Carnet de voyage

Pierre qui roule n'amasse pas mousse

7 étapes
1 commentaire
Dernière étape postée il y a 2372 jours
Nous partons du Nord de la France, avec notre camion pour rencontrer des gens ayant d'autres idées que nous, découvrir des lieux incroyables, apprendre la vie autrement, se servir de nos mains.
Septembre 2017
365 jours
Partager ce carnet de voyage
1
1
Publié le 4 décembre 2017
2

Les pré-trous, c'est utile pour pas fendre le bois !

Les steaks de boulghour à la tomate sous vide, c'est pas très bon...

Notre premiere étape se situe dans la Drôme provençale, où nous nous retrouvons Yaël et moi, chez Coco et Sophie, des amis du Nord qui ont migré dans le sud de la France pour construire leur Yourte et tenter de vivre en auto-suffisance. Nous nous laissons une petite semaine pour nous retrouver tous les deux, et commencer à aménager le camion en lui donnant un peu de vie. Yaël a déjà bien avancé en terminant toute l'isolation, le meuble cuisine, et le plancher avant de partir ! Alors on se remonte les manches, et puis on se met à bricoler. Pour moi, c'est un peu compliqué au début, ça fait mal aux doigts, et les clous rentrent de travers... Mais on persévère et ça commence à avoir une bonne tête. On dort dans la yourtine (petite yourte mongole d'ami), on va au marché, et puis on prend l'apéro avec les copains le soir parce qu'on a bien travaillé !!


3

Le camion fin prêt, nous partons vers l'Ardéche, pour une semaine ou deux dans une ferme qui produit essentiellement de la viande (porcs, agneaux, vaches...) et qui a en parallèle une grande production de chataîgnes... Les premières journées nous ont permis de tout de suite se rendre compte de la masse de travail qu'il y avait : Fin Octobre, c'est le début de l'Automne et les chataîgnes attendent patiemment (ou non) d'être ramassées. Mais il faut faire vite et le rendement doit être au beau fixe. On a donc passé quelques jours assez rude mais trés interessants, à ramasser des chataignes (les Combales seulement pour le marché, parce que ce sont les plus jolies, et les communes pour le vrac!) dans la forêt et à se piquer les doigts!! Mappy nous suit partout, car Gilbert, le fermier est avant tout berger et tombe vite amoureux de notre chienne. A côté de ça, matin et soir on donne à manger aux bêtes, et c'est assez rigolo ! Les petits cochons courent partout et Mappy apprend avec eux et les brebis à devenir un vrai chien de troupeau. "Elle a du potentiel, il faut la faire travailler !" Bon, on ne sera pas eleveur de 200 brebis à viande mais l'idée d'avoir des chévres ou quelques moutons pour faire nos fromages nous traversent l'esprit.. Aprés quelques jours à travailler dans les champs de maïs pour défaire le systéme d'irrigation (gros tuyaux super lourds), et à utiliser l'énorme trieur-aspirateur à chataîgnes, nous décidons avec Yaël de repartir sur les routes, curieux de voir autre chose, à la conquête d'autres principe de fermes françaises, plus basés sur les petites productions...

(Nous passerons par Saussac pour une grande fête d'anniversaires entre copains avant de remonter doucement vers Noyers, prochain woofing dans une petite famille pas loin de Troyes)

4

De retour à Saussac pour quelques jours, nous nous décidons a faire quelques petites modifications dans le camion, et un petit tour à Brico-dépot nous permet d’acheter :

1/ du bois encore et toujours, pour finir les meubles suspendus pour les vêtements

2/ des charnières et des crochets

3/ de la peinture ! Je choisis Rose, Yaël choisi vert, ce sera donc, fuchsia/guacamole

4/ on achète aussi notre petit extincteur, au cas ou

On a également tenté l’isolation des portes en carton KFC, mais rien de très concluant, on finira au metisse...

