp, chacun tour à tour m'ont offert de quoi grignoter pour gagner mes faveurs.

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Le nom de ce marché hors du commun est assez évocateur. C'est ici que l'on peut trouver tous les ingrédients, objets, bougies et autres potions qui symbolisent la sorcellerie et le folklore de la culture Aymara. En Bolivie, beaucoup d'indigène sont superstitieux et grâce aux marchands, ils peuvent se fournir pour mener à bien leurs cérémonies et rituels dont l'histoire remonte à des centaines d'années.

Si quelqu'un souffre d'une infection, d'un mal mystérieux, d'un doute ou d'un souhait, c'est ici qu'il trouvera son bonheur pour apaiser ou satisfaire sa demande. Malgré le côté un peu macabre de certains produits, déambuler entre les différents étals permet de s'ouvrir et découvrir à un univers fascinant mélange de sorcellerie qui permet surtout de se rapprocher de la culture bolivienne. Parmi les bizarreries entassées sur les étagères on trouve des insectes séchés ou en poudre, des grenouilles, de tortues ou des serpents séchés également.

Mais les stars du marché sont les adorables petites peluches de lama qui ont l'air tellement douces. Oh pardon, par peluche je voulais en fait dire… fœtus de lama. De mauvais gout pour certains mais sacrés pour d'autres, ils sont utilisés dans un rituel précis. Lorsqu'une nouvelle maison est construite, ou que quelqu'un démarre un nouveau commerce, il est de coutume d'enterrer un fœtus sous la première pierre, en offrande à la Pachamama (la Terre Mère), pour que sa bénédiction protège et accompagne le foyer.

Des potions sont aussi concoctées dans les arrières boutiques et en lisant les étiquettes, on en trouve pour presque tout. Migraines, c'est ce flacon là. Recherche d'un aphrodisiaque, c'est celui-ci. Un troisième pour que le flux sanguin aille dans la bonne direction au moment voulu et s'assurer ainsi une vie amoureuse épanouie etc...

De temps en temps je croise un "yatiri" dans la rue. C'est un prêtre dans la religion aymaranne mais aussi un sorcier-guérisseur qui s'est adapté au XXI ème siècle et travaille maintenant comme marchand ambulant option voyance car il propose aussi de lire l'avenir. Comme cet endroit est atypique et attire de nombreux touristes, il y a aussi des boutiques de souvenirs tout ce qu'il y a de plus classique mais aussi des vendeurs ambulants qui restent toute la journée au même coin de rue pour vendre des peintures qu'ils auraient eux même réalisé ou d'anciennes cartes de l'Amérique du Sud pour une bouchée de pain.

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Comme dans toutes les villes importantes, le street art s'est développé dans le monde entier et La Paz ne fait pas exception. A force de flâner dans tous les recoins de la ville, j'ai trouvé des œuvres parfois très bien cachées mais surtout incroyablement belles et bien réalisées. La majorité d'entre elles font directement écho à l'histoire du pays ou à des coutumes indigènes, un peu comme à Asuncion. C'est précisément cet aspect du street art que je trouve intéressant et qui fait que c'est vraiment la seule forme d'art pour laquelle je suis réceptif…

Comme le street art ça ne se commente pas vraiment, surtout si on ne connait pas trop les artistes, je laisse quelques photos parler d'elles-mêmes pour que chacun puisse y trouver son compte !

Peu importe l'endroit, un marché, les abords d'un complexe sportif, une allée de restaurant ou même un quartier chic du sud de la ville, il n'y aura jamais très loin une de ces œuvres colorées éphémères apposées avec le plus grand soin avec une bombe de peinture.

A proximité de la Paz, plutôt dans la partie sud, il y a plusieurs endroits qui sont très intéressants géologiquement parlant en plus d'être totalement dépaysant. J'ai eu le temps d'en visiter trois d'entre-elles : El Valle de la Luna (La Vallée de la Lune), La Muela del Diablo (la Molaire du Diable) et El Valle de las Animas (La Vallée des Esprits).

