De Lyon, accrocs aux voyages et amateurs de belles randonnées.

La Slovénie en sac à dos

Des promenades dans la capitale Ljubljana jusqu'aux hauts plateaux du Triglav en passant par ses grands lacs alpins, la Slovénie est un Eldorado pour les promeneurs et amateurs de paysages.
Septembre 2016
6 jours
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Arrivée à l'aéroport de Ljubljana sous une pluie torrentielle : on a peur pour notre séjour. Mais paraît-il que la pluie se fait rare en été, et qu'elle n'est qu'éphémère. Je voulais visiter la Slovénie depuis longtemps, d'une part car j'en suis originaire, et d'autre part parce que je voulais me confronter à une activité relativement nouvelle pour moi : la randonnée ; et j'avais lu et entendu que la Slovénie était un véritable terrain de jeu pour les randonneurs de tout niveau. Alors j'y suis allé avec mon pote Elliot juste avant d'entamer ma troisième année de droit... Arrivée donc à Ljubljana, de nuit. La pluie s'est calmée, et vivement le demain matin pour commencer la visite de la capitale Slovène.

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Ljubljana, le compromis parfait entre animation et sérénité 

L'entrée du centre historique de Ljubljana et les bords très animés de la Ljubljanica. 
La rivière Ljubljanica depuis le Pont des Bouchers. 

La Slovénie est le premier pays de l'Ex-Yougoslavie à s'en être émancipé. Et l'on comprend rapidement que les slovènes ont quelque chose de spécial : totalement bilingues en anglais, ceux-ci sont également des personnes raffinées, d'esprit plutôt progressiste, et ont particulièrement conscience du risque biologique et climatologique. En effet, les slovènes sont amateurs de produits biologiques, et Ljubljana ne comprend que très peu de transports, surtout de voiture, on y préfère le vélo. Ljubljana a d'ailleurs reçu le prix de Capitale verte de l'Europe en 2016. Ljubljana est par ailleurs un centre culturel de l'Europe centrale, d'influence germanique, latine et slave, elle rayonne dans son environnement. C'est une capitale qui n'en a pas vraiment l'air, de taille humaine et particulièrement tranquille, on y prend le temps de vivre !

Le Pont des Dragons. Le dragon est le symbole de la ville de Ljubljana. 

Le centre de Ljubljana oscille effectivement entre les styles latin, germanique et slave. L'architecture est remarquable, et la ville est d'une propreté inégalable. Il y a peu de touristes, la Slovénie étant une destination encore peu connue : quelle tranquillité !

Pour dire se bonjour en slovène on dit : " Dober dan ". Pour merci, c'est " Hvala ". Les slovènes étant eux-mêmes polis, on se voit mal ne pas leur rendre la pareille.

Le Triple-Pont (Tromostovje), avec vue sur l'église de l'Annonciation. 

En face du Tromostovje, l'église franciscaine de l'Annonciation (1646) : elle est de style baroque, et située sur la place Prešeren. Prešeren est également un symbole de Ljubljana, poète romantique slovène.

L'église franciscaine de l'Annonciation sur la place Prešeren. 

Ljubljana fourmille de vie de jour comme de nuit ! On s'arrête facilement prendre un verre ou manger une glace. D'ailleurs sa proximité avec l'Italie fait qu'on y trouve de très bonnes glaceries !

Grandes rues centrales de Ljubljana. 
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Ljubljana, le charme folklorique à la yougoslave 

La capitale, traversée par la rivière Ljubljanica, est jonchée des canaux qui la revêtent d'un charme sans pareil ! Et puis l'eau est tout de même plus propre qu'à Venise... On s'y sent tellement bien !

Les canaux de la Ljubljanica. 

C'est l'endroit parfait pour s'arrêter déjeuner, les prix ne sont pas plus cher qu'ailleurs en Slovénie, c'est à dire dérisoires ( moins de 10 euros pour un repas complet) ! Et vous aurez une vue parfaite !

Les ruelles de Ljubljana.

