Carnet de voyage

... un biclou et une coquille de noix...

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Comment j'en suis arrivé a troquer une double paire de grandes z'oreilles pour un biclou, et une coquille de noix !
Du 18 août au 16 septembre 2022
30 jours
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Publié le 13 août 2022

Véronique et moi aurions dû être, en ces journées de mi août, quelque part sur le versant espagnol des Pyrénées, en selle, chevauchant nos fidèles Mistral et Fanette, nos solides et puissantes montagnardes aux grandes z'oreilles... Mais, bien que depuis plusieurs semaines, l'itinéraire ait été ausculté avec appétence, la sellerie adaptée avec soin, les sacoches calculées avec précision, l'histoire n'aura donc pas été celle-ci !

Mi juillet, de retour de ses obligations d'enseignante, Véronique a soudainement su qu'elle devait se rendre sur le champ, à Paris, au chevet de son fils qui venait de faire une chute. Rien de durablement grave, mais une perte d'autonomie de plusieurs semaines, qui allait la contraindre à opter pour une vie parisienne, probablement, jusqu'à la mi septembre.

Badaboum ! Une chute en entraînant une autre, celle de mon enthousiasme pour notre fin d'été. Le voilà qui s'en trouve sérieusement refroidi. Rejoindre Véronique à Paris ??? Allez OK, va pour une petite semaine, mais vraiment courir les musées, plutôt que les crêtes, gravir la tour Eiffel en plein cagnard, plutôt que les sommets lumineux au petit matin, badauder le long de la Seine plutôt que de bivouaquer solitaires au bord des lacs émeraudes, Il n'y a pas photo... Question santé mentale, il me fallait faire la pirouette, regarder ailleurs et nourrir rapidos ma caboche d'un autre rêve.

A vrai dire, ma caboche étant assez perméable à la boite à rêve, celle-ci ne manque pas de tiroirs en réserve. Il me suffisait donc d'aller en ouvrir un nouveau. Celui-ci, je savais qu'il existait, sans n'avoir aucune idée du moment où j'allais l'explorer : La mer ! à priori dans mon imaginaire, c'est plutôt synonyme d'enm... au bord de la plage, sous un soleil abrutissant... Mais l'océan ? J'ai bien peu fréquenté, je ne connais pas et me suis toujours dit qu'il me faudrait aller voir. Alors me voici , surfant sur le site des Glénans, parti à la découverte de ce que m'inspire le grand large... Ce sera donc un stage "croisière" de 13 jours, une semaine de dériveur pour acquérir les bases, une semaine de cabotage pour expérimenter la vie à bord, le voyage... et savoir comment peut se comporter, sur une frêle coquille, mon bien connu mal de mer, quand je suis sur un gros bateau !

Le lieu ? et bien Paimpol, là haut en Bretagne nord, là où je sais retrouver la puissance tellurique. (Il ne faut quand même pas abandonner trop brusquement l'univers minéral).

Le moment ? et bien début septembre, je crois que c'est le moment des grandes marées. Va y avoir du caractère, des horizons, de la lumière, des contrastes... Ca me botte.

Me rendre sur place ? Traverser la France en voiture, comme l'avion, ce n'est plus d'époque et si je peux éviter, j'en serai ravi. Et puis j'ai un peu de temps devant moi, compte tenu d'une semaine néanmoins parisienne, je dispose d'une quinzaine de jours. Ce sera donc le moment de retrouver le vélo, délaissé depuis bien des années. Mon point de départ ? Impromptu, il me sera donné par un mail à point nommé, de Nils, mon fiston : il annonce une fête pour ses 40 ans, à Mt St Vincent en Saône et Loire, le WE qui suit mon stage. Ce sera donc mon point de départ en vélo, et mon point de retour, ou presque, en train.

Voici donc comment, contraint à la pirouette pour des raisons de santé mentale, j'en suis arrivé à troquer pour cette fin d'été, une double paire de grandes z'oreilles pour un biclou et une coquille de noix !