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El Valle de la Luna est une formation géologique qui autrefois était le sommet d'une montagne. Avec les assauts répétés du vent et de la pluie pendant des millions d'années, le phénomène d'érosion a formé des cheminées. Ces mêmes cheminées qu'il est possible de voir dans différents endroits du monde, notamment aux USA dans le parc national Bryce Canyon.

Facilement accessible en bus depuis la "Zone Sur", quartier composé de plusieurs gros buildings et de centres commerciaux ultra modernes lui donnant un faux air de Miami, il suffit de faire signe à l'un des nombreux truffis qui circulent et qui vont en direction du zoo pour se faire déposer devant l'entrée. Le faire à pied depuis la ville est faisable mais peu intéressant car il suffit de suivre et marcher simplement sur la route car aucun sentier n'est vraiment aménagé. Une fois entré, il y a deux parcours qui s'offrent aux visiteurs. Un petit de 15 minutes qui reste seulement sur les hauteurs et l'autre qui s'enfonce un peu plus entre les différents édifices rocheux. Impossible de se perdre par ici et les quelques petites montées et descentes ne présentent aucune difficulté. Je suis plutôt étonné de voir que sur la dizaine de personnes à être entrées, je suis le seul avec un papy à faire la grande boucle. D'accord il n'y a pas d'ombre sur le chemin mais je ne pense pas qu'à 9h30 du matin, le soleil puisse nous faire fondre sur place.

Souvent on dit que c'est un incontournable et apparemment même sur les guides c'est souvent le numéro 1 à faire. Mais j'ai l'impression que c'est extrêmement surestimé, même si c'est surprenant et pas vraiment vilain, c'est très répétitif et ça manque de point de vue impressionnant sur l'ensemble du lieu et de la ville en arrière-plan.

Je décide d'aller directement à la Muela del Diablo en marchant car elle est située à seulement quelques kilomètres de là. Je reprends et redescends la route en direction de la Zona Sur pendant plusieurs centaines de mètres, passant sous les petits tunnels creusés directement dans la route.

Lorsque j'arrive en surplomb de la rivière, j'emprunte un petit chemin sablonneux jusqu'à atteindre les maisons disséminées le long de la rivière. Il faut ensuite continuer à suivre un sentier qui serpente entre les champs pour arriver jusqu'à la rivière. Ici pas de pont et il va falloir la traverser à pied. Comme c'est le milieu de la saison sèche, le niveau son niveau n'est pas très haut mais l'eau semble être quand même bien polluée. C'est soit je traverse directement ici où alors je suis bon pour un détour de 45 minutes en amont de la rivière pour passer sur un pont. Le choix est facilement fait et en deux trois mouvements je me retrouve avec de l'eau jusqu'à mi-mollet en train de prier pour ne pas glisser et tomber dans cette eau bien crade…

Une fois au sec sur l'autre rive, il suffit de suivre un chemin pendant environ 2h qui grimpe sur plusieurs kilomètres jusqu'à atteindre la fameuse molaire pétrifiée dans la roche. Lorsque j'atteins sa base, les nuages ont eu le temps d'arriver sans pour autant englober et boucher la vue sur la Muela. Il faut encore faire un dernier effort pour se hisser à l'intérieur en marchant sur une pente plutôt abrupte et parfois glissante.

Mais le jeu en vaut la chandelle car la vue sur la Paz et les montagnes est au rendez-vous. Evidemment avec un beau ciel bleu ponctué d'un grand soleil, ça serait encore mieux mais bon je fais avec ce que j'ai. Ici, au milieu de ce paysage dénué de végétation, les restes d'un feu de camp sont visibles et un groupe se prépare à en faire un nouveau et à disposer des offrandes pour la Pachamama. Evidemment, ça n'est que la première partie de la cérémonie et la deuxième consiste à s'asseoir autour du feu entre potes et à descendre quelques bières : joindre l'utile à l'agréable.


Pourquoi donc la molaire du diable serait à cet endroit précis ? Eh bien la légende dit qu'il y a longtemps eu lieu une énorme bataille entre les forces du bien et celles du mal. Durant le combat, l'un des archanges a frappé un démon lui faisant cracher sa dent qui tomba pile ici. Pas de preuves de ce que la légende avance mais les scientifiques affirment que c'est en réalité un neck, une ancienne cheminée volcanique qui s'est remplie en fin d'éruption puis s'est solidifiée avant d'être dégagée par l'érosion.

