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La Grèce : de l'Attique à la Thessalie

La Grèce ne se résume pas seulement à Athènes, elle recèle bien d'autres trésors. Nous sommes partis à la découverte d'autres sites de la Grèce provinciale : la Thessalie et la Grèce continentale.
10 au 18 août 2015
9 jours
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Après notre séjour à Athènes, notre roatrip en Grèce se poursuit à partir du port de Pirée. La destination : l'île d'Egine, par ferry, pour seulement 15 euros aller-retour. Pendant les deux heures de ferry, nous avons pu admirer le large de la mer Egée, admirer les nombreuses îles désertes et sentir la brise : un voyage très agréable ! Pourquoi Egine? Car c'est l'île la plus proche d'Athènes, et accessoirement la plus accessible.

Cap vers Egine depuis le port du Pirée. 

Egine, ou Aegina, est peuplée depuis le néolithique et a connu un grande rivalité avec la cité-état d'Athènes : les deux s'attaquaient à tour de rôle dans un cycle sans fin. Sa relation avec Athènes fut plutôt tumultueuse : elles furent rassemblées pour la première fois sous la Ligue de Délos pour lutter contre l'invasion perse de Xerxes Ier durant les Guerres Médiques (Vème av. JC), puis ennemies à l'occasion de la Guerre du Péloponnèse (Vème av. JC également). L'île fut par la suite sous domination macédonienne puis romaine.

Egine : la marina (www.aegina.com.gr) et la baie. 

Egine possède un petit port très sympathique, avec de nombreuses ruelles où il fait bon se promener. C'est également la capitale de la pistache ! Le must : découvrir l'île en louant des scooters ! On apprécie également un rafraichissement en terrasse.

Tour à scooter vers les plus beaux points de vue d'Egine. Et baignade évidemment !

Egine est très riche d'histoire ! Elle comprend encore de nombreux vestiges ; parmi eux, le temple de la déesse Aphaïa (Vème av. JC), ou encore le site archéologique de Kolona : ruines d'une ancienne cité éginette du Vème siècle av. JC. Son musée possède une belle collections de céramiques.

Top : la plupart des sites archéologiques sont gratuits pour les étudiants.

Le site archéologique de Kolona et son musée. 

Arrivé le soir, nous prenons notre ferry retour vers le Pirée. Je conseille Egine à tous ceux qui sont en séjour à Athènes. C'est une très belle île et on y va pour pas cher !

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Seconde excursion depuis Athènes : le Cap Sounion. Connu pour ses falaises et son fameux temple dédié à Poseidon, le Cap Sounion est joignable en 1h30 depuis Athènes par un bus KTEL. Ne soyez pas pressés, le trajet peut être semé d'embûches : les grecs sont plutôt mal organisés niveau transport. Enfin, cela valait le coup car Sounion est vraiment un endroit magnifique.

Y aller de préférence en début d'après-midi, et patienter jusqu'au coucher du soleil, c'est un évènement à ne pas louper là-bas.

Sounion et ses falaises : le contraste entre les falaises ocres et l'eau turquoise.

Au sommet du Cap Sounion se trouvent les vestiges d'un temple dédié à Poseidon (Vème siècle av. JC), dieu de la mer. Lui étaient donc faits sacrifices et offrandes. Le temple surélevé était également entouré de fortifications et d'habitations : le Cap Sounion jouait donc un rôle de sentinelle, de poste avancé face à la mer Égée.