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Les cabanes aux Hobbits !

Débuts plutôt laborieux !

Publié le 21 août 2022

Oh là là mais c'est rude le vélo quand on n'en a pas fait sérieusement depuis un bon moment ! Et en plus je l'ai chargé comme une mule ! Peut-être que j'imaginais que ça roulait tout seul même sur terrain vallonné ???

Et bien non. Seulement une quarantaine de km pour cette première journée (démarrée il est vrai un peu tard), et j'étais tout content d'accepter l'invitation que la dame me faisait, de planter la tente entre sa yourte, la cabane des Hobbits dont j'avais aperçu la pointe de la cheminée par dessus les haies et une caravane décorée.

La dame ? C'est Christelle. Intrigué, j'avais contourné la haie pour voir ce dont il s'agissait, et tres gentiment Christelle avait bien voulu me faire visiter ses habitations insolites.

 La cabane aux Invitation 
 Je pose la tente devant la yourte, avant la pluie

J'ai donc accepté l'invitation, posé ma petite tente, et partage soirée et repas avec les hôtes de la cabane aux Hobbits (qui ne ressemblaient en rien à de quelconques créatures étranges) et la maîtresse des lieux.

Première étape un peu laborieuse. Départ un peu plus tardif que je ne l'avais souhaite depuis la maison de la Motte, à mont St Vincent, où j'ai donc laissé la voiture.

La veille avait été l'occasion de retrouver Claire et Franmi, amis des jeunes années, dont je ne connaissais pas le lieu de vie. Une très chaleureuse soirée dans ce lieu magnifique qu'ils habitent, retapent, et destinent à de l'accueil, d'artistes et autres hôtes... Quel boulot ! Que de pierres remontées, réajustés ; belle harmonie autour de cette famille....

Le démarrage est l'occasion de ressentir et de faire l'inventaire, de tout ce qui est plus ou moins grippé, et dont il va falloir prendre soin, si je veux durer un peu dans cette aventure.

Le paquetage d'abord. Je suis lourd ! J'ai des marges de rangement à trouver, pour équilibrer et compacter tout cela. Je prendrai aussi moins de provisions et devrais m'alléger après quelques repas...

Le gps qui me dis de tourner à droite qd je veux aller tout droit ! Je le fais rapidement taire, me contentant de la lecture de carte.

Et puis les petites douleurs qui rapidement me disent que ça fait un moment que je ai pas fait de vélo : les épaules, qu'il me faut veiller à détendre ; allez je respire et j'ouvre la poitrine ; la nuque que je sens cassée et qu'il me faut arrondir... Et une douleur de pression sous le pied, apparue lors de ma "livraison" de mules dans les Pyrénées... Il va falloir que j'adapte ma semelle, comme je l'ai fait pour mes chaussures de randonnée et que je rende un peu plus confortable ces chaussures automatiques de cycliste si je veux continuer à appuyer sur ma pédale juste là où ça me lance !

Et puis le postérieur qui déjà m'indique qu'il demande à ne pas être négligé !

Oh là là, clairement il va falloir régler qlq petites choses si je veux atteindre l'océan !

Les paysages sont très répétitifs, de larges prairies habitées de massives et immobiles charolaises, de haies faites de mûriers et de ronciers, de légers vallonements beaucoup moins légers dans le sens de la montée, que dans celui de la glisse trop brève !

Bon allez, le cadre de la soirée est fort sympa, l'accueil n'est que gentillesse, alors les doutes... On verra demain !