Pour rejoindre La Paz qui est quand même encore à quelques heures de marche, il faut redescendre jusqu'au lieu-dit "Pedregal" et attendre qu'un truffi parte. En chemin je passe dans une communauté rurale. Ici le contraste est énorme car on est près mais en même temps si loin de la ville et de sa vie rythmée par le trafic routier, les bâtiments et le bruit. Je passe devant l'école du village, tout en contraste en mêlant le jaune, le rouge et le rose avec la dent au-dessus. D'ici, c'est vrai que la forme ne saute pas aux yeux, mais depuis sa base qui sert aussi de parking, c'est nettement plus visible.

Avant d'atteindre Pedregal, j'ai la chance de croiser une famille en voiture qui redescend et avant même que l'idée de faire du stop me traverse l'esprit, elle s'arrête à ma hauteur et je me retrouve confortablement installé sur la banquette arrière. Cette famille est à l'image des boliviens, toujours prêt à aider, surtout si on parle espagnol !

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C'est une vallée très proche de la Muela et qui a elle aussi été sculptée par l'érosion. C'est comme la vallée de la Lune mais sous stéroïdes car les structures peuvent facilement atteindre plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Son nom vient de ces immenses structures pointant vers le ciel tels de majestueuses silhouettes. Lorsque le vent souffle en s'engouffrant à travers la roche, un son de lamentation se ferait entendre et rappellerait des esprits.

Toujours située dans la Zona Sur donc, il est possible d'y aller directement en prenant un truffi depuis l'avenue principale du centre historique. Des dizaines et des dizaines de petits vans passent devant moi et je n'ai pas le temps de voir les écriteaux posés sur le parebrise annonçant la destination. J'en repère enfin un, monte dedans et c'est parti pour 1h30 de trajet avec le trafic monstre qu'il y a en cette fin de matinée et je descends au terminus, au fin fond d'une petite rue. L'entrée et le début du sentier ne sont qu'à quelques centaines de mètres de là.

De façon assez inexpliquée, l'endroit est peu touristique et, à part quelques boliviens qui s'y baladent, très peu d'étrangers viennent s'y aventurer. Vu le nombre de sentiers et la superficie du site, je ne risque pas de me retrouver dans un embouteillage. Juste avant l'entrée, quelques maisons sont construites et coincées à seulement quelques mètres de la falaise et bloquées par la rivière de l'autre. A cette époque de l'année et avec le climat sans trop de pluie depuis plusieurs mois, elle ressemble plus à un filet d'eau qui descend tranquillement des hauteurs qu'à une rivière à proprement parler. Il n'empêche que les habitants du quartier utilisent cette rivière pour leur consommation d'eau, pour jouer dedans mais aussi pour laver leur linge.

Le lieu est très paisible, à tel point que j'ai l'impression d'être en quelque sorte privilégié. Être à seulement quelques centaines de mètres de La Paz, qui est une ville qui ne dort presque jamais car en perpétuel mouvement, et ressentir une tranquillité pareille tout en prenant un bon bol d'air frais c'est vraiment du luxe. A part deux trois locaux chargés comme des mules qui transportent du bois, je n'ai croisé personne durant toute la balade.

La boucle que je veux faire est longue d'une dizaine de kilomètres et se fait en 3/4h. Avant de m'enfoncer à proprement parler dans le canyon, je remonte en suivant le lit de la rivière. Ça ne paraît pas bien difficile mais en me retournant, je vois que j'ai déjà pas mal gagné en altitude. Au fond, on aperçoit timidement entre les pointes La Paz qui semble si loin. La première partie est la partie la plus large du canyon, et les paysages rappellent certainement ceux que l'on peut voir dans le Grand Ouest américain.