On se rend compte après qques semaines loin des centre commerciaux et des magasins, que revenir en ville nous impact beaucoup et nous emmene dans une frénésie d’achat compulsif en tout genre : on ne reste donc pas très longtemps, et finissons les travaux du camion avant de reprendre la route.

Merci aux copains de Saussac, qui nous accueillent toujours aussi bien à chaque fois (même quand on ne prévient pas de notre arrivée…), cet endroit est pour nous une petite pause tranquille pour nous ressourcer, et cela nous permet de repartir de plus belle, avec un camion tout beau et prêt pour quelques kilometres !

5
5
Publié le 20 janvier 2018

Chèvres et moutons cohabitent, mais les chèvres escaladent les murs des cimetières !

Toutes les courges s'épluchent, sauf le potimarron.

1L de cendres pour 15L d'eau : laver ses vêtements à la cendre !

Après des péripeties de type filtre à huile à changer, erreur de département pour le woofing (avec quelques 200km de marge quand même), une visite de la zone industrielle de Rosans pour acheter du cuir et du fil ciré, une nuit sur un parking, nous arrivons finalement à Noyers, en Haute-Marne ! Nous sommes accueilli par Gaby et Blandine (Joy et Oscar) qui nous font visiter les lieux. On fait la connaissance de Malou, leur fille de 32ans aux cheveux rouges feu et aux regards interrogateurs et charmeurs. Nous sommes tout de suite tombés amoureux de cette ferme insolite, où la convivialité, le partage et l’entraide sont les premiers mots qui nous ont paru justes. Gaby et Blandine nous font un peu penser à nos grands-parents respectifs, toujours à l’écoute, on s’est tout de suite bien entendu et senti chez nous. Yaël s’est occupé du jardin, de la taille des fruitiers, il a aussi participé à la création d’un enclos pour les brebis, et à appris à souder! Pour ma part, je me suis plus dédié aux activités avec Malou qui est autiste et a besoin de beaucoup d’attention et de stimulation (peinture, cuisine, piscine, vélo, promenade, équitation, soin des chevaux, rigoler, faire de la musique, chanter, se regarder, parler...). Nous avons aussi fait pas mal la cuisine avec Blandine, et j’ai récupéré beaucoup de conseils de grand-mère que je garde précieusement. Jean(til), le neveu de Blandine, a également été pour nous une rencontre très enrichissante et plein de jolis souvenirs. Ce petit bonhomme de 50ans avait choisi de tout quitter pour partir à l’aventure dans son camping-car, et s’en aller vers le portugal pour passer l’hiver. Une idée que nous gardons en tête…

Lors de ce woofing, Gaby et Blandine nous avaient préparer une chambre et ça nous a fait beaucoup de bien de pouvoir nous poser le soir, sans chaussettes/polaire/legging, et de profiter un peu de cet endroit douillet. On a aussi eu une chance incroyable de tomber sur le concert de Zoufris Maracas (qu'on s'était promis de voir pendant notre tour de France) a quelques kms de la ferme !


On repare de la ferme à Malou, en ayant la certitude d’y revenir un jour, tellement cette expérience nous a appris sur nous, et sur notre envie de continuer ce voyage.. On remercie beaucoup Gaby pour ses conseils, la liberté qu’il nous a donné, et aussi les soirées en ville, les ciné-débats, les bières au bistrot. Merci encore à Blandine pour toutes les petites choses qu’elle a faite pour le camion et qui nous suivront tout au long de cette aventure ! (la couette à l’Audette, la couture du rideau, les matelas, le miel, les conserves de chataîgnes, la recette du vin de citron…) Et puis merci à Malou, de nous avoir ouvert la porte de sa maison, et de nous avoir acceptés et fait confiance en si peu de temps...

6
6
Publié le 20 janvier 2018

Tous les animaux peuvent être dociles et affectueux, si ils ont l'habitude de l'Homme.

Les porcs saccagent leurs terrains en moins de deux semaines. (Sauf les cune-cune)

À la déchetterie, les paquets d'escargots morts, ça passe pas !