Près des canaux, on trouve des restaurants traditionnels servant la Goulasch, soupe de viandes, poivrons, tomate et paprika servie avec de la polenta, les Štruklji : pâtes farcies au formage blanc, aux épinards et à l'estragon, les raviolis Žlikrofi, ou encore la Jota : soupe épaisse à base de chou, de haricots et d'orge et encore bien d'autres... La cuisine slovène est aussi très influencée par celle de ses voisins, et le slovènes mangent notamment beaucoup de pizzas. Pour donner une idée des prix, la pinte est à 2,50 euros !

L'architecture du centre de Ljubljana m'a rappelé celle de ses voisins la Suisse et l'Autriche ! Ici la rue Mestni Trg.
La cathédrale Saint-Nicolas 
L'hôtel de ville de Ljubljana, siège de nombreuses expositions dont les slovènes sont très friands. 
Le vieux quartier, rue Gonrji : des voies colorées et pavées, pour nous seuls... 
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Ljubljana, une capitale culturelle où il fait bon vivre

Je vous le disais, Ljubljana jouit de la réputation de ville érudite. D'abord parce qu'elle abrite une prestigieuse université, ensuite, parce qu'on va régulièrement au théâtre, voir des spectacles, des ballets, des concerts... Ljubljana est également le symbole d'indépendance et de liberté, en rapport avec son passé yougoslave : la Place du Congrès en est le témoin.

De gauche à droite : la Place du Congrès, avec la Philharmonie slovène et l'Université de Ljubljana ; puis l'opéra.

Par ailleurs, les jeunes slovènes aiment sortir le soir pour se retrouver, aller au cinéma, boire un verre et discuter : la ville qui semble si calme est en réalité très animée. Si je pouvais y habiter...

Concerts de rue et foule en terrasse : il y a toujours quelque chose à faire le soir !

Enfin, Ljubljana ne serait pas ce qu'elle est sans le Parc Tivoli : un immense parc, directement relié à la forêt et à la montagne, où l'on va se promener, faire son footing : de très nombreuses installations sportives sont concentrées à l'entrée du parc. Mais Tivoli fait également office de réserve naturelle, de " poumon-vert " : on est surpris par l'avertissement indiquant la présence d'ours dans le parc !! Eh oui, la Slovénie est avec la Roumanie le pays où se concentrent le plus d'ours en Europe.

Le Parc Tivoli : de belles balades en perspective mais attention aux ours ! 
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Sur les hauteurs de Ljubljana : le Château de la ville ! 

Vous l'avez sûrement remarqué sur plusieurs de mes photos : le Château de Ljubljana surplombe la capitale du haut de sa colline. Pour y parvenir, on emprunte un petit sentier sympathique mais arpenté. L' "ascension" vaut le coup, ne serait-ce que pour la vue qu'elle offre sur la ville. On passe également devant des vignes cultivées en terrasse, car Ljubljana (et sinon plus largement la Slovénie) est un endroit où l'on cultive et apprécie le vin. Celui-ci, je le reconnais, même en temps que fervent défenseur du terroir de l'hexagone, est d'excellente qualité.

Une jolie vue sur les toits de la ville ! 

Le Château de Ljubljana (XIIème siècle) est une forteresse admirable depuis presque n'importe où dans la ville. Il est réellement mis en valeur. Pourtant, le Château en lui-même est peut-être ma seule déception : certes on a accès gratuitement à des expositions temporaires intéressantes (cette fois-ci sur l'herbologie), la chapelle et l'ancienne prison, mais les salles du château (retraçant au passage l'histoire de la Slovénie) sont accessibles pour 10 euros, prix plutôt élevé ici ; elle manquent également quelque peu d'ameublement. Le Château n'en reste pas moins un point d'intérêt, et puis on a quand-même une jolie vue sur la ville !