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Publié le 22 août 2022

Lundi matin. Me voici à Nevers, me réveillant sous ma petite tente, plantée dans un adorable petit jardin, en plein centre ville, chez Catherine et Martin. Je suis pleinement entré dans le voyage. Chaque chose a trouvé sa place, mon paquetage est bien compact sur mon vélo, et chacune de mes petites inquiétudes de début de voyage a, à peu prêt, trouvé sa solution. Pour l'inflammation sous le pied, j'ai rajouté 2 épaisseurs de plaque de mousse compacte, percée au niveau du point sensible, que j'ai glissé sous la semelle. Le début d'irritation intime, c'est Fabien, mon gendre qui m'avait donné le tuyau : enfiler le boxer matelassé du cycliste sans le slip limite le frottement. Je ne vois pas bien comment, mais ça marche. Les épaules sont moins crispées, et la nuque plus détendue. Quant au genou, il semble accepté le traitement cyclo sans rouspéter. Merci à lui.

Le voyage, c'est aussi et surtout ce sentiment de liberté, du mouvement comme de la rencontre impromptue, et la réduction des préoccupations matérielles à la dimension du paquetage. Cette réduction permet d'être là de moments en moments, dans le paysage, goûtant ses variations, lisant, devinant ce qui l'a façonné, et comment il nous parle de la vie de ceux qui l'habitent. Le rythme cycliste est parfaitement adapté pour cela.

Depuis samedi matin, un stupide et anachronique rallye auto m'a contraint au contournement par les petits chemins, au franchissement de clôtures pour passer à pas délicats sur les graviers crissants de la cour d'un fier château silencieux !

 Contraint au contournement, par la cour du château.

Puis ayant fini par laisser derrière moi les vroum vroum inconséquents de ceux qui n'ont pas compris dans quelle époque nous habitons, j'ai été voir ce qu'il en était du pays des Gaulois, en gravissant le Mont Beuvray. Avec le relief, la forêt a avantageusement remplacé les éternelles (désolé Nicole !) prairies à bovidés charolais.

Étape casse croute à  St Léger sous Beuvray, il reste encore pas mal à grimper
 Non je n'irai pas à Poil, mais décemment à Bibracte, chez les gaulois !
 Large vue vers le sud est depuis le mt Beuvray 800m d'alt, point haut de mon voyage. Plus qu'à me laisser glisser ou presque...

Après midi qui fait du bien... Descente, faux plat descendant, légère remontée sous bois, descente à nouveau... Ça avance et ça fait du bien.

 Est ce parce que les gens de Moulin Engilbert savent que je vais en Bretagne qu'il ont érigé un phare à l'entrée du village ?

Fin d'étape, bivouac et bain, au bord du canal du Nivernais. 75km pour la journée, j'ai bien avancé pour cette seconde étape.

Fraîcheur du canal et bain bienvenu pour ce second bivouac. 

Réveil à l'heure où les oiseaux chantent, 4 - 5 heure. Je remarque le silence, comme le manque de passereaux, dans cette campagne, occupée d'élevage. Effet de la sécheresse ? Du type d'élevage ? Je m'interroge...

Mise en route un peu tardive, la proximité du canal induit une humidité sur la tente que je préfère laisser sécher avant de plier.

Je ne longe le canal que peu de temps, il me faut prendre plein ouest, par de charmantes petites routes.

Objectif de la journée, Nevers à une 50aine km. J'ai laissé un msg, par le site "wellcometomygarden" à 2 personnes, dont Catherine, proposant son jardin en plein centre ville. Ce serait parfait ! Et bingo, c'est elle qui me met un msg dans l'après midi, bienvenue dans son jardin pour y planter ma petite tente.

Je trouve la formule très sympa, elle permet la rencontre, sans imposer de lourdes contraintes de disponibilités à l'hôte. Du coup j'ai ajouté ma prairie à la Jarjatte sur le site :)

 Charmantes petites routes...

Les charmantes petites routes laisseront la place à des routes plus monotones au milieu de vastes cultures. Les villages et hameaux respirent la pauvreté, malgré la présence de qlq châteaux trace d'une autre histoire. Puis vient le pays des belles forêts de chênes. Autre ambiance J'approche de Nevers . J'ai le msg de Catherine qui rentrant de voyage, eux aussi, avec Martin, sont prêt à m'accueillir dans leur petit jardin.