Le panorama face à l'Égée depuis le Cap Sounion. 
Les vestiges du Temple de Poseidon. 
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Une fois notre séjour dans l'Attique terminé, direction le nord pour visiter le très célèbre site archéologique de Delphes, en Grèce centrale. Pour cela, nous avons du (nous n'avons pas trouvé d'autres moyens) réserver une excursion en bus. Nous nous retrouvons donc embarqués dans un groupe de touristes américains : ce n'est pas dans nos habitudes, mais cela change un peu de ce que nous faisons d'ordinaire. Nous avons donc la chance d'avoir un trajet commenté par notre guide. Nous traversons de très beaux villages de montagne, tel qu'Arachova ! Une fois arrivé à Delphes, site préservé mais un peu touristique, nous commençons la visite avec le groupe, pour recueillir les informations sur le lieu, puis nous faisons chemin seuls, notre intérêt pour les vestiges semblant divergeant de celui des autres touristes. Delphes étant situé dans le Parc national du Mont Parnasse, nous en profitons également pour aller marcher dans les montagnes grecques. Il fait chaud, le climat est très aride, mais les paysages sont grandioses et les vestiges très biens conservés. Etant fan d'archéologie, d'antiquité mais aussi de randonnée, je suis ravi !

Le lieu étant isolé, il existe plusieurs petits villages près du site de Delphes où l'on peut trouver des hébergements (mais aussi des commerces), certes un petit peu plus cher que la normale en Grèce : hotels, gîtes ou AirBnb (cette dernière solution est la plus rentable, pour de jolies prestations).

Le climat aride de Grèce centrale. Petite rando dans le parc du Mont Parnasse.

Delphes est un ancien et mythique sanctuaire dédié à Apollon, dieu grec des arts , du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie. Y avait donc lieu l’oracle, transmission de la parole divine aux Hommes, d’Apollon, par l’intermédiaire la Pythie, prophétesse grecque. Le site est mentionné dans l’Iliade et L’Odyssée d’Homère. Il se développe particulièrement à partir d’environ - 800, avec l’apparition des premiers temples. Apollon lui-même aurait fondé le sanctuaire de Delphes après avoir construit le temple de Délos, gardé par le serpent Python, gardien de l’oracle et fils de Gaïa, représentation de la Terre. Apollon, désireux d'établir un oracle pour guider les hommes, tua Python avec son arc et s'appropria l’oracle et fit venir ses prêtres. Delphes abrite également L’Omphalos, « nombril du monde », pierre divine symbolisant la naissance et la puissance de Zeus.

Vestiges du site de Delphes. 
Sanctuaire de l'Oracle d'Apollon. 

Delphes était donc investie d’un véritable rôle religieux mais aussi tout à la fois politique, puisque la consultation de l’oracle par les dirigeants était de mise lorsqu’une décision importante était prise pour le monde hellénistique (Cf la décision politique de Thémistocle l’Athénien de lever une flotte pour combattre les perses durant les Guerres Médiques). Delphes cristallisait donc en quelque sorte l’unité grecque, même entre Athènes et Spartes.

Le Trésor des athéniens (490-480 av. JC), proclamant que les Athéniens ont sauvé la Grèce de la sauvagerie perse.  
Vestiges du Temple d'Apollon.

De nombreux cultes et célébrations religieuses étaient donc rendus en l’honneur d’Apollon, mais aussi en l’Honneur de Dionysos, dieu du théâtre et du vin. Des représentations théâtrales avaient lieu, ainsi que des banquets et mêmes des jeux sportifs (les « jeux delphiques ») en l’honneur des divinités. D’où la présence d’un ancien théâtre et d’un stade hippodrome. Delphes étaient donc un lieu phare, où se rendaient de nombreux pèlerins.

Le théâtre et le stade hippodrome de Delphes.

Le site de Delphes dispose également d'un musée très intéressant sur son histoire, et plus généralement la mythologie et l'histoire grecque.


Delphes est un superbe site archéologique grec. Il est immanquable si l'on visite la Grèce continentale ! Les amateurs d'histoire et d'architecture comme les novices seront ravis.