Le Château et sa cour intérieure. On retrouve encore le Dragon de Ljubljana. 
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Voilà, si je devais retourner à Ljubljana, j'y retournerais sans hésitation ! Il faut profiter de cette belle ville pendant que la Slovénie n'est pas encore un pays touristique. Les prix sont alors très attractifs, les commerces honnêtes, et les points d'intérêt accessibles sans foule. Surtout, Ljubljana est un très bon point de départ pour débuter un périple "nature" en Slovénie. J'aime la ville mais j'ai hâte de voir la Slovénie sauvage !

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Avant d'attaquer la montagne, on s'est dit qu'on pouvait pas passer à côté de Piran : une des plus belles villes côtières de la Méditerranée à 1h30 de Ljubljana. Piran est située à la frontière croate (région d'Istrie). Pour s'y rendre, on a choisi par facilité un trajet via un site de covoiturage local, "prevoz" ! Comme ça on peut en même temps parler un peu avec des locaux... Ancienne ville romaine, Piran est pour ainsi dire une ville de style croate, elle ressemble énormément à Dubrovnik. Je ne regrette pas d'y avoir passé une journée, c'est magnifique.

Entrée du port de Piran. 

Piran est notamment connu pour son port et son phare, son campanile, mais aussi ses nombreuses églises et ses petites ruelles à l'italienne. On peut s'y baigner mais ce n'est pas indispensable là-bas.

Ambiance méditerranéenne.  

Il faut se perdre dans le centre ville et dans les ruelles étroites, les parcourir de long en large et en travers. On trouve de très bons endroits où passer du temps : terrasses, points de vue, petites places...

La place principale : Tartinijev trg. 
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A Piran, il est absolument obligatoire de grimper jusqu'aux murs de la ville : le chemin est vraiment escarpé mais la vue au sommet vaut réellement le coup. Pour seulement 2 euros, vous aurez une vue de carte postale ! J'y suis resté une heure entière, tant la vue était belle... On peut apercevoir Izola et Koper.

Le chemin vers les murs de la ville offre une vue magnifique sur la baie, le long des murailles. 
La vue du haut des murs de la ville...  
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Nous sommes ensuite redescendus par de magnifiques ruelles ombragées, pour rejoindre le couvent Minoritski samostan et son cloître.

Les ruelles de Piran. 
Le cloître du couvent et sa chapelle. 
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Nous avons ensuite rejoint le Phare et bu une Lasko (bière locale) en terrasse, pour profiter de nos derniers moments à Piran et face à l'Adriatique...

Le phare de Piran et sa vue sur l'Adriatique. 
Coucher de soleil sur Piran. 
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Ca y est, on s'est mis en route pour la partie "rando" du voyage ! Le lac de Bled, c'était un point de passage obligatoire. Certainement le lieu slovène le plus connu, le lac de Bled est vraiment un endroit magnifique, grandiose : les superlatifs ne manquent pas. Au pied du parc national du Triglav, le lac d'origine glaciaire est pourvu de dimensions impressionantes : 2 120 mètres de long sur 1 380 mètres de large, d'une profondeur de 31 mètres. L'ile au milieu du lac abrite une église. Bled est aussi une ville, avec un château, des commerces, de nombreux hôtels, des agences de tourisme, mais le lac est tellement grand qu'il est encore en partie sauvage : on peut donc en profiter pleinement à l'état de nature, sans qu'aucun aménagement humain n'envahisse le site. En arrivant à Bled nous ne savions même pas où nous allions dormir, et c'est en arrivant à l'agence de plein air Mamut, où nous avions acheté une carte de randonnée du Triglav, que le vendeur, de très bon conseil, nous a trouvé un chalet à Bled à très bon prix, très bien situé et nous y a même personnellement conduit : ce n'est là qu'un exemple de la très grande générosité et du très bon accueil dont font part les slovènes. En bref, Bled est un endroit incroyable !

Le lac de Bled et son île. 
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Le château de Bled est situé sur une falaise et surplombe le lac. Il est d'origine médiévale (XIème siècle) et de style roman. C'est certainement l'endroit le plus touristique du lieu.

Le Château de  Bled, avec sa vue sur le lac.