A force de toujours regarder en l'air en direction de la cime des tours de pierre, le torticolis commence à me guetter, mais c'est plus fort que moi et je suis assez hypnotisé par le spectacle. Il n'y a pas âme qui vive et malgré le vent, je n'ai pas la chance d'entendre les fameuses lamentations. J'ai vraiment l'impression d'avoir posé le pied sur une lointaine planète et de progresser en tant qu'éclaireur dans ce milieu qui semble tout droit sorti d'une œuvre de science-fiction.

Après quelques lacets, j'arrive finalement au bout du canyon pour découvrir un paysage totalement différent. Ici plus de traces des immenses tours pointues. C'est une vallée verdoyante, avec des vaches et quelques formations rocheuses qui sortent de terre ici et là, qui se dresse devant moi. Le sentier arrive alors à une intersection. Le nouveau sentier que j'emprunte devient plus étroit et s'enfonce au cœur des structures pétrifiées en serpentant difficilement pour se frayer un chemin. Comme il n'y a pas d'ombre dans ce canyon, le fait que le sentier devienne de plus en plus étroit est assez salvateur car je peux enfin me protéger des rayons du soleil qui ne font pas semblant de bruler ma peau.

Dans ce nouveau canyon, la végétation semble reprendre du poil de la bête et entame la reconquête de ce terrain minéral. Même si ce n'est que sous forme d'arbustes, de mousses ou d'herbes folles, grâce à eux le paysage semble tout de suite moins hostile. J'essaye de prendre un peu de hauteur et repère un rebord un peu plus haut. Ce n'est pas facile d'y grimper notamment à cause du sol rendu glissant par des centaines de petits bouts de terre qui ne demandent qu'à me faire glisser. Pas vraiment le bon moment et endroit pour trébucher et se retrouver amoché plus bas vu le passage dans le coin…

La vue n'est pas plus impressionnante de là-haut et je me pose un peu, tranquille dans mon coin, pour savourer le paysage extraordinaire qui m'entoure et qui, je pense avoir du mal à retrouver autre part.

Comme je l'ai dit au début, La Paz est une ville qui divise mais en prenant son temps il est possible de voir des paysages, environnements et des architectures tellement différents, qu'il serait dommage de n'y passer qu'un ou deux jours. Dans la ville même entre les quartiers de la Zona Sur ressemblant à n'importe quelle grande ville de ce monde, la calle de Jaén avec les dernières façades coloniales encore en bon état du centre-ville, la Plaza San Francisco avec la cathédrale et cet horrible building qui sert de résidence au président qui l'a fait construire pour gonfler son égo et les quartiers bien plus modestes et nombreux où la vie est difficile, il y en a pour tous les gouts.

Une initiative a lieu tous les mois : le centre-ville devient piéton et est interdit à tout véhicule. Sur des kilomètres, les gens déambulent librement occupant à leur tour cette chaussée si souvent maltraitée par l'armée de truffis qui sillonnent la ville sans répit. Ici et là, entre divers stands qui vendent des gadgets, des bijoux ou de la nourriture, des scènes sont montées où des activités ludiques sont présentées en démonstration. Là aussi, il y en a pour tous les goûts : zumba, concert, jardin d'enfant et j'en passe.

On peut dire que La Paz c'est une ville qui n'est pas très avenante au premier abord mais qui au final est une parfaite vitrine sur ce qu'est devenue la société bolivienne. Entre modernité et traditions ou richesse à outrance et pauvreté affichée, elle reflète bien le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud mais qui commence à grandir et à essayer de se faire une place au milieu de ses voisins.

Evidemment il y a encore énormément de chose à faire dans les alentours de La Paz et une multitude d'agences ont vu le jour pour proposer divers tours et activités aux touristes. Que ça soit de longs treks dans la Cordillère Royale, des ascensions de sommets, la descente en vélo de la "Route de la Mort", le canyon de Palca, ou la visite du Chacaltaya, la plus haute station de ski du monde aujourd'hui dépourvue de neige, il y a du choix. Malheureusement, après une première partie de séjour sous le signe du soleil, je n'ai connu que la pluie et la grisaille ce qui n'a entre autre obligé à annuler la dernière activité citée. Mais ce n'est que partie remise !