Ce sera avec eux une excellente soirée. Partage de vécus dans nos contrées respectives.

De ces 3 premières journées, je tire la conclusion que 50 à 60 km sera un bon calibrage pour mes étapes. L'option le vélo dans le train de temps en temps est donc une bonne option.

La partie Nevers Vierzon, ne s'annonçant pas folichonne question paysages, j'opte pour le train jusqu'à Vierzon pour cette matinée du lundi

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Publié le 24 août 2022
Au lever du jour, ce matin  
A la tombée du jour, hier  

L'équilibre, l'harmonie, la justesse des proportions, parfois ça peut nous toucher dans l'intime. Pour moi ce furent souvent des paysages qui m'ont laissés sans voix. Juste la à goûter la magie. Des bâtiments, ce ne fut pas si souvent. Je pense au Tajmal admiré il y à 30 ans et que je n'arrivais pas à quitter, skotché par l'équilibre degagé.

Je crois que ce que j'ai ressenti, hier soir comme ce matin, depuis cette reposante rive du Cher est du même ordre. Je me suis posé et j'ai regardé, et j'ai juste trouvé cela très beau. (Pourtant, je ne suis pas particulièrement porté vers les châteaux qui me laissent généralement très indifférents !).

Équilibre, harmonie, quiétude, combien parfois l'homme est capable de créer le beau, mais combien il est le plus souvent amèné à enlaidir ce qui était naturellement beau. Car oui, l'arrivée par la voie verte, sur ce site de beauté m'a été d'autant plus bouffée de joie, que depuis 2 jours, depuis Vierzon, je traversais des territoires qui hormis les rives du Cher, ou du canal du Berry, sont plutôt territoires de monotonie, uniformisés par une agriculture industrielle. J'aurais pu prendre le train directement jusqu'à Montrichard, cité aux habitats troglodisues, et joli bourg de caractère. Heureusement, il y avait les rives du Cher, difficiles à longer, mais propice aux adorables petits coins de bivouac.

Adorable cachette au bord du Cher, pour mon bivouac lundi soir.

Bivouac au bord du Cher lundi soir, et camping hier soir, mardi, permettant la douche et la lessive (et de laisser en place mon barda, pour aller ).

Depuis Montrichard, je suis aussi fort heureux d'avoir trouver une continuité de voie verte. On y croise multitude de cyclistes et randonneurs, mais plus de voitures ou de camions, ça fait du bien. Et puis ça roule sans questionnement directionnel, ce qui jusqu'à maintenant n'était pas le cas, afin d'optimiser distances et petites routes voire chemins et sentes cabossées. Donc ça avance mieux : Me voici donc à Tours, m'étant régalé d'une première galette, pas encore bretonne, à la terrasse d'un café en centre ville.

Et puis, non négligeable, il y a à côté un marchand de cycle, et je me suis offert un "sur-selle", mon postérieur devrait apprécier 😀

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Publié le 27 août 2022

Bon, j'avoue, je ne suis pas très loquace ; Je pédale... Peux pas tout faire !

Voie verte de la Loire à vélo depuis Tours, et du coup ça roule plutôt confortable, assez souvent sur des voies réservées qui passent dans d'agréables endroits plus ou moins proche de la Loire.

Et puis, grosse différence avec le début du voyage, il y a du monde qui pédale. Jeunes, âgés, solitaires, en couple ou en famille. On se salue on échange, on se dépasse et on se rattrape. Il y a les fusées qui avalent 120 km ou plus par jour, mais avec mes 60 - 70 quotidiens, il semble que je sois dans la moyenne.

Du coup aussi les soirées sont avec compagnie (et donc pas très dispo pour une bafouille sur l'étape.)

Soirée en bord de Loire, peu après l'a confluence avec le Cher. 