Alors évidemment c'est tellement tentant qu'on l'a fait... Une fois les affaires planquées dans les buissons et un endroit relativement dégagé trouvé, nous avons plongé dans le lac pour rejoindre l'île, en une heure aller-retour de nage. L'île et son église sont vraiment remarquables, et on dispose d'une vue 360° sur le lac. On peut aussi voir les personnes ayant décidé de prendre le bateau accoster... Nous, on a préféré la nage, et ça valait la peine ! En plus l'eau est potable !

La traversée, magnifique ! 
L'île de Bled. 
Le grand saut ! 
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Après une nuit dans notre chalet à Bled, en route à pied direction Vintgar, à 4 km pour admirer les fameuses gorges.

La route entre Bled et Vintgar, la campagne slovène. 

Les gorges font déjà partie du Parc national du Triglav. Réserve à saumons, c'est le seul (heureusement !) site payant et aménagé du Triglav, mais le prix est dérisoire (2 euros). Les gorges, découvertes en 1891, sont longues de 1.6 km. Cela vaut vraiment le détour : le site est impressionnant, l'eau est cristalline et est effectivement très poissonneuse, elle est même potable. Il faut bien 1h pour parcourir toute la longueur de la gorge.

Les gorges de Vintgar. 

Sur notre retour au chalet de Bled, une énorme averse est apparue. Nous avons du trouver en vitesse un endroit pour nous abriter, et nous avons trouvé par hasard l'église Saint-André sur le haut d'une colline, complètement isolée du monde. Un endroit secret, une pause pique-nique géniale sous le parvis de l'église en attendant que la pluie cesse.

L'église Saint-André, près de Bled (photo :  www.bled.si). 
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Nous continuons notre route vers le Parc national du Triglav. A 30 minutes de bus de Bled, le lac Bohinj. C'est le plus grand lac de Slovénie, vraiment impressionnant non seulement de par la perspective qu'il offre, mais également des impressionantes montagnes qui l'entourent, les alpes juliennes. Je conseille personnellement de s'y rendre dès le matin, afin de pouvoir apercevoir encore la brume qui tutoie la montagne et recouvre le lac, c'est grandiose. C'est un lac glaciaire, qui est au pied du Triglav. Le lac est en grande partie sauvage, mais la partie du côté du village de Bohinj est relativement aménagée. Nous nous sommes donc arrêté au village d'Ukanc, un des deux arrêts de bus du lac Bohinj depuis Bled. Faire le tour du lac prend quasiment une journée. Le côté Ukanc est sauvage, et des ruisseaux poissonneux doivent être enjambés pour atteindre le ponton du bout du lac : un endroit magique, complètement désert, et c'est étonnant car l'endroit est grandiose (mais heureusement pour les amoureux de la nature !!).

Ukanc et ses eaux poissonneuses (8° quand même !).

Arrivée à l'extrémité du Lac Bohinj, arrêt au ponton à 8h du matin, encore sous la brume, dans le silence le plus total, incroyable... La plus belle étape de notre voyage.

Le ponton. 
Elliot, ce baroudeur ! 


Le lac sous la brume, entouré des montagnes.
Petite impro à la Gopro dans les ruisseaux alimentant le lac Bohinj... 
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L'ascension réelle commence ! 1ère réelle étape du Triglav, la chute de Savica est un endroit encore assez fréquenté, situé à une altitude de 571 mètres. On peut atteindre un parking situé 100 mètres plus bas, mais nous faisions l'itinéraire à pied à travers la forêt. Le terrain commençait réellement à devenir pentu, même si nous n'étions pas encore tout à fait en pleine montagne. De toute façon Savica est le dernier site du Triglav atteignable en voiture, bien qu'il faille suivre un chemin de marches d'un dénivelé de 100 mètres pour atteindre la cascade. Et bien que ce soient encore des marches, l'ascension n'est tout de même pas évidente, même pour nous qui sommes sportif. Enfin, ça c'est vraiment rien comparé à ce qui nous attend ensuite ! La cascade vaut le détour. D'une part car l'itinéraire à pied depuis le lac Bohinj relève d'un bon niveau de randonnée, d'autre part car on traverse une forêt traversée de nombreux jolis torrents, enfin car la cascade en elle-même est impressionnante, l'eau jaillissant directement du flanc de la montagne.