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Nous voulions ensuite nous rendre à Kalambakka pour y voir les monastères des Météores. Nous prîmes donc à nouveau le bus, qui fit escale au lieu célèbre des Thermopyles (aujourd'hui au milieu de nulle part), qui fut le théâtre de la bataille du même nom. La bataille des Thermopyles, donc, eut lieu en 480 av. JC. Elle oppose la ligue de Délos (alliance des cités grecques), plus précisément les hoplites spartiates menés par Leonidas Ier à l'empire achéménide (les perses) menés par Xerxes Ier. Le site est aujourd’hui entièrement sec mais il faut imaginer qu’au temps de la bataille, il était en partie recouvert par la mer, ce qui explique le déroulement de la bataille. Le seul continent de spartiates fidèle à la Ligue de Délos (ils étaient 300) firent donc face à l’armée navale perse entière, retranchés derrière leurs défenses dans l’escarpement rocheux des Thermopyles (« portes chaudes »), d’où jaillissait effectivement une source chaude. Malgré la défaite inévitable des spartiates, cet acte d’un courage inouï fut regardé comme l’étincelle de la résistance aux perses, et permit certainement aux troupes de Délos de mettre les perses en déroute suite aux batailles de Salamine et Platée. L’exploit devint une légende, tout comme le chef spartiate qui en fut le principal acteur, Leonidas Ier. On peut donc aujourd’hui marcher sur le site des thermopyles, qui a complètement changé de topographie et ne présente donc qu’un intérêt bien moindre. On peut cependant se recueillir sur le monument dressé en l’honneur de cet exploit, et remonter jusqu’aux fameuses sources chaudes des Thermopyles.

Monument de Leonidas Ier. 
Sources chaudes des Thermopyles (alexandrerosa.free.fr). 
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Avant d'arriver aux météores, je ne pouvais pas ne pas vous parler de la plaine de Thessalie. Nous y passions nécessairement sur notre itinéraire. La Thessalie est centrée autour d'une immense plaine. Cette plaine est pour ainsi dire quasi-déserte car dédiée à l'agro-industrie : des centaines de kilomètres de champs, de " villes fantômes " désertes elles aussi, de favelas, de casses de voitures et de stations-essence abandonnées. C'est assez oppressant comme décor, car le trajet est long et nous traversons cette région peu accueillante. L'atmosphère est particulière et nous ressentons nécessairement de la compassion pour cette partie de la Grèce qui semble laissée à l'abandon. La traversée est tout de même une bonne expérience...

L'extrémité de la plaine de Thessalie, vue depuis Kalambaka. 
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Notre voyage ne pouvait s'achever sans passer par Kalambaka et le site des météores. C'est un incontournable de la Grèce. Kalambaka est difficile d'accès, étant perdu au beau milieu de la Thessalie.

Le site exceptionnel des météores. 

Les météores regroupent un site exceptionnel de monastères orthodoxes perchés sur d'immenses masses rocheuses sculptées par l'érosion. Les rochers au sommet desquels les monastères sont construits, sont, d’après les écrits d'Anciens, des roches envoyées sur la terre par le ciel (les « Météores »), pour permettre aux moines de se retirer et de prier.

Rochers des Météores. 
Une vue plongeante. 

Le Christianisme s’est implanté en Grèce au Vème siècle mais les premiers moines à habiter les Météores ne sont attestés qu’au XIème siècle, vivaint dans des grottes, en ermites. Ils ont par la suite habité les monastères. À partir du XVIIème siècle, de nombreux monastères furent progressivement abandonnés. Certains furent détruits ou abîmés au cours des guerres. Vers 1920 furent aménagés les escaliers actuels permettant un accès plus facile. Auparavant, on montait dans de grands paniers suspendus à des poulies et manœuvrés à l’aide de contrepoids.

Les monastères sont un véritable lieu de recueillement et les intérieurs sont magnifiques. On ne peut les photographier. 

C'est une visite exceptionnelle que nous offrent les Météores. La vue est à couper le souffle, et la vie d'ermite des moines, qui se montrent, on le comprend, très peu, est admirable. C'est un site unique.

Vincent pensif... 

Voilà, c'est la fin de ce voyage en Grèce. J'ai été bluffé par ce pays à multiples facettes : tantôt de belles plages et de belles falaises face à l'Egée, tantôt des merveilles archéologiques, mais aussi parfois de la misère et des inégalités. Un pays riche en histoire où je retournerai probablement pour visiter Corinthe le Péloponnèse. J'espère que ce carnet vous aura plu et donné envie de vous aventurer dans la Grèce provinciale !


Gautier.