Jolie soirée avec apéro partage avec un couple qui de Belgique avait été dans le Jura, puis en Suisse, puis a traversé le massif central, rejoint l'océan, et remontait par la Loire jusqu'à Paris ! De quoi se sentir vraiment petit joueur à côté !

 Bateaux à fond plat, caractéristiques de la navigation traditionnelle sur le fleuve.
 Paysages fluviaux, le ciel s'impose et prend toute sa place...
A proximité de Saumur, humbles ou belles demeures, voir châteaux exploitent la falaise autant pour s'y adosser, que pour la pierre

J'ai eu le plaisir de pédaler une journée et demi, en compagnie de Mikaela, allemande, vivant en Afrique du sud, ayant laissé son travail de marketing, en phase de "bifurcation" dans son parcours professionnel. Le Portugal était sa destination, mais là aussi ça pouvait bifurquer ! 6 semaines devant elle ça ouvre les possibles...

Nous avons dépassé Angers quasi sans nous en apercevoir, et puis ce matin, j'ai laissé la "Loire à vélo" pour bifurquer moi aussi. Direction Ouest Nord ouest, pour rejoindre la vallée de l'Erbre, à Nort sur Erdre.

Petit moment à retrouver les routes départementales toutes droites, les véhicules qui me dépassent , tout en probablement dépassant allégrement aussi les 80km/h, et je vais pouvoir retrouver une voie verte, le long du canal de Nantes à Brest.

Dixit François 1er, l'Erbre serait la plus jolie rivière de France. Je ne sais, mais pour le petit bout que j'en découvre, en me posant au tranquille camping de Nort sur Erdre, rien n'indique qu'il ait eu tord ou que cela ait foncièrement changé.

Je vous laisse goûter l'atmosphère paisible du lieu :

Bises à tous, je me glisse dans mes plumes...

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Publié le 31 août 2022

Ce matin je laisse le canal de Nantes à Brest que je suis depuis 3 jours, pour filer plein nord sur St Brieuc.

Choisissant cet itinéraire, la voie verte qui longe ce canal, itinéraire clairement le plus direct, et confortable puisque, voie verte, j'avais peur de la monotonie d'un canal. Et en fait ce fut durant 3 journées un festival de diversité de nature. Car en fait de canal, il s'agit d'un itinéraire qui va d'une Jolie rivière à l'autre, avec des jonctions par des portions "canal", sur l'ensemble, plutôt réduites. Depuis la proximité de Nort sur Erdre, on remonte effectivement un canal, jalonné d'écluses fleuries et assez rapprochées. Puis le sens de l'eau s'inverse, nous sommes sur l'Issac qui serpente plein ouest, jusqu'à rejoindre la Vilaine à Redon. On remonte alors longuement l'Ouste jusqu'à une succession de 10 écluses qui s'enchaînent, et auprès desquelles j'ai pose hier soir mon bivouac. Au long de ces rivières, le chemin de halage n'est généralement que sur la rive sur laquelle on chemine. En face, sur l'autre rive, c'est la nature et sa diversité qui vient mettre les pieds dans l'eau. Arbres de toutes formes qui offrent leur reflet vibrant ou limpide, prairies, ouvertures vers de petites maisons discrètes, ou vers de belles demeures, îles sur la rivière, petites échancrures, ou large plan d'eau paisible... Aucune monotonie durant ces 3 journées le long de l'eau.

J'imaginais aussi côtoyer plus de cyclistes, cette voie étant une voie cycliste européenne, "l'EV1" même. Contrairement au val de Loire, les cyclistes "au long court" sont plutôt rares. Promeneurs et pêcheurs constituants les principales rencontres.

Nombreuses écluses pour de l'Erbre, rejoindre l'Issac 


Jolie surprise, pour cette halte de midi, un concert est annoncé pour 17h. Je décide d'y faire étape.