L'ascension jusqu'à Savica. On peut déjà entrevoir ll'altitude avec la vue sur la vallée. 
La chute de Savica. 
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Après Savica, nous nous dirigeons vers la vallée de lacs du Triglav (Dolina Triglavskih jezer). Nous ne pourrons, par manque de temps, faire toute la vallée car 4 jours dans le Triglav sont clairement insuffisant, et puis au delà, c'est de l'alpinisme et nous manquons de matériel. C'est pour cela que j'y retournerais au moins encore une fois, et cette fois-ci une semaine entière ! Bref, nous nous mettons en route. Les choses très sérieuses commencent : nous avons environ un dénivelé de 800 mètres à parcourir pour atteindre le premier lac, le Lac Noir (Črno jezero). La route est très étroite, extrêmement grimpante, et sinueuse. Il nous faudra environ 2h pour faire les 2 km (ne pas se fier à Maps), avec des portions parfois dangereuses : chemins en corniche, très peu de place pour marcher avec un vide d'environ 700 mètres, et même nous avons du traverser une paroi, au dessus du vide, en ne s'appuyant que sur des pieux plantés dans celle-ci. Heureusement l'itinéraire est balisé, et les passages extrêmes sont agrémentés d'une corde. Nous ne croisons que des randonneurs expérimentés ou des alpinistes. L'effort physique est conséquent mais cela vaut le coup : la vue est superbe et notre but alléchant. C'est donc une belle ascension !

Quelques vues au début de l'ascension. 

Au bout d'environ 2h, nous arrivons dans une forêt de plateau (conifères) et marchons environ 30 minutes , seuls, pour déboucher sur le lac noir, situé à 1320 mètres d'altitude. Cela valait la peine : un magnifique lac glaciaire s'offre à nous, situé dans un cratère. Le lieu est un point-étape, nous croisons deux autres randonneurs. Nous restons environ une heure à admirer le magnifiques point de vue, nous reposer puis explorer les alentours.

Le Lac Noir. 
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Nous repartons du Lac Noir pour le Lac-double : la route est moins abrupte mais tout aussi étroite et plus encombrée. Nous traversons des kilomètres de forêt de plateau, les conifères cachant la quasi-totalité de la lumière. Les nombreuses crevasses, l'humidité, l'obscurité et les troncs cassés rendent le parcours laborieux, nous avons d'ailleurs bien failli nous perdre malgré le chemin balisé. Nous ne croisons personne depuis des heures. Fort heureusement, nous prenons ensuite de la hauteur et dominons cette forêt, pour ensuite tomber sur un panneau indiquant la direction du Lac-double et de son refuge. Nous sommes alors en zone subalpine.

En marche jusqu'au prochain point ! 

Après 20 minutes de marche nous débouchons sur une vallée, c'est notre point de chute : le Lac-double ! La vue est impressionnante, l'endroit est totalement silencieux, ce qui ajoute grandement à sa majestuosité ! La vallée est entourée de cols dénués de végétation, seulement de la pierre. On sent qu'on est en altitude : moins d'arbres, moins d'oxygène, et une végétation d'altitude (plus de mousse, de lichens). Nous sommes à 1700m d'altitude, et nous dormirons au refuge situé en face du lac. Le Lac-double est impressionnant, non par ses dimensions mais par ses reflet argentés qui font écho aux montagnes environnantes. Un point d'intérêt certain, magnifique !

La vallée à 1700m d'altitude, ses cols et sa végétation. 

Le Lac-double, comme son no l'indique, se divise en deux étendues d'eau. C'est un lac glaciaire.

Le Lac-double. 

Après s'être reposés environ une heure en admirant le lac, nous nous sommes dirigés vers le refuge pour y passer la nuit. Ce lieu serait le point culminant et la moitié de notre randonnée, nous redescendrions le lendemain vers Bohinj par un autre chemin pour être revenus pour le surlendemain.