Après une centaine de kilométres et un arrêt au fast-food de la départementale, nous arrivons dans un petit village qui nous fait un peu penser à Silent Hill de premiers abords. Yaël n’en fini pas de caractériser les Vosges de région « morose » en référence aux villages morts et aux maisons roses typiques de là-bas. Le climat change très vite d’une région à une autre, bien qu’elles soient voisines, et nous nous retrouvons les pieds dans la neige, le nez rouge au vent. En arrivant à la ferme Allant-vers, c’est Mimoune qui nous fait la pré-visite, en nous montrant les chèvres aux multiples races (toggenburgs pour la plupart), les cochons kune kune (petits porcs domestiques aux poils longs qu'on finira par adoptés dans notre ferme), la vache Avrel de un an qui a toujours vécu avec son copain mouton et qui croit en être un aussi, et le parc à escargots. En effet, la ferme Allant Vers est un peu particulière puisque c'est une ferme helicicole (production d'escargots alimentaires). Nous sommes donc arrivés juste avant les fêtes de Noël et la principale aide dont ils avaient besoin était l'abattage des escargots, ainsi que la transformation. C'était un projet un peu compliqué au début, car ragoutant pour tout le monde, mais on a fini par si faire, et ça a été assez enrichissant. Parce qu'au final, quand on passe quelques heures a tuer des escargots, on parle beaucoup ! Et Gilles, le doyen de la ferme, avait beaucoup de choses à nous apprendre sur sa ferme et sa ré-orientation. Nous avons aussi pu participer à quelques "parcours" de chèvres dans les paturâges voisins, car la production de lait de chèvres bio est stricte sur les kms parcourus à l'année.. Un chouette souvenir de partage et de relâche pour tout le monde.

Pour cette première expérience de collectif (une dizaine de personnes), nous nous sommes rendu compte que l'adaptation se faisait plus lentement, et qu'il nous aurait fallu beaucoup de temps et d'énergie pour réussir à apporter nos propres impulsions dans la ferme Allant Vers... J'ai aussi eu beaucoup de soucis avec ma tête et mes migraines pendant cette froide semaine dans les Vosges, c'est pourquoi nous avons décidé d'écourter le séjour. Nous pensons repasser au printemps, voir comment ce petit collectif tout juste créé à évolué, et si nous pouvons rester un peu plus longtemps sur leur terrain pour apporter notre touche au projet !

Comme nous remontons doucement vers le Nord, nous prenons beaucoup de recul sur notre voyage et nos différentes expériences : la frustration et la déception font parti du deal, et nous aimerions parfois avoir plus de temps pour partager, se rencontrer, apprendre à se connaître. Mais nous gardons toutes les adresses sur notre carte de France, et c'est génial de se dire que la porte est ouverte, qu'on repassera d'ici peu!

7
7
Publié le 20 janvier 2018

Nous nous décidons à remonter vers le Nord, mais passons par le Grand Est chez la soeur de Yaël, pour rencontrer la petite Enaël. Ces quelques jours dans la famille nous permettent de nous poser, nous retrouver un peu au chaud, et nous commençons à penser à Noël : les marchés de Strasbourg, le Globus d'Allemagne, un énorme centre commercial avec tout ce dont on peut rêver pour pas grand chose, et puis les jolies décorations d'Alsace... On fait des crêpes, on parle beaucoup, Sophie nous emméne partout et Yaël découvre sa petite nièce au travers des regards, biberons, rototo, et sourires d'ange..

Nous passons par le Luxembourg et la Belgique pour rentrer dans le Nord, avec pas mal de linges sales, et beaucoup de travaux en tête pour le camion. Notre première bière belge à Tournai fait du bien, et nous sommes bien contents d'être de retour pour les fêtes.

Des projets plein la tête, nous resterons un mois à Lille, pour faire la fête, revoir les copains, profiter de la famille à fond, raconter nos aventures, prendre des conseils et des bons plans, manger beaucoup, faire toutes nos démarches administratives, et repartir mieux encore, avec toute l'énergie dont nous avions besoin.