Concert attendu pour la soirée, je décide de stopper la ma progression. L'hôtesse me propose un petit coin de jardin pour poser ma tente. Et je vais me régaler d'un concert de piano, offert par "Hermine", touchante et virtuose pianiste, alternant ou mêlant textes et pièces de musiques. Un superbe moment pour cette inattendue surprise.

Un peu d'histoire 
Diversité sur la rive opposée  
 Étape suivante à Malestroit, charmant bourg medieval
Fier château à Josselin
Et mon petit réchaud à bois, pour cette étape au bord de l'écluse. Panne de gaz !
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Publié le 1er septembre 2022

St Brieuc, la mer, hier soir. Marée basse, mais émotions hautes, dans la baie de St Brieuc. Belle journée à vous :)

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Publié le 3 septembre 2022
Me voici rendu ! 

Et bien voilà, je suis au rendez vous ! Démarrage du stage.

Ma dernière étape, à 10 km seulement de Paimpol, était chez Nicole et Michel, un couple d'amis de Véronique, qui avait l'excellente idée d'habiter Plouezec, à côté de Paimpol. Étape non seulement très pratique, mais surtout très chaleureuse. Nous avons passé une excellente soirée, à faire connaissance, et à deviser comme il se doit, sur lles préoccupations climatiques partagées. L'après midi Nicole m'avait déjà conduit à Paimpol, ou j'avais donc pu repéré ma destination, et me laisser aller à faire le badau le long du port, et au coeur Du bourg, plutôt joli.

Bord de mer et abbaye de Beauport, juste avant Paimpol.

Donc premières heures sur le bateau cette après midi. La base d'où nous embarquons, est située un peu à l'écart de Paimpol, sur le bord de l'estuaire du Trieu.

Beaucoup de choses, de termes, d'observations à intégrer pour cette première demi journée...


Nous sommes 5 gars sur ce stage, mais il y a de nombreux différents stages sur le lieu. Donc du monde dans la vie collective sur le lieu...

Je découvre....

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Coquille de noix, coquille de noix ? Est ce vraiment pour moi ???

Me voici dans le train, sur le trajet du retour, après ces 14 journées de stage, bien bien intensif. D'où mon silence, il n 'y avait pas trop d'espace, de temps pour raconter mes petites aventures... Car oui pour moi c'était l'aventure, vraiment la découverte d'un nouvel univers.

Une première semaine pour de couvrir les bases de la conduite d'un voilier, sur des "5 - 7" ; 5 pour long de 5m et 7 parce que 5 + 2 font 7 et que le 5-7 fait 2m de large. ! Aussi simple et logique que la navigation !

Une deuxième semaine en embarqué, de port en port, sur un croiseur de 10m, habitable pour nous 6.

(...) Suite du récit, alors que je suis revenu à mon point de départ, pour l'anniversaire de mon fiston, à La Motte, Mont St Vincent, depuis 2jours, et après avoir perdu ce que j'avais rédigé dans le train !!!! Grrrr....

Difficile pour moi de revenir sur les divers et multiples moments vécus qui, chacun, aurait pu justifier un petit récit de ma part. Je vais me contenter de vous faire part de mon impression générale, ce qui probablement restera comme souvenir d'ensemble de cette découverte maritime.

Pour résumer, les premiers mots qui me sont venus finalement tout naturellement sont : "franchement, aucun doute je suis bien à ma place dans mon petit vallon de montagne !"

Peut être étais je venu goûter la confrontation aux éléments, le vent, l'espace, la force d'une nature puissante, le chaud, le froid, la glisse sur l'eau, les variations de temps d'atmosphère.