Attention ! La Slovénie est un pays aux prix attractifs, mais les refuges de montagne font exception : la douche, uniquement disponible le soir, est à un euro la minute (!), et les plats préparés sur place sont plutôt chers. La nuit est cependant raisonnable (17 euros). Ils n'acceptent pas la carte.

Notre refuge avec vue sur le lac. Planification de l'itinéraire du lendemain... 
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Après une nuit en dortoir au refuge, nous attaquons l'escalade à 7h du matin : il fallait, pour rejoindre la vallée de Viševnik, gravir une arrête rocheuse. Non sans difficulté, nous atteignons ensuite la vallée, jalonnée de petits sommets rocheux et de pierres, mais où l'on peut croiser du bétail et des villages de chasseur. Bien qu'elle grimpe encore jusqu'à 2000 m d'altitude, la pente est plus douce et nous progressons bien pour ensuite redescendre. Les paysages sont sublimes encore une fois. Nous nous arrêtons dans un des villages de chasseurs : totalement atypique !

Une vue sur la vallée, à 8h du matin. 
Un village de chasseurs à Viševnik. 
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Après Viševnik, la grande vallée de Poklujka est notre dernière étape du voyage : elle longue, mais descendante, en pente douce jusque Bohinj. De quoi reposer nos genoux fatigués, même si des fois d'importants escarpements rocheux sont à franchir. L'altitude baisse légèrement, mais nous arrivons jusque Pršivec, sommet à 1800 m d'altitude et fantastique point de vue. On peut admirer le lac Bohinj, qui semble bien menu de si haut ! Nous en profitons pour faire une sieste, le versant herbeux étant confortable et ensoleillé, avec une vue à couper le souffle.

Une pause à Pršivec, avec une vue incroyable.
Notre dernier " gros " point d'intérêt dans le Triglav. 

Après avoir passé quasiment deux heures sur place, il nous faut repartir, redescendre dans la vallée de Bohinj !

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Nous redescendons lentement vers Bohinj, à travers plusieurs plaines et villages de chasseurs. Nous sommes exténués, affamés (nous avons quelque peu manqué de vivres !), avons mal un peu partout (mais surtout aux genoux !). La dernière descente en forêt est très dure : un chemin abrupt de roches, dur pour les articulations ! Puis nous débouchons enfin sur la vallée de Bohinj : un soulagement ! Nous avions randonné dans le Triglav !! Il nous fallait encore au moins une heure de marche dans la vallée avant d'arriver à Stara Fužina, municipalité à flanc du lac. Cette dernière marche est dure, heureusement que nous trouvons une fontaine d'eau de montagne (fraîche) qui nous redonne de l'énergie pour en finir !

La magnifique vallée de Bohinj. 

Une fois arrivés, nous nous jetons sur un restaurant avec vue sur le lac ! Je n'ai jamais autant mangé de ma vie : pizzas, frites, viande, vin blanc, bière... La montagne et le mauvais rationnement nous avait affamé, mais là ça va mieux... Après avoir profité de la vue sur le lac, étant ici sur la partie aménagée, nous reprenons le bus pour rentrer à Bled, puis à Ljubljana...

Le lac Bohinj, côté aménagé, et l'église Saint-jean (photo : bohinj.co). 

Voilà ! Ce voyage en Slovénie se termine déjà ! C'est passé vite pour moi, et j'aurais aimé passer plus de temps dans le Triglav (au moins le double !). J'ai été conquis par la Slovénie, que ce soit côté urbain ou côté nature, par la gentillesse de ses habitants, par ses paysages, par sa nourriture... Je retournerai sans aucun doute dans mon pays d'origine, d'ailleurs je vous le conseille à 100% ! Notre retour se fera par l'aéroport de Trévise, nous passerons à l'occasion quelques jours à Venise ! Ce sera l'objet de ma prochaine rédac' ! J'espère que cela vous aura plus et donné envie d'aller en Slovénie !


Gautier.