Or la première confrontation que j'ai rencontré, et plus particulièrement, sur le voilier habitable, c'est une confrontation avec un outil technologique complet et complexe. Et petit à petit, entre les moments grisant de sensations nouvelles, les moments de brouillard complet sous l'avalanche de termes, de compréhensions à intégrer et à commuter en réflexe, les passages à l'eau (2 fois !!!), les phases nauséeuses de mal de mer, les découvertes des contraintes sécurité-règlementation (tenue bien contraignante d'un journal de bord, à chaque moment clef de la journée...), petit à petit donc est née en moi le constat, qui en fait est une évidence : le sentiment de liberté, cette effective liberté d'aller par delà les mers, s'abriter dans des petites criques sauvages et inaccessibles au terrien, ce sentiment de liberté est en fait bien chèrement payé en dépendance à la technologie et à l'outil.

Et nous voici faisant étape dans les ports de plaisance, amarrés au ponton, parmi quelques centaines de voiliers, tous plus grandioses les uns que les autres, concentrés d'extrêmement coûteuses coquilles, non de noix, mais de plastoc sophistiqué, d'électronique, de pilotes automatiques. Ah oui, je venais voir : peut-être acquérir une compétence me permettant un jour de voyager par delà les mers sans devoir prendre l'avion. Pas sûr que la démarche soit plus écologique. Certes ces voiliers existent déjà, alors autant qu'ils naviguent pour conduire le voyageur vers d'autres horizons, plutôt que de rester à l'attache au port. Mais quand même, amarré au coeur de ce concentré de plastic et de technologies coûteuses, j'avais un peu le sentiment de ne pas être à ma place. Clairement, une petite tente, une paire de godasse et 2 mules sur les sentiers de nos montagnes, oui sans aucun doute, cela ressemble plus à ma juste place. Et la jouissance de la liberté d'être soi, autonome sur cette planète, me semble alors, beaucoup, beaucoup plus éclatante.


Une autre confrontation, qui m'a je dois l'avouer, assez déplaisamment bousculé, est la confrontation avec ma propre capacité d'apprentissage des codes, techniques et sensations d'un univers totalement nouveau. Sacré expérience ! A 65 ans, j'ai de mon expérience de vie plutôt le souvenir d'une agilité d'apprentissage, dans mes plus jeunes années, plutôt correct, honorable. Et là, clairement j'étais le papy !!! Le papy entouré de jeunes, 30, 40 ans, qui percutaient très sensiblement plus rapidement que moi 😦 vexant non ? Alors, oui, il me faut bien l'admettre, mon agilité neuronale pour associer rapidement sens du vent, allure du voilier, faséyement de la voile, juste geste approprié, coordination avec les équipiers, position sur le bateau, a trop souvent à mon goût présenté un certain temps de retard ! Admettre et ne pas renoncer à apprendre et à aller au devant de situations nouvelles... Et oui, peut être que ça tangue, mais pour la suite, il y a intérêt à s'accrocher...

Et puis, il y a l'équipe, la vie à bord... Et là, que des mecs ! Dire qu'il manquait de féminin dans notre équipe est une lapalissade. Mais dans le cas présent, une lapalissade caricaturale, avec 2 gars qui dans leur lourd égocentrisme, ont pu donner à des moments, une idée de ce qui peut amener une irrésistible envie de toucher terre lors d'une traversée transatlantique !!! Par contre coup de chapeau remarquable à notre moniteur, solide par son passé pédagogique, qui a su gérer cette équipe sans que cela ne tourne au vinaigre ! (Et 2 autres bien chouettes gars par ailleurs).

Mais il ne me faut pas oublier quelques bien beaux moments, dont l'instant magique où 2 dauphins viennent accompagner notre bateau. Les magnifiques lumières qui effleurent la cote et soulignent les complexes escarpements de la rive, les temps à la barre où la sensation du juste cap s'imprime au bout du bras, et les moments grisants où le gîte du voilier nous entraîne dans une joyeuse sensation de vitesse...


Et pour finir cette escapade "biclou, coquille de plastoc" se termine ce soir un chouette we festif, ici à la Motte, pour les 40 ans de mon fiston.Et promis, je ne vais pas tarder à ajouter qlq photos à ce succinct récit. Mais là il est tard et je vais dormir.

Bises et bonsoir ...